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Guide consultant & freelance 202615 minMis à jour 17 juin 2026Cas chiffré 120 k€

Consultant en SASU : salaire ou dividendes, la répartition qui optimise tout

On vous a dit « en SASU, sortez tout en dividendes, ils ne sont pas cotisés ». C'est vrai — un président de SASU est assimilé salarié, ses dividendes échappent aux cotisations et ne supportent que le PFU à 31,4 %. Mais un dividende ne valide aucun trimestre, n'ouvre aucun droit et n'alimente aucun PER. La vraie question n'est pas « salaire OU dividendes » : c'est un réglage à trois curseurs — un salaire-pivot (dès 7 212 € pour 4 trimestres), des dividendes calibrés, et le bénéfice laissé à l'IS (15/25 %) plutôt que sorti à 45 %. On vous donne la méthode et un cas chiffré complet à 120 000 € de bénéfice. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine (ORIAS 23002291).

ARBITRAGE SALAIRE / DIVIDENDES SASU 2026

Calculer votre mix optimal salaire / dividendes en SASU

Audit chiffré : modélisation à l'euro de la séquence salaire-pivot, capitalisation à l'IS et dividendes calibrés, selon votre besoin de revenu, vos trimestres déjà acquis et votre TMI. Plafond PER, impact retraite et destination du cash intégrés.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

  • Capitalisation à l'IS arbitrée
  • Sans produit-maison

Sur lettre de mission signée

  • Mix salaire/dividendes chiffré
  • Salaire-pivot et plafond PER calculés

PFU DIVIDENDES

31,4 %

DIVIDENDES SASU COTISÉS

0 %

SALAIRE-PIVOT 4 TRIM.

7 212 €

PLAFOND PER

~37 680 €

IS PME

15 / 25 %

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1TROIS CURSEURS·3 MIN

L'essentiel : trois curseurs, pas deux

L'essentiel en 30 secondes

  • La question n'est pas « salaire OU dividendes » mais combien de chaque, et dans quel ordre : trois curseurs, pas deux.
  • Curseur 1 — le salaire-pivot : cher (~70-80 % du net) mais il valide vos trimestres, ouvre vos droits et débloque le plafond PER.
  • Curseur 2 — les dividendes : en SASU, jamais cotisés (président assimilé salarié), seulement le PFU 31,4 % — l'avantage face à l'EURL.
  • Curseur 3 — la capitalisation à l'IS (15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %) : laisser le bénéfice non nécessaire plutôt que le sortir à 45 %.
  • Un « 100 % dividendes » ne valide aucun trimestre et n'ouvre aucun PER : un piège de long terme, pas une optimisation.

Vous facturez de belles missions, votre SASU dégage un confortable bénéfice, et chaque fin d'année revient la même phrase, soufflée par un confrère ou lue sur un forum : « sors tout en dividendes, ça ne coûte que le PFU, pas de charges ». L'intuition n'est pas absurde — le président de SASU est assimilé salarié, et ses dividendes, contrairement à ceux d'une EURL, échappent réellement aux cotisations. Mais derrière ce raccourci se cache un angle mort qui coûte cher sur la durée : un dividende ne compte pas pour la retraite, n'ouvre ni prévoyance ni droits CNAV ou AGIRC-ARRCO, et reste invisible pour votre plafond de PER. La bonne question n'est donc pas binaire. Ce n'est pas « salaire ou dividendes », mais : combien de salaire, combien de dividendes, et combien je laisse capitaliser dans la société ?

Ce guide suppose que vous êtes déjà en SASU. Si vous hésitez encore entre les statuts, c'est une autre étape : le choix SASU vs EURL en amont — coût des charges, traitement des dividendes, le fameux piège des 10 % de l'EURL — est traité dans Consultant : SASU ou EURL, quel statut pour optimiser ?. Et pour l'écosystème complet du consultant (micro, réel, TVA, immobilier, holding), voyez le guide pilier optimisation fiscale du consultant indépendant. Ici, on zoome sur une seule décision : la répartition qui, une fois en SASU, optimise tout.

Les trois curseurs de l'arbitrage en SASU. Aucun ne se suffit à lui-même : c'est leur dosage, dans cet ordre, qui fait le résultat. Le PASS 2026 est de 48 060 €.
CurseurCe qu'il coûteCe qu'il apporteRepère 2026
1 · Salaire-pivotCotisations ~70-80 % du netTrimestres, retraite, prévoyance, plafond PER7 212 € = 4 trimestres
2 · DividendesPFU 31,4 % (aucune cotisation)Du cash net, vite, mais zéro droit12,8 % IR + 18,6 % PS
3 · Capitalisation à l'ISIS 15 % puis 25 %Report d'impôt, effet de levier société15 % ≤ 42 500 €, puis 25 %

Le cadre : président de SASU = assimilé salarié, régime général

Le président de SASU relève du régime général de la Sécurité sociale (article L. 311-3 du Code de la sécurité sociale) : retraite de base CNAV et complémentaire AGIRC-ARRCO, assurance maladie, prévoyance — mais pas d'assurance chômage. Comme il n'est pas travailleur non salarié, la fameuse « règle des 10 % » de l'article L. 131-6 CSS, qui rattrape les dividendes d'un gérant d'EURL, ne le concerne pas. Et puisqu'il s'agit d'une activité non réglementée (conseil, IT…), aucune caisse de profession libérale réglementée n'entre en jeu : jamais la CIPAV, jamais la CARMF. C'est tout l'inverse du libéral réglementé, dont nous traitons l'arbitrage en SEL dans le guide SEL : salaire ou dividendes.
§ 2LE SALAIRE DE PRÉSIDENT·2 MIN

Le salaire de président : cher en charges, mais il achète des droits

Le curseur le plus mal aimé, d'abord : le salaire. Le salaire du président de SASU a une réputation : il est cher. Et c'est vrai. Mais réduire le salaire à son seul coût, c'est ignorer tout ce qu'il achète — et que le dividende, lui, n'achètera jamais. Deux choses jouent en réalité : le moment où l'impôt tombe, et ce que chaque euro vous construit dans le temps.

Le salaire — charge déductible (avant IS)

Il réduit le bénéfice taxable à l'IS (art. 211 CGI), à deux conditions : travail effectif et montant non excessif (art. 39, 1-1° CGI). Il ouvre la retraite (CNAV + AGIRC-ARRCO), la prévoyance, et surtout le plafond PER. En contrepartie, il supporte les cotisations du régime général (~70-80 % du net) puis l'IR au barème (TMI souvent 41-45 %). Pas de chômage.

Le dividende — prélevé après IS

Il sort du résultat APRÈS l'IS (15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %), donc déjà amputé. Il ne réduit pas la base IS et n'ouvre aucun droit social ni aucun plafond PER. À la distribution : PFU 31,4 %, sans aucune cotisation (le président de SASU n'est pas TNS). Du cash net, vite — mais « nu » de tout droit.

1 € de salaire vs 1 € de dividende, en SASU

Un euro de salaire économise l'IS (il est déductible) mais déclenche aussitôt les cotisations du régime général et l'IR. Un euro de dividende a déjà supporté l'IS dans la société, mais évite toute cotisation et ne paie que le PFU. Si l'on s'arrête au net immédiat, le dividende l'emporte neuf fois sur dix en SASU — c'est précisément ce qui rend le mythe du « 100 % dividendes » si séduisant. Sauf que le salaire, lui, « achète » des droits (retraite, prévoyance, plafond PER) que le dividende ne donnera jamais. L'arbitrage gagnant n'est donc pas « le moins cher à l'instant T », mais « le meilleur rapport entre net immédiat et droits construits ».

Mémo express

Ce que seul le salaire construit (jamais le dividende)

  • Des trimestres et des points de retraite (CNAV + AGIRC-ARRCO) : un dividende, c'est 0 trimestre, 0 point.
  • Une prévoyance et des indemnités journalières : le dividende n'ouvre aucune couverture en cas d'arrêt.
  • Un plafond de PER déductible (art. 163 quatervicies CGI) : c'est la rémunération qui en est l'assiette, jamais le dividende.
§ 3DIVIDENDES NON COTISÉS·3 MIN

Les dividendes : non cotisés, le vrai avantage de la SASU

Le vrai écart SASU-EURL se joue ici — et c'est le seul point où le raccourci des forums dit vrai. En SASU, les dividendes du président ne supportent aucune cotisation sociale. Zéro. Pas « presque rien » : zéro. La raison est structurelle : le président est assimilé salarié, pas travailleur non salarié, donc la règle qui rattrape les dividendes des TNS ne s'applique tout simplement pas à lui.

Dividendes en SASU vs EURL : le point de bascule

SASU — president assimile salarie :

  Dividendes
     →  PFU 31,4 %  (12,8 IR + 18,6 PS)
     →  AUCUNE cotisation sociale, quel que soit le montant

EURL a l'IS — gerant associe unique TNS :

  • Fraction <= 10 % du capital (+ primes + CCA moyen)
        →  PFU 31,4 %
  • Fraction > 10 %
        →  cotisations TNS (~40-45 %), EN PLUS de l'impot
           (art. L. 131-6 CSS)

C'est ce qui fait vraiment basculer le choix de statut : capital d'EURL à 1 000 € → seuil de 100 €, donc presque tous les dividendes cotisés ; en SASU, l'intégralité reste au seul PFU. CCA = compte courant d'associé.

L'avantage SASU, chiffré sur un exemple

Un président de SASU qui distribue 50 000 € de dividendes paie un PFU de 31,4 %, soit 15 700 €, et conserve 34 300 € nets — sans la moindre cotisation. Un gérant d'EURL au capital de 1 000 € qui sortirait les mêmes 50 000 € verrait 49 900 € (tout au-delà du seuil de 100 €) requalifiés en revenu d'activité et cotisés à ~40-45 %, en plus de l'impôt. Le différentiel se compte en milliers d'euros. C'est la raison n° 1 pour laquelle beaucoup de consultants choisissent la SASU dès qu'ils prévoient de distribuer. Le comparatif complet est dans SASU ou EURL : quel statut pour optimiser, et la mécanique fraction par fraction des 10 % dans Dividendes et cotisations sociales : la règle des 10 %.
Le PFU des dividendes 2026 est de 31,4 %, pas 30 % : la CSG du capital est passée à 10,6 % au 01/01/2026 (LFSS 2026). Un dividende n'est jamais à 17,2 % — ce taux vise l'assurance-vie, la capitalisation et le foncier nu.
Composante du PFUTauxBase
IR (PFU)12,8 %Art. 200 A CGI
Prélèvements sociaux18,6 %CSG 10,6 + CRDS 0,5 + solidarité 7,5 (art. L. 136-8 CSS, LFSS 2026)
Total PFU dividendes31,4 %—

Option barème : rarement gagnante à 41-45 % de TMI

Vous pouvez renoncer au PFU et opter pour le barème (option globale du foyer). Vous gagnez l'abattement de 40 % sur le dividende (art. 158, 3-2° CGI, réservé au barème) et la CSG déductible de 6,8 points l'année suivante (art. 154 quinquies CGI). Mais le dividende s'ajoute alors à vos autres revenus et grimpe dans votre tranche : à 41-45 % de TMI, l'option barème est perdante neuf fois sur dix. Note pratique : un acompte d'IR de 12,8 % est prélevé à la source à la distribution, sauf dispense si votre RFR N-2 est inférieur à 50 000 € (célibataire) ou 75 000 € (couple), à demander avant le 30 novembre (art. 117 quater CGI).
§ 4LE SALAIRE-PIVOT·2 MIN

Le salaire-pivot : combien pour valider 4 trimestres et débloquer le PER

Si le salaire est cher et les dividendes non cotisés, pourquoi se verser un salaire du tout ? Parce qu'il existe un seuil charnière en dessous duquel ne pas se payer revient à saboter sa future retraite, et au-dessus duquel chaque euro de salaire « débloque » des leviers que le dividende ne touche jamais. C'est ce que nous appelons le salaire-pivot.

On ne valide jamais plus de 4 trimestres par an, quel que soit le salaire. Ces seuils sont figés sur le SMIC du 1er janvier 2026 : la revalorisation en cours d'année ne les modifie pas (circ. CNAV 2025-33).
ObjectifSalaire brut annuel 2026Ce que cela débloque
1 trimestre1 803 € (= 150 × SMIC horaire 12,02 €)1 trimestre validé
4 trimestres (le plancher utile)7 212 € (= 600 × 12,02 €)Année pleine validée + couverture maladie
Saturer le plafond PERAu niveau utile à votre projet PERJusqu'à ~37 680 € déductibles (art. 163 quatervicies)

Le PER : l'argument que tout le monde oublie

C'est le levier que la plupart des comptables oublient de mentionner : le plafond de votre PER déductible se calcule sur votre salaire, jamais sur vos dividendes (art. 163 quatervicies CGI). En pratique, le président de SASU déduit jusqu'à 10 % de ses revenus professionnels N-1, plafonnés à 8 PASS, soit environ 37 680 € en 2026 (plancher 4 710 €). Un euro de salaire à 45 % de TMI, logé dans un PER de freelance, c'est ~45 % d'impôt évité et du patrimoine retraite qui se constitue. Le « 100 % dividendes », à l'inverse, ferme cette porte. Pour le mécanisme du PER profession par profession, voyez aussi PER : le levier n° 1 à 41-45 % de TMI.

Le profil « déjà couvert » rebat les cartes

Le salaire-pivot n'a pas la même valeur pour tout le monde. Beaucoup de consultants ont déjà validé une grande partie de leurs trimestres lors d'un salariat antérieur, ou bénéficient d'un conjoint salarié qui les couvre côté maladie. Dans ce cas, l'argument « droits » du salaire perd de sa force, et l'on peut basculer davantage vers les dividendes et la capitalisation — tout en gardant un salaire-pivot minimal pour conserver une couverture et un plafond PER. À l'inverse, un jeune consultant sans trimestres acquis a tout intérêt à se verser un vrai salaire. C'est exactement ce qui fait qu'il n'y a pas de mix universel : la bonne répartition est personnelle.
§ 5LA 3e VOIE·2 MIN

La 3e voie : laisser le bénéfice à l'IS plutôt que tout sortir

Tous les comparatifs du web opposent salaire et dividendes. Il leur manque le troisième terme, celui qui change souvent la décision pour un consultant à hauts revenus : ne pas tout sortir. Le bénéfice que vous n'avez pas besoin de toucher pour vivre n'est pas obligé de quitter la société. Laissé dedans, il n'est imposé qu'à l'IS — et l'IS à 15 % reste très en deçà de votre tranche marginale à 45 %.

Sortir maintenant vs capitaliser à l'IS

Sortir en salaire (TMI 45 %) :
     1 € de benefice  →  cotisations + IR  →  poche tres amputee

Sortir en dividende (PFU 31,4 %) :
     1 € apres IS  →  -31,4 %  →  net en poche

Laisser a l'IS (15 % jusqu'a 42 500 €, puis 25 %) :
     1 € de benefice  →  -15 ou -25 %  →  reste dans la societe,
     fiscalite perso DIFFEREE jusqu'a la sortie

L'IS à 15 %, c'est trois fois moins que votre TMI à 45 %. Tant que vous n'avez pas besoin du cash personnellement, le laisser capitaliser dans la SASU diffère l'impôt et libère une capacité d'investissement à l'échelle de la société.

Capitaliser, ce n'est pas immobiliser : c'est investir au niveau société

Le bénéfice laissé à l'IS ne dort pas sur un compte courant. Il peut financer la trésorerie placée de la société (compte à terme, SCPI, contrat de capitalisation de personne morale) et travailler pendant que votre fiscalité personnelle reste en pause. C'est un vrai levier patrimonial, distinct de l'arbitrage salaire/dividendes mais qui en découle directement. Faut-il sortir ou garder le cash ? Nous y répondons dans la trésorerie qui dort dans votre SASU, et le comparatif des supports (SCPI, CTO, compte à terme) est détaillé dans placer la trésorerie de sa SASU. Si votre activité grandit, une holding de droit commun (SAS) au-dessus de la SASU peut faire remonter les dividendes presque sans frottement (régime mère-fille). Notez bien : pour un consultant non réglementé, il s'agit d'une holding de droit commun, jamais d'une SPFPL (réservée aux professions réglementées).
§ 6CAS CHIFFRÉ 120 K€·4 MIN

Cas chiffré : consultant, bénéfice 120 000 €, trois scénarios

Assez de théorie, prenons un cas. Adrien est consultant en transformation SI en SASU, avec un bénéfice de 120 000 € avant sa rémunération et une tranche marginale de 45 %. Il a trois options. Un avertissement avant de lire : ce sont des ordres de grandeur pédagogiques, volontairement arrondis pour rendre la mécanique lisible. Le coût social du président (~70-80 % du net) est une fourchette indicative.

Scénario 1 · Adrien · 100 % salaire

Le tout-salaire — droits complets, coût social maximal

Adrien décide de tout se verser en salaire de président. La rémunération et les charges patronales absorbent la quasi-totalité du résultat : le salaire étant déductible, il ne reste pratiquement aucun bénéfice taxable à l'IS.

Le bilan : le coût social est à son maximum (~70-80 % du net), puis le salaire net subit encore l'IR au barème (TMI 45 %). Ce qui arrive réellement dans sa poche est lourdement amputé. En contrepartie, Adrien valide une année pleine de trimestres, cumule des points CNAV et AGIRC-ARRCO, est couvert en prévoyance, et — surtout — ouvre un plafond PER d'environ 37 680 € qu'il peut déduire à 45 %.

La leçon : le tout-salaire est le chemin le plus cher socialement, mais le seul qui construit une vraie retraite et un vrai PER. Pertinent pour un jeune consultant sans trimestres acquis ; rarement optimal pour un haut revenu déjà couvert.

Scénario 2 · Adrien · le mix salaire-pivot + dividendes

Le mix — un salaire utile, le reste en dividendes au PFU

Adrien applique la méthode des trois curseurs. Il se verse un salaire calibré : assez pour valider ses 4 trimestres, ouvrir sa couverture et saturer son plafond PER (~37 680 € déductibles à 45 %). Le solde du bénéfice passe par l'IS (15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %), puis ressort en dividendes au PFU de 31,4 % — sans aucune cotisation, puisqu'il est président de SASU.

Le bilan : la sortie globale est nettement moins chargée que le tout-salaire, car la masse du cash ressort au PFU plutôt qu'en salaire surcotisé. Adrien conserve l'essentiel de ses droits (trimestres validés, PER saturé), tout en récupérant un net confortable. C'est, pour la majorité des consultants à hauts revenus, le point d'équilibre.

La nuance : les dividendes versés au-delà du salaire n'ouvrent aucun droit supplémentaire. Le mix optimise le rapport net/droits — il ne supprime pas l'arbitrage entre cash immédiat et retraite future.

Scénario 3 · Adrien · la capitalisation à l'IS

La capitalisation — ne sortir que le nécessaire

Adrien n'a pas besoin de 120 000 € pour vivre. Il se verse un salaire-pivot (trimestres + PER), prélève juste le dividende nécessaire à son train de vie, et laisse le reste capitaliser dans la SASU à l'IS (15/25 %).

Le bilan : sa fiscalité personnelle ne se déclenche que sur ce qu'il sort réellement. Le bénéfice conservé, imposé à 15 % plutôt qu'à 45 %, devient une capacité d'investissement au niveau de la société (trésorerie placée, SCPI, capitalisation PM). L'impôt personnel est différé, et l'effet de levier joue dans la durée.

La leçon : pour un haut revenu déjà couvert, ne pas tout sortir est souvent le meilleur choix. C'est la voie que les comparatifs « salaire vs dividendes » oublient systématiquement.

Note de méthode : ces chiffres sont illustratifs

Les montants ci-dessus sont des ordres de grandeur pédagogiques, simplifiés (taux de cotisations, tranches, arrondis) pour mettre la mécanique en évidence. Ils ne valent pas une simulation personnalisée : le résultat réel dépend de votre niveau de rémunération de sortie, de vos trimestres déjà acquis, de votre TMI, de vos déductions (PER), de votre besoin de revenu et de votre horizon. Une projection chiffrée ne préjuge pas du résultat futur, qui varie selon votre situation et l'évolution de la fiscalité (LF/LFSS annuelles). À modéliser au cas par cas avant toute décision.
Hagnéré Patrimoine

Quel est VOTRE mix optimal, à l'euro près ?

Un conseiller du cabinet modélise votre cas — besoin de revenu, trimestres acquis, TMI, capacité à capitaliser — et calcule la séquence salaire-pivot / dividendes / capitalisation à l'IS, plafond PER et impact retraite inclus.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 7ET APRÈS ?·2 MIN

Et après ? Ce que votre cash doit devenir

Régler la répartition salaire/dividendes/capitalisation, ce n'est pas un point final, c'est un point de départ. Un dividende encaissé ou une trésorerie laissée à l'IS n'ont d'intérêt que s'ils servent un projet. C'est le moment où l'on passe du calcul fiscal à la stratégie de patrimoine.

Deux poches, deux destinations

Où va l'argent une fois l'arbitrage posé

  • Le cash sorti à titre personnel (dividendes, salaire net) : il alimente une assurance-vie, un PER ou des SCPI selon votre horizon et votre fiscalité.
  • La trésorerie gardée dans la société (bénéfice capitalisé à l'IS) : elle se place au niveau de la SASU — SCPI, compte-titres ou compte à terme.

Le PER, pont entre l'arbitrage et le lissage des années en dents de scie

Le consultant a un profil particulier : ses revenus sont souvent irréguliers, en dents de scie selon les missions. Le salaire-pivot et le PER sont précisément les outils qui permettent de lisser. Une année record ? On monte la rémunération pour saturer le plafond PER et écraser la pointe d'impôt. Une année creuse ? On bascule sur les dividendes ou la capitalisation. C'est tout le sujet de nos guides PER freelance : transformer une année record en économie d'impôt et freelance aux revenus irréguliers : lisser impôt et cotisations. La SASU est d'ailleurs un excellent outil de lissage en soi, puisqu'elle déconnecte votre rémunération du résultat de l'année.

L'arbitrage s'inscrit dans une séquence

Caler son mix salaire/dividendes ouvre la marche ; tout le reste vient ensuite. Une fois la répartition posée, on enchaîne sur la trésorerie de la SASU, le placement du gain à titre personnel et le pilotage fiscal global. Pour l'itinéraire complet dans le bon ordre, voyez le guide pilier optimisation fiscale du consultant indépendant : le guide 2026.
§ 8LE GARDE-FOU·2 MIN

Le garde-fou de long terme : « 100 % dividendes » = aucune retraite

Le plus important pour la fin, et aucun simulateur ne vous le dira : oui, en SASU, vous pouvez ne vous verser aucun salaire et tout sortir en dividendes au PFU 31,4 %, sans cotisations. Juridiquement, c'est permis. Patrimonialement, c'est souvent une erreur.

Le prix caché du « tout dividendes »

Un président de SASU à 100 % dividendes ne valide aucun trimestre de retraite, ne cumule aucun point CNAV ou AGIRC-ARRCO, n'a aucune prévoyance ni indemnités journalières en cas d'arrêt, et n'ouvre aucun plafond de PER. Il échange une économie de cotisations immédiate contre une pension et une couverture futures quasi nulles. Sur dix ou vingt ans, le manque à gagner retraite dépasse très souvent l'économie sociale réalisée. Ce n'est pas une optimisation : vous prenez à votre futur vous pour payer votre vous d'aujourd'hui.

La bonne posture n'est ni le tout-salaire (cher pour rien si vous êtes déjà couvert), ni le tout-dividende (un mirage de court terme). C'est un réglage conscient des trois curseurs, qui tient compte de votre âge, de vos trimestres déjà acquis, de votre besoin de revenu et de votre capacité à capitaliser. Un salaire-pivot pour les droits, des dividendes pour le cash, de la capitalisation pour différer : la séquence se calcule, elle ne se devine pas.

Mémo express

La répartition en une phrase

  • Un salaire-pivot : valider 4 trimestres (7 212 €), ouvrir la couverture et saturer le plafond PER.
  • Des dividendes calibrés au PFU 31,4 % (jamais cotisés en SASU) pour le revenu de vie complémentaire.
  • Le bénéfice non nécessaire capitalisé à l'IS (15/25 %) plutôt que sorti à 45 %.
  • Et toujours la question finale : que devient le cash — PER, assurance-vie, trésorerie de société placée.
Méthode documentée

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Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée. Les prestations décrites ci-dessus relèvent d'une mission sur lettre de mission signée.

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Sources et références légales

  • Statut social du président de SASU et de l'EURL

    Art. L. 311-3 CSS (le président de SASU est assimilé salarié et relève du régime général : retraite de base CNAV + complémentaire AGIRC-ARRCO, maladie, prévoyance, sans assurance chômage). Art. L. 227-1 et s. du Code de commerce (SASU, IS de plein droit). Art. L. 223-1 et s. du Code de commerce (EURL, gérant associé unique = TNS au régime des indépendants). Art. L. 131-6 CSS (règle des 10 % sur les dividendes : vise le gérant d'EURL à l'IS, PAS le président de SASU). Circulaire CNAV 2025-33 (validation des trimestres 2026 : 1 803 € pour 1 trimestre, 7 212 € pour 4 trimestres). Le consultant non réglementé relève du régime général, jamais de la CIPAV (professions libérales non réglementées sorties de la CIPAV depuis le 01/01/2019).

  • CGI / CSS — fiscalité du salaire et du dividende

    Art. 80 ter CGI (rémunération du dirigeant assimilé salarié). Art. 211 et 39, 1-1° CGI (déductibilité de la rémunération du résultat IS, sous condition de travail effectif et de montant non excessif). Art. 200 A CGI (PFU 31,4 % en 2026 : 12,8 % d'IR + 18,6 % de PS). Art. 158, 3-2° CGI (option barème, abattement de 40 % réservé au barème). Art. 117 quater CGI (acompte de 12,8 % prélevé à la source, dispense si RFR N-2 < 50 000 € / 75 000 €). Art. 154 quinquies CGI (CSG déductible de 6,8 points en cas d'option barème). Art. L. 136-8 CSS (CSG du capital portée à 10,6 % au 01/01/2026). Art. 219 I-b CGI (IS 15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %). Art. 197 CGI (barème IR).

  • PER, TVA et hauts revenus

    Art. 163 quatervicies CGI (plafond PER du président de SASU assimilé salarié, ≈ 37 680 € en 2026, base 8 PASS 2025 ; plancher 4 710 € ; report des plafonds non utilisés porté à 5 ans par la LF 2026). Art. 256 et 278 CGI (TVA au taux normal de 20 % sur les prestations de conseil et informatiques ; franchise en base art. 293 B en début/petite activité). Art. 223 sexies CGI (CEHR 3/4 % au-delà de 250 000 / 500 000 €). Art. 224 CGI (CDHR, imposition minimale ~20 % du RFR, prorogée par la LF 2026). PASS 2026 = 48 060 € (arrêté du 22/12/2025).

  • Lois de finances 2026

    LFSS 2026 (loi 2025-1403 du 30/12/2025 : dualité des prélèvements sociaux, PS dividendes portés à 18,6 %, CSG du capital à 10,6 %). LF 2026 (loi 2026-103 du 19/02/2026 : barème IR, IS taux réduit 42 500 € maintenu, CDHR prorogée, seuil micro-BNC porté à 83 600 €, report des plafonds PER porté à 5 ans).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. La décision de privilégier le salaire, les dividendes ou la capitalisation à l'IS en SASU doit faire l'objet d'une étude individualisée préalable (besoin de revenu, trimestres déjà acquis, plafond PER, TMI, capacité à capitaliser). Les chiffres et taux cités sont à jour au 17 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF/LFSS annuelles, doctrine BOFiP, barèmes URSSAF/CNAV). Les taux de cotisations du président de SASU sont donnés en ordre de grandeur, non au centième, et sont à confirmer selon votre situation. Une projection chiffrée ne préjuge pas du résultat futur.

Foire aux questions

Tout sur l'arbitrage salaire ou dividendes en SASU dividendes non cotisés, salaire-pivot, PER, capitalisation et cas chiffré.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous : faut-il un salaire ou des dividendes, les dividendes de SASU sont-ils cotisés, quel salaire pour valider 4 trimestres, comment sont imposés les dividendes en 2026, peut-on tout sortir en dividendes, le PER dépend-il du salaire, et le mix optimal à 120 000 €. Réponses sourcées et à jour 2026.