Structurez votre patrimoine de non-résident avec un expert
Exit tax, régime impatrié, fiscalité internationale, immobilier français et enveloppes patrimoniales : nous cadrons votre stratégie avant tout arbitrage ou changement de résidence.
Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet
Quentin Hagnéré
CGP indépendant spécialisé en fiscalité patrimoniale internationale
Quentin Hagnéré accompagne expatriés, impatriés, non-résidents et dirigeants mobiles sur leurs arbitrages fiscaux, financiers et successoraux entre la France et l'étranger.
Sommaire
- 1. Pourquoi l'AVL est taillée pour le profil impatrié international
- 2. Le triangle de sécurité et le super-privilège luxembourgeois
- 3. Quelle fiscalité s'applique : celle de votre pays de résidence
- 4. Que devient votre contrat si vous repartez en année 9 ?
- 5. Multi-devises : gérer un patrimoine en plusieurs monnaies
- 6. FAS et fonds dédiés : la gestion sur-mesure
- 7. Le ticket d'entrée et pour qui c'est réellement pertinent
- 8. AVL ou assurance-vie française pour l'impatrié ?
- 9. Cas chiffré : un impatrié loge 500 000 € en AVL
- FAQ
À retenir en 30 secondes
- La neutralité fiscale luxembourgeoise signifie que c'est le pays de résidence du souscripteur qui taxe le contrat — pas le Luxembourg.
- Tant que vous êtes résident français, la fiscalité est identique à une AV française (abattement 8 ans, 7,5 %/12,8 %, prélèvements sociaux 17,2 %, art. 990 I à la transmission) : aucun avantage de barème, l'atout est structurel.
- Le super-privilège protège la totalité du contrat sans plafond, là où la garantie française s'arrête à 70 000 €.
- Si vous repartez en année 9, le contrat vous suit : la fiscalité bascule vers le nouveau pays, sans clôture et hors exit-tax.
- Pertinence réelle : à partir d'environ 250 000 € de patrimoine financier et pour un profil à forte probabilité de re-mobilité.
Avertissement
Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les exemples chiffrés sont illustratifs, non garantis, et les supports en unités de compte comportent un risque de perte en capital : la performance n'est jamais garantie. Les fourchettes de ticket d'entrée et les seuils des fonds dédiés sont indicatifs et établis sur devis (pas de grille officielle opposable). La fiscalité dépend de votre situation et peut évoluer (lois de finances annuelles). Pour une analyse adaptée à votre cas, un bilan patrimonial chez Hagnéré Patrimoine est recommandé.
1. Pourquoi l'assurance-vie luxembourgeoise est taillée pour le profil impatrié international
Pour un impatrié sous le régime de l'article 155 B du CGI, l'assurance-vie luxembourgeoise est une enveloppe de capitalisation neutre et portable : le Luxembourg ne taxe pas le contrat, c'est la fiscalité du pays de résidence qui s'applique — identique à une AV française tant que vous êtes résident (art. 125-0 A, PS 17,2 %). Ses trois atouts : le super-privilège sans plafond (vs 70 000 € en France), la portabilité si vous repartez en année 9, et le multi-devises. Hagnéré Patrimoine la positionne comme la brique long terme et mobilité de votre stratégie 155 B.
Posons le problème concret de l'impatrié. Vous êtes arrivé en France il y a deux ou trois ans, recruté à l'étranger : cadre dirigeant, profil tech, banquier, consultant senior. Vos revenus sont élevés, votre épargne s'accumule — mais une question revient vite : et si je repars dans trois ou quatre ans ? La plupart des placements français supposent un résident installé pour de bon, et tournent mal à la sortie : c'est précisément cette incertitude géographiquequi fait de l'assurance-vie luxembourgeoise — la seule enveloppe d'assurance-vie réellement transfrontalière — un outil pertinent.
Un mot de vocabulaire d'abord, pour ne pas mélanger les audiences :
- Vous arrivez en France (impatrié) ne doit pas être confondu avec l'expatrié ou le non-résident qui, eux, partent ou vivent hors de France. Voir notre guide sur les différences entre impatrié, expatrié et non-résident.
- Si votre logique est de quitter la France, la page de référence est l'assurance-vie luxembourgeoise pour expatriés.
- Pour le fonctionnement complet du produit (frais, supports, IFI au retour), reportez-vous au guide pilier de l'assurance-vie luxembourgeoise ; pour les conditions du régime (prime, durée 8 ans, fenêtre IFI 5 ans), au pilier régime impatrié 155 B.
L'impatrié : qui est concerné ?
L'impatrié est une personne qui s'installe en France et y devient résident fiscal au sens de l'article 4 B du CGI, après avoir été non-résident pendant les cinq années civiles précédant sa prise de fonctions. Le régime de l'article 155 B lui ouvre, notamment, une exonération de sa prime d'impatriation et une exonération partielle de certains revenus passifs de source étrangère, jusqu'au 31 décembre de la 8e année civile suivant la prise de fonctions (pour les prises de fonctions à compter du 6 juillet 2016). Nous ne détaillons pas ici le régime lui-même : tout est dans le guide pilier dédié.
Un profil par définition mobile
La particularité de l'impatrié, c'est qu'il n'est pas un résident comme les autres : sa présence en France a souvent une échéance. Il peut être muté ailleurs, repartir dans son pays d'origine, ou simplement saisir une opportunité internationale. Et c'est là que les placements franco-français montrent leurs limites : un compte-titres devient imposable chaque année dans le pays d'accueil, une assurance-vie française est mal comprise — voire requalifiée — par le fisc local. L'enveloppe luxembourgeoise échappe à ces frictions : ce n'est pas une niche fiscale (elle n'en est pas une), mais un véhicule de capitalisation qui traverse les frontières sans se briser.
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2. Le triangle de sécurité et le super-privilège luxembourgeois
Deux mécanismes propres au Luxembourg offrent au souscripteur une protection supérieure à celle d'un contrat français : le triangle de sécurité et le super-privilège. Nous les survolons ici ; pour le détail, voyez nos guides dédiés au triangle de sécurité et au super-privilège luxembourgeois.
Le triangle de sécurité
Le triangle de sécurité repose sur une convention tripartite liant l'assureur, une banque dépositaire agréée et le Commissariat aux Assurances (CAA), le régulateur luxembourgeois. Les actifs représentatifs des engagements sont déposés séparément, sur des comptes distincts, et restent en dehors du bilan de l'assureur. En cas de difficulté de la compagnie, ces actifs ne tombent pas dans la masse des créanciers : ils sont protégés. Le CAA contrôle ces dépôts et peut, si nécessaire, bloquer les comptes pour préserver les intérêts des souscripteurs.
Le super-privilège
Le super-privilège va plus loin : il fait du souscripteur un créancier de premier rang sur les actifs du contrat. En cas de défaillance de l'assureur, il est donc remboursé avant tous les autres créanciers (y compris privilégiés), et ce sans aucun plafond. Ce privilège est consacré par l'article 118 de la loi luxembourgeoise du 7 décembre 2015 sur le secteur des assurances. En France, la protection équivalente — le Fonds de garantie des assurances de personnes — est plafonnée à 70 000 € par assuré et par compagnie(art. L. 423-1 et R. 423-7 du Code des assurances).
| Critère | Assurance-vie française | Assurance-vie luxembourgeoise |
|---|---|---|
| Garantie en cas de défaillance de l'assureur | FGAP : 70 000 € par assuré et par compagnie (art. L. 423-1 et R. 423-7 C. assur.) | Super-privilège : créancier de 1er rang, sans plafond |
| Détention des actifs | Au bilan de l'assureur | Actifs ségrégués, banque dépositaire (triangle de sécurité) |
| Régulateur / contrôle | ACPR | Commissariat aux Assurances (CAA) |
Référence légale
Le super-privilège est ancré dans l'article 118 de la loi luxembourgeoise du 7 décembre 2015sur le secteur des assurances (et non du 6 décembre, erreur fréquente). Le régime des actifs ségrégués et les catégories de fortune relèvent des lettres circulaires du Commissariat aux Assurances. Cette architecture juridique est, pour un patrimoine financier important, le premier argument de l'enveloppe luxembourgeoise.
3. Quelle fiscalité s'applique à mon contrat luxembourgeois ? Celle de votre pays de résidence
Le Luxembourg ne prélève aucun impôt à la source sur le contrat d'un souscripteur non-résident luxembourgeois : c'est ce qu'on appelle la neutralité fiscale : c'est la fiscalité du pays de résidence du souscripteur qui s'applique, dans le cadre de la libre prestation de services en assurance au sein de l'Union (directive Solvabilité II 2009/138/CE). Cette neutralité n'est pas un avantage fiscal en soi : c'est ce qui rend le contrat portable.
Tant que vous êtes résident fiscal français
La fiscalité de votre contrat luxembourgeois est strictement identiqueà celle d'une assurance-vie française. Il ne faut pas survendre un quelconque avantage de barème : il n'y en a pas. Voici les règles qui s'appliquent, comme pour tout contrat français (art. 125-0 A du CGI) :
- Rachat après 8 ans : abattement annuel de 4 600 € (célibataire) ou 9 200 € (couple), puis 7,5 % d'impôt sur les produits correspondant aux primes jusqu'à 150 000 € (par assuré, tous contrats confondus), 12,8 % au-delà.
- Prélèvements sociaux : 17,2 % sur les produits (le PFU global de l'assurance-vie est donc de 30 %). À ne pas confondre avec le taux de 18,6 % qui s'applique en 2026 aux dividendes, intérêts et plus-values mobilières hors assurance-vie.
- Transmission : pour les primes versées avant 70 ans, l'article 990 I prévoit un abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis 20 % jusqu'à 700 000 € et 31,25 % au-delà. Pour les primes versées après 70 ans, l'article 757 B applique un abattement global de 30 500 €.
Dualité des prélèvements sociaux 2026 — ne pas se tromper de taux
En 2026, les prélèvements sociaux sont maintenus à 17,2 % sur l'assurance-vie (et sur les revenus fonciers, les plus-values immobilières, le PEL). En revanche, ils passent à 18,6 % sur les dividendes, intérêts, plus-values mobilières, PEA, PER et crypto-actifs (hausse de CSG, LFSS 2026). Le PFU est donc de 30 % sur l'assurance-vieet de 31,4 % sur les dividendes hors enveloppe. Appliquer 18,6 % à un contrat d'assurance-vie serait une erreur.
Le cas particulier de l'affiliation à une sécurité sociale étrangère
Cas de niche, mais utile pour certains impatriés : si vous restez affilié à un régime de sécurité sociale d'un autre État de l'Union, de l'EEE ou de la Suisse (règlement européen 883/2004), vous êtes en principe exonéré de CSG et de CRDS sur vos revenus du patrimoine ; seul le prélèvement de solidarité de 7,5 % reste dû (jurisprudence de Ruyter, CJUE C-623/13, et Jahin, C-45/17). Cela peut concerner les tout premiers temps de l'impatriation. C'est un point à vérifier précisément au cas par cas.
L'idée-clé
La neutralité luxembourgeoise ne vous donne pas un avantage fiscal en France. Ce qu'elle vous donne, c'est la portabilité : le jour où vous changez de pays, le contrat ne se brise pas — il s'adapte. C'est exactement ce dont a besoin un impatrié dont l'horizon géographique est incertain.
4. Le scénario clé : que devient votre contrat si vous repartez à l'étranger ?
C'est le cœur de l'intérêt de l'enveloppe luxembourgeoise pour l'impatrié. Déroulons le scénario typique de l'année 9 — celui où le régime 155 B s'éteint et où, souvent, se pose la question du départ.
Années 1 à 8 : vous êtes résident français
Pendant la durée du régime, votre contrat se comporte exactement comme une assurance-vie française : vous capitalisez, vous arbitrez librement entre supports, et la fiscalité des rachats est celle décrite plus haut. Rien de spécifique à ce stade — si ce n'est la protection renforcée des actifs.
Année 9 : sortie du régime et éventuel redépart
L'année 9 marque une double bascule. D'une part, la sortie du régime 155 B signe le retour au droit commun pour votre impôt sur le revenu (c'est le « mur fiscal » à anticiper ; nous y consacrons un guide entier : préparer l'année 9 sans choc fiscal). D'autre part, si vous décidez de repartir, vous changez de résidence fiscale.
Et c'est là que la neutralité luxembourgeoise déploie sa valeur : le contrat reste ouvert. Pas de clôture, pas de rachat forcé. La fiscalité bascule automatiquement vers celle de votre nouveau pays de résidence. On parle de « contrat caméléon » : il prend la couleur fiscale du pays où vous vivez, quel qu'il soit. Une assurance-vie française, à l'inverse, est souvent mal adaptée à un non-résident, voire pénalisante selon le pays d'accueil.
L'assurance-vie est exclue de l'exit-tax
Point capital : l'exit-tax de l'article 167 bis du CGI, qui frappe certaines plus-values latentes au moment du départ de France, ne vise pas l'assurance-vie. Votre contrat (luxembourgeois comme français) ne déclenche donc aucune imposition latente du seul fait de votre départ. C'est un atout net face à un compte-titres ou à des parts de société, qui peuvent, eux, tomber dans le champ de l'exit-tax. Pour le détail de l'exit-tax et le tour du monde fiscal pays par pays, reportez-vous à notre guide exit-tax 2026 et à l'AVL pour expatriés.
Et la transmission, si un lien avec la France subsiste au décès ?
Le prélèvement de l'article 990 I s'applique dès lors que, au jour du décès, l'assuré est résident fiscal français ou que le bénéficiaire est résident fiscal français (depuis au moins 6 des 10 années précédant le décès). Si, à terme, le souscripteur est redevenu non-résident etqu'aucun bénéficiaire n'est résident français, le contrat sort du champ du 990 I : c'est la fiscalité successorale du pays de résidence qui s'applique. Pour une famille internationale, c'est un levier de transmission à analyser finement.
À retenir sur le redépart
Neutralité fiscale = portabilité. En cas de redépart : pas de clôture du contrat, bascule automatique de la fiscalité vers le nouveau pays de résidence, et assurance-vie hors exit-tax(art. 167 bis). C'est l'argument différenciant pour l'impatrié mobile.
5. Multi-devises : gérer un patrimoine en plusieurs monnaies
L'assurance-vie luxembourgeoise peut être libellée en plusieurs devises— euro, dollar américain, livre sterling, franc suisse, et d'autres selon l'assureur. Les fonds dédiés (FID, FAS) peuvent loger des actifs eux-mêmes libellés dans différentes monnaies. C'est une souplesse rare dans le monde de l'assurance-vie française, presque toujours cantonnée à l'euro.
Pour un impatrié, l'intérêt est concret : si une partie de vos revenus, de votre patrimoine ou de votre futur pays de résidence relève d'une autre zone monétaire, libeller le contrat dans la bonne devise permet d'éviter les conversions forcées et d'aligner l'épargne sur votre projet de vie. Un cadre destiné à repartir dans un pays en dollar ou en livre y trouvera un confort de gestion appréciable. Pour approfondir, voyez notre guide dédié à l'assurance-vie luxembourgeoise multi-devises.
Pourquoi le multi-devises compte pour un impatrié mobile
Prenons un cadre qui vise un retour à Londres ou New York. S'il avait épargné sur une AV française en euros, son capital resterait exposé au risque de change au moment de financer sa vie dans une autre monnaie : une variation EUR/USD de 10 % peut effacer plusieurs années de performance. En logeant tout ou partie du contrat dans la devise de son futur pays de résidence, il neutralise ce risque et évite des conversions à un taux subi. Libeller son épargne dans la monnaie de son futur pays, c'est s'éviter une mauvaise surprise le jour où il faudra financer sa vie là-bas. Attention toutefois : le risque de change devient bénéfique dans un sens, défavorable dans l'autre ; le choix de la devise doit être réfléchi avec un conseil.
6. FAS et fonds dédiés : qu'est-ce que la gestion sur-mesure ?
Au-delà des supports classiques en unités de compte, l'enveloppe luxembourgeoise donne accès à des fonds dédiés qui personnalisent la gestion. Il en existe trois familles, dont l'accès dépend de l'encours et de la catégorie de fortune du souscripteur. Pour le comparatif détaillé, voyez nos guides FID, FAS ou FIC et fonds dédiés FID et FAS.
Le FID — fonds interne dédié
Le FID est un fonds géré sous mandat par une société de gestion dédiée à votre contrat, en architecture ouverte(large univers d'investissement). C'est la formule du mandat de gestion individualisé, adapté à un patrimoine conséquent. Il est généralement accessible à partir d'un certain encours.
Le FAS — fonds d'assurance spécialisé
Le FAS offre une gestion plus libre de l'allocation, pilotée par le souscripteur ou son conseil, sans mandat de gestion discrétionnaire. L'univers d'investissement accessible dépend de votre catégorie de fortuneau sens du régulateur luxembourgeois (catégories définies par lettre circulaire du CAA), qui conditionne notamment l'accès à certains actifs moins liquides.
Le FIC — fonds interne collectif
Le FIC est un fonds mutualiséentre plusieurs souscripteurs, à mi-chemin entre l'unité de compte standard et le fonds dédié. Il est mentionné ici pour mémoire : il n'a pas le caractère individualisé d'un FID ou d'un FAS.
Pas de grille officielle — raisonner en classes d'actifs
Il n'existe pas de grille de seuils officielle et opposable pour l'accès aux FID et FAS : les conditions sont indicatives et établies sur devis selon l'assureur et le profil. Dans une logique de conseil indépendant, nous raisonnons en classes d'actifs et en enveloppes, jamais en noms de fonds, de sociétés de gestion ou de produits précis. L'allocation est définie sur-mesure, en fonction de votre horizon et de votre tolérance au risque.
7. Le ticket d'entrée et pour qui c'est réellement pertinent
Disons-le clairement : l'assurance-vie luxembourgeoise n'est pas pour tout le monde. Elle a un coût et un ticket d'entrée qui la réservent à certains patrimoines. Le rôle d'un conseiller est précisément de faire ce tri, sans survendre l'outil.
Le ticket d'entrée varie selon l'assureur. En pratique, l'accès se situe souvent dans une fourchette de 125 000 à 250 000 € : certains contrats s'ouvrent à partir de 100 000 €, mais l'intérêt réel d'un fonds dédié, qui justifie le surcoût par rapport à une AV française, se manifeste plutôt au-delà de 250 000 € de patrimoine financier. Ces montants sont indicatifs et établis sur devis— il n'existe aucun seuil légal.
L'AVL est pertinente si…
Points forts
- Patrimoine financier supérieur à environ 250 000 €
- Profil à forte probabilité de re-mobilité internationale
- Besoin d'une gestion multi-devises
- Recherche d'une protection maximale (super-privilège, triangle de sécurité)
Une bonne AV française suffit si…
Points de vigilance
- Patrimoine financier plus modeste
- Certitude de rester durablement en France
- Pas de besoin multi-devises
- Recherche d'un coût d'entrée minimal
Dernier rappel important : l'assurance-vie luxembourgeoise ne défiscalise pas à l'entrée. Pour réduire l'impôt résiduel de l'impatrié (sur le salaire non exonéré, le foncier français…), on mobilise d'autres leviers : le PER de l'impatrié, le Girardin industriel, le déficit foncier. L'assurance-vie luxembourgeoise s'inscrit, elle, dans la stratégie de placement et de mobilité. Pour la vue d'ensemble, voyez notre guide impatrié : où investir en 2026.
8. AV luxembourgeoise ou assurance-vie française pour l'impatrié ?
La question revient systématiquement en cabinet. En résumé : à fiscalité identique pour un résident français, le choix se joue sur la protection, la portabilité et le sur-mesure. Voici la synthèse, à approfondir avec notre guide AV française ou luxembourgeoise : à partir de quel montant.
| Critère | Assurance-vie française | Assurance-vie luxembourgeoise |
|---|---|---|
| Fiscalité (résident français) | 990 I, abattement 8 ans, PS 17,2 % | Identique (neutralité fiscale) |
| Protection des actifs | FGAP : 70 000 € par assureur | Super-privilège, sans plafond |
| Portabilité si redépart | Souvent inadaptée, parfois à clôturer | Contrat caméléon : reste ouvert |
| Multi-devises | Rare (euro) | EUR, USD, GBP, CHF… |
| Architecture / sur-mesure | Standard | FID, FAS : univers plus large |
| Ticket d'entrée / coût | Faible | Plus élevé (pertinent ~250 k€) |
La conclusion est nuancée : pour l'impatrié mobile et au-delà d'un certain patrimoine, l'assurance-vie luxembourgeoise ajoute une protection et une portabilité décisives. Pour un patrimoine plus modeste ou une installation durable en France, une bonne assurance-vie française reste pertinente. Côté frais, l'enveloppe luxembourgeoise n'est pas systématiquement plus chère : bien négociée, elle affiche des frais parmi les plus compétitifs du marchésur les encours importants. L'arbitrage doit se faire au cas par cas.
9. Cas chiffré : un impatrié loge 500 000 € en assurance-vie luxembourgeoise
Voici deux scénarios illustratifs. Tous les chiffres ci-dessous sont illustratifs et non garantis ; les unités de compte comportent un risque de perte en capital.Nous raisonnons en classes d'actifs et en enveloppes, sans aucun nom de fonds.
Note de méthode — comment lire ces cas chiffrés
L'hypothèse de performance retenue (+4 %/an net) est une convention de calcul, pas une prévision : la performance réelle peut être supérieure, inférieure ou négative, et le capital n'est pas garanti. Les calculs s'appuient sur la fiscalité 2026 en vigueur (art. 125-0 A, PS 17,2 %), qui peut évoluer avec les lois de finances annuelles. L'objectif n'est pas de promettre un résultat, mais de montrer la mécanique : prorata des produits, abattement après 8 ans, et — surtout — l'écart de protection entre les deux enveloppes. Votre situation réelle doit être modélisée au cas par cas lors d'un bilan.
Cas 1 — Capitalisation neutre puis rachat partiel après 8 ans (impatrié resté résident français)
Hypothèses (illustratives, non garanties)
- Versement initial :500 000 € sur une AVL, allocation diversifiée, profil équilibré
- Performance retenue :+4 %/an net de frais de gestion (HYPOTHÈSE illustrative, non garantie)
- Horizon :8 ans, sans rachat intermédiaire
- Souscripteur :célibataire, résident fiscal français sur toute la période
500 000 € × (1,04)^8 = 684 285 € de valeur du contrat à 8 ans, soit 184 285 € de plus-value latente.
La 9e année, l'impatrié effectue un rachat partiel de 50 000 €. La part de produits dans ce rachat suit la règle du prorata de l'article 125-0 A :
Imposition du rachat partiel de 50 000 € (après 8 ans)
Part de produits = 50 000 × (184 285 / 684 285) = 13 466 € Capital récupéré (non imposable) = 36 534 € Abattement annuel célibataire : 4 600 € Produits imposables à l'IR = 13 466 − 4 600 = 8 866 € Primes (500 000 €) > 150 000 € → taux mixte 7,5 % / 12,8 % Quote-part au taux réduit = 150 000 / 500 000 = 30 % IR ≈ (8 866 × 30 % × 7,5 %) + (8 866 × 70 % × 12,8 %) ≈ 199 € + 794 € = 993 € Prélèvements sociaux 17,2 % sur les produits (13 466 €) PS = 13 466 × 17,2 % = 2 316 € Imposition totale du rachat ≈ 993 + 2 316 = 3 309 €
Soit environ 3 309 € d'imposition pour 50 000 € retirés, dont 13 466 € seulement de produits. Résultat strictement identique à une AV française : l'avantage de l'AVL n'est pas fiscal, il est structurel (protection + portabilité).
Cas 2 — Protection et portabilité en cas de redépart en année 9
Même contrat, valorisé à environ 684 000 €à 8 ans. En année 9, l'impatrié est muté à l'étranger et devient non-résident. Comparons les deux enveloppes face à ce départ :
| Dimension | AV française | AV luxembourgeoise |
|---|---|---|
| Capital couvert en cas de défaillance de l'assureur | 70 000 € (plafond FGAP) | 684 000 € (super-privilège, sans plafond) |
| Sort du contrat au départ | Souvent inadapté, parfois à clôturer | Conservé, sans clôture (contrat caméléon) |
| Bascule fiscale vers le nouveau pays | Limitée | Automatique (neutralité luxembourgeoise) |
| Exit-tax (art. 167 bis) | AV hors champ | AV hors champ |
Le chiffre qui résume le cas
Dans ce scénario, l'écart de protection en cas de défaillance de l'assureur est de 684 000 € (Luxembourg) contre 70 000 € (FGAP français), soit +614 000 € de capital réellement protégé. Pour l'impatrié, l'AVL vaut surtout par la sécurité et la mobilitéqu'elle apporte, bien plus que par un quelconque gain fiscal.
En synthèse, l'assurance-vie luxembourgeoise reste, pour l'impatrié, une enveloppe de capitalisation neutre et portable, sans avantage de barème à l'entrée. Elle prend tout son sens pour un profil mobile et fortuné, et s'intègre dans une stratégie 155 B d'ensemble : PER, Girardin et déficit foncier pour l'impôt résiduel, SCPI européennespour profiter de la fenêtre IFI de l'impatrié, et l'assurance-vie luxembourgeoise pour le long terme et la mobilité.
Profil international et mobile ? L'AVL vous suit partout
L'assurance-vie luxembourgeoise vous suit où que vous repartiez, sans rupture fiscale. Hagnéré Patrimoine structure votre contrat sur-mesure, en cohérence avec votre régime impatrié. Réservez un entretien.

