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Guide médecin spécialiste 202616 minMis à jour 9 juin 2026Mère-fille 1,25 %

SPFPL pour médecin spécialiste : investir sa trésorerie sans frottement fiscal

Vous êtes spécialiste en SELARL ou SELAS, votre cabinet dégage de la trésorerie, et vous hésitez à vous verser des dividendes taxés à 31,4 % en 2026. La SPFPL casse ce dilemme : les mêmes dividendes remontent à 1,25 % d'IS grâce au régime mère-fille, et c'est la holding qui les place. À une condition : connaître le piège des cotisations sociales que la Cour de cassation a rappelé en octobre 2023. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

STRATÉGIE SPFPL SPÉCIALISTE 2026

Savoir si la SPFPL a un sens chez vous et chiffrer le gain net annuel

Audit de votre SEL médicale : régime mère-fille, placement de la trésorerie remontée, effet de levier au rachat, transmission Dutreil. Cabinet 100 % indépendant, modélisation chiffrée et anti-survente sur le piège des cotisations.

  • Audit de votre SELARL/SELAS et de votre projet
  • Chiffrage du gain mère-fille net de frais
  • Stratégie de placement de la trésorerie holding
  • Cabinet 100 % indépendant

MÈRE-FILLE EFFECTIF

1,25 %

PFU DIVIDENDES 2026

31,4 %

INTÉGRATION FISCALE

0,25 %

PS CAPITALISATION

17,2 %

CADRE JURIDIQUE

Ord. 2023-77

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1POURQUOI·3 MIN

Pourquoi un médecin spécialiste a tout intérêt à regarder la SPFPL

Vous êtes radiologue, dermatologue, chirurgien, anesthésiste — bref, un spécialiste en SELARL ou SELAS, dans la tranche marginale à 41 ou 45 % (la tranche à 45 % démarre au-delà de 181 917 € par part en 2026). Votre cabinet dégage des bénéfices confortables, et chaque année revient la même question : que faire de la trésorerie excédentaire qui s'accumule ? Dans nos rendez-vous, le réflexe se résume presque toujours à deux options — et toutes les deux coûtent cher.

La SPFPL en 30 secondes

La SPFPL (Société de Participations Financières de Professions Libérales) est la holding de tête de vos SEL médicales. Son intérêt pour un spécialiste tient en trois mots : capitaliser (les dividendes de la SEL remontent à 1,25 % d'IS au lieu de 31,4 % de PFU, grâce au régime mère-fille), placer (la holding investit cette trésorerie : contrat de capitalisation, SCPI, comptes à terme) et racheter ou transmettre (effet de levier, pacte Dutreil). Le seul vrai piège : elle n'efface pas automatiquement vos cotisations sociales.

Les deux réflexes qui vous coûtent cher

Le premier, laisser dormir le cash sur le compte de la SEL. Confortable, mais l'argent ne travaille pas et finira par poser une question de structure (et, parfois, de qualification fiscale de la trésorerie). L'autre, plus courant : se distribuer des dividendes pour les placer à titre personnel. Sauf qu'en 2026, ces dividendes subissent le PFU à 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux), auquel s'ajoutent la CEHR de 3 à 4 % (article 223 sexies CGI) et, pour beaucoup de spécialistes, le risque de la nouvelle CDHR (imposition minimale de 20 % du revenu fiscal de référence, article 224 CGI). Sur 100 000 € distribués, 31 400 € s'évaporent avant même le premier placement.

La SPFPL ouvre une troisième voie. Au lieu de distribuer puis de placer un capital amputé, elle fait remonter les dividendes à 1,25 % et capitalise un capital quasi plein. C'est tout l'objet de ce guide : faire travailler la trésorerie sans la faire fondre au passage.

Le bon réflexe 2026 : ce ne sont plus 30 %, mais 31,4 %

Depuis le 1er janvier 2026, la CSG sur les revenus du capital est passée de 9,2 % à 10,6 % (LFSS 2026, loi n° 2025-1403). Les prélèvements sociaux sur les dividendes sont donc désormais de 18,6 %, et le PFU sur les dividendes de 31,4 % (et non 30 %). À l'inverse, les prélèvements sociaux des contrats d'assurance-vie et de capitalisation restent à 17,2 % : une dualité qui change l'arbitrage. Pour le détail, voyez la dualité 17,2 % / 18,6 % des prélèvements sociaux en 2026.
§ 2DÉFINITION & CADRE·3 MIN

SPFPL : définition et cadre juridique 2026 (ordonnance 2023-77)

Deux minutes de cadrage juridique, ensuite on chiffre. La SPFPL est une holding « pure » dont l'objet est de détenir des parts ou actions de SEL (sociétés d'exercice libéral) sans exercer elle-même la médecine. Elle ne soigne pas, ne facture aucun acte : elle détient votre SELARL ou votre SELAS. C'est ce statut passif qui lui ouvre le régime mère-fille, cœur de son intérêt.

Le bon fondement juridique : oubliez « l'article 31-1 »

Historiquement, les SPFPL avaient été créées par les articles 31-1 et 31-2 de la loi n° 90-1258 du 31 décembre 1990 (la loi fondatrice des SEL). Ces articles sont aujourd'hui abrogés. Depuis le 1er septembre 2024, le régime des SPFPL est gouverné par le Livre V de l'ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023, complété par des décrets propres à chaque profession de santé. Si l'on vous présente encore l'article 31-1 de la loi de 1990 comme le fondement de votre montage, le texte cité n'existe plus : le cadre 2026, c'est l'ordonnance 2023-77.

SPFPL ou holding patrimoniale ? Les deux, en parallèle

Une erreur fréquente consiste à vouloir tout loger dans une seule structure. La SPFPL a un objet professionnel étroit et est contrôlée par le Conseil de l'Ordre des médecins : c'est la seule structure habilitée à détenir des parts de SEL réglementée. Une SARL ou SAS holding ordinaire ne le peut pas. À l'inverse, votre holding patrimoniale classique loge votre patrimoine privé (immobilier locatif, valeurs mobilières). L'architecture recommandée pour un spécialiste : faire cohabiter les deux en parallèle, périmètre professionnel d'un côté, privé de l'autre, sans flux croisés. Pour le socle commun, voyez la SPFPL, holding du libéral : régime mère-fille, levier, Dutreil.

En pratique, vous logez votre (ou vos) SEL sous la SPFPL : c'est la holding qui devient l'associée de la SEL, et c'est vous qui tenez la holding. Elle prend la forme d'une SARL (gérant majoritaire au statut TNS), d'une SAS (président assimilé salarié) ou d'une SA. Le choix de cette forme et celui de votre SEL d'exploitation se traitent ensemble : voyez SELARL ou SELAS pour un médecin spécialiste.

§ 3LE LEVIER SIGNATURE·4 MIN

Le régime mère-fille : remonter les dividendes à 1,25 % d'IS

Voici le chiffre qui justifie à lui seul la SPFPL. Quand vous sortez des dividendes de votre SEL directement vers votre compte personnel, vous subissez le PFU à 31,4 % en 2026. Quand ces mêmes dividendes remontent vers votre SPFPL, ils ne supportent qu'une friction d'environ 1,25 %. La différence n'est pas marginale : c'est un facteur 25.

Comment marche l'exonération de 95 %

Le mécanisme repose sur le régime mère-fille (articles 145 et 216 du CGI). Lorsqu'une société remonte des dividendes d'une filiale, 95 % de ces dividendes sont exonérés d'IS. Seule une quote-part de frais et charges (QPFC) de 5 % reste imposable à l'impôt sur les sociétés (25 %). L'imposition effective est donc de 5 % × 25 % = 1,25 % (doctrine BOFiP BOI-IS-BASE-10-10-20).

Le calcul à l'euro près sur 100 000 € de dividendes

AVEC SPFPL (regime mere-fille)
  100 000 EUR de dividendes SEL -> SPFPL
  95 000 EUR exoneres + (5 000 EUR x 25 %) = 1 250 EUR d'IS
  => friction de 1,25 % : 98 750 EUR restent dans la holding

EN DIRECT (dividendes verses au praticien)
  100 000 EUR x 31,4 % (PFU 2026) = 31 400 EUR d'impot
  => 12,8 % d'IR + 18,6 % de PS : 68 600 EUR sur le compte perso

ECART = 31 400 - 1 250 = 30 150 EUR / an de capital a reinvestir

Soit, après environ 2 000 à 3 000 € de frais de structure annuels, près de 27 000 € de capacité de réinvestissement supplémentaire chaque année — tant que les fonds restent dans la holding.

Distribution directe vs remontée SPFPL, sur 100 000 € de dividendes. La SPFPL diffère et réoriente l'impôt, elle ne l'efface pas : le PFU s'appliquera le jour d'une sortie vers le compte personnel.
VoieTaxe sur 100 000 € de dividendesNet disponible pour réinvestir
Dividendes en direct (PFU 31,4 %)31 400 €68 600 € (sur le compte personnel)
Remontée SPFPL mère-fille (1,25 %)1 250 €98 750 € (dans la holding)
Écart de capital à réinvestir—+30 150 €

Les 5 conditions à respecter

Ce taux de 1,25 % ne tombe pas du ciel : le régime mère-fille n'est jamais automatique. Cinq conditions cumulatives doivent être réunies, et la troisième piège le plus de monde.

Les 5 conditions du régime mère-fille (art. 145 CGI). Ne confondez pas ce seuil de détention de 5 % avec le seuil de 95 % qui ouvre, lui, l'intégration fiscale.
ConditionExigencePiège à éviter
Seuil de détentionAu moins 5 % du capital de la SELEn dessous de 5 %, pas de régime mère-fille
Durée de conservationEngagement de conserver les titres 2 ansUne revente avant 2 ans remet en cause l'exonération
Nature des droitsTitres détenus en pleine propriétéLe démembrement (usufruit/nue-propriété) exclut le régime
Régime d'impositionMère et fille soumises à l'ISUne SEL restée à l'IR ferme la porte
CapitalCapital intégralement libéréUn capital non libéré bloque l'éligibilité

1,25 %, pas 0 % : ce n'est pas de l'argent dans votre poche

La friction de 1,25 % ne vaut que tant que les fonds restent dans la SPFPL (réinvestis, capitalisés ou affectés au remboursement d'un emprunt). La quote-part de 5 % reste imposable : on ne lit jamais « remontée sans aucun impôt ». Et le jour où vous sortez cet argent vers votre compte personnel, le PFU de 31,4 % s'applique à nouveau. La SPFPL est un outil de capitalisation et de projet, pas un robinet de revenu défiscalisé.
§ 4NIVEAU SUPÉRIEUR·2 MIN

L'intégration fiscale : descendre à 0,25 % (détention ≥ 95 %)

Il existe un étage encore au-dessus du mère-fille. Lorsque votre SPFPL détient au moins 95 % du capital de la SEL, elle peut opter pour l'intégration fiscale (article 223 A du CGI). La quote-part de frais et charges sur les dividendes intra-groupe est alors ramenée de 5 % à 1 % (article 223 B), ce qui abaisse l'imposition effective à seulement 0,25 % (1 % × 25 % — doctrine BOI-IS-GPE-20-20-20-10).

L'option engage le groupe pour 5 ans, suppose des exercices alignés et que toutes les sociétés soient à l'IS. Attention : on écrit 0,25 %, jamais 0 %. La « neutralisation » totale de la quote-part a été supprimée pour les exercices ouverts depuis 2019 ; la QPFC de 1 % reste donc bien imposable.

Quand l'intégration vaut-elle le coup pour un spécialiste ?

Le gain marginal de l'intégration (passer de 1,25 % à 0,25 %, soit 1 point sur les dividendes remontés) ne couvre son surcoût comptable qu'à partir d'environ 200 000 € de dividendes annuels durables — un niveau qu'atteignent les plateaux techniques lourds (radiologie, biologie, certaines chirurgies). En dessous, le simple régime mère-fille suffit. Pour trancher entre les deux régimes, voyez régime mère-fille vs intégration fiscale : 1,25 % ou 0,25 %.
Hagnéré Patrimoine

Mère-fille ou intégration : lequel pour votre SEL ?

Un CGP indépendant chiffre les deux régimes sur vos dividendes réels et votre structure de détention, et vous dit s'il vaut la peine de descendre à 0,25 %.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 5ANGLE PHARE — PLACER·4 MIN

Ce que vous faites de la trésorerie remontée : le vrai sujet

Faire remonter les dividendes à 1,25 %, c'est bien ; mais que faire ensuite de cette trésorerie ? C'est là que se joue la promesse « investir sa trésorerie » — et c'est le point qu'on oublie le plus souvent de vous dire. Une fois les dividendes dans la SPFPL, vous placez au lieu de distribuer au médecin (et de subir PFU et cotisations). Reste à choisir les bons supports, en respectant l'objet social de la SPFPL et la déontologie de l'Ordre.

L'enveloppe de référence : le contrat de capitalisation

Une contrainte commande tout le reste : une personne morale ne peut pas souscrire d'assurance-vie (il n'y a pas de tête à assurer). L'enveloppe de référence d'une SPFPL est donc le contrat de capitalisation souscrit par la société. Son traitement fiscal est particulier : la PM est imposée chaque année sur une assiette forfaitaire (article 238 septies E CGI), le produit réel étant régularisé au dénouement. Cette assiette forfaitaire est égale à 105 % du dernier TME connu à la souscription : à titre purement indicatif, pour un contrat souscrit début 2026, cela représente de l'ordre de 3,76 % du nominal (chiffre dépendant du TME en vigueur, non figé). Résultat : un frottement annuel faible (de l'ordre de 0,9 %/an au taux d'IS de droit commun) et un effet de capitalisation dans le temps.

PS 17,2 % maintenus sur la capitalisation (pas 18,6 %)

Bonne nouvelle qui pèse dans l'arbitrage : les prélèvements sociaux du contrat de capitalisation restent à 17,2 % en 2026, alors que les dividendes distribués passent à 18,6 %. Placer la trésorerie dans la holding via un contrat de capitalisation bénéficie donc à la fois du capital plein (mère-fille) et du taux de PS le plus bas. Pour le mécanisme détaillé au sein de la société, voyez le contrat de capitalisation au sein de la société.

Les autres briques de placement

Au-delà du contrat de capitalisation, la SPFPL peut détenir d'autres actifs, sous réserve de son objet social et de la déontologie de l'Ordre (pas de gestion de portefeuille dominante qui dénaturerait la holding) : des SCPI logées dans la holding, des comptes à terme, des OPCVM, ou du private equity et des fonds structurés. Le bon dosage dépend de votre horizon et de votre projet (rachat à venir, transmission, simple capitalisation longue).

Note de méthode sur les rendements de placement

Dès qu'on parle de SCPI, d'OPCVM, de private equity ou de fonds structurés, un rappel s'impose : les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les rendements évoqués ne sont jamais garantis, certains supports comportent un risque de perte en capital et une liquidité réduite (private equity, parts de SCPI). Le contrat de capitalisation lui-même ne crée pas de rendement : il capitalise ce que les fonds sous-jacents produisent, et son traitement fiscal forfaitaire (art. 238 septies E) dépend du TME en vigueur à la souscription. Tout chiffre de ce guide est un ordre de grandeur pédagogique figé sur les taux 2026, à confirmer par une étude personnalisée.

Placer DANS la SPFPL

Capital de départ plein (friction mère-fille ~1,25 % à l'entrée), frottement annuel faible via le contrat de capitalisation (PS 17,2 %), idéal pour capitaliser longtemps ou financer un projet professionnel. Contrepartie : les fonds sont dans la société, le PFU s'appliquera à la sortie vers le personnel.

Distribuer puis placer en perso

Capital amputé de 31,4 % dès l'entrée, mais des fonds immédiatement disponibles dans votre patrimoine privé (assurance-vie, PEA, immobilier). Pertinent quand vous avez un besoin de revenu ou un projet personnel ; coûteux pour de la pure capitalisation.

L'arbitrage est presque toujours le même sur le long terme : pour de la capitalisation, placer dans la holding avec un capital plein bat la distribution préalable amputée de 31,4 %. Pour aller plus loin sur les supports adaptés à un spécialiste, voyez que faire de la trésorerie de votre société de spécialiste et, côté libéral, placer la trésorerie excédentaire de sa SEL.

§ 6ANGLE — LEVIER·3 MIN

L'effet de levier : racheter des parts ou un cabinet sans frottement

Deuxième usage, et pas le moindre pour qui veut grossir : l'effet de levier au rachat. Un associé part, vous voulez reprendre ses parts ; ou vous rachetez un confrère, un cabinet entier. Plutôt que de financer cela avec des dividendes taxés à 31,4 %, vous le faites faire par la holding, à crédit.

La mécanique : la holding emprunte, les dividendes remboursent

La SPFPL emprunte pour acquérir les parts de SEL : les intérêts de l'emprunt sont déductibles de son résultat (article 39 CGI). Elle rembourse ensuite le crédit avec les dividendes que la SEL fait remonter à 1,25 % via le mère-fille. Là où la voie directe en laisse près d'un tiers au PFU, ici le dividende rembourse l'emprunt quasi à plein. Sur un rachat financé par 60 000 € de dividendes par an pendant 7 ans, l'économie de friction cumulée s'établit à environ : 60 000 × 7 × (31,4 % − 1,25 %) ≈ 126 630 €.

Le coût net de remboursement de 100 € d'emprunt. Avec la SPFPL, presque chaque euro de dividende sert au remboursement.
Pour rembourser 100 € de capital d'empruntSans SPFPL (dividendes perso)Avec SPFPL (mère-fille)
Dividendes bruts nécessaires≈ 145,8 € (31,4 % partent à l'impôt)≈ 101,3 € (friction 1,25 %)
Part qui sert vraiment au remboursement68,6 %98,8 %

Deux garde-fous à connaître avant de structurer

Plafond ATAD (article 212 bis CGI) : les charges financières nettes ne sont déductibles qu'à hauteur du plus élevé de 3 M€ ou 30 % de l'EBITDA fiscal — en pratique, jamais bloquant pour un cabinet médical. Amendement Charasse (article 223 B CGI) [le vrai piège] : si la SPFPL rachète à un associé qui la contrôle et que le groupe est en intégration fiscale, une fraction des charges financières est réintégrée pendant 9 exercices. À vérifier au cas par cas.

OBO médical : se racheter à soi-même

Variante de cette logique, l'OBO (owner buy-out) consiste à vendre vos propres parts de SEL à votre SPFPL : vous récupérez du cash à fiscalité réduite tout en restant aux commandes, la holding remboursant l'emprunt avec les dividendes. À approfondir avec l'OBO : se racheter à soi-même via la holding.
§ 7ANGLE — LE VRAI PIÈGE·4 MIN

Le piège que personne ne vous dit : les cotisations sociales (Cass. 19/10/2023)

Le titre de ce guide promet « sans frottement fiscal » — et c'est tenu par le mère-fille. Mais il faut, en toute honnêteté, désamorcer un frottement social qu'on oublie souvent de chiffrer au moment de monter la holding. La SPFPL purge l'IS, pas les cotisations sociales.

Ce que dit l'arrêt de la Cour de cassation du 19 octobre 2023

Dans son arrêt du 19 octobre 2023 (2e civ., n° 21-20.366), la Cour de cassation a jugé — dans une affaire où un chirurgien-dentiste exerçait dans une SELARL détenue à 99 % par sa SPFPL — que les bénéfices de la SEL distribués à la SPFPL pouvaient avoir un caractère professionnel et entrer dans l'assiette des cotisations TNS de l'associé exerçant. Autrement dit : glisser une holding entre vous et la SEL ne fait pas écran à l'URSSAF.

Le fondement est l'article L. 131-6 du Code de la sécurité sociale (la règle des 10 %) : la fraction des distributions excédant 10 % du (capital social + primes d'émission + solde moyen du compte courant d'associé) est réintégrée dans l'assiette des cotisations TNS. Cette règle des 10 % a été validée par le Conseil constitutionnel (décision n° 2010-24 QPC du 6 août 2010). Depuis la réforme issue de la LFSS 2024 (applicable aux revenus 2025), l'assiette des cotisations TNS est désormais déterminée par renvoi à l'article L. 136-3 du même code.

La nuance que l'honnêteté impose (au conditionnel)

Deux réponses ministérielles de 2025 (JO Sénat des 27 février et 21 août 2025) sont venues tempérer la portée de cet arrêt : il ne s'agit pas d'un arrêt de principe, et l'appréciation se fait au cas par cas, en fonction notamment du ratio dividendes/rémunération et de la détention majoritaire du professionnel dans la SEL et dans la SPFPL. La position a été rappelée aux Urssaf. La fourchette de cotisations TNS sur la fraction réintégrée (de l'ordre de 40 à 45 %) est donc indicative et doit être chiffrée individuellement.

La distinction qui sauve le montage : distribuer ≠ conserver

Point décisif, et c'est le pont avec l'angle « placer » : l'arrêt frappe la distribution des dividendes à la SPFPL, pas la conservation ni le placement de la trésorerie. Réinvestir dans la holding plutôt que de faire transiter une distribution qualifiable de professionnelle reste donc un levier intact. Ne confondez pas non plus cette question avec la rémunération technique de l'associé de SEL, imposée en BNC (BOI-RES-BNC-000136, CE 8 avril 2025 n° 492154) : c'est une réforme distincte.

Le mythe du frottement zéro

La SPFPL n'est pas un effaceur de cotisations sociales quand le professionnel contrôle la holding. Ce qui reste parfaitement intact : l'effet de levier, la capitalisation et la transmission. C'est sur ces trois piliers — et non sur un mythe de cotisations nulles — qu'il faut bâtir le montage, après un audit. Pour le détail du calcul, voyez dividendes de SEL et cotisations sociales : la fraction au-delà de 10 %.
§ 8RÉGLEMENTATION·2 MIN

Qui peut détenir une SPFPL de médecins (règles de l'Ordre)

La SPFPL de médecins n'est pas une société ouverte à tous : elle est encadrée par le Conseil de l'Ordre, au nom de l'indépendance professionnelle. Les règles de détention sont strictes.

La règle cardinale : la majorité aux médecins en exercice

Plus de 50 % du capital ET des droits de vote doivent rester entre les mains de médecins qui exercent dans la ou les SEL détenues, directement ou via une autre SPFPL. Le dirigeant de la SPFPL doit lui-même être un professionnel en exercice. Le solde (moins de 50 %) peut être détenu, de façon encadrée, par : d'anciens professionnels pendant 10 ans après leur cessation, les ayants droit d'un professionnel décédé pendant 5 ans, une autre SPFPL, ou des professionnels d'une profession de la même famille santé (chirurgien-dentiste, pharmacien, sage-femme, biologiste, vétérinaire).

Depuis l'ordonnance 2023-77, la SPFPL peut détenir jusqu'à 100 % d'une SEL : le praticien n'est plus tenu d'en détenir une fraction en direct. La création reste subordonnée à l'inscription ou à l'agrément auprès du Conseil de l'Ordre des médecins, avec une déclaration annuelle de la composition du capital ; toute non-conformité doit être régularisée sous un an, sous peine de dissolution.

Et l'immobilier du cabinet ?

L'ordonnance 2023-77 a élargi l'objet de la SPFPL, qui peut désormais détenir des parts de SCI propriétaire des locaux d'exercice. Cela ouvre une articulation utile entre la holding professionnelle et l'immobilier du cabinet — à arbitrer toutefois avec une SCI dédiée selon votre stratégie patrimoniale et successorale.
§ 9CAS CHIFFRÉS·4 MIN

3 cas chiffrés : Dr Lemaire, Dr Sénac, Dr Oziel

Plutôt qu'une démonstration abstraite, trois situations qu'on voit passer en rendez-vous. Voici les trois usages de la SPFPL appliqués à des spécialistes : la capitalisation (cas 1), le piège social à désamorcer (cas 2) et l'effet de levier au rachat (cas 3). Prénoms fictifs, ordres de grandeur réels ; ces simulations figent les taux 2026 et ne valent pas conseil personnalisé.

Cas 1 — Dr Camille Lemaire, dermatologue (SELARL), TMI 45 %

Sa SELARL peut distribuer 100 000 € de dividendes ; elle n'en a pas besoin pour vivre et veut capitaliser.

Sans SPFPL : 100 000 € × 31,4 % = 31 400 € d'impôt → il lui reste 68 600 € sur son compte personnel.
Avec SPFPL : 100 000 € remontés via mère-fille → 1 250 € d'IS → 98 750 € disponibles dans la holding pour placer (contrat de capitalisation, SCPI, futur projet).
Gain de capacité de réinvestissement : ≈ 30 150 €/an, soit 44 % de capital de plus que la voie directe. Réserve : le PFU s'appliquera le jour où elle voudra ces fonds à titre personnel.

Cas 2 — Dr Antoine Sénac, radiologue (SELAS détenue à 95 % par sa SPFPL)

Il fait remonter 150 000 € de dividendes ; capital + primes + compte courant = 80 000 €. Il contrôle la SPFPL avec son épouse.

Côté IS : mère-fille → ≈ 1 875 € d'IS dans la holding (1,25 % × 150 000).
Côté social (au conditionnel) : la fraction excédant 10 % du socle (80 000 × 10 % = 8 000 €), soit 142 000 €, serait potentiellement réintégrable dans l'assiette TNS si l'Urssaf retient la lecture de l'arrêt de 2023 → cotisations de l'ordre de 57 000 à 64 000 € (40-45 %), chiffrage purement indicatif.
Leçon : la SPFPL n'efface PAS le social. La parade : arbitrer distribution vs conservation/placement et auditer le montage avant de distribuer.

Cas 3 — Dr Inès Oziel, chirurgienne : rachat des parts d'un associé

Elle rachète les 40 % d'un associé sortant, valeur 400 000 €, sans cash personnel disponible.

Sans SPFPL : pour disposer de 400 000 € nets après PFU, il lui faudrait ≈ 583 000 € de dividendes bruts (400 000 / (1 − 0,314)) → coût de friction ≈ 183 000 €.
Avec SPFPL : la holding emprunte 400 000 € (intérêts déductibles, art. 39) et rembourse avec les dividendes remontés à 1,25 % → il faut ≈ 405 060 € de dividendes bruts (400 000 / (1 − 0,0125)).
Économie de friction ≈ 178 000 € sur l'opération. Garde-fou : si le rachat est intra-groupe en intégration, vérifier l'amendement Charasse (art. 223 B, réintégration sur 9 exercices).
§ 10SEUIL DE RENTABILITÉ·2 MIN

Combien ça coûte et à partir de quand c'est rentable

Une holding n'est jamais gratuite. La création d'une SPFPL coûte généralement 1 700 à 3 500 € (statuts, objet conforme à l'ordonnance 2023-77, agrément de l'Ordre), auxquels s'ajoute un coût récurrent de 2 000 à 3 000 € par an (comptabilité, juridique). La logique de rentabilité tient en une phrase : le gain mère-fille (l'écart entre 31,4 % et 1,25 %, soit ≈ 30,15 % de l'assiette remontée) doit couvrir ce surcoût.

Seuil de rentabilité de la SPFPL. Dès quelques dizaines de milliers d'euros de dividendes remontés chaque année, le gain net devient nettement positif.
Dividendes annuels remontésÉconomie mère-fille (~30,15 %)Surcoût de structureGain net annuel
10 000 €≈ 3 015 €~ 2 500 €≈ +515 €
30 000 €≈ 9 045 €~ 2 500 €≈ +6 545 €
100 000 €≈ 30 150 €~ 3 000 €≈ +27 150 €

En pratique, la SPFPL devient nettement rentable dès quelques dizaines de milliers d'euros de dividendes annuels — et elle se justifie indépendamment de tout seuil dès lors qu'il existe un projet de rachat ou de transmission, où c'est l'effet de levier (et non la seule économie de friction) qui fait la différence. Sans excédent durable ni projet, en revanche, l'intérêt chute.

Pour quel spécialiste ça vaut le coup ?

Le profil type : TMI 41-45 %, dividendes annuels significatifs non consommés, horizon long. Bonne nouvelle sur la fiscalité 2026 : une SPFPL qui anime ses SEL d'exercice est, dans la quasi-totalité des cas, hors du champ de la taxe sur les holdings patrimoniales créée par la LF 2026 (les parts de SEL sont des titres de participation opérationnels). À sécuriser selon la composition réelle de l'actif : voyez la taxe sur les holdings patrimoniales (LF 2026) : pourquoi la SPFPL en est hors champ.
§ 11LES BONUS PATRIMONIAUX·3 MIN

Transmettre et apporter : Dutreil et apport-cession

Au-delà de la capitalisation et du levier, deux outils s'ajoutent pour un spécialiste qui pense déjà à la sortie ou à la transmission : la transmission (Dutreil) et l'apport-cession (150-0 B ter).

Animer pour transmettre : le pacte Dutreil

Si votre SPFPL anime effectivement ses SEL (convention d'animation, procès-verbaux, prestations facturées, décisions stratégiques), elle peut être qualifiée de holding animatrice — notion définie par le Conseil d'État (arrêt Cofices, CE plén. 13 juin 2018, n° 395495). À cette condition, le pacte Dutreil (article 787 B CGI) exonère 75 % de la valeur des titres transmis par donation ou succession. L'animation s'apprécie notamment au jour du décès : d'où l'importance de la documenter chaque année. À approfondir avec le pacte Dutreil : transmettre avec 75 % d'abattement et, côté libéral, transmettre son cabinet et son patrimoine.

Apporter son cabinet avant de le vendre

Si vous envisagez de céder votre activité, l'apport-cession (article 150-0 B ter CGI) permet de reporter l'imposition de la plus-value en apportant d'abord les titres de SEL à une holding que vous contrôlez, puis en réinvestissant le produit de cession dans les conditions du dispositif. Cela reconstitue une trésorerie d'acquisition à coût fiscal différé. Le sujet, durci par la LF 2026, est traité côté libéral dans l'apport-cession (150-0 B ter) pour reporter l'impôt.

IFI : vos parts de SPFPL peuvent être exonérées

Côté impôt sur la fortune immobilière, les parts de SEL et de SPFPL peuvent être exonérées au titre des biens professionnels (article 975 CGI) si les conditions sont réunies : activité opérationnelle, fonction de direction effective, rémunération représentant plus de la moitié de vos revenus professionnels. À défaut, seule la fraction représentative d'actifs immobiliers est taxable au prorata.

À retenir : trois leviers qui supposent une holding vivante

Capitalisation, levier au rachat, transmission Dutreil : ces trois forces de la SPFPL ne tiennent que si la holding a une réalité économique (procès-verbaux, comptes tenus, animation réelle des SEL si vous visez Dutreil). Une coquille purement fiscale s'expose à l'abus de droit. Et n'oubliez jamais le garde-fou social du chapitre 7 : la SPFPL purge l'IS, pas les cotisations.

Seule, la SPFPL ne fait pas une stratégie : elle se cale avec le choix SELARL/SELAS, l'arbitrage rémunération/dividendes, le placement de la trésorerie et le plan retraite. Pour la replacer dans l'ensemble, voyez défiscalisation médecin spécialiste : les stratégies hauts revenus et ce que le médecin spécialiste doit savoir sur la CDHR.

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Sources et références légales

  • CGI — régime mère-fille et intégration

    Art. 145 CGI (régime mère-fille : détention d'au moins 5 % du capital, conservation 2 ans, pleine propriété). Art. 216 CGI (exonération de 95 % des dividendes, quote-part de frais et charges de 5 %, IS effectif 1,25 %). Art. 223 A CGI (intégration fiscale, quote-part ramenée à 1 %, friction 0,25 %, détention ≥ 95 %). Art. 219 CGI (IS : 15 % jusqu'à 42 500 €, 25 % au-delà). Doctrine BOFiP : BOI-IS-BASE-10-10-10-10, BOI-IS-BASE-10-10-20, BOI-IS-GPE-20-20-20-10.

  • CGI — placement de la trésorerie et levier

    Art. 238 septies E CGI (contrat de capitalisation détenu par une personne morale, imposition annuelle sur assiette forfaitaire). Art. 39 CGI (déductibilité des intérêts de l'emprunt d'acquisition des titres de SEL). Art. 212 bis CGI (plafonnement ATAD des charges financières nettes : le plus élevé de 3 M€ ou 30 % de l'EBITDA fiscal). Art. 223 B CGI (amendement Charasse, rachat intra-groupe à crédit). PFU 31,4 % en 2026 (12,8 % d'IR + 18,6 % de PS) ; prélèvements sociaux de 17,2 % maintenus sur les contrats de capitalisation (LFSS 2026, loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025).

  • Cadre juridique de la SPFPL de médecins

    Ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023 (Livre V régissant les SPFPL, en vigueur le 1er septembre 2024, abrogeant la loi n° 90-1258 du 31 décembre 1990 et ses anciens articles 31-1 et 31-2). Détention : plus de 50 % du capital et des droits de vote par des médecins exerçant, dirigeant en exercice, agrément du Conseil de l'Ordre des médecins et déclaration annuelle de la composition du capital.

  • CSS / BOFiP — cotisations sociales et rémunération technique

    Art. L. 131-6 CSS (cotisations TNS sur la fraction de dividendes excédant 10 % du capital, des primes et du compte courant ; depuis la réforme LFSS 2024 applicable aux revenus 2025, l'assiette TNS est déterminée par renvoi à l'art. L. 136-3 CSS). BOI-RES-BNC-000136 (rémunération technique des associés de SEL imposée dans la catégorie des BNC). Art. 787 B CGI (pacte Dutreil, exonération de 75 %, holding animatrice). Art. 150-0 B ter CGI (apport-cession, report d'imposition). Art. 975 CGI (IFI, exonération des biens professionnels).

  • Jurisprudence et doctrine officielle

    Cass. 2e civ. 19 octobre 2023 n° 21-20.366 (dividendes de SEL remontés à une SPFPL et cotisations TNS, la holding ne fait pas écran). Cons. const. n° 2010-24 QPC du 6 août 2010 (validité de la règle des 10 %). CE 8 avril 2025 n° 492154 (rémunération technique des associés de SEL imposée en BNC). CE plén. fisc. 13 juin 2018 n° 395495 (Cofices, définition de la holding animatrice). Rép. min. JO Sénat 27 février 2025 et 21 août 2025 (l'arrêt du 19 octobre 2023 n'est pas un arrêt de principe, appréciation au cas par cas).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil juridique, fiscal ou social, ni une incitation à constituer une SPFPL. La création d'une SPFPL, tout montage à effet de levier, de placement ou de transmission, et l'analyse du traitement social des dividendes doivent faire l'objet d'une étude individualisée préalable, validée avec votre expert-comptable, votre Conseil de l'Ordre et, le cas échéant, un avocat fiscaliste. Certains points (extension de la jurisprudence du 19 octobre 2023, fourchette des cotisations TNS, pérennité de la CDHR au-delà de 2026) sont signalés au conditionnel. Données à jour au 9 juin 2026 (LF 2026, LFSS 2026), susceptibles d'évoluer.

Foire aux questions

Tout sur la SPFPL du médecin spécialiste en 2026 régime mère-fille, placement, cotisations, transmission.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous : à quoi sert une SPFPL pour un spécialiste, comment marche le mère-fille, où placer la trésorerie remontée, le piège des cotisations, le coût et la transmission. Réponses sourcées et à jour 2026.