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Guide architecte 202618 minMis à jour 16 juin 20266 leviers de lissage

Architecte aux revenus en dents de scie : comment lisser sa fiscalité et sa trésorerie

Un gros chantier livré propulse votre BNC à 200 000 € ; l'année suivante, le creux vous ramène à 90 000 €. La progressivité de l'impôt frappe l'année forte (TMI à 45 %, voire CEHR et CDHR) alors qu'une moyenne lissée resterait à 30 %, et les cotisations CIPAV, régularisées avec un an de retard, tombent pendant le creux. La bonne nouvelle : on lisse. Voici les 6 leviers — PER jusqu'à 88 911 €, passage en SEL, modulation des cotisations, épargne tampon — et le mythe à éviter (le quotient ne sauve pas un chantier). Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

REVENUS EN DENTS DE SCIE

Lisser votre fiscalité d'architecte et sécuriser votre trésorerie

Audit de votre situation d'architecte à revenus en dents de scie : dimensionnement du PER les bonnes années, opportunité d'un passage en SEL pour piloter votre rémunération, modulation des acomptes CIPAV et épargne tampon. Cabinet 100 % indépendant, modélisation chiffrée et calibrage avec votre expert-comptable.

  • Stratégie de lissage sur 2 à 3 ans
  • Dimensionnement PER de l'année forte
  • Opportunité d'un passage en SEL
  • Cabinet 100 % indépendant

LEVIERS DE LISSAGE

6

DÉDUCTION PER MAX 2026

88 911 €

IS RÉDUIT ≤ 42 500 €

15 %

PS PV PRO / DIVIDENDES

18,6 %

CAS CHIFFRÉ

80k → 200k → 90k

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1LE PROBLÈME·3 MIN

La double peine de l'architecte aux revenus en dents de scie

Vous livrez un gros chantier, le solde d'honoraires de maîtrise d'œuvre tombe, et votre BNC bondit à 200 000 €. L'année suivante, entre deux concours, le creux vous ramène à 90 000 €. Sur ces deux années, vous avez gagné 145 000 € en moyenne, mais vous payez l'impôt comme si l'une de ces années valait à elle seule plus qu'un cadre supérieur, parce que le pic tape dans la tranche à 45 %. Ce yo-yo, c'est le quotidien de l'architecte : honoraires encaissés à l'avancement puis à la réception, retenue de garantie, décalage de paiement du maître d'ouvrage, concours gagné une année et pas la suivante. Le problème n'est pas tant le niveau de votre revenu que sa chronologie, et la fiscalité française, profondément progressive, déteste les revenus irréguliers.

La bonne nouvelle : ce surcoût n'est pas une fatalité. Sur notre cas chiffré (section 10), saturer le PER l'année forte efface à lui seul près de 18 000 € d'impôt ; et pour des revenus durablement élevés, le passage en SEL maintient la rémunération sous la tranche à 45 %. Encore faut-il actionner le bon levier au bon moment, et fuir le mauvais réflexe (non, le quotient ne sauve pas un chantier). Ce guide vous donne les six leviers, classés et chiffrés.

C'est une double peine. D'un côté, la progressivité de l'impôt sur le revenu : l'année à 200 000 € pousse une grosse fraction de votre revenu dans la tranche à 41 %, puis à 45 %, alors qu'une moyenne lissée sur trois ans (ici environ 123 000 €) resterait largement dans la tranche à 30 %. De l'autre, l'effet ciseau des cotisations : appelées à titre provisionnel puis régularisées avec un an de retard, les cotisations de la bonne année vous rattrapent pendant le creux (détaillé au levier 3).

L'essentiel en 30 secondes

La double peine de l'architecte cyclique, c'est la progressivité de l'IR (la bonne année grimpe à 41-45 %, voire CEHR/CDHR) plus l'effet ciseau des cotisations (régularisation CIPAV en N+1, pendant le creux). Six leviers pour lisser : (1) le PER pour déduire massivement la bonne année (jusqu'à 88 911 € via l'art. 154 bis), (2) la SEL à l'IS pour piloter votre rémunération et mettre les bonnes années en réserve (IS 15 % ≤ 42 500 €), (3) la modulation des cotisations CIPAV et des acomptes, (4) la gestion de la TVA (collectée à 20 %, jamais un revenu), (5) les réductions d'impôt de l'année forte et (6) une épargne tampon pour les creux. Le seul piège à fuir : croire que le quotient lisse un gros chantier.

Pourquoi le revenu d'un architecte est structurellement irrégulier

Un cabinet d'architecture vit au rythme de ses chantiers. Les honoraires sont échelonnés sur l'avancement (esquisse, avant-projet, permis, chantier, réception), mais l'encaissement réel dépend du maître d'ouvrage, des décalages de paiement et de la fameuse retenue de garantie libérée à la fin. Deux gros projets qui se télescopent gonflent une année, un trou entre deux phases vide la suivante. À cela s'ajoute le caractère aléatoire des concours : décrocher une grosse commande publique, c'est plusieurs années d'honoraires concentrées, parfois suivies d'une traversée du désert. La progressivité de l'impôt, elle, raisonne année civile par année civile ; d'où le besoin de lisser.

Le barème IR 2026 : pourquoi le pic coûte si cher

Barème 2026 par part (revenus 2025, revalorisé par la LF 2026) : 0 % jusqu'à 11 600 €, 11 % jusqu'à 29 579 €, 30 % jusqu'à 84 577 €, 41 % jusqu'à 181 917 €, 45 % au-delà de 181 917 €. Une année à 200 000 € fait donc passer une part de votre revenu dans la tranche à 45 % ; lissée à 123 000 €, la même somme plafonnerait à 41 % et n'atteindrait jamais la tranche la plus haute. Ajoutez que vos cotisations CIPAV sont régularisées un an plus tard : la facture de la bonne année tombe pendant le creux. Le guide générique tous métiers : lisser des revenus irréguliers en profession libérale. Pour une autre profession libérale affiliée à la CIPAV qui rencontre le même problème, voir : psychologue libéral : lisser des revenus irréguliers.
§ 2ANTI-MYTHE·3 MIN

Le mythe à dégommer d'abord : non, le quotient ne lisse pas un gros chantier

Au moins une fois par mois, un architecte m'arrive avec la même phrase : « J'ai fait une grosse année, je vais demander le quotient pour l'étaler. » Je suis désolé de casser l'idée, mais ça ne marche pas. Le quotient de l'article 163-0 A du CGI ne sert pas à lisser un gros chantier : il est strictement réservé aux revenus exceptionnels par nature. Croire le contraire, c'est s'exposer à un redressement.

Erreur n°1 : « Mon confrère étale son gros chantier au quotient »

C'est faux. Le quotient suppose deux conditions cumulatives : un revenu exceptionnel par sa nature (qui « n'est pas susceptible d'être recueilli annuellement ») ET un montant supérieur à la moyenne des revenus nets des trois années précédentes. La doctrine est explicite (BOI-IR-LIQ-20-30-20) : « un revenu réalisé dans le cadre normal de l'activité professionnelle ne peut être qualifié d'exceptionnel, même si cette activité produit des revenus dont le montant varie fortement d'une année à l'autre ». Le Conseil d'État confirme que le caractère exceptionnel suppose un revenu détaché de l'activité habituelle (CE 5 décembre 2001, n° 214532). Les honoraires d'un gros chantier de maîtrise d'œuvre restent un revenu professionnel ordinaire : pas de quotient.

Et l'« étalement du bénéfice BNC » ? Il n'existe pas

Soyons clairs pour éviter toute illusion : il n'y a pas de dispositif d'étalement du bénéfice pour l'architecte. L'étalement de droit commun concerne les bénéfices agricoles (article 75-0 A du CGI), et la moyenne pluriannuelle de l'article 100 bis est réservée aux artistes, auteurs et sportifs (BOI-BNC-SECT-20-20). Aucun des deux n'est ouvert à l'architecte. Non, vous ne pouvez pas « étaler vos honoraires » sur trois ans. C'est précisément pour cela que les vrais outils de lissage sont le PER, la SEL, la modulation et l'épargne tampon, développés ci-après.

Les seuls cas où le quotient joue vraiment pour l'architecte

Le quotient a de vrais cas d'usage, mais ce sont des événements rares et détachés de l'exploitation courante : la plus-value de cession de votre agence ou de votre clientèle, une distribution exceptionnelle de réserves d'une SEL, une indemnité de cessation ou de départ, ou la sortie en capital d'un contrat de prévoyance. Le mécanisme : on ajoute au revenu global le quart du revenu exceptionnel, on calcule le supplément d'impôt, puis on le multiplie par quatre ; il n'agit qu'au barème progressif (pas avec le PFU). Pour les revenus différés, le diviseur est égal au nombre d'années de rattachement majoré de un, sans condition de montant. Le cas type, c'est la cession : céder son cabinet et gérer la plus-value. À noter : si le 151 septies A (départ en retraite) exonère l'IR, les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus sur la plus-value professionnelle.

Le mythe écarté, place aux vrais outils. Les six leviers qui suivent se rangent en deux familles : ceux qui agissent sur l'impôt de l'année forte (le PER, les réductions d'impôt), et ceux qui agissent sur la structure et la trésorerie dans le temps (la SEL, la modulation des cotisations, la gestion de la TVA, l'épargne tampon). On commence par le plus puissant et le plus accessible : le PER.

§ 3LEVIER 1·4 MIN

Levier 1 — Le PER : saturer le plafond les bonnes années

Le levier fiscal le plus puissant de l'architecte cyclique, c'est le PER. Il permet de déduire massivement de votre bénéfice la bonne année, précisément là où votre tranche grimpe à 41 ou 45 %. Sa particularité, qui en fait l'outil de lissage idéal : le plafond de déduction TNS se recalcule chaque année sur le bénéfice de l'année N (pas N-1). Une bonne année, votre plafond gonfle et vous écrêtez votre tranche haute ; une année creuse, vous versez peu, voire rien.

Le plafond TNS (art. 154 bis), calculé sur le bénéfice de l'année

L'article 154 bis du CGI vous autorise à déduire 10 % de votre bénéfice (retenu dans la limite de 8 PASS) + 15 % de la fraction comprise entre 1 et 8 PASS. Un plancher garantit toujours au moins 4 806 € ; le maximum atteint 88 911 € pour un bénéfice d'au moins 384 480 € (8 PASS).

Le plafond PER TNS 2026, du plancher au maximum

PLAFOND 154 bis = 10 % x benefice (dans la limite de 8 PASS)
                + 15 % x (min(benefice, 8 PASS) - 1 PASS, jamais negatif)
   dans la limite d'un plancher de 4 806 EUR (10 % d'1 PASS)

PASS 2026 = 48 060 EUR   |   8 PASS = 384 480 EUR

PLANCHER = 10 % x 1 PASS                       = 4 806 EUR
SUR 90 000 EUR = 10 % x 90 000
              + 15 % x (90 000 - 48 060)       = 15 291 EUR
SUR 200 000 EUR = 10 % x 200 000
                + 15 % x (200 000 - 48 060)    = 42 791 EUR
MAXIMUM  = 10 % x 384 480
         + 15 % x (384 480 - 48 060)           = 88 911 EUR

Le plafond suit le bénéfice de l'ANNÉE N : un gros chantier à 200 000 € ouvre 42 791 € de déduction, contre 15 291 € pour une année creuse à 90 000 €. C'est exactement ce qui en fait un amortisseur du pic.

L'économie d'impôt sur le revenu vaut approximativement votre versement × votre TMI : déduire 42 791 € sur une année à 45 % de tranche marginale, c'est près de 18 000 € d'IR en moins. Attention toutefois, la déduction joue sur l'impôt sur le revenu, pas sur vos cotisations sociales, qui restent dues sur la somme versée. Le détail support par support est dans le guide du PER pour l'architecte.

Reporter les plafonds : 154 bis non reportable, 163 quatervicies oui

La distinction qui suit, beaucoup la confondent, et elle est décisive. Le plafond TNS 154 bis n'est PAS reportable (ni mutualisable) : la fraction non utilisée à la clôture de l'exercice est définitivement perdue (« maintenant ou jamais »). Le mécanisme de report qui sert à lisser est celui de l'article 163 quatervicies, le plafond « classique » de l'épargne salariale et des assimilés salariés : il est reportable 3 ans, porté à 5 ans pour les plafonds générés à compter de 2026 (loi de finances 2026, loi n° 2026-103 du 19 février 2026) et mutualisable entre conjoints (case 6QR de la 2042). Pour l'architecte, ce 163 quatervicies concerne au premier chef le président de SELAS, assimilé salarié : le plafond TNS 154 bis, lui, est réservé à la rémunération imposée en BNC (CE 8 décembre 2017, n° 409429).

Ne dites jamais « mon plafond TNS reportable » : il ne l'est pas

C'est l'erreur la plus coûteuse en matière de lissage. Le 154 bis (TNS) n'est ni reportable, ni mutualisable : il faut le saturer l'année forte ou il est perdu. Ce qui se reporte (3 ans, 5 ans pour les droits nés à compter de 2026) et se mutualise entre conjoints, c'est uniquement le 163 quatervicies. En BNC, l'architecte sature donc le 154 bis de la bonne année ; en SELAS, le président mobilise en plus le report 163 quatervicies accumulé pendant les années creuses.

Le PER plutôt que la CIPAV : un rendement de caisse défavorable

Un argument propre à l'architecte renforce l'intérêt du PER : la retraite CIPAV est notoirement faible au regard des revenus cotisés. L'architecte relève du régime de base de la CNAVPL et du régime complémentaire de la CIPAV (il fait partie des professions restées affiliées à la CIPAV après la réforme de la LFSS 2018, article L. 640-1 du Code de la sécurité sociale issu de l'article 15 de la loi n° 2017-1836 du 30 décembre 2017). Le rendement défavorable de ce régime obligatoire est une raison de plus de capitaliser via le PER les bonnes années plutôt que de compter sur la seule caisse. Le détail : la retraite CIPAV, à quoi vous attendre vraiment et comment doubler une retraite CIPAV faible. Gardez deux bornes en tête : depuis la LF 2026, les versements PER ne sont plus déductibles après 70 ans ; et à la sortie en capital, la part « gains » est taxée au PFU de 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux en 2026), pas 17,2 % comme l'assurance-vie. Pour approfondir : le guide complet du Plan d'épargne retraite.

Hagnéré Patrimoine

Quel montant verser sur votre PER cette année forte ?

Un CGP indépendant calcule votre plafond 154 bis exact sur le bénéfice de l'année, mobilise les reports 163 quatervicies (si vous êtes en SELAS) et chiffre l'économie d'impôt — sans vous pousser au plafond si ce n'est pas dans votre intérêt.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 4LEVIER 2·4 MIN

Levier 2 — Passer en SEL : déconnecter le revenu du bénéfice

Pour des revenus élevés et durables, c'est le levier de lissage le plus puissant — mais aussi le plus engageant. Le principe est simple : en société d'exercice libéral d'architecture à l'impôt sur les sociétés (SELARL ou SELAS), vous n'êtes imposé à l'IR au barème (jusqu'à 45 %) que sur la rémunération que vous vous versez. Tout le reste du bénéfice reste dans la société, déconnecté de votre revenu personnel.

Le principe anti-cyclique : rémunération lissée + mise en réserve

En BNC, vous êtes imposé sur la totalité du bénéfice de l'année, consommé ou non : pic d'IR et pic de cotisations subis. En SEL à l'IS, vous choisissez : l'année du gros chantier, plutôt que d'encaisser personnellement 200 000 € imposés à 45 %, vous vous versez une rémunération lissée (disons 110 000 € par an) et vous laissez le surplus en réserve dans la société, où il est taxé à l'impôt sur les sociétés : 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice, puis 25 % (article 219, I-b du CGI). Une année creuse, vous puisez dans cette réserve, ou vous distribuez quand votre tranche personnelle a baissé. Vous lissez ainsi votre revenu imposé à l'IR d'une année sur l'autre : tout euro non distribué est taxé à 15-25 % au lieu de 41-45 %. La trésorerie d'entreprise ainsi constituée peut être placée, voyez où placer la trésorerie de sa SELARL d'architecte et la holding SPFPL pour optimiser les dividendes.

Les garde-fous : statut social, dividendes et droits

La SEL n'est pas une formule magique, et plusieurs garde-fous doivent être posés. Le premier tient au statut social : un gérant majoritaire de SELARL est travailleur non salarié, affilié à la CIPAV (le piège des dividendes joue, voir ci-dessous) ; un président de SELAS est assimilé salarié (charges plus lourdes, mais dividendes hors cotisations). Le verdict de lissage diffère donc selon la forme. Notez aussi que la part « technique » de la rémunération de l'associé de SEL est désormais imposée en BNC, ce qui a mis fin à l'abattement de 10 % (CE 8 avril 2025, n° 492154).

Le piège des dividendes > 10 % du capital (gérant majoritaire de SELARL)

Pour un gérant majoritaire de SELARL, la fraction de dividendes qui excède 10 % du capital social, des primes d'émission et des sommes en compte courant est réintégrée dans l'assiette des cotisations sociales TNS (article L. 131-6 du CSS). La Cour de cassation a jugé que cette règle peut s'appliquer même lorsque les dividendes transitent par une SPFPL interposée (Cass. 2e civ. 19 octobre 2023, n° 21-20.366). L'arrêt visait un professionnel seul associé en exercice et sa portée a été cantonnée par une réponse ministérielle (Sénat n° 02878 du 27 février 2025) aux interpositions à but de contournement ; selon ce même principe (L. 131-6 CSS), l'architecte gérant majoritaire relevant de la CIPAV est concerné. À faire valider au cas par cas : ne traitez pas la distribution de dividendes en SELARL comme un moyen « sans charges » de sortir les réserves. Le détail dans salaire ou dividendes en SEL d'architecte.

Enfin, n'oubliez pas que la rémunération « achète » des droits : elle constitue l'assiette de vos droits CIPAV et de votre plafond PER 154 bis. Tout sortir en dividendes pour échapper à l'impôt, c'est se priver de retraite, de prévoyance et de capacité de déduction. Côté cadre juridique, la SPFPL d'architectes existe (décret n° 2016-876 du 29 juin 2016, et ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023 qui reprend la loi n° 90-1258 du 31 décembre 1990) ; la société d'architecture suppose que plus de la moitié du capital et des droits de vote soient détenus par des architectes (loi n° 77-2 du 3 janvier 1977, art. 13). L'architecte reste une profession libérale réglementée, pas un officier ministériel : la clientèle et l'agence se cèdent librement.

BNC : pas de pilotage face aux dents de scie

Imposé à l'IR sur 100 % du bénéfice de l'année, consommé ou non. Le pic à 200 000 € est intégralement taxé au barème (jusqu'à 45 %) l'année même, et les cotisations CIPAV suivent (avec le décalage N+1). Aucun amortisseur, sauf le PER.

SEL à l'IS : rémunération lissée + réserve pilotée

Imposé à l'IR seulement sur la rémunération que l'on se verse (ex. 110 000 € lissés). Le surplus reste en réserve, taxé à l'IS (15 % ≤ 42 500 € puis 25 %), mobilisable les années creuses. On pilote le revenu imposable d'une année sur l'autre — au prix d'une structuration et de garde-fous (statut, dividendes > 10 %).

Exemple concret : la SEL transforme un pic subi en réserve pilotée

Reprenons l'année forte à 200 000 € de bénéfice. En BNC, ce résultat est imposé en totalité au barème la même année : une tranche entière passe à 45 %, et les cotisations CIPAV suivent. En SEL à l'IS, l'architecte se verse une rémunération lissée de 110 000 € (taxée au barème, plafonnée à 41 %) et laisse le surplus dans la société. Sur ce surplus, une fois les cotisations sociales déduites, plusieurs dizaines de milliers d'euros sont taxés à l'IS (15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %) au lieu de 41-45 % : l'écart de taux finance, en partie, la réserve elle-même. L'année creuse, on puise dans cette réserve ou on distribue quand la tranche personnelle a baissé. C'est le mécanisme du cas chiffré, scénario C (section 10).

Pour savoir si la bascule est pertinente pour vous — elle ne l'est que sur des revenus élevés et durables, car elle ajoute des coûts et des obligations —, le comparatif complet est ici : architecte : passer en SELARL ou rester en BNC.

§ 5LEVIER 3·3 MIN

Levier 3 — Moduler ses cotisations CIPAV / URSSAF pour casser l'effet ciseau

Le levier le plus simple et le moins coûteux, et pourtant celui que presque personne ne discipline. Vos cotisations de travailleur non salarié (régime de base CNAVPL, complémentaire CIPAV, maladie, CSG/CRDS) sont d'abord appelées à titre provisionnel sur la base de votre revenu N-1, puis régularisées en N+1 une fois le revenu réel connu — et le provisionnel N+1 est lui aussi recalculé à la hausse sur le revenu de l'année forte.

Le double choc de l'année N+1

Après un gros chantier livré en année N (disons 200 000 €), vous subissez en N+1, souvent un creux à 90 000 €, deux coups d'un coup : la régularisation des cotisations de N (le complément dû sur la hausse de revenu) et les cotisations provisionnelles N+1 recalculées sur ce même revenu élevé. Deux prélèvements assis sur votre meilleur revenu, qui arrivent quand l'activité est déjà retombée. La facture de la bonne année finance, en réalité, la trésorerie de l'année suivante.

Raisonner en échéancier 18-24 mois, pas en année civile

Le bon réflexe : depuis votre compte URSSAF en ligne, vous pouvez estimer et moduler votre revenu en cours d'année — à la hausse pour lisser le complément quand le chantier rentre, à la baisse pour réduire le provisionnel dès que le creux se confirme. Côté impôt, le prélèvement à la source des indépendants fonctionne par acomptes (articles 204 A et suivants du CGI) : vous pouvez moduler l'acompte à la baisse dès la chute constatée, pour ne pas avancer une trésorerie inutile. Ces modulations n'effacent ni l'impôt ni les cotisations dus : elles évitent l'effet de ciseau de trésorerie. Un mot de contexte : la réforme de l'assiette sociale unique des indépendants (décrets n° 2024-688 et n° 2025-708), qui s'applique progressivement à compter du 1er avril 2026, modifie la base de calcul des cotisations ; elle ne change rien à la logique de décalage et de modulation exposée ici.

Méfiez-vous des règles toutes faites (« mettez un tiers de côté ») : le bon taux de provision dépend de votre statut (BNC ou SEL), de votre TMI et de votre assiette CIPAV. Le seul chiffrage fiable est celui qu'établit votre expert-comptable, qui connaît votre échéancier de régularisation. Pour la caisse elle-même : comprendre la retraite CIPAV de l'architecte. Et puisqu'on parle de trésorerie, il reste un piège propre à l'architecte, qui fait croire qu'une grosse année est plus riche qu'elle ne l'est : la TVA.

§ 6LEVIER 4·2 MIN

Levier 4 — Ne pas confondre la trésorerie d'un gros chantier avec un revenu

Un piège de trésorerie spécifique à l'architecte : la TVA collectée n'est pas un revenu disponible. L'architecte est soumis à la TVA au taux normal de 20 % sur ses honoraires et ses missions de maîtrise d'œuvre, et l'exonération de l'article 261-4-1 du CGI ne vise que les soins de santé humaine : elle ne s'applique pas. La TVA que vous encaissez sur un chantier est reversée à la DGFiP (déclaration CA3) : elle ne vous appartient pas.

Le piège du chiffre d'affaires TTC

Un chantier encaissé 240 000 € TTC, ce n'est pas 240 000 € de revenu : 40 000 € de TVA appartiennent à l'État et seront reversés. Provisionnez la TVA sur un compte dédié, ne dépensez jamais le TTC. En contrepartie, l'assujettissement à la TVA est aussi un avantage : vous récupérez la TVA déductible sur vos achats, frais et investissements (matériel, logiciels, véhicule professionnel sous conditions). Si vous achetez les murs de votre agence via une SCI, l'option à la TVA des loyers (article 260-2 du CGI) permet même de récupérer la TVA sur l'immeuble — voyez acheter les murs de son agence via une SCI.

Côté impôt, votre comptabilité de trésorerie BNC ouvre une marge de pilotage limitée mais réelle : timing des encaissements et des factures de fin d'année, achats d'investissement déductibles concentrés sur l'année forte. C'est un levier d'appoint, à manier sans abus et dans le respect de la sincérité comptable, et non un outil de lissage structurel. Pour réduire durablement le BNC imposable, c'est plutôt par les charges que ça passe : la liste complète des charges déductibles de l'architecte.

§ 7LEVIER 5·2 MIN

Levier 5 — Activer les réductions d'impôt l'année forte

L'année du gros chantier est aussi le bon moment pour les dispositifs de réduction ou de déduction ponctuels, qui n'ont d'intérêt qu'à TMI haute. Un déficit foncier, par exemple, s'impute sur le revenu global dans la limite de 10 700 € par an (hors intérêts d'emprunt), avec report du surplus : à 41-45 % de tranche marginale, l'économie dépasse nettement celle d'une année creuse. D'autres dispositifs (réductions d'impôt sectorielles, fonds dédiés) peuvent compléter, mais leur intérêt patrimonial doit toujours primer l'avantage fiscal.

La réduction d'impôt ne justifie jamais un mauvais placement

Le principe de déontologie est simple : on ne souscrit jamais un produit pour le seul avantage fiscal. Les dispositifs à fort levier (Girardin, FIP/FCPI…) comportent un couple rendement/risque réel et un risque de perte en capital ; ils ne se justifient que s'ils s'inscrivent dans votre stratégie patrimoniale globale. Le catalogue raisonné, avec les conditions de chaque dispositif : les 7 dispositifs de défiscalisation de l'architecte, et l'allocation du surplus dans où placer son argent à 41 % de TMI.
§ 8LEVIER 6·2 MIN

Levier 6 — L'épargne tampon des années creuses

Le dernier levier complète tous les autres : au-delà de la provision dédiée à l'impôt et aux cotisations, l'architecte cyclique a besoin d'une épargne tampon liquide, alimentée les bonnes années, pour soutenir son train de vie les creux — un trou entre deux chantiers, une année calme, un arrêt. C'est elle qui vous évitera de brader un placement ou de vous endetter quand le revenu chute.

Quels supports, et la dualité des prélèvements sociaux 2026

Le bon support dépend de l'horizon, et en 2026 la fiscalité des placements est marquée par une dualité de prélèvements sociaux qu'il faut intégrer (CSG portée à 10,6 % par la LFSS 2026).

L'épargne tampon est une ALLOCATION, pas un produit : un mélange de liquidités pour le court terme et d'assurance-vie pour le moyen terme, calibré sur l'amplitude de vos cycles. L'assurance-vie conserve l'avantage des PS à 17,2 % en 2026.
SupportDisponibilitéPrélèvements sociaux 2026Horizon
Liquidités, fonds monétaire, compte à termeImmédiate, capital garanti ou quasi18,6 % (PFU global 31,4 %)Court terme (régularisation N+1)
Assurance-vie (fonds euros + UC)Rachats partiels souples17,2 % maintenuMoyen terme (tampon privilégié)
Trésorerie logée dans la SELSelon statuts / SPFPLIS sur les produits, 18,6 % à la sortie en dividendesSi voie SEL retenue

Pas de « fonds de lissage » magique

« Fonds de lissage », « compte tampon défiscalisé »… ces noms n'existent pas dans la réglementation : il n'y a pas de produit doté d'un avantage fiscal propre au lissage. L'épargne tampon est une allocation. L'assurance-vie en est le cœur (PS 17,2 %, capitalisation, abattement après 8 ans) : voyez la SCPI en assurance-vie pour architecte et l'allocation du surplus des bonnes années. Pour les coups durs (accident, maladie), l'épargne ne suffit pas : il faut aussi une prévoyance adaptée.

Note de méthode : dimensionner la poche liquide

Combien mettre de côté ? Il n'y a pas de règle universelle : la poche tampon se calibre sur l'amplitude de vos cycles (l'écart entre votre meilleure et votre pire année) et sur le décalage de vos régularisations CIPAV, pas sur un pourcentage tout fait. Et un rappel qui vaut pour tout support de moyen terme : le rendement d'une assurance-vie en unités de compte n'est jamais garanti — les performances passées ne préjugent pas des performances futures et comportent un risque de perte en capital. Pour le court terme (régularisations à venir), on privilégie au contraire le capital garanti ou quasi : fonds euros, fonds monétaire, compte à terme.
§ 9HAUTS REVENUS·2 MIN

La bonne année peut déclencher la CEHR et la CDHR

Un effet pervers du gros chantier qu'on oublie souvent : en faisant grimper votre revenu fiscal de référence (RFR), le pic peut vous faire franchir un seuil de surtaxe. Or le lissage, qu'il s'agisse de la déduction PER ou du pilotage de la rémunération en SEL, abaisse précisément le RFR et peut vous maintenir sous le seuil.

La contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR)

La CEHR (article 223 sexies du CGI) s'applique à 3 % au-delà de 250 000 € de RFR pour un célibataire (500 000 € pour un couple), et à 4 % au-delà de 500 000 € (1 000 000 € pour un couple). Une bonne année doublée d'autres revenus (loyers, plus-values) peut suffire à franchir le premier palier ; un versement PER bien calibré peut l'effacer. La CEHR comporte d'ailleurs son propre mécanisme de lissage interne, fondé sur le revenu de référence des deux années précédentes.

La contribution différentielle (CDHR), reconduite en 2026

La CDHR (article 224 du CGI) assure une imposition minimale effective de 20 % du RFR pour les RFR supérieurs à 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple). Créée par la loi de finances 2025 (loi n° 2025-127 du 14 février 2025, validée par le Conseil constitutionnel, décision n° 2025-874 DC) et reconduite par la loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026, décision n° 2026-901 DC), c'est une contrainte bien réelle pour 2026. Le mécanisme de décote (zone 250 000 à 330 000 € pour un célibataire) et le périmètre fin du calcul restent à préciser au texte : nous les signalons au conditionnel. Pour l'architecte qui livre un gros chantier, le pic peut déclencher ce plancher de 20 %, et le lissage (PER + pilotage SEL qui abaissent le RFR) prend alors tout son sens.

Le lissage pilote le RFR

Un versement PER de l'année forte abaisse votre revenu imposable et votre RFR. Combiné au pilotage d'une rémunération lissée en SEL (le surplus reste à l'IS, hors RFR personnel tant qu'il n'est pas distribué), il peut vous maintenir sous le seuil de 250 000 € — donc hors CEHR et hors plancher CDHR. Quand on frôle un palier de RFR, ça se joue à l'euro près. Pour replacer cela dans une stratégie d'ensemble : la CDHR des professions libérales et piloter son RFR à hauts revenus.
§ 10CAS CHIFFRÉ·4 MIN

Cas chiffré : Camille, architecte qui passe de 80k à 200k puis 90k

Camille, architecte libérale en BNC, célibataire (1 part). Son BNC : 80 000 € il y a deux ans, 200 000 € l'année forte (gros chantier livré), 90 000 € l'année suivante. Moyenne sur trois ans : 123 333 €. Ces simulations figent les taux 2026, supposent les conditions remplies et ne valent pas conseil personnalisé.

Calculs au barème 2026 par part (0 / 11 % / 30 % / 41 % > 84 577 € / 45 % > 181 917 €). À recalibrer sur votre situation réelle.
L'année forte (BNC 200 000 €)Sans lissageAvec PER saturéAvec SEL (rému lissée)
Base imposable à l'IR200 000 €157 209 €110 000 €
IR de l'année (1 part)≈ 66 524 €≈ 48 256 €≈ 28 901 €
TMI atteinte45 %41 %41 %
Risque CEHR / CDHRÀ surveiller selon le RFR totalRFR abaisséRFR abaissé (surplus à l'IS)
Effet ciseau cotisationsSubi en N+1Subi (PER ne réduit pas les cotisations)Lissé (rému stable)

Scénario A — Sans lissage : le pic intégralement subi

Sur 200 000 € de BNC, l'IR au barème par part atteint ≈ 66 524 €, dont une fraction taxée à 45 % (au-delà de 181 917 €). S'ajoute l'effet ciseau : l'année suivante (90 000 €), Camille subit la régularisation des cotisations CIPAV de l'année forte et un provisionnel recalculé à la hausse, pendant le creux. Aucun pilotage.

Scénario B — PER saturé : ≈ 18 000 € d'IR économisés

Camille sature son plafond 154 bis l'année forte : 10 % × 200 000 + 15 % × (200 000 − 48 060) = 42 791 € déductibles. Sa base imposable tombe à 157 209 €, ce qui efface toute la tranche à 45 % et une partie de la tranche à 41 %. IR : ≈ 48 256 €, soit une économie d'environ 18 268 €. Les années à 80 000 € et 90 000 €, elle module à la baisse et verse moins. Rappel : le 154 bis n'étant ni reportable ni mutualisable, cette déduction se joue « maintenant ou jamais » sur l'année forte.

Scénario C — SEL à l'IS : la rémunération lissée durablement sous la tranche 45 %

Si Camille exerce en SEL d'architecture à l'IS, elle se verse une rémunération lissée de ≈ 110 000 € chaque année : IR au barème sur 110 000 € seulement, soit ≈ 28 901 €, plafonné à la tranche 41 % (rien en 45 %). Le surplus de l'année forte reste dans la société, taxé à l'IS 15 % jusqu'à 42 500 € puis 25 %. À titre d'ordre de grandeur (avant cotisations sociales), le résultat laissé en réserve sur l'année à 200 000 € est de plusieurs dizaines de milliers d'euros : en pratique, les cotisations TNS sur la rémunération (charge déductible du résultat) réduisent ce montant — comptez plutôt un ordre de 40 000 à 55 000 € réellement mis en réserve, taxés à 15-25 % au lieu de 41-45 %. Camille y puise les années creuses. Garde-fous : statut social, dividendes > 10 % et droits CIPAV.

À NE PAS FAIRE : appliquer le quotient à ce pic d'honoraires

Camille pourrait être tentée de demander le quotient sur son année à 200 000 €. Refusé : les honoraires d'un chantier sont un revenu professionnel ordinaire (voir section 2). Le quotient ne jouerait que le jour où elle cède son agence (la plus-value de cession, elle, est exceptionnelle par nature). C'est l'erreur classique à ne pas commettre.

Note de méthode : des illustrations, pas des promesses

Ces scénarios sont des illustrations fiscales aux taux 2026, calculées à l'euro au barème par part. L'économie d'impôt du PER est réelle et immédiate ; la performance ultérieure d'un PER, d'une assurance-vie ou d'une réserve placée dépend des supports et comporte un risque de perte en capital. Le passage en SEL et son chiffrage exact se calibrent avec votre expert-comptable : salaire ou dividendes en SEL d'architecte.
§ 11MÉTHODE·2 MIN

La feuille de route : par où commencer

Tous les leviers ne se valent pas selon votre situation. Voici comment les prioriser face aux dents de scie :

La bonne séquence dépend de votre maturité d'activité. Provision, PER et épargne tampon valent dès le premier gros chantier ; le passage en SEL n'a de sens que sur des revenus élevés et durables.
ÉtapeActionQuand
1Provisionner dès la bonne année connue (compte dédié TVA + impôt + cotisations)Dès que le gros chantier rentre
2Saturer le PER (154 bis) l'année forte — c'est maintenant ou jamaisAvant la clôture de l'exercice fort
3Moduler les acomptes (PAS) et le revenu estimé URSSAF dès la baisseDès le creux constaté
4Constituer / réalimenter l'épargne tampon (assurance-vie, PS 17,2 %)Les bonnes années
5Si revenus élevés ET durables, étudier le passage en SEL d'architectureQuand le niveau se confirme
6Le quotient : uniquement pour un vrai exceptionnel (cession de l'agence)Le cas échéant

Aucun de ces leviers ne se décide dans l'abstrait : le bon montant de PER, l'opportunité réelle d'une SEL, le dosage de l'épargne tampon se chiffrent sur vos revenus, avec votre expert-comptable. Pour la vue d'ensemble par niveau de revenu : la feuille de route patrimoniale de l'architecte.

§ 12ACCOMPAGNEMENT·1 MIN

Pourquoi se faire accompagner par Hagnéré Patrimoine

Lisser des revenus en dents de scie, c'est un travail de calibrage : combien verser sur le PER cette année forte, faut-il passer en SEL, comment moduler les cotisations CIPAV, comment doser l'épargne tampon. Aucune de ces réponses n'est universelle : tout dépend de l'amplitude de vos cycles et de votre statut. C'est exactement là qu'un conseil indépendant, travaillant avec votre expert-comptable, fait la différence.

Hagnéré Patrimoine est un cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant, basé à Bassens (73000), présidé par Clément Chatelain (CIF · COA · COBSP · ORIAS 23002291 · adhérent CNCEF Patrimoine). Notre méthode pour un architecte cyclique tient en trois temps : on modélise vos revenus sur 2 à 3 ans pour repérer les pics et les creux, on dimensionne chaque levier (plafond 154 bis exact de l'année forte, opportunité d'une SEL, calibrage de l'épargne tampon, modulation des acomptes), puis on valide le tout avec votre expert-comptable, qui maîtrise votre échéancier CIPAV. On est rémunérés par le conseil, pas par la vente d'un produit-maison ; c'est pourquoi on vous dit aussi quand ne pas charger le PER. Nos clients nous notent 4,7/5 sur Trustpilot (26 avis).

Méthode documentée

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Sources et références légales

  • Le quotient et l'absence d'étalement BNC

    Art. 163-0 A CGI (système du quotient : revenu exceptionnel par nature ET supérieur à la moyenne des revenus nets des trois années précédentes ; revenus différés ; diviseur 4 ou nombre d'années de rattachement majoré de un). Doctrine BOI-IR-LIQ-20-30-20 (un revenu de l'activité normale, même très variable, n'est pas exceptionnel). Art. 75-0 A CGI (étalement réservé aux bénéfices agricoles) et art. 100 bis CGI / BOI-BNC-SECT-20-20 (moyenne réservée aux artistes et sportifs) : aucun dispositif d'étalement n'existe pour le BNC de l'architecte. CE 5/12/2001 n° 214532 (le caractère exceptionnel suppose un revenu détaché de l'activité habituelle).

  • Le PER et les deux plafonds de déduction

    Art. 154 bis CGI (plafond TNS : 10 % du bénéfice dans la limite de 8 PASS, majorés de 15 % de la fraction entre 1 et 8 PASS ; plancher 4 806 € ; maximum 88 911 € en 2026 ; assis sur le bénéfice de l'année N ; ni reportable ni mutualisable). Art. 163 quatervicies CGI (plafond du dirigeant assimilé salarié, reportable 3 → 5 ans pour les plafonds générés à compter de 2026, mutualisable, case 6QR). CE 8/12/2017 n° 409429 (le 154 bis ne s'applique qu'à une rémunération imposée en BNC). Doctrine BOI-BNC-BASE-40-60-50 et BOI-IR-BASE-20-50-20. Arrêté du 22/12/2025 (PASS 2026 = 48 060 €, 8 PASS = 384 480 €).

  • Le pilotage en SEL, la CIPAV et les cotisations

    Art. 219, I-b CGI (IS 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice sous conditions PME, 25 % au-delà : base de la mise en réserve). Art. L. 131-6 CSS (réintégration des dividendes de SEL excédant 10 % du capital, des primes et des comptes courants dans l'assiette des cotisations TNS). Cass. 2e civ. 19/10/2023 n° 21-20.366 (application même via une SPFPL interposée ; portée cantonnée par la réponse ministérielle Sénat n° 02878 du 27/02/2025 aux interpositions à but de contournement). CE 8/04/2025 n° 492154 (rémunération technique des associés de SEL imposée en BNC). Art. L. 640-1 CSS, issu de l'art. 15 de la LFSS 2018 (loi n° 2017-1836 du 30/12/2017) : l'architecte affilié CIPAV. Loi n° 77-2 du 3/01/1977 art. 13 et décret n° 2016-876 (société d'architecture, SPFPL d'architectes). Ordonnance n° 2023-77 du 8/02/2023. Décrets n° 2024-688 et n° 2025-708 (assiette sociale unique des indépendants au 1/04/2026). URSSAF (cotisations provisionnelles, régularisation, modulation).

  • TVA, prélèvements sociaux 2026 et surtaxes des hauts revenus

    Art. 261-4-1 CGI (exonération des soins de santé humaine, inapplicable à l'architecte : honoraires soumis à la TVA à 20 %). Art. 260-2 CGI (option à la TVA des loyers d'une SCI de murs). Loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 (LFSS 2026) : CSG capital portée à 10,6 %, PS 18,6 % sur dividendes, plus-values mobilières (parts de SEL) et plus-values professionnelles (cession de l'agence), 17,2 % maintenu sur l'assurance-vie et les loyers d'une SCI à l'IR en location nue (CSS L. 136-8 IV). Art. 223 sexies CGI (CEHR : 3 % au-delà de 250 000 / 500 000 € de RFR, 4 % au-delà de 500 000 / 1 000 000 €). Art. 224 CGI (CDHR : imposition minimale 20 % du RFR), créée par la LF 2025 (loi n° 2025-127 du 14/02/2025, Cons. const. 2025-874 DC) et reconduite par la LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026, Cons. const. 2026-901 DC) ; mécanisme de décote signalé au conditionnel. Micro-BNC 83 600 € (LF 2026).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Le dimensionnement de vos versements PER, l'opportunité d'un passage en SEL d'architecture et la modulation de vos cotisations CIPAV doivent faire l'objet d'une étude individualisée, validée avec votre expert-comptable. Les chiffres et taux cités sont à jour au 16 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF/LFSS annuelles, doctrine BOFiP, jurisprudence). Le périmètre fin du calcul de la CDHR et les valeurs de point CIPAV sont signalés au conditionnel lorsque les sources officielles ne tranchent pas encore clairement. Tout investissement comporte un risque de perte en capital.

Foire aux questions

Tout sur le lissage des revenus en dents de scie de l'architecte quotient, PER, SEL, cotisations CIPAV, TVA, trésorerie.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous quand les chantiers font varier fortement le revenu d'une année à l'autre : pourquoi le quotient ne lisse pas un gros chantier, comment dimensionner le PER de l'année forte, pourquoi la régularisation CIPAV tombe pendant le creux, et comment piloter une SEL. Réponses sourcées et à jour 2026.