Structurez votre patrimoine de non-résident avec un expert
Exit tax, régime impatrié, fiscalité internationale, immobilier français et enveloppes patrimoniales : nous cadrons votre stratégie avant tout arbitrage ou changement de résidence.
Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet
Quentin Hagnéré
CGP indépendant spécialisé en fiscalité patrimoniale internationale
Quentin Hagnéré accompagne expatriés, impatriés, non-résidents et dirigeants mobiles sur leurs arbitrages fiscaux, financiers et successoraux entre la France et l'étranger.
Sommaire
- 1. France ou Espagne : deux régimes pour attirer les talents
- 2. La loi Beckham : une imposition forfaitaire à 24 %
- 3. Combien de temps dure la loi Beckham et qui y a droit ?
- 4. Vos revenus étrangers sont-ils imposés ? La grande différence
- 5. Le rappel du mécanisme français (155 B : prime + 50 %)
- 6. Comparaison pour les hauts salaires
- 7. Cas chiffré : un cadre à 300 000 €, France contre Espagne
- 8. Les pièges de chaque régime
- FAQ — 12 questions qui reviennent en cabinet
À retenir en 30 secondes
- Espagne (loi Beckham) : 24 % forfaitaire sur le salaire jusqu'à 600 000 € (47 % au-delà), pendant 6 ans.
- France (155 B) : barème progressif, mais prime d'impatriation exonérée + 50 % des revenus passifs étrangers, pendant 8 ans.
- Le piège Beckham : le salaire est capté sur une base mondiale, pas seulement le salaire espagnol.
- La ligne de fracture : le capital étranger est exonéré à 100 % en Espagne contre 50 % seulement en France.
- Fortune : fenêtre IFI 5 ans en France (immobilier hors France hors assiette) // impôt fortune espagnol limité aux biens situés en Espagne.
- Le choix dépend de la structure de votre rémunération, de votre patrimoine et de votre horizon — pas du seul salaire brut.
Avertissement
Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les données espagnoles ont été vérifiées à la source, mais le régime Beckham relève du droit fiscal espagnol : le concours d'un fiscaliste espagnol est requis avant toute décision. Les cas chiffrés sont illustratifs, non garantis, comportent un risque de perte en capital et dépendent de votre situation individuelle ainsi que de la législation en vigueur (lois de finances française et espagnole). Pour une analyse adaptée à votre cas, un bilan patrimonial personnalisé chez Hagnéré Patrimoine est recommandé.
Mis à jour le 30 juin 2026 — Références légales mobilisées
Guide rédigé selon la loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026), la loi de financement de la sécurité sociale 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) et l'état du droit espagnol au 30 juin 2026.
- France : CGI art. 155 B (régime des impatriés — prime + 50 % passifs étrangers, durée 8 ans) ; art. 964 (IFI — fenêtre 5 ans sur l'immobilier français) ; art. 223 sexies (CEHR) ; art. 224 (CDHR) ; barème IR 2026 (tranches 0 / 11 / 30 / 41 / 45 %, seuils 11 600 / 29 579 / 84 577 / 181 917 €).
- Espagne : art. 93 de la Ley 35/2006 (LIRPF) — regimen especial de trabajadores desplazados (loi Beckham, 24 % jusqu'à 600 000 € puis 47 %, durée 6 ans, non-résidence 5 ans préalables) ; art. 114.2.a du RIRPF (revenus du travail antérieurs au déplacement hors champ) ; Modelo 149 (option) et Modelo 151 (déclaration IRPF impatriés).
- Prélèvements sociaux 2026 (France) : dualité 17,2 % (assurance-vie, revenus fonciers, plus-values immobilières, PEL) vs 18,6 % (dividendes, intérêts, plus-values mobilières, PEA, PER, crypto — CSG +1,4 pt, LFSS 2026). PFU = 30 % sur l'AV, 31,4 % sur les dividendes et plus-values mobilières hors AV/PEA.
Hésitant entre la France et l'Espagne ?
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1. France ou Espagne : deux régimes pour attirer les talents internationaux
En 2026, la loi Beckham (article 93 de la LIRPF) impose le salaire à un taux forfaitaire de 24 % jusqu'à 600 000 € (47 % au-delà) pendant 6 ans, tandis que le régime impatrié français (article 155 B du CGI) applique le barème progressif mais exonère la prime d'impatriation et 50 % des revenus passifs étrangers pendant 8 ans. Hagnéré Patrimoine détaille ci-dessous laquelle de ces deux logiques vous est la plus favorable.
La question revient souvent en cabinet : un cadre tech, un sportif ou un dirigeant courtisé par deux groupes — l'un à Paris, l'autre à Madrid — demande « lequel paie le moins ? ». La réponse ne tient jamais dans le seul salaire brut. Elle dépend de la structure de la rémunération (part fixe, prime d'impatriation, bonus), du patrimoine (financier, immobilier, sa localisation) et de l'horizon (6 ans, 8 ans, plus). Mauvaise nouvelle pour les comparateurs pressés : à 300 000 € de salaire, comme nous le chiffrons plus bas, les deux régimes peuvent finir à quelques milliers d'euros l'un de l'autre — l'arbitrage se joue alors sur la prime, le capital étranger et la durée, pas sur le taux affiché. Ce guide compare les deux logiques de bout en bout, avec un cas chiffré et la liste des pièges propres à chacun.
Une précision avant d'aller plus loin : on parle ici d'un impatrié, c'est-à-dire d'une personne qui arrive et devient résident fiscal (art. 4 B du CGI en France, résidence espagnole de l'art. 9 LIRPF côté Espagne) — à ne pas confondre avec un expatrié ou un non-résident, qui partent travailler hors de leur pays. Nous l'expliquons dans notre guide impatrié, expatrié, non-résident : les différences. Le détail complet du mécanisme français figure dans notre guide pilier sur le régime impatrié 155 B ; le panorama des six régimes européens (Portugal, Italie, Royaume-Uni, Suisse compris) est traité dans notre comparatif meilleur régime impatrié en Europe 2026. Ici, nous approfondissons le duel binaire France–Espagne.
Deux philosophies fiscales, pas deux taux
Tout le comparatif tient dans une image. L'Espagne dit : « je vous applique un taux bas (24 %), mais sur une base large — tout votre salaire, sans le moindre abattement ». La France dit l'inverse : « je garde mon barème élevé (jusqu'à 45 %), mais je rétrécis votre base — votre prime d'impatriation sort de l'assiette, et la moitié de vos revenus de capital étrangers sont exonérés ». Comparer les seuls taux affichés (24 % contre 45 %) est donc le piège classique : ce qui compte, c'est l'impôt réellement payé, base après base.
| Critère | France (155 B) | Espagne (loi Beckham) |
|---|---|---|
| Nature de l'imposition | Barème progressif (jusqu'à 45 %) + prime et 50 % passifs exonérés | Taux forfaitaire de 24 % sur le salaire (47 % au-delà de 600 000 €) |
| Durée | Jusqu'au 31/12 de la 8e année civile | 6 ans (année d'arrivée + 5) |
| Salaire étranger | Imposé en France (sauf part « activité à l'étranger » plafonnée) | Imposé : salaire mondial réputé de source espagnole |
| Capital étranger (dividendes, PV, loyers) | 50 % exonérés, sous condition de convention | Totalement exonérés pendant le régime |
| Fortune | IFI limité à l'immobilier français pendant 5 ans (art. 964) | Impôt fortune limité aux actifs situés en Espagne |
| Déclaratif des avoirs étrangers | Déclaration des comptes et contrats étrangers (droit commun) | Modelo 720 généralement dispensé pendant le régime |
2. La loi Beckham : une imposition forfaitaire à 24 %
Le surnom « loi Beckham » vient du footballeur, premier bénéficiaire emblématique du dispositif à son arrivée au Real Madrid. Son vrai nom est le régime spécial des travailleurs déplacés (régimen especial de trabajadores desplazados), codifié à l'article 93 de la Ley 35/2006 sur l'impôt sur le revenu espagnol (LIRPF).
Le mécanisme se résume simplement : une personne qui s'installe en Espagne pour y travailler peut, sur option, être imposée comme un non-résident pour son patrimoine et ses revenus du capital étranger, tout en voyant ses revenus du travail taxés à un taux forfaitaire de 24 % jusqu'à 600 000 €, puis 47 % au-delà. L'option se demande via le Modelo 149, et la déclaration annuelle s'effectue ensuite sur le Modelo 151. Le dépôt du Modelo 149 doit intervenir dans les 6 mois suivant le début d'activité (inscription à la Sécurité sociale espagnole) — un délai impératif, sous peine de perte définitive du bénéfice.
« Imposé comme un non-résident » : qu'est-ce que ça change ?
Tout le régime tient dans cette bascule. En droit commun, un résident fiscal est imposé sur ses revenus mondiaux (tout ce qu'il gagne, où que ce soit). Sous Beckham, le bénéficiaire vit en Espagne mais reste taxé comme s'il était non-résident pour son capital : l'Espagne ne réclame l'impôt que sur ce qui a une source espagnole. En clair, ses dividendes, intérêts et plus-values venus de l'étranger échappent à l'impôt espagnol. Une seule grande exception, et elle piège souvent : le salaire, qui, lui, reste capté sur une base mondiale (voir section 4).
24 % jusqu'à 600 000 €, puis 47 % au-delà
Contrairement au barème espagnol de droit commun (progressif, jusqu'à environ 47 % de TMI selon la communauté autonome), Beckham applique un taux unique de 24 % sur la première tranche, ce qui en fait un régime très avantageux pour les hauts salaires… tant que l'on reste sous le plafond. Au-delà de 600 000 € de revenus du travail, la fraction excédentaire est taxée à 47 %.
Le taux au-delà de 600 000 € = 47 % (et non 45 %)
Beaucoup de blogs français écrivent « 45 % » pour la tranche supérieure de la loi Beckham. C'est une erreur : le taux applicable à la fraction des revenus du travail au-delà de 600 000 € est 47 %, soit le taux marginal maximal de l'IRPF général espagnol. À ne pas confondre avec la tranche supérieure du barème français (45 %).
En contrepartie, le régime Beckham n'ouvre droit à aucun abattement personnel ou familial, pas de quotient familial, et ne permet pas de déduire les intérêts d'emprunt. Le 24 % s'applique sur une base brute. Nous détaillons ces limites dans la section des pièges.
3. Combien de temps dure la loi Beckham et qui y a droit ?
Le régime Beckham dure 6 ans : l'année d'arrivée plus les cinq années suivantes. C'est deux ans de moins que le régime impatrié français (jusqu'au 31 décembre de la 8e année civile). La condition d'accès centrale est de ne pas avoir été résident fiscal espagnol au cours des 5 années précédentes — un seuil abaissé de 10 à 5 ans par la réforme de 2023, qui a élargi le dispositif.
Les conditions d'éligibilité
| Condition | Détail |
|---|---|
| Non-résidence préalable | Ne pas avoir été résident fiscal espagnol au cours des 5 années précédentes (seuil abaissé de 10 à 5 ans en 2023) |
| Déclencheur | Déplacement lié à un contrat de travail, une mutation intra-groupe, un mandat social (sous conditions de participation) |
| Élargissement 2023 | Télétravail international éligible (digital nomads avec visa) et projets entrepreneuriaux innovants désormais admis |
| Formalité d'option | Modelo 149 déposé dans les 6 mois suivant le début d'activité (inscription Sécurité sociale espagnole) — délai impératif |
| Durée | 6 ans : année d'arrivée + 5 années suivantes |
Le mur fiscal de l'année 7
À la fin du régime (année 7), tout bascule simultanément : les revenus mondiaux redeviennent imposables en Espagne au barème progressif, le patrimoine mondial entre dans l'assiette de l'impôt sur la fortune, et la déclaration des avoirs étrangers (Modelo 720) redevient due. On retrouve la même mécanique en année 9 côté France, où l'impatrié bascule au droit commun à l'issue des 8 ans du 155 B. Dans les deux cas, ce « mur fiscal » se prépare bien en amont (timing des cessions, des rachats, des donations).
4. Vos revenus étrangers sont-ils imposés ? La grande différence
C'est ici que se joue l'essentiel, et c'est aussi là que se cache le contre-sens le plus fréquent. Sous Beckham, on lit souvent que « seuls les revenus de source espagnole sont imposés ». C'est vrai pour le capital, mais faux pour le salaire.
Le piège : le salaire est imposé sur une base mondiale
Sous la loi Beckham, tout le salaire de l'année est réputé de source espagnole et imposé en Espagne au taux Beckham — y compris la part de source étrangère (jours travaillés hors d'Espagne, rémunération versée par une entité étrangère). C'est l'exception majeure au principe « non-résident » : pour les revenus du travail, la base est mondiale.
L'avantage : le capital étranger échappe à l'impôt espagnol
À l'inverse, les revenus du capital de source étrangère — dividendes, intérêts, plus-values mobilières, loyers hors Espagne — échappent totalement à l'impôt espagnol pendant le régime, car le bénéficiaire est traité comme un non-résident pour ces revenus. Pour un profil détenant de gros revenus du capital étranger, c'est là que Beckham fait toute la différence.
| Type de revenu | France (155 B) | Espagne (loi Beckham) |
|---|---|---|
| Salaire local | Imposé au barème (après exonération de la prime) | 24 % forfaitaire (47 % au-delà de 600 000 €) |
| Salaire étranger | Imposable, sauf part « activité à l'étranger » plafonnée à 20 % | Imposé : réputé de source espagnole (base mondiale) |
| Dividendes étrangers | 50 % exonérés, sous condition de convention | Exonérés (traités en non-résident) |
| Plus-values mobilières étrangères | 50 % exonérées, sous condition de convention | Exonérées |
| Loyers étrangers | Imposables (le foncier n'entre pas dans l'exonération 50 %) | Exonérés (revenus passifs étrangers) |
| Bonus pré-arrivée | Selon date du fait générateur | Hors champ s'il rémunère un travail antérieur (art. 114.2.a RIRPF) |
Côté France, rappelons-le brièvement (le détail est dans le guide pilier 155 B) : l'exonération de 50 % vise les revenus de capitaux mobiliers, les plus-values de cession de valeurs mobilières et les produits de propriété intellectuelle de source étrangère, à la seule condition que l'État de la source ait conclu avec la France une convention comportant une clause d'assistance administrative. Le foncier français n'est pas exonéré.
Bonus pré-arrivée (art. 114.2.a RIRPF)
Sous Beckham, les primes et bonus qui rémunèrent un travail antérieur au transfert en Espagne restent hors du champ d'imposition espagnol (art. 114.2.a du RIRPF). Utile, par exemple, pour un cadre dont une partie du bonus de l'année d'arrivée correspond à des objectifs atteints chez son employeur précédent, avant l'installation.
5. Le rappel du mécanisme français (155 B : prime + 50 %)
Pas de duplication ici : le mécanisme français est traité en profondeur dans notre guide pilier sur le régime impatrié 155 B. On en rappelle l'essentiel pour la comparaison.
La prime d'impatriation
La prime d'impatriation est exonérée au réel OU au forfait de 30 % du net. Attention : le forfait de 30 % est réservé aux personnes recrutées directement à l'étranger par une entreprise française ; les mobilités intra-groupe doivent retenir le réel. L'exonération totale est plafonnée à 50 % de la rémunération, OU la part « activité exercée à l'étranger » est limitée à 20 % de la rémunération imposable (option). À cela s'ajoute l'exonération de 50 % des revenus passifs de source étrangère (voir section précédente).
Prime d'impatriation et revenus passifs : ce que recouvrent ces deux termes
On les croise à chaque page du dossier, voici ce qu'ils désignent concrètement. La prime d'impatriation est le supplément de salaire que l'entreprise vous verse parce que vous venez vous installer en France : le 155 B la sort tout simplement de votre revenu imposable. Les revenus passifs, eux, sont ceux que votre patrimoine génère sans que vous ayez à travailler — dividendes, intérêts, plus-values sur titres, redevances de brevets ; le 155 B en exonère la moitié, mais uniquement s'ils viennent d'un pays lié à la France par une convention fiscale (le foncier, lui, n'est jamais concerné). Le détail, conditions et plafonds compris, est traité dans le guide pilier sur le régime impatrié 155 B.
La fenêtre IFI 5 ans — l'équivalent côté français de la wealth tax espagnole
Levier puissant et propre à l'impatrié : au titre de l'article 964 du CGI, l'impatrié (non-résident les 5 ans précédents) n'est imposable à l'IFI que sur ses biens immobiliers situés en France pendant les 5 années suivant son installation. Ses immeubles à l'étranger — et les SCPI européennes, qui sont de l'immobilier hors France — sont temporairement hors de l'assiette IFI. On retrouve là une symétrie avec l'impôt sur la fortune espagnol qui, sous Beckham, ne porte que sur les actifs situés en Espagne. Voir notre guide optimisation de l'IFI.
Dualité des prélèvements sociaux 2026 (côté France)
Depuis la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403, CSG +1,4 pt), il faut distinguer deux taux de prélèvements sociaux : 17,2 % sur l'assurance-vie, les revenus fonciers, les plus-values immobilières et le PEL ; 18,6 % sur les dividendes, les intérêts, les plus-values mobilières, le PEA, le PER et les crypto-actifs. Le PFU global est donc de 30 % sur l'assurance-vie (12,8 + 17,2) et de 31,4 % sur les dividendes et plus-values mobilières hors AV/PEA (12,8 + 18,6). Un impatrié affilié à un régime de sécurité sociale d'un autre État UE/EEE/Suisse est exonéré de CSG/CRDS : seul le prélèvement de solidarité de 7,5 % reste dû.
6. Comparaison pour les hauts salaires
À ce niveau de salaire, comparer 24 % et 45 % ne dit rien : ce sont deux logiques d'assiette opposées qu'il faut mettre face à face. L'Espagne mise sur un taux forfaitaire bas mais une base large (salaire mondial, aucun abattement). La France mise sur un barème progressif élevé mais une base réduite (prime sortie de l'assiette, 50 % du capital étranger exonéré) et une durée plus longue.
France — régime 155 B
Points forts
- La prime d'impatriation sort de l'assiette imposable
- 50 % des revenus passifs étrangers exonérés (sous convention)
- Durée de 8 ans (vs 6 ans en Espagne)
- Fenêtre IFI 5 ans sur l'immobilier hors France
- Quotient familial et leviers de défiscalisation du résiduel (PER, Girardin, déficit foncier, SCPI européennes)
Points de vigilance
- Barème progressif jusqu'à 45 % (TMI)
- CEHR et CDHR calculées sur le RFR
- Le capital étranger n'est exonéré qu'à 50 %
- Conditions plus complexes (forfait 30 % réservé au recrutement direct)
Espagne — loi Beckham
Points forts
- Taux unique bas de 24 % sous 600 000 €
- Capital de source étrangère exonéré à 100 %
- Modelo 720 généralement dispensé, impôt fortune limité aux biens espagnols
- Simplicité de calcul (taux forfaitaire)
Points de vigilance
- Salaire capté sur une base mondiale
- Aucun abattement personnel ni quotient familial
- Pas de déduction des intérêts d'emprunt
- 47 % au-delà de 600 000 €
- Durée limitée à 6 ans
Qui gagne quoi ?
Dans les grandes lignes : un très haut salaire quasi pur, avec peu de patrimoine et une prime peu négociable, est souvent plus léger en Espagne (24 % forfaitaire sur le salaire). À l'inverse, un profil avec une prime d'impatriation bien négociée + un patrimoine financier étranger + un horizon long (au-delà de 6 ans) + une sortie d'IFI à optimiser rend la France compétitive sur la durée. Le panorama complet des autres pays est dans notre comparatif meilleur régime impatrié en Europe 2026. Comparaison illustrative : chaque dossier renverse le résultat, tout se décide au cas concret.
CEHR / CDHR : ne pas oublier le haut du barème (côté France)
Côté France, deux contributions s'ajoutent pour les très hauts revenus : la CEHR (art. 223 sexies du CGI) — 3 % de 250 000 à 500 000 € de RFR pour un célibataire (500 000 à 1 M€ pour un couple), 4 % au-delà ; et la CDHR (art. 224, contribution différentielle assurant un plancher d'imposition de 20 % du RFR, reconduite par la loi de finances 2026). Point clé : la prime exonérée réduit le revenu imposable, mais la base CEHR/CDHR se calcule sur le RFR — il faut donc vérifier l'impact au cas concret. Voir notre guide CEHR et CDHR des hauts revenus 2026.
7. Cas chiffré : un cadre à 300 000 €, France contre Espagne
Deux cas chiffrés illustratifs, à hypothèses explicites. Côté France, le barème IR 2026 retenu est : tranches 0 / 11 / 30 / 41 / 45 %, seuils 11 600 / 29 579 / 84 577 / 181 917 € (revenus 2025). Côté Espagne, taux Beckham 24 % sous 600 000 €. Tous les chiffres sont non garantis et le régime espagnol suppose la validation d'un fiscaliste local.
Cas A — cadre tech célibataire, 300 000 € de salaire + 30 000 € de dividendes étrangers
Hypothèses : non-résident (FR et ES) les 5 années précédentes ; arrivée en 2026 ; salaire 300 000 € (sous le plafond de 600 000 €) ; 30 000 € de dividendes de source étrangère (avec convention et clause d'assistance côté France) ; pas d'immobilier français ; célibataire, 1 part.
Cas A — Espagne (loi Beckham)
Salaire 300 000 EUR (sous 600 000) : 300 000 x 24 % = 72 000 EUR Dividendes etrangers 30 000 EUR : Capital etranger hors champ ES = 0 EUR Modelo 720 dispense / impot fortune limite aux biens ES (ici aucun) ───────────────────────────────────────────────────── TOTAL IMPOT ESPAGNE ≈ 72 000 EUR (hors cotisations sociales ; hors fiscalite eventuelle dans l'Etat source des dividendes)
Cas A — France (155 B, prime au forfait 30 % du net)
Prime exoneree (hyp. ≈ 90 000 EUR, plafond 50 % rem. non atteint) :
Salaire imposable ≈ 210 000 EUR
IR bareme 2026 (1 part, seuils 11 600 / 29 579 / 84 577 / 181 917) :
jusqu'a 11 600 0,00 EUR
11 600 -> 29 579 : 17 979 x 11 % = 1 977,69 EUR
29 579 -> 84 577 : 54 998 x 30 % = 16 499,40 EUR
84 577 -> 181 917 : 97 340 x 41 % = 39 909,40 EUR
181 917 -> 210 000 : 28 083 x 45 % = 12 637,35 EUR
─────────────────
IR ≈ 71 024 EUR
Dividendes etrangers 30 000 EUR :
50 % exoneres (art. 155 B II) -> base 15 000 EUR
PFU 31,4 % (12,8 IR + 18,6 PS) sur 15 000 = 4 710 EUR
─────────────────────────────────────────────────────
TOTAL IMPOT FRANCE ≈ 75 700 EUR
(hors CEHR/CDHR eventuels, hors prelevement de solidarite)Lecture : à 300 000 € de salaire, les deux régimes sont proches (Espagne ≈ 72 000 € vs France ≈ 75 700 € sur cet exemple). L'écart se joue d'abord sur la prime négociée côté France, puis sur le traitement CEHR/CDHR. Si la prime est faible ou absente, l'Espagne devient nettement plus légère ; si la prime est généreuse, avec un patrimoine financier important et un horizon long, la France reprend l'avantage (8 ans de régime, IFI 5 ans, capital étranger à demi exonéré). Chaque dossier renverse le résultat.
Cas B — profil patrimonial, salaire 250 000 € + 80 000 € de revenus du capital étranger
Hypothèses : mêmes conditions d'éligibilité ; portefeuille financier étranger générant 80 000 € (dividendes / plus-values) de source étrangère ; immobilier locatif à l'étranger (hors France et hors Espagne) ; 1 part.
Cas B — Espagne (loi Beckham)
Salaire 250 000 x 24 % = 60 000 EUR Capital etranger 80 000 EUR = 0 EUR Immobilier etranger hors impot fortune ES ; pas de Modelo 720 ───────────────────────────────────────────────────── TOTAL IMPOT ESPAGNE ≈ 60 000 EUR
Cas B — France (155 B, prime au forfait 30 % du net)
Prime exoneree (hyp. ≈ 75 000 EUR) :
Salaire imposable ≈ 175 000 EUR
IR bareme 2026 (1 part, seuils 11 600 / 29 579 / 84 577 / 181 917) :
11 600 -> 29 579 : 17 979 x 11 % = 1 977,69 EUR
29 579 -> 84 577 : 54 998 x 30 % = 16 499,40 EUR
84 577 -> 175 000 : 90 423 x 41 % = 37 073,43 EUR
─────────────────
IR ≈ 55 551 EUR
Capital etranger 80 000 EUR :
50 % exoneres -> base 40 000 EUR
PFU 31,4 % (div./PV mobilieres) sur 40 000 = 12 560 EUR
Immobilier etranger : HORS assiette IFI pendant 5 ans (art. 964)
─────────────────────────────────────────────────────
TOTAL IMPOT FRANCE ≈ 68 100 EURLecture : ici l'Espagne est plus légère sur l'année (≈ 60 000 € vs ≈ 68 100 €) : capital étranger à 0 et taux forfaitaire de 24 % sur un salaire plus bas. Mais la France conserve deux années de régime de plus (8 contre 6), les leviers de défiscalisation du résiduel, la fenêtre IFI 5 ans (immobilier étranger hors assiette) et le quotient familial le cas échéant. Un arbitrage sérieux raisonne sur l'horizon et la structure patrimoniale complète, là où l'année 1 ne montre qu'une photo. Illustratif.
Pour des montants supérieurs et des profils plus complexes, voyez nos cas pratiques dédiés : impatrié 500 000 €/an et cas pratiques chiffrés par niveau de revenu.
Note de méthode — comment lire ces chiffres
Ces deux simulations sont volontairement simplifiées pour isoler la mécanique de chaque régime. Elles ne tiennent pas compte : des cotisations sociales sur le salaire, de l'imposition éventuelle dans l'État source des dividendes, des contributions CEHR/CDHR côté France, ni du prélèvement de solidarité. Le montant de la prime d'impatriation est une hypothèse (elle se négocie au contrat et conditionne fortement le résultat français). En conditions réelles, l'écart entre les deux pays bouge donc selon votre situation familiale, votre patrimoine et la rédaction de votre contrat de travail. Chiffres illustratifs, non garantis, sans valeur de conseil personnalisé : seul un bilan complet, validé côté espagnol par un fiscaliste local, permet de trancher.
8. Les pièges de chaque régime
Chaque régime a ses chausse-trappes — autant les repérer avant la déclaration, voire avant la succession.
Les pièges de la loi Beckham
- Le salaire mondial est capté : contrairement à l'idée reçue, ce n'est pas « seulement le salaire espagnol ».
- Aucun abattement ni quotient familial, et pas de déduction des intérêts d'emprunt — pénalisant pour qui achète à crédit en Espagne.
- 47 % au-delà de 600 000 € : la part excédentaire perd l'avantage forfaitaire.
- Le délai de 6 mois (Modelo 149) est impératif : passé ce délai, l'option est perdue.
- Le mur fiscal de l'année 7 : revenus et patrimoine mondiaux redeviennent imposables d'un coup.
- L'articulation avec la convention FR-ES et la situation des revenus de source française doivent être vérifiées au cas par cas avec un fiscaliste espagnol.
Les pièges du régime 155 B
- Le forfait de 30 % est réservé aux recrutements directs depuis l'étranger ; une mobilité intra-groupe doit retenir le réel.
- L'exonération de 50 % du capital étranger suppose une convention avec clause d'assistance administrative.
- Le foncier français n'est pas exonéré.
- La CEHR et la CDHR se calculent sur le RFR : la prime exonérée n'allège pas mécaniquement ces contributions.
- Le mur fiscal de l'année 9 : bascule au droit commun à anticiper (timing des plus-values et rachats).
- La durée de 8 ans est conditionnée à une prise de fonctions à compter du 6 juillet 2016 (5 ans pour les régimes antérieurs).
Côté France, l'impôt résiduel (salaire non exonéré, foncier français) se travaille avec les bons leviers : PER (à déduire utilement contre le résiduel taxable, jamais contre du revenu déjà exonéré), Girardin industriel, déficit foncier, assurance-vie et SCPI européennes. C'est l'objet de notre guide impatrié : où investir et réduire l'impôt résiduel, et de nos guides dédiés PER de l'impatrié, SCPI pour impatrié et optimisation fiscale 155 B + défiscalisation. Pour la mobilité et la portabilité du capital, l' assurance-vie luxembourgeoise pour impatrié reste neutre et portable en cas de redépart.
France ou Espagne : faisons le calcul pour votre situation
Éligibilité Beckham / 155 B, structure de votre rémunération, capital étranger, fortune, succession : Hagnéré Patrimoine modélise les deux scénarios et vous remet un comparatif chiffré propre à votre dossier.
France ou Espagne : l'essentiel en trois points
- Beckham = taux bas, base large ; 155 B = barème élevé, base réduite. L'Espagne taxe le salaire (mondial) à 24 % sans abattement ; la France applique le barème mais sort la prime de l'assiette et exonère 50 % du capital étranger, sur 8 ans.
- La ligne de fracture, c'est le capital étranger. Il est exonéré à 100 % en Espagne, à 50 % seulement en France (sous convention). Un gros patrimoine financier étranger penche fortement pour Beckham sur l'année.
- Le choix ne se décide jamais sur le seul salaire brut. Structure de la rémunération, prime négociable, patrimoine, fenêtre IFI 5 ans, horizon (6 vs 8 ans) et mur fiscal de sortie : tout cela se chiffre au cas concret.
Avant de signer votre contrat à Paris ou à Madrid, prenez le temps de modéliser les deux scénarios. Vu les écarts que l'on vient de chiffrer, ce rendez-vous se rentabilise vite.
Bilan patrimonial Hagnéré : France 155 B ou Espagne Beckham ?
30 minutes de visio offertes pour transformer votre projet en stratégie : éligibilité, salaire et capital étranger, fortune, succession FR/ES. Aucune obligation, simplement un cadre clair pour décider.

