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Guide médecins spécialistes 202620 minMis à jour 25 juin 2026Page hub hauts revenus

Défiscalisation pour médecin spécialiste : les stratégies adaptées aux hauts revenus

Vous êtes spécialiste de secteur 2, votre bénéfice frôle ou dépasse 250 000 €, et chaque année on vous propose des « produits de défisc » qui, à votre niveau, ne servent plus à rien. La raison : à 45 % de TMI, avec la CEHR et surtout la CDHR (impôt minimum de 20 % du revenu fiscal de référence), les réductions d'impôt sont plafonnées et neutralisées. Le bon réflexe n'est plus de jouer le taux, mais l'assiette et le report. Voici le tri — les 4 leviers qui marchent vraiment, et ceux qui ne marchent plus. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

STRATÉGIE SPÉCIALISTE 2026

Faire le tri de votre défisc et piloter votre RFR sous les seuils

Audit de votre situation de spécialiste à hauts revenus : plafond PER 154 bis, bascule SEL / IS et SPFPL, apport-cession 150-0 B ter, immobilier d'assiette (MH, déficit foncier, nue-propriété), et calibrage face à la CEHR et à la CDHR. Cabinet 100 % indépendant, modélisation chiffrée avec votre expert-comptable.

  • Calcul de votre exposition CEHR / CDHR
  • Stratégie report vs réduction d'assiette
  • Plafond PER 154 bis exact
  • Cabinet 100 % indépendant

TMI CIBLE

45 %

CDHR — IMPÔT MINIMUM

20 % du RFR

PER DÉDUCTIBLE MAX

88 911 €

PLAFOND DES NICHES

10 000 €

IS CAPITALISÉ

15 / 25 %

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1LE DIAGNOSTIC·3 MIN

Combien d'impôt paie vraiment un spécialiste en 2026 ?

L'essentiel en 30 secondes

Le constat d'abord : à 45 % de TMI, avec la CEHR (article 223 sexies) et surtout la CDHR (article 224, impôt minimum de 20 % du RFR), la moitié des produits de défiscalisation ne vous servent plus — ils sont plafonnés (niches à 10 000 €) puis neutralisés par la CDHR. Une fois ce constat posé, la grille de lecture change : on ne joue plus la réduction d'impôt, on joue la réduction d'assiette (PER jusqu'à 88 911 €, déficit foncier, Monuments Historiques, nue-propriété) et le report (bénéfice laissé dans une SEL à l'IS, apport-cession 150-0 B ter) — les seuls leviers qui font baisser le RFR lui-même. Au bout du compte, ce qui pilote tout, ce n'est jamais le taux affiché d'un avantage, mais votre revenu fiscal de référence. Tout ce guide déroule ce tri, cas chiffrés à l'appui.

Posons le décor sans détour. Un médecin spécialiste de secteur 2 — radiologue, chirurgien, ophtalmologue, anesthésiste — dégage des revenus qui le placent presque mécaniquement dans la tranche à 45 % de l'impôt sur le revenu (article 197 du CGI), au-delà d'environ 181 917 € par part. Mais raisonner sur le seul taux marginal vous ferait passer à côté de l'essentiel : à votre niveau, l'impôt ne se résume pas au barème. Il s'empile.

Trois étages se greffent sur le barème. Les prélèvements sociaux d'abord, sur vos revenus du capital (17,2 % ou 18,6 % selon le support, on y revient). La CEHR ensuite, la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (article 223 sexies), qui frappe le revenu fiscal de référence au-delà de 250 000 €. Et surtout la CDHR (article 224), la vraie rupture de 2026 : un impôt minimum de 20 % du RFR. Regardons cet empilement en face.

L'empilement fiscal d'un haut revenu médical en 2026. Le vrai sujet n'est plus la tranche à 45 %, mais le plancher de 20 % du RFR imposé par la CDHR.
PrélèvementBase de calculTaux / seuil 2026
IR au barème (art. 197)Revenu net imposable par part0 / 11 / 30 / 41 / 45 % — tranche à 45 % > ~181 917 €/part
CEHR (art. 223 sexies)Revenu fiscal de référence3 % de 250 k€ à 500 k€, 4 % au-delà (célibataire) ; 500 k€ / 1 M€ (couple)
CDHR (art. 224)RFR retraitéImpôt minimum de 20 % si RFR > 250 k€ (seul) / 500 k€ (couple)
Prélèvements sociauxRevenus du capital, selon support17,2 % (foncier, AV) ou 18,6 % (PER, FPCI, dividendes)

Vous le voyez : le point de bascule n'est pas votre taux marginal, c'est ce plancher de 20 % du RFR. C'est lui qui rend inutile la moitié des produits de défiscalisation qu'on vous propose, et c'est précisément ce que ce guide va trier. Pour le diagnostic complet de votre exposition à la tranche haute, voyez médecin spécialiste dans la tranche à 45 %.

Secteur 1 ou secteur 2 : aucune différence fiscale de fond

On entend souvent qu'il existerait une « niche secteur 2 ». C'est faux. Vos dépassements d'honoraires de secteur 2 sont des recettes BNC ordinaires, imposées plein pot au barème, sans aucun régime de faveur propre au secteur. Un médecin de secteur 1 et un médecin de secteur 2 sont fiscalement logés à la même enseigne. La seule vraie différence se situe sur la couverture sociale : pour le secteur 1, une partie de l'ASV (l'allocation supplémentaire de vieillesse de la CARMF) est financée par l'Assurance maladie. On y revient en section 10.
§ 2LA CONTRAINTE·4 MIN

La CDHR et la CEHR : les deux plafonds qui changent tout

Deux contraintes encadrent toute votre optimisation, et ce sont elles qui trient ce qui marche encore de ce qui ne sert plus à rien. La seconde, la CDHR, est celle qui a tout changé.

La CEHR (article 223 sexies du CGI) : la surtaxe permanente

La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus existe depuis 2012. Malgré son nom, elle est permanente. Elle frappe le revenu fiscal de référence (RFR), sans quotient familial : 3 % sur la fraction de RFR comprise entre 250 000 € et 500 000 € pour un célibataire (entre 500 000 € et 1 000 000 € pour un couple), puis 4 % au-delà. Un mécanisme de lissage existe pour les revenus exceptionnels (quand le RFR dépasse une fois et demie la moyenne des deux années précédentes). L'essentiel tient en une ligne : son assiette est le RFR, donc tout ce qui abaisse votre RFR abaisse mécaniquement la CEHR.

La CDHR (article 224 du CGI) : l'impôt minimum de 20 % du RFR

C'est elle qui rebat les cartes. La contribution différentielle sur les hauts revenus garantit que votre imposition globale atteigne au moins 20 % de votre revenu fiscal de référence retraité, dès que ce RFR dépasse 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple). Si votre impôt « normal » (IR au barème + part forfaitaire + CEHR) tombe en dessous de ce seuil de 20 %, la CDHR vient combler la différence. C'est, littéralement, un impôt plancher. À la différence de la CEHR, elle est réservée aux résidents fiscaux français (article 4 B).

Et ce ne sont pas des références théoriques : la CDHR a une histoire législative précise. Elle a été créée par l'article 10 de la loi de finances 2025 (loi n° 2025-127 du 14 février 2025), validée par le Conseil constitutionnel (décision n° 2025-874 DC du 13 février 2025). Elle a été reconduite par la loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026), validée par le Conseil constitutionnel (décision n° 2026-901 DC du 19 février 2026), jusqu'au retour du déficit public sous 3 % du PIB.

Le calcul de la CDHR (principe)

CDHR due = max( 0 ;  20 % x RFR retraite
                        - [ IR au bareme
                          + part IR du prelevement forfaitaire 12,8 %
                          + CEHR
                          + certaines majorations ] )

Majorations : + 1 500 EUR par personne a charge
              + 12 500 EUR pour un couple soumis a imposition commune

Les prélèvements sociaux (17,2 % ou 18,6 %) ne figurent PAS au numérateur : ils ne « comptent » pas pour atteindre le plancher de 20 %. Une décote atténue l'entrée dans la contribution lorsque le RFR retraité reste sous 330 000 € (célibataire) ou 660 000 € (couple). Un acompte de 95 % est versé en décembre.

Pas (encore) de doctrine BOFiP sur la CDHR

Disons les choses franchement : à la date de ce guide, l'administration n'a pas publié de doctrine BOFiP détaillant la CDHR. Le périmètre exact du RFR retraité (revenus minorés ou réintégrés, traitement des plus-values en report, des dons et réductions, mécanique précise de la décote) reste à confirmer au simulateur officiel impôts.gouv.fr. En conséquence, tous les cas chiffrés de ce guide sont des illustrations à recalculer, et nous formulons au conditionnel le détail fin du calcul. Le dispositif est trop récent pour qu'on raisonne au centime : on travaille sur la logique.

La leçon centrale : on ne joue plus le taux, on joue l'assiette

Tirons-en la conséquence qui structure tout le reste. Une réduction d'impôt qui ferait passer votre IR sous 20 % du RFR est purement et simplement reprise par la CDHR. Verser dans un produit de défisc « pour effacer l'impôt » ne sert donc plus à rien : la CDHR rattrape l'avantage. À votre niveau de revenu, la seule stratégie qui tient consiste à baisser le RFR lui-même (réduction d'assiette) ou à sortir du revenu de l'année (report). Pour la mécanique détaillée des deux surtaxes, voyez la CDHR du médecin spécialiste avant de défiscaliser et la mécanique de la CEHR et de la CDHR pour les hauts revenus.
§ 3LA MÉTHODE·3 MIN

Réduction d'impôt, réduction d'assiette, report : la grille de lecture

Voici la grille de lecture que je sors à chaque spécialiste en rendez-vous. Tous les « avantages fiscaux » ne se valent pas : il en existe trois familles radicalement différentes, et face à la CDHR, deux seulement tiennent debout.

Réduction d'impôt — neutralisée

FIP, FCPI, Girardin, Sofica, Malraux. L'avantage vient en diminution de l'IR, dans le plafond global des niches de 10 000 € (art. 200-0 A ; 18 000 € avec Girardin / Sofica). Problème : dès que l'IR passe sous le plancher de 20 % du RFR, la CDHR reprend l'avantage. À votre niveau, ce levier est largement neutralisé.

Réduction d'assiette — efficace

PER (154 bis), déficit foncier, Monuments Historiques, nue-propriété / démembrement. L'avantage baisse le revenu imposable, donc le RFR lui-même. Hors plafond des niches (BOI-IR-LIQ-20-20-10-10 § 110), il abaisse aussi l'assiette de la CDHR et de la CEHR. C'est efficace, même à très hauts revenus.

Et il existe une troisième famille, souvent celle qui pèse le plus lourd pour un spécialiste qui exerce en société : le report. Le bénéfice non distribué d'une SEL à l'IS, ou la plus-value placée en report via l'apport-cession (article 150-0 B ter), sort tout simplement le revenu de votre déclaration de l'année. Ce revenu n'entre alors pas dans le RFR, et la plus-value en report est même retirée du revenu retraité de la CDHR.

Trois familles, un seul gagnant à 45 % + CDHR. À votre niveau, ne cherchez plus la réduction d'impôt : cherchez la baisse d'assiette et le report.
FamilleExemplesDans le plafond 10 000 € ?Effet sur le RFR / la CDHRVerdict spécialiste
Réduction d'impôtFIP, FCPI, Girardin, MalrauxOui (sauf MH, hors plafond)Aucun — joue le taux d'impôtNeutralisée
Réduction d'assiettePER, déficit foncier, MH, démembrementNon — hors plafondBaisse le RFREfficace
ReportSEL / IS non distribuée, 150-0 B terNonSort le revenu de l'annéeEfficace

La suite du guide déroule ces deux familles gagnantes, levier par levier : le PER, la bascule en société, l'apport-cession, l'immobilier d'assiette, puis le capital-investissement (où l'on triera le bon grain de l'ivraie). Pour le panorama d'ensemble du libéral fortement imposé, voyez payer moins d'impôts quand on est une profession libérale à hauts revenus et le plafond global des niches de 10 000 €.

Hagnéré Patrimoine

Faut-il vraiment souscrire ce produit de défisc ?

Un CGP indépendant chiffre votre exposition à la CEHR et à la CDHR, puis trie vos options entre réduction d'assiette et report — et vous dit honnêtement quand un produit ne sert à rien à votre niveau de revenu.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 4LEVIER 1 — ASSIETTE·4 MIN

Levier n°1 : le PER au plafond (jusqu'à 88 911 €)

C'est le levier d'assiette le plus efficace à votre disposition, et il devrait être votre premier réflexe. Le plan d'épargne retraite déductible n'est pas une réduction d'impôt : c'est une déduction du revenu. Il baisse donc à la fois votre IR et votre RFR — exactement ce que la CDHR récompense.

En tant que travailleur non salarié (BNC, ou gérant majoritaire de SELARL), vous bénéficiez du plafond spécifique de l'article 154 bis du CGI, bien plus large que celui des salariés : 10 % de votre bénéfice imposable (dans la limite de 8 PASS) majorés de 15 % de la fraction comprise entre 1 et 8 PASS. Le PASS 2026 est de 48 060 €.

Le plafond PER TNS 2026, du plancher au maximum

PLAFOND PER TNS = 10 % x benefice (dans la limite de 8 PASS)
                + 15 % x (min(benefice, 8 PASS) - 1 PASS)

PASS 2026 = 48 060 EUR   |   8 PASS = 384 480 EUR

PLANCHER = 10 % x 1 PASS                    = 4 806 EUR
MAXIMUM  = 10 % x 384 480
         + 15 % x (384 480 - 48 060)
         = 38 448 + 50 463                  = 88 911 EUR

Le maximum de 88 911 € suppose un bénéfice d'au moins 384 480 € (8 PASS). À 45 % de TMI, déduire ce maximum représente environ 40 010 € d'impôt en moins — et un RFR abaissé d'autant.

L'effet est double. D'abord l'économie d'IR immédiate, qui vaut approximativement votre versement × votre TMI : à 45 %, déduire 88 911 € vous fait économiser environ 40 010 € d'impôt. Ensuite, et c'est ce qui compte à votre niveau, le RFR baisse du montant versé : le PER agit donc sur l'assiette de la CEHR et de la CDHR. C'est l'archétype du levier d'assiette.

À la sortie, les prélèvements sociaux du PER sont à 18,6 %

Une précision honnête sur la fiscalité de sortie. À la sortie en capital, la part « versements déduits » est imposée au barème de l'IR et la part « gains » au prélèvement forfaitaire unique. Attention : depuis la LFSS 2026, les prélèvements sociaux sur les gains du PER sont de 18,6 % (CSG 10,6 + CRDS 0,5 + solidarité 7,5), et non 17,2 % comme pour l'assurance-vie. Le PER reste néanmoins un excellent report : vous déduisez à 45 % aujourd'hui pour une sortie souvent à une TMI plus basse à la retraite. Le détail de cette dualité : la dualité 18,6 % / 17,2 % des prélèvements sociaux 2026.

N'oubliez pas l'enveloppe sœur : la prévoyance et la complémentaire santé Madelin (toujours article 154 bis), déductible jusqu'à environ 11 534 € en 2026 (7 % du PASS + 3,75 % du bénéfice, dans une limite globale). C'est un plafond distinct de celui du PER retraite. Pour le calcul détaillé, support par support, voyez combien déduire avec le PER d'une profession libérale et le pilier le guide complet du plan d'épargne retraite.

Cas n°1 — Dr Camille, rhumatologue secteur 2 (TMI 41 %)

Bénéfice BNC 2026 : 180 000 €, célibataire. Son RFR reste sous le seuil des surtaxes (CEHR / CDHR à 250 000 €) — elle n'est donc concernée par aucune des deux —, mais le PER reste son premier réflexe.

Plafond 154 bis : 10 % × 180 000 + 15 % × (180 000 − 48 060) = 18 000 + 19 791 = 37 791 €.
Si elle verse 37 791 € : économie d'IR ≈ 37 791 × 41 % = 15 494 €, et son RFR baisse d'autant.
Le PER lui prépare aussi une retraite que la CARMF ne suffira pas à assurer (section 10). Illustration aux taux 2026.
§ 5LEVIER 2 — REPORT·4 MIN

Levier n°2 : la SEL à l'IS et la holding SPFPL (le report)

Là, on touche au levier qui change durablement la donne sur votre RFR — et le plus mal compris. L'idée n'est pas de payer moins d'impôt sur ce que vous consommez, mais de ne pas faire remonter à votre déclaration personnelle le bénéfice que vous ne consommez pas.

Capitaliser dans la SEL plutôt que tout sortir

Tant que vous exercez en BNC, l'intégralité de votre bénéfice est imposée à votre nom, au barème, qu'elle soit consommée ou non. En SEL à l'impôt sur les sociétés (SELARL ou SELAS), le bénéfice que vous laissez dans la société est imposé à l'IS — 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice (sous conditions PME), puis 25 % (article 219) — et ne remonte pas à votre RFR. Vous décidez de ce que vous vous versez, donc vous pilotez directement l'assiette de la CDHR. La société n'a d'intérêt que sur la part du bénéfice que vous n'avez pas besoin de consommer ; sur ce que vous sortez pour vivre, le gain est nul.

La SPFPL et le régime mère-fille

Au-dessus de votre SEL, vous pouvez interposer une SPFPL (société de participations financières de profession libérale), une holding dédiée aux libéraux. Les dividendes remontés de la SEL vers la SPFPL bénéficient du régime mère-fille : ils sont exonérés à 95 % (articles 145 et 216), seule une quote-part de frais et charges de 5 % étant imposée — soit un frottement effectif d'environ 1,25 % (et même de l'ordre de 0,25 % en intégration fiscale). Le cadre juridique est celui de l'ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023, qui a recodifié le droit des SEL et des SPFPL (l'ancienne loi n° 90-1258 du 31 décembre 1990). L'inscription de la SPFPL auprès de l'Ordre des médecins est requise.

La SPFPL n'est pas un tunnel sans frottement social

Attention au mythe du montage « magique ». La fraction de dividendes que vous percevez au-delà de 10 % du capital social (majoré des primes d'émission et des comptes courants) est réintégrée dans l'assiette de vos cotisations TNS (article L. 131-6 du Code de la sécurité sociale). Et la Cour de cassation a jugé que l'interposition d'une SPFPL ne fait pas écran à cette réintégration (Cass. 2e civ. 19 octobre 2023, n° 21-20.366, dans une affaire de chirurgien-dentiste). Par ailleurs, le Conseil d'État impose désormais de ventiler la rémunération « technique » de l'associé (imposée en BNC) de la rémunération de gérance (CE 8 avril 2025, n° 492154). Bref : la structuration est puissante, mais elle se construit avec un conseil, dans le respect de la déontologie.

LF 2026 : la taxe sur les holdings vise la capitalisation pure

La loi de finances 2026 a introduit une taxation visant les holdings de pure capitalisation patrimoniale. Une SPFPL d'exercice (qui détient et anime des participations dans des SEL en activité) en est, en principe, hors champ : elle n'est pas une coquille de placement. Nous le formulons toutefois avec prudence, le périmètre exact du dispositif étant à confirmer au texte. Pour creuser la structuration, voyez la SPFPL pour investir sa trésorerie sans frottement fiscal, SELARL ou SELAS pour un médecin spécialiste et le guide de la holding patrimoniale.

Reste la question du placement de la trésorerie ainsi capitalisée dans la société, sujet à part entière : que faire de la trésorerie de sa société quand on est médecin spécialiste et l'arbitrage salaire ou dividendes en SEL.

§ 6LEVIER 2 BIS — REPORT·3 MIN

Le report par excellence : l'apport-cession (150-0 B ter)

Si un jour vous cédez vos titres de SEL, une participation ou un cabinet structuré en société, vous risquez une plus-value lourdement taxée l'année de la vente. L'apport-cession est l'outil de report par excellence pour cette situation.

Le principe : avant de vendre, vous apportez vos titres à une holding que vous contrôlez. La plus-value d'apport est alors placée en report d'imposition (article 150-0 B ter du CGI) : elle n'est pas imposée l'année de l'opération. Mieux encore pour un spécialiste exposé à la CDHR : cette plus-value en report est retirée du revenu retraité servant au calcul de la contribution. C'est un report, pas une exonération : l'impôt sera dû plus tard, en cas d'événement déclencheur — mais le différé peut durer des années.

La contrepartie : si la holding cède les titres apportés dans les trois ans, elle doit réinvestir au moins 60 % du produit de cession dans les 24 mois dans une activité économique éligible (ou des parts de fonds type FCPR / FPCI respectant un quota), faute de quoi le report tombe. Un durcissement des conditions de réinvestissement est évoqué dans le cadre de la loi de finances 2026 ; à confirmer au texte. Nous le signalons au conditionnel.

Pas de montage artificiel : l'abus de droit veille

L'apport-cession est un outil légal et reconnu, mais il n'échappe pas au contrôle de l'abus de droit (article L. 64 du Livre des procédures fiscales). La jurisprudence est exigeante : l'opération doit reposer sur une substance économique réelle (CE 12 juillet 2017, n° 401997), et le réinvestissement doit conférer un réel contrôle de la cible au jour du remploi (CE 16 février 2024, n° 472835). Un apport-cession monté à seule fin fiscale, sans projet économique, est requalifiable. C'est typiquement un montage à construire avec un conseil, jamais en autonomie.

Ne confondez pas l'apport-cession avec les exonérations de plus-value professionnelle, qui jouent, elles, au moment d'une cession ou d'un départ en retraite : article 238 quindecies (exonération totale en dessous de 500 000 € de valeur, dégressive jusqu'à 1 000 000 €), article 151 septies (selon les recettes), article 150-0 D ter (abattement fixe de 500 000 € pour le dirigeant qui part en retraite). Ces régimes sont détaillés dans l'apport-cession (150-0 B ter) pour reporter l'impôt et céder son cabinet en limitant l'impôt sur la plus-value.

§ 7LEVIER 3 — ASSIETTE·5 MIN

Levier n°3 : l'immobilier qui baisse le RFR (et pas seulement l'impôt)

En immobilier, le tri par la CDHR saute aux yeux. Certains dispositifs sont des réductions d'impôt (neutralisées à votre niveau), d'autres des réductions d'assiette (efficaces). Voici comment les départager.

Le déficit foncier (location nue)

Quand vous achetez un bien ancien à rénover et que vous le louez nu, les travaux déductibles s'imputent sur vos revenus fonciers, et l'excédent sur votre revenu global jusqu'à 10 700 € par an (porté à 21 400 € pour des travaux de rénovation énergétique permettant de sortir le bien du statut de passoire thermique — dispositif temporaire dont la fin au 31 décembre 2027 reste à confirmer au texte). Le surplus est reportable dix ans. C'est une pure réduction d'assiette : elle baisse votre RFR, donc l'assiette de la CDHR. Bon à savoir : les prélèvements sociaux sur les revenus fonciers restent à 17,2 % en 2026 (et non 18,6 %).

La nue-propriété et le démembrement

Pour un radiologue ou un anesthésiste déjà à 45 %, la nue-propriété est sans doute le levier d'assiette le plus net. Vous achetez la nue-propriété d'un bien (avec une décote d'environ 25 à 40 % sur le prix de la pleine propriété), l'usufruit étant détenu temporairement par un bailleur, souvent institutionnel. Pendant toute la durée du démembrement, vous ne percevez aucun loyer : votre RFR n'augmente pas d'un euro, ce qui est précieux quand on cherche à rester sous les seuils. Le bien échappe à l'IFI pour le nu-propriétaire (article 968, barème de l'article 669), et la reconstitution de la pleine propriété au terme n'est pas taxée (article 1133). Hors plafond des niches, sans revenu imposable : idéal pour votre profil.

Monuments Historiques vs Malraux : le bon arbitrage face à la CDHR

Cet arbitrage-là, beaucoup le confondent. Les deux dispositifs concernent l'immobilier de caractère, mais leur mécanique fiscale n'a rien à voir.

Monuments Historiques — réduction d'assiette

Articles 156 II 1° ter et 156 bis du CGI : déduction des charges et travaux du revenu global, sans plafonnement de niches. C'est une DÉDUCTION D'ASSIETTE : elle baisse le RFR et n'est donc PAS neutralisée par la CDHR. L'outil immobilier des très hauts revenus exposés à la contribution. Engagement de conservation de 15 ans ; exonération de droits de succession possible sous convention (art. 795 A).

Malraux — réduction d'impôt

Article 199 tervicies du CGI : réduction d'impôt de 22 % ou 30 % des travaux (plafond de 400 000 € sur 4 ans), hors plafond des niches mais qui reste une RÉDUCTION D'IMPÔT. Donc partiellement reprise par la CDHR dès que l'IR passe sous le plancher de 20 %. Pertinent seulement si votre IR effectif reste durablement au-dessus de ce seuil.

MH ou Malraux ? À RFR élevé sous CDHR, MH gagne

On compare spontanément le 30 % du Malraux au « sans taux affiché » des Monuments Historiques, et on se trompe de critère. À votre niveau de revenu, sous CDHR, ce n'est pas le taux de l'avantage qui compte, mais son effet sur le RFR. Les Monuments Historiques (déduction d'assiette) battent le Malraux (réduction d'impôt), parce que les premiers baissent l'assiette de la CDHR là où le second est partiellement repris. Ces deux dispositifs sont exigeants (sélection du bien, conduite des travaux, contraintes patrimoniales) : ils relèvent d'un accompagnement spécialisé, jamais d'un achat sur catalogue.

LMNP : un point de vigilance

La location meublée non professionnelle (LMNP) permet d'amortir le bien pour neutraliser le BIC, mais ce n'est pas un levier d'assiette sur le revenu global : le déficit LMNP ne s'impute pas sur vos autres revenus. Et la réforme Le Meur (article 84 de la LF 2025, codifié à l'article 150 VB III du CGI) réintègre, pour les cessions intervenues à compter du 15 février 2025, les amortissements déduits dans le calcul de la plus-value de cession. Enfin, les prélèvements sociaux du LMNP relèvent d'une zone grise en 2026 : certains praticiens retiennent 17,2 %, l'analyse « produits de placement » tend vers 18,6 %. Nous le signalons et le formulons au conditionnel.

Cas n°2 — Dr Antoine, chirurgien (260 000 €, sur le seuil de la CDHR)

Bénéfice 260 000 €, célibataire, RFR de départ ≈ 260 000 € → il entre dans le champ de la CEHR et de la CDHR.

PER 154 bis : 10 % × 260 000 + 15 % × (260 000 − 48 060) = 26 000 + 31 791 = 57 791 €.
Déficit foncier : travaux générant 10 700 € imputables sur le revenu global.
Effet combiné : RFR ramené à ≈ 260 000 − 57 791 − 10 700 = ≈ 191 500 € → il sort du champ de la CDHR et de la CEHR (sous 250 000 €).

Un FIP ou un Malraux ne l'aurait pas fait : ces réductions ne touchent pas le RFR. Illustration aux taux 2026, à recalculer au simulateur.

Pour cadrer le bon dispositif selon votre tranche, voyez l'immobilier de la profession libérale selon sa TMI et le démembrement de propriété et la nue-propriété.

§ 8LEVIER 4 — TRIÉ·3 MIN

Levier n°4 : le capital-investissement bien trié (FPCI vs FIP / FCPI)

C'est sur le capital-investissement qu'on vous vend le plus de produits « défisc » — et c'est là que le tri par la CDHR est le plus tranchant. Deux produits qui se ressemblent sur la plaquette commerciale n'ont rien à voir au plan fiscal : le FIP/FCPI d'un côté, le FPCI de l'autre.

FIP et FCPI : le levier laminé en 2026

Les FIP (fonds d'investissement de proximité) et FCPI (fonds communs de placement dans l'innovation) offrent une réduction d'impôt de 18 % des versements (article 199 terdecies-0 A), dans la limite de 12 000 € (24 000 € pour un couple), avec un taux de 30 % maintenu pour les FIP Corse et Outre-mer. Problème pour vous : cette réduction entre dans le plafond des niches de 10 000 € et se trouve neutralisée par la CDHR. Pire, la loi de finances 2026 a exclu les FCPI de la réduction d'impôt pour les versements effectués à compter du 21 février 2026, sauf les FCPI investis en titres de jeunes entreprises innovantes (JEI). Autrement dit, ce levier perd doublement son intérêt à votre niveau.

FPCI : l'exonération de plus-value (article 163 quinquies B)

Le FPCI (fonds professionnel de capital-investissement) « fiscal » joue sur une tout autre mécanique. Le souscripteur personne physique qui conserve ses parts au moins 5 ans et réinvestit les distributions bénéficie d'une exonération d'impôt sur le revenu sur les distributions et la plus-value de cession (article 163 quinquies B), sous condition de quota d'investissement du fonds. Ce n'est pas une réduction d'impôt : c'est une exonération, donc elle n'est pas neutralisée par la CDHR. Deux réserves majeures, à dire clairement : les prélèvements sociaux restent dus (18,6 % sur les gains), et surtout c'est un placement risqué et illiquide (risque de perte en capital, blocage long). Un FPCI ne se souscrit jamais pour sa ligne fiscale : on l'achète parce qu'on croit à la classe d'actifs, en acceptant le blocage et le risque de perte.

Ne confondez pas 163 quinquies B et 150-0 B ter

Ces trois articles se ressemblent au numéro près, et c'est exactement pour ça qu'on les confond. L'article 163 quinquies B exonère la plus-value d'un FPCI détenu 5 ans. L'article 150-0 B ter (section 6) reporte la plus-value d'apport de titres à une holding. L'article 150-0 B quinquies, lui, est marginal pour un médecin. Ce ne sont pas des synonymes : l'un concerne un fonds, l'autre un apport de vos propres titres. Pour comprendre le capital-investissement et ses risques, voyez le guide du capital-investissement (private equity) et FIP et FCPI 2026 : la réduction d'impôt dans le plafond de 10 000 €.

Note de méthode sur les rendements annoncés

Un mot de prudence, parce que la plaquette affichera un TRI cible de 12 ou 15 % qui donne envie. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et un objectif de rendement n'est jamais une garantie : le capital-investissement comporte un risque de perte en capital et une illiquidité longue (parts bloquées plusieurs années). Les projections de ce guide — qu'il s'agisse du PER, de l'immobilier ou d'un fonds — sont des illustrations pédagogiques aux paramètres 2026, à recalculer sur votre situation réelle. La bonne question n'est jamais « combien d'impôt j'efface ? » mais « est-ce que je voudrais cet actif dans mon patrimoine, même sans le moindre avantage fiscal ? ».
§ 9LE CAS CONCRET·4 MIN

Cas chiffré : un spécialiste à 300 000 € de bénéfice

Prenons le dossier qu'on voit le plus souvent arriver en rendez-vous : un spécialiste de secteur 2 à 300 000 € de bénéfice, et appliquons-lui toute la grille. C'est le profil pour lequel le tri par la CDHR fait toute la différence.

Cas n°3 — Dr Sophie, ophtalmologue secteur 2, 300 000 € de bénéfice BNC, célibataire

RFR de départ ≈ 300 000 €. Sans rien faire, elle subit la tranche à 45 % et la CEHR sur la fraction au-dessus de 250 000 € (3 % × 50 000 = 1 500 €). À noter : un revenu 100 % BNC imposé au barème supporte un taux effectif (≈ 37 %) très supérieur au plancher de 20 %, de sorte que la CDHR ne se déclenche pas ici ; elle ne deviendrait un enjeu que si une part du revenu était taxée à taux réduit (dividendes au PFU, abattements de plus-value). L'optimisation supprime donc surtout la CEHR.

Stratégie d'assiette + report :
• PER 154 bis : 10 % × 300 000 + 15 % × (300 000 − 48 060) = 30 000 + 37 791 = 67 791 € (plafond calculé sur le bénéfice brut, simplification d'illustration).
• Déficit foncier : 10 700 € imputés sur le revenu global.
• Bascule SEL / IS : ce volet suppose qu'elle exerce déjà en SEL à l'IS (et non en BNC pur) ; elle ne distribue alors pas ≈ 40 000 € de bénéfice, capitalisé à l'IS (15 / 25 %) au lieu de 45 %+.
Dr Sophie : 300 000 − 67 791 (PER) − 10 700 (déficit) − 40 000 (non distribués) ≈ 181 500 € de RFR. Elle passe sous le seuil de 250 000 € : la CEHR disparaît. Un revenu 100 % BNC au barème est déjà taxé au-dessus du plancher de 20 %, donc la CDHR ne mord pas ici (elle ne viserait qu'une part de revenu à taux réduit). La bascule SEL/IS suppose une société déjà à l'IS. Illustration aux taux 2026, à recalculer au simulateur officiel de la CDHR.
ScénarioRFR estiméCEHR + CDHRBénéfice à 45 %+
Sans optimisation≈ 300 000 €CEHR ≈ 1 500 € (CDHR non déclenchée : BNC au barème > 20 %)Tout le bénéfice exposé
Avec PER + déficit foncier + non-distribution≈ 181 500 €CEHR annulée≈ 40 000 € capitalisés à l'IS

Le point essentiel à comprendre : le gain ne vient pas d'une niche. Aucun FIP, aucun Malraux n'aurait produit ce résultat, car ils ne touchent pas le RFR. Le gain vient d'avoir sorti du revenu de la déclaration de l'année (report) et baissé l'assiette (PER, déficit foncier). C'est exactement la leçon de la section 3.

Ce que montre le cas : visez le RFR, pas le taux

Dr Sophie n'a pas « effacé son impôt » avec un produit miracle. Elle a reconfiguré la composition de son revenu : une partie capitalisée dans sa société (report), une partie transformée en épargne retraite et en patrimoine immobilier (assiette). Résultat : son RFR passe sous le seuil des surtaxes, et le bénéfice non consommé travaille à 15-25 % d'IS au lieu de 45 %+. Le déclic de Sophie n'a pas été un produit, mais un constat : tant que son revenu reste exposé, c'est le RFR — pas le taux d'une réduction — qu'il faut faire bouger.
§ 10LE TERRAIN MÉDICAL·3 MIN

Spécificités du médecin : CARMF, permanence des soins, TVA

Quelques particularités propres à la profession méritent d'être posées, parce qu'elles séparent ce qui compte vraiment — votre retraite, largement sous-dotée — de ce qu'on vous vend à tort, la prétendue niche du secteur 2.

La retraite : CNAVPL et CARMF

Comme tout médecin libéral, vous cotisez à un régime de base (CNAVPL) et à la CARMF pour la complémentaire (régime complémentaire vieillesse et ASV). Selon les valeurs publiées sur carmf.fr pour 2026, le point du régime complémentaire vaut 77,14 € et le point ASV 11,82 €. Pour le secteur 1, une partie de l'ASV est financée par l'Assurance maladie. Le constat reste le même que pour tous les libéraux à bons revenus : ce socle obligatoire assure un taux de remplacement insuffisant au regard de vos revenus d'activité. D'où le rôle central du PER (section 4) comme étage de retraite capitalisée.

Permanence des soins et TVA

Deux points reviennent souvent en rendez-vous. La permanence des soins en zone sous-dense d'abord : les rémunérations de garde perçues à ce titre sont exonérées d'impôt sur le revenu dans la limite de 60 jours par an (article 151 ter du CGI) — un avantage réel, mais borné, et qui ne s'applique pas en zone « d'action complémentaire ». Quant à la TVA, vos actes médicaux en sont exonérés (article 261-4-1° du CGI) : c'est le régime de toute la profession, personne n'y gagne un avantage particulier.

Le piège du secteur 2 : aucune niche cachée

Répétons-le clairement, car la confusion est tenace : les dépassements d'honoraires de secteur 2 n'ouvrent droit à aucun régime fiscal de faveur. C'est du BNC imposé plein pot au barème. L'idée d'une « niche secteur 2 » est un mythe : votre marge de manœuvre se trouve dans les vrais leviers de ce guide (PER, SEL / SPFPL, immobilier d'assiette), pas dans un traitement de faveur de vos honoraires. Pour le diagnostic complet de votre tranche, voyez médecin spécialiste dans la tranche à 45 %, et pour les leviers communs aux médecins, la défiscalisation du médecin généraliste.
§ 11LA MÉTHODE·3 MIN

Réduire l'impôt ou construire son patrimoine ? La bonne hiérarchie

Un dernier point, celui qu'on néglige presque toujours quand on court après la défisc. À 45 % de TMI, avec CEHR et CDHR, le report et la capitalisation battent systématiquement la course aux niches— c'est démontré tout au long de ce guide. Mais réduire l'impôt n'est pas un projet patrimonial en soi.

Reprenez le cas de Dr Sophie : son PER ne vaut que parce qu'elle prépare une retraite que la CARMF ne couvrira pas ; sa nue-propriété, que parce qu'elle veut sortir d'un patrimoine 100 % cabinet. Sans ce projet derrière — revenu de retraite, transmission, diversification —, le produit ne vaut rien. Acheter un dispositif « pour effacer un impôt », sans cap, c'est s'exposer à un mauvais actif, à de l'illiquidité, et parfois au risque fiscal. Rappel du garde-fou : tout montage (SPFPL, apport-cession) exige une substance économique réelle (article L. 64 du Livre des procédures fiscales).

Et n'oubliez pas l'aval de la chaîne : la transmission. L'assurance-vie reste un outil de premier ordre (abattement de 152 500 € par bénéficiaire au titre de l'article 990 I, 30 500 € pour les primes versées après 70 ans au titre de l'article 757 B). Et si vous détenez une SPFPL ou une holding animatrice, le pacte Dutreil (article 787 B) peut alléger fortement les droits — sous réserve d'une réelle animation (la Cour de cassation a rappelé l'exigence de filiales opérationnelles, Cass. com. 17 décembre 2025, n° 24-17.415). Ces sujets se travaillent dans le guide de l'assurance-vie, la succession et la donation.

Qui rédige ce guide

Ce guide est rédigé par Quentin Hagnéré et l'équipe d'Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant basé à Bassens (73000), enregistré à l'ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP), adhérent CNCEF Patrimoine. Nous accompagnons des médecins spécialistes et des professions libérales à hauts revenus sur la structuration (SEL, SPFPL), l'optimisation de l'assiette et du RFR, l'immobilier et la transmission. Comme nous sommes rémunérés par le conseil et non par la vente d'un produit en particulier, notre rôle est de trier — y compris de vous dire quand un dispositif ne sert à rien à votre niveau. Cabinet noté 4,7/5 sur Trustpilot (26 avis).

Dans l'ordre : on commence par le bilan patrimonial — situation, objectifs, exposition réelle aux surtaxes — et c'est lui, pas un catalogue de produits, qui dicte ensuite les outils. Pour replacer tout cela dans le cadre du libéral fortement imposé, voyez payer moins d'impôts quand on est une profession libérale à hauts revenus et l'optimisation fiscale de la profession libérale.

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Sources et références légales

  • Le barème et les deux surtaxes des hauts revenus

    Art. 197 CGI (barème IR 2026 : 0 / 11 / 30 / 41 / 45 %, tranche à 45 % au-delà d'environ 181 917 € par part). Art. 1417 CGI (définition du revenu fiscal de référence). Art. 223 sexies CGI (CEHR : 3 % au-delà de 250 000 / 500 000 € de RFR, 4 % au-delà de 500 000 / 1 000 000 €). Art. 224 CGI (CDHR : imposition minimale de 20 % du RFR retraité pour RFR > 250 000 / 500 000 €).

  • La CDHR : création et reconduction (références vérifiées)

    Loi de finances 2025 (loi n° 2025-127 du 14/02/2025, art. 10) : création de la CDHR, validée par le Conseil constitutionnel n° 2025-874 DC du 13/02/2025. Loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026) : reconduction de la CDHR jusqu'au retour du déficit public sous 3 % du PIB, validée par le Conseil constitutionnel n° 2026-901 DC du 19/02/2026. Le périmètre exact du RFR retraité et la décote d'entrée sont à recalculer au simulateur officiel (pas de doctrine BOFiP publiée).

  • Les leviers d'assiette : PER et immobilier

    Art. 154 bis CGI (plafond PER / Madelin du TNS : 10 % + 15 %, plancher 4 806 €, maximum 88 911 € en 2026 ; Madelin prévoyance / santé). Art. 163 quatervicies CGI (PER de droit commun). Art. 156 et 156 bis CGI (déficit foncier 10 700 / 21 400 € et régime des Monuments Historiques). Art. 199 tervicies CGI (Malraux, réduction d'impôt). Art. 968, 669 et 1133 CGI (nue-propriété, IFI, reconstitution non taxée). Art. 150 VB III CGI (réforme Le Meur du LMNP). Art. 200-0 A CGI et BOI-IR-LIQ-20-20-10-10 § 110 (plafond des niches et avantages exclus).

  • Les leviers de report : SEL, SPFPL et apport-cession

    Art. 219 CGI (IS 15 % jusqu'à 42 500 €, 25 % au-delà). Art. 145 et 216 CGI (régime mère-fille, exonération de 95 %). Ordonnance n° 2023-77 du 08/02/2023 (SEL et SPFPL, ex-loi n° 90-1258). Art. L. 131-6 CSS (cotisations TNS sur les dividendes de SEL au-delà de 10 % du capital). Art. 150-0 B ter CGI (apport-cession). Garde-fous : art. L. 64 LPF, CE 12/07/2017 n° 401997, CE 16/02/2024 n° 472835, Cass. 2e civ. 19/10/2023 n° 21-20.366, CE 08/04/2025 n° 492154.

  • Capital-investissement, prélèvements sociaux et spécificités médicales

    Art. 199 terdecies-0 A CGI (réduction FIP / FCPI 18 %, FCPI exclus depuis le 21/02/2026 sauf JEI). Art. 163 quinquies B CGI (exonération d'IR des distributions de FPCI fiscaux). Loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 (LFSS 2026) : PS 18,6 % sur PER / FPCI / dividendes, 17,2 % maintenu sur revenus fonciers et assurance-vie. Art. 151 ter CGI (permanence des soins en zone sous-dense, 60 jours/an). Art. 261-4-1° CGI (exonération de TVA des actes médicaux). CARMF : valeurs de point 2026 à confirmer sur carmf.fr.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier, ni une incitation à recourir à un montage à seule fin fiscale. Les cas chiffrés sont des illustrations aux taux 2026, à recalculer au simulateur officiel de la CDHR : à la date de rédaction, aucune doctrine BOFiP ne précise le détail du revenu fiscal de référence retraité. Toute structuration (SEL, SPFPL, apport-cession) et tout investissement (immobilier, capital-investissement) doivent faire l'objet d'une étude individualisée, validée avec votre expert-comptable et, le cas échéant, votre conseil de l'Ordre. Les chiffres et taux cités sont à jour au 25 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF / LFSS annuelles, doctrine, jurisprudence). Certains points, comme le durcissement du réinvestissement 150-0 B ter ou le traitement des prélèvements sociaux du LMNP, sont signalés au conditionnel. Les investissements en capital-investissement, en immobilier et sur un PER comportent un risque de perte en capital.

Foire aux questions

Tout sur la défiscalisation du médecin spécialiste en 2026 CDHR, PER, SEL, immobilier et capital-investissement.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous avec des spécialistes à hauts revenus : combien d'impôt à 300 k€, ce qu'est la CDHR, pourquoi les réductions ne servent plus, et les leviers qui marchent vraiment. Réponses sourcées et à jour 2026.