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Guide freelance & consultant 202616 minMis à jour 25 juin 20265 leviers de lissage

Freelance aux revenus irréguliers : lisser l'impôt et les cotisations

Une grosse mission vous propulse à 180 000 € cette année, puis l'activité retombe à 80 000 € l'an prochain. Résultat : votre tranche marginale bondit de 30 % à 41 %, et — pire — la régularisation de cotisations URSSAF tombe quand le creux est déjà là. La progressivité de l'impôt et le décalage des cotisations punissent les revenus en dents de scie. Cinq leviers, dans l'ordre où on les actionne en cabinet, pour amortir l'IR et les cotisations — sur l'année record comme sur le creux qui suit. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine non détenu par une banque ni par un assureur (ORIAS 23002291).

REVENUS EN DENTS DE SCIE

Lisser votre fiscalité et piloter votre trésorerie de freelance

Audit de votre situation de freelance ou consultant à revenus irréguliers : dimensionnement du PER les bonnes années, opportunité d'un passage en SASU ou EURL à l'IS, modulation des acomptes URSSAF, épargne tampon. Cabinet non détenu par une banque ni par un assureur, modélisation chiffrée et calibrage avec votre expert-comptable.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

  • Dimensionnement du PER de l'année forte
  • Cabinet non détenu par une banque ni par un assureur

Sur lettre de mission signée

  • Stratégie de lissage sur 2 à 3 ans
  • Arbitrage SASU / EURL à l'IS

DÉDUCTION PER MAX TNS 2026

88 911 €

COTISATIONS TNS

~40-45 %

COTISATIONS SASU

~75-82 %

PS PER VS ASSURANCE-VIE

18,6 / 17,2 %

CAS CHIFFRÉ

70k → 180k → 80k

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1Le problème·3 min

Le vrai ennemi n'est pas l'impôt, c'est le décalage

Imaginez votre courbe de revenus sur trois ans : 70 000 € la première année, un pic à 180 000 € la deuxième grâce à une grosse mission, puis un retour à 80 000 € la troisième. Sur la durée, vous gagnez en moyenne 110 000 € par an — un revenu confortable, mais parfaitement régulier dans aucune de ces trois années. Or le fisc et l'URSSAF, eux, ne raisonnent jamais en moyenne : ils frappent année par année. C'est ce décrochage entre l'année où vous encaissez et l'année où vous payez qui transforme une belle année en double peine.

En 30 secondes

Le problème du freelance aux revenus irréguliers n'est pas de « payer trop » : c'est le décalage. La progressivité de l'impôt frappe le pic à 41 ou 45 % (plus CEHR et CDHR au-delà de 250 000 € de revenu fiscal de référence), et les cotisations du travailleur non salarié, calculées avec un an de retard, tombent l'année du creux. On répond avec cinq outils, du plus rentable au plus marginal : le PER d'abord (saturer la bonne année, jusqu'à 88 911 € déductibles en 2026), la société à l'IS ensuite (se verser une rémunération lissée et capitaliser le surplus), puis la modulation des acomptes ; le quotient ne sert presque jamais (voir levier 4), et l'épargne tampon ferme la marche. Le tout se cale avec votre expert-comptable, avant le 31 décembre de l'année forte.

La première morsure : la progressivité de l'impôt

Le barème de l'impôt sur le revenu est progressif (0 / 11 / 30 / 41 / 45 %). Un revenu concentré sur un seul exercice subit donc une tranche marginale à 41 ou 45 %, alors que la même somme étalée serait restée à 30 %. Pire, un pic qui porte le revenu fiscal de référence au-delà de 250 000 € (célibataire) peut faire surgir deux surtaxes : la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR, article 223 sexies) et la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR, article 224, imposition minimale de 20 % du revenu fiscal de référence) — qui se déclenchent sur le seul pic, jamais sur la moyenne.

La seconde, plus sournoise : le décalage des cotisations

C'est celui que personne ne voit venir. Si vous êtes travailleur non salarié (micro au réel, entreprise individuelle, ou gérant associé unique d'une EURL), vos cotisations sont d'abord appelées à titre provisionnel sur la base d'un revenu antérieur, puis régularisées l'année suivante une fois le revenu réel connu. Après une bonne année, vous subissez donc, l'année du creux, un double choc : la régularisation des cotisations de l'année forte ET des cotisations provisionnelles recalculées à la hausse sur ce même revenu élevé. La facture de votre meilleure année tombe quand votre activité est déjà retombée. Il faut raisonner en échéancier sur 18 à 24 mois, pas en année civile.

Le double choc N+1 (travailleur non salarié)

Année forte (180 000 €) : vous payez l'impôt et les cotisations provisionnelles calculés sur un revenu antérieur, plus faible. L'année suivante, l'activité retombe à 80 000 €, mais l'URSSAF vous présente la régularisation des cotisations de l'année forte en même temps que les cotisations provisionnelles recalculées à la hausse. Deux appels lourds au pire moment. La parade : provisionner et moduler (voir le levier 3).

Nuance importante en SASU. Le président de SASU est assimilé salarié (article L. 311-3 du Code de la sécurité sociale) : ses cotisations sont prélevées au fil de l'eau sur chaque rémunération versée, sans régularisation décalée. La SASU déconnecte donc mécaniquement la rémunération du résultat — c'est tout l'objet du levier 2.

Garde-fou : jamais la CIPAV pour le freelance non réglementé

Le consultant et le freelance (conseil, IT) exercent une activité non réglementée : aucun Ordre, aucune caisse de profession libérale. Depuis le 1ᵉʳ janvier 2019, ces professions relèvent du régime général des travailleurs indépendants (article L. 640-1 du Code de la sécurité sociale, modifié par la loi n° 2017-1836 du 30/12/2017), pas de la CIPAV. Si vous cherchez l'équivalent de ce guide pour un métier réglementé (médecin, avocat, géomètre…), consultez la version pour les professions libérales réglementées.

§ 2Vue d'ensemble·2 min

Les 5 leviers de lissage : le panorama

Posons d'abord la carte sur la table. Les cinq leviers ne lissent pas la même chose : certains agissent sur l'impôt, d'autres sur les cotisations, d'autres encore sur la trésorerie. Ils se combinent, et l'ordre de priorité compte.

Les 5 leviers de lissage du freelance — ordre de priorité décroissant.
#LevierCe qu'il lissePour quiPour approfondir
1PER (saturer la bonne année)L'impôt sur le revenuTous, surtout TMI 41-45 %Le PER du freelance
2Société à l'IS (SASU / EURL)IR + cotisationsRevenus élevés et durablesSASU ou EURL
3Modulation acomptes URSSAF + PASLa trésorerie des cotisationsTravailleur non salarié surtout—
4Quotient (art. 163-0 A)L'IR d'un revenu exceptionnel seulementCession, indemnité—
5Épargne de précautionLe train de vie des années creusesTousPlacer le surplus

Le PER d'abord, le quotient en dernier

La plupart des freelances font exactement l'inverse : ils pensent d'abord au « système du quotient » pour leur grosse année — or il ne s'applique presque jamais (levier 4). Le vrai levier numéro un, c'est le PER, suivi du passage en société à l'IS. La modulation des acomptes et l'épargne tampon sécurisent la trésorerie autour de ces deux piliers.

§ 3Levier 1·3 min

Levier 1 — Le PER : saturer le plafond les bonnes années

S'il ne fallait retenir qu'un outil, ce serait le PER. Chaque euro versé est déduit de votre revenu imposable : l'économie d'impôt vaut, en première approche, votre versement multiplié par votre tranche marginale. Verser 30 000 € quand vous êtes à 41 % économise environ 12 300 € d'impôt — précisément l'année où vous en avez le plus besoin.

Deux plafonds, selon votre structure

Le plafond de déduction n'est pas le même selon que vous êtes travailleur non salarié ou président de SASU. Et l'écart change vraiment la donne : jusqu'à 88 911 € déductibles côté TNS, contre 37 680 € côté SASU.

Plafonds de déduction PER 2026 — PASS 2026 = 48 060 €, 8 PASS = 384 480 €.
CritèreTNS (micro réel / EI / EURL)Président de SASU
Article154 bis CGI163 quatervicies CGI
Base de calculBénéfice de l'année NRevenus pro N-1
Formule10 % du bénéfice (≤ 8 PASS) + 15 % de la fraction entre 1 et 8 PASS10 % des revenus plafonnés à 8 PASS
Plafond maximum 202688 911 €37 680 €
Report des plafonds non utilisésNon reportable3 ans, porté à 5 ans (LF 2026)
Mutualisation conjointsNonOui

Le point fort du travailleur non salarié : le plafond de l'article 154 bis se calcule sur le bénéfice de l'année N. La bonne année, le plafond gonfle mécaniquement, jusqu'à 88 911 € en 2026. Vous pouvez donc déduire beaucoup l'année même où votre tranche grimpe. Contrepartie : ce plafond n'est ni reportable, ni mutualisable — c'est maintenant ou jamais. À la sortie, les gains du PER supportent 18,6 % de prélèvements sociaux en 2026.

Cas chiffré — EURL à l'impôt sur les sociétés

Marc, gérant TNS, bénéfice 180 000 € l'année forte

Sur un bénéfice de 180 000 €, le plafond de l'article 154 bis vaut environ 10 % × 180 000 + 15 % × (180 000 − 48 060), soit de l'ordre de 37 800 € de versement déductible (et il monterait jusqu'à 88 911 € pour un bénéfice d'au moins 384 480 €). Déduit à une tranche marginale de 41 %, ce versement fait économiser environ 15 500 € d'impôt sur la seule année forte (chiffre indicatif, à affiner sur votre dossier). Le plafond gonfle parce que l'année est forte : c'est le bon moment pour saturer.

Note de méthode : des ordres de grandeur, pas une promesse

Les montants cités dans cet exemple sont des ordres de grandeur destinés à illustrer la mécanique : l'économie d'impôt réelle dépend de votre quotient familial, de vos autres revenus et de votre tranche marginale exacte. De même, le PER reste un placement de long terme dont la performance n'est pas garantie — les rendements passés ne préjugent pas des rendements futurs et le capital investi en unités de compte est soumis à un risque de perte. Le seul effet certain est la déduction fiscale à l'entrée ; le reste se modélise sur votre situation réelle.

Le PER du travailleur non salarié gonfle la bonne année

Là où le président de SASU plafonne à 37 680 € (calculé sur l'année précédente), le travailleur non salarié dispose, l'année forte, d'un plafond qui suit son bénéfice jusqu'à 88 911 €. C'est un argument structurel pour loger la déduction côté TNS l'année record. Pour le détail des plafonds, des cases déclaratives et de la mécanique de sortie, voyez notre guide du PER du freelance et la fiche de référence sur le plan d'épargne retraite.

Hagnéré Patrimoine

Dimensionner votre PER de l'année record

On calcule votre plafond exact (article 154 bis ou 163 quatervicies), l'économie d'impôt réelle et le versement optimal, en lien avec votre expert-comptable. Sans engagement.

Plafond 154 bisÉconomie chiffréeImmatriculé ORIAS
§ 4Levier 2·3 min

Levier 2 — La société à l'IS : déconnecter revenu et bénéfice

Pour des revenus élevés et installés dans la durée, c'est le levier le plus lourd — et le plus efficace. En SASU ou en EURL ayant opté pour l'impôt sur les sociétés, vous n'êtes imposé au barème (jusqu'à 45 %) que sur la rémunération que vous vous versez réellement. Le surplus de la bonne année reste dans la société, taxé à l'IS (15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, puis 25 %), et constitue une réserve dans laquelle vous piochez l'année creuse. Vous vous versez une rémunération lissée, et le résultat fluctue indépendamment.

SASU ou EURL : où se cache le vrai écart

SASU — président assimilé salarié

Points forts

  • Cotisations au fil de l'eau (pas de régularisation N+1 décalée)
  • Dividendes NON soumis aux cotisations sociales
  • Dividendes : prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS)
  • Rémunération en traitements et salaires (abattement 10 %)

Points de vigilance

  • Enveloppe de charges sociales élevée (~75-82 % du net versé)
  • Pas d'assurance chômage pour le président
  • Plafond PER plus faible (37 680 €, art. 163 quatervicies)

EURL à l'IS — gérant travailleur non salarié

Points forts

  • Cotisations plus légères (~40-45 % du net)
  • Plafond PER élevé sur le bénéfice (jusqu'à 88 911 €, art. 154 bis)
  • Rémunération du gérant imposée selon l'art. 62 CGI (abattement 10 % également applicable)

Points de vigilance

  • Le piège : dividendes au-delà de 10 % du capital + primes + CCA moyen réintégrés dans les cotisations TNS (art. L. 131-6 CSS)
  • Décalage et régularisation N+1 des cotisations

Cas chiffré — sortir le cash de la bonne année

Léa, SASU, distribue 50 000 € de dividendes

Léa préside une SASU. La bonne année, elle distribue 50 000 € de dividendes. Au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % (12,8 % d'impôt + 18,6 % de prélèvements sociaux), elle paie 15 700 € et conserve 34 300 € nets — aucune cotisation sociale sur les dividendes (le président n'est pas travailleur non salarié). En EURL au capital de 1 000 €, seuls 100 € (10 % du capital) auraient bénéficié du PFU : les 49 900 € restants auraient été réintégrés dans l'assiette des cotisations TNS. C'est tout le piège de la règle des 10 %.

Le piège des dividendes en EURL à l'IS

En EURL à l'IS, la fraction de dividendes qui excède 10 % du capital social, des primes d'émission et du solde moyen du compte courant d'associé est réintégrée dans l'assiette des cotisations TNS (article L. 131-6 du Code de la sécurité sociale), en plus de l'impôt. La jurisprudence l'a confirmé jusque dans les montages de holding (Cass. 2e civ. 19 octobre 2023, n° 21-20.366, rendu sur une société d'exercice libéral — cité ici en illustration de la logique de réintégration, et non comme une décision rendue sur l'EURL d'un consultant). En SASU, ce piège n'existe pas. Le mécanisme du seuil de 10 % est détaillé dans notre guide sur les dividendes cotisés au-delà de 10 % du capital.

Et l'option IS n'est pas gravée dans le marbre : une EURL peut y renoncer (article 239 du CGI) tant qu'elle n'a pas dépassé son cinquième exercice — au-delà, c'est définitif. Bref, on ne bascule pas une EURL à l'IS sur un coup de tête. L'arbitrage complet de structure, je le détaille dans notre comparatif SASU ou EURL, et la répartition optimale salaire / dividendes est traitée dans le guide salaire ou dividendes en SASU. Pour la vue d'ensemble, voyez aussi l'optimisation fiscale du consultant indépendant.

§ 5Levier 3·2 min

Levier 3 — Moduler ses cotisations et ses acomptes

Le décalage des cotisations du travailleur non salarié ne se supprime pas, mais il se pilote. Deux gestes simples évitent l'effet de ciseau de l'année creuse.

1. Moduler le revenu estimé URSSAF

Depuis votre compte en ligne, le service d'estimation du revenu vous permet d'ajuster vos cotisations provisionnelles au revenu prévisible : à la hausse l'année forte, pour anticiper la régularisation et lisser l'appel, et à la baisse dès que la chute est constatée, pour ne pas avancer une trésorerie inutile.

2. Moduler l'acompte de prélèvement à la source

Le prélèvement à la source des indépendants fonctionne par acomptes calculés sur le dernier revenu connu. Vous pouvez les moduler à la baisse dès que vous constatez une baisse de revenu, sans attendre la déclaration de l'année suivante.

Anticiper plutôt que subir

Ces modulations ne suppriment pas la dette, elles en lissent le calendrier. Le réflexe gagnant reste de provisionner large l'année forte : mettez de côté, sur une réserve dédiée, de quoi couvrir à la fois l'impôt du pic et la régularisation de cotisations qui tombera en N+1. C'est bien plus confortable qu'un délai de paiement URSSAF arraché en catastrophe l'année du creux. Ce levier vaut surtout pour le travailleur non salarié : le président de SASU, prélevé au fil de l'eau, n'a pas de régularisation décalée.

§ 6Levier 4·2 min

Levier 4 — Le quotient (163-0 A) : ce qu'il fait vraiment

En rendez-vous, beaucoup de freelances arrivent avec la même phrase : « ma grosse année, je la passe au système du quotient pour lisser l'impôt ». Mauvaise nouvelle : ça ne marche pas comme ça. Le quotient de l'article 163-0 A n'a pas été conçu pour étaler un pic d'honoraires d'activité courante.

Les conditions réelles du quotient

Le mécanisme exige un revenu exceptionnel par nature — c'est-à-dire qui n'est pas susceptible d'être recueilli chaque année — ET dont le montant dépasse la moyenne des revenus nets des trois années précédentes. La doctrine fiscale (BOI-IR-LIQ-20-30-20) est sans ambiguïté : un revenu réalisé dans le cadre normal de l'activité professionnelle n'est pas exceptionnel, même si cette activité produit des revenus très variables. Une bonne année de missions à 180 000 € reste un revenu professionnel ordinaire : le quotient ne s'y applique pas.

Ce qui ouvre vraiment droit au quotient

Les revenus réellement exceptionnels par leur nature : la plus-value de cession de votre clientèle ou de votre fonds libéral, une indemnité de cessation ou de fin de mission, une distribution exceptionnelle de réserves de votre société, ou la sortie en capital d'un contrat de prévoyance.

Mécanique du quotient (revenu exceptionnel)

Impôt = impôt sur le revenu ordinaire
       + 4 × (impôt sur [revenu ordinaire + ¼ du revenu exceptionnel]
              − impôt sur le revenu ordinaire)

Diviseur 4 pour un revenu exceptionnel ; pour un revenu différé, diviseur = nombre d'années de rattachement + 1, sans condition de montant. Le quotient ne fonctionne qu'au barème progressif, jamais au PFU.

Le réflexe qui coûte cher

Le quotient ne sauvera pas votre grosse année de missions. Et il n'existe aucun étalement du bénéfice BNC : l'étalement de l'article 75-0 A est réservé à l'agriculture, la moyenne de l'article 100 bis aux artistes et sportifs. Pour lisser l'impôt d'un bénéfice en dents de scie, revenez aux leviers 1 (PER) et 2 (société à l'IS) : ce sont eux qui font le travail.

§ 7Levier 5·2 min

Levier 5 — L'épargne de précaution des années creuses

Vous avez beau optimiser l'impôt du pic : si vous ne pouvez pas payer le loyer l'année creuse, tout s'écroule. Une réserve liquide permet de soutenir votre train de vie l'année basse sans casser un placement bloqué ni vous mettre à découvert. Encore faut-il la loger sur le bon support.

Assurance-vie — le tampon

Points forts

  • Liquide : rachat possible à tout moment
  • Prélèvements sociaux maintenus à 17,2 % en 2026
  • Fiscalité douce après 8 ans (abattement annuel)
  • Idéale pour soutenir le train de vie d'une année creuse

Points de vigilance

  • Pas de déduction à l'entrée

PER — le levier de défiscalisation

Points forts

  • Déduction immédiate du revenu imposable
  • Idéal pour raboter l'impôt d'une année forte

Points de vigilance

  • Bloqué jusqu'à la retraite (sauf déblocage anticipé)
  • Prélèvements sociaux à 18,6 % sur les gains à la sortie (2026)
  • Ne joue pas le rôle de tampon de trésorerie

En clair, ces deux supports ne se remplacent pas, ils se complètent : l'assurance-vie absorbe les creux, le PER défiscalise les pics. Ajoutez-y, côté protection, une prévoyance Madelin (déductible au titre de l'article 154 bis) pour sécuriser un revenu de remplacement en cas d'arrêt — un freelance n'a aucun filet salarial. Pour savoir où loger précisément le gain non dépensé de la bonne année, voyez notre guide du placement du freelance à hauts revenus et la fiche de référence sur l'assurance-vie.

§ 8Cas chiffré·3 min

Cas chiffré : Julien, 70k → 180k → 80k

Julien est consultant en transformation des systèmes d'information, en BNC au réel, célibataire. Une mission exceptionnelle fait grimper son bénéfice à 180 000 € en année 2, avant un retour à 80 000 € en année 3. Comparons deux trajectoires.

Cas chiffré — consultant SI, célibataire

Scénario A — sans lissage : la double peine

Julien reste en BNC et sort tout en revenu. Année 2 (180 000 €) : la tranche haute est imposée à 41 % (la tranche à 45 % ne commence qu'à 181 917 €) : les 95 000 € environ qui dépassent 84 577 € sont taxés à 41 %, contre 30 % l'année précédente. Son revenu fiscal de référence (180 000 €) reste sous le seuil de la CEHR et de la CDHR (250 000 € pour un célibataire), sauf autres revenus importants. Année 3 (80 000 €) : alors que l'activité a chuté, l'URSSAF présente la régularisation des cotisations de l'année forte plus des provisionnelles recalculées à la hausse. La trésorerie se tend exactement au mauvais moment.

Cas chiffré — même consultant, autre stratégie

Scénario B — avec lissage : PER + société à l'IS

Année 2 : Julien sature son PER près du plafond de l'article 154 bis (gonflé par le bénéfice) — l'assiette imposable du pic est rabotée et, le versement étant déduit du bénéfice, son revenu fiscal de référence baisse d'autant. Il loge le surplus dans une société à l'IS (15 % puis 25 %) au lieu de le taxer à 41 % en personnel. Année 3 : il maintient une rémunération régulière, puisée dans la réserve de la société, et module ses cotisations. Pas d'effet de ciseau.

Comparatif des deux trajectoires sur l'année forte — chiffres indicatifs, à modéliser sur votre situation réelle.
Critère (année 180 000 €)Scénario A — sans lissageScénario B — avec lissage
Tranche marginale subie sur le pic41 %Pic raboté par le PER
Assiette imposable du picPleineRéduite (versement PER + mise en réserve)
Exposition CEHR / CDHRNulle sans autres revenus (RFR 180 000 € < 250 000 €)RFR abaissé par le PER (art. 154 bis)
Surplus de la bonne annéeTaxé à 41 % en personnelCapitalisé à l'IS (15 % / 25 %)
Année creuse (80 000 €)Double choc de cotisationsRémunération puisée en réserve, cotisations modulées

Ce que le lissage change pour Julien

D'un côté, un pic intégralement exposé à 41 %, puis une trésorerie étranglée l'année du creux. De l'autre, un revenu imposable et un revenu fiscal de référence abaissés grâce au PER, un surplus capitalisé à l'IS (15 % puis 25 %) au lieu d'être taxé à 41 %, et une rémunération maintenue l'année basse en puisant dans la réserve. Même chiffre d'affaires, même métier — mais une facture fiscale et sociale lissée au lieu d'être concentrée sur la mauvaise année. Les montants dépendent de chaque situation et doivent être modélisés ; la logique, elle, est constante.

Mémo express

À retenir : le lissage se décide avant le 31 décembre

Le PER de l'année forte, le passage à l'IS et la mise en réserve doivent être arbitrés avant la clôture de l'exercice. Une fois l'année passée et le bénéfice figé, l'essentiel des leviers est verrouillé. Le bon réflexe : estimer le résultat avec votre expert-comptable dès l'automne de l'année forte.

§ 9Surtaxes·2 min

Quand une bonne année déclenche la CEHR et la CDHR

Une année record ne pèse pas seulement sur le barème : elle peut faire surgir deux surtaxes réservées aux hauts revenus, qui frappent sur le seul exercice où le pic se produit, alors que la moyenne de vos trois dernières années serait restée bien en dessous.

La CEHR (article 223 sexies)

La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus s'ajoute à l'impôt : 3 % au-delà de 250 000 € de revenu fiscal de référence pour un célibataire (500 000 € pour un couple), 4 % au-delà de 500 000 € (1 000 000 € pour un couple).

La CDHR (article 224)

La contribution différentielle sur les hauts revenus, reconduite par la loi de finances pour 2026, instaure une imposition minimale de 20 % du revenu fiscal de référence pour les plus hauts revenus (RFR supérieur à 250 000 € pour un célibataire, 500 000 € pour un couple). Elle n'est due que si votre impôt, réductions déduites, tombe sous ce plancher : un freelance imposé au barème en reste loin, et les déductions d'assiette (PER déduit du bénéfice au titre de l'article 154 bis) baissent aussi le revenu de référence. La CDHR est commentée au BOFiP depuis le 30 juin 2026 (BOI-IR-CDHR-10, -20 et -30).

Le seuil se franchit sur UNE année — d'où le lissage en amont

Le PER est l'outil de pilotage du revenu fiscal de référence : la déduction du bénéfice professionnel (article 154 bis) baisse le revenu net imposable et donc le RFR (en SASU ou en micro, le versement est déduit du revenu global et reste réintégré dans le RFR, article 1417, IV, 1°, a du CGI), ce qui peut vous faire repasser sous le seuil de la CEHR et limiter l'impact de la CDHR. La société à l'IS aussi : seule la rémunération versée entre dans votre RFR personnel, pas le bénéfice mis en réserve. Pour approfondir, voyez comment piloter sa fiscalité de hauts revenus et le détail de la contribution différentielle CDHR.

§ 10Méthode·2 min

Feuille de route : par où commencer

Le lissage se joue l'année forte. L'année du creux, il est déjà trop tard. Voici l'ordre d'exécution, du plus prioritaire au plus accessoire.

  1. Estimer le bénéfice de l'année forte avant le 31 décembre, avec votre expert-comptable, pour connaître l'assiette à lisser.
  2. Saturer le PER (plafond de l'article 154 bis assis sur le bénéfice N pour le travailleur non salarié) : c'est le levier le plus rapide à activer.
  3. Arbitrer le passage ou le maintien en société à l'IS : rémunération lissée, surplus mis en réserve, arbitrage SASU / EURL.
  4. Moduler le revenu estimé URSSAF et l'acompte de prélèvement à la source en fonction de la trajectoire connue.
  5. Constituer ou renforcer l'épargne tampon (assurance-vie) pour soutenir le train de vie de l'année creuse.
  6. Vérifier l'exposition CEHR / CDHR et le revenu fiscal de référence après déductions.

Calendrier : raisonnez sur 18 à 24 mois

Le lissage se joue sur un cycle, pas sur une année civile : la bonne année prépare la régularisation de cotisations qui tombera l'année suivante, et la réserve constituée alimente la rémunération du creux. Pensez le pilotage sur l'ensemble de la séquence haute → basse, pas exercice par exercice.

§ 11Accompagnement·1 min

Pourquoi se faire accompagner

Quel montant en PER, combien laisser dans la société, combien garder en liquide, quel statut social, comment éviter le piège des dividendes en EURL : tout cela se chiffre sur vos revenus réels et votre trajectoire prévisible, pas sur une moyenne de blog. Sortir 50 000 € de dividendes en EURL en croyant être en SASU, et découvrir l'appel de cotisations un an plus tard : ça arrive, et ça se rattrape mal.

Hagnéré Patrimoine est un cabinet de conseil en gestion de patrimoine non détenu par une banque ni par un assureur, basé à Bassens (73000), enregistré à l'ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine), noté 4,6/5 sur Trustpilot (33 avis au 30/09/2026). Nous modélisons votre stratégie de lissage chiffrée et la calibrons avec votre expert-comptable, sans produit-maison. Nous restons factuels sur le couple rendement / risque des supports : aucun placement n'est sans risque, et le lissage fiscal ne doit jamais primer sur la cohérence patrimoniale d'ensemble.

Méthode documentée

Construire votre stratégie de lissage sur plusieurs années

Premier rendez-vous gratuit pour faire le point sur votre situation ; la modélisation chiffrée (PER de l'année forte, arbitrage SASU / EURL, modulation des acomptes, épargne tampon) se fait ensuite sous lettre de mission. Cabinet non détenu par une banque ni par un assureur.

Premier rendez-vous gratuitSans engagementNon détenu par une banque ni par un assureur
ACCOMPAGNEMENT

Lisser des revenus irréguliers avec un conseiller patrimonial

Conseil en gestion de patrimoine : anticipation du décalage de cotisations, dimensionnement du PER, arbitrage SASU / EURL, épargne tampon. Une vision globale, de la trésorerie de l'année creuse à la fiscalité de la bonne année. Le choix d'une forme de société ou d'un régime fiscal et la rédaction des actes reviennent à votre avocat, votre notaire ou votre expert-comptable.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

  • Premier rendez-vous gratuit
  • Cabinet non détenu par une banque ni par un assureur
  • Vision 360° structure + patrimoine
4,6/5sur Trustpilot (33 avis au 30/09/2026)

Lisser vos revenus de freelance avec un conseiller multi-partenaires

Pas de produit-maison. On chiffre votre stratégie de lissage sur plusieurs années : PER de l'année forte, opportunité d'une SASU ou d'une EURL à l'IS pour mettre les bonnes années en réserve, modulation des acomptes, épargne tampon pour les années creuses. On calibre tout sur vos revenus réels, avec votre expert-comptable.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée. Les prestations décrites ci-dessus relèvent d'une mission sur lettre de mission signée.

Premier rendez-vous gratuitCabinet CIF · COA · COBSPSans engagement

Sources et références légales

  • Régime social et caisse du freelance

    Art. L. 640-1 CSS, modifié par la loi n° 2017-1836 du 30/12/2017 (LFSS 2018), art. 15 (décret d'application n° 2018-1120 du 10/12/2018) : depuis le 1ᵉʳ janvier 2019, les professions libérales non réglementées (conseil, informatique) relèvent du régime général des travailleurs indépendants (SSI), et non plus de la CIPAV. Art. L. 311-3 CSS (président de SASU assimilé salarié, régime général). En EURL, micro ou entreprise individuelle, le gérant ou l'exploitant est travailleur non salarié. URSSAF : cotisations provisionnelles assises sur l'avant-dernière année, régularisation l'année suivante, modulation du revenu estimé en cours d'année.

  • Le PER et les deux plafonds de déduction

    Art. 154 bis CGI (plafond TNS : 10 % du bénéfice dans la limite de 8 PASS, majorés de 15 % de la fraction entre 1 et 8 PASS ; plancher 4 806 € ; maximum 88 911 € en 2026 ; assis sur le bénéfice de l'année N ; non reportable, non mutualisable). Art. 163 quatervicies CGI (plafond du dirigeant assimilé salarié : 10 % des revenus pro N-1 plafonnés à 8 PASS, maximum 37 680 €, plancher 4 710 €, report porté de 3 à 5 ans par la LF 2026, mutualisation des conjoints). Arrêté du 22/12/2025 (PASS 2026 = 48 060 €, 8 PASS = 384 480 €). PS à la sortie 18,6 % (LFSS 2026).

  • La société à l'IS et le piège des dividendes

    Art. 219, I-b CGI (IS 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice sous conditions PME, 25 % au-delà : base de la mise en réserve). Art. 62 CGI et BOI-RSA-GER-10-30 (rémunération du gérant d'EURL à l'IS). Art. 239 CGI (option IS réversible jusqu'au cinquième exercice, puis irrévocable). Art. L. 131-6 CSS (réintégration des dividendes excédant 10 % du capital, des primes et du solde moyen du compte courant dans l'assiette des cotisations TNS, EURL et SEL). Cass. 2e civ. 19/10/2023 n° 21-20.366 (illustration de la logique de réintégration, arrêt rendu sur une SEL de profession réglementée : non transposé tel quel à l'EURL de consultant).

  • Quotient, prélèvements sociaux 2026 et surtaxes

    Art. 163-0 A CGI et doctrine BOI-IR-LIQ-20-30-20 (système du quotient : revenu exceptionnel par nature requis, un pic d'honoraires d'activité courante n'est pas exceptionnel ; pas d'étalement du BNC). Loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 (LFSS 2026) : CSG capital portée à 10,6 %, PS 18,6 % sur dividendes, intérêts, plus-values mobilières et gains de PER (PFU 31,4 %), 17,2 % maintenu sur l'assurance-vie. Art. 223 sexies CGI (CEHR : 3 % au-delà de 250 000 / 500 000 € de RFR, 4 % au-delà de 500 000 / 1 000 000 €). Art. 224 CGI (CDHR : imposition minimale 20 % du RFR), reconduite par la LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026) ; périmètre fin du calcul à confirmer au texte.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Le dimensionnement de vos versements PER, le choix entre SASU et EURL et l'opportunité d'un passage à l'IS doivent faire l'objet d'une étude individualisée, validée avec votre expert-comptable. Les chiffres et taux cités sont à jour au 17 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF/LFSS annuelles, doctrine BOFiP, jurisprudence). Le périmètre fin du calcul de la CDHR est signalé au conditionnel lorsque le texte ne tranche pas encore clairement. Tout investissement comporte un risque de perte en capital.

Foire aux questions

Tout sur le lissage des revenus irréguliers du freelance décalage, PER, SASU/EURL, quotient, trésorerie.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous quand les revenus d'un freelance ou d'un consultant varient fortement d'une année à l'autre : pourquoi le double choc N+1, combien provisionner, comment le PER et la société à l'IS lissent l'impôt, et pourquoi le quotient ne sauve pas un pic d'honoraires. Réponses sourcées et à jour 2026.