Mis à jour le 25 juin 2026 · Conforme à la LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026), à la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025) et au PASS 2026 fixé à 48 060 €. Guide hub centré sur la minorité de psychologues à TMI 41-45 %.
Votre cabinet est plein, vous refusez des patients, vous animez en plus des formations ou du conseil en entreprise — et chaque mois de mars, l'avis d'imposition fait mal : à 41 % de tranche marginale, un euro de bénéfice supplémentaire ne vous laisse que 59 centimes, cotisations sociales en sus. Vous le savez : vous payez beaucoup, vous épargnez ce que l'impôt vous laisse, et personne ne vous a jamais expliqué dans quel ordre agir. C'est exactement à ce profil que ce guide répond — et il vous promet une méthode, pas un catalogue de produits.
Disons-le tout de suite : la majorité des psychologues libéraux a des revenus modestes à moyens, et n'a besoin ni de montage, ni de société. Pour eux, le micro-BNC, un PER bien calibréet une assurance-vie suffisent — c'est tout l'objet de notre guide généraliste de l'optimisation fiscale du psychologue. Ce guide-ci s'adresse à un autre profil : la minorité dont le cabinet est plein, qui facture aussi de la formation, du conseil en entreprise ou de l'expertise, et dont la tranche marginale d'imposition atteint 41 ou 45 %.
À ce niveau, vous êtes forcément au réel (déclaration contrôlée 2035), et la question n'est plus « micro-BNC ou frais réels » — sujet que traite notre guide micro-BNC ou frais réels — mais « comment faire baisser une imposition qui devient lourde ». Quatre leviers existent, du plus simple et sûr au plus avancé. Le piège, c'est de les empiler dans le désordre ou de les choisir pour la seule carotte fiscale : là, ils coûtent plus qu'ils ne rapportent. On va donc les reprendre un par un, dans l'ordre où je les présente à mes clients.
L'essentiel en 30 secondes
- Ce guide vise la minorité à TMI 41-45 %: cabinet plein, capacité d'épargne non consommée, souvent activité mixte (soins + formation/conseil). Sinon, le guide généraliste suffit.
- Levier 1, le PER: le plus efficace à haute TMI, jusqu'à 88 911 € déductibles en 2026, avec report des plafonds sur 3 ans pour les années irrégulières.
- Levier 2, la société à l'IS (EURL, SASU, parfois SEL) : capitaliser le résultat non consommé à 15/25 % au lieu de 45 %, et piloter rémunération/dividendes.
- Leviers 3 et 4, immobilier puis réductions: LMNP, déficit foncier ; FCPI/FIP et Girardin avec prudence. Et un piège central : la TVA de l'activité mixte.
La méthode : quatre leviers dans le bon ordre, sans surdimensionner
Le psychologue est une profession libérale à titre protégé(loi n° 85-772 du 25 juillet 1985 : le titre est réservé aux titulaires d'un Master 2 de psychologie ou d'un diplôme équivalent, avec enregistrement ADELI/RPPS auprès de l'ARS) — mais sans ordre professionnel et sans monopole d'actes. Vous avez donc les mains libres sur le choix de structure : rien ne vous oblige à exercer en société d'exercice libéral, et vous pouvez choisir une EURL ou une SASU de droit commun. Et la cession de votre cabinet porte sur la patientèle(cession libre), pas sur une charge.
Pourquoi défiscaliser activement quand on est à hauts revenus ? Parce que votre retraite, elle, ne suivra pas. Le psychologue est affilié à la CIPAV(art. L. 640-1 du Code de la sécurité sociale) : il fait partie des professions restées à cette caisse après la réforme de 2018. Or la pension CIPAV est notoirement faible au regard des revenus d'un cabinet bien rempli. Chaque euro d'impôt économisé et réorienté vers une épargne de long terme construit la retraite que la CIPAV ne financera pas.
L'échelle des quatre leviers
Le principe : on commence par le plus simple et le plus liquide, et on s'arrête dès que le compte y est. Inutile d'aller chercher le levier 4 si le PER suffit.
- Le PER — déductible, liquide à la retraite, efficacité proportionnelle à la TMI.
- La société à l'IS — pour capitaliser le résultat que vous ne consommez pas.
- L'immobilier défiscalisant — LMNP, déficit foncier, nue-propriété.
- Les réductions d'impôt (FCPI/FIP, Girardin) — en dernier, avec prudence.
À qui s'adresse vraiment ce guide ?
Aux psychologues qui réunissent trois conditions: (1) une TMI de 41 ou 45 %, (2) une capacité d'épargne réelle — vous ne consommez pas tout votre revenu —, (3) souvent une activité mixte (soins + formation/conseil). Si vous n'êtes pas dans ce cas, ne surdimensionnez pas : le PER simple et l'assurance-vie de notre guide généraliste couvrent vos besoins, et la défiscalisation ne doit jamais primer sur la qualité du placement.
Levier 1 : saturer le PER, le plus efficace à 41-45 %
Si je ne devais retenir qu'un levier pour un psychologue à 45 %, ce serait celui-là. Un versement sur un plan d'épargne retraite se déduit de votre bénéfice imposable : à 41 % de TMI, 10 000 € versés vous font économiser 4 100 € d'impôt ; à 45 %, 4 500 €. L'efficacité est donc strictement proportionnelle à votre tranche — d'où l'intérêt majeur pour le haut revenu, plus modeste pour un psychologue à 30 %.
En BNC, votre plafond relève de l'article 154 bis du CGI : 10 % du bénéfice imposable (dans la limite de 8 PASS) majoré de 15 % de la fraction de bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS. Avec un PASS 2026 à 48 060 €, le plancher est de 4 806 € et le plafond maximal atteint 88 911 €(pour un bénéfice supérieur ou égal à 384 480 €). Si vous êtes président de SASU ou de SELAS (assimilé salarié), c'est le PER de droit commun de l'article 163 quatervicies qui s'applique.
Plafond PER d'un psychologue à 100 000 € de bénéfice BNC (2026)
Plafond = 10 % x bénéfice + 15 % x fraction de bénéfice entre 1 et 8 PASS
= 10 % x 100 000 + 15 % x (100 000 − 48 060)
= 10 000 + 7 791
= 17 791 € déductiblesÀ 41 % de TMI, verser ce plafond économise environ 7 294 € d'impôt sur le revenu. Les plafonds non utilisés des 3 années précédentes s'ajoutent : un psychologue qui a connu des années creuses peut verser bien davantage.
Deux choses comptent vraiment ici, surtout pour un psychologue dont les revenus jouent au yo-yo. D'abord le report sur 3 ans des plafonds non utilisés : précieux quand les files actives varient et que les revenus sont irréguliers, on accumule du plafond les années creuses pour écrêter les pics les bonnes années. Ensuite la mutualisation possible entre conjoints. À la sortie, les gains supportent 18,6 %de prélèvements sociaux (la part de capital correspondant aux versements déduits étant, elle, soumise au barème). Au passage, le contrat Madelin prévoyance/santé (également art. 154 bis) reste déductible, dans une limite d'environ 11 534 € en 2026.
Le détail des plafonds, des cas de déblocage et du choix du support figure dans notre guide du PER pour psychologue et, plus largement, dans notre dossier sur le plan d'épargne retraite.
Note de méthode : l'économie d'impôt n'est pas un rendement
Les montants d'économie cités (4 100 €, 7 294 €, etc.) sont des ordres de grandeur calculés à votre taux marginal du moment ; ils varient avec votre tranche et vos autres revenus. Surtout, une déduction PER n'est pas un gain définitif: elle diffère l'imposition à la sortie. Le vrai gain vient de l'écart entre votre TMI aujourd'hui (41-45 %) et celle, en principe plus basse, de votre retraite — d'où l'intérêt majeur du levier à haute tranche. Quant aux performances des supports du PER, les performances passées ne préjugent pas des performances futureset le capital n'est pas garanti sur les unités de compte.
Levier 2 : passer en société à l'IS pour piloter rémunération et dividendes
L'idée en 30 secondes
En entreprise individuelle, tout votre bénéficeest imposé à votre TMI, même la part que vous laissez dormir. En société à l'IS, vous ne payez l'impôt sur le revenu que sur ce que vous sortez (rémunération + dividendes) ; le surplus capitalise dans la société à 15 % puis 25 %au lieu de 45 %. Le levier n'a donc de sens que si vous n'avez pas besoin de consommer tout votre revenu. Sinon, restez en EI au réel : c'est plus simple et moins coûteux.
Tant que vous exercez en entreprise individuelle au réel, 100 % de votre bénéfice supporte l'impôt sur le revenu à votre TMI (jusqu'à 45 %) et les cotisations TNS, que vous le consommiez ou non. Passer à l'impôt sur les sociétés change la donne : seules votre rémunération et vos dividendes remontent à l'IR, tandis que le résultat laissé dans la société est imposé à l'IS— 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice (sous conditions PME), 25 % au-delà (art. 219 du CGI).
Vous avez le choix entre trois enveloppes. L'EURL(Code de commerce art. L. 223-1) : gérant associé unique TNS, affilié à la CIPAV, à l'IR par défaut avec option pour l'IS. La SASU(art. L. 227-1) : président assimilé salarié relevant du régime général, à l'IS de plein droit. Et la SEL (SELARL ou SELAS) : en principe ouverte au psychologue puisque son titre est protégé (loi n° 90-1258, ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023), mais aucun décret ne nomme expressément la profession— nous l'exprimons donc au conditionnel, l'EURL ou la SASU de droit commun restant l'alternative sûre.
Ne confondez pas les trois axes
- Axe fiscal : micro-BNC / réel / impôt sur les sociétés.
- Axe social : TNS affilié à la CIPAV (EI, EURL, SELARL) versus assimilé salarié au régime général (SASU, SELAS).
- Axe structure : EI, EURL, SASU ou SEL.
Un même choix touche les trois à la fois : c'est tout l'objet du guide du statut juridique du psychologue, qui détaille la création et le choix de structure.
Ne raisonnez pas en chiffre d'affaires. Ce qui déclenche l'intérêt d'une société, c'est deux choses réunies : une TMI déjà haute et de l'argent que vous ne dépensez pas. Sur le plan social, les cotisations d'un TNS représentent grossièrement 40 à 45 % du revenu net, contre de l'ordre de 75 à 82 % du net imposable pour un assimilé salarié (charges patronales comprises) — des ordres de grandeur à affiner selon votre situation. La logique est développée dans nos guides BNC ou SELARL et défiscalisation de la profession libérale.
SASU ou EURL/SELARL : le piège des 10 % sur les dividendes
Une fois en société à l'IS, comment sortir l'argent ? Par la rémunération (soumise aux cotisations) ou par les dividendes. Et c'est précisément sur les dividendes que les deux familles de structures divergent radicalement.
SASU / SELAS (président assimilé salarié)
Points forts
- Dividendes NON soumis aux cotisations sociales
- PFU de 31,4 % en 2026 (12,8 % d'IR + 18,6 % de PS)
- Souplesse de l'arbitrage rémunération / dividendes
Points de vigilance
- Charges sociales élevées sur la rémunération (régime général)
- Pas la CIPAV mais le régime général (CNAV + AGIRC-ARRCO)
EURL à l'IS / SELARL (gérant TNS)
Points forts
- Cotisations TNS plus légères sur la rémunération
- En deçà de 10 % du capital, dividendes au PFU 31,4 %
Points de vigilance
- Fraction de dividendes > 10 % du capital + primes + CCA moyen cotisée TNS (art. L. 131-6 CSS)
- Cotisations sociales EN PLUS de l'impôt sur cette fraction
Le piège des 10 %est l'erreur la plus fréquente. En EURL à l'IS ou en SELARL (gérant TNS), la fraction de dividendes excédant 10 % du capital social, des primes d'émission et du solde moyen du compte courant d'associéest réintégrée dans l'assiette des cotisations sociales TNS, en plus de l'impôt (article L. 131-6 du Code de la sécurité sociale). En SASU ou SELAS, ce mécanisme ne joue pas : les dividendes restent au seul PFU. C'est tout l'arbitrage que détaillent nos guides salaire ou dividendes en SEL et le piège des dividendes au-delà de 10 % du capital, transposable à l'EURL à l'IS.
Quelle structure pour votre cabinet de psychologue ?
EI au réel, EURL à l'IS, SASU ou SEL : le bon choix dépend de votre TMI, de votre épargne non consommée et de votre activité mixte. On pose les chiffres de votre EURL et de votre SASU côte à côte, et on vous dit franchement quand l'EI au réel suffit.
Levier 3 : l'immobilier défiscalisant (et le piège TVA de la SCI)
Une fois le PER saturé et la structure optimisée, l'immobilier prend le relais. Trois outils, et le bon dépend de ce que vous cherchez : du rendement net, de l'effacement d'impôt ou de la transmission.
La location meublée (LMNP) avec amortissement neutralise une grande partie des loyers imposables ; ces loyers, de nature BIC, supportent désormais 18,6 % de prélèvements sociaux (LFSS 2026). Le déficit foncier (art. 156 du CGI), lui, naît de travaux sur un bien loué nu : il s'impute sur votre revenu global dans la limite de 10 700 €par an (hors intérêts d'emprunt), le surplus étant reportable 10 ans sur les revenus fonciers. Attention à la dualité 2026 : les loyers nus (location directe ou via une SCI à l'impôt sur le revenu) restent à 17,2 % de prélèvements sociaux, alors que le meublé passe à 18,6 %. Enfin, la nue-propriété(démembrement) sort le bien de l'assiette de l'IFI éventuel pendant la durée du démembrement, sans produire de revenu foncier imposable.
Le piège TVA de la SCI de murs (différenciateur du psychologue)
Quand un avocat ou un géomètre achète les murs de son cabinet via une SCI, il a intérêt à opter pour la TVA (art. 260-2 du CGI) afin de récupérer la TVA sur l'acquisition et de la facturer en loyer à son exploitation assujettie. Pour un psychologue, cette option ne présente en général aucun intérêt: votre activité de soins étant exonérée de TVA, votre exploitation ne récupérerait de toute façon pas cette TVA. C'est l'exact inverse des professions assujetties à 20 %.
Bien lire la dualité des prélèvements sociaux 2026
Depuis la LFSS 2026, deux taux coexistent et il est facile de s'y tromper. Un même psychologue qui détient un studio loué nu (revenu foncier) et un second loué meublé (LMNP) verra ses deux loyers taxés différemment : 17,2 % de prélèvements sociaux sur le foncier nu, mais 18,6 %sur le meublé. C'est aussi à 18,6 % que sont taxés ses dividendes et la plus-value de cession de sa patientèle, alors que l'assurance-vie et les plus-values immobilières des particuliers restent à 17,2 %. Un détail qui change le rendement net réel d'un arbitrage.
La mécanique complète de l'achat des murs figure dans notre guide acheter les murs de son cabinet de psychologue en SCI, complété par nos dossiers acheter les murs en SCI et immobilier et profession libérale.
Levier 4 : FCPI, FIP, Girardin — utiles, mais avec prudence
Ces dispositifs viennent en dernier, et seulement si les leviers précédents sont déjà actionnés. Ils réduisent l'impôt, mais au prix d'un risque réel qu'il faut accepter en pleine conscience.
Ce qui construit d'abord le patrimoine
PER (déductible, liquide à la retraite), immobilier de qualité (LMNP, déficit foncier), assurance-vie. La défiscalisation y est un bonus, pas la raison d'acheter. C'est là que vous concentrez l'essentiel de votre effort d'épargne.
Ce qui réduit l'impôt mais avec risque
FCPI / FIP : réduction d'IR mais plafond global des niches à 10 000 € (art. 200-0 A du CGI), placements non cotés risqués et illiquides. Girardin industriel : one-shot dont le rendement dépend de la solidité de l'opérateur (une défaillance peut entraîner la reprise de l'avantage). À doser, jamais en cœur de stratégie.
Le bon réflexe avant de signer un FCPI ou un Girardin
Posez-vous trois questions. Un : accepteriez-vous ce placement sans l'avantage fiscal ? Si la réponse est non, ne signez pas. Deux: quelle est la durée réelle de blocage (souvent 5 à 10 ans pour un FCPI/FIP) et acceptez-vous l'illiquidité ? Trois: pour un Girardin, quelle est l'ancienneté et la solidité du monteur, et la garantie de bonne fin est-elle prévue ? Le rendement fiscal d'un Girardin n'est définitif que si l'opération industrielle tient cinq ans : une défaillance entraîne la reprise de la réduction. Ces produits restent une cerise, jamais le gâteau.
La règle ne change jamais : un produit ne s'achète pas pour sa carotte fiscale, mais pour sa qualité intrinsèque. Une réduction d'impôt sur un placement médiocre reste un mauvais placement. La déontologie d'un conseiller indépendant est précisément de refuser un montage que la seule défiscalisation justifierait.
Le piège TVA du psychologue à activité mixte
C'est le point qui distingue vraiment le psychologue à hauts revenus : une part de son chiffre d'affaires vient souvent de la formation, du conseil en entreprise ou de l'expertise. Et le fisc ne traite pas de la même façon votre patientèle et votre clientèle entreprise : une note d'honoraires de consultation et une facture de formation ne portent pas la même mention.
| Activité | Régime de TVA | Conséquence pratique |
|---|---|---|
| Soins aux personnes (consultations, diagnostic, traitement des troubles psychologiques) | Exonérés (art. 261, 4, 1° du CGI, condition de titre) | Mention « TVA non applicable, art. 261-4-1 du CGI » ; aucune TVA récupérable |
| Conseil en entreprise, coaching, expertise judiciaire, ateliers, stages de sensibilisation | Soumis à 20 % | TVA facturée et reversée ; TVA déductible sur les achats liés |
| Formation professionnelle continue | Exonérable sur attestation (pas automatique) | Sous réserve de l'attestation administrative ; sinon 20 % |
Résultat : dès que vous facturez de la formation à côté de vos consultations, vous tombez dans le régime des assujettis partiels. Vous facturez la TVA sur vos prestations soumises, et ne récupère la TVA sur ses achats que dans la proportion de cette activité — c'est le prorata de déduction. D'où, encore une fois, l'inutilité de l'option TVA d'une SCI de murs : la part « soins » ne récupère rien.
Les deux erreurs à ne jamais commettre
- Dire que les soins sont soumis à 20 %: faux, ils sont exonérés par l'art. 261, 4, 1° du CGI sous condition de titre.
- Se croire totalement exonéré quand on a une activité mixte: faux dès que vous facturez du conseil ou de l'expertise à des entreprises — vous devenez partiellement assujetti et avez des obligations déclaratives de TVA.
Au-delà de 250 000 € : la CEHR et la CDHR
Une frange très étroite de psychologues — souvent ceux qui combinent un gros cabinet, une activité de formation soutenue et, parfois, les revenus d'un conjoint — franchit les seuils des contributions sur les hauts revenus. Beaucoup mélangent les deux ; ce sont pourtant deux bêtes différentes.
La CEHR (contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, art. 223 sexies du CGI) ajoute 3 % puis 4 % sur la fraction de revenu fiscal de référence qui dépasse 250 000 € puis 500 000 € pour une personne seule (seuils doublés pour un couple). La CDHR (contribution différentielle sur les hauts revenus, art. 224 du CGI), créée en LF 2025 et reconduite par la LF 2026, fonctionne autrement : elle garantit une imposition minimale d'environ 20 % du RFR pour les foyers dont le RFR dépasse 250 000 € (personne seule) ou 500 000 € (couple), et donne lieu à un acompte de 95 % versé en décembre.
CEHR et CDHR : une surtaxe d'un côté, un plancher de l'autre
La CEHR est une surtaxequi s'ajoute toujours, calculée sur la fraction de RFR au-delà des seuils. La CDHR est un plancher: elle ne s'applique que si votre imposition effective tombe sous environ 20 % du RFR, ce qui arrive précisément quand on a beaucoup défiscalisé. Le piège est là : un PER massif ou un déficit foncier qui font chuter votre taux effectif peuvent déclencher la CDHRet neutraliser une partie de l'économie recherchée. À très hauts revenus, la défiscalisation doit donc être calibrée au regard de ce plancher — un calcul à faire avec un conseiller, pas à l'aveugle.
Pour ces situations, l'escalier complet — comment ces étages s'empilent et comment piloter l'assiette — est traité dans nos guides l'impôt des professions libérales à hauts revenus et la CDHR de la profession libérale.
Cas chiffré : Claire, psychologue à 130 000 € (soins + formation)
Claire, 44 ans, célibataire, exerce en libéral. Son bénéfice s'établit à 130 000 €: environ 90 000 € de consultations (soins exonérés de TVA) et 40 000 € de formation et conseil auprès d'entreprises (soumis à 20 %). Sa TMI est de 41 %. Elle est au réel, partiellement assujettie à la TVA, et épargne réellement. Dans quel ordre doit-elle agir ?
Étape 1 — Le PER, d'abord
Plafond PER de Claire (130 000 € de bénéfice, 2026)
Plafond = 10 % x 130 000 + 15 % x (130 000 − 48 060) [fraction entre 1 et 8 PASS]
= 13 000 + 12 291
= 25 291 € déductibles
Économie d'IR ≈ 25 291 € x 41 % ≈ 10 369 €Approximation au taux marginal. Si Claire dispose de plafonds reportés des années précédentes, elle peut verser davantage encore. C'est le levier le plus simple, le plus liquide à terme, et le plus rentable à sa tranche.
Étape 2 — La société à l'IS, si elle ne consomme pas tout
Claire vit avec environ 70 000 € net par an. En passant en EURL à l'IS (ou en SASU), elle peut se verser une rémunération couvrant son train de vie et laisser environ 30 000 € de résultat dans la société, imposé à 15 % (jusqu'à 42 500 €) au lieu de 41 %. Sur ces 30 000 €, l'écart entre 15 % d'IS et sa TMI de 41 % représente de l'ordre de 7 800 € qui restent dans la société plutôt que de partir en impôt. Elle arbitrera ensuite entre rémunération et dividendes selon la structure : en SASU, dividendes au PFU de 31,4 % ; en EURL, attention au seuil des 10 % du capital.
Étape 3 — L'immobilier, pour aller plus loin
Si elle réalise des travaux sur un bien locatif nu, le déficit foncierlui permet d'imputer jusqu'à 10 700 € sur son revenu global (prélèvements sociaux à 17,2 % sur le foncier nu). À envisager seulement une fois le PER saturé et la structure en place.
La hiérarchie de Claire
PER d'abord (sûr, liquide, ~10 369 € d'économie), société ensuite sur le résultat non consommé, immobilier en troisième. Et surtout : pas de FCPI ni de Girardin empilés sans raison. Pour Claire, ces trois leviers-là couvrent l'essentiel ; le reste relèverait du gadget fiscal.
Ce que ce cas n'est pas
Le cas de Claire est une illustration pédagogique, volontairement simplifiée : les montants d'économie sont calculés au taux marginal et n'intègrent ni le détail de ses cotisations sociales, ni l'effet de son quotient familial, ni le coût de fonctionnement d'une société (comptabilité, formalités). Une projection chiffrée fiable suppose de partir de votre avis d'imposition réelet de votre déclaration 2035. Ne transposez pas ces chiffres tels quels : ils donnent le sens et l'ordre de grandeur, pas votre résultat personnel.
Deux autres profils, en bref
Marc, 75 000 € de BNC, marié, TMI 30 %. Sous le seuil micro-BNC de 83 600 €, avec des charges inférieures à 34 %, le micro-BNC reste pertinent pour lui (voir notre guide micro-BNC ou réel). Son PER reste utile mais plus modeste : plafond de 10 % × 75 000 + 15 % × (75 000 − 48 060) = 11 541 €, soit environ 3 462 € d'économie à 30 %. La société est rarement justifiée à ce niveau : l'essentiel se joue sur le PER et l'assurance-vie.
Sophie et son conjoint, RFR de 280 000 €.Au-delà de 250 000 €, ils entrent dans le champ de la CEHR (3 %) et potentiellement de la CDHR (minimum 20 %). L'escalier est le même — PER au plafond, société, immobilier — mais il faut vérifier l'effet sur les seuils, ce que détaille notre guide hauts revenus des professions libérales.
Ce qui ne vaut PAS le coup à votre niveau
En rendez-vous, on passe souvent autant de temps à dissuader un client d'un montage qu'à lui en proposer un. Voici les montages qu'on vous proposera peut-être, et pourquoi ils sont le plus souvent surdimensionnés pour un psychologue.
Réservé à une frange ultra-aisée
La SPFPL (holding de SEL) : théoriquement possible mais rarement justifiée à votre niveau de revenu. La holding et l'apport-cession (art. 150-0 B ter, durci en LF 2026 : réinvestissement de 70 % du produit, délai de 3 ans, conservation 5 ans) : montages lourds, réservés à ceux qui cèdent une société de forte valeur. Le régime mère-fille (art. 145 et 216) y exonère 95 % des dividendes — mais encore faut-il avoir une vraie raison patrimoniale.
Pour mémoire : la cession de patientèle
Le jour où vous cédez votre cabinet, la plus-value professionnelle peut être exonérée selon les recettes (art. 151 septies), la valeur de cession (art. 238 quindecies : totale sous 500 000 €) ou le départ en retraite (art. 151 septies A, prélèvements sociaux de 18,6 % dus). C'est un levier de transmission, pas de défiscalisation annuelle. À préparer deux à trois ans à l'avance.
Si une holding ou une SPFPL devait malgré tout se justifier dans votre cas, c'est un sujet à part entière, traité dans notre guide la holding patrimoniale. Mais pour l'immense majorité des psychologues, même à hauts revenus, le trio PER + société simple + immobilier de qualité suffit largement.
Pour qui, quel levier ? Récapitulatif par profil
| Profil | TMI | Leviers prioritaires | À éviter |
|---|---|---|---|
| Revenus modestes-moyens | 11-30 % | Micro-BNC ou réel, PER simple, assurance-vie | Société, FCPI/Girardin, holding |
| Cabinet installé, à l'aise | 41 % | PER au plafond, société à l'IS si épargne non consommée, déficit foncier / LMNP | Holding, SPFPL, Girardin systématique |
| Très hauts revenus + activité mixte | 45 % | PER plafond + reports, société, immobilier, suivi CEHR/CDHR, prorata de TVA | Empilement de niches sans qualité |
Quel que soit votre profil, la défiscalisation s'inscrit dans une vision d'ensemble : c'est l'objet de notre guide de gestion de patrimoine du psychologue et de notre dossier que faire de son épargne. Et si vous voulez comparer votre situation à celle d'une profession au profil jumeau (titre protégé, CIPAV, soins exonérés de TVA), voyez notre guide de défiscalisation de l'ostéopathe libéral.
La règle qui prime sur toutes les autres
La retraite CIPAV de Claire ne couvrira qu'une fraction de ses 130 000 € de revenu : c'est ce trou-là que la défiscalisation doit servir à combler, pas l'inverse. On commence par le plus simple et le plus liquide (le PER), on monte d'un cran seulement quand c'est nécessaire, et on s'arrête dès que c'est suffisant. La défiscalisation est un moyen — la construction d'un patrimoine solide et la préparation d'une retraite que la CIPAV ne financera pas restent l'objectif.

