Structurez votre patrimoine de non-résident avec un expert
Exit tax, régime impatrié, fiscalité internationale, immobilier français et enveloppes patrimoniales : nous cadrons votre stratégie avant tout arbitrage ou changement de résidence.
Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet
Quentin Hagnéré
CGP indépendant spécialisé en fiscalité patrimoniale internationale
Quentin Hagnéré accompagne expatriés, impatriés, non-résidents et dirigeants mobiles sur leurs arbitrages fiscaux, financiers et successoraux entre la France et l'étranger.
Sommaire
- 1. Impatrié à 350 000 €/an : le profil cadre supérieur / manager
- 2. La prime d'impatriation : réel ou forfait 30 % ?
- 3. Pourquoi la tranche à 45 % ?
- 4. Faut-il payer la CEHR à 350 000 € ?
- 5. Le calcul de l'impôt résiduel, étape par étape
- 6. PER, Girardin ou AV luxembourgeoise ?
- 7. Quels prélèvements sociaux : 17,2 % ou 18,6 % ?
- 8. Quel gain net cumulé sur les 8 années ?
- FAQ — 10 questions qui reviennent en cabinet
À retenir en 30 secondes
- 350 000 €, c'est le palier où tout bascule : tranche marginale à 45 %, et surtout entrée dans la CEHR (art. 223 sexies) — un seuil que les cas 150-250 k du pilier ne franchissent pas.
- Célibataire vs couple : à 350 000 € de revenu fiscal de référence, un célibataire paie la CEHR (≈ 3 000 €) alors qu'un couple soumis à imposition commune paie 0 € (seuil 500 000 €).
- L'impôt résiduel se travaille : PER (déduction), Girardin industriel (réduction ponctuelle) et assurance-vie luxembourgeoise (capitalisation portable), dans la limite du plafonnement global des niches.
Avertissement
Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Tous les chiffres sont illustratifs, non garantis et reposent sur des hypothèses simplifiées (ils ignorent notamment l'abattement de 10 % pour frais professionnels, la décote et le quotient familial réel). Les placements présentés comportent un risque de perte en capital. La fiscalité dépend de votre situation individuelle et la législation peut évoluer (lois de finances annuelles). Pour une analyse adaptée à votre cas, un bilan patrimonial personnalisé chez Hagnéré Patrimoine est recommandé.
Mis à jour le 30 juin 2026 — Références légales mobilisées
Guide rédigé selon la loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026), la loi de financement de la sécurité sociale 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) et l'état du droit au 30 juin 2026.
- Régime impatrié : art. 155 B du CGI (prime d'impatriation exonérée au réel ou au forfait 30 % du net ; exonération de 50 % de certains revenus passifs de source étrangère sous condition de convention avec clause d'assistance ; durée jusqu'au 31 décembre de la 8e année civile suivant la prise de fonctions ; fenêtre IFI de 5 ans, art. 964) ; doctrine BOI-RSA-GEO-40-10-20 et BOI-RSA-GEO-40-10-30.
- Hauts revenus : art. 223 sexies (CEHR — 3 % au-delà de 250 000 € et 4 % au-delà de 500 000 € de RFR pour une personne seule ; seuils doublés pour un couple) ; art. 224 (CDHR — contribution différentielle, plancher de 20 % du RFR ajusté).
- Barème et leviers : art. 197 (barème IR 2026) ; art. 163 quatervicies (PER déductible) ; art. 199 undecies B (Girardin industriel) ; art. 200-0 A (plafonnement global des niches — 10 000 € porté à 18 000 € avec Girardin/SOFICA/Outre-mer) ; art. 125-0 A (assurance-vie).
- Prélèvements sociaux 2026 : dualité 17,2 % / 18,6 % issue de la LFSS 2026 (CSG majorée de 1,4 point sur certains revenus du patrimoine).
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1. Impatrié à 350 000 €/an : le profil cadre supérieur / manager
Un impatrié à 350 000 €/an exonère une partie de sa rémunération au titre de la prime d'impatriation (art. 155 B du CGI, au réel ou au forfait 30 %), mais sa tranche marginale atteint 45 % (au-delà de 181 917 €/part) et son revenu fiscal de référence déclenche la CEHR (art. 223 sexies) à 3 % s'il est célibataire. Hagnéré Patrimoine détaille ci-dessous la cascade complète et les leviers du résiduel.
Prenons Camille, cadre supérieure recrutée à l'international pour piloter une filiale française à 350 000 € de rémunération annuelle. Comme tout impatrié, elle arrive en France et y devient résidente fiscale (art. 4 B du CGI) après avoir été non-résidente les cinq années civiles précédant sa prise de fonctions. Ne confondez jamais les trois : l'impatrié arriveet devient résident, à l'inverse de l'expatrié (salarié envoyé travailler à l'étranger) et du non-résident (qui vit et est imposé hors de France).
Le régime s'ouvre que l'impatrié ait été recruté directement à l'étranger par une entreprise française ou muté au sein d'un groupe international : les deux situations donnent accès au dispositif. Pour les conditions d'éligibilité détaillées, la mécanique complète de l'exonération, la fenêtre IFI de 5 ans et la déclaration, reportez-vous au guide pilier sur le régime impatrié 155 B. Ce guide-ci se concentre sur une seule chose : chiffrer le palier 350 000 €.
Le profil type en un coup d'œil
- Rémunération : 350 000 €/an, package de cadre dirigeant (présidence de filiale, direction régionale, management d'équipe).
- Statut : résident fiscal français (art. 4 B), non-résident les 5 années civiles précédant la prise de fonctions.
- Régime : prime d'impatriation exonérée (art. 155 B), recrutement direct OU mobilité intra-groupe.
- Les trois seuils qui mordent à 350 000 € : TMI à 45 %, CEHR à 3 % (si célibataire), dualité des prélèvements sociaux sur les placements du résiduel.
Ce que ce guide chiffre (et ce qu'il ne refait pas)
Le pilier couvre déjà des cas chiffrés de 150 000 à 250 000 €. À 350 000 €, deux seuils nouveaux apparaissent : la tranche à 45 % est largement franchie, et surtout la CEHR s'active. C'est précisément cet angle — le cas exact à 350 000 € — que nous traitons ici. Pour comparer tous les paliers de revenu, du 200 000 € au million, consultez le hub des cas pratiques chiffrés ; pour le palier supérieur (dividendes étrangers, CEHR à 4 %), voyez le cas pratique impatrié 500 000 €/an.
Repères 2026 utilisés dans tout cet article
- PASS 2026 : 48 060 €.
- Barème IR 2026 : tranche à 45 % au-delà de 181 917 € de revenu imposable par part.
- Seuils CEHR (art. 223 sexies) : 250 000 € (personne seule) / 500 000 € (couple), sans quotient familial.
- Durée du régime : exonération jusqu'au 31 décembre de la 8e année civile suivant la prise de fonctions.
2. La prime d'impatriation : réel ou forfait 30 % ?
Le premier arbitrage est plus ouvert qu'on ne le croit. La prime d'impatriation est la fraction de rémunération exonérée au titre du régime, et deux options coexistent : l'exonération au réel (la prime réellement prévue au contrat avant la prise de fonctions) ou l'évaluation forfaitaire à 30 % de la rémunération nette totale. On entend souvent que le forfait serait réservé aux personnes recrutées directement à l'étranger. C'est faux depuis le 16 novembre 2018 : le forfait 30 % est ouvert à tousles impatriés éligibles, mobilité intra-groupe comprise (doctrine BOI-RSA-GEO-40-10-20). À 350 000 €, l'arbitrage est donc un vrai choix.
Exonération AU RÉEL
Points forts
- Adaptée quand la prime contractuelle est élevée (supérieure à 30 % du net)
- Montant connu et documenté au contrat
- Pertinente pour les packages de mobilité avec primes spécifiques importantes
Points de vigilance
- La prime doit être prévue avant la prise de fonctions et clairement identifiée
- Aucun avantage si la prime réelle est faible
Forfait 30 % du net
Points forts
- Ouvert à tous les impatriés éligibles depuis le 16/11/2018, intra-groupe compris
- Simple : 30 % de la rémunération nette, sans justifier une prime contractuelle
- Souvent gagnant quand 30 % du net dépasse la prime réelle
Points de vigilance
- Plafonné par la limite globale d'exonération de 50 % de la rémunération
- Choix à comparer chaque année au réel
Au-delà de la prime elle-même, deux plafonnements encadrent l'exonération : l'exonération totale ne peut excéder 50 % de la rémunération, ou bien, sur option, la part « activité exercée à l'étranger » est limitée à 20 % de la rémunération imposable. Le régime exonère en outre 50 % de certains revenus passifs de source étrangère (dividendes, intérêts, plus-values mobilières, redevances) à la seule condition que l'État de la source ait conclu avec la France une convention comportant une clause d'assistance administrative. Le foncier français, lui, n'est jamais exonéré. Le détail de ces mécanismes figure dans le pilier ; le palier 500 000 €, où les dividendes étrangers pèsent davantage, est traité dans le cas pratique 500 000 €.
La règle de décision
On retient le forfait 30 % lorsque 30 % de la rémunération nette dépassela prime réellement négociée, dans la limite de 50 % de la rémunération. À 350 000 €, le forfait conduit fréquemment à une prime exonérée de l'ordre de 105 000 € : c'est l'hypothèse retenue dans nos calculs ci-dessous, à titre purement illustratif.
3. Pourquoi la tranche à 45 % ?
À 350 000 €, même fortement exonéré, le revenu imposable reste très au-dessus du seuil de la dernière tranche. Le barème de l'impôt sur le revenu 2026 comporte cinq tranches : la tranche marginale d'imposition (TMI) — le taux qui frappe la dernière tranche de vos revenus, et donc chaque euro supplémentaire gagné — atteint 45 % au-delà de 181 917 € de revenu imposable par part. Pour Camille, célibataire (1 part), une rémunération de 350 000 € avec environ 105 000 € de prime exonérée laisse un revenu imposable d'environ 245 000 € — bien au-delà de 181 917 €. Sa TMI est donc de 45 % : chaque euro de résiduel taxable coûte 45 centimes d'IR (hors CEHR et prélèvements sociaux). À ce taux, chaque euro déduit (PER, déficit foncier) vous économise 45 centimes d'impôt — c'est là que ces leviers paient le plus.
| Tranche | Taux | Plage de revenu imposable par part |
|---|---|---|
| 1 | 0 % | Jusqu'à 11 600 € |
| 2 | 11 % | De 11 601 € à 29 579 € |
| 3 | 30 % | De 29 580 € à 84 577 € |
| 4 | 41 % | De 84 578 € à 181 917 € |
| 5 | 45 % | Au-delà de 181 917 € |
Conséquence directe : l'exonération de la prime fait économiser, en première approche, son montant multiplié par la TMI. Une prime exonérée de 105 000 € à 45 % représente près de 47 000 € d'IR en moins. La section suivante détaille cette cascade à l'euro près.
4. Faut-il payer la CEHR à 350 000 € ?
Oui pour un célibataire, non pour un couple. C'est la grande spécificité de ce niveau de revenu, et tout se joue sur le revenu fiscal de référence (RFR)— l'agrégat de tous vos revenus retenu par le fisc, qui sert d'assiette à de nombreux dispositifs.
La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR, art. 223 sexies du CGI) s'applique au taux de 3 % sur la fraction de RFR comprise entre 250 000 et 500 000 € pour une personne seule, puis 4 % au-delà de 500 000 €. Pour un couple soumis à imposition commune, les seuils sont doublés (500 000 € et 1 000 000 €). Il n'y a pas de quotient familial : le nombre d'enfants ne change pas ces seuils.
Le point qui change tout : le RFR réintègre la prime exonérée
L'assiette de la CEHR est le revenu fiscal de référence, qui réintègre la prime d'impatriation exonérée (ainsi que les revenus passifs étrangers exonérés). Autrement dit, même si Camille n'est imposée à l'IR que sur ~245 000 €, son RFR avoisine 350 000 €. C'est ce mécanisme qui fait franchir le seuil de 250 000 € et déclenche la CEHR pour un célibataire — un effet que les cas 150-250 k du pilier ne rencontrent jamais.
| Situation | Seuil applicable | Base taxable à 3 % | CEHR due |
|---|---|---|---|
| Célibataire (1 part) | 250 000 € | 350 000 − 250 000 = 100 000 € | 3 000 € |
| Couple (imposition commune) | 500 000 € | RFR 350 000 € < 500 000 € → néant | 0 € |
Le statut familial fait donc basculer la CEHR du tout au rien. Notez qu'un mécanisme de lissage peut atténuer la contribution lorsque le revenu de l'année comporte un caractère exceptionnel (par exemple l'année d'arrivée), sous conditions strictes : à examiner au cas par cas. Pour la mécanique complète de la CEHR et de la CDHR, voyez notre guide CEHR et CDHR pour les hauts revenus.
Ne pas confondre CEHR et CDHR
La CEHR (art. 223 sexies) réintègre la prime exonérée dans son assiette : elle mord donc à 350 000 €. La CDHR (art. 224, contribution différentielle instaurant un plancher d'imposition de 20 % du RFR ajusté, reconduite par la loi de finances 2026) repose au contraire sur un RFR ajusté qui exclut les revenus exonérés au titre de l'article 155 B (prime d'impatriation et revenus passifs étrangers exonérés sont déduits de cette assiette retraitée). C'est en outre une contribution différentielle : elle n'est due que si l'impôt déjà acquitté (IR + CEHR) reste inférieur à 20 % du RFR ajusté. À 350 000 €, sur les deux fronts, la CDHR est généralement nulleici : le RFR ajusté est réduit par l'exclusion de la prime, et le taux effectif d'imposition du résiduel dépasse déjà largement 20 %. À valider au cas par cas.
5. Le calcul de l'impôt résiduel, étape par étape
Reprenons le cas de Camille et déroulons la cascade complète, ligne par ligne. Tous les chiffres sont arrondis et illustratifs.
Notre méthode de calcul (pour que vous puissiez la refaire)
Nous appliquons le barème progressif 2026 tranche par tranche au revenu imposable, puis nous ajoutons la CEHR calculée sur le revenu fiscal de référence (prime exonérée réintégrée). Pour rester lisibles, ces calculs n'intègrent volontairement pas l'abattement de 10 % pour frais professionnels, la décote ni le quotient familial réel : ils donnent un ordre de grandeur, pas votre avis d'imposition. Sur un dossier réel, l'abattement de 10 % et la situation familiale exacte peuvent déplacer le résultat de plusieurs milliers d'euros.
Cas Camille — célibataire, 1 part, 350 000 €, forfait 30 % (illustratif)
Rémunération totale ............... 350 000 € Prime d'impatriation exonérée ..... − 105 000 € (≤ plafond 50 % = 175 000 €) = Revenu imposable IR (schématique) 245 000 € IR par tranches sur 245 000 € : tranche 11 % (11 601 → 29 579) ... 1 978 € tranche 30 % (29 580 → 84 577) ... 16 499 € tranche 41 % (84 578 → 181 917) .. 39 909 € tranche 45 % (181 918 → 245 000) . 28 387 € = IR ............................... ≈ 86 773 € (TMI 45 %) CEHR : (350 000 − 250 000) × 3 % .. 3 000 € CDHR : RFR ajusté (prime 155 B exclue) ≈ 245 000 € < seuil 250 000 € → non due = Charge IR + CEHR ................. ≈ 89 773 € (hors prélèvements sociaux)
Les prélèvements sociaux ne portent pas sur le salaire (déjà cotisé à la source) : ils frappent les revenus du patrimoine (voir section 7).
Pour mesurer le gain du régime, comparons avec une situation sans exonération. Sur 350 000 € entièrement imposables, l'IR serait d'environ 134 023 € (les 86 773 € précédents, augmentés de la tranche à 45 % sur les 105 000 € réintégrés, soit 47 250 €). L'exonération de la prime fait donc économiser environ 47 250 € d'IR par an — soit, comme attendu, la prime (105 000 €) multipliée par la TMI (45 %).
| Poste | Avec régime 155 B | Sans régime |
|---|---|---|
| Revenu imposable IR | 245 000 € | 350 000 € |
| Impôt sur le revenu | ≈ 86 773 € | ≈ 134 023 € |
| CEHR (célibataire) | 3 000 € | 3 000 € |
| Total IR + CEHR | ≈ 89 773 € | ≈ 137 023 € |
| Économie annuelle | ≈ 47 250 € | |
Hypothèses simplifiées
Ces nombres sont arrondis et illustratifs. Ils ne modélisent pas l'abattement de 10 % pour frais professionnels, la décote, ni un quotient familial réel, et supposent une prime exonérée de 105 000 € (hypothèse ronde sous le plafond de 50 %). Votre situation réelle peut différer sensiblement : un calcul personnalisé est indispensable.
Et le foncier français ?
Si Camille perçoit des loyers de source française, ils sont imposés au droit commun : jamais exonérés par le régime impatrié, ils s'ajoutent au résiduel taxable et subissent la TMI à 45 % plus les prélèvements sociaux à 17,2 %. C'est précisément là qu'un levier comme le déficit foncier pour impatrié à forte TMI prend tout son sens pour effacer une partie de l'impôt, dans les conditions de droit commun (imputation sur le revenu global jusqu'à 10 700 €/an, hors part travaux). À l'inverse, des SCPI européennes placent du foncier hors de France, temporairement hors assiette IFI pendant les cinq premières années. La section suivante compare les trois grands leviers d'optimisation du résiduel.
6. PER, Girardin ou AV luxembourgeoise ?
Trois leviers, trois logiques opposées. L'erreur classique est de les empiler sans hiérarchie ; voici dans quel ordre les activer.
La règle qui décide tout : déduire contre du taxable, pas contre de l'exonéré
Un levier de déduction (PER, déficit foncier) ne sert que contre le résiduel taxable. Déduire un versement contre du revenu déjà exonéré par le 155 B n'apporte aucune économie. Heureusement, à 350 000 €, le résiduel taxable reste élevé (~245 000 €) : la déduction conserve tout son intérêt.
Le PER (art. 163 quatervicies) déduit les versements du revenu imposable, dans un plafond égal, pour un salarié, au plus élevé de 10 % des revenus professionnels nets (dans la limite de 8 PASS) ou de 10 % du PASS — soit un plafond de l'ordre de 37 680 € en 2026 (le report des plafonds non utilisés passe de 3 à 5 ans depuis la LF 2026). À 45 % de TMI, déduire 37 680 € fait économiser près de 16 956 € d'IR. À la sortie, le capital ou la rente est imposé ; les gains supportent des prélèvements sociaux à 18,6 %. Le détail figure dans notre guide le PER de l'impatrié.
Le Girardin industriel (art. 199 undecies B) est une réduction d'impôt ponctuelle, à fonds perdu : l'investisseur ne récupère pas son capital, mais obtient une réduction d'impôt supérieure à sa mise (rendement fiscal indicatif de l'ordre de 10 à 15 %, illustratif et non garanti). L'excédent est reportable 5 ans, l'engagement d'exploitation court sur 5 ans et un manquement expose à une reprise de l'avantage. Il s'impute dans le plafonnement global des niches, porté à 18 000 € avec le Girardin (ces 18 000 € englobant les 10 000 € de droit commun). Voyez notre guide dédié au Girardin industriel pour impatrié.
Le plafonnement global des niches, en clair
La plupart des réductions et crédits d'impôt sont plafonnés à 10 000 € par an et par foyer (art. 200-0 A). Le Girardin industriel (avec la SOFICA et certains dispositifs Outre-mer) relève ce plafond à 18 000 € : attention, ces 18 000 € englobent les 10 000 € de droit commun, ils ne s'y ajoutent pas. Bonne nouvelle pour l'impatrié : le PER (déduction du revenu, art. 163 quatervicies) et l'assurance-vie (capitalisation) n'entrent pas dans ce plafond — ce qui explique pourquoi on les combine.
L'assurance-vie luxembourgeoise, enfin, n'est pas une réduction d'impôt : c'est une enveloppe de capitalisation neutre, dont l'intérêt majeur pour un impatrié est la portabilité en cas de redépart, le super-privilège (la protection renforcée de l'épargnant, considéré comme créancier prioritaire en cas de défaillance de l'assureur) et la gestion multidevises. Les gains relèvent des prélèvements sociaux à 17,2 % (PFU global de 30 %). Détails dans l'assurance-vie luxembourgeoise pour impatrié et dans le guide pilier de l'AV luxembourgeoise.
| Levier | Nature | Effet fiscal | PS sur gains | Pour qui |
|---|---|---|---|---|
| PER | Déduction du revenu imposable | − 45 % par € déduit (à la TMI) | 18,6 % | Résiduel taxable élevé, horizon retraite |
| Girardin industriel | Réduction d'impôt ponctuelle à fonds perdu | ≈ 10-15 % du versé (illustratif) | n/a | Effacer une pointe d'IR, plafond 18 000 € |
| AV luxembourgeoise | Capitalisation neutre (aucune réduction) | Différé d'imposition | 17,2 % | Mobilité, transmission, long terme |
En pratique, ces leviers se combinent : le PER pour absorber le résiduel récurrent, le Girardin pour effacer une pointe d'impôt une année donnée, l'assurance-vie luxembourgeoise comme socle de capitalisation portable, le tout dans la limite du plafonnement global des niches (10 000 €, porté à 18 000 € avec le Girardin). Pour bâtir une stratégie complète, consultez nos guides combiner 155 B et défiscalisation et où investir le résiduel. Les SCPI européennes pour impatrié méritent aussi un examen, car le foncier hors de France reste temporairement hors assiette IFI pendant les 5 premières années.
Construire votre mix PER / Girardin / AV luxembourgeoise
Selon que vous repartez dans 3 ans ou restez 15, le mix PER / Girardin / AV lux n'a rien à voir. Un CGP modélise chaque levier sur votre cas avant tout engagement.
7. Quels prélèvements sociaux : 17,2 % ou 18,6 % ?
Depuis 2026, deux taux de prélèvements sociaux coexistent (17,2 % et 18,6 %). Se tromper d'enveloppe fausse tout le rendement net d'un placement.
La loi de financement de la sécurité sociale pour 2026 (loi n° 2025-1403) a majoré la CSG de 1,4 point sur certains revenus du patrimoine, créant une dualité : 17,2 % sur l'assurance-vie, les revenus fonciers, les plus-values immobilières et le PEL ; 18,6 % sur les dividendes, les intérêts, les plus-values mobilières, le PEA, le PER et les crypto-actifs. Le prélèvement forfaitaire unique (PFU) atteint donc 30 % sur l'assurance-vie (12,8 % + 17,2 %) mais 31,4 % sur les dividendes et plus-values mobilières hors AV et PEA (12,8 % + 18,6 %).
| Enveloppe / revenu | Prélèvements sociaux | PFU total (IR + PS) |
|---|---|---|
| Assurance-vie (dont AV luxembourgeoise) | 17,2 % | 30 % |
| Revenus fonciers, PV immobilières, PEL | 17,2 % | barème / spécifique |
| Dividendes, intérêts | 18,6 % | 31,4 % |
| Plus-values mobilières, PEA, PER, crypto | 18,6 % | 31,4 % |
| Salaire | n/a | déjà cotisé à la source |
Deux points pratiques pour un impatrié. D'abord, le salaire ne supporte pas ces prélèvements : ils frappent les revenus du patrimoine. Ensuite, un impatrié encore affilié à un régime de sécurité sociale d'un autre État de l'Union, de l'EEE ou de Suisseest exonéré de CSG et de CRDS : seul le prélèvement de solidarité de 7,5 % reste dû (en application de la jurisprudence dite « de Ruyter », qui interdit de soumettre aux prélèvements sociaux français une personne déjà affiliée à un autre régime social européen). Selon votre situation d'affiliation, ce point peut représenter un levier d'optimisation supplémentaire — à confirmer au cas par cas.
L'erreur que nous corrigeons le plus souvent
Ne jamais appliquer un taux de prélèvements sociaux unique. À chaque enveloppe son taux : 17,2 % pour l'assurance-vie et le foncier, 18,6 % pour les dividendes, plus-values mobilières, PEA et PER. Cette distinction change le rendement net de chaque levier d'optimisation.
8. Quel gain net cumulé sur les 8 années ?
Le régime court jusqu'au 31 décembre de la 8e année civile suivant la prise de fonctions. Projetons le gain de Camille sur toute la durée, à hypothèses constantes.
Projection 8 ans — cas Camille (illustratif, hypothèses constantes)
Économie d'IR annuelle de l'exonération ... ≈ 47 250 € (105 000 € × 45 %) × 8 années ................................. ≈ 378 000 € − CEHR due chaque année (célibataire) ...... 3 000 € × 8 = 24 000 € = Gain net cumulé sur 8 ans ............... ≈ 354 000 €
Hypothèse d'une rémunération et d'un régime stables sur toute la période, avant tout levier de défiscalisation du résiduel. Chiffre illustratif, non garanti.
| Période | Économie IR / exonération | CEHR (célibataire) | Gain net |
|---|---|---|---|
| Par an | ≈ 47 250 € | − 3 000 € | ≈ 44 250 € |
| Sur 8 ans | ≈ 378 000 € | − 24 000 € | ≈ 354 000 € |
Ce chiffre de 354 000 € a une limite majeure : il fige huit ans de rémunération identique, ce qui est rarement le cas (indexation, évolution de carrière, plafond de 50 %). Il faut le lire comme un ordre de grandeur, jamais comme une promesse. Et il s'entend avant les leviers d'optimisation du résiduel décrits plus haut, qui peuvent encore réduire l'impôt restant. Pour comparer ce palier à d'autres niveaux de revenu, le hub des cas pratiques chiffrés met en regard les paliers de 200 000 € à 1 million.
Anticiper l'année 9 (la sortie du régime)
À l'expiration du régime, la rémunération bascule intégralement au droit commun : c'est un véritable mur fiscal qu'il faut préparer dès les premières années, en alimentant un PER, en constituant une épargne via l'assurance-vie et, le cas échéant, en arbitrant sa résidence. Cette transition est traitée en détail dans notre guide préparer l'année 9 sans choc fiscal et dans la section dédiée du guide pilier 155 B. Et pour ne pas dupliquer ici l'allocation détaillée du capital, le placement concret de cette épargne est traité dans notre guide où investir 500 000 € en 2026, pensé pour les patrimoines plus importants et les profils dirigeants.
Qui a rédigé ce guide ?
Guide rédigé par Quentin Hagnéré, conseiller en gestion de patrimoine (certifications CIF, COA, COBSP, membre de la CNCGP), fondateur d'Hagnéré Patrimoine — cabinet indépendant basé à Chambéry (ORIAS 23002291). Notre cabinet accompagne des cadres dirigeants et impatriés dans la structuration de leur arrivée en France et l'optimisation de leur impôt résiduel. Les calculs ci-dessus donnent un ordre de grandeur ; votre avis d'imposition réel dépendra de l'abattement de 10 %, de votre quotient familial et de vos autres revenus.
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