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Guide santé médicale 202618 minMis à jour 25 juin 20267 leviers vérifiés

Défiscalisation médecin généraliste : 7 leviers pour payer moins d'impôts en 2026

Médecin généraliste secteur 1, vous cumulez l'impôt sur le revenu à 41 % (voire 45 %) et les cotisations sociales : près de 60 % de votre bénéfice peut partir. Pourtant certains de vos leviers les plus puissants sont gratuits et propres à votre métier — avant le moindre placement. Voici les 7 leviers exacts de 2026, hiérarchisés en 3 étages, avec un cas chiffré sur un bénéfice BNC de 110 000 € (20 291 € déductibles sur le seul PER). Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine (ORIAS 23002291).

STRATÉGIE FISCALE MÉDECIN 2026

Hiérarchiser vos 7 leviers selon votre BNC et votre secteur

Audit de votre situation de médecin généraliste : exonérations du métier (permanence des soins, ZFRR), plafond PER 154 bis, immobilier selon votre tranche, ordre d'attaque des réductions sous plafond. Cabinet capitalistiquement indépendant, modélisation chiffrée et calibrage avec votre expert-comptable.

  • Calcul de votre plafond 154 bis exact
  • Ordre d'attaque des 7 leviers
  • Vérification de vos exonérations zonées
  • Cabinet capitalistiquement indépendant

PER 154 BIS (BNC 110 K€)

20 291 €

PERMANENCE DES SOINS

60 j/an

INSTALLATION ZFRR

≈ 0 € IR 5 ans

DÉFICIT FONCIER

10 700 / 21 400 €

PLAFOND NICHES

10 000 €

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1LA MÉTHODE·3 MIN

La méthode en 3 étages : par où commencer (et pourquoi)

Vous bouclez votre 2035, et le constat tombe : entre l'impôt sur le revenu qui atteint 41, voire 45 %, et les cotisations TNS (URSSAF, CARMF), près de la moitié de votre bénéfice repart. Alors, chaque automne, le téléphone sonne — un FIP, un Girardin, une SCPI « qui efface l'impôt ». Le problème, ce n'est presque jamais l'offre : on vous en propose dix par an. C'est l'ordre dans lequel on les active. Car pour un médecin généraliste, les leviers les plus puissants sont souvent gratuits et propres à votre métier — et on les oublie systématiquement, faute de les attaquer dans le bon ordre. La bonne approche se lit en trois étages, du levier qui ne coûte rien jusqu'au pur outil fiscal.

L'essentiel en 30 secondes

Activez vos leviers couche par couche, jamais en vrac. D'abord les leviers gratuits du métier — permanence des soins exonérée (art. 151 ter CGI, jusqu'à 60 jours/an) et installation en zone sous-dotée (art. 44 quindecies A CGI). Ensuite l'épargne récupérable hors plafond des niches — le PER/Madelin (art. 154 bis), qui permet de déduire jusqu'à 20 291 € sur un bénéfice BNC de 110 000 €, le déficit foncier et le LMNP. En dernier seulement, les réductions à pur effet fiscal dans le plafond de 10 000 € (FIP, Girardin, dons). Un généraliste secteur 1 à 110 000 € de BNC peut ainsi économiser plus de 12 000 € d'impôt par an sans le moindre produit risqué.

Étage 1 — Les leviers GRATUITS du métier

Avant tout placement : l'exonération de la rémunération de permanence des soins en zone sous-dense (art. 151 ter CGI) et les exonérations à l'installation en zone France ruralités revitalisation (art. 44 quindecies A CGI). Ils ne coûtent rien et baissent directement l'impôt. On commence toujours par là.

Étage 2 — L'épargne RÉCUPÉRABLE, hors plafond

Ensuite : le PER/Madelin (art. 154 bis), le déficit foncier, le LMNP. Vous déduisez de votre revenu une somme qui reste à vous (épargne ou bien immobilier), hors du plafond des niches de 10 000 €. C'est le cœur de la stratégie d'un libéral à 41-45 %.

Étage 3 — Le pur effet fiscal, dans le plafond de 10 000 € (en dernier)

En tout dernier seulement, et avec un impôt élevé et certain : les réductions à pur effet fiscal (FIP/FCPI-JEI, Girardin, dons), qui entrent dans le plafond global des niches de 10 000 € (art. 200-0 A CGI). Ce sont souvent des produits risqués ou à fonds perdus : ils ne se justifient qu'une fois les étages 1 et 2 saturés. Défiscaliser n'est jamais une fin en soi : un avantage fiscal ne sauve pas une mauvaise acquisition.

Le pivot à comprendre : une déduction n'est pas une réduction

Toute la hiérarchie repose sur une distinction. Une déduction baisse votre revenu imposable : son intérêt vaut votre TMI (1 € déduit fait économiser 0,41 € à 41 %), et elle est hors du plafond des niches. Une réduction baisse l'impôt dû euro pour euro, mais elle entre dans le plafond de 10 000 €. Le PER, le déficit foncier et le LMNP sont des déductions ; le Girardin et les FIP, des réductions. Saturez d'abord les déductions. Cette grille est détaillée dans notre guide pilier de la défiscalisation du libéral.

§ 2LEVIER 1 · LE ROI·4 MIN

Levier 1 — Le PER / Madelin (art. 154 bis) : le plus puissant

Quand un client me demande par quoi commencer côté épargne, je réponds toujours la même chose : le PER. Celui-ci (qui a remplacé les contrats Madelin retraite, fermés à la commercialisation depuis le 1er octobre 2020 par la loi PACTE) offre au médecin libéral le plafond de déduction le plus généreux du système fiscal. Et, contrairement à la plupart des autres dispositifs, il est hors du plafond des niches : il vaut votre TMI, sans plafonnement à 10 000 €.

Le calcul exact, au centime près

Le plafond TNS de l'article 154 bis du CGI est égal au plus élevé de deux montants : la formule majorée — 10 % de votre bénéfice imposable (dans la limite de 8 PASS) + 15 % de la fraction comprise entre 1 et 8 PASS— ou un plancher de sécurité de 10 % d'un PASS. En 2026, le plancher est de 4 806 € et le maximum de 88 911 €.

Le plafond PER 2026 d'un généraliste BNC à 110 000 €

PLAFOND PER TNS = 10 % x benefice (dans la limite de 8 PASS)
                + 15 % x (min(benefice, 8 PASS) - 1 PASS)

PASS 2026 = 48 060 EUR   |   8 PASS = 384 480 EUR

Benefice BNC = 110 000 EUR
  10 % x 110 000              = 11 000 EUR
+ 15 % x (110 000 - 48 060)   =  9 291 EUR
                              ___________
PLAFOND DEDUCTIBLE            = 20 291 EUR

À une TMI de 41 %, déduire 20 291 € fait économiser environ 8 319 € d'impôt sur le revenu. C'est une économie certaine et immédiate, distincte de la performance ultérieure du PER (qui dépend des supports et comporte un risque de perte en capital).

Pour situer votre propre bénéfice, voici comment se déroule le plafond palier par palier :

Le plafond PER (art. 154 bis) selon le bénéfice BNC. La base de calcul est le PASS de l'année N (48 060 € en 2026).
Bénéfice BNC imposablePlafond 154 bisComment il se calcule
40 000 € (< 1 PASS)4 806 € (plancher)10 % du bénéfice (4 000 €) < plancher → on retient 4 806 €
80 000 €12 791 €10 % × 80 000 + 15 % × (80 000 − 48 060)
110 000 €20 291 €10 % × 110 000 + 15 % × (110 000 − 48 060)
150 000 €30 291 €10 % × 150 000 + 15 % × (150 000 − 48 060)
≥ 384 480 € (8 PASS)88 911 € (maximum)10 % × 384 480 + 15 % × 336 420

Trois bornes à connaître avant de verser

1. IR seul. La déduction du 154 bis joue uniquement sur l'impôt sur le revenu : le versement reste dans l'assiette de vos cotisations CARMF et URSSAF. Le PER ne réduit pas vos charges sociales.
2. Maintenant ou jamais. Le plafond TNS non utilisé à la clôture de l'exercice est définitivement perdu : il n'est ni reportable, ni mutualisable avec votre conjoint (à la différence du plafond classique de l'art. 163 quatervicies).
3. Effet RFR. Le versement abaisse aussi votre revenu fiscal de référence — un atout pour rester sous les seuils de surtaxe (voir §11).

Le détail support par support, et l'économie exacte selon votre tranche, sont dans PER médecin généraliste : combien d'impôt économisé selon votre BNC et le PER du TNS en 2026, pas à pas.

§ 3LEVIER 2 · ENVELOPPE DISTINCTE·2 MIN

Levier 2 — La prévoyance et la santé Madelin déductibles

On confond souvent « Madelin » et PER. À côté de l'enveloppe retraite, l'article 154 bis en ouvre une seconde, distincte : les cotisations de prévoyance (arrêt de travail, invalidité, décès) et de complémentaire santé, elles aussi déductibles du bénéfice. La loi PACTE n'a fermé que les Madelin retraite : les contrats de prévoyance et de santé Madelin, eux, restent pleinement opérationnels.

Le plafond Madelin prévoyance / santé 2026

DEDUCTION MAX = 7 % du PASS + 3,75 % du benefice
                (plafonnee a 3 % de 8 PASS)

En 2026 (PASS = 48 060 EUR), le plafond atteint
environ 11 534 EUR pour les benefices eleves.

Perte d'emploi subie : 1,875 % du benefice
ou 2,5 % du PASS si plus favorable.

Cette enveloppe est totalement indépendante du plafond PER retraite : les deux se cumulent. Pour un médecin, c'est l'occasion de couvrir le vrai angle mort du libéral — l'arrêt de travail — tout en déduisant.

Pourquoi cette enveloppe compte particulièrement pour un médecin

Un généraliste qui s'arrête (maladie, accident) voit ses recettes chuter sans que ses charges fixes disparaissent. La caisse obligatoire ne verse des indemnités qu'après un délai de carence souvent long. La prévoyance Madelin comble ce trou — et chaque euro de cotisation est déductible. C'est un levier « deux-en-un » : protection réelle et baisse de l'assiette imposable. Le détail des garanties et du dimensionnement est dans la prévoyance du libéral.
§ 4LEVIER 3 · LE MÉTIER·4 MIN

Levier 3 — Permanence des soins et zones sous-dotées (gratuit)

C'est l'étage que personne ne regarde — alors qu'il ne vous coûte pas un euro. Vos confrères passent à côté chaque année. Deux dispositifs récompensent fiscalement l'exercice là où l'offre de soins manque. Ils sont encadrés : il faut vérifier le zonage de votre commune auprès de l'Agence régionale de santé (ARS) avant de s'en prévaloir.

a. La permanence des soins exonérée (art. 151 ter CGI)

La rémunération perçue au titre de la permanence des soins ambulatoires (gardes, astreintes, régulation) est exonérée d'impôt sur le revenu dans la limite de 60 jours de permanence par an, pour le médecin (ou son remplaçant) installé dans une zone caractérisée par une offre de soins insuffisante, définie au titre de l'article L. 1434-4 du Code de la santé publique. L'exonération couvre les rémunérations spécifiques d'astreinte et de régulation ainsi que les majorations d'actes.

Le piège du zonage : zones prioritaires oui, zones complémentaires non

L'exonération de l'article 151 ter vise les zones d'intervention prioritaire (A et B) arrêtées par l'ARS. Les médecins exerçant dans les seules zones d'action complémentaire n'y ont pas droit, même s'ils participent à la permanence des soins. Avant de retrancher cette rémunération de votre déclaration, vérifiez le classement exact de votre secteur — c'est un point régulièrement redressé.

b. L'installation en zone France ruralités revitalisation (art. 44 quindecies A CGI)

Si vous créez ou reprenez votre activité dans une zone France ruralités revitalisation (ZFRR), vous pouvez être exonéré d'impôt sur les bénéfices. Ce régime de l'article 44 quindecies A a remplacé l'ancien dispositif des zones de revitalisation rurale (ZRR) : il s'applique aux ZFRR depuis le 1er juillet 2024 et aux ZFRR+ depuis le 1er janvier 2025. L'exonération est totale pendant environ cinq ans (jusqu'à la fin du 59e mois suivant le début d'activité), puis dégressive les années suivantes.

Un régime encadré : faites un rescrit avant de vous installer

Attention, le diable est dans les conditions : il s'agit bien d'une création ou d'une reprise d'activité (le simple regroupement en maison de santé n'ouvre pas de nouvelle période), l'avantage est plafonné par les règles européennes de minimis, et il suppose un effectif réduit et un zonage précis. Compte tenu des contrôles, un rescrit fiscal préalable (art. L. 80 B du LPF) est vivement recommandé pour sécuriser l'exonération avant de s'installer. C'est typiquement le sujet à border en bilan, et avec votre expert-comptable.
Hagnéré Patrimoine

Votre commune ouvre-t-elle droit à une exonération ?

Permanence des soins (151 ter), installation en ZFRR (44 quindecies A) : ces leviers gratuits dépendent d'un zonage précis et de conditions strictes. On lit le zonage ARS de votre commune, et si le droit à exonération existe on le verrouille par rescrit avant votre prochaine 2035.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 5LEVIER 4 · IMMOBILIER·2 MIN

Levier 4 — Le déficit foncier (10 700 € / 21 400 €)

Si vous détenez (ou envisagez) un bien locatif loué nu, le déficit foncier a un mérite que peu de dispositifs partagent : il efface du revenu global, pas seulement vos loyers. Quand vos charges déductibles (travaux, intérêts) dépassent vos loyers, le déficit qui en résulte s'impute sur votre revenu d'ensemble — donc sur votre bénéfice de médecin — dans la limite annuelle de 10 700 € (art. 156, I, 3 du CGI).

Le doublement à 21 400 € pour la rénovation énergétique

Pour des travaux de rénovation énergétique permettant à un logement de sortir du statut de passoire (de la classe E, F ou G vers A, B, C ou D), le plafond d'imputation est doublé à 21 400 €. Ce dispositif est prorogé jusqu'au 31/12/2027. Pour un médecin à 41-45 %, l'économie sur la fraction qui efface des revenus fonciers vaut votre TMI plus les prélèvements sociaux de 17,2 % (taux maintenu sur les revenus fonciers en 2026). Le mécanisme complet est détaillé dans notre guide du déficit foncier.

Avantage décisif : comme c'est une déduction, le déficit foncier est hors du plafond des niches de 10 000 €. Il se cumule donc librement avec votre PER. Une réserve, quand même : un bien à rénover reste un investissement immobilier à part entière, à juger sur son emplacement et son rendement avant son effet fiscal.

§ 6LEVIER 5 · PLACEMENTS·3 MIN

Levier 5 — SCPI européennes et LMNP

Après l'immobilier en direct, restent deux placements « pierre-papier » pour aller chercher du revenu peu fiscalisé sans vous transformer en gestionnaire : la SCPI européenne et le LMNP.

Les SCPI européennes : un revenu souvent peu fiscalisé en France

Une SCPI investie hors de France (Allemagne, Pays-Bas, Espagne…) distribue des revenus imposés à la source dans le pays de situation des immeubles. Grâce aux conventions fiscales internationales, ces revenus sont, pour l'essentiel, neutralisés ou fortement allégés en France (mécanisme du taux effectif ou du crédit d'impôt) et, surtout, ils échappent généralement aux prélèvements sociaux français. Concrètement, un généraliste à 41 % qui perçoit 6 000 € d'une SCPI allemande ne reverra quasiment rien passer à l'IR français — là où la même somme en location nue française lui coûterait de l'ordre de 3 500 € entre IR et prélèvements sociaux. Le détail pays par pays est dans notre guide des SCPI européennes.

Soyons clairs : un rendement n'est jamais garanti

Les rendements de SCPI souvent affichés (de l'ordre de 4 à 6 % bruts) sont des performances passées qui ne préjugent pas des performances futures. Une SCPI comporte un risque de perte en capital, un risque de liquidité (revente non garantie) et une valeur de part qui fluctue. L'avantage fiscal des SCPI européennes ne doit jamais faire oublier que c'est d'abord un placement immobilier, à juger sur la qualité de la société de gestion et de son patrimoine.

Le LMNP : l'amortissement qui neutralise les loyers

En location meublée non professionnelle (LMNP) au réel, vous amortissez comptablement le bien et le mobilier : cet amortissement vient en charge et efface, souvent en totalité, l'impôt sur vos loyers pendant de nombreuses années. Tant que l'amortissement court, vous encaissez du loyer en payant peu ou pas d'impôt dessus.

Deux nuances 2026 à garder en tête sur le LMNP

Prélèvements sociaux : le classement du meublé non professionnel à 17,2 % ou à 18,6 % au titre de la LFSS 2026 n'est pas tranché à ce jour : certains praticiens retiennent 17,2 %, l'analyse « produits de placement » tend vers 18,6 %. À surveiller — voir la dualité 18,6 % / 17,2 %.
Plus-value : depuis la LF 2025, les amortissements déduits sont réintégrés dans le calcul de la plus-value lors de la revente, ce qui augmente l'imposition à la sortie. L'avantage du LMNP est donc un report d'impôt, pas une exonération définitive.
§ 7LEVIER 6 · EN DERNIER·3 MIN

Levier 6 — FIP, Girardin, dons : le plafond de 10 000 €

On arrive à l'étage 3, celui des réductions à pur effet fiscal, qui entrent dans le plafonnement global des niches de 10 000 € par an et par foyer (art. 200-0 A du CGI), porté à 18 000 € avec le Girardin et les SOFICA. Règle d'or : on n'y vient qu'une fois les déductions hors plafond saturées (PER, déficit foncier, LMNP), et seulement avec un impôt élevé et certain.

Les réductions de l'étage 3, dans le plafond de 10 000 € (18 000 € avec Girardin).
DispositifAvantageStatut 2026Vigilance
FCPI-JEI, FIP Corse / Outre-merRéduction d'IR 30 % (art. 199 terdecies-0 A)FCPI/FIP classiques supprimés au 21/02/2026Couple rendement/risque défavorable
Girardin industriel / logement socialRéduction one-shot > montant investi (art. 199 undecies B et C)Plafond niches majoré à 18 000 €Fonds perdus + risque de requalification
Dons (œuvres, aide aux personnes)Réduction de 66 % ou 75 % (art. 200)MaintenuPlafonnés (% du revenu)

Déontologie et bon sens : ne jamais inverser l'ordre

Chaque mi-décembre, un commercial appelle : « Docteur, il vous reste trois semaines pour effacer 10 000 € d'impôt. » C'est exactement le moment où l'on signe un Girardin sans avoir lu la notice. Or le Girardin est un investissement à fonds perdus (vous ne récupérez pas votre capital) qui comporte un risque de requalification en cas de défaillance de l'opérateur ; les fonds FIP/FCPI ont un couple rendement/risque souvent défavorable. Ils ne sont jamais un placement de rendement : ce sont de purs outils de réduction, à manier avec prudence et après les étages 1 et 2. Pour le détail, voyez FIP et FCPI en 2026 et le fonctionnement du plafond des niches.
§ 8LEVIER 7 · STRUCTURE·3 MIN

Levier 7 — Passer en SELARL si les revenus sont élevés

Dernier levier, structurel cette fois : la société d'exercice libéral (SELARL). Mais attention, ce n'est pas un levier pour tout le monde. En BNC au réel, 100 % de votre bénéfice supporte l'IR (jusqu'à 45 %) et les cotisations TNS. En SELARL à l'impôt sur les sociétés, seules votre rémunération et vos dividendes remontent à l'IR : le bénéfice non consommé capitalise dans la société à l'IS (15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 % — art. 219, I-b du CGI). La SEL est régie depuis 2023 par l'ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023 (et non l'ancienne loi 90-1258).

La SELARL n'a d'intérêt que si vous ne consommez pas tout votre bénéfice

La logique est simple : la société protège de l'IR à 41-45 % uniquement la part de bénéfice que vous laissez dedans. Un généraliste qui retire chaque année la totalité de ses 110 000 € pour vivre ne laisse rien capitaliser à l'IS : il paie alors 2 000 à 4 000 € de comptabilité et de juridique en plus… pour zéro avantage fiscal net. Pour un médecin secteur 1 dont le train de vie absorbe l'essentiel du bénéfice, rester en BNC est souvent le bon choix. La SELARL devient pertinente surtout au-delà, avec un excédent durable.

Deux pièges propres à la SEL du médecin

Rémunération technique en BNC. La part de votre rémunération correspondant à l'exercice technique de la médecine est imposée en BNC, pas en traitements et salaires (CE 8 avril 2025, n° 492154 ; doctrine applicable aux revenus perçus depuis 2024). Ce n'est pas un inconvénient pour le PER (cette part rouvre du 154 bis), mais cela change la mécanique déclarative.
Dividendes > 10 % du capital. La fraction de dividendes excédant 10 % du capital social (plus primes et comptes courants) est soumise aux cotisations sociales TNS (art. L. 131-6 CSS), y compris lorsqu'ils transitent par une SPFPL. L'arbitrage salaire/dividendes doit donc être personnalisé — et le PFU sur les dividendes est de 31,4 % en 2026 (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux), pas 30 %.

L'arbitrage complet entre BNC et société est détaillé dans médecin généraliste : faut-il passer en SELARL ou rester en BNC.

§ 9SPÉCIFICITÉ SECTEUR 1·2 MIN

Secteur 1 : l'ASV en partie financée par la CPAM

Votre conventionnement secteur 1 change une ligne de votre retraite que beaucoup d'avocats ou d'architectes n'ont pas. En secteur 1 (tarifs conventionnés, sans dépassement d'honoraires), l'Assurance maladie prend en charge une partie de vos cotisations. Votre retraite repose sur trois étages : la CNAVPL (régime de base des libéraux), la CARMF (complémentaire des médecins) et le régime des allocations supplémentaires de vieillesse (ASV).

L'avantage secteur 1 : deux tiers de l'ASV payés par la CPAM

Pour le médecin de secteur 1, les cotisations du régime ASV sont financées aux deux tiers par la CPAM (le médecin n'en supporte qu'un tiers), là où un médecin de secteur 2 acquitte l'intégralité de cette cotisation. C'est un avantage social réel attaché au conventionnement. Les valeurs de point et montants de cotisation 2026 sont à confirmer sur carmf.fr.

Reste que ce socle CNAVPL + CARMF + ASV vous restituera, à la liquidation, une fraction nettement inférieure à vos derniers revenus d'activité. La caisse obligatoire fonctionne en répartition ; elle constitue un socle, pas un revenu de remplacement complet. C'est précisément cet écart que le PER (§2), en capitalisation et défiscalisé à l'entrée, vient combler. Son ampleur est chiffrée dans retraite du médecin généraliste : pourquoi la CARMF ne suffira pas.

§ 10CAS CHIFFRÉ·3 MIN

Cas chiffré : Dr Camille, généraliste secteur 1, BNC 110 000 €

Reprenons le fil avec un dossier concret (anonymisé). Voici comment s'enchaînent les trois étages pour une généraliste type — prénom fictif, ordres de grandeur réels. Dr Camille exerce en secteur 1, dégage un bénéfice BNC de 110 000 €, est célibataire, à une TMI de 41 %, et participe à la garde dans un secteur classé en zone d'intervention prioritaire. Ces chiffres figent les taux 2026 et supposent les conditions remplies ; ils ne valent pas conseil personnalisé.

Dr Camille — illustration de l'enchaînement des étages aux taux 2026. L'effet du déficit foncier sur la fraction qui efface des revenus fonciers est majoré des prélèvements sociaux ; le chiffre indiqué retient la seule TMI sur le revenu global, par prudence.
ÉtageLevier activéMontant déduit / exonéréEffet IR estimé (TMI 41 %)
1 — Métier (gratuit)Permanence des soins exonérée (151 ter)Rémunération de garde exonérée (≤ 60 j)Sort de l'assiette imposable
2 — Épargne (hors plafond)PER art. 154 bis20 291 €≈ − 8 319 €
2 — Immobilier (hors plafond)Déficit foncier10 700 €≈ − 4 387 €
3 — Niche (plafond 10 000 €)Don (75 %) — illustration1 000 € versés≈ − 750 €

Lecture du cas : la hiérarchie paie

En activant d'abord ses leviers gratuits (permanence des soins exonérée), puis ses déductions hors plafond (PER 20 291 € + déficit foncier 10 700 € = ~30 991 € déduits), Dr Camille économise de l'ordre de 12 700 € d'impôt sur le revenu sans entamer son plafond de niches. Elle réserve ce plafond de 10 000 € pour un éventuel étage 3 (ici un simple don). Et comme son RFR reste loin de 250 000 €, elle n'est concernée ni par la CEHR, ni par la CDHR (voir §11). Pas un seul FIP, pas un seul Girardin : ces ~12 700 € viennent uniquement de leviers qu'elle aurait pu activer elle-même, à condition d'en connaître l'ordre.

Et je le redis à chaque rendez-vous : lisez ces chiffres pour ce qu'ils sont

Ces montants sont des illustrations fiscales aux taux 2026, pas des promesses de rendement. L'économie d'impôt est réelle et immédiate ; la performance ultérieure d'un PER ou d'un bien immobilier dépend des supports choisis et comporte un risque de perte en capital. Votre situation se chiffre au cas par cas, en tenant compte de votre assiette sociale, de votre zonage et de votre épargne disponible. Pour la stratégie de placement d'ensemble, voyez où placer son argent quand on est médecin généraliste.
§ 11GARDE-FOUS·2 MIN

Les garde-fous : plafond des niches, CEHR et CDHR

Trois plafonds peuvent gâcher une stratégie mal ordonnée : le plafond des niches, la CEHR et la CDHR. Pour un généraliste à 110 000 €, deux d'entre eux ne se déclenchent même pas — mais ils tombent dès qu'un confrère spécialiste franchit 250 000 € (cas du médecin spécialiste à hauts revenus).

Le plafond global des niches (10 000 €)

Premier garde-fou : l'article 200-0 A du CGI plafonne à 10 000 € par an et par foyer le total des réductions et crédits d'impôt (Girardin, FIP, dons, emploi à domicile), porté à 18 000 € avec le Girardin et les SOFICA. Rappel salutaire : vos déductions (PER, déficit foncier, LMNP) n'y entrent pas— d'où l'intérêt de les saturer d'abord.

La CEHR et la CDHR (au-delà de 250 000 € de RFR)

La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR, art. 223 sexies) ajoute 3 % au-delà de 250 000 € de RFR pour un célibataire (500 000 € pour un couple), puis 4 % plus haut. La contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR, art. 224) impose, elle, une imposition minimale de 20 % du revenu de référence pour les mêmes seuils de 250 000 / 500 000 €.

Un généraliste à 110 000 € est loin de ces seuils — un spécialiste, non

Pour Dr Camille (RFR très inférieur à 250 000 €), ni la CEHR ni la CDHR ne s'appliquent : ces garde-fous ne la concernent pas. Ils deviennent en revanche centraux pour les médecins à hauts revenus, chez qui un versement PER bien calibré peut faire passer le RFR sous un seuil et neutraliser une surtaxe entière. Le périmètre exact du calcul de la CDHR (revenus retenus, décote de 82,5 %) et sa pérennité au-delà de 2026 appellent une analyse fine : nous le traitons dans le guide CDHR des professions libérales.
Méthode documentée

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Dr Camille a déduit près de 30 991 € sans toucher au plafond des niches. Voyons ce que ça donne sur VOTRE 2035 : cabinet basé à Bassens, près de Chambéry, capitalistiquement indépendant, on part de votre bénéfice réel et de votre zonage pour ordonner vos leviers avec votre expert-comptable, dans le respect de votre déontologie.

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ACCOMPAGNEMENT

Optimiser votre fiscalité de médecin avec un CGP en architecture ouverte

Cabinet pluridisciplinaire : vérification de vos exonérations propres au métier (PDS, ZFRR), calibrage du plafond PER 154 bis, immobilier selon votre tranche, retraite CARMF, le tout dans le respect de votre déontologie. Une vision globale, des exonérations du métier jusqu'aux dernières réductions sous plafond.

  • Bilan patrimonial offert
  • Cabinet capitalistiquement indépendant
  • Vision 360° métier + patrimoine
4,7/5sur Trustpilot (26 avis)

Construire votre stratégie de médecin avec un CGP capitalistiquement indépendant

Pas de produit-maison, pas de biais commercial. On vérifie d'abord vos leviers gratuits (permanence des soins, installation zonée), on calibre votre PER sur votre bénéfice réel, on identifie le dispositif immobilier adapté à votre tranche, et on calibre la prévoyance et la retraite avec votre expert-comptable. Une méthode, pas un catalogue de produits.

Bilan gratuitCabinet CIF · COA · COBSPSans engagement

Sources et références légales

  • Leviers du métier — exonérations médicales

    Art. 151 ter CGI (exonération d'IR de la rémunération de permanence des soins ambulatoires en zone sous-dense, dans la limite de 60 jours par an ; zones définies au titre de l'art. L. 1434-4 du Code de la santé publique ; doctrine BOI-BNC-CHAMP-10-40-20-20). Art. 44 quindecies A CGI (exonération d'impôt sur les bénéfices en zone France ruralités revitalisation : ZFRR depuis le 01/07/2024, ZFRR+ depuis le 01/01/2025, exonération totale jusqu'au 59e mois puis dégressive ; doctrine BOI-BIC-CHAMP-80-10-70-20). Régimes encadrés (de minimis, zonage ARS) : rescrit recommandé.

  • Épargne déductible — PER et Madelin

    Art. 154 bis CGI : plafond retraite TNS (10 % du bénéfice dans la limite de 8 PASS, majorés de 15 % de la fraction entre 1 et 8 PASS ; plancher 4 806 €, maximum 88 911 € en 2026) et enveloppe distincte de prévoyance et complémentaire santé (7 % du PASS + 3,75 % du bénéfice). Loi PACTE n° 2019-486 du 22/05/2019 (création du PER, fermeture des Madelin retraite au 01/10/2020). Doctrine BOI-BNC-BASE-40-60-50. Arrêté du 22/12/2025 : PASS 2026 = 48 060 €.

  • Immobilier et réductions sous plafond

    Art. 156, I, 3 CGI (déficit foncier 10 700 €, doublé à 21 400 € pour la rénovation énergétique, prorogé jusqu'au 31/12/2027). Art. 200-0 A CGI (plafonnement global des niches à 10 000 €, 18 000 € avec Girardin/SOFICA). Art. 199 terdecies-0 A CGI (FCPI-JEI, FIP Corse et Outre-mer à 30 %, FCPI/FIP classiques supprimés au 21/02/2026). Art. 199 undecies B et C CGI (Girardin). Art. 200 CGI (dons, 66 % et 75 %). LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025) : prélèvements sociaux du capital 18,6 % ou 17,2 % maintenu selon le revenu.

  • Structure, garde-fous et retraite

    Ordonnance n° 2023-77 du 08/02/2023 (régime des SEL, ex-loi 90-1258). Art. 219, I-b CGI (IS 15 % puis 25 %). Art. L. 131-6 CSS (dividendes de SEL au-delà de 10 % du capital). CE 8 avril 2025 n° 492154 (rémunération technique des associés de SEL imposée en BNC). Art. 223 sexies CGI (CEHR) et art. 224 CGI (CDHR, imposition minimale 20 % du RFR au-delà de 250 000 / 500 000 €). Régime de retraite des médecins : CNAVPL (base), CARMF (complémentaire et ASV, financée aux deux tiers par la CPAM en secteur 1) — valeurs de point et cotisations 2026 à vérifier sur carmf.fr.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Chaque levier dépend de votre situation (bénéfice, secteur conventionnel, zonage de votre commune, déontologie médicale). Les exonérations zonées (permanence des soins, ZFRR) sont encadrées et supposent une vérification du zonage de l'ARS, voire un rescrit fiscal préalable : ne les présumez jamais acquises sans cette étape. Les valeurs de point et cotisations CARMF 2026 sont à confirmer sur carmf.fr. Les chiffres et taux cités sont à jour au 25 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF/LFSS annuelles, doctrine BOFiP, jurisprudence). Tout placement comporte un risque de perte en capital.

Foire aux questions

Tout sur la défiscalisation du médecin généraliste en 2026.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous : par où commencer, combien déduire avec le PER, l'exonération de permanence des soins, l'installation en zone sous-dotée, le passage en SELARL. Réponses sourcées et à jour 2026.