Micro-BNC ou réel : le verdict en 30 secondes
La règle des 34 %, c'est tout ce qu'il faut retenir
- La règle unique : restez au micro-BNC tant que vos frais réels sont inférieurs à 34 % de vos recettes ; passez au réel (2035) dès qu'ils les dépassent.
- Pour un psychologue, le micro gagne le plus souvent : vos charges (loyer, RC pro, supervision, formation, tests, logiciel de RDV) sont légères et passent rarement la barre des 34 %.
- Le seuil 2026 : micro-BNC jusqu'à 83 600 € de recettes (et non plus 77 700 €), abattement forfaitaire de 34 % (minimum 305 €).
- La TVA : vos soins sont exonérés (article 261, 4-1° CGI). Pas de TVA à facturer ni à récupérer. Les activités de formation/conseil, elles, sont à 20 %.
- La caisse ne bouge pas : micro ou réel, vous restez à la CIPAV. Le régime fiscal ne change pas votre caisse de retraite.
« Je débute en libéral : micro-BNC ou frais réels ? » C'est, de loin, la question la plus fréquente du psychologue qui s'installe — et celle sur laquelle un comptable, un confrère et un forum d'entraide vous donneront trois réponses différentes. Bonne nouvelle : la vraie réponse tient dans une seule règle, celle des 34 %. Le micro applique un abattement forfaitaire de 34 % censé couvrir tous vos frais ; le réel déduit vos charges réelles. Donc tant que vos vrais frais restent sous 34 % de vos recettes, le forfait du micro est plus généreux — et plus simple. Au-dessus, le réel l'emporte. Le reste de ce guide ne fait que dérouler cette bascule — et on la chiffre, sur le cas de Léa, à 45 000 € de recettes.
Un mot sur ce que vous êtes, juridiquement, parce que cela cadre tout le reste. Le psychologue exerce une profession libérale à titre protégé (loi n° 85-772 du 25 juillet 1985, article 44 : le titre est réservé aux titulaires d'un Master 2 de psychologie ou d'un diplôme permettant le recrutement comme psychologue dans la fonction publique hospitalière, avec enregistrement ADELI/RPPS auprès de l'ARS). Mais il n'y a ni ordre professionnel, ni monopole d'actes : pas de charge, pas de droit de présentation. Fiscalement, vous relevez des bénéfices non commerciaux (BNC), au titre de prestations de services — d'où le choix micro-BNC ou déclaration contrôlée.
| Critère | Micro-BNC | Réel / 2035 |
|---|---|---|
| Seuil de recettes | ≤ 83 600 € (2026-2028) | > 83 600 € (obligatoire) ou sur option |
| Frais déductibles | Forfait de 34 % (min. 305 €) | Frais réels + amortissements |
| Déclaration | 2042-C-PRO + livre des recettes | 2035-SD + annexes 2035-A/B |
| Comptabilité | Ultra-allégée (souvent sans comptable) | Caisse + registre des immobilisations |
| CSG déductible 6,8 pts | Non | Oui (art. 154 quinquies CGI) |
| Madelin / PER pro déductible | Non (PER perso possible) | Oui (art. 154 bis CGI) |
| Déficit possible | Jamais | Oui (imputable sur le revenu global) |
| Gagnant si… | Frais réels < 34 % (cas le plus fréquent) | Frais réels > 34 % (installation, gros investissement) |
La règle en une phrase
Régime ≠ caisse ≠ structure : trois axes à ne pas mélanger
Neuf psychologues sur dix qui s'installent butent sur le même malentendu, et il leur coûte du temps, parfois des honoraires de comptable inutiles : on confond trois questions distinctes. Le régime fiscal, la caisse sociale et la forme juridique sont trois axes indépendants qui se combinent librement. On peut très bien être en entreprise individuelle, au micro-BNC et à la CIPAVen même temps — c'est même le cas le plus courant.
Le démêlage clé
Régime fiscal ≠ caisse sociale ≠ forme juridique
- Axe fiscal — micro-BNC ou réel : comment vous êtes imposé. C'est le seul vrai arbitrage du quotidien, et l'objet de ce guide.
- Axe social — la caisse : la CIPAV pour votre retraite. Elle ne change pas selon que vous êtes au micro ou au réel.
- Axe structure — EI, EURL, SASU, SEL : comment vous êtes organisé juridiquement. C'est une autre décision, traitée dans notre guide dédié au statut.
On l'entend pourtant à chaque rendez-vous : « si je passe au réel, je change de caisse », ou « l'auto-entrepreneur, c'est pas du BNC ». Les deux sont faux. Changer de régime fiscal ne touche jamais votre affiliation à la CIPAV : seules l'assiette et la façon de calculer vos cotisations évoluent. Et le choix de la structure (rester en EI ou créer une société) est une décision encore différente, qui dépend de votre niveau de bénéfice et de vos objectifs — pas de votre régime micro/réel.
Idée reçue n°1 : « auto-entrepreneur » ≠ « micro-BNC »
Pour le choix de votre cadre d'exercice (EI, EURL, SASU, voire SEL) et la question du passage en société, voyez nos guides statut juridique du psychologue : EI, EURL ou SELARL et BNC ou SELARL : à partir de quel bénéfice basculer en société.
Le micro-BNC du psychologue : seuil 83 600 €, abattement de 34 %
Le micro-BNC est le régime que la plupart des psychologues ont par défaut, sans toujours l'avoir choisi. Il tient dans deux chiffres : un seuil de recettes et un taux d'abattement.
Le micro-BNC en 30 secondes
- Qui ? Le psychologue dont les recettes ne dépassent pas 83 600 € (seuil 2026-2028) — régime appliqué par défaut.
- Comment ? Un abattement forfaitaire de 34 % (minimum 305 €) remplace l'ensemble de vos frais. Vous êtes imposé sur les 66 % restants.
- La paperasse ? Réduite au minimum : un simple livre des recettes et un report sur la 2042-C-PRO. Ni 2035, ni comptabilité, ni amortissement — souvent sans expert-comptable.
- La contrepartie ? Aucun frais réel déductible, aucun déficit possible — un atout si vos charges sont sous 34 %, un handicap au-dessus.
Le seuil 2026 : 83 600 € (et non plus 77 700 €)
Le micro-BNC s'applique tant que vos recettes annuelles ne dépassent pas un seuil. Longtemps fixé à 77 700 € (revenus 2023 à 2025), il a été relevé à 83 600 € pour les revenus 2026 à 2028 par la loi de finances pour 2026 (publiée au Journal officiel le 20 février 2026). Si vous lisez encore « 77 700 € » quelque part, c'est périmé. Ce seuil est révisé tous les trois ans, indexé sur la première tranche du barème de l'impôt sur le revenu (article 102 ter CGI). En clair : vous relevez du micro en 2026 si vos recettes de 2024 oude 2025 ne dépassaient pas le seuil applicable. La première année d'activité, le seuil est proratisé au nombre de jours d'exercice.
Recettes appréciées HT… mais HT = TTC pour vous
L'abattement de 34 % (minimum 305 €)
C'est le cœur du régime : sur vos recettes brutes encaissées, l'administration applique un abattement forfaitaire de 34 % (minimum 305 €), censé représenter l'intégralité de vos frais professionnels. Vous êtes imposé sur les 66 % restants, ajoutés à vos autres revenus au barème de l'IR. La contrepartie : aucun frais réel, aucun amortissement, aucune cotisation Madelin/PER professionnelle déduits en plus du forfait. Tout l'enjeu est de savoir si vos vrais frais sont en dessous ou au-dessus de ces 34 % — et, pour un psychologue, ils sont le plus souvent en dessous (voir le §5). La déclaration se résume à reporter vos recettes brutes sur la 2042-C-PRO et à tenir un simple livre des recettes.
Le micro de plein droit en début d'activité, et l'ACRE
Le réel (déclaration contrôlée 2035) : ce qu'un psychologue déduit vraiment
Le régime du réel — son nom officiel est la déclaration contrôlée — repose sur une soustraction toute bête : votre bénéfice imposable, c'est vos recettes encaissées moins vos dépenses professionnelles réelles(article 93 CGI). On parle de comptabilité « de caisse » : on enregistre ce qui est effectivement encaissé et décaissé dans l'année. Fini le forfait : chaque euro de charge réelle vient en déduction. Pour le psychologue, ce régime n'est gagnant que dans des situations précises, car son cabinet est léger.
Le réel est obligatoire dès que vos recettes dépassent le seuil du micro (83 600 € en 2026) deux années consécutives (article 96 CGI). Il est aussi accessible sur optionen dessous du seuil — le cas du psychologue dont les frais réels d'une année dépassent l'abattement de 34 %.
Les formulaires
La liasse 2035 et ses annexes
- 2035-SD : la déclaration principale, qui récapitule le résultat fiscal (article 97 CGI).
- Annexe 2035-A : le détail des recettes et des dépenses par nature.
- Annexe 2035-B : les plus et moins-values, le tableau des amortissements et la détermination du résultat.
- Le bénéfice obtenu est ensuite reporté sur la 2042-C-PRO pour être soumis au barème de l'IR.
Les frais réellement déductibles d'un psychologue
Au réel, voici les principaux postes qu'un psychologue peut retrancher de ses recettes. Cette liste est volontairement légère — c'est tout l'enjeu : ces postes dépassent rarement 34 % des recettes. Pour le détail complet, poste par poste, voyez notre guide charges déductibles du psychologue libéral : la liste 2026.
Mémo express
Ce que contient la 2035 d'un psychologue
- Loyer du cabinet (souvent partagé, ou quote-part du domicile affectée à l'activité), charges, électricité, internet.
- RC professionnelle, supervision et analyse de pratique, formation continue, documentation et tests psychométriques.
- Logiciel de prise de rendez-vous, abonnement de téléphonie, fournitures, petit mobilier (le petit matériel inférieur à 500 € HT se déduit immédiatement, article 39 CGI).
- Cotisations URSSAF et CIPAV, frais de comptabilité — eux-mêmes déductibles, donc à intégrer dans le calcul des 34 %.
- Le cas échéant : achat de patientèle à amortir, intérêts d'emprunt d'installation, aménagement du cabinet (amortissement).
Les deux leviers réservés au réel (et invisibles au micro)
Achats en TTC : pas de récupération de TVA
La règle des 34 % : le calcul qui tranche tout
On y est : la seule formule à retenir de tout ce guide. L'abattement du micro étant de 34 %, le réel ne devient gagnant que si vos frais réels dépassent 34 % de vos recettes. En dessous, le forfait du micro est tout simplement plus large que vos vraies charges.
Le point de bascule micro / réel
Seuil de bascule = Recettes × 34 % Frais réels < 34 % des recettes → MICRO gagnant (et plus simple) Frais réels > 34 % des recettes → RÉEL gagnant Exemple à 45 000 € de recettes : 45 000 € × 34 % = 15 300 € de frais → tant que vos frais sont sous 15 300 €, le micro gagne.
- Abattement micro-BNC :34 % (minimum 305 €)
- Point de bascule à 45 000 € :15 300 € de frais
- Cas le plus fréquent (psychologue) :frais 15 à 25 % → micro gagnant
Source : art. 102 ter CGI. La règle compare le forfait de 34 % à vos vraies charges. Pour affiner, intégrez au réel la CSG déductible (6,8 pts) et vos cotisations sociales, qui gonflent les charges déductibles et abaissent un peu le seuil réel de bascule.
Le différenciateur : psychologue ≠ ostéopathe ou kiné
Une nuance honnête, parce qu'un bon conseil ne survend rien : la règle des 34 % tranche d'abord la base imposable. Pour être tout à fait exact, il faut aussi tenir compte du fait qu'au réel vos cotisations sociales et votre CSG déductible viennent s'ajouter aux charges, ce qui abaisse légèrement le seuil réel de bascule (le réel peut donc gagner un peu avant 34 % de charges « courantes »). À l'inverse, le micro vous épargne un comptable et une comptabilité. Le bon réflexe reste de chiffrer les deux scénarios chaque année avec votre conseil, surtout les années où vous engagez une dépense exceptionnelle.
Micro ou réel : on tranche sur VOS chiffres en 30 minutes
Un CGP indépendant calcule votre point de bascule à 34 %, intègre CSG déductible et cotisations, et compare les deux régimes à l'euro — sans biais commercial.
Cas chiffré : Léa, psychologue à 45 000 € de recettes
Prenons Léa, psychologue libérale, 45 000 € de recettes annuelles (soins exonérés de TVA). On compare sa base imposable au micro et au réel dans deux scénarios : un cabinet léger (charges à 20 %), puis une année d'installation (charges à 40 %). Le point de bascule, on l'a vu, est à 45 000 × 34 % = 15 300 € de frais.
Scénario 1 · cabinet léger (charges à 20 %)
Léa, 45 000 € de recettes, 9 000 € de frais réels
Léa partage un cabinet, paie sa RC pro, sa supervision, sa formation et son logiciel de RDV : ses frais réels s'élèvent à 9 000 €, soit 20 % de ses recettes — bien sous les 15 300 € du seuil de bascule.
- Au micro-BNC : abattement 34 % → base imposable = 45 000 × 66 % = 29 700 €.
- Au réel : base imposable = 45 000 − 9 000 = 36 000 €.
- Verdict : le micro affiche 6 300 € de base imposable en moins — et sans comptable. Le micro gagne nettement.
L'économie d'impôt dépend de sa TMI : à 11 %, ces 6 300 € de base en moins représentent environ 693 € d'impôt épargné ; à 30 %, environ 1 890 €. Dans les deux cas, le micro est plus avantageux et plus simple.
Scénario 2 · année d'installation (charges à 40 %)
Léa, 45 000 € de recettes, 18 000 € de frais réels
Cette année-là, Léa s'installe dans son propre cabinet : aménagement, mobilier, achat de quelques tests, intérêts d'un petit emprunt et premiers loyers à 100 %. Ses frais réels grimpent à 18 000 €, soit 40 % de ses recettes — cette fois au-dessus des 15 300 €.
- Au micro-BNC : base imposable = 45 000 × 66 % = 29 700 € (le forfait ignore vos vraies charges).
- Au réel : base imposable = 45 000 − 18 000 = 27 000 €.
- Verdict : le réel affiche 2 700 € de base imposable en moins, avant même de compter la CSG déductible et les cotisations Madelin/PER qui creuseraient encore l'écart. Le réel gagne cette année-là.
Léa a donc intérêt à opter pour le réel l'année de l'installation, puis à réévaluer : une fois les investissements amortis et les frais redescendus sous 34 %, le micro peut reprendre l'avantage. D'où la règle qu'on répète à Léa : on refait le calcul tous les ans.
Synthèse du cas Léa (45 000 € de recettes)
Point de bascule : 45 000 € × 34 % = 15 300 € de frais Scénario 1 — frais 9 000 € (20 %) : Micro : base 29 700 € | Réel : base 36 000 € → MICRO (−6 300 €) Scénario 2 — frais 18 000 € (40 %) : Micro : base 29 700 € | Réel : base 27 000 € → RÉEL (−2 700 €)
Bases imposables avant IR, ordres de grandeur pédagogiques simplifiés (hors effet de la CSG déductible et des cotisations Madelin/PER au réel, qui accentuent l'avantage du réel). Ne vaut pas simulation personnalisée.
| Scénario 1 (frais 20 %) | Scénario 2 (frais 40 %) | |
|---|---|---|
| Recettes | 45 000 € | 45 000 € |
| Frais réels | 9 000 € | 18 000 € |
| Base micro-BNC (66 %) | 29 700 € | 29 700 € |
| Base réel (recettes − frais) | 36 000 € | 27 000 € |
| Régime gagnant | Micro (−6 300 €) | Réel (−2 700 €) |
Dans les deux cas : la caisse et la TVA ne bougent pas
Note de méthode : comment lire ces chiffres
La TVA du psychologue : soins exonérés, mais activité mixte à 20 %
Bonne nouvelle, et elle simplifie l'arbitrage micro/réel : vos consultations sont exonérées de TVA. Les soins dispensés aux personnes — diagnostic et traitement des troubles psychologiques — par un psychologue titulaire du titre sont exonérés au titre de l'article 261, 4-1° du CGI, sous condition de diplôme. Cette exonération a été étendue aux psychologues, psychanalystes et psychothérapeutes par l'article 10 de la loi de finances pour 2018(loi n° 2017-1837 du 30 décembre 2017 ; doctrine BOI-TVA-CHAMP-30-10-20-10).
Ce que cela change concrètement
- Vous portez la mention « TVA non applicable, article 261-4-1° du CGI » sur vos notes d'honoraires.
- Vous ne facturez aucune TVA sur vos consultations, et vous ne la récupérez pas sur vos achats : mobilier, matériel, loyer restent à votre charge en TTC.
- La franchise en base de TVA (article 293 B) est sans objet pour vos soins, déjà exonérés : pas de seuil à surveiller de ce côté.
Attention : l'activité mixte (formation, conseil) est soumise à 20 %
C'est l'exact inverse du géomètre-expert ou de l'avocat, assujettis à la TVA de 20 % sur l'essentiel de leur activité et qui, eux, récupèrent la TVA sur leurs investissements. Pour le psychologue, l'option à la TVA d'une SCI qui détiendrait les murs du cabinet (article 260, 2°) n'a aucun intérêt, puisque l'exploitant n'est pas assujetti pour ses soins et ne récupérerait rien.
La caisse ne bouge pas : micro ou réel, vous restez à la CIPAV
C'est la confusion la plus fréquente, et celle qui coûte le plus cher en stress inutile : changer de régime fiscal ne change pas votre caisse de retraite. Le psychologue libéral est affilié à la CIPAV (régime de base CNAVPL par points + régime complémentaire CIPAV par tranches), au micro commeau réel. Seules l'assiette et la façon de calculer vos cotisations diffèrent.
Pourquoi le psychologue est resté à la CIPAV
- La LFSS 2018 (loi n° 2017-1836 du 30 décembre 2017, article 15) a restreint la CIPAV à une liste limitative de professions (article L.640-1 CSS). De nombreux libéraux non listés ont basculé vers le régime général des indépendants, via un droit d'option ouvert de 2019 à 2023.
- Le psychologue figure dans la liste de l'article L.640-1 CSS → il reste à la CIPAV de plein droit, sans avoir eu à opter pour quoi que ce soit.
- Depuis 2023, les cotisations sont recouvrées par l'URSSAF (guichet unique), mais c'est la CIPAV qui gère vos droits et vous versera votre pension. « Payer à l'URSSAF » ne veut pas dire « être au régime général ».
La seule exception : le président de SASU ou de SELAS
Une caisse notoirement faible : à compenser
Versement libératoire, option et changement de régime
Deux questions reviennent une fois la règle des 34 % comprise : faut-il opter pour le versement libératoirede l'impôt, et comment passe-t-on (ou revient-on) du micro au réel ? On répond aux deux.
Le versement libératoire : utile seulement si vous êtes imposable
Le versement libératoire de l'impôt sur le revenu est une option réservée aux micro-entrepreneurs, sous condition de revenu fiscal de référence (le RFR de l'avant-dernière année ne doit pas dépasser un plafond par part de quotient familial). Pour une activité libérale BNC, il consiste à payer l'IR sous forme d'un prélèvement forfaitaire d'environ 2,2 % du chiffre d'affaires, réglé en même temps que les cotisations sociales via l'URSSAF.
Le bon réflexe sur le versement libératoire
Passer au réel, ou y renoncer : c'est réversible
L'option pour la déclaration contrôlée se matérialise par le simple dépôt de la liasse 2035 dans le délai légal, sans formalisme particulier (article 102 ter, 5 CGI). Elle est valable un an et reconduite tacitement tant que vous restez sous le seuil du micro. Pour revenir au micro, il suffit de renoncer à l'option avant la date limite de dépôt de la déclaration suivante, tant que vos recettes restent sous le seuil. Il n'y a pas de verrou pluriannuel irrévocable. Au-dessus du seuil deux années consécutives, le réel devient obligatoire.
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À retenir sur l'option
- Changer de régime ≠ changer de caisse : micro ou réel, vous restez à la CIPAV.
- Engagement annuel et réversible : on peut basculer au réel l'année d'une grosse dépense, puis revenir au micro.
- Pas d'OGA, pas de majoration : depuis les revenus 2023, la non-adhésion à un organisme de gestion agréé n'entraîne plus de majoration de 25 % du bénéfice (article 158, 7-1° CGI) — l'adhésion à une AGA a perdu son intérêt fiscal.
Au-delà du régime : prévoyance, PER, hauts revenus et cession
Une fois ce choix tranché, la plupart des psychologues qu'on accompagne découvrent que l'impôt n'était pas le vrai sujet : sur la durée, ces questions patrimoniales pèsent bien plus que les 600 à 1 900 € d'impôt en jeu. Indépendantes du régime fiscal, elles découlent surtout de la faiblesse de la CIPAV et du profil de revenus.
Prévoyance et PER : les deux priorités
La prévoyance Madelin d'abord : en cas d'arrêt de travail, votre couverture obligatoire est mince. Un contrat déductible (au réel) comble le trou pour un coût modeste. Le PER ensuite, pour compenser une CIPAV faible : au réel, vous déduisez vos versements au titre du plafond Madelin TNS (article 154 bis CGI) ; au micro aussi, vous pouvez déduire un PER individuel de votre revenu global (article 163 quatervicies CGI), dans le plafond de droit commun. Attention toutefois à rester réaliste : l'efficacité du PER est proportionnelle à votre TMI — très intéressant à 41-45 %, plus modeste à 11-30 %, la tranche de la plupart des psychologues. Détails dans PER psychologue libéral et la prévoyance Madelin du libéral.
Revenus irréguliers : un sujet à part entière
Files actives variables, saisonnalité, mix salarié/libéral : le psychologue connaît souvent des revenus en dents de scie. Au-delà du choix micro/réel, des leviers de lissage existent (système du quotient de l'article 163-0 A CGI pour un revenu exceptionnel, modulation des versements PER, épargne de précaution). On y consacre un guide entier : lisser des revenus irréguliers de psychologue.
Hauts revenus et cession de patientèle
Pour la minorité de psychologues à hauts revenus (cabinet plein, activité mixte soins + formation/conseil), l'arbitrage dépasse le micro/réel : passage en société, choix EI/EURL/SASU/SEL, arbitrage rémunération/dividendes, PER au plafond, immobilier. Voyez psychologue à hauts revenus : défiscaliser intelligemment, réduire légalement ses impôts en BNC et le pilier optimisation fiscale du professionnel libéral.
La cession de patientèle : plus-value pro à 18,6 % de PS
Aller plus loin : et une fois l'impôt optimisé, que faire de l'épargne ?
En résumé
Ce qu'il faut retenir de l'arbitrage micro / réel
- Une règle : micro si frais < 34 % des recettes, réel au-delà. Pour un psychologue, le micro gagne le plus souvent.
- Seuil 2026 : 83 600 € de recettes, abattement 34 % (min. 305 €).
- TVA : soins exonérés (261, 4-1° CGI), formation/conseil à 20 % (activité mixte).
- Caisse : CIPAV, inchangée par le régime fiscal (sauf SASU/SELAS = régime général).
- L'enjeu de fond : une retraite CIPAV qui sera maigre, à compenser par la prévoyance, le PER et l'épargne — bien plus déterminants que le choix micro/réel.
Un cabinet indépendant pour votre stratégie de psychologue
Une fois le micro/réel tranché : prévoyance, PER calibré sur votre TMI, placement de l'épargne, préparation d'une retraite CIPAV qu'on sait modeste. Cabinet indépendant, sans produit-maison.

