Pourquoi vous payez (trop) d'impôt et de cotisations
Consultant en management, en stratégie ou en systèmes d'information, freelance IT (développement, data, cybersécurité) : votre activité a une caractéristique fiscale décisive. Elle est non réglementée. Aucun Ordre, aucun monopole, aucune inscription ordinale, et vous n'êtes pas officier ministériel. Conséquence concrète : là où un médecin ou un avocat est enfermé dans le statut de sa profession, vous choisissez votre structure — et c'est précisément ce choix qui fait votre fiscalité.
L'essentiel en 30 secondes
Vous relevez le plus souvent du BNC. La prestation intellectuelle (conseil, développement, expertise) est une activité libérale imposée dans la catégorie des bénéfices non commerciaux (article 92 du CGI). Le BIC ne vous concerne que si votre activité devient commerciale au sens fiscal : achat-revente, ou édition d'un logiciel vendu en série sous licence standardisée. Pour l'immense majorité des consultants et freelances de conseil, c'est donc du BNC.
Le problème commence à votre niveau de revenus. Vous visez une tranche marginale d'imposition de 41 % voire 45 % (barème IR 2026 : 0 / 11 / 30 / 41 / 45 %). Avec les cotisations sociales par-dessus, sur le dernier euro facturé vous en gardez souvent moins d'un sur deux. Et c'est rattrapable : à votre niveau, le premier levier n'est pas une astuce, c'est le cadre juridique que vous choisissez. La même activité, le même chiffre d'affaires, n'est pas imposée pareil en micro, au réel, en EURL ou en SASU.
Le garde-fou n° 1 : jamais la CIPAV pour un consultant non réglementé
L'escalier du consultant : 4 paliers, 4 décisions
Le bon statut n'est pas un choix définitif : il se déplace avec votre activité. On monte d'une marche quand le bénéfice grimpe, quand les charges s'alourdissent ou quand on a besoin d'une meilleure couverture. Voici les quatre, dans l'ordre où on les rencontre.
| Palier | Structure | Régime fiscal | Régime social | Quand l'envisager |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Micro-entreprise (micro-BNC) | Abattement forfaitaire 34 % | TNS (régime micro) | Démarrage, petite activité, charges faibles |
| 2 | EI au réel (déclaration 2035) | Bénéfice réel, charges déduites | TNS / SSI | Les charges dépassent 34 % des recettes |
| 3 | EURL | IR par défaut / option IS | Gérant TNS | Passage en société, capitalisation |
| 4 | SASU | IS de plein droit | Président assimilé salarié | Pilotage rémunération/dividendes, protection sociale |
Ce guide déroule chaque marche. Pour le comparatif frontal et chiffré entre les deux structures société (à partir de quel bénéfice l'EURL ou la SASU l'emporte, en net en poche), nous renvoyons à notre guide dédié Consultant : SASU ou EURL, quel statut pour optimiser ?. Ici, on trace la trajectoire complète et les leviers qui s'y greffent.
Deux variables pilotent tout
Palier 1 — La micro-entreprise : simple, mais plafonnée
La micro-entreprise (régime micro-BNC) est le point de départ naturel. Son seul vrai atout : on n'a quasiment rien à gérer. Vous déclarez vos recettes, l'administration applique un abattement forfaitaire et vous impose sur le reste, sans comptabilité de charges.
En 2026, le seuil de recettes du micro-BNC est de 83 600 € HT (et non plus 77 700 €, ancien palier 2023-2025). L'abattement forfaitaire est de 34 % (minimum 305 €) : vous êtes imposé sur 66 % de ce que vous encaissez (article 102 ter du CGI). Cet abattement est censé représenter vos charges. Vos cotisations sociales TNS sont calculées en pourcentage du chiffre d'affaires, et vous pouvez bénéficier de la franchise en base de TVA au démarrage (voir plus bas).
La micro en une règle
Mais trois plafonds finissent par coincer. Le plafond de recettes de 83 600 € borne mécaniquement l'activité. L'abattement forfaitaire de 34 % devient vite inadapté : un freelance IT qui investit en matériel, en sous-traitance ou en formation dépasse souvent ce niveau de charges, et se retrouve alors imposé sur un bénéfice supérieur à son bénéfice réel. La micro ne permet en outre aucun pilotage de la rémunération ni des dividendes — tout le résultat tombe dans votre revenu personnel l'année même. Enfin, la protection sociale et la retraite qu'elle ouvre restent faibles. Pour un consultant qui facture bien, la micro est une rampe de lancement — on la quitte vite, et c'est normal.
Palier 2 — Passer au réel (déclaration 2035) quand les charges montent
Le réel — la déclaration contrôlée n° 2035 — est la première vraie bascule. Vous quittez l'abattement forfaitaire pour déduire vos charges réelles : loyer, matériel, déplacements, formation, honoraires comptables, sous-traitance, et les amortissements de vos équipements. Vous pouvez aussi récupérer la TVA déductible sur vos achats et investissements.
Le signal qui dit qu'il faut basculer : des charges réelles durablement au-dessus de 34 % de vos recettes, ou un chiffre d'affaires qui frôle les 83 600 €. Vous restez en entreprise individuelle (EI), donc toujours TNS, et votre bénéfice BNC reste imposé au barème de l'impôt sur le revenu. Côté cotisations, vous restez TNS, rien ne bouge — on change seulement la façon de calculer le bénéfice.
Le repère de bascule micro → réel
Charges reelles > 34 % des recettes ? -> le reel (2035) devient plus avantageux que la micro En pratique, la question micro -> reel -> societe se pose serieusement autour de 35 000 a 40 000 EUR de benefice net, selon le niveau de charges et le besoin de protection sociale.
Passer au réel ne touche pas à votre régime social (toujours TNS) : vous êtes désormais imposé sur ce que vous gagnez réellement, charges déduites. C'est très souvent l'étape qui précède le passage en société.
Le réel est aussi le moment où l'on commence à déduire les bons frais et à structurer son épargne retraite déductible (le PER/Madelin de l'article 154 bis, voir plus bas). Il prépare naturellement la question suivante : faut-il passer en société ?
Paliers 3 et 4 — Passer en société : EURL ou SASU ?
C'est le changement qui a le plus d'effet sur votre fiscalité. Passer en société, c'est déconnecter votre rémunération de votre résultat: vous ne vous imposez plus sur 100 % du bénéfice, mais seulement sur ce que vous vous versez. Le reste capitalise dans la société à l'impôt sur les sociétés.
Pourquoi passer en société
En EI au réel, la totalité de votre bénéfice supporte l'impôt sur le revenu (jusqu'à 45 %) et les cotisations TNS, y compris la part que vous ne dépensez pas. En société à l'IS, le bénéfice non consommé reste dans la structure et n'y supporte que l'impôt sur les sociétés : 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice (taux réduit PME), puis 25 %. Ensuite, c'est vous qui réglez le curseur rémunération / dividendes : vous mettez de côté les bonnes années pour préparer votre trésorerie, et plus tard votre transmission.
| Tranche de bénéfice imposable à l'IS | Taux 2026 | Conditions |
|---|---|---|
| Jusqu'à 42 500 € | 15 % | Taux réduit PME (art. 219 I-b CGI) : CA < 10 M€, capital libéré, détenu à 75 % au moins par des personnes physiques |
| Au-delà de 42 500 € | 25 % | Taux normal de l'IS |
L'EURL — gérant TNS, IR ou IS
L'EURL (SARL à associé unique, Code de commerce art. L. 223-1) place le gérant associé unique sous le statut de travailleur non salarié : ses cotisations sont plus légères (de l'ordre de 40 à 45 % du revenu net), mais sa protection sociale est plus modeste. L'EURL est à l'IR par défaut (le bénéfice est imposé chez l'associé), avec une option pour l'IS ; sa rémunération de gérant à l'IS relève de l'article 62 du CGI.
L'option pour l'IS de l'EURL : réversible 5 ans, puis irrévocable
La SASU — président assimilé salarié, IS
La SASU (SAS à associé unique, Code de commerce art. L. 227-1) place le président sous le statut d'assimilé salarié (article L. 311-3 du CSS) : régime général de la Sécurité sociale, retraite CNAV + complémentaire AGIRC-ARRCO. La protection sociale est proche de celle d'un cadre, mais les cotisations sont plus lourdes (de l'ordre de 75 à 82 % du net) et il n'y a pas d'assurance chômage. La SASU est à l'IS de plein droit. La rémunération du président est imposée en traitements et salaires (abattement de 10 % applicable).
| Critère | EURL | SASU |
|---|---|---|
| Statut social du dirigeant | Gérant TNS (SSI) | Président assimilé salarié (régime général) |
| Retraite | Régime des indépendants | CNAV + AGIRC-ARRCO |
| Fiscalité de la société | IR par défaut / option IS | IS de plein droit |
| Imposition de la rémunération | Art. 62 CGI | Traitements et salaires (abattement 10 %) |
| Dividendes | Part > 10 % du capital cotisée TNS | Non cotisés (PFU 31,4 %) |
| Assurance chômage | Non | Non |
Aller plus loin
Le piège des dividendes : SASU non cotisés vs EURL au-delà de 10 %
Sur ce point précis, EURL et SASU divergent radicalement — et beaucoup de consultants ne s'en aperçoivent qu'au moment de distribuer leurs premiers dividendes. Quand vous voulez sortir de la trésorerie en dividendes, le traitement social n'est pas le même selon votre structure.
La règle à retenir en une phrase
SASU : dividendes non cotisés, PFU 31,4 %
Le président de SASU étant assimilé salarié et non TNS, ses dividendes échappent totalement aux cotisations sociales. Ils supportent le seul prélèvement forfaitaire unique (PFU) à 31,4 % en 2026 : 12,8 % d'impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux (la CSG du capital est passée de 9,2 % à 10,6 % avec la LFSS 2026). C'est l'avantage structurel n° 1 de la SASU pour sortir du cash : vous mettez en réserve à l'IS, et vous ne distribuez en dividendes que ce dont vous avez besoin, sans surcouche de cotisations.
EURL : la fraction au-delà de 10 % est cotisée
En EURL à l'IS, le gérant est TNS : la fraction de dividendes (et d'intérêts de compte courant) qui excède 10 % de [capital social + primes d'émission + solde moyen du compte courant d'associé] est réintégrée dans l'assiette des cotisations sociales TNS (article L. 131-6 du Code de la sécurité sociale), en plus de l'impôt. En dessous de ce seuil de 10 %, les dividendes restent au PFU 31,4 % comme en SASU. Le problème vient de là : un capital de 1 000 € plafonne la part « non cotisée » à 100 €, et tout le reste bascule en revenu cotisé.
Le seuil des dividendes « non cotisés » en EURL
Seuil = 10 % x (capital social + primes d'emission + solde moyen du compte courant d'associe) Exemple : capital 1 000 + 0 prime + 0 compte courant = 1 000 Seuil 10 % = 100 EUR de dividendes "non cotises" (PFU 31,4 % seul) Au-dela de 100 EUR : + cotisations TNS (~40-45 %)
Plus le capital et le compte courant sont élevés, plus la part de dividendes échappant aux cotisations est large. En SASU, ce seuil n'existe pas : les dividendes ne sont jamais cotisés.
Cas chiffré — Karim, le piège du capital faible en EURL
Cette règle des 10 % n'est pas propre à l'EURL : elle s'applique à tout dirigeant TNS de société à l'IS (gérant majoritaire de SARL, associé de SEL…). Son mécanisme détaillé est expliqué dans notre guide Dividendes et cotisations sociales : la règle des 10 % du capital, transposable au gérant d'EURL.
EURL ou SASU : quelle structure vous coûte vraiment le moins cher ?
Un CGP indépendant modélise votre net en poche selon votre bénéfice, votre besoin de cash et votre stratégie de dividendes — et neutralise le piège des 10 %.
Les leviers transverses : payer moins, quelle que soit la structure
D'autres leviers jouent quelle que soit la structure que vous avez retenue. À votre niveau de revenus, trois pèsent vraiment : le PER, vos charges et votre Madelin, et la façon de lisser des revenus en dents de scie.
Le PER, levier n° 1 à TMI 41-45 %
À 41 ou 45 % de tranche marginale, aucun levier ne rend autant que le PER : chaque euro versé sort de votre revenu imposable et vous économise votre tranche. En tant que TNS (EURL à l'IR ou EI au réel), votre plafond relève de l'article 154 bis du CGI : 10 % du bénéfice imposable (dans la limite de 8 PASS) majoré de 15 % de la fraction de bénéfice entre 1 et 8 PASS, soit un plancher de 4 806 € et un plafond maximal de 88 911 € en 2026, avec report des plafonds non utilisés sur 5 ans (plafonds générés à compter de 2026 ; 3 ans pour les plafonds antérieurs). Le président de SASU (assimilé salarié) relève, lui, de l'article 163 quatervicies: 10 % des revenus professionnels de l'année précédente (plafonnés à 8 PASS). À la sortie, les gains supportent 18,6 % de prélèvements sociaux.
Cas chiffré — Léa, l'année record neutralisée par le PER
Charges déductibles et Madelin (TNS)
Au réel, vous déduisez vos frais réels (matériel, déplacements, formation, honoraires, sous-traitance), vous amortissez vos équipements et vous récupérez la TVA déductible. Si vous êtes TNS, vous pouvez en outre déduire vos cotisations Madelin de prévoyance et de santé (article 154 bis), dans une limite de l'ordre de 11 500 € selon votre bénéfice. Le président de SASU, assimilé salarié, passe lui par des contrats collectifs de salariés.
Lisser des revenus en dents de scie
Vos revenus de consultant sont souvent irréguliers : une année record suivie d'une année creuse. Plusieurs outils se combinent : le PER l'année forte ; le système du quotient (article 163-0 A) qui étale l'imposition d'un revenu exceptionnel supérieur à la moyenne de vos revenus des trois dernières années ; la modulation de vos acomptes de prélèvement à la source ; et surtout la société, qui déconnecte votre rémunération de votre résultat (vous mettez en réserve à l'IS les bonnes années). C'est le sujet de notre guide Freelance aux revenus irréguliers : lisser impôt et cotisations.
La TVA du consultant : 20 %, franchise et international
Vos prestations de conseil et d'informatique sont soumises à la TVA au taux normal de 20 %. L'exonération des soins (article 261-4-1 du CGI) ne vise que la santé humaine : elle ne vous concerne pas. Au réel, la TVA n'est même pas une charge : vous la collectez pour l'État et vous déduisez celle de vos propres dépenses — achats, frais et investissements.
En début ou en petite activité, la franchise en base (article 293 B) vous permet de ne pas facturer la TVA tant que vous restez sous les seuils (mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » sur vos factures). Pour les prestations de services, les seuils 2026 sont de 37 500 € (seuil de base) et 41 250 € (seuil majoré); le projet de seuil unique à 25 000 € a été suspendu pour le conseil et l'informatique (à confirmer à la source DGFiP).
Freelance IT : surveillez la territorialité
Aller plus loin : holding de droit commun et trésorerie de société
Quand votre société génère du cash que vous ne consommez pas, deux questions avancées se posent : comment capitaliser au-dessus de votre société, et où placer la trésorerie qui dort.
La holding (SARL ou SAS de droit commun)
Comme vous n'êtes pas une profession réglementée, votre holding est une société de droit commun (SARL ou SAS), jamais une SPFPL. Son intérêt central est le régime mère-fille (articles 145 et 216 du CGI) : les dividendes que votre société d'exploitation remonte à la holding sont exonérés à 95 % (seule une quote-part de frais et charges de 5 % est imposée à l'IS), à condition de détenir au moins 5 % du capital et de conserver les titres au moins 2 ans. C'est un puissant outil de réinvestissement : la holding capitalise des dividendes peu fiscalisés pour les réinvestir.
Apport-cession : un régime durci en 2026
La trésorerie qui dort dans la société
Plutôt que de sortir tout le cash en dividendes (avec le coût du PFU et, en EURL, des cotisations), vous pouvez placer la trésorerie excédentaire à l'IS au sein de votre société : compte à terme, contrat de capitalisation de personne morale (article 238 septies E), SCPI inscrites au bilan, ou compte-titres de société. L'idée : faire travailler cette trésorerie tant qu'elle n'a pas vocation à rejoindre votre patrimoine personnel. Nous traitons le « faut-il sortir ou garder ? » dans Trésorerie qui dort dans votre SASU, et le « où placer ? » dans Placer la trésorerie de sa SASU : SCPI, CTO ou compte à terme.
Hauts revenus : CEHR, CDHR et placement du gain
À mesure que vos revenus montent, deux contributions spécifiques s'ajoutent à l'impôt sur le revenu. Les connaître permet de piloter son revenu fiscal de référence (RFR).
La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR, article 223 sexies) s'applique au RFR : 3 % au-delà de 250 000 € et 4 % au-delà de 500 000 € pour un célibataire (seuils doublés pour un couple). La contribution différentielle sur les très hauts revenus (CDHR, article 224, instituée par la LF 2025 et reconduite par la LF 2026) garantit un taux effectif minimum d'imposition de 20 % du RFR pour les contribuables dont le RFR dépasse 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple), avec une zone de décote jusqu'à environ 330 000 €. C'est un point à intégrer pour un consultant en année record : nous le détaillons dans Hauts revenus : CEHR, CDHR et leviers pour payer moins d'impôts.
Le pont patrimonial : que fait-on du gain ?
Note de méthode : ce que valent (et ne valent pas) les projections
Construire le pont entre votre société et votre patrimoine personnel
Un bilan patrimonial 360° relie votre structure, votre fiscalité de hauts revenus et le placement du gain — pour que l'argent optimisé travaille vraiment pour vous.
Optimiser n'est pas frauder : les règles du jeu
Tout ce qui précède est parfaitement légal. Choisir une SASU plutôt qu'une EURL, saturer son PER, monter une holding pour réinvestir : ce sont des options ouvertes par la loi. Mais l'optimisation a une frontière nette.
Cette frontière, c'est l'abus de droit (article L. 64 du Livre des procédures fiscales) : un montage artificiel, sans substance économique, dont le but est exclusivement ou principalement fiscal, est sanctionné. En pratique, chaque structure doit avoir une justification autre que le seul avantage fiscal, votre rémunération de dirigeant doit rester cohérente avec votre activité, et une holding doit avoir une vraie activité (gestion, réinvestissement).
Les ordres de grandeur sont des repères, pas des taux figés
Cas chiffré : un consultant à 110 000 € de bénéfice
Sophie, consultante en stratégie SI, célibataire, dégage 110 000 € de bénéfice annuel. Au-dessus du seuil micro (83 600 €), la micro est exclue. Reste à comparer les trois cadres pertinents.
EI au réel (BNC, TNS)
Points forts
- Simplicité maximale, aucun formalisme de société
- Cotisations TNS plus légères (~40-45 % du net)
- PER 154 bis au plafond très efficace à TMI 41 %
Points de vigilance
- 100 % du bénéfice imposé à l'IR (jusqu'à 45 %)
- Aucune capitalisation possible à taux réduit
- RFR élevé (exposition CEHR / CDHR)
EURL ou SASU à l'IS
Points forts
- Le bénéfice non consommé capitalise à 15/25 % d'IS
- Pilotage du couple rémunération / dividendes
- Socle de la holding et de la trésorerie placée
Points de vigilance
- Formalisme et coût de structure (compta, AG)
- EURL : piège des dividendes > 10 % du capital
- SASU : cotisations lourdes sur le salaire (~75-82 %)
| Structure | Logique d'imposition | Quand elle gagne |
|---|---|---|
| Réel BNC (EI, TNS) | Tout le bénéfice à l'IR + cotisations TNS, pas de pilotage | Vous consommez tout votre revenu, simplicité prioritaire |
| EURL à l'IS | Rémunération art. 62 (TNS) + mise en réserve à 15/25 % | Peu de dividendes, cotisations TNS légères privilégiées |
| SASU à l'IS | Salaire (assimilé salarié) + dividendes non cotisés (31,4 %) | Vous voulez piloter finement le cash et sortir des dividendes |
Verdict de principe. Au-dessus de ~100 000 € de bénéfice avec un besoin de sortir du cash en dividendes, la SASU offre le meilleur pilotage (dividendes non cotisés, mise en réserve à l'IS, protection sociale solide). L'EURL reste compétitive si vous privilégiez une rémunération sur cotisations TNS plus légères et peu de dividendes. Le chiffrage net exact dépend de votre arbitrage rémunération/dividendes — détaillé dans Consultant en SASU : salaire ou dividendes — et du comparatif frontal de notre guide SASU ou EURL.
Quel statut et quelle séquence pour votre situation précise ?
Un CGP indépendant chiffre votre net en poche structure par structure, neutralise le piège des dividendes et relie le tout à votre patrimoine personnel. Bilan offert, sans engagement.

