Parlez à un gestionnaire de fortune indépendant
Family office, assurance-vie luxembourgeoise, private equity, structuration internationale et transmission : nous construisons une stratégie cohérente pour les patrimoines élevés, sans conflit d'intérêts.
Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet
Quentin Hagnéré
CGP indépendant spécialisé en gestion de fortune et stratégies family office
Quentin Hagnéré accompagne les familles fortunées, dirigeants et cédants sur l'allocation multi-actifs, les enveloppes premium, la structuration patrimoniale et la transmission de long terme.
Sommaire
- 1. Pourquoi 10 M€ change la nature du contrat
- 2. L'univers d'investissement : catégorie D, FID/FAS/FIC
- 3. Répartir entre plusieurs compagnies
- 4. Holding et contrat de capitalisation
- 5. Du placement à la gouvernance familiale
- 6. Transmission multi-générationnelle
- 7. Une fiscalité neutre, une dimension internationale
- 8. Cas chiffré : transmettre 10 M€
- 9. Coûts, ticket et plafond
- FAQ — 10 millions d'euros et plus
Vous détenez (ou allez détenir, après une cession) 10 millions d'euros et plusà placer, et l'on vous a parlé d'assurance vie luxembourgeoise. La vraie question n'est alors plus « quel contrat ouvrir ? » mais « comment architecturer une institution patrimoniale qui tiendra sur deux ou trois générations ? ». Tout mettre chez un seul assureur. Vouloir loger la trésorerie de sa holding dans « une assurance vie » qui n'existe pas pour une personne morale. Ne désigner qu'un seul bénéficiaire et laisser filer près d'un million d'euros d'abattements. Ce sont les trois erreurs qui reviennent le plus souvent sur les très gros dossiers — et celles que je corrige en priorité. Cette page les démonte une à une.
À ce palier, on bascule dans l'univers UHNW (ultra high net worth), celui des family offices, où l'assurance vie luxembourgeoise n'est qu'une brique parmi la holding, l'immobilier, le private equity et la transmission. Nous traitons ici du palier 10 M€+ spécifiquement : ce que l'on peut y faire de concret, quelle catégorie CAA, quels véhicules — et non le « à partir de quel montant » générique, qui relève de notre guide pilier sur le montant minimum.
Je suis Quentin Hagnéré, conseiller en gestion de patrimoine (CIF, ORIAS 23002291). Par rapport au palier 5 M€, le saut à 10 M€ change de nature : multi-compagnies, gouvernance familiale, structuration via holding, transmission sur deux ou trois générations. C'est la logique d'un family office. Et un rappel valable à tousles paliers : pour un résident fiscal français, la fiscalité d'une assurance vie luxembourgeoise est strictement identiqueà celle d'une assurance vie française. L'avantage est 100 % structurel, jamais de barème.
L'essentiel à 10 M€ et plus, en 30 secondes
On répartitl'encours entre 3 à 5 compagnies (le super-privilège joue compagnie par compagnie) ; on accède à la catégorie Ddu Commissariat aux Assurances (private equity, non coté, métaux précieux) ; on combine FID, FAS et FIC ; on loge la trésorerie de la holding en contrat de capitalisation(une personne morale ne peut pas souscrire d'assurance vie) ; et on multiplie les bénéficiaires(152 500 € chacun) pour la transmission. La fiscalité, elle, ne change pas : pour un résident français, elle est strictement identique à une assurance vie française — l'avantage est 100 % structurel.
Avertissement
Pourquoi 10 M€ change la nature du contrat
En dessous de quelques millions, l'assurance vie luxembourgeoise reste un placement : on optimise une allocation, on accède à l'architecture ouverte, on bénéficie du super-privilège. À partir de 10 M€, le contrat devient un instrument d'ingénierie patrimonialeau service d'une organisation familiale globale. Ce n'est plus le même métier.
Le jargon parle de HNW (high net worth), VHNW (very high) et UHNW (ultra high net worth), avec des seuils qui restent des conventions de marché [à vérifier selon les sources] : l'UHNW se situe typiquement au-delà de 30 M$ d'actifs investissables, et le palier 10 M€ y conduit clairement. À ce niveau, les enjeux deviennent la continuité(que se passe-t-il si une compagnie connaît une difficulté ?), la gouvernance(qui décide, comment, sur plusieurs générations ?) et l'accès institutionnelaux meilleures classes d'actifs.
Là où le family office se justifie
L'univers d'investissement : catégorie D, FID, FAS et FIC combinés
À 10 M€, vous atteignez de très loin la catégorie Ddu Commissariat aux Assurances (LC 26/1 du 28 janvier 2026) : 1 000 000 € de prime et2 500 000 € de fortune mobilière, deux critères cumulatifs largement dépassés. C'est la catégorie la plus large, qui ouvre l'accès à toutes les classes d'actifs : titres vifs en direct, non coté, private equity, dette privée, fonds institutionnels et métaux précieux. Le détail des catégories N à D figure dans notre guide sur l' architecture ouverte.
À ce niveau, on ne choisit pas un véhicule : on les combine. En pratique, les trois modes de gestion se répartissent ainsi.
| Véhicule | Pilotage | Usage typique à 10 M€ |
|---|---|---|
| FID — Fonds Interne Dédié | Mandat (gérant délégataire) | Plusieurs mandats éclatés entre banques privées, pour diversifier les styles de gestion |
| FAS — Fonds d'Assurance Spécialisé | Souscripteur / conseiller | Titres vifs et non coté choisis en direct, private equity ciblé |
| FIC — Fonds Interne Collectif | Mutualisé (collectif) | Socle d'allocation commun, liquidité de la famille |
Ne confondez pas FID et FAS
La part d'actifs non cotés et de private equitypeut être importante : dans une allocation institutionnelle, elle atteint souvent une fraction substantielle de l'encours, de l'ordre des deux tiers selon le profil et le besoin de liquidité [ordre de grandeur de pratique, pas une règle réglementaire ni un rendement garanti]. Nous détaillons ces choix dans nos guides FID vs FAS vs FIC, private equity et ELTIF 2.0, gestion sous mandat et allocation d'actifs.
Répartir entre plusieurs compagnies : la signature du palier
C'est le réflexe le plus caractéristique des très gros encours : à 10 M€, on ne loge généralement pas tout chez un seul assureur. La pratique de marché consiste à répartir entre 3 à 5 compagniesluxembourgeoises solides (ce nombre est un usage, pas une règle). Mais pourquoi diversifier, alors que le super-privilège est sans plafond ?
Parce que ce super-privilège (art. 118 de la loi du 7 décembre 2015) joue par compagnie, et surtout parce que sécurité n'est pas disponibilité. La créance de premier rang garantit la restitution des actifs cantonnés et leur rangde priorité (art. 119), mais elle ne garantit pas l'accès immédiataux fonds : en cas de procédure sur un assureur, les rachats peuvent être gelés plusieurs années. La protection porte par ailleurs sur le rang de la créance (art. 253-1), pas sur la valeur de marché des unités de compte.
Le cas FWU : sécurité ≠ disponibilité
On ne diversifie pas par méfiance envers le Luxembourg — le cadre y est bien plus protecteur que le FGAP français plafonné à 70 000 €. On diversifie pour garder la main : continuité et gouvernance. On rappelle le fonctionnement du triangle de sécurité et le cadre prudentiel Solvabilité II dans nos guides dédiés.
Holding et contrat de capitalisation : le bon véhicule pour la personne morale
À 10 M€, une part importante du patrimoine transite souvent par une holding patrimoniale(produit de cession d'entreprise, trésorerie excédentaire, dividendes capitalisés). La tentation est de vouloir loger cette trésorerie dans « l'assurance vie luxembourgeoise » — c'est l'erreur n°1 à ce niveau.
Erreur n°1 : une holding ne peut PAS souscrire d'assurance vie
La structuration optimale combine donc deux enveloppes : l'assurance vie pour les personnes physiques (avec le régime 990 I / 757 B), et le contrat de capitalisation pour la trésorerie logée en holding. Cette articulation est au cœur de notre guide sur le contrat de capitalisation luxembourgeois démembré, particulièrement pertinent après une cession d'entreprise ou pour un chef d'entreprise.
Du placement à la gouvernance familiale
À 10 M€, le sujet déborde le contrat : il faut coordonner plusieurs assurés, plusieurs branches familiales et parfois un pacte d'associés. La structuration mobilise une pluralité d'assurés et de souscripteurs : contrats par branche familiale, contrats croisés entre conjoints, désignations coordonnées. L'objectif est d'éviter qu'une succession désordonnée ou des clauses bénéficiaires contradictoires ne fragilisent l'édifice.
La coordinationdevient centrale : aligner les clauses bénéficiaires de plusieurs contrats, articuler l'assurance vie avec le pacte d'associés de la holding, formaliser éventuellement une charte familiale qui fixe les principes de gestion et de transmission sur le long terme. Le démembrement de la clause bénéficiaire(usufruit au conjoint, nue-propriété aux enfants) est l'outil central, mais une rédaction approximative de la clause démembrée crée plus de litiges qu'elle n'en règle.
Du placement à la gouvernance
Transmission multi-générationnelle : multiplier les bénéficiaires, pas les contrats
C'est là que se jouent les plus grosses économies — et l'erreur que je vois le plus souvent : un seul bénéficiaire désigné sur un contrat de plusieurs millions. La règle d'or : l'abattement de 152 500 € de l'article 990 I s'apprécie par bénéficiaire et par assuré, tous contrats confondus. Ouvrir dix contrats pour un seul bénéficiaire ne crée donc aucunabattement supplémentaire : il faut multiplier les bénéficiaires.
En pratique : on désigne enfants et petits-enfantscomme bénéficiaires (chacun ouvrant droit à 152 500 €), on coordonne les deux parents assurés(chaque assuré ouvrant une nouvelle série d'abattements), et on recourt au démembrement de la clause bénéficiaire pour transmettre tout en protégeant le conjoint. Rappelons les règles applicables (identiques à la France) :
La règle d'or : multiplier les bénéficiaires, jamais les contrats
- Article 990 I(primes versées avant 70 ans) : 152 500 € d'abattement par bénéficiaire, puis 20 % jusqu'à 700 000 € et 31,25 % au-delà — voir notre guide sur l'article 990 I.
- Article 757 B(primes versées après 70 ans) : abattement global de 30 500 €, droits de succession sur les primes, produits exonérés — voir notre guide sur l'article 757 B.
- Article 796-0 bis : exonération totale du conjoint survivant et du partenaire de PACS.
- Article 784 A : pas de convention successorale France-Luxembourg, donc DMTG de droit interne français avec crédit d'impôt — détaillé dans notre guide succession et assurance vie luxembourgeoise.
Une fiscalité neutre, une dimension internationale
Une mise au point qui revient à chaque rendez-vous à ce niveau de patrimoine : un gros montant n'améliore jamais la fiscalité. Pour un résident fiscal français, l'assurance vie luxembourgeoise est imposée exactementcomme une assurance vie française : même PFU de 30 %, même régime des 8 ans, mêmes prélèvements sociaux de 17,2 % (maintenus en 2026), même transmission 990 I / 757 B. Aucun avantage de barème. Le comparatif tête-à-tête est détaillé dans notre guide Luxembourg vs France et dans notre guide fiscalité.
Le seul vrai gain côté fiscalité, c'est l'international, souvent décisif pour les familles UHNW : le contrat est multidevises (euro, dollar, franc suisse, livre — voir contrat multidevises) et portable. C'est le contrat dit « caméléon », qui s'adapte à la fiscalité du pays de résidence en cas d'expatriation, sans déclencher d'exit tax sur le contrat lui-même.
Enfin, un garde-fou : l'assurance vie ne fait pas échapper à l'IFI. Pour sa fraction représentative d'actifs immobiliers (SCPI, OPCI, SCI en unités de compte), elle reste dans l'assiette de l'impôt sur la fortune immobilière (art. 972 CGI) — qu'elle soit française ou luxembourgeoise.
Cas chiffré : l'impact du nombre de bénéficiaires sur 10 M€
Voici une illustration de la règle d'or de transmission. Hypothèses explicites : capital transmis de 10 000 000 € issu de primes versées avant 70 ans(régime de l'article 990 I), hypothèse simplificatrice où l'on raisonne sur le capital transmis (hors distinction primes/produits), barème 990 I 2026 (abattement 152 500 €/bénéficiaire, puis 20 % jusqu'à 700 000 € de base taxable par bénéficiaire, 31,25 % au-delà), bénéficiaires recevant des parts égales, hors conjoint exonéré.
| Nombre de bénéficiaires | Part par bénéficiaire | Prélèvement 990 I total (ordre de grandeur) |
|---|---|---|
| 1 bénéficiaire unique | 10 000 000 € | ≈ 3,0 M€ |
| 4 bénéficiaires | ≈ 2 500 000 € | ≈ 2,62 M€ |
| 8 (enfants + petits-enfants) | ≈ 1 250 000 € | ≈ 2,11 M€ |
L'écart entre 1 et 8 bénéficiaires approche 0,9 M€ d'économie, à capital identique, simplement en démultipliant les bénéficiaires(et non les contrats). Autrement dit : ce sont les clauses bénéficiaires, pas le nombre de contrats, qui décident de la note finale.
Note de méthode : lisez ce tableau comme une illustration, pas un devis
Architecturer 10 M€+ : et si on posait VOTRE schéma ?
Multi-compagnies, catégorie D, holding en capitalisation, transmission sur deux générations : nous chiffrons votre structure, compagnie par compagnie et bénéficiaire par bénéficiaire. Premier échange confidentiel offert.
Coûts, ticket d'entrée et plafond : à 10 M€, tout se négocie sur devis
À 10 M€, le ticket d'entrée ne se pose plus : tous les contrats vous sont ouverts, FID haut de gamme compris. Le seul vrai levier, ce sont les frais — et à ce niveau, tout se négocie sur devis.
Les frais de gestion deviennent dégressifs et très bas, de l'ordre de 0,5 à 0,9 %/anselon le contrat et la répartition entre les compagnies [fourchette indicative de marché, à vérifier contrat par contrat]. On accède aux parts institutionnelles (dites clean shares, sans rétrocession), les droits d'entrée sont généralement nuls, et la négociation porte sur l'ensemble des couches de frais. Le détail figure dans notre guide sur les frais d'un contrat luxembourgeois.
Aucun plafond maximum, contrairement au PEA
Vous n'êtes pas tout à fait à 10 M€ ? Trouvez votre palier
Mentions légales et conformité
Hagnéré Patrimoine — Société par actions simplifiée, siège social à Chambéry (73000), immatriculée à l'ORIAS sous le numéro 23002291 en qualité de Conseiller en Investissements Financiers (CIF) membre de la CNCEF Patrimoine, Courtier en Opérations de Banque et Services de Paiement (COBSP) et Courtier en Assurance (COA).
Informations à jour au 25 juin 2026 (LC 26/1 du Commissariat aux Assurances du 28/01/2026 ; loi luxembourgeoise du 7/12/2015 art. 118, 119 et 253-1 ; Code des assurances FR art. L.423-1 / R.423-7 ; CGI 125-0 A / 200 A / 238 septies E / 990 I / 757 B / 796-0 bis / 784 A / 972 ; CSS L.136-8, LFSS 2026). Les tickets, frais, allocations et catégories dépendent de chaque assureur et de votre situation, et peuvent évoluer. Dernière mise à jour : 25 juin 2026.
Les ordres de grandeur de frais et d'allocation, ainsi que les cas chiffrés, sont indicatifs et pédagogiques ; ils doivent être vérifiés au contrat et au cas par cas. Tout placement comporte un risque, y compris de perte en capital. Ces informations ne se substituent pas à un conseil personnalisé.

