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Guide chirurgiens-dentistes 202620 minMis à jour 25 juin 2026Page hub hauts revenus

Défiscalisation du chirurgien-dentiste : le guide complet pour piloter ses impôts en 2026

Vous êtes chirurgien-dentiste, votre bénéfice BNC ou votre SEL vous place dans la tranche à 41 puis 45 %, et chaque automne on vous propose des « produits de défisc » qui, à votre niveau, ne réduisent presque plus rien. La raison tient souvent en quatre lettres : la CDHR, cet impôt minimum de 20 % du revenu fiscal de référence qui, avec la CEHR, neutralise les réductions d'impôt plafonnées à 10 000 €. À ce niveau, on ne joue plus le taux : on joue l'assiette et le report. On va trier les 6 leviers qui tiennent encore la route — et désigner ceux qu'on devrait arrêter de vous vendre. À l'appui, un cas chiffré : sur un BNC de 200 000 €, environ 23 000 € d'impôt en moins, en se constituant retraite et protection, sans la moindre niche. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

STRATÉGIE CHIRURGIEN-DENTISTE 2026

Faire le tri de votre défisc et piloter votre RFR sous les seuils

Audit de votre situation de chirurgien-dentiste : plafond PER 154 bis, prévoyance Madelin du geste, bascule SELARL / IS et SPFPL, apport-cession 150-0 B ter, murs du cabinet en SCI et immobilier d'assiette, et calibrage face à la CEHR et à la CDHR. Cabinet 100 % indépendant, modélisation chiffrée avec votre expert-comptable.

  • Calcul de votre exposition CEHR / CDHR
  • Stratégie report vs réduction d'assiette
  • Plafond PER 154 bis exact
  • Cabinet 100 % indépendant

TMI CIBLE

41 - 45 %

CDHR — IMPÔT MINIMUM

20 % du RFR

PER DÉDUCTIBLE MAX

88 911 €

PRÉVOYANCE MADELIN

~11 534 €

IS CAPITALISÉ

15 / 25 %

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1LE DIAGNOSTIC·3 MIN

Combien d'impôt paie vraiment un chirurgien-dentiste en 2026 ?

L'essentiel en 30 secondes

Le constat d'abord : à 41-45 % de TMI, avec la CEHR (article 223 sexies) et, pour les plus hauts revenus, la CDHR (article 224, impôt minimum de 20 % du RFR), une bonne partie des produits de défiscalisation ne vous servent plus — ils sont plafonnés (niches à 10 000 €) puis neutralisés par la CDHR. D'où une grille de lecture inversée : on privilégie le report (bénéfice laissé dans une SELARL à l'IS, apport-cession 150-0 B ter), puis la réduction d'assiette (PER jusqu'à 88 911 €, prévoyance Madelin, déficit foncier, Monuments Historiques, nue-propriété), et loin derrière, la réduction d'impôt — les seuls leviers qui font baisser le RFR lui-même. Ce qui pilote tout, ce n'est jamais le taux affiché d'un avantage, mais votre revenu fiscal de référence. Tout ce guide déroule ce tri, cas chiffré à l'appui.

Un chirurgien-dentiste libéral — omnipraticien, orthodontiste, implantologue, parodontiste — exerce le plus souvent en secteur 1 conventionné, mais dégage un bénéfice BNC ou une rémunération de SEL élevés qui le placent dans la tranche à 41 % dès environ 84 577 € par part, puis à 45 % au-delà d'environ 181 917 € par part (article 197 du CGI). Raisonner sur le seul taux marginal vous ferait passer à côté de l'essentiel : à votre niveau, l'impôt ne se résume pas au barème. Il s'empile.

Cet empilement a quatre étages. Le barème, jusqu'à 45 %. Au-dessus, les prélèvements sociaux sur vos revenus du capital (17,2 % ou 18,6 % selon le support, on y revient). La CEHR ensuite, la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (article 223 sexies), qui frappe le revenu fiscal de référence au-delà de 250 000 €. Et celle qui change tout pour les plus hauts revenus en 2026, la CDHR (article 224) : un impôt minimum de 20 % du RFR. Le tableau ci-dessous met cet empilement à plat.

L'empilement fiscal du chirurgien-dentiste à hauts revenus en 2026. Le vrai sujet n'est plus seulement la tranche à 45 %, mais le plancher de 20 % du RFR imposé par la CDHR au-delà des seuils.
ÉtageTexteBase de calculTaux / seuil 2026
IR au barèmeart. 197 CGIRevenu net imposable par part0 / 11 / 30 / 41 / 45 % — tranche à 45 % > ~181 917 €/part
CEHRart. 223 sexies CGIRevenu fiscal de référence3 % de 250 k€ à 500 k€, 4 % au-delà (célibataire) ; 500 k€ / 1 M€ (couple)
CDHRart. 224 CGIRFR retraitéImpôt minimum de 20 % si RFR > 250 k€ (seul) / 500 k€ (couple)
Prélèvements sociauxLFSS 2026Revenus du capital, selon support17,2 % (foncier, AV) ou 18,6 % (PER, FPCI, dividendes)

Le point de bascule, ce n'est donc pas votre taux marginal, c'est cet empilement — et, pour les plus hauts revenus, ce plancher de 20 % du RFR. C'est lui qui rend inutile une partie des produits de défiscalisation qu'on vous propose, et c'est précisément ce que ce guide va trier. Pour le panorama d'ensemble du libéral fortement imposé, voyez la profession libérale à hauts revenus face à l'impôt et le hub défiscalisation du libéral.

Secteur 1 conventionné : pas de niche fiscale, mais la PCV de la CARCDSF

Le chirurgien-dentiste est très majoritairement conventionné secteur 1. Soyons clairs : le conventionnement n'ouvre aucune fiscalité de faveur propre. Vos honoraires sont du BNC ordinaire, imposé plein pot au barème. La seule vraie différence est sociale : le praticien conventionné bénéficie de la PCV (prestation complémentaire de vieillesse) servie par la CARCDSF, cofinancée pour les deux tiers par l'Assurance Maladie. Une couverture utile, mais qui ne dispense pas de se constituer une retraite complémentaire (section 12).
§ 2LA CONTRAINTE·4 MIN

La CDHR et la CEHR : les deux plafonds qui changent tout

Deux contraintes encadrent toute votre optimisation, et ce sont elles qui trient ce qui marche encore de ce qui ne sert plus à rien. La seconde, la CDHR, est celle qui a tout changé pour un praticien à hauts revenus.

La CEHR (article 223 sexies du CGI) : la surtaxe permanente

La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus existe depuis 2012. Malgré son nom, elle est permanente. Elle frappe le revenu fiscal de référence (RFR), sans quotient familial : 3 % sur la fraction de RFR comprise entre 250 000 € et 500 000 € pour un célibataire (entre 500 000 € et 1 000 000 € pour un couple), puis 4 % au-delà. Un mécanisme de lissage existe pour les revenus exceptionnels. L'essentiel tient en une ligne : son assiette est le RFR, donc tout ce qui abaisse votre RFR abaisse mécaniquement la CEHR.

La CDHR (article 224 du CGI) : l'impôt minimum de 20 % du RFR

C'est elle qui rebat les cartes pour les plus hauts revenus. La contribution différentielle sur les hauts revenus garantit que votre imposition globale atteigne au moins 20 % de votre revenu fiscal de référence retraité, dès que ce RFR dépasse 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple). Si votre impôt « normal » (IR au barème + part forfaitaire de l'IR + CEHR + certaines majorations) tombe en dessous de ce seuil de 20 %, la CDHR vient combler la différence. C'est, littéralement, un impôt plancher. À la différence de la CEHR, elle est réservée aux résidents fiscaux français.

Et ce ne sont pas des références théoriques : la CDHR a une histoire législative précise. Elle a été créée par l'article 10 de la loi de finances 2025 (loi n° 2025-127 du 14 février 2025), validée par le Conseil constitutionnel (décision n° 2025-874 DC du 13 février 2025). Elle a été reconduite par la loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026), validée par le Conseil constitutionnel (décision n° 2026-901 DC du 19 février 2026), jusqu'au retour du déficit public sous 3 % du PIB. Sa pérennité au-delà de cette échéance reste, elle, conditionnelle.

Le calcul de la CDHR (principe)

CDHR due = max( 0 ;  20 % x RFR retraite
                        - [ IR au bareme
                          + part IR du prelevement forfaitaire 12,8 %
                          + CEHR
                          + certaines majorations ] )

Majorations : + 1 500 EUR par personne a charge
              + 12 500 EUR pour un couple soumis a imposition commune

Les prélèvements sociaux (17,2 % ou 18,6 %) ne figurent PAS au numérateur : ils ne « comptent » pas pour atteindre le plancher de 20 %. C'est pour cela que des dividendes de SELARL au PFU (12,8 % d'IR seulement) peuvent déclencher la CDHR. Une décote atténuerait l'entrée dans la contribution lorsque le RFR retraité reste sous 330 000 € (célibataire) ou 660 000 € (couple) ; le coefficient exact est à confirmer. Un acompte d'environ 95 % serait versé en décembre. Ces modalités fines sont formulées au conditionnel.

Pas (encore) de doctrine BOFiP sur la CDHR

À la date de ce guide, l'administration n'a pas publié de doctrine BOFiP détaillant la CDHR. Le périmètre exact du RFR retraité (revenus minorés ou réintégrés, traitement des plus-values en report, des dons et réductions, mécanique précise de la décote et de l'acompte) reste à confirmer au simulateur officiel impôts.gouv.fr. En conséquence, tous les cas chiffrés de ce guide sont des ordres de grandeur à recalculer, et nous formulons au conditionnel le détail fin du calcul.

Célibataire ou couple : la situation familiale change tout

Un point que beaucoup de dentistes découvrent en rendez-vous. Un praticien célibataire à 300 000 € de RFR est dans le champ de la CEHR et de la CDHR (seuils à 250 000 €). Un couple de dentistes dont le foyer déclare la même somme, voire davantage jusqu'à 500 000 €, reste sous le seuil applicable aux couples : il est alors hors champ de la CDHR et de la CEHR. À revenu identique, la composition du foyer change le verdict. Précisez-la systématiquement dans chaque simulation.

La leçon centrale : on ne joue plus le taux, on joue l'assiette et le report

Tirons-en la conséquence qui structure tout le reste. Une réduction d'impôt qui ferait passer votre IR sous 20 % du RFR est purement et simplement reprise par la CDHR. Verser dans un produit de défisc « pour effacer l'impôt » ne sert donc plus à rien au-delà des seuils : la CDHR rattrape l'avantage. La seule stratégie qui tient consiste à sortir du revenu de l'année (report) ou à baisser le RFR lui-même (réduction d'assiette). Pour la mécanique détaillée des deux surtaxes, voyez la CDHR expliquée en détail (chez le médecin spécialiste) et la mécanique des deux surtaxes des hauts revenus.
§ 3LA MÉTHODE·3 MIN

Réduction d'impôt, réduction d'assiette, report : la grille de lecture

C'est la grille de lecture que je pose devant chaque dentiste en rendez-vous. Tous les « avantages fiscaux » ne se valent pas : il en existe trois familles, et face à la CDHR, deux seulement tiennent debout.

Réduction d'impôt — neutralisée

FIP, FCPI, Girardin, Sofica, Malraux. L'avantage vient en diminution de l'IR, dans le plafond global des niches de 10 000 € (art. 200-0 A ; 18 000 € avec Girardin / Sofica). Problème : dès que l'IR passe sous le plancher de 20 % du RFR, la CDHR reprend l'avantage. À hauts revenus, ce levier est largement neutralisé.

Réduction d'assiette — efficace

PER et prévoyance Madelin (154 bis), déficit foncier, Monuments Historiques, nue-propriété / démembrement. L'avantage baisse le revenu imposable, donc le RFR lui-même. Hors plafond des niches, il abaisse aussi l'assiette de la CDHR et de la CEHR. C'est efficace, même à très hauts revenus.

Et il existe une troisième famille, souvent celle qui pèse le plus lourd pour un dentiste qui exerce en société : le report, en tête de la hiérarchie. Le bénéfice non distribué d'une SELARL à l'IS, ou la plus-value placée en report via l'apport-cession (article 150-0 B ter), sort tout simplement le revenu de votre déclaration de l'année. Ce revenu n'entre alors pas dans le RFR, et la plus-value en report est même retirée du revenu retraité de la CDHR.

Le tri par levier : un avantage n'est efficace contre la CDHR que s'il baisse le RFR ou sort le revenu de l'année. C'est la lecture qu'aucune plaquette commerciale ne vous donne.
LevierEffet sur l'IRBaisse le RFR ?Neutralisé par la CDHR ?
PER / Madelin (154 bis)Oui — déduction d'assietteOuiNon — efficace
Prévoyance MadelinOui — déduction d'assietteOuiNon — efficace (+ protège le geste)
SEL à l'IS / pilotage rémunérationOui — reportOui (sort le revenu)Non — efficace
Apport-cession 150-0 B terReport de la plus-valuePV retirée du RFR retraitéNon — efficace
Déficit foncier / MH / démembrementOui — déduction d'assietteOuiNon — efficace
FIP / FCPI / Malraux / GirardinRéduction d'impôtNonOui — rattrapée
FCPR / FPCI (163 quinquies B)Exonération d'IR des gainsNon (mais hors plafond niches)Non, mais ne baisse pas le RFR

La méthode, dans l'ordre

Concrètement : 1) saturez les déductions d'assiette (PER, prévoyance Madelin, déficit foncier) avant toute réduction plafonnée ; 2) arbitrez le report en société (SELARL à l'IS) sur la part de bénéfice que vous ne consommez pas ; 3) ne courez après une niche (FIP, Girardin) que si votre RFR est déjà passé sous les seuils CEHR / CDHR. Le plafond global des niches de 10 000 € (article 200-0 A) ne vise que les réductions et crédits d'impôt, jamais les déductions d'assiette ni les reports : c'est toute la différence.
Hagnéré Patrimoine

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Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 4LEVIER 1 — ASSIETTE·3 MIN

Levier n°1 : le PER / Madelin au plafond (jusqu'à 88 911 €)

C'est le levier d'assiette le plus efficace à votre disposition, et il devrait être votre premier réflexe d'épargne. Le plan d'épargne retraite déductible n'est pas une réduction d'impôt : c'est une déduction du revenu. Il baisse donc à la fois votre IR et votre RFR — précisément ce que la CDHR récompense.

En tant que travailleur non salarié (BNC, ou gérant majoritaire de SELARL), vous bénéficiez du plafond spécifique de l'article 154 bis du CGI, bien plus large que celui des salariés : 10 % de votre bénéfice imposable (dans la limite de 8 PASS) majorés de 15 % de la fraction comprise entre 1 et 8 PASS. Le PASS 2026 est de 48 060 €. Un dentiste dont le bénéfice dépasse 384 480 € (8 PASS) atteint le plafond maximal de 88 911 €.

Le plafond PER TNS du dentiste en 2026, du plancher au maximum

PLAFOND PER TNS = 10 % x benefice (dans la limite de 8 PASS)
                + 15 % x (min(benefice, 8 PASS) - 1 PASS)

PASS 2026 = 48 060 EUR   |   8 PASS = 384 480 EUR

PLANCHER = 10 % x 1 PASS                    = 4 806 EUR
MAXIMUM  = 10 % x 384 480
         + 15 % x (384 480 - 48 060)
         = 38 448 + 50 463                  = 88 911 EUR

CAS DENTISTE BNC 200 000 EUR :
         = 10 % x 200 000
         + 15 % x (200 000 - 48 060)
         = 20 000 + 22 791                  = 42 791 EUR

Pour un dentiste à 200 000 € de BNC, le plafond 154 bis est de l'ordre de 42 791 €. À une TMI de 41-45 %, déduire ce montant représente de l'ordre de 17 500 à 19 250 € d'impôt en moins, et un RFR abaissé d'autant.

L'effet est double. D'abord l'économie d'IR immédiate, qui vaut approximativement votre versement × votre TMI. Ensuite, et c'est ce qui compte au-delà des seuils, le RFR baisse du montant versé : le PER agit donc sur l'assiette de la CEHR et de la CDHR. Attention toutefois : cette déduction joue sur l'IR seul ; elle n'allège ni vos cotisations TNS ni votre retraite CARCDSF, et le plafond n'est pas reportable une fois consommé au titre du 154 bis.

PER de droit commun, report des plafonds et sortie à 18,6 %

Si vous exercez en SELAS (gérant assimilé salarié) ou que vous versez à titre privé, c'est l'article 163 quatervicies qui s'applique : la loi de finances 2026 a porté le report des plafonds non utilisés de 3 à 5 ans (un mécanisme distinct du 154 bis, qui n'est pas reportable). Une précision honnête sur la sortie : depuis la LFSS 2026, les prélèvements sociaux sur les gains du PER sont de 18,6 % (CSG 10,6 + CRDS 0,5 + solidarité 7,5), et non 17,2 % comme pour l'assurance-vie. Le détail de cette dualité : la dualité 18,6 % / 17,2 % des prélèvements sociaux 2026.

Le PER face à la CDHR : pertinent, mais à simuler

Une précision, pour ne pas survendre. Le PER baisse le RFR, donc il agit sur l'assiette de la CDHR : à ce titre, il reste pertinent. Mais la CDHR se calcule sur un RFR retraité selon des modalités encore imparfaitement documentées (pas de doctrine BOFiP), de sorte que le rendement marginal d'un versement peut, selon votre situation, être atténué. Il ne faut donc pas écrire que « le PER échappe à la CDHR » : il faut le simuler au cas par cas avec votre expert-comptable. Cela reste l'un des leviers les plus efficaces, d'autant qu'il prépare une retraite que la CARCDSF ne suffira pas à couvrir.

Note de méthode : une déduction n'est pas un placement garanti

Distinguons bien deux choses. L'économie d'impôt (versement × TMI) est, elle, certaine : c'est de l'impôt que vous ne payez pas cette année. En revanche, le capital qui en résultera à la retraite dépend de la performance du support choisi (fonds euros, unités de compte) et reste exposé à un risque de perte en capital sur les UC. Méfiez-vous des projections « rendement linéaire » qu'on déroule en plaquette : les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et le PER reste bloqué jusqu'à la retraite (hors cas de déblocage anticipé, dont l'achat de la résidence principale). On choisit un PER pour le couple « déduction aujourd'hui + retraite demain », pas pour un rendement promis.

Pour le calcul détaillé, support par support, et le chiffrage du gain selon vos revenus, voyez combien un dentiste économise avec un PER selon vos revenus et combien déduire avec le PER d'une profession libérale (154 bis).

§ 5LEVIER 2 — PROTÉGER LE GESTE·3 MIN

Levier n°2 : la prévoyance Madelin, protéger le geste avant tout

C'est le levier que la plupart des plaquettes oublient, et qui devrait pourtant venir juste après le PER chez un dentiste — parfois même avant. La raison est simple : votre revenu dépend entièrement de votre geste, et un geste s'abîme.

La prévoyance et la complémentaire santé Madelin relèvent du même article 154 bis que le PER, mais elles disposent d'une enveloppe de déduction distincte : de l'ordre de 7 % du PASS + 3,75 % du bénéfice, dans une limite globale d'environ 11 534 € en 2026 (avec un plancher de 7 % du PASS, soit ≈ 3 364 €). Une enveloppe de perte d'emploi existe en sus (1,875 % du bénéfice ou 2,5 % du PASS). Ce plafond se cumule avec celui du PER retraite : ce sont deux déductions différentes.

Pourquoi la prévoyance est prioritaire pour un dentiste

Le chirurgien-dentiste a un risque d'invalidité élevé par dépendance physique au geste : acuité visuelle, dextérité fine, posture, dos et cervicales, troubles musculo-squelettiques (TMS). Une incapacité du geste, même partielle, peut arrêter votre activité sans correspondre à une invalidité médicale totale. Or la couverture invalidité-décès de la CARCDSF (votre caisse de retraite et de prévoyance, jamais la CARMF) reste limitée et plafonnée. D'où la priorité : un contrat de prévoyance Madelin à barème professionnel, qui indemnise spécifiquement l'incapacité d'exercer votre métier, pas seulement l'invalidité médicale.

Le bénéfice est double. D'un côté, la cotisation est déductible du BNC (article 154 bis) : elle baisse votre IR et votre RFR, donc l'assiette de la CEHR et de la CDHR — exactement comme le PER. De l'autre, elle protège le revenu qui finance tout le reste. La phrase que je répète en rendez-vous : on ne défiscalise pas un revenu qu'on n'est plus capable de produire. Avant de chercher la moindre niche, sécurisez d'abord la source.

Exemple chiffré : le cas d'un canal carpien à 45 ans

Pour mesurer l'enjeu, prenons un cas d'école. Une praticienne de 45 ans, 120 000 € de BNC, développe un syndrome du canal carpien qui l'empêche de tenir l'instrumentation plus de quelques heures par jour. Médicalement, elle n'est pas « invalide » : elle peut conduire, écrire, vivre normalement. Mais elle ne peut plus exercer son métier à plein. Une couverture CARCDSF, calée sur l'invalidité médicale, ne déclenchera qu'une fraction limitée. Un contrat Madelin à barème professionnel, lui, indemnise précisément l'incapacité d'exercer la profession de chirurgien-dentiste : c'est la garantie qui transforme un drame financier en simple passage difficile. Vérifiez toujours, dans votre contrat, que la définition de l'invalidité est professionnelle (métier) et non seulement fonctionnelle (barème médical). Illustration, à valider sur vos garanties réelles.

Pour le détail des garanties et le calibrage des cotisations, voyez la prévoyance Madelin du libéral en détail et, côté entreprise, la prévoyance du dirigeant.

§ 6LEVIER 3 — REPORT·4 MIN

Levier n°3 : la SELARL à l'IS et la holding SPFPL (le report)

On arrive au levier qui pèse le plus lourd sur votre RFR dans la durée — et, de loin, le plus mal compris. L'idée n'est pas de payer moins d'impôt sur ce que vous consommez, mais de ne pas faire remonter à votre déclaration personnelle le bénéfice que vous ne consommez pas.

Capitaliser dans la SELARL plutôt que tout sortir

Tant que vous exercez en BNC, l'intégralité de votre bénéfice est imposée à votre nom, au barème, qu'elle soit consommée ou non. En SELARL (ou SELAS) à l'impôt sur les sociétés, le bénéfice que vous laissez dans la société est imposé à l'IS — 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice (sous conditions PME), puis 25 % (article 219) — et ne remonte pas à votre RFR. Vous décidez de ce que vous vous versez, donc vous pilotez directement l'assiette de la CDHR. Le cadre juridique est l'ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023, qui a recodifié le droit des SEL et des SPFPL (l'ancienne loi n° 90-1258 du 31 décembre 1990). La détention de la SEL et l'inscription au tableau relèvent du Conseil national de l'Ordre des chirurgiens-dentistes (ONCD). La société n'a d'intérêt que sur la part du bénéfice que vous n'avez pas besoin de consommer ; sur ce que vous sortez pour vivre, le gain est nul.

La SPFPL et le régime mère-fille

Au-dessus de votre SELARL, vous pouvez interposer une SPFPL (société de participations financières de profession libérale), une holding dédiée aux libéraux. Les dividendes remontés de la SEL vers la SPFPL bénéficient du régime mère-fille : ils sont exonérés à 95 % (articles 145 et 216), seule une quote-part de frais et charges de 5 % étant imposée — soit un frottement effectif d'environ 1,25 % (et même de l'ordre de 0,25 % en intégration fiscale). De quoi capitaliser et réinvestir votre trésorerie de dentiste avant impôt, bien plus efficacement qu'une distribution directe au PFU de 31,4 %.

Le piège des dividendes au-delà de 10 % du capital

Attention au mythe du montage « magique ». La fraction de dividendes que vous percevez personnellement au-delà de 10 % du capital social (majoré des primes d'émission et du solde moyen des comptes courants) est réintégrée dans l'assiette de vos cotisations TNS (article L. 131-6 du Code de la sécurité sociale), une règle validée par le Conseil constitutionnel (décision n° 2010-24 QPC du 6 août 2010). Et la Cour de cassation a jugé — dans une affaire qui visait directement un chirurgien-dentiste en SELARL détenue par une SPFPL — que l'interposition de la holding ne fait pas écran à cette réintégration (Cass. 2e civ. 19 octobre 2023, n° 21-20.366). La portée exacte se lit au cas par cas. Par ailleurs, le Conseil d'État impose désormais de ventiler la rémunération « technique » de l'associé (imposée en BNC) de la rémunération de gérance (CE 8 avril 2025, n° 492154) — ce qui peut affecter l'assiette de votre plafond PER 154 bis. Bref : la structuration est puissante, mais elle se construit avec un conseil, dans le respect de la déontologie de l'ONCD.

Statut social et arbitrage salaire / dividendes

Votre statut conditionne tout. En SELARL avec gérance majoritaire, vous êtes TNS : les dividendes au-delà de 10 % du capital sont cotisés. En SELAS (ou gérance minoritaire), vous êtes assimilé salarié : les dividendes échappent aux cotisations sociales et sortent au PFU à 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux en 2026), mais votre rémunération supporte des charges plus lourdes. L'arbitrage se chiffre dossier par dossier. Pour creuser, voyez la SPFPL du dentiste : trésorerie et transmission, SELARL ou SELAS : quelle structure choisir, les dividendes de SEL au-delà de 10 % et les cotisations TNS et la holding patrimoniale et le régime mère-fille.
§ 7LE REPORT PAR EXCELLENCE·3 MIN

Levier n°4 : l'apport-cession (150-0 B ter), le report par excellence

L'apport-cession en 30 secondes

Concrètement : avant de vendre votre cabinet, vous apportez vos titres à une holding que vous contrôlez, ce qui gèle l'impôt sur la plus-value (report de l'article 150-0 B ter) au lieu de le payer l'année de la vente. Pour un dentiste exposé à la CDHR, le bénéfice est double : non seulement l'impôt est différé, mais la plus-value en report sort du revenu retraité qui sert à calculer la contribution. La contrepartie : en cas de revente rapide des titres, la holding doit réinvestir l'essentiel du produit dans l'économie réelle. C'est du report pur, jamais une exonération — et jamais un montage à improviser seul.

Si un jour vous cédez vos titres de SELARL, votre patientèle valorisée en titres, ou votre part dans un centre dentaire, vous risquez une plus-value lourdement taxée l'année de la vente. Pour ce cas précis, l'apport-cession est l'outil de report le plus efficace.

Le principe : avant de vendre, vous apportez vos titres à une holding que vous contrôlez. La plus-value d'apport est alors placée en report d'imposition (article 150-0 B ter du CGI) : elle n'est pas imposée l'année de l'opération. Mieux encore pour un dentiste exposé à la CDHR : cette plus-value en report est retirée du revenu retraité servant au calcul de la contribution. C'est un report, pas une exonération : l'impôt sera dû plus tard, en cas d'événement déclencheur — mais le différé peut durer des années. La notion de contrôle est présumée acquise à partir de 33,33 % des droits de vote ou des bénéfices, dès lors qu'aucun autre associé n'en détient davantage (et au-delà par la majorité ou le contrôle de fait).

La contrepartie : si la holding cède les titres apportés dans les trois ans, elle doit réinvestir au moins 70 % du produit de cession dans les 36 mois dans une activité économique éligible (ou des parts de fonds type FCPR / FPCI), faute de quoi le report tombe ; les actifs de remploi doivent ensuite être conservés au moins cinq ans. Ce seuil de 70 % (relevé par rapport à 60 %) et ce délai de trois ans (au lieu de deux) sont issus d'un durcissement de la loi de finances 2026 ; nous les signalons au conditionnel, à confirmer au texte. Au-delà de trois ans de détention, la holding cède librement, sans obligation de remploi. À la sortie, la levée du report se fait au PFU de 31,4 % ; le report se purge au décès et se transfère en cas de donation (purge selon une conservation de 6 ou 11 ans). Une soulte éventuelle ne doit pas dépasser 10 % de la valeur nominale des titres reçus.

Pas de montage artificiel : l'abus de droit veille

L'apport-cession est un outil légal et reconnu, mais il n'échappe pas au contrôle de l'abus de droit (article L. 64 du Livre des procédures fiscales). La jurisprudence est exigeante : le réinvestissement doit traduire un réel projet économique (origine de l'exigence de remploi : CE 22 septembre 2017, n° 416027 et 416029), et les conditions de soulte ou de garantie sont surveillées (CE 29 septembre 2023, n° 471003). Un apport-cession monté à seule fin fiscale, sans substance, est requalifiable. C'est typiquement un montage à construire avec un conseil, jamais en autonomie. Le détail est traité dans l'apport-cession (150-0 B ter) pour reporter l'impôt sur la plus-value.
§ 8LEVIER 5 — L'IMMOBILIER D'ASSIETTE·4 MIN

Levier n°5 : l'immobilier qui baisse le RFR (à commencer par les murs du cabinet)

En immobilier, deux dentistes au même niveau de revenu peuvent acheter le même immeuble et obtenir un résultat fiscal opposé, selon qu'ils visent une réduction d'impôt (neutralisée par la CDHR) ou une réduction d'assiette (efficace). Et chez un dentiste, le premier réflexe immobilier est souvent sous ses pieds : les murs de son cabinet.

Acheter les murs du cabinet en SCI

Plutôt que de louer vos locaux à un tiers, vous pouvez les acquérir via une SCI et les louer à votre SEL. Côté SEL, le loyer est une charge déductible ; côté SCI, c'est un revenu foncier. La SCI à l'IR assure la transparence et ouvre le déficit foncier ; la SCI à l'IS permet d'amortir les murs (loyers peu fiscalisés) mais la plus-value n'est pas purgée et le régime est plus lourd à la sortie. C'est avant tout un levier patrimonial et de transmission qui sécurise votre outil de travail. Le détail : acheter les murs de son cabinet dentaire en SCI et, plus largement, acheter les murs de son cabinet en SCI.

Le déficit foncier (location nue)

Quand vous achetez un bien ancien à rénover et que vous le louez nu, les travaux déductibles s'imputent sur vos revenus fonciers, et l'excédent sur votre revenu global jusqu'à 10 700 € par an (porté à 21 400 € pour des travaux de rénovation énergétique permettant de sortir le bien du statut de passoire thermique — dispositif applicable aux travaux payés jusqu'au 31 décembre 2027, sous réserve de confirmation au texte). Le surplus est reportable dix ans. C'est une pure réduction d'assiette : elle baisse votre RFR, donc l'assiette de la CDHR. Bon à savoir : les prélèvements sociaux sur les revenus fonciers restent à 17,2 % en 2026 (et non 18,6 %).

La nue-propriété et le démembrement

Pour un dentiste déjà fortement imposé, la nue-propriété est sans doute le levier d'assiette le plus net. Vous achetez la nue-propriété d'un bien (avec une décote d'environ 25 à 40 % sur le prix de la pleine propriété), l'usufruit étant détenu temporairement par un bailleur, souvent institutionnel. Pendant toute la durée du démembrement, vous ne percevez aucun loyer : votre RFR n'augmente pas d'un euro, ce qui est précieux quand on cherche à rester sous les seuils. Le bien échappe à l'IFI pour le nu-propriétaire (article 968, barème de l'article 669), et la reconstitution de la pleine propriété au terme n'est pas taxée (article 1133). Hors plafond des niches, sans revenu imposable : idéal pour votre profil.

Monuments Historiques — déduction d'assiette

Articles 156 II 1° ter et 156 bis du CGI : déduction des charges et travaux du revenu global, sans plafonnement de niches. C'est une DÉDUCTION D'ASSIETTE : elle baisse le RFR et n'est donc PAS neutralisée par la CDHR. L'outil immobilier des très hauts revenus exposés à la contribution. Engagement de conservation de 15 ans, bien exigeant à sélectionner.

Malraux — réduction d'impôt

Article 199 tervicies du CGI : réduction d'impôt de 22 % ou 30 % des travaux, hors plafond des niches mais qui reste une RÉDUCTION D'IMPÔT. Donc partiellement reprise par la CDHR dès que l'IR passe sous le plancher de 20 %. Pertinent seulement si votre IR effectif reste durablement au-dessus de ce seuil.

LMNP : un point de vigilance (et une zone grise sur les PS)

La location meublée non professionnelle (LMNP) permet d'amortir le bien pour neutraliser le BIC, mais ce n'est pas un levier d'assiette sur le revenu global : le déficit LMNP ne s'impute pas sur vos autres revenus. Son intérêt, c'est une base imposable proche de zéro, pas un taux. Et la réforme Le Meur (codifiée à l'article 150 VB III du CGI) réintègre, pour les cessions intervenues à compter du 15 février 2025, les amortissements déduits dans le calcul de la plus-value de cession. Enfin, les prélèvements sociaux du LMNP relèvent d'une zone grise en 2026 : certains praticiens retiennent 17,2 %, l'analyse « produits de placement » tend vers 18,6 %. Nous le signalons et le formulons au conditionnel.

Note de méthode : l'immobilier reste un investissement, pas une niche

La règle tient en une phrase : un avantage fiscal ne crée jamais de valeur à lui seul. Tout investissement immobilier — murs du cabinet, déficit foncier, Monuments Historiques, nue-propriété, LMNP — comporte un risque de perte en capital, une liquidité réduite et une dépendance au marché local. Les économies d'impôt citées ici sont des ordres de grandeur aux taux 2026, pas des rendements garantis. La vraie question reste : « voudrais-je détenir ce bien même sans la moindre carotte fiscale ? » Pour cadrer le bon dispositif, voyez le déficit foncier en détail, les Monuments Historiques et le démembrement et la nue-propriété.
§ 9LEVIER 6 — TRIÉ·2 MIN

Levier n°6 : le capital-investissement bien trié (FPCI vs FIP / FCPI)

Chaque automne, c'est le rayon le plus achalandé : la plaquette FCPI « −18 % » qui arrive par mail entre deux patients. Et c'est précisément là que le tri par la CDHR est le plus brutal. Deux produits qui se ressemblent sur la plaquette commerciale n'ont rien à voir au plan fiscal : le FIP/FCPI d'un côté, le FPCI de l'autre.

FIP et FCPI : le levier laminé en 2026

Les FIP (fonds d'investissement de proximité) et FCPI (fonds communs de placement dans l'innovation) offrent une réduction d'impôt de 18 % des versements (article 199 terdecies-0 A), dans la limite de 12 000 € (24 000 € pour un couple). Problème pour vous : cette réduction entre dans le plafond des niches de 10 000 € et se trouve neutralisée par la CDHR dès que votre IR passe sous le plancher de 20 %. Pire, la loi de finances 2026 a exclu les FCPI de la réduction d'impôt pour les versements effectués à compter du 21 février 2026, sauf les FCPI investis en titres de jeunes entreprises innovantes (JEI).

FPCI : l'exonération de plus-value (article 163 quinquies B)

Le FPCI (fonds professionnel de capital-investissement) « fiscal » joue sur une tout autre mécanique. Le souscripteur personne physique qui conserve ses parts au moins 5 ans et réinvestit les distributions bénéficie d'une exonération d'impôt sur le revenu sur les distributions et la plus-value de cession (article 163 quinquies B), sous condition de quota d'investissement du fonds. Ce n'est pas une réduction d'impôt : c'est une exonération, donc elle n'est pas neutralisée par la CDHR. Deux réserves : les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus sur les gains, et surtout vos parts sont bloquées huit à dix ans, avec un vrai risque de perdre une partie de votre capital. Un FPCI ne se souscrit jamais pour sa ligne fiscale : on l'achète parce qu'on croit à la classe d'actifs, en acceptant le blocage et le risque de perte.

FPCI (exonération) plutôt que FCPI (réduction laminée)

Si vous voulez exposer une part de patrimoine au non-coté, le FPCI relevant du 163 quinquies B (exonération, non neutralisée par la CDHR) est généralement plus pertinent que le FIP / FCPI (réduction d'impôt plafonnée et neutralisée, FCPI exclus depuis le 21/02/2026 sauf JEI). Mais l'arbitrage ne se fait jamais sur la seule ligne fiscale : le risque de perte en capital et l'illiquidité longue priment, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Pour comprendre le capital-investissement et ses risques, voyez le capital-investissement (private equity) : FPCI, FCPR et leurs risques.
§ 10LE CAS CHIFFRÉ·4 MIN

Cas chiffré : un chirurgien-dentiste à 200 000 € de BNC

Prenons le dossier qu'on voit le plus souvent arriver en rendez-vous : une chirurgienne-dentiste omnipraticienne à 200 000 € de bénéfice BNC, célibataire. C'est le profil pour lequel la grille de lecture fait toute la différence — et qui montre que, sous les seuils CEHR / CDHR, le levier d'assiette reste pleinement utile contre l'IR au barème.

Camille, omnipraticienne, BNC 200 000 €, célibataire

Étape 0 — la situation nue. Revenu imposable ≈ 200 000 €. IR au barème de l'ordre de 66 500 € (taux moyen ≈ 33 %, fraction haute à 45 % au-delà de 181 917 €). CEHR : 0 (RFR < 250 000 €). CDHR : non déclenchée (RFR < 250 000 €). À ce stade, la CDHR n'est pas son sujet : mais le levier d'assiette reste très utile pour faire baisser l'IR au barème.

Étape 1 — PER au plafond. Plafond 154 bis ≈ 10 % × 200 000 + 15 % × (200 000 − 48 060) = 42 791 €. Si elle verse ce montant, économie d'IR de l'ordre de 17 500 à 19 250 € (fraction à 41-45 %), et RFR ramené à ≈ 157 000 €.

Vient ensuite la prévoyance Madelin. Environ 11 534 € déductibles supplémentaires, qui couvrent le risque du geste et réduisent encore l'IR et le RFR.

Bilan. Revenu imposable ramené de 200 000 € à ≈ 145 000 € ; IR ramené d'environ 66 500 € à ≈ 43 500 €, soit de l'ordre de 23 000 € d'impôt en moins — dont une bonne part finance sa retraite et sa protection. Si elle exerce en cabinet de groupe avec une SCM, cela ne change rien à ce calcul (la SCM n'est pas un placement).
Camille, BNC 200 k€ : 200 000 − 42 791 (PER) − 11 534 (prévoyance) ≈ 145 000 € de revenu imposable. Le gain ne vient pas d'une niche, mais d'avoir baissé l'assiette tout en se constituant retraite et protection. Sous les seuils, la CDHR ne joue pas, mais le réflexe d'assiette reste gagnant. Illustration aux taux 2026, à recalculer avec votre expert-comptable.
ScénarioRevenu imposableIR estiméBénéfice
Sans optimisation≈ 200 000 €≈ 66 500 €Tout le revenu exposé au barème
PER 42 791 € + prévoyance 11 534 €≈ 145 000 €≈ 43 500 €≈ 23 000 € d'IR en moins + retraite + protection
+ un FIP « −18 % » (le réflexe à interroger)InchangéRéduction plafonnée (niches 10 000 €)Argent immobilisé sans baisse de RFR

Variante — le couple Martin, dentistes associés, BNC cumulé 360 000 €

Deux dentistes mariés, BNC cumulé 360 000 €, imposition commune. Ici la composition du foyer change le verdict : leur RFR (≈ 360 000 €) reste sous le seuil de 500 000 € applicable aux couples, donc ni CEHR, ni CDHR. S'ils passent l'un en SELARL à l'IS et laissent une part de bénéfice en société (IS 15 % jusqu'à 42 500 € puis 25 %), leur RFR personnel baisse encore ; les éventuels dividendes sortent au PFU de 31,4 % (et non 30 %), avec la vigilance du seuil de 10 % du capital pour le gérant majoritaire (article L. 131-6 CSS). Illustration, à modéliser.

Variante — apport-cession à la cession du cabinet, et des ordres de grandeur

Un dentiste qui cède son cabinet (titres) pour, disons, 800 000 € peut, plutôt que de subir le PFU de 31,4 % sur la plus-value, apporter ses titres à une holding contrôlée (article 150-0 B ter) puis, en cas de cession dans les trois ans, maintenir le report en réinvestissant ≥ 70 % du produit sous 36 mois (conservation 5 ans). C'est un outil de report et de transmission, détaillé dans l'apport-cession 150-0 B ter. Tous ces chiffres sont des ordres de grandeur : faute de doctrine BOFiP sur la CDHR, chaque montant doit être recalculé au simulateur officiel avec votre expert-comptable, sur votre situation réelle. Pour construire au-delà du seul cabinet, voyez la gestion de patrimoine du chirurgien-dentiste.
§ 11LES GARDE-FOUS·3 MIN

La SCM et ce qui ne marche (presque) plus pour un dentiste

C'est la page que je conseille de garder ouverte quand un commercial appelle en novembre — et celle où l'on dissipe la confusion la plus fréquente du cabinet de groupe : la SCM.

La SCM n'est PAS un outil de défiscalisation ni un placement

Répétons-le, car la confusion est tenace en cabinet de groupe : la société civile de moyens (SCM) est fiscalement transparente (article 239 quater A du CGI). Son objet est de mutualiser et de refacturer les MOYENS entre dentistes associés — locaux, fauteuils, plateau technique, fluides médicaux, imagerie 3D, CFAO, secrétariat. Elle ne dégage pas de bénéfice propre et n'est en aucun cas un véhicule de placement de trésorerie, ni un outil de défiscalisation. La TVA de ses refacturations est exonérée sous conditions (article 261 B du CGI). Pour faire travailler vos excédents de trésorerie, c'est la SEL ou la SPFPL qui sert d'enveloppe, pas la SCM. Pour les options de placement de la trésorerie de société, voyez placer la trésorerie de SELARL de dentiste : compte-titres, capitalisation ou autre.

Quant aux produits qu'on continue de vous vendre alors qu'ils ne tiennent plus la route à hauts revenus :

Les produits qu'on vous propose encore, et pourquoi ils ne sont plus pour vous au-delà des seuils. La méthode : saturer les déductions d'assiette et les reports AVANT toute réduction d'impôt plafonnée.
ProduitType d'avantagePlafondEffet CDHRVerdict dentiste
FIP / FCPIRéduction d'impôt 18 %Niches 10 000 €Neutralisé (et FCPI exclus depuis 21/02/2026 sauf JEI)À éviter au-delà des seuils
PinelRéduction d'impôtNiches 10 000 €Éteint pour les nouvelles opérationsHors sujet
MalrauxRéduction d'impôt 22 / 30 %Hors nichesPartiellement repris (≠ MH, déduction)MH préférable
Girardin industrielRéduction « one-shot »Niches 18 000 €Peut « écraser » la CDHR mais pari risquéPrudence

Un dispositif ne se justifie jamais par le seul impôt

La règle, à la fois déontologique et de simple bon sens : aucun produit ne se souscrit pour sa seule ligne fiscale. Un montage à seule fin fiscale, sans substance économique réelle, s'expose à l'abus de droit (article L. 64 du Livre des procédures fiscales). La bonne méthode est inverse : on sature d'abord les reports et les déductions d'assiette (SELARL / IS, PER, prévoyance Madelin, déficit foncier, MH, nue-propriété), puis seulement, et avec parcimonie, on regarde si une réduction d'impôt garde un intérêt net après CDHR. Pour les leviers concrets côté dentiste, voyez comment un chirurgien-dentiste paie concrètement moins d'impôts et les 6 axes d'optimisation fiscale du dentiste à activer.
§ 12LE TERRAIN DENTAIRE·3 MIN

Spécificités du dentiste : CARCDSF, TVA, plateau technique

Trois sujets propres au terrain dentaire, et un seul compte vraiment : votre retraite, qui décrochera plus durement que vous ne l'imaginez. Commençons par lui — et par le garde-fou qui fait toute la différence.

La retraite du chirurgien-dentiste : la CARCDSF (et surtout pas la CARMF)

Le point à ne jamais confondre : le chirurgien-dentiste relève de la CARCDSF (Caisse Autonome de Retraite des Chirurgiens-Dentistes et des Sages-Femmes), jamais de la CARMF, qui est la caisse des médecins. Votre retraite se compose d'un régime de base (géré pour le compte de la CNAVPL), d'un régime complémentaire, d'une prestation complémentaire de vieillesse (PCV) réservée aux praticiens conventionnés et cofinancée pour les deux tiers par l'Assurance Maladie, et d'un régime invalidité-décès (RID). Le paradoxe des hauts revenus joue à plein : les cotisations de ces régimes sont plafonnées alors que votre revenu d'activité ne l'est pas, ce qui conduit souvent à un taux de remplacement faible au regard de vos revenus. D'où le rôle central du PER (section 4) et de la capitalisation en SEL / SPFPL comme étages de retraite complémentaire. Les valeurs de cotisations 2026 sont à vérifier sur carcdsf.fr (elles évoluent chaque année). Pour aller plus loin : préparer la retraite du libéral au-delà du régime obligatoire.

TVA des actes, prothèses et orthodontie

Vos soins dentaires et la fourniture de prothèses par le praticien qui les pose sont exonérés de TVA (article 261-4-1° du CGI) : c'est le régime de droit commun de l'activité de soins. Une nuance importante toutefois : la fourniture d'orthèses, notamment les appareils d'orthodontie et les gouttières d'alignement (aligneurs), peut relever du taux normal de TVA lorsqu'elle s'analyse comme une livraison de biens distincte des soins. Un dentiste à forte activité d'orthodontie ou d'aligneurs peut donc voir une part de son chiffre d'affaires entrer dans le champ de la TVA. Conséquence pratique : l'activité de soins exonérée n'ouvre pas droit à récupération de la TVA, ce qui limite la déduction de TVA sur le plateau technique. À faire valider avec votre expert-comptable selon la composition réelle de votre activité.

Le plateau technique : de la déduction de charge, pas une niche

Fauteuils, fluides médicaux, imagerie 3D (cône beam), empreinte optique, chaîne CFAO (conception et fabrication assistées par ordinateur) : ce sont des investissements amortis côté BNC ou SEL. Le seul vrai levier de pilotage, c'est le timing d'acquisition (un investissement de fin d'exercice anticipe la déduction). Mais soyons clairs : c'est de la déduction de charge professionnelle, pas un dispositif de défiscalisation. On n'achète pas un cône beam « pour défiscaliser » : on l'achète parce qu'il sert la pratique.

Qui rédige ce guide

Ce guide est rédigé par Quentin Hagnéré et l'équipe d'Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant basé à Bassens (73000), enregistré à l'ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP), adhérent CNCEF Patrimoine. Nous accompagnons des chirurgiens-dentistes et des professions libérales à hauts revenus sur la structuration (SELARL, SPFPL), la prévoyance, l'optimisation de l'assiette et du RFR, l'immobilier et la transmission. Nous sommes payés pour le conseil, pas pour placer un produit — c'est ce qui nous autorise à vous déconseiller un dispositif qui ne sert à rien à votre niveau. Cabinet noté 4,7/5 sur Trustpilot (26 avis).
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Sources et références légales

  • Le barème et les deux surtaxes des hauts revenus

    Art. 197 CGI (barème IR 2026 : 0 / 11 / 30 / 41 / 45 %, tranche à 45 % au-delà d'environ 181 917 € par part). Art. 1417 CGI (définition du revenu fiscal de référence). Art. 223 sexies CGI (CEHR : 3 % au-delà de 250 000 / 500 000 € de RFR, 4 % au-delà de 500 000 / 1 000 000 €). Art. 224 CGI (CDHR : imposition minimale de 20 % du RFR retraité pour RFR > 250 000 / 500 000 €).

  • La CDHR : création, validation et reconduction (références vérifiées)

    Loi de finances 2025 (loi n° 2025-127 du 14/02/2025, art. 10) : création de la CDHR, validée par le Conseil constitutionnel n° 2025-874 DC du 13/02/2025. Loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026) : reconduction de la CDHR jusqu'au retour du déficit public sous 3 % du PIB, validée par le Conseil constitutionnel n° 2026-901 DC du 19/02/2026. Le périmètre exact du RFR retraité et la décote d'entrée sont à recalculer au simulateur officiel (pas de doctrine BOFiP publiée).

  • Les leviers d'assiette : PER, prévoyance Madelin et immobilier

    Art. 154 bis CGI (plafond PER / Madelin du TNS : 10 % + 15 %, plancher 4 806 €, maximum 88 911 € en 2026 ; prévoyance / santé Madelin ~11 534 €, priorité du dentiste). Art. 163 quatervicies CGI (PER de droit commun, report des plafonds). Art. 156 et 156 bis CGI (déficit foncier 10 700 / 21 400 € jusqu'au 31/12/2027 et régime des Monuments Historiques). Art. 199 tervicies CGI (Malraux, réduction d'impôt). Art. 968, 669 et 1133 CGI (nue-propriété, IFI, reconstitution non taxée). Art. 150 VB III CGI (réforme Le Meur du LMNP). Art. 200-0 A CGI (plafond global des niches de 10 000 €).

  • Les leviers de report : SELARL, SPFPL et apport-cession

    Art. 219 CGI (IS 15 % jusqu'à 42 500 €, 25 % au-delà). Art. 145 et 216 CGI (régime mère-fille, exonération de 95 %). Ordonnance n° 2023-77 du 08/02/2023 (SEL et SPFPL, ex-loi n° 90-1258). Art. L. 131-6 CSS (cotisations TNS sur les dividendes de SEL au-delà de 10 % du capital). Art. 150-0 B ter CGI (apport-cession, remploi 70 % sous 3 ans, LF 2026). Garde-fous et jurisprudence : art. L. 64 LPF, Cass. 2e civ. 19/10/2023 n° 21-20.366 (chirurgien-dentiste), Cons. const. 06/08/2010 n° 2010-24 QPC, CE 08/04/2025 n° 492154, CE 29/09/2023 n° 471003, CE 22/09/2017 n° 416027 et 416029.

  • Capital-investissement, plafonds, SCM et spécificités dentaires

    Art. 199 terdecies-0 A CGI (réduction FIP / FCPI 18 %, FCPI exclus depuis le 21/02/2026 sauf JEI). Art. 163 quinquies B CGI (exonération d'IR des distributions de FPCI fiscaux). Art. 200-0 A CGI (plafond des niches). Loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 (LFSS 2026) : PS 18,6 % sur PER / FPCI / dividendes, 17,2 % maintenu sur revenus fonciers et assurance-vie. Art. 239 quater A CGI (SCM transparente, pas un véhicule de placement). Art. 261-4-1° et 261 B CGI (exonération de TVA des soins et prothèses ; orthodontie et aligneurs au taux normal). CARCDSF : cotisations 2026 à confirmer sur carcdsf.fr (jamais la CARMF, qui est la caisse des médecins).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier, ni une incitation à recourir à un montage à seule fin fiscale. Les cas chiffrés sont des illustrations aux taux 2026, à recalculer au simulateur officiel de la CDHR : à la date de rédaction, aucune doctrine BOFiP ne précise le détail du revenu fiscal de référence retraité. Toute structuration (SELARL, SPFPL, apport-cession) et tout investissement (immobilier, capital-investissement) doivent faire l'objet d'une étude individualisée, validée avec votre expert-comptable et, le cas échéant, le conseil de l'Ordre national des chirurgiens-dentistes (ONCD). Les chiffres et taux cités sont à jour au 25 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF / LFSS annuelles, doctrine, jurisprudence). Certains points, comme le durcissement du réinvestissement 150-0 B ter ou le traitement des prélèvements sociaux du LMNP, sont signalés au conditionnel. Les investissements en capital-investissement, en immobilier et sur un PER comportent un risque de perte en capital.

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Foire aux questions

Tout sur la défiscalisation du chirurgien-dentiste en 2026 CDHR, PER, prévoyance Madelin, SELARL, murs en SCI et CARCDSF.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous avec des chirurgiens-dentistes : comment payer moins d'impôts à 41-45 %, BNC ou SELARL, pourquoi la prévoyance passe avant, la CARCDSF (et pas la CARMF), et la place réelle de la SCM. Réponses sourcées et à jour 2026.