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Guide sage-femme 202615 minMis à jour 11 juin 2026Cas chiffré à 110 000 €

SELARL ou BNC pour la sage-femme : l'arbitrage fiscal quand le revenu monte

Votre bénéfice de sage-femme progresse, et la question revient : faut-il passer en SELARL ? Sauf que c'est rarement la bonne lecture. La SEL ne fait pas baisser votre impôt — elle vous permet de le piloter et de thésauriser sur la part de bénéfice que vous ne consommez pas. En BNC, 100 % de votre bénéfice supporte l'IR (jusqu'à 45 %) et les cotisations sociales, dépensé ou non. En SELARL à l'IS (15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %), vous n'êtes imposée à l'IR que sur ce que vous vous versez. Mais pour une profession médicale aux revenus souvent modérés, affiliée à la CARCDSF, le calcul ne tourne qu'à partir d'un bénéfice élevé et stable. Dans ce guide : le vrai seuil de bascule, ce que change la fin de l'abattement de 10 %, et un cas chiffré à 110 000 €. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

ARBITRAGE BNC / SELARL 2026

Calculer votre seuil de bascule et chiffrer le gain net réel de la SELARL

Audit BNC vs SELARL pour sage-femme libérale : modélisation à l'euro selon votre TMI, votre bénéfice et votre capacité d'épargne, arbitrage rémunération/dividendes, impact CARCDSF, option EI à l'IS, coût réel. Cabinet 100 % indépendant, calé avec votre expert-comptable.

  • Modélisation chiffrée BNC vs SELARL
  • Seuil calibré sur votre taux d'épargne
  • Impact retraite CARCDSF intégré
  • Cabinet 100 % indépendant

IS PME

15 / 25 %

SEUIL TAUX RÉDUIT

42 500 €

PFU DIVIDENDES

31,4 %

BASCULE INDICATIVE

≥ 80-100 k€

RETRAITE

CARCDSF

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1LE PRINCIPE·3 MIN

La SELARL pilote l'impôt, elle ne le baisse pas

L'essentiel en 30 secondes

  • Il n'y a pas de seuil légal BNC → SELARL : aucun texte ne fixe de montant de bénéfice.
  • La SEL ne supprime aucun impôt : elle vous permet de le piloter et de le différer sur la part de bénéfice que vous ne consommez pas (report + différentiel de taux, pas une exonération).
  • En BNC, 100 % de votre bénéfice subit l'IR (jusqu'à 45 %) + les cotisations sociales, consommé ou non. En SELARL à l'IS, vous n'êtes imposée à l'IR que sur ce que vous vous versez ; le reste capitalise à 15 % (jusqu'à 42 500 €) puis 25 %.
  • Pour une sage-femme, profession médicale aux revenus souvent modérés, la bascule ne paie qu'à partir d'un bénéfice élevé et stable (souvent ≥ 80 000 à 100 000 €) et d'une capacité d'épargne réelle. Sinon, l'EI au BNC reste le bon choix.
  • Trois points d'attention 2026 : fin de l'abattement de 10 % en SEL (§6), règle des 10 % sur les dividendes (§7), impact sur la retraite CARCDSF (§8).

Votre activité de sage-femme libérale tourne bien, votre bénéfice grimpe, et quelqu'un — un confrère, un commercial, un forum — vous a glissé qu'à partir d'un certain seuil, « il faut passer en SELARL pour payer moins d'impôts ». C'est le moment de poser les choses au clair. La société à l'IS ne coupe pas l'impôt comme un interrupteur — elle le réorganise dans le temps : c'est un outil de pilotage et de thésaurisation qui ne profite qu'à un profil précis. Ce guide traite l'arbitrage fiscal — le calcul à faire quand le revenu monte. Pour le choix du statut au démarrage de l'activité, voyez plutôt notre guide s'installer en sage-femme libérale : EI ou SELARL.

Le point de départ, c'est le Code général des impôts. En BNC au réel, votre bénéfice est déterminé recettes moins dépenses (article 93 CGI), déclaré sur la liasse 2035-SD (article 96 CGI), puis ajouté à vos autres revenus et soumis au barème progressif de l'impôt sur le revenu (article 197 CGI). En SELARL, c'est la société qui est redevable de l'impôt sur les sociétés (article 219 I-b CGI) ; vous n'êtes personnellement imposée que sur ce que la société vous distribue. Toute la suite découle de là : qui paie l'impôt, vous ou la société ?

Report et différentiel de taux — pas une suppression d'impôt

C'est l'erreur que je corrige le plus souvent en rendez-vous. Sur la part de bénéfice laissée dans la société, vous payez l'IS (15 ou 25 %) au lieu de l'IR à votre TMI (30, 41 ou 45 %). Mais le jour où vous sortez ces sommes en dividendes, vous payez le PFU à 31,4 % par-dessus l'IS déjà acquitté. L'avantage est donc un report dans le temps (le capital fructifie avant d'être distribué) et un différentiel de taux, qui ne se matérialisent que si vous ne consommez pas tout votre bénéfice. C'est exactement ce qu'on chiffre au §5.
§ 2LE MOTEUR·3 MIN

Imposée sur tout, ou sur ce qu'on se verse

Si vous ne deviez retenir qu'une chose : entre le BNC et la SEL, ce qui change n'est pas le taux, c'est l'assiette. Sur quoi êtes-vous imposée ?

BNC au réel — imposée sur TOUT le bénéfice

Que vous viviez avec 50 000 € ou 110 000 €, c'est l'intégralité du bénéfice qui supporte l'IR au barème (jusqu'à 45 %) et les cotisations sociales, l'année où il est dégagé. La part que vous mettez de côté pour épargner a déjà été imposée au maximum. Vous n'avez aucun levier sur l'assiette.

SELARL à l'IS — imposée sur ce que vous VOUS VERSEZ

La société paie l'IS (15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %). Vous n'êtes imposée à l'IR que sur votre rémunération, et au PFU 31,4 % sur les dividendes que vous décidez de sortir. Le bénéfice non distribué reste dans la société, faiblement taxé, et continue à travailler. Vous pilotez l'assiette.

Ce déplacement de l'assiette ne profite qu'à un profil : celui qui n'a pas besoin de tout son revenu. En BNC, épargner coûte cher — vous payez l'impôt maximal, puis vous mettez de côté ce qu'il reste. En SELARL, vous pouvez laisser une partie du bénéfice dans la société, où il n'est taxé qu'à 15 ou 25 %, et l'y faire fructifier (trésorerie placée) avant, éventuellement, de vous le distribuer plus tard.

Les deux barèmes côte à côte. Les seuils de l'IR sont par part de quotient familial et indicatifs (revalorisés chaque année). L'IS PME est à 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice (sous conditions), 25 % au-delà. C'est ce différentiel, appliqué au bénéfice non consommé, qui finance la bascule.
Barème IR 2026 (art. 197 CGI)TauxBarème IS PME (art. 219 I-b)Taux
Jusqu'à ~11 600 €0 %Bénéfice ≤ 42 500 €15 %
Tranches intermédiaires11 % / 30 %Bénéfice > 42 500 €25 %
De ~84 600 à ~181 900 €41 %——
Au-delà de ~181 900 €45 %——

Aller plus loin — l'IS effectif sur le bénéfice non consommé

Prenons une sage-femme qui laisse 40 000 € de bénéfice dans sa société : la totalité étant sous le plafond, elle paie 15 %, soit 6 000 € d'IS. Si elle laisse 60 000 €, elle paie 15 % sur les premiers 42 500 € (6 375 €) puis 25 % sur les 17 500 € restants (4 375 €), soit 10 750 €, un taux effectif d'environ 18 %. À comparer aux 30-41 % d'IR (plus les cotisations sociales) que ce même bénéfice aurait supportés en BNC. C'est ce différentiel, appliqué chaque année à la part non consommée, qui constitue le moteur économique de la bascule — et c'est exactement le calcul du §5.

Le seuil de l'IS, c'est 42 500 € — pas 100 000 €

Méfiance sur le seuil de 100 000 € qu'on voit circuler : le taux de 15 % de l'IS s'arrête à 42 500 € de bénéfice (article 219 I-b CGI), sous conditions PME (chiffre d'affaires inférieur à 10 M€, capital entièrement libéré, détention à 75 % par des personnes physiques). Au-delà, le taux passe à 25 %. Ce plafond a été maintenu par la LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026).
§ 3INSTALLATION VS ARBITRAGE·2 MIN

Installation et arbitrage : deux questions distinctes

Beaucoup de sages-femmes confondent deux décisions très différentes. La première — quel statut au démarrage — se pose à l'installation, quand le revenu est encore incertain : la réponse est presque toujours l'entreprise individuelle au BNC, simple et peu coûteuse. La seconde — l'arbitrage fiscal objet de ce guide — se pose plus tard, quand le revenu a monté et s'est stabilisé : c'est là que la SELARL devient une option à calculer.

À distinguer

Deux moments, deux logiques

  • À l'installation (revenu faible ou incertain, exercice parfois mixte salariat + libéral) : l'EI au BNC s'impose. Pas de structure, pas de comptabilité d'engagement, accès au micro-BNC sous 83 600 € de recettes. Le sujet est traité dans notre guide s'installer en sage-femme libérale : EI ou SELARL.
  • Quand le revenu monte (bénéfice élevé et stable, capacité d'épargne réelle) : c'est le moment de poser le calcul d'arbitrage BNC vs SELARL — l'objet de ce guide. La question n'est plus « comment démarrer » mais « comment optimiser un revenu confortable ».

Cette distinction compte doublement pour une sage-femme, pour deux raisons propres au métier qui retardent le moment de la bascule. Première raison : les revenus sont souvent plus modérés que chez un médecin ou un dentiste — un bénéfice de 60 000 ou 70 000 € est fréquent, niveau auquel la SEL ne se justifie pas encore. Seconde raison : l'exercice est souvent mixte (une part de salariat hospitalier, une part de libéral), ce qui complique le calcul de la TMI et de la capacité d'épargne réellement disponible sur la part libérale.

La profession de sage-femme reste médicale et réglementée

Quel que soit le statut, vous restez une profession médicale au sens du Code de la santé publique (art. L. 4151-1 et s.), inscrite à l'Ordre des sages-femmes, imposée en BNC, et affiliée à la CARCDSF (section des sages-femmes) pour la retraite. Une SELARL ne change rien à ces fondamentaux : elle réorganise la fiscalité de l'entreprise, pas votre statut professionnel ni votre déontologie. Et vos actes restent exonérés de TVA (article 261-4-1° CGI), en EI comme en SEL.
§ 4LE SEUIL·3 MIN

Le vrai seuil de bascule : deux conditions cumulatives

Voilà la question qui fâche — et que presque personne ne formule correctement. Le seuil de bascule n'est pas un montant de bénéfice : c'est une condition qui croise deux variables. La SELARL devient intéressante quand l'économie réalisée sur le bénéfice non consommé dépasse le surcoût de la structure — et cela suppose deux conditions réunies en même temps.

La condition de bascule (raisonnement, pas barème légal)

La SELARL est pertinente SI les DEUX conditions sont remplies :

  Condition 1 — TMI suffisante : TMI BNC  ≥  30 % (idéalement 41 %)
  Condition 2 — Épargne réelle : (Bénéfice − Train de vie) > ~20 000 à 30 000 €/an

Alors, et alors seulement :

  (Bénéfice − Train de vie) × (TMI − Taux d'IS)
        >  Coût annuel de la structure

où :
  • (Bénéfice − Train de vie) = part de bénéfice NON consommée
  • TMI = votre tranche marginale en BNC (souvent 30 % ou 41 %)
  • Taux d'IS = 15 % (≤ 42 500 €) puis 25 %
  • Coût = compta + juridique + conseil (souvent 2 000 à 4 000 €/an)

Lecture : il faut une TMI suffisante ET une capacité d'épargne réelle. Si l'une des deux manque — TMI à 11 %, ou train de vie qui absorbe tout le bénéfice — le membre de gauche s'effondre et il ne reste que le coût : la SEL devient une perte. Pour une sage-femme, c'est souvent la condition 2 (l'épargne réelle) qui fait défaut à revenus modérés. Ce raisonnement est un repère de décision, pas une formule légale : seule une modélisation chiffrée sur votre situation tranche.

En pratique, pour une sage-femme, cela revient à un repère simple : la SELARL ne commence à se discuter sérieusement qu'à partir d'un bénéfice élevé et stable, souvent de l'ordre de 80 000 à 100 000 € et plus, et seulement si vous parvenez à ne pas tout consommer. En dessous, ou si vous dépensez l'essentiel de votre revenu, le calcul ne tourne pas. Rien à voir avec le prestige ou le niveau de carrière : c'est purement arithmétique. Ce qui compte, ce n'est pas ce que vous gagnez, c'est ce que vous ne dépensez pas.

Pourquoi « passez en SELARL dès 100 000 € » est un raccourci trompeur

Le chiffre de 100 000 € qu'on entend parfois n'a de sens que pour un profil bien précis : TMI suffisante et capacité d'épargne importante. Appliqué à une sage-femme qui dégage 100 000 € mais en dépense 95 000 €, ce conseil fait perdre de l'argent : la part non consommée (5 000 €) ne génère qu'une économie dérisoire, largement engloutie par le surcoût de comptabilité, la perte de l'abattement de 10 % (§6) et l'impact CARCDSF. Le bon réflexe n'est pas de regarder votre chiffre d'affaires, mais votre taux d'épargne réel.
§ 5CAS CHIFFRÉ·4 MIN

Cas chiffré : Camille, sage-femme, 110 000 € de bénéfice

Assez de théorie : prenons deux sages-femmes réelles. Une mise au point avant de lire : ces chiffres sont des ordres de grandeur en base brute, avant déductions (PER/Madelin), et la rémunération de sortie qui finance le train de vie reste, elle, chargée (cotisations + IR). Le gain net réel se modélise au cas par cas. Pour montrer que le seuil n'est pas un chiffre de bénéfice mais un chiffre d'épargne, on compare deux sages-femmes qui dégagent exactement le même bénéfice de 110 000 €, mais ne consomment pas la même chose : la première en tire un vrai gain, la seconde non.

Cas 1 · Sage-femme · 110 000 € de bénéfice · train de vie 65 000 €

Camille épargne 45 000 € — la SELARL devient pertinente

Camille dégage 110 000 € mais vit avec 65 000 €. Elle épargne donc environ 45 000 € par an.

En BNC : les 110 000 € supportent l'IR (une large part à 30 %, et le haut de la tranche à 41 %) et les cotisations sociales sur la totalité. Les 45 000 € qu'elle n'utilise pas ont déjà été imposés à son taux marginal avant d'atterrir sur son épargne.

En SELARL (gérante majoritaire, TNS) : elle se verse ~65 000 € (imposés à l'IR + cotisations, comme avant), et laisse ~45 000 € dans la société. Cette part est taxée à l'IS (15 % sur les premiers 42 500 €, 25 % sur le reste), soit un IS effectif d'environ 15 à 16 % — contre un taux marginal d'IR de 41 % en BNC, auquel s'ajoutaient les cotisations sociales. L'écart annuel se chiffre en milliers d'euros, et le capital ainsi conservé capitalise dans la société.

Disons-le franchement : ce n'est pas de l'impôt en moins, c'est de l'impôt plus tard — et taxé différemment. Le jour où Camille sortira ces sommes en dividendes, elle paiera le PFU (31,4 %). Mais d'ici là, elle aura capitalisé sur une base bien plus large. La SEL est ici un outil de thésaurisation qui a du sens.

Cas 2 · Sage-femme · 110 000 € de bénéfice · mais consomme presque tout

Léa épargne 8 000 € — la SEL ne sert à rien (le contre-exemple)

Léa a le même bénéfice de 110 000 € que Camille, mais un train de vie de 102 000 € : elle n'épargne quasiment rien.

Pour disposer de ses 110 000 €, elle doit tout sortir de la société. Soit en rémunération (imposée à l'IR + cotisations, exactement comme en BNC), soit en dividendes : et là, elle empile l'IS d'abord (15/25 %), puis le PFU à 31,4 % à la sortie, plus les cotisations TNS sur la fraction de dividendes au-delà de 10 % (voir §7). La double couche d'imposition annule le bénéfice du taux réduit.

Résultat : à bénéfice identique, la SEL n'apporte rien de plus à Léa que le BNC sur le plan fiscal, et lui coûte en revanche la comptabilité, le juridique, la complexité, la perte de l'abattement de 10 % — et des droits CARCDSF en moins si elle privilégie les dividendes. Léa le prouve : tout se joue sur l'épargne, pas sur le bénéfice.

Note de méthode : ces chiffres sont illustratifs

Les montants ci-dessus sont des ordres de grandeur pédagogiques, volontairement simplifiés (tranches, cotisations et arrondis) pour faire ressortir la logique. Ils ne valent pas une simulation personnalisée: le gain net réel dépend de votre TMI exacte, de votre régime de cotisations CARCDSF, de vos déductions (PER/Madelin), du niveau de rémunération de sortie, de la part de salariat éventuelle et du rendement de la trésorerie capitalisée. Une projection chiffrée ne préjuge pas du résultat futur, qui varie selon votre situation et l'évolution de la fiscalité (LF/LFSS annuelles). À modéliser au cas par cas avant toute décision.
Hagnéré Patrimoine

Quel est VOTRE seuil de bascule, à l'euro près ?

Un CGP indépendant modélise votre cas — bénéfice, TMI, part de salariat, train de vie réel, capacité d'épargne — et chiffre le gain net annuel d'une SELARL (ou d'une EI à l'IS), coûts et impact CARCDSF inclus.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 6ALERTE — CE 8 AVRIL 2025·3 MIN

Fin de l'abattement de 10 % en SEL (CE 8 avril 2025)

Celui-là, presque personne ne le voit venir — et il date de l'imposition 2024. On croyait souvent qu'en passant en SEL, on transformait son revenu de sage-femme en salaire de dirigeant, avec à la clé l'abattement forfaitaire de 10 % pour frais professionnels propre aux traitements et salaires. Cette époque est révolue.

Depuis l'imposition des revenus 2024, la rémunération que l'associé d'une SEL perçoit au titre de son activité technique d'exercice libéral — vos actes de sage-femme — est imposée dans la catégorie des bénéfices non commerciaux (article 92 CGI), et non plus en traitements et salaires. Seule la rémunération du mandat de gérance (gérante majoritaire de SELARL) relève de l'article 62 CGI. Le Conseil d'État l'a confirmé le 8 avril 2025 (n° 492154), après les arrêts de socle de 2013 et 2017, et la doctrine BOFiP a été mise à jour en ce sens.

À retenir

Ce que la fin de l'abattement de 10 % change concrètement

  • Avant : certains présentaient la SEL comme permettant d'imposer la rémunération en salaires, avec l'abattement de 10 % pour frais.
  • Depuis l'imposition 2024 : la rémunération technique (l'essentiel de votre revenu) est imposée en BNC (art. 92 CGI). Vous perdez l'abattement de 10 %, remplacé par la déduction de vos frais réels en BNC.
  • Conséquence pratique : si vos frais réels sont faibles, vous perdez l'abattement sans le remplacer pleinement. Si vos frais réels sont significatifs, l'impact est neutre, voire favorable. À chiffrer.

La ventilation technique / mandat doit désormais être justifiée

Le Conseil d'État a aussi annulé la tolérance forfaitaire dite « des 5 % » (§ 550 de la doctrine BOI-RSA-GER-10-30), qui présumait qu'une fraction de la rémunération relevait automatiquement du mandat (art. 62). Désormais, la répartition entre rémunération technique (BNC) et rémunération du mandat (art. 62) doit reposer sur des éléments concrets et documentés — c'est devenu un vrai sujet de paie et de déclaration en SELARL, à cadrer dès la constitution avec votre expert-comptable. L'application de cette fin de tolérance aux exercices antérieurs reste un point délicat, à traiter au conditionnel avec votre conseil.

Pourquoi ça compte dans l'arbitrage

Cette évolution retire une partie de l'avantage qu'on prêtait parfois à la SEL pour les professions de santé. Elle ne la condamne pas — l'intérêt de la SEL reste la capitalisation à l'IS du bénéfice non consommé (§2, §5) — mais elle ramène le débat à son vrai terrain : la thésaurisation, pas un avantage de barème sur la rémunération. À intégrer impérativement dans le calcul avant de basculer.
§ 7LA RÈGLE DES 10 %·3 MIN

Le piège des dividendes : la règle des 10 %

« Je me verserai des dividendes, ça ne coûte que 31,4 % de PFU, pas de charges. » En SELARL, ce raisonnement tombe à plat. Une règle spécifique, propre aux sociétés d'exercice libéral et aux gérants TNS, vient encadrer la distribution.

La règle des 10 % (art. L. 131-6 CSS)

Dividendes versés à la gérante majoritaire de SELARL (TNS) :

  • Fraction ≤ 10 % de (capital social
      + primes d'émission + solde moyen du CCA)
        →  PFU 31,4 %  (pas de cotisations TNS)

  • Fraction > 10 %
        →  réintégrée dans l'assiette des COTISATIONS TNS
           (en plus de l'imposition)

CCA = compte courant d'associé. La part de dividendes au-delà de 10 % du capital est traitée, socialement, comme du revenu d'activité : elle supporte les cotisations TNS, pas seulement le PFU.

Cette règle tient bon : le Conseil constitutionnel l'a validée (décision n° 2010-24 QPC du 6 août 2010), jugeant ses critères objectifs et son objectif — éviter la substitution de dividendes à de la rémunération — légitime. Elle vise la gérante majoritaire de SELARL (TNS) ; en l'état du droit, elle ne s'applique pas à la présidente de SELAS, assimilée salariée.

La règle des 10 % en chiffres

Imaginons une SELARL au capital de 5 000 €, sans prime ni compte courant. Le seuil des 10 % vaut donc 500 €. Si la gérante majoritaire se distribue 20 000 € de dividendes : les 500 € sous le seuil supportent le PFU à 31,4 % ; les 19 500 € restants sont réintégrés dans l'assiette des cotisations TNS, comme du revenu d'activité. Sur une SELARL faiblement capitalisée, l'essentiel des dividendes bascule ainsi en cotisations sociales. Au-delà de ce seuil, sortir des dividendes coûte presque aussi cher qu'une rémunération : autant laisser dormir le bénéfice dans la société.

Conséquence sur le gain de la bascule

La règle des 10 % borne l'intérêt d'une distribution massive en dividendes : au-delà du seuil, ils coûtent presque aussi cher qu'une rémunération. C'est une raison de plus pour que la SELARL serve d'abord à capitaliser plutôt qu'à tout redistribuer. Le détail figure dans nos guides dédiés dividendes de SEL et cotisations sociales et SEL : salaire ou dividendes.
§ 8LE VRAI COÛT·3 MIN

Le vrai coût : compta et retraite CARCDSF

Une SELARL coûte sur trois fronts, et le pire n'est pas celui que vous croyez. Le plus visible, la comptabilité d'engagement et le juridique, est réel mais prévisible. Celui qui fait vraiment mal se loge dans vos droits CARCDSF, dès que vous privilégiez les dividendes.

Mémo express

Les trois couches de coût d'une SELARL de sage-femme

  • Coût visible (compta + juridique) : comptabilité d'engagement, honoraires d'expert-comptable souvent de 2 000 à 4 000 €/an, formalités annuelles (approbation des comptes, PV), frais de constitution et d'inscription de la société à l'Ordre des sages-femmes. Mesurable et prévisible.
  • Coût retraite CARCDSF (dividendes) : les dividendes n'ouvrent aucun droit à la retraite. Vos cotisations CARCDSF (section des sages-femmes) sont assises sur votre revenu d'activité cotisé : vous payer surtout en dividendes, c'est valider moins de droits. Vous échangez un gain fiscal immédiat contre une pension future plus faible.
  • Coût ventilation et abattement (§6) : depuis l'imposition des revenus 2024 (principe confirmé par le CE le 8 avril 2025), la part technique (BNC) et la part de mandat (art. 62) doivent être justifiées, et la rémunération technique perd l'abattement de 10 % des salaires — donc plus de paie, plus de déclaration, plus de conseil.

Moins d'impôt aujourd'hui, moins de pension demain

La bascule en SELARL, surtout couplée à une rémunération faible et beaucoup de dividendes, est un arbitrage : moins d'impôt et de cotisations aujourd'hui, contre moins de droits CARCDSF demain. Ce n'est pas un mauvais choix en soi, mais il doit être conscient et compensé : une rémunération suffisante pour cotiser, un PER (article 154 bis CGI) pour reconstituer l'épargne retraite à votre TMI, et une prévoyance pour couvrir le risque (gardes, maternité). Le sujet est traité en détail dans notre guide retraite CARCDSF de la sage-femme.
§ 9QUELLE FORME·3 MIN

SELARL, SELAS ou EI à l'IS ?

Si le calcul d'arbitrage penche vers l'IS, reste à choisir la forme. Et la première marche à étudier n'est pas forcément la société complète : pour une sage-femme dont le bénéfice est tout juste suffisant, l'entreprise individuelle à l'IS (article 1655 sexies CGI) capte l'essentiel de l'avantage — l'IS à 15/25 % et le pilotage rémunération/dividendes — sans créer de personne morale ni de statuts.

EI à l'IS, SELARL, SELAS : trois portes vers l'IS. Pour une sage-femme, l'EI à l'IS est souvent le bon point d'entrée ; la société complète redevient utile pour s'associer, faire entrer une holding au capital ou préparer une cession.
CritèreEI à l'IS (art. 1655 sexies)SELARL (gérante majoritaire)SELAS (présidente)
Personne morale à créerNonOui (statuts, Ordre)Oui (statuts, Ordre)
Statut socialTNS (CARCDSF)TNS (CARCDSF)Assimilé salarié
Poids des cotisationsPlus légerPlus légerPlus lourd
Règle des 10 % sur dividendesS'applique (TNS)S'applique (TNS)Ne s'applique pas en l'état du droit
Coût / complexitéModéréÉlevéÉlevé
Profil typeBénéfice juste suffisant pour l'ISMinimiser charges, piloter la rémuPrivilégier la couverture sociale

Entre SELARL et SELAS, la vraie différence tient au statut social du dirigeant. La gérante majoritaire de SELARL est TNS, avec des cotisations plus légères mais une protection sociale moindre, et reste affiliée à la CARCDSF. La présidente de SELAS est assimilée salariée, avec des cotisations nettement plus lourdes mais une meilleure couverture (hors chômage) — ce qui peut avoir du sens compte tenu des risques propres au métier (gardes, maternité). Pour le panorama complet des formes, appuyez-vous sur notre guide pilier BNC ou SELARL : à partir de quel bénéfice basculer et sur EI, EURL, SELARL, SELAS.

Pour trancher en une phrase

Votre bénéfice est tout juste suffisant pour justifier l'IS et vous voulez la simplicité ? L'EI à l'IS est souvent le bon point d'entrée. Vous cherchez à piloter votre rémunération et préparer une association ou une cession ? La SELARL (TNS). Vous voulez une protection sociale solide d'emblée et acceptez des cotisations plus lourdes ? Regardez la SELAS. Dans tous les cas, posez les simulations côte à côte avant de signer.
§ 10TABLEAU DE SYNTHÈSE·3 MIN

BNC vs SELARL : le tableau de synthèse

On rassemble tout dans un seul tableau, à lire ligne par ligne, en gardant en tête que la SELARL ne gagne que si vous épargnez réellement.

Synthèse BNC vs SELARL pour la sage-femme. La colonne BNC reste le choix par défaut de la majorité ; la colonne SELARL ne devient gagnante qu'avec un bénéfice élevé ET une épargne réelle.
CritèreBNC (entreprise individuelle, IR)SELARL (IS)
Imposition du bénéficeIR au barème (jusqu'à 45 %) sur la TOTALITÉIS 15 % (≤ 42 500 €) puis 25 % sur la part non distribuée
Cotisations socialesSur l'intégralité du bénéfice (CARCDSF)Sur la seule rémunération (CARCDSF) + règle des 10 % sur dividendes
DividendesSans objetPFU 31,4 % (12,8 IR + 18,6 PS) ; cotisations TNS au-delà de 10 % du capital
Abattement 10 % (frais)Sans objet (frais réels en BNC)Plus d'abattement 10 % : rémunération technique en BNC, frais réels (CE 8/04/2025)
Pilotage du revenu imposéAucun (tout est imposé)Oui : on choisit rémunération vs thésaurisation
Coût et complexitéFaible (micro-BNC ou 2035)Élevé (compta d'engagement, juridique, conseil : 2 000-4 000 €/an)
Retraite CARCDSFDroits sur tout le bénéfice cotiséDroits réduits si rémunération faible (dividendes = 0 droit)
TVA des actesExonérée (art. 261-4-1° CGI)Exonérée (art. 261-4-1° CGI) — neutre
Transmission / cession151 septies, 238 quindecies (patientèle)Cession de parts, holding possible, 150-0 D ter (retraite)
Profil gagnantRevenu modéré, tout consommé, exercice mixteBénéfice élevé et stable, forte capacité d'épargne

Le piège à ne pas oublier : la cession de parts ≠ la cession de patientèle

Un point fiscal souvent négligé : en BNC, vous cédez un jour votre patientèle (actif professionnel), avec des prélèvements sociaux à 18,6 % sur la plus-value professionnelle (et de larges exonérations possibles : 151 septies si recettes < 90 000 €, 238 quindecies). En SEL, vous cédez des parts de société, dont la plus-value de cession supporte aussi des prélèvements sociaux à 18,6 % (dualité LFSS 2026) et un régime différent. Ce n'est pas anodin pour préparer votre sortie : la SEL change la nature de ce que vous transmettrez. Le détail relève de notre guide céder son cabinet : exonérations de plus-value.
§ 11CONCLUSION·2 MIN

Conclusion : un outil de pilotage, pas une magie

Au fond, le message tient en une ligne pour une sage-femme. La SELARL ne fait pas disparaître l'impôt et personne ne vous oblige à y passer : elle sert à piloter votre revenu et à mettre du bénéfice de côté dans la société, et elle ne paie que dans un cas précis — un bénéfice élevé et stable, et une vraie capacité à ne pas tout consommer. Pour la grande majorité des sages-femmes, aux revenus modérés et à l'exercice souvent mixte, l'entreprise individuelle au BNC reste le bon choix, à compléter par un PER et une prévoyance plutôt que par une structure coûteuse.

Les 5 réflexes à garder

Ce qu'il faut retenir avant de décider

  • Regardez votre taux d'épargne, pas votre chiffre d'affaires : la SEL ne gagne que sur le bénéfice non consommé.
  • Intégrez la fin de l'abattement de 10 % (§6) : la rémunération technique reste du BNC, l'avantage de barème prêté à la SEL a disparu.
  • Anticipez la règle des 10 % (§7) : les dividendes ne sont pas « gratuits » au-delà du seuil.
  • Mesurez l'impact CARCDSF (§8) : les dividendes n'ouvrent aucun droit retraite.
  • Étudiez l'EI à l'IS (§9) avant la société complète : même avantage, moins de coût.

Dernier point, et pas le moindre : la structure n'est qu'une pièce du puzzle. Avant même de parler SEL, les vrais leviers d'une sage-femme à revenus confortables sont souvent la défiscalisation par les déductions (PER, frais réels), le PER pour compléter la CARCDSF et la structuration de l'épargne. Pour la plupart des sages-femmes, la question SEL arrive en bout de course, pas en premier.

La bascule se décide en bilan, chiffres en main

Choisir BNC ou SELARL n'est pas une décision à prendre sur un forum ou un conseil de couloir. Elle se modélise : votre TMI exacte, votre capacité d'épargne, votre part de salariat, l'impact CARCDSF, le coût réel de la structure, la fin de l'abattement de 10 %. Pour l'arbitrage de fond, voyez notre guide pilier BNC ou SELARL : à partir de quel bénéfice basculer, et le cas voisin du médecin généraliste : SELARL ou BNC.
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Sources et références légales

  • CGI — BNC, IS et barèmes

    Art. 93 et 96 CGI (BNC au réel, déclaration contrôlée 2035-SD, déduction des frais réels). Art. 102 ter CGI (micro-BNC : abattement 34 %, seuil de recettes 83 600 €). Art. 197 CGI (barème de l'IR 0/11/30/41/45 %). Art. 219 I-b CGI (IS : 15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice sous conditions PME, 25 % au-delà). Art. 200 A CGI (PFU 31,4 % en 2026 : 12,8 % d'IR + 18,6 % de PS depuis la LFSS 2026). Art. 158 CGI (option barème, abattement 40 %). Art. 154 bis CGI (PER/Madelin, plafond ~88 911 € en 2026). Art. 1655 sexies CGI (option EI à l'IS). Doctrine : BOI-IS-LIQ-20-20.

  • CGI / CSS — rémunération et dividendes en SEL

    Art. 92 CGI (la rémunération technique de l'associé de SEL relève des BNC depuis l'imposition 2024). Art. 62 CGI (rémunération du mandat de gérance du gérant majoritaire, imposée en traitements et salaires). Art. L. 131-6 CSS (cotisations TNS sur la fraction de dividendes excédant 10 % du capital, des primes et du compte courant). Art. L. 641-1 et s. CSS (affiliation des sages-femmes libérales à la CARCDSF, section des sages-femmes). Doctrine : BOI-RSA-GER-10-30 (mise à jour 2025), BOI-BNC-CHAMP-10-30-10.

  • Cadre de la sage-femme — SEL de santé et TVA

    Ordonnance n° 2023-77 du 08/02/2023 (exercice en société des professions libérales réglementées, en vigueur le 01/09/2024, abroge la loi 90-1258 du 31/12/1990) : détention de plus de la moitié du capital et des droits de vote par les exerçants. Code de la santé publique (art. L. 4151-1 et s. : exercice de la profession de sage-femme ; inscription à l'Ordre des sages-femmes). Art. 261-4-1° CGI (exonération de TVA des soins de sage-femme). LFSS 2026 (loi 2025-1403 du 30/12/2025) ; LF 2026 (loi 2026-103 du 19/02/2026) ; arrêté du 22/12/2025 (PASS 2026 = 48 060 €). CARCDSF : valeurs 2026 à confirmer sur carcdsf.fr, section sages-femmes (jamais CARPIMKO ni CARMF).

  • Jurisprudence structurante

    CE 8e-3e ch. 08/04/2025 n° 492154 (la rémunération technique de l'associé de SEL relève du BNC — principe validé ; annulation de la règle des 5 % du § 550 de BOI-RSA-GER-10-30, d'où la perte de l'abattement de 10 % des salaires). CE 16/10/2013 n° 339822 et CE 08/12/2017 n° 409429 (socle : BNC sauf lien de subordination). Cons. const. n° 2010-24 QPC du 06/08/2010 (validation de la règle des 10 %, art. L. 131-6 CSS).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier, et ne se substitue pas à l'avis de votre expert-comptable, de votre avocat fiscaliste ou de votre conseil ordinal. La décision de passer de BNC à SELARL (ou à l'EI à l'IS) doit faire l'objet d'une étude individualisée préalable (audit de structure, modélisation chiffrée selon votre TMI et votre capacité d'épargne, arbitrage rémunération/dividendes, impact CARCDSF, statut social, respect de la déontologie et des règles de détention du capital). Les chiffres et taux cités sont à jour au 11 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF/LFSS annuelles, doctrine BOFiP, jurisprudence). Certains points (application dans le temps de la fin de la tolérance des 5 % et de l'abattement de 10 %, pourcentage exact détenable par des tiers dans une SEL de santé, valeurs de point CARCDSF 2026) sont signalés au conditionnel ou renvoyés à la source lorsque le texte ou la doctrine ne tranchent pas encore clairement. Les cas chiffrés sont des illustrations volontairement simplifiées, à recalculer pour votre situation.

Foire aux questions

Tout sur le choix BNC ou SELARL pour une sage-femme libérale seuil, coût, dividendes, abattement 10 % et CARCDSF.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous avec des sages-femmes : à partir de quel bénéfice basculer, ce que change vraiment la SEL, la fin de l'abattement de 10 %, la règle des 10 % sur les dividendes, l'impact CARCDSF, et l'alternative de l'EI à l'IS. Réponses sourcées et à jour 2026.