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Guide pharmaciens titulaires 202615 minMis à jour 25 juin 2026Plafond TNS 88 911 €

PER du pharmacien titulaire : déduire ses cotisations et préparer sa retraite

Vous êtes pharmacien titulaire, votre tranche marginale est à 41-45 %, et chaque année une part lourde du bénéfice de votre officine part en impôt. L'officine relève des BIC (fonds de commerce, TVA récupérable), mais vous êtes un travailleur non salarié — commerçant ou gérant majoritaire de SELARL — et à ce titre votre PER est votre levier de déduction le plus puissant : l'article 154 bis du CGI vous laisse déduire jusqu'à 88 911 € en 2026. Sur une officine à 200 000 € de bénéfice, ça donne 42 791 € déduits — soit environ 19 256 € d'impôt en moins à 45 %. Et parce que c'est une déduction d'assiette, le PER tient là où le CDHR neutralise les niches. On déroule plus bas la table de simulation, et pourquoi le PER ne remplacera jamais votre CAVP. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

STRATÉGIE PER PHARMACIEN 2026

Chiffrer votre plafond PER et votre économie d'impôt réelle

Audit de votre situation de pharmacien titulaire : plafond TNS art. 154 bis sur le bénéfice de votre officine, économie d'impôt à votre tranche, effet sur la CEHR et le CDHR, articulation prévoyance Madelin / PER, articulation avec la CAVP. Cabinet 100 % indépendant, modélisation chiffrée et calibrage avec votre expert-comptable.

  • Calcul de votre plafond 154 bis exact
  • Économie d'impôt nette à 41-45 %
  • Effet sur votre CEHR / CDHR
  • Cabinet 100 % indépendant

BÉNÉFICE 200 000 € → PLAFOND

42 791 €

ÉCO. 200k À 45 %

≈ 19 256 €

FORMULE 154 BIS

10 % + 15 %

PLAFOND TNS MAX

88 911 €

PS GAINS PER 2026

18,6 %

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1L'ESSENTIEL·2 MIN

Combien un pharmacien peut déduire : la réponse en 30 secondes

Chaque année, à la clôture, la même question revient : une part lourde du bénéfice de votre officine s'en va en impôt à 41 ou 45 %, et vous cherchez le levier qui en récupère le plus — légalement, sans montage hasardeux. Vous voulez un chiffre, pas un cours de fiscalité ? Le chiffre, sans détour : un pharmacien titulaire peut déduire de son bénéfice imposable jusqu'à 88 911 € en 2026 en versant sur un PER, grâce à un plafond réservé aux indépendants, l'article 154 bis du CGI. Et oui, même si votre officine relève des BIC (c'est un commerce, pas une activité libérale classique) : ce qui ouvre ce plafond, ce n'est pas la nature du revenu, c'est votre statut de travailleur non salarié — commerçant en nom propre ou gérant majoritaire de SELARL. Là où un salarié plafonne autour de 37 680 €, vous montez jusqu'à 88 911 €. L'économie d'impôt, elle, dépend de votre tranche : à 45 % — la tranche fréquente du titulaire d'officine — déduire 42 791 € (le plafond d'un bénéfice de 200 000 €), c'est environ 19 256 € d'impôt en moins dès cette année. Autrement dit, 19 000 € qui filaient au fisc deviennent de l'épargne à votre nom. Reste à voir la formule, la table bénéfice par bénéfice, l'atout face au CDHR et la sortie à la retraite — avec un garde-fou métier : la CAVP.

Le PER du pharmacien en 30 secondes

Le plafond : l'article 154 bis vous laisse déduire 10 % de votre bénéfice (dans la limite de 8 PASS) + 15 % de la fraction comprise entre 1 et 8 PASS — jusqu'à 88 911 €, plancher 4 806 €. L'économie vaut grosso modo votre versement × TMI : 10 000 € versés, c'est 4 500 € d'impôt en moins à 45 %. Trois choses à retenir : la déduction ne touche pas vos cotisations CAVP / URSSAF, le PER tient sous le CDHR (c'est une réduction d'assiette, pas une niche plafonnée), et le plafond TNS se perd s'il dort — c'est maintenant ou jamais. Et un garde-fou : le PER complète votre CAVP sans lui créer le moindre droit.

Gardez une chose en tête : 88 911 € est un plafond, pas une cible. Le bon montant à verser est celui qui « racle » votre tranche d'imposition la plus élevée sans amputer la trésorerie de l'officine ni votre épargne de précaution. Pour calculer précisément votre économie selon votre tranche, voyez notre guide calculer son économie d'impôt PER selon sa TMI. La mécanique est la même que pour tout indépendant : nous la déclinons pour l'ensemble des indépendants dans le PER de la profession libérale. Ici, on se concentre sur ce qui change pour vous, titulaire d'officine : le statut commercial, le pilotage du RFR à hauts revenus et la CAVP.

§ 2LE CŒUR·4 MIN

Le plafond TNS du titulaire (art. 154 bis) : la formule 10 % + 15 %

Là où un salarié s'arrête à 10 % de ses revenus, vous, indépendant, ajoutez une seconde tranche à 15 % sur le haut de votre bénéfice — de quoi presque doubler la déduction. L'article 154 bis du CGI vous autorise à déduire le plus élevé de deux montants : la formule majorée, ou un plancher de sécurité.

Officine en BIC, mais titulaire TNS : le bon plafond reste le 154 bis

L'officine est une entreprise commerciale : fonds de commerce, vente de marchandises, TVA récupérable — son bénéfice relève des BIC, pas des BNC. Mais le plafond PER ne se déclenche pas sur la nature du revenu : il se déclenche sur le régime social. Que vous exerciez en nom propre (commerçant individuel) ou en SELARL comme gérant majoritaire (rémunération de l'article 62 du CGI), vous êtes travailleur non salarié → plafond 154 bis, jusqu'à 88 911 €. Seul le président de SELAS ou le gérant minoritaire, assimilés salariés, basculent sur le plafond classique de 37 680 € (art. 163 quatervicies). En clair : votre activité est un commerce, mais votre PER profite du plafond des indépendants.

La formule, chiffre pour chiffre

Le plafond se construit en deux temps : 10 % de votre bénéfice imposable (retenu dans la limite de 8 PASS), puis 15 % de la fraction de ce bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS. Si votre bénéfice est inférieur à 1 PASS, seuls les 10 % jouent — et c'est alors le plancher de 4 806 € qui prend le relais. Au-delà de 8 PASS de bénéfice (384 480 €), la majoration de 15 % cesse de courir : vous êtes au maximum, 88 911 €.

Le plafond TNS 2026 du pharmacien, du plancher au maximum

PLAFOND PER TNS = 10 % x benefice (dans la limite de 8 PASS)
                + 15 % x (min(benefice, 8 PASS) - 1 PASS)

PASS 2026 = 48 060 EUR   |   8 PASS = 384 480 EUR

PLANCHER = 10 % x 1 PASS                    = 4 806 EUR
MAXIMUM  = 10 % x 384 480
         + 15 % x (384 480 - 48 060)
         = 38 448 + 50 463                  = 88 911 EUR

Le maximum de 88 911 € suppose un bénéfice imposable d'au moins 384 480 € (8 PASS), rare en officine. En pratique, on applique la formule 10 % + 15 % sur votre bénéfice exact, et le plancher de 4 806 € s'applique tant que 10 % du bénéfice lui est inférieur.

La base de calcul, c'est le bénéfice imposable de votre officine (résultat de l'exercice après charges déductibles), au titre de l'année N— et c'est important : le PASS retenu est celui de 2026 (48 060 €), à ne pas confondre avec le plafond salarié, assis sur l'année N-1 (j'y reviens au §5). Voici les chiffres clés à mémoriser pour 2026 :

Les quatre repères 2026 du plafond TNS art. 154 bis. La base de calcul est le PASS de l'année N (48 060 € en 2026).
Repère 2026ValeurRôle
PASS 202648 060 €Base de la formule (arrêté du 22/12/2025)
8 PASS384 480 €Bénéfice au-delà duquel la majoration 15 % cesse
Plancher 154 bis4 806 €10 % du PASS — déduction minimale garantie
Maximum 154 bis88 911 €Plafond atteint dès 384 480 € de bénéfice

Pour le détail du calcul, la combinaison avec un ancien contrat Madelin et les modalités de versement, voyez le plafond TNS art. 154 bis détaillé pas à pas.

Madelin et 154 bis : la même enveloppe

Si vous aviez un ancien contrat Madelin retraite, il partageait déjà ce plafond 154 bis. Depuis la loi PACTE (1er octobre 2020), ces contrats ne sont plus commercialisés : le PER les a remplacés et reprend le même plafond. Vos versements Madelin retraite et PER se cumulent dans la même enveloppe — à ne pas confondre avec le plafond distinct de la prévoyance et de la complémentaire santé Madelin (7 % du PASS + 3,75 % du bénéfice), une autre ligne du 154 bis, détaillée au §9 et dans la prévoyance Madelin du libéral.
§ 3SIMULATION·4 MIN

Combien vous déduisez selon votre bénéfice : la table de simulation

Bénéfice par bénéfice, voilà ce que vous pouvez déduire et l'impôt économisé selon votre tranche. Trouvez la ligne de votre bénéfice imposable, l'économie se lit dans la colonne de votre tranche. Une officine à 200 000 € de bénéfice, par exemple, déduit 42 791 € et économise environ 19 256 € à 45 %.

Plafond 154 bis et économie d'impôt sur le revenu selon le bénéfice et la TMI, taux 2026. Le plafond suit la formule 10 % + 15 % ; l'économie suppose que le versement reste dans la tranche indiquée. Un titulaire d'officine est le plus souvent à 41 % ou 45 %.
Bénéfice imposablePlafond 154 bisÉco. à 41 %Éco. à 45 %
100 000 €17 791 €7 294 €8 006 €
150 000 €30 291 €12 419 €13 631 €
180 000 €37 791 €15 494 €17 006 €
200 000 € (cas type)42 791 €17 544 €≈ 19 256 €
250 000 €55 291 €22 669 €24 881 €
300 000 €67 791 €27 794 €30 506 €
≥ 384 480 €88 911 € (max)36 454 €40 010 €

La nuance qui change le résultat : un plafond n'est pas une promesse

L'économie « plafond × TMI » suppose que tout le versement reste dans votre tranche la plus haute. Si verser fait basculer une partie de votre revenu d'une tranche vers la précédente, les premiers euros déduits « valent » votre TMI haute et les suivants moins : l'économie s'effrite euro après euro. La règle : on remplit d'abord la tranche la plus chère : en 2026, le seuil entre 41 et 45 % se situe à 181 917 € par part. Un titulaire à 200 000 € de bénéfice reste, après avoir versé 42 791 €, autour de ce seuil : une fraction du versement bascule de 45 % à 41 % — d'où l'économie réelle légèrement inférieure au calcul brut. Pour connaître votre tranche exacte et l'effet d'un versement, appuyez-vous sur l'identification de votre TMI 2026 et le détail du calcul TMI par TMI.

Aller plus loin : votre bénéfice ne figure pas dans la table ?

La table fonctionne par paliers, mais le plafond 154 bis se calcule au centime près sur votre bénéfice exact. Pour un bénéfice intermédiaire (par exemple 220 000 €), reprenez la formule : 10 % × 220 000 + 15 % × (220 000 − 48 060) = 22 000 + 25 791 = 47 791 € de plafond. La mécanique est identique pour tout indépendant : nous la déclinons plus largement dans le PER de la profession libérale : plafond 154 bis et les 3 pièges.

Attention à ce que ces chiffres disent vraiment : ils mesurent l'économie d'impôt, certaine et immédiate, mais rien de la performance du PER une fois investi, qui dépend des supports choisis et n'est jamais garantie. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et le capital n'est pas garanti hors fonds en euros. Ces chiffres ne tiennent pas non plus compte de vos cotisations sociales, qui, elles, ne bougent pas : ce sera le piège n°1.

Hagnéré Patrimoine

Combien le PER vous fait-il vraiment économiser ?

Un CGP indépendant calcule votre plafond 154 bis exact à partir du bénéfice de votre officine, votre économie nette à votre tranche, l'effet sur votre CEHR et votre CDHR, et le montant qui sature vraiment votre tranche — après avoir sécurisé votre prévoyance.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 4CAS CONCRET·3 MIN

Cas chiffré : l'officine à 200 000 € de bénéfice, TMI 45 %

Trois cas, déroulés euro par euro. Les prénoms sont fictifs, mais les profils et les ordres de grandeur sont ceux d'un pharmacien titulaire d'officine. Ces simulations figent les taux 2026 et supposent les conditions remplies ; elles ne valent pas conseil personnalisé.

Cas 1 — M. Antoine Lefèvre, titulaire d'officine (TMI 45 %)

Son officine dégage un bénéfice imposable de 200 000 €. Il veut déduire le maximum utile.

Plafond 154 bis : 10 % × 200 000 = 20 000 €, plus 15 % × (200 000 − 48 060) = 22 791 € → 42 791 €.
Économie d'IR : à 45 %, 42 791 × 45 % ≈ 19 256 € (à 41 %, ≈ 17 544 €).
Effet RFR : son revenu fiscal de référence baisse de 42 791 € → sa CEHR et, s'il est concerné, sa CDHR reculent d'autant (voir §7).
Note : à 45 %, chaque euro versé revient à 0,55 € de poche pour 1 € placé à son nom. Ni un compte à terme, ni une assurance-vie ne vous rendent 45 centimes par euro dès le versement.

Le piège à ne pas oublier sur ce cas

Pour M. Lefèvre, les 42 791 € versés restent dans l'assiette des cotisations CAVP et URSSAF : ses charges sociales ne baissent pas d'un euro. L'avantage est purement fiscal (l'IR et les surtaxes assises sur le RFR), et c'est déjà considérable. Par ailleurs, l'effort net de trésorerie n'est pas une dépense : les sommes versées constituent une épargne récupérable à la retraite, à son nom. À la sortie en capital, il paiera l'IR sur le capital et 31,4 % sur les gains, mais probablement à une TMI plus basse (30 %) — d'où le gain net de l'arbitrage de tranche.

Cas 2 — Mme Garnier, grosse officine à 300 000 € de bénéfice (TMI 45 % + CEHR)

Pour une titulaire à très haut bénéfice, le levier est encore plus puissant. À 300 000 € de bénéfice, le plafond 154 bis grimpe à 10 % × 300 000 + 15 % × (300 000 − 48 060) = 30 000 + 37 791 = 67 791 €, et l'économie d'IR à 45 % avoisine 30 506 €.

À ce niveau, son RFR de célibataire dépasse 250 000 € : la CEHR (3 %) et le CDHR (impôt minimum de 20 % du RFR) entrent dans le calcul. Mais comme le PER fait reculer le RFR lui-même, il fait reculer ces deux surtaxes en même temps : c'est précisément ce qui le distingue d'une niche plafonnée (voir §7). On formule ce point au conditionnel : voyez CEHR / CDHR : le garde-fou des hauts revenus et la CDHR du libéral : l'impôt plancher de 20 %.

Cas 3 — titulaire débutant : calibrer sur la trésorerie, pas sur le plafond

Un titulaire qui vient de racheter son officine rembourse un emprunt lourd. Son bénéfice de 90 000 € ouvre un plafond de 10 % × 90 000 + 15 % × (90 000 − 48 060) = 9 000 + 6 291 = 15 291 €, et l'économie à 41 % serait de l'ordre de 6 269 €. Mais saturer ce plafond peut assécher sa trésorerie, déjà tendue par le remboursement. La règle : le bon montant n'est pas le plafond, c'est ce que la trésorerie de l'officine permet de bloquer jusqu'à la retraite. On calibre avec votre expert-comptable, et on regarde d'abord les conditions du financement de l'officine. Les prénoms sont fictifs, les ordres de grandeur réalistes ; une fois investi, le PER est exposé aux marchés et les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
§ 5TECHNIQUE·3 MIN

154 bis ou 163 quatervicies : les deux plafonds à ne pas confondre

Sortez votre dernier avis d'imposition : le « Plafond épargne retraite » qui y figure ne montre qu'un seul de vos deux plafonds. Ce plafond-là, c'est celui de l'article 163 quatervicies — le plafond classique, commun à tous les contribuables. Mais le titulaire d'officine, travailleur non salarié, dispose en plus du plafond spécifique TNS de l'article 154 bis, bien plus large, qui ne figure pas sur l'avis.

Art. 154 bis — le plafond TNS du titulaire

Réservé aux travailleurs non salariés (officine au réel, gérant majoritaire de SELARL). Base : le bénéfice de l'année N (PASS 2026). Formule 10 % + 15 %, maximum 88 911 €. Mais : strictement individuel, non reportable, non mutualisable. Il se déduit du bénéfice professionnel de l'officine.

Art. 163 quatervicies — le plafond classique

Commun à tous (salariés, épargne personnelle). Base : les revenus de l'année N-1 (PASS 2025). Formule 10 % seulement, maximum 37 680 €. Mais : mutualisable entre conjoints (case 6QR) et reportable (3 ans, porté à 5 ans par la LF 2026). Il se déduit du revenu global (2042).

Deux bases PASS à ne pas confondre : N pour le TNS, N-1 pour le salarié

Ne jamais uniformiser les bases. Le plafond 154 bis s'assoit sur le PASS de l'année N (48 060 € en 2026 → plancher 4 806 €). Le plafond 163 quatervicies s'assoit sur le PASS de l'année N-1 (47 100 € en 2025 → plancher 4 710 €, maximum 37 680 €). Beaucoup d'avis d'imposition pré-remplis se calent sur le mauvais PASS : d'où des disponibles faux, que l'on corrige régulièrement en rendez-vous.

Comment les deux plafonds s'articulent

Non, les deux ne se cumulent pas : un même euro versé ne se déduit qu'une seule fois. En pratique, ce qui est déduit au titre du 154 bis vient en diminution du disponible calculé au titre du 163 quatervicies — l'anti-double-emploi de la doctrine BOI-IR-BASE-20-50-20. Pour le titulaire « pur officine », le 154 bis est de loin le plafond utile ; le 163 quatervicies résiduel sert surtout à un conjoint salarié. Pour visualiser tout votre disponible, voyez votre plafond PER 2026 : disponible, report et mutualisation.

§ 6PIÈGE N°1·2 MIN

Le piège social : déductible de l'impôt ≠ déductible des cotisations

Camille, titulaire à Aix, me l'a posée mot pour mot le mois dernier : « j'ai mis 30 000 € sur mon PER, ça allège mes cotisations CAVP, non ? » Réponse : non. Le versement PER déduit fait baisser l'impôt sur le revenu, mais il reste dans l'assiette de vos cotisations sociales obligatoires— CAVP et URSSAF (fondement : art. L. 131-6 du Code de la sécurité sociale). Vous cotisez sur la somme versée comme si vous ne l'aviez pas versée.

Concrètement, ça change deux choses. D'abord l'évident : l'avantage du PER tient dans la colonne « éco. » de la table ci-dessus — l'économie « versement × TMI » (plus le recul des surtaxes assises sur le RFR), ni un euro de CAVP en moins. Ensuite le piège qu'on voit moins venir : quand vous arbitrez entre vous rémunérer / sortir davantage et verser sur un PER, vous touchez à l'assiette qui nourrit vos droits sociaux (retraite de base, indemnités journalières). D'où une règle simple : le bon montant ne se fixe pas au tableau, il se cale sur votre tranche réelle et le besoin de trésorerie de l'officine — et ça, c'est typiquement ce qu'on cale à trois avant la clôture : vous, votre expert-comptable et nous.

Le malentendu qu'on corrige le plus souvent en rendez-vous

La déduction de l'article 154 bis joue uniquement sur l'impôt (IR et surtaxes assises sur le RFR). Elle ne réduit pas vos cotisations CAVP ni URSSAF. Avant d'ajuster un versement à la hausse, faites le point avec votre expert-comptable : lui seul a la vue complète sur votre assiette sociale et vos droits futurs. Le PER reste un très bon outil pour un titulaire à 41-45 % — à condition de le choisir pour ce qu'il fait vraiment baisser : l'impôt.
§ 7L'ATOUT DÉCISIF·3 MIN

Pourquoi le PER tient sous le CDHR (et pas les niches)

C'est l'argument qui, depuis 2025, fait basculer le PER en tête des leviers du titulaire à très hauts revenus — et que vos confrères découvrent souvent trop tard, après avoir signé un Girardin en décembre. Depuis la loi de finances 2025, reconduite en 2026, le CDHR (contribution différentielle sur les hauts revenus, article 224 du CGI) garantit que votre imposition atteigne au moins 20 % de votre revenu fiscal de référence, dès que ce RFR dépasse 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple). Ce que ça change pour vous : les réductions d'impôt plafonnées — FIP, FCPI, Girardin — que l'on vous propose en fin d'année pour « effacer l'impôt » sont largement neutralisées. Elles font baisser votre impôt sous le plancher de 20 %, et le CDHR le rattrape aussitôt : l'avantage est repris.

Le PER, lui, échappe à ce rattrapage, parce qu'il n'agit pas au même endroit du calcul. Ce n'est pas une réduction d'impôt : c'est une réduction d'assiette. Il ne vient pas s'imputer sur l'impôt à la fin du calcul ; il fait reculer le RFR lui-même, en amont. Or le CDHR se calcule sur le RFR. En faisant baisser le RFR, le PER fait baisser à la fois la base de l'impôt, la base de la CEHR et la base du CDHR. Il agit avant le plancher de 20 %, pas après : le CDHR n'a rien à reprendre.

Réduction d'impôt vs réduction d'assiette face au CDHR. Le PER baisse l'assiette (le RFR) sur laquelle s'applique le plancher de 20 %, là où une réduction d'impôt est rattrapée.
Type de levierExemplesEffet du CDHR (impôt min. 20 % du RFR)
Réduction d'IMPÔT (plafonnée)FIP, FCPI, Girardin, SoficaLargement neutralisée : fait passer l'IR sous 20 % → repris
Réduction d'ASSIETTEPER 154 bis, prévoyance Madelin, déficit foncierEfficace : baisse le RFR en amont, donc baisse aussi la base du CDHR

La conséquence pratique pour le titulaire à très haut revenu

Si votre RFR dépasse 250 000 €, arrêtez de chercher la « niche » de fin d'année : à votre niveau, elle est plafonnée à 10 000 € (art. 200-0 A) et reprise par le CDHR. Le bon réflexe, c'est l'assiette : le PER 154 bis (jusqu'à 88 911 €), la prévoyance Madelin, le déficit foncier. Ces leviers font reculer le RFR — et donc le CDHR — au lieu de se faire rattraper par lui. C'est exactement la hiérarchie qu'on déroule, tous leviers confondus, dans la défiscalisation du pharmacien titulaire. Le périmètre exact du CDHR et sa pérennité au-delà de 2026 restent à confirmer : nous le signalons au conditionnel.
§ 8PIÈGE N°2·2 MIN

154 bis : ni reportable, ni mutualisable (maintenant ou jamais)

Le deuxième piège, on le découvre toujours trop tard — fin décembre, quand le compteur du 154 bis s'apprête à se remettre à zéro. Car les deux plafonds ne se traitent pas pareil dans le temps : le plafond TNS de l'article 154 bis non utilisé à la clôture de l'exercice est définitivement perdu : il n'est ni reportable sur les années suivantes, ni mutualisable avec votre conjoint. À l'inverse, le 163 quatervicies est, lui, à la fois reportable et mutualisable. Pour un titulaire TNS, au 31 décembre le compteur du 154 bis est remis à zéro, sans report possible.

Report et mutualisation : ce qui est possible selon le plafond. Le 154 bis ne se reporte ni ne se partage, d'où l'importance de le saturer chaque année si votre TMI le justifie.
LevierPlafond 154 bis (TNS)Plafond 163 quatervicies
Report dans le tempsNon — perdu en fin d'exerciceOui : 3 ans, porté à 5 ans (LF 2026, plafonds ≥ 2026)
Mutualisation entre conjointsNon — strictement individuelOui (case 6QR de la 2042)

La loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) a porté le report du 163 quatervicies de 3 à 5 ans — mais uniquement pour les plafonds générés à compter de 2026 (mesure non rétroactive). Rappel utile : tout cela ne concerne que le 163 quatervicies, jamais le 154 bis du titulaire.

Doctrine non encore à jour : citez le texte de loi

Au 10 juin 2026, le BOFiP (BOI-IR-BASE-20-50-20, dans sa version applicable à cette date) mentionne encore un report « de trois années ». La source à jour est le texte de loi (LF 2026), pas la doctrine, qui n'a pas encore été republiée. Nous le signalons en toute transparence. Détails dans la réforme du PER (LF 2026, art. 9).

70 ans : la déductibilité s'arrête

Autre nouveauté de la LF 2026 : depuis le 1er janvier 2026, les versements effectués par un titulaire âgé de 70 ans ou plus ne sont plus déductibles à l'entrée (en contrepartie, ces primes non déduites ressortent sans impôt sur le revenu). Peu impactant pour un pharmacien en pleine activité, mais c'est une borne de plus qui plaide pour maximiser ses versements déductibles tant qu'on exerce.
§ 9PRIORITÉ·3 MIN

Avant le PER : la prévoyance Madelin, une enveloppe distincte

Avant même de parler épargne, un scénario qu'on déroule à chaque titulaire : si vous êtes arrêté, votre officine continue de tourner avec ses charges (loyer, salaires de l'équipe, emprunt), mais votre revenu, lui, peut s'effondrer. Une incapacité, même temporaire, arrête à la fois votre rémunération et votre capacité à alimenter un PER. C'est pourquoi la hiérarchie est claire : on sécurise la prévoyance Madelin avant de saturer le PER d'épargne. On couvre l'arrêt de travail avant de penser rendement.

Et la prévoyance Madelin ne grignote pas votre plafond retraite : elle relève aussi de l'article 154 bis, mais sur une enveloppe distincte. Vos 88 911 € de plafond PER restent donc intacts. Le plafond du volet prévoyance et complémentaire santé est de 7 % du PASS + 3,75 % du bénéfice, le tout plafonné à 3 % de 8 PASS, soit environ 11 534 € en 2026.

L'enveloppe prévoyance Madelin du pharmacien (2026)

PLAFOND PREVOYANCE / SANTE = 7 % x PASS + 3,75 % x benefice
                           (plafonne a 3 % de 8 PASS = 11 534 EUR)

Exemple : benefice 200 000 EUR
= 7 % x 48 060 + 3,75 % x 200 000
= 3 364 + 7 500
= 10 864 EUR (sous le plafond de 11 534 EUR)

Cette enveloppe est indépendante du plafond retraite de 88 911 €. Pour une officine à 200 000 € de bénéfice, elle autorise environ 10 864 € de cotisations prévoyance / santé déductibles, sans entamer le plafond PER.

Le PER ne doit jamais évincer la prévoyance

La séquence prioritaire : d'abord des indemnités journalières et une rente d'invalidité calibrées sur votre train de vie, ensuite l'épargne PER. Saturer son PER en laissant un trou de prévoyance, c'est optimiser l'impôt en exposant l'essentiel : votre revenu et la pérennité de l'officine. Nous détaillons les garanties à viser dans la prévoyance Madelin du libéral, et l'approche dirigeant dans la prévoyance du dirigeant.
§ 10LA SORTIE·3 MIN

Sortir son PER à la retraite : capital ou rente, et la fiscalité 2026

M. Lefèvre déduit à 45 % pendant qu'il exerce. À la retraite, son officine cédée et ses revenus en baisse, il repasse souvent à 30 %. Tout le pari du PER tient dans cet écart de tranche : 45 % aujourd'hui contre 30 % demain. Encore faut-il connaître la fiscalité de sortie, qui diffère selon que vous récupérez l'épargne en capital ou en rente.

La sortie en capital

À la sortie en capital (pour des versements déduits à l'entrée), le retrait se lit en deux parts : la part « versements » est imposée au barème de l'IR, sans l'abattement de 10 % des pensions classiques. Beaucoup de simulateurs grand public appliquent quand même cet abattement de 10 % au capital : c'est faux. Le quotient, lui, reste mobilisable pour lisser une grosse sortie. La part « gains » est imposée au PFU de 31,4 % (art. 200 A du CGI).

Les prélèvements sociaux du PER, c'est 18,6 % — pas 17,2 %

C'est le taux qu'on voit le plus souvent mal repris dans les simulateurs de sortie du PER. Sur les gains du PER à la sortie, les prélèvements sociaux sont de 18,6 % (CSG 10,6 + CRDS 0,5 + solidarité 7,5, depuis la LFSS 2026), ce qui porte le PFU à 31,4 %, et non 30 %. Le taux de 17,2 % ne vaut que pour l'assurance-vie, les contrats de capitalisation et les revenus fonciers nus. Et le prélèvement réduit de 7,5 % de certains contrats anciens ne s'applique pas au PER issu de la loi PACTE. Le détail de cette dualité : prélèvements sociaux 2026 : la dualité 18,6 % / 17,2 %.

La sortie en rente

En rente, le régime diffère selon l'origine des versements. Pour des versements déduits, la rente est imposée comme une pension (rente viagère à titre gratuit, art. 158-5 du CGI), avec l'abattement de 10 %, plus les prélèvements sociaux. Pour des versements non déduits, c'est le régime de la rente viagère à titre onéreux (art. 158-6 du CGI) : seule une fraction est imposable, selon l'âge au premier versement de la rente. La base de déblocage (capital, fractionné ou rente) est posée par l'article L. 224-5 du Code monétaire et financier, et les cas de sortie anticipée par l'article L. 224-4.

Exemple chiffré : le gain net de l'arbitrage de tranche

Reprenons M. Lefèvre. À l'entrée, il déduit 42 791 € à 45 % et économise ≈ 19 256 € d'impôt immédiat. Si, à la retraite, il récupère ce capital alors que sa TMI est retombée à 30 %, la part « versements » ressort imposée à 30 % (≈ 12 837 € d'impôt sur les 42 791 €) au lieu de 45 %. L'écart de tranche — environ 15 points— représente le cœur du gain : vous avez « stocké » l'impôt à 45 % pour le « libérer » à 30 %. Les gains, eux, restent au PFU de 31,4 % à la sortie. C'est une illustration au taux 2026 : la fiscalité applicable sera celle en vigueur le jour du dénouement, qui peut différer.

Note de méthode : ce que ces chiffres disent (et ne disent pas)

Tous les montants de ce guide isolent une seule variable : l'économie d'impôt à l'entrée, certaine et immédiate, calculée aux taux 2026. Ils ne modélisent pas le rendement futur du capital une fois investi : ce dernier dépend des supports retenus (fonds en euros, unités de compte) et n'est jamais garanti. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et l'épargne en unités de compte comporte un risque de perte en capital. La fiscalité de sortie illustrée est celle de 2026 : celle qui s'appliquera au dénouement, dans dix ou vingt ans, pourra différer. Nous bâtissons toujours nos projections sur des hypothèses prudentes et explicites, validées avec votre expert-comptable.

La vraie question : votre TMI demain sera-t-elle plus basse qu'aujourd'hui ?

Le PER est gagnant si votre TMI à l'entrée (45 % en pleine activité) est supérieure à votre TMI à la sortie (souvent 30 % à la retraite) : c'est exactement le calage de tranche illustré ci-dessus. Pour comparer capital et rente au cas par cas, et arbitrer avec l'assurance-vie, voyez la fiscalité à la sortie du PER : capital ou rente et PER ou assurance-vie : que choisir selon votre profil.
§ 11RETRAITE·2 MIN

Le PER ne remplace pas la CAVP : il comble le trou de pension

Reste la question qui clôt presque tout rendez-vous, une fois le plafond chiffré : « et ma retraite obligatoire dans tout ça ? » Le pharmacien titulaire cotise déjà à une retraite obligatoire propre à sa profession : la CNAVPL pour le régime de base, et surtout la CAVP (Caisse d'Assurance Vieillesse des Pharmaciens) pour le complémentaire. La singularité de la CAVP, c'est d'associer un régime complémentaire par répartition et un régime complémentaire en partie par capitalisation obligatoire — un cas unique parmi les caisses libérales. Attention : le pharmacien relève de la CAVP, jamais de la CARMF (médecins), de la CARCDSF (dentistes) ou de la CARPIMKO (auxiliaires médicaux). Ce socle vous assure une pension — mais, au regard des revenus d'un titulaire d'officine, son taux de remplacement reste souvent faible, et l'écart à combler une fois en retraite est significatif.

Le PER ne vient pas remplacer ces régimes : il vient en plus. Là où la CAVP fonctionne pour l'essentiel en répartition, le PER capitalise votre propre épargne, à votre nom, tout en la défiscalisant à l'entrée. Il ne crée aucun point ni trimestre CAVP. Concrètement : la CAVP pose le socle obligatoire, le PER ajoute l'étage facultatif que la répartition ne financera jamais. Pour chiffrer votre pension future et les leviers de rachat, voyez la retraite CAVP du pharmacien : combien toucherez-vous vraiment et le rachat de points et les leviers pour booster la retraite. Pour replacer cet effort dans une stratégie d'ensemble, voyez la gestion de patrimoine du pharmacien titulaire.

Votre PER de pharmacien en 5 décisions

1. Le plafond. Officine en BIC, mais titulaire TNS → 154 bis, jusqu'à 88 911 € sur le bénéfice. C'est votre statut social qui ouvre le plafond, pas la nature du revenu. 2. La prévoyance Madelin d'abord, avant de saturer le PER : l'arrêt de travail expose votre revenu et l'officine — c'est une enveloppe distincte (≈ 11 534 €). 3. Le versement calibré sur votre tranche, pas sur le plafond : à 45 %, 42 791 € déduits valent environ 19 256 € d'impôt en moins — mais le bon montant est celui qui sature votre tranche haute sans assécher la trésorerie. 4. L'atout CDHR : le PER est une réduction d'assiette, il tient là où le CDHR neutralise les niches — et la déduction ne touche pas vos cotisations CAVP / URSSAF. 5. La place du PER : il complète votre retraite CAVP, il ne la remplace pas et ne lui ajoute aucun droit. Seule l'économie d'impôt de l'année est certaine ; ce que rapportera ensuite l'épargne dépend des marchés.
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Sources et références légales

  • CGI — les deux plafonds de déduction

    Art. 154 bis CGI (plafond TNS : 10 % du bénéfice dans la limite de 8 PASS, majorés de 15 % de la fraction du bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS ; plancher 4 806 € ; maximum 88 911 € en 2026 ; volet prévoyance et santé distinct : 7 % du PASS + 3,75 % du bénéfice, plafonné à 3 % de 8 PASS, soit environ 11 534 €). Art. 163 quatervicies CGI (plafond épargne retraite classique : 10 % des revenus pro nets N-1 dans la limite de 8 PASS N-1, ou 10 % du PASS N-1 ; maximum 37 680 € ; mutualisation des conjoints case 6QR, report). Art. 62 CGI (rémunération des gérants majoritaires de SELARL ou d'EURL à l'IS, qui ouvre le plafond TNS). Art. 197 CGI (barème IR 2026, seuil 30/41 % à 84 577 €, seuil 41/45 % à 181 917 € par part). Doctrine : BOI-BIC-CHG-40-50-40-10, BOI-IR-BASE-20-50-20 (version applicable au 10 juin 2026).

  • Réformes 2026 (LF / LFSS) et sortie du PER

    Loi n° 2026-103 du 19/02/2026 (LF 2026) : report des plafonds 163 quatervicies porté de 3 à 5 ans pour les plafonds générés à partir de 2026 (non rétroactif), fin de la déductibilité des versements après 70 ans depuis le 01/01/2026, reconduction de la CDHR. Loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 (LFSS 2026) : CSG sur le capital portée à 10,6 %, prélèvements sociaux sur les gains du PER à la sortie de 18,6 %, PFU de sortie de 31,4 %. Arrêté du 22/12/2025 : PASS 2026 = 48 060 € (8 PASS = 384 480 €). Sortie : art. 158-5 et 158-6 CGI, art. 200 A CGI, BOI-RSA-PENS-30-10-20, CMF art. L. 224-4 et L. 224-5.

  • Statut du pharmacien et accès au 154 bis

    L'officine est une entreprise commerciale (BIC, fonds de commerce, TVA récupérable), détenue en nom propre (commerçant) ou en SEL de pharmacie. Le titulaire est un travailleur non salarié : commerçant individuel, ou gérant majoritaire de SELARL relevant de l'article 62 du CGI. C'est ce régime social TNS qui ouvre le plafond 154 bis sur le bénéfice de l'officine — CE 8/12/2017 n° 409429 (la déduction 154 bis n'existe que sur une rémunération imposée en bénéfice professionnel ou art. 62, jamais sur les traitements et salaires ; le président de SELAS, assimilé salarié, est cantonné au 163 quatervicies). Le pharmacien relève de la CAVP, jamais de la CARMF, de la CARCDSF ou de la CARPIMKO.

  • RFR, garde-fous hauts revenus et niches

    Art. 223 sexies CGI (CEHR : 3 % au-delà de 250 000 / 500 000 € de RFR, 4 % au-delà de 500 000 / 1 000 000 €). Art. 224 CGI (CDHR : imposition minimale de 20 % du RFR au-delà de 250 000 / 500 000 €, créée par la LF 2025 — loi n° 2025-127 du 14/02/2025 art. 10, validée par le Conseil constitutionnel n° 2025-874 DC du 13/02/2025 — et reconduite par la LF 2026, loi n° 2026-103 du 19/02/2026, validée par le Conseil constitutionnel n° 2026-901 DC du 19/02/2026 ; périmètre exact du calcul et pérennité au-delà de 2026 signalés au conditionnel). Le PER, déduction d'assiette, fait reculer le RFR en amont du calcul du CDHR : il reste efficace là où les réductions d'impôt plafonnées sont neutralisées. Art. 200-0 A CGI (le PER déductible est hors du plafonnement global des niches de 10 000 €).

  • Cotisations sociales et retraite du pharmacien

    Art. L. 131-6 CSS (le versement PER déduit reste dans l'assiette des cotisations TNS ; CAVP, URSSAF). Retraite obligatoire du pharmacien : CNAVPL (régime de base), régime complémentaire et régime complémentaire en partie par capitalisation obligatoire de la CAVP (Caisse d'Assurance Vieillesse des Pharmaciens) — à distinguer de la CARMF (médecins), de la CARCDSF (dentistes) et de la CARPIMKO (auxiliaires médicaux). Valeurs de point et de cotisations 2026 à vérifier sur cavp.fr. Loi PACTE n° 2019-486 du 22/05/2019 (création du PER, fermeture des contrats Madelin à la commercialisation au 01/10/2020, transférables vers un PER).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Le calcul de votre plafond de déduction et le dimensionnement de vos versements doivent faire l'objet d'une étude individualisée, validée avec votre expert-comptable. Les chiffres et taux cités sont à jour au 10 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF/LFSS annuelles, doctrine BOFiP, jurisprudence). Les valeurs de cotisations et de point de la CAVP sont indicatives et à vérifier sur cavp.fr. Le périmètre exact de la CDHR et sa pérennité au-delà de 2026 sont signalés au conditionnel lorsque le texte ne tranche pas encore clairement. Le PER comporte un risque de perte en capital et son épargne est bloquée jusqu'à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé.

Foire aux questions

Tout sur le PER du pharmacien titulaire en 2026 plafond, simulation, CDHR, CAVP, sortie.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous avec les titulaires : combien déduire selon le bénéfice de l'officine, l'économie à 45 %, pourquoi le BIC donne quand même le plafond TNS, le piège des cotisations CAVP, pourquoi le PER tient sous le CDHR et la sortie. Réponses sourcées et à jour 2026.