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Guide dentiste 202616 minMis à jour 25 juin 2026Méthode en 6 étapes

Gestion de patrimoine du chirurgien-dentiste : construire au-delà du cabinet

Vous facturez de gros honoraires mais vous avez l'impression de ne rien capitaliser ? C'est fréquent chez les dentistes. À 200 000 € de BNC, entre les cotisations TNS, le renouvellement du plateau technique, l'IR à 41-45 % et la CDHR, votre capacité d'épargne réelle tourne souvent autour de 50 000 à 65 000 €, pas 200 000 €. Et votre vrai risque n°1, ce sont vos mains. Avant d'acheter le moindre produit, voici le bon ordre des priorités. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

BILAN PATRIMONIAL DENTISTE 2026

Savoir par où commencer dans votre cas et bâtir votre plan d'action priorisé

Diagnostic complet de votre situation de chirurgien-dentiste : inventaire, capacité d'épargne réelle, prévoyance du geste, PER, diagnostic fiscal (TMI 41-45 %, CEHR, CDHR) et ordre des priorités chiffré. Cabinet 100 % indépendant, sans produit-maison.

  • Inventaire de vos deux patrimoines
  • Chiffrage de votre capacité d'épargne réelle
  • Prévoyance calibrée sur le risque du geste
  • Cabinet 100 % indépendant

TMI CIBLE

41-45 %

ÉPARGNE RÉELLE

≈ 50-65 k€

IJ CARCDSF DÈS J91

≈ 113 €/j

PER MAX 2026

88 911 €

CDHR MINIMUM

20 % du RFR

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1POURQUOI·3 MIN

Pourquoi un chirurgien-dentiste ne gère pas son patrimoine comme un cadre

Vous facturez de gros honoraires et vous avez pourtant l'impression de ne rien capitaliser. Vous n'êtes pas seul, et ce n'est pas un défaut de gestion : un cadre supérieur salarié et un chirurgien-dentiste à 200 000 € de BNC peuvent afficher des revenus comparables sans gérer du tout le même patrimoine. Le cadre a un employeur, une retraite cadre, une prévoyance collective et un salaire qui tombe chaque mois. Le dentiste, lui, a deux patrimoines à piloter, un filet social troué, une retraite obligatoire (la CARCDSF) très en dessous de son revenu — et un risque que personne d'autre ne porte : tout repose sur ses mains.

En 30 secondes : par où commencer

La règle : on ne place pas un euro avant d'avoir posé le diagnostic — le bilan avant l'ordonnance. L'ordre, propre au dentiste : (1) épargne de précaution, (2) prévoyance Madelin calibrée sur le risque du geste, (3) PER / Madelin retraite (déductible jusqu'à 88 911 € en 2026), (4) structuration SEL / SPFPL si elle a un sens, (5) immobilier et SCPI de diversification, (6) produits exotiques en dernier. Pourquoi cet ordre : à 200 000 € de BNC, votre capacité d'épargne réelle tourne souvent autour de 50 000 à 65 000 € (pas 200 000), la CARCDSF ne remplace qu'une fraction de votre revenu et la CDHR neutralise les réductions d'impôt — mais pas le PER ni le déficit foncier. Le reste de ce guide déroule la méthode, étape par étape.

Trois spécificités qui changent tout

La plus décisive d'abord : tout votre revenu tient dans vos mains. La dépendance physique au geste joue sur la dextérité fine, mais aussi sur le dos et les cervicales (les troubles musculo-squelettiques, l'épidémie silencieuse du métier) et sur la vue. Vient ensuite un boulet propre à la profession : un plateau technique lourd et récurrent — fauteuils, fluides, imagerie 3D et cône beam, CFAO pour les prothèses — qu'il faut renouveler en permanence et qui ronge l'épargne année après année. Et enfin une caisse à part, la CARCDSF.

Dentiste = CARCDSF, jamais CARMF

Point de vigilance que l'on rencontre souvent : le chirurgien-dentiste ne cotise pas à la CARMF, qui est la caisse des médecins. Il relève de la CARCDSF (Caisse Autonome de Retraite des Chirurgiens-Dentistes et des Sages-Femmes), qui gère pour lui le régime de base (pour le compte de la CNAVPL), le régime complémentaire, la prestation complémentaire de vieillesse des conventionnés (PCV) et le régime invalidité-décès. Toute simulation de retraite ou de prévoyance qui parle de « CARMF » pour un dentiste est à reprendre.

Voilà ce qui vous éloigne radicalement du salarié : chez vous, la priorité n'est pas d'abord la performance d'un placement, c'est la sécurisation (de votre revenu en cas d'arrêt, de votre retraite, de votre famille) et la diversification hors de l'activité. Le placement performant attendra son tour : défiscalisation, immobilier et produits financiers viennent dans un ordre précis qu'on détaille ici. Pour la vue d'ensemble, voyez la gestion de patrimoine de la profession libérale.

§ 2LA MÉTHODE·2 MIN

Le diagnostic avant le placement : la méthode en 6 étapes

En dentisterie, on ne pose pas une couronne sans radio. En gestion de patrimoine non plus : on ne place pas un euro sans bilan. Avant tout produit, on suit un protocole en six étapes, dans cet ordre — parce qu'à votre niveau de revenu, ce n'est pas le produit qui fait la différence, c'est l'ordre dans lequel vous l'achetez.

La méthode en 6 étapes du chirurgien-dentiste. On protège le revenu avant de l'optimiser : chaque étape conditionne la suivante.
ÉtapeCe qu'on regardeQuestion à laquelle elle répond
1 · InventaireActif/passif de vos deux patrimoinesQue possédez-vous vraiment, et qu'est-ce qui est liquide ?
2 · FluxBNC − cotisations − plateau − impôt − train de vieQuelle est votre capacité d'épargne réelle ?
3 · RisquesLe geste, la prévoyance et la concentrationQue se passe-t-il si vous ne pouvez plus exercer ?
4 · ObjectifsRetraite, transmission, diversification, fiscalitéPour quoi épargnez-vous, et à quel horizon ?
5 · Diagnostic fiscalTMI 41-45 %, CEHR, CDHR, IFIQuels leviers fonctionnent encore à votre niveau ?
6 · Plan d'actionPyramide des prioritésPar où commencer concrètement ?

Le fil rouge : protéger avant d'optimiser, baisser l'assiette avant les réductions

La plupart des erreurs patrimoniales d'un dentiste viennent d'un ordre inversé : on commence par le produit de défiscalisation à la mode, l'immobilier ou le placement exotique, avant d'avoir blindé sa prévoyance et sa retraite. La méthode renverse ce réflexe : on pose le diagnostic, puis on blinde le socle avant de viser le sommet. Et côté fiscalité, on privilégie les leviers qui baissent l'assiette ou le RFR (PER, prévoyance, déficit foncier) avant les réductions d'impôt, que la CDHR neutralise.
Hagnéré Patrimoine

Dérouler la méthode sur votre cas de dentiste

Un CGP indépendant applique les six étapes à vos chiffres réels : inventaire, capacité d'épargne réelle, prévoyance du geste, PER et diagnostic fiscal — et vous repartez avec un plan d'action hiérarchisé.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 3ÉTAPE 1 — INVENTAIRE·3 MIN

Étape 1 — L'inventaire : vos deux patrimoines, actif et passif

Avant de placer, on fait le tour du propriétaire — actif ET passif. Sans inventaire complet et honnête, vous pilotez à l'aveugle, et la première mauvaise surprise vient souvent du passif qu'on avait oublié de compter.

Le cabinet : beaucoup de valeur, presque pas de liquidité

Vos parts de SEL (SELARL ou SELAS, souvent l'actif de plus forte valeur), la patientèle et le droit de présentation, les murs du cabinet s'ils vous appartiennent, le plateau technique (fauteuils, imagerie 3D / cône beam, chaîne CFAO — autant d'immobilisations à amortir et à renouveler) et la trésorerie de la société. Tout cela a de la valeur — mais une valeur peu liquide : elle ne se transforme en argent disponible qu'à la cession, à un confrère agréé, dans un cadre réglementé. Ne confondez jamais la valeur de votre cabinet avec une épargne mobilisable.

L'actif personnel et le passif

Côté privé : résidence principale, immobilier locatif, épargne (assurance-vie, PEA, comptes-titres), PER. Et surtout le passif qu'on oublie trop souvent : crédits immobiliers, emprunt d'installation ou de rachat de patientèle, et comptes courants d'associé (une créance sur la société, pas une épargne disponible). L'inventaire net, c'est l'actif moins le passif — pas la somme des chiffres flatteurs.

Grille d'inventaire du chirurgien-dentiste. La liquidité est aussi importante que la valeur : un patrimoine riche mais illiquide ne protège pas d'un coup dur.
PosteNatureLiquiditéÀ noter
Parts de SELARL / SELASProfessionnelFaibleCessibles à un confrère agréé seulement
Patientèle / droit de présentationProfessionnelTrès faibleValeur de cession, non mobilisable
Murs du cabinetProfessionnelFaibleSouvent via une SCI dédiée
Plateau technique (fauteuils, imagerie, CFAO)ProfessionnelTrès faibleAmorti puis à renouveler régulièrement
Trésorerie de la sociétéProfessionnelMoyenneSortie = PFU 31,4 % sur les dividendes
Résidence principale / locatifPersonnelFaibleUsage ou rendement, pas un coussin
Assurance-vie / PEA / CTO / PERPersonnelForte (PER bloqué)Le cœur de votre épargne disponible
Passif (crédits, CCA, emprunt patientèle)À déduire—L'inventaire NET seul a un sens

Bien qualifier la nature de vos revenus

Deux précisions techniques qui pèsent sur le calcul de votre plafond PER et de vos cotisations. La rémunération technique de l'associé de SEL est imposée en BNC (article 92 CGI) depuis le 1er janvier 2024 — jamais en traitements et salaires — et le forfait de 5 % qui simplifiait la ventilation a été annulé (CE 8 avril 2025 n° 492154, voir aussi BOI-RES-BNC-000136) : la part technique et la part de gérance doivent désormais se justifier au cas par cas. La rémunération de gérance majoritaire de SELARL, elle, relève de l'article 62 CGI.

IFI : vos parts de SEL ne sont pas forcément exonérées

Les parts de SEL et de SPFPL peuvent être exonérées d'IFI au titre des biens professionnels (article 975 CGI), mais sous conditions d'affectation professionnelle (activité opérationnelle, fonction de direction, prépondérance des revenus professionnels). Ce n'est pas automatique : à défaut, la fraction représentative d'actifs immobiliers redevient taxable. Piège fréquent en dentaire : la SCI à l'IR qui détient les murs et les loue à la SEL. On y revient à l'étape 5 (diagnostic fiscal).
§ 4ÉTAPE 2 — LES FLUX·4 MIN

Étape 2 — Les flux : pourquoi 200 000 € de BNC ne font pas 200 000 € d'épargne

200 000 € de BNC, 55 000 € qui finissent réellement épargnés : tout l'écart se joue ici, et c'est la source de la plupart des malentendus. Votre BNC n'est pas votre capacité d'épargne. Entre les deux, il y a les cotisations sociales, le renouvellement du plateau, l'impôt et le train de vie — et le delta est spectaculaire.

Du BNC à la capacité d'épargne réelle

On retranche, dans l'ordre : cotisations sociales TNS, renouvellement du plateau, impôt sur le revenu, contributions hauts revenus, train de vie. Ce qui reste, c'est votre vraie marge d'épargne. Le point le plus important en pratique : on lisse sur deux ou trois ans. Une bonne année — un gros chantier prothétique, une cession partielle — ne doit pas dimensionner vos versements : c'est la capacité récurrente qui compte. Pour affiner malgré des recettes en dents de scie, voyez calculer sa capacité d'épargne réelle malgré des revenus irréguliers.

La cascade : du BNC à la capacité d'épargne réelle

Capacite d'epargne reelle =
    BNC (benefice non commercial)
  - cotisations sociales TNS (CARCDSF + URSSAF)
  - charges & renouvellement du plateau technique
  - impot sur le revenu (TMI 41-45 %)
  - CEHR / CDHR (le cas echeant)
  - train de vie reel
  = ce qui reste, a LISSER sur 2-3 ans

À 200 000 - 300 000 € de BNC, ce solde tourne souvent autour de 50 000 à 65 000 € par an — soit environ un quart du revenu. C'est ce montant, et non la facturation, qui doit piloter votre épargne.

Cas 1 — Dr Camille, 38 ans, chirurgienne-dentiste en SELARL, BNC 220 000 €

Chiffres arrondis et illustratifs (estimation pédagogique, non opposable ; fourchettes volontaires).

BNC : 220 000 €.
− Cotisations sociales TNS (CARCDSF base/complémentaire/PCV/invalidité-décès + URSSAF) : ≈ −65 000 à −75 000 €.
− Quote-part annuelle de renouvellement du plateau (fauteuil, imagerie, CFAO amortis) : poste structurel propre au dentiste, à ne jamais oublier.
− Impôt sur le revenu (barème 2026, TMI 41-45 %), montant réduit si une partie est déductible via le PER : ≈ −45 000 à −55 000 €.
− Train de vie (résidence, famille, charges) : ≈ −45 000 à −60 000 €.
= Capacité d'épargne réelle ≈ 45 000 à 60 000 €/an (selon le poids du renouvellement du plateau), pas 220 000 €.

À retenir : c'est l'épargne réelle qui pilote, pas la facturation

Ne dimensionnez jamais vos versements sur votre BNC brut ni sur votre meilleure année. C'est la capacité d'épargne récurrente— ce qui reste après cotisations, plateau, impôt et train de vie, lissée sur 2 à 3 ans — qui fixe le bon montant à mettre au PER, en assurance-vie ou en immobilier. Surdimensionner ses versements sur un pic de revenu, c'est la cause n°1 des rachats anticipés coûteux et des arbitrages dans l'urgence.
§ 5ÉTAPE 3 — RISQUES ⭐·5 MIN

Étape 3 — Le risque n°1 du dentiste : vos mains, votre dos, vos yeux

C'est ici que se joue presque tout, et c'est ce qui distingue vraiment un dentiste d'un autre haut revenu. Avant de penser rendement, on cartographie ce qui peut faire dérailler tout le reste. Et pour un chirurgien-dentiste, ce qui peut tout arrêter, ce n'est pas un krach boursier : c'est le geste.

La dépendance physique au geste

Votre activité repose sur une dextérité fine maintenue des heures durant, dans une posture contrainte. Trois points cèdent en premier : les mains (tendinite, syndrome du canal carpien, arthrose), le rachis (les TMS, première cause d'arrêt prolongé du métier), et la vue, dont la moindre baisse complique tout travail de précision. Et c'est bien là que tout bascule : une atteinte même partielle peut vous empêcher d'exercer alors même que vous restez « valide » au sens médical général. L'acte dentaire ne se délègue pas ; le jour où vous ne pouvez plus tenir une fraise, le revenu s'arrête.

Le trou de couverture du régime obligatoire

Le régime de base verse des indemnités journalières via la CPAM du 4e au 90e jour seulement (carence de 3 jours, plafond modeste de l'ordre de 198,15 €/jour en 2026, décret n° 2021-755 du 12 juin 2021, à vérifier au règlement). Au-delà du 90e jour, le relais est assuré par le régime invalidité-décès de la CARCDSF, de l'ordre de 113 €/jour dès le 91e jour, soit environ 3 396 €/mois— à comparer aux 9 000 à 20 000 € mensuels d'un praticien en exercice, et c'est cet écart, pas le principe, qui doit dimensionner le contrat. S'y ajoutent, en cas d'invalidité ou de décès, une rente d'invalidité et un capital décès dont les montants restent dérisoires pour une famille habituée au train de vie d'un dentiste (valeurs communiquées par la CARCDSF, à confirmer au règlement sur carcdsf.fr).

Le piège du barème : fonctionnel ou professionnel ?

Une seule clause sépare un bon contrat d'un contrat inutile. Exigez une définition d'invalidité professionnelle (incapacité d'exercer votre métier) ou un barème croisé fonctionnel + professionnel. Un contrat qui n'indemnise que selon un barème fonctionnel (ou « toute profession ») peut ne rien verser à un dentiste qui ne peut plus tenir une fraise mais reste autonome dans la vie courante. Pour dimensionner tout cela, voyez dimensionner sa prévoyance Madelin (le trou après le 90e jour) et la prévoyance du dirigeant.

La solution prioritaire : la prévoyance Madelin (art. 154 bis CGI)

C'est la première brique à poser, avant même le PER. Le volet prévoyance de l'article 154 bis CGI permet de déduire les cotisations d'un contrat Madelin : 7 % du PASS + 3,75 % du bénéfice, dans la limite de 3 % de 8 PASS, soit environ 11 534 € en 2026 (BOI-BIC-CHG-40-50-40-20). Cette enveloppe est autonome du plafond retraite/PER : les deux ne se cannibalisent pas. Un volet perte d'emploi existe également (1,875 % du bénéfice, ou 2,5 % du PASS au minimum).

Madelin : un avantage IR, pas une niche pure

Deux précisions honnêtes. La déduction Madelin porte sur l'IR seul et les cotisations restent dans l'assiette des cotisations sociales : l'intérêt est la couverture du risque, doublée d'un avantage fiscal à l'IR — pas une défiscalisation magique. Et les prestations (indemnités, rentes) perçues d'un contrat Madelin sont, elles, imposables. On dimensionne donc le contrat sur le besoin de couverture (combler l'écart entre vos 3 396 €/mois de la CARCDSF et votre revenu réel), pas sur la seule économie d'impôt.

Cas 2 — Dr Sophie, 45 ans, BNC 130 000 €, syndrome du canal carpien ⭐

Le cas qui résume tout l'enjeu (illustratif, non opposable).

Dr Sophie développe un syndrome du canal carpien bilatéral. Après chirurgie et rééducation, elle ne peut plus exercer la dentisterie — mais elle n'est pas « invalide » au sens d'un barème fonctionnel : elle conduit, écrit, vit normalement.

Couverture obligatoire : IJ CPAM jusqu'au 90e jour (≈ 198,15 €/j), puis relais CARCDSF de l'ordre de 113 €/j (≈ 3 396 €/mois) — une chute brutale par rapport à son revenu net.

Avec un contrat Madelin à barème fonctionnel : indemnisation faible, voire nulle, car elle reste « valide » au droit commun.
Avec un contrat Madelin à barème professionnel (ou croisé) : l'incapacité d'exercer son métier est reconnue, la rente se déclenche et comble l'écart. C'est exactement la différence entre une prévoyance utile et une prévoyance décorative.

Le risque de concentration : tout repose sur vous

Au-delà de l'arrêt de travail, il y a le risque structurel : votre patrimoine et votre revenu reposent sur un actif unique et non diversifié — votre capacité d'exercer, plus le cabinet qui en dépend. La parade patrimoniale est mécanique : sortir régulièrement du capital de l'activité pour le placer dans des actifs qui ne dépendent pas de vos mains (assurance-vie, immobilier, SCPI). C'est l'objet de l'étape 6 et de la section « construire au-delà du cabinet ».

Couverture obligatoire seule

IJ CPAM du 4e au 90e jour (≈ 198,15 €/j), relais CARCDSF ≈ 113 €/j (3 396 €/mois) au 91e jour, rente d'invalidité et capital décès modestes. Très insuffisant pour un revenu de dentiste : un arrêt long ou une atteinte du geste vous expose à une chute brutale.

Couverture renforcée Madelin

Franchise calée à 90 jours, IJ et rente d'invalidité dimensionnées sur votre revenu réel, barème PROFESSIONNEL ou croisé (l'incapacité d'exercer son métier suffit à déclencher), capital décès adapté à la famille et aux crédits. C'est le socle à sécuriser avant tout placement.

§ 6RISQUE — RETRAITE·3 MIN

La retraite CARCDSF : la chute de revenus que personne n'anticipe

En rendez-vous, c'est la ligne qui surprend le plus mes clients dentistes : leur retraite obligatoire ne couvrira qu'une petite partie de leur train de vie, et beaucoup le découvrent le jour où ils demandent leur relevé CARCDSF — souvent trop tard. Ce n'est pourtant pas faute d'avoir cotisé : ce sont les assiettes elles-mêmes qui sont plafonnées. Rappel du garde-fou : pour un dentiste, c'est la CARCDSF, jamais la CARMF.

Les trois étages de la CARCDSF

L'architecture combine le régime de base (CNAVPL, géré par la CARCDSF), le régime complémentaire et, pour les praticiens conventionnés, la PCV (prestation complémentaire de vieillesse). Le régime de base se cotise par tranches : 8,73 % jusqu'à 1 PASS et 1,87 % jusqu'à 5 PASS. Le complémentaire associe une part forfaitaire et une part proportionnelle plafonnée. La PCV, enfin, est cofinancée aux deux tiers par l'Assurance Maladie pour les conventionnés — un avantage réel, mais qui ne change pas l'ordre de grandeur final.

Les trois étages de la CARCDSF (jamais la CARMF). Cotisations et valeurs 2026 à confirmer au règlement sur carcdsf.fr.
Régime CARCDSF 2026Part forfaitairePart proportionnelleÀ noter
Base (CNAVPL)Cotisation minimale8,73 % ≤ 1 PASS ; 1,87 % jusqu'à 5 PASSPlafonné à 5 PASS
Complémentaire (RC)≈ 3 210,60 €≈ 11,35 % (plafonnée)Valeur du point ≈ 31,82 €
PCV (conventionnés)≈ 1 663,60 €≈ 0,725 %Cofinancée aux 2/3 par l'Assurance Maladie

Le paradoxe : cotisations plafonnées, revenu non plafonné

Concrètement : au-delà de 5 PASS (240 300 €), un euro de BNC supplémentaire ne génère plus aucun droit de retraite de base, et chaque étage complémentaire est lui aussi plafonné. Pour un dentiste à 200 000 ou 300 000 € de BNC, c'est une large fraction du revenu qui ne « compte » pas pour la CARCDSF — d'où un taux de remplacement faible. La seule façon de combler cet écart, c'est de se constituer soi-même une retraite par capitalisation — d'où le rôle central du PER à l'étape 6. Pour le calcul fin de votre pension, l'outil de référence reste la retraite du libéral et son faible taux de remplacement (et votre relevé personnel sur carcdsf.fr).
§ 7ÉTAPE 4 — OBJECTIFS·3 MIN

Étape 4 — Définir ses objectifs : retraite, transmission, diversification, fiscalité

Risques cartographiés, on fixe le cap. Faute d'objectifs classés, on se retrouve avec trois assurances-vie ouvertes au fil des rendez-vous bancaires et aucune ligne directrice — c'est ce qu'on voit le plus souvent en première consultation. Chez le dentiste, quatre caps reviennent presque à chaque bilan.

Retraite : le PER / Madelin (art. 154 bis)

Combler l'écart entre une CARCDSF plafonnée et votre train de vie est l'objectif n°1 d'un haut revenu. Le volet retraite de l'article 154 bis CGI offre une déduction de 10 % du bénéfice (dans la limite de 8 PASS) + 15 % de la fraction de bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS, soit un plancher de 4 806 € et un plafond maximal de 88 911 € en 2026 (bénéfice ≥ 384 480 €). Le PER de droit commun (article 163 quatervicies CGI) couvre les autres cas (gérant minoritaire de SELAS, versements personnels). La LF 2026 a porté le report des plafonds non utilisés de 3 à 5 ans et confirmé la fin de la déductibilité après 70 ans. Attention enfin : à la sortie, les gains du PER supportent des prélèvements sociaux à 18,6 % (et non 17,2 %). Pour le chiffrage par tranche, voyez combien d'impôts un PER économise selon vos revenus de dentiste.

Transmission : protéger et transmettre au moindre coût

Deux repères côté transmission : l'assurance-vie offre un abattement de 152 500 € par bénéficiaire sur les primes versées avant 70 ans (article 990 I CGI) et un abattement global de 30 500 € sur les primes versées après 70 ans (article 757 B CGI). Pour les parts de SEL, le pacte Dutreil (article 787 B CGI) exonère 75 % de la valeur transmise, sous conditions. En cas de cession du cabinet, plusieurs régimes de plus-values professionnelles peuvent jouer (articles 151 septies, 238 quindecies, 151 septies A pour le départ en retraite, 150-0 D ter pour l'abattement fixe de 500 000 € sur les titres — IR exonéré mais prélèvements sociaux dus, seuils à vérifier à la source). Et si une réorganisation se profile, l'apport-cession (article 150-0 B ter CGI) permet de reporter l'imposition de la plus-value, sous obligation de remploi ; attention, une soulte sans justification économique fait courir un risque d'abus de droit — cadre tracé par CE 29 septembre 2023 n° 471003, qui a écarté l'abus dans une espèce où la soulte, bloquée et donnée en garantie, n'avait pas été appréhendée. Pour creuser : transmettre son cabinet et son patrimoine, la donation et la succession.

Diversification & fiscalité : les deux autres caps

Diversification : sortir de la sur-concentration sur l'outil professionnel (murs en SCI, SCPI, assurance-vie, capitalisation en SEL) — c'est l'objet de la section dédiée plus bas. Fiscalité : réduire la pression à 41-45 % + contributions, mais via les bons leviers (voir étape 5) : ceux qui baissent l'assiette, pas ceux que la CDHR neutralise. Un objectif sans date butoir reste un vœu : rangez vos quatre caps sur une ligne de temps (court terme = prévoyance et précaution ; moyen terme = diversification ; long terme = PER ; très long terme = transmission).
§ 8ÉTAPE 5 — DIAGNOSTIC FISCAL·4 MIN

Étape 5 — Le diagnostic fiscal du dentiste : TMI 41-45 %, CEHR, CDHR, IFI

À votre niveau de revenu, l'impôt ne se résume pas à la tranche marginale : plusieurs contributions se superposent. Et c'est en comprenant lesquelles rabotent vos défiscalisations qu'on fixe le bon ordre des priorités.

Les trois contributions qui frappent un haut revenu

Les étages d'impôt sur le revenu d'un haut revenu en 2026. La CDHR a été reconduite par la LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026).
ÉtageMécanismeDéclenchement
IR (art. 197 CGI)TMI 41 % puis 45 %45 % au-delà d'environ 181 917 € par part
CEHR (art. 223 sexies CGI)3 % puis 4 % du RFRRFR > 250 000 / 500 000 € (célibataire) ; 500 000 / 1 000 000 € (couple)
CDHR (art. 224 CGI)Imposition minimale 20 % du RFRRFR > 250 000 € (célibataire) / 500 000 € (couple)

La CDHR (contribution différentielle sur les hauts revenus, article 224 CGI) a été créée par la LF 2025 (loi n° 2025-127 du 14 février 2025 ; la CDHR n'a pas été censurée par le Cons. const. n° 2025-874 DC du 13 février 2025, qui ne s'est pas prononcé sur sa conformité au fond) et reconduite par la LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026, Cons. const. n° 2026-901 DC du 19 février 2026) jusqu'au retour du déficit public sous 3 % du PIB. Son principe : si votre imposition effective (IR + CEHR) passe sous 20 % de votre revenu fiscal de référence, un complément est dû pour atteindre ce plancher. Le périmètre exact du calcul (revenus retenus, taux moyen, mécanisme de décote dans la zone d'entrée) et sa pérennité au-delà de 2026 doivent s'apprécier au cas par cas et au conditionnel : pour la mécanique fine, voyez la CDHR : l'imposition minimale de 20 % des hauts revenus.

La CDHR neutralise vos réductions d'impôt — pas vos leviers d'assiette

C'est ce point précis qui décide de l'ordre dans lequel un dentiste à 41-45 % doit dépenser son euro de défiscalisation. En imposant un plancher de 20 % du RFR, la CDHR annule en grande partie l'effet des réductions d'IMPÔT qui feraient descendre votre impôt sous ce seuil : Girardin, FIP/FCPI, Malraux, Sofica. En revanche, les leviers qui baissent l'ASSIETTE ou le RFR lui-même restent pleinement efficaces : le PER (article 154 bis), la prévoyance Madelin, le déficit foncier (article 156 I-3°), la capitalisation en SEL. Conclusion : PER, prévoyance et déficit foncier d'abord, produits à réduction d'impôt en dernier. Voyez aussi comment payer moins d'impôts légalement quand on est dentiste et les solutions concrètes de défiscalisation du chirurgien-dentiste.
Lever l'impôt en 2026 : assiette vs réduction. À hauts revenus, seuls les leviers d'assiette résistent à la CDHR. Ordres de grandeur, le calcul fin de la CDHR n'a pas encore de BOFiP.
LevierTypeBaisse le RFR / l'assiette ?Repris par la CDHR ?
PER / Madelin retraite (154 bis)Déduction d'assietteOuiNon — pleinement efficace
Prévoyance Madelin (154 bis)Déduction d'assietteOuiNon
Déficit foncier (156 I-3°)Déduction d'assietteOui (jusqu'à 10 700 €)Non
Capitalisation en SEL/SPFPLReport d'impositionOui (revenu non distribué)Non
Girardin / FIP / FCPI / SoficaRéduction d'impôtNonOui — largement neutralisé

Cas 3 — Couple Dr Karim (SELARL, BNC 260 000 €) & Dr Léa (salariée), RFR ≈ 310 000 €

Chiffres illustratifs, en ordres de grandeur (la mécanique exacte de la CDHR est détaillée dans le guide dédié).

CEHR : pour un couple, les seuils sont de 500 000 puis 1 000 000 € → à 310 000 €, la CEHR n'est pas due.
CDHR : avec un RFR de 310 000 €, le couple est sous le seuil de 500 000 € : il n'entre pas dans le champ de la CDHR. Mais un BNC en forte hausse, une cession ou des revenus du capital pourraient l'y faire basculer — d'où l'intérêt de piloter le RFR.

Leçon : si demain le foyer approchait le seuil, la bonne stratégie passerait par les leviers d'assiette — un PER saturé qui réduit le RFR — plutôt que par une réduction d'impôt type Girardin, qui serait reprise. Le PER baisse l'assiette ; la réduction, elle, se heurte au plancher de 20 %.

IFI et dualité des prélèvements sociaux 2026

Deux derniers points de diagnostic. L'IFI (articles 964 et 975 CGI) frappe le patrimoine immobilier net taxable au-delà de 1,3 M€ (barème dès 800 000 €) : le réflexe immobilier fréquent chez les soignants augmente vite cette exposition, à surveiller. Et la dualité des prélèvements sociaux 2026, qui modifie chaque arbitrage entre dividende et assurance-vie : les dividendes de SEL/SPFPL subissent des PS à 18,6 % (PFU global de 31,4 %, jamais 30 %), tandis que l'assurance-vie, la capitalisation et les revenus fonciers nus restent à 17,2 % (flat tax assurance-vie de 30 %).

2026 : 31,4 % sur les dividendes, 17,2 % sur l'assurance-vie

Depuis la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403), la CSG sur les revenus du capital est passée de 9,2 % à 10,6 %. Conséquence : PS de 18,6 % sur les dividendes, les intérêts et les plus-values mobilières (et PFU de 31,4 %), mais PS maintenus à 17,2 % sur l'assurance-vie, la capitalisation, les revenus fonciers nus et les plus-values immobilières. Ne jamais appliquer 17,2 % à un dividende. Pour le détail, voyez la dualité 17,2 % / 18,6 % des prélèvements sociaux en 2026.
§ 9ÉTAPE 6 — LE PLAN·4 MIN

Étape 6 — Le plan d'action priorisé : la pyramide du dentiste

Les cinq étapes précédentes débouchent sur une seule question : dans quel ordre agir. Le réflexe le plus courant — commencer par la défiscalisation, l'immobilier ou le produit à la mode — est précisément l'ordre à ne pas suivre. Pour un dentiste, la pyramide se lit du socle au sommet, avec une particularité : la prévoyance passe avant le PER, parce que le risque du geste prime sur tout le reste.

La pyramide des priorités du chirurgien-dentiste. On construit du socle vers le sommet, jamais l'inverse — et chez le dentiste, la prévoyance précède le PER.
NiveauActionPourquoi à cette place
1 · SocleÉpargne de précaution (3 à 12 mois)Disponible immédiatement, avant tout placement long
2 · Priorité dentistePrévoyance Madelin (barème professionnel)Vous dépendez de vos mains : le risque n°1
3 · Levier fiscal n°1PER / Madelin retraite (art. 154 bis)Déduction sur l'IR à 41-45 %, hors plafond des niches, baisse le RFR
4Structuration SEL / SPFPLLa structure sert le patrimoine, pas l'inverse
5Assurance-vie / SCPI / immobilierDiversifier hors activité, à arbitrer au bilan
6 · SommetProduits exotiques (PE, dette privée, défisc)En dernier — et la CDHR neutralise les réductions d'impôt

Le PER : le levier fiscal n°1 une fois le revenu sécurisé

Pour un dentiste à 41-45 % de TMI, le PER ou Madelin retraite (article 154 bis CGI) est l'outil le plus puissant : la déduction s'impute sur l'IR seul (effet maximal à 45 %), elle réduit le RFR (donc reste efficace face à la CDHR) et elle est exclue du plafond global des niches de 10 000 € (article 200-0 A). Mais — c'est tout l'angle de ce guide — il vient après la prévoyance : la plus belle déduction d'impôt ne pèse rien face à un canal carpien non couvert qui fait s'effondrer le revenu.

Plafond PER 2026 et économie d'impôt (cas Dr Camille, bénéfice 220 000 €)

PLAFOND PER 154 bis (benefice 220 000 EUR)
  10 % x 220 000               = 22 000 EUR
  15 % x (220 000 - 48 060)    = 25 791 EUR
  => plafond deductible          = 47 791 EUR
  (plafond max absolu 2026 = 88 911 EUR, des 384 480 EUR de benefice)

ECONOMIE D'IMPOT = versement x TMI
  si elle verse 25 000 EUR a 41 % : 25 000 x 41 % = 10 250 EUR d'IR en moins

La déduction PER porte sur l'IR seul, réduit le RFR et reste hors du plafond des niches de 10 000 € : c'est le levier le plus efficace à 41-45 % de TMI — mais seulement une fois la prévoyance sécurisée.

Note de méthode : ce que ces chiffres disent — et ce qu'ils ne disent pas

Les économies d'impôt ci-dessus sont des illustrations pédagogiques, calculées sur des hypothèses simples et arrondies. Elles dépendent de votre composition de foyer, de l'intégralité de vos revenus et de votre TMI réel l'année du versement. Surtout : une déduction PER n'est pas un cadeau définitif, c'est un report d'imposition — vous serez imposé à la sortie, idéalement à une TMI plus basse à la retraite. Et toute projection de capital à terme repose sur une hypothèse de rendement : les performances passées ne préjugent pas des performances futures, un placement comporte un risque de perte en capital. C'est précisément le rôle d'un bilan que de chiffrer ces effets sur votre situation, sans extrapolation hasardeuse.

La SPFPL n'efface pas les cotisations sociales

La structuration SEL/SPFPL (niveau 4) est puissante : la SPFPL fait remonter les dividendes à environ 1,25 % d'IS via le régime mère-fille (articles 145 et 216 CGI) au lieu de 31,4 % en direct. Mais elle ne fait pas écran aux cotisations sociales sur la fraction de dividendes excédant 10 % du capital, des primes et du compte courant (article L. 131-6 CSS ; Cass. 2e civ. 19 octobre 2023 n° 21-20.366, qui opposait justement un chirurgien-dentiste à la CARCDSF ; Cons. const. 2010-24 QPC). On la met en place après avoir sécurisé prévoyance et PER, jamais avant. Pour creuser : la SPFPL de dentiste pour optimiser sa trésorerie et préparer la transmission et que faire des excédents de trésorerie de sa SELARL.

Le bon ordre : sécuriser → déduire → structurer → diversifier

Sécuriser (précaution + prévoyance du geste), puis déduire (PER), puis structurer (SEL/SPFPL si pertinent), puis diversifier (immobilier, SCPI, assurance-vie), et seulement à la fin les produits exotiques. Cet ordre n'a rien d'arbitraire : il découle directement du diagnostic — votre dépendance au geste, votre TMI à 41-45 %, la CARCDSF plafonnée et la CDHR. L'ordre compte plus que le produit : un PER ouvert à 45 % de TMI rapporte plus, net, que le dispositif Girardin qu'un confrère vous a vanté au déjeuner du congrès ADF.
§ 10AU-DELÀ DU CABINET·4 MIN

Sortir de la sur-concentration : construire au-delà du cabinet

On en arrive au cœur du sujet, celui qui donne son titre à ce guide. La richesse d'un dentiste est dangereusement concentrée : fonds et patientèle, parts de SEL, plateau technique, parfois les murs. Le tout dépend de votre santé. Construire au-delà du cabinet, c'est transférer méthodiquement du capital de l'outil professionnel vers un patrimoine personnel qui, lui, ne s'arrête pas le jour où vous arrêtez d'exercer.

En 30 secondes : sortir de la sur-concentration

Le problème : 80 à 90 % de votre patrimoine peut reposer sur un seul actif — votre capacité d'exercer et le cabinet qui en dépend. La parade : trois canaux de diversification, dans cet ordre. D'abord capitaliser l'excédent dans la société (IS à 15 % puis 25 %, remontée à ≈ 1,25 % via une SPFPL) plutôt que de tout distribuer. Ensuite bâtir un patrimoine privé décorrélé : assurance-vie, SCPI, immobilier locatif, murs du cabinet en SCI. Au final, un revenu et un capital qui survivent à l'arrêt de l'activité — un capital qui ne s'arrête pas le jour où le poignet lâche.

Capitaliser l'excédent en SEL / SPFPL

Quand la capacité d'épargne est dégagée et que la prévoyance et le PER sont en place, l'excédent de trésorerie de la société peut être capitalisé plutôt que distribué : l'IS à 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice puis 25 % (article 219 CGI) est souvent plus doux que le PFU de 31,4 % sur des dividendes, et une SPFPL fait remonter ces dividendes à environ 1,25 % via le régime mère-fille (articles 145 et 216 CGI). Le garde-fou, déjà vu : la fraction de dividendes excédant 10 % du capital, des primes et du compte courant reste soumise aux cotisations TNS (Cass. 19 octobre 2023 n° 21-20.366). Pour creuser : que faire de la trésorerie de sa SELARL de dentiste et la holding patrimoniale.

Immobilier et marchés financiers

Côté privé, on diversifie sur des classes d'actifs décorrélées de votre cabinet : murs du cabinet en SCI, SCPI, assurance-vie (capitalisation et transmission), immobilier locatif. Rappel de l'arbitrage fiscal 2026 : l'assurance-vie, la capitalisation et les revenus fonciers nus restent à 17,2 % de prélèvements sociaux, contre 18,6 % sur les dividendes. Pour approfondir : acheter les murs de son cabinet dentaire en SCI, l'assurance-vie : capitalisation et transmission et les SCPI pour diversifier hors de son activité.

Garde-fou : la SCM n'est pas un placement

En cabinet de groupe — fréquent en dentaire —, vous partagez souvent des moyens via une SCM (société civile de moyens, article 239 quater A CGI). Rappel essentiel : la SCM est transparente fiscalement, son objet est de mutualiser et refacturer des moyens (locaux, plateau technique, personnel) entre praticiens. Elle ne dégage pas de bénéfice propre et n'est en aucun cas un véhicule de placement de trésorerie. Ses refacturations sont exonérées de TVA sous conditions (article 261 B CGI), comme les actes dentaires (article 261-4-1 CGI). Pour faire travailler des excédents, on regarde la SEL ou une SPFPL, jamais une SCM.

CGP, expert-comptable, banquier : qui fait quoi ?

Trois interlocuteurs, trois métiers complémentaires : il ne faut pas attendre de l'un ce que fait l'autre.

Expert-comptable

Tient la comptabilité du cabinet, établit la 2035, optimise les charges et la structure (SELARL/SELAS, gérance). Indispensable côté entreprise — mais il ne pilote pas votre patrimoine personnel.

Banquier

Gère vos liquidités et votre crédit (installation, murs, résidence). Précieux pour le financement — mais souvent juge et partie sur les placements qu'il distribue.

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§ 11PASSER À L'ACTION·2 MIN

Faire son bilan patrimonial de chirurgien-dentiste : par où commencer concrètement

Vous avez la méthode ; elle ne vaut que confrontée à vos relevés : votre 2035, votre échéancier CARCDSF, vos contrats de prévoyance existants. C'est tout l'objet d'un bilan patrimonial : dérouler les six étapes sur vos chiffres réels et en sortir un plan d'action priorisé. À ne pas confondre avec un bilan comptable (la 2035), qui photographie votre exercice professionnel : le bilan patrimonial agrège votre patrimoine global, vos flux et vos objectifs de vie.

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Sources et références légales

  • CGI — fiscalité du revenu et des hauts revenus

    Art. 92 CGI (rémunération technique de l'associé de SEL imposée en BNC depuis le 1er janvier 2024 ; BOI-RES-BNC-000136 ; CE 8 avril 2025 n° 492154). Art. 62 CGI (rémunération de gérance majoritaire de SELARL). Art. 197 CGI (barème IR 2026, TMI 41 et 45 %). Art. 200 A CGI (PFU). Art. 223 sexies CGI (CEHR 3 et 4 % au-delà de 250 000 / 500 000 € de RFR célibataire, 500 000 / 1 000 000 € couple). Art. 224 CGI (CDHR, imposition minimale 20 % du RFR au-delà de 250 000 / 500 000 €, créée par la LF 2025 loi n° 2025-127 du 14 février 2025, reconduite par la LF 2026 loi n° 2026-103 du 19 février 2026). Art. 1417 IV CGI (définition du RFR ; BOI-IR-CHR).

  • CGI — épargne retraite, niches et IS

    Art. 154 bis CGI (déduction PER/Madelin retraite : plafond jusqu'à 88 911 € en 2026, plancher 4 806 € ; volet prévoyance plafonné à 3 % de 8 PASS soit environ 11 534 € ; volet perte d'emploi ; BOI-BIC-CHG-40-50-40-20). Art. 163 quatervicies CGI (PER de droit commun ; report des plafonds non utilisés porté de 3 à 5 ans par la LF 2026 ; BOI-IR-BASE-20-50-20-20260217). Art. 200-0 A CGI (plafond global des niches fiscales de 10 000 €, le PER déductible en étant exclu). Art. 219 CGI (IS : 15 % jusqu'à 42 500 €, 25 % au-delà). Art. 145 et 216 CGI (régime mère-fille SPFPL, IS effectif environ 1,25 %).

  • CSS / CARCDSF — prévoyance et retraite du chirurgien-dentiste

    Le chirurgien-dentiste relève de la CARCDSF (Caisse Autonome de Retraite des Chirurgiens-Dentistes et des Sages-Femmes), jamais de la CARMF. Art. L. 131-6 CSS (réintégration dans l'assiette TNS des dividendes de SEL excédant 10 % du capital, des primes et du compte courant). Art. L. 640-1 et L. 644-1 CSS (régimes CNAVPL de base et complémentaire des libéraux). Art. L. 361-1 CSS (capital décès du régime de base). Décret n° 2021-755 du 12 juin 2021 (IJ CPAM du 4e au 90e jour, de l'ordre de 198,15 €/jour en 2026). Architecture CARCDSF 2026 : base CNAVPL (T1 8,73 % ≤ 1 PASS, T2 1,87 % jusqu'à 5 PASS), régime complémentaire (forfait ≈ 3 210,60 € + 11,35 %, valeur du point ≈ 31,82 €), PCV des conventionnés (forfait ≈ 1 663,60 € + 0,725 %, cofinancée aux deux tiers par l'Assurance Maladie), régime invalidité-décès (RID : IJ ≈ 113,22 €/jour dès le 91e jour, rente d'invalidité ≈ 32 463,80 €/an, capital décès ≈ 19 605 €). Valeurs de points, cotisations et prestations 2026 à confirmer au règlement sur carcdsf.fr.

  • CGI — transmission, immobilier et structuration

    Art. 990 I CGI (assurance-vie, abattement de 152 500 € par bénéficiaire, primes avant 70 ans ; BOI-TCAS-AUT-60). Art. 757 B CGI (abattement global de 30 500 €, primes après 70 ans ; BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20). Art. 787 B CGI (pacte Dutreil, exonération de 75 %). Art. 150-0 B ter CGI (apport-cession, report d'imposition et obligation de remploi). Art. 151 septies, 238 quindecies, 151 septies A et 150-0 D ter CGI (exonérations de plus-values professionnelles et abattement fixe de 500 000 € de cession à la retraite). Art. 964 et 975 CGI (IFI, seuil de 1,3 M€ et exonération des biens professionnels ; BOI-PAT-IFI-30-10-30-10). Art. 156 I-3 CGI (déficit foncier imputable jusqu'à 10 700 € ; BOI-RFPI-BASE-30-20). Art. 239 quater A, 261 B et 261-4-1 CGI (SCM transparente, refacturation des moyens et exonération des actes dentaires de TVA).

  • Lois, jurisprudence et prélèvements sociaux 2026

    Loi n° 90-1258 du 31 décembre 1990 recodifiée par l'ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023 (statut des SEL et SPFPL). LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) : CSG capital portée à 10,6 %, PS dividendes 18,6 % (PFU 31,4 %), PS assurance-vie, capitalisation et revenus fonciers maintenus à 17,2 % (flat tax AV 30 %). Cass. 2e civ. 19 octobre 2023 n° 21-20.366 (la SPFPL ne fait pas écran aux cotisations TNS, litige chirurgien-dentiste / CARCDSF). Cons. const. n° 2010-24 QPC du 6 août 2010 (règle des 10 %). CE 8 avril 2025 n° 492154 (rémunération technique en BNC, fin du forfait de 5 %). CE 29 septembre 2023 n° 471003 (soulte d'apport-cession et abus de droit). Cons. const. n° 2025-874 DC du 13 février 2025 et n° 2026-901 DC du 19 février 2026 (CDHR).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil juridique, fiscal ou social, ni une recommandation d'investissement. Toute décision (prévoyance, PER, structuration SEL/SPFPL, immobilier, transmission) doit faire l'objet d'une étude individualisée préalable, validée avec votre expert-comptable et, le cas échéant, un avocat fiscaliste. Les cas chiffrés sont illustratifs, présentés en fourchettes et non opposables. Certains points sont signalés au conditionnel : le périmètre exact et la mécanique de la CDHR ainsi que sa pérennité au-delà de 2026 ; les valeurs de points, cotisations et prestations CARCDSF (à confirmer sur carcdsf.fr) ; le plafond majoré de déficit foncier (21 400 € pour la rénovation énergétique, sous réserve de prorogation) ; les seuils d'exonération des plus-values professionnelles ; le traitement des prélèvements sociaux du LMNP ; l'exonération d'IFI des parts de SEL, conditionnée à l'affectation professionnelle. Données à jour au 9 juin 2026 (LF 2026, LFSS 2026), susceptibles d'évoluer.

Foire aux questions

Tout sur la gestion de patrimoine du chirurgien-dentiste en 2026 méthode, risque du geste, prévoyance, retraite CARCDSF et fiscalité.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous : par où commencer, quel est son risque n°1, faut-il sécuriser la prévoyance avant de défiscaliser, la CARCDSF suffit-elle, comment se situer face à la CEHR et à la CDHR. Réponses sourcées et à jour 2026.