Structurez votre patrimoine de non-résident avec un expert
Exit tax, régime impatrié, fiscalité internationale, immobilier français et enveloppes patrimoniales : nous cadrons votre stratégie avant tout arbitrage ou changement de résidence.
Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet
Quentin Hagnéré
CGP indépendant spécialisé en fiscalité patrimoniale internationale
Quentin Hagnéré accompagne expatriés, impatriés, non-résidents et dirigeants mobiles sur leurs arbitrages fiscaux, financiers et successoraux entre la France et l'étranger.
Sommaire
- 1. Panorama des régimes impatriés 2026
- 2. Quels critères comparer vraiment ?
- 3. France : l'article 155 B
- 4. Portugal : la fin du RNH et l'IFICI
- 5. Italie : impatriati et neo residenti
- 6. Espagne : la loi Beckham
- 7. Royaume-Uni : la fin du non-dom (FIG)
- 8. Suisse : le forfait fiscal
- 9. Tableau comparatif des 6 régimes
- 10. Pour quel profil chaque pays ?
- 11. Succession, coût de la vie, sécurité juridique
- FAQ — 12 questions de pré-décision
À retenir en 30 secondes
- Aucun régime n'est le meilleur dans l'absolu : le bon choix dépend de votre profil (cadre, dirigeant, rentier, retraité) et de la structure de vos revenus.
- Le chiffre 2026 que beaucoup ignorent : la flat tax italienne des neo residenti est passée à 300 000 € par an au 1er janvier 2026 (et non 200 000 €).
- Le Royaume-Uni a le régime le plus court : le FIG ne dure que 4 ans depuis l'abolition du non-dom en avril 2025.
- Piège portugais : l'IFICI exclut les pensions de retraite, à l'inverse de l'ancien RNH.
- La France reste stable et compétitive : 8 ans, prime exonérée, exo 50 % des revenus passifs étrangers et fenêtre IFI de 5 ans, dispositif inchangé par la loi de finances 2026.
Avertissement
Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Il porte sur l'impatrié(qui arrive en France et y devient résident fiscal au sens de l'art. 4 B CGI), à ne pas confondre avec l'expatrié ou le non-résident. Les chiffres relatifs aux régimes étrangers (Italie, Espagne, Portugal, Royaume-Uni, Suisse) sont donnés à titre indicatif au 30 juin 2026 et doivent être vérifiés auprès d'un conseil local du pays concerné. La législation peut évoluer (lois de finances annuelles). Pour une analyse adaptée à votre cas, un bilan patrimonial personnalisé chez Hagnéré Patrimoine est recommandé.
1. Dans quel pays s'impatrier en 2026 ? Panorama des régimes pour talents internationaux
Il n'existe pas de « meilleur » régime impatrié universel en Europe en 2026 : le choix dépend de votre profil. La France (art. 155 B CGI) exonère la prime d'impatriation et 50 % des revenus passifs de source étrangère pendant 8 ans ; l'Italie offre une flat tax de 300 000 € par an sur 15 ans ; l'Espagne un taux forfaitaire de 24 %. Hagnéré Patrimoine compare les six régimes et structure votre arrivée en France.
Vous avez reçu une offre à Milan, un poste à Madrid, ou vous hésitez à rentrer en France après un poste à Londres : la question n'est plus seulement « combien je vais payer », mais « dans quel pays je m'installe ». Et l'enjeu n'a rien d'anecdotique : sur une installation de 8 à 15 ans, l'écart entre deux régimes se chiffre couramment en centaines de milliers d'euros. Le piège, c'est de comparer un taux affiché (les 24 % espagnols) à un forfait fixe (les 300 000 € italiens) sans la même grille de lecture : vous risquez de choisir le pays qui « a l'air » le moins cher plutôt que celui qui l'est vraiment pour votre profil.
Ce guide fait une chose : vous donner, pays par pays, la durée, l'assiette exonérée, le plafond et les conditions de chaque régime 2026, puis vous orienter selon votre profil (cadre salarié, dirigeant, rentier, retraité). Le détail complet du régime français — prime, exonération de 50 %, fenêtre IFI, sortie de l'année 9, déclaration — est traité dans notre guide pilier du régime impatrié de l'article 155 B et nous ne le ré-expliquons pas ici. Cette page-ci a un autre rôle : vous aider à arbitrer entreles six pays, avant même d'avoir tranché.
Impatrié, et pas expatrié : de quoi parle-t-on ?
Un impatrié est une personne qui arrive dans un pays pour y travailler et y devient résident fiscal ; en France, c'est l'article 4 B du CGI qui pose les critères de résidence. À ne pas confondre avec l'expatrié (un salarié envoyé travailler à l'étranger) ni avec le non-résident (qui vit et est imposé hors de France). Dans ce comparatif, les cinq régimes étrangers sont des alternatives à l'installation en France pour un même talent mobile. Si la distinction n'est pas claire pour vous, lisez d'abord notre guide impatrié, expatrié, non-résident : les différences.
Pourquoi un comparatif et pas une simple fiche pays ?
Parce qu'on ne compare pas la même chose d'un pays à l'autre. Ici, on exonère une catégorie de revenus (la prime française, les revenus étrangers du FIG britannique) ; là, on applique un taux réduit (les 24 % espagnols) ; ailleurs, un forfait fixe quel que soit le revenu (les 300 000 € italiens, le forfait suisse sur la dépense). Mettre un taux et un forfait sur la même ligne n'a aucun sens : il faut raisonner sur sept critères. C'est l'objet de la section suivante.
2. Quels critères comparer vraiment ?
Un taux affiché ne dit presque rien. Un régime court à taux bas peut coûter plus cher qu'un régime long à taux moyen, et un forfait fixe n'est intéressant qu'à partir d'un certain niveau de revenus. Sept critères font réellement la différence.
| Critère | Pourquoi c'est décisif |
|---|---|
| 1. Durée du régime | De 4 ans (UK FIG) à 15 ans (Italie neo residenti). Plus le régime est long, plus l'avantage se cumule — et plus la sortie se prépare tôt. |
| 2. Assiette exonérée ou taux | Exonération d'une catégorie de revenus (prime, revenus étrangers), taux réduit (Espagne) ou forfait fixe (Italie, Suisse) : la logique n'est pas la même. |
| 3. Plafond | Loi Beckham : 24 % seulement jusqu'à 600 000 €. France : prime exonérée plafonnée. Au-delà du plafond, l'avantage chute. |
| 4. Conditions d'éligibilité | Durée de non-résidence préalable (3, 5, 9 ou 10 ans selon le pays), profession éligible, type d'employeur. Le verrou d'entrée varie fortement. |
| 5. Prélèvements sociaux | En France, dualité 2026 : 17,2 % ou 18,6 % selon le revenu. À intégrer dans le coût réel, pas seulement l'impôt sur le revenu. |
| 6. Succession et fortune | Convention successorale, impôt sur la fortune ou la dépense : un régime IR favorable peut être annulé par une succession mal traitée. |
| 7. Stabilité juridique | UK et Portugal ont changé leur régime en moins de 18 mois. Pour une installation de plusieurs années, la stabilité est un critère à part entière. |
Dualité des prélèvements sociaux 2026 (France)
En France, les prélèvements sociaux 2026 ne sont plus à un taux unique. Depuis la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025, hausse de CSG de 1,4 point), il faut distinguer :
- 17,2 % sur l'assurance-vie, les revenus fonciers, les plus-values immobilières et le PEL ;
- 18,6 % sur les dividendes, les intérêts, les plus-values mobilières, le PEA, le PER et les crypto-actifs.
Le prélèvement forfaitaire unique (PFU) ressort ainsi à 30 % sur l'assurance-vie (12,8 + 17,2) et à 31,4 % sur les dividendes et plus-values mobilières hors AV et PEA (12,8 + 18,6). Un impatrié affilié à un régime de sécurité sociale d'un autre État de l'UE, de l'EEE ou de la Suisse est exonéré de CSG-CRDS(jurisprudence de Ruyter, CJUE C-623/13) : seul le prélèvement de solidarité de 7,5 % reste dû.
3. France : le régime impatrié de l'article 155 B
Le régime impatrié français (art. 155 B CGI) s'adresse à la personne qui prend ses fonctions en France après avoir été non-résidente les 5 années civiles précédentes. Il exonère la prime d'impatriation et 50 % de certains revenus passifs de source étrangère jusqu'au 31 décembre de la 8e année civile suivant la prise de fonctions, et ouvre une fenêtre IFI de 5 ans (art. 964 CGI).
Comme cette page est un comparatif, nous restons ici au survol. En synthèse :
- Prime d'impatriation exonérée d'impôt sur le revenu, au réel ou sur option pour un forfait de 30 % de la rémunération nette (ce forfait est ouvert à tous les impatriés, mobilités intra-groupe incluses, depuis le 16 novembre 2018).
- 50 % des revenus passifs de source étrangère exonérés (revenus de capitaux mobiliers, plus-values de cession de valeurs mobilières, produits de propriété intellectuelle), à la condition que l'État de la source ait conclu avec la France une convention comportant une clause d'assistance administrative.
- Le foncier français n'est pas exonéré : le résiduel reste imposé au barème progressif.
- Fenêtre IFI de 5 ans : pendant les 5 ans suivant l'installation, seuls les immeubles situés en France entrent dans l'assiette IFI ; l'immobilier détenu à l'étranger en est temporairement exclu.
Le détail du 155 B est dans le pilier — on ne le duplique pas ici
Prime au réel ou au forfait, plafonnement (exonération totale plafonnée à 50 % de la rémunération, ou part « activité exercée à l'étranger » limitée à 20 %), télétravail, cas du dirigeant, déclaration, sortie de l'année 9 : tout est développé dans notre guide pilier de l'article 155 B. La présente page se concentre sur la comparaison entre pays.
Forces et limites — en toute honnêteté
Du côté des forces : une durée de 8 ans (parmi les plus longues du panel, derrière l'Italie neo residenti), une prime intégralement exonérée, l'exonération de 50 % des revenus passifs étrangers et la fenêtre IFI de 5 ans, particulièrement utile pour un patrimoine immobilier international. Du côté des limites : tout ce qui n'est pas exonéré reste au barème progressif, la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR, art. 223 sexies) et l'éventuelle contribution différentielle sur les très hauts revenus (CDHR, art. 224) se calculent sur le revenu fiscal de référence, et le foncier français demeure imposé. Le dispositif est resté inchangé dans la loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026).
Hauts revenus : un point à tracer
La prime exonérée réduit votre revenu imposable, mais l'assiette de la CEHR et de la CDHR repose sur le revenu fiscal de référence. L'impact réel de l'exonération sur ces contributions doit donc être tracé au cas par cas. La CDHR (art. 224 CGI) a été reconduite par la loi de finances 2026 : elle garantit une imposition minimale de 20 % du RFR pour les foyers dont le revenu fiscal de référence dépasse 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple), tant que le déficit public reste supérieur à 3 % du PIB.
4. Portugal : la fin du RNH et le nouveau IFICI
Le régime des résidents non habituels (RNH), pilier de l'attractivité portugaise pendant quinze ans, a été fermé aux nouveaux entrants fin 2023 (loi de finances portugaise pour 2024, Lei 82/2023). Il est remplacé par l'IFICI (Incentivo Fiscal à Investigação Científica e Inovação), codifié à l'article 58-A de l'Estatuto dos Benefícios Fiscais.
L'IFICI applique un taux de 20 % sur les revenus du travail issus d'une activité éligible et maintient une large exonération des revenus de source étrangère, sur une durée de 10 ans. Mais son champ est nettement plus étroitque celui du RNH : il vise la recherche scientifique, l'innovation, les professions hautement qualifiées et certains secteurs stratégiques, selon des codes d'activité précisés par la Portaria 352/2024/1.
Le piège : l'IFICI exclut les pensions de retraite
C'est la grande rupture avec le RNH, qui taxait les pensions étrangères à un taux flat de 10 %. L'IFICI exclut expressément les pensions de retraite : une pension étrangère est désormais pleinement imposée au barème progressif portugais (de l'ordre de 14,5 % à 48 %). Pour un retraité français aisé, le Portugal a donc perdu son principal attrait fiscal. Le détail de l'IFICI et son articulation avec l'assurance-vie sont traités dans notre guide IFICI Portugal et assurance-vie.
En clair, le Portugal reste pertinent pour un chercheur ou un ingénieur tech recruté par une entreprise éligible, mais il a cessé d'être la destination par défaut des retraités et des rentiers. C'est une illustration parfaite du critère de stabilité juridique : le pays a entièrement réécrit son régime en moins de deux ans.
5. Italie : régime impatriati et neo residenti (flat tax 300 000 €)
L'Italie propose en réalité deux régimes distincts, souvent confondus à tort : le régime neo residenti (un forfait sur les revenus étrangers, taillé pour les grandes fortunes mobiles) et le régime impatriati (une réduction de base, pensé pour les salariés et indépendants qualifiés).
Neo residenti : la flat tax forfaitaire (art. 24-bis TUIR)
Le régime neo residenti figure à l'article 24-bis du TUIR (Testo Unico delle Imposte sui Redditi, l'équivalent italien de notre Code général des impôts). Son principe est une flat taxà montant fixe : vous payez la même somme que vos revenus étrangers atteignent 1 ou 10 millions d'euros.
Depuis le 1er janvier 2026, ce forfait s'élève à 300 000 € par an sur l'ensemble des revenus de source étrangère, quel que soit leur montant, plus 50 000 € par an et par membre de la famille rattaché pour les options prises à compter de 2026 (les optants antérieurs restent à 25 000 €). La durée est de 15 ans, la plus longue d'Europe, et la condition d'entrée est de ne pas avoir été résident fiscal italien au moins 9 des 10 années précédentes. Historiquement, ce forfait est passé de 100 000 € à 200 000 € (DL 113/2024, applicable aux options à compter de 2025), puis à 300 000 € en 2026 ; chaque optant conserve le montant en vigueur à son entrée (100 000 € pour une option de 2024 ou antérieure, 200 000 € pour une option de 2025, 300 000 € à compter de 2026).
Le chiffre 2026 que la plupart des comparatifs affichent encore faux
De très nombreux articles affichent encore 200 000 € (la valeur 2024-2025) voire 100 000 € (avant août 2024). Le bon chiffre pour une option prise en 2026 est 300 000 € par an(Legge di Bilancio 2026, art. 24-bis TUIR). Vérifiez toujours la date d'entrée dans le régime, car les optants antérieurs ne sont pas concernés par la hausse.
Impatriati : la réduction de base (rientro dei cervelli)
Le régime impatriati (parfois appelé rientro dei cervelli, le « retour des cerveaux ») s'adresse aux salariés et indépendants qui transfèrent leur activité en Italie. Plutôt qu'un forfait, il joue sur la base imposable (la part du revenu effectivement soumise à l'impôt) : il la réduit de 50 % pour les revenus du travail (60 % en présence d'un enfant mineur), dans la limite d'un revenu de 600 000 € par an, pendant 5 ans, sous condition d'une non-résidence de 3 ans avant l'arrivée. Il est incompatible avec le régime neo residenti : il faut choisir l'un ou l'autre. C'est l'équivalent italien, dans l'esprit, de notre régime 155 B : un avantage assis sur le revenu du travail, et non un forfait fixe.
6. Espagne : la loi Beckham (imposition forfaitaire 24 %)
Le régime spécial des travailleurs déplacés (régimen especial para trabajadores desplazados, art. 93 LIRPF — la loi espagnole sur l'impôt sur le revenu des personnes physiques), surnommé « loi Beckham », du nom du footballeur, applique un taux forfaitaire de 24 % sur les revenus du travail jusqu'à 600 000 €, et de 47 %au-delà de ce seuil. Le bénéficiaire est imposé comme un non-résident : ses revenus de source étrangère (hors travail) sont globalement hors du champ espagnol pendant la durée du régime.
La durée est de l'année d'arrivée plus cinq, soit 6 ans au total. La condition d'entrée a été assouplie par la Ley de Startups de 2023 : il faut ne pas avoir été résident fiscal espagnol au cours des 5 annéesprécédentes (contre 10 auparavant). La demande doit être déposée dans les 6 mois suivant le début de l'activité. Sur un salaire élevé mais sous le plafond de 600 000 €, le taux moyen est connu d'avance : c'est ce qui fait son succès.
France 155 B vs Espagne Beckham : un duel à part entière
Le choix entre la prime exonérée + 50 % de revenus étrangers à la française et le taux flat de 24 % à l'espagnole dépend entièrement de la structure de vos revenus. Nous le détaillons, chiffres à l'appui, dans notre comparatif dédié impatrié : France (155 B) vs Espagne (loi Beckham).
7. Royaume-Uni : la fin du non-dom et le régime FIG (4 ans)
Le statut non-dom, fondé sur la remittance basis (n'être imposé au Royaume-Uni sur les revenus étrangers que s'ils y étaient rapatriés), a été aboli le 6 avril 2025 (Finance Act 2025). Il est remplacé par le régime FIG (Foreign Income and Gains), désormais fondé sur la résidence et non plus sur le domicile.
Pendant les 4 premières années de résidence britannique, les revenus et les plus-values de source étrangère sont exonérés d'impôt au Royaume-Uni, même rapatriés, là où l'ancien non-dom les taxait dès leur rapatriement. La condition est d'avoir été non-résident britannique pendant au moins 10 années consécutives. En contrepartie, le bénéficiaire perd ses abattements personnels (personal allowances) pendant la période. Au-delà de 4 ans, l'imposition mondiale de droit commun reprend.
Le régime le plus court du panel — un mur fiscal rapide
Quatre ans, c'est une porte d'entrée temporaire : le FIG est idéal pour un séjour borné, mais il impose d'anticiper très tôt la bascule vers l'imposition mondiale. Pour une installation longue, c'est un point de vigilance majeur. Notre guide gestion de patrimoine au Royaume-Uni détaille la transition.
8. Suisse : le forfait fiscal (imposition d'après la dépense)
La Suisse ne propose pas un régime d'exonération mais une logique différente : l'imposition d'après la dépense(art. 14 LIFD au niveau fédéral, art. 6 LHID pour les cantons). Le contribuable n'est pas imposé sur son revenu réel mais sur son train de vie, à la fois pour l'impôt sur le revenu et pour l'impôt sur la fortune.
La base d'imposition correspond à la plus élevée de trois valeurs : sept fois le loyer ou la valeur locative du logement, la dépense mondiale réelle, ou un minimum légal indexé. Ce minimum fédéral s'établit à 435 000 francs suisses pour 2026(ordonnance du Département fédéral des finances du 10 septembre 2025) ; les planchers cantonaux, fixés librement par chaque canton, sont souvent supérieurs et doivent être confirmés au cas par cas. Le régime est réservé aux ressortissants étrangers, lors de leur première installation, et sans activité lucrative exercée en Suisse. Il a été aboli dans plusieurs cantons (Zurich, Bâle-Ville, Bâle-Campagne, Schaffhouse, Appenzell Rhodes-Extérieures) et maintenu dans d'autres (Genève, Vaud, Valais, Fribourg, Berne).
Réservé aux grandes fortunes, et hors UE
Avec une base de l'ordre de 435 000 francs suisses, le forfait n'est pertinent qu'au-dessus d'un patrimoine et de revenus très élevés. Autre point : la Suisse est un pays tiers (hors UE et EEE). Le départ de France peut donc déclencher l'exit tax, et la convention successorale franco-suisse a été dénoncée (effet à compter de 2015), exposant à une double imposition successorale. Notre guide gestion de patrimoine en Suisse approfondit ces points.
Hésitant entre plusieurs pays pour votre installation ?
Avant de signer un contrat ou un bail, modélisez votre cas : éligibilité, durée, assiette exonérée, succession et exit tax. Hagnéré Patrimoine compare les régimes et structure votre arrivée en France. Bilan patrimonial offert.
9. Tableau comparatif synthétique des six régimes
Les six régimes, ramenés à leurs paramètres décisifs (sept lignes, l'Italie en comptant deux). Même précaution que partout ailleurs dans ce guide : chaque chiffre étranger reste à confirmer auprès d'un conseil du pays.
| Pays / régime | Durée | Assiette exonérée ou taux | Plafond | Non-résidence préalable | Statut 2026 |
|---|---|---|---|---|---|
| France — art. 155 B | 8 ans | Prime exonérée + 50 % revenus passifs étrangers (barème sur le reste) | Prime plafonnée (50 % rému ou 20 % activité étranger) | 5 ans | Stable (LF 2026 inchangé) |
| Portugal — IFICI | 10 ans | 20 % travail éligible + exo revenus étrangers (pensions exclues) | — | RNH fermé fin 2023 | Nouveau, étroit |
| Italie — neo residenti | 15 ans | Flat 300 000 €/an sur revenus étrangers (+50 000 €/membre) | Forfait fixe | 9 des 10 ans | Relevé à 300 k€ au 01/01/2026 |
| Italie — impatriati | 5 ans | Réduction 50 % base imposable (60 % enfant mineur) | Revenu 600 000 € | 3 ans | Réformé (D.lgs 209/2023) |
| Espagne — loi Beckham | 6 ans | 24 % jusqu'à 600 000 € (47 % au-delà) | 600 000 € à 24 % | 5 ans | Assoupli (Ley Startups 2023) |
| Royaume-Uni — FIG | 4 ans | Exo revenus + PV étrangers (perte des allowances) | — | 10 ans | Non-dom aboli 06/04/2025 |
| Suisse — forfait | Illimité (si conditions) | Imposition d'après la dépense (revenu + fortune) | Base min. ~CHF 435 000 (fédéral 2026) | Étranger sans activité en CH | Cantonal, aboli dans 5 cantons |
10. Pour quel profil chaque pays ?
Le bon régime ne dépend pas que du pays : il dépend surtout de votre profil et de la structure de vos revenus (salaire, dividendes, pension, plus-values de source française ou étrangère). Quatre profils types, et la façon dont nous les arbitrons concrètement.
Cadre salarié à haute rémunération
Points forts
- France 155 B : prime exonérée + durée 8 ans, intéressant si une partie des revenus est de source étrangère
- Espagne Beckham : 24 % simple et lisible sur un gros salaire jusqu'à 600 000 €
Points de vigilance
- France : barème progressif sur le résiduel + foncier français imposé
- Espagne : 47 % au-delà de 600 000 €, durée limitée à 6 ans
Dirigeant-entrepreneur (salaire + dividendes)
Points forts
- Italie neo residenti si gros revenus de source étrangère : forfait 300 000 €/an, 15 ans
- France 155 B si revenus surtout français : fenêtre IFI de 5 ans utile
Points de vigilance
- Italie : forfait fixe non rentable sous un certain niveau de revenus étrangers
- France : dividendes/PV mobilières aux PS de 18,6 % (dualité 2026)
Rentier / UHNW à patrimoine étranger
Points forts
- Italie neo residenti : forfait 300 000 €/an quel que soit le revenu étranger
- Suisse forfait : pertinent pour les patrimoines très élevés ; France : fenêtre IFI de 5 ans
Points de vigilance
- Suisse : pays tiers (exit tax + convention successorale dénoncée)
- Forfaits intéressants seulement au-dessus d'un seuil élevé de revenus/patrimoine
Retraité fortuné
Points forts
- Italie neo residenti : la pension étrangère entre dans le forfait 300 000 €/an
- France : à arbitrer selon la convention applicable aux pensions
Points de vigilance
- Piège : le Portugal IFICI EXCLUT les pensions (≠ ancien RNH à 10 %)
- Royaume-Uni FIG : 4 ans seulement, peu adapté à une retraite longue
Une fois la France choisie : réduire le résiduel
Si votre arbitrage penche pour la France, le travail ne s'arrête pas au 155 B : il reste un impôt résiduel (salaire non exonéré, foncier français) à optimiser. Les leviers se raisonnent en classes d'actifs et enveloppes — un plan d'épargne retraite déduit utilement contre le revenu taxable (jamais contre du revenu déjà exonéré), des parts de SCPI européennes (immobilier hors France, en phase avec la fenêtre IFI), une assurance-vie pour la capitalisation et la portabilité en cas de redépart. Ces chiffres sont illustratifs, non garantis, avec un risque de perte en capital. Nous les développons dans nos guides dédiés : où investir et réduire le résiduel, optimisation fiscale impatrié : 155 B et défiscalisation, et l'assurance-vie luxembourgeoise pour expatriés.
Deux cas chiffrés illustratifs
Les deux exemples ci-dessous sont volontairement simplifiés et illustratifs : ils servent à montrer la logique d'arbitrage, pas à fournir un montant définitif.
Note de méthode — comment lire ces deux cas
Ces calculs raisonnent en taux moyen (impôt total divisé par revenu), pas en taux marginal, et isolent un seul paramètre à la fois pour rendre la comparaison lisible. En pratique, votre situation familiale, vos conventions fiscales, la CEHR (contribution exceptionnelle sur les hauts revenus) et l'éventuelle CDHR (contribution différentielle sur les très hauts revenus), ainsi que les frais de structure de chaque pays, modifient le résultat. Aucun chiffre n'est garanti : tout placement comporte un risque de perte en capital, et seule une modélisation personnalisée donne votre vrai coût.
Cas A — Cadre salarié, 250 000 € : France 155 B vs Espagne Beckham (illustratif)
Hypotheses : celibataire, remuneration brute 250 000 EUR, recrute depuis l'etranger. FRANCE (art. 155 B) Prime au forfait 30 % ~ 75 000 EUR exoneres Base imposable restante ~ 175 000 EUR au bareme progressif + duree 8 ans + fenetre IFI 5 ans ESPAGNE (loi Beckham) 24 % flat sur 250 000 EUR = 60 000 EUR d'impot sur le travail (taux moyen connu d'avance, sous le plafond de 600 000 EUR) + duree 6 ans
Lecture : Beckham offre simplicité et taux moyen bas sur un gros salaire sous 600 000 €. La France exonère la prime, dure plus longtemps et ouvre la fenêtre IFI, mais soumet le reste au barème. Aucun des deux ne gagne dans tous les cas : l'arbitrage dépend du patrimoine et de la durée d'installation. Voir notre comparatif France vs Espagne.
Cas B — Rentier UHNW, 800 000 € de revenus étrangers : Italie neo residenti vs France 155 B (illustratif)
Hypotheses : 800 000 EUR/an de revenus de source etrangere (dividendes, PV mobilieres). ITALIE (neo residenti) Flat 300 000 EUR/an quel que soit le revenu etranger Taux moyen = 300 000 / 800 000 = 37,5 % (decroit si revenus plus eleves) + duree 15 ans FRANCE (art. 155 B) Exo 50 % des revenus passifs etrangers POUR L'IR -> 400 000 EUR imposables au bareme ATTENTION : l'exo de 50 % ne joue que pour l'IR ; les PS frappent 100 % des revenus passifs IR : ~400 000 EUR x TMI 45 % = ~180 000 EUR PS : dividendes/PV mobilieres a 18,6 % sur 800 000 EUR = ~148 800 EUR (et non 17,2 %) -> ~328 800 EUR (hypothese : affiliation securite sociale francaise ; sinon seul le prelevement de solidarite de 7,5 % au lieu de 18,6 %) + CEHR/CDHR sur le RFR + fenetre IFI 5 ans (immobilier hors France hors assiette)
Lecture : au-delà d'environ 600 à 800 k€ de revenus étrangers, le forfait italien (300 000 €) devient plus efficace que l'exonération de 50 % française ; en deçà, la France reste compétitive grâce à la fenêtre IFI et à la durée. Vérification : 300 000 € < ~328 800 € (IR sur la moitié exonérée + PS 18,6 % sur 100 % des revenus passifs), donc l'Italie l'emporte ici. Attention : l'exonération de 50 % du 155 B ne vaut que pour l'IR ; les prélèvements sociaux portent sur la totalité des revenus passifs, et seulement en cas d'affiliation à la sécurité sociale française. Conditionnel et illustratif, à confirmer au cas par cas.
11. Au-delà de l'impôt : la succession et la stabilité pèsent-elles plus que le taux ?
Choisir un pays sur le seul impôt sur le revenu est une erreur fréquente. Trois autres facteurs — succession, coût de la vie, stabilité juridique — pèsent souvent plus lourd sur la durée.
La succession peut effacer l'avantage IR
Un régime d'impôt sur le revenu favorable peut être effacé par une succession mal anticipée. La convention successorale France-Italie (signée à Rome le 20 décembre 1990, en vigueur depuis le 1er avril 1995) est plutôt favorable en ligne directe, l'Italie appliquant un abattement de l'ordre de 1 000 000 € par héritier direct contre 100 000 € en France ; il n'existe aucune convention successorale France-Portugal pour les particuliers ; et la convention France-Suisse a été dénoncée (effet à compter de 2015), ce qui peut conduire à appliquer les droits de mutation de droit commun. À regarder impérativement avant de décider : notre guide sur la succession des non-résidents détaille ces règles.
Coût de la vie et seuil de pertinence
Un forfait n'a de sens qu'au-delà d'un certain niveau. Le forfait suisse, avec une base d'environ 435 000 francs suisses, est réservé aux patrimoines très élevés. Le forfait italien de 300 000 € par an n'est rentable que si vos revenus de source étrangère dépassent nettement ce montant : en dessous, un régime assis sur le revenu (France, Espagne, ou impatriati italien) est plus pertinent.
Sécurité juridique : un critère sous-estimé
Le Royaume-Uni et le Portugal ont profondément réécrit leur régime en moins de 18 mois (abolition du non-dom, fin du RNH). Pour une décision d'installation qui engage plusieurs années, cette instabilité est un risque réel. À l'inverse, le régime français 155 B est resté inchangé dans la loi de finances 2026 : une prévisibilité précieuse sur un engagement de 8 ans.
Le piège que l'on voit le plus souvent en cabinet
La plupart des futurs impatriés décident sur un chiffre lu dans un article (les 24 % espagnols, les 10 % du Portugal d'avant 2024) puis signent un bail ou un contrat de travail avant de vérifier deux choses décisives : la date d'effet exacte du régime (le forfait italien a changé trois fois en deux ans, le non-dom et le RNH ont disparu) et la structure réelle de leurs propres revenus (salaire, dividendes, pension, source française ou étrangère). Une fois le bail signé et la résidence transférée, revenir en arrière coûte cher. La bonne séquence : chiffrer son cas, puis s'installer — jamais l'inverse.
Comparer les régimes et structurer votre arrivée en France
30 minutes de visio pour passer de l'hésitation à une décision chiffrée : éligibilité, durée, assiette exonérée, succession et exit tax, pays par pays. Aucune obligation, simplement un cadre clair pour décider.
Ce qu'il faut retenir avant de choisir
- Aucun régime ne gagne sur tous les profils. La France 155 B brille par sa durée (8 ans) et la fenêtre IFI ; l'Italie neo residenti par son forfait de 300 000 €/an sur 15 ans (le bon chiffre 2026) ; l'Espagne Beckham par sa simplicité à 24 % sur le salaire. Tout dépend de votre profil.
- Attention aux régimes qui ont changé. Le Portugal a fermé le RNH et l'IFICI exclut désormais les pensions ; le Royaume-Uni a aboli le non-dom au profit d'un FIG de 4 ans seulement. Vérifiez toujours l'état du droit au moment de votre décision.
- Regardez au-delà de l'impôt sur le revenu. Prélèvements sociaux français (17,2 % ou 18,6 % selon le revenu), succession (conventions très différentes selon les pays), exit tax au départ de France : ces dimensions décident souvent davantage que le taux affiché.
Avant de signer un contrat de travail ou un bail à l'étranger, prenez le temps de chiffrer votre cas. Les écarts entre régimes se comptent souvent en centaines de milliers d'euros sur la durée : c'est l'arbitrage qui rapporte le plus, et de loin.

