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Entrepreneur tech après une levée : que faire de 1 M€ ?

Vous venez de réaliser votre premier cash-out lors d'une levée ou d'un tour secondaire. Après des années à concentrer tout votre risque sur une seule entreprise, l'enjeu s'inverse : diversifier 1 M€ de cash out start-up sans renoncer à l'écosystème que vous maîtrisez. Voici la méthode des 4 poches, la fiscalité 2026 et le rôle d'une holding.

4 pochesSécurité · Revenu · Croissance · Illiquide
31,4 %PFU sur la plus-value de cession
60 % / 2 ansApport-cession 150-0 B ter
10-35 %Poche illiquide selon le profil
Hagnéré Patrimoine

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Clément Chatelain

CGP indépendant spécialisé en stratégies patrimoniales du dirigeant

Clément Chatelain accompagne les dirigeants, associés et professions libérales sur la rémunération, la prévoyance, les holdings, le PER et la structuration globale entre patrimoine privé et outil professionnel.

DirigeantsStructurationCIF

Publié le 23 juin 2026 · Mis à jour le 23 juin 2026 · Temps de lecture : ~16 min · Par Quentin Hagnéré, fondateur de Hagnéré Patrimoine CIF / COA / COBSP, enregistré à l'ORIAS sous le numéro 23002291.

En 60 secondes

  • Pour qui ? Un fondateur qui vient de réaliser son premier cash-out (levée, tour secondaire), encore en activité dans sa société.
  • Ce que vous y gagnez : la méthode des 4 poches pour diversifier 1 M€, l'ordre des enveloppes, le rôle d'une holding et la fiscalité 2026.
  • Chiffre clé 2026 : un cash-out « sec » est une plus-value mobilière taxée au PFU à 31,4 % (et non 30 %).
  • Risque principal : garder son risque concentré sur un actif unique et illiquide.

Avertissement

Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les informations sont à jour à la date de publication, mais la législation peut évoluer et la fiscalité dépend de votre situation individuelle. Tous les chiffres et allocations présentés sont illustratifs et non garantis. Tout investissement comporte un risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

QH

À propos de l'auteur

Quentin Hagnéré

Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Quentin Hagnéré a fondé Hagnéré Patrimoine en 2020 et en est associé, sans fonction de direction depuis septembre 2026. Auteur de deux livres sur l'investissement immobilier, il signe les guides du cabinet. Le cabinet, présidé par Clément Chatelain, est immatriculé à l'ORIAS sous le n° 23002291 (CIF, COA, COBSP).

Auteur du guideCabinet Hagnéré Patrimoine : ORIAS 23002291

1. Cash-out de 1 M€ après une levée : de l'actif unique à la diversification

Vous avez réussi en faisant exactement l'inverse de ce qu'on enseigne en gestion de patrimoine : vous avez concentré tout votre risque sur une seule entreprise, au prix de plusieurs années sans vrai salaire. Le premier cash-out renverse la logique. Ce million d'euros n'est pas « un million à placer » comme un autre : c'est un problème de dé-concentration, de fiscalité de cession et de maintien d'une exposition maîtrisée au non coté, l'univers que vous connaissez mieux que personne.

Premier réflexe à corriger : un cash-out « sec » n'est pas taxé à 30 %, mais à 31,4 % (PFU 31,4 % depuis la LFSS 2026) — soit ≈ 314 000 € sur 1 M€ de plus-value. Et l'apport-cession (art. 150-0 B ter), qu'on me présente régulièrement comme la parade miracle, n'est pas une exonération: c'est un report d'imposition assorti d'un remploi d'au moins 60 % du produit sous 2 ans si la holding revend sous 3 ans (seuil que la LF 2026 pourrait porter à 70 %, sous réserve de confirmation au texte). La promesse de ce guide : vous donner une grille claire — la méthode des 4 poches — pour transformer ce million unique et illiquide en patrimoine personnel diversifié, sans renoncer à l'écosystème que vous maîtrisez.

Pour la mécanique générique de l'allocation d'un million d'euros, tous profils confondus, reportez-vous à notre guide investir 1 000 000 € en 2026. Nous ne le répétons pas ici : ce guide traite le cas spécifique du fondateur encore en activité — comment diversifier 1 M€ de cash out start-up tout en gardant une exposition à votre écosystème, et sans alourdir inutilement votre fiscalité.

On va le dérouler poche par poche, puis trancher la question de la holding et l'ordre des enveloppes, sans oublier la poudre sèche qu'il faut garder pour réinvestir et le calendrier fiscal de l'année de cession.

Le risque de concentration : pourquoi sortir une partie du capital de la start-up

Avant le cash-out, la quasi-totalité de votre patrimoine tient en un seul actif : vos titres. Un actif unique, illiquide, et dont la valeur « papier » n'est pas du cash tant qu'il n'y a pas de liquidité. Une valorisation post-levée ne se dépense pas : elle peut fondre au tour suivant, à un retournement de marché ou à un changement de gouvernance. Le cash-out matérialise une fraction de cette valeur — c'est précisément le moment de construire un patrimoine personnel distinct de l'entreprise.

L'inversion du réflexe

Vous avez créé de la valeur en concentrant. Vous la protégez désormais en diversifiant. Diversifier ne veut pas dire renier votre métier : cela veut dire que votre patrimoine ne dépend plus d'un seul pari. Pour mesurer ce qui est en jeu, voyez les erreurs qui détruisent un patrimoine d'un million.

2. La logique des 4 poches pour un entrepreneur encore en activité

La méthode des 4 poches est notre grille de référence pour structurer un capital important. On ne raisonne jamais en produits (et donc jamais en noms de fonds, de sociétés de gestion ou d'ISIN) mais en classes d'actifs et en enveloppes. Chaque poche a un rôle ; tout converge vers une trésorerie qui distribue le cash et réalimente les poches au fil des arbitrages.

Méthode des 4 poches appliquée à un cash-out de fondateur. *Repères 2026 illustratifs, non garantis, avec risque de perte en capital.
PocheRôleClasses d'actifsEnveloppesRepère rendement*
SécuritéLe coussin que l'on n'avait jamais euFonds euros, monétaire, obligataire court termeAssurance-vie, compte-titres, livrets~2,6 % net
RevenuPremier flux régulier, capitaliséSCPI et SCPI européennes, nue-propriété de SCPI, obligations datées, structurés à couponAssurance-vie, compte-titres, SCI~4,7-4,9 % (SCPI)
CroissanceMoteur actions mondeETF actions monde (MSCI World / S&P 500), actionsPEA puis assurance-vie puis compte-titresMarché actions
IlliquideRester exposé au non cotéPrivate equity, dette privée, venture, club dealsDirect, holding IS, UC en assurance-vie, marchés privés~11 %/an net moyen, forte dispersion

Règle structurante : la poche illiquide grossit avec le patrimoine

À 1 M€, la poche illiquide reste mesurée (~10-15 %). Elle monte vers ~20-25 % à 5 M€ et 30-40 % au-delà, dans une logique de family office. Pour le détail du non coté, voyez nos guides private equity et marchés privés.

Poche Sécurité : sécuriser le coussin que l'on n'avait jamais eu

La plupart des fondateurs n'ont aucun matelas personnel avant leur premier cash-out : tout était dans la boîte. La poche Sécurité règle ce manque. On y loge des fonds euros (référence 2026 ~2,6 % net, illustratif), des fonds obligataires datés et une trésorerie de précaution, principalement en assurance-vie (prélèvements sociaux maintenus à 17,2 %), en compte-titres et sur des livrets. C'est le premier capital personnel sécurisé du fondateur, celui qui le rend libre de ne pas brader ses titres à la première tension de trésorerie.

Poche Revenu : créer un premier flux sans bloquer la croissance

La poche Revenu installe un premier flux régulier. On y trouve des SCPI européennes (référence 2026 ~4,7-4,9 %, illustratif), de la nue-propriété de SCPI (qui sort temporairement de l'assiette IFI, art. 968), des obligations datées à coupons connus et des produits structurés à coupon avec protection partielle. Pour un fondateur encore en activité, ce flux est en général capitalisé (réinvesti) plutôt que consommé : vous avez encore vos revenus professionnels. Pour comprendre cette classe d'actifs, voyez notre guide SCPI.

Poche Croissance : le moteur actions monde en PEA et CTO

C'est la diversification la plus radicale par rapport à votre actif start-up : des ETF actions monde (MSCI World / S&P 500), logés d'abord en PEA (exonération d'impôt sur le revenu après 5 ans, prélèvements sociaux de 18,6 % à la sortie, plafond de versements 150 000 €), puis en assurance-vie et enfin en compte-titres (PFU 31,4 % sur les dividendes et plus-values mobilières). Le détail des règles dans notre guide PEA.

Poche Illiquide : rester exposé au non coté que l'on connaît

C'est votre terrain. Private equity, dette privée, venture, co-investissements et club deals : le fondateur comprend ces actifs mieux que quiconque. La règle est d'étaler sur plusieurs millésimes pour lisser les appels de fonds (un fonds de private equity appelle le capital sur 4 à 5 ans). À 1 M€, cette poche représente ~10-15 %. Détenue en direct, elle relève des plus-values mobilières (PS 18,6 %) ; logée dans une holding à l'IS, elle suit la fiscalité de l'IS ; et certains fonds de capital-investissement sont éligibles au remploi de l'apport-cession, à valider au cas par cas. À approfondir avec private equity et marchés privés.

3. Holding patrimoniale : faut-il loger le cash-out en société ?

L'arbitrage est central, et je le vois mal posé presque à chaque rendez-vous. La réponse dépend de votre intention : oui si vous voulez réinvestir ou bénéficier de l'apport-cession ; non si vous voulez simplement diversifier ou consommer le produit à titre personnel. L'erreur que je rattrape le plus : un cash-out déjà encaissé en personne n'entre pas rétroactivement dans une holding. La holding doit être constituée et l'apport des titres réalisé avant la cession.

Une holding à l'IS apporte trois leviers : le régime mère-fille (dividendes de filiales quasi exonérés, hors quote-part de frais et charges de 5 %, art. 145 et 216 du CGI), l'IS sur les revenus financiers réinvestis, et la possibilité de loger un contrat de capitalisation à l'IS pour faire travailler la trésorerie. C'est l'outil naturel d'un fondateur qui veut réinvestir dans l'économie réelle.

L'apport-cession (art. 150-0 B ter) et la LF 2026

Vous apportez vos titres à une holding à l'IS que vous contrôlez : la plus-value est placée en report d'imposition (ce n'est pas une exonération). Si la holding cède les titres apportés dans les 3 ans, elle doit alors :

  • réinvestir au moins 60 % du produit de cession ;
  • dans un délai de 2 ans ;
  • dans une activité économique éligible (les activités financières, de gestion patrimoniale ou de simple gestion locative sont exclues) ;
  • puis conserver ces actifs 5 ans.

Ce que pourrait changer la LF 2026 : pour les cessions réalisées par la holding à compter du 21 février 2026, le seuil de remploi pourrait passer de 60 % à 70 % du produit de cession. Ce relèvement reste à confirmer au texte définitif de la loi (à vérifier) ; le délai de remploi de 2 ans, lui, n'est pas modifié. Dans tous les cas, c'est un report, pas un cadeau fiscal.

Cash-out en direct

Points forts

  • Liquidité personnelle immédiate
  • Aucune contrainte de réinvestissement
  • Gestion simple, libre disposition du capital

Points de vigilance

  • Fiscalité immédiate : PFU 31,4 % sur la plus-value
  • Aucun différé d'imposition possible

Apport-cession via holding

Points forts

  • Report d'imposition de la plus-value
  • Régime mère-fille et capitalisation à l'IS
  • Outil de réinvestissement dans l'économie réelle

Points de vigilance

  • Remploi d'au moins 60 % du produit sous 2 ans si cession sous 3 ans (seuil que la LF 2026 pourrait porter à 70 %)
  • Conservation 5 ans, activités éligibles restreintes
  • Report, pas exonération : l'impôt reste latent

Pour aller plus loin, voyez nos guides holding patrimoniale, le dispositif apport-cession, le cas du dirigeant en apport-cession à 1 M€ et la gestion de la trésorerie excédentaire d'une holding.

4. PEA, assurance-vie et compte-titres : l'ordre de remplissage

Une fois les poches définies, reste à les loger dans les bonnes enveloppes, dans le bon ordre. Le principe est simple : on capte d'abord les avantages fiscaux qui se saturent vite, puis on déborde vers les enveloppes sans plafond.

  1. Le PEA d'abord— plafond de versements 150 000 €, il sature vite ; exonération d'impôt sur le revenu après 5 ans (PS 18,6 % à la sortie). C'est l'enveloppe la plus efficiente pour la poche Croissance.
  2. L'assurance-vie ensuite — sans plafond, souple, abattement après 8 ans, PS 17,2 %, et surtout transmission optimisée (art. 990 I / 757 B). On y loge Sécurité, Revenu et une partie de la Croissance.
  3. Le compte-titres pour le débord— illimité, tout l'univers d'investissement, non coté possible ; PFU 31,4 % sur dividendes et plus-values mobilières.
  4. Les enveloppes dédiées — PER si vous avez une TMI élevée et un horizon retraite (voyez le plan d'épargne retraite), SCI pour les SCPI, holding à l'IS pour le non coté et l'apport-cession.
Ordre de remplissage et fiscalité des enveloppes 2026. Données indicatives, hors situation personnelle.
EnveloppePlafondFiscalité revenus / plus-valuesPSAtout principal
PEA150 000 € de versementsExonération d'IR après 5 ans18,6 %Actions UE/monde via ETF éligibles
Assurance-vieAucunAprès 8 ans : abatt. 4 600 / 9 200 €, puis 7,5 % jusqu'à 150 k€ de primes (puis 12,8 %)17,2 %Transmission 990 I / 757 B, arbitrages
Compte-titresAucunPFU 12,8 % (ou option barème)18,6 %Tout univers, non coté possible
Holding à l'ISAucunIS + régime mère-fille—Apport-cession, capitalisation à l'IS

Garde-fou : ne jamais appliquer un taux unique

Les prélèvements sociaux ne sont pas les mêmes partout. Ils sont à 18,6 % sur le PEA, le compte-titres, les dividendes et les plus-values mobilières (CSG +1,4 pt, LFSS 2026), mais restent à 17,2 % sur l'assurance-vie, le contrat de capitalisation, les revenus fonciers et les plus-values immobilières. D'où un PFU à 31,4 % pour la cession et à 30 % pour l'assurance-vie. Pour les détails enveloppe par enveloppe, voyez notre guide assurance-vie.

5. Garder de la poudre sèche pour réinvestir dans l'écosystème

Le fondateur a un avantage rare : il comprend le non coté et son réseau lui ouvre des opportunités auxquelles un épargnant lambda n'a pas accès — business angel, club deals, tours secondaires, marché secondaire de parts de fonds. Conserver une poche illiquide « armée » et une trésorerie disponible permet de saisir ces occasions. La règle ne change pas : on étale les engagements sur plusieurs millésimes et on évite de surcharger un seul secteur.

À 1 M€, cette poudre sèche reste mesurée : on n'immobilise pas la moitié du cash-out sur des engagements de capital pluriannuels. Elle grossira aux cash-out suivants. C'est la trajectoire pluri-cash-out : à mesure que votre risque professionnel diminue et que d'autres liquidités arrivent, la poche illiquide monte vers 20-25 % aux paliers supérieurs (5 M€), puis 30-40 % au-delà (10 M€+), dans la logique d'un family office qui construit son propre véhicule d'investissement.

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Aux paliers supérieurs, la logique se prolonge : voyez diversifier 2 M€ en restant fondateur, le cash-out de 3 M€ à diversifier et entrepreneur tech : que faire de 5 M€. Si votre liquidité provient de stock-options ou de BSPCE, voyez aussi stock-options et BSPCE à 1 M€.

6. Trois allocations selon le profil de risque

Voici trois répartitions types d'un cash-out de 1 M€ selon le profil de risque. Elles sont illustratives et ne valent pas conseil personnalisé : votre allocation réelle dépend de votre situation, de votre horizon et de votre exposition professionnelle restante.

Allocations d'un cash-out de 1 M€ par profil — illustratives, non garanties, risque de perte en capital. Les cibles de rendement sont des espérances, pas des promesses.
PochePrudent (~3 % net)Équilibré (~5 % net)Dynamique (~7 %+)
Sécurité45 % (450 k€)30 % (300 k€)15 % (150 k€)
Revenu25 % (250 k€)20 % (200 k€)15 % (150 k€)
Croissance20 % (200 k€)30 % (300 k€)35 % (350 k€)
Illiquide10 % (100 k€)20 % (200 k€)35 % (350 k€)

Profil prudent — cible ~3 % net

Vu de l'extérieur, c'est contre-intuitif : un fondateur habitué à tout miser sur sa boîte a souvent intérêt à jouer la prudence sur son premier cash-out. La poche Sécurité (45 %, 450 k€) — fonds euros, obligataire daté en assurance-vie et compte-titres, plus une trésorerie — constitue enfin un capital personnel solide. La poche Revenu (25 %, 250 k€) ajoute des SCPI européennes et des structurés à coupon, capitalisés. La poche Croissance (20 %, 200 k€) repose sur des ETF actions monde en PEA puis CTO — la diversification radicale par rapport à l'actif start-up. La poche Illiquide (10 %, 100 k€) garde une exposition mesurée au non coté. L'objectif premier reste la réduction du risque de concentration ; la poche illiquide grossira aux cash-out suivants. Illustratif, non garanti, risque de perte en capital.

Profil équilibré — cible ~5 % net

L'entrepreneur équilibré veut diversifier sans renoncer à la performance qui l'a fait réussir. Sécurité (30 %, 300 k€) : fonds euros et obligations datées en assurance-vie, socle nouvellement constitué. Revenu (20 %, 200 k€) : SCPI européennes, nue-propriété de SCPI et structurés à coupon. Croissance (30 %, 300 k€) : ETF actions monde et S&P 500 en PEA et compte-titres, cœur de diversification liquide. Illiquide (20 %, 200 k€) : private equity (capital-développement, secondaire), dette privée et venture, étalés sur plusieurs millésimes. Une holding patrimoniale peut accueillir une partie du cash-out, notamment en cas d'apport-cession (remploi d'au moins 60 % du produit sous 2 ans si la holding revend sous 3 ans). Dans le temps, l'illiquide montera vers 25-30 %. Illustratif, non garanti, risque de perte en capital.

Profil dynamique — cible ~7 %+

Le profil dynamique vise plutôt le fondateur jeune, à l'aise avec le non coté et qui investit sur un horizon long. Sécurité (15 %, 150 k€) : fonds euros et obligations datées, matelas minimal de précaution. Revenu (15 %, 150 k€) : SCPI et structurés à coupon, capitalisés. Croissance (35 %, 350 k€) : cœur d'ETF actions monde et S&P 500 en PEA et CTO, complété d'actions de conviction tech. Illiquide (35 %, 350 k€) : private equity, venture, dette privée et co-investissements dans l'écosystème que le fondateur connaît, étalés sur de nombreux millésimes pour lisser les appels de fonds. C'est ici qu'il garde de la poudre sèche pour réinvestir dans des start-up. Une holding peut loger ces participations et bénéficier du régime mère-fille et du report en cas d'apport-cession. Volatilité élevée assumée. Illustratif, non garanti, risque de perte en capital.

Exemple chiffré sur 1 M€

Cas pratique — illustratif, non garanti

Hypothèses : fondateur de 38 ans, 1 M€ de cash-out lors d'un tour de table, encore actionnaire majoritaire de sa société. Profil dynamique.

Allocation : 150 k€ fonds euros / obligations (assurance-vie) · 150 k€ SCPI / structurés · 350 k€ ETF monde (PEA + CTO) · 350 k€ private equity / venture / dette privée.

Avec une espérance de rendement moyen d'environ 7 % brut sur l'horizon long, la poche financière pourrait viser ~2 M€ en 10 ans (effet de la capitalisation, à titre illustratif), indépendamment de la valeur de la start-up.

Note de méthode : cette projection n'est pas une prévision. Elle suppose un rendement moyen constant et une fiscalité inchangée ; le résultat réel varie fortement selon le profil et l'horizon, et peut être inférieur au capital investi. La dispersion est particulièrement forte sur la poche non cotée.

Apport-cession : si le cash-out provient d'un apport-cession via holding et que la holding cède les titres dans les 3 ans, ce sont au moins 60 % du produit qui doivent être réinvestis dans les 2 ans (et conservés 5 ans) pour conserver le report. La LF 2026 pourrait porter ce seuil à 70 % pour les cessions à compter du 21 février 2026, sous réserve de confirmation au texte (à vérifier). Illustratif, non garanti, risque de perte en capital.

7. Fiscalité 2026 du cash-out et des réinvestissements

La cession « sèche » de titres (sans apport préalable à une holding) dégage une plus-value mobilière imposée en principe au PFU de 31,4 %: 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux (CSG relevée par la LFSS 2026). L'option pour le barème progressif avec abattements pour durée de détention (50 %/65 % en droit commun, ou jusqu'à 85 % avec l'abattement renforcé PME) reste possible, mais uniquement pour les titres acquis avant le 1er janvier 2018 (art. 200 A et 150-0 D du CGI).

Ce n'est pas 30 %

L'erreur la plus fréquente est d'appliquer 30 % à la cession. Le 30 % ne vaut que pour l'assurance-vie (PS 17,2 %). Sur une plus-value mobilière, les prélèvements sociaux sont à 18,6 %, donc le PFU est à 31,4 %.

Cas chiffré — le coût d'un cash-out « sec »

Hypothèse : cession « sèche » de titres acquis après 2018 dégageant 1 M€ de plus-value (prix d'acquisition négligé pour simplifier).

  • Au PFU 31,4 % : impôt ≈ 314 000 € (128 000 € IR + 186 000 € PS) → net ≈ 686 000 €.
  • À tort, en appliquant « 30 % », on sous-estimerait l'impôt de 14 000 € (le PS est à 18,6 %, pas 17,2 %).
  • Via apport-cession : la plus-value est mise en report (0 € d'impôt immédiat), mais au moins 60 % du produit doivent être remployés sous 2 ans si la holding cède sous 3 ans (seuil que la LF 2026 pourrait porter à 70 %, à confirmer) — c'est un report, pas un cadeau.

Illustratif, non garanti.

L'apport-cession (art. 150-0 B ter) place la plus-value en report d'imposition via une holding à l'IS contrôlée, avec un remploi d'au moins 60 % du produit sous 2 ans (conservation 5 ans) si la holding cède dans les 3 ans. La LF 2026 pourrait relever ce seuil de remploi à 70 % pour les cessions à compter du 21 février 2026, sous réserve de confirmation au texte de la loi (à vérifier). Certains fonds de capital-investissement (FCPR / FPCI) sont éligibles au remploi, à valider au cas par cas. Détails sur la page apport-cession.

L'abattement fixe dirigeant retraite de 500 000 € (art. 150-0 D ter) ne concerne pas, en pratique, un fondateur de 38 ans encore en activité : il suppose un départ à la retraite et des conditions strictes (fonctions de direction, détention d'au moins 25 % du capital). Il ne réduit en outre que l'impôt sur le revenu, pas les prélèvements sociaux. À ne retenir que pour l'exhaustivité.

Dualité des prélèvements sociaux 2026 : 17,2 % maintenu (AV, foncier) vs 18,6 % (PV mobilières, PEA, dividendes). Source : LFSS 2026, CGI.
Type de revenu / enveloppeTaux PS 2026Régime d'imposition
Plus-value mobilière (cession de titres)18,6 %PFU 31,4 % (ou barème + abattements si titres < 2018)
Assurance-vie17,2 %PFU 30 % avant 8 ans ; après 8 ans : 7,5 % + 17,2 % jusqu'à 150 k€ de primes
PEA18,6 %Exonération d'IR après 5 ans
Revenus fonciers / SCPI17,2 %Barème IR ou régime applicable
Dividendes18,6 %PFU 31,4 % (ou barème + abattement 40 %)

Anticiper la CDHR et la CEHR l'année du cash-out

Un gros cash-out gonfle le revenu fiscal de référence de l'année. La CEHR (art. 223 sexies) s'applique à 3 % puis 4 % au-delà de 250 000 / 500 000 € de RFR. La CDHR (art. 224) vise un plancher de 20 % du RFR pour les très hauts revenus (prorogée sous réserve des textes 2026-2027) ; les prélèvements sociaux sont exclus de son numérateur. Un cash-out important peut donc faire basculer le RFR : cela s'anticipe avant la cession.

Enfin, l'IFI est marginal ici : un cash-out est un produit financier, non immobilier. L'IFI ne se déclenche qu'au-delà de 1,3 M€ d'immobilier net taxable ; la nue-propriété de SCPI sort de l'assiette (art. 968) et l'assurance-vie n'y entre que pour sa fraction immobilière (art. 972).

8. Le mot du conseiller Hagnère

Un premier cash-out, ça se pilote : ce n'est pas une prime à claquer, c'est le point de départ d'un patrimoine. Mon premier conseil est contre-intuitif pour un entrepreneur: sécurisez le matelas avant de courir après la performance. Vous avez passé des années à tout miser sur un actif ; le rôle de ce capital n'est plus de prendre le maximum de risque, mais de vous rendre indépendant de votre entreprise.

Dans la pratique, je vois surtout deux erreurs. D'abord, croire que l'apport-cession est un cadeau fiscal. C'est un report, pas une exonération; l'impôt reste latent et le remploi d'au moins 60 % du produit sous 2 ans (seuil que la LF 2026 pourrait porter à 70 %) est une contrainte réelle. Ensuite, se précipiter sur le non coté. Le private equity s'étale sur les millésimes ; on n'immobilise pas la moitié d'un premier cash-out sur des engagements pluriannuels. Et n'oubliez pas d'anticiper la CDHR l'année de la cession : un gros RFR peut coûter cher si rien n'est préparé.

Notre métier, c'est de faire tenir ensemble ces cinq chantiers : la diversification, la holding, l'apport-cession, l'ordre des enveloppes et le calendrier fiscal. Pour une analyse adaptée à votre situation, échangez avec Quentin Hagnéré et son équipe.

Méthode documentée

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Cash-out, holding, apport-cession et allocation 4 poches : un conseiller Hagnère Patrimoine met votre 1 M€ au travail hors de la start-up, dans le respect de la fiscalité 2026.

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Sources, mentions et avertissement

Sources et références

  • CGI : art. 150-0 B ter (apport-cession, report), 150-0 D ter (abattement dirigeant retraite 500 000 €), 200 A (PFU), 150-0 D (option barème, abattements durée de détention), 990 I et 757 B (succession assurance-vie), 972 et 968 (IFI), 145 et 216 (régime mère-fille), 223 sexies (CEHR), 224 (CDHR).
  • Apport-cession 150-0 B ter: remploi d'au moins 60 % du produit sous 2 ans, conservation 5 ans, si la holding cède sous 3 ans. La LF 2026 pourrait relever ce seuil de remploi à 70 % pour les cessions à compter du 21 février 2026 (à confirmer au texte définitif de la loi).
  • LFSS 2026 : loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 (CSG +1,4 pt, dualité PS 17,2 % / 18,6 %).
  • Doctrine et administration : BOFiP, impots.gouv.fr, service-public.fr, economie.gouv.fr (CDHR).

Mis à jour le 23 juin 2026. Données 2026 sous réserve d'évolutions législatives et de la situation individuelle du lecteur.

Hagnéré Patrimoine — cabinet de conseil en gestion de patrimoine, ORIAS 23002291 (CIF / COA / COBSP), 82 Impasse de Bellevue, 73000 Bassens. Ce contenu informatif ne constitue pas un conseil personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Tout investissement comporte un risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Questions fréquentes

Questions fréquentes — cash-out et diversification

On applique la méthode des 4 poches : sécuriser d'abord un matelas personnel (poche Sécurité), créer un premier flux capitalisé (poche Revenu), diversifier en actions monde via PEA puis compte-titres (poche Croissance) et rester exposé au non coté que l'on connaît (poche Illiquide). Pour un premier cash-out, la dé-concentration prime sur la recherche de rendement : l'objectif est de transformer un actif unique et illiquide en patrimoine personnel diversifié. Tous les chiffres sont illustratifs, non garantis, avec risque de perte en capital.

Une cession de titres dégage une plus-value mobilière imposée en principe au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % d'impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux depuis la LFSS 2026), et non 30 %. L'option pour le barème progressif avec abattements pour durée de détention reste possible, mais uniquement pour les titres acquis avant le 1er janvier 2018. Source : art. 200 A et 150-0 D du CGI.

Depuis la LFSS 2026, la CSG a augmenté de 1,4 point sur les plus-values mobilières, les dividendes et les intérêts : les prélèvements sociaux passent à 18,6 %. Le PFU sur une cession de titres atteint donc 12,8 % + 18,6 %, soit 31,4 %. Le taux de 30 % ne vaut que pour l'assurance-vie, le contrat de capitalisation, les revenus fonciers et les plus-values immobilières, où les prélèvements sociaux restent à 17,2 %. Il ne faut donc jamais appliquer un taux unique.

Oui si l'objectif est de réinvestir ou de bénéficier de l'apport-cession : la holding à l'IS profite du régime mère-fille et peut loger un contrat de capitalisation. Non si l'on veut simplement diversifier ou consommer le produit en personnel. Attention : un cash-out déjà encaissé à titre personnel n'entre pas rétroactivement dans une holding ; la holding doit être constituée et l'apport réalisé avant la cession.

Le régime de droit commun impose, si la holding cède les titres apportés dans les trois ans, de réinvestir au moins 60 % du produit de cession dans une activité économique éligible sous deux ans, puis de conserver ces actifs cinq ans. La LF 2026 pourrait relever ce seuil de remploi à 70 % pour les cessions réalisées à compter du 21 février 2026, sous réserve de confirmation au texte de la loi (à vérifier). Dans tous les cas, c'est un report d'imposition, pas une exonération.

Non. L'apport-cession place la plus-value en report d'imposition, ce n'est pas une exonération. La plus-value redevient imposable si les conditions ne sont pas respectées : remploi insuffisant, cession trop rapide des actifs de remploi, ou sortie des titres de la holding. Le report peut toutefois se purger en cas de transmission par donation sous conditions de conservation.

C'est un arbitrage entre liquidité immédiate et report d'impôt. En direct, vous payez le PFU de 31,4 % tout de suite mais disposez librement du capital. Via l'apport-cession, vous reportez l'impôt mais, si la holding cède les titres sous trois ans, vous êtes tenu de réinvestir au moins 60 % du produit sous deux ans dans une activité éligible (seuil que la LF 2026 pourrait porter à 70 %, à confirmer au texte). Le choix dépend de votre volonté de réinvestir massivement et de votre besoin de liquidité personnelle.

La poche Sécurité va d'environ 15 % pour un profil dynamique à 45 % pour un profil prudent. Pour un premier cash-out, c'est souvent le premier vrai matelas personnel du fondateur, qui avait jusque-là tout son patrimoine dans son entreprise : il ne faut pas le négliger. Elle se compose de fonds euros, de monétaire et d'obligataire court terme, en assurance-vie et compte-titres.

Oui, via la poche Illiquide : private equity, venture, dette privée, co-investissements et club deals, étalés sur plusieurs millésimes pour lisser les appels de fonds. À 1 M€, cette poche représente environ 10 à 15 % ; elle grossit aux cash-out suivants, jusqu'à 20 à 25 % à 5 M€ et 30 à 40 % au-delà, dans une logique de family office. C'est le terrain que le fondateur connaît le mieux.

On remplit d'abord le PEA (plafond de versements 150 000 €, exonération d'impôt sur le revenu après 5 ans, prélèvements sociaux de 18,6 % à la sortie), puis l'assurance-vie (souplesse, abattement après 8 ans, transmission via les articles 990 I et 757 B), puis le compte-titres (sans plafond, tout univers, PFU de 31,4 % sur dividendes et plus-values mobilières). Le non coté et l'apport-cession passent par une holding à l'IS.

À titre purement illustratif et non garanti : environ 3 % net pour un profil prudent, 5 % net pour un profil équilibré et 7 % et plus pour un profil dynamique, avec une volatilité plus élevée. Ces cibles sont des espérances de rendement, pas des promesses : tout investissement comporte un risque de perte en capital et les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

En pratique non. L'abattement fixe de 500 000 € de l'article 150-0 D ter suppose un départ à la retraite du dirigeant cédant, dans un délai et avec des conditions strictes (exercice de fonctions de direction, détention d'au moins 25 % du capital). Un fondateur de 38 ans encore en activité n'y a donc pas droit. De plus, cet abattement ne réduit que l'impôt sur le revenu, pas les prélèvements sociaux.

C'est possible : un cash-out important gonfle le revenu fiscal de référence de l'année. La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (art. 223 sexies) s'applique à 3 puis 4 % au-delà de 250 000 et 500 000 € de RFR. La contribution différentielle sur les très hauts revenus (art. 224) vise un plancher de 20 % du RFR ; les prélèvements sociaux sont exclus de son numérateur. Il faut anticiper l'année de la cession.

Le produit financier d'un cash-out n'est pas un actif immobilier : il n'entre pas dans l'assiette de l'IFI. L'IFI ne se déclenche qu'à partir de 1,3 M€ de patrimoine immobilier net taxable. Si vous réinvestissez en SCPI, la nue-propriété de parts sort temporairement de l'assiette (art. 968), et une assurance-vie n'est taxée que pour sa fraction immobilière (art. 972).