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Guide architecte 202618 minMis à jour 25 juin 2026Feuille de route par revenu

Gestion de patrimoine de l'architecte : la feuille de route par tranche de revenu

Vous concevez des bâtiments qui dureront un siècle, mais votre propre plan patrimonial attend toujours le prochain chantier. Le problème de l'architecte est double : des revenus en dents de scie (un gros marché, puis un creux) et une retraite CNAVPL + CIPAV notoirement faible au regard de ce que vous gagnez (TMI 41 à 45 %, parfois CEHR, CDHR, IFI). Ce guide est votre feuille de route, phase par phase et par tranche de revenu, du démarrage à la cession de l'agence. À jour 2026. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

BILAN PATRIMONIAL ARCHITECTE 2026

Savoir quoi prioriser à votre phase de carrière et bâtir votre feuille de route chiffrée

Diagnostic complet de votre situation d'architecte : lissage des revenus en dents de scie, structuration SEL/SPFPLA, murs de l'agence en SCI, PER, assurance-vie, SCPI, trésorerie de SELARL, pilotage IFI/CEHR/CDHR, anticipation de la faible retraite CIPAV, cession ou transmission de l'agence. On adapte les priorités à votre âge, à votre TMI et à l'irrégularité de vos revenus. Cabinet 100 % indépendant, sans produit-maison.

  • Feuille de route adaptée à votre phase
  • Lissage des revenus en dents de scie
  • PER, assurance-vie et SCPI calibrés
  • Cabinet 100 % indépendant

TMI CIBLE

41-45 %

RETRAITE

CNAVPL + CIPAV

PER MAX 2026

88 911 €

EXO CESSION

≤ 500 000 €

PS CESSION 2026

18,6 %

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1POURQUOI·3 MIN

Pourquoi le patrimoine d'un architecte ne se gère pas comme un autre

Vous dessinez des bâtiments pensés pour durer un siècle, vous calculez des charges et des budgets au mètre carré près, et votre propre plan patrimonial, lui, attend toujours le prochain chantier. Le problème de l'architecte est double, et c'est ce qui le distingue des autres libéraux. Premier handicap : des revenus en dents de scie. Un gros marché tombe, l'année est exceptionnelle ; l'année suivante, entre deux chantiers, le creux est bien réel. Second handicap : une retraite notoirement faible au regard de ce que vous gagnez, parce que vous relevez du régime de base CNAVPL (par points, plafonné) et du régime complémentaire de la CIPAV, dont le rendement est défavorable. Et tout cela alors que vous êtes souvent à TMI 41 ou 45 %, parfois concerné par la CEHR, la CDHR ou l'IFI. Vous êtes une profession libérale réglementée (inscrite à l'Ordre des architectes, loi n° 77-2 du 3 janvier 1977), mais pas un officier ministériel : la cession de votre clientèle ou de votre agence est libre (fonds libéral), sans droit de présentation. Pris séparément, aucun de ces points n'a de quoi alarmer ; c'est leur addition — hauts revenus irréguliers et retraite faible — qui change tout. Ce guide vous donne la feuille de route, phase par phase et par tranche de revenu, pour savoir quoi prioriser maintenant plutôt que d'empiler des produits.

En 30 secondes : une feuille de route en 4 phases

Le fil conducteur : on part de votre âge et de votre revenu, pas d'un placement à caser. D'abord sécuriser malgré les dents de scie (épargne de précaution renforcée, première prévoyance Madelin, résidence principale, ouverture du PER, lisser). Puis, quand les revenus montent, maximiser l'assiette : charges au réel, PER au plafond, arbitrage BNC vers société d'architecture, murs en SCI. Vient ensuite la structuration des hauts revenus (SEL coiffée d'une SPFPLA, assurance-vie, SCPI, IFI piloté, anticiper la faible retraite CIPAV), avant la dernière ligne droite : céder l'agence comme capital retraite, transmettre, protéger les siens. Le reste du guide déroule chaque phase.

La TVA, un avantage à exploiter, pas une contrainte

Contrairement au médecin ou au kinésithérapeute, exonérés de TVA sur leurs soins au titre de l'article 261-4-1 du CGI, l'architecte est soumis à la TVA au taux normal de 20 %, aussi bien sur ses missions d'architecture que sur ses missions de maîtrise d'œuvre. L'exonération des soins du 261-4-1 ne vous concerne jamais (elle vise la santé humaine). Et c'est plutôt une bonne nouvelle, car vous récupérez la TVA déductible sur vos frais, vos logiciels de CAO, votre matériel et vos investissements. Puisque vous êtes assujetti, vous pouvez aussi activer l'option pour la TVA des loyers (article 260-2° CGI) si vous logez les murs de l'agence dans une SCI, et récupérer ainsi la TVA sur l'immeuble. En tout début d'activité, sous le seuil de franchise en base de l'article 293 B (seuils 2026 à confirmer ; le projet de seuil unique de 25 000 € a été suspendu), l'exonération reste théoriquement possible, mais en pratique l'architecte à hauts revenus passe vite au réel et devient assujetti.

Architecte = CNAVPL + CIPAV, jamais CARMF, CNBF, CPRN, CAVOM ou CAVEC

Garde-fou à connaître absolument : l'architecte ne relève pas de la CARMF (médecins), ni de la CNBF (avocats), ni de la CPRN (notaires), ni de la CAVOM (commissaires de justice), ni de la CAVEC (experts-comptables), ni de la SSI. Il cotise au régime de base CNAVPL (par points, comme toutes les sections libérales) et au régime complémentaire de la CIPAV (Caisse Interprofessionnelle de Prévoyance et d'Assurance Vieillesse). L'architecte fait partie des professions qui restent affiliées à la CIPAV après la réforme de 2018 : la liste des professions concernées figure désormais à l'article L. 640-1 du Code de la sécurité sociale, issu de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2018. Toute simulation de retraite qui cite une autre caisse pour un architecte est à reprendre. Il n'existe pas de page CIPAV dédiée hors de ce cluster : pour le détail de votre caisse, voyez la retraite CIPAV de l'architecte et, pour le cadre général, la retraite de la profession libérale.

Ce guide est la vue d'ensemble patrimoniale de l'architecte, déclinaison du pilier généraliste : pour le cadre du métier, voyez la gestion de patrimoine de la profession libérale. Il est distinct de deux guides voisins, qu'il ne répète pas : le catalogue des dispositifs de défiscalisation de l'architecte (les niches, une par une) et le comparatif structurel SELARL ou BNC (le choix de la forme). Ici, on prend de la hauteur : on regarde le patrimoine dans son ensemble, séquencé par phase de carrière.

Au-delà de l'impôt : se constituer, protéger et transmettre

La défiscalisation n'est qu'une brique de la stratégie, pas son objectif. Pour un architecte, la vraie question n'est pas seulement « comment payer moins d'impôt cette année », mais « comment me constituer un capital qui financera une retraite que la CIPAV ne couvrira pas, comment lisser des revenus en dents de scie, comment protéger mes proches en cas d'arrêt, et comment transmettre mon agence et mon patrimoine au bon moment ». C'est cette lecture d'ensemble, étalée dans le temps, qui sépare une vraie stratégie d'une simple chasse à la niche fiscale.
§ 2LA FEUILLE DE ROUTE·2 MIN

La feuille de route patrimoniale de l'architecte, phase par phase

Une carrière d'architecte dure trente à quarante ans, et les bonnes décisions patrimoniales ne sont pas les mêmes à 32 ans qu'à 60 ans. Au démarrage, on sécurise ; en montée en régime, on maximise l'assiette ; à hauts revenus, on structure et on diversifie ; en fin de carrière, on cède. L'ordre compte autant que les leviers eux-mêmes, et l'irrégularité des revenus ajoute une règle de plus : sur-épargner en année faste pour absorber les creux et lisser l'impôt.

Les 4 phases de la vie patrimoniale de l'architecte. Les âges sont indicatifs : l'irrégularité des revenus, une installation tardive ou une association peuvent décaler le calendrier.
PhaseÂge indicatifL'enjeu centralLes leviers prioritaires
1 · Démarrage30-40 ansSécuriser malgré les dents de scieÉpargne de précaution RENFORCÉE, RC pro + prévoyance Madelin 154 bis, RP, ouvrir le PER, lisser
2 · Montée en régime40-50 ansMaximiser charges et PER, arbitrer la structureCharges déductibles 2035, PER jusqu'à 88 911 €, BNC→SEL, murs en SCI, déficit foncier
3 · Hauts revenus45-60 ansStructurer et diversifierSEL + SPFPLA, assurance-vie, SCPI, placements, IFI, anticiper la faible retraite CIPAV
4 · Fin de carrière / cession60 ans et +Céder l'agence au bon prix238 quindecies, parts de SEL 150-0 D ter, donation, démembrement, AV 990 I, Dutreil

Comment lire ce hub

Ce guide est un hub chronologique : chaque phase ci-dessous est traitée en synthèse, puis renvoie vers le guide dédié qui en détaille les calculs et les montages. L'idée n'est pas de tout faire en même temps, mais de savoir quoi prioriser maintenant selon votre âge, votre TMI et votre revenu de l'année — et de ne pas sauter une étape (sécuriser avant de défiscaliser, structurer avant de capitaliser, lisser avant de subir une pointe d'impôt, optimiser la sortie avant de céder dans l'urgence). C'est exactement ce que cale un bilan patrimonial.
§ 3PHASE 1 — DÉMARRAGE·4 MIN

Phase 1 — Le démarrage : sécuriser des revenus en dents de scie

L'architecte débute le plus souvent en BNC (déclaration contrôlée 2035). Le régime micro-BNC (seuil de recettes 83 600 €, abattement forfaitaire de 34 %) existe, mais dès que l'activité décolle, le passage au réel s'impose, et la quasi-totalité des architectes à hauts revenus visés par ce guide y sont déjà. À ce stade, le réflexe est souvent de chercher à défiscaliser dès le premier bel exercice. Je tempère : quand les revenus sont en dents de scie, la priorité absolue est de sécuriser, pas de bloquer son argent.

Une épargne de précaution renforcée, parce que les revenus arrivent par à-coups

Un salarié vise 3 à 6 mois de charges de côté. L'architecte, lui, doit plutôt viser 6 à 12 mois, justement parce que ses revenus arrivent par à-coups : un gros chantier paie bien, puis un creux de plusieurs mois s'intercale entre deux marchés. Ce coussin se place sur des supports liquides et sécurisés (livrets, fonds euros d'une assurance-vie), de quoi encaisser un trou de trésorerie sans casser une épargne longue ni vendre au mauvais moment. C'est la toute première brique, avant n'importe quel placement. Pour la méthode de gestion des premiers euros, voyez gérer son argent en début d'activité libérale.

Prévoyance : pas de filet salarial, donc à poser dès le démarrage

Le salarié a un employeur, une mutuelle d'entreprise, parfois un maintien de salaire. L'architecte, lui, n'a aucun filet de ce type : en cas d'arrêt long, les charges continuent et la retraite de base ne couvre qu'une fraction du revenu. Au-delà de la RC professionnelle (obligatoire, assurance ordinale), la prévoyance Madelin (volet de l'article 154 bis CGI : 7 % du PASS + 3,75 % du bénéfice, plafonnée à environ 11 534 € en 2026) doit être posée dès le démarrage, avec une définition d'invalidité professionnelle (et non « toute occupation »). C'est la première brique patrimoniale d'un architecte, avant même la défiscalisation. Pour la calibrer, voyez dimensionner sa prévoyance Madelin.

Ouvrir le PER tôt, et l'utiliser pour lisser les dents de scie

Une fois le coussin et la prévoyance en place, on ouvre le PER (article 154 bis), même avec un versement modéré. L'intérêt n'est pas tant le montant déduit en début de carrière que le fait de prendre date, et surtout, pour l'architecte, de se doter d'un outil de lissage. Le PER est pilotable : l'année d'un gros chantier, quand le bénéfice et la TMI grimpent, on verse davantage pour écrêter la pointe d'impôt ; l'année creuse, on verse peu, et le report des plafonds non utilisés sur trois ans permet de rattraper le retard. Pour un revenu vraiment exceptionnel, le système du quotient (article 163-0 A) peut atténuer la progressivité de l'impôt, sous conditions strictes (revenu exceptionnel supérieur à la moyenne des revenus nets des trois dernières années). Le PER reste le levier de lissage le plus souple ; le détail des mécanismes : lisser des revenus d'architecte en dents de scie et le PER de l'architecte.

La règle d'or du démarrage : sécuriser avant de défiscaliser

L'erreur que je vois le plus souvent chez le jeune architecte : bloquer son argent dans un produit de défiscalisation dès le premier bel exercice, avant d'avoir constitué un coussin et posé sa prévoyance. Avec des revenus irréguliers, c'est dangereux : un creux mal anticipé oblige à casser un placement, parfois avec pénalité. L'ordre est non négociable : coussin renforcé → prévoyance → PER ouvert, et seulement ensuite la défiscalisation, qui viendra à la phase suivante quand la TMI sera durablement haute.
§ 4PHASE 2 — MONTÉE EN RÉGIME·4 MIN

Phase 2 — La montée en régime : maximiser les charges et le PER à 41 %

L'agence est lancée, les chantiers s'enchaînent, et la TMI atteint durablement les 41 % (revenu imposable d'environ 84 600 € par part en 2026), parfois 45 %. À ce niveau, chaque levier d'assiette compte : ce qui sort du revenu taxé à 41 % vaut beaucoup plus que la même somme à 30 %. On prend les leviers dans l'ordre.

Maximiser les charges au réel et saturer le PER

Au réel, tout ce qui est engagé pour l'activité est déductible : local, matériel et logiciels, déplacements, formation, cotisations, frais de représentation. À TMI 41-45 %, une charge bien comptabilisée vaut presque le double d'une charge oubliée ; la liste complète figure dans les charges déductibles de l'architecte. Mais le levier n° 1 reste le PER (article 154 bis) : à TMI 41 %, 100 € versés ne coûtent réellement que 59 € (55 € à 45 %), et le plafond grimpe jusqu'à 88 911 € en 2026 (plancher 4 806 €, report des plafonds non utilisés sur trois ans, mutualisation entre conjoints). C'est le seul placement déductible à l'entrée, et le plus souple pour l'architecte. Le détail : le PER de l'architecte et le guide complet du PER.

Arbitrer entre BNC et société d'architecture

Tant que tout votre bénéfice vous est nécessaire, le BNC suffit : c'est simple et tout le résultat est imposé à votre TMI. Mais dès que le bénéfice dépasse durablement votre besoin de train de vie et qu'un excédent s'accumule, la société d'architecture à l'IS (SARL, SAS ou SEL d'architecture) commence à payer : vous laissez capitaliser dans la société à 15 % d'IS (jusqu'à 42 500 € de bénéfice, puis 25 %) plutôt qu'à votre TMI personnelle. Ce n'est pas un choix à faire seul ni à la légère : il dépend de votre besoin réel de revenus, de votre horizon et de la régularité de votre activité. On ne refait pas ici le comparatif : il est détaillé dans passer en SELARL ou rester en BNC et, pour le cadre général, BNC ou SELARL pour le libéral.

Acheter les murs de l'agence en SCI, effacer du revenu par le déficit foncier

À TMI 41-45 %, l'immobilier devient un levier puissant. Loger les murs de l'agence dans une SCI, avec option pour la TVA (article 260-2°) puisque l'activité est assujettie, combine diversification, récupération de la TVA sur l'immeuble et préparation de la transmission : vous séparez l'immobilier de l'exploitation, et la SCI perçoit des loyers. Le déficit foncier (location nue ou SCI à l'IR : travaux et charges supérieurs aux loyers) efface du revenu fortement taxé : l'imputation sur le revenu global est plafonnée à 10 700 €/an (hors intérêts d'emprunt), le surplus s'imputant sur les revenus fonciers des 10 années suivantes. Attention à ne pas confondre les taux : les loyers d'une SCI à l'IR supportent des prélèvements sociaux de 17,2 % (et non 18,6 %), alors que des loyers meublés (LMNP) passent à 18,6 %. Voyez acheter les murs de votre agence via une SCI et l'immobilier de la profession libérale.

Hagnéré Patrimoine

Caler votre montée en régime sur vos chiffres

Un CGP indépendant cale le bon niveau de versement PER selon votre TMI réelle et vos revenus de l'année, l'arbitrage BNC / société d'architecture, l'achat des murs en SCI et la stratégie de lissage — et chiffre le gain net pour vous.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 5PHASE 3 — HAUTS REVENUS·5 MIN

Phase 3 — Les hauts revenus : structurer, diversifier, anticiper la retraite

L'agence tourne à plein, le crédit de la résidence principale est souvent soldé, et il reste plusieurs milliers d'euros à placer chaque mois. La TMI tape les 45 %, et les surtaxes des hauts revenus — IFI, CEHR, CDHR — entrent en scène. Deux chantiers en parallèle : structurer la capitalisation et anticiper une retraite CIPAV que l'on sait insuffisante.

La SEL coiffée d'une SPFPLA : le régime mère-fille

À ce stade, la SEL d'architecture à l'IS — SELARL (gérant majoritaire TNS) ou SELAS (président assimilé salarié) — permet de séparer la rémunération (à l'IR) des bénéfices laissés dans la société (IS réduit). Le capital doit rester détenu à plus de 50 % par des architectes (loi n° 77-2, art. 13). Une SPFPL d'architectes (SPFPLA) — prévue par le décret n° 2016-876 et la réforme de l'ordonnance n° 2023-77 (en vigueur depuis le 1er septembre 2024), qui permet une détention jusqu'à 100 % de la SEL — peut alors coiffer la société : grâce au régime mère-fille (articles 145 et 216 CGI), les dividendes remontés sont exonérés à 95 %.

Régime mère-fille : 100 000 € de dividendes remontés à la SPFPLA

Dividende brut remonte SEL -> SPFPLA ...... 100 000 EUR
Quote-part de frais et charges (5 %) ......   5 000 EUR
Base imposable a l'IS (25 %) ..............   5 000 EUR
IS du a la SPFPLA (25 % x 5 000) ..........   1 250 EUR
-------------------------------------------------------
Net capitalisable dans la SPFPLA ......... 98 750 EUR
Cout effectif ............................   ~1,25 %

Comparé à une distribution directe à l'architecte (PFU 31,4 % = 12,8 % IR + 18,6 % PS, soit ~31 400 € sur 100 000 €), la remontée à la SPFPLA laisse près de 99 % du dividende disponible pour réinvestir. La contrepartie : ces fonds restent bloqués dans la société ; pour les sortir vers votre poche, il faudra repasser par la case dividende ou rémunération. Détention d'au moins 5 % conservée 2 ans (intégration fiscale possible à 95 %, quote-part de frais ramenée à 1 %).

On ne refait pas ici le montage complet : il est détaillé dans la holding SPFPL d'architecte et salaire ou dividendes en SEL d'architecte. Pour le cadre général de la holding du libéral : la SPFPL de la profession libérale. Deux pièges, en revanche, méritent qu'on s'y arrête.

Dividendes de SEL > 10 % : la SPFPL ne fait pas écran

1. Fin de l'abattement de 10 % : depuis l'imposition des revenus 2024, la rémunération technique de l'associé de SEL correspondant à son activité libérale est imposée en BNC (et non plus en traitements et salaires), ce qui a supprimé l'abattement de 10 % au profit des frais réels (CE 8 avril 2025 n° 492154 ; cette décision concerne notamment les architectes associés de SEL).

2. Dividendes > 10 % cotisés, même via la SPFPL : la fraction de dividendes excédant 10 % du capital social, des primes d'émission et des sommes en compte courant d'associé est assujettie aux cotisations sociales (article L. 131-6 CSS), pas seulement aux prélèvements sociaux — y compris lorsqu'ils transitent par une SPFPL (doctrine Urssaf et jurisprudence de la 2e chambre civile de la Cour de cassation, Cass. 2e civ. 19 octobre 2023 n° 21-20.366 ; portée exacte à vérifier auprès de votre conseil). C'est un mythe répandu à corriger : la SPFPL n'efface pas ces cotisations. En deçà de 10 %, le dividende reste au PFU de 31,4 %. Le cadre général : les dividendes de SEL et les cotisations sociales.

Placer et diversifier : assurance-vie, SCPI, et patrimoine perso vs trésorerie de la SELARL

À 45 % de TMI, le problème n'est plus d'avoir des revenus, mais de ne pas tout faire reposer sur l'agence et de préparer la retraite. On diversifie : assurance-vie (capitalisation, gains à 17,2 % de prélèvements sociaux, transmission via le 990 I), SCPI en direct ou en assurance-vie (immobilier sans gestion), PEA pour les actions, private equity (horizon long, illiquide, risque de perte en capital). Et surtout, on distingue deux poches qui n'obéissent pas aux mêmes règles : votre patrimoine personnel d'un côté, la trésorerie excédentaire de la SELARL de l'autre (qui se place via un contrat de capitalisation de personne morale, article 238 septies E, ou un compte à terme — pas sur un compte courant qui dort). Ces supports ne sont pas garantis (les performances passées ne préjugent pas des performances futures, le capital en unités de compte peut varier). À approfondir : où placer son argent quand on est architecte, la SCPI en assurance-vie de l'architecte, placer la trésorerie de sa SELARL et l'assurance-vie.

Hauts revenus mais retraite CIPAV modeste : le grand écart

C'est le constat que je pose en premier devant un architecte de 55 ans : votre retraite repose sur le régime de base CNAVPL (par points, plafonné) et sur le complémentaire de la CIPAV, devenu proportionnel au revenu depuis 2023. Le rendement du régime étant défavorable, le taux de remplacement décroche fortement pour un architecte à hauts revenus. Chez l'architecte, le PER, l'assurance-vie, les SCPI et la cession de l'agence ne complètent pas la retraite de caisse : ils la relaient en grande partie. Valeurs de point et de cotisations 2026 à confirmer sur lacipav.fr ; pour chiffrer votre pension et savoir comment la compléter, voyez la retraite CIPAV de l'architecte et pourquoi la CIPAV est si faible (et comment la doubler).

Piloter l'IFI, la CEHR et la CDHR par le patrimoine

À 55 ans, ce n'est plus l'impôt sur le revenu de l'agence qui pèse le plus, c'est souvent l'IFI, la CEHR et la CDHR — et là, c'est le patrimoine, pas le bénéfice, qui sert de levier. L'IFI frappe le patrimoine immobilier net au-delà de 1 300 000 € : la résidence principale bénéficie d'un abattement de 30 %, les biens professionnels sont exonérés, et le démembrement (la nue-propriété n'est pas imposable au démembrement viager, barème de l'article 669) comme la dette déductible réduisent l'assiette. La CEHR (article 223 sexies) s'applique à 3 % au-delà de 250 000 € de RFR pour un célibataire, 4 % au-delà de 500 000 € (seuils doublés pour un couple). La CDHR (article 224) impose un taux effectif minimum de 20 % du RFR aux très hauts revenus, et incite à privilégier les leviers d'assiette comme le PER. On creuse cela dans réduire son IFI et la CDHR du libéral.

§ 6PHASE 4 — CESSION·4 MIN

Phase 4 — Céder l'agence comme capital retraite, transmettre

En fin de carrière, la cession de l'agence prend une importance particulière : pour beaucoup d'architectes, elle constitue le capital retraite que la CIPAV ne fournira pas. La cession passe par la vente de la clientèle / de l'agence (cession libre du fonds libéral, sans agrément : l'architecte n'est pas officier ministériel) ou des parts de la SEL. J'ai vu des confrères céder dans la précipitation d'un départ et payer 30 % et plus sur une plus-value qu'un rendez-vous deux ans plus tôt aurait fait fondre. Deux questions : à quel régime céder, et comment transmettre et protéger ses proches.

En 30 secondes : céder et transmettre sans subir l'impôt

Céder la clientèle / l'agence : exonération d'IR via le 238 quindecies (totale jusqu'à 500 000 € de valeur, dégressive jusqu'à 1 M€), complétée par le 151 septies (recettes) et le 151 septies A (départ retraite). Céder des parts de SEL : abattement fixe de 500 000 € du dirigeant retraité (150-0 D ter). Le piège 2026 : ces exonérations effacent l'IR, jamais les 18,6 % de PS, dus dans tous les cas. Transmettre : apport-cession (150-0 B ter), pacte Dutreil (787 B, −75 %), assurance-vie (990 I, 152 500 € par bénéficiaire), démembrement (669) et donation (779, 100 000 € tous les 15 ans). La règle d'or : tout se prépare deux à trois ans avant la signature, jamais le jour du départ.

2026 : le 151 septies A exonère l'IR, pas les 18,6 % de PS

Point capital depuis la LFSS 2026 : la cession de la clientèle / de l'agence (plus-value professionnelle) comme la cession des parts de SEL (plus-value mobilière) supportent désormais des prélèvements sociaux de 18,6 % (et non 17,2 %). Une plus-value professionnelle à long terme ressort donc à 12,8 % d'IR + 18,6 % de PS = 31,4 % au total. Et le 151 septies A (départ en retraite) exonère l'IR mais PAS ces 18,6 % de PS : vous pouvez jouer sur l'IR via l'exonération, mais les 18,6 % de PS sont dus dans tous les cas — y compris en départ retraite. Seuls les loyers d'une SCI à l'IR et l'assurance-vie restent à 17,2 %.

Céder l'agence ou ses parts de SEL

Le levier phare est l'article 238 quindecies du CGI : la cession des éléments d'une activité libérale (clientèle, branche complète) est totalement exonérée d'IR si la valeur cédée est inférieure ou égale à 500 000 €, puis l'exonération devient dégressive jusqu'à 1 000 000 €. S'y ajoutent l'article 151 septies (exonération selon les recettes : totale jusqu'à 90 000 € de recettes, dégressive jusqu'à 126 000 € pour les prestations de services) et l'article 151 septies A (départ en retraite, IR exonéré, PS 18,6 % dus, cessation et liquidation des droits dans les 24 mois). La cession des parts de SEL relève, elle, de la plus-value mobilière (PFU 31,4 %) avec l'abattement fixe de 500 000 € du dirigeant partant en retraite (article 150-0 D ter, conditions 2026 à confirmer). Le cadre du libéral : céder son cabinet en exonérant la plus-value.

Clientèle, parts ou murs : la nature de l'actif cédé détermine le régime de plus-value, l'exonération mobilisable et le taux de prélèvements sociaux 2026. Droits d'enregistrement à la charge de l'acquéreur : clientèle/fonds libéral (art. 719, 0/3/5 %), parts de SELARL (art. 726, 3 %) ou actions de SELAS (0,1 %).
Vous cédez…Nature de la PVExonération principalePS 2026
La clientèle / l'agence (fonds libéral, branche complète)Plus-value professionnelle238 quindecies (≤ 500 k€) + 151 septies + 151 septies A18,6 %
Les parts de votre SELPlus-value mobilièreAbattement fixe 500 k€ du dirigeant retraité (150-0 D ter)18,6 %
Les murs (SCI à l'IR)Plus-value immobilière des particuliersAbattement pour durée de détention17,2 %

Transmettre via apport-cession, Dutreil, donation et démembrement

Pour transmettre plutôt que vendre, on combine plusieurs leviers. L'apport-cession (article 150-0 B ter) : vous apportez vos titres de SEL à une holding que vous contrôlez, ce qui place la plus-value en report d'imposition. Le dispositif a été durci par la LF 2026 pour les cessions à compter du 21 février 2026 : si la holding cède dans les trois ans, le maintien du report suppose de réinvestir une part majorée du produit dans une activité économique éligible, avec une conservation des actifs réinvestis allongée ; au-delà de trois ans, pas de condition de remploi. Le pacte Dutreil (article 787 B) : sous engagement collectif puis individuel de conservation et exercice d'une fonction de direction, la transmission des titres de la société d'architecture par donation ou succession bénéficie d'un abattement de 75 % sur les droits. S'y ajoutent la donation (abattement de 100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans, article 779), le démembrement (barème de l'article 669) et l'assurance-vie (990 I : 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans ; 757 B au-delà). Voyez l'apport-cession du libéral, transmettre cabinet et patrimoine, préparer sa succession et le démembrement de propriété.

Synchroniser la cession et la liquidation de la CNAVPL + CIPAV

La cession et la liquidation de la retraite doivent être synchronisées, en particulier si vous visez le 151 septies A : il impose la cessation de toute fonction et la liquidation des droits à retraite dans un délai de 24 mois autour de la cession. La CNAVPL verse alors la pension de base et la CIPAV sa pension complémentaire ; c'est aussi le moment où l'on mesure l'intérêt d'avoir capitalisé sur un PER et une assurance-vie pendant vingt ans. Le calendrier se prépare deux à trois ans à l'avance.
§ 7SYNTHÈSE·2 MIN

Tranche de revenu et priorité : le tableau de synthèse

Une vue d'ensemble pour situer où vous en êtes et ce qui doit retenir votre attention en priorité aujourd'hui. Pour l'architecte, un repère essentiel : avec des revenus en dents de scie, on raisonne sur la moyenne pluriannuelle, pas sur une année isolée.

Repères indicatifs par tranche de bénéfice. L'irrégularité des revenus impose de raisonner sur une moyenne sur plusieurs années, pas sur une seule : une année faste finance les coussins et le PER des années creuses.
Tranche de revenu (bénéfice)TMIPriorités patrimoniales
< 50 000 € (démarrage / creux)11-30 %Précaution renforcée, RC pro + Madelin, RP, ouvrir le PER, lisser
50 000 – 90 000 €30-41 %Charges au réel, PER, premier immobilier, déficit foncier
90 000 – 150 000 €41 %Saturer le PER, arbitrer BNC→SEL, murs en SCI, assurance-vie
150 000 – 250 000 €45 %SEL + SPFPLA, diversifier (AV, SCPI), anticiper la CIPAV
> 250 000 €45 % + CEHR/CDHR/IFIHolding mère-fille, IFI piloté, transmission, cession 238 quindecies

Le réflexe anti-dents de scie

Quand un gros chantier dégage un bénéfice exceptionnel, ne le consommez pas : sur-épargnez en année faste (PER au plafond, renforcement du coussin) pour lisser l'impôt et préparer les années creuses. Le PER pilotable est l'outil clé : on module les versements au rythme de l'activité, et le report des plafonds non utilisés sur trois ans amortit les variations.
§ 8CAS CHIFFRÉS·4 MIN

Trois architectes, trois phases : Léa, Hugo et Martin

Trois situations, retravaillées et arrondies : une architecte de 32 ans aux revenus en dents de scie, un architecte établi de 46 ans en BNC, un associé de 60 ans en SELARL qui prépare sa sortie. Chiffres illustratifs (estimations pédagogiques, non opposables ; fourchettes volontaires).

Note de méthode sur les projections

Les calculs ci-dessous isolent un seul levier à la fois pour en montrer le mécanisme : ils n'intègrent ni l'effet cumulé des dispositifs, ni l'évolution de votre situation, ni le rendement des supports d'investissement. Sur les enveloppes de capitalisation (PER, assurance-vie, SCPI, private equity), rappelons que les performances passées ne préjugent pas des performances futures et que le capital investi en unités de compte n'est pas garanti. Les économies d'impôt dépendent de votre TMI réelle de l'année. Seul un bilan personnalisé combine tous les paramètres : ces cas sont des illustrations pédagogiques, pas des recommandations.

Cas 1 — Léa, 32 ans, BNC aux revenus en dents de scie (moyenne ~60 000 €, TMI 30 %)

Léa a réalisé 78 000 € de recettes l'an dernier (gros chantier), puis 41 000 € cette année (creux), soit une moyenne de ~60 000 €, au réel (2035). Bénéfice imposable ~52 000 €, TMI 30 %.

Priorité = sécuriser et prendre date, pas défiscaliser :
1. Épargne de précaution renforcée : objectif 9 mois de charges courantes (et non 3-6) sur livrets et fonds euros, à cause des dents de scie.
2. RC pro + prévoyance Madelin : ~11 534 € de plafond Madelin, avec une définition d'invalidité professionnelle — son seul filet en cas d'arrêt.
3. PER ouvert : premier versement, pour prendre date et disposer de l'outil de lissage.
4. Lisser : l'année à 78 000 €, elle verse davantage sur le PER pour écrêter la pointe d'IR ; le quotient 163-0 A est à étudier si une année ressort vraiment exceptionnelle.

À 32 ans, l'erreur serait de bloquer son épargne dans un produit de défiscalisation avant d'avoir un coussin solide. On sécurise, on ne défiscalise pas encore.

Cas 2 — Hugo, 46 ans, architecte établi en BNC (bénéfice ~120 000 €, TMI 41 %)

Hugo est installé, marié, 2 enfants. Le bénéfice de son agence ressort à ~120 000 €/an, de façon plus régulière qu'au démarrage.

PER au plafond (154 bis) : versement déductible ≈ 10 % × 120 000 + 15 % × (120 000 − 48 060) ≈ 12 000 + 10 791 ≈ 22 791 €.
Économie d'IR à TMI 41 % : 22 791 × 41 % ≈ 9 344 € (100 € versés coûtent réellement 59 €).
Charges au réel : il vérifie qu'aucune charge déductible n'est oubliée — à 41 %, chaque euro compte.
Arbitrage structure : comme un excédent commence à s'accumuler, il étudie le passage en SEL d'architecture (IS 15 % jusqu'à 42 500 €) pour capitaliser à fiscalité réduite.
Murs en SCI : il envisage d'acheter les locaux de l'agence, avec déficit foncier ; loyers de la SCI à l'IR taxés à 17,2 % de PS.

Hugo est en phase de maximisation d'assiette et d'amorce de structuration : le PER seul lui fait économiser plus de 9 000 € d'impôt par an.

Cas 3 — Martin, 60 ans, SELARL d'architecture, prépare sa sortie (revenu ~240 000 €, TMI 45 % + CEHR) ⭐

Martin est gérant majoritaire (TNS) d'une SELARL d'architecture. Revenu global ~240 000 €, TMI 45 % et CEHR.

Holding SPFPLA + mère-fille : il fait remonter 100 000 € de dividendes à sa SPFPLA. Friction via le mère-fille ≈ 1 250 € (5 % × 25 %) contre ≈ 31 400 € au PFU en distribution directe → le capital reste disponible pour réinvestir dans la holding.
Vigilance dividendes : la fraction > 10 % (capital + primes + CCA) reste cotisée même via la SPFPLA (Cass. 2e civ. 19 octobre 2023 n° 21-20.366) — la holding diffère, elle n'efface pas.
Cession de l'agence comme capital retraite : sa clientèle / son agence est valorisée 480 000 € → sous le seuil du 238 quindecies (≤ 500 000 €), l'IR sur la plus-value est exonéré ; mais les 18,6 % de PS restent dus, et le 151 septies A (départ retraite) n'exonère que l'IR, pas ces 18,6 %.
Retraite CIPAV : le taux de remplacement décroche fortement ; l'assurance-vie, le PER et le produit de cession financent le complément.

Pour Martin, la cession devient le capital retraite : il structure sa sortie 24 à 36 mois à l'avance et a alimenté son assurance-vie avant 70 ans (990 I : 152 500 € par bénéficiaire transmis hors droits).
§ 9DUALITÉ PS 2026·2 MIN

La dualité des prélèvements sociaux 2026 (18,6 % / 17,2 %)

La plupart des comparateurs en ligne et des vieux articles appliquent encore 17,2 % à tout. Depuis la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403), la CSG du capital est passée de 9,2 % à 10,6 %, et selon le revenu concerné le bon taux est désormais soit 17,2 %, soit 18,6 %. Sur une cession d'agence de 300 000 €, se tromper de taux, c'est 4 200 € d'écart.

La règle de dualité 2026 (art. L. 136-8 CSS). Le 17,2 % est une liste limitative (assurance-vie, capitalisation, revenus fonciers, PV immobilières des particuliers, PEL/CEL) ; tout le reste passe à 18,6 %.
Type de revenu / plus-valueTaux de PS 2026Concerne l'architecte
Dividendes de SEL, intérêts18,6 %Distribution de la SEL/SPFPLA (PFU 31,4 %)
Plus-value de cession de parts de SEL18,6 %Sortie / transmission de l'agence en SEL
Plus-value professionnelle (clientèle, agence)18,6 %Cession 151 septies / 238 quindecies / 151 septies A
Loyers meublés (LMNP), gains de PER à la sortie18,6 %Immobilier LMNP, PER 154 bis dénoué
Assurance-vie, contrat de capitalisation17,2 %Épargne et trésorerie capitalisée
Loyers d'une SCI à l'IR (location nue)17,2 %Murs de l'agence loués à la SEL
Plus-value immobilière des particuliers17,2 %Revente d'un bien locatif ou des murs

Le piège à retenir : le 151 septies A n'exonère pas les PS

Le 151 septies A (départ en retraite) exonère l'IR mais pas les 18,6 % de PS : une plus-value professionnelle sur la clientèle ou l'agence reste taxée à 18,6 % même en cas de départ en retraite. À l'inverse, l'assurance-vie et les loyers d'une SCI à l'IR restent à 17,2 %— 1,4 point d'écart qui, sur une cession à 480 000 €, fait plusieurs milliers d'euros de différence selon l'enveloppe choisie. Voilà pourquoi je place presque toujours l'assurance-vie au cœur du plan d'un architecte de plus de 50 ans.
§ 10BILAN·2 MIN

Faire son bilan patrimonial d'architecte

Reste à transposer tout cela sur votre situation : votre TMI réelle, la régularité (ou non) de vos revenus, votre structure, vos projets immobiliers, l'âge de vos enfants, votre horizon de cession. Vous concentrez vos journées sur vos chantiers et vos maîtres d'ouvrage ; ce qui manque, ce n'est pas la rigueur, mais le temps et le recul sur votre propre dossier — exactement ce qu'apporte un CGP, sans empiéter sur votre métier ni sur celui de l'expert-comptable de l'agence.

L'expert-comptable de l'agence

Tient la comptabilité, établit la 2035 (ou les comptes de la SEL), gère la TVA et conseille sur la structure. Indispensable au quotidien, centré sur l'activité — mais ce n'est pas son métier de piloter dans la durée votre patrimoine privé, votre PER ou votre exposition à l'IFI.

L'avocat fiscaliste

Sécurise les montages complexes (apport-cession, Dutreil, restructuration de SEL/SPFPLA) et défend en cas de contentieux. Précieux sur le point de droit pointu, mais ce n'est pas son métier de piloter dans la durée l'ensemble de votre patrimoine privé.

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Sécuriser des revenus en dents de scie au démarrage, saturer le PER à 46 ans, basculer en SEL coiffée d'une SPFPLA, piloter l'IFI à 55 ans, faire de la cession de l'agence un capital retraite : chaque choix commande le suivant. La forme de votre structure fixe vos dividendes ; vos dividendes alimentent votre PER ; et c'est ce PER, avec l'assurance-vie et le produit de cession, qui prendra le relais le jour où la CIPAV ne couvrira qu'une fraction de votre train de vie. Pour aller plus loin sur un levier précis, parcourez les guides du cluster architecte : de la défiscalisation de l'architecte à la SPFPL d'architecte, en passant par les placements de l'architecte. Et pour le cadre général du libéral à hauts revenus, voyez la gestion de patrimoine de la profession libérale.

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Sources et références légales

  • Statut de l'architecte, IR, IS et structuration

    L'architecte est une profession libérale réglementée inscrite à l'Ordre des architectes (loi n° 77-2 du 3 janvier 1977), mais ce n'est PAS un officier public ministériel : la cession porte sur la clientèle / l'agence (cession LIBRE, fonds libéral, ni droit de présentation, ni agrément). Le capital de la société d'architecture doit être détenu à plus de 50 % par des architectes (loi 77-2, art. 13). Art. 92 et 96 CGI (BNC, déclaration contrôlée 2035 ; rémunération technique de l'associé de SEL imposée en BNC depuis 2024, voir CE 8 avril 2025 n° 492154 qui supprime l'abattement de 10 %). Art. 50-0 et 102 ter CGI (micro-BNC, seuil 83 600 €, abattement 34 %). Art. 197 CGI (barème IR 2026, TMI 41 et 45 %). Art. 219 CGI (IS 15 % jusqu'à 42 500 € puis 25 %). Art. 200 A CGI (PFU 31,4 %). Art. 145 et 216 CGI (régime mère-fille). Art. 223 A CGI (intégration fiscale). Loi n° 90-1258 du 31 décembre 1990 recodifiée par l'ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023 et décret n° 2016-876 du 29 juin 2016 (SEL d'architecture et SPFPL d'architectes / SPFPLA, en vigueur depuis le 1er septembre 2024 ; une SPFPL peut détenir jusqu'à 100 % d'une SEL).

  • CNAVPL, CIPAV, PER et prévoyance de l'architecte

    L'architecte relève du régime de base CNAVPL (par points, comme toutes les sections libérales) et du régime complémentaire de la CIPAV (Caisse Interprofessionnelle de Prévoyance et d'Assurance Vieillesse), proportionnel au revenu depuis 2023 — jamais de la CARMF (médecins), de la CNBF (avocats), de la CPRN (notaires), de la CAVOM (commissaires de justice) ni de la CAVEC (experts-comptables). L'architecte fait partie des professions qui restent affiliées à la CIPAV (article L. 640-1 CSS, issu de la LFSS 2018, loi n° 2017-1836 du 30 décembre 2017). Le rendement du régime est défavorable, la retraite faible au regard des revenus. Art. 154 bis CGI (déduction PER/Madelin retraite jusqu'à 88 911 € en 2026, plancher 4 806 €, report des plafonds non utilisés sur 3 ans, mutualisation entre conjoints ; prévoyance plafonnée à 3 % de 8 PASS soit environ 11 534 € ; perte d'emploi). Art. 163 quatervicies CGI (PER de droit commun du président de SELAS). Art. 163-0 A CGI (système du quotient pour les revenus exceptionnels). Valeurs de point et de cotisations 2026 à confirmer sur lacipav.fr et cnavpl.fr.

  • CGI — TVA, immobilier et trésorerie

    Art. 261-4-1 CGI : exonération de TVA des soins INAPPLICABLE à l'architecte (elle vise la santé humaine). Les missions d'architecture et de maîtrise d'œuvre sont soumises à la TVA au taux normal de 20 % et l'architecte récupère la TVA déductible. Art. 293 B CGI (franchise en base en début d'activité, seuils 2026 à confirmer, projet de seuil unique de 25 000 € suspendu). Art. 260-2° CGI (option pour la TVA des loyers d'une SCI louant les murs à une agence assujettie : récupération de la TVA sur l'immeuble). Art. 964 à 983 CGI (IFI, seuil de 1 300 000 €, abattement de 30 % sur la résidence principale, biens professionnels exonérés, démembrement). Art. 238 septies E CGI (contrat de capitalisation de personne morale à l'IS, imposition forfaitaire annuelle régularisée au dénouement, coefficient à confirmer) — pour placer la trésorerie excédentaire de la SELARL.

  • CGI — cession de l'agence, transmission et protection des proches

    Art. 151 septies CGI (exonération selon les recettes : prestations de services, totale jusqu'à 90 000 €, dégressive jusqu'à 126 000 € ; activité exercée depuis au moins 5 ans). Art. 238 quindecies CGI (exonération selon la valeur de cession : totale jusqu'à 500 000 €, dégressive jusqu'à 1 000 000 € ; levier phare de la cession de l'agence). Art. 151 septies A CGI (départ en retraite : IR exonéré, prélèvements sociaux 18,6 % dus, cessation et liquidation des droits CNAVPL + CIPAV dans 24 mois). Art. 150-0 D ter CGI (abattement fixe de 500 000 € sur la cession de parts de SEL du dirigeant partant en retraite). Art. 150-0 B ter CGI (apport-cession, report, remploi durci par la LF 2026 pour les cessions à compter du 21 février 2026). Art. 787 B CGI (pacte Dutreil, exonération de 75 %). Art. 990 I et 757 B CGI (assurance-vie : abattement de 152 500 € par bénéficiaire avant 70 ans, abattement global de 30 500 € après 70 ans). Art. 669 et 779 CGI (barème de l'usufruit, abattement de 100 000 € par parent et par enfant tous les 15 ans). Art. 719 et 726 CGI (droits d'enregistrement sur la cession de la clientèle/du fonds libéral 0/3/5 % à la charge de l'acquéreur, et sur les parts).

  • Lois, prélèvements sociaux 2026 et contributions sur les hauts revenus

    LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) : CSG du capital portée à 10,6 %, dualité des prélèvements sociaux (art. L. 136-8 CSS) — 18,6 % sur les dividendes, les intérêts, les plus-values mobilières, la cession de la clientèle/de l'agence et de parts de SEL, les gains de PER et les loyers meublés (LMNP) (plus-value professionnelle long terme 12,8 % IR + 18,6 % PS = 31,4 %), 17,2 % maintenu sur l'assurance-vie, la capitalisation, les revenus fonciers (loyers d'une SCI à l'IR) et les plus-values immobilières des particuliers. Art. L. 131-6 CSS (réintégration TNS des dividendes de SEL excédant 10 % du capital, des primes et du compte courant, y compris via une SPFPL — Cass. 2e civ. 19 octobre 2023 n° 21-20.366, à vérifier auprès de votre conseil). LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) : barème IR indexé. Arrêté du 22 décembre 2025 : PASS 2026 = 48 060 €. Art. 223 sexies CGI (CEHR 3/4 %) et art. 224 CGI (CDHR, taux effectif minimum de 20 %, reconduite par la LF 2026).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil juridique, fiscal ou social, ni une recommandation d'investissement. Toute décision (lissage des revenus, structuration SEL/SPFPLA, prévoyance, PER, assurance-vie, SCPI, trésorerie, immobilier, cession, transmission) doit faire l'objet d'une étude individualisée préalable. Les cas chiffrés sont illustratifs, présentés en fourchettes et non opposables. Certains points sont signalés au conditionnel : les seuils exacts de franchise en base de TVA (293 B, projet de seuil unique suspendu) ; le coefficient du contrat de capitalisation de personne morale (238 septies E) ; les valeurs de point, de cotisations et les modalités de la CNAVPL et de la CIPAV (à confirmer sur cnavpl.fr et lacipav.fr) ; la portée exacte de la jurisprudence sur les dividendes de SEL via SPFPL (Cass. 2e civ. 19 octobre 2023 n° 21-20.366) ; les conditions définitives du durcissement de l'apport-cession (150-0 B ter) ; les conditions d'application du 150-0 D ter ; l'application de la CEHR et de la CDHR à votre situation. Données à jour au 16 juin 2026 (LF 2026, LFSS 2026), susceptibles d'évoluer.

Foire aux questions

Tout sur la gestion de patrimoine de l'architecte par tranche de revenu en 2026 phases de carrière, revenus en dents de scie, CNAVPL + CIPAV, SEL/SPFPLA, PER, IFI, cession de l'agence.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous : par où commencer selon son âge et son revenu, comment lisser des revenus irréguliers, pourquoi la retraite CIPAV est si faible, quand passer en SEL, où placer son argent, comment réduire l'IFI, comment céder son agence. Réponses sourcées et à jour 2026.