TL;DR — La feuille de route du libéral en 60 secondes
La gestion de patrimoine d'un libéral ne commence pas par la défiscalisation. Elle commence par la sécurisation du revenu. Le réflexe « je gagne bien, je dois défiscaliser » saute une marche essentielle : un arrêt de travail long ou un décès peut faire disparaître, en quelques semaines, le revenu que vous cherchiez à optimiser. La méthode tient en une phrase : on sécurise d'abord, on optimise ensuite. Le reste n'est que l'ordre dans lequel le faire.
L'essentiel en 30 secondes
Partez du vrai point de départ : en arrêt de travail, votre régime obligatoire ne couvre que les 90 premiers jours ; au décès, la Sécu verse 4 009 € à votre famille (art. L. 361-1 CSS). Vient ensuite la séquence : prévoyance (contrat Madelin déductible, art. 154 bis CGI), épargne de précaution (3 à 6 mois de charges), retraite (diagnostiquer SA caisse — CARMF, CIPAV… — puis PER jusqu'à 88 911 €), puis seulement structurer (SEL/SPFPL), immobilier et transmission. Et la défiscalisation, dans tout ça ? Ni l'étape 1 ni l'étape 2 : l'étape 4 — et elle n'a de sens que sur un revenu déjà protégé.
Les 6 étapes, dans le bon ordre
- 1. Prévoyance d'abord — la Sécu ne couvre que 90 jours d'arrêt et 4 009 € au décès. Un contrat Madelin (déductible, art. 154 bis CGI, jusqu'à ~11 534 €) comble le trou.
- 2. Épargne de précaution — 3 à 6 mois de charges, disponibles immédiatement (livret, fonds monétaire, compte à terme).
- 3. Comprendre SA caisse — CARMF, CARPIMKO, CIPAV… le taux de remplacement varie du simple au double. Il calibre votre effort d'épargne retraite (PER, jusqu'à 88 911 €).
- 4. Structurer — SEL puis SPFPL, quand le revenu dépasse durablement le train de vie.
- 5. Immobilier — les murs du cabinet en SCI, puis SCPI / LMNP / déficit foncier selon la TMI.
- 6. Transmission — assurance-vie (152 500 €/bénéficiaire), pacte Dutreil, donation.
Guide pilier rédigé le 8 juin 2026 par Quentin Hagnéré — Conseiller en Gestion de Patrimoine (CIF, COA, COBSP, Carte T, adhérent CNCEF Patrimoine), fondateur de Hagnéré Patrimoine, cabinet basé à Chambéry (73000). Mis à jour avec la LFSS 2026 (loi 2025-1403 du 30/12/2025), la LF 2026 (loi 2026-103 du 19/02/2026) et la jurisprudence 2023-2025.
Pour le volet fiscal pur, ce pilier se complète de trois guides frères : la défiscalisation du libéral et tous ses leviers, l'optimisation fiscale du libéral de A à Z, et la stratégie du libéral à hauts revenus pour payer moins d'impôts.
Pourquoi commencer par sécuriser (et pas par défiscaliser) ?
Chez Hagnéré Patrimoine, lorsqu'un professionnel libéral nous consulte, sa première phrase est presque toujours la même : « Je paie trop d'impôts, comment défiscaliser ? ». La question est légitime — sauf qu'elle arrive en quatrièmeposition, pas en première. Le marché met la fiscalité en numéro un parce que c'est ce qui se vend le mieux. Nous, nous remettons les priorités dans l'ordre logique : on sécurise un revenu avant de l'optimiser.
Le contresens du marché
Défiscaliser, c'est protéger une partie de votre revenu de l'impôt. Mais si ce revenu s'arrête brutalement — un accident, une longue maladie, un décès — l'optimisation fiscale ne sert plus à rien : il n'y a plus de revenu à optimiser. C'est exactement la situation du libéral, dont la protection sociale obligatoire est minimale. Comme pour une maison : on coule les fondations avant de poser le toit.
La pyramide du libéral
La règle d'or : on sécurise le revenu avant de l'optimiser
- Étape 1 — Prévoyance : couvrir l'arrêt de travail, l'invalidité, le décès.
- Étape 2 — Précaution : un matelas de 3 à 6 mois de charges, disponible.
- Étape 3 — Retraite : comprendre sa caisse, calibrer son PER.
- Étape 4 — Structurer : SEL puis SPFPL quand le revenu dépasse le train de vie.
- Étape 5 — Immobilier : les murs du cabinet, puis l'immobilier personnel.
- Étape 6 — Transmission : assurance-vie, Dutreil, donation.
Pourquoi le libéral TNS est un cas à part
Le statut social change tout. Le gérant majoritaire d'une SELARL ou l'exploitant individuel (EI) relève du régime des travailleurs non salariés (TNS) : sa retraite est gérée par la CNAVPL et sa section professionnelle (art. L. 640-1 du Code de la sécurité sociale). Le président d'une SELAS ou le gérant minoritaire sont, eux, assimilés salariés (art. L. 311-3 CSS) : mieux couverts, mais plus chargés en cotisations. Dans les deux cas, même réalité : des revenus en dents de scie et une couverture obligatoire qui plafonne vite. Selon la Fédération Française de l'Assurance, 45 à 50 % des TNS sont sous-couvertsau regard de leur niveau de vie. C'est ce trou que la feuille de route comble, étape par étape.
Étape 1 : la prévoyance d'abord (le trou le plus grave)
C'est le chantier numéro un — et celui qu'on repousse le plus, par réflexe : « de toute façon, je suis couvert par la Sécu ». Sauf que les chiffres disent l'inverse : votre régime obligatoire vous laisse seul face à l'arrêt de travail long, à l'invalidité et au décès. Risque par risque, voici ce qu'il verse vraiment.
Arrêt de travail : la réforme de 2021 ne couvre que 90 jours
Depuis le 1er juillet 2021 (décret n° 2021-755 du 12/06/2021, pris en application de la LFSS 2021), un socle d'indemnités journalières est géré par les CPAM pour les libéraux. Mais ce socle ne couvre que les 90 premiers jours d'arrêt, avec un délai de carence de 3 jours et un plafond d'indemnité d'environ 197 €/jour en 2026(soit 50 % du revenu plafonné à 3 PASS, ramené au jour : 3 × 48 060 / 730 = 197,51 €). Au-delà de 90 jours, le socle CPAM s'arrête net : c'est votre section professionnelle qui prend le relais… ou personne.
Avocats : vous n'êtes même pas concernés par la réforme IJ de 2021
Les avocats relèvent du régime de la CNBF (Caisse nationale des barreaux français) et ne sont pas couverts par le socle CPAM mis en place en 2021. Pour eux, l'indemnisation de l'arrêt de travail repose entièrement sur le régime de la CNBF et, surtout, sur un contrat de prévoyance individuel.
Au-delà de 90 jours : c'est votre section… ou rien
C'est ici que les inégalités entre professions explosent. Selon votre caisse, le relais au 91e jour va de « correct » à « inexistant ».
| Section / profession | IJ après 90 jours | Commentaire |
|---|---|---|
| CARMF (médecins) | ≈ 65 €/j | Relais existant mais loin du train de vie d'un médecin |
| CARPIMKO (kinés, IDEL, orthophonistes…) | 55,44 €/j dès le 91e jour | Versement de section, sous conditions |
| CIPAV, CARPV, CAVP, CAVOM, CAVAMAC, CPRN | Aucune IJ de section | Au-delà de 90 jours : zéro, sans contrat privé |
| Avocats (CNBF) | Régime propre | Hors socle CPAM 2021 |
Invalidité et décès : des montants dérisoires et très inégaux
Sur le risque invalidité, les rentes de section sont faibles et souvent conditionnées à un taux d'invalidité élevé (au-delà de 66 %, en dessous duquel certaines caisses ne versent rien). Sur le décès, l'écart est saisissant : le régime général verse un capital forfaitaire de 4 009 € (art. L. 361-1 CSS, montant au 01/04/2026), quand la CARMF verse environ 71 500 €à la famille d'un médecin. Rapporté au besoin réel d'un foyer — souvent 5 à 10 années de revenus à remplacer — même le meilleur des régimes obligatoires reste très en dessous.
| Risque | Régime général (SELAS) | TNS libéral (selon section) | Le manque à couvrir |
|---|---|---|---|
| Arrêt de travail | IJ plafonnées à ~1 PASS | Socle 90 j puis section (0 pour CIPAV) | IJ complémentaire dès J3 ou J90 |
| Invalidité | Pension écrêtée à 1 PASS (48 060 €) | Rente de section faible, sous conditions | Rente IPT/IPP en complément |
| Décès | 4 009 € (art. L. 361-1 CSS) | ≈ 71 500 € CARMF, variable ailleurs | Capital décès 5 à 10 × revenus + rentes |
La solution déductible : le Madelin prévoyance (art. 154 bis CGI)
Et la bonne nouvelle, c'est que boucher ce trou coûte moins cher qu'on ne croit : c'est fiscalement avantageux. Les cotisations d'un contrat de prévoyance Madelin sont déductibles du bénéfice imposable du TNS (art. 154 bis CGI), dans un plafond propre, distinct de celui de la retraite.
Plafond de déduction Madelin prévoyance / santé 2026
Plafond = 7 % du PASS + 3,75 % du bénéfice imposable
(le tout plafonné à 3 % de 8 PASS)
3 % de 8 PASS = 3 % × 384 480 € ≈ 11 534 €- PASS 2026 :48 060 € (arrêté du 22/12/2025)
- 8 PASS :384 480 €
- Plafond maximal prévoyance :≈ 11 534 € en 2026
Source : art. 154 bis CGI, BOI-BIC-CHG-40-50-40-20. Ce plafond prévoyance est CUMULABLE avec le plafond retraite Madelin (jusqu'à 88 911 €) : ne les confondez pas.
À retenir sur l'étape 1
Un contrat prévoyance bien calibré (franchise courte sur l'arrêt de travail, garanties IPT/IPP, capital décès + rente conjoint/éducation) coûte généralement moins de 1 % du revenu et reste déductible. C'est l'investissement au meilleur rapport sécurité/coût pour un libéral. Pour le détail des garanties et du calibrage, voyez notre guide dédié se couvrir contre l'arrêt de travail et l'invalidité quand on est libéral, complété par les plafonds Madelin détaillés dans les 4 risques à couvrir et les plafonds de déduction et la protection des proches via l'assurance décès.
Cas n°1 — Camille, kiné libérale (CARPIMKO), 38 ans
Situation : bénéfice 70 000 €, arrêt de travail de 6 mois après un accident. Sur les mois 4 à 6 (environ 90 jours), le socle CPAM est épuisé. La CARPIMKO verse 55,44 €/j, soit environ 4 990 € sur ces 90 jours. Or son revenu d'activité perdu sur la période représente environ 70 000 / 12 × 3 ≈ 17 500 €.
Le manque : environ 12 500 € non couvertssur trois mois — sans même compter ce qui se passe si l'arrêt se prolonge au-delà de 6 mois. Avec un contrat prévoyance Madelin (IJ complémentaire dès J30 ou J90, garanties IPT/IPP), déductible dans le plafond de ~11 534 €, ce trou est comblé. La leçon : sans prévoyance, plusieurs mois de revenu s'évaporent — d'où l'importance de coupler le contrat à l'épargne de précaution.
Votre prévoyance résisterait-elle à un arrêt de 6 mois ?
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Étape 2 : l'épargne de précaution, votre premier vrai placement
L'étape 1 vous protège des gros risques ; l'étape 2 vous protège du quotidien. L'épargne de précaution est le matelas qui absorbe le délai de carence, le creux de trésorerie, le client qui paie en retard ou le mois d'arrêt non encore indemnisé. C'est le placement le moins spectaculaire, et de loin le plus utile le jour où ça dérape.
Combien ? 3 à 6 mois de charges (voire 12)
La règle : 3 à 6 mois de charges du foyer disponibles immédiatement. Pour un libéral dont le revenu est très irrégulier (consultant, professions de santé en début d'installation), on monte volontiers à 12 mois. Pourquoi viser plus haut qu'un salarié ? Parce que trois fragilités se cumulent chez le libéral : trois jours de carence sur l'arrêt de travail, des indemnités journalières vite plafonnées, et un revenu qui peut décrocher sans préavis.
Où la loger : disponibilité avant rendement
Ici, on retourne le réflexe habituel : ce qu'on cherche, c'est la liquidité, pas le rendement. L'argent doit être accessible en 24-48 h, sans risque de perte en capital. C'est aussi ici qu'intervient la dualité 2026 des prélèvements sociaux: les intérêts d'un livret fiscalisé ou d'un compte à terme supportent désormais 18,6 % de prélèvements sociaux (CSG portée à 10,6 %), à distinguer des 17,2 % maintenus sur l'assurance-vie.
| Support | Disponibilité | À retenir |
|---|---|---|
| Livret A / LDDS | Immédiate | Exonéré d'impôt et de PS, mais plafonné |
| Fonds monétaire | Quelques jours | Réserve de court terme, intérêts soumis à 18,6 % de PS en 2026 |
| Compte à terme | Selon échéance | Capital garanti, rendement connu d'avance, PS 18,6 % |
Exemple chiffré : combien viser ?
Prenez un libéral dont les charges du foyer (loyer ou crédit, vie courante, cotisations, impôts mensualisés) s'élèvent à 6 000 € par mois. Sa cible de précaution est donc de 18 000 à 36 000 €(3 à 6 mois) immédiatement disponibles — et plutôt 72 000 € (12 mois) s'il débute son installation ou si son revenu est très saisonnier. Cette somme ne dort pas « pour rien » : c'est elle qui lui évite de casser un PER bloqué ou de revendre au pire moment un placement de long terme au premier imprévu de trésorerie.
Le bon réflexe
On sécurise avant de bloquer son argent dans un PER. Un PER est un excellent outil de défiscalisation (étape 3), mais l'argent y est bloqué jusqu'à la retraite (hors cas de déblocage anticipé). Mettre toute son épargne dans un PER sans matelas de précaution, c'est se retrouver « riche mais à sec » au premier imprévu. Pour le détail des supports, voyez où placer son argent quand on est en profession libérale, le Livret A 2026 et le compte à terme 2026. Sur les taux 2026, voyez la dualité 17,2 % / 18,6 % des prélèvements sociaux.
Étape 3 : comprendre SA retraite — votre caisse décide de votre effort d'épargne
On arrive au point que la plupart des libéraux découvrent trop tard. Tous ne sont pas logés à la même enseigne pour la retraite : un médecin et un consultant qui gagnent le même revenu n'auront pas du tout la même pension. Tout se joue sur un détail administratif : leur section professionnelle. Comprendre la vôtre, c'est savoir précisément combien vous devez épargner par vous-même.
L'architecture à deux étages : CNAVPL + 10 sections
La retraite du libéral repose sur deux étages. L'étage de base est géré par la CNAVPL, un régime unique par points commun à toutes les professions libérales (art. L. 640-1 CSS). L'étage complémentaire (et l'invalidité-décès) est géré par votre section parmi les dix existantes (art. L. 644-1 et L. 644-2 CSS). Les avocats font exception : ils relèvent de la CNBF, hors CNAVPL.
| Section | Principales professions | Couverture arrêt de travail de section |
|---|---|---|
| CARMF | Médecins | IJ après 90 j (≈ 65 €/j) |
| CARCDSF | Chirurgiens-dentistes, sages-femmes | Variable selon le règlement |
| CARPIMKO | Kinés, infirmiers, orthophonistes, pédicures | 55,44 €/j dès le 91e jour |
| CARPV | Vétérinaires | Pas d'IJ de section |
| CAVEC | Experts-comptables, commissaires aux comptes | Variable |
| CAVP | Pharmaciens | Pas d'IJ de section |
| CIPAV | Architectes, consultants, ostéopathes, professions non réglementées | Aucune IJ de section |
| CAVAMAC | Agents généraux d'assurance | Pas d'IJ de section |
| CAVOM | Officiers ministériels | Pas d'IJ de section |
| CPRN | Notaires | Pas d'IJ de section |
Le taux de remplacement varie du simple au double
Le taux de remplacement, c'est le rapport entre votre future pension et votre dernier revenu. Pour un médecin affilié à la CARMF, il peut être relativement élevé. Pour un consultant ou un architecte affilié à la CIPAV, il tourne souvent autour de 30 à 40 % : autrement dit, ce libéral perdra 60 à 70 % de son revenu en partant à la retraite s'il n'a rien préparé. La règle qui en découle est simple : plus la caisse couvre mal, plus l'étage privé doit être épais.
Le levier PER / Madelin retraite (art. 154 bis CGI)
L'outil pour reconstituer ce revenu manquant, c'est le PER (ou l'ancien Madelin retraite). Sa puissance vient de la déduction à l'entrée : chaque euro versé est déduit de votre bénéfice imposable, donc économisé à hauteur de votre tranche marginale (41 ou 45 % pour beaucoup de libéraux).
Plafond de déduction PER / Madelin retraite 2026 (art. 154 bis CGI)
Plafond = 10 % du bénéfice (dans la limite de 8 PASS)
+ 15 % de la fraction de bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS
Plancher = 10 % d'1 PASS = 4 806 €
Plafond maximal (bénéfice ≥ 384 480 €) = 88 911 €- PASS 2026 / 8 PASS :48 060 € / 384 480 €
- Plancher de déduction :4 806 €
- Plafond maximal :88 911 €
- Nouveauté LF 2026 :report des plafonds non utilisés porté de 3 à 5 ans ; fin de la déductibilité des versements après 70 ans
La sortie d'un PER en capital est imposée à l'IR sur les versements et au PFU sur les gains ; les prélèvements sociaux sur les gains sont à 18,6 % en 2026 (dualité).
Deux plafonds Madelin distincts et cumulables
Ne confondez pas le plafond retraite (jusqu'à 88 911 €) et le plafond prévoyance/santé(≈ 11 534 €) : ce sont deux enveloppes séparées, qui s'additionnent. Un libéral à hauts revenus peut donc déduire les deux la même année.
Cas n°2 — Damien, consultant (CIPAV), 45 ans
Situation :bénéfice 120 000 €, TMI 41 %, il veut « défiscaliser » et préparer sa retraite. Le piège CIPAV : aucune IJ de section au-delà de 90 jours et un taux de remplacement faible (~30-40 %). Son effort d'épargne privé doit donc être maximal.
Calcul PER : plafond = 10 % × 120 000 + 15 % × (120 000 − 48 060) = 12 000 + 10 791 = 22 791 € déductibles. Économie d'impôt : 22 791 × 41 % ≈ 9 344 € d'IR économisés sur l'année. Mais avantce PER, Damien doit avoir un contrat prévoyance (CIPAV = zéro IJ) et 6 mois de précaution. L'ordre reste : prévoyance → précaution → PER. La leçon : « ta caisse décide de ton effort » — un CIPAV doit épargner bien plus qu'un médecin.
Pour aller plus loin sur ce diagnostic, voyez pourquoi la caisse obligatoire des libéraux ne suffit pas, le détail du PER profession libérale et combien déduire de ses impôts, et le mécanisme du PER des travailleurs non-salariés (déduire jusqu'à 88 911 €).
Certaines professions libérales relèvent d'une section sans IJ de section et combinent hauts revenus et patrimoine professionnel à forte valeur : c'est le cas du notaire, rattaché à la CPRN. Pour une feuille de route adaptée à ce profil, voyez la gestion de patrimoine du notaire : la stratégie 360 pour un haut revenu et, plus en amont, pourquoi le notaire a besoin d'un bilan patrimonial (la caisse ne suffit pas). Le même raisonnement vaut pour les officiers ministériels affiliés à la CAVOM : pour le commissaire de justice (fusion huissier-commissaire-priseur), voyez la gestion de patrimoine du commissaire de justice : la feuille de route complète.
Deux déclinaisons par profession illustrent l'écart de section : l'expert-comptable, affilié à la CAVEC, et l'architecte, affilié à la CIPAV — la même section sans IJ de section que celle qui pénalise les consultants. Pour la feuille de route chiffrée propre à chacun, voyez Gestion de patrimoine de l'expert-comptable : stratégie haut revenu et Gestion de patrimoine pour architecte : la feuille de route par revenu. Le psychologue libéral relève lui aussi de la CIPAV, avec un taux de remplacement faible qui impose un étage privé épais : voyez Gestion de patrimoine du psychologue libéral.
PER, assurance-vie ou les deux ? Le bon dosage du libéral
On nous la pose à chaque premier rendez-vous. Et la réponse déçoit souvent : PER et assurance-vie ne s'opposent pas, ils se complètent. Le PER, lui, sert à effacer de l'impôt ; l'assurance-vie, à garder de l'argent sous la main et à le transmettre. Reste à trouver l'équilibre, qui dépend de votre tranche et de votre horizon.
PER — défiscaliser le surplus
Points forts
- Déduction à l'entrée : économie = versement × TMI (puissant à 41-45 %)
- Idéal pour l'argent dont vous n'aurez pas besoin avant la retraite
- Plafond généreux (jusqu'à 88 911 € en Madelin, art. 154 bis)
Points de vigilance
- Argent bloqué jusqu'à la retraite (hors déblocages anticipés : achat RP, accidents de la vie)
- Sortie taxée à l'IR (versements) + PFU sur les gains (PS 18,6 % en 2026)
Assurance-vie — liquidité & transmission
Points forts
- Disponible à tout moment, fiscalité douce après 8 ans
- Transmission : 152 500 € par bénéficiaire (art. 990 I CGI)
- PS maintenus à 17,2 % en 2026 (et non 18,6 %)
Points de vigilance
- Pas de déduction à l'entrée
- Primes versées après 70 ans : abattement réduit à 30 500 € (art. 757 B CGI)
La règle simple
On défiscalise avec le PER ce qu'on est sûr de ne pas avoir besoin avant la retraite, et on garde le reste en assurance-vie pour la liquidité et la transmission. Précision juridique utile au passage : en assurance-vie, le risque de requalification des « primes manifestement exagérées » s'apprécie au moment du versement, au regard de l'âge, du patrimoine et de l'utilité du contrat (Cass. 2e civ. 19/12/2024 n° 23-19.110). Pour comparer en détail, voyez PER ou assurance-vie pour préparer la retraite et le fonctionnement de l'assurance-vie.
Note de méthode : ce que valent (et ne valent pas) les projections
Les économies d'impôt chiffrées dans ce guide (PER, déficit foncier, mère-fille) reposent sur les barèmes et taux 2026 connus à la date de rédaction ; ils dépendent de votre situation réelle et peuvent évoluer (lois de finances, doctrine, jurisprudence). Surtout, dès qu'un PER ou une assurance-vie est investi sur des supports en unités de compte, le capital n'est pas garanti et présente un risque de perte : les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Une projection de rendement est une hypothèse de travail, jamais une promesse — toute décision doit s'appuyer sur une étude personnalisée.
Étape 4 : structurer — quand passer en SEL puis créer une SPFPL ?
Une fois la base posée (prévoyance, précaution, retraite), vient la question de la structuration. C'est l'étape où l'on choisit le bon véhicule juridique. Mais attention : ce n'est ni la première, ni une obligation. La bonne question n'est pas « dois-je passer en société ? » mais « quand est-ce le bon moment ? ».
Le déclencheur : quand vous n'arrivez plus à consommer tout votre revenu
Tant que vous dépensez la quasi-totalité de votre revenu, l'exercice individuel (BNC) reste souvent le plus simple. La société devient intéressante quand vous laissez durablement du bénéfice de côté : au lieu de tout sortir à l'IR (jusqu'à 45 %) majoré des cotisations, vous laissez une partie du résultat dans la structure, imposée à l'IS : 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice(sous conditions PME), puis 25 % au-delà. L'écart de taux finance vos investissements ou capitalise dans la société.
En pratique, je dis à un médecin ou à un avocat d'aller voir la SEL quand trois choses arrivent en même temps. Sa tranche marginale est durablement installée à 41 % et il ne consomme pas tout son revenu : un excédent stagne, lourdement imposé. Il veut investir — immobilier professionnel, trésorerie, croissance de l'activité — en conservant du capital dans la structure plutôt qu'en le sortant d'abord à titre personnel. Et il voit venir une cession ou une transmission, que la société facilite nettement (apport de titres, holding, pacte Dutreil). Tant qu'un seul de ces critères est rempli, on peut attendre ; réunis, ils font passer l'étude SEL en haut de la pile.
EI / EURL / SELARL / SELAS : le statut social change tout
La forme juridique que vous choisissez décide de deux choses à la fois : votre régime social (TNS ou assimilé salarié) et l'imposition de vos bénéfices. Point d'attention récent : la rémunération technique de l'associé exerçant en SEL est imposée en BNC(art. 92 CGI) et non en traitements et salaires, conformément au rescrit BOI-RES-BNC-000136 du 24/04/2024 et à la décision du Conseil d'État du 8 avril 2025 (n° 492154) qui a mis fin à la tolérance permettant de forfaitiser à 5 % la part de rémunération rattachée au mandat de gérance (art. 62 CGI). La rémunération du mandat du gérant majoritaire de SELARL relève, elle, de l'art. 62 CGI ; le reste de la rémunération est imposé en BNC.
| Forme | Statut social du dirigeant | Imposition des bénéfices |
|---|---|---|
| EI (entreprise individuelle) | TNS | IR (BNC) — option IS possible |
| EURL | TNS (gérant associé unique) | IR par défaut, option IS |
| SELARL | TNS (gérant majoritaire) | IS (15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %) |
| SELAS | Assimilé salarié (président) | IS (15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %) |
La SPFPL (holding) : remonter les dividendes à coût réduit… mais attention
La SPFPL est la holding du libéral. Elle permet de faire remonter les dividendes de votre SEL en bénéficiant du régime mère-fille (art. 145 et 216 CGI) : 95 % des dividendes sont exonérés, seule une quote-part de frais et charges de 5 % reste imposée, soit un coût effectif d'environ 1,25 %(sous condition de détention d'au moins 5 % et de conservation des titres pendant 2 ans). Le cadre de la SPFPL a été refondu par l'ordonnance n° 2023-77 du 08/02/2023 (entrée en vigueur le 01/09/2024 ; ex-loi 90-1258 du 31/12/1990).
Le piège des dividendes : la SPFPL ne fait pas écran aux cotisations
Erreur fréquente et coûteuse : croire qu'interposer une SPFPL supprime les cotisations sociales sur les dividendes. Pour un associé exerçant et soumis au régime TNS, la fraction de dividendes dépassant 10 % du capital social (primes d'émission et comptes courants d'associé inclus) est assujettie aux cotisations sociales (art. L. 131-6 CSS). La Cour de cassation a jugé que la SPFPL ne fait pas écranà cette règle (Cass. 2e civ. 19/10/2023 n° 21-20.366). Par ailleurs, les dividendes restants supportent le PFU à 31,4 % en 2026 (12,8 % d'IR + 18,6 % de PS).
Pour décider, voyez BNC ou SELARL : quand la société devient intéressante, la SPFPL, la holding qui change la fiscalité du libéral et l'arbitrage SEL : salaire ou dividendes.
Étape 5 : l'immobilier — les murs du cabinet, puis le reste
L'immobilier arrive en cinquième position, et là encore l'ordre compte. Le réflexe patrimonial numéro un du libéral, c'est de sortir les murs de son cabinet de l'exploitation. Ensuite seulement vient l'immobilier personnel, à calibrer selon la TMI.
Acheter les murs de son cabinet via une SCI louée à la SEL
Le schéma classique : une SCI détient les murs et les loue à votre SEL (ou à votre exploitation). Les loyers sont déductibles du résultat professionnel (art. 39 CGI, à condition d'un loyer de marché), ce qui réduit la base imposable de l'activité, tandis que vous vous constituez un patrimoine immobilier qui vous appartient en propre. À l'IR, les loyers perçus par la SCI relèvent des revenus fonciers(prélèvements sociaux maintenus à 17,2 % en 2026). L'arbitrage SCI à l'IR ou à l'IS dépend de votre horizon et de votre objectif (revenu immédiat ou capitalisation).
Immobilier personnel selon la TMI : SCPI, LMNP, déficit foncier
Une fois les murs sécurisés, l'immobilier personnel se choisit en fonction de votre tranche. À TMI élevée, le déficit foncier est un levier puissant : il s'impute jusqu'à 10 700 €/an sur le revenu global (art. 156 I-3° CGI), porté à 21 400 €/anpour des travaux de rénovation énergétique permettant de sortir un bien du statut de passoire — un dispositif prorogé jusqu'au 31/12/2027 par la LF 2026.
| Solution | Pour qui / quel objectif | Point clé fiscal 2026 |
|---|---|---|
| SCI murs du cabinet | Sortir l'immobilier pro de l'exploitation | Loyers déductibles côté SEL, RF 17,2 % de PS côté SCI IR |
| SCPI (dont européennes) | Diversifier sans gestion | Revenus fonciers (PS 17,2 %), fiscalité étrangère pour les SCPI UE |
| LMNP / location meublée | Revenu complémentaire avec amortissement | PS : zone grise 2026 (voir alerte) |
| Déficit foncier | TMI 41-45 %, biens à rénover | 10 700 € (21 400 € rénovation énergétique, prorogé 2027) |
LMNP en 2026 : zone grise sur les prélèvements sociaux
La location meublée non professionnelle (BIC non professionnel) est en zone grisesur les prélèvements sociaux en 2026. Certains praticiens retiennent 17,2 % ; l'analyse fondée sur les produits de placement tend vers 18,6 %. Tant que la doctrine n'est pas stabilisée, ce point est à arbitrer au cas par cas avec votre conseiller — nous le signalons systématiquement.
Pour approfondir, voyez acheter les murs de son cabinet en SCI et SCPI, LMNP et déficit foncier selon sa TMI.
Mettre votre immobilier au bon endroit (SCI, IR ou IS, SCPI, LMNP) ?
On regarde ensemble où loger vos murs (SCI à l'IR ou à l'IS ?) et le reste de votre immobilier, en fonction de votre tranche et de ce que vous visez. Pas de produit-maison à vous fourguer.
Étape 6 : transmettre son cabinet et son patrimoine
Dernière étape de la feuille de route, et pas la moindre : organiser la transmission de votre patrimoine financier etde votre outil professionnel. Anticipée, elle réduit massivement les droits ; subie, elle peut amputer l'héritage de plusieurs dizaines de pourcents.
Transmettre le patrimoine financier : l'assurance-vie
L'assurance-vie reste l'outil de transmission le plus efficace. Les capitaux versés au décès sont hors succession (art. L. 132-12 et L. 132-13 du Code des assurances) et bénéficient d'un abattement de 152 500 € par bénéficiaire sur les primes versées avant 70 ans (art. 990 I CGI). Pour les primes versées après 70 ans, l'abattement est ramené à 30 500 € (art. 757 B CGI), mais seules les primes sont taxées — les gains restent exonérés.
Transmettre l'outil professionnel : le pacte Dutreil
Pour transmettre les titres de votre SEL à vos enfants, le pacte Dutreil (art. 787 B CGI) permet une exonération de 75 % de la valeur des titres, sous conditions d'engagement de conservation. Un arrêt récent de la Cour de cassation (Cass. com. 17 décembre 2025 n° 24-17.415) a précisé que le caractère opérationnel de la société s'apprécie au jour du décès, la preuve incombant au contribuable.
Céder son cabinet : les exonérations de plus-value
Si vous cédez (plutôt que transmettez), plusieurs régimes d'exonération de plus-value professionnelle peuvent s'appliquer selon votre situation. Attention à un piège classique sur le départ à la retraite.
| Dispositif | Logique | Point de vigilance |
|---|---|---|
| Art. 151 septies CGI | Exonération selon les recettes | Seuils à vérifier selon l'activité |
| Art. 238 quindecies CGI | Exonération selon le prix de cession | Totale < 500 000 €, dégressive jusqu'à 1 000 000 € |
| Art. 151 septies A CGI (départ retraite) | Exonération au départ à la retraite | Exonère l'IR seulement : les PS restent dus |
| Art. 150-0 D ter CGI | Abattement fixe 500 000 € | Cession de titres par un dirigeant partant à la retraite |
151 septies A : l'exonération ne porte que sur l'impôt sur le revenu
Le départ à la retraite (art. 151 septies A CGI) exonère la plus-value professionnelle d'impôt sur le revenu — mais les prélèvements sociaux restent dus(BOI-BIC-PVMV-40-20-20-40). C'est un oubli fréquent dans les calculs de net cédé.
Pour aller plus loin : transmettre son cabinet et son patrimoine de libéral, le détail du pacte Dutreil et ses 75 % d'abattement, et l'assurance-vie pour transmettre 152 500 € par bénéficiaire.
La surcouche hauts revenus : CEHR et CDHR
Pour les libéraux les plus aisés (TMI 45 %, revenu fiscal de référence supérieur à 250 000 €), deux contributions s'ajoutent à l'impôt sur le revenu. Les ignorer, c'est sous-estimer sa pression fiscale réelle.
Au-delà de 250 000 € de revenus, deux contributions s'ajoutent
- CEHR (art. 223 sexies CGI) — 3 % puis 4 % au-delà de 250 000 / 500 000 € de RFR pour un célibataire (500 000 / 1 000 000 € pour un couple).
- CDHR (contribution différentielle sur les très hauts revenus) — assure une imposition minimale d'environ 20 % du RFR au-delà de 250 000 / 500 000 €. Instaurée par la LF 2025 sur les revenus 2025, elle serait reconduite pour 2026, sous réserve de confirmation au texte de la LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026) ; à vérifier selon votre situation.
- Plafond des niches fiscales — 10 000 € par an (18 000 € avec Girardin ou Sofica). Un cadre à intégrer dans toute stratégie de défiscalisation.
Le pilotage de cette surcouche est détaillé dans notre guide libéral à hauts revenus : payer moins d'impôts, et la méthode complète dans l'optimisation fiscale du libéral de A à Z.
Bien séparer patrimoine professionnel et personnel
Un fil rouge traverse toute la feuille de route : la séparation des patrimoines. Le mélange pro/perso est l'une des erreurs les plus répandues chez les libéraux, et l'une des plus simples à corriger.
Erreur n°1 des libéraux : tout mélanger sur un seul compte
Un seul compte pour tout, du cash qui dort dans la SEL, les murs détenus en direct par l'activité : à chaque fois, on prend un risque inutile, on se complique la revente plus tard, et on laisse du rendement sur la table.
Les bons outils sont simples : un compte professionnel dédié, une SCI pour isoler les murs (étape 5), et le placement de la trésorerie excédentaire de la société plutôt que de la laisser dormir. Sur ce dernier point, le choix de l'enveloppe est crucial avec la dualité 2026 des prélèvements sociaux : un contrat de capitalisation reste à 17,2 % quand les placements générant des intérêts ou des dividendes passent à 18,6 %. La trésorerie de la SEL mérite une stratégie dédiée, détaillée dans notre guide la SPFPL pour piloter sa trésorerie et ses dividendes.
Les 7 erreurs patrimoniales qui coûtent cher au libéral
Sur le terrain, les mêmes erreurs reviennent. Elles ont toutes un point commun : une mauvaise hiérarchie des priorités. Voici la check-list anti-pièges, intégrée à la feuille de route.
| Erreur | Conséquence | Le bon réflexe |
|---|---|---|
| 1. Défiscaliser avant d'être couvert | Revenu optimisé mais non sécurisé | Prévoyance puis fiscalité (étape 1 avant tout) |
| 2. Sous-estimer le trou des 90 jours | Plusieurs mois de revenu non couverts | Franchise et quotité Madelin bien calibrées |
| 3. Pas d'épargne de précaution | Revenu irrégulier + carence = danger | 3 à 6 mois de charges disponibles |
| 4. Tout miser sur le PER | Argent bloqué jusqu'à la retraite | Doser PER (déduction) et AV (liquidité) |
| 5. Mélanger pro et perso | Risque, trésorerie qui dort, cession compliquée | Compte dédié, SCI, holding |
| 6. Croire que la SPFPL supprime les cotisations | Redressement sur dividendes > 10 % | Anticiper l'art. L. 131-6 CSS (Cass. 19/10/2023) |
| 7. Oublier la transmission | Droits de succession non optimisés | Assurance-vie 990 I + Dutreil anticipés |
La check-list anti-pièges en une phrase
Sécuriser, garder de la liquidité, séparer pro et perso, anticiper la transmission. Si chaque décision passe ce filtre, vous évitez 90 % des erreurs patrimoniales du libéral.
3 cas concrets de libéraux : la feuille de route appliquée
Les cas n°1 (Camille, kiné) et n°2 (Damien, consultant) ont été déroulés dans les étapes 1 et 3. Voici le cas le plus complet, qui mobilise tous les leviers dans le bon ordre.
Cas n°3 — Hélène, médecin (CARMF), SELARL, 52 ans, TMI 45 %
Situation : bénéfice 250 000 €, exercice en SELARL. Une bonne caisse (CARMF), mais tous les leviers à actionner. La feuille de route appliquée, étape par étape :
- Prévoyance — la CARMF verse ~65 €/j en IJ et ~71 500 € au décès : mieux que la moyenne, mais loin de son train de vie. On complète par un Madelin prévoyance (~11 534 € déductibles).
- Précaution — 6 mois de charges du foyer en livret / fonds monétaire.
- Retraite — PER : plafond = 10 % × 250 000 + 15 % × (250 000 − 48 060) = 25 000 + 30 291 = 55 291 € déductibles → économie ≈ 55 291 × 45 % ≈ 24 881 € d'IR.
- Structurer — SELARL + SPFPL pour loger une partie du bénéfice à l'IS (15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %) et remonter les dividendes à ~1,25 % (mère-fille) — en surveillant les cotisations sur la part > 10 %.
- Immobilier — murs du cabinet en SCI louée à la SELARL (loyers déductibles, RF à 17,2 % de PS).
- Transmission — assurance-vie (152 500 €/bénéficiaire) + pacte Dutreil sur les titres de la SELARL (exonération 75 %).
Leçon :même avec une bonne caisse, le médecin à TMI 45 % a tous les leviers — encore faut-il les actionner dans le bon ordre. La défiscalisation (PER, déficit foncier) vient enrichir un socle déjà sécurisé, pas l'inverse.
Votre feuille de route en 6 étapes (récapitulatif actionnable)
Récapitulons la méthode dans un seul tableau : à chaque étape, son objectif, son action concrète et la page pour approfondir. C'est l'ordre que nous appliquons en cabinet, du premier rendez-vous au plan d'action écrit.
| Étape | Objectif | Action concrète | Pour approfondir |
|---|---|---|---|
| 1. Prévoyance | Couvrir arrêt / invalidité / décès | Contrat Madelin (art. 154 bis) | Prévoyance du libéral |
| 2. Précaution | 3 à 6 mois disponibles | Livret / monétaire / CAT | Où placer son argent |
| 3. Retraite | Diagnostiquer sa caisse + PER | PER/Madelin (jusqu'à 88 911 €) | Retraite & PER du libéral |
| 4. Structurer | SEL/SPFPL si revenu > train de vie | Étude SEL puis holding | BNC ou SELARL, SPFPL |
| 5. Immobilier | Murs en SCI puis SCPI/LMNP | SCI + arbitrage TMI | Immobilier du libéral |
| 6. Transmission | AV / Dutreil / donation | Clause bénéficiaire + pacte | Transmettre son cabinet |
Le mot de la fin
Gérer son patrimoine de libéral, ce n'est pas empiler des produits qu'un commercial vous vend un par un. C'est dérouler des étapes, et toujours dans le même sens : on se protège avant de placer, on place avant de transmettre. Hagnéré Patrimoine est un cabinet capitalistiquement indépendant basé à Chambéry (73000), enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, Carte T, adhérent CNCEF Patrimoine), noté 4,7/5 sur Trustpilot (26 avis). Conseiller : Quentin Hagnéré.
Faire le point sur votre feuille de route avec un conseiller
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Pour aller plus loin : les guides du cluster profession libérale
Ce pilier renvoie vers les guides spécialisés, étape par étape, pour creuser chaque levier.
Sécuriser & préparer
Et pour le volet fiscal : la défiscalisation du libéral, l'optimisation fiscale de A à Z et le libéral à hauts revenus. Vous préférez faire le point directement ? Notre bilan patrimonial séquence vos six étapes avec un conseiller.

