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Guide professions libérales 202617 minMis à jour 8 juin 2026Édition LF / LFSS 2026

Retraite des professions libérales : pourquoi la caisse obligatoire ne suffit pas

Vous cotisez chaque mois à la CARMF, à la CIPAV ou à la CARPIMKO, et vous imaginez une pension à la hauteur de vos revenus. La réalité est plus rude : la retraite de base d'un libéral plafonne à environ 384 € de droits acquis par an, et le taux de remplacement tombe souvent entre 30 et 50 % de vos revenus d'activité. Pire, ce trou se creuse pendant votre carrière, au gré de vos arbitrages. Voici comment le mesurer et le combler. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

STRATÉGIE RETRAITE 2026

Chiffrer votre futur taux de remplacement et le complément à viser

Audit de votre retraite de libéral : estimation de votre pension (base CNAVPL + section), mesure du trou à combler, dimensionnement du complément (PER, assurance-vie, immobilier, cession). Cabinet 100 % indépendant, modélisation chiffrée et calibrage avec votre expert-comptable.

  • Estimation de votre pension et du trou à combler
  • Dimensionnement du complément par capitalisation
  • Arbitrage rémunération / dividendes et droits
  • Cabinet 100 % indépendant

TAUX DE REMPLACEMENT

~30-50 %

DROITS BASE MAX/AN

~384 €

VALEUR DU POINT 2026

0,6599 €

PLAFOND PER TNS

88 911 €

PASS 2026

48 060 €

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1L'ESSENTIEL·2 MIN

La retraite du libéral en 30 secondes : le constat et les 3 leviers

Imaginez un médecin qui dégage 130 000 € de revenu par an pendant trente ans, cotise sans relâche à sa caisse… et découvre, à la veille de son départ, que sa pension obligatoire couvrira à peine la moitié de ses derniers revenus. Ce n'est pas un cas extrême : c'est la règle pour les professions libérales à bons revenus. La retraite d'un professionnel libéral repose sur un système à deux étages : un régime de base commun géré par la CNAVPL, et un régime complémentaire propre à votre section (CARMF, CARPIMKO, CIPAV, CAVEC…). Le problème est structurel : la base est plafonnée à environ 384 € de droits acquis par an, et l'ensemble vous laisse souvent un taux de remplacement de l'ordre de 30 à 50 % de vos revenus d'activité — là où un salarié tourne plutôt autour de 70-75 %. Et le paradoxe est cruel : plus vous gagnez, plus l'écart se creuse.

La retraite du libéral en 30 secondes

Le constat, d'abord : une base CNAVPL plafonnée (≈ 384 €/an de droits au maximum) plus un complémentaire variable selon votre section, et l'ensemble reste un socle insuffisant pour vos revenus.
Le chiffre qui fait mal : un taux de remplacement souvent compris entre 30 et 50 % de vos revenus d'activité (ordre de grandeur).
Les trois leviers pour combler : le PER déductible (jusqu'à 88 911 €), l'assurance-vie liquide et transmissible, la cession du cabinet comme capital de départ.
Et le piège que personne ne signale : vos arbitrages de structure (rémunération vs dividendes en SEL) déterminent en partie vos droits : le trou se creuse en activité, pas à 64 ans.

Votre trou de retraite ne se creuse pas le jour du départ : il se construit tout au long de votre carrière. D'abord parce que la caisse est, par construction, insuffisante. Ensuite parce que certains se la sabotent eux-mêmes par leur politique de rémunération. La bonne nouvelle : les leviers de complément existent et sont puissants. Pour les enveloppes, on renvoie dès maintenant vers combien déduire avec un PER quand on est libéral et où placer son épargne quand on est libéral.

§ 2L'ARCHITECTURE·2 MIN

CNAVPL + section professionnelle : le système à deux étages

La faiblesse de la pension s'explique par la structure même du régime. Celui-ci repose sur deux étages distincts : regardons comment il est bâti.

Étage 1, la base commune ; étage 2, le complémentaire de section

L'étage 1, c'est le régime de base commun à tous les libéraux, géré par la CNAVPL (Caisse nationale d'assurance vieillesse des professions libérales). Il fonctionne par points, selon des règles identiques pour tous, et il est défini aux articles L640-1 (affiliation) et L642-1 (cotisations par tranches de revenu) du Code de la sécurité sociale. L'étage 2, c'est le régime complémentaire obligatoire propre à votre section professionnelle (art. L644-1 CSS), institué section par section par décret, auquel s'ajoute la couverture invalidité-décès (art. L644-2 CSS). Chaque section a sa propre valeur de point, ses propres classes de cotisation et son propre rendement : résultat, deux libéraux de sections différentes n'ont pas du tout la même retraite.

La CNAVPL, justement, n'est pas un organisme unique qui verse tout : l'article L641-1 CSS en fait une caisse nationale chapeautant des sections professionnelles dotées de la personnalité juridique. C'est votre section qui gère concrètement votre complémentaire, votre invalidité-décès et, pour les professionnels de santé conventionnés, le régime de l'allocation supplémentaire de vieillesse (ASV).

Deux étages, une seule logique

Une image pour fixer les idées : la base CNAVPL est commune (mêmes règles, même valeur de point pour tous), tandis que le complémentaire est propre à chaque section (CARMF, CARPIMKO, CIPAV… avec des paramètres et des rendements très différents). Il n'existe donc pas de « pension type » du libéral : votre niveau de retraite dépend autant de votre section que de votre durée de cotisation. La couverture invalidité-décès et, pour les conventionnés, l'ASV relèvent également de votre section.

Une exception majeure : les avocats relèvent de la CNBF

Attention à une confusion très répandue : les avocats ne sont pas affiliés à la CNAVPL. Ils relèvent d'une caisse autonome distincte, la CNBF (Caisse nationale des barreaux français), avec ses propres règles. Tout ce qui suit dans ce guide concerne les sections de la CNAVPL ; un avocat doit se reporter aux paramètres de la CNBF. À l'inverse, la CIPAV a été recentrée par la réforme de 2018 sur un nombre restreint de professions (de l'ordre d'une vingtaine) : de nombreux indépendants « non réglementés » autrefois rattachés à la CIPAV ont basculé vers le régime général / la Sécurité sociale des indépendants — un point à vérifier selon votre activité.

Parce que la CNBF obéit à une mécanique propre (forfait, cotisation proportionnelle et classes), un avocat doit chiffrer sa pension sur ses propres barèmes : voyez la retraite de l'avocat (CNBF) : combien allez-vous réellement toucher pour le diagnostic, puis comment bâtir son complément de retraite quand la CNBF ne suffit pas.

Sur le plan juridique, l'affiliation n'est pas optionnelle. La Cour de cassation l'a encore rappelé : l'obligation de s'affilier et de cotiser naît par le seul effet de la loi dès que l'activité s'exerce, elle est d'ordre public (Cass. 2e civ. 5 décembre 2024, n° 22-17.579, à propos de la CARMF). Mais — et c'est tout l'objet de ce guide — cette obligation porte sur la cotisation, pas sur un niveau de pension garanti. Vous êtes tenu de cotiser ; vous n'êtes pas assuré d'une retraite à la hauteur de vos revenus.

§ 3LES CAISSES·2 MIN

Les 10 caisses des professions libérales (et la CNBF des avocats)

Concrètement, derrière la CNAVPL, votre complémentaire est géré par l'une des dix sections professionnelles. Voici les dix sections. Vous y trouverez la vôtre — et vous verrez à quel point les paramètres divergent de l'une à l'autre.

Les dix sections professionnelles de la CNAVPL. Paramètres 2026 communiqués par les caisses, à vérifier sur le site de votre section. Les avocats relèvent de la CNBF, hors CNAVPL.
SigleProfessions couvertesRégime complémentaire (indicatif 2026)
CARMFMédecinsComplémentaire par points + ASV pour les conventionnés
CARCDSFChirurgiens-dentistes & sages-femmesSections complémentaires propres + ASV
CARPIMKOAuxiliaires médicaux (infirmiers, kinés, orthophonistes, orthoptistes, pédicures-podologues)Complémentaire proportionnel par points
CARPVVétérinairesComplémentaire par points
CAVPPharmaciensRépartition + part en capitalisation
CAVAMACAgents généraux d'assuranceComplémentaire par points
CAVECExperts-comptables & commissaires aux comptesComplémentaire par points
CIPAVArchitectes, ingénieurs-conseils, ostéopathes, psychologues, moniteurs de ski… (~19 prof.)Complémentaire par points
CPRNNotairesComplémentaire par points
CAVOMOfficiers ministériels (commissaires de justice, commissaires-priseurs)Complémentaire par points

Pas de taux unique, pas de pension « moyenne » utile

Chaque section a sa propre valeur de point et son propre rendement : les disparités sont fortes (un médecin, un pharmacien et un affilié CIPAV n'ont pas du tout le même profil de pension). Une « pension moyenne tous régimes » ne veut rien dire pour vous : elle noie sous une seule valeur des situations qui n'ont rien à voir. La seule façon de savoir où vous en êtes, c'est de partir de votre section, de votre durée de cotisation et de vos revenus réels.

Deux sections sont particulièrement faciles à confondre alors que leurs caisses n'ont rien à voir : le notaire relève de la CPRN (base CNAVPL + complémentaire propre), tandis que le commissaire de justice relève de la CAVOM. Pour un diagnostic détaillé section par section, voyez la retraite du notaire (CPRN) : montant, calcul et comment l'améliorer et la retraite du commissaire de justice (CAVOM) : calcul, âge et montant.

Même prudence pour deux sections souvent mélangées alors qu'elles n'ont rien à voir : l'expert-comptable relève de la CAVEC (avec les commissaires aux comptes), tandis que l'architecte relève de la CIPAV. Chaque caisse a ses propres classes et sa propre valeur de point ; pour le détail chiffré section par section, voyez la retraite de l'expert-comptable (CAVEC) : calcul, classes, montant et la retraite CIPAV de l'architecte : à quoi vous attendre vraiment. Le psychologue relève lui aussi de la CIPAV, une section où la retraite obligatoire reste faible : voyez notre diagnostic dédié, Retraite CIPAV du psychologue : montant réel et solutions.

Pour situer votre section dans une stratégie d'ensemble et choisir vos enveloppes de complément, le point de départ reste où placer son argent quand on est en profession libérale.

§ 4LE CALCUL·2 MIN

Comment se calcule votre retraite : la mécanique des points

Le régime de base fonctionne par points, et c'est là que se loge le plafonnement structurel. La logique est simple : vous accumulez des points en cotisant, puis ces points sont convertis en pension au moment de la liquidation.

La pension de base annuelle, par points

PENSION DE BASE ANNUELLE = points acquis x valeur du point x taux de liquidation

VALEUR DU POINT 2026 = 0,6599 EUR
TAUX DE LIQUIDATION  = 100 % si duree d'assurance requise atteinte
                       (sinon decote par trimestre manquant)

ACQUISITION DES POINTS (regime de base) :
  Tranche 1 (jusqu'a 1 PASS)  -> l'essentiel des points (jusqu'a 557 pts)
  Tranche 2 (1 a 5 PASS)      -> un complement plafonne (jusqu'a 25 pts)
  PLAFOND : de l'ordre de 582 points par an

La base est commune à tous les libéraux. Le complémentaire de votre section se calcule à part, avec SA propre valeur de point. Le PASS 2026 est de 48 060 €.

Poussez le calcul à son terme : le problème saute aux yeux. Avec un plafond de l'ordre de 582 points par an et une valeur de point de 0,6599 €, un libéral acquiert au maximum :

Le point dur : le plafond de droits de base

582 points x 0,6599 EUR  =  ~ 384 EUR de droits de base acquis PAR AN (au maximum)

Ce plafond s'applique même à un libéral dont le revenu dépasse 5 PASS : au-delà des tranches cotisées, les points cessent d'augmenter. Mécaniquement, plus le revenu est élevé, plus le taux de remplacement de la base chute.

La conséquence est mécanique : au-delà de la première tranche (puis de la seconde, jusqu'à 5 PASS), les points cessent d'augmenter proportionnellement à votre revenu. Un libéral qui gagne 60 000 € et un autre qui gagne 200 000 € acquièrent un nombre de points de base très proche : le second cotise davantage, mais sans rien gagner de plus côté droits de base.

Pour visualiser : 30 ans de carrière au plafond de base

Prenons l'exemple concret d'un libéral qui cotise au plafond pendant 30 ans. Il accumule de l'ordre de 582 × 30 ≈ 17 460 points de base. À la valeur 2026 (0,6599 €), cela représente une pension de base annuelle d'environ 11 500 €, soit moins de 1 000 € par mois — avant le complémentaire de section, certes, mais cela suffit à comprendre l'ordre de grandeur du socle obligatoire. Pour un revenu d'activité à 130 000 €, la base seule pèse donc à peine 9 % du dernier revenu. Tout le reste se joue sur le complémentaire de votre section et sur ce que vous aurez capitalisé. (Calcul illustratif aux paramètres 2026, hors décote et hors revalorisations ; votre situation réelle dépend de votre section et de votre carrière.)

Mauvais signal : la revalorisation du point de base est gelée

Point à connaître, car il renforce le message : la revalorisation de la valeur du point de base CNAVPL est suspendue pour les liquidations à compter du 1er septembre 2026. Autrement dit, l'État lui-même envoie un signal de fragilité sur ce socle. Ne comptez pas sur une base qui se revalorise toute seule : elle est plafonnée et son point est gelé. Le message est clair : ce complément, personne ne le construira à votre place.
§ 5LE CONSTAT·1 MIN

Le taux de remplacement réel : entre 30 et 50 % de vos revenus

Venons-en au chiffre que tout le monde redoute, en précisant ce qu'il vaut vraiment. Le taux de remplacement, c'est le rapport entre votre première pension et votre dernier revenu d'activité. Pour un libéral à bons revenus, l'ensemble des régimes obligatoires (base + complémentaire de section) aboutit souvent à un taux de l'ordre de 30 à 50 % — à manier comme un ordre de grandeur, au conditionnel, jamais comme une promesse. Le complémentaire de votre section améliore la base, mais il ne comble pas l'écart avec votre revenu d'activité.

Un exemple parle mieux : un libéral qui dégage 120 000 € de revenu d'activité par an ne « produit » pas une pension à 70 % de ce montant. Selon sa section et sa durée, il faut souvent s'attendre à une pension nettement inférieure à la moitié de ses derniers revenus. C'est précisément le « trou » que la capitalisation a vocation à combler — nous chiffrons ce cas en section 11.

Méthode documentée

Estimer votre futur taux de remplacement et le trou à combler

Un CGP indépendant estime votre pension (base CNAVPL + section), mesure l'écart avec vos revenus d'activité et dimensionne le complément à viser — sans vous survendre un produit. Cabinet de Bassens (Savoie), 100 % indépendant.

Bilan gratuitCabinet indépendantSans engagement

Une moyenne ne vous dit rien

On lit souvent une pension « moyenne » des libéraux dans la presse. C'est trompeur : cette moyenne écrase des disparités considérables entre sections, durées et niveaux de revenu. Votre taux de remplacement réel dépend de votre section, de votre durée de cotisation et — c'est l'objet de la section suivante — de vos arbitrages de structure. La Cour des comptes a elle-même pointé, dans son rapport sur l'application des lois de financement de la sécurité sociale 2024, l'hétérogénéité des sections et la fragilité des taux de remplacement des professions libérales.
§ 6LE PIÈGE·2 MIN

Le piège méconnu : vos dividendes de SEL sabotent vos droits retraite

Voilà le point que la plupart des libéraux découvrent trop tard. Beaucoup de libéraux exerçant en société (SELARL, SELAS) cherchent à se rémunérer en dividendes plutôt qu'en rémunération d'activité, pour alléger leurs cotisations sociales. C'est souvent fiscalement malin à court terme. Mais cela a une conséquence directe et rarement anticipée sur la retraite : pour un dirigeant TNS de SEL, les dividendes échappent aux cotisations retraite dans la limite de 10 % du capital social, des primes d'émission et du solde moyen du compte courant d'associé (art. L. 131-6 du Code de la sécurité sociale) — au-delà de ce seuil, la fraction excédentaire est au contraire réintégrée dans l'assiette des cotisations. La part de dividendes non cotisée n'acquiert donc ni points ni trimestres.

Le mécanisme tient en une phrase : en sortant une partie de votre revenu de l'assiette des cotisations, vous réduisez l'assiette qui sert à calculer vos droits. Moins de rémunération cotisée = moins de points de base et de complémentaire, moins de trimestres validés. Selon l'ampleur de l'arbitrage, un praticien peut ainsi sacrifier une part substantielle de ses droits dans sa section, à apprécier au cas par cas. Mais l'essentiel est là : cette retraite faible n'est pas seulement subie, elle se choisit en amont.

Arbitrer AVANT de subir

Avant même de chercher à combler votre trou de retraite, posez-vous la question de savoir si vous ne le creusez pas vous-même par votre politique de rémunération. L'arbitrage rémunération / dividendes en société d'exercice libéral est le paramètre de structure qui pèse le plus sur vos droits futurs. Il se travaille avec votre expert-comptable et votre CGP, en tenant compte à la fois de l'économie de cotisations et de la perte de droits. Le détail est dans SEL : salaire ou dividendes, l'arbitrage qui détermine vos droits retraite et dividendes de SEL et cotisations sociales.

Il y a un corollaire à ne pas oublier : même quand vous cotisez bien, le rendement de votre complémentaire n'est ni garanti ni intangible. La Cour de cassation l'a confirmé à propos de la CIPAV : les points de retraite complémentaire procèdent de la classe de cotisation et des paramètres gérés par la caisse, qui peuvent évoluer (Cass. 2e civ. 23 janvier 2020, n° 18-15.542). Raison de plus pour ne pas faire reposer toute sa retraite sur la seule caisse. Le choix de la forme d'exploitation est, lui, traité dans BNC ou SELARL : l'impact sur vos droits retraite et EI, EURL, SELARL, SELAS : quel statut pour quelle profession.

§ 7ÉDITION 2026·1 MIN

Âge et durée d'assurance : ce que la réforme suspendue change en 2026

Reste une question : à quel âge pouvez-vous partir ? En ce moment, la réponse change tous les deux ans. La réforme des retraites de 2023 (loi n° 2023-270 du 14 avril 2023) prévoyait un relèvement de l'âge légal vers 64 ans et une durée d'assurance de 172 trimestres. Mais la donne a changé deux ans plus tard.

La LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) a suspendu le calendrier de cette réforme jusqu'au 1er janvier 2028. Concrètement, pour les départs à compter du 1er septembre 2026, l'âge légal est provisoirement maintenu autour de 62 ans et 9 mois et la durée d'assurance autour de 170 trimestres pour les générations nées entre 1963 et le début de 1965. Ces bornes précises relèvent de décrets : nous les formulons donc au conditionnel, le temps que les textes d'application soient stabilisés. Le taux plein reste, lui, automatique à 67 ans, sans décote, quelle que soit la durée cotisée.

Validée hier, suspendue aujourd'hui : ne pariez pas sur un paramètre mouvant

Au-delà des chiffres, une chose est sûre : une réforme votée puis gelée en deux ans, ce sont des règles d'âge et de durée mouvantes et politiquement instables. On ne construit pas une stratégie de retraite sur un paramètre que le législateur modifie tous les deux ans. La seule variable que vous maîtrisez, c'est votre épargne par capitalisation : elle ne dépend ni d'un décret ni d'un vote au Parlement. Raison de plus pour ne pas attendre.
§ 8LA TRANSITION·2 MIN

La caisse ne suffit pas : place à la capitalisation

Reprenons les trois constats : une base plafonnée (≈ 384 €/an de droits, point gelé), un complémentaire variable selon la section et au rendement non garanti, et des règles d'âge mouvantes. D'où ce constat : pour maintenir votre niveau de vie à la retraite, il vous faut un troisième pilier, par capitalisation, que vous pilotez vous-même.

Un point souvent mal compris : la capitalisation ne remplace pas votre caisse, elle s'ajoute. Verser sur un PER ou une assurance-vie ne crée aucun droit supplémentaire dans votre caisse obligatoire : la déduction fiscale du PER (article 154 bis) joue sur votre impôt, jamais sur vos points CARMF ou CIPAV. C'est une retraite supplémentaire à votre nom, distincte du régime obligatoire — et c'est ce qui en fait un levier que vous contrôlez de bout en bout.

La caisse obligatoire (répartition)

Points forts

  • Un socle viager, versé à vie
  • Cotisations déductibles sans plafond du bénéfice
  • Couvertures réversion et invalidité-décès incluses

Points de vigilance

  • Taux de remplacement faible (~30-50 %)
  • Base plafonnée (~384 €/an de droits)
  • Règles d'âge et de durée mouvantes
  • Rendement du complémentaire non garanti

La capitalisation (PER, AV, immobilier)

Points forts

  • Une épargne à votre nom, que vous pilotez
  • Montant et supports dimensionnables
  • Déduction PER à l'entrée (puissante à 41-45 % de TMI)
  • Transmission optimisée via l'assurance-vie

Points de vigilance

  • Risque de perte en capital selon les supports
  • Épargne du PER bloquée jusqu'à la retraite
  • Fiscalité à la sortie (à anticiper)

Note de méthode : on raisonne en effort d'épargne, pas en promesse de rendement

Un mot de prudence avant d'entrer dans les leviers. Toute projection de complément de retraite repose sur une hypothèse de rendement : c'est une hypothèse, jamais une garantie. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et la capitalisation comporte un risque de perte en capital selon les supports choisis. La bonne méthode ne consiste donc pas à promettre un capital final, mais à dimensionner un effort d'épargne régulier, à le rapprocher du trou à combler, et à l'ajuster dans le temps avec votre conseil. Tout chiffre cité dans la suite de ce guide est un ordre de grandeur de méthode, pas un objectif contractuel.

La caisse reste le socle ; la capitalisation comble ce qu'elle laisse à découvert. Voyons les trois leviers, du plus défiscalisant au plus liquide.

§ 9LEVIER 1·2 MIN

Levier 1 — Le PER / Madelin : le complément déductible

Le premier levier, et de loin le plus puissant fiscalement pour un libéral à haute TMI, c'est le Plan d'épargne retraite (PER). Grâce au plafond spécifique des travailleurs non salariés de l'article 154 bis du CGI (héritage de la loi Madelin n° 94-126 du 11 février 1994, repris par la loi PACTE de 2019), vous déduisez vos versements de votre bénéfice imposable, dans une enveloppe bien plus large que celle d'un salarié.

On ne refait pas ici le calcul détaillé du plafond — il a son guide dédié. Retenez le résultat : la déduction peut atteindre 88 911 € en 2026 (pour un bénéfice ≥ 8 PASS, soit 384 480 €), avec un plancher de 4 806 € même quand le bénéfice est faible. La formule est « 10 % du bénéfice + 15 % de la fraction entre 1 et 8 PASS ». À 41-45 % de TMI, c'est l'outil de défiscalisation le plus efficace du libéral. Le détail, support par support, est dans PER profession libérale : combien déduire de ses impôts et le PER du TNS en 2026 : le plafond 154 bis pas à pas.

Ce que le PER vous reprend à la sortie

Le revers, rarement mis en avant à la souscription. À la sortie en capital, la part correspondant aux versements déduits est imposée au barème de l'IR sans l'abattement de 10 % des pensions, et les gains au PFU (12,8 % d'impôt + prélèvements sociaux de 18,6 % — et non 17,2 % comme l'assurance-vie). Le système du quotient de l'article 163-0 A peut atténuer la note, mais le taux réduit de 7,5 % de l'assurance-vie ne s'applique pas au PER. En rente, la fraction imposable suit le régime des rentes viagères à titre onéreux (70 / 50 / 40 / 30 % selon l'âge à l'entrée en jouissance : un libéral qui liquide vers 64-67 ans relève souvent du palier 40 %). Le détail de la sortie est dans sortie du PER en capital ou en rente.

Dernier point : PER ou Madelin ? Le contrat Madelin retraite est fermé à la commercialisation depuis le 1er octobre 2020 (loi PACTE), mais il partage le même plafond 154 bis. Le PER est l'enveloppe actuelle, plus souple (sortie en capital possible). Les anciens Madelin sont transférables vers un PER. Pour calibrer votre versement de l'année, appuyez-vous sur le calcul de votre plafond PER 2026.

§ 10LEVIERS 2 & 3·3 MIN

Leviers 2 et 3 — Assurance-vie liquide et cession du cabinet

Le PER excelle à défiscaliser, mais il bloque l'épargne. C'est pourquoi on l'adosse presque toujours à deux autres leviers : l'assurance-vie pour la souplesse et la transmission, et la cession du cabinet comme capital de départ.

Levier 2 — L'assurance-vie : liquide et transmissible

Là où le PER est verrouillé, l'assurance-vie reste disponible à tout moment. Après 8 ans de détention, le rachat bénéficie d'un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) sur les gains, taxés à 7,5 % (puis 12,8 % au-delà de 150 000 € de primes). Surtout, ses prélèvements sociaux restent à 17,2 % (contre 18,6 % pour le PER) et la transmission est optimisée : abattement de 152 500 € par bénéficiaire (art. 990 I, primes versées avant 70 ans) et de 30 500 € global (art. 757 B, primes après 70 ans). Liquidité plus transmission : c'est l'enveloppe la plus polyvalente pour un complément. Voyez l'assurance-vie comme complément et outil de transmission et l'arbitrage PER ou assurance-vie : que choisir.

L'immobilier : un revenu régulier en complément

On complète souvent par de l'immobilier, pour générer un revenu régulier à la retraite : SCPI (immobilier « pierre-papier »), location nue avec mécanisme du déficit foncier (imputable jusqu'à 10 700 € par an sur le revenu global, art. 156 CGI ; 21 400 € pour des travaux de rénovation énergétique, dispositif sous réserve de prorogation, au conditionnel), ou location meublée. Attention à la fiscalité des revenus : la location nue supporte des prélèvements sociaux à 17,2 %, tandis que la location meublée (LMNP) est en zone grise sur ce point (certains praticiens retiennent 17,2 %, l'analyse « produits de placement » tend vers 18,6 % — à formuler au conditionnel). Pour aller plus loin : la dualité des prélèvements sociaux 2026 (17,2 % / 18,6 %).

Levier 3 — La cession du cabinet : un capital de départ exonéré

Pour beaucoup de libéraux, la vente du cabinet au moment du départ est le capital de retraite le plus important. Plusieurs régimes d'exonération de plus-value professionnelle s'articulent : l'article 238 quindecies (exonération totale si la valeur cédée est ≤ 500 000 €, dégressive jusqu'à 1 000 000 €), l'article 151 septies A (exonération d'impôt sur le revenu en cas de départ à la retraite — mais attention, les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus), et, pour une cession de titres de société, l'article 150-0 D ter (abattement fixe de 500 000 €, prorogé au 31 décembre 2031). Le détail est dans financer sa retraite par la cession de son cabinet.

Quelle enveloppe pour quel objectif. La dualité des prélèvements sociaux 2026 (18,6 % pour le PER/PVLT, 17,2 % pour l'AV et le foncier nu) est détaillée dans le guide CSG-CRDS dédié. LMNP : traitement des PS en zone grise.
EnveloppeAvantage cléPS 2026Disponibilité
PERDéduction à l'entrée (TMI 41-45 %)18,6 % (gains)Bloqué jusqu'à la retraite
Assurance-vieLiquidité + transmission 152 500 €17,2 %Disponible à tout moment
SCPI / immobilierRevenu régulier + déficit foncier17,2 % (nu) / zone grise (LMNP)Moyen-long terme
Cession du cabinetCapital one-shot exonéré (238 quindecies)18,6 % (PVLT)Au départ

PER, AV, immobilier, cession : on les empile

Aucun de ces leviers ne se suffit à lui-même ; on les articule selon votre horizon et votre TMI. Le PER défiscalise pendant que vous êtes fortement imposé, l'assurance-vie reste disponible et transmissible, l'immobilier apporte un revenu régulier, et la cession du cabinet sert de capital final. Cette construction se calibre au cas par cas : c'est tout l'objet du bilan patrimonial. Le panorama des supports est dans où placer son argent quand on est en profession libérale et la comparaison des enveloppes dans PER vs assurance-vie vs SCPI.
§ 11CAS CHIFFRÉS·2 MIN

3 cas chiffrés : médecin, kiné, experte-comptable

Plutôt qu'une théorie de plus, trois profils types qu'on voit passer en rendez-vous à Chambéry. Les prénoms sont fictifs ; les ordres de grandeur de pension sont indicatifs et au conditionnel, mais les calculs de plafond PER (article 154 bis) sont précis aux taux 2026. La formule appliquée est : plafond ≈ 10 % du bénéfice + 15 % × (bénéfice − 1 PASS), dans la limite de 8 PASS, avec 1 PASS = 48 060 €. Par simplification, on retient ici que le revenu d'activité = bénéfice imposable = base imposable à l'IR : dans la réalité, ces trois assiettes diffèrent (cotisations, autres revenus du foyer, nombre de parts), et l'économie d'impôt réelle doit s'apprécier au cas par cas avec votre conseil.

Cas 1 — Dr Hélène, médecin (CARMF), revenu 130 000 €/an, TMI 41 %

La base CNAVPL lui rapporte des droits plafonnés (de l'ordre de 384 €/an de droits acquis), et même en ajoutant le complémentaire CARMF, son taux de remplacement reste de l'ordre de 40-50 % : il lui manque grosso modo la moitié de ses revenus une fois retraitée.

Levier PER : 10 % × 130 000 + 15 % × (130 000 − 48 060) = 13 000 + 12 291 = 25 291 € déductibles.
Économie d'IR : ≈ 25 291 × 41 % = 10 369 € par an.
Bonus structure : si elle exerce en SELARL, se verser ce revenu en rémunération (et non en dividendes) préserve aussi ses droits CARMF.

Cas 2 — Karim, kiné (CARPIMKO), revenu 55 000 €/an, TMI 30 %

Revenu plus modeste : son taux de remplacement est un peu meilleur en proportion, mais sa pension reste faible en valeur absolue. Le complément est tout aussi nécessaire.

Levier PER : 10 % × 55 000 + 15 % × (55 000 − 48 060) = 5 500 + 1 041 = 6 541 € déductibles.
Économie d'IR : ≈ 6 541 × 30 % = 1 962 € par an.
À 30 % de TMI, on complète souvent par de l'assurance-vie (souplesse, et l'option non déductible du PER peut même être préférable). On raisonne d'abord en effort d'épargne mensuel cible.

Cas 3 — Sophie, experte-comptable (CAVEC), revenu 200 000 €/an, TMI 45 %

Hauts revenus, TMI maximale, RFR proche des seuils de surtaxe : le PER joue ici un double rôle, défiscaliser et piloter le RFR.

Levier PER : 10 % × 200 000 + 15 % × (200 000 − 48 060) = 20 000 + 22 791 = 42 791 € déductibles.
Économie d'IR : jusqu'à ≈ 42 791 × 45 % = 19 256 € par an si l'intégralité du versement reste dans la tranche à 45 %. Ici, la déduction fait repasser une fraction du revenu sous le seuil d'entrée de la tranche à 45 % (≈ 180 294 € en 2026) : cette fraction n'est économisée qu'à 41 %, ce qui ramène l'économie réelle aux alentours de 18 300 à 18 500 €.
Le versement abaisse aussi son RFR sous les seuils de la CEHR (et, si elle est reconduite, de la CDHR). Plus tard, la cession de son cabinet (238 quindecies / 150-0 D ter) apportera un capital de départ. Voyez piloter son RFR sous les seuils CEHR / CDHR.
Récapitulatif des 3 cas. Plafonds PER et économies d'IR calculés aux taux 2026 (1 PASS = 48 060 €). Pour Sophie, une fraction de la déduction repasse sous le seuil de la tranche à 45 % et n'est économisée qu'à 41 %, d'où une fourchette. Les montants de pension évoqués sont des estimations indicatives, au conditionnel : votre situation s'apprécie au cas par cas avec un conseil.
PersonaSectionRevenuTMIPlafond PER ≈Économie IR ≈
Dr Hélène, médecinCARMF130 000 €41 %25 291 €10 369 €
Karim, kinéCARPIMKO55 000 €30 %6 541 €1 962 €
Sophie, experte-comptableCAVEC200 000 €45 %42 791 €≈ 18 300-19 256 €

Note de méthode

L'économie d'impôt est réelle et immédiate (elle vaut « versement × TMI »). Les montants de pension et les taux de remplacement cités sont, eux, des ordres de grandeur indicatifs, qui dépendent de votre section, de votre durée et de votre carrière. La performance ultérieure de l'épargne investie comporte un risque de perte en capital : les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
§ 12BON À SAVOIR·2 MIN

Rachat de trimestres, cumul, réversion : les questions pratiques

Quelques leviers et points pratiques reviennent systématiquement en rendez-vous. Les voici en synthèse, avec les renvois pour aller plus loin.

  • Rachat de trimestres. Jusqu'à 12 trimestres au titre des années d'études ou des années incomplètes. C'est un arbitrage coût / rendement, à comparer à un versement PER équivalent (voyez racheter des trimestres de retraite).
  • Cumul emploi-retraite. Intégral si vous avez le taux plein et avez liquidé tous vos régimes ; sinon plafonné (voyez le cumul emploi-retraite du libéral).
  • Retraite progressive. Pour aménager votre fin de carrière en réduisant votre activité (voyez la retraite progressive).
  • Réversion. De l'ordre de 54 % pour la base, sous conditions, avec des règles propres à chaque section ; le mariage est requis (voyez la pension de réversion).
  • Prévoyance / invalidité-décès. Le risque avant la retraite (arrêt de travail, invalidité, décès) se couvre à part, via une enveloppe Madelin prévoyance distincte (voyez se couvrir avant la retraite : invalidité, décès).

L'ordre des priorités du libéral

Dans l'ordre : 1) bien arbitrer sa structure (rémunération vs dividendes) pour ne pas creuser le trou ; 2) sécuriser sa prévoyance (le risque court avant la retraite) ; 3) capitaliser son complément (PER déductible si la TMI est haute, puis assurance-vie, puis immobilier et cession). Cet ordre compte plus que le choix d'un produit donné.
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Sources et références légales

  • Architecture du régime (CSS)

    Art. L640-1 CSS (affiliation des professions libérales aux régimes vieillesse et invalidité-décès, 8 catégories). Art. L641-1 CSS (CNAVPL : caisse nationale et sections professionnelles dotées de la personnalité juridique). Art. L642-1 CSS (régime de base par points, cotisations par tranches de revenu). Art. L644-1 CSS (régime complémentaire obligatoire institué par décret, section par section). Art. L644-2 CSS (cotisation invalidité-décès). Dix sections : CARMF, CARCDSF, CARPIMKO, CARPV, CAVP, CAVAMAC, CAVEC, CIPAV, CPRN, CAVOM ; les avocats relèvent de la CNBF, hors CNAVPL.

  • Paramètres 2026 du régime de base

    Valeur de service du point CNAVPL 0,6599 € au 1er janvier 2026, revalorisation suspendue pour les liquidations à compter du 1er septembre 2026 (source CNAVPL). Cotisations par tranches (jusqu'à 1 PASS, puis 1 à 5 PASS), plafond de l'ordre de 582 points par an (557 points sur la tranche T1 + 25 sur la tranche T2 depuis l'activité 2025) ; décote en cas de durée incomplète. Arrêté du 22 décembre 2025 : PASS 2026 = 48 060 € (8 PASS = 384 480 €).

  • Réforme des retraites et calendrier

    Loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 (âge légal cible 64 ans, durée 172 trimestres). Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 (LFSS 2026) : suspension du calendrier de la réforme jusqu'au 1er janvier 2028. Pour les départs à compter du 1er septembre 2026, âge provisoirement maintenu autour de 62 ans et 9 mois et durée autour de 170 trimestres pour les générations 1963 à début 1965 (bornes relevant de décrets, signalées au conditionnel). Taux plein automatique à 67 ans.

  • Capitalisation : PER / Madelin et fiscalité

    Art. 154 bis CGI (plafond TNS : 10 % du bénéfice dans la limite de 8 PASS, majorés de 15 % de la fraction entre 1 et 8 PASS ; plancher 4 806 € ; maximum 88 911 € en 2026) issu de la loi Madelin n° 94-126 du 11 février 1994. Loi PACTE n° 2019-486 du 22 mai 2019 (création du PER, fermeture des Madelin à la commercialisation au 1er octobre 2020). Sortie : BOI-RSA-PENS-30-10-20 (capital au barème sans abattement de 10 %, gains au PFU 12,8 % + PS 18,6 %, quotient art. 163-0 A, taux de 7,5 % inapplicable). Le versement PER reste dans l'assiette des cotisations sociales.

  • Assurance-vie, immobilier, cession et hauts revenus

    Assurance-vie : PS 17,2 % maintenu (LFSS 2026), transmission art. 990 I (152 500 € par bénéficiaire) et 757 B (30 500 € global, primes après 70 ans). Dualité des prélèvements sociaux 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) : 18,6 % (PER, dividendes, plus-values mobilières) contre 17,2 % (assurance-vie, foncier nu, plus-values immobilières) ; LMNP en zone grise. Déficit foncier 10 700 € (art. 156 CGI). Cession du cabinet : art. 238 quindecies (exonération ≤ 500 000 €, dégressive jusqu'à 1 000 000 €), 151 septies A (exonération IR, PS 18,6 % dus), 150-0 D ter (abattement 500 000 €, prorogé au 31 décembre 2031). Hauts revenus : CEHR art. 223 sexies, CDHR reconduite par la LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026). Barème IR 2026 art. 197.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Plusieurs points sont, en toute transparence, signalés au conditionnel : les taux de remplacement (ordres de grandeur, jamais une garantie), les bornes d'âge et de durée d'assurance (réforme suspendue, paramètres relevant de décrets), le traitement des prélèvements sociaux de la location meublée (zone grise). Les paramètres des sections professionnelles cités sont communiqués par les caisses et doivent être vérifiés sur le site de votre section. Les décisions de justice sont mentionnées à titre informatif. Les chiffres et taux sont à jour au 8 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF/LFSS annuelles, doctrine BOFiP, jurisprudence). L'estimation de votre pension et le dimensionnement de votre complément doivent faire l'objet d'une étude individualisée, validée avec votre expert-comptable. La capitalisation comporte un risque de perte en capital.

Foire aux questions

Tout sur la retraite de la profession libérale en 2026 taux de remplacement, caisses, calcul par points, complément.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous : le taux de remplacement réel, le calcul par points, les caisses, le piège des dividendes, l'âge de départ et le bon complément à mettre en place. Réponses sourcées et à jour 2026.