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Assurance vie luxembourgeoise pour family office : la brique assurantielle institutionnelle du patrimoine familial

Vous pilotez un patrimoine familial de plusieurs millions à plusieurs dizaines de millions d'euros, en single ou multi family office. L'assurance vie luxembourgeoise n'y est pas un produit de plus : c'est l'enveloppe de référence pour la poche financière liquide et semi-liquide. Ce guide explique pourquoi — super-privilège sans plafond, architecture ouverte, multi-compagnies, gouvernance et transmission — et, en toute honnêteté, ce que sa fiscalité ne change pas pour un résident français.

structurestructure, pas barème
art. 118super-privilège sans plafond
cat. C/Darchitecture ouverte (PE, non coté)
990 Igouvernance & transmission
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Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet

Clément Chatelain

CGP indépendant spécialisé en gestion de fortune et stratégies family office

Clément Chatelain accompagne les familles fortunées, dirigeants et cédants sur l'allocation multi-actifs, les enveloppes premium, la structuration patrimoniale et la transmission de long terme.

Gestion de fortuneCIFCabinet indépendant

Un family office ne cherche pas un placement : il cherche une architecture. Quand un patrimoine familial atteint plusieurs millions, voire plusieurs dizaines de millions d'euros, la vraie question n'est plus « quel rendement ? » mais « où loger institutionnellement la poche financière liquide, comment la gouverner sur deux ou trois générations, et comment la transmettre ? ». Prenons un cas parlant : une famille qui détient 10 M€ d'actifs financiers n'est, en France, garantie qu'à hauteur de 70 000 € par le FGAP en cas de défaillance de son assureur ; au Luxembourg, le super-privilège joue sans plafond. C'est précisément là que l'assurance vie luxembourgeoise intervient — à condition de la comprendre pour ce qu'elle est (une structure), et non pour le mythe fiscal que le marché lui prête trop souvent.

Je suis Quentin Hagnéré, fondateur de Hagnéré Patrimoine (cabinet CIF, ORIAS 23002291). Cette page traite le cadre de gouvernance propre au family office : les fondamentaux de l'AVL sont, eux, détaillés dans nos personas piliers profession libérale et chef d'entreprise. Pour la définition complète d'un single vs multi family office, ses services et ses seuils, voyez notre dossier family office et la page gestion de fortune. Quand le capital familial provient d'une vente d'entreprise récente, l'angle dédié est traité dans AVL après cession d'entreprise. Pour l'approche par palier de montant et l'allocation au-delà de 10 M€, voyez assurance vie luxembourgeoise à 10 millions d'euros.

La réponse en 40 secondes

Pour un family office, l'assurance vie luxembourgeoise est l'enveloppe institutionnelle de la poche financière liquide et semi-liquide, à côté de l'immobilier, du non coté direct et de la holding. Sa valeur est 100 % structurelle : super-privilège sans plafond, architecture ouverte (private equity, dette privée, métaux précieux) en catégorie C ou D, FID multi-gérants, multidevises, multi-compagnies pour diversifier le risque de contrepartie, et une clause bénéficiaire sur mesure au service de la transmission multi-générationnelle. Pour un résident fiscal français, la fiscalité est strictement identique à une assurance vie française : jamais un avantage de barème.

Avertissement

Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier, ni un conseil fiscal. Les montants de frais, de ticket d'entrée et d'allocation cités sont des ordres de grandeur de marché, variables et sur devis. Tout placement comporte un risque de perte en capital. Pour une analyse adaptée à la gouvernance de votre famille, sollicitez un bilan patrimonial.

Un family office, et la place de l'assurance vie luxembourgeoise

Un family office est la structure qui centralise et professionnalise la gestion du patrimoine d'une famille fortunée : allocation d'actifs, gouvernance, transmission, philanthropie, coordination des conseils (juristes, fiscalistes, banquiers, gérants). On distingue le single family office (SFO), dédié à une seule famille, du multi family office (MFO), qui mutualise ces services entre plusieurs familles. C'est tout : pour les seuils de pertinence, les coûts et le catalogue de services, nous renvoyons à notre dossier family office et à la page gestion de fortune — ce n'est pas l'objet ici.

Dans cette architecture, l'assurance vie luxembourgeoise n'est pas un produit isolé : c'est la brique assurantielle de la poche financière liquide et semi-liquide. Le family office y loge ce qui n'est ni de l'immobilier détenu en direct, ni du non coté détenu via une holding opérationnelle, ni de la trésorerie d'exploitation : les portefeuilles titres, les fonds, une part de private equity et de dette privée, les liquidités stratégiques. L'enveloppe apporte à cette poche un cadre juridique de protection, un univers d'investissement élargi et un vecteur de transmission.

Le bon niveau de lecture

Cette page traite le cadre de gouvernance du family office : qui souscrit, qui décide, comment on articule famille et holding, comment on répartit et on transmet. Le « combien » (à partir de quel patrimoine, allocation cible) relève de l'approche par palier : 10 millions d'euros et montant minimum. La définition exhaustive du family office relève, elle, du dossier family office.

Pourquoi l'AVL est une brique naturelle (la structure, pas le barème)

Si l'assurance vie luxembourgeoise s'impose dans la plupart des family offices, c'est pour des raisons de structure — jamais de fiscalité. Les principales :

  • Le super-privilège sans plafond : le preneur est créancier de premier rang, sans aucun plafond, sur les actifs cantonnés en cas de défaillance de l'assureur (art. 118 de la loi luxembourgeoise du 7 décembre 2015). La France, elle, plafonne la garantie FGAP à 70 000 € par assuré et par compagnie.
  • L'architecture ouverte (catégories C et D) : accès au private equity, à la dette privée, au non coté et aux métaux précieux — l'univers d'un mandat de gestion de fortune dans une enveloppe assurantielle.
  • Les fonds dédiés (FID multi-gérants, FAS, FIC) : plusieurs mandats, gérants et poches peuvent coexister au sein d'un même contrat.
  • Le multidevises (EUR, USD, CHF, GBP…) : cohérent avec un patrimoine et des membres de famille internationaux.
  • La portabilité internationale : par neutralité fiscale luxembourgeoise, le contrat « suit » la résidence fiscale de son titulaire.

Un point que nous répétons à chaque client : aucun de ces atouts n'est fiscal. Pour un résident fiscal français, la fiscalité d'une AVL est strictement identique à celle d'une assurance vie française. Le détail figure dans notre guide fiscalité de l'assurance vie luxembourgeoise.

Neutralité fiscale : ce que le Luxembourg ne change pas pour un résident FR

Le Grand-Duché pratique la neutralité fiscale : il ne taxe pas le non-résident, après quoi c'est la fiscalité française qui s'applique à l'identique. Même imposition des rachats (art. 125-0 A, PFU de 30 %, ou 24,7 % après 8 ans sous 150 000 € de primes), mêmes prélèvements sociaux de 17,2 % maintenus en 2026 sur l'assurance vie, mêmes abattements de 4 600 € (seul) ou 9 200 € (couple) après 8 ans, mêmes règles de transmission (990 I avant 70 ans, 757 B après 70 ans). Faute de convention successorale France-Luxembourg, c'est le droit interne français qui s'applique, avec crédit d'impôt de l'art. 784 A. Aucun avantage de barème : la valeur est structurelle. Voyez le super-privilège, l' architecture ouverte, les FID / FAS / FIC et le multidevises.

Personne physique vs personne morale : AVL pour la famille, capitalisation pour la holding

C'est la distinction que l'on nous demande le plus de clarifier en rendez-vous family office — et la première source d'erreur quand elle est négligée. L'assurance vie est réservée aux personnes physiques : ce sont les membres de la famille qui souscrivent, à titre personnel. La holding patrimoniale ou la société qui structure le family office est une personne morale : par nature, elle ne peut pas détenir d'assurance vie.

Pour la trésorerie durablement excédentaire d'une telle structure, l'outil n'est pas l'assurance vie mais le contrat de capitalisation luxembourgeois (art. 238 septies E du CGI), qui permet à une personne morale de capitaliser dans une enveloppe assurantielle. Le régime successoral n'est alors pas le même : le contrat de capitalisation suit les droits de mutation à titre gratuit de droit commun (pas le 990 I/757 B), tout en conservant son antériorité fiscale. Nous développons cette mécanique dans nos guides chef d'entreprise et contrat de capitalisation luxembourgeois démembré — inutile de la dupliquer ici. Reste la question propre aux organisations qui comptent plusieurs sociétés : peuvent-elles regrouper leurs trésoreries dans une même poche ? Nous y répondons dans notre guide capi luxembourgeois et family office.

Deux briques, deux régimes (à titre indicatif, à valider sur votre situation)
BriqueQui souscritRégime de transmissionPour aller plus loin
AV luxembourgeoisePersonnes physiques (membres de la famille)990 I / 757 B (assurance vie)Clause démembrée
Contrat de capitalisation luxHolding / société du family office (PM)DMTG de droit commun (238 septies E)Chef d'entreprise / capi démembré

L'AVL ne fait pas échapper à l'IFI

Ni l'assurance vie ni le contrat de capitalisation ne soustraient le patrimoine à l'impôt sur la fortune immobilière : la fraction représentative d'actifs immobiliers logés en unités de compte (SCPI, OPCI, parts de SCI) reste dans l'assiette IFI (art. 972 du CGI). Une structuration luxembourgeoise ne change rien à ce point ; voyez notre guide assurance vie luxembourgeoise et IFI.

Architecture ouverte : private equity et actifs privés (catégories CAA C et D)

C'est souvent le point qui décide un family office : la profondeur de l'univers d'investissement accessible. L'accès aux classes d'actifs dépend des catégories de fortune du Commissariat aux Assurances (CAA), fixées par deux conditions cumulatives (prime versée et fortune mobilière). Le persona UHNW relève typiquement de la catégorie D (toutes classes d'actifs et métaux précieux), parfois de la catégorie C qui ouvre déjà le non coté, le private equity et la dette privée.

Catégories CAA pertinentes pour un family office (résumé — détail complet dans le guide dédié)
CatégoriePrime versée / fortune mobilièreCe que ça ouvre
B250 000 € / 500 000 €Rappel garde-fou : B = 500 000 € de fortune (pas 250 000 €)
C250 000 € / 1 250 000 €Non coté, private equity, dette privée
D1 000 000 € / 2 500 000 €Toutes classes d'actifs + métaux précieux

Le tableau complet des catégories N/A/B/C/D figure dans notre guide architecture ouverte de l'assurance vie luxembourgeoise. Côté gestion, un family office combine en pratique plusieurs briques au sein de ses contrats : des FID multi-gérants (un mandat par stratégie ou par gérant, sous délégation), des FAS pour loger des titres en direct ou du non coté piloté par le family officer ou son conseiller, et un FIC mutualisé en socle. Le détail de ces trois véhicules est exposé dans notre guide FID, FAS et FIC ; pour la construction de portefeuille et le pilotage, voyez allocation d'actifs et gestion sous mandat.

Garde-fou : l'allocation au private equity n'est pas une règle réglementaire

La part d'actifs privés (private equity, dette privée, non coté) dans un contrat de family office se calibre selon la liquidité souhaitée, l'horizon et les ratios de dispersion exigés par l'assureur. Toute proportion citée (par exemple « de l'ordre des deux tiers ») est une pratique de marché indicative [à vérifier], propre à chaque dossier et négociée sur devis — pas un pourcentage réglementaire. Ne raisonnez jamais avec un chiffre d'allocation présenté comme « officiel ».

Multi-contrats, multi-compagnies : diversifier le risque de contrepartie

Le triangle de sécurité luxembourgeois protège déjà chaque contrat : le Commissariat aux Assurances supervise, la banque dépositaire cantonne les actifs hors du bilan de l'assureur, et le super-privilège place le preneur au premier rang, sans plafond (art. 118 de la loi du 7 décembre 2015). À cela s'ajoutent Solvabilité II et l'absence d'équivalent à la loi Sapin 2. Détails dans nos guides triangle de sécurité et super-privilège.

Un family office ne s'arrête pas là. Là où un particulier place tout chez un seul assureur, lui institutionnalise la diversification du risque de contrepartie en répartissant le patrimoine financier sur plusieurs compagnies luxembourgeoises solides et bien notées, avec souvent un contrat par branche ou par génération : même si le super-privilège protège chaque contrat, personne ne veut être 100 % exposé à un seul bilan. Deux effets en un : on dilue la dépendance à un assureur unique, et on cloisonne la gouvernance — un contrat par branche, donc une clause bénéficiaire qui ne mélange pas les lignées.

Sécurité du capital ≠ disponibilité immédiate

La liquidation de FWU Life Insurance Lux S.A., prononcée le 31 janvier 2025 par le Tribunal d'arrondissement de Luxembourg à la demande du Commissariat aux Assurances (non-respect des exigences de solvabilité), illustre la nuance : le triangle de sécurité protège le capital cantonné, mais pendant une procédure, rachats et avances peuvent être gelés (chez FWU : gel depuis le 23 juillet 2024, déclarations de créances jusqu'au 31 janvier 2028). La bonne réponse d'un family office n'est pas d'éviter le Luxembourg, mais de choisir des compagnies de premier plan et de répartir. Voyez faillite d'un assureur luxembourgeois et protection Luxembourg vs France.

Gouvernance familiale et transmission multi-générationnelle

Concrètement, c'est le family officer qui tient le fil : il fait coïncider les contrats d'assurance vie avec la charte familiale, le pacte d'associés et le calendrier de donations. Le montage qu'on voit le plus souvent : un contrat par branche ou par génération, avec une clause bénéficiaire sur mesure, le cas échéant démembrée (usufruit au conjoint, nue-propriété aux enfants) ou rédigée par souche pour préserver l'équité entre lignées. La rédaction de ces clauses est un sujet à part entière : voyez notre guide démembrement de la clause bénéficiaire.

Sur le terrain fiscal, le levier est identique à la France (pas de convention successorale France-Luxembourg → droit interne) :

  • Primes versées avant 70 ans (art. 990 I) : abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis 20 % jusqu'à 700 000 € de part taxable par bénéficiaire (soit environ 852 500 € de capital reçu, l'abattement de 152 500 € s'imputant d'abord) et 31,25 % au-delà. Conjoint et partenaire de PACS exonérés (art. 796-0 bis).
  • Primes versées après 70 ans (art. 757 B) : abattement global de 30 500 €, et seules les primes (pas les gains) sont soumises aux droits de succession.

Le mécanisme complet est exposé dans nos guides article 990 I et article 757 B.

La règle d'or du family office : multiplier bénéficiaires et assurés, pas les contrats

L'abattement de l'art. 990 I se calcule par couple bénéficiaire / assuré. Pour le démultiplier, un family office structure la transmission en désignant plusieurs bénéficiaires (enfants et petits-enfants) et en s'appuyant sur plusieurs assurés (les deux parents), plutôt qu'en empilant des contrats pour un même couple bénéficiaire/assuré. Ce levier est identique à une assurance vie française : ce n'est pas un avantage luxembourgeois (voir le cas chiffré n°1 ci-dessous).

Family office international : membres expatriés et portabilité

Beaucoup de familles fortunées ont des membres répartis sur plusieurs pays. C'est l'un des terrains où l'assurance vie luxembourgeoise est la plus pertinente, grâce à sa portabilité : par neutralité fiscale luxembourgeoise (le Grand-Duché ne taxe ni les revenus, ni les rachats, ni les capitaux décès d'un non-résident), c'est la fiscalité du pays de résidence du titulaire qui s'applique. Le contrat « suit » la résidence : un membre de la famille qui s'expatrie n'a pas à clôturer ni à reconstituer son enveloppe.

Le traitement détaillé pays par pays (Portugal, Espagne, Suisse, Dubaï, Monaco…) sort du cadre de cette page : nous le couvrons dans notre guide assurance vie luxembourgeoise et expatriation et ses pages pays. Pour un family office international, on raisonne membre par membre : chacun selon sa résidence fiscale propre, sans présumer du moindre avantage de barème côté luxembourgeois.

Aller plus loin : portabilité et multidevises

La portabilité va de pair avec le multidevises (EUR, USD, CHF, GBP…), précieux pour une famille dont les revenus, les actifs ou les bénéficiaires ne sont pas tous en zone euro : voyez notre guide assurance vie luxembourgeoise multidevises. Pour l'effet d'un changement de résidence sur un contrat existant et le cas du retour en France, partez de AVL et expatriation. Attention toutefois : certaines résidences (États-Unis, notamment) imposent des contraintes lourdes propres à leur droit interne — la portabilité n'est jamais inconditionnelle.

À partir de quel patrimoine, et comment mettre en place

Il n'y a pas de seuil légal à respecter, et surtout aucun chiffre « officiel » à inventer. Le ticket d'entrée commercial des compagnies luxembourgeoises se situe, en ordre de grandeur de marché, entre ~100 000 et ~250 000 € [à vérifier] (un FID est généralement plus exigeant qu'un FAS), à ne pas confondre avec les seuils réglementaires CAA. Surtout, il n'y a aucun plafond maximum de versement sur une AVL — contrairement, par exemple, au PEA plafonné à 150 000 €. Pour l'approche par palier : 1 million d'euros, 5 millions d'euros, 10 millions d'euros et montant minimum.

À ce niveau « sur mesure », les frais sont négociés et dégressifs, sur devis : il n'existe pas de grille officielle à reproduire, et toute valeur citée serait une fourchette indicative [à vérifier]. En pratique, la mise en place suit cinq étapes :

  1. Cartographier la gouvernance familiale et les branches : qui, quelles générations, quels objectifs de transmission.
  2. Distinguer la poche personnes physiques (assurance vie) de la poche société/holding (contrat de capitalisation, 238 septies E).
  3. Choisir la ou les compagnies et répartir le risque de contrepartie entre plusieurs assureurs solides.
  4. Calibrer l'architecture : FID multi-gérants, FAS, FIC, et part de private equity selon la catégorie CAA (C ou D).
  5. Rédiger les clauses bénéficiaires sur mesure et les articuler avec la charte familiale.
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Premier échangeSans engagementCadre documenté

Cas chiffrés (hypothèses explicites)

Note de méthode sur les cas ci-dessous

Les deux scénarios suivants sont des illustrations pédagogiques bâties sur des hypothèses explicites, non des recommandations. Les montants de patrimoine, le nombre de compagnies et l'allocation sont posés à titre d'exemple ; les frais et rendements ne sont pas chiffrés car ils sont négociés sur devis et propres à chaque dossier. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et tout placement en unités de compte comporte un risque de perte en capital. Les abattements cités sont, eux, les montants bruts en vigueur de la loi française (identiques entre AV française et luxembourgeoise).

Cas 1 — Démultiplier les abattements 990 I dans une famille nombreuse

Hypothèse : deux parents assurés (versements effectués avant 70 ans) et cinq bénéficiaires désignés (3 enfants + 2 petits-enfants). L'abattement de l'art. 990 I étant de 152 500 € par couple bénéficiaire / assuré, la structuration ouvre, en théorie : 2 assurés × 5 bénéficiaires × 152 500 € = jusqu'à 1 525 000 € d'abattements avant taxation (20 %, puis 31,25 % au-delà de 852 500 € de capital reçu par couple). Ce levier est strictement identique à une assurance vie française : ce n'est pas un avantage luxembourgeois, mais une mécanique d'abattement à exploiter. Les chiffres sont ceux, bruts, de l'art. 990 I ; il s'agit d'une hypothèse de structuration, pas d'une recommandation.

Cas 2 — Gouvernance multi-compagnies / multi-branches

Hypothèse : un patrimoine financier familial de 8 à 15 M€, réparti sur 2 à 3 compagnies luxembourgeoises solides et plusieurs contrats par branche ou génération. Objectif double : diversifier le risque de contrepartie assureur (au-delà du super-privilège) et cloisonner la gouvernance (un contrat = une branche = une clause bénéficiaire dédiée). Avec une fortune mobilière supérieure à 2,5 M€, la famille relève de la catégorie CAA D et accède au private equity, à la dette privée, au non coté et aux métaux précieux ; la part d'actifs privés est à calibrer selon la liquidité souhaitée. Montants, nombre de compagnies et allocation sont des hypothèses explicites, sur devis : aucun frais ni rendement n'est ici chiffré.

Mentions légales et conformité

Hagnéré Patrimoine — Société par actions simplifiée, siège social à Bassens (73000), immatriculée à l'ORIAS sous le numéro 23002291 en qualité de Conseiller en Investissements Financiers (CIF) membre de la CNCEF Patrimoine, Courtier en Opérations de Banque et Services de Paiement (COBSP) et Courtier en Assurance (COA).

Informations à jour au 25 juin 2026 (loi luxembourgeoise du 7 décembre 2015 art. 117 / 118 / 119 ; Code des assurances FR art. R.423-7 ; CGI 125-0 A / 990 I / 757 B / 784 A / 972 / 238 septies E / 796-0 bis ; CSS L.136-8, LFSS 2026 ; Lettres Circulaires CAA 15/3 et 26/1). La fiscalité, les seuils et les frais dépendent de votre situation et peuvent évoluer. Dernière mise à jour : 25 juin 2026.

Les ordres de grandeur de frais, de ticket d'entrée et d'allocation sont indicatifs et négociés sur devis. Tout placement comporte un risque, y compris de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Ces informations ne se substituent pas à un conseil personnalisé.

Questions fréquentes

Questions fréquentes du family office

Pour des raisons exclusivement structurelles, jamais fiscales. Le super-privilège fait du preneur un créancier de premier rang sans plafond sur les actifs cantonnés (art. 118 de la loi luxembourgeoise du 7 décembre 2015), là où la France plafonne la garantie FGAP à 70 000 € par assuré et par compagnie. L'architecture ouverte donne accès, selon la catégorie de fortune du Commissariat aux Assurances, au non coté, au private equity, à la dette privée et aux métaux précieux. On y ajoute en général des FID multi-gérants, du multidevises et la portabilité quand un membre de la famille change de pays. Pour un résident fiscal français, il n'y a en revanche aucun avantage de barème : la fiscalité est strictement identique à une assurance vie française.

Non. Le Luxembourg pratique la neutralité fiscale : il ne taxe pas le non-résident, après quoi c'est la fiscalité française qui s'applique à l'identique. Mêmes règles d'imposition des rachats (art. 125-0 A, PFU de 30 % ou 24,7 % après 8 ans sous 150 000 € de primes), mêmes prélèvements sociaux de 17,2 % maintenus en 2026, mêmes abattements de 4 600 € ou 9 200 € après 8 ans, mêmes règles de transmission (990 I et 757 B). L'intérêt d'un family office est donc 100 % structurel.

Non. L'assurance vie est réservée aux personnes physiques : seuls les membres de la famille peuvent souscrire. Une holding patrimoniale ou une société du family office, personne morale, ne peut pas détenir d'assurance vie. En revanche, elle peut loger sa trésorerie durablement excédentaire dans un contrat de capitalisation luxembourgeois (art. 238 septies E), dont le régime successoral suit les droits de mutation à titre gratuit de droit commun et non l'article 990 I. Ce sont donc deux briques distinctes : l'assurance vie côté personnes physiques, la capitalisation côté société.

La catégorie C ouvre déjà le non coté, le private equity et la dette privée : elle suppose 250 000 € de prime versée et 1 250 000 € de fortune mobilière. La catégorie D, typique d'un family office, ouvre toutes les classes d'actifs et les métaux précieux : elle suppose 1 000 000 € de prime et 2 500 000 € de fortune mobilière. Ce sont à chaque fois deux conditions cumulatives. À noter, point souvent mal repris : la catégorie B exige 250 000 € de prime et 500 000 € de fortune (et non 250 000 € de fortune).

Le Fonds Interne Dédié (FID) est géré sous mandat par un gérant délégataire : c'est l'outil idéal d'un family office, qui peut combiner plusieurs FID confiés à des gérants différents dans un même contrat (logique multi-gérants). Le Fonds d'Assurance Spécialisé (FAS) est piloté par le souscripteur ou son conseiller, pour loger des titres en direct ou du non coté selon la catégorie de fortune. Le Fonds Interne Collectif (FIC) est mutualisé entre plusieurs souscripteurs. Passé un certain encours, les trois cohabitent dans le même patrimoine : un socle FIC, des FID confiés à différents gérants, un FAS pour le non coté piloté en direct.

Pour diversifier le risque de contrepartie assureur au-delà même du super-privilège, et pour cloisonner la gouvernance (un contrat par branche ou par génération). Le triangle de sécurité protège déjà chaque contrat, mais la liquidation de FWU Life Insurance Lux, prononcée le 31 janvier 2025 par le Tribunal d'arrondissement de Luxembourg, rappelle que sécurité du capital n'est pas disponibilité immédiate : pendant une procédure, rachats et avances peuvent être gelés. Un family office institutionnalise donc la répartition entre plusieurs compagnies solides et bien notées.

Par une clause bénéficiaire sur mesure, éventuellement démembrée (usufruit au conjoint, nue-propriété aux enfants) ou par souche, articulée avec la charte familiale, le pacte d'associés et la politique de donations. Le levier fiscal est identique à la France : pour les primes versées avant 70 ans, l'article 990 I prévoit un abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis 20 % jusqu'à 852 500 € de capital reçu et 31,25 % au-delà. La règle d'or d'un family office est de démultiplier les abattements en multipliant bénéficiaires (enfants et petits-enfants) et assurés (les deux parents), plutôt que les contrats.

Non. Le super-privilège (art. 118 de la loi luxembourgeoise du 7 décembre 2015) fait du preneur d'assurance un créancier de premier rang sans aucun plafond sur les actifs cantonnés auprès de la banque dépositaire, en cas de défaillance de l'assureur. C'est précisément ce caractère illimité qui en fait un critère décisif pour un family office gérant plusieurs millions, là où le Fonds de garantie français s'arrête à 70 000 € par assuré et par compagnie. Attention toutefois : le super-privilège protège le rang de restitution, pas la valeur des unités de compte, qui reste soumise au risque de marché comme en France.