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Guide ostéopathes 202614 minMis à jour 12 juin 2026Aucun ASV — non conventionné

Retraite CIPAV de l'ostéopathe : à quelle pension vous attendre (et pourquoi elle est si faible)

Le jour de votre départ, la CIPAV ne remplacera sans doute qu'une fraction modeste de votre dernier revenu. Et contrairement à vos cousins paramédicaux conventionnés (orthophoniste, kiné, infirmière à la CARPIMKO), vous n'avez aucun troisième étage cofinancé par l'Assurance maladie : pas d'ASV. Ajoutez un régime complémentaire au rendement d'environ 6,1 % (il faut une quinzaine d'années de retraite pour récupérer sa cotisation) et une base CNAVPL plafonnée, et la pension décroche. Dans ce guide, je vous montre le vrai calcul, pourquoi c'est si peu, et par quel bout reconstruire votre capital. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

BILAN RETRAITE OSTÉOPATHE 2026

Calculer votre vrai trou de pension et le combler avant qu'il ne soit trop tard

Audit de votre situation d'ostéopathe libéral : estimation de votre taux de remplacement CIPAV, prise en compte de l'absence d'ASV et de votre carrière (salariat éventuel inclus), dimensionnement du trou à combler, choix de l'enveloppe selon votre TMI (assurance-vie ou PER), prévoyance d'un métier physique et préparation de la cession de la patientèle. Cabinet 100 % indépendant, modélisation chiffrée avec votre expert-comptable.

  • Estimation de votre taux de remplacement
  • Prévoyance d'un métier physique analysée
  • Enveloppe choisie selon votre TMI
  • Cabinet 100 % indépendant

CAISSE DE L'OSTÉOPATHE

CIPAV (pas la CARPIMKO)

RENDEMENT COMPLÉMENTAIRE

≈ 6,1 %

TROISIÈME ÉTAGE ASV

aucun (non conventionné)

TAUX PLEIN AUTOMATIQUE

67 ans

POINT BASE / SERVICE 2026

0,6599 € · compl. 2,89 €

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1L'ESSENTIEL·2 MIN

La retraite de l'ostéopathe en 30 secondes

Le constat en 30 secondes

Votre retraite obligatoire repose sur deux régimes de retraite par points gérés par la CIPAV — la base CNAVPL (plafonnée) et la complémentaire CIPAV (devenue proportionnelle par tranches, anciennes classes supprimées) — plus un régime invalidité-décès. La différence majeure avec vos cousins de la CARPIMKO : vous n'avez aucun ASV, ce troisième étage cofinancé par l'Assurance maladie réservé aux conventionnés. Ajoutez un complémentaire au rendement d'environ 6,1 % et une base plafonnée, et votre taux de remplacement décroche (souvent estimé 30-50 %, à vérifier sur lacipav.fr). Le reste se comble en capitalisant à votre nom.

Une scène que je revois à chaque rendez-vous, ou presque : un ostéopathe à 3 000 € net par mois d'activité découvre, son relevé à la main, qu'il touchera de l'ordre de 1 200 à 1 500 € de pension — soit moitié moins. Pendant toute votre carrière, vous versez à la CIPAV des cotisations qui pèsent dans votre trésorerie ; et le jour venu, votre pension ne couvre qu'une fraction modeste de votre dernier revenu. La CIPAV fait son travail : elle pose un socle. Le malentendu, c'est de croire qu'un socle suffit à tenir votre niveau de vie. Et comme l'ostéopathe est non conventionné— pas d'ASV, aucun filet de l'Assurance maladie — il part avec un étage de retraite en moins que l'orthophoniste ou le kiné à profil égal.

Comme en rendez-vous : on chiffre d'abord le trou, on regarde ensuite comment le boucher — en aperçu, car le détail des solutions est traité dans le guide dédié au PER de l'ostéopathe pour sécuriser une retraite CIPAV insuffisante. L'ostéopathe relève de la CIPAV (article L. 640-1 du CSS), et d'aucune autre caisse : ni la CARPIMKO, ni la CARCDSF, ni la CARMF.

Déontologie : aucun montant individuel ne peut être garanti

Tous les montants de pension, valeurs de point, rendements et taux de remplacement de ce guide sont des ordres de grandeur pédagogiques, donnés au conditionnel. Votre chiffre réel se lit sur votre relevé individuel de situation (RIS) et sur votre espace lacipav.fr. Ce qui est en revanche certain et structurel, c'est le mécanisme : une base plafonnée, un complémentaire au rendement faible (~6,1 %) et l'absence totale d'ASV. C'est lui, et non un chiffre précis, qui fonde tout ce diagnostic.
§ 2RASSURER·2 MIN

Êtes-vous bien à la CIPAV ? (oui — et mieux vaut en être sûr)

Commençons par lever un doute fréquent. Beaucoup d'ostéopathes ont entendu parler de la grande réforme qui a vidé la CIPAV d'une partie de ses affiliés et se demandent s'ils relèvent encore d'elle ou du régime général. La réponse est claire : oui, l'ostéopathe est toujours à la CIPAV. Il figure dans la liste limitative des professions affiliées (article L. 640-1 du CSS), aux côtés notamment des architectes, psychologues, ergothérapeutes ou diététiciens. Le psychologue libéral relève d'ailleurs de la même caisse et fait le même constat de pension faible : voir notre guide Retraite CIPAV du psychologue : montant réel et solutions.

Ce que la réforme de 2018 a changé (et ce qu'elle n'a pas changé pour vous)

La LFSS 2018 (loi n° 2017-1836 du 30 décembre 2017, art. 15) a restreint le périmètre de la CIPAV à une liste limitative d'une vingtaine de professions — contre des centaines auparavant. Les professions sorties de la liste ont basculé au régime général des indépendants (SSI) et ont pu exercer un droit d'option entre 2019 et 2023. L'ostéopathe, lui, n'est pas sorti : il est resté à la CIPAV. Ce droit d'option ne le concernait donc pas. Depuis 2023, ses cotisations sont recouvrées par l'URSSAF, mais ses droits et sa pension restent gérés par la CIPAV.

Pourquoi cette confirmation compte ? Parce qu'une grande partie de ce qui rend la retraite de l'ostéopathe singulière découle d'un fait simple : son titre est réglementé (décret n° 2007-435 du 25 mars 2007, pris en application de la loi du 4 mars 2002), mais il n'est ni une profession médicale ni un auxiliaire médical au sens du Code de la santé publique. Conséquence directe : il est non conventionné— honoraires libres, actes non remboursés par l'Assurance maladie. C'est la racine de l'« absence d'ASV » que nous verrons en section 6.

Pour le détail de l'affiliation, du choix entre micro-BNC et réel et des cotisations URSSAF, voyez notre guide statut de l'ostéopathe : micro-BNC ou réel et affiliation CIPAV.

§ 3ARCHITECTURE·3 MIN

Les régimes gérés par la CIPAV (et le sigle qui n'est pas celui que vous croyez)

Levons d'abord toute ambiguïté sur la caisse. La CIPAV, c'est la Caisse Interprofessionnelle de Prévoyance et d'Assurance Vieillesse : la section interprofessionnelle de la CNAVPL (article L. 641-1 du CSS). Vous ne relevez jamais de la CARPIMKO (les orthophonistes, kinés et infirmières), ni de la CARCDSF (dentistes et sages-femmes), ni de la CARMF (médecins), ni de la CAVP (pharmaciens). Cette précision n'est pas un détail : les valeurs de point et les règles diffèrent d'une section à l'autre, et recopier celles d'une autre caisse fausse tout le calcul.

Deux régimes de retraite, plus l'invalidité-décès

La base CNAVPL (L. 642-1) est par points et fortement plafonnée : commune à toutes les libérales. La complémentaire CIPAV (L. 644-1) est par points elle aussi, mais sa cotisation est devenue proportionnelle par tranches depuis 2021-2023 — les anciennes classes forfaitaires A à H ont été supprimées, vous ne « choisissez » plus de classe. S'y ajoute un socle invalidité-décès (L. 644-2, ~0,50 % du revenu). Et c'est tout : aucun ASV, contrairement aux conventionnés.
Régimes obligatoires de l'ostéopathe à la CIPAV au 1er janvier 2026. Les taux du régime complémentaire (~11 % / 21 %) sont à confirmer sur lacipav.fr ; les valeurs de point sont vérifiées à la source CIPAV.
ÉtageRégimeBase légaleMécanique 2026 (ordre de grandeur)
1Base CNAVPL (par points)CSS L. 642-18,73 % ≤ 1 PASS / 1,87 % de 1 à 5 PASS · point de service 0,6599 € · acquisition plafonnée
2Complémentaire CIPAV (par points)CSS L. 644-1~11 % ≤ 1 PASS / ~21 % au-delà · achat du point 47,40 € · service 2,89 € · rendement ~6,1 %
+Invalidité-décèsCSS L. 644-2~0,50 % du revenu · couverture forfaitaire limitée
—ASV / PCVCSS L. 645-1 (conventionnés)AUCUN — l'ostéopathe n'est pas conventionné

La formule commune des deux régimes par points

Pension d un regime = points acquis
                     x valeur de service du point
                     x taux de liquidation

   - points acquis : proportionnels a la cotisation versee
                      (donc au benefice), cumules sur la carriere
   - valeur de service du point (2026) :
                      base 0,6599 EUR ; complementaire 2,89 EUR
   - taux de liquidation : 100 % au taux plein,
                      minore par la decote

Cette formule est la même pour toutes les caisses libérales : c'est le nombre de points — donc le revenu cotisé sur toute la carrière — qui fait l'écart. La singularité de l'ostéopathe, c'est l'absence d'un troisième régime (l'ASV) et un rendement complémentaire faible.

Un point à votre avantage : la déductibilité sans plafond

Ces cotisations obligatoires sont intégralement déductibles de votre bénéfice non commercial, sans plafond. À ne pas confondre avec le PER / Madelin facultatif, lui plafonné par l'article 154 bis du CGI (voir section 11) : l'un est une charge sociale obligatoire déductible, l'autre une épargne volontaire déductible dans une enveloppe limitée. L'affiliation, elle, est d'ordre public : la seule variable que vous maîtrisez, c'est l'étage facultatif que vous construisez à votre nom.

Cette logique du système par points n'est pas propre à l'ostéopathe : elle est commune à toutes les caisses libérales. Pour la vue d'ensemble, voyez pourquoi la caisse obligatoire d'un libéral ne suffit jamais.

§ 4ÉTAGE 1 — LA BASE·2 MIN

Étage 1 : une retraite de base structurellement plafonnée

Le régime de base CNAVPL (article L. 642-1 du CSS) attribue des points selon deux tranches de cotisation : 8,73 % sur la part de revenu allant jusqu'à 1 PASS (48 060 € en 2026), puis 1,87 % sur la part de 1 à 5 PASS. Mais l'acquisition de points est plafonnée : au-delà d'un certain revenu, vous ne gagnez plus de points de base. Or à 0,6599 € le point en 2026, même un ostéopathe à hauts revenus ne tire de ce régime que quelques centaines d'euros de droits par an.

Le plafonnement de la retraite de base CNAVPL

Cotisation de base = 8,73 % du revenu (jusqu a 1 PASS)
                   + 1,87 % (de 1 a 5 PASS)

Acquisition de points : plafonnee
   (au mieux de l ordre de ~525 points / an)

Valeur de service du point de base (2026) = 0,6599 EUR

Droits de base acquis (au plafond)
   ~ 525 x 0,6599 = de l ordre de 350 EUR / an au plus

Deux ostéopathes, l'un à 40 000 € et l'autre à 120 000 € de bénéfice, finissent par acquérir des droits de base très proches : la base est construite pour plafonner. Prise isolément, elle ne sert qu'un montant minuscule. C'est la complémentaire (section 5) qui doit porter l'essentiel de la pension.

Pour l'ostéopathe, le piège n'est même pas le plafond des hauts revenus — qu'il atteint rarement — mais la faiblesse intrinsèque de la base : avec un revenu modéré, on accumule peu de points, et le socle de base reste donc minuscule. C'est la complémentaire qui fait le gros du travail ; et c'est justement elle qui souffre d'un rendement faible.

Ne confondez pas valider un trimestre et acquérir des points

Deux mécaniques distinctes, souvent mélangées. Valider un trimestre dépend d'un seuil de revenu : il faut cotiser sur l'équivalent d'environ 2 800 € de revenu par trimestre (soit ~11 200 € pour valider les 4 trimestres de l'année 2026, ordre de grandeur à confirmer). Acquérir des points, en revanche, est proportionnel à tout votre revenu. Conséquence pour l'ostéopathe à activité modérée : il peut valider ses 4 trimestres (utile pour l'âge du taux plein) tout en accumulant peu de points (donc une petite pension). On peut avoir une carrière « complète » en durée et pauvre en montant.
§ 5ÉTAGE 2 — LE CŒUR DU SUJET·3 MIN

Étage 2 : la complémentaire, et son rendement d'environ 6,1 %

La complémentaire (article L. 644-1 du CSS) porte l'essentiel de votre future pension — et c'est aussi là que le bât blesse. Premier point à retenir : les anciennes classes forfaitaires A à H ont été supprimées. Depuis la réforme de 2021-2023, vous ne « choisissez » plus une classe ; la cotisation est devenue proportionnelle par tranches. En 2026, elle s'établit de l'ordre de 11 % jusqu'à 1 PASS et 21 % au-delà (paramètres à confirmer sur lacipav.fr ; ces taux remplacent les ~9 % / 22 % antérieurs).

Le rendement, cœur de la faiblesse

Un seul chiffre suffit à tout résumer. En 2026, un point de complémentaire coûte 47,40 € à l'achat et vous rapporte 2,89 € de pension par an : son rendement de service ressort à 2,89 / 47,40 ≈ 6,1 %. Autrement dit, il faut environ 16 ans de retraite pour récupérer votre cotisation (47,40 / 2,89 ≈ 16,4 ans). C'est l'un des rendements les plus faibles des régimes de retraite libéraux — un héritage des anciennes classes forfaitaires, longtemps sous-cotisées. Chaque euro versé à la complémentaire rapporte donc peu.

Le rendement du point complémentaire CIPAV

Cout d achat du point (2026) = 47,40 EUR
Valeur de service du point (2026) = 2,89 EUR

Rendement = 2,89 / 47,40 = environ 6,1 %

Duree pour recuperer sa cotisation
   = 47,40 / 2,89 = environ 16 ans de retraite

Un rendement de service de 6,1 % signifie qu'un euro cotisé met une quinzaine d'années à être récupéré, sans tenir compte d'une éventuelle décote ni de la fiscalité. À comparer avec ce qu'une épargne capitalisée à votre nom peut produire sur la même durée.

La complémentaire reste plafonnée (au-delà d'un revenu élevé, vous cessez d'y acquérir des points), un plafond qu'un ostéopathe atteint rarement ; et la valeur de service de son point est revalorisée chaque année par le conseil d'administration, sans garantie qu'elle suive l'inflation. C'est le propre d'un régime par répartition : vous payez aujourd'hui pour les pensions d'aujourd'hui, et vos droits futurs dépendent de décisions futures. À ce rendement, la conclusion patrimoniale est simple : la seule jambe de retraite que vous maîtrisez vraiment, c'est celle que vous capitalisez à votre nom (section 11).

§ 6LE DIFFÉRENCIATEUR·2 MIN

Le trou du non-conventionné : aucun ASV

C'est le nœud du guide : la raison pour laquelle l'ostéopathe s'en sort moins bien que ses cousins paramédicaux. L'ASV — avantage social vieillesse, qu'on appelle aussi PCV, prestation complémentaire de vieillesse (article L. 645-1 du CSS) — est un troisième étage de retraite cofinancé à hauteur d'environ deux tiers par l'Assurance maladie. Médecins, kinésithérapeutes, infirmières, orthophonistes ou sages-femmes en bénéficient parce qu'ils sont conventionnés (leurs actes sont remboursés).

Là où le conventionné touche un étage cofinancé, l'ostéopathe a zéro

L'ostéopathe est non conventionné : ses honoraires sont libres, ses actes ne sont pas remboursés par l'Assurance maladie. Conséquence directe : il n'a aucun ASV, donc aucun troisième étage cofinancé. Là où un orthophoniste ou un kiné à la CARPIMKO voit une partie de sa retraite financée par la collectivité, l'ostéopathe part avec un handicap structurel : un régime de moins. Ce n'est pas un détail : à profil de revenus comparable, c'est l'un des principaux moteurs de l'écart de pension.

Concrètement, parce qu'il lui manque cet étage, l'ostéopathe a un besoin d'épargne privée supérieur à celui de l'orthophoniste ou du kiné à revenu équivalent. Ce qui, pour les conventionnés, est en partie pris en charge par le système, l'ostéopathe doit le constituer lui-même — c'est tout l'objet de la section 11, et du guide PER ostéopathe pour sécuriser une retraite CIPAV insuffisante.

§ 7ÂGE & DÉCOTE·3 MIN

Âge, taux plein, décote : le calendrier qui décide de votre pension

Le montant de votre pension ne dépend pas que du nombre de points : il dépend aussi de l'âge auquel vous liquidez. Et c'est là que les carrières d'ostéopathe se font parfois piéger, parce qu'elles débutent souvent tard (formation longue) ou après un passage par le salariat : il faut compter ses trimestres tous régimes confondus.

Partir avant 67 ans sans la durée requise = décote définitive

L'âge légal de départ se relève progressivement de 62 à 64 ans selon votre année de naissance (réforme de 2023), avec un calendrier dont les bornes par génération sont à confirmer. Le repère stable, lui, est le taux plein automatique à 67 ans (172 trimestres requis pour le taux plein avant cet âge, générations à partir de 1965). Partir plus tôt sans la durée requise déclenche une décote d'environ 1,25 % par trimestre manquant, qui s'applique à la base et à la complémentaire — et cette minoration est définitive. À l'inverse, travailler au-delà de l'âge légal et du taux plein ouvre une surcote du régime de base d'environ 1,25 % par trimestre supplémentaire (à confirmer).

Le coût d'un départ avec des trimestres manquants

Trimestres manquants pour le taux plein : 8
Coefficient de decote : 1,25 % par trimestre

Decote = 8 x 1,25 % = -10 % a vie

Sur une pension de 1 100 EUR / mois :
   1 100 x 10 % = -110 EUR / mois, definitif
   + les annees de cotisation non effectuees

Un ostéopathe de Chambéry est venu me voir à 63 ans, certain d'avoir tous ses trimestres : ses deux ans de kiné salarié en début de carrière n'avaient jamais été reportés au régime général. Recalez vos relevés tous régimes plusieurs années avant le départ.

La spécificité ostéopathe : une installation souvent tardive

Beaucoup d'ostéopathes s'installent après une formation longue (cinq ans), parfois après un premier métier ou une période de salariat (un kiné ou un médecin devenu ostéopathe, par exemple). Vos trimestres peuvent alors se répartir entre le régime général et la CIPAV. Le risque : arriver à l'âge légal en pensant avoir le compte, et découvrir qu'il manque des trimestres. La parade est simple et gratuite : demandez un relevé de carrière tous régimes sur info-retraite.fr, et faites le point plusieurs années avant la date envisagée.
§ 8LA FAIBLESSE·3 MIN

Pourquoi votre pension décroche : les quatre causes

« Pourquoi ma pension d'ostéopathe serait-elle si faible ? » Ce n'est pas votre façon de travailler qui est en cause : c'est la structure même du régime. Quatre mécanismes s'additionnent, et aucun ne dépend de vous.

Les quatre causes structurelles de la faiblesse de la pension CIPAV de l'ostéopathe. C'est leur effet combiné, pas une seule d'entre elles, qui creuse le taux de remplacement.
#CauseEffet sur la pension
1Base CNAVPL plafonnée (point 0,6599 €)Quelques centaines d'euros de droits par an au plus — un socle minuscule
2Complémentaire au rendement ~6,1 %Chaque euro cotisé rapporte peu ; ~16 ans pour le récupérer
3Aucun ASV (non conventionné)Pas de troisième étage cofinancé, contrairement à la CARPIMKO
4Revenus souvent variables / modérésAssiette de cotisation faible certaines années → moins de points

Le résultat : un taux de remplacement faible

Mises bout à bout, ces quatre causes aboutissent à un taux de remplacement souvent estimé entre 30 et 50 % du dernier revenu — c'est-à-dire une chute de moitié à deux tiers. C'est un ordre de grandeur sectoriel, donné au conditionnel et jamais officiel : votre chiffre réel se lit sur le RIS et sur lacipav.fr. Mais l'ordre de grandeur, lui, est l'argument central de l'épargne retraite privée pour un ostéopathe.

Pourquoi l'ostéopathe s'en sort moins bien qu'un orthophoniste à profil égal

À revenu identique, un orthophoniste de la CARPIMKO bénéficie d'un ASV cofinancé par l'Assurance maladie ; l'ostéopathe, non. Le complémentaire CIPAV, de surcroît, a un rendement parmi les plus bas des régimes libéraux. Conclusion : à profil de revenus comparable, l'ostéopathe doit épargner davantage pour atteindre le même niveau de vie à la retraite. Ce n'est pas une fatalité : c'est une donnée à intégrer dès maintenant dans la stratégie.

Soyons justes : la CIPAV pose un socle, elle ne laisse personne sans rien. Le problème n'est pas que ce socle soit nul, c'est qu'il est trop modeste pour tenir votre niveau de vie : l'épargne privée doit prendre le relais. La section suivante traduit tout cela en euros par mois.

§ 9LES CAS CHIFFRÉS·3 MIN

Cas chiffrés : Marc, Léa et Thomas

Assez de théorie : traduisons les quatre causes en euros par mois, sur trois profils réels d'ostéopathes que je croise en rendez-vous. Marc liquide dans trois ans, Léa vient d'ouvrir son cabinet, Thomas a derrière lui dix ans de salariat. Marc doit combler vite, Léa a le temps pour elle, Thomas doit d'abord recoller ses trimestres. Le point commun : le socle obligatoire ne suffit dans aucun des trois cas. Chiffres au conditionnel, comme toujours dès qu'on parle de pension.

Comment ces personas ont été construits

Ces trois cas sont des illustrations pédagogiques, pas des promesses. Les cotisations sont calculées aux barèmes 2026 (PASS de 48 060 €, base 8,73 %, complémentaire proportionnelle ~11 % / 21 %) ; les pensions et les taux de remplacement sont des ordres de grandeur sectoriels pour une carrière complète à ce niveau de revenu — et ils sont plutôt optimistes, car les anciennes classes forfaitaires acquéraient souvent moins de points que ne le suggère un calcul proportionnel rétrospectif. Votre montant réel se lit sur votre RIS et sur lacipav.fr. À recalculer pour votre dossier.

Cas 1 — Marc, ostéopathe, 62 ans, 50 000 € de BNC

  • Cotisations 2026 (illustratif) : base ≈ 8,73 % × 48 060 + 1,87 % × 1 940 ≈ 4 196 € + 36 € ≈ 4 232 € ; complémentaire ≈ 11 % × 48 060 + 21 % × 1 940 ≈ 5 287 € + 407 € ≈ 5 694 € ; invalidité-décès ≈ 0,5 % × 50 000 ≈ 250 €. Soit autour de 10 200 €/an, toutes déductibles du BNC.
  • Points complémentaires cette année : ≈ 5 694 / 47,40 ≈ 120 points × 2,89 € ≈ 347 € de droits complémentaires acquis sur l'année. Rapporté à la cotisation, le rendement faible saute aux yeux.
  • Pension obligatoire estimée (base + complémentaire, carrière pleine à ce niveau) : souvent de l'ordre de 1 200 à 1 700 €/mois au mieux (à affiner sur le RIS et lacipav.fr ; la pension réellement liquidée aujourd'hui est généralement plus faible).
  • Taux de remplacement : rapporté à un revenu d'activité d'environ 3 000 €/mois net, la pension ne pèse plus que 35 à 50 % du dernier revenu : c'est tout le problème, et il n'y a aucun ASV pour le corriger.
  • Le trou à combler : il tourne autour de 1 300 à 1 800 €/mois. À sa TMI (souvent 11-30 %), on arbitre assurance-vie et PER selon le taux.

Cas 2 — Léa, ostéopathe, 52 ans, 35 000 € de BNC (cabinet récent)

  • Complémentaire 2026 : ≈ 11 % × 35 000 ≈ 3 850 €/an. À un rendement de ~6,1 %, chaque euro cotisé rapporte peu.
  • Effet de l'assiette modérée : moins de points cumulés — pension projetée de l'ordre de 900 à 1 100 €/mois pour une carrière pleine à ce niveau.
  • Atout temps : à 52 ans, elle a encore 12 ans et plus pour capitaliser — le facteur le plus puissant de tout le plan.
  • Leçon : pour elle, on sécurise d'abord la prévoyance (métier physique, revenu encore fragile), puis on alimente une assurance-vie à son rythme — pas un PER lourd qu'un imprévu obligerait à casser. À TMI basse, l'assurance-vie prime.

Cas 3 — Thomas, 60 ans, carrière mixte (10 ans salarié + 25 ans libéral), 48 000 € de BNC

  • Trimestres dispersés : 10 ans au régime général + 25 ans à la CIPAV. Le risque : ne pas réunir les 172 trimestres à 64 ans.
  • Décote possible : s'il lui manque 8 trimestres, c'est -10 % définitif sur base et complémentaire — ou un départ repoussé à 67 ans pour l'annuler.
  • Arbitrage : reconstituer la carrière (relevé tous régimes), comparer le rachat de trimestres 1985-2018 (avant le 31/12/2026) à la simple capitalisation, et anticiper la cession de la patientèle (recettes < 90 000 € → exonération d'IR au titre du 151 septies, fréquente).
  • Leçon : sa priorité n'est pas un produit, c'est un diagnostic de carrière — qu'on fait toujours en amont du plan d'épargne.
Synthèse des trois personas. Ordres de grandeur illustratifs au conditionnel, à valider sur le RIS et lacipav.fr. La « perte » est l'écart estimé entre le dernier revenu d'activité et la pension obligatoire.
PersonaBNCCotisation complémentaire/anPension estimée/moisPerte estimée/mois
Marc (62 ans, fin de carrière)50 000 €≈ 5 694 €≈ 1 200 à 1 700 €≈ 1 300 à 1 800 €
Léa (52 ans, cabinet récent)35 000 €≈ 3 850 €≈ 900 à 1 100 €≈ 1 000 à 1 300 €
Thomas (60 ans, carrière mixte)48 000 €≈ 5 280 €≈ 1 100 € (− décote possible)≈ 1 400 à 1 900 €

Vient alors la vraie question de fin de rendez-vous : combien Marc doit-il épargner chaque mois pour combler ce trou ? Le calcul de l'effort d'épargne et du capital cible est détaillé dans le guide PER ostéopathe : sécuriser une retraite CIPAV insuffisante, et le choix des supports dans le guide où placer ses excédents quand on est ostéopathe libéral.

§ 10LE LEVIER OUBLIÉ·2 MIN

Le levier oublié : racheter ses trimestres 1985-2018

Voici un dispositif que la plupart des ostéopathes ignorent, et dont la fenêtre se ferme bientôt. La CIPAV permet, pour les professionnels libéraux anciennement « non classés », de racheter à un coût préférentiel les trimestres exercés entre 1985 et 2018 (décret n° 2024-766 du 8 juillet 2024, circulaire CNAV de janvier 2025). C'est une régularisation historique : certaines périodes anciennes n'avaient pas ouvert de droits complets, et ce dispositif permet de les récupérer.

Fenêtre qui ferme le 31 décembre 2026

La demande doit être déposée avant le 31 décembre 2026 : après, le dispositif se referme. Il concerne surtout les ostéopathes installés avant 2018. Le coût n'est pas standard : il varie selon votre âge, vos revenus et l'option retenue, et doit être chiffré sur lacipav.fr ou auprès de la caisse. Ne tardez pas à faire la demande de devis : même si vous ne rachetez pas, connaître le montant vous permet de l'arbitrer en connaissance de cause.

Attention quand même : un rachat n'est pas toujours gagnant. Pour Thomas, racheter ses 8 trimestres peut coûter plus cher que de placer la même somme à son nom — tout dépend du gain de pension obtenu (annulation d'une décote, taux plein atteint plus tôt) rapporté au coût, et du nombre d'années où il touchera la pension ; et toute comparaison « rachat contre capitalisation » repose sur des hypothèses de rendement qui ne préjugent en rien des performances futures. C'est un arbitrage chiffré à poser dans un bilan retraite — exactement le genre de calcul qu'on fait en rendez-vous avant de signer quoi que ce soit, et qui s'inscrit dans la logique plus large de la préparation de la retraite d'un libéral au-delà du régime obligatoire.

§ 11LE VRAI CAPITAL·4 MIN

Votre vrai capital retraite n'est pas à la CIPAV

Jusqu'ici, tout paraît bloqué : cotisations imposées, rendement faible, pas d'ASV. La bonne nouvelle arrive maintenant : la part de retraite que vous maîtrisez vraiment se construit en dehors de la CIPAV, et vous en gardez la main. Quatre familles de leviers, à empiler selon votre situation et — c'est essentiel ici — selon votre tranche d'imposition.

Ce que fait la CIPAV

Points de vigilance

  • Régime obligatoire, par répartition
  • Base plafonnée, complémentaire au rendement ~6,1 %
  • Aucun ASV : un étage de moins que les conventionnés
  • Ne suit pas vos revenus : taux de remplacement 30-50 %
  • Invalidité-décès limité pour un métier physique

Ce que vous construisez à votre nom

Points forts

  • Assurance-vie : disponibilité et transmission (990 I)
  • PER / Madelin : déduction 154 bis, utile dès la TMI à 30 %
  • Immobilier et SCPI : un revenu régulier à la retraite
  • Cession de la patientèle : un capital de fin de carrière
  • Des leviers que vous pilotez et calibrez sur votre trou réel

Le PER : décisif à TMI 30 %, décevant à 11 %

Le PER / Madelin (article 154 bis du CGI) déduit vos versements à l'entrée, dans une enveloppe de 10 % du bénéfice + 15 % de la fraction comprise entre 1 et 8 PASS (plancher 4 806 €, maximum 88 911 € en 2026). Pour un ostéopathe imposé à 30 ou 41 %, c'est un levier décisif : la déduction à l'entrée vaut cher, et il comble efficacement une CIPAV faible. Mais soyons honnêtes : à une TMI de 11 %, le PER déçoit. L'avantage à l'entrée ne vaut que 11 % d'économie d'impôt, et il est en partie repris à la sortie (capital réimposé, gains soumis aux prélèvements sociaux de 18,6 %). Pour un ostéopathe à 11 %, l'assurance-vie et le PEA sont souvent préférables. À noter : le PER ne valide ni point ni trimestre à la CIPAV. Le détail : PER ostéopathe, sécuriser une retraite CIPAV insuffisante et le guide complet du Plan d'épargne retraite (cadre commun : la retraite du libéral au-delà du régime obligatoire).

La prévoyance d'abord : un métier physique sans filet conventionnel

Avant même la retraite, une priorité propre à l'ostéopathe : la prévoyance. C'est un métier physique — dos, mains, postures —, exposé à l'usure et aux accidents qui peuvent stopper net l'activité. Or l'invalidité-décès de la CIPAV (L. 644-2) est limité, et l'ostéopathe n'a aucun filet conventionnel. Un arrêt prolongé non couvert, c'est un revenu qui s'effondre et une épargne qu'on est forcé de casser. La prévoyance Madelin (article 154 bis) doit donc être dimensionnée sur le vrai risque du métier. Voir la prévoyance du libéral pour sécuriser un métier physique.

Assurance-vie, immobilier et SCPI : le revenu régulier de demain

Pour un ostéopathe à TMI 11-30 %, l'assurance-vie est souvent le pilier : souplesse totale, fiscalité douce après 8 ans, et un atout transmission — abattement de 152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans (article 990 I), avec des prélèvements sociaux maintenus à 17,2 %. La clause bénéficiaire étant libre, elle protège aussi un partenaire de PACS, exclu de la réversion obligatoire. S'y ajoute l'immobilier — en direct, en LMNP ou via des SCPI — pour un revenu complémentaire récurrent qui prend le relais du revenu d'activité. Voyez le guide assurance-vie pour la retraite et la transmission, nos pistes d' immobilier de l'ostéopathe (LMNP et déficit foncier) et les SCPI comme complément de revenu à la retraite.

La cession de la patientèle : un capital de fin de carrière

L'ostéopathe a un actif que le salarié n'a pas : la valeur de cession de sa patientèle. Et la fiscalité de cette cession lui est plutôt favorable. L'activité étant une prestation de services en BNC, elle relève de l'article 151 septies : l'exonération de la plus-value est totale si les recettes sont inférieures ou égales à 90 000 € (dégressive jusqu'à 126 000 €), pour une activité exercée depuis au moins 5 ans. Pour l'ostéopathe médian, souvent sous ce seuil, la cession est fréquemment exonérée d'impôt sur le revenu. S'y ajoutent l'article 238 quindecies (valeur de cession ≤ 500 000 €) et l'article 151 septies A (départ en retraite : IR exonéré, mais prélèvements sociaux dus).

Cession de patientèle = PS 18,6 %, jamais 17,2 %

Attention au piège des prélèvements sociaux 2026. Depuis la LFSS 2026, la CSG du capital est passée à 10,6 % : la plus-value professionnelle de cession d'une patientèle BNC supporte désormais 18,6 % de prélèvements sociaux. Et le Conseil d'État a confirmé qu'ils restent dus même quand l'IR est exonéré au titre du 151 septies A (CE 12 octobre 2018, n° 401292). Le taux de 17,2 % ne vaut pas ici : il est réservé à l'assurance-vie, aux revenus fonciers nus et aux plus-values immobilières des particuliers (liste limitative de l'article L. 136-8 IV du CSS). Le cadre général de la cession est détaillé dans la plus-value de cession d'un cabinet libéral, et le volet rachat dans s'installer en ostéopathie : rachat de patientèle et financement.

Note de méthode : ce que vaut une projection de capitalisation

Dès qu'on capitalise, on raisonne sur des hypothèses de rendement, jamais sur des promesses. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et un PER, une assurance-vie en unités de compte, des SCPI ou de l'immobilier comportent un risque de perte en capital. Ce qui reconstruit le capital, ce n'est pas le rendement de telle ou telle année, c'est le nombre d'années pendant lesquelles vous versez. Toute projection chiffrée doit être recalculée pour votre dossier, avec votre conseiller et votre expert-comptable.
Hagnéré Patrimoine

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Sources et références légales

  • Les régimes obligatoires de l'ostéopathe (CIPAV)

    Art. L. 640-1 CSS (affiliation de l'ostéopathe à la CIPAV : liste limitative des professions libérales). Art. L. 641-1 CSS (CNAVPL et sections professionnelles : la CIPAV est la section interprofessionnelle — jamais la CARPIMKO, la CARCDSF, la CARMF ni la CAVP). Art. L. 642-1 CSS (régime de base par points : 8,73 % ≤ 1 PASS, 1,87 % de 1 à 5 PASS, acquisition plafonnée, point de service 0,6599 € en 2026). Art. L. 644-1 CSS (régime complémentaire CIPAV par points, cotisation devenue proportionnelle par tranches depuis 2021-2023, anciennes classes forfaitaires supprimées : ordre de 11 % ≤ 1 PASS et 21 % au-delà en 2026 ; coût d'achat du point 47,40 €, valeur de service 2,89 €, rendement ~6,1 %). Art. L. 644-2 CSS (régime invalidité-décès, ~0,50 % du revenu). Art. L. 645-1 CSS (ASV / PCV réservé aux praticiens conventionnés : l'ostéopathe non conventionné n'en bénéficie pas). Décret n° 2007-435 du 25/03/2007 (titre d'ostéopathe : profession à titre réglementé, non conventionnée). Valeurs de cotisation et de point 2026 à confirmer sur lacipav.fr.

  • Affiliation maintenue et âge, taux plein, décote

    Loi n° 2017-1836 du 30/12/2017 (LFSS 2018, art. 15) : restriction du périmètre de la CIPAV à une liste limitative ; l'ostéopathe y reste (option régime général 2019-2023 réservée aux professions sorties). Loi n° 2023-270 du 14 avril 2023 (réforme des retraites) : âge légal porté progressivement de 62 à 64 ans, taux plein automatique maintenu à 67 ans (172 trimestres pour le taux plein avant cet âge). Décote d'environ 1,25 % par trimestre manquant, définitive ; surcote du régime de base d'environ 1,25 % par trimestre au-delà de l'âge légal et du taux plein. Décret n° 2024-766 du 08/07/2024 (rachat des trimestres exercés entre 1985 et 2018 pour les professions anciennement non classées, demande à déposer avant le 31/12/2026). Coefficients et bornes par génération à confirmer sur lacipav.fr.

  • Combler le trou : PER, assurance-vie, fiscalité 2026

    Art. 154 bis CGI (déduction PER / Madelin du bénéfice : 10 % + 15 %, plancher 4 806 €, maximum 88 911 € en 2026 ; le PER ne crée aucun droit CIPAV). À une TMI de 11 %, le PER rapporte peu : l'assurance-vie et le PEA sont souvent préférables. Art. 990 I CGI (assurance-vie, abattement de 152 500 € par bénéficiaire, primes avant 70 ans). Art. 197 CGI (barème IR 2026, tranches 0/11/30/41/45 %). Art. 102 ter CGI (micro-BNC, abattement 34 %, seuil 83 600 € en 2026). Dualité PS 2026 (LFSS 2026, loi n° 2025-1403) : 18,6 % sur les gains du PER à la sortie, 17,2 % maintenu sur l'assurance-vie, le foncier nu et les plus-values immobilières des particuliers (liste limitative CSS art. L.136-8 IV).

  • La cession de la patientèle comme capital retraite

    Art. 151 septies CGI (exonération selon les recettes — prestations de services de l'ostéopathe : totale si recettes ≤ 90 000 €, dégressive jusqu'à 126 000 €, activité ≥ 5 ans). Art. 151 septies A CGI (exonération d'IR de la plus-value professionnelle au départ en retraite — cession de la patientèle BNC —, PS 18,6 % dus ; CE 12/10/2018 n° 401292 ; BOI-BIC-PVMV-40-20-20). Art. 238 quindecies CGI (exonération selon la valeur de cession : totale ≤ 500 000 €, dégressive jusqu'à 1 000 000 €). Art. 719 CGI (droits d'enregistrement à la charge de l'acquéreur : 0 / 3 / 5 %). Conditions communes : activité ≥ 5 ans, cessation et liquidation des droits à retraite dans les 24 mois. Dualité PS 2026 : la plus-value professionnelle de cession — patientèle BNC — supporte 18,6 %, et non 17,2 % réservé à l'assurance-vie, au foncier nu et aux plus-values immobilières des particuliers.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les montants de pension, valeurs de point, taux de remplacement, rendements et coefficients de décote cités sont des ordres de grandeur sectoriels, donnés à titre purement pédagogique : aucun montant individuel ne peut être garanti, et votre situation réelle figure sur votre relevé individuel de situation (RIS) et sur lacipav.fr. Les paramètres 2026 de la CIPAV (cotisations, valeurs de point, taux du régime complémentaire, conditions de rachat de trimestres) sont à confirmer à la source. Les cas chiffrés sont des illustrations aux taux 2026, à recalculer pour votre dossier. Toute structuration (PER, assurance-vie, prévoyance, cession de la patientèle) doit faire l'objet d'une étude individualisée, validée avec votre expert-comptable. Les chiffres et taux sont à jour au 12 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF / LFSS annuelles, doctrine, jurisprudence). Les investissements en immobilier et sur un PER comportent un risque de perte en capital.

Foire aux questions

Tout sur la retraite de l'ostéopathe à la CIPAV Affiliation, calcul, pourquoi la pension est faible, absence d'ASV, taux plein 67 ans, rachat de trimestres et capital de sortie.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous avec des ostéopathes : la CIPAV (et pas la CARPIMKO ni la CARCDSF), la composition des régimes, le rendement faible de la complémentaire, l'absence d'ASV, le taux de remplacement réel, le rachat de trimestres 1985-2018 et comment combler le trou de pension. Réponses sourcées et à jour 2026.