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Guide architectes 202613 minMis à jour 16 juin 2026Taux de remplacement ~50 % au mieux

Retraite CIPAV de l'architecte : à quoi vous attendre vraiment

Vous facturez 90 000, 150 000 € par an, et vous découvrez tard que votre caisse de retraite est réputée parmi les plus faibles de France. L'architecte relève de la CIPAV (base CNAVPL plafonnée + complémentaire au rendement d'environ 6,1 %), pas de la SSI ni de la CARMF. Le problème est arithmétique : la base plafonne à 5 PASS, la complémentaire à 4 PASS, et plus vous gagnez, plus votre taux de remplacement s'effondre. Voici le diagnostic chiffré 2026, sans détour — et où se trouve votre vrai capital retraite. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

STRATÉGIE RETRAITE ARCHITECTE 2026

Chiffrer votre trou de pension et le capital à constituer

Audit de votre future retraite d'architecte : estimation de votre pension CIPAV (base CNAVPL + complémentaire), calcul de l'écart par rapport à votre revenu d'activité, et calibrage du complément (PER, assurance-vie, SCPI). Cabinet 100 % indépendant, modélisation chiffrée et coordination avec votre expert-comptable.

  • Estimation de votre pension CIPAV réelle
  • Calcul du trou mensuel à compenser
  • Calibrage PER / assurance-vie / SCPI
  • Cabinet 100 % indépendant

TAUX DE REMPLACEMENT

~50 % au mieux

RENDEMENT COMPLÉMENTAIRE

~6,1 %

PLAFOND BASE / COMPL.

5 / 4 PASS

TAUX PLEIN AUTOMATIQUE

67 ans

VALEUR POINT COMPL. 2026

≈ 2,89 €

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1L'ESSENTIEL·2 MIN

La retraite de l'architecte en 30 secondes

C'est l'angle mort le plus mal anticipé de l'architecte : vous facturez 90 000, 150 000 € par an, vous versez chaque année des dizaines de milliers d'euros de cotisations obligatoires — et le jour de votre départ, votre pension ne couvrira sans doute qu'une moitié de votre dernier revenu, au mieux. Pire : au-delà d'un certain seuil, chaque euro de revenu supplémentaire cesse de créer le moindre droit retraite. La CIPAV est, de notoriété, l'une des caisses au rendement le plus faible au regard des revenus de ses affiliés. Dans ce guide, vous allez comprendre d'où vient ce décrochage (étage par étage), combien ça vous coûte concrètement, et où se trouve le capital retraite que la CIPAV, elle, ne vous constituera jamais.

La retraite de l'architecte en 30 secondes

Deux étages par points — et un même verdict à l'arrivée. Une base CNAVPL plafonnée à 5 PASS (de l'ordre de 14 500 € par an de pension au maximum, point à ≈ 0,6599 €), une complémentaire CIPAV au rendement d'environ 6,1 % (point acheté ≈ 47,40 €, servi ≈ 2,89 €), plafonnée à 4 PASS, et un volet invalidité-décès. Cumulés, ces régimes obligatoires laissent un taux de remplacement de l'ordre de 50 % au mieux — qui décroche aux hauts revenus. Le reste ne se comble qu'en capitalisant à votre nom : PER, assurance-vie, SCPI.

Une précision de méthode, d'emblée : ces chiffres supposent une carrière complète et régulière. La réalité de l'architecte — chantiers irréguliers, années en dents de scie, installation parfois tardive — tire le résultat vers le bas de la fourchette, pas vers le haut. Et surtout : l'architecte reste affilié à la CIPAV après la réforme de 2018 — jamais la CARMF (médecins), jamais la CNBF (avocats), jamais la SSI.

50 % au mieux, ça n'a rien d'irréversible — à condition de s'y prendre tôt. Le pourquoi structurel et les leviers concrets pour doubler cette pension sont détaillés dans notre guide pourquoi la retraite CIPAV est si faible (et comment la doubler). Ici, on commence par poser et chiffrer le diagnostic.

Déontologie : aucun montant individuel ne peut être garanti

Les chiffres de ce guide sont des ordres de grandeur pédagogiques. Votre pension réelle dépend de votre carrière complète (durée d'assurance, revenus de chaque année, périodes salariées éventuelles) et se lit sur votre relevé individuel de situation (RIS), ainsi que sur lacipav.fr. Une moyenne sectorielle ne dit rien de votre pension : seul votre relevé la donne.
§ 2AFFILIATION·2 MIN

Êtes-vous bien à la CIPAV ? (la réponse est oui)

Avant de chiffrer, levons la confusion la plus fréquente sur la caisse. L'architecte est une profession libérale réglementée : inscrit à l'Ordre des architectes en application de la loi n° 77-2 du 3 janvier 1977 sur l'architecture, il n'est pas officier ministériel. Conséquence concrète, au passage : il cède librement sa clientèle ou son agence (un fonds libéral), sans droit de présentation ni agrément — un point qui compte au moment du départ en retraite.

La réforme de 2018 a restreint la CIPAV à une liste de professions et basculé les autres indépendants vers le régime général des travailleurs indépendants (la SSI, ex-RSI). Sur le plan du diagnostic c'est simple ; sur celui du portefeuille, beaucoup moins : l'architecte fait partie des professions qui restent affiliées à la CIPAV. Depuis 2023, les cotisations sont recouvrées par l'URSSAF, mais vos droits et votre pension restent gérés par la CIPAV.

Erreur n°1 : la caisse de l'architecte n'est ni la SSI, ni la CARMF, ni la CAVEC

Pour la retraite, l'architecte relève du régime de base de la CNAVPL (commun à toutes les professions libérales) et de la complémentaire de la CIPAV. Ce n'est jamais la SSI (ex-RSI), jamais la CARMF (médecins), jamais la CNBF (avocats), jamais la CAVEC (experts-comptables). Confondre la caisse, c'est se tromper sur la totalité du calcul.

Pour situer la CIPAV dans le paysage des caisses libérales et comprendre la logique commune par points, voyez notre panorama : le régime de retraite des professions libérales.

§ 3ARCHITECTURE·2 MIN

Les régimes gérés par la CIPAV : la vue d'ensemble

Pour comprendre pourquoi la pension décroche, il faut d'abord savoir comment elle se construit. Votre retraite obligatoire empile deux régimes de pension par points — la base et la complémentaire — auxquels s'ajoute un volet invalidité-décès. Chacun a sa logique, ses taux et son plafond propres.

Les régimes obligatoires de l'architecte, valeurs au 1er janvier 2026. Les valeurs de point et les plafonds sont à confirmer sur lacipav.fr.
RégimeGéré parLogiquePlafond d'assietteValeur de service du point 2026
Base CNAVPLCNAVPL (encaissé via la CIPAV)Points, 2 tranches5 PASS = 240 300 €≈ 0,6599 € [à confirmer sur lacipav.fr]
Complémentaire CIPAVCIPAVPoints, proportionnel (depuis 2023)4 PASS = 192 240 €≈ 2,89 € [à confirmer sur lacipav.fr]
Invalidité-décèsCIPAVPrévoyance proportionnelle—(couverture forfaitaire limitée)

Comment se calcule votre pension CIPAV

Pension annuelle (brut) =
  ( points de base x 0,6599 EUR )
+ ( points complementaires x 2,89 EUR )
x coefficient de minoration (decote) ou de majoration (surcote)

Le calcul ne change pas d'un étage à l'autre : on convertit des points en euros, puis on applique le coefficient. Celui-ci dépend de votre âge et de votre durée d'assurance au moment de la liquidation. Valeurs de point 2026 à confirmer sur lacipav.fr.

Pas de régime ASV : ce n'est pas une omission

Vous ne trouverez ici aucun troisième étage de type ASV (allocation supplémentaire de vieillesse). C'est normal : l'ASV est réservée aux professions de santé conventionnées (médecins, par exemple). L'architecte n'y a pas droit : son seul « troisième volet » est l'invalidité-décès. Ce qui distingue les caisses, ce n'est donc pas l'ASV, mais bien le rendement et le plafond de la complémentaire.
§ 4FAIT DUR N°1·2 MIN

Étage 1 : la base CNAVPL plafonnée

La base est commune à toutes les professions libérales (art. L. 642-1 du Code de la sécurité sociale). Elle se cotise par tranches et achète des points — mais le nombre de points acquis chaque année est plafonné. C'est là que le décrochage commence.

Régime de base CNAVPL 2026 (ordres de grandeur). Plafond total de l'ordre de 550 points par an. Valeur de service du point ≈ 0,6599 €, à confirmer sur lacipav.fr.
TrancheAssietteTaux 2026Points max / an
T10 → 1 PASS (48 060 €)≈ 8,73 %≈ 525 [à confirmer]
T20 → 5 PASS (240 300 €)≈ 1,87 %≈ 25

Le plafonnement n°1 : la base bute à 5 PASS

Plafond d'assiette de la base = 5 PASS = 240 300 EUR
Points de base = de l'ordre de 550 / an au maximum
Valeur de service du point de base (2026) = 0,6599 EUR  [a confirmer]

Pension de base, carriere pleine = de l'ordre de 14 500 EUR / an au plus
(soit environ 1 210 EUR / mois, en brut)

Au-delà de 5 PASS de revenu, vous n'acquérez plus aucun point de base. Pour un architecte à 90-120 k€, cette base seule ne remplace qu'environ 12 à 16 % du revenu : elle ne « fait » pas la retraite.

Vous cotisez davantage, vous ne toucherez pas un euro de plus

Deux architectes, l'un à 90 000 €, l'autre à 240 000 € de revenu, repartent avec une base quasiment identique (de l'ordre de 14 500 € par an). Le plafond ne se discute pas : au-delà de 5 PASS, la base est la même pour tout le monde. C'est la complémentaire qui distingue les caisses entre elles — et, pour la CIPAV, ce n'est pas à votre avantage (voir l'étage suivant).
§ 5FAIT DUR N°2·3 MIN

Étage 2 : la complémentaire au rendement d'environ 6,1 %

La complémentaire CIPAV (art. L. 644-1 CSS) constitue en général la part la plus importante de la pension de l'architecte. C'est l'étage qui « fait » votre retraite — mais c'est aussi celui dont le rendement est notoirement faible et qui plafonne le plus tôt.

Depuis 2023, la cotisation complémentaire est proportionnelle, par tranches de revenu (fin des anciennes classes forfaitaires). En 2026, à confirmer sur lacipav.fr, elle s'établit autour de :

Complémentaire CIPAV 2026 (cotisation proportionnelle par tranches, ordres de grandeur). Au-delà de 4 PASS : plus de cotisation ni de points. Taux à confirmer sur lacipav.fr et urssaf.fr.
TrancheAssietteTaux 2026 [à confirmer]
T1jusqu'à 1 PASS (48 060 €)≈ 11 %
T2de 1 à 4 PASS (48 060 → 192 240 €)≈ 21 %

Le rendement de la complémentaire CIPAV

Prix d'achat du point (2026)  ≈ 47,40 EUR
Valeur de service du point   ≈ 2,89 EUR / an

Rendement = 2,89 / 47,40 ≈ 6,1 %
Duree pour recuperer sa cotisation ≈ 16 ans de retraite

Un rendement instantané d'environ 6,1 % : il faut vivre une bonne quinzaine d'années à la retraite pour récupérer le seul montant cotisé, hors revalorisation. C'est l'un des plus faibles des régimes complémentaires libéraux — l'argument central de ce guide.

Le plafonnement n°2 : la complémentaire s'arrête à 4 PASS

Au-delà de 4 PASS (192 240 € en 2026), vous ne cotisez plus à la complémentaire et vous n'acquérez plus aucun point. La cotisation complémentaire maximale tourne donc autour de 35 565 € par an (de l'ordre de 5 287 € sur la T1 + 30 278 € sur la T2). Tout euro de revenu au-dessus de 4 PASS est, pour la retraite complémentaire, sans contrepartie.

Pour situer ce 6,1 % : l'ordre de grandeur d'un PER

Comparez deux secondes. Sur un PER ou une assurance-vie que vous alimentez vous-même, un euro versé reste votre capital : il est investi, capitalise, et reste transmissible à vos héritiers. À la CIPAV, un euro de cotisation complémentaire « achète » un droit viager au rendement instantané d'environ 6,1 %, non transmissible et figé par le plafond. Ce n'est pas un placement : c'est un impôt-retraite. D'où l'intérêt de bâtir, en parallèle, une épargne à votre nom (étage 11). Les performances passées d'un placement ne préjugent pas des performances futures ; tout investissement comporte un risque de perte en capital.

Ce double constat — rendement faible + plafond bas — est exactement ce qui rend la pension CIPAV si décevante au regard des revenus. Et il prépare le piège le plus coûteux pour les hauts revenus, que nous voyons maintenant.

§ 6LE PIÈGE DES HAUTS REVENUS·2 MIN

Le piège : le double plafonnement

Tout part d'un mécanisme, celui qui fait dire que « la CIPAV est faible » : le double plafonnement. La base s'arrête de produire des points à 5 PASS (240 300 €), la complémentaire à 4 PASS (192 240 €) [à confirmer sur lacipav.fr]. Pour un architecte à hauts revenus, cela change tout.

Au-delà de 4 PASS, votre revenu ne génère plus de droits

Un architecte à 250 000 € de revenu acquiert exactement les mêmes droits retraite qu'un confrère à 192 000 €. Tout l'excédent — et tous les pics liés à de gros chantiers — ne crée aucun point supplémentaire. Vous travaillez, vous facturez, vous gagnez davantage… mais votre future pension, elle, est figée par le plafond.

La théorie de la caisse

Deux régimes obligatoires par points (base CNAVPL, complémentaire CIPAV) couvrent votre retraite, plus un volet invalidité-décès. Les cotisations sont déductibles de votre bénéfice BNC. Sur le papier, l'architecte est protégé comme tout libéral.

Ce que vous touchez à l'arrivée

La base plafonne à 5 PASS, la complémentaire à 4 PASS et rend ~6,1 %. Au-delà, plus de droits. Résultat : plus vous gagnez, plus l'écart entre votre dernier revenu et votre pension explose — et plus le taux de remplacement s'effondre, arithmétiquement.

Le constat est brutal : plus l'architecte gagne, plus la chute est raide. Le « notoirement faible » de la CIPAV se vérifie surtout aux hauts revenus. Le pourquoi structurel — et la stratégie pour doubler la pension — est développé dans pourquoi la retraite CIPAV est si faible et comment la doubler.

§ 7LE TROISIÈME VOLET·2 MIN

Étage 3 : invalidité-décès (une couverture limitée)

Le troisième volet géré par la CIPAV n'est pas un étage de pension, mais une prévoyance obligatoire (art. L. 644-2 CSS) : rente d'invalidité, capital décès, rente au conjoint ou aux enfants. La cotisation a, elle aussi, été alignée sur une logique proportionnelle. Nous ne chiffrons pas ici de rente précise : les montants sont forfaitaires et limités, et dépendent de votre situation.

Une couverture qui ne tient pas votre train de vie

Concrètement : cette couverture obligatoire est forfaitaire et plafonnée. Si un architecte habitué à facturer 10 000 € par mois se casse le dos sur un chantier, la rente CIPAV ne paiera ni son crédit immobilier ni l'école des enfants : un arrêt prolongé non couvert peut effondrer le revenu du foyer. La priorité, souvent avant même la retraite, est donc une prévoyance Madelin (art. 154 bis du CGI) dimensionnée sur votre vrai risque et votre vrai train de vie.

Pour calibrer cette couverture complémentaire et la coordonner avec le volet CIPAV, voyez notre guide compléter la couverture invalidité-décès limitée du libéral.

§ 8QUAND PARTIR·2 MIN

Âge, taux plein, décote : à quel âge partir

Le montant n'est qu'une moitié de la question ; l'autre, c'est : à quel âge partir sans se faire mordre par la décote ? L'âge légal se relève de 62 à 64 ans selon la génération (réforme de 2023, loi n° 2023-270), mais une suspension du calendrier de relèvement a été votée par la LFSS 2026 à compter du 1er septembre 2026 : les bornes par génération sont donc à confirmer. Ne tenez pas « 64 ans » pour gravé dans le marbre tant que le calendrier reste mouvant.

Le repère stable, lui, c'est le taux plein automatique à 67 ans : à cet âge, votre pension (base et complémentaire) est liquidée sans décote, quelle que soit votre durée d'assurance. C'est l'âge de référence pour sécuriser une pension non minorée.

Âge, durée et décote de la retraite de l'architecte (ordres de grandeur 2026, à vérifier sur lacipav.fr).
ParamètreValeur (ordres de grandeur 2026)Précision
Âge légal de départ62 → 64 ans selon la générationSuspension du calendrier annoncée au 01/09/2026 — à confirmer
Durée pour le taux plein172 trimestres (43 ans)Générations 1966 et suivantes (171 pour 1965)
Taux plein automatique67 ansSans décote, quelle que soit la durée d'assurance
Décote (départ anticipé)≈ 1,25 % / trimestre manquantPlafonnée à 20 trimestres (jusqu'à −25 %), définitive, base + complémentaire

Le piège des trimestres dispersés et le rachat oublié

Erreur classique : arriver à l'âge légal en se croyant complet, alors que des trimestres sont dispersés entre régimes (salariat, débuts de carrière, années à l'étranger). Vérifiez votre relevé de carrière en amont. Vous pouvez aussi racheter des trimestres de droit commun (années d'études supérieures ou années incomplètes, art. L. 351-14-1 du Code de la sécurité sociale). En revanche, le rachat spécifique du décret du 8 juillet 2024 (périodes antérieures au 1er janvier 2018) ne concerne pas les architectes : il vise les professions qui n'étaient pas réglementées ni classées avant 2018. Tout rachat est à arbitrer face à un effort d'épargne en capitalisation, qui peut s'avérer plus efficace.
§ 9LA DÉMONSTRATION·2 MIN

Pourquoi votre pension décroche : les trois causes

« La CIPAV est faible » n'est pas un argument de vente : c'est un calcul. Trois causes structurelles se cumulent pour un architecte.

  1. La base est plafonnée (point à ≈ 0,6599 €, plus de droits au-delà de 5 PASS) : elle ne porte qu'une fraction modeste de la pension.
  2. La complémentaire rend ≈ 6,1 % et plafonne à 4 PASS : c'est l'essentiel de la pension, mais à un rendement parmi les plus faibles des régimes libéraux.
  3. Les revenus sont en dents de scie (chantiers irréguliers) : les années creuses acquièrent peu de points, et ce manque ne se rattrape pas. C'est le piège propre à l'architecte.

Ce n'est pas un raté de gestion : ces trois freins sont écrits dans les règles mêmes du régime. Et ils se renforcent l'un l'autre. Plus vous gagnez, plus le plafonnement mord ; plus votre carrière est heurtée, plus les années creuses pèsent ; et pendant ce temps, le rendement de la complémentaire reste, lui, désespérément bas. Ce n'est donc pas « votre » CIPAV qui est mauvaise : c'est le régime, par construction, qui ne peut pas suivre un haut revenu d'architecte.

Une pension en brut : ne confondez pas avec les prélèvements du capital

Tous les montants de ce guide sont exprimés en brut. Une pension de retraite est un revenu de remplacement : elle supporte la CSG (jusqu'à 8,3 % selon le revenu fiscal de référence), la CRDS (0,5 %) et la CASA (0,3 %) — et jamais les 17,2 % ou 18,6 % qui frappent les revenus du capital. Confondre les deux fausse toute estimation du net.

L'effet « dents de scie » sur les points acquis mérite une stratégie à part entière, abordée dans revenus en dents de scie : lisser sa fiscalité d'architecte. Et la solution structurelle pour reconstituer le niveau de vie est développée dans comment doubler sa retraite CIPAV.

§ 10CAS CONCRETS·4 MIN

Cas chiffrés : Hélène, Karim et Sophie

Place aux chiffres. En rendez-vous, c'est l'exercice que les architectes réclament le plus : poser, côte à côte, leur dernier revenu et la pension qu'ils toucheront réellement. Les prénoms sont fictifs, les ordres de grandeur réalistes pour une carrière d'architecte. Tout est présenté au conditionnel, en brut, pour une carrière pleine et régulière sauf mention : ce sont des estimations indicatives, à vérifier sur le RIS et sur lacipav.fr, jamais une projection nominative.

Cas 1 — Hélène, 64 ans, architecte en BNC, dernier revenu ≈ 90 000 €

Base CNAVPL (T1 plafonnée + faible part T2, ≈ 535 points/an sur 40 ans) → de l'ordre de 14 100 € par an.
Complémentaire CIPAV : cotisation ≈ 5 287 € (T1) + 8 807 € (T2) ≈ 14 100 €/an, soit ≈ 297 points/an ; sur 40 ans ≈ 11 900 points × 2,89 € → de l'ordre de 34 400 € par an.

Total ≈ 48 500 € par an (≈ 4 040 € par mois, brut) → taux de remplacement ≈ 54 %.
Mais uniquement pour une carrière pleine et régulière. En dents de scie, c'est nettement moins.

Cas 2 — Karim, 64 ans, architecte en SELARL, dernier revenu ≈ 200 000 €

Base CNAVPL : inchangée (plafond 5 PASS) → ≈ 14 500 € par an.
Complémentaire CIPAV : plafonnée à 4 PASS, cotisation max ≈ 35 565 €/an → ≈ 750 points/an ; sur 40 ans ≈ 30 000 points × 2,89 € → de l'ordre de 86 700 € par an.

Total ≈ 101 200 € par an sur un dernier revenu de 200 000 € → taux de remplacement ≈ 50 %… en apparence.
En réalité bien moins : tout son revenu au-delà de 192 240 € (et tous ses pics de chantiers) n'a créé aucun droit. Un architecte qui passe ses dernières années à 250-300 k€ a un taux de remplacement réel proche de 35-40 %.

Cas 3 — Sophie, 60 ans, architecte aux revenus en dents de scie

Installée à 35 ans, années alternant 40 k€ et 130 k€ selon les chantiers : moyenne autour de 80 k€, mais une carrière d'à peine 25 ans cotisés et des trous. Les points cumulés sont nettement inférieurs à une carrière pleine régulière.

Estimation prudente : fourchette ≈ 1 500 à 2 200 € par mois (brut) → taux de remplacement ≈ 25-35 %. La réalité de l'architecte (chantiers, trous, installation tardive) rapproche du bas de la fourchette, pas du haut.
Plus le revenu monte, plus le taux de remplacement décroche : le double plafonnement (base 5 PASS, complémentaire 4 PASS) en est la cause. Ordres de grandeur pédagogiques, jamais une projection nominative.
Repère (estimation au conditionnel, brut)Hélène — 90 000 €Karim — 200 000 €
Dernier revenu annuel≈ 90 000 €≈ 200 000 €
Pension de base CNAVPL≈ 14 100 €≈ 14 500 €
Pension complémentaire CIPAV≈ 34 400 €≈ 86 700 € (plafonnée à 4 PASS)
Pension totale estimée≈ 48 500 €/an≈ 101 200 €/an
Taux de remplacement≈ 54 %≈ 50 % en apparence, ~35-40 % réel

Note de méthode : ce que ces cas chiffrent (et ne chiffrent pas)

Ces cas isolent une seule chose : l'écart structurel entre un revenu d'activité et une pension obligatoire plafonnée. Ils ne prétendent pas calculer un montant exact, qui dépend de la carrière complète. Le constat, lui, est robuste : à la CIPAV, plus on gagne, plus on décroche, et une carrière irrégulière aggrave encore le résultat. D'où l'intérêt d'une simulation nominative.
Hagnéré Patrimoine

Quel est VOTRE taux de remplacement ?

Un CGP indépendant estime votre pension CIPAV réelle à partir de votre relevé de carrière, chiffre l'écart mensuel avec votre revenu d'activité et calibre le capital à constituer — et on ne vous vend pas un PER si une assurance-vie sert mieux votre cas.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 11LE VRAI CAPITAL·3 MIN

Votre vrai capital retraite n'est pas à la CIPAV

Le diagnostic est posé : la CIPAV ne reconstituera jamais le niveau de vie d'un architecte à haut revenu. La conclusion logique n'est pas de cotiser davantage — le plafonnement vous l'interdit — mais de faire reposer votre retraite sur une seconde jambe : la capitalisation à votre nom. Trois leviers, que je détaille chacun dans son guide.

Trois leviers complémentaires pour combler l'écart

Le PER déduit vos versements du bénéfice BNC — imbattable quand votre tranche est à 41-45 %. L'assurance-vie reste disponible et se transmet hors succession. Les SCPI et l'immobilier génèrent un revenu régulier. Lequel privilégier ? À 45 % de tranche et 15 ans devant soi, on charge le PER ; si vous voulez pouvoir piocher dedans, l'assurance-vie passe devant.

Note de méthode : une projection n'est pas une promesse

Contrairement à la pension CIPAV (un droit viager, certes plafonné), un complément par capitalisation repose sur des marchés financiers. Aucun rendement n'est garanti : les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et tout investissement comporte un risque de perte en capital. L'épargne d'un PER est par ailleurs bloquée jusqu'à la retraite (sauf cas de déblocage anticipé : acquisition de la résidence principale, accidents de la vie). Une projection de complément n'a de valeur que comme repère de calibrage de votre effort d'épargne, jamais comme garantie de capital.

Le PER : déduire de votre BNC (art. 154 bis CGI)

Le PER est le levier le plus puissant de l'architecte à hauts revenus. L'article 154 bis du CGI vous laisse déduire de votre bénéfice 10 % (dans la limite de 8 PASS) + 15 % de la fraction comprise entre 1 et 8 PASS, jusqu'à un maximum de 88 911 € en 2026. À 45 % de tranche, 20 000 € versés sur un PER, c'est 9 000 € d'impôt en moins l'année du versement ; à la sortie, les gains supportent 18,6 % de prélèvements sociaux. Le détail chiffré : PER architecte : combien déduire de votre BNC et le guide complet du Plan d'épargne retraite.

Assurance-vie et SCPI : liquidité, transmission et revenu régulier

Là où le PER bloque l'épargne jusqu'à la retraite, l'assurance-vie reste disponible et se transmet hors succession (avec des prélèvements sociaux maintenus à 17,2 %). Pour un revenu qui tombe chaque mois, les SCPI — y compris logées dans une assurance-vie pour lisser la fiscalité — distribuent des loyers sans gestion directe. Voyez la SCPI en assurance-vie pour l'architecte et où placer son argent à 41 % de TMI.

Cession de l'agence et arbitrage dividendes

Deux leviers de structuration jouent directement sur la retraite. Au départ, la cession de votre agence peut bénéficier de l'article 151 septies A du CGI (exonération d'impôt sur le revenu de la plus-value, mais prélèvements sociaux de 18,6 % dus — CE 12 octobre 2018 n° 401292), sous réserve d'une activité d'au moins 5 ans et d'une cessation suivie de la liquidation des droits dans 24 mois : une cession libre, puisque l'architecte n'est pas officier ministériel — céder son agence au départ en retraite. Pendant l'activité, l'arbitrage rémunération / dividendes en SELARL réduit l'assiette de cotisation… donc les points CIPAV ; et la fraction de dividendes > 10 % du capital est de toute façon réintégrée aux cotisations sociales, y compris via une SPFPL (Cass. 2e civ. 19 octobre 2023 n° 21-20.366) — dividendes de SELARL et SPFPL d'architecte et SELARL ou BNC : l'impact sur l'assiette de cotisation.

On part toujours de votre relevé, jamais d'un produit

On commence par le relevé de carrière (RIS), pour estimer votre pension réelle. On regarde ensuite l'écart mensuel avec le revenu que vous voulez garder. On remplit alors le PER au plafond de votre tranche, sans assécher la trésorerie de l'agence, puis on complète à l'assurance-vie et en SCPI. La feuille de route complète par niveau de revenu : la gestion de patrimoine de l'architecte, et le détail de la compensation dans compléter sa retraite CIPAV.
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Cabinet de Bassens (Savoie), 100 % indépendant et multi-partenaires. On part de votre relevé de carrière réel, on chiffre l'écart à combler et on arbitre le bon mix PER / assurance-vie / SCPI selon votre tranche et vos revenus en dents de scie — en coordination avec votre expert-comptable.

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Sources et références légales

  • Affiliation et statut de l'architecte (profession libérale réglementée)

    Loi n° 77-2 du 3 janvier 1977 sur l'architecture, art. 13 (profession réglementée, inscription à l'Ordre des architectes, société d'architecture à capital et droits de vote majoritairement détenus par des architectes ; l'existence et les quotités d'une SPFPL d'architectes sont à vérifier à la source). Ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023 (exercice en société des professions libérales réglementées, en vigueur au 1er septembre 2024). Art. L. 640-1 CSS (professions libérales affiliées à l'organisation autonome d'assurance vieillesse ; l'architecte relève de la CIPAV). Réforme de 2018 (LFSS 2018) : l'architecte fait partie des professions qui restent à la CIPAV.

  • Les régimes de retraite obligatoires de l'architecte

    Art. L. 642-1 CSS (régime de base CNAVPL par points : de l'ordre de 8,73 % jusqu'à 1 PASS, 1,87 % de 1 à 5 PASS). Art. L. 644-1 CSS (régime complémentaire CIPAV, proportionnel depuis 2023, plafonné à 4 PASS). Art. L. 644-2 CSS (régime invalidité-décès). CNAVPL et CIPAV : valeur de service du point de base de l'ordre de 0,6599 € et du point complémentaire de l'ordre de 2,89 € (rendement d'environ 6,1 %). Il n'y a pas de régime ASV (réservé aux professions de santé conventionnées). Valeurs de point, tranches et taux à confirmer sur lacipav.fr et urssaf.fr.

  • Âge, décote, rachat et réformes 2026

    Durée d'assurance de 172 trimestres pour les générations 1966 et suivantes (171 pour la génération 1965) ou taux plein automatique à 67 ans ; décote de l'ordre de 1,25 % par trimestre manquant (plafond 20 trimestres). Loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 (âge légal de 62 à 64 ans) ; suspension du calendrier de relèvement votée par la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) à compter du 1er septembre 2026 (bornes par génération à confirmer). Rachat de trimestres de droit commun (art. L. 351-14-1 CSS, années d'études / incomplètes) ; le rachat spécifique du décret du 8 juillet 2024 vise les professions non classées avant le 1er janvier 2018, pas les architectes. Arrêté du 22 décembre 2025 : PASS 2026 = 48 060 € (4 PASS = 192 240 €, 5 PASS = 240 300 €).

  • Compléter la retraite : PER, assurance-vie, fiscalité 2026

    Art. 154 bis CGI (déduction PER / Madelin du bénéfice BNC : 10 % du bénéfice dans la limite de 8 PASS, majorés de 15 % de la fraction entre 1 et 8 PASS ; plancher 4 806 €, maximum 88 911 € en 2026). Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 (LFSS 2026) : CSG du capital portée à 10,6 %, prélèvements sociaux du PER à la sortie de 18,6 %, PS de l'assurance-vie et du foncier nu maintenus à 17,2 %. Art. 158-5 a CGI (pensions imposées avec abattement de 10 %). Art. 151 septies A CGI et CE 12 octobre 2018 n° 401292 (plus-value de cession de l'agence exonérée d'IR au départ en retraite, mais PS de 18,6 % dus).

  • Cotisations sociales et statut sociétaire (jurisprudence)

    Art. L. 131-6 CSS (assiette des cotisations TNS ; la fraction de dividendes de SEL excédant 10 % du capital, des primes et des comptes courants est réintégrée dans l'assiette). Cass. 2e civ. 19 octobre 2023 n° 21-20.366 (dividendes soumis aux cotisations sociales du professionnel, y compris via une SPFPL). CE 8 avril 2025 n° 492154 (imposition en BNC de la rémunération technique des associés de SEL, annulation de la tolérance forfaitaire des 5 %). Ces évolutions élargissent l'assiette des cotisations sans augmenter une pension plafonnée.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les valeurs de point, tranches, taux de cotisation et bornes d'âge de la CIPAV sont des ordres de grandeur 2026 à vérifier sur lacipav.fr et urssaf.fr ; ils peuvent évoluer chaque année. Le taux de remplacement et les montants de pension cités sont des estimations sectorielles au conditionnel, jamais une projection individuelle : votre montant réel dépend de votre carrière complète et figure sur votre relevé individuel de situation (RIS). Les pensions sont exprimées en brut (elles supportent CSG, CRDS et CASA, pas les prélèvements sociaux du capital). Les chiffres et taux fiscaux cités sont à jour au 16 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF/LFSS annuelles, doctrine BOFiP, jurisprudence). Tout investissement comporte un risque de perte en capital et l'épargne d'un PER est bloquée jusqu'à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé.

Foire aux questions

Tout sur la retraite CIPAV de l'architecte en 2026 montant, taux de remplacement, points, complément.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous avec les architectes : le montant réel de la pension, le calcul par points, le taux de remplacement, le double plafonnement, l'âge de départ et comment combler l'écart. Réponses sourcées et à jour 2026.