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Guide kinésithérapeute 202616 minMis à jour 10 juin 20263 cas chiffrés

Racheter un cabinet de kiné : combien ça vaut, et ce que vous payez vraiment

Vous voulez reprendre un cabinet de kiné, mais une question vous bloque : combien vaut vraiment cette patientèle, et comment être sûr de ne pas surpayer ? La réponse tient en trois leviers que l'on relie rarement : le zonage ARS (qui fait le prix bien plus que le chiffre d'affaires), le coût fiscal du repreneur (droits d'enregistrement de 0 à 5 %, soit 1 260 € sur un rachat de 65 000 €) et la qualité de la passation. On déroule tout, chiffres à l'appui, du point de vue de l'acheteur — pas du vendeur. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

RACHAT DE CABINET KINÉ 2026

Chiffrer le juste prix d'un cabinet et sécuriser votre rachat

Audit de reprise : effet du zonage ARS et du conventionnement sur la valeur, fourchette de prix objectivée, droits d'enregistrement (art. 719), déductibilité de la patientèle et du matériel, clauses du contrat et plan de financement. Cabinet 100 % indépendant.

  • Valorisation objectivée (audit)
  • Coût fiscal du repreneur chiffré
  • Clauses du contrat sécurisées
  • Plan de financement préparé

VALORISATION INDICATIVE

~40-80 %

DROITS D'ENREGISTREMENT

0 / 3 / 5 %

EXEMPLE SUR 65 000 €

1 260 €

RÈGLE DE ZONAGE

1 départ = 1 install.

TVA KINÉ

Exonérée

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1CE QUE VOUS RACHETEZ·2 MIN

Ce que vous rachetez n'est pas des patients, c'est un droit de présentation

L'essentiel en 30 secondes

  • Vous ne rachetez pas des patients (ils restent libres de leur kinésithérapeute), mais un droit de présentation à la patientèle : présentation du repreneur à la clientèle et aux médecins adresseurs, engagement de non-réinstallation du cédant.
  • Un rachat de cabinet, c'est en réalité quatre actifs : la patientèle (incorporel), le matériel, le droit au bail / local, et parfois une part de SCM.
  • Le kiné exerce une activité libérale (BNC) : la patientèle est un élément du fonds libéral. La cession de clientèle de santé est licite (Cass. 1ré civ., 7 nov. 2000), sous réserve de la liberté de choix du patient.
  • L'intuitu personae est fort en kiné : la valeur dépend de la passation, pas d'une clientèle captive.

Levons d'emblée un malentendu, car il change la façon de négocier. Quand un kiné « vend son cabinet », il ne cède pas une liste de patients comme on céderait un stock : les patients restent libres de suivre, ou non, le successeur. Ce qui se vend, juridiquement, c'est un droit de présentation — le cédant présente le repreneur à sa patientèle et à ses médecins prescripteurs, et s'engage à ne pas se réinstaller à proximité. À ce droit incorporel, qui est l'actif principal du fonds libéral, s'ajoutent le matériel, le droit au bail et, parfois, une part de société de moyens.

Longtemps jugée illicite, la cession de clientèle de santé a été validée par la Cour de cassation (1ré chambre civile, 7 novembre 2000, n° 98-17.731) : elle est licite « à la condition que soit sauvegardée la liberté de choix du patient ». C'est le fondement de tout rachat de cabinet, encadré par ailleurs par la déontologie de la profession (articles R. 4321-51 et suivants du Code de la santé publique). Ce même mécanisme du droit de présentation régit la reprise d'autres cabinets de santé : il fonctionne à l'identique côté cession de patientèle d'un médecin généraliste.

Les quatre actifs d'un cabinet de kiné. La SCM (société de moyens) ne dégage pas de bénéfice : elle mutualise des charges, à ne pas confondre avec une SCI qui détient les murs.
L'actif rachetéNatureCe qu'il pèse dans le prix
Droit de présentation à la patientèleIncorporel (fonds libéral)Le poste principal — mais sa valeur dépend de la zone et de la passation
Matériel (tables, électrothérapie, appareils)Corporel, amortissableValeur vénale selon l'âge et l'état
Droit au bail / localIncorporel ou immobilierSelon la durée résiduelle et le loyer ; à distinguer d'un achat des murs
Part de SCM (société de moyens)Parts socialesOptionnel — partage de charges, pas de patientèle (voir §10)

L'intuitu personae : pourquoi la valeur dépend de la passation

En kinésithérapie, le lien entre le praticien et le patient est particulièrement personnel : le soin est physique, répété, fondé sur la confiance, et le flux de nouveaux patients dépend largement des médecins prescripteurs adresseurs. Conséquence directe : vous rachetez un droit, pas une garantie. Si le cédant ne vous présente pas activement à sa patientèle et à son réseau de prescripteurs, une partie des patients peut ne pas suivre. La valeur d'une patientèle de kiné se tient donc autant dans le contrat de passation (§7) que dans le chiffre d'affaires affiché.

À retenir

On rachète un droit, pas une clientèle captive

Sans accompagnement du cédant ni présentation aux prescripteurs, la patientèle peut fuir. C'est le premier risque du repreneur en kiné, et il se traite par le contrat, pas par le prix.
§ 2LE ZONAGE ARS·3 MIN

Le zonage ARS : le vrai moteur du prix (et il fonctionne à l'envers de l'intuition)

Le point que la plupart des repreneurs découvrent trop tard : ce n'est pas le chiffre d'affaires qui fait le prix d'une patientèle de kiné, c'est la zone. La profession est soumise à une régulation démographique du conventionnement, posée par les avenants n° 5 (2017) et n° 7 (2023) à la convention nationale, le zonage étant arrêté par chaque Agence régionale de santé (ARS) selon la méthodologie de l'article L. 1434-4 du Code de la santé publique. Quatre niveaux : très sous-dotée, sous-dotée, intermédiaire, non prioritaire (anciennement « sur-dotée »).

La règle qui crée la valeur : « un départ pour une installation »

En zone non prioritaire, le conventionnement n'est en principe accordé à un nouveau kiné que s'il succède à un confrère qui cesse définitivement son activité. Dans ces zones, racheter une patientèle est souvent la seule porte d'entrée conventionnée : la rareté du conventionnement, et non le chiffre d'affaires, fait alors la valeur. À l'inverse, en zone sous-dotée ou très sous-dotée, le conventionnement est libre (et parfois aidé) : on peut s'installer sans rien racheter, donc la patientèle vaut beaucoup moins.
Le zonage ARS conditionne l'accès au conventionnement, et donc la valeur. Première vérification avant toute négociation : l'arrêté ARS en vigueur sur la zone du cabinet.
Zone ARSAccès au conventionnementEffet sur le prix de la patientèle
Très sous-dotée / sous-dotéeLibre (parfois aidé)Faible : on peut s'installer sans racheter
IntermédiaireEncadréMoyen
Non prioritaire (ex sur-dotée)« 1 départ pour 1 installation »Élevé : le rachat est la seule entrée conventionnée

On ne rachète pas le conventionnement (ni les patients)

Ne tombez pas dans le raccourci : vous rachetez un droit de présentation, pas le conventionnement — qui est un droit personnel accordé par l'Assurance maladie — ni les patients. En zone non prioritaire, le rachat est ce qui ouvre, en pratique, l'accès au conventionnement, mais un montage présenté comme un rachat déguisé du seul droit à conventionnement serait fragile. La valeur doit reposer sur une patientèle et des actifs réels.

Donc, dans l'ordre : avant de parler prix, identifiez la zone ARS du cabinet et vérifiez le conventionnement effectif du cédant. C'est ce diagnostic, plus que le chiffre d'affaires, qui vous dira si vous payez pour une vraie rareté ou pour quelque chose que vous pourriez obtenir sans débourser.

§ 3L'AUDIT·2 MIN

Auditer le cabinet avant de signer : les 6 points qui changent le prix

Faute de barème légal, le seul moyen d'objectiver un prix est d'auditer le cabinet point par point. Ce travail ne sert pas qu'à vous rassurer : il vous donne les arguments concrets pour négocier, et il révèle les risques (patientèle non récurrente, matériel à remplacer, bail court) qui justifient une décote. C'est, ni plus ni moins, la due diligence du repreneur : chaque ligne ci-dessous tire le prix vers le haut ou vers le bas.

Les six points d'audit avant de fixer le prix. C'est l'audit, et non un barème, qui objective la valeur d'une patientèle de kiné.
Ce qu'on auditePourquoi c'est décisif
Zone ARS + conventionnement effectifDétermine la valeur et la possibilité même de s'installer en conventionné (voir §2)
Récurrence de la patientèleSoins chroniques, neuro ou respiratoires récurrents = revenus stables ; actes ponctuels = patientèle volatile
Médecins prescripteurs adresseursLe cabinet vit de son réseau : à auditer et à faire présenter par le cédant
État et âge du matérielConditionne la part « matériel » du prix et les investissements à venir
Bail / part de SCMDurée résiduelle, loyer, clause de cession ; part de SCM = charges partagées (voir §10)
Absence de litige ordinal / CPAMUn contentieux en cours pèse sur la valeur et la sérénité de la reprise

Exemple : deux cabinets à recettes identiques ne valent pas le même prix

Prenez deux cabinets à 80 000 € de recettes, à l'euro près. Le premier vit de soins récurrents — rééducation neurologique, kiné respiratoire chronique, suivis post-opératoires longs — adressés par trois médecins fidèles : ses revenus sont prévisibles, sa patientèle « colle ». Le second enchaîne des actes ponctuels (entorses, lombalgies aiguës) sans réseau d'adresseurs stable : à recettes égales, sa patientèle est bien plus volatile, donc moins chère. C'est exactement ce que l'audit révèle — et ce qu'un simple multiple « des recettes » masque.

Mémo express

L'audit objective le prix

Il n'existe pas de barème légal de la patientèle. C'est donc l'audit — zone, récurrence, adresseurs, matériel, bail — qui transforme une fourchette théorique en un prix défendable. Demandez les justificatifs (relevés de recettes, statistiques d'actes, bail) avant de signer.
Hagnéré Patrimoine

Faire auditer le cabinet que vous voulez racheter

Un CGP indépendant, avec votre expert-comptable, objective la valeur (zonage, récurrence, matériel, bail), chiffre le coût fiscal du repreneur et sécurise le contrat avant que vous ne signiez.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 4LA VALORISATION·2 MIN

Comment se forme le prix : valoriser la patientèle

Soyons clairs : aucun barème légal n'existe, et nous ne vous en fabriquerons pas un. Dans la pratique des cessions libérales, la patientèle se négocie souvent en pourcentage des recettes annuelles, dans une fourchette indicative de l'ordre de 40 à 80 % des recettes TTC (ou, dit autrement, un à trois fois le bénéfice net). C'est un repère, jamais une règle : la valeur réelle dépend des facteurs audités au paragraphe précédent.

Décomposition du prix global de reprise

Prix de reprise =
    valeur de la patientèle (% des recettes, pondéré par la zone)
  + matériel (valeur vénale)
  + droit au bail / part de SCM

La fourchette ~40-80 % des recettes est un ordre de grandeur indicatif, pas un barème. Elle se pondère par la récurrence des soins, la zone et le conventionnement, le réseau d'adresseurs, l'âge du matériel et la qualité de la passation.

La méthode honnête consiste à faire évaluer le cabinet au cas par cas, idéalement par un expert-comptable ou un spécialiste de la transmission libérale, en croisant deux approches: l'approche par les recettes (le pourcentage ci-dessus) et l'approche par la rentabilité réelle (l'excédent brut d'exploitation, ce que le cabinet dégage vraiment une fois les charges payées). Quand les deux convergent, vous tenez un prix défendable.

Une valeur faible n'est pas qu'une mauvaise nouvelle

Une patientèle peu valorisée (typiquement en zone sous-dotée, ou faute de repreneurs) réduit mécaniquement vos droits d'enregistrement (§5) et, côté vendeur, déclenche presque toujours l'exonération de la plus-value professionnelle — ce qui, pour le cédant, n'est pas un drame et peut ouvrir une marge de négociation. Ce cadrage côté vendeur est détaillé dans notre guide céder sa patientèle de kiné : plus-value, exonérations et contrat.
§ 5ARTICLE 719 CGI·2 MIN

Le coût fiscal du repreneur n°1 : les droits d'enregistrement (art. 719 CGI)

C'est le coût que beaucoup de repreneurs oublient de budgéter : en plus du prix, l'acquéreur paie des droits d'enregistrement sur la cession. La cession d'une clientèle libérale suit le régime du fonds de commerce : article 719 du Code général des impôts, complété par les taxes additionnelles départementale (art. 1595) et communale (art. 1584). Le barème est global et progressif (BOI-ENR-DMTOM-10-20-20).

Barème global cumulé (État + département + commune), à la charge de l'acquéreur. Il s'applique par tranches, comme l'impôt sur le revenu.
Fraction du prixTaux global (art. 719)
Jusqu'à 23 000 €0 %
De 23 000 € à 200 000 €3 %
Au-delà de 200 000 €5 %

Droits d'enregistrement sur un rachat de 65 000 €

Assiette = patientèle + matériel + droit au bail = 65 000 €

  •  0 à 23 000 €       →  0 %     =        0 €
  •  23 000 à 65 000 €  →  3 %     =  1 260 €
  ─────────────────────────────────────────────
  Droits dus             =  1 260 €

L'assiette inclut l'ensemble des éléments cédés (incorporel + matériel + droit au bail), pas seulement la patientèle (BOI-ENR-DMTOM-10-20-10). Ces 1 260 € viennent EN PLUS du prix de 65 000 €.

Le séquestre du prix : un point de trésorerie à anticiper

L'acte de cession est enregistré au service des impôts. Par ailleurs, en raison de la solidarité fiscale du cédant, une partie du prix est fréquemment placée sous séquestre pendant trois à cinq mois (le temps que l'administration purge ses droits). Pour vous, repreneur, ce n'est pas un coût mais un point de calendrier et de trésorerie : le cédant n'encaisse pas tout immédiatement, ce qui peut faciliter la négociation de la passation. À noter, sans le survendre : des régimes de faveur existent dans certaines zones de revitalisation (engagement de durée), à examiner au cas par cas avec votre conseil.
§ 6AMORTISSEMENT & TVA·3 MIN

Peut-on déduire la patientèle rachetée ? (le point que personne ne traite)

Ce qu'il faut retenir sur la déductibilité

  • Patientèle : non amortissable en principe, mais un régime temporaire (prorogé par la LF 2026 jusqu'au 31/12/2029) permet de la déduire sur ~10 ans — soit ~5 000 €/an sur 50 000 €, à valider avec votre expert-comptable.
  • Matériel : toujours amortissable ; petit matériel < 500 € HT déductible immédiatement.
  • TVA : kiné exonéré → aucune récupération. Le coût d'acquisition est un coût net.
  • Réserve : l'amortissement déduit est repris dans la plus-value le jour de la revente — c'est un différé d'impôt, pas un cadeau.

La vraie question, quand on vient de sortir 50 000 € pour une patientèle : peut-on les déduire du bénéfice ? Le principe et l'exception méritent d'être bien distingués.

Le principe : une patientèle est un élément incorporel qui ne se déprécie pas par le simple écoulement du temps. Elle est donc en principe non amortissable (art. 39, 1, 2° CGI ; BOI-BNC-BASE-50, BOI-BIC-AMT-10-20). Une provision pour dépréciation n'est admise que si une dépréciation effective est justifiée (perte d'un gros prescripteur, par exemple).

L'exception qui change la donne : le régime temporaire d'amortissement des fonds

Par dérogation, un régime temporaire permet de déduire l'amortissement des fonds acquis. Instauré par la loi de finances pour 2022 et d'abord prévu jusqu'à fin 2025, il a été prorogé par la loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026) aux fonds acquis jusqu'au 31/12/2029, en pratique sur dix ans. Concrètement, une patientèle de 50 000 € pourrait générer de l'ordre de 5 000 € par an de charge déductible du bénéfice BNC — une économie d'impôt loin d'être négligeable à votre tranche marginale (30 à 41 %).

Amortissement annuel d'une patientèle de 50 000 € (régime temporaire)

50 000 € / 10 ans = 5 000 € / an de charge déductible

Économie d'IR (à TMI 30 %)  ≈  1 500 € / an
Économie d'IR (à TMI 41 %)  ≈  2 050 € / an

Ordre de grandeur, sous réserve de l'éligibilité du fonds libéral au régime (à confirmer avec l'expert-comptable). L'économie réelle dépend de votre tranche marginale d'imposition.

Double précaution avant de compter sur cet amortissement

  • 1. L'extension aux fonds libéraux repose sur une tolérance doctrinale. Le texte vise les fonds commerciaux ; l'application aux fonds libéraux (dont la patientèle de kiné) procède d'une admission de l'administration (BOI-BNC-BASE-50), des amendements de légalisation ayant été écartés. À faire valider par votre expert-comptable / votre OGA avant de l'intégrer à votre prévisionnel.
  • 2. L'amortissement déduit est repris à la revente. Le jour où vous céderez, l'amortissement pratiqué viendra majorer la plus-value à court terme : l'avantage est un différé d'impôt, pas un cadeau définitif. Ce mécanisme est détaillé côté cédant dans notre guide céder sa patientèle de kiné.

Le matériel, lui, ne pose pas de difficulté : il est amortissable sur sa durée d'usage, et le petit matériel de moins de 500 € HT est déductible immédiatement (art. 39 CGI). Le matériel peut aussi être financé en crédit-bail, les loyers étant alors déductibles (voir §9).

La TVA : un coût que vous ne récupérerez pas

Actes de kiné exonérés de TVA = aucune récupération

Les actes de kinésithérapie sont exonérés de TVA (article 261, 4, 1° du Code général des impôts). Vous n'êtes pas assujetti à la TVA sur vos soins : vous ne pouvez donc récupérer aucune TVA, ni sur le matériel acheté, ni sur le fonds racheté. Le coût d'acquisition est un coût net — différence majeure avec un commerce ou une officine de pharmacie, où la TVA sur certains achats est récupérable. Pour le choix entre micro-BNC (seuil 83 600 € en 2026, abattement 34 %) et réel, et donc la possibilité de déduire ces amortissements, voyez notre guide déclaration 2035 : micro-BNC ou réel pour le kiné.
§ 7LE CONTRAT·2 MIN

Le contrat de cession : les clauses qui protègent votre investissement

Le contrat compte plus en kiné qu'ailleurs : c'est lui, pas le prix affiché, qui décide si les patients suivront. Comme la patientèle n'est pas captive (§1), ce sont les clauses de passation qui font la différence. Voici les clauses à exiger.

Les cinq clauses clés d'un contrat de cession de patientèle de kiné. Faire rédiger l'acte par un professionnel du droit est vivement conseillé.
ClauseCe qu'elle protège
Présentation de clientèleLe cédant présente effectivement le repreneur à la patientèle ET aux prescripteurs (objet même du contrat, dans le respect de la liberté de choix — Cass. 7/11/2000)
Non-concurrence / non-réinstallationEmpêche le cédant de récupérer la patientèle ; périmètre et durée doivent être PROPORTIONNÉS sous peine de nullité
Accompagnement / transitionPrésence du cédant quelques semaines à quelques mois : décisive en kiné (intuitu personae fort)
Transfert du bail et du matérielAccord du bailleur / clause de cession du bail ; inventaire du matériel annexé à l'acte
Séquestre du prixEncadre la solidarité fiscale du cédant (voir §5)

Éviter la fuite de patientèle : une affaire de passation

La meilleure clause de non-concurrence ne remplace pas une passation soignée. Concrètement : une période d'accompagnement pendant laquelle le cédant travaille à vos côtés, une présentation effective aux médecins adresseurs (qui sont la source du flux de patients), et la reprise des créneaux et habitudes existants. Sans cela, le patient adressé par le Dr Mercier ira voir un autre kiné, et le médecin prendra l'habitude d'adresser ailleurs.

À retenir

En kiné, le patient suit le praticien, pas les murs

Sur le terrain, une bonne clause d'accompagnement vous rapporte plus que trois points de négociation sur le prix. Négociez-la avec autant de soin que le montant.
§ 8CAS CHIFFRÉS·3 MIN

Cas chiffré : Julie rachète un cabinet à 65 000 €

Assez de théorie : voici trois dossiers de kinés repreneurs, choisis pour montrer que c'est la zone, et non le chiffre d'affaires, qui fait le prix. Julie part d'une zone intermédiaire, c'est notre fil rouge chiffré à l'euro. Karim, lui, vise une zone non prioritaire où le rachat est la seule porte d'entrée conventionnée. Léa s'installe en zone sous-dotée, où la patientèle ne vaut presque rien.

Cas 1 · Kiné · BNC · zone intermédiaire · primo-reprise

Julie — rachat de 65 000 €, droits d'enregistrement : 1 260 €

Julie reprend un cabinet réalisant 80 000 € de recettes annuelles. Le cédant et elle s'accordent sur une patientèle valorisée 50 000 € (soit ~62,5 % des recettes, dans la fourchette) et un matériel évalué 15 000 €, soit un prix total de 65 000 €.

Droits d'enregistrement (art. 719) : (65 000 − 23 000) × 3 % = 1 260 €, à sa charge, en plus du prix.

Déductibilité : les 15 000 € de matériel sont amortissables. Les 50 000 € de patientèle sont en principe non amortissables, mais Julie pourrait déduire de l'ordre de 5 000 €/an au titre du régime temporaire prorogé par la LF 2026 — à valider avec son expert-comptable. Aucune TVA récupérable (kiné exonéré) : le coût est net.

Côté vendeur (cadre de négociation) : les recettes (80 000 €) sont inférieures à 90 000 €. Si le cédant a exercé au moins 5 ans, sa plus-value professionnelle est totalement exonérée (art. 151 septies) : il n'est pas fiscalisé sur la vente, ce qui peut laisser une marge de discussion à Julie.

Cas 2 · Kiné · zone NON PRIORITAIRE · même cabinet

Karim — la zone, pas le CA, fait grimper le prix

Karim convoite un cabinet au chiffre d'affaires comparable, mais situé en zone non prioritaire. Ici, le conventionnement obéit à la règle « un départ pour une installation» : sans rachat de la patientèle d'un confrère cessant, pas d'accès au conventionnement.

Résultat : la patientèle se paie plus cher qu'à recettes égales en zone intermédiaire, parce que le repreneur n'achète pas seulement une clientèle — il achète, en pratique, sa seule porte d'entrée conventionnée. La rareté du conventionnement, et non le chiffre d'affaires, justifie le prix. Avant de signer, Karim vérifie l'arrêté ARS en vigueur : c'est lui qui valide (ou non) cette rareté.

Cas 3 · Kiné · zone SOUS-DOTÉE · patientèle symbolique

Léa — pourquoi elle ne paie presque rien pour la patientèle

Léa s'installe en zone sous-dotée, où le conventionnement est libre : elle pourrait ouvrir un cabinet sans rien racheter. Si elle reprend tout de même un cabinet existant, c'est surtout pour le matériel, le local et un démarrage immédiat.

La patientèle, elle, est valorisée de façon symbolique : pourquoi payer cher un droit de présentation quand on peut s'installer librement à côté ? Léa, c'est Karim à l'envers : même métier, prix opposé, parce que la carte du zonage ARS n'est pas la même. La valeur d'une patientèle de kiné se lit d'abord sur cette carte.

Ce que disent ces trois cas

La zone fait le prix, l'audit le confirme, le contrat le protège

  • Zone intermédiaire (Julie) : prix dans la fourchette ~40-80 % des recettes, droits d'enregistrement de 1 260 € sur 65 000 €, amortissement possible à valider.
  • Zone non prioritaire (Karim) : la rareté du conventionnement fait monter le prix — on paie sa porte d'entrée conventionnée.
  • Zone sous-dotée (Léa) : conventionnement libre, patientèle symbolique — on rachète surtout le matériel et le local.

Note de méthode : ces chiffres sont illustratifs

Les montants ci-dessus sont des ordres de grandeur pédagogiques. Rien dans la loi ne fixe le prix d'une patientèle : la fourchette ~40-80 % des recettes n'est qu'un repère, à pondérer par la zone, la récurrence, les adresseurs et l'état du matériel. L'amortissement de la patientèle suppose l'éligibilité du fonds libéral au régime temporaire, à confirmer avec un expert-comptable. Chaque rachat doit être modélisé au cas par cas.
§ 9LE FINANCEMENT·1 MIN

Financer le rachat (survol — l'essentiel est dans le guide dédié)

Le financement, on l'a sorti dans un guide à part — voici juste de quoi cadrer votre budget. Le rachat se finance le plus souvent par un prêt professionnel amortissable, avec un apport personnel de l'ordre de 10 à 30 %. Le matériel peut être financé en crédit-bail (loyers déductibles, art. 39 CGI). Des aides à l'installation existent en zones très sous-dotées (avenant n° 7), et l'ACRE peut alléger les cotisations en début d'activité — mais ces dispositifs se vérifient dossier par dossier, et mieux vaut ne pas miser dessus à l'aveugle. Comptez environ quatre mois pour boucler une cession.

Le montage de financement se traite dans le guide dédié

Capacité d'emprunt, apport, durée, crédit-bail sur le matériel, aides en zone très sous-dotée, articulation avec la prévoyance : tout cela est détaillé dans notre guide financer son installation de kiné : prêt, crédit-bail et aides. C'est le complément naturel de cette page : ici, ce que vous achetez et à quel prix ; là-bas, comment vous le payez.
Hagnéré Patrimoine

Boucler le plan de financement de votre rachat

On articule prix de reprise, apport, prêt professionnel et crédit-bail sur le matériel, en tenant compte de votre capacité d'emprunt et de vos projets patrimoniaux (murs, prévoyance, épargne).

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 10PATIENTÈLE OU TITRES·2 MIN

Racheter une patientèle ou des parts de société ?

Selon la forme juridique du cabinet cible, vous ne rachetez pas la même chose — et la fiscalité n'est pas la même. La distinction est simple, mais elle change tout pour vous : ce que vous achetez n'est pas le même objet juridique.

Rachat d'une patientèle (fonds libéral, EI / BNC)

Le cas le plus fréquent en kiné. Vous achetez un droit de présentation : droits d'enregistrement de l'art. 719 CGI (0/3/5 %). La patientèle est en principe non amortissable (régime temporaire à valider). Vous reprenez l'actif, pas les éventuelles dettes de la structure.

Rachat de parts de SEL (SELARL)

Plus rare en kiné. Vous achetez des titres de société : fiscalité de l'art. 150-0 A CGI côté vendeur, droits d'enregistrement de l'art. 726 CGI (3 % après abattement pour des parts sociales). Vous reprenez la société avec son actif ET son passif : un audit (due diligence) renforcé s'impose.

En kiné, l'exercice se fait le plus souvent en entreprise individuelle ou via une SCM (société de moyens, qui mutualise les charges sans dégager de bénéfice), rarement en SEL. Le cas central reste donc le rachat d'une patientèle en BNC. Attention à ne pas confondre la SCM (charges partagées) avec la SCI qui détient les murs du cabinet : ce sont deux outils différents.

Choisir la bonne structure avant de racheter

Le choix entre exercer en nom propre, en SELARL ou via une SCM se prépare en amont du rachat : il conditionne votre fiscalité, vos cotisations et votre responsabilité. Voyez notre guide installation en kiné : EI, SELARL ou SCM, que choisir, et pour la logique BNC contre société, BNC ou SEL : ce que vous rachetez vraiment. Si vous envisagez aussi d'acquérir les locaux, voyez racheter les murs du cabinet de kiné en SCI.
§ 11APRÈS LE RACHAT·2 MIN

Une fois installé : les réflexes patrimoniaux du repreneur

Signer l'acte, ce n'est pas la fin : c'est là que votre exposition commence. Une fois installé, le kiné repreneur a quelques réflexes patrimoniaux à mettre en place sans attendre — et un kiné gagne rarement des fortunes, alors que tout repose sur ses mains, ses épaules et son dos.

Quatre réflexes du kiné qui vient de racheter son cabinet. Le revenu modéré et la dépendance physique au geste rendent la prévoyance prioritaire.
PrioritéLe levierLe guide dédié
Protéger un revenu qui dépend du gestePrévoyance Madelin (art. 154 bis CGI) : dos, épaules, mains — le risque d'arrêt est réel et prioritairePrévoyance du libéral
Optimiser sa fiscalité dès l'installationChoix micro-BNC (seuil 83 600 € en 2026) ou réel 2035 pour déduire amortissements et chargesDéclaration 2035 du kiné
Préparer une retraite modesteAnticiper la pension CARPIMKO, souvent faible, et la compléter par un PERRetraite CARPIMKO / PER kiné
Faire travailler l'épargne dégagéePlacement de l'épargne professionnelle et réduction d'impôt maîtriséePlacement / défiscalisation kiné

Quatre réflexes du jeune installé

Quatre chantiers à ouvrir dans les douze mois

Le rachat s'inscrit dans une séquence patrimoniale

Acheter, c'est aussi s'endetter et exposer son revenu à un aléa de santé. La bonne séquence : objectiver le prix (audit, zonage), chiffrer le coût fiscal du repreneur, sécuriser le contrat et le financement, puis protéger le revenu (prévoyance) et structurer l'épargne (retraite, placements). Un bilan patrimonial sert exactement à ça : enchaîner ces étapes dans l'ordre plutôt que de les subir une par une.

Note de méthode sur les projections d'épargne et de retraite

Les économies d'impôt (amortissement, déductions Madelin et PER) et les rendements évoqués dans nos guides de placement sont des ordres de grandeur pédagogiques, dépendants de votre tranche marginale et des hypothèses retenues. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et tout placement comporte un risque de perte en capital. Aucune projection ne vaut engagement : chaque chiffre doit être recalculé sur votre situation réelle avant décision.
Méthode documentée

Construire votre projet de reprise avec un CGP indépendant

Audit indépendant : on objective le prix, on chiffre les droits et la déductibilité, on sécurise le contrat et le financement, puis on structure votre patrimoine de jeune installé (prévoyance, retraite CARPIMKO, épargne). On chiffre chaque étape avant de la déclencher.

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ACCOMPAGNEMENT

Réussir le rachat de votre cabinet de kiné avec un CGP indépendant

Cabinet pluridisciplinaire : objectivation du prix (audit zonage, récurrence, matériel, bail), droits d'enregistrement, déductibilité de la patientèle rachetée, contrat de cession, plan de financement, puis structuration patrimoniale (prévoyance, retraite CARPIMKO, placement). Une vision globale et chiffrée.

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Sources et références légales

  • Droits d'enregistrement du repreneur

    Art. 719 CGI (barème global et progressif sur la cession de fonds / clientèle : 0 % jusqu'à 23 000 €, 3 % de 23 000 à 200 000 €, 5 % au-delà). Art. 1595 et 1584 CGI (taxes additionnelles département / commune). Art. 726 CGI (cession de parts ou actions de société). Assiette : incorporel (droit de présentation), matériel et droit au bail. Doctrine : BOI-ENR-DMTOM-10-20-20, BOI-ENR-DMTOM-10-10-20, BOI-ENR-DMTOM-10-20-10.

  • Amortissement, TVA et régime fiscal du repreneur

    Art. 39, 1, 2° CGI (non-amortissabilité de principe des incorporels). Art. 39 CGI (petit matériel < 500 € HT, crédit-bail). Régime temporaire d'amortissement des fonds acquis (art. 23 de la loi 2021-1900 du 30/12/2021), prorogé par la LF 2026 (loi 2026-103 du 19/02/2026) aux fonds acquis jusqu'au 31/12/2029 — extension aux fonds libéraux par tolérance doctrinale (BOI-BNC-BASE-50), à valider avec l'expert-comptable. Art. 261, 4, 1° CGI (exonération de TVA des actes de kiné, pas de récupération). Micro-BNC : art. 102 ter CGI, réel : art. 96 CGI. Doctrine : BOI-BIC-AMT-10-20, BOI-BNC-DECLA-20-10.

  • Spécificités kiné, zonage et déontologie

    Cass. 1ré civ. 07/11/2000 n° 98-17.731 (licéité de la cession de clientèle de santé). Art. L. 1434-4 CSP (méthodologie des zones sous-denses / sur-denses). Convention nationale des masseurs-kinésithérapeutes, avenants n° 5 (2017) et n° 7 (2023) : régulation démographique et règle « un départ pour une installation » en zone non prioritaire. Art. R. 4321-51 et s. CSP (code de déontologie). Caisse de retraite du kiné : CARPIMKO. PASS 2026 : 48 060 € (arrêté du 22/12/2025).

  • Côté cédant (renvois) et prélèvements sociaux 2026

    Art. 151 septies, 238 quindecies et 151 septies A CGI (exonérations de plus-value professionnelle du cédant). Art. 150-0 A CGI (cession de titres de SEL). Art. 154 bis CGI (prévoyance et PER du libéral). LFSS 2026 (loi 2025-1403 du 30/12/2025, art. 12) : prélèvements sociaux portés à 18,6 % (CSG 10,6 % + CRDS 0,5 % + prélèvement de solidarité 7,5 %) sur la plus-value professionnelle à long terme taxable du cédant (CSS art. L. 136-6), pour les plus-values réalisées à compter du 01/01/2025 — la liste dérogatoire maintenue à 17,2 % du CSS art. L. 136-8, IV (revenus fonciers, plus-values immobilières des particuliers, assurance-vie, PEL/CEL/PEP) ne couvre pas les plus-values professionnelles. Doctrine : BOI-BIC-PVMV-40-10-10.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier, et ne se substitue pas aux règles déontologiques de la profession de masseur-kinésithérapeute. Chaque rachat de cabinet doit faire l'objet d'une étude individualisée (audit du zonage et du conventionnement, valorisation, droits d'enregistrement, déductibilité, contrat, financement). Les chiffres et taux cités sont à jour au 10 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF/LFSS annuelles, doctrine BOFiP, avenants conventionnels, jurisprudence). La fourchette de valorisation (~40-80 % des recettes) est un ordre de grandeur indicatif, non un barème : il n'existe aucun barème légal de la patientèle. L'éligibilité du régime temporaire d'amortissement aux fonds libéraux et le zonage ARS applicable doivent être confirmés au cas par cas, avec un expert-comptable et au vu de l'arrêté ARS en vigueur.

Foire aux questions

Tout sur le rachat d'un cabinet de kinésithérapeute prix, zonage, droits d'enregistrement, amortissement et contrat.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous : ce qu'on rachète vraiment, comment estimer le prix, pourquoi le zonage ARS fait la valeur, quels droits d'enregistrement, si la patientèle est déductible, comment sécuriser le contrat et financer le rachat. Réponses sourcées et à jour 2026.