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Guide psychologues 202614 minMis à jour 17 juin 2026Caisse : CIPAV

Retraite CIPAV du psychologue : le montant réel et comment le compléter

Vous êtes psychologue libéral et vous vous demandez ce que la CIPAV vous versera vraiment ? La réponse dérange : une base plafonnée, un régime complémentaire dont le rendement plafonne autour de 6,1 %, et des revenus souvent modestes aboutissent à un taux de remplacement fréquemment estimé entre 30 et 50 % de votre dernier revenu. Dans ce guide, je vous montre le vrai calcul — du revenu à la pension —, pourquoi c'est si peu, et par quel bout reconstruire l'écart à votre nom. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

BILAN RETRAITE PSYCHOLOGUE 2026

Calculer votre vrai trou de pension et le combler avant qu'il ne soit trop tard

Audit de votre situation de psychologue libéral : estimation de votre taux de remplacement CIPAV, prise en compte d'une carrière mixte (salariat hospitalier éventuel inclus), dimensionnement du trou à combler, choix de l'enveloppe selon votre TMI (assurance-vie ou PER) et préparation de la cession de la patientèle. Cabinet 100 % indépendant, modélisation chiffrée avec votre expert-comptable.

  • Estimation de votre taux de remplacement
  • Carrière mixte salariat-libéral analysée
  • Enveloppe choisie selon votre TMI
  • Cabinet 100 % indépendant

CAISSE DU PSYCHOLOGUE

CIPAV (pas la SSI)

RENDEMENT COMPLÉMENTAIRE

≈ 6,1 %

TAUX DE REMPLACEMENT

souvent 30-50 %

TAUX PLEIN AUTOMATIQUE

67 ans

POINT BASE / SERVICE 2026

≈ 0,6599 € · compl. 2,89 €

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1L'ESSENTIEL·2 MIN

La retraite du psychologue en 30 secondes

Le constat en 30 secondes

En tant que psychologue libéral, vous relevez de la CIPAV pour votre retraite (article L. 640-1 du CSS) — jamais la SSI ni une caisse de santé conventionnée. Votre retraite obligatoire repose sur deux régimes par points : la base CNAVPL (plafonnée) et la complémentaire CIPAV (devenue proportionnelle par tranches, anciennes classes supprimées), plus un régime invalidité-décès. Avec un complémentaire au rendement d'environ 6,1 % et des revenus souvent modestes, le taux de remplacement décroche (souvent estimé 30-50 %, à vérifier sur lacipav.fr). Exception : en SASU ou SELAS, vous basculez au régime général (CNAV + AGIRC-ARRCO), plus à la CIPAV. Le reste se comble en capitalisant à votre nom.

Une scène que je revois presque à chaque rendez-vous : une psychologue à 2 800 € net par mois d'activité découvre, son relevé à la main, qu'elle touchera de l'ordre de 1 100 à 1 400 € de pension — soit moitié moins. Pendant toute votre carrière, vous versez à la CIPAV des cotisations qui pèsent dans votre trésorerie ; et le jour venu, votre pension ne couvre qu'une fraction modeste de votre dernier revenu. La CIPAV fait son travail : elle pose un socle. Le malentendu, c'est de croire qu'un socle suffit à tenir votre niveau de vie — surtout pour une profession aux revenus souvent modestes et aux carrières fréquemment mixtes (un poste salarié à l'hôpital, puis l'installation en libéral). Ma promesse pour ce guide est simple : vous repartez avec le vrai mécanisme de votre pension, un ordre de grandeur chiffré de l'écart à combler, et la première décision concrète à prendre selon votre tranche d'imposition.

Comme en rendez-vous : on chiffre d'abord le trou, on regarde ensuite comment le boucher — en aperçu, car le détail des solutions est traité dans le guide dédié au PER du psychologue pour déduire et préparer sa retraite. Le psychologue relève de la CIPAV (article L. 640-1 du CSS) tant qu'il exerce en entreprise individuelle, en EURL ou en SELARL ; il n'en relève plus s'il opte pour une SASU ou une SELAS, point que nous détaillons en section 6.

Déontologie : aucun montant individuel ne peut être garanti

Tous les montants de pension, valeurs de point, rendements et taux de remplacement de ce guide sont des ordres de grandeur pédagogiques, donnés au conditionnel. Votre chiffre réel se lit sur votre relevé individuel de situation (RIS) et sur votre espace lacipav.fr. Ce qui est en revanche certain et structurel, c'est le mécanisme : une base plafonnée, un complémentaire au rendement faible (~6,1 %) et des revenus souvent modestes. C'est lui, et non un chiffre précis, qui fonde tout ce diagnostic.
§ 2RASSURER·2 MIN

Psychologue : êtes-vous bien affilié à la CIPAV ? (oui)

Non, la grande réforme de 2018 ne vous a pas sorti de la CIPAV. Beaucoup de psychologues ont entendu parler de la réforme qui a vidé la CIPAV d'une partie de ses affiliés et se demandent s'ils relèvent encore d'elle ou du régime général des indépendants. La réponse est claire : oui, le psychologue en exercice libéral classique (EI, EURL) est toujours à la CIPAV. Il figure nommément dans la liste limitative des professions affiliées (article L. 640-1 du CSS), aux côtés notamment des psychomotriciens, ergothérapeutes, ostéopathes, architectes ou diététiciens.

Ce que la réforme de 2018 a changé (et ce qu'elle n'a pas changé pour vous)

La LFSS 2018 (loi n° 2017-1836 du 30 décembre 2017, art. 15) a restreint le périmètre de la CIPAV à une liste limitative d'une vingtaine de professions — contre des centaines auparavant. Les professions sorties de la liste ont basculé au régime général des indépendants (SSI) et ont pu exercer un droit d'option entre le 1er janvier 2019 et le 31 décembre 2023. Le psychologue, lui, n'est pas sorti : il est resté à la CIPAV. Ce droit d'option ne le concernait donc pas. Ses cotisations sont recouvrées par l'URSSAF, mais ses droits et sa pension restent gérés par la CIPAV.

Garde-fou : jamais la SSI pour la retraite d'un psychologue en EI ou EURL

C'est l'erreur n° 1 à éviter. Pour un psychologue en entreprise individuelle ou en EURL, l'URSSAF (via la Sécurité sociale des indépendants) ne gère que la maladie et les allocations familiales : la retraite, elle, est gérée par la CIPAV, et par elle seule. Et puisque le psychologue n'est ni un médecin, ni un auxiliaire médical, ni un pharmacien, il ne relève jamais de la CARMF, de la CARPIMKO, de la CARCDSF, de la CARPV ni de la CAVP. Recopier les valeurs de point d'une autre caisse fausserait tout votre calcul.

La spécificité du psychologue : des carrières souvent mixtes

Un détail propre à votre métier pèse lourd sur la pension finale : les carrières mixtes. Beaucoup de psychologues commencent par un poste salarié — à l'hôpital (fonction publique hospitalière), dans un établissement médico-social, une association ou l'Éducation nationale — avant de s'installer en libéral, parfois en conservant une activité salariée à temps partiel. Vos trimestres et vos points se répartissent alors entre plusieurs régimes : le régime général pour le salariat, la CIPAV pour le libéral. Le risque : arriver à l'âge légal en pensant avoir le compte, et découvrir qu'il manque des trimestres dispersés. La parade est simple et gratuite : demandez un relevé de carrière tous régimes sur info-retraite.fr, et faites le point plusieurs années avant la date envisagée. Pour les revenus en dents de scie d'une activité libérale, voyez aussi notre guide sur comment lisser des revenus irréguliers de psychologue.

§ 3ARCHITECTURE·3 MIN

L'architecture en 3 étages de votre retraite CIPAV

La CIPAV, ce n'est pas une caisse de plus à côté des autres : c'est votre caisse, et elle empile trois étages. La CIPAV, c'est la Caisse Interprofessionnelle de Prévoyance et d'Assurance Vieillesse : la section interprofessionnelle de la CNAVPL (article L. 641-1 du CSS). Votre retraite obligatoire se compose de deux régimes de retraite par points, plus un socle invalidité-décès. Ces valeurs et règles sont propres à la CIPAV et diffèrent d'une section professionnelle à l'autre : c'est tout l'intérêt de bien savoir de quelle caisse vous relevez.

Deux régimes de retraite, plus l'invalidité-décès

La base CNAVPL (L. 642-1) est par points et fortement plafonnée : commune à toutes les libérales. La complémentaire CIPAV (L. 644-1) est par points elle aussi, mais sa cotisation est devenue proportionnelle par tranches depuis 2021-2023 — les anciennes classes forfaitaires A à H ont été supprimées, vous ne « choisissez » plus de classe. S'y ajoute un socle invalidité-décès (L. 644-2, ~0,50 % du revenu). Le psychologue n'ayant pas de convention avec l'Assurance maladie, il n'a en revanche aucun ASV (article L. 645-1), ce troisième étage cofinancé réservé aux professions de santé conventionnées.
Régimes obligatoires du psychologue à la CIPAV au 1er janvier 2026. Les taux du régime complémentaire (~9-11 % / 21 %) et les valeurs de point sont des ordres de grandeur à confirmer sur lacipav.fr.
ÉtageRégimeBase légaleMécanique 2026 (ordre de grandeur)
1Base CNAVPL (par points)CSS L. 642-1~8,73 % ≤ 1 PASS / 1,87 % de 1 à 5 PASS · point de service ~0,6599 € · acquisition plafonnée
2Complémentaire CIPAV (par points)CSS L. 644-1~9 à 11 % ≤ 1 PASS / ~21 % au-delà · achat du point ~47,40 € · service 2,89 € · rendement ~6,1 %
+Invalidité-décèsCSS L. 644-2~0,50 % du revenu · couverture forfaitaire limitée
—ASV / PCVCSS L. 645-1 (conventionnés)AUCUN — le psychologue n'est pas conventionné

La formule commune des deux régimes par points

Pension d un regime = points acquis
                     x valeur de service du point
                     x taux de liquidation

   - points acquis : proportionnels a la cotisation versee
                      (donc au benefice), cumules sur la carriere
   - valeur de service du point (2026) :
                      base ~0,6599 EUR ; complementaire 2,89 EUR
   - taux de liquidation : 100 % au taux plein,
                      minore par la decote

Cette formule est la même pour toutes les caisses libérales : c'est le nombre de points — donc le revenu cotisé sur toute la carrière — qui fait l'écart. La singularité du psychologue, c'est un rendement complémentaire faible et des revenus souvent modestes, qui limitent le nombre de points accumulés.

Un point à votre avantage : la déductibilité sans plafond

Ces cotisations obligatoires sont intégralement déductibles de votre bénéfice non commercial, sans plafond. À ne pas confondre avec le PER / Madelin facultatif, lui plafonné par l'article 154 bis du CGI (voir section 10) : l'un est une charge sociale obligatoire déductible, l'autre une épargne volontaire déductible dans une enveloppe limitée. L'affiliation, elle, est d'ordre public : la seule variable que vous maîtrisez, c'est l'étage facultatif que vous construisez à votre nom.

Cette logique du système par points n'est pas propre au psychologue : elle est commune à toutes les caisses libérales. Pour la vue d'ensemble, voyez pourquoi la caisse obligatoire d'un libéral ne suffit jamais.

§ 4ÉTAGE 1 — LA BASE·2 MIN

Étage 1 : une retraite de base structurellement plafonnée

Le régime de base CNAVPL (article L. 642-1 du CSS) attribue des points selon deux tranches de cotisation : de l'ordre de 8,73 % sur la part de revenu allant jusqu'à 1 PASS (48 060 € en 2026), puis 1,87 % sur la part de 1 à 5 PASS. Mais l'acquisition de points est plafonnée : au-delà d'un certain revenu, vous ne gagnez plus de points de base. Or à ~0,6599 € le point en 2026, même un psychologue à hauts revenus ne tire de ce régime que quelques centaines d'euros de droits par an.

Le plafonnement de la retraite de base CNAVPL

Cotisation de base = ~8,73 % du revenu (jusqu a 1 PASS)
                   + 1,87 % (de 1 a 5 PASS)

Acquisition de points : plafonnee
   (au mieux de l ordre de ~525 points / an)

Valeur de service du point de base (2026) = ~0,6599 EUR

Droits de base acquis (au plafond)
   ~ 525 x 0,6599 = de l ordre de 350 EUR / an au plus

Deux psychologues, l'un à 35 000 € et l'autre à 110 000 € de bénéfice, finissent par acquérir des droits de base très proches : la base est construite pour plafonner. Prise isolément, elle ne sert qu'un montant minuscule. C'est la complémentaire (section 5) qui doit porter l'essentiel de la pension.

Pour le psychologue, le piège n'est même pas le plafond des hauts revenus — qu'il atteint rarement — mais le fait que la base rapporte si peu, même en cotisant bien : avec un revenu modéré, on accumule peu de points, et le socle de base reste donc minuscule. C'est la complémentaire qui fait le gros du travail ; et c'est justement elle qui souffre d'un rendement faible.

Ne confondez pas valider un trimestre et acquérir des points

Deux mécaniques distinctes, souvent mélangées. Valider un trimestre dépend d'un seuil de revenu : il faut cotiser sur l'équivalent d'environ 1 800 € de revenu par trimestre (soit ~7 200 € pour valider les 4 trimestres de l'année 2026, ordre de grandeur à confirmer). Acquérir des points, en revanche, est proportionnel à tout votre revenu. Conséquence pour le psychologue à activité modérée ou à temps partiel : il peut valider ses 4 trimestres (utile pour l'âge du taux plein) tout en accumulant peu de points (donc une petite pension). On peut avoir une carrière « complète » en durée et pauvre en montant — un cas très fréquent chez les psychologues.
§ 5ÉTAGE 2 — LE CŒUR DU SUJET·3 MIN

Étage 2 : la complémentaire, et son rendement d'environ 6,1 %

La complémentaire (article L. 644-1 du CSS) porte l'essentiel de votre future pension — et c'est aussi là que le bât blesse. Si vous cherchez encore votre « classe » de cotisation, oubliez : les anciennes classes forfaitaires A à H ont été supprimées. Depuis la réforme de 2021-2023, vous ne « choisissez » plus une classe ; la cotisation est devenue proportionnelle par tranches. En 2026, elle s'établit de l'ordre de 9 à 11 % jusqu'à 1 PASS et 21 % au-delà (paramètres à confirmer sur lacipav.fr).

Le rendement, cœur de la faiblesse

Regardez juste le rapport entre ce qu'un point coûte et ce qu'il rapporte. En 2026, un point de complémentaire coûte de l'ordre de 47,40 € à l'achat et vous rapporte 2,89 € de pension par an : son rendement de service ressort à 2,89 / 47,40 ≈ 6,1 %. Autrement dit, il faut environ 16 ans de retraite pour récupérer votre cotisation (47,40 / 2,89 ≈ 16,4 ans). C'est l'un des rendements les plus faibles des régimes de retraite libéraux — un héritage des anciennes classes forfaitaires, longtemps sous-cotisées. Chaque euro versé à la complémentaire rapporte donc peu.

Le rendement du point complémentaire CIPAV

Cout d achat du point (2026) = ~47,40 EUR
Valeur de service du point (2026) = 2,89 EUR

Rendement = 2,89 / 47,40 = environ 6,1 %

Duree pour recuperer sa cotisation
   = 47,40 / 2,89 = environ 16 ans de retraite

Un rendement de service de 6,1 % signifie qu'un euro cotisé met une quinzaine d'années à être récupéré, sans tenir compte d'une éventuelle décote ni de la fiscalité. À comparer avec ce qu'une épargne capitalisée à votre nom peut produire sur la même durée.

Mise en perspective : le même euro, en répartition ou capitalisé

Le rendement de service d'un régime par répartition (le rapport entre la pension servie et la cotisation versée) ne se compare pas terme à terme avec le rendement d'un placement : le premier finance une solidarité entre générations, le second se valorise sur les marchés. Mais l'ordre de grandeur parle de lui-même. À titre purement illustratif, 1 000 € épargnés une seule fois et laissés fructifier vingt ans à un rendement net hypothétique de 4 % par an deviendraient de l'ordre de 2 190 € (intérêts composés), avant fiscalité et hors prélèvements sociaux. Avertissement déontologique : ce chiffre n'est ni une promesse ni une prévision ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et un placement en unités de compte, en SCPI ou en immobilier comporte un risque de perte en capital. L'idée à retenir n'est pas un taux, c'est le principe : la part de retraite que vous capitalisez à votre nom, vous la pilotez ; celle de la CIPAV, non.

La complémentaire reste plafonnée (au-delà d'un revenu élevé, vous cessez d'y acquérir des points), un plafond qu'un psychologue atteint rarement ; et la valeur de service de son point est revalorisée chaque année par le conseil d'administration, sans garantie qu'elle suive l'inflation. C'est le propre d'un régime par répartition : vous payez aujourd'hui pour les pensions d'aujourd'hui, et vos droits futurs dépendent de décisions futures. À ce rendement, la conclusion patrimoniale est simple : la seule jambe de retraite que vous maîtrisez vraiment, c'est celle que vous capitalisez à votre nom (section 10).

§ 6LE DIFFÉRENCIATEUR·3 MIN

Votre statut juridique change votre caisse de retraite

Peu de psychologues le savent : votre forme d'exercice décide de votre caisse de retraite. Tant que vous exercez en entreprise individuelle, en EURL ou en SELARL (gérance majoritaire), vous êtes travailleur non salarié (TNS) et vous restez à la CIPAV. Mais si vous optez pour une SASU ou une SELAS, le président est assimilé salarié (article L. 311-3 du CSS) : vous quittez la CIPAV pour le régime général.

EI · EURL · SELARL (gérant majoritaire) = TNS

Points forts

  • Retraite gérée par la CIPAV (base CNAVPL + complémentaire)
  • Maladie et famille via l'URSSAF (Sécurité sociale des indépendants)
  • Cotisations sociales de l'ordre de 40-45 % du revenu net (ordre de grandeur)
  • PER / Madelin déductible au titre de l'article 154 bis du CGI

Points de vigilance

  • Pension CIPAV notoirement faible (complémentaire ~6,1 %)
  • Pas d'assurance chômage

SASU · SELAS (président) = assimilé salarié

Points forts

  • Régime général : CNAV (base) + AGIRC-ARRCO (complémentaire)
  • Meilleure couverture maladie / prévoyance de salarié
  • PER déductible au titre de l'article 163 quatervicies du CGI

Points de vigilance

  • PLUS la CIPAV — vous quittez la caisse interprofessionnelle
  • Cotisations de l'ordre de 75-82 % du net imposable (ordre de grandeur)
  • Pas d'assurance chômage non plus

Pédagogie, pas conseil de bascule

Ce tableau explique un mécanisme, il ne vous dit pas de changer de structure. Le choix EI / EURL / SASU / SELARL dépend de bien d'autres paramètres : niveau et régularité de vos revenus, arbitrage rémunération / dividendes, protection sociale souhaitée, coût de gestion. À noter au passage : en SASU / SELAS, les dividendes ne sont pas soumis aux cotisations sociales (PFU) ; en EURL / SELARL à l'IS, la fraction de dividendes excédant 10 % du capital est, elle, assujettie aux cotisations TNS (article L. 131-6 du CSS). Pour l'arbitrage complet, voyez notre guide statut juridique du psychologue : EI, EURL, SASU ou SELARL et le cadre général BNC ou SELARL pour une profession libérale.

La SEL : en principe accessible, mais rarement nécessaire

Le titre de psychologue étant protégé (loi du 25 juillet 1985), l'exercice en société d'exercice libéral (SELARL / SELAS) lui est en principe accessible depuis la réforme de l'exercice en société (ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023), au même titre que l'EURL ou la SASU de droit commun. Mais pour la grande majorité des psychologues, aux revenus modestes à moyens, ce type de montage — comme la SPFPL (holding) — est rarement justifié : l'entreprise individuelle au micro-BNC ou au réel suffit largement. On ne surdimensionne pas une structure pour un revenu qui ne le réclame pas.
§ 7ÂGE & DÉCOTE·3 MIN

Âge, taux plein, décote : les pièges du départ

Le montant de votre pension ne dépend pas que du nombre de points : il dépend aussi de l'âge auquel vous liquidez. Et c'est là que les carrières de psychologue se font parfois piéger, parce qu'elles débutent souvent après des études longues ou un passage par le salariat : il faut compter ses trimestres tous régimes confondus.

Partir avant 67 ans sans la durée requise = décote définitive

L'âge légal de départ se relève progressivement de 62 à 64 ans selon votre année de naissance (réforme de 2023), un calendrier partiellement revu par la LFSS 2026, dont les bornes par génération sont à confirmer. Le repère stable, lui, est le taux plein automatique à 67 ans (170 à 172 trimestres requis selon la génération pour le taux plein avant cet âge). Partir plus tôt sans la durée requise déclenche une décote d'environ 1,25 % par trimestre manquant, qui s'applique à la base et à la complémentaire — et cette minoration est définitive. À l'inverse, travailler au-delà de l'âge légal et du taux plein ouvre une surcote du régime de base d'environ 1,25 % par trimestre supplémentaire (à confirmer).

Le coût d'un départ avec des trimestres manquants

Trimestres manquants pour le taux plein : 8
Coefficient de decote : 1,25 % par trimestre

Decote = 8 x 1,25 % = -10 % a vie

Sur une pension de 1 100 EUR / mois :
   1 100 x 10 % = -110 EUR / mois, definitif
   + les annees de cotisation non effectuees

Une psychologue est venue me voir à 63 ans, certaine d'avoir tous ses trimestres : ses six ans de poste salarié à l'hôpital en début de carrière étaient bien comptés, mais elle ignorait qu'il lui en manquait encore. Comme elle, demandez votre relevé tous régimes sur info-retraite.fr trois ou quatre ans avant la date que vous visez : c'est gratuit, et ça évite la mauvaise surprise au guichet.

Racheter des trimestres : un levier de droit commun

Si, au moment de faire vos comptes, il vous manque des trimestres pour atteindre le taux plein, le rachat de trimestres de droit commun reste ouvert : rachat d'années d'études supérieures ou d'années incomplètes (versements pour la retraite). C'est un levier pertinent pour une profession aux études longues et aux carrières souvent mixtes, mais qui se chiffre au cas par cas.

Attention : le rachat « 1985-2018 » des professions non classées ne vous concerne pas

Vous avez peut-être entendu parler du dispositif permettant de racheter les trimestres exercés entre 1985 et 2018 (décret n° 2024-766 du 8 juillet 2024). Ce rachat-là ne concerne pas le psychologue. Il vise exclusivement les professions anciennement « non classées », qui ne relevaient d'aucun régime obligatoire avant le 1er janvier 2018 (acupuncteurs, étiopathes, naturopathes, sophrologues, ostéopathes, psychothérapeutes…) et n'avaient donc validé aucun droit sur ces périodes. Le psychologue, lui, était déjà affilié à la CIPAV de longue date : il n'a pas de « périodes sans affiliation » à régulariser. Ne confondez pas psychologue (déjà à la CIPAV) et psychothérapeute (profession concernée, elle). Si des trimestres vous manquent, c'est le rachat de droit commun (études, années incomplètes) qu'il faut chiffrer — et un rachat n'est pas toujours gagnant : il peut coûter plus cher que de placer la même somme à votre nom, surtout à TMI basse. C'est un arbitrage à poser dans un bilan retraite. Voir aussi notre guide sur le cumul emploi-retraite et la poursuite d'activité.
§ 8LA FAIBLESSE·3 MIN

Pourquoi votre pension décroche : les quatre causes

« Pourquoi ma pension de psychologue serait-elle si faible ? » Ce n'est pas votre façon de travailler qui est en cause : c'est la structure même du régime, combinée au profil de revenus de la profession. Quatre mécanismes se cumulent — et le psychologue n'a la main sur aucun d'eux : c'est le régime qui est ainsi fait, pas votre manière de travailler.

Les quatre causes structurelles de la faiblesse de la pension CIPAV du psychologue. C'est leur effet combiné, pas une seule d'entre elles, qui creuse le taux de remplacement.
#CauseEffet sur la pension
1Base CNAVPL plafonnée (point ~0,6599 €)Quelques centaines d'euros de droits par an au plus — un socle minuscule
2Complémentaire au rendement ~6,1 %Chaque euro cotisé rapporte peu ; ~16 ans pour le récupérer
3Aucun ASV (non conventionné)Pas de troisième étage cofinancé, contrairement aux soignants conventionnés
4Revenus souvent modestes / irréguliersAssiette de cotisation faible : files actives variables, temps partiel, carrières mixtes

Le résultat : un taux de remplacement faible

Mises bout à bout, ces quatre causes aboutissent à un taux de remplacement souvent estimé entre 30 et 50 % du dernier revenu — c'est-à-dire une chute de moitié à deux tiers. C'est un ordre de grandeur sectoriel, donné au conditionnel et jamais officiel : votre chiffre réel se lit sur le RIS et sur lacipav.fr. Mais l'ordre de grandeur, lui, est l'argument central de l'épargne retraite privée pour un psychologue.

La double peine du psychologue : revenus modestes et rendement faible

Pour beaucoup de psychologues, les deux dernières causes se cumulent et se renforcent. Des revenus modestes — temps partiel, files actives qui se construisent lentement, mix salariat-libéral — signifient une assiette de cotisation faible, donc peu de points ; et ce peu de points est acquis dans un régime complémentaire au rendement déjà bas. Conclusion : à profil comparable, le psychologue doit épargner d'autant plus tôt pour atteindre un niveau de vie correct à la retraite. Rien d'irréversible là-dedans : un psychologue de 35 ans qui met 150 € de côté chaque mois rattrape largement un confrère qui s'y mettra à 50 ans — l'écart se joue sur le nombre d'années de versement, pas sur le produit choisi.

Soyons justes : la CIPAV pose un socle, elle ne laisse personne sans rien. Le problème n'est pas que ce socle soit nul, c'est qu'il est trop modeste pour tenir votre niveau de vie : l'épargne privée doit prendre le relais. La section suivante traduit tout cela en euros par mois.

§ 9LES CAS CHIFFRÉS·3 MIN

Cas chiffrés : Léa, Camille et Antoine

Mettons maintenant des euros sur ces quatre causes, sur trois profils réels de psychologues que je croise en rendez-vous. Léa vient d'ouvrir son cabinet et a le temps pour elle ; Camille liquide bientôt, avec une carrière mixte derrière elle ; Antoine, à hauts revenus, mêle soins et formation. Le point commun : le socle obligatoire ne suffit dans aucun des trois cas. Chiffres au conditionnel, comme toujours dès qu'on parle de pension.

Comment ces personas ont été construits

Ces trois cas sont des illustrations pédagogiques, pas des promesses. Les cotisations sont calculées aux barèmes 2026 (PASS de 48 060 €, base ~8,73 %, complémentaire proportionnelle) ; les pensions et les taux de remplacement sont des ordres de grandeur sectoriels pour une carrière complète à ce niveau de revenu, et plutôt optimistes (les anciennes classes forfaitaires acquéraient souvent moins de points qu'un calcul proportionnel rétrospectif ne le suggère). Votre montant réel se lit sur votre RIS et sur lacipav.fr. À recalculer pour votre dossier.

Cas 1 — Léa, psychologue, 34 ans, 32 000 € de BNC (micro-BNC), TMI 11 %

  • Profil modeste, cabinet récent : au micro-BNC, abattement de 34 % → base imposable ≈ 21 120 €. À une assiette modérée, peu de points cumulés chaque année, dans un complémentaire au rendement ~6,1 %.
  • Son meilleur atout, c'est le temps : à 34 ans, elle a plus de 30 ans pour capitaliser — le facteur le plus puissant de tout le plan, bien avant le choix du produit.
  • Honnêteté CGP : à une TMI de 11 %, le PER n'est pas son meilleur premier euro. On privilégie d'abord une assurance-vie et un PEA, souples, qu'un imprévu ne l'obligera pas à casser.
  • Leçon : commencer petit mais régulièrement (par exemple 150 à 250 €/mois) vaut mieux qu'attendre d'avoir « les moyens ». Voir où placer son épargne de psychologue.

Cas 2 — Camille, psychologue, 64 ans, 50 000 € de BNC (réel), TMI 30 %, 6 ans salariée à l'hôpital

  • Cotisations 2026 (illustratif) : base ≈ 8,73 % × 48 060 + 1,87 % × 1 940 ≈ 4 232 € ; complémentaire ≈ 11 % × 48 060 + 21 % × 1 940 ≈ 5 694 € ; invalidité-décès ≈ 0,5 % × 50 000 ≈ 250 €. Soit autour de 10 200 €/an, toutes déductibles du BNC.
  • Carrière mixte : 6 ans au régime général (hôpital) + le reste à la CIPAV. À vérifier impérativement : a-t-elle ses 172 trimestres tous régimes ?
  • Pension obligatoire estimée (base + complémentaire, carrière pleine à ce niveau) : souvent de l'ordre de 1 200 à 1 600 €/mois, tous régimes confondus (à affiner sur le RIS).
  • Taux de remplacement : rapporté à un revenu net d'environ 3 300 €/mois (50 000 € de BNC après ses ~10 200 € de cotisations), la pension ne pèse plus que 35 à 50 % du dernier revenu. À sa TMI de 30 %, le PER devient utile (déduction efficace), complété par l'assurance-vie. Voir le PER du psychologue.

Cas 3 — Antoine, psychologue, 52 ans, 95 000 € de BNC dont 25 000 € de formation (TVA 20 %), TMI 41 %

  • Activité mixte : ~70 000 € de soins exonérés de TVA (article 261-4-1 du CGI) + ~25 000 € de formation / conseil soumis à 20 % → assujetti partiel, prorata de déduction.
  • La CIPAV plafonne vite : au-delà d'un certain revenu, il n'acquiert plus de points → son taux de remplacement est, en proportion, encore plus bas que celui d'un confrère à revenu modeste.
  • Levier n° 1 : à TMI 41 %, le PER au plafond (article 154 bis du CGI, jusqu'à 88 911 € en 2026) est très rentable — chaque euro versé économise 41 % d'impôt à l'entrée.
  • Au-delà : immobilier et SCPI, et éventuel arbitrage de structure (SEL / SASU). Voir psychologue à hauts revenus, défiscaliser intelligemment et le choix de statut juridique.
Synthèse des trois personas. Ordres de grandeur illustratifs au conditionnel, à valider sur le RIS et lacipav.fr. La « perte » est l'écart estimé entre le dernier revenu net d'activité et la pension obligatoire — d'autant plus large que le revenu est élevé.
PersonaBNCTMIPension estimée/moisPerte estimée/mois
Léa (34 ans, cabinet récent)32 000 €11 %≈ 800 à 1 100 € (projeté)≈ 900 à 1 200 €
Camille (64 ans, carrière mixte)50 000 €30 %≈ 1 200 à 1 600 €≈ 1 400 à 1 800 €
Antoine (52 ans, activité mixte)95 000 €41 %≈ 1 800 à 2 300 € (projeté)≈ 3 000 à 3 800 €

Vient alors la vraie question de fin de rendez-vous : combien faut-il épargner chaque mois pour combler ce trou ? Le calcul de l'effort d'épargne et du capital cible est détaillé dans le guide PER du psychologue : déduire et préparer sa retraite, et le choix des supports dans le guide où placer son épargne quand on est psychologue libéral.

§ 10LE VRAI CAPITAL·4 MIN

Les quatre leviers pour reconstruire l'écart

Jusqu'ici, tout paraît bloqué : cotisations imposées, rendement faible, pension qui décroche. C'est précisément là que vous reprenez la main : la seule part de retraite que vous pilotez vraiment se construit en dehors de la CIPAV. Quatre familles de leviers, à empiler selon votre situation et — c'est essentiel ici — selon votre tranche d'imposition.

Ce que fait la CIPAV

Points de vigilance

  • Régime obligatoire, par répartition
  • Base plafonnée, complémentaire au rendement ~6,1 %
  • Ne suit pas vos revenus : taux de remplacement 30-50 %
  • Aucun ASV : pas de troisième étage cofinancé
  • Invalidité-décès limité

Ce que vous construisez à votre nom

Points forts

  • Assurance-vie : disponibilité et transmission (990 I)
  • PER / Madelin : déduction 154 bis, utile dès la TMI à 30 %
  • Immobilier et SCPI : un revenu régulier à la retraite
  • Cumul emploi-retraite : lever le pied sans tout arrêter
  • Des leviers que vous pilotez et calibrez sur votre trou réel

Levier 1 — Le PER : décisif à TMI 30-41 %, décevant à 11 %

Le PER / Madelin (article 154 bis du CGI pour le TNS ; article 163 quatervicies pour le président assimilé salarié) déduit vos versements à l'entrée, dans une enveloppe de 10 % du bénéfice + 15 % de la fraction comprise entre 1 et 8 PASS (plancher 4 806 €, maximum 88 911 € en 2026). Pour un psychologue imposé à 30 ou 41 %, c'est un levier décisif : la déduction à l'entrée vaut cher, et il comble efficacement une CIPAV faible. Mais soyons honnêtes : à une TMI de 11 % — le cas de nombreux psychologues —, le PER déçoit. L'avantage à l'entrée ne vaut que 11 % d'économie d'impôt, et il est en partie repris à la sortie (capital réimposé, gains soumis aux prélèvements sociaux de 18,6 %). L'assurance-vie et le PEA sont alors souvent préférables. À noter : le PER ne valide ni point ni trimestre à la CIPAV. Le détail : PER du psychologue, déduire et préparer sa retraite et le guide complet du Plan d'épargne retraite.

Levier 2 et 3 — Assurance-vie, immobilier et SCPI

Pour un psychologue à TMI 11-30 %, l'assurance-vie est souvent le pilier : souplesse totale, fiscalité douce après 8 ans, et un atout transmission — abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans (article 990 I), avec des prélèvements sociaux maintenus à 17,2 % (et non 18,6 %, réservé aux gains du PER, aux dividendes et aux plus-values professionnelles). La clause bénéficiaire étant libre, elle protège aussi un partenaire de PACS, exclu de la réversion obligatoire. S'y ajoute l'immobilier — en direct, en LMNP ou via des SCPI — pour un revenu complémentaire récurrent qui prend le relais du revenu d'activité. Voyez le guide assurance-vie pour la retraite et la transmission et les SCPI comme complément de revenu à la retraite.

Levier 4 — Le cumul emploi-retraite

Dernier levier, propre à une profession où l'on peut travailler longtemps : le cumul emploi-retraite. Beaucoup de psychologues ne s'arrêtent pas net ; ils lèvent le pied progressivement, en gardant quelques consultations. Si la pension est liquidée à taux plein, le cumul avec une activité libérale est intégral ; sinon, il est plafonné. C'est une façon souple de prolonger le revenu et, parfois, d'acquérir de nouveaux droits. Le détail dans le guide du cumul emploi-retraite 2026.

Honnêteté CGP : le bon levier dépend de votre TMI et de votre horizon

Je me méfie toujours du confrère qui vend le même produit à tout le monde. À 11 %, le PER n'est pas le meilleur euro investi : l'assurance-vie passe devant. À 30-41 %, c'est l'inverse — le bon outil dépend de votre feuille d'impôt, pas d'une recette toute faite. Et quel que soit le profil, ce qui reconstruit le capital, ce n'est pas le rendement de telle ou telle année, c'est le nombre d'années pendant lesquelles vous versez. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et un PER, une assurance-vie en unités de compte, des SCPI ou de l'immobilier comportent un risque de perte en capital. Toute projection doit être recalculée pour votre dossier, avec votre conseiller et votre expert-comptable.
Hagnéré Patrimoine

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Si vous voulez le tableau complet, deux lectures pour aller plus loin : la stratégie patrimoniale globale du psychologue, du cabinet à la retraite et le cadre commun de la retraite du libéral au-delà du régime obligatoire.

§ 11LE CAPITAL DE FIN DE CARRIÈRE·3 MIN

La cession de la patientèle : un capital de fin de carrière

Le psychologue a un actif que le salarié n'a pas : la valeur de cession de sa patientèle. Et contrairement à une idée reçue, la transmettre est libre : le titre de psychologue est protégé (loi du 25 juillet 1985), mais l'activité n'est ni un office ministériel, ni soumise à un droit de présentation. Vous cédez votre patientèle — votre fonds libéral — à qui remplit les conditions de titre, sans autorisation d'une instance ordinale. Et la fiscalité de cette cession est plutôt favorable.

L'activité étant une prestation de services en BNC, la plus-value relève de l'article 151 septies : l'exonération est totale si les recettes sont inférieures ou égales à 90 000 € (dégressive jusqu'à 126 000 €), pour une activité exercée depuis au moins 5 ans. Pour le psychologue médian, souvent sous ce seuil, la cession est fréquemment exonérée d'impôt sur le revenu. S'y ajoutent l'article 238 quindecies (valeur de cession ≤ 500 000 €) et l'article 151 septies A (départ en retraite : IR exonéré).

Cession de patientèle = PS 18,6 %, jamais 17,2 %

Attention au piège des prélèvements sociaux 2026. Depuis la LFSS 2026, la CSG du capital est passée à 10,6 % : la plus-value professionnelle de cession d'une patientèle BNC supporte désormais 18,6 % de prélèvements sociaux. Et le Conseil d'État a confirmé qu'ils restent dus même quand l'IR est exonéré au titre du 151 septies A (CE 12 octobre 2018, n° 401292). Le taux de 17,2 % ne vaut pas ici : il est réservé à l'assurance-vie, aux revenus fonciers nus et aux plus-values immobilières des particuliers (liste limitative de l'article L. 136-8 IV du CSS). Le cadre général de la cession est détaillé dans la plus-value de cession d'un cabinet libéral.

TVA : ce qui distingue le psychologue (et qui change vos arbitrages)

Spécificité importante du psychologue, à l'inverse d'un géomètre ou d'un avocat : vos soins aux personnes sont exonérés de TVA (article 261-4-1 du CGI, sous condition de titre — mention « TVA non applicable, art. 261-4-1 du CGI » sur vos notes d'honoraires). Conséquence : vous ne récupérez pas la TVA sur vos achats et investissements, et l'option TVA d'une SCI de murs n'a aucun intérêt pour vous. Mais vos activités hors soins — formation, conseil en entreprise, expertise, ateliers — sont soumises à la TVA à 20 % : une activité mixte rend partiellement assujetti, avec un prorata de déduction. Ne dites jamais que vos soins sont à 20 %, ni que vous êtes totalement exonéré si vous facturez de la formation.

Trop de psychologues découvrent la valeur de leur patientèle au moment de partir. Anticipez-la : elle pèse dans le plan de retraite autant qu'un contrat d'épargne, et s'intègre à la stratégie globale. Pour la mettre en perspective avec l'ensemble de votre patrimoine, voyez la gestion de patrimoine du psychologue libéral, et pour la même problématique chez une profession sœur à la CIPAV, notre guide retraite CIPAV de l'ostéopathe.

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Sources et références légales

  • Les régimes obligatoires du psychologue (CIPAV)

    Art. L. 640-1 CSS (affiliation du psychologue à la CIPAV : liste limitative des professions libérales). Art. L. 641-1 CSS (CNAVPL et sections professionnelles : la CIPAV est la section interprofessionnelle — jamais la SSI / régime général des indépendants, ni la CARMF, la CARPIMKO ou la CARCDSF). Art. L. 642-1 CSS (régime de base par points : ~8,73 % ≤ 1 PASS, 1,87 % de 1 à 5 PASS, acquisition plafonnée, valeur de service du point de l'ordre de 0,6599 € en 2026). Art. L. 644-1 CSS (régime complémentaire CIPAV par points, cotisation devenue proportionnelle par tranches depuis 2021-2023, anciennes classes forfaitaires A à H supprimées : ordre de 9 à 11 % ≤ 1 PASS et 21 % au-delà ; coût d'achat du point ~47,40 €, valeur de service 2,89 €, rendement ~6,1 %). Art. L. 644-2 CSS (régime invalidité-décès, ~0,50 % du revenu). Art. L. 645-1 CSS (ASV / PCV réservé aux praticiens conventionnés : le psychologue, non conventionné, n'en bénéficie pas). Valeurs de cotisation et de point 2026 à confirmer sur lacipav.fr.

  • Périmètre CIPAV, structure et statut

    Loi n° 2017-1836 du 30/12/2017 (LFSS 2018, art. 15) : restriction du périmètre de la CIPAV à une liste limitative ; le psychologue y reste (option régime général 2019-2023 réservée aux professions sorties). Loi n° 85-772 du 25/07/1985 (art. 44) : titre de psychologue protégé (Master 2 ou diplôme FPH, enregistrement ADELI/RPPS), sans ordre professionnel ni monopole d'actes. Ordonnance n° 2023-77 du 08/02/2023 : exercice en société des professions à titre protégé (SEL en principe accessible, en alternative à l'EURL ou la SASU de droit commun). Art. L. 311-3 CSS (président de SASU / SELAS assimilé salarié : régime général CNAV + AGIRC-ARRCO, pas la CIPAV). Art. L. 131-6 CSS (dividendes du gérant TNS d'EURL / SELARL : fraction supérieure à 10 % du capital soumise aux cotisations).

  • Âge, taux plein, décote et rachat de trimestres

    Loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 (réforme des retraites) : âge légal porté progressivement de 62 à 64 ans, taux plein automatique maintenu à 67 ans (170 à 172 trimestres selon la génération pour le taux plein avant cet âge). Loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 (LFSS 2026) : révision partielle du calendrier de relèvement de l'âge légal — bornes par génération à confirmer. Décote d'environ 1,25 % par trimestre manquant, définitive ; surcote du régime de base d'environ 1,25 % par trimestre au-delà de l'âge légal et du taux plein. Rachat de trimestres de droit commun (années d'études supérieures, années incomplètes) ouvert au psychologue. En revanche, le décret n° 2024-766 du 08/07/2024 (rachat des trimestres 1985-2018) vise les seules professions anciennement « non classées » sans affiliation avant 2018 (ostéopathes, psychothérapeutes, naturopathes…) et NE concerne PAS le psychologue, déjà affilié à la CIPAV de longue date. Coefficients et bornes par génération à confirmer sur lacipav.fr.

  • Combler le trou : PER, assurance-vie, fiscalité 2026

    Art. 154 bis CGI (déduction PER / Madelin du bénéfice du TNS : 10 % + 15 %, plancher 4 806 €, maximum 88 911 € en 2026 ; le PER ne crée aucun droit CIPAV). Art. 163 quatervicies CGI (plafond PER du dirigeant assimilé salarié, président de SASU / SELAS). À une TMI de 11 %, le PER rapporte peu : l'assurance-vie et le PEA sont souvent préférables. Art. 990 I CGI (assurance-vie, abattement de 152 500 € par bénéficiaire, primes avant 70 ans). Art. 102 ter CGI (micro-BNC, abattement 34 %, seuil 83 600 € en 2026). Dualité PS 2026 (LFSS 2026, loi n° 2025-1403) : 18,6 % sur les gains du PER à la sortie, 17,2 % maintenu sur l'assurance-vie, le foncier nu et les plus-values immobilières des particuliers (liste limitative CSS art. L.136-8 IV).

  • TVA du psychologue et cession de la patientèle

    Art. 261-4-1 CGI et loi n° 2017-1837 du 30/12/2017 (art. 10), BOI-TVA-CHAMP-30-10-20-10 : les soins psychologiques rendus aux personnes (diagnostic et traitement des troubles psychologiques) par un titulaire du titre sont exonérés de TVA — mention « TVA non applicable, art. 261-4-1 du CGI », sans récupération de TVA ; en revanche la formation, le conseil en entreprise et l'expertise sont soumis à 20 %, et une activité mixte entraîne un prorata de déduction. Art. 151 septies CGI (exonération selon les recettes — prestations de services : totale si recettes ≤ 90 000 €, dégressive jusqu'à 126 000 €, activité ≥ 5 ans). Art. 238 quindecies CGI (exonération selon la valeur de cession : totale ≤ 500 000 €, dégressive jusqu'à 1 000 000 €). Art. 151 septies A CGI (exonération d'IR au départ en retraite, PS 18,6 % dus ; CE 12/10/2018 n° 401292). Cession libre (titre protégé, sans office ni droit de présentation). Dualité PS 2026 : la plus-value professionnelle supporte 18,6 %, et non 17,2 %.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les montants de pension, valeurs de point, taux de remplacement, rendements et coefficients de décote cités sont des ordres de grandeur sectoriels, donnés à titre purement pédagogique : aucun montant individuel ne peut être garanti, et votre situation réelle figure sur votre relevé individuel de situation (RIS) et sur lacipav.fr. Les paramètres 2026 de la CIPAV (cotisations, valeurs de point, taux du régime complémentaire, conditions de rachat de trimestres) sont à confirmer à la source. Les cas chiffrés sont des illustrations aux taux 2026, à recalculer pour votre dossier. Toute structuration (PER, assurance-vie, prévoyance, cession de la patientèle) doit faire l'objet d'une étude individualisée, validée avec votre expert-comptable. Les chiffres et taux sont à jour au 17 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF / LFSS annuelles, doctrine, jurisprudence). Les investissements en immobilier et sur un PER comportent un risque de perte en capital.

Foire aux questions

Tout sur la retraite du psychologue à la CIPAV Affiliation, calcul, pourquoi la pension est faible, taux plein 67 ans, exception SASU/SELAS, rachat de trimestres et capital de sortie.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous avec des psychologues : la CIPAV (et pas la SSI), la composition des régimes, le rendement faible de la complémentaire, le taux de remplacement réel, l'exception SASU/SELAS, le rachat de trimestres et comment combler le trou de pension. Réponses sourcées et à jour 2026.