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Guide dentistes 202616 minMis à jour 9 juin 2026Comparatif des véhicules

Trésorerie de SELARL de dentiste : compte-titres, capitalisation ou autre véhicule ?

Votre SELARL accumule une trésorerie excédentaire qui dort sur le compte courant pendant que l'inflation la grignote. La question n'est plus « faut-il placer » — c'est « dans quoi ». Ce guide est le comparatif des instruments : contrat de capitalisation personne morale, compte à terme, compte-titres / ETF, SCPI (et SCPI démembrée), fonds monétaire, private equity. Pour chacun : fiscalité à l'IS, liquidité, risque, horizon, ticket d'entrée. Un tableau récapitulatif, un cas chiffré à 200 000 €, et les garde-fous à connaître. Pour décider s'il faut sortir ou garder cette trésorerie, voyez notre guide stratégique dédié. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

TRÉSORERIE DENTISTE 2026

Choisir le bon véhicule pour la trésorerie de votre SELARL

Audit du placement de votre trésorerie excédentaire de SELARL de dentiste : contrat de capitalisation (238 septies E), compte à terme, compte-titres et ETF, SCPI et SCPI démembrée, monétaire, private equity. On chiffre le frottement IS réel de chaque option et on cadre l'objet social. Cabinet 100 % indépendant, modélisation avec votre expert-comptable.

  • Comparatif fiscalité IS de chaque véhicule
  • Frottement réel du contrat de capitalisation
  • Cadrage objet social et requalification
  • Cabinet 100 % indépendant

VÉHICULES COMPARÉS

6

CAPITALISATION — FROTTEMENT IS

≈ 0,94 %/an

IS

15 / 25 %

PS DANS LA SOCIÉTÉ

0 %

MÈRE-FILLE

95 % exonéré

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1LE CADRE·3 MIN

Trésorerie excédentaire de SELARL : poser le cadre avant de choisir

L'essentiel en 30 secondes

Avant de comparer les supports, deux règles fixent tout : une société à l'IS ne paie aucun prélèvement social sur ses placements (la CSG/CRDS ne frappe que les personnes physiques), et le bon véhicule dépend de l'horizon et de la liquidité, jamais du seul rendement affiché. Sur cette base, six instruments cohabitent : le contrat de capitalisation (imposition forfaitaire lissée, le pivot du moyen-long terme), le compte à terme et le fonds monétaire (trésorerie d'attente), le compte-titres / ETF (liquide mais fiscalité annuelle), la SCPI et sa version démembrée (long terme, fiscalité différée), et le private equity (croissance illiquide). Ce guide les compare un par un. Pour savoir s'il faut sortir ou garder cette trésorerie — un sujet stratégique distinct —, voyez que faire de la trésorerie de sa SELARL de dentiste.

Votre SELARL de chirurgien-dentiste a signé de belles années : après l'IS, après votre rémunération, il reste sur le compte courant de la société 100 000, 200 000, parfois 400 000 € qui ne rapportent presque rien. À 2 % d'inflation, 200 000 € laissés dormir perdent près de 4 000 € de pouvoir d'achat chaque année. La vraie question, à ce stade, n'est pas « faut-il placer » : c'est dans quoi.

Et c'est là que beaucoup se trompent, parce qu'ils comparent des rendements bruts sans regarder ce qui compte vraiment pour une société à l'IS : comment chaque véhicule est imposé, à quelle vitesse vous pouvez récupérer l'argent, et quel risque vous prenez. Un placement qui rapporte 5 % brut mais voit ses gains taxés chaque année à l'IS peut, sur dix ans, rapporter moins net qu'un placement à 4 % brut dont l'imposition est différée. Tout l'enjeu de ce guide est là.

Il y a aussi un enjeu propre au métier. Le chirurgien-dentiste exerce un geste de précision : son revenu dépend directement de sa capacité physique à travailler. Bien placée, cette trésorerie n'est plus seulement un sujet fiscal : c'est le coussin qui prend le relais le jour où vous levez le pied — invalidité, arrêt, transition de fin de carrière. Faire fructifier l'excédent de la SELARL, plutôt que de le laisser dormir, solidifie tout l'édifice. Reste à choisir le bon contenant.

Une société à l'IS ne paie pas de prélèvements sociaux

C'est l'avantage qu'on m'oblige le plus souvent à réexpliquer en rendez-vous. La CSG/CRDS (17,2 % ou 18,6 % selon le support) ne frappe que les personnes physiques (articles L. 136-6 et L. 136-7 du Code de la sécurité sociale). Une SELARL ou une SPFPL qui place sa trésorerie n'est imposée qu'à l'impôt sur les sociétés (15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice sous conditions PME, 25 % au-delà, article 219 du CGI). La dualité 17,2 / 18,6 % ne sert qu'à mesurer le coût d'une sortie en dividendes — pas le coût d'un placement gardé dans la société.

Dernier point de cadre avant d'entrer dans le comparatif : pour structurer une vraie poche d'investissement de long terme, on raisonne souvent à plusieurs étages — SELARL d'exercice, SPFPL de dentiste, voire holding patrimoniale. Le pilier transverse de référence reste le guide du placement de la trésorerie d'une SEL, valable pour toutes les professions libérales.

§ 2LA PALETTE·2 MIN

Les 6 véhicules de placement passés en revue

Voici la palette complète accessible à une personne morale à l'IS. Cherchez le « meilleur » véhicule dans l'absolu et vous tournerez en rond : chacun ne vaut que pour un besoin, un horizon et un niveau de risque donnés. Le but n'est pas d'en choisir un, mais de les combiner selon trois poches : précaution, moyen terme, long terme.

Les véhicules de capitalisation et de précaution

Points forts

  • Contrat de capitalisation : fiscalité forfaitaire lissée, différé, le pivot du moyen-long terme
  • Compte à terme : capital garanti, rendement faible, IS sur les intérêts
  • Fonds monétaire : liquidité quotidienne, risque très faible, suit les taux courts

Les véhicules de croissance et de rendement

Points forts

  • Compte-titres / OPCVM / ETF : large univers, très liquide, fiscalité annuelle des plus-values latentes
  • SCPI à l'IS ou en nue-propriété : revenus fonciers à l'IS ou différé pendant le démembrement
  • Private equity / FPCI : rendement cible élevé, mais illiquide, risqué, ticket important

Je passe chacun au même crible : imposition à l'IS, liquidité, risque, horizon, ticket d'entrée. Ensuite un tableau les aligne, et un cas chiffré pose les montants.

Aller plus loin : le pilier de la trésorerie en SEL

Cette palette est commune à toutes les professions libérales exerçant en société. Le détail transverse — y compris les variantes de structuration — se trouve dans notre guide pilier : placer la trésorerie de sa SEL. Vous y retrouverez les mêmes véhicules déclinés pour les autres spécialités, par exemple pour un chirurgien ou un médecin spécialiste.
§ 3VÉHICULE 1 — LE PIVOT·3 MIN

Le contrat de capitalisation personne morale (238 septies E)

C'est le plus souvent le pivot de la trésorerie excédentaire de moyen-long terme, et tout tient à un mécanisme fiscal. Une société à l'IS qui détient un contrat de capitalisation n'est pas imposée sur la performance réelle du contrat : elle l'est sur une assiette forfaitaire définie par l'article 238 septies E du CGI (doctrine BOI-BIC-PDSTK-10-20-60-20).

La fiscalité forfaitaire 105 % du TME

Chaque année, la base imposable à l'IS est égale à 105 % du dernier TME connu à la souscription (le TME est le taux moyen des emprunts d'État de durée supérieure à 7 ans, publié par la Banque de France), appliquée à la base retenue — les primes versées, majorées chaque année des produits déjà rattachés. Et ce TME est figé à la souscription : c'est le taux qui est figé, pas l'assiette, laquelle progresse d'année en année. L'intérêt du contrat est donc maximal quand on souscrit en période de taux bas.

Le coût annuel réel d'un contrat de capitalisation à l'IS (art. 238 septies E CGI)

Assiette annuelle imposable a l IS = 105 % x TME a la souscription x Valeur de souscription

Exemple avec un TME de 3,58 % (janvier 2026, source Banque de France) :
   Assiette annuelle  = 105 % x 3,58 %        = 3,76 % de la valeur
   Frottement IS a 25 % = 3,76 % x 25 %        = environ 0,94 % par an
   Frottement IS a 15 % = 3,76 % x 15 %        = environ 0,56 % par an

Quelle que soit la performance réelle du contrat, vous ne payez l'IS que sur cette assiette forfaitaire. Si le contrat gagne 4 ou 5 % brut, tout l'excédent au-delà de 3,76 % capitalise en différé jusqu'au rachat, où une régularisation intervient. C'est cet effet de différé qui fait la force du véhicule sur le moyen-long terme.

Concrètement : sur un contrat logeant un fonds euros et des unités de compte, vous ne supportez qu'environ 0,94 % de frottement IS par an sur la valeur, là où un compte-titres ferait remonter chaque année toute la plus-value latente au résultat imposable. C'est l'essence du choix « capitalisation contre compte-titres », que l'on tranche en section 5.

Exemple chiffré : l'effet du différé sur 10 ans

Prenons 100 000 € placés sur un contrat de capitalisation qui rapporte 4 % brut par an. D'abord, l'IS ne s'applique pas à ces 4 000 € de gain : il porte uniquement sur l'assiette forfaitaire d'environ 3 760 € (105 % du TME), soit environ 940 € d'IS. Ensuite, les 3 060 € restants capitalisent en différé, et produisent eux-mêmes des intérêts les années suivantes. Répétez l'opération dix ans de suite et l'écart avec un compte-titres taxé chaque année devient net. C'est tout l'intérêt boule de neige du véhicule — d'autant plus marqué que le contrat performe au-delà du seuil de 3,76 %.

Note de méthode sur les projections

Les rendements cités dans ce guide (4 %, 5 % brut) sont des hypothèses pédagogiques, pas des promesses. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et les supports en unités de compte d'un contrat de capitalisation comportent un risque de perte en capital. Seul le frottement IS forfaitaire (≈ 0,94 %/an) est, lui, connu d'avance, puisqu'il dépend du TME figé à la souscription et non de la performance réelle. Toute projection doit être recalculée sur vos supports réels et le TME du mois où vous souscrivez.

Pas d'avantage successoral comme l'assurance-vie

Un contrat de capitalisation détenu par une société ne se transmet pas hors succession. Les abattements de l'assurance-vie — 152 500 € par bénéficiaire (article 990 I), 30 500 € pour les primes après 70 ans (article 757 B) — sont propres aux contrats de personnes physiques et ne se transposent pas. Ce qui se transmet, ce sont les parts de la société, selon le droit commun, le cas échéant via un pacte Dutreil (article 787 B). Le contrat de capitalisation personne morale est un outil de capitalisation et de différé fiscal, pas un outil de transmission privilégiée. Pour la variante avancée, voyez le contrat de capitalisation démembré en société.
§ 4VÉHICULES 2 & 3 — L'ATTENTE·2 MIN

Le compte à terme et le fonds monétaire : la trésorerie d'attente

Ce sont les véhicules de la poche de précaution : ils ne cherchent pas la performance, mais la sécurité et la disponibilité du capital. À réserver à la trésorerie d'exploitation et aux sommes que vous pourriez devoir mobiliser à court terme.

Le compte à terme (CAT)

Le compte à terme bloque une somme pour une durée déterminée en échange d'un taux fixé à l'avance : le capital est garanti par l'établissement, le rendement est connu mais faible, et les intérêts sont imposés au résultat à l'IS. C'est l'outil le plus simple pour une trésorerie dont vous connaissez l'échéance (par exemple un investissement prévu dans 12 ou 24 mois). En contrepartie, sortir avant terme entraîne en général une pénalité de taux. Voyez notre guide dédié au compte à terme en 2026.

Le fonds monétaire

Le fonds monétaire (souvent un OPCVM ou un ETF monétaire) suit les taux courts et offre une liquidité quotidienne avec un risque très faible. Il est plus souple que le compte à terme : vous récupérez l'argent en quelques jours sans pénalité. Comme tout OPCVM logé sur un compte-titres de société, ses gains entrent dans le résultat imposable à l'IS (valorisation annuelle, article 209-0 A du CGI). Réserve à garder en tête : son rendement suit les taux courts et baissera mécaniquement si la BCE assouplit sa politique monétaire.

La règle d'or de la liquidité

Ne placez jamais sur un véhicule peu liquide (SCPI, private equity, contrat bloqué) une trésorerie dont vous pourriez avoir besoin pour l'exploitation du cabinet — renouvellement d'un fauteuil, recrutement, imprévu de trésorerie. La poche de précaution (compte à terme, monétaire) doit toujours exister avant d'envisager les véhicules de croissance.
§ 5VÉHICULE 4 — LE LIQUIDE·3 MIN

Le compte-titres, les OPCVM et les ETF (et le régime mère-fille)

Une personne morale à l'IS peut parfaitement détenir un compte-titres ordinaire et y loger des OPCVM, des ETF ou des titres vifs. C'est le véhicule de la plus grande liquidité et du plus large univers d'investissement — actions monde, obligations, ETF indiciels à faibles frais. Son talon d'Achille face au contrat de capitalisation est fiscal.

La fiscalité annuelle des plus-values latentes

À l'IS, les plus-values latentes sur les OPCVM et ETF sont en principe imposées chaque année selon l'évolution de leur valeur liquidative (article 209-0 A du CGI), et les plus-values réalisées comme les dividendes encaissés entrent dans le résultat imposable à 15 % ou 25 %. Traduction : pas de différé— contrairement au contrat de capitalisation, vous payez l'IS sur la performance au fil de l'eau, ce qui freine l'effet boule de neige.

Compte-titres / ETF

Points forts

  • Liquidité immédiate, univers le plus large
  • Frais bas avec des ETF indiciels
  • Idéal pour une gestion active ou des titres vifs

Points de vigilance

  • Plus-values latentes des OPCVM imposées chaque année (209-0 A)
  • Pas de différé fiscal, effet boule de neige freiné
  • Volatilité : risque de perte en capital

Contrat de capitalisation

Points forts

  • Imposition forfaitaire ≈ 0,94 %/an, différé jusqu'au rachat
  • Supports diversifiés : fonds euros, UC, parfois ETF
  • Le plus efficace fiscalement sur le moyen-long terme

Points de vigilance

  • Liquidité contractuelle (rachats) un peu moins immédiate
  • Frais d'enveloppe à surveiller
  • Pas d'avantage successoral propre

Le régime mère-fille : un vrai levier, mais rarement sur de la trésorerie placée

Le régime mère-fille (articles 145 et 216 du CGI) exonère de 95 % les dividendes qu'une société perçoit d'une filiale détenue à au moins 5 % et conservée deux ans : seule une quote-part de frais et charges de 5 % reste imposée, soit un frottement effectif d'environ 1,25 %. C'est très puissant pour faire remonter les dividendes d'une SELARL vers une SPFPL de dentiste. En revanche, sur un ETF diversifié, le seuil de 5 % par ligne n'est jamais atteint : les dividendes encaissés sont alors imposés au résultat à 15 % ou 25 %. Ne comptez donc pas sur le mère-fille pour de la gestion financière diffuse : c'est un outil de participations significatives.

Hagnéré Patrimoine

Capitalisation ou compte-titres : lequel pour votre trésorerie ?

Un CGP indépendant chiffre le frottement IS réel de chaque véhicule sur votre trésorerie de SELARL, compare le différé du contrat de capitalisation à la fiscalité annuelle du compte-titres, et calibre la combinaison avec votre expert-comptable.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 6VÉHICULE 5 — L'IMMOBILIER·3 MIN

La SCPI à l'IS et la nue-propriété en démembrement temporaire

Une société à l'IS peut acheter des parts de SCPI pour s'exposer à l'immobilier sans en assumer la gestion. Deux modes très différents fiscalement : la pleine propriété et la nue-propriété temporaire.

SCPI en pleine propriété : revenus fonciers à l'IS, mais amortissables

En pleine propriété, les revenus fonciers distribués par la SCPI sont imposés à l'IS (15 % ou 25 %). L'atout d'une détention à l'IS — par rapport à une détention en direct par une personne physique — est que la société peut amortir les parts, ce qui réduit la base imposable les premières années. La contrepartie est la faible liquidité : la revente de parts de SCPI n'est pas immédiate, et des frais de souscription élevés imposent un horizon long.

SCPI en nue-propriété : zéro revenu, zéro impôt pendant le démembrement

C'est l'option la plus efficace fiscalement quand la SELARL n'a aucun besoin des revenus avant 8 ou 10 ans. En acquérant la nue-propriété de parts en démembrement temporaire (souvent 5 à 10 ans), la société achète avec une décote de l'ordre de 20 à 40 % et ne perçoit aucun revenu pendant la durée du démembrement : elle n'est donc imposée sur rien. Au terme, la pleine propriété se reconstitue automatiquement sans imposition supplémentaire, et la SCPI recommence à distribuer. Un placement à fiscalité différée par construction. Le détail dans notre guide de la SCPI en nue-propriété.

Quand la SCPI démembrée a du sens

Pour une SELARL ou une SPFPL qui dispose d'une poche de long terme clairement identifiée (capital qu'elle n'aura pas à mobiliser avant 8 à 10 ans), la nue-propriété de SCPI combine décote à l'achat, absence totale d'imposition pendant le démembrement et reconstitution franche de la pleine propriété au terme. À l'inverse, elle est inadaptée à une trésorerie qui doit rester disponible.

Attention : le risque immobilier reste entier

La SCPI n'est pas un placement garanti. La valeur des parts peut baisser — comme l'ont rappelé les révisions de prix de plusieurs SCPI en 2023-2024 — et la liquidité de la revente dépend du marché. La décote du démembrement (de l'ordre de 20 à 40 %) varie selon la durée et la clé de répartition retenue : c'est un ordre de grandeur, pas une règle figée. Et les frais de souscription élevés imposent un horizon long pour les amortir. La SCPI est un véhicule de patrimonialisation lente, jamais un placement de trésorerie disponible.
§ 7VÉHICULE 6 — LA CROISSANCE·2 MIN

Le private equity et les FPCI : la poche de croissance illiquide

Le placement le plus risqué et le plus rémunérateur de la liste : le capital-investissement. Une personne morale à l'IS peut souscrire à des fonds de private equity, notamment des FPCI (fonds professionnels de capital-investissement), pour viser des rendements supérieurs aux marchés cotés.

Mais c'est la poche la plus exigeante de la palette : capital bloqué souvent 8 à 10 ans, risque de perte en capital réel, et ticket d'entrée élevé (fréquemment 100 000 € et plus). Fiscalement, à l'IS, les plus-values et distributions du fonds entrent dans le résultat imposable selon les règles applicables. Attention à un piège fréquent : les exonérations d'impôt sur le revenu propres aux FCPR/FPCI fiscaux de l'article 163 quinquies B du CGI visent les personnes physiques et ne se transposent pas telles quelles à une société soumise à l'IS.

Une part minoritaire, jamais le cœur de la trésorerie

Le private equity n'a sa place qu'en part minoritaire d'une trésorerie déjà solidement structurée (poche de précaution constituée, poche de moyen terme en place). Vérifiez en amont la cohérence avec l'objet social de la société et le risque de requalification (section 10). Et ne souscrivez jamais sans avoir lu et compris le document d'information clé : l'illiquidité est la vraie contrainte, bien avant le risque de marché.
§ 8LE COMPARATIF·3 MIN

Le tableau comparatif : fiscalité, liquidité, risque, horizon, ticket

Voici les six véhicules mis côte à côte, sur les cinq critères qui comptent vraiment pour une société à l'IS. Lisez-le en partant de votre besoin (horizon, liquidité), pas du rendement affiché.

Comparatif des six véhicules de placement d'une trésorerie de SELARL à l'IS (taux 2026). En clair : la capitalisation pour le différé fiscal, le compte-titres quand on veut pouvoir sortir vite, la SCPI démembrée pour neutraliser l'impôt le temps du démembrement.
VéhiculeFiscalité à l'ISLiquiditéRisqueHorizonTicket
Contrat de capitalisationForfaitaire ≈ 0,94 %/an (105 % du TME, 238 septies E), différé jusqu'au rachatBonne (rachats)Selon supports (faible à moyen)Moyen-longFaible à moyen
Compte à termeIS sur les intérêts (15 / 25 %)Bloquée jusqu'au termeTrès faible (capital garanti)CourtFaible
Fonds monétaireIS sur les gains annuels (209-0 A)QuotidienneTrès faibleCourtFaible
Compte-titres / ETFPlus-values latentes imposées chaque année (209-0 A) ; dividendes au résultatImmédiateMoyen à élevé (volatilité)Moyen-longFaible
SCPI (pleine propriété)Revenus fonciers à l'IS, parts amortissablesFaibleMoyenLongMoyen
SCPI démembrée (nue-propriété)Aucun revenu, aucune imposition pendant le démembrementTrès faible (durée fixe)MoyenLong (5-10 ans)Moyen
Private equity / FPCIPlus-values et distributions au résultat (IS)Bloquée 8-10 ansÉlevé (perte en capital)Très longÉlevé (≥ 100 k€)

La logique de combinaison plutôt que de choix unique

En pratique, on ne retient presque jamais un seul véhicule. Une trésorerie de 200 000 € bien structurée combine typiquement une poche de précaution (compte à terme / monétaire) pour l'imprévu, une poche de moyen-long terme sur un contrat de capitalisation diversifié comme socle, et une poche de croissance minoritaire (compte-titres en ETF, SCPI démembrée, voire une touche de private equity). C'est l'objet du cas chiffré ci-dessous.
§ 9LE CAS CHIFFRÉ·3 MIN

Cas chiffré : une SELARL de dentiste avec 200 000 € à placer

Prenons un cas concret pour mettre des montants en face. Camille, 47 ans, chirurgien-dentiste à Annecy, a laissé s'accumuler 200 000 € de trésorerie excédentaire dans sa SELARL, dont elle n'a pas l'usage personnel immédiat. Voici une répartition-type en trois poches, à recalibrer selon votre situation.

Répartition-type d'une trésorerie de 200 000 € (illustration)

POCHE PRECAUTION   40 000 EUR  (20 %)  -> compte a terme + fonds monetaire
POCHE MOYEN-LONG  100 000 EUR  (50 %)  -> contrat de capitalisation diversifie
POCHE CROISSANCE   60 000 EUR  (30 %)  -> CTO en ETF / SCPI demembree / part PE

Cout fiscal annuel approximatif (frottement IS) :
   Contrat de capitalisation : 100 000 x 0,94 %      = environ 940 EUR/an
   CTO en ETF (selon perf.)  : impose chaque annee sur la PV latente
   SCPI demembree            : 0 EUR pendant le demembrement

Cette répartition n'est qu'une illustration. Les pourcentages dépendent de votre besoin de liquidité, de votre horizon et de votre tolérance au risque. Le frottement IS du contrat de capitalisation (≈ 940 €/an sur 100 000 €) est faible et différé ; à comparer à la fiscalité annuelle d'un compte-titres sur la même somme.

Le point clé à retenir de cet exemple : sur la poche socle de 100 000 €, un contrat de capitalisation ne coûte qu'environ 940 € d'IS par an tout en laissant la performance capitaliser en différé ; sur la poche croissance de 60 000 €, la SCPI démembrée ne génère aucune imposition pendant le démembrement, et l'ETF logé en compte-titres apporte la liquidité au prix d'une fiscalité annuelle. Ce qui paie, pour Camille, ce n'est pas de trouver LE bon placement : c'est de répartir ses 200 000 € entre ces trois poches selon ses besoins réels.

Sortir ou garder : un arbitrage en amont

Avant même ce comparatif des véhicules, une question se pose : vaut-il mieux laisser cette trésorerie dans la société pour la placer à l'IS, ou la sortir en dividendes pour la placer à titre personnel ? Sortir 200 000 € en dividendes coûterait des cotisations TNS (au-delà de 10 % du capital, article L. 131-6 du Code de la sécurité sociale) puis le PFU à 31,4 % : garder pour placer est presque toujours bien plus efficace. Cet arbitrage stratégique est traité en détail dans que faire de la trésorerie de sa SELARL de dentiste et les cotisations sociales sur les dividendes de SEL.
§ 10LES GARDE-FOUS·2 MIN

Les garde-fous : objet social, requalification, taxe LF 2026

Placer la trésorerie d'une société d'exercice n'est pas un acte anodin : trois garde-fous doivent cadrer l'ampleur et la nature des placements.

L'objet social et les règles de l'Ordre

Une SELARL a pour objet l'exercice de l'art dentaire, encadré par l'ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023 et le code de déontologie des chirurgiens-dentistes. Placer une trésorerie de précaution et capitaliser un excédent raisonnable est admis ; en revanche, faire de la société une pure machine à placements sort de son objet. L'objet social est certes inopposable aux tiers (article L. 223-18 du Code de commerce) — un placement hors objet n'est pas nul — mais il engage la responsabilité interne et déontologique du gérant.

La requalification en holding patrimoniale et la taxe LF 2026

C'est le point le plus délicat. Commençons par lever une confusion fréquente : la taxe créée par l'article 7 de la loi de finances 2026 (nouvel article 235 ter C du CGI) ne vise pas la trésorerie placée. Elle frappe à 20 % la valeur vénale des actifs somptuaires et de jouissance personnelle détenus par certaines sociétés patrimoniales — yachts, avions, véhicules de tourisme, chevaux de course, vins et alcools, bijoux, métaux précieux, logement réservé à la jouissance de l'associé. La trésorerie et les actifs financiers placés (compte à terme, OPCVM, contrat de capitalisation, ETF, SCPI) sont expressément exclus de l'assiette, et le dispositif ne s'applique qu'aux grosses structures : actifs d'au moins 5 M€, personne physique détenant au moins 50 %, revenus principalement passifs, pour les exercices clos à compter du 31 décembre 2026. Une SELARL de dentiste qui place sa trésorerie excédentaire n'est donc pas concernée (la pérennité du dispositif au-delà de 2026 restant à confirmer).

Le vrai garde-fou est ailleurs : le risque de requalification en société à prépondérance patrimoniale ou la perte d'un éventuel caractère animateur d'une holding, si l'activité réelle de soins cesse d'être prépondérante au profit de la seule gestion de placements. C'est ce rapport entre l'activité d'exercice et le poids des placements qu'il faut surveiller.

À cadrer avec votre expert-comptable

La règle de bon sens : l'activité réelle (les soins) doit rester prépondérante, et le poids des placements proportionné, pour écarter tout risque de requalification. La taxe LF 2026 sur les holdings patrimoniales, elle, ne touche pas la trésorerie placée d'une société d'exercice (voir ci-dessus) — sa pérennité au-delà de 2026 reste toutefois à confirmer. Pour la structuration durable d'une poche d'investissement, on bascule souvent vers une SPFPL de dentiste ou une holding patrimoniale, en mesurant à chaque fois l'exposition à la taxe sur les holdings patrimoniales.

En synthèse : le bon véhicule existe pour chaque besoin, mais chez nous, on regarde toujours l'objet social, l'étage de détention et le risque de requalification avant de parler rendement. Un dentiste de Chambéry qui nous appelle pour « le meilleur placement » repart d'abord avec un cadrage juridique de sa SELARL — le support vient après. C'est la méthode que nous appliquons chez Hagnéré Patrimoine, en lien avec votre expert-comptable. Le placement de la trésorerie n'est d'ailleurs qu'un des leviers du dentiste : voyez aussi nos guides sur les 6 axes d'optimisation fiscale du chirurgien-dentiste et la défiscalisation du chirurgien-dentiste.

Ce qu'il faut retenir

Une SELARL à l'IS échappe aux prélèvements sociaux : sur un placement gardé dans la société, vous ne payez que l'IS. Le contrat de capitalisation reste le socle du moyen-long terme (frottement ≈ 0,94 %/an, imposition différée). Le compte à terme et le fonds monétaire couvrent l'imprévu ; le compte-titres / ETF donne la liquidité et l'univers le plus large, au prix d'une fiscalité annuelle ; la SCPI démembrée efface l'impôt le temps du démembrement ; le private equity reste une touche minoritaire. On combine, on ne choisit pas. Et on tranche d'abord « sortir ou garder » avant le contenant.
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Sources et références légales

  • Le contrat de capitalisation à l'IS et la fiscalité des placements en société

    Art. 238 septies E CGI et doctrine BOI-BIC-PDSTK-10-20-60-20 (imposition forfaitaire annuelle des contrats de capitalisation d'une personne morale : assiette de 105 % du TME à la souscription, frottement ≈ 0,94 %/an avec un TME d'environ 3,58 % en janvier 2026, source Banque de France). Art. 219 CGI (IS 15 % jusqu'à 42 500 €, 25 % au-delà). Art. 209-0 A CGI (imposition annuelle des écarts de valeur liquidative des OPCVM détenus par une entreprise à l'IS). Art. 39 duodecies et suivants CGI (plus-values incluses dans le résultat imposable).

  • Le régime mère-fille et la transmission

    Art. 145 et 216 CGI (régime mère-fille : exonération de 95 %, détention d'au moins 5 % conservée 2 ans, quote-part de frais et charges de 5 %). Art. 990 I et 757 B CGI (abattements de transmission de l'assurance-vie, non transposables au contrat de capitalisation d'une société). Art. 787 B CGI (pacte Dutreil sur les titres de société).

  • Le coût d'une sortie en dividendes et l'absence de prélèvements sociaux en société

    Art. L. 136-6 et L. 136-7 CSS (la CSG/CRDS ne frappe que les personnes physiques : aucun prélèvement social pour une société à l'IS). Art. L. 131-6 CSS (cotisations TNS sur les dividendes de SEL au-delà de 10 % du capital). Loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 (LFSS 2026) : PFU 31,4 % en 2026 (12,8 % d'IR + 18,6 % de PS) sur les dividendes perçus en personne physique.

  • Le cadre juridique et déontologique de la société d'exercice

    Ordonnance n° 2023-77 du 08/02/2023 (exercice en SEL et SPFPL, ex-loi n° 90-1258 ; objet social et règles de l'Ordre). Art. L. 223-18 du Code de commerce (pouvoirs du gérant, inopposabilité de l'objet social aux tiers). Code de déontologie des chirurgiens-dentistes (art. R. 4127-1 et suivants du Code de la santé publique). Garde-fous : risque de requalification en holding patrimoniale. Art. 235 ter C CGI (créé par l'art. 7 de la LF 2026) : taxe de 20 % sur les actifs somptuaires de jouissance personnelle des sociétés patrimoniales (seuil 5 M€), la trésorerie et les actifs financiers placés étant exclus de l'assiette — une SELARL d'exercice n'est pas concernée (pérennité au-delà de 2026 à confirmer).

  • Le private equity et les régimes propres aux personnes physiques

    Art. 163 quinquies B CGI (exonération d'IR des distributions de FCPR / FPCI fiscaux, régime des personnes physiques non transposable tel quel à une société). BOFiP BOI-RPPM-RCM-10-30 (produits de placement à revenu fixe perçus par les sociétés). Les investissements en private equity, en SCPI et sur des unités de compte comportent un risque de perte en capital.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les cas chiffrés sont des illustrations aux taux 2026, à recalculer selon votre situation et le TME réel du mois de souscription. La taxe sur les holdings patrimoniales créée par l'article 7 de la loi de finances 2026 (article 235 ter C du CGI) vise les actifs somptuaires de jouissance personnelle des sociétés patrimoniales (seuil de 5 M€) et exclut la trésorerie et les actifs financiers placés de son assiette : une SELARL d'exercice plaçant sa trésorerie n'entre pas dans son champ ; sa pérennité au-delà de 2026 reste à confirmer. Le placement de la trésorerie d'une société d'exercice doit s'apprécier au regard de son objet social et des règles de l'Ordre, et faire l'objet d'une étude individualisée validée avec votre expert-comptable. Les chiffres et taux cités sont à jour au 9 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF / LFSS annuelles, doctrine, jurisprudence). Les contrats de capitalisation, SCPI, OPCVM, ETF et fonds de private equity en unités de compte comportent un risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Foire aux questions

Tout sur le placement de la trésorerie d'une SELARL de dentiste capitalisation, compte-titres, SCPI, monétaire et private equity.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous avec des chirurgiens-dentistes dont la SELARL accumule de la trésorerie : quel véhicule choisir, comment chacun est imposé à l'IS, le différé du contrat de capitalisation, la liquidité de chaque support, et les garde-fous. Réponses sourcées et à jour 2026.