Mis à jour le 25 juin 2026· Conforme à la LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026), à la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025) et à l'arrêté PASS du 22/12/2025 (PASS 2026 = 48 060 €).
L'essentiel en 30 secondes
Un psychologue libéral épargne de l'argent personnel, pas la trésorerie d'une société : en BNC, il n'y a pas d'impôt sur les sociétés, et même en SCM (société de moyens transparente) il n'y a aucun bénéfice à placer. On remplit cette pyramide du bas vers le haut, du plus sûr au plus risqué. À la base, une précaution renforcée de quatre à six moisde charges (vos recettes montent et descendent), doublée d'une prévoyance Madelin pour protéger le revenu. Vient ensuite le PERpour la retraite et la déduction à votre tranche marginale (la CIPAV sert une retraite faible) — mais seulement si votre tranche le justifie —, puis l'assurance-vie, le couteau suisse, pour la disponibilité et la transmission, l'immobilier(la résidence principale d'abord) et, tout en haut, le PEAet la bourse. On ne saute pas d'étage, on ne s'engage jamais dans du rigide quand les files actives sont en dents de scie, et on ne se laisse jamais survendre du private equity quand le patrimoine est en construction.
La méthode des étages : remplir ses poches dans le bon ordre
La plupart des psychologues qui viennent nous voir ne se trompent pas de produit : ils se trompent d'ordre. On a placé 10 000 € en SCPI avant d'avoir trois mois de charges de côté, ou souscrit un produit « défisc » en fin d'année sans avoir la moindre prévoyance. L'épargne d'un libéral se construit comme une maison : pas de murs tant que les fondations ne sont pas coulées. Et chez vous, dont les recettes peuvent varier d'un trimestre à l'autre, elles doivent être un peu plus profondes que pour un salarié.
Votre épargne tient en six étages, du plus liquide et du plus sûr au plus risqué et au plus long. Chaque étage suppose le précédent rempli : c'est la règle d'or — et c'est elle qui nous fait reprendre, presque chaque semaine, des dossiers partis à l'envers.
| Étage | Objectif | Enveloppes | Horizon |
|---|---|---|---|
| 0 · Prévoyance | Protéger le revenu (arrêt, invalidité, décès) | Prévoyance Madelin (154 bis) | Immédiat / permanent |
| 1 · Précaution renforcée | 4 à 6 mois de charges disponibles (revenus irréguliers) | Livret A, LDDS, LEP, fonds euros | Court (0-2 ans) |
| 2 · Retraite + défisc | Compenser la CIPAV faible, déduire à la TMI | PER (154 bis / 163 quatervicies) | Long (retraite) |
| 3 · Souplesse + transmission | Épargne disponible et transmissible | Assurance-vie (UC + fonds euros) | Moyen / long (8 ans+) |
| 4 · Immobilier | Se loger puis investir en pierre | Résidence principale, puis SCPI / LMNP / déficit foncier | Long (10 ans+) |
| 5 · Bourse | Faire travailler l'épargne longue | PEA, compte-titres (actions, ETF) | Long (8 ans+) |
Le réflexe à désapprendre : « quel produit acheter ? »
Quand un psychologue nous demande quel placement choisir, nous lui retournons la question : quel étage vous manque-t-il encore ? Un psychologue de 30 ans sans prévoyance et sans précaution n'a rien à faire en private equity, même si le rendement annoncé fait rêver. À l'inverse, un psychologue installé avec une prévoyance solide, plusieurs mois de précaution et un PER bien alimenté peut, lui, diversifier davantage. La hiérarchie est la même pour tous ; c'est seulement la vitessede montée et la hauteur du coussin qui changent. Pour replacer ce plan d'épargne dans la stratégie d'ensemble — du cabinet à la retraite —, voyez notre guide de gestion de patrimoine du psychologue ; et pour la partie purement fiscale, comment réduire légalement ses impôts en BNC. Garder en tête : défiscaliser n'est pas la même chose que bien placer.
Pourquoi épargner : la retraite CIPAV ne suffira pas
Une question revient en rendez-vous avant même de parler placements : « pourquoi me priver maintenant si je cotise déjà à une caisse de retraite ? » Réponse franche : parce que cette caisse, pour un psychologue, sert une pension qui ne suivra pas votre niveau de vie. Le psychologue relève de la CIPAV(Caisse interprofessionnelle de prévoyance et d'assurance vieillesse, article L. 640-1 du Code de la sécurité sociale). Il fait partie de la liste limitative des professions restées à la CIPAVaprès la réforme de 2018 (loi n° 2017-1836 du 30/12/2017, LFSS 2018, art. 15) : il ne bascule donc jamais vers la SSI ni le régime général des indépendants pour sa retraite, et ne relève ni de la CARMF (médecins), ni de la CARPIMKO (kinés, infirmiers), ni de la CARCDSF (dentistes, sages-femmes). Ça semble un détail administratif ; c'est en réalité ce qui fixe le niveau de votre future pension.
Là où ça coince : la pension servie par la CIPAV (régime de base CNAVPL par points + régime complémentaire par tranches de revenu) décroche nettement de vos revenus d'activité. Le « taux de remplacement » est structurellement faible : sans épargne personnelle constituée pendant la vie active, le passage à la retraite se traduit par une chute de niveau de vie. Nous ne vous donnons pas ici une valeur de point ou un montant de pension : ces chiffres évoluent et sont à vérifier sur lacipav.fr.
L'épargne du psychologue comble un trou, elle ne l'augmente pas
C'est tout l'enjeu : votre épargne personnelle (PER, assurance-vie) ne vient pas en plus d'une retraite confortable, elle vient compenserune retraite obligatoire faible. D'où l'importance de commencer tôt : 300 € par mois pendant trente ans, capitalisés à 4 % (hypothèse, performance non garantie), c'est de l'ordre de 200 000 € ; le même effort démarré à 55 ans n'en produit qu'une fraction. Le détail du calcul de votre future pension figure dans notre guide sur la retraite CIPAV du psychologue, et la stratégie de rattrapage dans le guide du PER psychologue. À noter : si vous exercez en SASU ou en SELAS, le président est assimilé salarié (art. L. 311-3 CSS) et relève alors du régime général (CNAV, AGIRC-ARRCO), pas de la CIPAV — un cas minoritaire, détaillé dans notre guide sur le statut juridique du psychologue.
Épargne personnelle : un psychologue n'a pas de trésorerie de société à placer
Avant de choisir une enveloppe, une distinction qui change tout : ce que vous placez, c'est votre épargne personnelle, déjà imposée — pas la trésorerie d'une entreprise. Le psychologue exerce le plus souvent en entreprise individuelle au BNC(bénéfices non commerciaux, article 92 du CGI) : son bénéfice est imposé directement à son nom à l'impôt sur le revenu, il n'y a pas d'impôt sur les sociétés, donc pas de « trésorerie de société » à laisser fructifier comme le ferait un médecin ou un pharmacien en SEL. Même en SCM(société civile de moyens), rien ne change : c'est une société de moyens, transparente fiscalement, qui refacture des charges communes (loyer du cabinet, secrétariat, logiciel de prise de rendez-vous) entre confrères et ne dégage aucun bénéfice à placer.
Le micro-BNC : souvent gagnant pour le psychologue (et plus d'argent qui reste à placer)
Le régime fiscal détermine le revenu net qui vous restera à épargner. Et là, le micro-BNC est réellement pertinent pour beaucoup de psychologues. Tant que vos recettes ne dépassent pas 83 600 €(seuil 2026, contre 77 700 € sur la période 2023-2025 ; article 102 ter du CGI), vous bénéficiez d'un abattement forfaitaire de 34 %(minimum 305 €) qui tient lieu de déduction de charges. Or les charges d'un psychologue sont souvent inférieures à 34 %de ses recettes : loyer du cabinet, RC pro, supervision et analyse de pratique, formation continue, documentation et tests psychométriques, logiciel de rendez-vous. Le micro-BNC est alors plus simple et plus avantageux que le réel. L'arbitrage complet figure dans notre guide micro-BNC ou frais réels ; mais quel que soit le régime, ce que vous placez reste de l'épargne personnelle.
TVA : vous ne récupérez rien sur le cœur de votre activité (mais attention au mixte)
Les soins du psychologue titulaire du titre (diagnostic et traitement des troubles psychologiques rendus aux personnes) sont exonérés de TVA (article 261, 4, 1° du CGI : mention « TVA non applicable, art. 261-4-1° du CGI » sur vos notes d'honoraires). Conséquence directe pour votre épargne : vous ne récupérez pas la TVAsur vos achats — vous achetez en TTC, comme un particulier — et l'option à la TVA d'une SCI de murs (article 260, 2° du CGI) n'a aucun intérêtpour vous, à l'inverse d'un géomètre ou d'un avocat assujetti. Nuance importante : si vous avez une activité mixte, vos prestations hors soins (formation, conseil en entreprise, expertise, ateliers) sont, elles, soumises à la TVA à 20 %— vous êtes alors partiellement assujetti (prorata de déduction). On ne dit donc jamais « le psychologue récupère la TVA », ni « il est totalement exonéré » quand il fait aussi de la formation.
La minorité en société à l'IS : un cas à part
Un psychologue à hauts revenus(cabinet plein, activité mixte soins + formation/conseil) peut avoir intérêt à passer en société à l'impôt sur les sociétés — EURL à l'IS, SASU ou SELAS. Là, et là seulement, apparaît une vraie trésorerie d'entreprise à placer (compte à terme de société, contrat de capitalisation personne morale) et un arbitrage rémunération / dividendesà mener selon le coût social. Mais c'est un cas minoritaire : pour la grande majorité des psychologues, aux revenus modestes à moyens, on ne surdimensionne pas — l'EI au BNC et les enveloppes personnelles suffisent. Le choix de structure est traité dans notre guide sur le statut juridique du psychologue, et les leviers des hauts revenus dans la défiscalisation du psychologue à hauts revenus.
Étage 1 : la précaution renforcée, parce que vos revenus fluctuent
Avant tout placement long, on constitue un matelas de sécurité. Pour un psychologue, on vise quatre à six mois de charges(personnelles et professionnelles) disponibles immédiatement, sans risque et sans pénalité — et non trois comme un salarié. La raison est structurelle : vos recettes fluctuent (files actives variables, vacances scolaires, saisonnalité, mix salarié-libéral), vos honoraires ne sont pas remboursés, et vos cotisations URSSAF et CIPAV sont régularisées avec décalage. Ce coussin est ce qui vous évite de revendre un placement au plus mauvais moment ou de basculer sur un crédit à la consommation un trimestre creux.
Se protéger d'abord : la prévoyance Madelin
Avant même les livrets, un préalable : la prévoyance Madelin(article 154 bis du CGI). Sans revenu, il n'y a plus d'épargne possible : indemnités journalières en cas d'arrêt, rente d'invalidité, capital ou rente pour vos proches en cas de décès. Les cotisations sont déductiblesde votre bénéfice, dans la limite d'environ 11 534 € en 2026 (7 % du PASS + 3,75 % du bénéfice, plafonné à 3 % de 8 PASS). Le détail des garanties figure dans notre guide sur la prévoyance Madelin du libéral.
Les livrets réglementés : sûrs et défiscalisés
On commence par le plus simple : les livrets réglementés, garantis par l'État et totalement exonérés d'impôt et de prélèvements sociaux (article 157 du CGI) : le livret A (plafond 22 950 €), le LDDS (plafond 12 000 €) et, sous conditions de revenus, le LEP (plafond 10 000 €). Au 1er février 2026, le livret A et le LDDS servent 1,5 %, le LEP 2,5 %. On ne leur demande aucun rendement : ce sont des réserves de liquidité, et c'est tout ce qu'on attend d'elles. Une fois les livrets pleins, le fonds eurosd'une assurance-vie prend le relais (capital garanti, disponible sous quelques jours) ; le compte à termepeut loger une somme dont vous connaissez l'échéance, mais ses intérêts relèvent du taux de prélèvements sociaux à 18,6 % en 2026.
Le dimensionnement de votre précaution
Précaution = charges mensuelles du foyer × 4 à 6 mois ────────────────────────────────────────────────────── Charges 2 500 €/mois × 4 mois → 10 000 € (plancher) Charges 2 500 €/mois × 6 mois → 15 000 € (renforcé)
On vise le haut de la fourchette (5 à 6 mois) si vos files actives sont très variables, si vous démarrez votre activité, ou si vous mêlez salariat et libéral. Cet argent dort volontairement sur des supports garantis : son seul rôle est d'absorber un trimestre creux ou une régularisation URSSAF/CIPAV. Tant que ce coussin n'est pas atteint, on ne monte pas d'étage.
Dimensionner la précaution, puis la lisser dans le temps
Comptez vos charges mensuelles réelles — loyer ou crédit du logement, loyer du cabinet, cotisations URSSAF et CIPAV, supervision, vie courante — et passez-les en × quatre à six. C'est ce guide qui dimensionnele coussin ; pour apprendre à lisserdes revenus irréguliers dans le temps (provisionner l'impôt et les cotisations, étaler les versements, gérer les mois creux), voyez notre guide dédié sur les revenus irréguliers du psychologue. Les deux sont complémentaires : la précaution est le stock, le lissage est le flux.
Votre plan d'épargne de psychologue : combien sur chaque enveloppe
Prévoyance, précaution renforcée, PER, assurance-vie, immobilier : un CGP indépendant ordonne vos étages et calibre vos versements selon votre revenu, votre tranche marginale et vos projets — sans mensualité fixe qui vous étrangle un trimestre creux. Bilan offert, sans engagement.
Étage 2 : le PER, arbitré à votre tranche marginale
Le PER en 30 secondes pour un psychologue
Vous versez, vous déduisez à votre tranche marginale, l'épargne capitalise à l'abri de l'impôt jusqu'à la retraite — c'est l'outil n° 1 pour combler le trou de la CIPAV. En contrepartie, l'argent est bloqué (sauf déblocages prévus par la loi, dont l'achat de la résidence principale), et à la sortie l'État reprend sa part : le PER ne fait pas disparaître l'impôt, il le décale à la retraite, au moment où votre tranche aura souvent baissé — c'est là tout l'intérêt, mais c'est aussi pourquoi à 11 % le calcul ne tient pas. Tout dépend donc de votre tranche : à 30 ou 41 %, le PER fait vraiment baisser l'impôt ; à 11 %, il rapporte peu. Or, chez un psychologue, la tranche est souvent à 11 ou 30 %.
Combien un psychologue peut-il déduire ?
Le plan d'épargne retraiteest l'outil central pour combler le trou de la CIPAV. Son atout : les versements sont déductibles de votre bénéfice imposable à votre tranche marginale. Pour un psychologue en BNC ou en EURL à l'IR (travailleur non salarié), le plafond suit l'article 154 bis du CGI : 10 % du bénéfice imposable (dans la limite de 8 PASS) + 15 % de la fraction de bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS, avec un plancher de 4 806 € en 2026 et un plafond maximal de l'ordre de 88 911 €. Pour le dirigeant assimilé salarié(président de SASU ou de SELAS), c'est l'article 163 quaterviciesqui s'applique. Les plafonds non utilisés sont reportables (sur 5 ans pour les plafonds nés à compter de 2026, sur 3 ans pour les reliquats antérieurs) et mutualisables entre conjoints. Le calcul détaillé figure dans notre guide du PER psychologue et, pour le cadre transverse, dans le guide du plan d'épargne retraite.
L'économie d'impôt du PER dépend entièrement de votre tranche
Économie d'impôt = versement × tranche marginale (TMI) ────────────────────────────────────────────────────── 4 000 € versés, TMI 41 % → 1 640 € d'impôt en moins 4 000 € versés, TMI 30 % → 1 200 € d'impôt en moins 4 000 € versés, TMI 11 % → 440 € d'impôt en moins
À 41 et 30 %, le PER est un levier majeur pour combler la CIPAV. À 11 %, l'avantage est faible — et il est en grande partie repris à la sortie (capital réintégré au barème, gains soumis à 18,6 % de prélèvements sociaux). Le PER se déclenche quand vous passez durablement à 30 %, pas avant.
| Tranche marginale (TMI) | Économie pour 4 000 € versés | Verdict pour un psychologue |
|---|---|---|
| 11 % | 440 € | Trop faible : assurance-vie souple d'abord |
| 30 % | 1 200 € | Le PER se justifie pleinement |
| 41 % | 1 640 € | Levier majeur (minorité hauts revenus) |
À 11 %, ne forcez pas le PER
Disons-le sans détour : tant que vous êtes à 11 %, chaque euro rend plus en assurance-vie qu'en PER, et le PEA passe lui aussi avant. On déclenche le PER lorsque votre tranche marginale s'est installée durablement à 30 %, et on le sature à 41 %. C'est le cas d'un psychologue à hauts revenus, pour qui le PER au plafond devient un vrai levier : les pistes spécifiques figurent dans notre guide sur la défiscalisation du psychologue à hauts revenus.
Étage 3 : l'assurance-vie, le couteau suisse du psychologue
Pourquoi l'assurance-vie colle aux revenus en dents de scie
C'est l'enveloppe taillée pour un psychologue : pas d'engagement mensuel rigide. Vous versez quand les mois sont bons, vous levez le pied les mois creux, et l'argent reste disponible à tout moment. C'est ce qui change tout face à un mois de janvier creux ou un été sans patients : vous n'avez aucune mensualité à honorer.
Retirer son argent quand on veut — mais sans jamais « 0 impôt »
Là où le PER bloque et déduit, l'assurance-viegarde la main : pas de déduction à l'entrée, mais une épargne disponible à tout moment. Seuls les gains contenus dans un rachat sont imposés (article 125-0 A du CGI), au prélèvement forfaitaire unique (article 200 A). Après 8 ans, vous bénéficiez d'un abattement annuel de 4 600 €(9 200 € pour un couple) sur les gains, et d'un taux d'IR réduit à 7,5 %. Mais attention : les prélèvements sociaux à 17,2 %(taux maintenu en 2026) restent dus, et il ne faut jamais promettre « 0 impôt » — l'abattement porte sur les gains, pas sur le capital, et les prélèvements sociaux s'appliquent toujours.
La transmission : là où l'assurance-vie n'a quasiment pas de rivale
Sur la transmission, peu d'enveloppes font mieux que l'assurance-vie. Le capital transmis au décès échappe en grande partie aux droits de succession : 152 500 € par bénéficiaire sont exonérés pour les primes versées avant 70 ans(article 990 I du CGI), et un abattement global de 30 500 € s'applique aux primes versées après 70 ans (article 757 B). Concrètement, hors assurance-vie, ces 152 500 € par bénéficiaire repasseraient dans la succession taxable — un argument de poids pour un psychologue qui veut protéger son conjoint ou ses enfants.
PER ou assurance-vie : on combine
PER — bloquer et déduire
Points forts
- Versements déductibles à la tranche marginale
- Idéal pour combler la retraite CIPAV faible
- Déblocage anticipé pour la résidence principale
Points de vigilance
- Épargne bloquée jusqu'à la retraite
- Avantage faible à 11 % de tranche marginale
- Gains : prélèvements sociaux à 18,6 % en 2026
Assurance-vie — garder la main
Points forts
- Versements libres, parfaits pour revenus irréguliers
- Abattement 4 600 € / 9 200 € après 8 ans
- Transmission optimisée (990 I : 152 500 €/bénéficiaire)
Points de vigilance
- Pas de déduction à l'entrée
- PS 17,2 % toujours dus (jamais « 0 impôt »)
- Risque de perte en capital sur les unités de compte
Pour un psychologue, la question « PER ou assurance-vie » est mal posée : on ouvre les deux, chacun pour son usage — avec une nuance de calendrier. Tant que la tranche est à 11 %, l'assurance-vie d'abord ; à partir de 30 %, on ajoute le PER pour combler la CIPAV. Le détail figure dans notre guide complet de l'assurance-vie.
Étage 4 : l'immobilier, après les fondations
La résidence principale d'abord
Pour un psychologue qui débute, le premier projet immobilier est presque toujours sa résidence principale. Tant que vous y habitez, la plus-value à la revente est exonérée(article 150 U du CGI), vous arrêtez de payer un loyer, et le remboursement du prêt vous constitue un patrimoine forcé. Surtout, c'est elle qui mobilise votre capacité d'emprunt— la banque finance d'abord votre toit avant vos investissements locatifs. L'ordre raisonnable : résidence principale, puis locatif, jamais l'inverse.
Une fois logé, trois voies simples, dont la fiscalité 2026 diffère— et c'est précisément la dualité des prélèvements sociaux qui les départage. Le LMNP(location meublée non professionnelle) permet d'amortir le bienet de neutraliser fiscalement une grande partie des loyers — en gardant à l'esprit que ces loyers relèvent du taux de 18,6 % de prélèvements sociaux et que les amortissements sont désormais réintégrés dans la plus-value de cession (article 150 VB III du CGI, cessions à compter du 15 février 2025). La location nue et le déficit foncier(déficit imputable sur le revenu global jusqu'à 10 700 € par an, article 156 du CGI), au taux maintenu de 17,2 %. Et la SCPI, qui donne accès à un patrimoine immobilier diversifié et géré dès quelques milliers d'euros (loyers fonciers à 17,2 %), en direct ou logée dans une assurance-vie.
Acheter les murs de son cabinet : attention à la TVA de la SCI
Vous pouvez aussi acheter les murs de votre cabinet, le plus souvent via une SCIqui les loue à votre activité. Un point spécifique au psychologue : comme vos soins sont exonérés de TVA, vous ne récupérez pas la TVA, et l'option à la TVA d'une SCI (article 260, 2° du CGI) n'a aucun intérêtpour vous — c'est tout l'inverse d'un géomètre ou d'un avocat assujetti, qui eux y gagnent. Le montage complet (SCI à l'IR ou à l'IS, financement, loyers à 17,2 %) est détaillé dans notre guide sur l'achat des murs du cabinet en SCI. Pour le cadre général, notre guide des SCPI et celui sur l'immobilier du professionnel libéral posent le cadre général. Garde-fou : quand les recettes varient d'un trimestre à l'autre, on ne se sur-leverage pas — un ou deux supports clairs valent mieux qu'un empilement de crédits.
Étage 5 : le PEA et la bourse, pour l'épargne longue
Le dernier étage, celui qu'on ne remplit qu'une fois tout le reste en place : la poche actions, pour faire travailler l'épargne dont vous n'aurez pas besoin avant plusieurs années. C'est ici que se loge la performance de long terme — au prix d'une volatilité qu'il faut accepter. Le véhicule de référence est le PEA(plan d'épargne en actions, article L. 221-30 du Code monétaire et financier), plafonné à 150 000 € de versements : après 5 ans de détention, les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu— seuls les prélèvements sociaux restent dus. À la différence du PER, le PEA n'est pas bloqué : c'est un complément retraite souple.
Attention : le PEA est à 18,6 % en 2026, pas 17,2 %
C'est un changement à intégrer : le PEA ne fait pas partie des produits qui conservent le taux historique de 17,2 %. Les gains réalisés à compter de 2026 supportent donc 18,6 % de prélèvements sociaux (CSG portée à 10,6 %). Idem pour le compte-titres ordinaire, sans plafond, dont les plus-values et dividendes sont taxés au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %(12,8 % d'IR + 18,6 % de PS) — utile pour aller au-delà du PEA ou loger des supports non éligibles. Pour la poche actions, le PEA reste néanmoins l'enveloppe la plus efficace après constitution de l'assurance-vie et, le cas échéant, du PER. Détail dans notre guide du PEA.
En pratique, pour un psychologue, la simplicité prime : un PEA garni d'un ou deux ETF (fonds indiciels diversifiés à frais réduits), alimenté par versements libresau gré des bons mois, suffit largement à capter la performance des marchés actions sur le long terme, sans la complexité ni les frais d'une sélection de titres en direct. Pas de private equity ni de produits structurés sur un patrimoine en construction.
Note de méthode : l'horizon avant le rendement
On ne met au sommet de la pyramide que l'épargne dont on n'aura pas besoin avant au moins huit à dix ans. C'est la condition pour absorber sereinement les baisses de marché : sur une telle durée, le temps lisse la volatilité, alors qu'à deux ou trois ans il l'amplifie. Un principe à garder en tête pour chaque euro investi en actions : la performance d'hier ne garantit pascelle de demain, et la valeur peut varier à la baisse. L'argent du PEA, c'est celui que vous ne toucherez pas avant la cinquantaine — pas celui du coussin de précaution.
La dualité des prélèvements sociaux 2026 : 17,2 % ou 18,6 %
Depuis le 1er janvier 2026, deux taux de prélèvements sociaux cohabitent — et ça change le classement de vos enveloppes. La LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) a porté la CSG sur les revenus du capital de 9,2 % à 10,6 %. Conséquence : deux taux de prélèvements sociaux coexistentdésormais (CSS art. L. 136-8). Ce n'est pas un détail : à fiscalité égale, le support qui reste à 17,2 % laisse un peu plus dans votre poche.
| Enveloppe / revenu | PS 2026 | Détail |
|---|---|---|
| Assurance-vie, contrat de capitalisation | 17,2 % | Maintenu (liste limitative L. 136-8) |
| Revenus fonciers (location nue, déficit foncier, SCI à l'IR) | 17,2 % | Maintenu |
| SCPI (loyers fonciers) | 17,2 % | Maintenu |
| Plus-value immobilière des particuliers | 17,2 % | Maintenu |
| PEL / CEL / PEP | 17,2 % | Maintenu |
| PEA / PEA-PME (après 5 ans) | 18,6 % | CSG portée à 10,6 % |
| Compte-titres (dividendes, intérêts, plus-values) | 18,6 % | → PFU global 31,4 % |
| PER (gains à la sortie) | 18,6 % | Hausse appliquée |
| LMNP (loyers meublés) | 18,6 % | Hausse appliquée |
| Dividendes de société (EURL à l'IS, SASU, SELAS) | 18,6 % | Hausse appliquée |
Ce que la dualité change pour votre allocation
Ce n'est pas un argument décisif à lui seul — la performance et l'objectif de chaque enveloppe comptent davantage — mais c'est un point de plus en faveur de l'assurance-vie et du foncier nupour la poche prudente de long terme, et un rappel que le PEA, le PER et le LMNP ne sont plus à 17,2 %. C'est la hiérarchie qu'on rappelle à chaque rendez-vous : on choisit d'abord pourquoion place (retraite, transmission, projet immobilier), et le taux de PS ne sert qu'à trancher entre deux supports qui se valent par ailleurs. Un psychologue qui choisit son assurance-vie « parce que 17,2 % » plutôt que pour sa souplesse se trompe d'angle.
Cas chiffré : Camille, psychologue de 40 ans, 800 € par mois
La théorie des étages prend tout son sens sur un cas concret. Voici comment se répartissent réellement 800 € mensuels une fois les fondations posées — puis deux variantes, parce que la même méthode ne donne pas la même allocation à 11 % et à 41 % de tranche.
Camille est psychologue clinicienne en entreprise individuelle (BNC), 40 ans, cabinet installé. Elle dégage 52 000 € de bénéfice, se situe à 30 % de tranche marginale, et peut épargner 800 € par mois. Sa prévoyance Madelin est déjà en place et elle a constitué un coussin de précaution de cinq à six mois, soit environ 15 000 €, sur ses livrets. Ses 800 € se répartissent alors sur les étages supérieurs.
La ventilation des 800 € de Camille par horizon
PER (retraite, déduction 30 %) 250 €/mois → 3 000 €/an Assurance-vie (souplesse, transmission) 350 €/mois → 4 200 €/an PEA en ETF monde (actions, long terme) 200 €/mois → 2 400 €/an ────────────────────────────────────────────────────────────── Total épargné 800 €/mois → 9 600 €/an
Les 3 000 € versés sur le PER restent sous le plafond 154 bis de Camille : entièrement déductibles. À 30 % de tranche marginale, ils lui font économiser environ 900 € d'impôt par an. Le PEA et le PER sont à 18,6 % de PS à terme, l'assurance-vie à 17,2 %, et tout reste accessible (sauf le PER, bloqué hors déblocage résidence principale). Cette ventilation est une illustration aux taux 2026, pas une recommandation : la bonne répartition dépend de votre tranche réelle, de votre horizon et de vos projets — et les performances passées des supports ne préjugent pas des performances futures.
La règle du pourcentage glissant (revenus irréguliers)
Comme les revenus de Camille peuvent fluctuer d'un mois sur l'autre, on ne fige pas les 800 € en prélèvements automatiques rigides. La règle : épargner un pourcentage des bons mois et privilégier les versements libressur l'assurance-vie et le PEA. Si un trimestre est creux, on baisse l'AV et le PEA, on ne touche jamais au coussin de précaution, et on verse le PER en une fois en fin d'année, une fois le bénéfice connu. C'est le cadre opérationnel d'un profil dont les recettes montent et descendent : on épargne au rythme du cabinet, jamais à contretemps.
Variante 1 — Inès, 32 ans, début d'activité, micro-BNC, TMI 11 %
Inès dégage environ 38 000 € de recettes, est au micro-BNC(abattement 34 %, charges réelles inférieures), vient de s'installer, et n'est qu'à 11 % de tranche marginale. Pour elle, le PER est peu utile : 4 000 € versés ne feraient économiser que 440 € d'impôt, repris à la sortie. Sa priorité : prévoyance Madelin, précaution renforcée (file active encore en construction, revenus instables), puis une assurance-vie souple (disponible, utile pour un futur apport de résidence principale) et un peu de PEA en ETF. On déclenchera le PER quand elle passera durablement à 30 %.
Variante 2 — Thomas, 52 ans, activité mixte, TMI 41 %
Thomas a une activité mixte : consultations (soins exonérés de TVA) et formation/conseil en entreprise (soumis à 20 %, prorata de déduction). Il dégage de hauts revenus et se situe à 41 % de tranche marginale. Le PER reprend tout son sens : un versement annuel de 6 000 € déduit à 41 % lui économise 2 460 € d'impôt par an, pour combler une CIPAV faible. Il complète par une assurance-vie (transmission, 990 I), envisage des SCPI ou l'achat des murs de son cabinet, et — s'il est passé en société à l'IS — arbitre rémunération et dividendes. Les leviers des hauts revenus sont détaillés dans notre guide sur la défiscalisation du psychologue à hauts revenus. Même à 41 %, pas de private equity sans un vrai bilan patrimonial préalable.
Les 6 erreurs de placement du psychologue
En une quinzaine d'années de rendez-vous avec des libéraux, nous voyons toujours revenir les mêmes erreurs — rarement des erreurs de produit, presque toujours des erreurs d'ordre ou de méthode. En voici six, qu'on retrouve chez presque tous les psychologues.
- Sauter la précaution.Investir en SCPI ou en PER avant d'avoir quatre à six mois de coussin et une prévoyance. Quand les revenus sont irréguliers, un trimestre creux non amorti force à revendre au pire moment. On remplit dans l'ordre.
- Souscrire un PER « pour défiscaliser » à 11 %.À 11 % de tranche, l'avantage est faible et largement repris à la sortie. Le PER se déclenche à partir de 30 % de tranche marginale, pas avant.
- Confondre défiscalisation et bon placement.Réduire l'impôt n'est pas une fin en soi : on part de l'objectif et de l'horizon, on choisit l'enveloppe, et seulement ensuite on regarde le levier fiscal.
- S'engager dans du rigide.Sur des revenus irréguliers, un gros prélèvement mensuel automatique vous met en difficulté les mois creux. On préfère les versements libres sur l'AV et le PEA, et un versement libre annuel pour le PER.
- Croire qu'on récupère la TVA. Les soins du psychologue sont exonérés de TVA(article 261, 4, 1° du CGI) : vous achetez en TTC, sans TVA récupérable, et l'option TVA d'une SCI de murs est sans intérêt. (Seule une activité de formation/conseil est soumise à 20 %.)
- Surdimensionner les montages.Holding, private equity, produits structurés : hors sujet pour un patrimoine en construction et des revenus modestes à moyens. Pour la grande majorité des psychologues, le micro-BNC, le PER simple et l'assurance-vie suffisent largement.
Garde-fou : pas de produits complexes pour un patrimoine en construction
Notre règle déontologique : on ne survend pas de private equity, de produits structurés ni de montages de holdingà un psychologue dont le patrimoine se construit et dont les revenus sont parfois irréguliers. Ces placements peu liquides et parfois opaques s'adressent à des patrimoines déjà diversifiés, capables d'immobiliser des sommes plusieurs années. La priorité reste l'enchaînement prévoyance, précaution renforcée, PER (à la bonne tranche), assurance-vie et diversification simple (ETF, quelques SCPI de qualité, immobilier mesuré).
Note de méthode sur le risque
Tout placement autre que les livrets réglementés et les fonds euros comporte un risque de perte en capital : assurance-vie en unités de compte, PER, PEA, SCPI, LMNP — la valeur peut varier à la baisse. Et un principe à ne jamais oublier : les performances passées ne préjugent pas des performances futures. C'est précisément le rôle de la diversification par étages : ne jamais exposer au risque l'argent dont vous aurez besoin à court terme — ce qui compte double quand les revenus fluctuent.
Ce plan d'épargne n'est qu'une brique : pour le replacer dans la stratégie d'ensemble du psychologue — du cabinet à la retraite —, voyez notre guide de gestion de patrimoine du psychologue. Pour le cadre transverse de tous les libéraux, notre guide sur où placer son argent quand on est en profession libérale ; et, pour un métier-cousin à la retraite CIPAV et aux soins exonérés de TVA, notre placement de l'ostéopathe libéral applique exactement la même logique d'étages. Et pour savoir, sur vos chiffres, combien mettre sur le PER sans bloquer votre futur apport, un bilan d'une heure suffit à trancher.
Un plan d'épargne de psychologue, écrit et révisé chaque année
On ordonne vos étages, on calibre votre PER selon votre tranche et votre prévoyance, on arbitre résidence principale et locatif, et on diversifie simplement. On commence par sécuriser votre revenu (la prévoyance Madelin) et par renforcer votre précaution, pas par vous vendre une SCPI. Cabinet 100 % indépendant, basé à Chambéry.

