La CARCDSF ne maintiendra pas votre niveau de vie
Un dentiste qui gagne 140 000 € par an et touche, à la retraite, autour de 5 000 € de pension mensuelle : c'est le quotidien d'une grande partie des praticiens qu'on reçoit, et ça n'a rien d'un cas extrême. Le problème tient en une phrase : votre retraite obligatoire de chirurgien-dentiste vous servira une pension qui représentera, en ordre de grandeur, 40 à 50 % de vos revenus d'activité. Ce décrochage n'est pas un accident : il est structurel. Votre retraite repose sur trois étages — le régime de base (CNAVPL, géré par la CARCDSF), le régime complémentaire de la CARCDSF et la prestation complémentaire de vieillesse (PCV) du praticien conventionné. Or ces régimes fonctionnent en répartition, avec des cotisations proportionnelles plafonnées : au-delà d'un certain revenu, chaque euro gagné cesse de générer de la retraite supplémentaire (la valeur du point du régime complémentaire 2026 est indicative, de l'ordre de 31,82 €, à vérifier sur carcdsf.fr). Plus vous gagnez, plus l'écart se creuse — et plus le complément à construire vous-même est grand.
L'essentiel, avant d'entrer dans le détail
Garde-fou : CARCDSF, jamais CARMF — et aucun de ces leviers ne crée de droit caisse
Ce guide est la boîte à outils qui répond à une question simple : comment combler ce trou ? Pour comprendre pourquoi votre pension décroche — le détail des cotisations, des points et du taux de remplacement —, commencez par notre diagnostic dédié : retraite du chirurgien-dentiste : pourquoi la CARCDSF ne suffira pas. Ici, on passe à l'action : les 5 leviers, classés par efficacité à votre tranche.
Vos 5 leviers pour combler le trou, classés par efficacité
Vue d'ensemble d'abord, détail levier par levier ensuite. À une tranche marginale de 41 à 45 % — celle du dentiste installé —, la hiérarchie se lit comme une séquence. On commence par ce qui défiscalise le plus à l'entrée : le PER, dont chaque euro versé vous est rendu à votre tranche. Vient ensuite l'assurance-vie pour la disponibilité et la transmission, puis l'immobilier et les SCPI pour le revenu régulier. Et on garde le plus gros morceau pour le jour du départ : la cession du cabinet, souvent le premier « capital retraite » du dentiste. Le tableau ci-dessous résume horizon, fiscalité, liquidité et atout de chaque levier ; les sections qui suivent les déroulent un à un.
| Solution | Horizon | Fiscalité des gains (PS 2026) | Liquidité | Atout clé |
|---|---|---|---|---|
| PER / Madelin TNS | Long (bloqué) | Sortie : versements au barème + gains PFU 31,4 % (PS 18,6 %) | Bloqué (sauf cas L. 224-4) | Déduction à l'entrée à 41-45 % |
| Assurance-vie | Moyen-long | Après 8 ans : 7,5 / 12,8 % + PS 17,2 % | Disponible à tout moment | Souplesse + transmission 990 I |
| SCPI / foncier nu | Moyen-long | Revenus fonciers, PS 17,2 % | Moyenne | Revenu régulier |
| LMNP / meublé | Moyen-long | Amortissement ; PS zone grise (à confirmer) | Moyenne | Revenu peu fiscalisé (conditionnel) |
| Cession fonds BNC | Au départ | IR exonéré (238 quindecies / 151 septies A) ; PS 17,2 % | One-shot | Capital exonéré d'IR |
| Cession parts de SEL | Au départ | Abattement 500 000 € (IR) ; PFU 12,8 % ; PS 18,6 % | One-shot | Capital + abattement dirigeant |
| Cumul / rachat trimestres | Fin de carrière | Augmente la pension obligatoire CARCDSF | — | Joue sur le régime de base |
La dualité des prélèvements sociaux 2026 : 18,6 % ou 17,2 % selon l'enveloppe
Pour aller plus loin : d'abord comprendre POURQUOI la pension décroche
Levier n°1 : le PER / Madelin, déduit à votre tranche (41-45 %)
C'est, à votre tranche, le levier qui rend le plus à l'entrée. Le PER (qui a remplacé le contrat Madelin retraite depuis la loi PACTE) vous laisse déduire votre versement de votre bénéfice imposable, à votre TMI : à 41 %, 1 € versé, c'est 0,41 € d'impôt en moins immédiatement. Aucune autre enveloppe n'en fait autant.
Le plafond TNS de l'article 154 bis
En tant que travailleur non salarié, vous bénéficiez d'un plafond bien plus large que le salarié : l'article 154 bis du CGI. La formule additionne deux étages : 10 % de votre bénéfice imposable (dans la limite de 8 PASS) majorés de 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS. Le PASS 2026 est de 48 060 € (8 PASS = 384 480 €). La déduction va d'un plancher de 4 806 € à un maximum de 88 911 €.
Le plafond PER / Madelin TNS 2026 du dentiste
PLAFOND 154 bis = 10 % x benefice (dans la limite de 8 PASS)
+ 15 % x (min(benefice, 8 PASS) - 1 PASS)
PASS 2026 = 48 060 EUR | 8 PASS = 384 480 EUR
PLANCHER = 10 % x 48 060 = 4 806 EUR
MAXIMUM = 10 % x 384 480
+ 15 % x (384 480 - 48 060)
= 38 448 + 50 463 = 88 911 EURLe maximum de 88 911 € suppose un bénéfice d'au moins 384 480 € (8 PASS), rare chez un dentiste. En pratique, on applique la formule 10 % + 15 % sur votre bénéfice exact ; le plancher de 4 806 € s'applique tant que 10 % du bénéfice lui est inférieur.
Combien vous déduisez selon votre BNC
Repérez la ligne de votre bénéfice, lisez l'économie d'impôt dans la colonne de votre tranche. Un dentiste à 130 000 € de BNC, par exemple, déduit 25 291 € et économise environ 10 369 € à 41 %.
| BNC imposable | Plafond 154 bis | Éco. à 41 % | Éco. à 45 % |
|---|---|---|---|
| 80 000 € | 12 791 € | 5 244 € | 5 756 € |
| 120 000 € | 22 791 € | 9 344 € | 10 256 € |
| 130 000 € (cas type) | 25 291 € | 10 369 € | 11 381 € |
| 160 000 € | 32 791 € | 13 444 € | 14 756 € |
| ≥ 384 480 € | 88 911 € (max) | 36 454 € | 40 010 € |
Trois points à retenir avant de signer : (1) la base est le bénéfice de l'année N (votre 2035 2026) ; (2) ce plafond TNS est non reportable et non mutualisable — perdu s'il dort à la clôture de l'exercice (à la différence du plafond classique de l'article 163 quatervicies, plafonné à 37 680 € mais reportable, porté à 5 ans par la LF 2026) ; (3) l'avantage est fiscal seulement : le versement déduit reste dans l'assiette de vos cotisations CARCDSF et URSSAF (art. L. 131-6 du Code de la sécurité sociale). Il fait baisser votre impôt, pas vos cotisations.
Le rôle exact du PER : il COMPENSE, il ne reconstitue pas un droit de caisse
À la sortie, vous récupérez l'épargne en capital (la part versements est imposée au barème de l'IR sans l'abattement de 10 %, la part gains au PFU de 31,4 % — soit 12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux) ou en rente (régime des pensions, art. 158-5 du CGI). La simulation complète de votre plafond et de votre sortie, BNC par BNC, est ici : PER dentiste : combien d'impôt économisé selon votre BNC ; pour comparer capital et rente, voyez la fiscalité à la sortie du PER, et la mécanique générale dans le guide complet du Plan d'épargne retraite.
Quel montant verser sur votre PER cette année ?
Un CGP indépendant calcule votre plafond 154 bis exact à partir de votre BNC, votre économie nette à votre tranche, et le montant qui sature vraiment votre tranche — ni plus, ni moins — après avoir sécurisé votre prévoyance.
Levier n°2 : l'assurance-vie, souplesse et transmission
Là où le PER bloque votre épargne jusqu'à la retraite, l'assurance-vie reste disponible à tout moment. Elle n'offre pas de déduction à l'entrée, mais elle joue deux cartes que le PER n'a pas : la liquidité et la transmission. Et ses gains supportent des prélèvements sociaux plus bas que le PER.
Sur les rachats après 8 ans, vous bénéficiez d'un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) sur les gains, puis d'un taux d'imposition de 7,5 % (12,8 % au-delà de 150 000 € de primes nettes, art. 200 A du CGI). Surtout, les prélèvements sociaux restent à 17,2 %(maintenu par la LFSS 2026), soit une flat tax de 30 % — contre 18,6 % de prélèvements sociaux sur les gains du PER. C'est l'argument de l'assurance-vie : une épargne qui reste à portée de main, et des prélèvements sociaux plus légers.
Côté transmission, l'assurance-vie sort de la succession dans des limites très favorables : pour les primes versées avant 70 ans, un abattement de 152 500 € par bénéficiaire (art. 990 I du CGI), puis 20 % puis 31,25 % ; pour les primes versées après 70 ans, un abattement global de 30 500 €, les gains étant alors exonérés (art. 757 B). Un dentiste qui prépare à la fois son complément de retraite et la transmission à ses enfants trouve là un outil que le PER ne remplace pas.
Exemple : 305 000 € transmis hors droits à deux enfants
PER ou assurance-vie : deux enveloppes qui se complètent
Une nuance utile pour la transmission : les primes « manifestement exagérées » au regard de votre âge, de votre situation et de l'utilité du contrat peuvent être réintégrées à la succession (art. L. 132-13 du Code des assurances). Seules les primes, et non le capital, sont alors concernées, et l'atteinte à la réserve héréditaire n'est pas à elle seule un critère (Cass. 2e civ. 19 décembre 2024, n° 23-19.110, dans le sillage de Cass. ch. mixte 23 novembre 2004, n° 02-11.352). En clair : pour un dentiste qui alimente régulièrement son contrat sur la durée, le risque est en pratique faible.
Levier n°3 : l'immobilier et les SCPI pour un revenu régulier
Pour transformer votre épargne en revenu complémentaire régulier, l'immobilier garde une longueur d'avance sur la plupart des enveloppes financières. Trois voies, à choisir selon votre appétence pour la gestion et l'illiquidité.
Les SCPI (sociétés civiles de placement immobilier) mutualisent un parc immobilier diversifié et vous versent des revenus, sans gestion locative à assumer. Ces revenus fonciers supportent des prélèvements sociaux de 17,2 %. C'est la solution la plus simple pour générer un flux régulier : vous achetez des parts, vous percevez des loyers mutualisés. La location nue en direct, elle, ouvre le déficit foncier : les charges et travaux excédant les loyers s'imputent sur votre revenu global jusqu'à 10 700 €/an(art. 156 du CGI ; plafond porté à 21 400 € pour certains travaux de rénovation énergétique, à vérifier selon le calendrier). Prélèvements sociaux : 17,2 % également.
LMNP / location meublée : un atout, mais une zone grise à signaler
Note de méthode : les rendements passés ne préjugent pas des rendements futurs
Enfin, beaucoup de dentistes détiennent (ou pourraient détenir) les murs de leur cabinet via une SCI : les loyers versés par la structure d'exploitation deviennent, à la retraite, un revenu pérenne adossé à un actif que vous maîtrisez. On en détaille le montage dans acheter les murs de son cabinet dentaire en SCI. Pour le panorama des supports immobiliers du libéral, voyez le guide des SCPI et l'immobilier locatif de la profession libérale. Pour arbitrer entre PER, assurance-vie et SCPI selon votre profil : PER, assurance-vie ou SCPI : comparer les trois enveloppes.
Levier n°4 : la cession du cabinet, votre plus gros capital retraite
En rendez-vous, c'est presque toujours l'angle mort : le dentiste a chiffré son PER et son assurance-vie, mais pas son cabinet — alors que pour la plupart des praticiens, c'est le premier « capital retraite », parfois 300 000 à 600 000 € de patientèle et de murs. Sa cession au moment du départ peut, bien préparée, dégager un capital largement exonéré d'impôt. Mais tout dépend de ce que vous cédez— le fonds en BNC, ou les parts d'une SEL — car la fiscalité, et surtout les prélèvements sociaux, ne sont pas les mêmes.
Cession du fonds / patientèle (exercice en BNC)
Si vous exercez en BNC et cédez le fonds libéral (patientèle), vous réalisez une plus-value professionnelle. Plusieurs exonérations d'impôt sur le revenu peuvent jouer : l'article 238 quindecies (exonération totale si la valeur de cession est ≤ 500 000 €, dégressive jusqu'à 1 000 000 €), l'article 151 septies (selon les recettes : totale si elles sont ≤ 90 000 € en prestations de services), et surtout, pour qui part en retraite, l'article 151 septies A (exonération d'IR au titre du départ en retraite). Point clé pour les prélèvements sociaux : la cession du fonds BNC est à 17,2 %(plus-value professionnelle maintenue à ce taux), même quand l'IR est exonéré.
Cession des parts de SEL (exercice en société à l'IS)
Si vous exercez en SEL et cédez vos parts, c'est le régime des plus-values de titres (art. 150-0 A). Le dirigeant partant à la retraite bénéficie d'un abattement fixe de 500 000 € (art. 150-0 D ter), le surplus étant imposé au PFU de 12,8 % (ou au barème). Conditions : société à l'IS de type PME, exercice et direction depuis au moins 5 ans, cessation des fonctions et liquidation des droits à retraite dans un délai de 24 mois, et cession de la quasi-totalité des titres ; le dispositif est prorogé jusqu'au 31/12/2031 (art. 70 II de la loi de finances pour 2025). Attention : ici, les prélèvements sociaux sont de 18,6 % sur la totalité de la plus-value — l'abattement de 500 000 € ne joue quepour l'IR.
Le piège à ne pas confondre : 17,2 % sur le fonds BNC, 18,6 % sur les parts de SEL
Ce levier mérite une vraie préparation, idéalement plusieurs années avant le départ. Nous le détaillons dans nos guides dédiés : céder son cabinet dentaire en exonérant la plus-value, exonérer la plus-value de cession du cabinet de libéral et, côté structure et transmission, la SPFPL pour dentiste ou transmettre son cabinet à ses enfants. Une fois le capital encaissé, encore faut-il le réinvestir intelligemment : réinvestir le capital de cession à la retraite.
Levier n°5 : jouer sur le régime obligatoire (cumul, rachat)
Les quatre premiers leviers complètent votre retraite par capitalisation. Le cinquième agit, lui, directement sur le régime obligatoire. Ce sont des leviers plus marginaux, mais utiles à connaître pour l'optimisation de fin de carrière — à formuler ici au conditionnel, car les modalités précises côté CARCDSF sont à vérifier au moment de la décision.
Le rachat de trimestres permet de racheter jusqu'à 12 trimestres au titre des années d'études supérieures ou des années incomplètes (dispositif « Fillon », CSS L. 351-14-1, appliqué par chaque caisse dont la CARCDSF pour le régime de base). C'est un levier d'appoint : il améliore la pension obligatoire mais ne comble pas, à lui seul, l'écart de revenu ; son intérêt s'arbitre en comparant son coût au rendement d'un versement PER équivalent. Le cumul emploi-retraite, lui, permet de continuer à exercer tout en percevant sa retraite : il est intégral (sans plafond) si vous avez liquidé l'ensemble de vos régimes au taux plein — et il peut alors générer de nouveaux droits —, plafonné à défaut.
Réforme du cumul emploi-retraite : une évolution attendue à compter de 2027
Combien épargner ? Cas chiffré : 3 000 €/mois à 65 ans
« Combien je dois mettre de côté, concrètement ? » C'est la première question d'un dentiste de 50 ans qui réalise qu'il lui reste 15 ans. Prenons un cas chiffré, en ordres de grandeur. Le prénom est fictif, mais le profil est celui d'un dentiste installé.
Cas A — Bruno, 50 ans, BNC 160 000 €, TMI 45 %, objectif 3 000 €/mois à 65 ans
Capital cible (taux de retrait prudent ≈ 4 %) : 36 000 / 0,04 ≈ 900 000 €.
Effort d'épargne brut (15 ans, hypothèse de rendement net ≈ 4 %/an) : ≈ 44 950 €/an (≈ 3 745 €/mois).
Effort net après économie d'impôt (en supposant l'effort logé dans un cadre déductible à 45 %) : 44 950 × (1 − 0,45) ≈ 24 720 €/an (≈ 2 060 €/mois) dans l'hypothèse où la totalité du versement ouvre droit à déduction.
Attention : avec un BNC de 160 000 €, le plafond PER de Bruno est de 32 791 €/an (cf. tableau du §3). Seule cette fraction est déductible ; les ≈ 12 159 € au-delà du plafond se logent en assurance-vie (sans déduction). En tenant compte de ce plafond, l'effort net réel est plus élevé : de l'ordre de 30 200 €/an (32 791 × 0,55 + 12 159), et non 24 720 €. La déduction PER finance malgré tout une part substantielle de l'effort.
La logique du cas Bruno, étape par étape
OBJECTIF = 3 000 EUR/mois = 36 000 EUR/an a 65 ans
CAPITAL CIBLE = 36 000 / 4 % ~ 900 000 EUR
EFFORT BRUT = 900 000 x 4 % / (1,04^15 - 1)
~ 44 950 EUR/an (~ 3 745 EUR/mois)
EFFORT NET = 44 950 x (1 - 45 %)
~ 24 720 EUR/an (~ 2 060 EUR/mois)Ordres de grandeur pedagogiques au taux 2026. L'EFFORT NET ci-dessus suppose la totalite du versement deductible : avec un BNC de 160 000 EUR, le plafond PER de Bruno est de 32 791 EUR/an, donc l'effort net reel est plus eleve (de l'ordre de 30 200 EUR/an, la part au-dela du plafond allant en assurance-vie sans deduction). Les hypotheses de rendement (4 %) et de conversion en revenu (4 %) ne sont pas garanties ; le capital comporte un risque de perte. Une cible plus prudente (rendement 3 %) augmente l'effort. Ces chiffres servent a dimensionner, pas a promettre.
Ce que ce cas chiffre — et ce qu'il ne chiffre pas
Combien devez-vous épargner pour votre objectif de retraite ?
On part de votre BNC, de votre âge et de votre objectif de revenu pour chiffrer l'effort d'épargne réel — net d'impôt — et le répartir entre PER, assurance-vie, immobilier et cession du cabinet. On part de votre liasse 2035, pas d'un montant standard.
Avant d'épargner : sécuriser le risque invalidité
Une mise en garde déontologique avant de parler épargne : chez le dentiste, le revenu repose entièrement sur le geste. Vue, mains, dos, station debout prolongée : la dépendance physique au geste de précision est forte. Un canal carpien, un tremblement, un problème visuel — et le revenu s'arrête, bien avant 65 ans, en même temps que la capacité à alimenter un PER. C'est pourquoi la hiérarchie est non négociable : on sécurise la prévoyance avant de saturer l'épargne retraite.
Bonne nouvelle : la prévoyance Madelin relève aussi de l'article 154 bis, mais sur une enveloppe distincte de celle de la retraite — elle ne grignote pas votre plafond de 88 911 €. Le plafond du volet prévoyance et complémentaire santé est de 7 % du PASS + 3,75 % du bénéfice, dans la limite de 3 % de 8 PASS, soit environ 11 534 € en 2026 (pour un bénéfice de 130 000 €, cela autorise de l'ordre de 8 239 € de cotisations déductibles). Concrètement : on calibre d'abord des indemnités journalières et une rente d'invalidité sur votre train de vie, et seulement ensuite on optimise le PER.
Le PER ne doit jamais évincer la prévoyance
En 30 secondes : prévoyance, le réflexe avant tout calcul d'épargne
Par où commencer : la méthode Hagnéré Patrimoine
L'ordre compte autant que les leviers eux-mêmes : un dentiste qui sature son PER avant d'avoir blindé sa prévoyance optimise son impôt en laissant son revenu à nu. Voici la séquencequ'on déroule, du plus protecteur au plus rentable fiscalement :
La séquence en 6 étapes
1. SECURISER la prevoyance Madelin (risque invalidite du geste) 2. SATURER le PER dans le plafond 154 bis (deduction 41-45 %) 3. AJOUTER de l'assurance-vie (liquidite + transmission 990 I) 4. CONSTRUIRE du revenu : SCPI / immobilier / murs du cabinet 5. PREPARER la cession du cabinet (capital retraite exonere) 6. OPTIMISER le regime obligatoire (cumul, rachat de trimestres)
L'ordre n'est pas indifférent : on protège le revenu avant de l'optimiser, et on défiscalise au maximum (PER) avant de loger le reste ailleurs. Chaque étage se calibre sur votre situation réelle.
Anticiper (15 ans avant)
Effort d'épargne lissé et modéré, déduction PER maximisée chaque année à 41-45 %, prévoyance sécurisée tôt, cession du cabinet préparée en amont (5 ans / 24 mois respectés). Le complément de retraite se construit sans à-coup, et l'écart de pension est comblé.
Subir (à la veille du départ)
Effort d'épargne concentré et lourd, plafonds PER annuels perdus (le 154 bis ne se reporte pas), conditions de cession parfois ratées (délais), prévoyance souscrite trop tard ou trop chère. Le décrochage de pension est subi de plein fouet.
Cette méthode, on l'applique dans une vision d'ensemble — au-delà du seul cabinet — détaillée dans la gestion de patrimoine du chirurgien-dentiste, en lien avec tous les leviers d'optimisation présentés dans la défiscalisation du chirurgien-dentiste et la mécanique de retraite du libéral dans la retraite de la profession libérale. Et parce que le statut (SELARL ou SELAS) change l'accès au plafond PER comme la fiscalité de cession des parts, voyez aussi SELARL ou SELAS pour le dentiste.
Récapitulatif : votre complément de retraite de dentiste en 5 leviers
Préparer votre retraite de dentiste avec Quentin Hagnéré
Cabinet de Chambéry, 100 % indépendant. On chiffre votre écart de pension CARCDSF, on sécurise d'abord votre prévoyance Madelin, on calibre votre PER et on articule assurance-vie, immobilier et cession du cabinet — avec votre expert-comptable. Une feuille de route claire, du diagnostic à la mise en œuvre.

