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Guide profession libérale 202621 minMis à jour 24 juin 20263 cas chiffrés

Apport-cession : reporter l'impôt sur la vente de votre SEL

Vous exercez en SELARL ou SELAS et vous allez vendre. Vendre sec, c'est payer 31,4 % de plus-value (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux) tout de suite. L'apport-cession de l'article 150-0 B ter permet de reporter cet impôt : vous apportez vos titres de SEL à une SPFPL ou à une holding à l'IS que vous contrôlez, et la plus-value est gelée. Mieux : conservée jusqu'au décès, elle n'est jamais imposée. Mais la réforme 2026 a durci les règles. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

APPORT-CESSION SEL 2026

Chiffrer le report d'impôt de votre cession et choisir SPFPL ou holding IS

Audit d'apport-cession : éligibilité du report 150-0 B ter, choix SPFPL ou holding à l'IS, vérification du contrôle (33,33 %) et du remploi 2026 (70 % / 3 ans / 5 ans), purge au décès, donation et Pacte Dutreil. Cabinet 100 % indépendant.

  • SPFPL ou holding IS arbitrée
  • Contrôle et remploi 2026 vérifiés
  • Purge au décès et Dutreil intégrés
  • Multi-partenaires, sans produit-maison

PV TITRES SEL (PFU)

31,4 %

REMPLOI < 3 ANS

70 %

PRÉSOMPTION CONTRÔLE

33,33 %

PURGE AU DÉCÈS

100 %

IS HOLDING (MÈRE-FILLE)

1,25 %

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1LE PRINCIPE·2 MIN

Reporter n'est pas exonérer : ce que fait vraiment le 150-0 B ter

L'essentiel en 30 secondes

  • L'apport-cession diffère l'impôt sur la plus-value de cession de vos titres de SEL ; il ne l'efface pas (≠ exonérations retraite du guide cession).
  • Mécanisme : vous apportez vos titres de SEL à une holding (SPFPL ou holding à l'IS) que vous contrôlez → la plus-value d'apport est placée en report (art. 150-0 B ter, I).
  • Tant que vous gardez les titres de la holding, l'impôt dort. Au décès, il s'éteint définitivement : la plus-value n'est jamais imposée.
  • Le coût évité : 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de PS) sur une cession sèche de titres de SEL en 2026.

Vous avez bâti votre cabinet pendant vingt ans, et un confrère — ou un groupe — vous propose enfin de le racheter. Le prix est beau : six, parfois sept chiffres. Et la première mauvaise surprise tombe aussitôt : sur la plus-value, l'État prélève 31,4 % immédiatement. Sur une cession de titres dégageant 1 million d'euros de gain, cela fait 314 000 € à sortir l'année de la vente — un tiers du fruit d'une carrière qui part en un seul virement. L'apport-cession de l'article 150-0 B ter CGI ouvre une autre voie : ne pas payer tout de suite, mais geler l'impôt et garder l'intégralité du prix au travail. Mieux : conservé jusqu'au décès, ce gel devient un effacement.

C'est là que beaucoup se trompent : l'apport-cession ne supprime pas l'impôt, il le décale. Vous n'encaissez pas le prix sur votre compte personnel ; vous logez vos titres dans une holding qui, elle, recevra le produit de la vente et le réinvestira. En échange, la plus-value d'apport est figée et mise « en report ». Tant que vous conservez les titres de la holding, l'impôt ne se déclenche pas — et s'il se déclenche un jour, ce sera dans des conditions que vous aurez choisies. En clair : vous gagnez du temps, votre capital continue de tourner, et au décès la porte se referme sur l'impôt.

Ce guide suit pas à pas le fil d'un libéral en SEL : comment fonctionne l'apport en pratique, où apporter (SPFPL ou holding à l'IS), les conditions durcies en 2026 (contrôle, remploi de 70 %), la purge au décès et la transmission, puis l'arbitrage entre reporter et exonérer (le sujet du guide sur les exonérations de plus-value à la cession). L'apport-cession n'est qu'un levier parmi d'autres : il prend tout son sens dans une stratégie fiscale globale du libéral, aux côtés des autres leviers de défiscalisation de la profession libérale.

Report (150-0 B ter) ≠ sursis (150-0 B) : la distinction qui change tout

Deux régimes ressemblants, deux conséquences opposées. Le report (art. 150-0 B ter) joue quand vous contrôlez la holding qui reçoit l'apport : la plus-value est calculée et figée à l'apport, déclarée immédiatement, puis purgée au décès. Le sursis (art. 150-0 B) joue quand vous ne contrôlez pas la holding : l'opération est neutre, aucune plus-value n'est calculée, mais il n'y a pas de purge au décès. Pour le libéral, seul maître de sa holding, on est presque toujours dans le report — et c'est une bonne nouvelle, car c'est lui qui ouvre l'effacement au décès. Le mécanisme générique, hors spécificités libérales, est détaillé dans notre guide pilier apport-cession 150-0 B ter.
§ 2LE MÉCANISME EN SEL·3 MIN

Apporter ses titres de SEL à une holding : comment ça marche

Sur le papier, c'est limpide : au lieu de vendre directement vos titres de SELARL ou de SELAS, vous les apportez à une holding (vous échangez vos titres de SEL contre des titres de la holding). C'est cet apport — et non la vente ultérieure — qui dégage la plus-value. Et c'est précisément cette plus-value d'apport que le 150-0 B ter place en report d'imposition. Le dispositif s'applique aux apports réalisés depuis le 14 novembre 2012, à l'identique pour des titres de SEL.

Pour que le report joue, quatre conditions cumulatives doivent être réunies. Le point central, qui revient comme un fil rouge dans ce guide, c'est le contrôle de la holding qui reçoit l'apport (voir §4).

Les 4 conditions cumulatives du report 150-0 B ter, transposées à l'apport de titres de SEL.
ConditionContenuTexte
ApporteurPersonne physique exerçant en SEL, fiscalement domiciliée en FranceArt. 150-0 A CGI
Holding bénéficiaireSoumise à l'IS (SPFPL ou holding classique), en France / UE / EEE150-0 B ter I
ContrôleHolding contrôlée par l'apporteur à l'issue de l'apport (33,33 % et +, voir §4)150-0 B ter III-2°
DéclarationPV calculée et figée à l'apport, déclarée l'année de l'apport (2074-I)150-0 B ter VI

Le commissaire aux apports : un passage souvent obligé

Quand vous apportez des titres de SEL (apport en nature) à une holding constituée sous forme de SAS ou de SARL, la loi impose en principe l'intervention d'un commissaire aux apports (Code de commerce, art. L. 225-147 et R. 225-136). Son rôle : valoriser les titres apportés et sécuriser le montant retenu, qui servira de base à la plus-value en report. C'est une étape à anticiper dans le calendrier et le budget de l'opération — d'autant qu'une valorisation crédible est aussi un rempart contre une remise en cause ultérieure.

La soulte : tolérée jusqu'à 10 % de la valeur nominale, mais à manier avec prudence

En contrepartie de l'apport, vous pouvez recevoir une soulte (un versement complémentaire en numéraire). Elle est tolérée tant qu'elle n'excède pas 10 % de la valeur nominale des titres reçus ; au-delà, la plus-value correspondant à la soulte est imposée immédiatement. Attention : une soulte n'est pas mécaniquement abusive — le Conseil d'État (CE 29/09/2023, n° 471003) a jugé qu'une soulte inscrite en compte courant avec convention de blocage n'est pas automatiquement un abus de droit. Et lorsque l'administration ne vise que la soulte, la remise en cause se limite à la soulte sans faire tomber tout le report (CE 18/06/2025, n° 492438). En pratique, on la déconseille sauf justification économique documentée.
§ 3LE VRAI CHOIX·4 MIN

SPFPL ou holding classique à l'IS : où apporter vos titres de SEL ?

En 30 secondes

  • Deux véhicules peuvent recevoir l'apport : la SPFPL (conçue pour les libéraux, conforme aux règles ordinales) ou la holding classique à l'IS (SAS/SARL, plus souple).
  • Le report 150-0 B ter joue dans les deux cas : toutes deux sont à l'IS et contrôlées par l'apporteur.
  • Le départage se fait sur la conformité ordinale (qui peut détenir le capital d'une SEL) et la liberté de remploi (voir §5).

Première bifurcation concrète, et elle ne concerne que vous, professions réglementées. La SPFPL — société de participations financières de professions libérales — a été créée par la loi n° 90-1258 du 31 décembre 1990, dont le cadre a été refondu par l'ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023. C'est une holding sur mesure pour les libéraux : elle peut détenir des parts de SEL en respectant les règles ordinales de détention du capital propres à chaque profession (santé, droit, chiffre), ce qu'une holding ordinaire ne peut pas toujours faire.

La holding classique à l'IS (SAS, SARL) est, elle, un véhicule de droit commun : plus libre dans son objet social et son réinvestissement, mais qui ne bénéficie pas du confort ordinal de la SPFPL. Elle est à réserver aux situations où la détention des titres de SEL n'est pas réservée à une SPFPL par les règles de la profession, ou lorsque la liberté de remploi prime.

SPFPL — la holding des libéraux

Conforme aux règles ordinales de la profession ; peut détenir les SEL de la même profession ; bénéficie du régime mère-fille. MAIS objet social contraint : le remploi du produit de cession est cantonné (pas d'immobilier libre, pas de participations d'une autre profession). C'est le véhicule naturel quand les règles ordinales l'imposent.

Holding classique à l'IS (SAS / SARL)

Liberté de remploi : toute activité économique éligible au sens du 150-0 B ter. Plus souple pour réinvestir, mais hors confort ordinal — à réserver aux titres dont la détention n'est pas réservée à une SPFPL par la profession, ou quand le projet de réinvestissement prime sur la pure logique métier.

Le pont : comprendre la SPFPL et le statut de la SEL

La SPFPL est le véhicule central de cette stratégie : son fonctionnement, ses règles de détention et son intérêt fiscal sont détaillés dans notre guide SPFPL et profession libérale : la holding qui reçoit les titres de votre SEL. Pour une déclinaison par métier, l'architecte exerçant en SELARL trouvera un cas dédié dans notre guide holding SPFPL architecte : optimiser vos dividendes de SELARL. Et si vous exercez encore en BNC sans société, le passage en SEL est le prérequis de tout apport-cession de titres : voyez BNC ou SELARL : quand la société devient intéressante pour un libéral.
§ 4LE PIÈGE N°1·3 MIN

Le contrôle de la holding : 33,33 %, pas 50 %

L'erreur que tout le monde recopie

Beaucoup de guides écrivent « contrôle = plus de 50 % ». C'est faux. Le contrôle de la holding est caractérisé dès qu'une seule des conditions de l'article 150-0 B ter III-2° est remplie. Confondre les deux peut faire basculer une opération du report (avec purge au décès) vers le simple sursis (sans purge), ou inversement faire croire à tort qu'on n'a pas le contrôle.

Mémo express

Les 3 façons de contrôler la holding (CGI 150-0 B ter III-2°)

  • La majorité des droits de vote OU des droits dans les bénéfices, détenue directement ou indirectement — et en additionnant le groupe familial : conjoint, ascendants, descendants, frères et sœurs (leurs participations se cumulent).
  • La présomption : vous détenez au moins 33,33 % des droits et aucun autre associé ne détient davantage. C'est une présomption simple (renversable), mais elle suffit à caractériser le contrôle.
  • Le pouvoir de décision de fait : contrôle de fait, action de concert, pacte d'associés — vous êtes le « maître de l'affaire » même sans détenir la majorité.

Pour le libéral seul maître de sa SPFPL ou de sa holding, la question est vite réglée : il en détient 100 %, le contrôle est évident, et l'on est dans le report. Le sujet devient sensible dans un cabinet de groupe (SEL à plusieurs associés), où il faut manier le seuil de 33,33 % et l'agrégation familiale pour déterminer qui contrôle quoi. Point de méthode : le contrôle s'apprécie à l'issue de l'apport, c'est-à-dire en tenant compte de la situation après l'opération.

La règle de la détention indirecte

Quand le contrôle passe par plusieurs sociétés intermédiaires, la doctrine (BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60-10) calcule la détention indirecte en multipliant les pourcentages tout au long de la chaîne. Dans un montage à étages (par exemple SPFPL au-dessus d'une autre société), ce calcul mérite d'être vérifié précisément, car il conditionne l'application du report.
§ 5LE REMPLOI 2026·4 MIN

Si la holding revend dans les 3 ans : le remploi de 70 % (réforme 2026)

En 30 secondes : ce qui a changé en 2026

  • Si la holding cède les titres de la SEL dans les 3 ans de l'apport, elle déclenche une obligation de remploi.
  • Il faut alors réinvestir au moins 70 % du produit net (ex-60 %), dans un délai de 3 ans / 36 mois (ex-2 ans), et conserver les actifs 5 ans (ex-12 mois). Applicable aux cessions réalisées à compter du 21/02/2026 (LF 2026, loi n° 2026-103 du 19/02/2026).
  • Si la holding revend plus de 3 ans après l'apport → aucun remploi, le report est maintenu sans condition (voir §6).

Tout se joue ici — et 2026 a serré la vis. Le principe : si la holding vend trop tôt les titres qu'elle a reçus (dans les 3 ans), l'administration veut s'assurer que le produit sert un vrai projet économique et non un simple cash-out déguisé. D'où l'obligation de remploi. Les anciennes valeurs (60 % / 2 ans / 12 mois) sont désormais périmées pour les cessions postérieures au 21 février 2026 (lendemain de la publication de la loi au Journal officiel du 20/02/2026 ; certaines sources affichent par erreur une autre date).

Valeurs durcies par la loi de finances pour 2026 ; les pages encore en 60 % / 2 ans / 12 mois sont périmées.
ParamètreAvant la LF 2026Depuis le 21/02/2026
Quota de remploi60 % du produit net70 % du produit net
Délai de remploi2 ans3 ans (36 mois)
Conservation des actifs (réinvestissement direct)12 mois5 ans
Conservation des fonds (FCPR, FPCI…)5 ans5 ans

Mémo express

Ce qui est ÉLIGIBLE au remploi de 70 %

  • Le financement de moyens permanents affectés à une activité commerciale, industrielle, artisanale, libérale, agricole ou financière (hors gestion de son propre patrimoine).
  • L'acquisition de titres conférant le contrôle d'une société opérationnelle soumise à l'IS.
  • La souscription en numéraire au capital de sociétés opérationnelles éligibles.
  • La souscription de parts de FCPR, FPCI, SCR ou SLP (fonds de capital-investissement, quota d'investissement de 75 %, art. 163 quinquies B CGI), conservées 5 ans.

Ce qui est EXCLU du remploi (et que la réforme a renforcé)

Sont exclus : la gestion de votre propre patrimoine mobilier ou immobilier, la location nue et meublée, l'immobilier de rendement, la construction-vente, la holding passive, et les activités financières, bancaires, d'assurance ou de gestion de portefeuille. Traduction pour le client : la SCPI que votre banquier va vous proposer, ou l'immeuble locatif, ne compte pas comme remploi — c'est l'erreur qu'on rattrape le plus souvent. En revanche, le private equity éligible (FCPR / FPCI respectant le quota) l'est. Pour bien distinguer le placement de la holding du remploi contraint, voyez notre guide placer la trésorerie de sa SEL et de sa holding.

Le dilemme propre à la SPFPL (le point que personne ne soulève)

Le point que personne ne vous dit en amont : la SPFPL a un objet social ordinal contraint. Elle ne peut pas réinvestir librement (pas d'immobilier de rendement, pas de participations dans une autre profession). Or le remploi du 150-0 B ter exige de placer 70 % en activité économique éligible. Résultat : si la SPFPL vend ses titres de SEL dans les 3 ans, le réinvestissement éligible se trouve cantonné (SEL de la même profession, ou fonds FCPR/FPCI éligibles). Deux options s'ouvrent alors : garder la SPFPL en réinvestissant dans ce périmètre étroit, ou apporter à une holding classique à l'IS plus souple. C'est un arbitrage à trancher en amont — voyez le guide dédié à la SPFPL.

Sur le terrain, l'exigence de réinvestissement économique est d'origine prétorienne avant d'être codifiée : le Conseil d'État a posé très tôt qu'une simple réutilisation patrimoniale ne suffit pas (CE 24/08/2011, n° 314579 — la location nue n'est pas une activité économique). Il a aussi jugé que le rachat de titres déjà détenus, sans apport d'argent frais à l'économie, n'est pas un remploi éligible (CE 10/07/2019, n° 411474), et que pour un remploi par prise de contrôle, seule compte l'absence de contrôle préalable à la date de l'acquisition (CE 16/02/2024, n° 472835).

Hagnéré Patrimoine

Sécuriser le remploi de votre apport-cession

Un CGP indépendant vérifie votre calendrier (cession dans les 3 ans ou au-delà), calcule le seuil de remploi de 70 %, identifie les actifs éligibles (et écarte les exclus comme les SCPI), et arbitre entre SPFPL et holding à l'IS.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 6LA VOIE ROYALE·2 MIN

Revendre la SEL plus de 3 ans après l'apport : le report sans aucune condition

En 30 secondes : la voie royale

  • Cession par la holding au-delà de 3 ans après l'apport → zéro obligation de remploi, le report est maintenu sans condition.
  • La trésorerie de la vente se place librement dans la holding (capitalisation, private equity, titres opérationnels).
  • Le bon réflexe : apporter tôt, vendre plus tard — c'est aussi le meilleur rempart contre l'abus de droit (§7).

Ici, c'est le calendrier qui fait toute la différence. Si la holding cède les titres de la SEL plus de 3 ans après l'apport, il n'y a aucune obligation de remploi : le report est maintenu sans condition, et la trésorerie issue de la vente peut être placée librement dans la holding (capitalisation, private equity, titres opérationnels, etc.). C'est la voie la plus confortable — à condition de l'avoir anticipée.

Le bon timing : apporter tôt, vendre plus tard

Si vous ne devez retenir qu'une chose : montez la holding et apportez les titres très en amont, idéalement plus de 3 ans avant la cession envisagée. Vous supprimez ainsi la contrainte de remploi de 70 %, vous gardez la main sur le placement du produit, et — bonus décisif — vous construisez le meilleur rempart contre l'abus de droit (voir §7). L'apport-cession est un outil qui récompense l'anticipation.

Le cash dans la holding : le levier mère-fille

Une fois les titres cédés, le produit est logé dans la holding. Avant même la cession, les dividendes remontés de la SEL vers la holding bénéficient du régime mère-fille (art. 145 et 216 CGI) : l'imposition se limite à un IS effectif de 1,25 % (exonération de 95 %, quote-part de frais de 5 % taxée à l'IS). C'est l'un des grands intérêts de l'enveloppe holding. Détails dans notre guide régime mère-fille : IS effectif de 1,25 % sur les dividendes, et pour le placement du cash, placer la trésorerie de sa SEL et de sa holding.

Note de méthode : le report fige l'impôt, pas le rendement

L'intérêt de garder le produit au travail dans la holding repose sur sa capacité à capitaliser (private equity, contrat de capitalisation, titres). Et la mention qui n'est pas qu'une formalité : les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Un placement de capital-investissement (FCPR, FPCI) comporte un risque de perte en capital et une illiquidité sur plusieurs années. L'avantage fiscal du report (différé d'impôt, puis purge au décès) est acquis indépendamment du rendement obtenu, mais il ne transforme pas un placement risqué en placement garanti : les deux logiques — fiscale et financière — se raisonnent séparément.
§ 7L'ABUS DE DROIT·3 MIN

Apporter puis vendre le même jour : le terrain de l'abus de droit

Ici se loge le seul vrai danger du montage, et autant le nommer crûment : c'est par là que le fisc redresse. Un apport suivi d'une cession immédiate sans substance — typiquement, apporter à une holding une vente déjà négociée et signée, pour encaisser le prix à l'abri du report sans aucun projet économique — est requalifiable en abus de droit. Deux fondements : l'article L. 64 du Livre des procédures fiscales (abus de droit classique) et l'article L. 64 A (mini-abus de droit, pour les actes passés depuis le 1er janvier 2020, qui vise les montages à but principalement fiscal).

Mémo express

Les réflexes anti-abus de droit

  • Créer la holding en amont, avec un objet social large et une réelle existence (comptes, organes, substance).
  • Suivre un calendrier crédible : ne pas apporter une cession déjà négociée ou signée.
  • Respecter le remploi de 70 % si la cession intervient dans les 3 ans (voir §5).
  • Pas de remploi fictif : par exemple, la SPFPL qui prête le prix de cession à l'apporteur via un compte courant jamais remboursé, le FCPR non éligible ou la coquille vide → terrain d'abus.
  • Et, on l'a vu, apporter bien avant de vendre reste la meilleure assurance (la voie royale du §6).

La soulte mal calibrée coûte cher — mais ne fait pas tout perdre

Un arrêt récent calme le jeu : le Conseil d'État (CE 18/06/2025, n° 492438) a jugé que lorsque l'administration ne vise par l'abus de droit que la soulte, la remise en cause se limite à la soulte ; le report subsiste pour le reste, et l'abattement pour durée de détention de l'article 150-0 D s'applique à la fraction redevenue imposable. La sanction est donc proportionnée: une soulte mal calibrée ne fait pas s'effondrer toute l'opération. Conclusion pratique : si l'on tient à une soulte, on la documente et on la borne sous 10 % — l'erreur coûte alors la soulte, pas le contrat entier.
§ 8LA PURGE·3 MIN

Purger l'impôt : le décès et la donation des titres de la holding

L'argument patrimonial massif

Le report est personnel. Au décès de l'apporteur qui détient encore les titres de la holding, la plus-value placée en report s'éteint définitivement, sans jamais être imposée. Les héritiers reçoivent les titres à leur valeur au jour du décès et ne paient que les droits de succession. Concrètement, pour Antoine, le dentiste du cas 1 (§12), ce sont 423 900 € qui ne seront jamais réclamés à ses enfants : apport-cession + détention jusqu'au décès = effacement total de l'IR et des prélèvements sociaux sur la plus-value historique.

Ce qui n'était qu'un report (un impôt différé) devient, au décès, une exonération de fait. C'est ce qui distingue radicalement l'apport-cession d'une vente directe : tant que vous ne déclenchez pas un événement imposable de votre vivant, l'impôt finit par disparaître. Pour le notaire ou le médecin de 55 ans qui a déjà ses revenus assurés et pense d'abord à ses enfants plutôt qu'à un nouveau train de vie, ce raisonnement de transmission emporte souvent la décision.

L'exception à connaître : l'avantage matrimonial au conjoint

Une nuance importante : si les titres grevés du report sont attribués au conjoint survivant via un avantage matrimonial (clause de préciput, clause d'attribution intégrale de la communauté), le report subsiste sur la tête du conjoint — il n'y a pas de purge dans ce cas de figure. C'est un point à vérifier avec votre notaire selon votre régime matrimonial, car il peut faire échec à l'effacement attendu.

De votre vivant, la donation des titres de la holding est l'autre voie de purge. Elle transfère le report sur la tête du donataire s'il contrôle la holding ; la plus-value est alors définitivement purgée si le donataire conserve les titres pendant 6 ans (contre 5 auparavant), délai porté à 11 ans (contre 10) lorsque le report résulte d'un remploi en fonds FCPR / FPCI / SCR / SLP. Si le donataire ne contrôle pas la holding, la plus-value est imposée immédiatement chez le donateur. Certains événements (invalidité de 2e ou 3e catégorie, licenciement, décès du donataire ou de son conjoint) entraînent également la purge.

Les chemins de purge de la plus-value en report (valeurs LF 2026 : donation 6 ans / 11 ans si fonds).
ÉvénementEffet sur le reportCondition
Décès de l'apporteurPurge définitive (PV jamais imposée)Détention des titres au décès
Donation (donataire contrôle)Transfert puis purgeConservation 6 ans (11 ans si fonds)
Donation (donataire ne contrôle pas)Imposition immédiate chez le donateur—
Conjoint via avantage matrimonialReport SUBSISTE (pas de purge)Préciput / attribution de communauté

Transmettre la SPFPL aux enfants + Pacte Dutreil

Pour transmettre la holding à des enfants (dont certains peuvent reprendre le métier), une articulation avec le Pacte Dutreil (art. 787 B CGI) est possible — exonération de 75 % de la valeur des titres des droits de mutation — à condition que la holding soit animatrice de son groupe (CE plén. fisc. 13/06/2018, n° 395495, Cofices). C'est un cumul puissant mais exigeant. Voyez nos guides holding animatrice : la condition du cumul avec le Pacte Dutreil, transmettre son cabinet et son patrimoine quand on est libéral et donation avant cession pour purger la plus-value latente. Pour le cas particulier de l'office ministériel, où l'apport à une holding combine report d'imposition et Pacte Dutreil, voyez notre guide dédié transmettre son office de notaire via une holding : report et Pacte Dutreil.
§ 9L'ARBITRAGE·3 MIN

Apport-cession ou vente directe avec exonérations retraite ?

C'est LA question qu'on nous pose le plus en rendez-vous de cession — et celle où l'on voit le plus d'erreurs d'aiguillage. Le report diffère l'impôt ; les exonérations de cession l'effacent. Pour un libéral en SEL à l'IS (SELARL, SELAS) qui cède ses titres, l'exonération de référence est l'article 150-0 D ter (abattement de 500 000 € sur l'IR pour le dirigeant retraité). L'article 238 quindecies (exonération totale sous 500 000 € de valeur, dégressive jusqu'à 1 000 000 €) vise plutôt l'exercice en BNC ou en société de personnes à l'IR (entreprise individuelle, branche complète d'activité), et non la cession de titres de SEL à l'IS. Si, à la retraite, l'un de ces régimes efface déjà l'impôt sur le prix de votre cabinet, alors le report n'apporte rien — et bloque inutilement le cash dans la holding.

Apport-cession (report 150-0 B ter)

Pour qui veut différer, réinvestir, capitaliser dans la holding et transmettre (purge au décès). On ne consomme pas le prix : il travaille dans la holding. Coût évité immédiat : 31,4 %. C'est l'outil du réinvestisseur et du transmetteur, pas de celui qui veut encaisser.

Vente directe + exonération retraite

Pour qui part à la retraite et veut le CASH NET tout de suite. Pour un libéral en SEL à l'IS (SELARL, SELAS), c'est le 150-0 D ter qui joue : abattement de 500 000 € sur l'IR des titres (mais 18,6 % de PS restent dus sur la totalité). Le 238 quindecies, lui, vise plutôt l'exercice en BNC ou en société de personnes à l'IR (entreprise individuelle, branche complète d'activité). On garde l'argent, on ne le bloque pas. Le sujet du guide cession.

Ne pas confondre report et exonération

On le martèle en clientèle, parce que c'est l'erreur la plus coûteuse : le 150-0 B ter ne réduit jamais l'impôt, il le décale. Les exonérations 238 quindecies, 151 septies A et 150-0 D ter relèvent d'un tout autre raisonnement (la cession sèche). Le détail de ces régimes et de leurs seuils figure dans notre guide céder son cabinet : les exonérations 238 quindecies / 150-0 D ter, l'alternative au report. Pour la cession d'une clientèle exploitée en BNC, où le 151 septies A se combine avec le Pacte Dutreil, voyez notre guide transmettre sa clientèle d'expert-comptable : 151 septies A et Dutreil.

Rappel : la plus-value mobilière se taxe à 31,4 % en 2026

Une cession de titres de SEL supporte 18,6 % de prélèvements sociaux (la CSG du capital est portée à 10,6 % par la LFSS 2026), soit 31,4 % avec les 12,8 % d'IR du PFU. À ne pas confondre avec le 17,2 % qui s'applique, par exemple, à un rachat d'assurance-vie de réemploi. Cette dualité des prélèvements sociaux est expliquée dans notre guide prélèvements sociaux 2026 : la dualité 17,2 % / 18,6 %.
§ 10LE CASH D'APRÈS·2 MIN

Le cash de la vente dans la holding : comment le faire travailler

Une fois la cession réalisée, le produit (et les dividendes remontés de la SEL avant la vente) reste dans la holding. Prenez Camille, l'avocate du cas 2 (§12) : 900 000 € sortis sur son compte personnel auraient d'abord subi le PFU avant d'être placés ; logés dans sa holding, ils partent investir entiers. Voilà l'intérêt patrimonial de l'enveloppe : le cash y travaille dans un cadre fiscal favorable, au lieu d'être amputé par l'impôt personnel. Si la cession est intervenue dans les 3 ans de l'apport, il faut bien sûr respecter d'abord les actifs éligibles au remploi du §5.

Chaque ligne renvoie à un guide spécialisé du cluster professions libérales / patrimoine.
ObjectifLe levierLe guide dédié
Optimiser les dividendes remontés de la SELRégime mère-fille (IS effectif 1,25 %)Régime mère-fille vs intégration fiscale
Faire travailler le cash de la holdingContrat de capitalisation, private equity (FCPR / FPCI)Placer la trésorerie de sa SEL
Compléter sa retraite et réduire l'IR de l'annéePER, déduction à votre TMIPER profession libérale

Concrètement : les dividendes de la SEL remontés vers la holding bénéficient du régime mère-fille (IS effectif de 1,25 %) ; la trésorerie peut ensuite être réinvestie via les solutions détaillées dans placer la trésorerie de sa SEL et de sa holding ; et, à titre personnel l'année de la cession, un versement sur un PER profession libéraleabaisse l'impôt sur le revenu à votre tranche marginale.

Aller plus loin : l'année de cession, un pic de revenus à piloter

L'année où vous vendez, votre revenu fiscal de référence explose : c'est l'année où la CEHR (contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, 3 à 4 %) et, le cas échéant, la CDHR (imposition minimale d'environ 20 % du RFR, dont la reconduction en 2026 reste à confirmer au texte) pèsent le plus lourd. D'où le réflexe : lisser ce qu'on peut sur l'année de cession et vérifier l'exposition CEHR / CDHR avant de signer — voyez notre guide profession libérale à hauts revenus : comment payer moins d'impôts, qui détaille les leviers à activer autour d'une année exceptionnelle.
§ 11SUIVI & EXPATRIATION·2 MIN

Expatriation et déclarations : ne pas perdre le report par négligence

Le report se nourrit chaque année d'une ligne sur votre déclaration : oubliez la case 8UT et vous risquez de réveiller l'impôt par simple négligence. Il court pendant des années et impose un suivi déclaratif rigoureux, sous peine de le perdre. Et un événement de vie peut le faire tomber prématurément — l'expatriation au premier chef.

Le transfert du domicile fiscal hors de France met fin au report et déclenche l'exit tax (art. 167 bis CGI) : la plus-value en report devient imposable au jour du transfert, avec un sursis de paiement automatique en cas de départ vers un État de l'Union européenne ou de l'Espace économique européen, et des garanties exigées pour un État tiers. En clair : si Londrès ou Lisbonne est dans vos cartons, montez l'apport-cession d'abord— et faites chiffrer l'exit tax avant de boucler les valises.

Vos déclarations, année par année

  • L'année de l'apport : la plus-value en report est calculée, figée et déclarée sur le formulaire 2074-I.
  • Chaque année tant que le report court : vous reportez le montant total des plus-values en report en case 8UT de la déclaration 2042.
  • À la survenance d'un événement mettant fin au report (cession des titres de la holding sans remploi, expatriation…) : la plus-value est déclarée et imposée au titre de l'année de l'événement (art. 150-0 B ter VI CGI).
§ 12CAS CHIFFRÉS·4 MIN

Trois cas chiffrés à l'euro

On a posé les règles ; voyons ce qu'elles donnent sur trois profils types, chiffrés à l'euro pour rendre la mécanique tangible. Une mise au point méthodologique avant de lire : pour rester lisibles, les cas supposent que la plus-value d'apport est proche du prix (prix d'acquisition initial des titres faible par rapport à leur valeur d'apport, fréquent quand le praticien a créé sa société). Le PFU retenu sur la plus-value mobilière 2026 est de 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux).

Cas 1 · Chirurgien-dentiste · SELAS · titres 1 500 000 € · PV 1 350 000 €

Dr Antoine — 423 900 € d'impôt reportés, puis purgés au décès

Antoine apporte les titres de sa SELAS (valeur 1 500 000 €, prix d'acquisition 150 000 € → plus-value d'apport de 1 350 000 €) à sa SPFPL qu'il contrôle à 100 %. La SPFPL revend la SEL 4 ans après l'apport, soit au-delà de 3 ans.

Vente sèche (sans apport) : 1 350 000 € × 31,4 % = 423 900 € à payer immédiatement.

Avec apport-cession : la plus-value est gelée en report. La cession par la SPFPL intervenant au-delà de 3 ans, il n'y a aucune obligation de remploi : le report est maintenu sans condition. Impôt l'année de la vente = 0 €, et le produit (1,5 M€) reste dans la SPFPL pour être placé.

Antoine conserve les titres de la SPFPL jusqu'à son décès → la plus-value en report (1 350 000 €) est définitivement purgée : 423 900 € jamais payés, et les héritiers reçoivent les titres à leur valeur au décès. Apport > 3 ans avant la cession + détention jusqu'au décès = un impôt de 423 900 € transformé en zéro.

Cas 2 · Avocate · SELARL · titres 900 000 € · PV 800 000 €

Maître Camille — la holding revend à 18 mois : 630 000 € à réinvestir

Camille apporte les titres de sa SELARL (valeur 900 000 €, PV 800 000 €) à une holding classique à l'IS (choisie pour sa souplesse de remploi). La holding reçoit une offre et revend à 18 mois (donc dans les 3 ans) → remploi obligatoire. On suppose une revente au prix d'apport (plus-value de holding négligeable), soit un produit net de cession ≈ 900 000 €.

Remploi minimal = 900 000 € × 70 % = 630 000 € à réinvestir dans une activité économique éligible (titres conférant le contrôle d'une société à l'IS, souscription en numéraire, ou fonds FCPR / FPCI éligibles), dans les 3 ans et conservés 5 ans.

Si le remploi est respecté → report maintenu sur les 800 000 € de plus-value (impôt différé). Si le remploi est raté → déchéance du report : 800 000 € × 31,4 % = 251 200 € dus, majorés des intérêts de retard depuis la cession. Les 30 % restants (270 000 €) sont libres dans la holding.

Vendre vite (< 3 ans) n'interdit pas le report, mais impose de placer 630 000 € en remploi éligible — surtout pas en SCPI ni en immeuble locatif, qui sont exclus.

Cas 3 · Médecin · SELARL · titres 700 000 € · PV 600 000 € · départ retraite

Dr Bruno — à la retraite, l'exonération bat le report

Bruno, 64 ans, part à la retraite et veut encaisser le prix de sa SELARL (titres 700 000 €, PV 600 000 €). Il est éligible au 150-0 D ter (dirigeant, plus de 25 % détenus, 5 ans, départ en retraite dans les 24 mois).

Apport-cession (report) : 0 € l'année de la vente, mais l'argent reste bloqué dans la holding (vocation : réinvestir et transmettre, pas consommer). L'impôt n'est que différé.

Vente directe + 150-0 D ter : abattement de 500 000 € sur l'IR → base IR = 600 000 − 500 000 = 100 000 € → IR = 100 000 × 12,8 % = 12 800 €. Les prélèvements sociaux de 18,6 % frappent la totalité du gain : 600 000 × 18,6 % = 111 600 €. Total ≈ 124 400 € (hors CEHR / CDHR éventuelles). Bruno encaisse le prix de ses titres (700 000 €) et paie 124 400 € d'impôt, soit un cash net de 700 000 − 124 400 ≈ 575 600 € (et non la seule plus-value de 600 000 €).

Bruno, lui, a tranché en cinq minutes : à 64 ans, il voulait le chèque, pas une holding à gérer dix ans de plus. Pour qui veut consommer le prix à la retraite, l'exonération bat le report — qui reste l'outil du réinvestissement et de la transmission, pas de l'encaissement.

Ce que disent ces trois cas

Le report est un outil de réinvestissement et de transmission, pas d'encaissement

  • Apport > 3 ans + décès (cas 1) : 423 900 € reportés, puis purgés. La combinaison gagnante quand on transmet.
  • Cession < 3 ans (cas 2) : report possible, mais 630 000 € à placer en remploi éligible (pas de SCPI), sinon déchéance à 251 200 €.
  • Retraite et besoin de cash (cas 3) : l'exonération 150-0 D ter bat le report — on encaisse net au lieu de bloquer dans la holding.
  • Avant de parler 150-0 B ter, une seule chose à clarifier avec le client : veut-il faire travailler ce capital et le transmettre, ou en profiter maintenant ? Le reste en découle.

Note de méthode : ces chiffres sont illustratifs

Les montants ci-dessus sont des ordres de grandeur pédagogiques, volontairement simplifiés (hypothèse plus-value ≈ prix d'apport au-dessus du prix d'acquisition, taux arrondis) pour faire ressortir la logique. Ils ne valent pas une simulation personnalisée : le résultat réel dépend du prix d'acquisition exact des titres, de la durée de détention, de la CEHR / CDHR sur le revenu fiscal de référence, et de la disposition LF 2026 applicable à votre cession. Premier réflexe avant tout calcul : vérifier le régime de votre cabinet à l'aide de notre guide BNC ou SELARL : votre cabinet relève-t-il de l'IR ou de l'IS ?, puis modéliser au cas par cas avant toute décision.
Méthode documentée

Modéliser votre apport-cession avec un CGP indépendant

Comme dans les trois cas ci-dessus, on chiffre votre opération à l'euro avant que vous ne signiez : report ou exonération retraite, gain net dans chaque scénario, impact CEHR / CDHR de l'année de cession et coût d'un remploi raté. Vous décidez sur des chiffres, pas sur une intuition.

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Cabinet pluridisciplinaire : éligibilité du report 150-0 B ter, choix du véhicule (SPFPL ou holding à l'IS), sécurisation du contrôle et du remploi 2026, anticipation de la purge au décès et de la transmission (donation, Dutreil), puis placement de la trésorerie. Une vision globale et chiffrée, de l'apport à la transmission.

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Pas de produit-maison, pas de biais commercial. Vérification de l'éligibilité au report, arbitrage SPFPL ou holding à l'IS, contrôle du remploi 2026 et de l'abus de droit, anticipation de la purge au décès et de la transmission, puis réemploi de la trésorerie (mère-fille, private equity, capitalisation).

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Sources et références légales

  • CGI — le mécanisme du report

    Art. 150-0 B ter CGI (report d'imposition, contrôle III-2°, remploi I, donation IV, déclaration VI). Art. 150-0 B CGI (sursis applicable en l'absence de contrôle, sans purge au décès). Art. 150-0 A et 200 A CGI (plus-value mobilière des particuliers, PFU). Art. 163 quinquies B CGI (fonds FCPR/FPCI/SCR/SLP éligibles, quota 75 %). Art. 167 bis CGI (exit tax). Doctrine : BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60-10, -20, -30 et -40.

  • Le cadre des professions libérales

    Loi n° 90-1258 du 31/12/1990 (sociétés d'exercice libéral et SPFPL). Ordonnance n° 2023-77 du 08/02/2023 (réforme de l'exercice en société des professions libérales réglementées). Art. 145 et 216 CGI (régime mère-fille, IS effectif 1,25 %). Art. 787 B CGI (Pacte Dutreil, cumul possible si holding animatrice). Art. L. 225-147 et R. 225-136 du Code de commerce (commissaire aux apports pour l'apport en nature).

  • Fiscalité 2026 et abus de droit

    LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 : CSG du capital portée à 10,6 %, prélèvements sociaux 18,6 %, PFU 31,4 % sur la plus-value mobilière). LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026 : durcissement de l'apport-cession — remploi 70 %, délai 3 ans, conservation 5 ans, donation 6/11 ans). Art. L. 64 et L. 64 A LPF (abus de droit et mini-abus de droit).

  • Jurisprudence structurante

    CE 24/08/2011 n° 314579 et CE 03/02/2011 n° 329839 (exigence prétorienne de réinvestissement économique, location nue non économique). CE plén. fisc. 13/06/2018 n° 395495 Cofices (holding animatrice). CE 10/07/2019 n° 411474 (rachat de titres patrimonial non économique). CE 29/09/2023 n° 471003 et CE 18/06/2025 n° 492438 (soulte). CE 16/02/2024 n° 472835 (remploi par prise de contrôle).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Tout apport-cession doit faire l'objet d'une étude individualisée (éligibilité du report, choix SPFPL ou holding à l'IS, vérification du contrôle et du remploi, abus de droit, purge au décès, transmission). Les chiffres et taux cités sont à jour au 24 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF/LFSS annuelles, doctrine BOFiP, jurisprudence). La loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026) a modifié le régime de l'apport-cession ; le numéro d'article précis de la disposition modificatrice, ainsi que l'articulation détaillée de l'objet social de la SPFPL par profession (ordonnance n° 2023-77), doivent être vérifiés au cas par cas avec votre conseil. Les hypothèses des cas chiffrés (plus-value approchée par le prix d'apport) sont signalées comme telles et constituent des ordres de grandeur pédagogiques, non une simulation personnalisée.

Foire aux questions

Tout sur l'apport-cession 150-0 B ter en profession libérale SPFPL ou holding IS, contrôle, remploi 2026, purge au décès et déclarations.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous : SEL éligible, SPFPL ou holding à l'IS, taux et délai de remploi 2026, revente au-delà de 3 ans, contrôle de la holding, purge au décès, donation aux enfants, report ou exonération, abus de droit, trésorerie, expatriation et déclarations. Réponses sourcées et à jour 2026.