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Guide pharmaciens titulaires 202616 minMis à jour 10 juin 2026Transmission familiale

Transmettre son officine à ses enfants : donation, pacte Dutreil et SPFPL

Transmettre une officine de 1,2 M€ à votre enfant pharmacien sans le ruiner en droits de donation, c'est possible — à condition de combiner les bons leviers et de respecter une contrainte que les conseils généralistes oublient : votre repreneur doit être pharmacien diplômé inscrit à l'Ordre. Pacte Dutreil (−75 %), abattement de 100 000 € par parent, démembrement : bien combinés, ces outils ramènent la facture sous le pour-cent de la valeur transmise. Voici la méthode, chiffrée, à jour LF 2026. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

TRANSMISSION PHARMACIEN 2026

Transmettre votre officine à vos enfants donation Dutreil, démembrement, SPFPL

Audit de votre transmission familiale : vérification du statut du repreneur (pharmacien inscrit à l'Ordre), pacte Dutreil sur parts de SEL ou SPFPL animatrice, empilement abattement 100 000 € + réduction 50 %, donation démembrée, gestion de la trésorerie placée et calendrier sur 5 à 10 ans. Cabinet 100 % indépendant, modélisation chiffrée avec votre expert-comptable et votre notaire.

  • Pacte Dutreil sécurisé sur SEL d'officine
  • Arbitrage pleine propriété / démembrement
  • Trésorerie SPFPL et assiette Dutreil
  • Cabinet 100 % indépendant

PACTE DUTREIL

-75 %

ABATTEMENT / PARENT

100 000 €

RÉDUCTION < 70 ANS

-50 %

NUE-PROPRIÉTÉ (61-70 ANS)

60 %

DUTREIL — DURÉE TOTALE

8 ans

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1DONNER ≠ VENDRE·3 MIN

Donner plutôt que vendre : pourquoi la transmission familiale change tout

Transmettre ≠ vendre : ne confondez pas les deux voies

Quand un confrère me dit « je veux passer mon officine à ma fille », la première chose que je clarifie, c'est s'il pense donner ou vendre. Donner, c'est une transmission à titre gratuit : on entre dans les droits de mutation à titre gratuit (DMTG), sans plus-value et sans aucun prélèvement social. Vendre à son enfant, c'est une cession onéreuse : la plus-value sur les parts de SEL est taxée à 31,4 % (12,8 % d'impôt + 18,6 % de prélèvements sociaux depuis la LFSS 2026), avec en prime un risque de donation déguisée si le prix est minoré (article L. 64 du Livre des procédures fiscales, pénalités jusqu'à 80 %). Cette page traite exclusivement de la donation.

Ce qu'il faut retenir avant de prendre rendez-vous chez le notaire

  • La donation bat la vente pour transmettre à un descendant : pas de plus-value, pas de prélèvements sociaux, et un empilement de leviers que la vente ne permet pas.
  • Contrainte préalable : votre enfant exploitant doit être pharmacien inscrit à l'Ordre. À vérifier en tout premier, avant le moindre montage.
  • Quatre leviers se combinent : abattement de 100 000 €, pacte Dutreil (−75 %), réduction de 50 % avant 70 ans, démembrement de la nue-propriété.
  • Résultat : une officine de 1,2 M€ peut se transmettre pour environ 1 % de droits avec Dutreil et démembrement, voire à 0 € en couple.

Votre fille vient d'obtenir son diplôme de pharmacien, et vous vous demandez comment lui passer le flambeau sans qu'une moitié de la valeur de l'officine parte en impôt. La bonne nouvelle : pour une officine de valeur, l'écart entre donner et vendre n'est pas marginal — il se chiffre en centaines de milliers d'euros. Sur une officine logée dans une SELARL à 1,2 M€, la vente des parts à un enfant déclencherait une plus-value pouvant atteindre environ 377 000 € au taux plein de 31,4 % (avant tout abattement), là où une donation bien préparée — pacte Dutreil, abattement de 100 000 €, réduction de 50 % — ramène les droits à 1 % ou moins de la valeur transmise. Logique : une donation, ça se prépare, ça s'échelonne, ça empile les abattements — là où la vente solde tout d'un coup, au taux plein.

Mais deux choses changent la donne, et une officine n'est pas une PME comme une autre. D'abord, votre repreneur doit être pharmacien diplômé inscrit à l'Ordre pour exploiter : l'officine relève d'un monopole pharmaceutique, une profession réglementée. Ensuite, la valeur loge le plus souvent dans des parts de SELARL ou de SELAS d'officine, voire dans une SPFPL, ce qui ouvre des leviers d'ingénierie (Dutreil sur titres, démembrement, SPFPL animatrice) qu'une officine exploitée en nom propre n'offre pas aussi facilement.

Une précision sur les prélèvements sociaux 2026, qui pèsent sur le choix donner / vendre : depuis la LFSS 2026 (CSG portée à 10,6 %), la cession de parts de SEL (plus-value mobilière) comme la cession du fonds d'officine (plus-value professionnelle) supportent désormais 18,6 % de PS — la hausse vise aussi les plus-values professionnelles. La vraie différence entre céder le fonds et céder les parts ne tient donc plus au taux de PS (18,6 % des deux côtés), mais aux dispositifs d'exonération accessibles (articles 151 septies, 238 quindecies et 151 septies A pour le fonds ; abattement de 500 000 € de l'article 150-0 D ter pour les parts). Si votre projet est au contraire de vendre à un confrère tiers (et non de transmettre à un enfant), c'est une autre logique fiscale, centrée sur l'exonération de plus-value : voyez vendre son officine à un tiers : exonérer la plus-value au départ en retraite et la page pilier transmettre son cabinet de libéral : le pacte Dutreil en détail.

Hagnéré Patrimoine

Donner ou vendre votre officine : quel est le bon scénario pour vous ?

Un CGP indépendant compare les deux voies sur votre situation réelle (valeur de l'officine, âge, profil du repreneur), chiffre le coût de chacune et sécurise le montage avec votre notaire.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 2LA CONTRAINTE ORDINALE·3 MIN

Première contrainte : votre enfant doit être pharmacien inscrit à l'Ordre

Avant de parler de Dutreil, d'abattements ou de SPFPL, une question peut faire échouer tout le reste : à qui transmettez-vous ? Une officine est une activité réglementée, soumise au monopole pharmaceutique, et la détention de la SEL qui la porte est strictement encadrée. Si vous bâtissez une belle ingénierie fiscale sur un repreneur qui ne pourra jamais exploiter, vous aurez optimisé un montage que votre enfant n'aura jamais le droit de faire tourner.

Le réflexe n° 1 : vérifier le statut du repreneur avant tout

Avant d'engager le moindre montage, vérifiez l'inscription (ou le cursus en cours) de votre enfant à l'Ordre national des pharmaciens, en section A (titulaires d'officine). C'est ce statut qui détermine la suite : exploiter et diriger l'officine (et reprendre la gérance, condition du pacte Dutreil), ou seulement détenir quelques parts dans des limites restreintes.

Votre enfant est pharmacien : il peut exploiter et diriger

Une SEL de pharmaciens d'officine (SELARL, SELAS), ainsi que la SPFPL qui la détient, doit avoir plus de la moitié de son capital et de ses droits de vote entre les mains de pharmaciens exerçant au sein de l'officine (loi n° 90-1258 du 31 décembre 1990, ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023, articles R. 5125-14 et suivants du Code de la santé publique, contrôle du Conseil national de l'Ordre des pharmaciens). Si votre enfant est pharmacien inscrit en section A, il coche toutes les cases : il peut recevoir la majorité des parts, exploiter, reprendre la gérance — et donc remplir la condition de direction du pacte Dutreil que nous verrons en section 4.

Votre enfant n'est pas pharmacien : portage et catégorie non professionnelle

S'il n'est pas pharmacien, votre enfant ne peut pas exploiter, mais il peut tout de même détenir des parts dans la catégorie non professionnelle, dans des limites encadrées, sans jamais que les non-professionnels ne franchissent la barre de la majorité. En cas de décès, les ayants droit non professionnels peuvent conserver les parts pendant un délai de mise en conformité (de l'ordre de 5 ans, à confirmer au regard des décrets, les anciens pharmaciens disposant d'un délai distinct), le temps d'organiser la cession à un confrère. Ces règles, issues de la loi n° 90-1258 et de l'ordonnance n° 2023-77, sont en évolution : le détail exact doit être vérifié auprès de l'Ordre.

À conditionner : règles ordinales et plafond de détention

Les seuils de détention, le nombre de SEL d'officine qu'une SPFPL peut détenir et les délais de régularisation des héritiers non professionnels sont encadrés par le Code de la santé publique (articles R. 5125-14 et suivants), dans une logique de lutte contre la concentration du réseau officinal. Le plafond exact est de l'ordre de quelques sociétés — nous ne le figeons pas ici car ces règles évoluent et doivent être confirmées auprès du Conseil de l'Ordre. Retenez aussi que la SPFPL ne peut pas détenir 100 % de la SEL : le pharmacien exploitant conserve une participation directe. Ne bâtissez jamais une transmission sur un plafond supposé : faites valider la structure de détention par votre conseil et l'Ordre. Pour comprendre l'intérêt d'interposer une holding, voyez la SPFPL d'officine : détention, mère-fille et structuration et la SPFPL en profession libérale.
§ 3LE SOCLE·2 MIN

Le socle : l'abattement de 100 000 € et le barème des droits de donation

On commence par le socle, l'article 779 du CGI — sous-utilisé parce qu'on oublie de le recharger. Il accorde un abattement de 100 000 € par parent et par enfant, qui se reconstitue tous les 15 ans. Un couple peut donc transmettre 200 000 € par enfant en franchise totale de droits, puis recommencer 15 ans plus tard. Sur la durée, fractionner les donations permet de « recharger » cet abattement plusieurs fois.

Au-delà de l'abattement, les droits sont calculés au barème en ligne directe de l'article 777, progressif de 5 % à 45 %. En pratique, la majeure partie d'une transmission de parts tombe dans la tranche à 20 % (de 15 932 € à 552 324 €). Sauf que ce barème ne mord jamais sur la valeur brute : on l'applique à une assiette déjà laminée par le pacte Dutreil et, le cas échéant, par le démembrement.

Barème des droits de donation en ligne directe (article 777 CGI). La majeure partie d'une transmission de parts, une fois l'assiette réduite par le Dutreil, reste dans la tranche à 20 %.
Fraction taxable (après abattement)Taux (art. 777)
Jusqu'à 8 072 €5 %
De 8 072 € à 12 109 €10 %
De 12 109 € à 15 932 €15 %
De 15 932 € à 552 324 €20 %
De 552 324 € à 902 838 €30 %
De 902 838 € à 1 805 677 €40 %
Au-delà de 1 805 677 €45 %

Un exemple chiffré : ce que change le pacte Dutreil sur l'assiette

Prenons des parts d'officine valorisées 400 000 € données par un parent. Sans Dutreil : assiette de 400 000 €, moins l'abattement de 100 000 €, soit 300 000 € taxables au barème 777 — l'essentiel dans la tranche à 20 %, pour environ 58 000 € de droits. Avec Dutreil : assiette ramenée à 400 000 × 25 % = 100 000 €, entièrement absorbée par l'abattement de 100 000 € — soit 0 € de droits. Barème identique, geste identique — seule l'assiette a bougé. C'est pourquoi la suite de ce guide se concentre sur ce qui réduit l'assiette.

Pour le détail des abattements, du barème et des règles générales de la donation, voyez la page pilier donation : abattements, barème et réduction de 50 %. Ici, on se concentre sur ce qui est spécifique à l'officine : le pacte Dutreil sur les parts de SEL.

§ 4LE LEVIER CENTRAL·4 MIN

Le levier central : le pacte Dutreil et ses -75 % sur les parts de SEL

C'est le dispositif central de toute transmission d'entreprise. Le pacte Dutreil (article 787 B du CGI) permet de transmettre des titres de société en n'étant taxé que sur 25 % de leur valeur — soit un abattement de 75 % sur l'assiette des droits de mutation. Sur une officine à sept chiffres, il pèse plus que tous les autres leviers réunis.

L'officine, activité commerciale clairement éligible

Et le pharmacien part avec un avantage : l'article 787 B vise les titres de société exerçant une activité commerciale, industrielle, artisanale, libérale ou agricole. Or l'officine est une activité commerciale par nature — fonds de commerce, vente de marchandises (médicaments, parapharmacie) — ce qui la place au cœur de cible du dispositif, plus nettement encore qu'une profession purement libérale. Les parts d'une SELARL ou SELAS d'officine — comme les titres d'une SPFPL animatrice de groupe — sont donc éligibles à l'abattement de 75 % (BOI-ENR-DMTG-10-20-40-10). Prudence cependant : le BOFiP ne consacre aucune doctrine spécifique aux SEL de santé, dont la gouvernance est strictement encadrée. L'éligibilité s'apprécie au cas par cas, en vérifiant la prépondérance de l'activité opérationnelle de l'officine.

Les engagements : collectif, individuel et direction

Le pacte tient sur trois engagements. Un engagement collectif de conservation d'au moins 2 ans, portant pour une société non cotée sur au moins 17 % des droits financiers et 34 % des droits de vote. Un engagement individuel de conservation pris par le donataire, porté à 6 ans par la loi de finances 2026. Et l'exercice d'une fonction de direction par l'un des donataires : c'est votre enfant pharmacien qui reprend la gérance de l'officine. L'engagement collectif peut être « réputé acquis » lorsque vous détenez les titres et exercez la direction depuis au moins 2 ans avant la donation.

Les nouveautés de la loi de finances 2026

La loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026, article 8) a allongé l'engagement individuel de 4 à 6 ans pour les transmissions réalisées à compter du 21 février 2026 : la durée totale de conservation atteint désormais 8 ans. Elle a par ailleurs recentré l'exonération sur les actifs affectés à l'exploitation (les biens non opérationnels et somptuaires seraient exclus de l'assiette exonérée), ce qui vise tout particulièrement la trésorerie placée dans une SPFPL — nous y consacrons la section 5. Enfin, un arrêt à retenir : en réputé acquis, la fonction de direction post-transmission doit être exercée par le donataire (votre enfant), pas par le donateur (Cass. com., 24 janvier 2024, n° 22-10413).

Les engagements du pacte Dutreil 2026 (art. 787 B). Durée totale de conservation : 8 ans (2 + 6). La direction doit être exercée par un donataire, jamais par le donateur en réputé acquis.
EngagementDuréeQui ?Condition clé
Collectif≥ 2 ans (ou réputé acquis)Donateur (avant donation)17 % financier / 34 % droits de vote (non coté)
Individuel6 ans (LF 2026)Donataire (l'enfant)Conservation des titres reçus
DirectionPendant le collectif + 3 ans aprèsUn donataire (enfant pharmacien)Fonction de direction effective

Mémo express

Holding interposée : SPFPL animatrice ou passive

Vous pouvez donner directement vos parts de SEL, ou interposer une SPFPL et donner les parts de la holding. Deux régimes selon le rôle de la holding :

  • SPFPL animatrice de groupe (au sens de l'arrêt Cofices, CE 13 juin 2018, n° 395495) : l'abattement Dutreil porte sur 100 % de la valeur des titres de la holding.
  • SPFPL passive : l'abattement ne s'applique qu'au prorata de la participation détenue dans la SEL opérationnelle.

Le pacte Dutreil admet jusqu'à deux niveaux d'interposition. L'animation s'apprécie au jour du fait générateur et la preuve en incombe au contribuable : la prépondérance des titres de filiales opérationnelles est jugée à cette date (Cass. com., 14 octobre 2020, n° 18-17.955).

Pour approfondir le mécanisme et la réforme récente : le pacte Dutreil 2026 (75 % d'abattement) et l'engagement individuel porté à 6 ans (LF 2026).

§ 5PIÈGE LF 2026·3 MIN

Le piège 2026 : la trésorerie placée dans votre SPFPL sort de l'assiette Dutreil

C'est le point aveugle de la plupart des guides sur l'officine, et c'est précisément celui qui fait dérailler les transmissions les mieux préparées. Beaucoup de pharmaciens ont, au fil des années, fait remonter les dividendes de leur SEL dans une SPFPL et les y ont placés (contrats de capitalisation, comptes-titres, SCPI). Cette trésorerie, que personne ne vous reprochera d'avoir constituée, devient un caillou dans la chaussure le jour de la donation Dutreil.

Trésorerie placée : ce qui passait inaperçu peut désormais coûter cher

La loi de finances 2026 recentre l'exonération de 75 % sur les actifs affectés à l'exploitation ou à l'animation. Une SPFPL gorgée de placements financiers peut soit perdre son caractère animateur — les actifs non opérationnels deviennent prépondérants et la holding bascule en société patrimoniale, inéligible —, soit voir la fraction de trésorerie non affectée à l'exploitation exclue de l'assiette des 75 % et taxée plein barème. Dans les deux cas, l'avantage Dutreil est rogné, voire perdu.

La date qui compte, c'est le fait générateur (la donation ou le décès), et c'est au bénéficiaire de prouver l'animation. La Cour de cassation l'a rappelé avec force : animer des sociétés non opérationnelles n'ouvre pas droit au pacte Dutreil (Cass. com., 17 décembre 2025, n° 24-17.415). Plusieurs cours d'appel ont, en 2025, écarté l'animation lorsque la trésorerie excédentaire prenait le pas sur les participations opérationnelles. Les cours d'appel ont resserré la vis en 2025 ; sur une officine, ça se prépare deux ou trois ans avant la donation, pas le jour de l'acte.

Méthode

Nettoyer la SPFPL avant la donation : trois réflexes

  • Distribuer ou réemployer la trésorerie excédentaire en amont (distribution aux associés, réinvestissement opérationnel dans l'officine, financement d'un rachat de soulte ou de murs d'exploitation).
  • Sortir les placements purement patrimoniaux de la SPFPL (les loger dans le patrimoine privé ou une autre structure), pour que la holding redevienne majoritairement composée de la participation dans la SEL.
  • Documenter l'animation : convention d'animation, procès-verbaux, prestations effectives rendues à la SEL — la preuve se prépare, elle ne s'improvise pas le jour de la donation.

Pour piloter cette trésorerie sans casser le Dutreil, voyez trésorerie placée en SPFPL : où la loger sans fragiliser l'exonération et, au niveau de la société d'exploitation, placer la trésorerie de l'officine ou le compte courant d'associé du pharmacien.

§ 6< 70 ANS·2 MIN

La fenêtre des moins de 70 ans : la réduction de 50 % des droits

Peu de confrères pensent à l'article 790 du CGI, alors qu'il divise la facture par deux. Il accorde une réduction de 50 % des droits de donation lorsque trois conditions sont réunies : la donation porte sur des titres éligibles au pacte Dutreil, elle est consentie en pleine propriété, et le donateur a moins de 70 ans. Cette réduction est bien toujours en vigueur en juin 2026 : elle n'a pas été abrogée par la loi de finances. Elle se cumule avec le Dutreil : on applique d'abord l'abattement de 75 % sur l'assiette, puis l'abattement de 100 000 €, on calcule les droits, et on les divise par deux (BOI-ENR-DMTG-20-30-20-50 § 10).

L'ordre d'empilement en pleine propriété, donateur de moins de 70 ans

Droits finaux = [ (valeur x 25 % apres Dutreil) - 100 000 EUR ] x bareme 777, le tout x 50 %

Exemple, parts d officine valorisees 1 200 000 EUR (un parent) :
  Dutreil   : 1 200 000 x 25 %     = 300 000 EUR (assiette)
  Abattement: 300 000 - 100 000    = 200 000 EUR (base taxable)
  Bareme 777 (ligne directe)       ≈ 38 200 EUR de droits
  Reduction 790 (-50 %)            ≈ 19 100 EUR de droits finaux

La réduction de l'article 790 porte sur les DROITS, pas sur l'assiette : on ne peut donc pas additionner mécaniquement les pourcentages. En couple (deux abattements de 100 000 €), la base et les droits chutent encore — voir la section 9. Montants indicatifs au barème 777, à confirmer avec votre notaire.

PIÈGE : la réduction de 50 % est incompatible avec le démembrement

Le piège, et il coûte cher : la réduction de 50 % de l'article 790 ne joue qu'en pleine propriété (BOI-ENR-DMTG-20-30-20-50 § 35). Dès que vous démembrez — en donnant seulement la nue-propriété —, cette réduction est perdue. Vous ne pouvez donc jamais cumuler « donation de nue-propriété » et « réduction de 50 % ». C'est un arbitrage : pleine propriété avec −50 %, ou nue-propriété démembrée avec une assiette réduite par le barème 669. Nous le posons qualitativement en section 8, puis le chiffrons sur l'officine de 1,2 M€ en section 9.
§ 7DÉMEMBREMENT·3 MIN

Donner la nue-propriété : réduire l'assiette tout en gardant ses revenus

Le pharmacien qui vise un départ à 65 ans mais veut garder les dividendes de son officine se tourne presque toujours vers le démembrement : donner la nue-propriété des parts en conservant l'usufruit. Votre enfant devient nu-propriétaire des parts ; vous, vous continuez d'encaisser les dividendes de l'officine et de tenir les rênes de la gérance. Les droits de donation ne sont alors calculés que sur la valeur de la nue-propriété, donc plus faible.

Le barème de l'article 669

La valeur de la nue-propriété est fixée forfaitairement par le barème de l'article 669, selon l'âge de l'usufruitier (vous). Le barème récompense l'anticipation. À 62 ans, la nue-propriété ne pèse que 60 % de la pleine propriété : vous n'êtes taxé que sur cette fraction, et le Dutreil rabote encore ce qui reste.

Barème fiscal de l'usufruit et de la nue-propriété (article 669 CGI). On donne la nue-propriété (décotée selon l'âge), on conserve l'usufruit et les dividendes.
Âge de l'usufruitier (donateur)Valeur de l'usufruitValeur de la nue-propriété
51 à 60 ans50 %50 %
61 à 70 ans40 %60 %
71 à 80 ans30 %70 %
81 à 90 ans20 %80 %

La reconstitution en franchise au décès

L'avantage décisif du démembrement : à votre décès, l'usufruit s'éteint et la pleine propriété se reconstitue automatiquement sur la tête de votre enfant, en franchise totale de droits (article 1133 du CGI). Vous n'aurez payé de droits, des années plus tôt, que sur la seule nue-propriété décotée.

Le piège statutaire : démembrement + Dutreil

Démembrer ET appliquer le Dutreil : la clause statutaire indispensable

Pour cumuler démembrement et pacte Dutreil, les statuts de la société doivent limiter le droit de vote de l'usufruitier aux seules décisions d'affectation des bénéfices (article 787 B, i du CGI). À défaut, l'exonération de 75 % est perdue. Par ailleurs, attention au régime mère-fille (articles 145 et 216 du CGI) : l'usufruitier en est en principe exclu, point à border si l'usufruit porte sur des parts de SPFPL. Enfin, si l'usufruitier perçoit les dividendes via une SPFPL, la Cour de cassation a jugé que la holding ne fait pas écran aux cotisations sociales TNS sur les dividendes de SEL (Cass. 2e civ., 19 octobre 2023, n° 21-20.366). À border avec votre conseil. Pour le détail du démembrement, voyez donner la nue-propriété : démembrement et barème 669.
§ 8L'ARBITRAGE·2 MIN

Pleine propriété ou démembrement : l'arbitrage à chiffrer

Pleine propriété ou démembrement : il faut choisir, on ne cumule pas la réduction de 50 % et la décote du 669. La réduction de 50 % (article 790) suppose la pleine propriété ; le démembrement, lui, réduit l'assiette mais fait perdre cette réduction. Tout dépend de l'âge du donateur et de l'usage qu'il fait des dividendes.

Pleine propriété < 70 ans (−75 % puis −50 %)

On transmet à la fois la propriété des parts et les dividendes. Dutreil −75 % sur l'assiette, abattement 100 000 €, puis réduction de 50 % des droits. Avantage : facture de droits souvent la plus basse en couple, et l'enfant reçoit une liquidité immédiate (dividendes de l'officine). Inconvénient : vous perdez les revenus de l'officine et le contrôle.

Nue-propriété démembrée (assiette 60 %, −75 %)

On donne la nue-propriété, on garde l'usufruit. Assiette réduite par le barème 669 (60 % à 61-70 ans) PUIS Dutreil −75 %. Avantage : vous conservez les dividendes (complément de la retraite CAVP) et reconstitution en franchise au décès (1133) ; en couple, le double abattement peut ramener les droits à 0 €. Inconvénient : pas de réduction de 50 %, et l'enfant ne touche pas les revenus tout de suite.

Mémo express

Sophie à 62 ans, Marc à 68 : le même calcul donne deux réponses opposées

Le bon arbitrage dépend de trois variables :

  • Votre âge : plus vous êtes jeune, plus le démembrement décote l'assiette (barème 669) — mais plus la réduction de 50 % en pleine propriété est aussi accessible.
  • Votre besoin de revenus : si vous comptez sur les dividendes pour compléter votre retraite CAVP, le démembrement (qui conserve l'usufruit) s'impose.
  • Le projet de votre enfant repreneur : veut-il les dividendes tout de suite (pour rembourser un rachat de parts ou une soulte), ou seulement devenir propriétaire à terme, à votre décès ?

La règle ne se tranche jamais dans l'abstrait : on pose les deux additions côte à côte et on retient la moins chère, à besoin de revenus équivalent. Voyons ce que ça donne, chiffres en main, sur une officine de 1,2 M€.

§ 9CAS CHIFFRÉ·3 MIN

Cas chiffré : transmettre une SELARL d'officine de 1,2 M€ à sa fille pharmacienne

Passons au concret avec une officine logée dans une SELARL valorisée 1,2 M€, en comparant les deux scénarios : démembrement, puis pleine propriété.

Note de méthode sur nos cas chiffrés

Les cas ci-dessous sont des illustrations pédagogiques aux taux 2026, construites sur des hypothèses simplifiées. Ils montrent le mécanisme, pas votre résultat exact : les droits dépendent du barème de l'article 777 indexé, de la composition exacte de l'assiette Dutreil après la LF 2026 (notamment la trésorerie placée) et des frais de notaire. Un chiffrage à l'euro près suppose l'intervention de votre notaire et de votre expert-comptable.

Cas A — Dutreil + démembrement (donatrice 62 ans)

Sophie, 62 ans, transmet la nue-propriété à sa fille Camille, pharmacienne inscrite à l'Ordre

Sophie détient une SELARL d'officine valorisée 1,2 M€. Sa fille Camille, pharmacienne, reprend la gérance (condition de direction du Dutreil remplie). Un engagement collectif de 2 ans est en cours. Sophie a 62 ans : elle donne la nue-propriété et conserve l'usufruit. Le calcul, étape par étape :

  • Étape 1 — Démembrement (barème 669) : nue-propriété = 1 200 000 × 60 % = 720 000 €.
  • Étape 2 — Pacte Dutreil (−75 %) : 720 000 × 25 % = 180 000 € taxables.
  • Étape 3 — Abattement 779 (un parent) : 180 000 − 100 000 = 80 000 € de base nette.
  • Étape 4 — Droits au barème 777 sur 80 000 € ≈ ~14 200 € (pas de réduction de 50 %, car démembrement).

Résultat : 1,2 M€ de parts transmis pour environ 14 200 € de droits, soit ~1,2 % de la valeur. Sophie conserve l'usufruit (les dividendes complètent sa retraite CAVP), et à son décès la pleine propriété se reconstitue chez Camille en franchise (article 1133). En couple (Sophie et son conjoint, deux abattements de 100 000 €), la base nette devient négative (180 000 − 200 000) et les droits tombent à 0 €.

Cas B — Variante pleine propriété (donateurs < 70 ans, couple)

Si Sophie et son conjoint donnaient en pleine propriété plutôt qu'en démembrement

Même officine, même valeur, mais les deux parents donnent tout (propriété et revenus) à Camille, en pleine propriété. Ils ont moins de 70 ans : la réduction de 50 % s'active.

  • Pacte Dutreil (−75 %) : 1 200 000 × 25 % = 300 000 € taxables.
  • Abattement 779 (deux parents) : 300 000 − 200 000 = 100 000 € de base nette.
  • Droits au barème 777 sur 100 000 € ≈ 18 200 €.
  • Réduction de 50 % (article 790), pleine propriété et donateurs < 70 ans : ÷ 2 ≈ ~9 100 €.

Verdict : environ 9 100 € de droits (~0,76 %), moins cher qu'en démembrement à un seul parent — mais Camille touche la pleine propriété et les dividendes dès aujourd'hui, et Sophie comme son conjoint perdent les revenus de l'officine. L'arbitrage dépend, là encore, du besoin de revenus des parents.

Donner vs vendre, le même 1,2 M€ : l'écart est massif

Mettons les deux voies face à face sur cette officine de 1,2 M€. Vendre les parts à Camille (prix d'acquisition faible, officine créée) : plus-value mobilière taxée à 31,4 % (12,8 % d'impôt + 18,6 % de PS 2026), soit jusqu'à ~377 000 € avant tout abattement dirigeant. Donner (Dutreil + couple + démembrement) : de 0 à 14 200 €. 377 000 € contre 0 à 14 200 € : sur l'officine de Sophie, l'écart dépasse 360 000 € — quand on transmet à un enfant repreneur, donner coûte une fraction de ce que coûte vendre. (Ordres de grandeur ; pour la vente et ses exonérations éventuelles, voyez le guide cession.)

L'empilement des leviers en une formule (donation en nue-propriété)

Base taxable = ( Valeur x quotite NP [art. 669] ) x 25 % [Dutreil] - 100 000 EUR [art. 779]

Cas Sophie (62 ans, un parent, SELARL 1 200 000 EUR) :
  ( 1 200 000 x 60 % ) x 25 % - 100 000 = 720 000 x 25 % - 100 000
  = 180 000 - 100 000 = 80 000 EUR de base taxable
  → droits au bareme 777 ≈ 14 200 EUR (≈ 1,2 % de la valeur)
  En couple (- 200 000 EUR d abattement) : base negative → 0 EUR

En pleine propriété avant 70 ans, on retire la quotité 669 (assiette = valeur entière) mais on ajoute la réduction de 50 % sur les droits. Montants indicatifs, à confirmer avec votre notaire.

§ 10DONATION-CESSION·2 MIN

Variante : la donation avant cession pour purger la plus-value

Tous les héritiers ne reprennent pas l'officine. Si votre enfant n'est pas pharmacien, ou ne souhaite pas exploiter, une variante mérite d'être connue : la donation avant cession, qui permet de purger la plus-value latente avant que l'enfant ne revende.

Concrètement : quand vous donnez des parts, votre enfant les reçoit pour leur valeur déclarée à la donation, qui devient son nouveau prix d'acquisition (article 150-0 D). S'il revend ensuite à ce prix, la plus-value est quasi nulle : elle est purgée. Mais l'ordre est impératif — on donne PUIS on vend — et la donation doit être réelle et sincère : le donataire encaisse réellement le prix, et le donateur ne se le réapproprie pas. Ce schéma est validé de longue date par le Conseil d'État (30 décembre 2011, n° 330940, dit « Motte-Sauvaige »).

Donation-cession ≠ Dutreil : deux stratégies qui s'excluent

Attention à ne pas mélanger les deux schémas. Le pacte Dutreil suppose de conserver les titres (engagement individuel de 6 ans) : revendre dans le délai remet en cause l'exonération de 75 %. La donation-cession, elle, repose sur une revente rapide par le donataire. Les deux sont donc incompatibles sur un même bloc de titres : Dutreil quand l'enfant pharmacien conserve et exploite l'officine ; donation-cession quand l'enfant n'est pas pharmacien et revend à un confrère.

Le risque d'abus de droit, et où trouver la suite

Si le donateur se réapproprie le prix de vente, c'est l'abus de droit (articles L. 64 et L. 64 A du Livre des procédures fiscales), avec une majoration pouvant atteindre 80 %. Ici, c'est l'enfant donataire qui revend ensuite à un confrère. Pour la vente elle-même et l'exonération de plus-value côté cédant, voyez vendre son officine : exonérer la plus-value et la donation avant cession (purger la plus-value sans abus de droit). Côté prélèvements sociaux, depuis la LFSS 2026 une cession de parts de SEL (plus-value mobilière) comme une cession de fonds d'officine (plus-value professionnelle) supportent 18,6 % de PS ; ce qui les distingue, ce sont les dispositifs d'exonération (151 septies / 238 quindecies / 151 septies A pour le fonds, abattement 500 000 € de l'article 150-0 D ter pour les parts) — voyez les prélèvements sociaux 2026.
§ 11ANTICIPER·3 MIN

Anticiper : calendrier, donation-partage entre héritiers et retraite CAVP

Les transmissions les moins coûteuses sont presque toujours celles préparées 5 à 10 ans à l'avance. Trois compteurs tournent en même temps — les 2 ans de l'engagement collectif, les 6 ans de l'individuel, les 15 ans de l'abattement — et c'est en les calant ensemble qu'on paie le moins.

Fractionner sur 15 ans, signer l'engagement collectif tôt

L'engagement collectif Dutreil court sur 2 ans minimum avant la donation, l'engagement individuel sur 6 ans après (soit 8 ans de conservation). En parallèle, l'abattement de 100 000 € se recharge tous les 15 ans : en commençant tôt, vous pouvez fractionner les donations et utiliser cet abattement plusieurs fois sur la durée d'une carrière. C'est aussi le bon moment pour nettoyer la trésorerie placée dans la SPFPL (section 5), avant que le fait générateur ne fige l'assiette.

La donation-partage : figer la valeur et traiter les enfants à égalité

Si vous avez plusieurs enfants et qu'un seul est pharmacien, la donation-partage (articles 1075 et 1078 du Code civil) est précieuse : elle fige la valeur de l'officine au jour de l'acte. L'officine attribuée à l'enfant pharmacien ne sera donc pas réévaluée au décès, ce qui évite les conflits si sa valeur s'envole. Comme seul l'enfant pharmacien peut exploiter, on lui attribue les parts et on rétablit l'équilibre avec une soulte versée aux autres enfants ; cette soulte peut être rachetée via un emprunt logé dans la SPFPL, remboursé par les dividendes remontés de l'officine.

Décote de holding : possible, mais à documenter (et au prix d'un revers)

En interposant une SPFPL et en donnant ses parts, on peut justifier des décotes sur la valeur des titres non cotés (illiquidité de l'ordre de 20 %, minorité, holding). Ces ordres de grandeur s'appuient sur le Guide d'évaluation de la DGFiP, qui n'a qu'une valeur indicative et n'est pas opposable. Une décote doit être documentée par un véritable rapport d'évaluation ; une décote excessive expose à une rectification (articles L. 17 et L. 55 du Livre des procédures fiscales). Et il y a un revers : la valeur décotée que vous déclarez aujourd'hui devient le prix d'acquisition de votre enfant (article 150-0 D) : trop décoter, c'est lui léguer une plus-value plus lourde le jour où il revendra. Il n'y a aucun pourcentage magique. Pour structurer une holding, voyez la holding patrimoniale.

L'usufruit comme complément de la retraite CAVP

Pour un pharmacien, le démembrement a une vertu supplémentaire : l'usufruit conservé vous assure les dividendes de l'officine, complément bienvenu d'une pension CAVP (Caisse d'assurance vieillesse des pharmaciens). Attention toutefois : la Cour de cassation a jugé que la SPFPL ne fait pas écran aux cotisations sociales TNS sur les dividendes de SEL (Cass. 2e civ., 19 octobre 2023, n° 21-20.366) : si l'usufruit finance votre retraite via la holding, ce point est à border. Enfin, sur le statut fiscal de la rémunération du gérant majoritaire de SELARL d'officine (relevant en principe de l'article 62 du CGI, imposition comme des traitements et salaires), la question de la fin de l'abattement de 10 % en SEL ne se pose pas dans les mêmes termes que pour un libéral en BNC : nous y revenons, au conditionnel, dans salaire ou dividendes en SEL d'officine.

Note de méthode : l'usufruit n'est pas une rente garantie

Compter sur les dividendes de l'usufruit pour compléter sa retraite suppose que l'officine continue de dégager des bénéfices distribuables, ce qui dépend de l'activité du repreneur, de la conjoncture et des décisions d'affectation du résultat. Si Camille traverse une mauvaise année d'exploitation, Sophie touche moins de dividendes cette année-là : l'usufruit suit le résultat de l'officine, il ne le garantit pas. Pour sécuriser un revenu complémentaire plus prévisible, l'usufruit se combine utilement avec d'autres briques (assurance-vie, PER), à calibrer dans un bilan global.

À retenir

Les 5 réflexes de la transmission familiale d'une officine

  • Vérifiez le statut du repreneur (pharmacien inscrit en section A) avant tout montage : c'est la condition de tout.
  • Empilez les leviers : Dutreil (−75 %), abattement 100 000 €, puis réduction 50 % (PP < 70 ans) OU démembrement 669 — jamais les deux.
  • Nettoyez la trésorerie placée de la SPFPL avant la donation : depuis la LF 2026, elle peut sortir de l'assiette des 75 %.
  • Anticipez 5 à 10 ans : engagement collectif tôt, donations fractionnées tous les 15 ans, donation-partage et soulte si plusieurs enfants.
  • Faites travailler notaire et expert-comptable ensemble — sur une transmission d'officine, le notaire, l'expert-comptable et l'Ordre doivent parler ensemble : un oubli côté ordinal peut bloquer un montage fiscal par ailleurs impeccable.

Pour aller plus loin : la donation-partage (figer la valeur de l'officine), le cas voisin du cabinet dentaire chiffré et la page pilier succession : transmettre au mieux son patrimoine.

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Sources et références légales

  • Donner plutôt que vendre : droits de mutation à titre gratuit

    Art. 779 CGI (abattement 100 000 € par parent et par enfant, tous les 15 ans). Art. 777 CGI (barème DMTG ligne directe, 5 à 45 %). Art. 150-0 A CGI (plus-value mobilière en cas de vente de parts). Art. 726 et 719 CGI (droits d'enregistrement). Art. L. 64 et L. 64 A LPF (abus de droit, donation déguisée). LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025, art. 12) : PS de 18,6 % sur la plus-value de cession des parts de SEL comme sur la plus-value professionnelle de cession du fonds d'officine ; le 17,2 % reste limité au foncier, aux plus-values immobilières des particuliers, à l'assurance-vie/capitalisation et aux PEL/CEL/PEP (CSS art. L. 136-8 IV).

  • Le pacte Dutreil et son empilement

    Art. 787 B CGI (pacte Dutreil sur titres, activité commerciale éligible, abattement 75 %, engagement collectif 2 ans + individuel 6 ans depuis la LF 2026). Art. 787 C CGI (pacte sur entreprise individuelle). Loi n° 2026-103 du 19/02/2026 (LF 2026), art. 8 (engagement individuel porté à 6 ans, exclusion des actifs non opérationnels, transmissions ≥ 21/02/2026). Art. 790 CGI (réduction 50 % des droits, pleine propriété, donateur < 70 ans). BOI-ENR-DMTG-10-20-40-10 et BOI-ENR-DMTG-20-30-20-50.

  • Démembrement, trésorerie placée et anticipation

    Art. 669 CGI (barème de l'usufruit / nue-propriété selon l'âge). Art. 1133 CGI (reconstitution en franchise au décès). Art. 145 CGI (régime mère-fille, usufruitier exclu). Art. 150-0 D CGI (prix d'acquisition à titre gratuit). Art. 150-0 B ter CGI (apport-cession). Art. L. 17 et L. 55 LPF (rectification d'évaluation). Guide d'évaluation DGFiP (décotes, non opposable). Art. 1075 et 1078 du Code civil (donation-partage). BOI-RPPM-PVBMI-20-10-20-30.

  • Profession réglementée et jurisprudence

    Loi n° 90-1258 du 31/12/1990 et ordonnance n° 2023-77 du 08/02/2023 (SEL et SPFPL, détention par les professionnels exerçant, conservation par les ayants droit). Art. R. 5125-14 et suivants CSP (capital des SEL et SPFPL de pharmaciens d'officine). Jurisprudence : CE 30/12/2011 n° 330940 (Motte-Sauvaige) ; Cass. com. 24/01/2024 n° 22-10413 ; Cass. com. 14/10/2020 n° 18-17.955 ; Cass. com. 17/12/2025 n° 24-17.415 ; Cass. 2e civ. 19/10/2023 n° 21-20.366 ; CE 13/06/2018 n° 395495 (Cofices).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier, ni une incitation à recourir à un montage à seule fin fiscale. Les cas chiffrés sont des illustrations aux taux 2026 (notamment le barème des droits de mutation de l'article 777 et le barème de l'usufruit de l'article 669), à recalculer pour votre situation : un euro près suppose l'intervention de votre notaire et de votre expert-comptable. L'éligibilité d'une SEL d'officine au pacte Dutreil, le caractère animateur d'une SPFPL, le sort de la trésorerie placée après la LF 2026 et le nombre de SEL détenables s'apprécient au cas par cas et doivent être documentés. La détention du capital d'une SEL de pharmaciens d'officine est strictement encadrée (loi n° 90-1258, ordonnance n° 2023-77, Code de la santé publique, contrôle du Conseil national de l'Ordre des pharmaciens) ; le repreneur exploitant doit être pharmacien inscrit à l'Ordre. Les chiffres et taux cités sont à jour au 10 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF / LFSS annuelles, doctrine, jurisprudence, décrets d'application).

Foire aux questions

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