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Guide sage-femme 202615 minMis à jour 11 juin 20263 cas chiffrés

Racheter un cabinet de sage-femme : combien ça vaut, et ce que vous payez vraiment

Une consœur cède son cabinet, le prix tombe : « 35 000 € la patientèle, 25 000 € l'échographe ». Est-ce trop ? Trop peu ? Et que payez-vous vraiment ? La réponse tient à trois leviers que l'on relie rarement : la récurrence des soins (suivi gynéco, contraception, rééducation périnéale) et le zonage ARS, qui font le prix bien plus que le chiffre d'affaires ; le coût fiscal du repreneur (droits d'enregistrement de 0 à 5 %, soit 1 110 € sur un rachat de 60 000 €), souvent oublié du budget ; et la qualité de la passation, sans laquelle les patientes ne suivent pas. On déroule tout, chiffres à l'appui, côté acheteur — pas vendeur. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

RACHAT DE CABINET SAGE-FEMME 2026

Chiffrer le juste prix d'un cabinet et sécuriser votre rachat

Audit de reprise : effet de la récurrence et du zonage ARS sur la valeur, fourchette de prix objectivée, droits d'enregistrement (art. 719), déductibilité de la patientèle et du plateau technique, clauses du contrat et plan de financement. Cabinet 100 % indépendant.

  • Valorisation objectivée (audit)
  • Coût fiscal du repreneur chiffré
  • Clauses du contrat sécurisées
  • Plan de financement préparé

VALORISATION

Récurrence × zonage

DROITS D'ENREGISTREMENT

0 / 3 / 5 %

EXEMPLE SUR 60 000 €

1 110 €

AMORTISSEMENT 2026

Déductible*

TVA SAGE-FEMME

Exonérée

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1CE QUE VOUS RACHETEZ·2 MIN

Ce que vous rachetez n'est pas des patientes, c'est un droit de présentation

L'essentiel en 30 secondes

  • Vous ne rachetez pas des patientes (elles restent libres de leur sage-femme), mais un droit de présentation à la patientèle : présentation de la repreneuse à la clientèle et aux prescripteurs, engagement de non-réinstallation du cédant.
  • Un rachat de cabinet, c'est en réalité quatre actifs : la patientèle (incorporel), le plateau technique (échographe, monitoring, rééducation périnéale), le droit au bail / local, et parfois une part de SCM.
  • La sage-femme exerce une profession médicale en libéral (BNC) : la patientèle est un élément du fonds libéral. La cession de clientèle de santé est licite (Cass. 1ré civ., 7 nov. 2000), sous réserve de la liberté de choix du patient.
  • Une grande partie de l'activité est récurrente (suivi gynéco, contraception, rééducation périnéale) : c'est cette récurrence, plus que le chiffre d'affaires brut, qui fait la valeur.

Un malentendu coûte cher en négociation, autant le lever tout de suite. Quand une sage-femme « vend son cabinet », elle ne cède pas une liste de patientes comme on céderait un stock : les patientes restent libres de suivre, ou non, la repreneuse. Ce qui se vend, juridiquement, c'est un droit de présentation — la cédante présente la repreneuse à sa patientèle et à ses prescripteurs, et s'engage à ne pas se réinstaller à proximité. À ce droit incorporel, qui est l'actif principal du fonds libéral, s'ajoutent le plateau technique, le droit au bail et, parfois, une part de société de moyens.

Longtemps jugée illicite, la cession de clientèle de santé a été validée par la Cour de cassation (1ré chambre civile, 7 novembre 2000, n° 98-17.731) : elle est licite « à la condition que soit sauvegardée la liberté de choix du patient ». C'est le fondement de tout rachat de cabinet, encadré par ailleurs par la déontologie de la profession (articles R. 4127-301 et suivants du Code de la santé publique) et par le respect du secret et de la liberté de choix (articles L. 1110-4 et L. 1110-8 CSP). Ce même mécanisme du droit de présentation régit la reprise d'autres cabinets de santé : il fonctionne à l'identique côté cession de patientèle d'un médecin généraliste.

Les quatre actifs d'un cabinet de sage-femme. La SCM (société de moyens) ne dégage pas de bénéfice : elle mutualise des charges, à ne pas confondre avec une SCI qui détient les murs.
L'actif rachetéNatureCe qu'il pèse dans le prix
Droit de présentation à la patientèleIncorporel (fonds libéral)Le poste principal — sa valeur dépend de la récurrence, de la zone et de la passation
Plateau technique (échographe, monitoring, rééducation périnéale)Corporel, amortissablePostes parfois coûteux — valeur vénale selon l'âge et l'état
Droit au bail / localIncorporel ou immobilierSelon la durée résiduelle et le loyer ; à distinguer d'un achat des murs
Part de SCM (société de moyens)Parts socialesOptionnel — partage de charges, pas de patientèle (voir §11)

Une profession médicale : la récurrence porte la valeur

La sage-femme n'est pas un auxiliaire médical : c'est une profession médicale à compétences définies (suivi gynécologique de prévention, prescription de contraception, suivi de grossesse, accouchement eutocique, rééducation périnéale). Conséquence directe sur la valorisation : une partie significative de la patientèle revient — la femme suivie pour sa contraception consulte de nouveau pour sa grossesse, puis pour sa rééducation périnéale, puis pour son suivi gynéco. Cette récurrence rend les revenus prévisibles et la patientèle « collante », bien plus qu'une activité de grossesse purement ponctuelle. Vous rachetez tout de même un droit, pas une garantie : si la cédante ne vous présente pas activement à sa patientèle et à son réseau (médecins, maternités, PMI), une partie peut ne pas suivre. La valeur se tient donc autant dans le contrat de passation (§8) que dans le chiffre d'affaires affiché.

À retenir

On rachète un droit, pas une clientèle captive

Sans accompagnement de la cédante ni présentation aux prescripteurs (médecins, maternités, réseaux périnataux), la patientèle peut fuir. C'est le premier risque de la repreneuse, et il se traite par le contrat, pas par le prix.
§ 2ZONAGE & CONVENTIONNEMENT·3 MIN

Le zonage ARS et le conventionnement : le facteur n°1 du prix

Beaucoup de repreneuses le comprennent trop tard : ce n'est pas le chiffre d'affaires qui fait le prix d'une patientèle de sage-femme, c'est la zone et l'accès au conventionnement. La profession est soumise à une régulation démographique du conventionnement, posée par les avenants n° 1 et n° 4 à la convention nationale des sages-femmes libérales, le zonage étant arrêté par chaque Agence régionale de santé (ARS) selon la méthodologie de l'article L. 1434-4 du Code de la santé publique. Une nouvelle méthodologie de zonage des sages-femmes est entrée en vigueur en 2025 : vérifiez l'arrêté ARS régional en vigueur sur la zone du cabinet avant de fixer un prix.

La règle qui crée la valeur : l'accès régulé en zone sur-dotée

En zone sur-dotée, l'accès au conventionnement d'une nouvelle sage-femme n'est en principe ouvert (sauf dérogation) que si une consœur cesse son activité ou la réduit fortement sur la zone. Dans ces zones, racheter une patientèle conventionnée est souvent la seule porte d'entrée au secteur conventionné : la rareté du conventionnement, et non le chiffre d'affaires, fait alors la valeur. À l'inverse, en zone sous-dotée ou très sous-dotée, le conventionnement est libre et parfois aidé (avenant n° 7 : aides à l'installation) : on peut s'installer sans rien racheter, donc la patientèle vaut beaucoup moins.
Le zonage ARS conditionne l'accès au conventionnement, et donc la valeur. Première vérification avant toute négociation : l'arrêté ARS régional en vigueur sur la zone du cabinet.
Zone ARSAccès au conventionnementEffet sur le prix de la patientèle
Très sous-dotée / sous-dotéeLibre, parfois aidé (avenant 7)Faible : on peut s'installer sans racheter
IntermédiaireEncadréMoyen
Sur-dotéeOuvert seulement si une consœur cesse / réduit fortement son activitéÉlevé : le rachat est souvent la seule entrée conventionnée

On ne rachète pas le conventionnement (ni les patientes)

Ne tombez pas dans le raccourci : vous rachetez un droit de présentation, pas le conventionnement — qui est un droit personnel accordé par l'Assurance maladie — ni les patientes. En zone sur-dotée, le rachat est ce qui ouvre, en pratique, l'accès au conventionnement, mais un montage présenté comme un rachat déguisé du seul droit à conventionnement serait fragile. La valeur doit reposer sur une patientèle et des actifs réels.

Aides ARS ≠ exonération d'impôt sur les bénéfices

Ne confondez pas deux dispositifs distincts (et cumulables). Les aides conventionnelles de l'Assurance maladie en zone sous-dotée (avenant n° 7) sont des aides en euros à l'installation et à l'activité. L'exonération d'impôt sur les bénéfices en zone (France Ruralités Revitalisation — le FRR a remplacé la ZRR depuis le 1er juillet 2024 —, AFR, QPV) est un avantage fiscal sur le résultat, sous d'autres conditions. Le second sujet est traité dans notre guide sage-femme en zone aidée : exonération d'impôt sur les bénéfices.

Donc, dans l'ordre : avant de parler prix, identifiez la zone ARS du cabinet et vérifiez le conventionnement effectif de la cédante. C'est ce diagnostic, plus que le chiffre d'affaires, qui vous dira si vous payez pour une vraie rareté ou pour quelque chose que vous pourriez obtenir sans débourser.

§ 3L'AUDIT·2 MIN

Auditer le cabinet avant de signer : les 6 points qui changent le prix

Faute de barème légal, le seul moyen d'objectiver un prix est d'auditer le cabinet point par point. Ce travail ne sert pas qu'à vous rassurer : il vous donne les arguments concrets pour négocier, et il révèle les risques (patientèle peu récurrente, échographe à remplacer, bail court, conventionnement incertain) qui justifient une décote. C'est la due diligence de la repreneuse, rien d'autre : chaque ligne ci-dessous tire le prix vers le haut ou vers le bas.

Les six points d'audit avant de fixer le prix. C'est l'audit, et non un barème, qui objective la valeur d'une patientèle de sage-femme.
Ce qu'on auditePourquoi c'est décisif
Zone ARS + conventionnement effectifDétermine la valeur et la possibilité même de s'installer en conventionné (voir §2) ; le conventionnement n'est PAS transféré automatiquement
Récurrence et type de patientèleSuivi gynéco, contraception, rééducation périnéale = revenus récurrents ; grossesse ponctuelle = patientèle volatile
Prescripteurs et réseau périnatalMédecins, maternités, PMI, réseaux périnataux : le cabinet vit de son réseau, à auditer et à faire présenter par la cédante
État et âge du plateau techniqueÉchographe, monitoring : des postes coûteux qui conditionnent la part « matériel » du prix et les investissements à venir
Bail / part de SCMDurée résiduelle, loyer, clause de cession ; part de SCM = charges partagées (voir §11)
Absence de litige ordinal / CPAMUn contentieux en cours pèse sur la valeur et la sérénité de la reprise

Exemple : deux cabinets à recettes identiques ne valent pas le même prix

Prenez deux cabinets à 70 000 € de recettes, à l'euro près. Le premier vit de soins récurrents — suivi gynéco de prévention, contraception, rééducation périnéale post-partum, suivi de grossesse renouvelé — avec un réseau de médecins et de maternités adresseurs : ses revenus sont prévisibles, sa patientèle « colle ». Le second enchaîne surtout des suivis de grossesse ponctuels sans réseau stable : à recettes égales, sa patientèle est bien plus volatile, donc moins chère. C'est exactement ce que l'audit révèle — et ce qu'un simple multiple « des recettes » masque.

Mémo express

L'audit objective le prix

Il n'existe pas de barème légal de la patientèle. C'est donc l'audit — zone, récurrence, prescripteurs, plateau technique, bail — qui transforme une fourchette théorique en un prix défendable. Demandez les justificatifs (relevés de recettes, statistiques d'actes, bail) avant de signer.
Hagnéré Patrimoine

Faire auditer le cabinet que vous voulez racheter

Un CGP indépendant, avec votre expert-comptable, objective la valeur (récurrence, zonage, plateau technique, bail), chiffre le coût fiscal du repreneur et sécurise le contrat avant que vous ne signiez.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 4LA VALORISATION·2 MIN

Combien vaut une patientèle de sage-femme ? Le mythe du « % du CA »

Aucun barème légal n'existe, et nous ne vous en fabriquerons pas un. Dans la pratique des cessions libérales, la patientèle se négocie souvent en pourcentage des recettes annuelles ; un ordre de grandeur fréquemment évoqué se situe autour de 30 à 50 % des recettes. C'est un usage, jamais une règle : la valeur réelle dépend des facteurs audités au paragraphe précédent. Le « % du CA » que recopient les forums ne dit rien à lui seul.

La récurrence fait la valeur

Ce qui distingue une patientèle de sage-femme chère d'une patientèle bon marché, à recettes égales, c'est sa récurrence. Une patientèle bâtie sur le suivi gynécologique de prévention, la contraception (renouvellements réguliers) et la rééducation périnéale (prescriptions récurrentes en post-partum) génère des revenus prévisibles et fidélisés. Une patientèle reposant surtout sur des suivis de grossesse ponctuels, sans réseau de prescripteurs stable, est mécaniquement plus volatile. Le pourcentage des recettes doit donc être pondéré : vers le haut quand la récurrence et le zonage le justifient, vers le bas dans le cas inverse.

Décomposition du prix global de reprise

Prix de reprise =
    valeur de la patientèle (% des recettes, pondéré par la récurrence et le zonage)
  + plateau technique (échographe, monitoring : valeur vénale)
  + droit au bail / part de SCM

La fourchette ~30-50 % des recettes est un ordre de grandeur indicatif, pas un barème. Elle se pondère par la récurrence des soins (gynéco, contraception, rééducation périnéale), la zone ARS et le conventionnement, le réseau de prescripteurs, l'âge du plateau technique et la qualité de la passation.

La bonne méthode consiste à faire évaluer le cabinet au cas par cas, idéalement par un expert-comptable ou un spécialiste de la transmission libérale, en croisant deux approches: l'approche par les recettes (le pourcentage ci-dessus) et l'approche par la rentabilité réelle (ce que le cabinet dégage vraiment une fois les charges payées). Quand les deux convergent, vous tenez un prix défendable.

Une valeur faible n'est pas qu'une mauvaise nouvelle

Une patientèle peu valorisée (typiquement en zone sous-dotée) réduit mécaniquement vos droits d'enregistrement (§5) et, côté vendeur, déclenche presque toujours l'exonération de la plus-value professionnelle — ce qui, pour la cédante, n'est pas un drame et peut ouvrir une marge de négociation. Ce cadrage côté vendeur est détaillé dans notre guide céder son cabinet libéral : plus-value et exonérations.
§ 5ARTICLE 719 CGI·2 MIN

Le coût fiscal du repreneur n°1 : les droits d'enregistrement (art. 719 CGI)

C'est le coût que beaucoup de repreneuses oublient de budgéter : en plus du prix, l'acquéreur paie des droits d'enregistrement sur la cession. La cession d'une clientèle libérale suit le régime du fonds de commerce : article 719 du Code général des impôts (les conventions de successeur entre praticiens de santé y sont assimilées, art. 720), complété par les taxes additionnelles départementale (art. 1595 bis) et communale (art. 1584). Le barème est global et progressif (BOI-ENR-DMTOM-10-20-20).

Barème global cumulé (État + département + commune), à la charge de l'acquéreur. Il s'applique par tranches, comme l'impôt sur le revenu.
Fraction du prixTaux global (art. 719)
Jusqu'à 23 000 €0 %
De 23 000 € à 200 000 €3 %
Au-delà de 200 000 €5 %

Droits d'enregistrement sur un rachat de 60 000 €

Assiette = patientèle + matériel (échographe) [+ éventuel droit au bail] = 60 000 €

  •  0 à 23 000 €       →  0 %     =        0 €
  •  23 000 à 60 000 €  →  3 %     =  1 110 €
  ─────────────────────────────────────────────
  Droits dus             =  1 110 €

L'assiette inclut l'ensemble des éléments cédés (incorporel + matériel + droit au bail), pas seulement la patientèle (BOI-ENR-DMTOM-10-20-10). Ces 1 110 € viennent EN PLUS du prix de 60 000 €.

Le séquestre du prix : un point de trésorerie à anticiper

L'acte de cession est enregistré au service des impôts. Par ailleurs, en raison de la solidarité fiscale de la cédante, une partie du prix est fréquemment placée sous séquestre pendant trois à cinq mois (le temps que l'administration purge ses droits). Pour vous, repreneuse, ce n'est pas un coût mais un point de calendrier et de trésorerie: la cédante n'encaisse pas tout immédiatement, ce qui peut faciliter la négociation de la passation.
§ 6AMORTISSEMENT & TVA·3 MIN

La patientèle rachetée s'amortit-elle ? (le scoop fiscal 2026)

Ce qu'il faut retenir sur la déductibilité

  • Patientèle : non amortissable en principe, mais un régime temporaire (prorogé par la LF 2026 jusqu'au 31/12/2029) permet de la déduire sur ~10 ans — soit ~3 500 €/an sur 35 000 €, au réel et à valider avec votre expert-comptable.
  • Plateau technique : toujours amortissable (échographe, monitoring) ; petit matériel < 500 € HT déductible immédiatement.
  • Intérêts d'emprunt : déductibles au réel (art. 93 CGI) — mais pas le capital remboursé.
  • TVA : sage-femme exonérée → aucune récupération. Le coût d'acquisition est un coût net.
  • Réserve : l'amortissement déduit est repris dans la plus-value le jour de la revente — c'est un différé d'impôt, pas un cadeau.

Vous venez de sortir 35 000 € pour une patientèle — pouvez-vous les déduire du bénéfice ? Le principe et l'exception méritent d'être bien distingués.

Le principe : une patientèle est un élément incorporel qui ne se déprécie pas par le simple écoulement du temps. Elle est donc en principe non amortissable (art. 39, 1, 2° CGI ; BOI-BNC-BASE-50, BOI-BIC-AMT-10-20). Une provision pour dépréciation n'est admise que si une dépréciation effective est justifiée (perte d'un gros prescripteur, par exemple).

L'exception qui change la donne : le régime temporaire d'amortissement des fonds

Par dérogation, un régime temporaire permet de déduire l'amortissement des fonds acquis. Instauré par la loi de finances pour 2022 (art. 23 de la loi 2021-1900) et d'abord prévu jusqu'à fin 2025, il a été prorogé par la loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026) aux fonds acquis jusqu'au 31/12/2029, en pratique sur dix ans. Concrètement, une patientèle de 35 000 € pourrait générer de l'ordre de 3 500 € par an de charge déductible du bénéfice BNC — une économie d'impôt loin d'être négligeable à votre tranche marginale (30 à 41 %).

Amortissement annuel d'une patientèle de 35 000 € (régime temporaire)

35 000 € / 10 ans = 3 500 € / an de charge déductible

Économie d'IR (à TMI 30 %)  ≈  1 050 € / an
Économie d'IR (à TMI 41 %)  ≈  1 435 € / an

Ordre de grandeur, sous réserve de l'éligibilité du fonds libéral au régime (à confirmer avec l'expert-comptable). L'économie réelle dépend de votre tranche marginale d'imposition. Réel (2035) obligatoire.

Double précaution avant de compter sur cet amortissement

  • 1. L'extension aux fonds libéraux repose sur une tolérance doctrinale. Le texte vise d'abord les fonds commerciaux ; l'application aux fonds libéraux (dont la patientèle de sage-femme) procède d'une admission de l'administration (BOI-BNC-BASE-50), dont la doctrine a pu évoluer. Une clause anti-abus (art. 39, 12 CGI) exclut par ailleurs l'amortissement pour un fonds acquis auprès d'une entreprise liée ou sous contrôle commun. À faire valider par votre expert-comptable / votre OGA avant de l'intégrer à votre prévisionnel.
  • 2. L'amortissement déduit est repris à la revente. Le jour où vous céderez, l'amortissement pratiqué viendra majorer la plus-value à court terme : l'avantage est un différé d'impôt, pas un cadeau définitif. Ce mécanisme est détaillé côté cédant dans notre guide céder son cabinet libéral.

Le plateau technique, le crédit-bail et les intérêts d'emprunt

Le plateau technique, lui, ne pose pas de difficulté : l'échographe et le monitoring sont amortissables sur leur durée d'usage, et le petit matériel de moins de 500 € HT est déductible immédiatement (art. 39 CGI ; BOI-BIC-AMT-20-30-10). Le matériel coûteux peut aussi être financé en crédit-bail, les loyers étant alors déductibles (voir §10) — une solution qui préserve la trésorerie au démarrage. Enfin, les intérêts de l'emprunt contracté pour le rachat sont déductibles du BNC au réel (art. 93 CGI ; BOI-BNC-BASE-40-60), mais seuls les intérêts, pas le capital remboursé.

La TVA : un coût que vous ne récupérerez pas

Actes de sage-femme exonérés de TVA = aucune récupération

Les actes de soins de la sage-femme sont exonérés de TVA (article 261, 4, 1° du Code général des impôts ; BOI-TVA-CHAMP-30-10-20-10). Vous n'êtes pas assujettie à la TVA sur vos soins : vous ne pouvez donc récupérer aucune TVA, ni sur l'échographe ou le monitoring achetés, ni sur le fonds racheté. Le coût d'acquisition est un coût net— différence majeure avec une officine de pharmacie, où la TVA sur certains achats est récupérable. C'est un point à intégrer tel quel dans le plan de financement.
§ 7MICRO-BNC OU RÉEL·2 MIN

Micro-BNC ou réel : pourquoi un rachat à crédit impose le réel

Amortir la patientèle, déduire les intérêts d'emprunt, passer l'échographe en crédit-bail : aucun de ces leviers ne joue au micro-BNC. Il faut être au régime réel (déclaration contrôlée 2035). Au micro-BNC (art. 102 ter CGI), vous bénéficiez d'un abattement forfaitaire de 34 % censé couvrir vos frais, mais vous ne pouvez déduire aucune charge réelle: ni l'amortissement de la patientèle, ni les intérêts, ni le crédit-bail. Pour une repreneuse qui finance son cabinet à crédit, le micro-BNC efface donc tout l'intérêt fiscal du montage.

Le réel (déclaration contrôlée 2035) est la condition pour déduire les charges d'un rachat. Le micro-BNC, lui, les rend inopérantes.
RégimeCe que vous pouvez déduireAdapté à un rachat à crédit ?
Micro-BNC (art. 102 ter)Rien en réel : abattement forfaitaire de 34 % seulementNon : amortissement, intérêts et crédit-bail perdus
Réel / 2035 (art. 96-97)Amortissement patientèle + matériel, intérêts d'emprunt, crédit-bail, toutes charges réellesOui : c'est ce qui transforme le rachat en levier fiscal

Le seuil du micro-BNC est revalorisé périodiquement (de l'ordre de 83 600 € de recettes après la dernière revalorisation, à confirmer à la source pour l'exercice concerné). Mais pour une repreneuse endettée, le sujet n'est pas tant le seuil que l'option pour le réel : on y passe volontairement pour déduire. Bonne nouvelle, depuis l'imposition 2023, la majoration de 25 % pour non-adhésion à une association de gestion agréée a été supprimée, ce qui rend le réel d'autant plus neutre.

À retenir

Pour transformer un rachat à crédit en levier fiscal, il faut être au réel

Le micro-BNC convient à un démarrage léger sans investissement. Dès qu'il y a rachat de patientèle, plateau technique et emprunt, le réel s'impose presque toujours. L'arbitrage micro / réel et SELARL est détaillé dans notre guide SELARL ou BNC pour la sage-femme : l'arbitrage fiscal.
§ 8LE CONTRAT·2 MIN

Le contrat de cession : les clauses qui protègent votre investissement

Ici, le contrat pèse plus que le prix affiché : c'est la passation qui décide si les patientes suivront. Comme la patientèle n'est pas captive (§1), ce sont les clauses de passation qui scellent la réussite de la reprise. Les voici, une par une.

Les cinq clauses clés d'un contrat de cession de patientèle de sage-femme. Faire rédiger l'acte par un professionnel du droit est vivement conseillé.
ClauseCe qu'elle protège
Présentation de la patientèleLa cédante présente effectivement la repreneuse à la patientèle ET aux prescripteurs (objet même du contrat, dans le respect de la liberté de choix — Cass. 7/11/2000)
Non-concurrence / non-réinstallationEmpêche la cédante de récupérer la patientèle ; périmètre et durée doivent être PROPORTIONNÉS sous peine de nullité
Accompagnement / transitionPrésence de la cédante quelques semaines à quelques mois : présentation aux médecins, maternités et réseaux périnataux (intuitu personae fort)
Bail, part de SCM et matérielAccord du bailleur / clause de cession du bail ; reprise de la part de SCM ; inventaire du plateau technique (échographe, monitoring) annexé à l'acte
Séquestre + conditions suspensivesEncadre la solidarité fiscale de la cédante ; condition suspensive d'OBTENTION DU CONVENTIONNEMENT par la repreneuse

Un modèle existe — mais faites rédiger l'acte par un professionnel

Le Conseil national de l'Ordre des sages-femmes met à disposition un modèle de contrat de cession de patientèle, utile comme base de discussion. Il ne remplace pas la rédaction de l'acte par un professionnel du droit (avocat, notaire), qui adaptera les clauses à votre situation et veillera notamment à la condition suspensive de conventionnement et au caractère proportionné de la non-concurrence.

Éviter la fuite de patientèle : une affaire de passation

La meilleure clause de non-concurrence ne remplace pas une passation soignée. Concrètement : une période d'accompagnement pendant laquelle la cédante travaille à vos côtés, une présentation effective aux prescripteurs (médecins, maternités, PMI, réseaux périnataux, qui sont la source du flux de patientes), et la reprise des créneaux et habitudes existants. Sans cela, la patiente adressée par tel gynécologue ira voir une autre sage-femme, et le prescripteur prendra l'habitude d'adresser ailleurs.

À retenir

La patiente suit la praticienne, pas les murs

Sur le terrain, une bonne clause d'accompagnement et une présentation effective au réseau valent mieux que quelques milliers d'euros grignotés sur le prix. Négociez-les avec autant de soin que le montant.
§ 9CAS CHIFFRÉS·3 MIN

Cas chiffré : Camille rachète un cabinet à 60 000 €

Place aux chiffres : trois dossiers de sages-femmes repreneuses, choisis pour montrer que c'est la récurrence et la zone, et non le chiffre d'affaires brut, qui font le prix. Camille est notre fil rouge chiffré à l'euro. Le deuxième cas oppose deux zones ; le troisième compare le rachat d'une patientèle et le rachat de parts de SELARL.

Cas 1 · Sage-femme · BNC réel · primo-reprise

Camille — rachat de 60 000 €, droits d'enregistrement : 1 110 €

Camille reprend un cabinet réalisant 70 000 € de recettes annuelles. La cédante et elle s'accordent sur une patientèle valorisée 35 000 € (soit ~50 % des recettes, dans la fourchette) et un échographe évalué 25 000 €, soit un prix total de 60 000 €. Camille opte pour le réel (2035).

Droits d'enregistrement (art. 719) : (60 000 − 23 000) × 3 % = 1 110 €, à sa charge, en plus du prix.

Déductibilité : l'échographe (25 000 €) est amortissable (ou finançable en crédit-bail). Les 35 000 € de patientèle sont en principe non amortissables, mais Camille pourrait déduire de l'ordre de 3 500 €/an au titre du régime temporaire prorogé par la LF 2026 — à valider avec son expert-comptable. Les intérêts de son emprunt sont déductibles. Aucune TVA récupérable (sage-femme exonérée) : le coût est net.

Bilan : entre l'amortissement de la patientèle, celui de l'échographe et les intérêts, une grande partie de la charge des premières années est gommée fiscalement — à condition d'être au réel. Côté vendeur (cadre de négociation) : les recettes (70 000 €) sont inférieures à 90 000 €. Si la cédante a exercé au moins 5 ans, sa plus-value professionnelle peut être totalement exonérée (art. 151 septies).

Cas 2 · Sage-femme · même cabinet, deux zones

L'effet zonage — la zone, pas le CA, fait le prix

Deux cabinets au chiffre d'affaires comparable (70 000 €). Le premier est en zone sur-dotée : le conventionnement d'une nouvelle installation n'y est en principe ouvert que si une consœur cesse ou réduit fortement son activité. Racheter cette patientèle conventionnée est alors, en pratique, la seule porte d'entrée au secteur conventionné → la patientèle se paie cher.

Le second est en zone sous-dotée : le conventionnement est libre, et des aides à l'installation existent (avenant n° 7). On peut s'y installer sans rien racheter → la même patientèle vaut sensiblement moins. Conclusion : avant de négocier, on auditera l'arrêté ARS de la zone — c'est lui qui valide (ou non) la rareté du conventionnement.

Cas 3 · Sage-femme · patientèle (EI) vs parts de SELARL

Léa — deux objets juridiques, deux fiscalités

Léa hésite entre racheter la patientèle d'une consœur en entreprise individuelle (60 000 €) ou les parts de sa SELARL.

Patientèle en EI → droits 719 = 1 110 €, amortissement possible de la patientèle, on reprend l'actif et non le passif ; côté vendeur, plus-value professionnelle aux prélèvements sociaux de 18,6 %. Parts de SELARL → droits de l'article 726 (3 % après abattement), pas d'amortissement des titres, on reprend la société avec son passif (due diligence renforcée) ; côté vendeur, plus-value mobilière également aux prélèvements sociaux de 18,6 %. À revenus modérés, le rachat de patientèle en BNC reste le cas central et le plus simple à amortir.

Ce que disent ces trois cas

La récurrence et la zone font le prix, l'audit le confirme, le contrat le protège

  • Camille (réel) : 60 000 € de rachat, 1 110 € de droits, ~3 500 €/an d'amortissement de patientèle + échographe + intérêts → charge largement gommée.
  • Effet zonage : en zone sur-dotée, le rachat est cher car c'est la seule entrée conventionnée ; en zone sous-dotée, la patientèle est bon marché (installation libre + aides).
  • Patientèle vs SELARL : 719 + amortissement d'un côté ; 726 + pas d'amortissement de l'autre — côté vendeur, les prélèvements sociaux sont de 18,6 % dans les deux cas.

Note de méthode : ces chiffres sont illustratifs

Les montants ci-dessus sont des ordres de grandeur pédagogiques. Rien dans la loi ne fixe le prix d'une patientèle : la fourchette ~30-50 % des recettes n'est qu'un repère, à pondérer par la récurrence, la zone, les prescripteurs et l'état du plateau technique. L'amortissement de la patientèle suppose l'éligibilité du fonds libéral au régime temporaire, à confirmer avec un expert-comptable. Chaque rachat doit être modélisé au cas par cas.
§ 10LE FINANCEMENT·2 MIN

Financer le rachat : prêt professionnel, apport et crédit-bail

Côté financement, le schéma est classique ; deux ou trois réflexes évitent les erreurs de trésorerie. Le rachat se finance le plus souvent par un prêt professionnel amortissable sur une durée usuelle de 5 à 7 ans, avec un apport personnel de l'ordre de 10 à 30 %. La banque demandera fréquemment un nantissement de la patientèle et du matériel, ainsi qu'une assurance emprunteur.

Les leviers de financement d'un rachat de cabinet de sage-femme. L'échographe et le monitoring se prêtent bien au crédit-bail, qui préserve la trésorerie de démarrage.
LevierIntérêtPoint d'attention
Prêt professionnel (5-7 ans)Étale le coût ; intérêts déductibles au réel (art. 93)Apport 10-30 %, nantissement patientèle/matériel, assurance emprunteur
Crédit-bail du plateau techniqueLoyers déductibles (art. 39) ; préserve la trésorerie de démarrageLe bien n'est pas à vous tant que l'option d'achat n'est pas levée
Aides à l'installation (zone sous-dotée)Avenant n° 7 : aides en € de l'Assurance maladieConditionnées au zonage ; à vérifier dossier par dossier
ACRE (début d'activité)Allègement dégressif des cotisations socialesConditions et durée à vérifier ; ne pas survendre

Le montage se prépare avec votre structure d'exercice et vos murs

Capacité d'emprunt, apport, durée, crédit-bail sur l'échographe, aides en zone sous-dotée, articulation avec la prévoyance : tout cela se cale en amont, avec le choix de votre structure d'exercice. Voyez notre guide s'installer en sage-femme libérale : EI ou SELARL. Si vous envisagez aussi d'acquérir les locaux, voyez racheter les murs du cabinet en SCI.
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Boucler le plan de financement de votre rachat

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§ 11PATIENTÈLE OU TITRES·2 MIN

Racheter une patientèle ou des parts de SEL ?

Selon la forme juridique du cabinet cible, vous ne rachetez pas la même chose — et la fiscalité n'est pas la même. La distinction est simple mais lourde de conséquences fiscales : une patientèle (un actif) ou des parts de société (une structure entière, avec son passif).

Rachat d'une patientèle (fonds libéral, EI / BNC)

Le cas le plus fréquent chez la sage-femme. Vous achetez un droit de présentation : droits d'enregistrement de l'art. 719 CGI (0/3/5 %). La patientèle peut être amortie (régime temporaire à valider). Vous reprenez l'actif, pas les dettes de la structure. Côté vendeur : plus-value professionnelle, prélèvements sociaux 18,6 %.

Rachat de parts de SEL (SELARL)

Plus rare chez la sage-femme. Vous achetez des titres de société : droits d'enregistrement de l'art. 726 CGI (3 % après abattement), PAS d'amortissement des titres. Vous reprenez la société avec son actif ET son passif (due diligence renforcée). Côté vendeur : plus-value mobilière (art. 150-0 A), prélèvements sociaux 18,6 %.

La sage-femme exerce le plus souvent en entreprise individuelle ou via une SCM (société de moyens, qui mutualise les charges sans dégager de bénéfice), rarement en SEL. Le cas central reste donc le rachat d'une patientèle en BNC. Attention à ne pas confondre la SCM (charges partagées) avec la SCI qui détient les murs du cabinet : ce sont deux outils différents. Ce mécanisme — droit de présentation, droits de l'art. 719, amortissement temporaire — est exactement le même chez les autres professions de santé en BNC ; il se retrouve à l'identique côté rachat d'un cabinet de kinésithérapeute.

Côté vendeur : les exonérations de plus-value (renvoi)

Cette page est écrite côté acheteur. Côté vendeur, la cession d'une patientèle peut être exonérée de plus-value professionnelle selon trois régimes : l'article 151 septies (selon les recettes — seuil de 90 000 € en exonération totale, dégressif jusqu'à 126 000 € pour une activité de prestations de services exercée depuis au moins 5 ans ; v. CE 13/06/2018 n° 401942 sur le délai), l'article 238 quindecies (selon la valeur de cession — 500 000 € en totale, dégressif jusqu'à 1 000 000 €) et l'article 151 septies A (départ à la retraite — IR exonéré, mais prélèvements sociaux de 18,6 % dus). Le détail est dans nos guides céder un cabinet libéral : plus-value et exonérations et SELARL ou BNC pour la sage-femme. Pour la logique BNC contre société, voyez aussi BNC ou SEL : ce que vous rachetez vraiment.
§ 12APRÈS LE RACHAT·2 MIN

Une fois installée : les réflexes patrimoniaux de la repreneuse

Une fois l'acte signé, vous êtes installée — mais aussi endettée et exposée. La sage-femme repreneuse a alors quelques réflexes patrimoniaux à mettre en place sans attendre — d'autant que l'exercice est souvent mixte (salariat hospitalier + libéral), avec des gardes et un enjeu de maternité propre à la profession.

Quatre réflexes de la sage-femme qui vient de racheter son cabinet. L'exercice mixte et l'exposition (gardes, maternité) rendent la prévoyance prioritaire.
PrioritéLe levierLe guide dédié
Protéger un revenu exposé (gardes, maternité)Prévoyance Madelin (art. 154 bis CGI) : arrêt de travail, maternité, gardesPrévoyance du libéral
Optimiser sa fiscalité dès l'installationRéel 2035 pour déduire amortissements, intérêts et charges ; arbitrage SELARLSELARL ou BNC / défiscalisation sage-femme
Préparer la retraite CARCDSFAnticiper la pension de la section sages-femmes et la compléter par un PERRetraite CARCDSF / PER sage-femme
Faire travailler l'épargne dégagéePlacement de l'épargne professionnelle, en cohérence avec l'endettement de reprisePlacement sage-femme

Quatre réflexes de la jeune installée

Quatre chantiers à ouvrir dans les douze mois

Le rachat s'inscrit dans une séquence patrimoniale

Acheter, c'est aussi s'endetter et exposer son revenu à un aléa de santé ou à une maternité. Dans l'ordre : on objective le prix, on sécurise le contrat et le financement, puis on protège le revenu et l'épargne. Un bilan patrimonial enchaîne ces étapes au lieu de les subir une par une.

Note de méthode sur les projections d'épargne et de retraite

Les économies d'impôt (amortissement, déductions Madelin et PER) et les rendements évoqués dans nos guides de placement sont des ordres de grandeur pédagogiques, dépendants de votre tranche marginale et des hypothèses retenues. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures et tout placement comporte un risque de perte en capital. Aucune projection ne vaut engagement : chaque chiffre doit être recalculé sur votre situation réelle avant décision.
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Construire votre projet de reprise avec un CGP indépendant

Audit indépendant : on objective le prix, on chiffre les droits et la déductibilité, on sécurise le contrat et le financement, puis on structure votre patrimoine de jeune installée (prévoyance, retraite CARCDSF, épargne). On chiffre chaque étape avant de la déclencher.

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Sources et références légales

  • Droits d'enregistrement du repreneur

    Art. 719 CGI (barème global et progressif sur la cession de fonds / clientèle : 0 % jusqu'à 23 000 €, 3 % de 23 000 à 200 000 €, 5 % au-delà). Art. 1595 bis et 1584 CGI (taxes additionnelles département / commune). Art. 720 CGI (conventions assimilées). Art. 726 CGI (cession de parts ou actions de société). Assiette : incorporel (droit de présentation), matériel et droit au bail. Doctrine : BOI-ENR-DMTOM-10-20-20, BOI-ENR-DMTOM-10-10-20, BOI-ENR-DMTOM-10-20-10.

  • Amortissement, TVA et régime fiscal du repreneur

    Art. 39, 1, 2° CGI (non-amortissabilité de principe des incorporels). Art. 39 et 39, 12 CGI (petit matériel < 500 € HT, crédit-bail, clause anti-abus entreprise liée). Régime temporaire d'amortissement des fonds acquis (art. 23 de la loi 2021-1900 du 30/12/2021), prorogé par la LF 2026 (loi 2026-103 du 19/02/2026) aux fonds acquis jusqu'au 31/12/2029 — extension aux fonds libéraux par tolérance doctrinale (BOI-BNC-BASE-50), à valider avec l'expert-comptable. Art. 93 CGI (déductibilité des intérêts d'emprunt, BOI-BNC-BASE-40-60). Art. 261, 4, 1° CGI (exonération de TVA des actes de la sage-femme, pas de récupération). Micro-BNC : art. 102 ter CGI ; réel : art. 96 et 97 CGI. Doctrine : BOI-BIC-AMT-10-20, BOI-BIC-AMT-20-30-10, BOI-BNC-DECLA-20-10, BOI-TVA-CHAMP-30-10-20-10.

  • Spécificités sage-femme, zonage et déontologie

    Cass. 1ré civ. 07/11/2000 n° 98-17.731 (licéité de la cession de clientèle de santé). Art. L. 1434-4 CSP (méthodologie des zones sous-dotées / sur-dotées). Art. L. 1110-4 et L. 1110-8 CSP (liberté de choix du patient, secret). Convention nationale des sages-femmes libérales, avenants n° 1 et n° 4 (régulation démographique, accès au conventionnement encadré en zone sur-dotée) et avenant n° 7 (aides à l'installation en zone sous-dotée). Art. R. 4127-301 et s. CSP (code de déontologie des sages-femmes). Caisse de retraite de la sage-femme : CARCDSF, section sages-femmes. PASS 2026 : 48 060 € (arrêté du 22/12/2025).

  • Côté cédant (renvois) et prélèvements sociaux 2026

    Art. 151 septies, 238 quindecies et 151 septies A CGI (exonérations de plus-value professionnelle du cédant). CE 13/06/2018 n° 401942 (délai de 5 ans). Art. 150-0 A CGI (cession de titres de SEL). Art. 154 bis CGI (prévoyance et PER du libéral). LFSS 2026 (loi 2025-1403 du 30/12/2025) : prélèvements sociaux portés à 18,6 % (CSG 10,6 + CRDS 0,5 + solidarité 7,5) sur la plus-value professionnelle de cession de patientèle BNC comme sur la plus-value de cession de parts de société ; 17,2 % maintenu pour l'assurance-vie, les revenus fonciers et les plus-values immobilières (CSS art. L. 136-8, IV). Doctrine : BOI-BIC-PVMV-40-10-10.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier, et ne se substitue pas aux règles déontologiques de la profession de sage-femme. Chaque rachat de cabinet doit faire l'objet d'une étude individualisée (audit de la récurrence, du zonage et du conventionnement, valorisation, droits d'enregistrement, déductibilité, contrat, financement). Les chiffres et taux cités sont à jour au 11 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF/LFSS annuelles, doctrine BOFiP, avenants conventionnels, jurisprudence). La fourchette de valorisation (~30-50 % des recettes) est un ordre de grandeur indicatif, non un barème : il n'existe aucun barème légal de la patientèle. L'éligibilité du régime temporaire d'amortissement aux fonds libéraux et le zonage ARS applicable doivent être confirmés au cas par cas, avec un expert-comptable et au vu de l'arrêté ARS en vigueur.

Foire aux questions

Tout sur le rachat d'un cabinet de sage-femme prix, zonage, droits d'enregistrement, amortissement et contrat.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous : ce qu'on rachète vraiment, comment estimer le prix, pourquoi la récurrence et le zonage ARS font la valeur, quels droits d'enregistrement, si la patientèle est déductible, comment sécuriser le contrat et financer le rachat. Réponses sourcées et à jour 2026.