Pourquoi un freelance IT paie (souvent) trop d'impôt
Le freelance IT a un profil fiscal très particulier, et c'est précisément ce qui le rend mal optimisé. Contrairement à un artisan ou à un commerçant, il a peu de charges externes : pas de stock, pas de marchandises, peu ou pas de sous-traitance, rarement des salariés. Sa matière première, c'est son temps et ses compétences. Du coup, ou presque, tout son chiffre d'affaires bascule en revenu imposable. Une marge de 80, 85, parfois 90 % n'a rien d'exceptionnel dans le développement, la data ou la cybersécurité.
L'essentiel en 30 secondes
Ajoutez à cela des taux journaliers élevés — 500, 700, jusqu'à 900 € pour les profils rares — et vous obtenez un revenu annuel qui place vite le freelance dans les tranches marginales à 41 ou 45 %. Les plus hauts revenus croisent même la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR, article 223 sexies du CGI : 3 % au-delà de 250 000 € de revenu fiscal de référence pour un célibataire, 4 % au-delà de 500 000 €, seuils doublés pour un couple), voire la contribution différentielle sur les très hauts revenus (CDHR, article 224 du CGI, prorogé par la LF 2026, qui vise un taux effectif minimum d'imposition d'environ 20 %).
Forte marge = base imposable maximale
Le problème, c'est que l'expert-comptable « presse-bouton » fait son travail — tenir la comptabilité, établir la liasse, calculer l'impôt de l'année — et s'arrête là. Le conseil patrimonial, lui, n'est pas dans sa mission. Quatre angles morts, toujours les mêmes en rendez-vous : (1) les charges techniques spécifiques à l'IT, jamais toutes déduites ; (2) la TVA des clients étrangers, mal gérée ; (3) le choix de statut et l'arbitrage des dividendes ; (4) le pont entre le revenu professionnel et le patrimoine (PER, lissage, placement).
Ce que ce guide couvre — et ce qu'il renvoie
BNC, BIC, micro : dans quelle case tombe un freelance IT
Premier réflexe avant d'optimiser quoi que ce soit : savoir dans quelle catégorie fiscale vous tombez. Pour un freelance IT, la réponse est presque toujours la même : les bénéfices non commerciaux (BNC). Le développement, le conseil en systèmes d'information, la data, le devops, la cybersécurité sont des prestations intellectuelles au sens de l'article 92 du CGI. On ne tombe dans les BIC (bénéfices industriels et commerciaux) que si l'activité devient commerciale : achat-revente de matériel, ou édition et vente « en série » d'un logiciel packagé sous licence standardisée. La prestation de service à la mission, elle, reste du BNC.
Reste à choisir le régime d'imposition de ce BNC : le micro ou le réel.
| Critère | Micro-BNC (art. 102 ter) | Réel — déclaration contrôlée 2035 / société |
|---|---|---|
| Plafond de recettes | 83 600 € (période 2026-2028) | Illimité |
| Charges | Abattement forfaitaire de 34 % (rien de réel) | Charges réelles + amortissements déductibles |
| TVA déductible | Non récupérable (souvent en franchise) | Récupérable au réel |
| Comptabilité | Allégée (livre de recettes) | Déclaration 2035 ou bilan en société |
| Pertinent pour | Démarrage, petite activité, peu de charges | Fort TJM, investissements, dépassement du seuil |
Le calcul est simple : l'abattement micro de 34 % est un « forfait de charges ». Tant que vos charges réelles restent inférieures à 34 % du chiffre d'affaires, le micro vous avantage ; dès qu'elles dépassent 34 %, le réel reprend la main. Or un freelance IT qui investit (matériel, cloud, certifications, coworking) franchit ce seuil bien plus vite qu'il ne l'imagine. Et de toute façon, au-delà de 83 600 €de recettes, le micro-BNC n'est plus accessible.
Pour aller plus loin — le micro plafonne vite
Les charges déductibles spécifiques IT que le micro vous fait perdre
C'est le premier angle mort, et le plus coûteux. Au réel ou en société, une charge est déductible dès lors qu'elle est engagée dans l'intérêt de l'exploitation et justifiée (article 93 du CGI pour le BNC au réel ; charges d'exploitation à l'IS en société). Or un freelance IT a une longue liste de charges techniques que le micro-BNC, lui, fait purement et simplement disparaître derrière son abattement forfaitaire de 34 %.
| Poste de charge | Exemples concrets pour un freelance IT | Traitement |
|---|---|---|
| Matériel informatique | Ordinateur, station de travail, serveur, NAS, écrans, périphériques | < 500 € HT en charge directe ; au-delà amorti (≈ 3 ans) |
| Licences, SaaS, cloud | IDE, GitHub/GitLab, hébergement, API, outils data/IA, VPN, certificats SSL | Charge déductible, TVA récupérable au réel |
| Veille & formation | Certifications cloud/cybersécurité, conférences, livres et docs techniques | Charge déductible (lien avec l'activité) |
| Coworking / home-office | Loyer coworking (100 %) ; ou quote-part m² pro, internet et électricité | Coworking intégral ; home-office au prorata |
| Déplacements & prospection | Transport, hébergement, repas de mission ; site, nom de domaine, publicité | Déductible (justificatifs et barèmes) |
Cas chiffré — Karim, devops à 110 000 € de CA
Soyons clairs : le micro n'est pas perdant à tous les coups sur les charges. Il l'est dès que vos charges réelles dépassent 34 % du chiffre d'affaires, ou dès que vous franchissez le plafond de 83 600 €. Pour un freelance IT qui investit et facture cher, ces deux conditions sont vite réunies. Et au-delà de la base imposable, il y a la TVA déductible: au réel, la TVA payée sur le matériel, le cloud et les abonnements se récupère — un avantage que le micro en franchise vous interdit (nous y revenons à la section 5).
La règle d'or : substance et justificatifs
Amortir son matériel : ordinateur, serveur, station de travail
« Est-ce que je peux déduire mon MacBook ? » — c'est la question récurrente, et la réponse mérite d'être précise. Tout dépend du montant.
En dessous de 500 € HT, le matériel ou le petit outillage informatique peut être passé directement en charge l'année de l'achat (tolérance administrative). Au-delà de 500 € HT, le bien doit être amorti : on étale sa déduction sur sa durée d'usage, généralement 3 ans pour du matériel informatique, soit environ un tiers de la valeur par an.
Dotation annuelle d'amortissement (matériel informatique)
Dotation annuelle = Valeur HT du bien / duree d'amortissement Exemple : station de travail 3 000 EUR HT, amortie sur 3 ans Dotation = 3 000 / 3 = 1 000 EUR deductibles par an pendant 3 ans
La TVA payée sur l'achat (ici 600 €) est par ailleurs récupérable au réel, indépendamment de l'amortissement de la valeur HT.
Usage mixte : seule la quote-part pro est déductible
TVA : le piège des clients étrangers (UE, USA)
C'est le deuxième angle mort, et il est presque exclusif au freelance IT : sa clientèle est souvent européenne, voire américaine. Le socle d'abord : conseil et prestations IT, c'est de la TVA à 20 %, taux normal. L'exonération des soins de l'article 261-4-1° du CGI ne vise que la santé humaine et ne s'applique pas. Vous facturez donc la TVA à vos clients français — et, au réel, vous récupérez la TVA déductible sur vos achats.
Pour les clients étrangers, tout change avec la territorialité. La règle générale en B2B (article 259-1° du CGI) est celle du lieu du preneur assujetti : la TVA est due là où se trouve le client professionnel, pas là où vous êtes.
| Type de client | TVA française facturée ? | Qui paie / formalité |
|---|---|---|
| Professionnel en France | Oui, 20 % | Le client paie ; vous reversez la TVA collectée |
| Professionnel dans l'UE | Non — facture HT | Le client autoliquide dans son pays ; mention « Autoliquidation » + n° TVA intracom (VIES) + DES |
| Professionnel hors UE (ex. USA) | Non — hors champ | Facture HT, prestation hors champ de la TVA française |
| Particulier (B2C) | Oui, 20 % (en principe) | TVA française due (régimes spécifiques pour certains services électroniques) |
Le client allemand ou américain ne paie pas votre TVA française
Dernier point souvent mal compris : la franchise en base de TVA (article 293 B du CGI). En dessous de 37 500 € de recettes (avec une tolérance jusqu'à 41 250 €), vous pouvez ne pas facturer de TVA — le projet de seuil unique à 25 000 € ayant été abandonné. Mais en franchise, vous ne récupérez pas la TVA déductible sur vos achats : pour un freelance qui investit, c'est souvent défavorable. À noter : ce seuil de TVA (37 500 €) et le plafond micro-BNC (83 600 €) sont indépendants. On peut parfaitement rester en micro-BNC sur le plan fiscal tout en étant redevable de la TVA.
Votre facturation et votre TVA sont-elles bien calibrées ?
Clients UE et hors UE, autoliquidation, franchise ou réel, récupération de la TVA sur vos investissements : un audit rapide évite des régularisations coûteuses. On chiffre aussi votre gain net selon le statut.
Micro, EURL ou SASU : quel statut quand on facture cher
Troisième angle mort : le statut. À fort TJM, le micro est vite hors-jeu (plafond de 83 600 €, aucune charge déductible). On passe alors à une société, et le choix se joue entre deux structures unipersonnelles aux logiques sociales opposées.
EURL — le gérant travailleur non salarié
Points forts
- Gérant associé unique = TNS, affilié à la Sécurité sociale des indépendants
- Cotisations sociales plus légères (ordre de grandeur : 40 à 45 % du net)
- IR par défaut (BNC/BIC), option IS possible (art. 239 CGI)
- Bonne option à fort TJM avec faible besoin de couverture renforcée
Points de vigilance
- Piège des dividendes au-delà de 10 % (cotisés en TNS, cf. section 7)
- Protection sociale du TNS plus légère qu'au régime général
SASU — le président assimilé salarié
Points forts
- Président assimilé salarié (art. L. 311-3 CSS), régime général + CNAV + AGIRC-ARRCO
- Dividendes jamais cotisés (PFU 31,4 %, cf. section 7)
- IS de plein droit, image et protection sociale plus larges
- Déconnecte rémunération et résultat (utile pour lisser)
Points de vigilance
- Cotisations beaucoup plus lourdes (ordre de grandeur : 75 à 82 % du net)
- Pas d'assurance chômage pour le président
Jamais CIPAV, jamais SEL pour un freelance IT
Lequel choisir ? Ça se joue sur trois choses : combien vous devez vous verser tout de suite, ce que vous privilégiez entre cotisations légères et droits sociaux solides, et la façon dont vous comptez sortir vos dividendes. Nous traitons cet arbitrage frontalement dans notre comparatif dédié, SASU ou EURL, quel statut pour optimiser, et l'escalier de structuration complet dans le hub optimisation fiscale du consultant indépendant.
Dividendes : le piège des 10 % en EURL que la SASU évite
C'est le point qui différencie vraiment les deux statuts. Beaucoup de freelances le découvrent trop tard, après avoir choisi leur statut au moment de l'immatriculation. En société à l'IS, une fois l'impôt sur les sociétés payé (15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice sous conditions PME, 25 % au-delà), vous pouvez vous distribuer le résultat en dividendes. Mais leur traitement social n'est pas le même selon la structure.
En SASU, le président n'est pas travailleur non salarié : ses dividendes ne supportent aucune cotisation sociale. Ils sont taxés au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %en 2026 (12,8 % d'impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux depuis la LFSS 2026). C'est l'atout majeur de la SASU pour sortir du cash.
En EURL à l'IS, le gérant associé unique est TNS : la fraction de dividendes excédant 10 % du (capital social + primes d'émission + solde moyen du compte courant d'associé) est assujettie aux cotisations sociales TNS, en application de l'article L. 131-6 du Code de la sécurité sociale, en plusde l'impôt. En dessous de ce seuil de 10 %, on retombe sur le PFU comme en SASU.
Fraction de dividendes cotisée en EURL (gérant TNS)
Seuil non cotise = 10 % x (capital social + primes + solde moyen du CCA) Fraction cotisee = Dividendes - Seuil non cotise Exemple : EURL au capital de 1 000 EUR, sans CCA Seuil = 10 % x 1 000 = 100 EUR Au-dela de 100 EUR de dividendes, tout est cotise en TNS
En SASU, ce seuil n'existe pas : les dividendes du président ne sont jamais cotisés. C'est toute la différence pour un freelance qui veut sortir une partie de sa trésorerie en dividendes.
Le mini-cas qui résume tout
La mécanique précise des 10 %, transposable au gérant d'EURL TNS, est détaillée dans Dividendes et cotisations sociales : la mécanique des 10 %. Et une fois en SASU, la bonne répartition entre rémunération et dividendes se calibre au cas par cas — voyez Consultant en SASU : salaire ou dividendes.
Portage salarial ou société : que choisir
Beaucoup de freelances IT débutent ou alternent avec le portage salarial (article L. 1254-1 du Code du travail). Le principe : vous devenez salarié porté. La société de portage facture votre client, vous reverse un salaire (régime général, avec assurance chômage — une vraie différence avec la SASU) et prélève une commission de gestion, généralement de l'ordre de 5 à 10 % du chiffre d'affaires HT.
Portage salarial
Points forts
- Zéro gestion administrative ni comptabilité
- Protection chômage (salarié porté)
- Idéal pour tester, démarrer ou des missions ponctuelles
Points de vigilance
- Commission de gestion (≈ 5 à 10 % du CA)
- Cotisations salariales et patronales pleines
- Aucune optimisation des dividendes
Société (EURL / SASU)
Points forts
- Arbitrage rémunération / dividendes possible
- Charges déduites, trésorerie capitalisée
- Optimisation durable à fort TJM
Points de vigilance
- Gestion et comptabilité à assumer
- Pas de chômage (SASU) ; protection TNS plus légère (EURL)
Le parcours type : porté un an, puis en société
CIR et JEI : non, vous n'y avez (presque) jamais droit
On nous pose souvent la question, parfois après un démarchage : « En tant que dev, je fais de la R&D, je peux toucher le CIR ? » La réponse, dans 95 % des cas, c'est non — et un bon conseiller doit avoir le courage de le dire.
Le crédit d'impôt recherche (article 244 quater B du CGI) finance un programme de recherche et développement structuré, avec du personnel qualifié et une méthodologie documentée. Un freelance seul qui facture des prestations à ses clients ne mène pas, sur sa propre activité, un tel programme. Il peut éventuellement être sous-traitant agréé CIR d'un client : dans ce cas, le crédit d'impôt bénéficie au client, pas au freelance, et l'agrément suppose un profil ingénieur ou docteur et un dossier solide.
Le statut de jeune entreprise innovante (article 44 sexies-0 A du CGI) est réservé à une entreprise de moins de 8 ans qui consacre une part significative de ses dépenses à la R&D, avec des exonérations sociales à la clé. C'est un statut d'entreprise innovante, pas de prestataire : il est inadapté à un freelance de prestation pure.
Le fantasme du crédit d'impôt R&D
Le PER : écrêter vos meilleures années
Voici le pont entre votre revenu professionnel et votre patrimoine. À une tranche marginale de 41 ou 45 %, le plan d'épargne retraite (PER) est le levier n°1 sur une année record : chaque euro versé est déductible de votre revenu imposable et efface donc l'impôt à votre tranche marginale. Verser quand on gagne beaucoup, c'est convertir de l'impôt en épargne pour soi.
Le plafond dépend de votre statut. En TNS (entreprise individuelle au réel ou EURL à l'IR), l'article 154 bis du CGI ouvre un plafond égal à 10 % du bénéfice imposable (dans la limite de 8 PASS) majoré de 15 % de la fraction de bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS : avec un PASS 2026 à 48 060 €, cela donne un plancher de 4 806 € et un plafond pouvant atteindre environ 88 911 €. Pour le président de SASU, assimilé salarié, c'est l'enveloppe individuelle de l'article 163 quaterviciesqui s'applique (10 % des revenus professionnels de l'année précédente, dans la limite de 8 PASS).
Mini-calcul — l'effet d'un versement à 45 %
Le PER mérite à lui seul un guide. Pour transformer une année exceptionnelle en économie d'impôt, voyez PER freelance : transformer une année record en économie d'impôt, et le fonctionnement détaillé de l'enveloppe dans notre guide complet du plan d'épargne retraite.
Revenus en dents de scie : trois leviers pour lisser l'impôt
Le freelance vit au rythme des missions : une année à 150 000 €, la suivante à 70 000 € parce qu'une mission longue s'est arrêtée. Or l'impôt sur le revenu est progressif: une année très forte est lourdement taxée à la tranche haute, tandis qu'une année creuse sous-utilise les tranches basses. Lisser, c'est aller récupérer cet écart. Concrètement, on dispose de trois leviers.
| Levier | Comment ça marche | Pour qui / quand |
|---|---|---|
| PER (le plus souple) | On charge les versements sur l'année forte ; déduction à la TMI | À chaque année record (cf. section 10) |
| Quotient (art. 163-0 A) | Atténue la progressivité sur un revenu exceptionnel > moyenne des 3 dernières années | Pic de revenu ponctuel, sous conditions strictes |
| SASU | Déconnecte rémunération et résultat : on ne se verse que le nécessaire | Revenus très irréguliers, besoin d'un tampon structurel |
La SASU comme tampon fiscal
Cas chiffré : un dev à 600 €/jour, micro vs SASU optimisée
Tous ces leviers — charges, TVA, statut, dividendes, PER, lissage — jouent ensemble. Pour le rendre concret, déroulons-les sur un cas type. Léa est développeuse fullstack freelance. Elle facture 600 € par jour et travaille environ 200 jours par an, soit 120 000 € de chiffre d'affaires. Faibles charges externes, célibataire, tranche marginale à 41-45 %. Comparons une approche minimale et une SASU optimisée — en ordres de grandeur, car le net exact dépend de paramètres individuels.
Premier constat : le micro-BNC est hors-jeu. Avec 120 000 € de recettes, Léa est très au-dessus du seuil de 83 600 €. On le cite uniquement pour rappeler le plafonnement : même à 83 600 €, le micro l'imposerait sur 66 % de son CA sans déduire un euro de charges réelles.
| Poste | Approche minimale (la liasse) | SASU optimisée |
|---|---|---|
| Chiffre d'affaires | 120 000 € | 120 000 € |
| Charges IT déduites | Peu ou pas (forfait) | Matériel amorti, cloud, certifs, coworking |
| Rémunération du dirigeant | Tout sorti en salaire | Salaire raisonnable (couverture + droits) |
| Résultat laissé en société | Néant | Capitalisé à l'IS (15 % puis 25 %) |
| Sortie de cash | Salaire (cotisations ~75-82 %) | Dividendes PFU 31,4 % sans cotisations |
| PER (année forte) | Ignoré | Versement au plafond, déduction à la TMI |
| Gain net annuel | Référence | Plusieurs milliers d'euros de plus |
Ce que le comptable presse-bouton laisse sur la table
Note de méthode — lisez ces chiffres comme des ordres de grandeur
Faisons le calcul sur votre situation, pas sur un cas d'école
On modélise votre cas chiffré : charges déductibles, choix de statut, arbitrage salaire/dividendes, PER et placement du gain. Vous repartez avec un chiffre net, pas une généralité.
Et après ? Placer l'argent que vous ne dépensez pas
Une fois l'impôt optimisé, un freelance IT à fort TJM accumule du cash plus vite qu'il ne le dépense. Reste une question, et elle est patrimoniale : qu'est-ce qu'on fait de ce cash ? Deux niveaux selon que les fonds sont à titre personnel ou logés dans votre société.
À titre personnel
Assurance-vie, PER, SCPI, compte-titres : l'épargne classique du haut revenu, calibrée selon votre horizon et votre fiscalité. Voyez notre guide où investir l'argent que vous ne dépensez pas.
Dans la société (SASU/EURL)
La trésorerie qui dort peut travailler à l'IS : compte à terme, SCPI au bilan, compte-titres, contrat de capitalisation de personne morale (art. 238 septies E). On capitalise sans sortir le cash.
Pour le détail du placement personnel, voyez Freelance à hauts revenus : où investir l'argent non dépensé. Pour la trésorerie de société, que faire de la trésorerie qui dort dans votre SASU et comment la placer (SCPI, CTO ou compte à terme). Si vous structurez à plus grande échelle, la holding de droit commun(SARL ou SAS) permet de capitaliser et réinvestir au-dessus de votre société d'exploitation.
Le garde-fou : substance réelle, pas de domiciliation papier
Et si vos revenus vous exposent à la CEHR ou à la CDHR, l'articulation entre votre revenu professionnel, votre PER et vos placements devient stratégique pour piloter votre revenu fiscal de référence : c'est l'objet de notre guide hauts revenus : comment payer moins d'impôts.
Un bilan patrimonial pour freelance IT, par un CGP indépendant
Charges, TVA, statut, dividendes, PER, placement : on remet sur la table tout ce que la liasse oublie, et on chiffre votre gain net. Quentin Hagnéré, cabinet 100 % indépendant (ORIAS 23002291).

