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Guide architecte 202616 minMis à jour 16 juin 2026Édition LF / LFSS 2026

Pourquoi la retraite CIPAV des architectes est si faible (et comment la doubler)

Un rendement de point parmi les plus bas des caisses libérales, des revenus en dents de scie qui rabotent vos droits, un régime plafonné : votre retraite CIPAV vous remplacera souvent moins de 40 à 50 % de vos revenus d'activité. Pour un architecte à 100 000 € de bénéfice, c'est un trou de plusieurs milliers d'euros par mois. La bonne nouvelle : il se comble par capitalisation, avec six leviers qui s'empilent — PER (jusqu'à 88 911 € déductibles en 2026), assurance-vie, SCPI/immobilier, capi/PEA, cession de l'agence et SEL/SPFPL. On vous montre comment viser 70 % de remplacement — et, dans les faits, doubler la part complémentaire. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine (ORIAS 23002291).

STRATÉGIE RETRAITE ARCHITECTE 2026

Doubler la part complémentaire de votre retraite CIPAV et dimensionner le bon complément

Audit de votre retraite d'architecte : estimation du trou à combler (base CNAVPL + CIPAV), empilement des 6 leviers (PER, assurance-vie, SCPI, capi/PEA, cession, SEL/SPFPL), pilotage des revenus en dents de scie et cas chiffrés à votre bénéfice. Cabinet sans produit-maison, modélisation chiffrée et calibrage avec votre expert-comptable.

  • Estimation du trou de retraite à combler
  • Empilement PER / AV / SCPI / cession
  • Effort d'épargne lissé sur vos revenus irréguliers
  • Sans produit-maison

RENDEMENT POINT CIPAV

≈ 6 %

PLAFOND PER TNS 2026

88 911 €

ABATTEMENT 990 I

152 500 €

PS PER vs AV

18,6 / 17,2 %

PASS 2026

48 060 €

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1LE CONSTAT·2 MIN

Le constat : la CIPAV est un socle, pas un objectif de revenu

Vous avez cotisé toute votre carrière à la CIPAV, parfois lourdement les bonnes années, et pourtant, le jour de votre départ, votre pension obligatoire représentera nettement moins de la moitié de ce que vous gagniez. Pour un architecte à 100 000 € de bénéfice, le passage à la retraite peut signifier une chute de revenu de l'ordre de plusieurs milliers d'euros par mois — un écart qui ne se rattrape pas en quelques mois. Ce n'est ni une fatalité ni une malchance : c'est la mécanique même du régime (un point au rendement parmi les plus bas des caisses libérales, des revenus en dents de scie, des plafonds qui bloquent). La bonne nouvelle : cet écart se chiffre, puis se comble, par anticipation et par capitalisation. C'est tout l'objet de ce guide.

Les 6 leviers, en bref : doubler la part complémentaire

1. Le PER fait le gros du travail fiscal à TMI élevée : déduction jusqu'à 88 911 € du bénéfice (art. 154 bis).
2. L'assurance-vie, à côté, reste la poche qu'on garde liquide et transmissible (abattement 152 500 € par bénéficiaire, art. 990 I), PS maintenus à 17,2 %.
3. La SCPI / l'immobilier apportent du revenu tangible : SCPI en assurance-vie, déficit foncier, LMNP.
4. La capi / le PEA capitalisent à frottement réduit (capi PM, art. 238 septies E) ou en franchise après 5 ans (PEA).
5. La cession de l'agence, elle, arrive en bout de course comme capital de départ, largement exonérable (238 quindecies).
6. La SEL / SPFPL ajoutent un étage de capitalisation pour qui exerce en société.
Elles ne s'opposent pas : elles s'empilent, dans un ordre qui dépend de votre TMI, de votre statut et de vos revenus.

Votre retraite d'architecte repose sur deux briques obligatoires : la base CNAVPL (commune à tous les libéraux, par points, valeur de service du point de l'ordre de 0,6599 € en 2026, à confirmer sur lacipav.fr) et le complémentaire de la CIPAV (par tranches de revenu, valeur de service du point de l'ordre de 2,89 €). L'architecte fait d'ailleurs partie des professions qui restent à la CIPAV après la réforme de 2018 (décret n° 2018-1048). C'est un socle viager indispensable… mais un socle seulement.

Le chiffre à retenir : à hauts revenus, l'ensemble de ces régimes vous remplace souvent moins de 40 à 50 % de vos revenus d'activité. C'est une estimation que nous formulons au conditionnel — jamais un chiffre réglementaire ni une projection de votre pension — et plus votre bénéfice est élevé, plus ce taux chute, parce que la base est plafonnée et le rendement du point faible. Nous ne re-posons pas ici le diagnostic complet : le « pourquoi » détaillé (mécanique des points, plafonds, valeurs 2026) est traité dans retraite CIPAV de l'architecte : à quoi vous attendre vraiment. Ce guide-ci répond à la question suivante : concrètement, comment combler le trou et doubler la part complémentaire ?

§ 2LE DIAGNOSTIC·3 MIN

Pourquoi la retraite CIPAV est si faible : les 4 causes

« J'ai bien gagné ma vie, pourquoi ma pension est-elle si basse ? » C'est la phrase qui revient le plus en rendez-vous. Quatre causes s'additionnent, et aucune ne dépend de vous — c'est précisément ce qui rend le complément indispensable.

Les 4 causes de la faiblesse de la retraite CIPAV. Valeurs de point au conditionnel, à confirmer sur lacipav.fr. Le détail chiffré du calcul est dans le guide diagnostic dédié.
CauseMécanismeConséquence sur la pension
1. Rendement du point CIPAVPoint servi ≈ 2,89 €/an pour un point acheté ≈ 47,40 € → ≈ 6 % de rendement instantané [à confirmer lacipav.fr]L'un des plus faibles des caisses libérales : chaque euro cotisé rapporte peu
2. Revenus irréguliersBénéfice en dents de scie selon les chantiers ; les années creuses acquièrent peu de pointsDroits rabotés sur la durée de carrière
3. Base CNAVPL plafonnéeRégime de base par points, plafonné (point ≈ 0,6599 €) : plus de droits au-delà du plafondLa base ne porte qu'une fraction modeste de la pension
4. Complémentaire plafonnéCotisation et acquisition de points plafonnées au-delà de 3 PASS de revenu (≈ 144 180 € en 2026) [à confirmer lacipav.fr]Au-delà de ce plafond, plus aucun point complémentaire acquis

Le cœur du problème : un rendement de régime, pas un placement

Le point CIPAV servi à ≈ 2,89 € pour un point acheté ≈ 47,40 € donne un rendement instantané d'environ 6 % : il faut environ 16 années de retraite pour récupérer le seul montant cotisé, hors revalorisation. Comparé à une enveloppe de capitalisation que vous pilotez, le constat est sans appel — et c'est l'argument central en faveur d'une retraite complémentaire constituée à votre nom. Le calcul complet point par point est développé dans le diagnostic de la retraite CIPAV de l'architecte.

Un mot sur la quatrième cause, souvent ignorée : au-delà du plafond d'assiette du régime complémentaire (de l'ordre de 3 PASS, soit ≈ 144 180 € en 2026, à confirmer sur lacipav.fr), vous continuez à cotiser sans acquérir de nouveaux points dans cette tranche. Autrement dit, un architecte à très hauts revenus voit le rapport entre ce qu'il verse et ce qu'il touchera se dégrader encore. C'est exactement la situation où la capitalisation déductible (le PER) reprend la main.

§ 3L'ÉCART À COMBLER·2 MIN

Combien il vous manque pour atteindre 70 % de remplacement

Avant de choisir des produits, on chiffre l'écart. La règle de méthode que nous utilisons en rendez-vous : viser un taux de remplacement de 70 % du dernier revenu net (un repère de confort largement admis), en retrancher la pension obligatoire estimée, et obtenir le complément annuel à financer par capitalisation.

De l'objectif au complément à financer

REVENU CIBLE A LA RETRAITE = 70 % du dernier revenu net

COMPLEMENT ANNUEL A FINANCER
   = revenu cible - pension obligatoire estimee (CNAVPL + CIPAV)

Exemple (architecte 100 000 EUR de revenu) :
   revenu cible 70 %        = 70 000 EUR / an
   pension obligatoire est. = 35 000 a 45 000 EUR / an (au conditionnel)
   --------------------------------------------------------------
   COMPLEMENT A FINANCER     = 25 000 a 35 000 EUR / an

La pension obligatoire est un ordre de grandeur au conditionnel (à estimer sur lacipav.fr et avec un bilan retraite), jamais un chiffre garanti. Le diagnostic détaillé est dans le guide dédié à la retraite CIPAV.

Garde-fou : votre pension n'est pas un placement (pas de PS du capital dessus)

Ne confondez pas deux mondes. Votre pension CIPAV est un revenu de remplacement imposé au barème de l'IR (avec l'abattement de 10 % des pensions) : elle ne supporte jamais les prélèvements sociaux du capital de 17,2 % ou 18,6 %. À l'inverse, les compléments par capitalisation (PER, assurance-vie, etc.) ont leur fiscalité propre, détaillée levier par levier ci-dessous. On raisonne donc en deux étages : la pension (socle) et le capital (complément).

« Doubler sa retraite », ce n'est pas une formule marketing : dans les faits, on double la part complémentaire (voire davantage) en ajoutant, à côté de la CIPAV, une rente issue de votre capital. Reste à savoir avec quels leviers et dans quel ordre.

§ 4LA RÈGLE DU JEU·2 MIN

Les 6 leviers ne s'opposent pas : ils s'empilent

Sur internet, on vous oppose « PER vs assurance-vie » ou on vous vend un produit. Le vrai sujet n'est pas de trancher entre PER et assurance-vie, mais de savoir dans quel ordre on remplit les enveloppes. Car elles ne se concurrencent pas : chacune répond à un besoin distinct — défiscaliser, rester liquide, transmettre, encaisser un revenu, capitaliser une trésorerie de société, transformer l'agence en capital.

L'ordre type d'un architecte en BNC à 41 % de TMI

1. Le PER jusqu'au plafond utile : la déduction la plus efficace, prioritaire à TMI élevée.
2. L'assurance-vie en parallèle : la poche liquide et transmissible que le PER, bloqué, ne peut pas offrir.
3. La SCPI / l'immobilier : pour un revenu régulier et tangible qui diversifie l'épargne financière.
4. La capi / le PEA pour la trésorerie longue et la poche actions efficiente.
5. La cession de l'agence en fin de carrière, comme capital de départ.
6. En société, la SEL / SPFPL pour capitaliser un étage supplémentaire.

En pratique, deux familles de leviers se répondent. D'un côté la capitalisation financière (PER, assurance-vie, capi, PEA) : l'effet du temps, une fiscalité pilotable, des montants ajustables au centime — idéale pour des revenus irréguliers. De l'autre la capitalisation réelle et patrimoniale (immobilier + cession de l'agence) : des revenus tangibles, une valeur de revente, un ancrage hors des marchés.

Capitalisation financière (PER, AV, capi, PEA)

Points forts

  • Effet du temps et des intérêts composés
  • Fiscalité pilotable (déduction PER à l'entrée, abattements AV à la sortie)
  • Montants ajustables : on charge les bonnes années, on lève le pied les creuses
  • Transmission optimisée via l'assurance-vie (990 I)

Points de vigilance

  • Risque de perte en capital selon les supports
  • PER bloqué jusqu'à la retraite
  • Pas de revenu « tangible » avant la sortie

Capitalisation réelle / patrimoniale (immobilier + cession)

Points forts

  • Revenu régulier et tangible (loyers)
  • Valeur de revente (immobilier, agence)
  • Effet de levier du crédit possible (immobilier)
  • La cession de l'agence : un capital de départ souvent décisif

Points de vigilance

  • Liquidité faible (vente d'un bien, aléa de cession)
  • Gestion et vacance locative à anticiper
  • Fiscalité des revenus fonciers lourde à TMI haute

Dans les sections suivantes, on prend chaque levier un à un, puis on les met face à face dans un tableau comparatif et une méthode chiffrée pour viser 70 %.

§ 5LEVIER 1·3 MIN

Levier 1 — Le PER : le moteur fiscal à TMI élevée

On attaque par le levier qui fait le plus mal à votre impôt quand vous êtes à 41 ou 45 % de tranche : le Plan d'épargne retraite (PER). Sa force tient au plafond spécifique des travailleurs non salariés de l'article 154 bis du CGI (héritage de la loi Madelin). Vous déduisez vos versements de votre bénéfice imposable, dans une enveloppe bien plus large que celle d'un salarié.

Le plafond de déduction PER de l'architecte (art. 154 bis, 2026)

PLAFOND 154 bis = 10 % du benefice (dans la limite de 8 PASS)
                + 15 % de la fraction de benefice entre 1 et 8 PASS

PLANCHER 2026 = 4 806 EUR   (meme si benefice faible)
PLAFOND MAX 2026 = 88 911 EUR  (benefice >= 8 PASS = 384 480 EUR)
1 PASS 2026 = 48 060 EUR

Base de calcul : le bénéfice de l'année. Les plafonds non utilisés se reportent jusqu'à 5 ans depuis la LF 2026 (pour les plafonds nés à compter de 2026 ; 3 ans pour les plafonds 2023-2025, art. 163 quatervicies) — un atout décisif pour des revenus irréguliers. Le détail BNC par BNC est dans le guide PER de l'architecte.

L'économie d'impôt immédiate

ECONOMIE D'IMPOT = versement deductible x TMI

Exemple : 10 000 EUR verses a TMI 41 %
        = 4 100 EUR d'IR en moins  ->  effort net reel 5 900 EUR

L'économie est réelle et immédiate : c'est le grand avantage du PER pour un architecte à 41 ou 45 % de TMI.

Les quatre garde-fous du PER (à connaître avant de verser)

1. IR seul. La déduction joue uniquement sur l'impôt sur le revenu. Le versement reste dans l'assiette des cotisations CIPAV/URSSAF (art. L. 131-6 CSS) : le PER n'allège pas vos cotisations sociales et ne réduit donc pas vos droits CIPAV.
2. Plafond reportable. Les plafonds 154 bis / 163 quatervicies non utilisés se reportent jusqu'à 5 ans depuis la LF 2026 (pour les plafonds nés à compter de 2026 ; 3 ans pour les plafonds 2023-2025) et se mutualisent entre conjoints : idéal pour charger les bonnes années.
3. Épargne bloquée. Jusqu'à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé de l'art. L. 224-4 du CMF (accidents de la vie ; acquisition de la résidence principale).
4. PS 18,6 % à la sortie. Les gains supportent des prélèvements sociaux de 18,6 % en 2026 (et non 17,2 % comme l'assurance-vie).

À la sortie, le PER se fiscalise. En capital, la part correspondant aux versements déduits est imposée au barème de l'IR sans l'abattement de 10 % des pensions, et les gains au PFU (12,8 % d'impôt + PS 18,6 %). En rente, la fraction imposable suit le régime des pensions. La transmission d'un PER assurantiel relève des articles 990 I / 757 B, comme l'assurance-vie.

Le PER gagne dès que votre tranche baisse à la retraite

Tout l'intérêt du PER tient dans un arbitrage de tranche : vous déduisez aujourd'hui à 41 ou 45 %, et vous sortez demain — à la retraite, avec des revenus plus faibles — souvent à 30 %. Le différentiel de tranche, à lui seul, finance une part de votre complément. C'est pourquoi le PER est le levier n°1 de l'architecte à haute TMI. Le calcul, support par support et bénéfice par bénéfice, est détaillé dans PER architecte : combien déduire de votre BNC pour baisser l'impôt et le pilier tout sur le Plan d'épargne retraite.
§ 6LEVIER 2·2 MIN

Levier 2 — L'assurance-vie : la poche liquide et transmissible

Le PER excelle à défiscaliser, mais il bloque l'épargne — et c'est précisément là qu'intervient l'assurance-vie, doublement précieuse pour un architecte aux revenus irréguliers. Pas de déduction à l'entrée, mais une liquidité totale : les rachats sont libres à tout moment, et seuls les gains sont taxés (le capital ressort sans impôt). C'est la poche disponible que le PER, verrouillé, ne peut pas offrir — celle dans laquelle on puise les années creuses.

Après 8 ans de détention, le rachat devient très doux : 7,5 % jusqu'à 150 000 € de primes nettes (12,8 % au-delà), un abattement annuel de 4 600 € (9 200 € pour un couple) sur les gains, et des prélèvements sociaux maintenus à 17,2 % en 2026 (art. 125-0 A CGI). Pour piloter votre complément, vous avez le choix : des rachats partiels programmés (mensuels, par exemple) ou la mise en place d'une rente.

L'argument transmission : l'assurance-vie reste imbattable

Hors succession (art. L. 132-12 et L. 132-13 du Code des assurances, sauf primes manifestement exagérées), l'assurance-vie offre un cadre de transmission unique : 152 500 € d'abattement par bénéficiaire (art. 990 I, primes versées avant 70 ans), puis une taxation de 20 % et de 31,25 % au-delà de 700 000 € de part taxable ; et 30 500 € d'abattement global (art. 757 B, primes versées après 70 ans). Aucune autre enveloppe de complément retraite n'offre cela. Pour aller plus loin : l'assurance-vie : souplesse des rachats et transmission 990 I.

La dualité des prélèvements sociaux 2026 (à garder en tête)

Sur les gains, l'assurance-vie (17,2 %) est plus douce que le PER (18,6 %). Mais c'est un faux duel : le PER, lui, a déduit à l'entrée. On ne compare pas la seule sortie : on raisonne sur le gain global, entrée comprise. Pour un gros patrimoine, l'assurance-vie luxembourgeoiseajoute la sécurité du super-privilège et l'architecture ouverte ; on en parle au cas par cas.
§ 7LEVIER 3·3 MIN

Levier 3 — La SCPI et l'immobilier : du revenu tangible

L'immobilier, lui, apporte ce que les enveloppes financières n'ont pas : un revenu régulier et tangible, qui diversifie l'épargne PER/AV et peut bénéficier de l'effet de levier du crédit. À 41-45 % de TMI, tout l'enjeu est de maîtriser la fiscalité des loyers, qui peut vite devenir confiscatoire.

La SCPI en assurance-vie : la porte d'entrée la plus efficace

Les SCPI apportent un revenu immobilier sans aucune gestion. Mais en direct, les SCPI distribuent des revenus fonciers soumis au barème de l'IR + PS 17,2 % : à 45 % de TMI, on frôle les 62 % de fiscalité. La parade la plus simple : loger les SCPI dans une assurance-vie, qui leur applique la fiscalité douce de l'enveloppe (rachats à 7,5 % après 8 ans, abattement annuel). C'est souvent l'entrée immobilière la plus efficace pour un architecte fortement imposé, détaillée dans SCPI en assurance-vie pour architecte : l'immobilier sans la fiscalité foncière et le pilier guide complet des SCPI.

Le déficit foncier : effacer du revenu global (location nue)

En location nue, le déficit foncier (charges et travaux supérieurs aux loyers) s'impute jusqu'à 10 700 € par an sur le revenu global (art. 156 CGI), le surplus étant reportable 10 ans sur les revenus fonciers. À TMI haute, c'est un outil de réduction d'impôt très efficace sur les années de forte tranche. Les revenus fonciers nus restent ensuite soumis aux PS à 17,2 %.

Le LMNP : amortir pour neutraliser les loyers

En location meublée (LMNP), le régime réel permet d'amortir le bien : pendant des années, les loyers imposables sont largement neutralisés. Attention à la dualité des PS 2026 : les loyers meublés (LMNP) sont à 18,6 %, alors que le foncier nu reste à 17,2 % — à ne pas confondre.

À TMI haute, fuyez le foncier nu en direct sans travaux

La règle pratique pour un architecte à 41-45 % : éviter le foncier nu en direct sans déficit (barème + PS, une fiscalité qui mange l'essentiel du loyer), et privilégier les SCPI en assurance-vie, le déficit foncier (les années de forte TMI) ou le LMNP amorti. L'arbitrage selon votre tranche est développé dans l'immobilier de la profession libérale : SCPI, LMNP et déficit foncier selon votre TMI.
Méthode documentée

Choisir les bonnes enveloppes pour doubler votre retraite

Un conseiller du cabinet estime votre trou de retraite CIPAV, puis dimensionne et empile les 6 leviers (PER, assurance-vie, SCPI, capi/PEA, cession, SEL/SPFPL) à votre bénéfice et à votre âge — sans vous survendre un produit. Cabinet de Bassens (Savoie), sans produit-maison.

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§ 8LEVIER 4·2 MIN

Levier 4 — Le contrat de capitalisation et le PEA

On termine la capitalisation financière par deux enveloppes que personne ne cite jamais quand on parle « retraite » : une qui se loge dans votre société, une autre dans votre patrimoine privé.

Le contrat de capitalisation en société (art. 238 septies E)

Lorsqu'une société à l'IS (votre SELARL ou une SPFPL) souscrit un contrat de capitalisation, l'article 238 septies E du CGI impose chaque année un revenu forfaitaire calculé sur une base de 105 % du dernier TME connu à la date de souscription (taux figé), avec régularisation au dénouement sur le gain réel. En clair : vous savez dès la souscription que la société paiera chaque année un IS faible et connu d'avance, pendant que le reste du capital fructifie — c'est l'outil de placement de la trésorerie longue d'une société d'architecture. Le détail est dans placer la trésorerie de votre SELARL d'architecte.

Le PEA : la poche actions efficiente (côté privé)

Côté patrimoine privé, le PEA est l'enveloppe actions la plus efficiente sur le long terme : après 5 ans de détention, les retraits sont exonérés d'impôt sur le revenu (seuls les PS à 18,6 % en 2026 restent dus sur les gains). Pour un architecte avec un horizon long, c'est un complément naturel de l'assurance-vie sur la poche dynamique. La vue d'ensemble des placements est dans où placer son argent quand on est architecte à hauts revenus.

Capi PM vs PEA : société ou privé, pas le même usage

Le contrat de capitalisation en société sert à faire travailler la trésorerie de la structure (avant toute distribution chargée en cotisations). Le PEA, lui, capitalise votre épargne personnelle après distribution. Les deux peuvent coexister : l'un en amont (société), l'autre en aval (privé).
§ 9LEVIER 5·3 MIN

Levier 5 — La cession de l'agence comme capital de départ

Pour beaucoup d'architectes, la vente de l'agence au moment du départ est le capital de retraite le plus important — et il peut être largement exonéré.

Garde-fou : l'architecte n'est PAS un officier ministériel

L'architecte est une profession libérale réglementée (inscription à l'Ordre des architectes, loi n° 77-2 du 3 janvier 1977), pas un officier public ministériel. Il n'y a donc ni droit de présentation, ni finance d'office, ni agrément du Garde des Sceaux : la clientèle et le fonds libéral (l'agence) se cèdent librement, et la plus-value est une plus-value professionnelle.

Sauf que ces quatre régimes ne se valent pas, et c'est là que beaucoup d'architectes laissent de l'argent sur la table : deux effacent tout — l'impôt sur le revenu ET les prélèvements sociaux (les vrais « zéro fiscalité ») —, deux autres ne grattent que l'impôt sur le revenu et laissent les prélèvements sociaux à payer (18,6 % en 2026 sur la plus-value professionnelle).

Côté fonds libéral, deux articles visent la plus-value de la clientèle et de l'agence et l'effacent en totalité. L'article 151 septies joue selon vos recettes : exonération totale tant que les recettes moyennes des deux années précédentes restent ≤ 90 000 €, dégressive jusqu'à 126 000 € (prestations de services, activité d'au moins 5 ans). L'article 238 quindecies joue, lui, selon la valeur de cession : exonération totale tant que la valeur cédée reste inférieure à 500 000 €, dégressive jusqu'à 1 000 000 €. Pour une agence de taille moyenne, c'est ce dernier qui est le plus souvent le levier phare.

Pour qui part à la retraite, deux autres régimes prennent le relais, mais ils n'effacent que l'impôt sur le revenu : l'article 151 septies A pour la cession du fonds ou de l'activité (cessation et liquidation des droits dans les 24 mois), et l'article 150-0 D ter pour la cession des titres d'une SEL par le dirigeant partant à la retraite (abattement fixe de 500 000 €, prorogé jusqu'au 31 décembre 2031). Dans les deux cas, les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus sur la plus-value : l'exonération porte sur l'IR, jamais sur les PS. Le tableau ci-dessous remet ces quatre régimes côte à côte.

Exonérer la plus-value de cession de l'agence. Seuls 151 septies et 238 quindecies effacent IR ET PS ; 151 septies A et 150-0 D ter n'effacent que l'IR (PS 18,6 % dus). La cession de la clientèle libérale est détaillée dans le guide profession libérale dédié.
Article CGICondition cléCe qui est effacé
151 septiesRecettes moy. ≤ 90 000 € (dégressif jusqu'à 126 000 €)IR + PS (exonération totale)
238 quindeciesValeur cédée < 500 000 € (dégressif jusqu'à 1 000 000 €)IR + PS (exonération totale)
151 septies ADépart à la retraite (cession du fonds / activité)IR seul — PS 18,6 % dus
150-0 D terCession de titres de SEL, dirigeant retraiteIR seul (abatt. 500 000 €) — PS 18,6 % dus

Anticiper la cession : ce n'est pas une formalité de dernière minute

Le bon régime se prépare des années à l'avance : structure d'exercice (BNC ou société), respect du délai d'activité de 5 ans, articulation cessation / liquidation des droits, choix entre cession du fonds (plus-value pro) et cession des titres (150-0 D ter). La mécanique générale de la cession d'une clientèle libérale est traitée dans céder son cabinet en limitant l'impôt sur la plus-value.
§ 10LEVIER 6·2 MIN

Levier 6 — La SEL et la SPFPL pour capitaliser

Si vous exercez en société (SELARL, SELAS ou société d'architecture), votre structure n'est pas qu'un outil de facturation : c'est aussi un coffre-fort à l'IS où l'argent est taxé à 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice puis 25 %, là où il subirait jusqu'à 45 % entre vos mains. Résultat : il reste plus de capital à faire travailler avant toute distribution.

En coiffant la SEL d'une holding (SPFPL), on bénéficie du régime mère-fille (art. 145 et 216 CGI) : les dividendes remontés de la SEL vers la holding sont exonérés à 95 % (seule une quote-part de frais et charges de 5 % est imposée à l'IS, soit une friction d'environ 1,25 %). Le capital ainsi remonté peut être réinvesti ou placé en capi PM (art. 238 septies E). Depuis l'ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023, une SPFPL peut détenir jusqu'à 100 % des droits d'une SEL.

Anti-mythe : non, la SEL ne sert pas à « surcotiser » ses droits CIPAV

Beaucoup imaginent qu'on distribue des dividendes pour gonfler ses droits retraite : c'est l'inverse. La fraction de dividendes de SEL excédant 10 % du (capital social + primes + comptes courants d'associé) est assujettie aux cotisations sociales du régime TNS (art. L. 131-6 CSS), y compris — selon la jurisprudence de la Cour de cassation (Cass. 2e civ. 19 octobre 2023, n° 21-20.366, à confirmer à la source) — lorsque les titres de la SEL sont détenus via une SPFPL. La SEL/SPFPL est un outil de capitalisation et de pilotage de la trésorerie, pas un moyen d'améliorer la pension CIPAV. L'arbitrage rémunération/dividendes est traité dans architecte en SELARL : salaire ou dividendes, quelle répartition et le montage complet dans holding SPFPL architecte : optimiser vos dividendes de SELARL.

Une précision réglementaire : la quotité de détention du capital d'une société d'architecture et l'existence d'une SPFPL propre aux architectes sont encadrées par la loi n° 77-2 du 3 janvier 1977 (art. 13) — les seuils exacts (détention majoritaire par des architectes) sont à vérifier à la source ; à défaut d'une SPFPL d'architectes, une holding de droit commun détenant la société d'architecture reste envisageable. À étudier au cas par cas avec votre conseil.

§ 11LE COMPARATIF·2 MIN

Le comparatif des 6 leviers en un tableau

Nous posons le même tableau en rendez-vous, sur les critères qui décident vraiment d'un complément de retraite : l'avantage à l'entrée, la fiscalité à la sortie, les prélèvements sociaux 2026, la liquidité et l'usage type.

Comparatif des 6 leviers de complément retraite de l'architecte. Dualité des PS 2026 : 18,6 % (PER, PEA, LMNP, PV pro, titres de SEL) ; 17,2 % (assurance-vie, foncier nu, PV immobilière). Chiffres à jour au 16 juin 2026.
LevierAvantage à l'entréePS 2026LiquiditéUsage type
PERDéduction 154 bis (jusqu'à 88 911 €)18,6 % (gains)Bloqué (sauf L. 224-4 CMF)Défiscaliser les bonnes années
Assurance-vieAucune17,2 %Totale (rachats libres)Liquidité + transmission + années creuses
SCPI / immobilierAmortissement LMNP / déficit foncier17,2 % (nu) · 18,6 % (LMNP)Faible (vente du bien)Revenu tangible diversifiant
Capi PM / PEACapi : différé IS · PEA : exo IR après 5 ans18,6 % (PEA gains)Capi : bonne · PEA : bonne après 5 ansTrésorerie de société · poche actions
Cession de l'agenceExonération de PV (238 quindecies)0 % si < 500 k€ · sinon 18,6 %Ponctuelle (au départ)Capital de départ
SEL / SPFPLIS réduit + mère-fille 95 %—Selon distributionÉtage de capitalisation en société

Ce que ce tableau dit vraiment : si on vous vend « LE » placement retraite, méfiez-vous

Regardez les colonnes : aucune ligne n'est gagnante partout. Le PER domine sur l'entrée fiscale, l'assurance-vie sur la liquidité et la transmission, l'immobilier sur le revenu tangible, la capi/PEA sur l'efficience, la cession sur le capital de départ, la SEL/SPFPL sur l'effet de structure. La bonne stratégie ne choisit pas : elle combine, dans un ordre qui dépend de votre profil.
§ 12LA MÉTHODE·3 MIN

La méthode des 70 % : de l'objectif à l'effort mensuel

On déroule le calcul que nous posons au tableau en rendez-vous, en quatre étapes : de « je veux 70 % de mon revenu » jusqu'au chiffre qui compte vraiment — combien mettre de côté chaque mois. C'est exactement ce qu'un bilan retraite affine ensuite à partir de votre situation réelle.

Les 4 étapes : de l'objectif 70 % à l'effort mensuel

ETAPE 1 - OBJECTIF        = 70 % du dernier revenu net
ETAPE 2 - ECART           = objectif - pension obligatoire estimee
ETAPE 3 - CAPITAL CIBLE   = ecart annuel x 25   (retrait prudent ~ 4 %/an)
ETAPE 4 - EFFORT MENSUEL  = f(capital cible, nombre d'annees, rendement)

Exemple (ecart de 25 000 EUR/an a financer) :
   capital cible = 25 000 x 25 = 625 000 EUR
   sur 20 ans a 4 % net  ->  effort de l'ordre de 1 700 EUR / mois
   sur 25 ans a 4 % net  ->  effort de l'ordre de 1 250 EUR / mois

Le « x 25 » découle d'un taux de retrait prudent d'environ 4 %/an. Hypothèse de rendement de 4 % net/an signalée : ce sont des ordres de grandeur pédagogiques, pas une promesse de performance. Le capital n'est pas garanti.

Sur l'effort à fournir, le PER reprend la main grâce à la déduction : à TMI élevée, vous épargnez « plus » pour un effort net moindre.

Le coût réel d'un versement PER (TMI 41 %)

1 000 EUR verses sur un PER, a TMI 41 % :
  - economie d'IR     = 410 EUR
  - effort net reel   = 590 EUR

=> le levier fiscal reduit l'effort d'epargne d'environ 40 %

À TMI élevée, le PER permet d'épargner « plus » pour un effort net moindre. C'est précisément ce qui en fait le levier n°1 de l'architecte fortement imposé. Raisonnement de méthode, pas une promesse.

Signature « dents de scie » : adapter l'effort au cycle des chantiers

C'est la spécificité de l'architecte. On ne fixe pas un versement rigide : on pilote sur le cycle. Les bonnes années (gros chantiers, bénéfice et TMI élevés), on charge le PER au plafond et on consomme le report des plafonds non utilisés (jusqu'à 5 ans depuis la LF 2026, 3 ans pour les plafonds 2023-2025) : la déduction rapporte alors le maximum. Les années creuses, on lève le pied sur le PER bloqué et on s'appuie sur l'assurance-vie, souple, où l'on peut même racheter si la trésorerie l'exige. Le pilotage fin (et le système du quotient de l'art. 163-0 A pour les revenus exceptionnels) est détaillé dans architecte aux revenus en dents de scie : lisser sa fiscalité.

Comment lire nos projections (et pourquoi le 4 % n'est pas une promesse)

Le 4 % net par an n'est pas une certitude : c'est un repère prudent pour une allocation diversifiée de long terme (fonds euros + unités de compte). Et 1 000 € placés à 40 ans pèsent bien plus à la retraite que 1 000 € placés à 55 ans : ce sont les premiers versements qui font le gros du travail, d'où tout l'intérêt de ne pas attendre la cinquantaine pour s'y mettre. Reste l'évidence réglementaire : capital investi non garanti. Ces chiffres sont des ordres de grandeur pédagogiques pour calibrer une méthode, jamais une projection : c'est le travail qu'un bilan retraite de profession libérale affine à partir de votre bénéfice et de votre âge réels. La feuille de route par niveau de revenu est dans gestion de patrimoine pour architecte.
§ 13CAS CHIFFRÉS·3 MIN

Cas chiffrés : Sophie, Marc et Camille

Trois profils types qu'on voit passer au cabinet. Les prénoms sont fictifs ; les calculs de plafond PER (art. 154 bis) sont précis aux taux 2026 (1 PASS = 48 060 €), mais les montants de capital et de pension sont des ordres de grandeur pédagogiques, au conditionnel — pas une projection de votre situation. La formule du plafond appliquée est : 10 % du bénéfice + 15 % × (bénéfice − 1 PASS), dans la limite de 8 PASS.

Cas 1 — Sophie, BNC 100 000 €, TMI 41 %, 50 ans (le plan PER + AV + SCPI)

Plafond PER : 10 % × 100 000 + 15 % × (100 000 − 48 060) = 10 000 + 7 791 = 17 791 € déductibles.
Écart à combler : revenu cible 70 % ≈ 70 000 € − pension obligatoire estimée ≈ 35-45 k€ → écart de l'ordre de 25-35 k€/an (au conditionnel, renvoi diagnostic).
Le plan sur 15 ans : PER 10 000 €/an (−4 100 € d'IR) ≈ 200 000 € + assurance-vie 6 000 €/an ≈ 120 000 € + SCPI en AV 400 €/mois ≈ 95 000 € → de l'ordre de 400 000 à 450 000 € (4 % net).
Une rente prudente (~4 %/an) sur ce capital ≈ 16-18 k€/an, qui double la part complémentaire de sa pension. Le PER, c'est sa colonne vertébrale ; l'assurance-vie, le matelas dans lequel elle pioche l'année où un gros chantier capote.

Cas 2 — Marc, SELARL gérant TNS, 150 000 € de revenu, TMI 45 %, 55 ans (charger + société)

Plafond PER : 10 % × 150 000 + 15 % × (150 000 − 48 060) = 15 000 + 15 291 = 30 291 € déductibles — à 45 % de TMI, l'économie d'IR est massive (jusqu'à ~13 600 €).
Plafond CIPAV atteint : au-delà du plafond du complémentaire, Marc n'acquiert plus de points → la capitalisation déductible est d'autant plus rentable.
Le plan : PER chargé au plafond avec report jusqu'à 5 ans (LF 2026, pour les plafonds nés à compter de 2026) + capi en SPFPL (238 septies E) sur la trésorerie + cession des titres au départ (150-0 D ter, abattement 500 000 €, mais PS 18,6 % dus).
Pour un architecte en société à très haute TMI, le couple PER chargé + capitalisation en SPFPL est le moteur principal du complément.

Cas 3 — Camille, BNC en dents de scie 80 000 → 140 000 €, 42 ans (le pilotage du cycle)

Le défi : des revenus très variables d'une année à l'autre selon les chantiers.
Années fortes (140 k€) : PER chargé à 20-25 k€ (plafond élevé), consommation du report des années creuses, déduction à 41-45 % → effet fiscal maximal.
Années creuses (80 k€) : on lève le pied sur le PER et on alimente (ou on laisse) l'assurance-vie, liquide, sans se mettre en tension de trésorerie.
Résultat : sur 25 ans, l'effort est lissé sur le cycle, pas subi année par année. Le pilotage détaillé est dans lisser sa fiscalité quand on a des revenus en dents de scie.
Récapitulatif des 3 cas. Les plafonds PER sont calculés aux taux 2026 (1 PASS = 48 060 €). Les montants de capital et de pension sont des ordres de grandeur indicatifs, au conditionnel : votre situation s'apprécie au cas par cas avec un conseil.
PersonaProfilLevier prioritaireChiffre clé
SophieBNC 100 000 €, TMI 41 %, 50 ansPER + AV + SCPI en AV17 791 € déductibles · vise à doubler la part compl.
MarcSELARL TNS, 150 000 €, TMI 45 %, 55 ansPER chargé + capi SPFPL + cession30 291 € déductibles · plafond CIPAV atteint
CamilleBNC 80 → 140 k€ (dents de scie), 42 ansPER les bonnes années + AV les creusesReport jusqu'à 5 ans (LF 2026) · effort lissé sur le cycle

Note de méthode

L'économie d'impôt du PER est réelle et immédiate (elle vaut « versement × TMI »). Les capitaux projetés, le taux de remplacement CIPAV et les rentes sont, eux, des ordres de grandeur indicatifs. La performance future de l'épargne investie comporte un risque de perte en capital : les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
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Sources et références légales

  • Régime de retraite de l'architecte (CNAVPL + CIPAV)

    Retraite obligatoire de l'architecte : régime de base CNAVPL par points (valeur de service du point de base de l'ordre de 0,6599 € en 2026) et complémentaire CIPAV par tranches de revenu (valeur de service du point complémentaire de l'ordre de 2,89 € pour un point acheté de l'ordre de 47,40 €, soit un rendement instantané d'environ 6 %). L'architecte reste affilié à la CIPAV après la réforme issue de la LFSS 2018 (décret n° 2018-1048 du 28 novembre 2018), articulée aux art. L.640-1, L.642-1, L.644-1 et L.645-1 du CSS. Taux de remplacement (souvent < 40-50 % à hauts revenus) communiqué comme ordre de grandeur, au conditionnel : ce n'est pas un chiffre réglementaire. Valeurs, tranches et cotisations 2026 à vérifier sur lacipav.fr et à actualiser annuellement. Arrêté du 22 décembre 2025 : PASS 2026 = 48 060 € (8 PASS = 384 480 €).

  • Levier 1 — PER / Madelin et fiscalité (CGI, CMF, CSS)

    Art. 154 bis CGI (plafond TNS : 10 % du bénéfice dans la limite de 8 PASS, majorés de 15 % de la fraction entre 1 et 8 PASS ; plancher 4 806 € ; maximum 88 911 € en 2026). Le versement reste dans l'assiette des cotisations sociales du TNS (art. L. 131-6 CSS) : le PER n'allège pas les cotisations CIPAV. Plafond général et report des plafonds non utilisés étendu à 5 ans par la LF 2026 (loi n° 2026-103) pour les plafonds nés à compter de 2026, 3 ans pour les plafonds 2023-2025 / mutualisation entre conjoints : art. 163 quatervicies CGI. Déblocages anticipés : art. L. 224-4 CMF. Sortie : capital des versements déduits au barème de l'IR sans abattement de 10 %, gains au PFU 12,8 % + PS 18,6 %.

  • Levier 2 — Assurance-vie (CGI, Code des assurances)

    Art. 125-0 A CGI (rachat après 8 ans : 7,5 % jusqu'à 150 000 € de primes nettes / 12,8 % au-delà, abattement annuel de 4 600 € seul / 9 200 € couple). PS 17,2 % maintenu (LFSS 2026). Hors succession : art. L. 132-12 et L. 132-13 du Code des assurances (sauf primes manifestement exagérées). Transmission : art. 990 I (abattement 152 500 € par bénéficiaire, primes avant 70 ans, puis 20 %, puis 31,25 % au-delà de 700 000 € de part taxable) et art. 757 B (abattement global 30 500 €, primes après 70 ans).

  • Levier 3 — SCPI et immobilier (CGI)

    SCPI logée en assurance-vie (fiscalité de l'enveloppe). Déficit foncier (location nue) : 10 700 €/an sur le revenu global, surplus reportable 10 ans sur les revenus fonciers (art. 156 CGI). Dualité des PS 2026 : revenus fonciers nus à 17,2 %, loyers meublés (LMNP) à 18,6 %. Option TVA des loyers d'une SCI de murs : art. 260-2 CGI (l'exploitant architecte est assujetti, récupération de TVA). Honoraires d'architecture soumis à la TVA au taux normal de 20 % : l'art. 261-4-1 CGI (soins) ne s'applique pas.

  • Leviers 4 à 6 — Capi, PEA, cession et société (CGI, CSS)

    Contrat de capitalisation détenu par une société à l'IS : taxation annuelle forfaitaire sur une base de 105 % du dernier TME connu à la souscription (art. 238 septies E CGI). Cession de l'agence : art. 151 septies (exonération IR et PS si recettes moyennes ≤ 90 000 €, dégressive jusqu'à 126 000 €), 238 quindecies (exonération IR et PS si valeur < 500 000 €, dégressive jusqu'à 1 000 000 €), 151 septies A (exonération d'IR au départ à la retraite, PS 18,6 % dus, cessation et liquidation dans 24 mois), 150-0 D ter (abattement fixe 500 000 € sur la cession de titres, IR seul, PS 18,6 % dus, prorogé au 31 décembre 2031). SEL / SPFPL : loi n° 90-1258 et ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023 ; détention du capital de la société d'architecture majoritairement par des architectes (loi n° 77-2 du 3 janvier 1977, art. 13, quotités à vérifier). Régime mère-fille (art. 145 et 216 CGI). Dividendes de SEL : fraction > 10 % du capital et des comptes courants assujettie aux cotisations (art. L. 131-6 CSS ; Cass. 2e civ. 19 octobre 2023 n° 21-20.366, y compris via SPFPL, à confirmer à la source).

  • Prélèvements sociaux 2026 et hauts revenus

    Dualité des prélèvements sociaux 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) : 18,6 % (PER, dividendes, plus-values mobilières et plus-values professionnelles, LMNP) contre 17,2 % (assurance-vie, foncier nu, plus-values immobilières). Barème IR 2026 (art. 197 CGI : 0/11/30/41/45 %). CEHR (art. 223 sexies CGI). CDHR (art. 224 CGI), LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026). Système du quotient pour revenus exceptionnels (art. 163-0 A CGI).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Plusieurs points sont, en toute transparence, signalés au conditionnel : le taux de remplacement de la CIPAV (souvent < 40-50 % à hauts revenus, ordre de grandeur, jamais une pension projetée), les valeurs de point CIPAV et CNAVPL (de l'ordre de 2,89 € et 0,6599 € au 1er janvier 2026, à actualiser sur lacipav.fr), les quotités de détention d'une SPFPL d'architectes (loi n° 77-2, art. 13, à vérifier à la source), la jurisprudence sur les cotisations des dividendes de SEL détenus via SPFPL (Cass. 2e civ. 19 octobre 2023 n° 21-20.366, à confirmer) et la pérennité au-delà de 2026 de certains dispositifs. Les cas chiffrés sont des ordres de grandeur pédagogiques, pas une projection de votre pension ni une promesse de rendement. Les calculs de plafond PER (art. 154 bis) sont, eux, exacts aux taux 2026. Les chiffres et taux sont à jour au 16 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF/LFSS annuelles, doctrine BOFiP, jurisprudence). Toute stratégie doit faire l'objet d'une étude individualisée, validée avec votre expert-comptable. La capitalisation comporte un risque de perte en capital.

Foire aux questions

Tout sur le complément de retraite de l'architecte PER, assurance-vie, SCPI, cession de l'agence, SEL/SPFPL.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous : pourquoi la CIPAV est si faible, comment doubler sa retraite, combien épargner par mois, par quoi commencer, comment piloter des revenus en dents de scie, rachat de points ou PER, et la cession de l'agence comme capital. Réponses sourcées et à jour 2026.