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Guide chirurgiens-dentistes 202612 minMis à jour 10 juin 2026Taux de remplacement souvent 25-40 %

Retraite du chirurgien-dentiste : pourquoi la CARCDSF ne suffira pas

16 000 € de revenu par mois aujourd'hui, peut-être 3 000 € de pension demain : voilà le choc qui attend beaucoup de chirurgiens-dentistes. Vous cotisez chaque année plusieurs dizaines de milliers d'euros à la CARCDSF — et le jour venu, votre pension ne couvrira sans doute qu'une fraction modeste de votre dernier revenu. C'est le paradoxe du dentiste à hauts revenus : vos cotisations retraite sont plafonnées à 5 PASS (240 300 € en 2026), mais votre revenu, lui, ne l'est pas. Résultat : un taux de remplacement souvent compris entre 25 et 40 % (à vérifier sur carcdsf.fr), et bien plus bas encore quand on dépasse 200 000 € de bénéfice. Dans ce guide, je vous montre d'où vient ce trou, et par quel bout le prendre sans attendre. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

BILAN RETRAITE CHIRURGIEN-DENTISTE 2026

Calculer votre vrai trou de pension et le combler avant qu'il ne soit trop tard

Audit de votre situation de chirurgien-dentiste : estimation de votre taux de remplacement CARCDSF, dimensionnement du trou à combler, calibrage du PER 154 bis et de la prévoyance Madelin, et préparation de la cession du cabinet comme capital de sortie. Cabinet 100 % indépendant, modélisation chiffrée avec votre expert-comptable.

  • Estimation de votre taux de remplacement
  • Plafond PER 154 bis exact
  • Prévoyance du geste calibrée
  • Cabinet 100 % indépendant

TAUX DE REMPLACEMENT HAUT REVENU

souvent 25-40 %

PLAFOND DES COTISATIONS

5 PASS = 240 300 €

PCV — PART FORFAITAIRE

~1 663,60 €

TAUX PLEIN AUTOMATIQUE

67 ans

CAISSE DU DENTISTE

CARCDSF (pas la CARMF)

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1LE CONSTAT·2 MIN

Le paradoxe : cotiser beaucoup, toucher peu en proportion

La retraite du dentiste en 30 secondes

Votre retraite obligatoire a trois étages, tous gérés par la CARCDSF : le régime de base CNAVPL (plafonné à 5 PASS), le régime complémentaire CARCDSF (plafonné à 5 PASS lui aussi) et la PCV du praticien conventionné (en partie forfaitaire). Conséquence : au-delà de 240 300 € de revenu, vous cotisez sans acquérir un seul droit de plus, et votre taux de remplacement tombe souvent entre 25 et 40 % (à vérifier sur carcdsf.fr). Le reste se comble en capitalisant à votre nom.

Prenons un cas que je vois passer toutes les semaines. Après trente ans d'exercice à 12 000-16 000 € de revenu mensuel, votre première pension CARCDSF tombera, pour une carrière pleine, autour de 3 000 € par mois — un ordre de grandeur, pas une promesse. La CARCDSF n'est pas « faible » dans l'absolu : elle est insuffisante en proportion du train de vie d'un chirurgien-dentiste qui dégage 150 000 à 250 000 € de bénéfice. Tout se résume à ça : votre revenu n'a pas de plafond, vos cotisations retraite, si (et la PCV est en partie forfaitaire).

Voyez cette page comme un diagnostic : d'abord on comprend pourquoi le trou se creuse et on le chiffre, ensuite on regarde par où commencer pour le combler — en aperçu, car le détail des solutions est traité dans le guide dédié à la façon de compléter sa retraite de dentiste face à la baisse de pension.

Déontologie : aucun montant individuel ne peut être garanti

Tous les montants de pension, valeurs de point et taux de remplacement de ce guide sont des ordres de grandeur pédagogiques, donnés au conditionnel. Votre chiffre réel se lit sur votre relevé individuel de situation (RIS) et sur carcdsf.fr. Ce qui est en revanche certain et structurel, c'est le mécanisme : le plafonnement des cotisations à 5 PASS. C'est lui, et non un chiffre précis, qui fonde tout ce diagnostic.
§ 2LA CONFUSION N°1·1 MIN

CARCDSF ou CARMF ? Levons tout de suite la confusion

C'est l'erreur que j'entends le plus souvent, autant la corriger tout de suite. Le chirurgien-dentiste relève de la CARCDSF — la Caisse Autonome de Retraite des Chirurgiens-Dentistes et des Sages-Femmes — et jamais de la CARMF, qui est la caisse des médecins. La CARCDSF est la section professionnelle de la CNAVPL dédiée aux dentistes et aux sages-femmes (article L. 641-1 du Code de la sécurité sociale). C'est elle qui gère vos trois régimes obligatoires et votre couverture invalidité-décès.

Dentiste et orthodontiste = CARCDSF, médecin = CARMF

Gardez juste ce repère : dentiste et orthodontiste à la CARCDSF, médecin à la CARMF. L'orthodontiste est un chirurgien-dentiste spécialiste qualifié en orthopédie dento-faciale : même caisse que le dentiste, mais un profil de revenus souvent plus élevé, donc un écrêtement encore plus marqué au-delà de 5 PASS. Vous êtes orthodontiste ? Le diagnostic est le même, en plus aigu : nous le détaillons dans un guide dédié à la retraite de l'orthodontiste à la CARCDSF.

Et ce n'est pas qu'un détail de vocabulaire : les valeurs de point, les barèmes de cotisation et les conditions de la PCV ne sont pas les mêmes d'une caisse à l'autre. Raisonner avec les chiffres de la CARMF sur un dossier de dentiste, c'est se tromper sur toute la ligne. Pour la logique d'ensemble du libéral, commune à toutes les caisses, voyez pourquoi la caisse obligatoire d'un libéral ne suffit jamais.

§ 3ARCHITECTURE·3 MIN

Les 3 étages de votre retraite obligatoire : base, complémentaire, PCV

Avant de comprendre le décrochage, voyons comment la pension se monte. Vous relevez de la catégorie « santé » des professions libérales (article L. 640-1 du CSS), affiliée à la CNAVPL, et la CARCDSF gère pour vous trois régimes : la base, la complémentaire et, pour le praticien conventionné, la PCV. Chacun fonctionne par points — mais chacun bute sur le même plafond.

Trois étages, un même plafond : 5 PASS

Le point commun des trois régimes, c'est leur plafond d'assiette : 5 PASS, soit 240 300 € en 2026. La base CNAVPL (L. 642-1) est plafonnée à 5 PASS ; la complémentaire CARCDSF (L. 644-1) l'est aussi ; et la PCV (L. 645-1) combine une part forfaitaire (déconnectée du revenu) et une part proportionnelle elle-même plafonnée à 5 PASS. Aucun de ces étages n'est calibré sur le vrai revenu d'un dentiste à hauts revenus.
Les trois régimes obligatoires du chirurgien-dentiste, valeurs 2026. Les valeurs de point et les barèmes de cotisation sont des ordres de grandeur à confirmer sur carcdsf.fr.
RégimeBase légaleCotisation 2026 (ordre de grandeur)Plafond d'assietteValeur du point
Base CNAVPL (par points)CSS L. 642-18,73 % ≤ 1 PASS / 1,87 % de 1 à 5 PASS5 PASS = 240 300 €0,6599 €
Complémentaire CARCDSFCSS L. 644-1Forfait ~3 210,60 € + ~11,35 % de 0,65 à 5 PASS5 PASS = 240 300 €≈ 31,82 € (à vérifier carcdsf.fr)
PCV (conventionnés)CSS L. 645-1 à L. 645-3Forfait ~1 663,60 € + ~0,725 % ≤ 5 PASS5 PASS = 240 300 €(à vérifier carcdsf.fr)

Un point à votre avantage : la déductibilité sans plafond

Ces trois cotisations obligatoires sont intégralement déductibles de votre bénéfice, sans plafond (BOI-BNC-BASE-40-60-50-20). À ne pas confondre avec le PER / Madelin facultatif, lui plafonné par l'article 154 bis (voir section 7) : l'un est une charge sociale obligatoire déductible, l'autre une épargne volontaire déductible dans une enveloppe limitée. Deux logiques différentes.

La PCV : un troisième étage à moitié financé par l'Assurance maladie

Un mot sur la PCV, parce qu'elle cache un piège de raisonnement. Sa part forfaitaire à la charge du praticien (de l'ordre de 1 663,60 € en 2026) est complétée par l'Assurance maladie, qui finance environ les deux tiers du total, uniquement pour le praticien conventionné. C'est une vraie couverture. Mais comme cette part est forfaitaire, elle est déconnectée du revenu : un dentiste à 250 000 € valide les mêmes droits PCV qu'un confrère à 100 000 €. La part proportionnelle (≈ 0,725 %) est, elle, plafonnée à 5 PASS. Bref, ce troisième étage ne décolle pas avec votre revenu, lui non plus.

Notez enfin le vocabulaire : pour le dentiste, on parle de PCV (prestation complémentaire de vieillesse). Le terme « ASV », qu'on lit parfois par analogie, est réservé aux médecins (CARMF). Encore une raison de ne pas calquer un raisonnement de médecin sur un dossier de dentiste.

§ 4LE MÉCANISME·3 MIN

Le décrochage : pourquoi plus vous gagnez, moins vous êtes couvert

Ce plafond, ce n'est pas de la tuyauterie technique : c'est lui qui fait tout basculer. Prenons un dentiste à 200 000 € de bénéfice. Il cotise — et acquiert des droits — comme s'il était à 200 000 € ; mais un confrère à 280 000 € acquiert exactement les mêmes droits de base et de complémentaire au-delà de 240 300 €, c'est-à-dire aucun de plus. La fraction de revenu au-dessus de 5 PASS ne génère aucun point. Et la PCV, en partie forfaitaire, ne suit pas davantage le revenu.

Le décrochage de proportion

Revenu d activite (BNC)                        = 200 000 EUR
Plafond d assiette base + complementaire       = 240 300 EUR (5 PASS)
PCV : part forfaitaire (~1 663,60 EUR) identique a 100k comme a 250k

Taux de remplacement =
   Pension annuelle CARCDSF (base + complementaire + PCV)
   --------------------------------------------------------
                    Dernier revenu d activite

Au-delà de 5 PASS (240 300 €), aucun nouveau droit ne se constitue, et la part forfaitaire de la PCV est identique quel que soit le revenu. Plus le revenu monte, plus le dénominateur grossit sans que le numérateur suive : le taux de remplacement s'effondre. Ce n'est pas une question de conjoncture : c'est arithmétique, ça ne se négocie pas.

Un repère concret pour la base : avec une valeur de point de l'ordre de 0,6599 € (article L. 642-1), le régime de base ne sert qu'un montant de droits annuels modeste, fortement écrêté par le plafond. Un dentiste à 80 000 € et un autre à 200 000 € acquièrent, en base, des points très proches : c'est tout le problème. L'essentiel de l'écart de cotisation entre eux ne se retrouve pas dans leur pension future.

Un système par répartition sous tension

Au-delà du plafonnement, le contexte n'arrange rien : les régimes par répartition sont sous pression budgétaire, et des mesures de modération de la revalorisation des pensions et des valeurs de point sont régulièrement discutées en loi de financement (à confirmer pour le millésime applicable). Traduction : vous payez, sans garantie que vos droits suivent l'inflation. C'est un argument de plus en faveur d'une retraite capitalisée à votre nom — la seule jambe que vous maîtrisez vraiment.

Au bout du compte, pour un dentiste à hauts revenus, la seule CARCDSF se situe le plus souvent sous 30-40 % du dernier revenu (estimation sectorielle, au conditionnel) — et d'autant plus bas que le revenu est élevé. Reste à le vérifier sur votre propre relevé.

Méthode documentée

Quel est VOTRE taux de remplacement réel ?

Un CGP indépendant lit votre relevé de carrière CARCDSF, estime votre pension future et chiffre précisément le trou entre votre dernier revenu et votre retraite obligatoire — pour savoir combien capitaliser, et à partir de quand.

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§ 5LA DOUBLE PEINE·2 MIN

L'usure physique du métier : la décote que personne ne chiffre

La spécificité du dentiste face à la retraite, c'est que son outil de travail, c'est son corps : les mains et la dextérité fine, le dos et les cervicales (troubles musculo-squelettiques), la vue. Un canal carpien, une cervicalgie chronique ou une baisse d'acuité visuelle peuvent vous empêcher de tenir une fraise alors que vous restez « valide » au sens du droit commun. Conséquence très concrète : beaucoup de praticiens cessent avant 67 ans, non par choix, mais par contrainte physique.

Arrêter avant 67 ans = décote + années de cotisation perdues

L'âge légal de départ se situe entre 62 et 64 ans selon votre année de naissance (réforme de 2023, calendrier gelé par la LFSS 2026), mais le taux plein automatique est à 67 ans (172 trimestres requis pour le taux plein avant cet âge). Cesser plus tôt, faute de pouvoir continuer physiquement, déclenche une décote (minoration définitive par trimestre manquant, coefficient à vérifier sur carcdsf.fr) sur une carrière déjà incomplète. Le trou théorique devient alors un trou réel et précoce : c'est la double peine du geste de précision.

Le trou de 90 jours de la couverture obligatoire

Et le risque ne se limite pas à la retraite. En cas d'arrêt, la CARCDSF ne verse des indemnités journalières qu'à compter du 91e jour ; le relais ensuite se situe de l'ordre de 113 €/jour, soit environ 3 400 €/mois — pour un praticien habitué à 9 000-16 000 €/mois. Le trou de revenu commence donc bien avant la retraite, dès le premier arrêt sérieux. D'où la priorité d'une prévoyance Madelin (voir section 9) et d'une épargne anticipée dès 40-45 ans.
§ 6LE CAS CHIFFRÉ·2 MIN

Cas chiffré : Dr Claire M., 60 ans, 200 000 € de BNC

Mettons un visage sur tout ça. Voici un profil réaliste — chiffres au conditionnel, comme toujours dès qu'on parle de pension.

Cas 1 — Dr Claire M., chirurgienne-dentiste, 200 000 € de BNC, départ envisagé à 64 ans

  • Revenu d'activité : ≈ 200 000 € de bénéfice par an, soit de l'ordre de 16 600 €/mois.
  • Droits acquis : elle cotise sur 200 000 €, sous le plafond de 240 300 €. Pour une consœur à 250 000 €, les 9 700 € au-dessus du plafond ne rapporteraient aucun droit supplémentaire ; et la part forfaitaire de la PCV est la même que pour un praticien à 100 000 €.
  • Pension obligatoire estimée (base + complémentaire + PCV cumulés, carrière pleine) : de l'ordre de 35 000 à 45 000 €/an (estimation sectorielle, à affiner sur le RIS).
  • Taux de remplacement : de l'ordre de 18 à 23 % de son dernier revenu — le bas de la fourchette générale (25-40 %), justement parce que son revenu est élevé — soit un « trou » de l'ordre de 155 000 à 165 000 €/an de revenu d'activité à compenser.
  • Vigilance départ anticipé : si une cervicalgie l'oblige à arrêter à 62 ans, avant le taux plein, une décote s'ajoute et le trou se creuse encore.

Comment lire ce cas

Aucun de ces montants n'est garanti : ils servent à poser l'ordre de grandeur du trou, pas à promettre un chiffre. Le vrai montant se lit sur le RIS et sur carcdsf.fr. Ce qui est certain et structurel, c'est le mécanisme du plafonnement à 5 PASS : il garantit qu'un dentiste à hauts revenus aura, en proportion, une pension obligatoire faible.

Reste la question qui compte vraiment : combien mettre de côté, et à partir de quel âge ? La capacité d'épargne réelle d'un dentiste tourne souvent autour du quart de son bénéfice, une fois retranchés les cotisations sociales, les charges du cabinet, le renouvellement du plateau technique et l'impôt sur le revenu à 41-45 %. C'est cette capacité qu'il faut orienter vers la bonne architecture — sujet que nous abordons côté patrimoine global dans le guide de gestion de patrimoine du chirurgien-dentiste.

§ 7PAR OÙ COMMENCER·2 MIN

Combler le trou : les leviers à connaître (aperçu)

Le diagnostic est posé ; la bonne nouvelle, c'est que ce trou se comble — mais avec une architecture, pas un seul produit miracle. Cette page installe le problème ; le détail chiffré des solutions est traité dans le guide dédié, pour ne pas tout mélanger.

Concrètement, quatre chantiers, et dans cet ordre. Le PER / Madelin d'abord, parce qu'à 41-45 % de tranche c'est la déduction la plus rentable tant que vous facturez. L'assurance-vie pour la liquidité que le PER, bloqué jusqu'à la retraite, ne donne pas. L'immobilier et les SCPI pour un revenu qui tombe tous les trimestres et prend le relais de votre activité. Et la cession du cabinet ou des parts de SEL pour finir : souvent l'étage le plus lourd, plusieurs centaines de milliers d'euros d'un coup (section 8). Prise isolément, aucune de ces quatre familles ne reconstruit la retraite d'un dentiste à 200 000 € : c'est l'empilement, calibré sur votre trou réel, qui fait le travail.

Les leviers pour reconstruire votre revenu de retraite

  • 1. Le PER / Madelin (article 154 bis) : déduction à l'entrée, imbattable à 41-45 % de tranche ; jusqu'à 88 911 € déductibles en 2026.
  • 2. L'assurance-vie : liquidité, souplesse et transmission hors succession (abattement de 152 500 € par bénéficiaire, article 990 I), prélèvements sociaux maintenus à 17,2 %.
  • 3. L'immobilier et les SCPI : un revenu régulier et tangible (foncier nu à 17,2 % de PS).
  • 4. Le cabinet et la SEL : la cession comme capital de sortie (voir section 8).
Les leviers pour combler le trou de pension du dentiste. Attention à la dualité des prélèvements sociaux 2026 (détaillée en section 8). Le détail de chaque levier est traité dans le guide compléter sa retraite de dentiste.
LevierAtout principalPrélèvements sociaux 2026Pour aller plus loin
PER / Madelin (154 bis)Déduction à l'entrée (TMI 41-45 %)18,6 % sur les gains à la sortiele PER du dentiste
Assurance-vieLiquidité + transmission (990 I)17,2 % maintenul'assurance-vie
Immobilier / SCPIRevenu régulier17,2 % (foncier nu / PV immo)les SCPI
Cession du cabinet / partsCapital de sortie17,2 % fonds BNC / 18,6 % parts SELvoir section 8

Le PER comble le trou, il ne le remplace pas

Une précision pour ne pas survendre. Le PER est une épargne de capitalisation : il ne valide ni point ni trimestre auprès de la CARCDSF, et le versement reste dans l'assiette de vos cotisations sociales (article L. 131-6 du CSS). Vous payez moins d'impôt et vous vous constituez un capital, point : vos cotisations URSSAF / CARCDSF, elles, ne bougent pas, et vous ne validez aucun droit de plus à la caisse. Et à la sortie, les gains supportent 18,6 % de prélèvements sociaux (dualité 2026), contre 17,2 % pour l'assurance-vie.

Le détail — combien verser, sur quels supports, dans quel ordre, et le chiffrage du gain selon vos revenus — figure dans deux guides complémentaires : comment compléter sa retraite de dentiste face à la baisse de pension et combien un dentiste économise avec un PER selon ses revenus. Pour le PER en général, voyez le guide complet du Plan d'épargne retraite ; pour l'étage liquidité et transmission, le guide de l' assurance-vie comme complément de revenu et outil de transmission.

§ 8VOTRE DERNIER ÉTAGE·3 MIN

Votre cabinet est votre dernier étage de retraite

À revenus égaux, le dentiste a un actif que le salarié n'a pas : la valeur de cession de son cabinet ou de sa patientèle. Bien anticipée, cette cession peut représenter plusieurs années de pension d'un coup. Trois régimes de faveur cohabitent au départ en retraite, selon que vous cédez un fonds / une patientèle (en BNC) ou des parts de SEL — et la distinction est tout sauf anodine pour les prélèvements sociaux.

Les régimes de faveur de la cession-retraite (2026). Attention : le 238 quindecies exonère aussi les prélèvements sociaux pour la plus-value à long terme (≤ 500 000 €), alors que le 151 septies A et le 150-0 D ter les laissent dus (respectivement 17,2 % et 18,6 %). Le détail de chaque mécanisme est traité dans le guide sur la cession du cabinet au départ en retraite.
RégimeArticlePortéeImpôt sur le revenuPrélèvements sociaux 2026
Cession clientèle / fonds BNC151 septies AExonération d'IR (départ retraite)ExonéréDus — 17,2 %
Cession d'activité (valeur)238 quindeciesTotale < 500 000 €, dégressive jusqu'à 1 M€ExonéréExonérés (PV à long terme, ≤ 500 000 €)
Cession de parts de SEL150-0 D terAbattement fixe de 500 000 €AbattuDus — 18,6 %

Le piège : l'abattement ne couvre que l'IR, jamais les prélèvements sociaux

Avec le 150-0 D ter (parts de SEL) comme avec le 151 septies A (fonds BNC), l'exonération porte sur l'impôt sur le revenu seulement et les prélèvements sociaux restent dus — c'est là que la dualité 2026 mord : 17,2 % au titre du 151 septies A (plus-value professionnelle d'un fonds ou d'une patientèle BNC), mais 18,6 % au titre du 150-0 D ter (plus-value de parts de SEL). Confondre les deux, c'est se tromper de plusieurs milliers d'euros sur l'ardoise finale. Exception notable : le 238 quindecies, lui, exonère à la fois l'IR et les prélèvements sociaux sur la plus-value à long terme tant que la valeur cédée reste ≤ 500 000 € — d'où l'intérêt d'arbitrer le bon régime. Pour mémoire, le Conseil d'État a confirmé que la plus-value exonérée d'IR au titre du 151 septies A reste, elle, soumise aux prélèvements sociaux (CE 12 octobre 2018, n° 401292).

Cas 3 — Dr Sophie B., en SELARL, cession des parts à 65 ans

Dr Sophie B. cède ses parts de SELARL en partant en retraite, avec une plus-value de 500 000 €. Grâce au 150-0 D ter, l'abattement fixe de 500 000 € ramène la plus-value imposable à l'IR à 0 €. Mais les prélèvements sociaux de 18,6 % portent sur les 500 000 € entiers, soit 93 000 € — l'abattement ne les couvre pas. Net mobilisable : de l'ordre de 407 000 € de capital retraite, à réinvestir (assurance-vie, SCPI). Garde-fou : si elle avait cédé un fonds / une patientèle en BNC (151 septies A) plutôt que des parts, les PS auraient été à 17,2 %, et non 18,6 %.

Conditions communes à anticiper

Ces régimes ne s'improvisent pas : ils supposent une activité (et, pour les parts, une direction) d'au moins 5 ans, et surtout une cessation des fonctions et une liquidation des droits à retraite dans les 24 mois entourant la cession. Le 150-0 D ter est prorogé jusqu'au 31 décembre 2031. L'année de cession, surveillez aussi votre revenu fiscal de référence (CEHR de l'article 223 sexies, CDHR de l'article 224) : une grosse plus-value peut vous y exposer. Tout cela se planifie en amont.

Le mécanisme complet de la cession — calcul de l'assiette, articulation des régimes, calendrier des 24 mois — est détaillé dans le guide céder son cabinet et exonérer la plus-value (238 quindecies, 151 septies A, 150-0 D ter). Un guide dédié à la cession du cabinet dentaire au départ en retraite (avec l'abattement de 500 000 €) complète ce panorama pour le profil dentaire.

§ 9AVANT D'ÉPARGNER·2 MIN

Avant la retraite, sécurisez l'invalidité : la priorité du dentiste

Préparer sa retraite suppose d'abord de protéger la machine à générer du revenu — c'est-à-dire vous. Pour un dentiste, le risque numéro un n'est pas le décès : c'est l'invalidité partielle (main, dos, vue) qui empêche le geste sans rendre invalide au sens du droit commun. Sans prévoyance complémentaire, le trou de revenu commence dès le premier arrêt, pas à la retraite.

La prévoyance Madelin : prioritaire, et déductible

La couverture obligatoire de la CARCDSF est trouée (indemnités journalières à compter du 91e jour seulement, de l'ordre de 113 €/jour ensuite). Une prévoyance Madelin à barème professionnel (article 154 bis) comble ce trou : invalidité, incapacité d'exercer le métier, décès — avec des cotisations déductibles (de l'ordre de 7 % du PASS + 3,75 % du bénéfice, dans une limite d'environ 11 534 € en 2026). À calibrer avant de maximiser le PER. Le détail : sécuriser sa prévoyance Madelin avant d'épargner pour la retraite.

Pourquoi la prévoyance passe avant l'épargne retraite

La logique est simple : un PER bien doté ne sert à rien si un accident vous prive de revenu à 52 ans et vous force à le débloquer par anticipation, dans de mauvaises conditions. D'où la règle qu'on applique à chaque dossier de dentiste : la prévoyance du geste avant le PER. Un canal carpien à 52 ans, et c'est le PER qu'on casse en catastrophe pour vivre — exactement ce qu'on cherchait à éviter.
§ 10PASSER À L'ACTION·2 MIN

Quand commencer ? Votre feuille de route par âge

En capitalisation, c'est le nombre d'années qui compte, plus encore que la mise de départ : un dentiste qui démarre à 42 ans s'épargne un effort mensuel autrement lourd à 58. Commencer tôt, c'est aussi se laisser le temps de lisser les marchés. Voici une feuille de route par tranche d'âge.

Note de méthode : ce que valent (et ne valent pas) les projections

Toute projection de capital retraite repose sur une hypothèse de rendement. Or les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et un PER comme une assurance-vie en unités de compte ou un investissement immobilier comportent un risque de perte en capital. Les ordres de grandeur de ce guide servent à dimensionner l'effort, pas à promettre un résultat. La règle prudente : raisonner sur des hypothèses conservatrices, diversifier les enveloppes et les supports, et réviser le plan tous les deux à trois ans avec votre conseiller. Le seul élément vraiment certain de ce dossier reste le mécanisme du plafonnement à 5 PASS : c'est lui qui justifie d'agir, quel que soit le rendement retenu.

40-50 ans : poser les fondations

Sécurisez d'abord la prévoyance Madelin du geste, ouvrez un PER et versez au plus haut de votre tranche, prenez date sur une assurance-vie (l'antériorité fiscale se construit tôt) et visez l'immobilier de rendement. À cet âge, chaque euro capitalisé travaille quinze à vingt-cinq ans : c'est le moment le plus rentable.

50-60 ans : structurer

Densifiez le PER, structurez la SEL / SPFPL en réservoir d'épargne si vous exercez en société, et commencez à préparer l'architecture de cession : le 150-0 D ter et le 151 septies A exigent de l'anticipation (conditions des 5 ans, calendrier des 24 mois). C'est aussi l'âge où l'on arbitre le poids respectif du capital et du revenu locatif visés à la retraite.

60-67 ans : déclencher au bon moment

Calez votre départ sur le taux plein automatique à 67 ans dès lors que votre carrière est incomplète (il annule la décote), déclenchez la cession dans la fenêtre des 24 mois, et tenez compte de l'usure physique : si le geste devient difficile, organisez la sortie pendant que vous choisissez encore le calendrier — plutôt que de la subir, décote comprise, sur un arrêt imposé par le dos ou la main.

Le bon réflexe : partir du trou, pas du produit

Le bon montant d'épargne ne se devine pas, il se calcule. On part de votre trou annuel réel (lu sur le RIS), on en déduit le capital à viser, et seulement après on choisit les enveloppes — en validant l'assiette sociale des versements avec votre expert-comptable. C'est précisément ce qu'un placement vendu en fin d'année ne fait jamais.
Hagnéré Patrimoine

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Premier échangeSans engagementCadre documenté

Pour aller plus loin : le guide compléter sa retraite de dentiste face à la baisse de pension déroule les solutions en détail, et celui sur la retraite du libéral au-delà du régime obligatoire replace le sujet dans le cadre commun à toutes les professions libérales. Si vous touchez bientôt un capital de cession ou de départ, voyez aussi comment placer un capital de départ en retraite en 2026.

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Construire votre retraite de dentiste avec un CGP indépendant multi-partenaires

Pas de produit-maison, pas de biais commercial. On estime votre taux de remplacement CARCDSF, on chiffre le trou réel entre votre dernier revenu et votre pension, puis on bâtit l'architecture qui le comble : PER au plafond 154 bis, prévoyance du geste, assurance-vie, immobilier et cession du cabinet, le tout calibré avec votre expert-comptable.

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Sources et références légales

  • Les trois régimes obligatoires du chirurgien-dentiste

    Art. L. 640-1 CSS (affiliation à l'organisation autonome d'assurance vieillesse). Art. L. 641-1 CSS (CNAVPL et sections professionnelles : la CARCDSF est la section des chirurgiens-dentistes et des sages-femmes, jamais la CARMF, qui est la caisse des médecins). Art. L. 642-1 CSS (régime de base par points, plafonné à 5 PASS = 240 300 € en 2026). Art. L. 644-1 CSS (régime complémentaire CARCDSF, cotisation forfaitaire et proportionnelle plafonnée à 5 PASS). Art. L. 645-1 à L. 645-3 CSS (PCV du praticien conventionné, part forfaitaire ~1 663,60 €, cofinancée par l'Assurance maladie). Décrets n° 50-28 du 06/01/1950 et n° 2022-1633 du 23/12/2022. Valeurs de point et de cotisation 2026 à confirmer sur carcdsf.fr.

  • Âge, taux plein et décote

    Loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 (réforme des retraites) : âge légal porté progressivement de 62 à 64 ans, taux plein automatique maintenu à 67 ans (172 trimestres pour le taux plein avant cet âge). Calendrier de l'âge légal gelé par la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025). Le coefficient exact de décote par trimestre manquant est à vérifier sur carcdsf.fr.

  • Combler le trou : PER, assurance-vie, fiscalité 2026

    Art. 154 bis CGI (déduction PER / Madelin du bénéfice : 10 % + 15 %, plancher 4 806 €, maximum 88 911 € en 2026 ; le PER ne crée aucun droit CARCDSF et reste dans l'assiette des cotisations sociales, art. L. 131-6 CSS). Art. 163 quatervicies CGI (PER de droit commun, report des plafonds). Art. 990 I CGI (assurance-vie, abattement de 152 500 € par bénéficiaire) et 757 B CGI (30 500 € après 70 ans). Art. 158-5 a CGI (pensions imposées avec l'abattement de 10 %). BOI-BNC-BASE-40-60-50-20 (cotisations obligatoires de retraite déductibles sans limitation).

  • Le cabinet comme capital retraite et la dualité des prélèvements sociaux 2026

    Art. 150-0 D ter CGI (abattement fixe de 500 000 € sur la plus-value de cession de parts de SEL du dirigeant partant en retraite : IR seul, PS 18,6 % dus ; dispositif prorogé jusqu'au 31/12/2031). Art. 151 septies A CGI (exonération d'IR de la plus-value professionnelle au départ en retraite — fonds / patientèle BNC —, PS 17,2 % dus ; CE 12/10/2018 n° 401292). Art. 238 quindecies CGI (exonération des plus-values professionnelles : totale jusqu'à 500 000 € de valeur, dégressive jusqu'à 1 000 000 € — à la différence du 151 septies A, l'exonération du 238 quindecies couvre aussi les prélèvements sociaux sur la plus-value à long terme) et 151 septies CGI (selon les recettes). Conditions communes : activité et direction ≥ 5 ans, cessation et liquidation des droits à retraite dans les 24 mois. BOI-BIC-PVMV-40-20-20. LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025) : dualité PS 18,6 % (parts de SEL, PER) / 17,2 % (fonds BNC au titre du 151 septies A, assurance-vie, foncier). Art. 223 sexies (CEHR) et 224 CGI (CDHR) : vigilance sur le RFR l'année de cession.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les montants de pension, valeurs de point, taux de remplacement et coefficients de décote cités sont des ordres de grandeur sectoriels, donnés à titre purement pédagogique : aucun montant individuel ne peut être garanti, et votre situation réelle figure sur votre relevé individuel de situation (RIS) et sur carcdsf.fr. Les paramètres 2026 de la CARCDSF (cotisations, valeurs de point, conditions de la PCV) sont à confirmer à la source. Les cas chiffrés sont des illustrations aux taux 2026, à recalculer pour votre dossier. Toute structuration (PER, assurance-vie, cession du cabinet, SELARL) doit faire l'objet d'une étude individualisée, validée avec votre expert-comptable et, le cas échéant, le conseil de l'Ordre national des chirurgiens-dentistes (ONCD). Les chiffres et taux sont à jour au 10 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF / LFSS annuelles, doctrine, jurisprudence). Les investissements en immobilier et sur un PER comportent un risque de perte en capital.

Foire aux questions

Tout sur la retraite du chirurgien-dentiste à la CARCDSF Taux de remplacement, PCV, taux plein 67 ans, usure physique et capital de sortie.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous avec des chirurgiens-dentistes : la CARCDSF (et pas la CARMF), la composition des trois étages, le taux de remplacement réel d'un haut revenu, l'impact de l'usure physique et comment combler le trou de pension. Réponses sourcées et à jour 2026.