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Entrepreneur tech après une levée : que faire de 5 M€ de cash-out ?

À 5 M€, le cash-out ne se place pas, il s'architecture. Pour un fondateur tech encore actionnaire de sa société, la holding devient un véritable family office personnel : elle capitalise à l'IS, réinvestit dans le non coté via l'apport-cession et orchestre les 4 poches, tandis que le contrat luxembourgeois et le crédit lombard apportent souplesse et liquidité pour rester acteur du non coté.

Holding = family office personnel
Apport-cession : remploi 60 % (70 % à confirmer)
4 poches, illiquide 20–40 %
AV lux + crédit lombard
Hagnéré Patrimoine

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Publié le 23 juin 2026 · Mis à jour le 23 juin 2026 · Temps de lecture : 14 min · Par Quentin Hagnéré, fondateur de Hagnéré Patrimoine CIF / COA / COBSP, enregistré à l'ORIAS.

Une levée réussie, une cession partielle, un cash-out de 5 M€: pour un fondateur tech, c'est rarement la fin de l'aventure. Vous êtes souvent encore actionnaire de votre société, parfois encore opérationnel, et vous ne voulez ni tuer votre report d'imposition ni renoncer au non coté qui est votre terrain de jeu. Percevoir ces 5 M€ en direct, c'est accepter d'emblée un frottement fiscal de 31,4 % sur la plus-value mobilière — près de 1,5 M€ d'impôt évaporés avant même d'avoir investi. Le vrai sujet n'est pas de placer 5 M€, c'est de les architecturer pour qu'ils travaillent sans se faire décapiter par l'impôt. À ce niveau, on bascule d'un statut à un autre : du fondateur au family office personnel.

Ce guide déroule le dispositif complet : la holding à l'IS comme colonne vertébrale, l'apport-cession (article 150-0 B ter) avec son remploi de 60 % du produit (une hausse à 70 % pour les cessions à compter du 21/02/2026 restant à confirmer), l'allocation en 4 poches (dont une poche illiquide qui pèse 20 à 25 % à 5 M€, jusqu'à 35 % en dynamique), et le couple contrat luxembourgeois + crédit lombard pour rester investi sans désinvestir. Avec, à la clé, trois allocations chiffrées et un exemple complet sur 5 M€.

Pour le panorama général d'un patrimoine de 5 M€ (positionnement, IFI, contributions sur les hauts revenus, transmission Dutreil), consultez notre guide investir 5 000 000 € en 2026. Ici, nous traitons le cas spécifique du fondateur tech après cash-out : la holding family office, l'apport-cession, le contrat luxembourgeois et l'allocation en 4 poches. Le palier inférieur (même persona) est couvert dans notre guide cash-out de 1 M€ après une levée.

QH

À propos de l'auteur

Quentin Hagnéré

Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Quentin Hagnéré a fondé Hagnéré Patrimoine en 2020 et en est associé, sans fonction de direction depuis septembre 2026. Auteur de deux livres sur l'investissement immobilier, il signe les guides du cabinet. Le cabinet, présidé par Clément Chatelain, est immatriculé à l'ORIAS sous le n° 23002291 (CIF, COA, COBSP).

Auteur du guideCabinet Hagnéré Patrimoine : ORIAS 23002291

En 60 secondes

  • La holding au centre : à l'IS, elle capitalise, bénéficie du régime mère-fille et réinvestit dans le non coté — un family office personnel.
  • Apport-cession 150-0 B ter : report d'impôt conservé en réinvestissant au moins 60 % du produit dans les 2 ans si la holding cède sous 3 ans (conservation 12 mois, 5 ans pour certains fonds de capital-investissement). Une hausse à 70 % pour les cessions à compter du 21/02/2026 reste à confirmer.
  • 4 poches : sécurité, revenu, croissance, illiquide — la poche illiquide vise 20 à 25 % à 5 M€ (jusqu'à 35 % en dynamique).
  • AV luxembourgeoise + crédit lombard : rester investi et financer de nouveaux tickets sans désinvestir ni rompre le report.
  • Dualité PS 2026 : 17,2 % sur l'AV, 18,6 % sur les plus-values mobilières et le PEA.

Avertissement

Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les chiffres, rendements et allocations présentés sont illustratifs et non garantis ; ils décrivent une mécanique, pas un résultat. Tout investissement comporte un risque de perte en capital. La fiscalité dépend de votre situation individuelle et peut évoluer. Pour une analyse adaptée à votre cas, sollicitez un bilan patrimonial personnalisé.

1. 5 M€ de cash-out : architecturer un patrimoine d'entrepreneur multi-poches

Placer 5 M€ et architecturer 5 M€ sont deux exercices très différents. Placer, c'est cocher des cases de supports. Architecturer, c'est concevoir un dispositif qui tient ensemble : une enveloppe de détention (la holding), des enveloppes fiscales (PEA, assurance-vie, contrat de capitalisation, contrat luxembourgeois), et une allocation en 4 poches cohérente avec votre profil de risque et le risque résiduel que vous portez encore sur votre société. Votre cash-out, c'est de la matière première — pas un aboutissement. Il doit maintenant travailler seul, à côté de vos parts.

La spécificité du fondateur tech, c'est qu'il ne veut généralement pas « sortir » du risque : il veut le diversifier tout en restant acteur du non coté. Il connaît le venture, les co-investissements, le capital-développement ; il a un deal flow. Autant canaliser cette appétence dans un cadre propre et fiscalement tenu, au lieu de la subir au fil des opportunités qui tombent.

Du fondateur au family office personnel : changer d'échelle

À 5 M€, la logique family office s'applique pleinement. Le principe : une trésorerie centrale— ici, la holding — qui distribue le cash et orchestre les poches. Tout converge vers cette trésorerie, qui arbitre entre sécuriser, distribuer du revenu, faire croître et engager du capital illiquide. C'est le même schéma que celui des grandes fortunes, transposé à l'échelle d'un entrepreneur. Pour le concept et son fonctionnement, voir notre guide le family office.

Le marqueur le plus visible de ce changement d'échelle, c'est la poche illiquide qui grossit avec le patrimoine. À 1 M€, elle pèse de l'ordre de 10 à 15 % ; à 5 M€, elle monte à 20 à 25 %; à 10 M€ et plus, elle peut représenter 30 à 40 % de l'allocation. Plus le capital est important, plus on peut immobiliser une part significative dans des actifs de long terme à fort potentiel — précisément là où le fondateur tech a déjà son expertise.

La logique family office à 5 M€

La holding joue le rôle de la trésorerie centrale d'un family office : elle reçoit, capitalise et redistribue le capital vers les 4 poches. La poche illiquide y occupe une place croissante (20 à 25 % à 5 M€), reflétant la capacité d'un patrimoine de cette taille à engager du capital sur le long terme. Ordres de grandeur illustratifs.

2. La holding patrimoniale au centre du dispositif

La holding à l'IS est la colonne vertébrale du dispositif. C'est elle qui détient les titres apportés, qui capitalise les revenus, qui réinvestit dans le non coté et qui orchestre les 4 poches. Elle transforme un cash-out personnel en outil d'investissement piloté dans la durée. Pour le fonctionnement général de cette structure, consultez notre guide la holding patrimoniale.

Apport-cession 150-0 B ter et réinvestissement dans le non coté

Le mécanisme central s'appelle l'apport-cession (article 150-0 B ter du CGI). Le principe est simple. Avant la vente, vous apportez vos titres à une holding à l'IS que vous contrôlez. La plus-value d'apport bénéficie alors d'un report d'imposition: l'impôt n'est pas payé immédiatement. La holding vend ensuite les titres (souvent à la même valeur, donc sans plus-value taxable à son niveau), et dispose du produit de cession pour investir.

Le point clé, c'est la condition de remploi. Si la holding cède les titres apportés dans les 3 ans de l'apport, le report n'est conservé que si elle réinvestit au moins 60 % du produit de cession dans une activité économique éligible dans les 2 ans, les actifs de remploi étant conservés au moins 12 mois (durée portée à 5 ans pour certains fonds de capital-investissement éligibles). C'est le régime de droit positif de l'article 150-0 B ter.

La loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) pourrait porter ce seuil de remploi de 60 % à 70 % pour les cessions intervenant à compter du 21/02/2026. Cette évolution est toutefois à confirmer au regard du texte définitif et de la doctrine : nous retenons ici 60 % comme référence et traitons 70 % comme une hausse à vérifier, jamais comme un fait acquis [à vérifier].

Et c'est plutôt une chance pour un fondateur tech : certains fonds de private equity et de venture éligibles comptent dans le remploi. L'obligation de réinvestir une part substantielle du produit (au moins 60 %) devient alors le moyen de rester acteur du non coté. À l'inverse, l'immobilier de rendement, les activités financières et les activités à tarifs réglementés sont exclus du réemploi éligible. Pour le détail de l'opération, voir notre guide céder son entreprise : optimisation fiscale et le palier dirigeant en apport-cession.

Remploi minimum de l'apport-cession (droit positif)

Remploi minimum = 60 % × Produit de cession
  • Produit de cession :5 000 000 €
  • Taux de remploi (référence) :60 %
  • Remploi minimum :3 000 000 €
  • Hypothèse haute 2026 (70 %, à confirmer) :3 500 000 €

À réinvestir dans une activité économique éligible dans les 2 ans si la holding cède les titres dans les 3 ans de l'apport, avec conservation des actifs de remploi au moins 12 mois (5 ans pour certains fonds de capital-investissement). À défaut, le report d'imposition tombe et la plus-value devient exigible. La hausse possible du seuil à 70 % pour les cessions à compter du 21/02/2026 (LF 2026) reste à confirmer. Illustratif.

Régime mère-fille et capitalisation à l'IS

La holding profite du régime mère-fille (articles 145 et 216 du CGI). Les dividendes que lui versent ses filiales sont quasi exonérés : seule une quote-part de frais et charges de 5 % est réintégrée, soit environ 95 % du dividende exonéré. Sur ses autres revenus, la holding acquitte l'IS (25 %, voire 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice sous conditions PME).

L'intérêt majeur, c'est la capitalisation à l'IS. Tant que les fonds restent investis dans la holding, l'impôt personnel (notamment le PFU sur les dividendes que vous vous distribueriez) n'est pas dû : il n'intervient qu'au moment où vous sortez le cash de la holding vers votre patrimoine personnel. La trésorerie de la holding se loge naturellement dans un contrat de capitalisation souscrit à l'IS. La mécanique détaillée est traitée dans notre guide placer la trésorerie de holding après une sortie.

Holding à l'IS (apport-cession)

Points forts

  • Report d'imposition de la plus-value (150-0 B ter)
  • Régime mère-fille : ~95 % des dividendes exonérés
  • Capitalisation à l'IS tant que les fonds restent investis
  • Réinvestissement structuré dans le non coté (remploi)
  • Outil de family office pilotable dans la durée

Cash-out perçu en direct

Points de vigilance

  • Plus-value mobilière taxée immédiatement au PFU 31,4 %
  • Aucun différé d'imposition
  • Pas de levier holding ni de capitalisation à l'IS
  • Abattement dirigeant 500 000 € conditionné au départ en retraite

Différer l'impôt, c'est capitaliser dessus

La holding, ça se résume à ça : l'impôt que vous ne payez pas reste investi. Tant que le capital travaille dans la holding, vous capitalisez sur 100 % du produit, pas sur 68,6 % après PFU. Sur dix ans, ce différé d'imposition combiné au régime mère-fille fait la différence entre « placer un cash-out » et « bâtir un patrimoine d'entrepreneur ». La contrepartie : une discipline de gestion (comptabilité, IS, remploi suivi) et un horizon long.

3. La logique des 4 poches à 5 M€

Une fois la holding en place, on répartit le capital selon les 4 poches. Chacune a sa fonction, et on dose selon le profil. À 5 M€, la principale différence avec un patrimoine plus modeste, c'est le poids de la poche illiquide, qui devient un vrai moteur.

Poche Sécurité : socle obligataire et fonds euros

C'est le matelas de stabilité : fonds euros (rendement de l'ordre de 2,6 % net en référence 2026, illustratif) et fonds obligataires datés en portage, dont le coupon et l'échéance sont connus à l'avance. Cette poche fige un capital et un rendement prévisibles, et couvre l'équivalent d'environ 3 ans de train de vie en liquidité disponible.

Poche Revenu : SCPI, dette privée et structurés

Elle génère un flux régulier, capitalisé dans la holding ou l'assurance-vie : SCPI européennes (rendement de l'ordre de 4,7 à 4,9 % en référence 2026, illustratif), nue-propriété de SCPI (décote à l'achat et sortie temporaire de l'assiette IFI), dette privée et produits structurés à coupon avec protection partielle. Pour approfondir, voir notre guide les SCPI.

Poche Croissance : actions monde en PEA, CTO et assurance-vie luxembourgeoise

Cœur de la diversification liquide hors start-up : ETF actions monde (MSCI World) et S&P 500, logés en priorité dans le PEA (exonéré d'impôt sur le revenu après 5 ans, PS 18,6 % à la sortie, plafond de 150 000 € de versements), puis dans l'assurance-vie / contrat luxembourgeois (FAS), puis dans le compte-titres (PFU 31,4 %) pour le surplus. On peut y ajouter quelques actions de conviction. C'est la poche qui vous expose aux marchés cotés mondiaux, en complément du risque non coté.

Poche Illiquide : private equity, venture, infrastructure renforcés

C'est le terrain familier du fondateur : private equity (capital-développement, secondaire, de l'ordre de 11 % net par an en moyenne illustrative, avec une forte dispersion), venture, co-investissements, dette privée et infrastructure distributive. Deux réflexes : étalez sur plusieurs millésimes pour lisser les appels de fonds, et souvenez-vous qu'une partie de cette poche peut couvrir le remploi de l'apport-cession (conservation portée à 5 ans pour les fonds de capital-investissement éligibles). Voir le private equity et les marchés privés.

Cadrage indicatif des 4 poches à 5 M€ selon le profil de risque. Fourchettes illustratives, non garanties.
PocheRôleClasses d'actifs / enveloppesFourchette indicative à 5 M€
SécuritéMatelas de liquidité (~3 ans de train de vie)Fonds euros, fonds obligataires datés15 à 45 %
RevenuFlux régulier capitaliséSCPI européennes, NP de SCPI, dette privée, structurés20 à 30 %
CroissanceDiversification liquide actions mondeETF monde / S&P 500 en PEA, AV / FAS, CTO15 à 30 %
IlliquideMoteur de rendement long termePrivate equity, venture, dette privée, infrastructure10 à 35 %

La poche illiquide grossit avec le patrimoine

Signature de la logique family office : la part illiquide progresse avec la taille du patrimoine — de l'ordre de 10 à 15 % à 1 M€, 20 à 25 % à 5 M€, et 30 à 40 % à 10 M€ et plus. Plus on monte, plus on peut immobiliser du capital sur le long terme. Ordres de grandeur illustratifs, non garantis ; le private equity comporte un risque de perte en capital et une forte dispersion de performance.

4. Assurance-vie luxembourgeoise et crédit lombard pour rester investi

Disons-le tout de suite : pour un résident fiscal français, l'assurance-vie luxembourgeoise n'offre aucun avantage de barème par rapport à un contrat français. Mêmes abattements après 8 ans, mêmes prélèvements sociaux à 17,2 %: la neutralité luxembourgeoise renvoie à la fiscalité française. L'atout est ailleurs — il est structurel.

Le fonds d'assurance spécialisé (FAS) offre une architecture ouverte : on peut y loger des titres vifs, du non coté, de la dette privée, du multidevises — bien au-delà de ce que permet un contrat français classique. Le super-privilège luxembourgeois place l'assuré en créancier de premier rang, au-delà du fonds de garantie français limité à 70 000 €. Enfin, le contrat se prête naturellement au crédit lombard. Voir notre guide l'assurance-vie luxembourgeoise.

Le crédit lombard est l'outil qui permet de rester investi tout en restant agile. Le principe : nantir le contrat (ou les actifs financiers) pour obtenir une ligne de liquidité. Le fondateur peut alors financer un nouveau ticket, un co-investissement ou la souscription à un fonds sans désinvestir— donc sans déclencher de plus-value imposable ni rompre le report d'imposition de l'apport-cession. Pour l'entrepreneur qui veut sauter sur une opportunité sans casser tout son montage, c'est l'outil.

AV luxembourgeoise + crédit lombard

Points forts

  • Rester investi tout en finançant une nouvelle opportunité
  • Aucune plus-value déclenchée, report d'imposition préservé
  • Architecture ouverte FAS : non coté, titres vifs, multidevises
  • Super-privilège : créancier de premier rang

Vendre des actifs pour réinvestir

Points de vigilance

  • Plus-value mobilière taxée au PFU 31,4 %
  • Perte d'antériorité fiscale (PEA, AV)
  • Risque de sortie du différé d'imposition
  • Frottement fiscal qui ampute le capital réinvesti

Le levier amplifie les pertes

Le crédit lombard est un levier. Il amplifie les gains comme les pertes. Si la valeur des actifs nantis baisse, la banque peut exiger un appel de marge : il faut alors apporter du collatéral ou rembourser, parfois au pire moment. À réserver à un usage maîtrisé, en gardant une marge de sécurité confortable. Risque de perte en capital.

5. Trois allocations selon le profil de risque

À 5 M€, l'allocation dépend du profil et du risque résiduel que vous portez encore sur votre société d'origine. Trois répartitions de référence se dégagent selon le profil — prudente, équilibrée, dynamique — toutes adossées à la holding (apport-cession) et au contrat luxembourgeois. Les chiffres sont illustratifs et non garantis.

Comment lire ces trois allocations

Une logique commune traverse les trois profils : c'est la poche illiquide qui détermine le niveau de risque global du portefeuille (10 % en prudent, 20 % en équilibré, 35 % en dynamique), à l'inverse de la poche Sécurité qui passe de 45 % à 30 % puis 15 %. Plus vous restez exposé au non coté, plus vous visez haut, plus vous acceptez de volatilité et d'illiquidité. Choisissez votre profil non pas sur le rendement affiché, mais sur le risque que vous portez déjà ailleurs (vos parts dans votre société) et sur votre besoin de liquidité. Les cibles de rendement sont des ordres de grandeur, non garantis.

Profil prudent (~3 % net/an)

Avec 5 M€ de cash-out et un profil prudent, l'entrepreneur sécurise enfin un patrimoine personnel substantiel après des années de risque. La holding (apport-cession) et l'assurance-vie luxembourgeoise structurent l'ensemble. La Sécurité et le Revenu portent l'essentiel (fonds euros, obligataire daté, SCPI), la Croissance reste mesurée et l'Illiquide, plafonnée à 10 %, couvre en partie l'obligation de réinvestissement de l'apport-cession. L'objectif est la mise en sécurité du capital, avec une cible d'environ 3 % net, en complément des participations encore détenues.

Allocation prudente sur 5 M€, cible ~3 % net/an. Illustratif, non garanti.
Poche%MontantContenu
Sécurité45 %2,25 M€Fonds euros et large socle de fonds obligataires datés en portage
Revenu30 %1,5 M€SCPI européennes, NP de SCPI, dette privée, structurés à coupon
Croissance15 %750 k€ETF actions monde en PEA, CTO et contrat luxembourgeois
Illiquide10 %500 k€Private equity et dette privée (en partie au titre du remploi)

Profil prudent

Illustratif, non garanti, risque de perte en capital. La cible de ~3 % net repose sur la capitalisation et les revenus ; elle n'est pas une promesse de rendement. Dans le temps, à mesure que d'autres liquidités arrivent, la poche illiquide peut croître.

Profil équilibré (~5 % net/an)

Le profil équilibré sur 5 M€ vise une valorisation solide tout en diversifiant fortement. La holding (IS, mère-fille, apport-cession) et l'assurance-vie luxembourgeoise FAS sont les piliers. La poche Croissance devient un cœur de diversification (ETF actions monde et S&P 500 en PEA, CTO et FAS, plus actions de conviction), et la poche Illiquide monte à 20 %, étalée sur plusieurs millésimes, dont une partie au titre du remploi 150-0 B ter. Le crédit lombard adossé au contrat luxembourgeois permet de saisir des opportunités sans désinvestir. Cible d'environ 5 % net.

Allocation équilibrée sur 5 M€, cible ~5 % net/an. Illustratif, non garanti.
Poche%MontantContenu
Sécurité30 %1,5 M€Fonds euros et obligations datées, socle de stabilité
Revenu25 %1,25 M€SCPI européennes, NP, dette privée, structurés à coupon
Croissance25 %1,25 M€ETF actions monde et S&P 500 en PEA, CTO et FAS, actions de conviction
Illiquide20 %1 M€PE (capital-dév., secondaire), venture, dette privée, infrastructure

Profil équilibré : le point d'équilibre le plus fréquent

C'est souvent le profil retenu par un fondateur de 40-45 ans encore actionnaire : il combine actions cotées, non coté et revenus capitalisés sans surpondérer aucun risque. Dans le temps, la poche illiquide se stabilise autour de 20 à 25 %, au niveau d'un family office mature. Illustratif, non garanti, risque de perte en capital — le rendement de ~5 % net est une cible, pas une promesse.

Profil dynamique (~7 %+ net/an)

Le profil dynamique-offensif sur 5 M€ correspond au fondateur qui veut rester un acteur du non coté tout en se diversifiant. La holding et l'assurance-vie luxembourgeoise FAS avec crédit lombard structurent le dispositif. La poche Illiquide atteint 35 % (private equity, venture, co-investissements, dette privée et infrastructure), largement étalée sur les millésimes pour lisser les appels de fonds et satisfaire le réinvestissement de l'apport-cession. À 5 M€, l'illiquide touche ainsi le haut de la fourchette family office (30 à 40 %). Le crédit lombard finance de nouveaux tickets sans vendre. Cible 7 %+ brut visé, volatilité élevée assumée.

Allocation dynamique sur 5 M€, cible 7 %+ brut visé. Illustratif, non garanti.
Poche%MontantContenu
Sécurité15 %750 k€Fonds euros et obligations datées, matelas de liquidité
Revenu20 %1 M€SCPI, dette privée et structurés à coupon, capitalisés
Croissance30 %1,5 M€Cœur d'ETF actions monde et S&P 500 (PEA/CTO/FAS) + actions tech de conviction
Illiquide35 %1,75 M€PE, venture, co-investissements, dette privée, infrastructure (millésimes étalés)

Profil dynamique

Illustratif, non garanti, risque de perte en capital. Le rendement vise l'effet de levier du non coté et des actions, avec une volatilité élevée assumée. Dans le temps, on diversifie à mesure que le risque résiduel sur la société d'origine se réduit.

Exemple chiffré sur 5 M€

Hypothèses. Co-fondateur, 42 ans, 5 M€ de cash-out réalisé via apport-cession à sa holding, encore actionnaire de sa société, profil dynamique. Allocation retenue : 750 k€ en fonds euros/obligations, 1 M€ en SCPI / dette privée / structurés, 1,5 M€ en ETF monde (PEA / CTO / FAS), 1,75 M€ en private equity / venture / infrastructure.

Pour conserver le report d'imposition, au moins 60 % du produit (soit ≈ 3 M€) sont réinvestis dans l'économie réelle éligible dans les 2 ans si la holding cède sous 3 ans — dont les fonds de non coté, conservés au moins 12 mois (5 ans pour certains fonds de capital-investissement). Une éventuelle hausse du seuil à 70 % (≈ 3,5 M€) pour les cessions à compter du 21/02/2026 reste à confirmer. Avec une espérance de l'ordre de 7 % brut, le patrimoine financier pourrait viser ~10 M€ en 10 ans. Le crédit lombard reste mobilisable pour financer de nouveaux tickets sans désinvestir.

Projection illustrative à 10 ans

Capital final ≈ Capital initial × (1 + r)^n
  • Capital initial :5 000 000 €
  • r (rendement brut annuel, hypothèse) :~7 %
  • n (durée) :10 ans
  • Capital final :≈ 9 800 000 € (~10 M€)

Hypothèse de rendement constant retenue pour illustrer la mécanique de capitalisation : non garantie, hors fiscalité de sortie, avec risque de perte en capital. Les rendements réels sont volatils et peuvent être négatifs.

Exemple chiffré

Cet exemple est illustratif et non garanti. Il montre la mécanique du dispositif (apport-cession, remploi d'au moins 60 %, 4 poches), pas un résultat. Tout investissement comporte un risque de perte en capital ; la fiscalité de sortie n'est pas intégrée dans la projection.

6. Fiscalité 2026 : cash-out, apport-cession et holding

Voici les repères fiscaux 2026 qui encadrent un cash-out de 5 M€. Point d'attention central : la dualité des prélèvements sociaux. Depuis la LFSS 2026, les PS sont à 18,6 % sur les plus-values mobilières, dividendes, intérêts, PEA et PER (PFU global de 31,4 %), mais restent à 17,2 % sur l'assurance-vie, les revenus fonciers et les plus-values immobilières (PFU de 30 % sur l'AV). Il ne faut jamais appliquer un taux unique partout.

Repères fiscaux 2026 pour un cash-out de fondateur. Données vérifiées au 23/06/2026, sous réserve d'évolutions et d'analyse individuelle.
DispositifRègle 2026À retenir
Apport-cession 150-0 B terReport si holding IS contrôlée ; si cession < 3 ans, remploi ≥ 60 % du produit sous 2 ans ; conservation ≥ 12 mois (5 ans pour certains fonds de capital-investissement)Référence 60 % ; hausse à 70 % pour cessions à compter du 21/02/2026 à confirmer (LF 2026)
Régime mère-fille~95 % des dividendes exonérés (QPFC 5 %) ; IS 25 %Capitaliser à l'IS dans la holding
Cash-out perçu en directPFU 31,4 % (12,8 % + 18,6 % PS) ou barème + abattements (titres pré-2018)Dualité PS : la PV mobilière supporte 18,6 %
Abattement dirigeant retraite500 000 € (150-0 D ter)Alternatif au report et conditionné au départ en retraite
PEAExonéré d'IR après 5 ans, PS 18,6 % à la sortie, plafond 150 000 €Poche croissance liquide
Assurance-vie / AV luxRachat après 8 ans : abatt. 4 600 / 9 200 €, 7,5 % ≤ 150 k€ primes ; PS 17,2 % ; PFU rachat 30 %Succession 990 I (avant 70 ans) / 757 B (après 70 ans)
IFISeuil 1,3 M€ immobilier net ; AV pour sa fraction immobilière (art. 972)La nue-propriété de SCPI sort temporairement de l'assiette
CEHR / CDHR223 sexies (3 / 4 % > 250 k / 500 k RFR) ; 224 (plancher 20 % RFR, PS exclus du numérateur)Un fondateur à 5 M€ est souvent concerné : vigilance

L'abattement dirigeant de 500 000 € (article 150-0 D ter) est une alternative au report, pas un cumul : il n'est ni cumulable avec lui, ni adapté à un fondateur de 42 ans qui reste actif, puisqu'il est conditionné au départ en retraite. Autre point de vigilance : un fondateur dont le RFR explose l'année du cash-out est très probablement concerné par la CEHR (3 à 4 % au-delà de 250 k€ / 500 k€) et, potentiellement, par la CDHR (plancher de 20 % du RFR pour les très hauts revenus). À noter : les prélèvements sociaux sont exclus du numérateur de la CDHR.

Pour le détail de l'IFI, de la CEHR et de la CDHR à ce niveau de patrimoine, reportez-vous à notre guide investir 5 000 000 € en 2026 et, pour les leviers immobiliers, à l'optimisation IFI.

CDHR / CEHR : points de vigilance

Le calcul de la CDHR dépend de votre RFR de l'année et n'est pas figé : il doit être simulé au cas par cas. Les prélèvements sociaux sont exclus de son numérateur, et le périmètre exact issu de la LF 2026 doit être confirmé pour votre situation. Un cash-out important peut faire basculer une année dans ces contributions : anticiper est essentiel.

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7. Le mot du conseiller Hagnère

À 5 M€, on n'optimise pas un placement : on bâtit un family office personnel. Sur dix ans, l'écart entre un cash-out simplement placé et un cash-out structuré porte d'abord sur le report d'imposition conservé et sur l'accès maintenu au non coté. La holding capitalise à l'IS et orchestre les 4 poches ; l'apport-cession, avec son remploi d'au moins 60 % du produit, transforme l'obligation de réinvestir en opportunité de rester acteur du non coté ; le contrat luxembourgeois et le crédit lombard apportent la souplesse nécessaire pour saisir les opportunités sans casser l'architecture.

Rien de tout cela n'est standard : l'allocation se cale sur votre profil de risque et sur le risque résiduel que vous portez encore sur votre société d'origine. À mesure que ce risque se réduit et que d'autres liquidités arrivent, le dispositif se rééquilibre. C'est un travail dans la durée, pas une décision ponctuelle.

Après une levée et un cash-out de 5 M€, structurez votre patrimoine avec Hagnéré Patrimoine : holding, apport-cession, contrat luxembourgeois et allocation 4 poches sur mesure pour rester acteur du non coté. Pour situer ce dispositif dans une logique de grande fortune, voir aussi nos guides placer la trésorerie de holding après une sortie et stock-options et BSPCE : que faire de 5 M€.

Méthode documentée

Un cabinet noté 4,7/5 sur Trustpilot

Hagnéré Patrimoine (ORIAS 23002291), cabinet de gestion de patrimoine et de fortune basé à Bassens, accompagne fondateurs et dirigeants sur leurs opérations de cash-out. Premier échange sans engagement.

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Sources, mentions et disclaimer

Sources et références mobilisées dans ce guide

  • CGI art. 150-0 B ter— apport-cession et report d'imposition de la plus-value
  • CGI art. 150-0 B ter — remploi d'au moins 60 % du produit dans les 2 ans si cession sous 3 ans, conservation des actifs de remploi 12 mois (5 ans pour certains fonds de capital-investissement)
  • Loi de finances 2026 (n° 2026-103 du 19/02/2026) — hausse possible du remploi apport-cession de 60 % à 70 % pour les cessions à compter du 21/02/2026, à confirmer au regard du texte définitif et de la doctrine
  • CGI art. 150-0 D ter — abattement fixe dirigeant 500 000 € (départ en retraite)
  • CGI art. 145 et 216 — régime mère-fille, quote-part de frais et charges 5 %
  • CGI art. 219— taux de l'impôt sur les sociétés
  • CGI art. 125-0 A— fiscalité des rachats d'assurance-vie après 8 ans
  • CGI art. 990 I — succession assurance-vie, primes versées avant 70 ans
  • CGI art. 757 B — succession assurance-vie, primes versées après 70 ans
  • LFSS 2026 (n° 2025-1403 du 30/12/2025) — CSG +1,4 pt, PS 18,6 % sur les revenus mobiliers
  • CGI art. 964 et s. et art. 972 — impôt sur la fortune immobilière (IFI)
  • CGI art. 223 sexies — contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR)
  • CGI art. 224 — contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR)
  • BOFiP RPPM-PVBMI-20-40-10-30— conditions de l'abattement dirigeant 500 000 €
  • Arrêté du 22 décembre 2025 fixant le PASS 2026 à 48 060 €

Mise à jour : 23 juin 2026. Sources : Code Général des Impôts (CGI), BOFiP, Légifrance, loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026), LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025). Les chiffres, taux et seuils mentionnés sont ceux en vigueur au 23 juin 2026 et peuvent évoluer.

Ce guide est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les chiffres, rendements et allocations présentés sont illustratifs et non garantis ; tout investissement comporte un risque de perte en capital et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les situations patrimoniales étant toutes différentes, consultez un conseiller en gestion de patrimoine certifié pour une recommandation adaptée à votre situation. Hagnéré Patrimoine est un cabinet de CGP enregistré à l'ORIAS sous le n° 23002291 (CIF, COA, COBSP) — siège social 82 Impasse de Bellevue, 73000 Bassens.

Questions fréquentes

Questions fréquentes : cash-out de 5 M€ d'un fondateur tech

À 5 M€, placer le cash-out ligne par ligne ne suffit plus : il faut l'organiser autour d'une holding qui capitalise et réinvestit. La holding à l'IS devient la colonne vertébrale : elle capitalise, réinvestit dans le non coté via l'apport-cession et orchestre les 4 poches (sécurité, revenu, croissance, illiquide). L'assurance-vie luxembourgeoise et le crédit lombard apportent souplesse et liquidité pour rester acteur du non coté sans tuer le report d'imposition. Tout est illustratif, non garanti, avec risque de perte en capital.

À ce niveau, la holding s'impose presque toujours. En apportant les titres à une holding à l'IS contrôlée avant la cession (article 150-0 B ter), on obtient un report d'imposition de la plus-value, le bénéfice du régime mère-fille et la capacité de capitaliser à l'IS. Perçu en direct, le cash-out supporte le PFU de 31,4 % (12,8 % d'impôt + 18,6 % de prélèvements sociaux sur la plus-value mobilière) ou le barème avec abattements pour titres antérieurs à 2018. La holding permet de différer l'impôt et de rester investi dans l'économie réelle.

La référence de droit positif reste 60 %. Au titre de l'article 150-0 B ter, le report tombe si la holding cède les titres apportés dans les 3 ans, sauf à réinvestir au moins 60 % du produit de cession dans une activité économique éligible dans les 2 ans, les actifs de remploi étant conservés au moins 12 mois (5 ans pour certains fonds de capital-investissement éligibles). La loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) pourrait porter ce seuil de 60 % à 70 % pour les cessions intervenant à compter du 21/02/2026 : cette évolution est à confirmer au regard du texte définitif et de la doctrine, et ne doit pas être tenue pour acquise.

Le remploi doit financer une activité économique réellement productive : acquisition d'une entreprise, financement de moyens d'exploitation, ou souscription à certains fonds de capital-investissement (private equity, venture) éligibles à l'article 150-0 B ter. L'immobilier de rendement, les activités financières et les activités à tarifs réglementés sont exclus du réemploi éligible. C'est ce qui permet au fondateur de rester acteur du non coté tout en préservant le report d'imposition.

Le régime mère-fille (articles 145 et 216 du CGI) exonère les dividendes remontés à la holding, sous réserve de réintégrer une quote-part de frais et charges de 5 % : environ 95 % du dividende est ainsi exonéré. La holding paie l'IS (25 %, 15 % jusqu'à 42 500 € sous conditions PME) sur ses autres revenus. La capitalisation à l'IS est efficace tant que les fonds restent investis dans la holding : l'impôt personnel (PFU sur dividendes) n'est dû qu'au moment de la distribution au fondateur.

La poche Sécurité (fonds euros, fonds obligataires datés) constitue le matelas de liquidité, environ 3 ans de train de vie. La poche Revenu (SCPI européennes, nue-propriété de SCPI, dette privée, produits structurés à coupon) génère un flux régulier capitalisé. La poche Croissance (ETF actions monde et S&P 500 logés en PEA, assurance-vie luxembourgeoise puis compte-titres) assure la diversification liquide hors start-up. La poche Illiquide (private equity, venture, infrastructure) renforce le rendement de long terme. La pondération dépend du profil de risque.

La poche illiquide grossit avec le patrimoine : de l'ordre de 10 à 15 % à 1 M€, 20 à 25 % à 5 M€, et jusqu'à 30 à 40 % à 10 M€ et plus, dans une logique family office. Pour un fondateur dynamique, elle peut atteindre 35 % à 5 M€. Il est essentiel d'étaler les engagements sur plusieurs millésimes pour lisser les appels de fonds, et une partie de cette poche peut satisfaire le remploi de l'apport-cession (conservation portée à 5 ans pour les fonds de capital-investissement éligibles). Le private equity affiche une forte dispersion de performance.

Pour un résident fiscal français, la fiscalité est identique : mêmes abattements après 8 ans, mêmes prélèvements sociaux à 17,2 %, pas d'avantage de barème. L'atout du Luxembourg est structurel : le fonds d'assurance spécialisé (FAS) offre une architecture ouverte (titres vifs, non coté, multidevises), le super-privilège place l'assuré en créancier de premier rang au-delà du fonds de garantie français de 70 000 €, et le contrat se prête naturellement au crédit lombard. C'est un outil de structuration, pas une optimisation de taux.

Le crédit lombard consiste à nantir le contrat d'assurance-vie (ou les actifs financiers) pour obtenir une ligne de liquidité. Le fondateur peut ainsi financer un nouveau ticket, un co-investissement ou la souscription à un fonds sans désinvestir, donc sans déclencher de plus-value imposable ni sortir du différé fiscal. La contrepartie est le risque : le levier amplifie les gains comme les pertes, et une baisse des actifs nantis peut déclencher un appel de marge. Le levier doit donc rester dimensionné par rapport à la capacité à honorer un appel de marge.

Une plus-value mobilière perçue en direct est imposée au PFU de 31,4 % (12,8 % d'impôt + 18,6 % de prélèvements sociaux depuis la LFSS 2026), ou au barème avec abattements pour durée de détention sur les titres acquis avant 2018. L'abattement fixe dirigeant de 500 000 € (article 150-0 D ter) est une alternative au report : il est conditionné au départ en retraite du cédant, ce qui le rend peu pertinent pour un fondateur de 42 ans qui reste actif et privilégiera l'apport-cession.

On loge en priorité les ETF actions monde dans le PEA (exonéré d'impôt sur le revenu après 5 ans, prélèvements sociaux de 18,6 % à la sortie, plafond de 150 000 € de versements). Au-delà, on utilise l'assurance-vie ou le contrat luxembourgeois FAS, puis le compte-titres ordinaire (PFU 31,4 %) pour le surplus. Cet ordre optimise la fiscalité tout en conservant une diversification liquide actions monde, complémentaire des participations encore détenues dans la société d'origine.

À titre purement illustratif, avec une espérance de rendement de l'ordre de 7 % brut par an et une allocation dynamique, le patrimoine financier pourrait viser environ 10 M€ à 10 ans. Cette projection suppose un rendement constant, ce qui n'est jamais le cas en pratique : elle est non garantie, ne tient pas compte de la fiscalité de sortie et comporte un risque de perte en capital. Elle illustre la mécanique de la capitalisation, pas un résultat promis.