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Guide médecins 202614 minMis à jour 25 juin 2026Méthode en 5 étapes

Comment un médecin généraliste peut payer moins d'impôts

Votre bénéfice grimpe, votre tranche atteint 41 %, et l'impôt absorbe près d'un euro sur deux de chaque euro gagné en plus. Pas besoin de montage compliqué : il existe une méthode simple, en cinq étapes, à suivre dans l'ordre. La règle qui les résume toutes : chaque euro déduit vaut votre tranche marginale. Un PER de 10 000 € versé à 41 %, c'est 4 100 € d'impôt en moins, et de l'épargne retraite à votre nom plutôt qu'une recette pour le Trésor. Trois profils chiffrés (début, milieu, fin de carrière) pour vous situer. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet indépendant (ORIAS 23002291).

MÉDECIN GÉNÉRALISTE 2026

Payer moins d'impôts avec une méthode, pas un produit

Bilan offert pour médecin généraliste : calibrage du plafond PER 154 bis, vérification de votre prévoyance Madelin, choix de l'immobilier selon votre tranche, question SEL. Cabinet 100 % indépendant, sans produit-maison, dans le respect de votre déontologie.

  • Calcul de votre plafond PER exact
  • Audit de vos contrats Madelin
  • Immobilier calibré sur votre TMI
  • Cabinet 100 % indépendant

RÈGLE D'OR

versement × TMI

PER 10 000 € À 41 %

4 100 € en moins

PLAFOND PER MAX

88 911 €

DÉFICIT FONCIER

10 700 €/an

PASS 2026

48 060 €

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

Mis à jour le 25 juin 2026 · Conforme à la LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026), à la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025) et au PASS 2026 fixé à 48 060 €. Une méthode pédagogique, sans jargon, pour le médecin généraliste.

Vous travaillez plus, vous facturez plus — et au bout du compte, l'État reprend 41 centimes sur chaque euro gagné au-delà de votre tranche. Chaque printemps, le même réflexe revient : la déclaration tombe, le rattrapage 2025 et les acomptes 2026 s'empilent, et vous vous demandez s'il existe un moyen simple de payer moins d'impôts sans y passer vos rares soirées libres. La réponse est oui — à condition de procéder dans le bon ordre, et non d'acheter en décembre, dans l'urgence, le premier produit « défiscalisant » qu'on vous présente comme une aubaine.

Tout tient dans une règle : chaque euro que vous déduisez de votre revenu vous fait économiser votre tranche marginale d'imposition. À 41 %, déduire 10 000 € sur un PER, c'est 4 100 € d'impôt en moins. Cette logique commande toute la méthode qui suit : cinq étapes, du levier le plus puissant au plus accessoire, et trois profils chiffrés pour que vous sachiez exactement par où commencer. Pour le détail technique de chaque levier, ce guide renvoie vers le hub défiscalisation médecin généraliste : les 7 leviers.

L'essentiel en 30 secondes

  • 1. Saturez le PER. C'est le levier roi : l'économie vaut « versement × TMI » (10 000 € à 41 % = 4 100 €), hors du plafond des niches de 10 000 €.
  • 2. Vérifiez votre prévoyance. Si vos contrats prévoyance et santé sont des Madelin, ils sont déjà déductibles — un levier souvent gratuit, car la dépense est obligatoire.
  • 3. Choisissez l'immobilier selon votre tranche (déficit foncier, LMNP, SCPI) — en distinguant ce qui réduit l'impôt de ce qui ne fait que neutraliser un loyer.
  • 4. Posez-vous la question de la SEL si votre capacité d'épargne est forte. 5. Évitez les pièges — le premier étant de défiscaliser pour défiscaliser.
§ 1LE DÉCOR·3 MIN

Pourquoi vos impôts augmentent (et comment l'impôt fonctionne vraiment)

Avant de défiscaliser, comprenons pourquoi l'addition grimpe. En BNC, votre bénéfice est imposé au barème progressif de l'impôt sur le revenu (art. 197 du CGI). Plus il monte, plus la dernière tranche de revenu est lourdement taxée. C'est cette dernière tranche — votre tranche marginale d'imposition (TMI) — qui décide de la rentabilité de chaque levier.

Barème de l'impôt sur le revenu 2026 (art. 197 CGI). La plupart des généralistes établis se situent dans la tranche à 41 %.
Tranche de revenu (par part)TauxPour un généraliste
Jusqu'à 11 600 €0 %Rarement la tranche du marginal
11 601 → 29 579 €11 %Début de carrière à temps partiel
29 580 → 84 577 €30 %Début de carrière, mi-temps
84 578 → 181 917 €41 %Le cas le plus fréquent du généraliste établi
Au-delà de 181 917 €45 %Forts revenus, secteur 2, double activité

Reste un point, et la confusion sur celui-là coûte cher : tous les « avantages fiscaux » ne fonctionnent pas pareil. On en distingue trois.

  • La déduction baisse votre revenu imposable. Son intérêt dépend de votre TMI : 1 € déduit fait économiser 0,41 € à 41 %. C'est le PER, le Madelin, le déficit foncier. Généralement hors du plafond des niches.
  • La réduction vient en soustraction directe de l'impôt dû, euro pour euro, mais entre dans le plafond global de 10 000 € (Girardin, FCPI-JEI, dons).
  • Le crédit fonctionne comme une réduction, mais il est restituable même si vous avez peu d'impôt (emploi à domicile).

La règle d'or qui hiérarchise tout

Saturez d'abord les déductions hors plafond (PER, Madelin, déficit foncier) : elles valent votre TMI, sans limite de plafonnement. Ce n'est qu'ensuite, et seulement avec un impôt élevé et certain, que vous allez consommer le plafond de 10 000 € avec des réductions. Inverser cet ordre, c'est gaspiller son plafond de niches sur des produits souvent risqués.
§ 2LA MÉTHODE·2 MIN

La méthode en 5 étapes, dans l'ordre

Tout l'article tient dans ce tableau. Cinq étapes, classées de la plus puissante à la plus secondaire. On commence toujours par les déductions qui valent votre tranche, on finit par la question de structure, et on garde les pièges en garde-fou permanent.

La méthode en 5 étapes. L'ordre n'est pas anodin : on sature les déductions hors plafond avant tout le reste.
ÉtapeLevierCe qu'il faitPour qui en priorité
1Saturer le PERDéduit du revenu, économie = versement × TMITout généraliste à 30 % et plus
2Prévoyance MadelinDéduit du bénéfice, souvent déjà payéeTout médecin avec des contrats prévoyance/santé
3Immobilier selon la TMIDéficit foncier (réduit l'IR), LMNP, SCPITMI 41-45 % avec capacité d'investissement
4La question de la SELCapitalise le bénéfice non consommé à l'ISForte capacité d'épargne
5Éviter les piègesFiltre rendement / risque / liquiditéTout le monde, en permanence

Chaque étape est détaillée ci-dessous, avec un cas chiffré. Le but n'est pas de tout faire, mais de faire les bons leviers dans le bon ordre, en fonction de votre tranche et de votre capacité d'épargne.

§ 3ÉTAPE 1 · LEVIER ROI·4 MIN

Étape 1 : saturer le PER (le levier le plus puissant)

Si vous ne deviez activer qu'un seul levier, ce serait celui-là. Le PER (qui a remplacé les anciens contrats Madelin retraite) offre au médecin libéral le plafond de déduction le plus généreux du système fiscal. Et il est hors du plafond des niches : il vaut votre TMI, sans plafonnement à 10 000 €.

Le plafond 154 bis, sans approximation

Votre plafond de déduction (art. 154 bis du CGI) est égal à 10 % de votre bénéfice imposable (dans la limite de 8 PASS) majoré de 15 % de la fraction de bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS. Un plancher garantit toujours au moins 4 806 €.

Votre plafond PER 2026, du plancher au maximum

PLAFOND PER TNS = 10 % x benefice (dans la limite de 8 PASS)
                + 15 % x (min(benefice, 8 PASS) - 1 PASS)

PASS 2026 = 48 060 EUR   |   8 PASS = 384 480 EUR

PLANCHER = 10 % x 1 PASS                    = 4 806 EUR
EXEMPLE (benefice 110 000 EUR) :
         10 % x 110 000 + 15 % x (110 000 - 48 060)
         = 11 000 + 9 291                   = 20 291 EUR
MAXIMUM  (benefice >= 384 480 EUR)          = 88 911 EUR

Le maximum de 88 911 € suppose un bénéfice d'au moins 384 480 € (8 PASS) — rare pour un généraliste. Plus réaliste : un bénéfice de 110 000 € ouvre 20 291 € de déduction.

L'économie réelle : versement × TMI

Comme le PER est une déduction, l'économie d'impôt sur le revenu vaut grosso modo votre versement multiplié par votre TMI. Voilà ce que ça donne pour 10 000 € versés :

L'économie d'impôt sur le revenu pour 10 000 € versés sur un PER, selon la tranche. Les prélèvements sociaux ne sont pas concernés à l'entrée.
Votre TMIÉconomie d'IR pour 10 000 € versés
30 %≈ 3 000 €
41 %≈ 4 100 €
45 %≈ 4 500 €

Une économie d'impôt, pas un placement miracle

Trois garde-fous, sans langue de bois. L'économie d'impôt, d'un côté : certaine et immédiate — mais ce n'est pas la performance du PER une fois investi, qui dépend des supports et comporte un risque de perte en capital. Le blocage, de l'autre : l'épargne dort jusqu'à la retraite, sauf déblocage anticipé (accidents de la vie, achat de la résidence principale). Et la sortie, pour finir : en capital, les gains sont taxés au PFU de 31,4 %, dont des prélèvements sociaux de 18,6 % — pas 17,2 %, contrairement à l'assurance-vie (voir la dualité des prélèvements sociaux 2026). Le pari reste gagnant pour un médecin à 41-45 % aujourd'hui qui sera à 30 % à la retraite.

Le calcul détaillé selon votre bénéfice est dans notre guide dédié PER médecin généraliste : combien d'impôt économisé selon votre BNC, et la mécanique du plafond dans PER profession libérale : combien déduire.

§ 4ÉTAPE 2 · LE LEVIER OUBLIÉ·3 MIN

Étape 2 : votre prévoyance Madelin, un levier déjà payé

Celui-là, presque personne n'y pense — et c'est pourtant le levier le moins cher de tous. Si vous êtes médecin, vous avez besoin d'une prévoyance (pour couvrir l'arrêt de travail, l'invalidité, le décès) et souvent d'une complémentaire santé. Cette dépense est de toute façon nécessaire. La question fiscale n'est donc pas « faut-il la souscrire ? » mais « est-elle déductible ? ».

La réponse tient en un mot : Madelin. Un contrat prévoyance ou santé souscrit au format Madelin (toujours fondé sur l'art. 154 bis du CGI) est déductible de votre bénéfice, dans la limite d'environ 11 534 € en 2026 (7 % du PASS + 3,75 % du bénéfice, plafonné à 3 % de 8 PASS). Un contrat individuel classique, lui, ne se déduit pas.

La loi PACTE n'a fermé QUE le volet retraite

Une confusion fréquente : depuis la loi PACTE, les contrats Madelin retraite ne sont plus commercialisés (le PER les a remplacés). Mais les contrats Madelin prévoyance et santé, eux, restent ouverts et déductibles. Ce sont deux enveloppes distinctes : le plafond retraite (154 bis, jusqu'à 88 911 €) ne se confond pas avec le plafond prévoyance/santé (~11 534 €). Détails dans la prévoyance du libéral.

Le test en 10 secondes

Ouvrez votre dernière déclaration 2035. Vos cotisations de prévoyance et de santé apparaissent-elles en charge déductible du bénéfice ? Si oui, c'est un Madelin : vous êtes déjà optimisé. Si non, c'est un contrat individuel non déductible : à couverture égale, le basculer en Madelin peut vous faire économiser plusieurs centaines d'euros d'impôt par an, sans dépenser un euro de plus. C'est l'un des premiers points qu'on vérifie en bilan.
§ 5ÉTAPE 3 · SELON VOTRE TRANCHE·5 MIN

Étape 3 : l'immobilier, mais le bon selon votre tranche

L'immobilier est le terrain de tous les malentendus fiscaux. Trois dispositifs reviennent sans cesse — déficit foncier, LMNP, SCPI — et ils ne font pas du tout la même chose. La vraie question, la seule qui compte : lequel des trois réduit réellement l'impôt sur votre activité de médecin ?

Le déficit foncier : le seul qui efface votre impôt médical

Quand vous achetez un bien ancien à rénover et que vous le louez nu, les travaux génèrent un déficit foncier imputable jusqu'à 10 700 € par an sur votre revenu global (art. 156 du CGI) — donc sur votre BNC. C'est le seul des trois qui vient directement baisser l'impôt sur vos revenus de médecin, et il est d'autant plus puissant que votre TMI est haute. L'excédent et les intérêts d'emprunt restent reportables sur vos revenus fonciers pendant dix ans.

Déficit foncier doublé à 21 400 € : prorogé jusqu'au 31/12/2027

Une majoration à 21 400 € existe pour les travaux de rénovation énergétique sortant un logement du statut de passoire (classe E, F ou G ramenée à A, B, C ou D). Ce doublement a été prorogé par la loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026) : il s'applique aux dépenses de travaux payées jusqu'au 31 décembre 2027. Le bénéfice du doublement reste conditionné à la justification du nouveau classement énergétique du logement.

Le LMNP : il neutralise le loyer, il ne réduit PAS votre impôt médical

C'est l'erreur que je corrige le plus souvent en rendez-vous. En LMNP au réel (location meublée), l'amortissement du bien efface l'impôt sur les loyers de ce bien : c'est très efficace pour percevoir un revenu locatif peu ou pas fiscalisé. Mais le déficit éventuel relève des bénéfices industriels et commerciaux non professionnels : il n'est pas imputable sur votre revenu global (art. 156 du CGI, BOI-BIC-DEF-20-20). Il optimise un revenu locatif ; il ne touche pas à l'impôt de votre cabinet.

LMNP : un avantage en partie différé

Autre nuance, depuis la loi de finances 2025 : les amortissements déduits sont réintégrés dans le calcul de la plus-value lors de la revente (art. 150 VB du CGI, cessions à compter du 15/02/2025). L'économie d'impôt sur les loyers est donc en partie reprise à la sortie. Le LMNP reste pertinent comme outil de revenu, mais ce n'est ni un effaceur d'impôt médical, ni un avantage définitif. À noter aussi : le classement des prélèvements sociaux du LMNP (17,2 % ou 18,6 %) reste discuté à ce jour — un point à suivre.

La SCPI : investir sans gérer

La SCPI permet d'accéder à l'immobilier sans la gestion d'un bien en direct. Selon la stratégie, elle distribue un revenu foncier (imposé au barème + 17,2 % de prélèvements sociaux), ou une fiscalité allégée pour les SCPI majoritairement investies à l'étranger. Il existe aussi des SCPI de déficit foncier, qui reproduisent le mécanisme des 10 700 € sans que vous ayez à gérer de chantier. Le détail dans notre guide complet des SCPI.

Déficit foncier (location nue)

Le seul qui réduit l'impôt sur votre BNC : jusqu'à 10 700 € imputables sur le revenu global (art. 156 CGI). Idéal à TMI 41-45 %. Hors du plafond des niches. Suppose des travaux et un bien à rénover.

LMNP au réel (location meublée)

Neutralise les loyers du bien par l'amortissement, mais NE réduit PAS votre impôt médical (déficit BIC non imputable sur le revenu global). Avantage en partie repris à la revente (réintégration des amortissements). Outil de revenu, pas de défiscalisation d'activité.

Pour trancher entre ces dispositifs selon votre profil, voyez immobilier et profession libérale selon sa tranche et, pour la vue d'ensemble des placements, où placer son argent quand on est médecin généraliste.

Hagnéré Patrimoine

Quel immobilier pour votre tranche ?

Déficit foncier, LMNP ou SCPI : le bon choix dépend de votre TMI, de votre capacité d'emprunt et de votre objectif (réduire l'impôt ou percevoir un revenu). Un CGP indépendant chiffre les trois scénarios pour votre situation de médecin.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 6ÉTAPE 4 · LA QUESTION DE STRUCTURE·3 MIN

Étape 4 : se poser la question de la SEL

Cette étape ne concerne pas tout le monde — et c'est important de le dire. Tant que vous consommez la quasi-totalité de votre bénéfice pour vivre, restez en BNC : c'est plus simple et moins coûteux. Mais si vous avez une forte capacité d'épargne — vous laissez chaque année une part importante de votre bénéfice de côté —, alors la société d'exercice libéral (SEL) mérite l'examen.

La logique : ce qui dort dans la société est moins taxé

En BNC, 100 % de votre bénéfice supporte l'impôt sur le revenu (jusqu'à 45 %) et les cotisations TNS — y compris la part que vous n'utilisez pas. En SEL à l'impôt sur les sociétés, seules votre rémunération et vos dividendes remontent à l'IR. Le bénéfice non consommé, lui, capitalise dans la société à l'IS : 15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 % (art. 219 du CGI). D'où la règle : la SEL n'a d'intérêt que sur le bénéfice que vous ne consommez pas.

La question à se poser (avant tout calcul)

« Quelle part de mon bénéfice est-ce que je laisse de côté chaque année ? » Si la réponse est « presque rien », la SEL ne vous fera pas gagner : le surcoût de fonctionnement (comptabilité, formalités) mangera l'avantage. Si la réponse est « une part significative », alors la capitalisation à l'IS et, plus tard, une éventuelle holding (SPFPL) changent la donne. C'est une décision de structure, à modéliser au cas par cas — pas un réflexe de défiscalisation.

Attention aussi au mythe des dividendes : en 2026, le PFU sur les dividendes est de 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux), et non 30 % ; et la fraction de dividendes excédant 10 % du capital est soumise aux cotisations sociales. Le cadre des SEL relève désormais de l'ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023 (qui a recodifié l'ancienne loi 90-1258), et la jurisprudence récente est venue préciser l'imposition de la rémunération technique (CE 8 avril 2025, n° 492154) et l'assiette des dividendes (Cass. 19 octobre 2023, n° 21-20.366).

Pour décider en connaissance de cause, voyez médecin généraliste : faut-il passer en SELARL ou rester en BNC et BNC ou SELARL : quand la société devient intéressante.

Aller plus loin : la trésorerie de votre SEL n'a pas vocation à dormir

Une fois en SEL, le bénéfice capitalisé à l'IS ne doit pas rester sur un compte courant non rémunéré. Premier étage : placer cette trésorerie au sein de la société (contrat de capitalisation, compte-titres, SCPI de rendement). Second étage, quand les montants grossissent : remonter la SEL sous une holding (SPFPL) pour faire circuler les dividendes avec un frottement fiscal très réduit grâce au régime mère-fille. Le détail dans placer la trésorerie de sa SEL et la SPFPL du libéral.
§ 73 PROFILS CHIFFRÉS·4 MIN

3 profils chiffrés : début, milieu et fin de carrière

Passons aux cas réels. Trois généralistes (prénoms fictifs, profils réels) qu'on chiffre régulièrement à Chambéry. Le PER y joue le rôle central : c'est le levier qui s'adapte le mieux à chaque étape de la carrière. Les plafonds indiqués sont des plafonds, pas des cibles : le bon montant est celui qui « racle » votre tranche haute sans amputer votre trésorerie.

Ce que montrent ces trois cas, en 30 secondes

Trois enseignements de ces cas. Premier : plus la tranche est haute, plus chaque euro versé rapporte — à 30 %, 8 000 € de PER économisent 2 400 € ; à 41 %, le même effort vaut près de 6 150 €. Deuxième : le bon versement n'est pas le plafond maximal, c'est celui qui efface vos derniers euros taxés au taux le plus fort sans assécher votre trésorerie. Et chez Hélène, en fin de carrière, saturer le plafond devient redoutable : 32 791 € versés à 41 % aujourd'hui, récupérés à 30 % à la retraite — l'écart de tranche est le gain.
Trois profils de généralistes (illustrations aux taux 2026). Le plafond PER suit la formule 154 bis ; l'économie d'IR vaut versement × TMI.
ProfilBNCTMIPlafond PER 2026Versement typeÉconomie d'IR
Camille — début de carrière70 000 €30 %10 291 €8 000 €≈ 2 400 €
Karim — généraliste établi110 000 €41 %20 291 €15 000 €≈ 6 150 €
Hélène — fin de carrière160 000 €41 %32 791 €32 791 €≈ 13 444 €

Camille, début de carrière — BNC 70 000 €, TMI 30 %

Son plafond PER : 10 % × 70 000 + 15 % × (70 000 − 48 060) = 7 000 + 3 291 = 10 291 €. Elle préfère ne pas tout bloquer et verse 8 000 €, qui lui font économiser ≈ 8 000 × 30 % = 2 400 € d'IR. Le bon réflexe en début de carrière : garder de la trésorerie de précaution, verser un montant raisonnable, et vérifier d'abord que sa prévoyance est bien en Madelin.

Karim, généraliste établi — BNC 110 000 €, TMI 41 %

Son plafond PER : 10 % × 110 000 + 15 % × (110 000 − 48 060) = 11 000 + 9 291 = 20 291 €. Il verse 15 000 € → ≈ 6 150 € d'IR économisés. Il ajoute un déficit foncier de 10 700 € sur un bien ancien rénové : l'essentiel de ce déficit reste déduit à 41 % (ses tout derniers euros, qui font passer le revenu sous le seuil de la tranche, ne sont déduits qu'à 30 %), soit ≈ 4 360 € d'IR en plus. Total : ≈ 10 500 € d'impôt en moins, hors du plafond des niches de 10 000 €. C'est le profil où la méthode donne son plein effet.

Hélène, fin de carrière — BNC 160 000 €, TMI 41 %

Son plafond PER : 10 % × 160 000 + 15 % × (160 000 − 48 060) = 16 000 + 16 791 = 32 791 €. À quelques années de la retraite, elle sature son plafond : 32 791 € versés → ≈ 32 791 × 41 % = 13 444 € d'IR économisés, et autant de capital retraite constitué à son nom, qu'elle récupérera taxé à 30 % une fois retraitée. L'écart de tranche (41 % à l'entrée, 30 % à la sortie) est exactement le gain recherché.

Note de méthode : des plafonds, pas une injonction

Ces trois cas sont des illustrations fiscales aux taux 2026, pas des promesses de rendement ni une incitation à verser le maximum. L'économie d'impôt est réelle ; la performance ultérieure du PER dépend des supports et comporte un risque de perte en capital. Votre montant optimal se chiffre au cas par cas, en tenant compte de votre trésorerie, de votre assiette sociale (CARMF) et de vos projets.
§ 8L'ATOUT MAJEUR·2 MIN

Pourquoi vos meilleurs leviers échappent au plafond de 10 000 €

Beaucoup de médecins l'ignorent et s'autocensurent à cause de lui. Le plafonnement global des avantages fiscaux de 10 000 € par an et par foyer (art. 200-0 A du CGI, porté à 18 000 € avec le Girardin et les SOFICA) semble tout brider. En réalité, il ne touche pas vos deux meilleurs leviers.

Ce plafond ne concerne que les réductions et crédits d'impôt (Girardin, FCPI-JEI, dons, emploi à domicile). Or vos deux meilleurs leviers — le PER et le déficit foncier — sont des déductions du revenu, pas des réductions. Ils sont donc hors de ce plafond (BOI-IR-LIQ-20-20-10-10). Vous pouvez saturer votre PER, imputer un déficit foncier et consommer en plus votre enveloppe de 10 000 € de réductions : les trois se cumulent.

1 € déduit = 0,41 € d'impôt en moins (à 41 %)

La règle de priorité, vue côté trésorerie : un euro de PER ou de déficit foncier vous rend 0,41 € (à 41 %) sans entamer votre enveloppe de 10 000 €. Les réductions plafonnées (Girardin, dons) ne se justifient qu'une fois ces déductions épuisées, et seulement si votre impôt est élevé et certain. Pour un médecin en tranche haute, ce rapport effort / économie reste le meilleur de toute la palette.
§ 9ÉTAPE 5 · GARDE-FOUS·3 MIN

Étape 5 : les 4 pièges à éviter absolument

Défiscaliser, oui ; mais jamais à n'importe quel prix. Voici les quatre erreurs qu'on voit le plus souvent chez les médecins pressés par l'échéance fiscale.

Piège 1 — Défiscaliser pour défiscaliser

Un avantage fiscal ne rattrape jamais un mauvais placement. Si le produit perd 15 % de sa valeur pour vous faire économiser 10 % d'impôt, vous êtes perdant. Le filtre reste toujours : rendement / risque / liquidité d'abord, avantage fiscal ensuite. On l'a vu trop souvent : un Girardin signé le 28 décembre pour l'économie d'impôt, et un capital qui ne revient jamais.

Piège 2 — Acheter de l'illiquide sans le savoir

Le Girardin, certaines parts non cotées ou certains fonds bloquent votre argent pour des années, parfois à fonds perdus. Avant de signer en décembre, demandez-vous : « Quand est-ce que je récupère mon capital, et combien ? ». Si la réponse est floue, abstenez-vous.

Piège 3 — Confondre avantage immédiat et avantage différé

Le LMNP en est l'exemple type : l'économie sur les loyers d'aujourd'hui est en partie reprise à la revente via la réintégration des amortissements. Un avantage différé n'est pas un avantage supprimé, mais il ne se compte pas comme une économie sèche.

Piège 4 — Confondre impôt et cotisations sociales

« Mon PER va baisser mes charges URSSAF, non ? » Non. Le versement PER déduit baisse votre impôt, mais il reste dans l'assiette de vos cotisations (CARMF, URSSAF — art. L. 131-6 du Code de la sécurité sociale). Réduire l'impôt et réduire les cotisations sont deux objectifs distincts. Calez toujours le montant avec votre expert-comptable.

Au-delà de 250 000 € de revenu : CEHR et CDHR

Si votre revenu fiscal de référence dépasse 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple), deux surtaxes s'ajoutent : la CEHR (3 % puis 4 %, art. 223 sexies CGI) et la CDHR, qui impose un taux minimal d'environ 20 % du RFR (art. 224 CGI, créée par la LF 2025 et reconduite par la LF 2026). Sa reconduction au-delà de 2026 reste à confirmer au texte. Un PER bien calibré peut faire passer sous un seuil. Ce cas concerne surtout les forts revenus : voir la défiscalisation du médecin spécialiste et CEHR et CDHR : la fiscalité des hauts revenus.
§ 10MISE EN PERSPECTIVE·2 MIN

Pourquoi la CARMF ne suffira pas (et où le PER aide deux fois)

Reste une idée qu'on oublie presque toujours en rendez-vous : payer moins d'impôts ne sert à rien si l'argent économisé ne prépare pas votre avenir. Or, comme tout médecin, vous cotisez à la CARMF (en plus du régime de base CNAVPL). Pour la plupart des généralistes à bons revenus, ce socle obligatoire reste nettement insuffisant pour maintenir le niveau de vie une fois en retraite : le taux de remplacement est bien inférieur aux revenus d'activité.

C'est là que le PER fait un double métier : il vous fait économiser de l'impôt aujourd'hui (versement × TMI) et il capitalise une retraite supplémentaire à votre nom, qui viendra combler l'écart laissé par la CARMF. En secteur 1, une partie de l'ASV (avantage social vieillesse) est cofinancée par la CPAM, mais cela ne suffit pas non plus à combler le déficit. Le bon réflexe n'est jamais « caisse ou PER », mais « caisse et PER ».

Le PER : défiscaliser ET préparer sa retraite

Combiner l'avantage fiscal et l'objectif retraite, c'est faire d'une pierre deux coups. Chaque euro versé sur le PER réduit votre impôt d'aujourd'hui et finance votre retraite de demain. Pour mesurer précisément l'écart que la CARMF laissera et les solutions pour le combler, voyez compléter sa retraite CARMF : 4 solutions pour le généraliste.
§ 11PASSER À L'ACTION·2 MIN

Par où commencer concrètement

Vous avez la méthode. Reste à la transformer en gestes concrets. Première chose, on chiffre votre plafond PER et on relit vos contrats Madelin — deux actions gratuites qui libèrent le plus gros de l'économie. On calibre ensuite le versement au montant qui efface votre tranche haute. L'immobilier ou la SEL ne viennent qu'après, et seulement si votre profil le justifie. Voici les quatre gestes, dans l'ordre, à poser dès cette année.

Les 4 gestes pour passer à l'action. On commence toujours par le PER et la vérification des contrats Madelin.
GesteAction concrèteEffet
1. Calculer votre plafond PERReprendre votre bénéfice 2035 et appliquer 10 % + 15 %Connaître votre marge de déduction exacte
2. Vérifier vos contratsContrôler que prévoyance et santé sont en MadelinRécupérer une déduction parfois oubliée
3. Calibrer le versementChoisir le montant qui racle votre tranche hauteÉconomie = versement × TMI, sans bloquer trop
4. Étudier l'immobilier / la SELSelon TMI et capacité d'épargneAller plus loin si le profil le justifie

Le point délicat n'est pas de connaître les leviers — vous les avez désormais — mais de les doser en fonction de votre situation réelle : votre bénéfice, votre trésorerie, vos projets, votre déontologie. C'est exactement le rôle d'un bilan patrimonial, à recouper avec votre expert-comptable. Pour la première marche méthodique, voyez le bilan patrimonial du libéral, et pour le panorama complet des leviers, défiscalisation médecin généraliste : les 7 leviers.

Méthode documentée

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Sources et références légales

  • CGI — déductions du médecin libéral

    Art. 154 bis CGI (cotisations Madelin et versements PER des TNS : formule 10 % + 15 %, plafond retraite 88 911 € en 2026, plancher 4 806 € ; volet prévoyance/santé 7 % du PASS + 3,75 % du bénéfice, plafond ~11 534 €). Art. 156 CGI (déficit foncier 10 700 € sur le revenu global, 21 400 € pour la rénovation énergétique, non-imputation du déficit BIC du LMNP non professionnel). Art. 31 CGI (charges des revenus fonciers). Art. 39 C CGI (amortissement plafonné aux loyers en LMNP). Art. 150 VB CGI (réintégration des amortissements LMNP dans la plus-value, LF 2025). Art. 200-0 A CGI (plafond global des niches 10 000 €, dont le PER et le déficit foncier sont exclus). Art. 197 CGI (barème IR 2026). Art. 219 CGI (IS 15 % puis 25 %).

  • Régime social et structure (SEL)

    Ordonnance n° 2023-77 du 08/02/2023 (recodification des sociétés d'exercice libéral, SELARL et SELAS, qui remplace la loi n° 90-1258 du 31/12/1990). Art. L. 131-6 du Code de la sécurité sociale (le versement PER déduit reste dans l'assiette des cotisations TNS). CE 8 avril 2025 n° 492154 (rémunération technique des associés de SEL imposée en BNC, dans le sillage du rescrit BOI-RES-BNC-000136 applicable depuis le 01/01/2024). Cass. 2e civ. 19 octobre 2023 n° 21-20.366 (dividendes de SEL et assiette des cotisations sociales).

  • LFSS 2026 et LF 2026 — prélèvements et hauts revenus

    Loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 (LFSS 2026) : hausse de 1,4 point de la CSG sur le capital, portant les prélèvements sociaux à 18,6 % sur les gains du PER, les dividendes et les plus-values mobilières ; maintien de 17,2 % sur l'assurance-vie et les revenus fonciers. Le classement du LMNP non professionnel à 17,2 % ou 18,6 % reste discuté et n'est pas tranché par la doctrine — signalé au conditionnel. Loi n° 2026-103 du 19/02/2026 (LF 2026) : barème IR, réforme du PER, déficit foncier. CEHR (art. 223 sexies CGI) et CDHR (art. 224 CGI, créée par la LF 2025 loi n° 2025-127 du 14/02/2025, reconduite par la LF 2026) : reconduction au-delà de 2026 au conditionnel.

  • BOFiP et spécificités médicales

    BOI-BNC-BASE-40-60-50-20 (Madelin et PER des TNS), BOI-BIC-CHG-40-50-40-10 et -20 (barèmes retraite et prévoyance Madelin), BOI-BIC-CHAMP-40-20 et BOI-BIC-DEF-20-20 (LMNP non professionnel, non-imputation du déficit BIC), BOI-RFPI-BASE-30-20 (déficit foncier), BOI-IR-LIQ-20-20-10-10 (plafonnement des niches), ACTU-2024-00211 (déficit foncier 21 400 €, doublement prorogé par la LF 2026 pour les travaux payés jusqu'au 31/12/2027). Art. 261-4-1 CGI (TVA des actes médicaux), art. 151 ter CGI (permanence des soins, 60 jours). CARMF (barème 2026 : CNAVPL, complémentaire, ASV secteur 1 cofinancée par la CPAM). Arrêté du 22/12/2025 (PASS 2026 = 48 060 €).

Information

Ce guide n'est pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens, 73000). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Chaque levier dépend de votre situation (bénéfice, tranche marginale, structure d'exercice, déontologie médicale) et doit faire l'objet d'une étude individualisée, validée avec votre expert-comptable. Les chiffres et taux cités sont à jour au 8 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF/LFSS annuelles, doctrine BOFiP, jurisprudence). Certains points, comme le classement des prélèvements sociaux du LMNP et la reconduction de la CDHR au-delà de 2026, sont signalés au conditionnel. Le PER et certains placements comportent un risque de perte en capital ; l'épargne du PER est bloquée jusqu'à la retraite sauf cas de déblocage anticipé.

Foire aux questions

Tout sur les impôts du médecin généraliste en 2026.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous : combien le PER fait économiser, le plafond selon le bénéfice, la prévoyance déductible, le LMNP, la SEL, les pièges. Réponses sourcées et à jour 2026.