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Exit tax, régime impatrié, fiscalité internationale, immobilier français et enveloppes patrimoniales : nous cadrons votre stratégie avant tout arbitrage ou changement de résidence.
Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet
Quentin Hagnéré
CGP indépendant spécialisé en fiscalité patrimoniale internationale
Quentin Hagnéré accompagne expatriés, impatriés, non-résidents et dirigeants mobiles sur leurs arbitrages fiscaux, financiers et successoraux entre la France et l'étranger.
Sommaire
- 1. Impatrié à 500 000 €/an : le profil et les enjeux
- 2. La prime d'impatriation : au réel ou au forfait 30 % ?
- 3. Les dividendes de source étrangère exonérés à 50 %
- 4. Faut-il craindre la TMI à 45 % et la CEHR à 500 000 € ?
- 5. Le calcul de l'impôt résiduel, étape par étape
- 6. Comment écraser le résiduel : Girardin, PER ou AVL ?
- 7. Les prélèvements sociaux (dualité 17,2 % / 18,6 %)
- 8. Quel gain cumulé sur les 8 années du régime ?
- 9. Tableau récapitulatif avant / après
- FAQ — 14 questions sur l'impatrié à 500 000 €
1. Impatrié à 500 000 €/an : le profil et les enjeux
Un impatrié célibataire à 500 000 € de rémunération plus 50 000 € de dividendes étrangers acquitte, sous le régime de l'article 155 B du CGI, de l'ordre de 143 300 € d'impôt et de prélèvements sociaux en 2026 avant optimisation. Hagnéré Patrimoine ramène ce résiduel autour de 107 200 € avec Girardin, PER et assurance-vie luxembourgeoise. Chiffres illustratifs.
Le profil est classique en cabinet : un cadre dirigeant ou un talent recruté de l'étranger s'installe en France avec un package à six chiffres. Sur le papier, le régime impatrié promet de « défiscaliser » son arrivée ; en pratique, le contribuable découvre une feuille d'impôt à plus de six chiffres et se demande où est passé l'avantage. La vérité tient en une nuance : le régime efface une grande partie de l'impôt, mais il en laisse un résiduel lourd — et c'est ce résiduel, pas la prime, qui se travaille avec un conseiller. Ce guide est un zoom chiffré sur le palier 500 000 € : on déroule chaque ligne, du brut au net d'impôt, puis on montre comment réduire la facture finale.
Le fonctionnement détaillé du régime — conditions d'éligibilité, durée de 8 ans, double plafond, fenêtre IFI — est traité dans le guide pilier du régime impatrié art. 155 B. Le panorama multi-paliers (de 200 000 € à 1 M€) est dans les cas pratiques chiffrés par niveau de revenu, la comparaison avec les régimes voisins dans le meilleur régime impatrié en Europe, et la question « où placer le capital » dans investir 500 000 € en 2026. Nous ne dupliquons pas ces pages : ici, on calcule.
Premier garde-fou avant tout calcul : l'impatrié arrive en France et y devient résident fiscal au sens de l'article 4 B du CGI. Il ne faut pas le confondre avec l'expatrié (salarié envoyé travailler à l'étranger) ni avec le non-résident (qui vit et est imposé hors de France). Le détail de ces distinctions figure dans notre guide impatrié, expatrié, non-résident : les différences fiscales.
À retenir en 30 secondes
- Prime d'impatriation exonérée au réel ou au forfait 30 % du net, soit 150 000 € exonérés d'IR sur un package de 500 000 €.
- Dividendes de source étrangère exonérés à 50 % à l'impôt sur le revenu (sous convention avec clause d'assistance), mais les PS à 18,6 % restent dus.
- Le résiduel reste élevé : IR au barème (TMI 45 %), CEHR sur le RFR et fiscalité des dividendes, soit ≈ 143 300 € avant leviers.
- Trois leviers principaux : Girardin (one-shot), PER (déduction du taxable) et assurance-vie luxembourgeoise, pour un gain illustratif d'environ 36 000 €/an.
Le lexique express avant de plonger dans les chiffres
- TMI (tranche marginale d'imposition) : le taux qui s'applique à votre dernier euro de revenu. À 500 000 €, c'est 45 %, le sommet du barème.
- RFR (revenu fiscal de référence) : l'assiette large que l'administration retient pour les contributions spéciales (CEHR, CDHR). La prime exonérée n'y figure pas — un point décisif pour un impatrié.
- PFU (prélèvement forfaitaire unique, ou « flat tax ») : le forfait de 30 % (12,8 % d'impôt + 17,2 % de prélèvements sociaux) sur les revenus du capital — porté à 31,4 % en 2026 sur les dividendes, du fait de la hausse des PS.
- Salaire net catégoriel : le salaire imposable après prime exonérée et abattement de 10 % pour frais professionnels. C'est lui qui entre dans le barème.
Avertissement
Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Tous les montants présentés sont illustratifs, non garantis, et comportent un risque de perte en capital. La fiscalité dépend de votre situation individuelle et la législation peut évoluer (lois de finances annuelles). Pour une analyse adaptée à votre cas, un bilan patrimonial personnalisé chez Hagnéré Patrimoine est recommandé.
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2. La prime d'impatriation : au réel ou au forfait 30 % ?
Le mécanisme complet de la prime est expliqué dans le guide pilier. Ici, nous l'appliquons à un package de 500 000 €. La règle est simple : la prime d'impatriation est exonérée d'impôt sur le revenu soit pour son montant réel (justifié par le contrat), soit pour un forfait de 30 % de la rémunération nette.
Une idée reçue tenace voudrait que le forfait 30 % soit réservé aux personnes recrutées directement à l'étranger, les mobilités intra-groupe étant contraintes au réel. C'est faux depuis la loi de finances pour 2019 (loi n° 2018-1317 du 28 décembre 2018, art. 6) : la mesure et la doctrine administrative (BOFiP BOI-RSA-GEO-40-10-20) ouvrent le forfait de 30 % à toutes les voies de recrutement, y compris la mobilité intra-groupe. Le choix réel vs forfait est donc un arbitrage de montant, pas une exclusion par voie de recrutement : on retient l'exonération la plus avantageuse.
Le calcul de la prime sur 500 000 €
Sur un package de 500 000 €, le forfait de 30 % représente 150 000 € exonérés d'IR. La rémunération imposable tombe donc à 350 000 €, à laquelle s'applique l'abattement de 10 % pour frais professionnels, plafonné à 14 555 € (plafond 2026). Le salaire net catégoriel ressort à 335 445 €.
Prime d'impatriation au forfait 30 % (illustratif)
- Rémunération nette retenue pour le forfait :500 000 €
- Prime exonérée au forfait 30 % :− 150 000 €
- Rémunération imposable :350 000 €
- Abattement 10 % frais pro (plafonné) :− 14 555 €
- Salaire net catégoriel :335 445 €
Hypothèse : prime au forfait 30 % retenue car supérieure à la prime réelle contractualisée. Le forfait s'applique à la rémunération nette de cotisations sociales et de la part déductible de CSG (ici assimilée au package par simplification). Le plafond d'abattement de 10 % (14 555 €) mord à ce niveau de revenu. Montants illustratifs 2026.
À 500 000 €, l'exonération est encadrée par une option annuelle de plafonnement : soit l'exonération totale est limitée à 50 % de la rémunération totale, soit la seule part « activité à l'étranger » est limitée à 20 % de la rémunération imposable. À ce niveau de revenu, c'est généralement le plafond de 50 % qui s'applique ; le détail du double plafond est traité dans le guide pilier.
Un effet de bord favorable : la prime exonérée n'entre pas dans le RFR
La prime d'impatriation exonérée ne figure pas dans le revenu fiscal de référence — et la CEHR (comme la CDHR) se calcule précisément sur ce RFR. En exonérant 150 000 €, le régime réduit donc non seulement l'IR mais aussi l'assiette des contributions sur les hauts revenus. Beaucoup l'oublient au moment de comparer un impatrié à un cadre lambda à rémunération identique : l'écart se creuse là.
3. Les dividendes de source étrangère exonérés à 50 %
Après la prime, le régime joue sur un second terrain : les revenus passifs de source étrangère — dividendes et intérêts (RCM), plus-values de cession de valeurs mobilières et produits de propriété intellectuelle. L'article 155 B exonère 50 % de ces revenus à l'impôt sur le revenu. En revanche, le foncier français n'est jamais exonéré par ce mécanisme.
Cette exonération est conditionnelle : elle suppose que l'État de la source des revenus soit lié à la France par une convention fiscale comportant une clause d'assistance administrative. Si le pays n'est pas conventionné, l'exonération de 50 % tombe à zéro et le dividende est imposé en totalité. Autre limite à garder en tête : l'exonération ne vaut que pour l'IR ; les prélèvements sociaux à 18,6 % (dualité 2026) restent dus.
Jurisprudence — Conseil d'État 21 octobre 2020, n° 442799
Le Conseil d'État a jugé que l'exonération de 50 % des revenus passifs de source étrangère n'est pas subordonnée à la perception effective d'une prime d'impatriation. Autrement dit, un impatrié dont la rémunération est entièrement exonérée au titre de la prime (ou qui n'a pas perçu de prime distincte) peut malgré tout bénéficier de l'exonération de 50 % sur ses dividendes étrangers, dès lors qu'il remplit les conditions du régime.
Le calcul sur 50 000 € de dividendes étrangers
Sur 50 000 € de dividendes provenant d'un pays conventionné, l'exonération de 50 % ramène la part imposable à l'impôt sur le revenu à 25 000 €, soit un IR au PFU de 12,8 % de 3 200 €. Attention : l'exonération de 50 % ne vaut que pour l'IR — les prélèvements sociaux à 18,6 % se calculent sur la totalité des 50 000 € (assiette non réduite), soit 9 300 €. Le coût total du volet dividendes ressort donc à 12 500 €.
Dividendes étrangers d'un impatrié — exonération 50 % (illustratif)
- Dividendes bruts (pays conventionné) :50 000 €
- Part imposable à l'IR (exonérée à 50 %) :25 000 €
- IR au PFU 12,8 % (sur 25 000 €) :3 200 €
- PS 18,6 % (sur la totalité, 50 000 €) :9 300 €
- Total volet dividendes :12 500 €
Point clé : l'exonération de 50 % ne joue que pour l'impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux (18,6 % en 2026) s'appliquent sur l'assiette pleine de 50 000 €, sans abattement (BOI-RSA-GEO-40-10-30-10). Pour un pays NON conventionné, l'exonération d'IR tombe à 0 € : IR 6 400 € + PS 9 300 € = 15 700 €, soit un surcoût d'environ 3 200 € (la part PS étant déjà pleine dans les deux cas). Montants illustratifs 2026.
La condition de convention change tout
Reprenons les mêmes 50 000 € de dividendes, mais d'un pays sans convention comportant une clause d'assistance : l'exonération de 50 % disparaît, la part imposable à l'IR passe de 25 000 € à 50 000 €, et le coût du volet dividendes grimpe de 12 500 € à 15 700 €. Avant de localiser ses avoirs, un impatrié a donc tout intérêt à vérifier le réseau conventionnel de l'État source. Le panorama des compositions de revenus par palier est détaillé dans les cas pratiques chiffrés par niveau de revenu.
4. Faut-il craindre la TMI à 45 % et la CEHR à 500 000 € ?
Oui, mais le régime amortit le choc. Même après exonération de la prime, le salaire net catégoriel de 335 445 € place l'impatrié dans la tranche marginale à 45 % du barème 2026 (déclenchée au-delà d'environ 181 917 € par part). L'impôt sur le revenu au barème, pour une part, s'établit à environ 127 474 €.
S'ajoute la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR, art. 223 sexies), assise sur le revenu fiscal de référence. Le RFR du cas combine le salaire net catégoriel (335 445 €) et la part imposable des dividendes (25 000 €), soit 360 445 €. La CEHR se calcule à 3 % sur la fraction du RFR comprise entre 250 000 € et 360 445 €, soit 3 313 €. La tranche à 4 % (au-delà de 500 000 € pour une personne seule) n'est pas atteinte. Pour le barème détaillé, voir notre guide CEHR et CDHR des hauts revenus 2026.
CEHR de l'impatrié à 500 000 € (célibataire, 1 part — illustratif)
- RFR (335 445 € salaire + 25 000 € dividendes) :360 445 €
- Seuil d'entrée CEHR (personne seule) :250 000 €
- Assiette taxable à 3 % :110 445 €
- CEHR (3 %) :3 313 €
Seuils doublés pour un couple soumis à imposition commune. La tranche à 4 % (RFR > 500 000 € pour une personne seule) n'est pas atteinte ici. Montants illustratifs 2026.
Et la CDHR (plancher de 20 %) ?
À 500 000 € de revenus, un impatrié célibataire entre dans le champ de la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR, art. 224) : seuil de 250 000 €, plancher de 20 % du RFR, dispositif reconduit par la LF 2026. Mais le mécanisme est différentiel : il ne se déclenche que si l'impôt effectif passe sous 20 % du RFR. Sauf qu'ici, l'IR au barème plus la CEHR pèsent déjà 130 787 €, soit environ 36 % du RFR — bien au-delà du plancher de 20 % (qui serait de 72 089 €). La CDHR n'est donc pas due.
Garde-fou anti-empilement : ne pas réactiver la CDHR
C'est le piège du résiduel optimisé : si l'on empile des leviers trop agressifs (par exemple un déficit foncier important cumulé au PER et au Girardin), le taux effectif d'imposition peut descendre sous 20 % du RFR et réactiver la CDHR, qui annule alors une partie du gain. Toute stratégie de défiscalisation d'un impatrié à 500 000 € doit donc être contrôlée au regard du plancher de 20 %. Le périmètre exact du RFR retenu pour la CDHR fait l'objet de précisions réglementaires qu'il convient de vérifier au cas par cas.
5. Le calcul de l'impôt résiduel, étape par étape
Restent à additionner les trois briques : l'IR au barème sur le salaire net catégoriel, la CEHR sur le RFR, et la fiscalité des dividendes (IR au PFU sur la part imposable, PS sur l'assiette pleine). Le résiduel total, avant toute optimisation, ressort à environ 143 287 €.
Note de méthode — comment lire ce cas chiffré
Nous raisonnons sur un profil volontairement simple : célibataire à 1 part, 500 000 € de rémunération, 50 000 € de dividendes d'un pays conventionné, prime retenue au forfait 30 %. Chaque ligne est dérivée pas à pas (base → barème → CEHR → PFU → total) pour que vous puissiez suivre le raisonnement, pas pour reproduire votre propre déclaration. Un quotient familial différent, une prime au réel, un foncier français ou une affiliation sociale étrangère déplacent les montants. Ces chiffres sont illustratifs et non garantis : ils servent à éclairer une logique, qu'un bilan personnalisé viendra ensuite calibrer sur votre situation réelle.
| Poste | Base | Montant |
|---|---|---|
| IR au barème (TMI 45 %) | 335 445 € (salaire net catégoriel) | 127 474 € |
| CEHR (art. 223 sexies, 3 %) | 360 445 € (RFR) | 3 313 € |
| Dividendes : IR au PFU 12,8 % (sur 25 000 €) + PS 18,6 % (sur 50 000 €) | IR 3 200 € + PS 9 300 € | 12 500 € |
| Total impôts + prélèvements sociaux | — | ≈ 143 287 € |
| Taux moyen (IR + CEHR) / RFR | — | ≈ 36,3 % |
Le chiffre parle de lui-même : régime ou pas, le résiduel dépasse 143 000 € en valeur absolue. C'est lui qui justifie une défiscalisation ciblée — l'idée n'étant pas de fuir l'impôt mais d'en réorienter une part vers du PER ou de l'immobilier qui restent dans votre patrimoine.
Sans le régime, ce serait bien pire
N'oublions pas l'effet déjà acquis : la prime exonérée de 150 000 € a « creusé » le RFR. Sans le régime impatrié, l'intégralité des 500 000 € serait imposable : l'IR et la CEHR (voire la CDHR) seraient nettement plus lourds. Le régime fait donc déjà une grande partie du travail ; la défiscalisation vient en complément sur le résiduel, pas en substitution.
6. Comment écraser le résiduel : Girardin, PER ou AV luxembourgeoise ?
La défiscalisation d'un impatrié à forte TMI se traite dans un ordre précis. On commence par les leviers qui réduisent directement l'impôt (les réductions, qui se soustraient de l'impôt dû), puis par ceux qui réduisent l'assiette taxable (les déductions, qui se soustraient du revenu avant calcul de l'impôt), enfin par les enveloppes de capitalisation et les leviers structurels. La méthode d'ensemble — comment combiner le 155 B avec la défiscalisation sans casser l'équilibre CDHR — est détaillée dans notre guide optimisation fiscale de l'impatrié : combiner 155 B et défiscalisation.
- Girardin industriel (réduction one-shot). Réduction d'impôt à fonds perdu, supérieure à la mise, avec excédent reportable 5 ans. Le plafond global des niches est porté à 18 000 € avec le Girardin (contre 10 000 € de droit commun). Risque de reprise de l'avantage si l'exploitation n'est pas tenue 5 ans. Voir le Girardin industriel pour impatrié et le guide pilier Girardin industriel.
- PER (déduction du revenu taxable). Déduction du revenu imposable (art. 163 quatervicies), plafond salarié d'environ 37 680 € pour 2026. À déduire utilement contre le résiduel taxable — jamais contre du revenu déjà exonéré. Sortie en capital ou en rente imposée le moment venu. Voir le PER de l'impatrié et le guide pilier du plan d'épargne retraite.
- Assurance-vie luxembourgeoise. Capitalisation neutre, super-privilège, gestion multidevises et portabilité en cas de redépart à l'étranger. Les PS sur l'AV restent à 17,2 % (dualité 2026). Voir l'assurance-vie luxembourgeoise pour impatrié et le guide pilier AVL.
- Déficit foncier. Le foncier français n'est pas exonéré par le 155 B : un déficit foncier s'impute sur le revenu global jusqu'à 10 700 €/an (porté à 21 400 € pour la rénovation énergétique d'une passoire, sous réserve de la prorogation 2026). Voir le déficit foncier pour impatrié.
- Fenêtre IFI de 5 ans (art. 964). L'immobilier détenu hors de France — y compris via des SCPI européennes — est temporairement hors de l'assiette IFI pendant 5 ans. Un levier structurel propre à l'impatrié, à articuler avec le reste du patrimoine. Voir le guide pilier et notre guide optimisation de l'IFI.
Prenons un dosage prudent : un PER de 37 680 € (déduit du salaire net catégoriel) et un Girardin saturant le plafond des niches à 18 000 €. Le PER ramène le revenu net global imposable à 297 765 €, soit un IR au barème d'environ 110 518 € (économie de 16 956 € à la TMI de 45 %). Le RFR PER-déduit tombe à 322 765 €, ce qui ramène la CEHR à 2 183 €. La réduction Girardin retenue, plafonnée à 18 000 € par le plafond majoré des niches Outre-mer, vient ensuite en diminution de l'IR, qui passe à 92 518 € (l'avantage net conservé tient compte de la rétrocession propre au montage Girardin).
| Poste | Avant | Après leviers |
|---|---|---|
| IR au barème | 127 474 € | 92 518 € |
| CEHR (art. 223 sexies) | 3 313 € | 2 183 € |
| Dividendes (IR au PFU + PS sur assiette pleine) | 12 500 € | 12 500 € |
| Total impôts + prélèvements sociaux | ≈ 143 287 € | ≈ 107 201 € |
Ne pas additionner naïvement épargne et dépense
Le PER et le Girardin n'ont pas la même nature économique. Le PER est une épargne : l'impôt économisé aujourd'hui sera en partie repris à la sortie, mais le capital reste le vôtre. Le Girardin est une dépense à fonds perdu : la mise ne revient pas, seul l'avantage fiscal compte (et un risque de reprise existe). Il ne faut donc pas confondre « gain d'impôt » et « enrichissement ». Le plafond global des niches (18 000 € avec Girardin) limite par ailleurs le cumul des réductions d'impôt sur une même année.
7. Les prélèvements sociaux (dualité 17,2 % / 18,6 %)
Depuis la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, qui relève la CSG de 1,4 point), les prélèvements sociaux sur les revenus du capital sont devenus duaux. Il ne faut surtout pas appliquer un taux unique : le taux dépend de la nature du revenu et de l'enveloppe.
| Taux de PS | Revenus / enveloppes concernés | PFU global |
|---|---|---|
| 17,2 % | Assurance-vie et contrat de capitalisation, revenus fonciers, plus-values immobilières, PEL | 30 % sur l'AV (12,8 % + 17,2 %) |
| 18,6 % | Dividendes, intérêts, plus-values mobilières, PEA, PER, crypto-actifs | 31,4 % sur les dividendes hors enveloppe (12,8 % + 18,6 %) |
Dans notre cas, les dividendes étrangers relèvent du taux de 18,6 % : c'est ce qui explique le PFU de 31,4 % retenu plus haut. À l'inverse, l'assurance-vie luxembourgeoise mobilisée dans la stratégie conserve un PS à 17,2 % : un argument de plus pour y loger l'épargne de long terme.
Et si je reste affilié à la sécurité sociale d'un autre pays ?
C'est une situation fréquente chez les impatriés en mobilité internationale. Un impatrié affilié à un régime de sécurité sociale d'un autre État de l'UE, de l'EEE ou de la Suisse est exonéré de CSG et de CRDS sur ses revenus du capital ; il ne reste alors redevable que du prélèvement de solidarité de 7,5 %. Sur des dividendes importants, l'écart de PS atteint vite plusieurs milliers d'euros par an, à valider précisément avec votre conseiller selon votre régime d'affiliation.
8. Quel gain cumulé sur les 8 années du régime ?
Le gain annuel de la stratégie ressort de la différence entre le résiduel avant et après leviers : 143 287 € − 107 201 € = 36 086 € par an. Si la stratégie est reconduite chaque année du régime, le gain cumulé sur les 8 années avoisine 288 700 €.
Gain de la stratégie sur la durée du régime (illustratif)
- Résiduel avant optimisation :≈ 143 287 €/an
- Résiduel après leviers :≈ 107 201 €/an
- Gain annuel :≈ 36 086 €
- Gain cumulé sur 8 ans :≈ 288 700 €
Hypothèse : leviers reconduits à l'identique chaque année. Le Girardin est un effort annuel à fonds perdu (il faut remettre au pot chaque année pour conserver la réduction) ; le PER est une épargne récupérable (l'impôt est différé, pas effacé). Chiffres illustratifs, non garantis.
Le mur fiscal de l'année 9 se prépare dès maintenant
L'exonération s'applique jusqu'au 31 décembre de la 8e année civile suivant la prise de fonctions (LFR 2016). En année 9, la rémunération bascule intégralement au droit commun : la prime n'est plus exonérée, le RFR remonte d'un coup et l'IR comme la CEHR s'alourdissent fortement. Ce mur fiscal s'anticipe dès les premières années — en lissant l'épargne et en préparant un éventuel redépart. Le détail figure dans notre guide préparer l'année 9, la sortie du régime.
9. Tableau récapitulatif avant / après
Le tableau ci-dessous résume le passage du résiduel brut au résiduel optimisé, avec le gain annuel et cumulé. Les hypothèses sont rappelées en légende.
| Poste | Avant leviers | Après leviers (PER + Girardin) |
|---|---|---|
| IR au barème | 127 474 € | 92 518 € |
| CEHR (art. 223 sexies) | 3 313 € | 2 183 € |
| Dividendes (IR au PFU + PS 18,6 % sur assiette pleine) | 12 500 € | 12 500 € |
| Total impôts + prélèvements sociaux | ≈ 143 287 € | ≈ 107 201 € |
| Gain annuel | — | ≈ 36 086 € |
| Gain cumulé sur 8 ans | — | ≈ 288 700 € |
En une ligne : à 500 000 €, le régime impatrié réduit déjà fortement la facture, mais le résiduel justifie pleinement une défiscalisation calibrée sur votre quotient familial et votre horizon de redépart, contrôlée au regard du plancher CDHR et de l'échéance de l'année 9. C'est le calcul qu'on déroule en rendez-vous.
Modélisez votre fiscalité d'impatrié à 500 000 €
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À propos de l'auteur
Quentin Hagnéré
Conseiller en Gestion de Patrimoine — CIF, COA, COBSP — ORIAS 23002291
Quentin Hagnéré dirige Hagnéré Patrimoine, cabinet de gestion de patrimoine et de fortune basé à Chambéry. Il accompagne dirigeants, cadres internationaux et impatriés à hauts revenus sur l'optimisation du régime de l'article 155 B, la défiscalisation du résiduel et la structuration patrimoniale (PER, assurance-vie luxembourgeoise, Girardin). CIF membre CNCEF Patrimoine, COA, COBSP inscrit à l'ORIAS sous le numéro 23002291.

