Combien un pharmacien peut déduire : la réponse en 30 secondes
Chaque année, à la clôture, la même question revient : une part lourde du bénéfice de votre officine s'en va en impôt à 41 ou 45 %, et vous cherchez le levier qui en récupère le plus — légalement, sans montage hasardeux. Vous voulez un chiffre, pas un cours de fiscalité ? Le chiffre, sans détour : un pharmacien titulaire peut déduire de son bénéfice imposable jusqu'à 88 911 € en 2026 en versant sur un PER, grâce à un plafond réservé aux indépendants, l'article 154 bis du CGI. Et oui, même si votre officine relève des BIC (c'est un commerce, pas une activité libérale classique) : ce qui ouvre ce plafond, ce n'est pas la nature du revenu, c'est votre statut de travailleur non salarié — commerçant en nom propre ou gérant majoritaire de SELARL. Là où un salarié plafonne autour de 37 680 €, vous montez jusqu'à 88 911 €. L'économie d'impôt, elle, dépend de votre tranche : à 45 % — la tranche fréquente du titulaire d'officine — déduire 42 791 € (le plafond d'un bénéfice de 200 000 €), c'est environ 19 256 € d'impôt en moins dès cette année. Autrement dit, 19 000 € qui filaient au fisc deviennent de l'épargne à votre nom. Reste à voir la formule, la table bénéfice par bénéfice, l'atout face au CDHR et la sortie à la retraite — avec un garde-fou métier : la CAVP.
Le PER du pharmacien en 30 secondes
Gardez une chose en tête : 88 911 € est un plafond, pas une cible. Le bon montant à verser est celui qui « racle » votre tranche d'imposition la plus élevée sans amputer la trésorerie de l'officine ni votre épargne de précaution. Pour calculer précisément votre économie selon votre tranche, voyez notre guide calculer son économie d'impôt PER selon sa TMI. La mécanique est la même que pour tout indépendant : nous la déclinons pour l'ensemble des indépendants dans le PER de la profession libérale. Ici, on se concentre sur ce qui change pour vous, titulaire d'officine : le statut commercial, le pilotage du RFR à hauts revenus et la CAVP.
Le plafond TNS du titulaire (art. 154 bis) : la formule 10 % + 15 %
Là où un salarié s'arrête à 10 % de ses revenus, vous, indépendant, ajoutez une seconde tranche à 15 % sur le haut de votre bénéfice — de quoi presque doubler la déduction. L'article 154 bis du CGIvous autorise à déduire le plus élevé de deux montants : la formule majorée, ou un plancher de sécurité.
Officine en BIC, mais titulaire TNS : le bon plafond reste le 154 bis
La formule, chiffre pour chiffre
Le plafond se construit en deux temps : 10 % de votre bénéfice imposable (retenu dans la limite de 8 PASS), puis 15 % de la fraction de ce bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS. Si votre bénéfice est inférieur à 1 PASS, seuls les 10 % jouent — et c'est alors le plancher de 4 806 € qui prend le relais. Au-delà de 8 PASS de bénéfice (384 480 €), la majoration de 15 % cesse de courir : vous êtes au maximum, 88 911 €.
Le plafond TNS 2026 du pharmacien, du plancher au maximum
PLAFOND PER TNS = 10 % x benefice (dans la limite de 8 PASS)
+ 15 % x (min(benefice, 8 PASS) - 1 PASS)
PASS 2026 = 48 060 EUR | 8 PASS = 384 480 EUR
PLANCHER = 10 % x 1 PASS = 4 806 EUR
MAXIMUM = 10 % x 384 480
+ 15 % x (384 480 - 48 060)
= 38 448 + 50 463 = 88 911 EURLe maximum de 88 911 € suppose un bénéfice imposable d'au moins 384 480 € (8 PASS), rare en officine. En pratique, on applique la formule 10 % + 15 % sur votre bénéfice exact, et le plancher de 4 806 € s'applique tant que 10 % du bénéfice lui est inférieur.
La base de calcul, c'est le bénéfice imposable de votre officine (résultat de l'exercice après charges déductibles), au titre de l'année N— et c'est important : le PASS retenu est celui de 2026 (48 060 €), à ne pas confondre avec le plafond salarié, assis sur l'année N-1 (j'y reviens au §5). Voici les chiffres clés à mémoriser pour 2026 :
| Repère 2026 | Valeur | Rôle |
|---|---|---|
| PASS 2026 | 48 060 € | Base de la formule (arrêté du 22/12/2025) |
| 8 PASS | 384 480 € | Bénéfice au-delà duquel la majoration 15 % cesse |
| Plancher 154 bis | 4 806 € | 10 % du PASS — déduction minimale garantie |
| Maximum 154 bis | 88 911 € | Plafond atteint dès 384 480 € de bénéfice |
Pour le détail du calcul, la combinaison avec un ancien contrat Madelin et les modalités de versement, voyez le plafond TNS art. 154 bis détaillé pas à pas.
Madelin et 154 bis : la même enveloppe
Combien vous déduisez selon votre bénéfice : la table de simulation
Bénéfice par bénéfice, voilà ce que vous pouvez déduire et l'impôt économisé selon votre tranche. Trouvez la ligne de votre bénéfice imposable, l'économie se lit dans la colonne de votre tranche. Une officine à 200 000 € de bénéfice, par exemple, déduit 42 791 € et économise environ 19 256 € à 45 %.
| Bénéfice imposable | Plafond 154 bis | Éco. à 41 % | Éco. à 45 % |
|---|---|---|---|
| 100 000 € | 17 791 € | 7 294 € | 8 006 € |
| 150 000 € | 30 291 € | 12 419 € | 13 631 € |
| 180 000 € | 37 791 € | 15 494 € | 17 006 € |
| 200 000 € (cas type) | 42 791 € | 17 544 € | ≈ 19 256 € |
| 250 000 € | 55 291 € | 22 669 € | 24 881 € |
| 300 000 € | 67 791 € | 27 794 € | 30 506 € |
| ≥ 384 480 € | 88 911 € (max) | 36 454 € | 40 010 € |
La nuance qui change le résultat : un plafond n'est pas une promesse
Aller plus loin : votre bénéfice ne figure pas dans la table ?
Attention à ce que ces chiffres disent vraiment : ils mesurent l'économie d'impôt, certaine et immédiate, mais rien de la performance du PER une fois investi, qui dépend des supports choisis et n'est jamais garantie. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et le capital n'est pas garanti hors fonds en euros. Ces chiffres ne tiennent pas non plus compte de vos cotisations sociales, qui, elles, ne bougent pas : ce sera le piège n°1.
Combien le PER vous fait-il vraiment économiser ?
Un CGP indépendant calcule votre plafond 154 bis exact à partir du bénéfice de votre officine, votre économie nette à votre tranche, l'effet sur votre CEHR et votre CDHR, et le montant qui sature vraiment votre tranche — après avoir sécurisé votre prévoyance.
Cas chiffré : l'officine à 200 000 € de bénéfice, TMI 45 %
Trois cas, déroulés euro par euro. Les prénoms sont fictifs, mais les profils et les ordres de grandeur sont ceux d'un pharmacien titulaire d'officine. Ces simulations figent les taux 2026 et supposent les conditions remplies ; elles ne valent pas conseil personnalisé.
Cas 1 — M. Antoine Lefèvre, titulaire d'officine (TMI 45 %)
Plafond 154 bis : 10 % × 200 000 = 20 000 €, plus 15 % × (200 000 − 48 060) = 22 791 € → 42 791 €.
Économie d'IR : à 45 %, 42 791 × 45 % ≈ 19 256 € (à 41 %, ≈ 17 544 €).
Effet RFR : son revenu fiscal de référence baisse de 42 791 € → sa CEHR et, s'il est concerné, sa CDHR reculent d'autant (voir §7).
Note : à 45 %, chaque euro versé revient à 0,55 € de poche pour 1 € placé à son nom. Ni un compte à terme, ni une assurance-vie ne vous rendent 45 centimes par euro dès le versement.
Le piège à ne pas oublier sur ce cas
Cas 2 — Mme Garnier, grosse officine à 300 000 € de bénéfice (TMI 45 % + CEHR)
À ce niveau, son RFR de célibataire dépasse 250 000 € : la CEHR (3 %) et le CDHR (impôt minimum de 20 % du RFR) entrent dans le calcul. Mais comme le PER fait reculer le RFR lui-même, il fait reculer ces deux surtaxes en même temps : c'est précisément ce qui le distingue d'une niche plafonnée (voir §7). On formule ce point au conditionnel : voyez CEHR / CDHR : le garde-fou des hauts revenus et la CDHR du libéral : l'impôt plancher de 20 %.
Cas 3 — titulaire débutant : calibrer sur la trésorerie, pas sur le plafond
154 bis ou 163 quatervicies : les deux plafonds à ne pas confondre
Sortez votre dernier avis d'imposition : le « Plafond épargne retraite » qui y figure ne montre qu'un seul de vos deux plafonds. Ce plafond-là, c'est celui de l'article 163 quatervicies — le plafond classique, commun à tous les contribuables. Mais le titulaire d'officine, travailleur non salarié, dispose en plus du plafond spécifique TNS de l'article 154 bis, bien plus large, qui ne figure pas sur l'avis.
Art. 154 bis — le plafond TNS du titulaire
Réservé aux travailleurs non salariés (officine au réel, gérant majoritaire de SELARL). Base : le bénéfice de l'année N (PASS 2026). Formule 10 % + 15 %, maximum 88 911 €. Mais : strictement individuel, non reportable, non mutualisable. Il se déduit du bénéfice professionnel de l'officine.
Art. 163 quatervicies — le plafond classique
Commun à tous (salariés, épargne personnelle). Base : les revenus de l'année N-1 (PASS 2025). Formule 10 % seulement, maximum 37 680 €. Mais : mutualisable entre conjoints (case 6QR) et reportable (3 ans, porté à 5 ans par la LF 2026). Il se déduit du revenu global (2042).
Deux bases PASS à ne pas confondre : N pour le TNS, N-1 pour le salarié
Comment les deux plafonds s'articulent
Non, les deux ne se cumulent pas : un même euro versé ne se déduit qu'une seule fois. En pratique, ce qui est déduit au titre du 154 bis vient en diminution du disponible calculé au titre du 163 quatervicies — l'anti-double-emploi de la doctrine BOI-IR-BASE-20-50-20. Pour le titulaire « pur officine », le 154 bis est de loin le plafond utile ; le 163 quatervicies résiduel sert surtout à un conjoint salarié. Pour visualiser tout votre disponible, voyez votre plafond PER 2026 : disponible, report et mutualisation.
Le piège social : déductible de l'impôt ≠ déductible des cotisations
Camille, titulaire à Aix, me l'a posée mot pour mot le mois dernier : « j'ai mis 30 000 € sur mon PER, ça allège mes cotisations CAVP, non ? » Réponse : non. Le versement PER déduit fait baisser l'impôt sur le revenu, mais il reste dans l'assiette de vos cotisations sociales obligatoires— CAVP et URSSAF (fondement : art. L. 131-6 du Code de la sécurité sociale). Vous cotisez sur la somme versée comme si vous ne l'aviez pas versée.
Concrètement, ça change deux choses. D'abord l'évident : l'avantage du PER tient dans la colonne « éco. » de la table ci-dessus — l'économie « versement × TMI » (plus le recul des surtaxes assises sur le RFR), ni un euro de CAVP en moins. Ensuite le piège qu'on voit moins venir : quand vous arbitrez entre vous rémunérer / sortir davantage et verser sur un PER, vous touchez à l'assiette qui nourrit vos droits sociaux(retraite de base, indemnités journalières). D'où une règle simple : le bon montant ne se fixe pas au tableau, il se cale sur votre tranche réelle et le besoin de trésorerie de l'officine — et ça, c'est typiquement ce qu'on cale à trois avant la clôture : vous, votre expert-comptable et nous.
Le malentendu qu'on corrige le plus souvent en rendez-vous
Pourquoi le PER tient sous le CDHR (et pas les niches)
C'est l'argument qui, depuis 2025, fait basculer le PER en tête des leviers du titulaire à très hauts revenus — et que vos confrères découvrent souvent trop tard, après avoir signé un Girardin en décembre. Depuis la loi de finances 2025, reconduite en 2026, le CDHR (contribution différentielle sur les hauts revenus, article 224 du CGI) garantit que votre imposition atteigne au moins 20 % de votre revenu fiscal de référence, dès que ce RFR dépasse 250 000 € (célibataire) ou 500 000 € (couple). Ce que ça change pour vous : les réductions d'impôt plafonnées — FIP, FCPI, Girardin — que l'on vous propose en fin d'année pour « effacer l'impôt » sont largement neutralisées. Elles font baisser votre impôt sous le plancher de 20 %, et le CDHR le rattrape aussitôt : l'avantage est repris.
Le PER, lui, échappe à ce rattrapage, parce qu'il n'agit pas au même endroit du calcul. Ce n'est pas une réduction d'impôt : c'est une réduction d'assiette. Il ne vient pas s'imputer sur l'impôt à la fin du calcul ; il fait reculer le RFR lui-même, en amont. Or le CDHR se calcule sur le RFR. En faisant baisser le RFR, le PER fait baisser à la fois la base de l'impôt, la base de la CEHR et la base du CDHR. Il agit avantle plancher de 20 %, pas après : le CDHR n'a rien à reprendre.
| Type de levier | Exemples | Effet du CDHR (impôt min. 20 % du RFR) |
|---|---|---|
| Réduction d'IMPÔT (plafonnée) | FIP, FCPI, Girardin, Sofica | Largement neutralisée : fait passer l'IR sous 20 % → repris |
| Réduction d'ASSIETTE | PER 154 bis, prévoyance Madelin, déficit foncier | Efficace : baisse le RFR en amont, donc baisse aussi la base du CDHR |
La conséquence pratique pour le titulaire à très haut revenu
154 bis : ni reportable, ni mutualisable (maintenant ou jamais)
Le deuxième piège, on le découvre toujours trop tard — fin décembre, quand le compteur du 154 bis s'apprête à se remettre à zéro. Car les deux plafonds ne se traitent pas pareil dans le temps : le plafond TNS de l'article 154 bis non utilisé à la clôture de l'exercice est définitivement perdu : il n'est ni reportable sur les années suivantes, ni mutualisable avec votre conjoint. À l'inverse, le 163 quatervicies est, lui, à la fois reportable et mutualisable. Pour un titulaire TNS, au 31 décembre le compteur du 154 bis est remis à zéro, sans report possible.
| Levier | Plafond 154 bis (TNS) | Plafond 163 quatervicies |
|---|---|---|
| Report dans le temps | Non — perdu en fin d'exercice | Oui : 3 ans, porté à 5 ans (LF 2026, plafonds ≥ 2026) |
| Mutualisation entre conjoints | Non — strictement individuel | Oui (case 6QR de la 2042) |
La loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) a porté le report du 163 quatervicies de 3 à 5 ans — mais uniquement pour les plafonds générés à compter de 2026(mesure non rétroactive). Rappel utile : tout cela ne concerne que le 163 quatervicies, jamais le 154 bis du titulaire.
Doctrine non encore à jour : citez le texte de loi
70 ans : la déductibilité s'arrête
Avant le PER : la prévoyance Madelin, une enveloppe distincte
Avant même de parler épargne, un scénario qu'on déroule à chaque titulaire : si vous êtes arrêté, votre officine continue de tourner avec ses charges (loyer, salaires de l'équipe, emprunt), mais votre revenu, lui, peut s'effondrer. Une incapacité, même temporaire, arrête à la fois votre rémunération et votre capacité à alimenter un PER. C'est pourquoi la hiérarchie est claire : on sécurise la prévoyance Madelin avant de saturer le PER d'épargne. On couvre l'arrêt de travail avant de penser rendement.
Et la prévoyance Madelin ne grignote pas votre plafond retraite : elle relève aussi de l'article 154 bis, mais sur une enveloppe distincte. Vos 88 911 € de plafond PER restent donc intacts. Le plafond du volet prévoyance et complémentaire santé est de 7 % du PASS + 3,75 % du bénéfice, le tout plafonné à 3 % de 8 PASS, soit environ 11 534 € en 2026.
L'enveloppe prévoyance Madelin du pharmacien (2026)
PLAFOND PREVOYANCE / SANTE = 7 % x PASS + 3,75 % x benefice
(plafonne a 3 % de 8 PASS = 11 534 EUR)
Exemple : benefice 200 000 EUR
= 7 % x 48 060 + 3,75 % x 200 000
= 3 364 + 7 500
= 10 864 EUR (sous le plafond de 11 534 EUR)Cette enveloppe est indépendante du plafond retraite de 88 911 €. Pour une officine à 200 000 € de bénéfice, elle autorise environ 10 864 € de cotisations prévoyance / santé déductibles, sans entamer le plafond PER.
Le PER ne doit jamais évincer la prévoyance
Sortir son PER à la retraite : capital ou rente, et la fiscalité 2026
M. Lefèvre déduit à 45 % pendant qu'il exerce. À la retraite, son officine cédée et ses revenus en baisse, il repasse souvent à 30 %. Tout le pari du PER tient dans cet écart de tranche : 45 % aujourd'hui contre 30 % demain. Encore faut-il connaître la fiscalité de sortie, qui diffère selon que vous récupérez l'épargne en capital ou en rente.
La sortie en capital
À la sortie en capital (pour des versements déduits à l'entrée), le retrait se lit en deux parts : la part « versements » est imposée au barème de l'IR, sans l'abattement de 10 % des pensions classiques. Beaucoup de simulateurs grand public appliquent quand même cet abattement de 10 % au capital : c'est faux. Le quotient, lui, reste mobilisable pour lisser une grosse sortie. La part « gains » est imposée au PFU de 31,4 % (art. 200 A du CGI).
Les prélèvements sociaux du PER, c'est 18,6 % — pas 17,2 %
La sortie en rente
En rente, le régime diffère selon l'origine des versements. Pour des versements déduits, la rente est imposée comme une pension (rente viagère à titre gratuit, art. 158-5 du CGI), avec l'abattement de 10 %, plus les prélèvements sociaux. Pour des versements non déduits, c'est le régime de la rente viagère à titre onéreux (art. 158-6 du CGI) : seule une fraction est imposable, selon l'âge au premier versement de la rente. La base de déblocage (capital, fractionné ou rente) est posée par l'article L. 224-5 du Code monétaire et financier, et les cas de sortie anticipée par l'article L. 224-4.
Exemple chiffré : le gain net de l'arbitrage de tranche
Note de méthode : ce que ces chiffres disent (et ne disent pas)
La vraie question : votre TMI demain sera-t-elle plus basse qu'aujourd'hui ?
Le PER ne remplace pas la CAVP : il comble le trou de pension
Reste la question qui clôt presque tout rendez-vous, une fois le plafond chiffré : « et ma retraite obligatoire dans tout ça ? » Le pharmacien titulaire cotise déjà à une retraite obligatoire propre à sa profession : la CNAVPL pour le régime de base, et surtout la CAVP (Caisse d'Assurance Vieillesse des Pharmaciens) pour le complémentaire. La singularité de la CAVP, c'est d'associer un régime complémentaire par répartition et un régime complémentaire en partie par capitalisation obligatoire — un cas unique parmi les caisses libérales. Attention : le pharmacien relève de la CAVP, jamais de la CARMF (médecins), de la CARCDSF (dentistes) ou de la CARPIMKO (auxiliaires médicaux). Ce socle vous assure une pension — mais, au regard des revenus d'un titulaire d'officine, son taux de remplacement reste souvent faible, et l'écart à combler une fois en retraite est significatif.
Le PER ne vient pas remplacer ces régimes : il vient en plus. Là où la CAVP fonctionne pour l'essentiel en répartition, le PER capitalise votre propre épargne, à votre nom, tout en la défiscalisant à l'entrée. Il ne crée aucun point ni trimestre CAVP. Concrètement : la CAVP pose le socle obligatoire, le PER ajoute l'étage facultatif que la répartition ne financera jamais. Pour chiffrer votre pension future et les leviers de rachat, voyez la retraite CAVP du pharmacien : combien toucherez-vous vraiment et le rachat de points et les leviers pour booster la retraite. Pour replacer cet effort dans une stratégie d'ensemble, voyez la gestion de patrimoine du pharmacien titulaire.
Votre PER de pharmacien en 5 décisions
Optimiser votre PER de pharmacien avec Quentin Hagnéré
Cabinet de Chambéry, 100 % indépendant. On calcule votre plafond 154 bis exact à partir du bénéfice de l'officine, on mesure l'effet sur votre CEHR et votre CDHR, on sécurise d'abord votre prévoyance Madelin, et on calibre vos versements avec votre expert-comptable. Si saturer le plafond cette année assèche la trésorerie de l'officine pour rien, on vous le dira.

