Parlez à un gestionnaire de fortune indépendant
Family office, assurance-vie luxembourgeoise, private equity, structuration internationale et transmission : nous construisons une stratégie cohérente pour les patrimoines élevés, sans conflit d'intérêts.
Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet
Quentin Hagnéré
CGP indépendant spécialisé en gestion de fortune et stratégies family office
Quentin Hagnéré accompagne les familles fortunées, dirigeants et cédants sur l'allocation multi-actifs, les enveloppes premium, la structuration patrimoniale et la transmission de long terme.
Sommaire
- Introduction
- 1. 5 M€ : changer de dimension patrimoniale
- 2. La fiscalité de la liquidité : anticiper avant d'exercer
- 3. Réinvestir 5 M€ : la logique des 4 poches
- 4. Les enveloppes : PER, holding, AV lux, PEA
- 5. Trois profils de réinvestissement
- 6. Exemple chiffré : un dirigeant tech réinvestit 5 M€
- 7. Fiscalité 2026 des dispositifs et des enveloppes
- 8. Se faire accompagner par Hagnéré Patrimoine
- Sources et mentions
Publié le 23 juin 2026 · Mis à jour le 23 juin 2026 · Temps de lecture : 14 min · Par Quentin Hagnéré, CGP (conseiller en gestion de patrimoine) CIF / COA / COBSP, enregistré à l'ORIAS sous le numéro 23002291.
En 60 secondes
- Pour qui ? Cadres, dirigeants et fondateurs disposant de 5 M€ issus de stock-options, BSPCE ou actions gratuites.
- Priorité n°1 : sortir du risque mono-titre avant même de défiscaliser.
- Défiscalisation : le PER amortit l'année de forte tranche marginale ; la holding 150-0 B ter (remploi d'au moins 60 %, porté à 70 % selon la LF 2026, à confirmer) reporte la plus-value des titres portés en société.
- Outils débloqués : assurance-vie luxembourgeoise (FID/FAS) + crédit lombard, holding patrimoniale.
- Illiquide : à 5 M€, le non coté monte à 20-35 % de l'allocation (logique family office).
Avertissement
Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les informations sont à jour à la date de publication, mais la législation peut évoluer et la fiscalité dépend de votre situation individuelle. Tous les chiffres et exemples sont illustratifs et non garantis. Tout investissement comporte un risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Aucune promesse de rendement n'est formulée.
À propos de l'auteur
Quentin Hagnéré
Conseiller en Gestion de Patrimoine — fondateur de Hagnéré Patrimoine
Quentin Hagnéré et son équipe accompagnent chaque année plus de 400 clients : cadres dirigeants, fondateurs après cession, professions libérales et non-résidents. Le cabinet, basé à Chambéry, applique une méthodologie CGP conforme MIF II / DDA, avec rapport écrit opposable.
Vous venez de transformer des années de stock-options, de BSPCE ou d'actions gratuites en 5 millions d'euros de liquidités. Deux pièges vous guettent au même moment : une note fiscale lourdel'année de cession (le gain de levée s'ajoute à vos salaires, souvent à une tranche marginale de 45 %, avant même le PFU de 31,4 % sur la plus-value de cession des titres) et un réflexe de reconcentration— garder ou racheter de la tech « parce qu'on connaît ». La vraie question n'est donc pas « quel taux vais-je payer ? » mais « comment amortir l'impôt de l'année et ne jamais reproduire le risque mono-titre qui a, paradoxalement, fait ma fortune ? ».
Le plan que je vous propose tient en trois temps — (1) sortir du titre employeur, (2)défiscaliser l'année de cession (PER, éventuellement holding d'apport-cession), puis (3)bâtir une allocation 4 poches où l'illiquide atteint enfin 20 à 35 %. Le tout en accédant, à ce niveau de patrimoine, aux outils des grandes fortunes.
À 5 millions d'euros, vous franchissez un seuil. En dessous, vous optimisez une plus-value ; à ce niveau, vous accédez aux outils des grandes fortunes : l'assurance-vie luxembourgeoise, le crédit lombard, la holding d'apport-cession. La poche illiquide, anecdotique à 1 M€, devient une brique stratégique de gestion de fortune.
Cet article et son périmètre
Pour la logique d'allocation générale à ce niveau de patrimoine, consultez notre guide investir 5 000 000 € en 2026. Ici, nous nous concentrons sur ce qui est spécifique à l'origine « actionnariat salarié » : la fiscalité des stock-options, BSPCE et AGA, la défiscalisation de l'année de cession et la sortie du mono-titre. Si vous gérez 1 M€ issus du même type de titres, voyez plutôt le palier inférieur : stock-options & BSPCE, que faire de 1 million.
1. 5 M€ de stock-options, BSPCE et AGA : changer de dimension patrimoniale
À 1 million d'euros, un cadre optimise une plus-value et structure une allocation solide. À 5 millions, il change de monde : il ne raisonne plus en épargnant aisé mais en mini family office. En clair, trois ou quatre leviers jusque-là réservés aux grandes fortunes s'ouvrent enfin à lui.
- L'assurance-vie luxembourgeoise (fonds FID et FAS, architecture ouverte, triangle de sécurité, super-privilège du souscripteur) : une enveloppe institutionnelle qui loge aussi bien les ETF que les briques illiquides.
- Le crédit lombard : une avance sur nantissement du contrat qui permet de mobiliser des liquidités sans désinvestir, donc sans déclencher d'imposition.
- La holding patrimoniale et l'apport-cession (article 150-0 B ter) : un report d'imposition de la plus-value pour les titres encore portés en société avant cession.
- Une poche illiquide enfin stratégique : 20 à 35 % de l'allocation contre 10 à 15 % à 1 M€, ouvrant la porte au private equity sur plusieurs millésimes et à la dette privée.
L'essentiel — ce que 5 M€ débloque
À 1 M€, vous optimisez une plus-value avec des outils standards. À 5 M€, vous changez de catégorie : l'assurance-vie luxembourgeoise, le crédit lombard et la holding patrimoniale cessent d'être des concepts pour devenir des leviers concrets et accessibles. C'est ce saut qui justifie un guide dédié plutôt que la simple application du palier inférieur.
La bascule de 1 M€ à 5 M€
- Poche illiquide : 10-15 % à 1 M€ → 20-35 % à 5 M€ (la part grandit avec le patrimoine).
- Enveloppes : assurance-vie française → AV luxembourgeoise + crédit lombard + holding patrimoniale.
- Logique : d'une optimisation de placement à une véritable architecture de family office.
2. La fiscalité de la liquidité : anticiper avant d'exercer
La fiscalité de l'instrument se prépare avant d'exercer et de céder, pas après. Nous la traitons ici en survol : pour le détail mécanique de chaque dispositif, reportez-vous aux guides dédiés (liens en fin de section). Retenez surtout ceci : la plus-value de cession des titres, une fois acquis, est une plus-value mobilièretaxée au PFU de 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux), et non 30 %.
Stock-options, BSPCE, AGA : trois régimes, une seule stratégie
- Stock-options : le rabais excédentaire et le gain de levée (plus-value d'acquisition) sont imposés en traitements et salaires(barème de l'IR), avec CSG/CRDS et, pour les plans récents, une contribution salariale de 10 %. La plus-value de cession ultérieure des actions relève du PFU à 31,4 %.
- BSPCE : avec au moins 3 ans d'ancienneté dans la société émettrice, le gain est taxé à 31,4 %(12,8 % + 18,6 % de PS) ; en deçà de 3 ans, à un taux forfaitaire majoré de 30 % + 18,6 % de PS. Pour les bons attribués depuis 2025, on distingue un gain à caractère salarial d'un gain de cession.
- AGA (actions gratuites) : le gain d'acquisition bénéficie d'un abattement de 50 % jusqu'à 300 000 € (article 80 quaterdecies), le solde restant au barème, avec PS de 18,6 % ; au-delà de 300 000 €, le barème s'applique sans abattement et une contribution salariale de 10 % frappe la fraction excédentaire. La plus-value de cession est ensuite au PFU 31,4 %.
| Dispositif | Gain d'acquisition / de levée | Plus-value de cession des titres |
|---|---|---|
| Stock-options | Salaires (barème IR) + CSG/CRDS + contribution salariale 10 % | PFU 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS) |
| BSPCE (≥ 3 ans) | 31,4 % (12,8 % + 18,6 % PS) ; < 3 ans : 30 % majoré + 18,6 % PS | PFU 31,4 % (gain de cession, bons post-2025) |
| AGA | Barème IR après abattement 50 % jusqu'à 300 k€ + PS 18,6 % | PFU 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS) |
Mini-cas : pourquoi l'enveloppe compte
100 000 € de plus-value de cession d'actions issues de stock-options, détenues hors enveloppe, supportent le PFU à 31,4 %, soit 31 400 € (12,8 % d'IR + 18,6 % de PS), car il s'agit d'une plus-value mobilière. Les mêmes 100 000 € de plus-value latente, logés puis arbitrés dans une assurance-vie, ne supportent que 17,2 % de prélèvements sociaux au dénouement, et bénéficient de l'abattement après 8 ans. L'enveloppe ne change pas la nature du gain initial, mais elle transforme la fiscalité des arbitrages et de la sortie. Illustratif, non garanti.
Dernier point d'attention : la loi de finances 2026 réforme le régime des management packages (article 163 bis H) et encadre la part salariale de certains gains. Le détail des seuils et multiples doit être validé au cas par cas. Pour approfondir chaque régime, voyez nos guides dédiés : fiscalité des stock-options 2026, le comparatif BSPCE / AGA / stock-options, la fiscalité des actions gratuites et la plus-value mobilière 2026.
Sortir du risque mono-titre : la priorité absolue
Avant toute optimisation fiscale, une décision prime : diversifier définitivement loin du titre employeur. Le biais classique consiste à reconcentrer dans la tech ou à conserver ses actions de l'ancien employeur « parce qu'on y croit ». C'est un risque idiosyncratique non rémunéré : si le titre décroche, c'est une part majeure du patrimoine qui s'évapore, comme l'ont vécu nombre de salariés de sociétés cotées en forte chute.
La règle de cabinet est nette : on purge la position, on diversifie, puis on défiscalise. Si une conviction subsiste, on ne conserve qu'une fraction résiduelle et marginale, que l'on réduit progressivement. La défiscalisation ne doit jamais servir de prétexte à immobiliser un risque concentré.
Le piège de la reconcentration
« Je connais le secteur, je garde mes titres » : c'est le raisonnement qui a déjà coûté des fortunes. La compétence dans un métier ne réduit pas le risque spécifique d'une seule action. Diversifier n'est pas un aveu de doute sur votre ancien employeur — c'est de la gestion du risque.
3. Réinvestir 5 M€ : la logique des 4 poches à l'échelle supérieure
Notre méthode repose sur quatre poches qui se répondent. À 5 millions, la poche Illiquide grossit nettement (20-35 %) : c'est l'une des marques de la bascule en family office. Tout converge vers une trésorerie centrale qui distribue le cash et nourrit les arbitrages.
Poche Sécurité : un socle de tranquillité conséquent
Fonds euros (≈ 2,6 % net illustratif) et obligations datées à coupons connus, logés en assurance-vie luxembourgeoise (FID/FAS) et en PER. Cette poche joue aussi un rôle d'amortisseur fiscal : les versements PER de l'année de cession réduisent l'impôt du foyer à la tranche la plus haute.
Poche Revenu : structurer des flux réguliers
SCPI européennes (≈ 4,7-4,9 % illustratif), nue-propriété de SCPI (qui sort temporairement de l'assiette IFI), produits structurés à coupon à protection partielle et infrastructure distributive. Les revenus fonciers de SCPI supportent 17,2 % de prélèvements sociaux.
Poche Croissance : capitaliser sur le long terme
ETF actions monde (MSCI World, S&P 500), dans l'ordre d'enveloppes le plus efficient : PEA (exonéré d'IR après 5 ans, PS 18,6 % à la sortie), puis assurance-vie, puis compte-titres. C'est la diversification mondiale à l'exact opposé de l'ancienne concentration mono-titre.
Poche Illiquide : à 5 M€, le non coté devient stratégique
Private equity (≈ 11 % par an net moyen illustratif, avec une forte dispersion), sur plusieurs millésimes, dette privée, infrastructure et nue-propriété de SCPI, logés en AV luxembourgeoise. Le cadre tech connaît souvent cet univers : l'enjeu est de le diversifier (millésimes, secteurs, gérants) pour ne pas reproduire un risque concentré. Pour vivre des flux générés à terme, voyez aussi notre guide pour devenir rentier.
La poche illiquide grandit avec le patrimoine
- ≈ 1 M€ : 10-15 % d'illiquide.
- ≈ 5 M€ : 20-25 % (jusqu'à 35 % pour un profil dynamique).
- 10 M€ et plus : 30-40 % (logique pleine de family office).
L'essentiel — pourquoi 4 poches plutôt qu'un fonds unique
Chaque poche répond à un besoin distinct : la Sécuritéfinance le train de vie et amortit l'impôt, le Revenu produit des flux réguliers, la Croissancecapitalise sur le long terme et l'Illiquideva chercher la surperformance. Découpler ces objectifs, c'est précisément ce qui vous éloigne du risque mono-titre : vous ne dépendez plus d'une seule ligne, mais d'une architecture qui combine des moteurs décorrélés.
Structurer vos 4 poches à 5 M€
Un conseiller certifié construit avec vous une allocation 4 poches adaptée à l'origine de vos titres et à votre fiscalité, avec rapport écrit.
4. Les enveloppes : PER, holding, AV luxembourgeoise, PEA
Les classes d'actifs décident de ce dans quoi vous êtes investi ; les enveloppes, elles, décident de ce que le fisc vous prend. Quatre d'entre elles sont déterminantes l'année d'une grosse liquidité d'actionnariat salarié.
Le PER (plan d'épargne retraite) est l'amortisseur fiscal de l'année de forte tranche : les versements sont déductibles du revenu imposable (article 163 quatervicies). Le plafond annuel de droit commun avoisine 37 680 € (10 % des revenus professionnels 2025, dans la limite de 8 PASS), avec un plancher de 4 710 € pour un salarié ; surtout, vous pouvez cumuler les plafonds non utilisés des années antérieures (report de 3 ans pour les plafonds 2025 ; report porté à 5 ans pour les plafonds générés à partir de 2026, loi de finances 2026) et mutualiser entre conjoints, ce qui autorise des versements bien supérieurs. Les gains sont soumis à 18,6 % de PS à la sortie. Le PASS 2026 s'établit à 48 060 €.
Le PEAexonère d'impôt sur le revenu après 5 ans (PS 18,6 % à la sortie), dans la limite de 150 000 € de versements : c'est l'enveloppe naturelle de la poche Croissance en actions.
Économie d'impôt d'un versement PER (illustratif)
Économie d'IR ≈ Versement × Taux marginal d'imposition
- Versement :70 000 €
- TMI :45 %
- Économie d'IR :≈ 31 500 €
Suppose un plafond suffisant (plafonds reportables + mutualisation). Illustratif, non garanti.
L'AV luxembourgeoise et le crédit lombard à partir de 5 M€
L'assurance-vie luxembourgeoise applique la fiscalité française à l'identique (neutralité fiscale, aucun avantage de barème). Ce qui change, c'est la structure: triangle de sécurité, super-privilège du souscripteur, architecture ouverte (FID/FAS) et multidevises. Côté fiscalité : abattement de 4 600 / 9 200 € après 8 ans, puis 7,5 % jusqu'à 150 000 € de primes (puis 12,8 %), avec PS à 17,2 %. En transmission, elle relève des articles 990 I et 757 B ; en IFI, sa fraction immobilière est taxable (article 972).
Le crédit lombardest une avance sur nantissement du contrat. Il permet d'investir ou de consommer sans désinvestir, et ne déclenche aucune impositionpuisqu'il ne s'agit pas d'un rachat. Utilisé avec mesure, il donne un levier intéressant ; tiré trop fort, il vous expose à un appel de marge si les actifs nantis baissent. La règle : ne jamais emprunter au point de ne plus pouvoir encaisser une chute de 20 à 30 % du contrat.
La holding d'apport-cession pour reporter l'imposition
Le mécanisme de l'apport-cession (article 150-0 B ter) consiste à apporter ses titres à une holding patrimoniale soumise à l'IS et contrôlée, avantla cession : la plus-value est placée en report d'imposition. Si la holding cède les titres dans les 3 ans, l'obligation de remploi se déclenche : au moins 70 % du produit de cession (seuil relevé de 60 % par la LF 2026, pour les cessions à compter du 21 février 2026), réinvesti dans les 3 ans dans une activité éligible, avec conservation des actifs pendant 5 ans. Les activités de marchand de biens, de construction-vente ou de simple gestion locative sont exclues du remploi éligible.
Nuance importante pour ce profil : l'apport-cession est pertinent surtout pour des titres encore portés en société ou non encore cédés. Pour des actions déjà liquidées, le levier principal reste le PER et le choix des enveloppes. Pour aller plus loin : céder son entreprise en optimisant la fiscalité, placer la trésorerie d'entreprise et notre pilier apport-cession.
5. Trois profils de réinvestissement différenciés
Aucune répartition de 5 millions n'est universelle : la vôtre dépend de votre âge, de vos revenus à côté et de ce que vous comptez faire de ce capital (rente, transmission, réinvestir). Nous raisonnons à partir de trois profils — prudent, équilibré, dynamique. Ce qui les sépare tient en deux lignes : le poids de la poche Croissance et celui de la poche Illiquide. Prenez celui qui colle le mieux à votre tolérance aux à-coups de marché et à votre horizon : c'est un point de départ, pas une grille figée. Les chiffres ci-dessous sont illustratifs et non garantis.
| Poche | Prudent (~3 % net) | Équilibré (~5 % net) | Dynamique (~7 %+ net) |
|---|---|---|---|
| Sécurité | 48 % — 2,4 M€ | 30 % — 1,5 M€ | 12 % — 600 k€ |
| Revenu | 27 % — 1,35 M€ | 25 % — 1,25 M€ | 13 % — 650 k€ |
| Croissance | 15 % — 750 k€ | 25 % — 1,25 M€ | 40 % — 2 M€ |
| Illiquide | 10 % — 500 k€ | 20 % — 1 M€ | 35 % — 1,75 M€ |
Profil prudent (~3 % net/an)
Le cadre prudent veut sécuriser une vie entière tout en visant 3 % net. La poche Sécurité atteint 48 % (2,4 M€) en fonds euros et obligations datées, logés en AV luxembourgeoise (FID/FAS) et PER — le PER amortit l'année à forte imposition liée à l'exercice. La poche Revenu pèse 27 % (1,35 M€) en SCPI européennes et structures à coupon à protection partielle. La poche Croissance est à 15 % (750 k€) via des ETF actions monde (MSCI World) en PEA puis assurance-vie. La poche Illiquide reste à 10 % (500 k€) en private equity, infrastructure et nue-propriété de SCPI. Avec le temps, on échelonne les échéances obligataires, on purge le résiduel d'actions employeur et on renforce la poche Revenu pour préparer une éventuelle rente, en préservant le capital.
Profil équilibré (~5 % net/an)
Le cadre équilibré vise 5 % net en optimisant sa fiscalité. La poche Sécurité est à 30 % (1,5 M€) en fonds euros et obligations datées, en AV luxembourgeoise et PER (déduction sur les tranches hautes). La poche Revenu atteint 25 % (1,25 M€) en SCPI européennes et structures à coupon, flux réinvestis. La poche Croissance monte à 25 % (1,25 M€) via des ETF actions monde (MSCI World, S&P 500) en PEA puis compte-titres. La poche Illiquide pèse 20 % (1 M€) : private equity sur plusieurs millésimes, dette privée, infrastructure et nue-propriété de SCPI. L'AV luxembourgeoise loge les briques illiquides et ouvre un crédit lombard ; une holding d'apport-cession structure les titres apportés avant cession. Avec le temps, on recycle les distributions du non coté vers de nouveaux millésimes et on arbitre la poche actions.
Profil dynamique (~7 %+ net/an)
Le cadre dynamique, jeune et entrepreneur dans l'âme, vise 7 % net et plus. La poche Sécurité tombe à 12 % (600 k€) en fonds euros, obligations datées et PER — réserve de munitions et amortisseur fiscal. La poche Revenu reste à 13 % (650 k€) en SCPI européennes et structures à coupon pour lisser la volatilité. La poche Croissance devient le cœur, à 40 % (2 M€) : ETF actions monde (MSCI World, S&P 500) en PEA et compte-titres, plus de l'or comme diversifiant et couverture. La poche Illiquide atteint 35 % (1,75 M€) : private equity très diversifié sur plusieurs millésimes et secteurs, dette privée et infrastructure. On réinvestit dans l'univers non coté que l'on connaît, mais en le diversifiant pour ne pas reproduire un risque concentré. L'AV luxembourgeoise et le crédit lombard permettent un effet de levier maîtrisé. Avec le temps, on sécurise progressivement les plus-values vers la poche Revenu.
Prudent — pour qui ?
Cadre qui veut sécuriser une vie entière, lisser les revenus et préserver le capital, avec un objectif d'environ 3 % net.
Équilibré — pour qui ?
Cadre qui combine défiscalisation et croissance, recycle le non coté et vise environ 5 % net sur le long terme.
Dynamique — pour qui ?
Cadre jeune et entrepreneur, à l'aise avec le non coté très diversifié et un cœur actions, visant 7 % net et plus.
6. Exemple chiffré : un dirigeant tech réinvestit 5 M€
Hypothèses explicites
Cas illustratif et non garanti, avec risque de perte en capital. Les rendements retenus sont des moyennes de marché de référence 2026, jamais des promesses.
Julien, 43 ans, dirigeant tech, cède pour 5 M€ de stock-options et d'actions gratuites. Il choisit un profil équilibré et répartit ainsi : 1,5 M€ en Sécurité (dont PER), 1,25 M€ en SCPI et structures, 1,25 M€ en ETF monde, 1 M€ en non coté et infrastructure.
L'année de cession, il verse 70 000 € sur son PER. À une tranche marginale de 45 %, l'économie d'IR atteint environ 31 500 € (70 000 × 45 %). Point clé : ce versement de 70 000 € n'est possible qu'en cumulant les plafonds reportables des années antérieures (report de 3 ans pour les plafonds 2025, porté à 5 ans pour ceux générés à partir de 2026 par la LF 2026) et/ou en mutualisant avec son conjoint — le plafond annuel de droit commun (≈ 37 680 €) ne suffit pas seul.
Projection illustrative à 5 % net sur 5 ans
Capital final = 5 000 000 × (1 + 5 %)^5 ≈ 6 381 000 €
- Capital initial :5 000 000 €
- Rendement net annuel :5 % (illustratif)
- Horizon :5 ans
- Capital projeté :≈ 6,4 M€
Projection arithmétique simple, hors aléas de marché. Non garantie, risque de perte en capital.
Note de méthode sur la projection
Le chiffre de ≈ 6,4 M€ découle d'une capitalisation arithmétique à un taux net constantde 5 %. Dans la vraie vie, le rendement n'arrive pas à taux constant : il dépend du profil choisi, de l'horizon et surtout de l'ordre dans lequel les bonnes et les mauvaises années tombent (deux baisses en début de période ne laissent pas le même capital que deux baisses à la fin). Un profil prudent viserait plutôt 3 % net, un profil dynamique 7 % et plus, avec une volatilité supérieure. Ces fourchettes sont des ordres de grandeur illustratifs, jamais des engagements : le capital peut aussi baisser.
Ce que le PER ne fait pas
Le versement PER réduit l'impôt sur le revenu du foyer, mais il ne réduit pas le PFU de 31,4 % qui frappe la plus-value de cession des titres elle-même (plus-value mobilière hors enveloppe). Les deux leviers sont complémentaires mais distincts : le PER agit sur le revenu imposable au barème, pas sur la PV soumise au prélèvement forfaitaire.
7. Fiscalité 2026 des dispositifs et des enveloppes
| Dispositif / Enveloppe | Fiscalité 2026 | Point clé |
|---|---|---|
| PV mobilière (titres SO/BSPCE/AGA) | PFU 31,4 % (12,8 % + 18,6 % PS) hors enveloppe | Abattement 500 k€ dirigeant partant en retraite (150-0 D ter), sous conditions |
| BSPCE | ≥ 3 ans : 31,4 % ; < 3 ans : 30 % majoré + 18,6 % PS | Ancienneté dans la société émettrice déterminante |
| AGA (gain d'acquisition) | Barème + abattement 50 % jusqu'à 300 k€ + PS 18,6 % | Au-delà de 300 k€ : barème sans abattement + contribution salariale 10 % |
| PER | Déductible ; PS 18,6 % sur les gains à la sortie | Plafond ≈ 37 680 € + report (3 ans plafonds 2025 / 5 ans dès 2026, LF 2026) + mutualisation conjoints |
| Apport-cession 150-0 B ter | Report d'imposition de la plus-value | Remploi 70 % / 3 ans / conservation 5 ans (cessions ≥ 21/02/2026) |
| Assurance-vie (et AV lux) | Après 8 ans : abatt. 4 600/9 200 €, 7,5 %/12,8 % + PS 17,2 % | Succession 990 I / 757 B ; IFI sur fraction immobilière (972) |
| PEA | IR exonéré après 5 ans, PS 18,6 % à la sortie | Plafond 150 000 € de versements |
| Crédit lombard | Aucune imposition (ce n'est pas un rachat) | Avance sur nantissement, effet de levier maîtrisé |
| IFI | Seuil 1,3 M€ de patrimoine immobilier net | Nue-propriété hors assiette ; AV lux taxable sur fraction immo |
| CEHR / CDHR | CEHR 3 %/4 % au-delà de 250 k/500 k de RFR ; CDHR plancher ~20 % du RFR | PS exclus du numérateur de la CDHR ; vigilance l'année de cession |
Garde-fou : la dualité des prélèvements sociaux 2026
Depuis la LFSS 2026, deux taux coexistent. 17,2 % sur l'assurance-vie, le contrat de capitalisation, les revenus fonciers, les plus-values immobilières et le PEL. 18,6 % (CSG +1,4 point) sur les dividendes, les intérêts, les plus-values mobilières, le PEA, le PER et les crypto-actifs. Conséquence directe : le PFU vaut 30 % sur l'assurance-vie mais 31,4 % sur les plus-values mobilières hors AV/PEA. Ne jamais appliquer un taux unique : vérifiez la nature du revenu. Pensez aussi à votre exposition à l'IFI selon la part immobilière de votre patrimoine.
8. Se faire accompagner par Hagnéré Patrimoine
À 5 millions, vous ne placez plus une épargne : vous structurez un patrimoine. Hagnéré Patrimoinecale votre défiscalisation (PER, holding 150-0 B ter), votre allocation 4 poches et le choix des enveloppes (AV luxembourgeoise, crédit lombard, PEA) à partir de l'origine exacte de vos titres.
Le cabinet, basé à Chambéry (73000), est enregistré à l'ORIAS sous le numéro 23002291 (CIF, COA, COBSP), adhérent CNCEF Patrimoine, et noté 4,7/5 sur Trustpilot (26 avis). Nous travaillons sur la base d'une lettre de mission et d'un rapport écrit opposable. Échangez directement avec Quentin Hagnéré.
Structurez votre défiscalisation et votre allocation
Vous venez de céder des stock-options, BSPCE ou AGA ? Réservez un entretien : nous bâtissons votre stratégie de défiscalisation et votre allocation 4 poches, AV luxembourgeoise et crédit lombard compris.
Sources et mentions
Sources principales : impots.gouv.fr (stock-options, BSPCE, actions gratuites) ; service-public.fr (PER, PEA) ; Légifrance — CGI articles 150-0 B ter, 150-0 D ter, 125-0 A, 990 I, 757 B, 972, 223 sexies, 224 ; LOI n° 2026-103 du 19 février 2026 (loi de finances 2026, remploi 70 %) ; LOI n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 (LFSS 2026, prélèvements sociaux) ; BOFiP (plus-values mobilières et prélèvements sociaux).
Avertissement réglementaire (CIF). Cet article est informatif et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé (article L. 533-13 du Code monétaire et financier). Tous les chiffres, allocations et exemples sont illustratifs et non garantis, et comportent un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Aucun nom de fonds, de société de gestion ou d'ISIN n'est cité : nous raisonnons en classes d'actifs et en enveloppes. La fiscalité dépend de votre situation et est susceptible d'évoluer. Hagnéré Patrimoine — ORIAS 23002291 — Chambéry (73000) — backoffice@hagnere-patrimoine.fr.

