Mis à jour le 25 juin 2026· Conforme à la LF 2025 (loi n° 2025-127 du 14/02/2025), à la LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026) et à la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025). La CDHR ne fait l'objet d'aucun commentaire BOFiP opposable à ce jour : les montants ci-dessous sont des ordres de grandeur, à recalculer au simulateur officiel.
Chaque automne, le même scénario se rejoue dans les cabinets de spécialistes à hauts revenus. Le rhumatologue, le chirurgien-dentiste, le radiologue ou l'anesthésiste voit son revenu fiscal de référence franchir les 250 000 €, et le téléphone sonne : un Girardin, un FIP, une opération « qui efface l'impôt », dégainés en décembre, dans l'urgence. Mais depuis 2025, un nouveau venu change la donne : la contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR), qui impose un plancher d'imposition de 20 % du RFR (art. 224 CGI).
Voilà ce que personne ne vous dit quand on vous vend un Girardin en décembre : ce n'est pas votre revenu de spécialiste qui vous piège, c'est votre défiscalisation. Tant que votre bénéfice est imposé au barème, votre taux effectif dépasse souvent déjà 20 % et la CDHR est nulle. C'est en faisant chuter votre impôt par une réduction que vous pouvez passer sous le plancher — et voir une partie de l'avantage repris. Conséquence pratique : avant de signer, il faut distinguer ce qui baisse votre assiette (toujours efficace) de ce qui baisse seulement votre impôt (souvent repris).
L'essentiel en 30 secondes
- La CDHR garantit un impôt minimum de 20 % du RFR retraité au-delà de 250 000 € (seul) / 500 000 € (couple), pour les résidents fiscaux français (art. 4 B CGI).
- Être dans le champ ≠ payer: un spécialiste en BNC au barème est souvent au-dessus de 20 %, donc hors d'atteinte — jusqu'à ce qu'une réduction d'impôt fasse chuter son taux.
- Les leviers d'assiette (PER/Madelin, déficit foncier, Monuments Historiques, démembrement) restent efficaces ; les réductions (Girardin, FIP, Pinel) peuvent être reprises.
- Les prélèvements sociaux ne comptent pas dans le test des 20 % : un revenu au PFU « coûte » 31,4 %, mais seuls 12,8 % sont retenus.
La CDHR en 2026 : de quoi parle-t-on, et qui est concerné ?
Le mot « différentielle » n'est pas décoratif. La contribution différentielle sur les hauts revenus ne s'ajoute pas systématiquement à votre impôt : elle vient seulement combler l'écartlorsque votre imposition réelle passe sous un certain plancher. Ce plancher, c'est une imposition minimale de 20 % de votre revenu fiscal de référence retraité (art. 224 CGI). Si votre impôt effectif atteint déjà 20 % de ce RFR, vous ne devez rien au titre de la CDHR ; s'il est en dessous, la contribution rétablit ces 20 %.
À partir de quel revenu suis-je concerné ?
Le champ est délimité par un seuil de RFR : 250 000 € pour un célibataire, veuf ou divorcé, et 500 000 € pour un couple soumis à imposition commune. Deux médecins spécialistes mariés ou pacsés relèvent donc du seuil de 500 000 €. La CDHR ne vise que les résidents fiscaux français(art. 4 B CGI) — c'est une différence importante avec la CEHR, qui frappe aussi les non-résidents sur leurs revenus de source française.
Sur le plan du calendrier juridique, la CDHR a été crééepar l'article 10 de la loi de finances 2025 (loi n° 2025-127 du 14 février 2025, non censurée par le Conseil constitutionnel, décision n° 2025-874 DC du 13 février 2025), puis reconduitepar la loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026, non censurée par la décision n° 2026-901 DC du 19 février 2026). Cette reconduction est expressément liée au maintien d'un déficit du budget général de l'État supérieur à 3 % du PIB : sa pérennité au-delà de 2026 reste donc conditionnelle.
Être dans le champ n'est pas payer
Pour le mécanisme général appliqué à toutes les professions libérales, voyez notre guide complet de la CDHR pour les professions libérales et, pour le détail réglementaire, le mécanisme détaillé de la CDHR 2026.
Pourquoi un médecin en BNC au barème est souvent hors champ
Pour la majorité des spécialistes, ce qui suit est plutôt une bonne nouvelle. Le bénéfice non commercial « pur », déclaré au réel, est imposé au barème progressifde l'impôt sur le revenu (art. 197 CGI), dont la tranche supérieure de 45 % s'applique au-delà de 181 917 €de revenu imposable par part. À ce niveau de barème, le taux d'impôt effectif rapporté au RFR dépasse fréquemment 20 %. Résultat : même avec un RFR très élevé, la CDHR ressort souvent à zéro.
La CDHR ne mord pas sur les revenus lourdement imposés au barème : elle mord sur les revenus à faible taux d'impôt sur le revenuqu'on vient ajouter par-dessus. Typiquement, les dividendes d'une SEL encaissés au prélèvement forfaitaire unique (12,8 % d'IR seulement), les plus-values mobilières, ou la cession d'un cabinet. C'est là que le taux global d'imposition peut tomber sous le plancher de 20 %.
Deux profils, deux expositions
Profil BNC pur (médecin libéral classique) : revenu imposé au barème, taux effectif souvent supérieur à 20 % → CDHR généralement nulle, tant que vous ne défiscalisez pas.
Profil SEL à dividendes (médecin en société qui se sert en dividendes) : la part servie au PFU n'est imposée qu'à 12,8 % d'IR → elle tire le taux global vers le bas, et la CDHR peut mordre sur cette fraction.
Retenez le mécanisme : tant que vous laissez votre bénéfice s'imposer normalement, vous dormez tranquille. C'est le jour où vous « effacez » de l'impôt que la trappe se referme — que la baisse vienne d'une réduction (Girardin, FIP) ou d'une rémunération en dividendes. D'où le titre de cette page : c'est avant de défiscaliserqu'il faut vérifier. Pour le détail de la tranche à 45 %, voyez alléger la facture quand on est dans la tranche à 45 %.
Pourquoi vos prélèvements sociaux ne vous protègent pas
Neuf clients sur dix me sortent la même phrase en rendez-vous. « Je paie déjà 31,4 % sur mes dividendes, je suis donc bien au-dessus de 20 % » — c'est faux. Le test des 20 % ne retient que la part impôt sur le revenu: l'IR au barème, la part IR du PFU (12,8 %), la CEHR et certaines majorations. Les prélèvements sociaux sont exclus du calcul.
Or, depuis la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025), les prélèvements sociaux sur le capital coexistent à deux taux : 18,6 % sur les dividendes, les intérêts et les plus-values mobilières, et 17,2 %sur l'assurance-vie et les revenus fonciers nus. Aucun de ces deux taux n'entre dans le test de la CDHR.
31,4 % payés, mais seulement 12,8 % retenus
Pour comprendre la dualité des prélèvements sociaux et son impact sur vos arbitrages, consultez la dualité 17,2 % / 18,6 % des prélèvements sociaux en 2026 et, sur la fiscalité des distributions, les dividendes de SEL et leurs cotisations sociales.
Défiscalisations reprises vs. efficaces : la grille à connaître
En rendez-vous, c'est le tableau que je dessine en premier sur un coin de feuille. Plutôt que de parler vaguement de défisc « neutralisée », il faut classer chaque dispositif selon le mécanisme réel de l'art. 224. Il existe trois familles, et elles ne se comportent pas du tout de la même façon face à la CDHR.
1. Leviers d'ASSIETTE — toujours efficaces
Points forts
- PER / Madelin (art. 154 bis CGI)
- Déficit foncier (art. 156 I-3° CGI)
- Monuments Historiques (art. 156 bis CGI)
- Nue-propriété / démembrement
- Capitalisation en SEL ou SPFPL à l'IS
Points de vigilance
- Ils baissent le RFR lui-même (le dénominateur)
- Donc l'assiette de la CDHR : effet préservé
2. RÉDUCTIONS d'impôt — partiellement reprises
Points forts
- Girardin industriel (199 undecies B, hors part rétrocédée)
- FIP / FCPI (199 terdecies-0 A)
- Pinel, Malraux (199 tervicies), Sofica
Points de vigilance
- Elles baissent l'impôt sans réintégration
- → peuvent faire passer sous 20 % et être reprises
- Vérifier le gain NET post-CDHR avant de signer
La règle d'or quand on est concerné
La troisième famille : les exceptions protégées (dont les dons)
Certaines réductions sont réintégrées au numérateurdu calcul, ce qui préserve leur avantage. C'est notamment le cas des dons : la loi de finances 2026 a expressément ajouté la réduction d'impôt pour dons (art. 200 CGI) à l'impôt déjà payé retenu pour le test des 20 %.
Concrètement, en ajoutant le don au numérateur, le législateur neutralise l'effet de la CDHR sur le don : le donateur conserve le plein bénéfice de sa réduction. Le don reste donc pleinement efficace — au même titre que la part rétrocédée du Girardin(56/66 %), qui n'est pas reprise non plus.
Pour approfondir le premier levier d'assiette, voyez le PER du libéral, premier levier d'assiette, et pour le cadre des réductions, le plafond global des niches fiscales.
Cas chiffré : le spécialiste à 600 000 € qui faisait du Girardin
Dr Hélène, rhumatologue en secteur 2, célibataire, RFR de 600 000 €. Chaque décembre, elle souscrivait un Girardin industriel pour effacer environ 40 000 € d'impôt. Reprenons sa situation à la lumière de la CDHR.
Avant tout Girardin : la CDHR est nulle
Son bénéfice est imposé au barème. Son impôt sur le revenu effectif ressort autour de 41-42 % de son RFR, donc très au-dessus du plancher de 20 %. Résultat : la CDHR est égale à 0 €. Le plancher est largement dépassé, elle n'est pas concernée par la contribution.
Le jour où elle souscrit son Girardin, le piège se referme
Elle souscrit son Girardin et efface ~40 000 € d'IR. Mécaniquement, son taux d'impôt effectif descend. Or la fraction de l'avantage qu'elle conserve(la part non rétrocédée, soit 100 % moins la part rétrocédée, de l'ordre de 44 % / 34 % en miroir des 56 % / 66 % rétrocédés) n'est pas réintégréecomme une exception protégée. Cette baisse d'impôt creuse l'écart au plancher de 20 % — et la CDHR vient en reconstituer une partie.
L'écrêtement du Girardin par la CDHR (ordre de grandeur)
Avant Girardin : IR effectif ≈ 41 % du RFR → CDHR = 0 € Après Girardin : IR effectif chute sous 20 % → CDHR reconstitue l'impôt effacé Effet net : rendement facial 20-35 % → rendement réel ≈ 10-17 %
- Part rétrocédée (non reprise) :≈ 56 % / 66 % selon le programme
- Part conservée (exposée à la CDHR) :≈ 44 % / 34 %
Ordres de grandeur pédagogiques. La part rétrocédée (dix derniers alinéas de l'art. 199 undecies B) reste acquise ; seule la fraction conservée est neutralisée.
Vérifier le gain NET avant de signer
Note de méthode sur les projections
Pour chiffrer le rendement d'un Girardin et ses risques, voyez chiffrer le rendement réel d'un Girardin industriel et les risques du Girardin industriel.
Les leviers qui restent efficaces pour un spécialiste concerné
Si vous êtes effectivement redevable de la CDHR, la stratégie est claire : agir sur l'assiette. Voici les leviers qui baissent le RFR retraité lui-même, donc le dénominateur du calcul, et qui ne sont pas repris.
Le PER et le Madelin (art. 154 bis CGI)
La plupart de nos clients spécialistes commencent par là, et c'est justifié. Le plafond TNS vaut 10 % du bénéfice imposable (dans la limite de 8 PASS) majoré de 15 % de la fraction de bénéfice comprise entre 1 et 8 PASS. Avec un PASS 2026 à 48 060 €, le plancher est de 4 806 € et le maximum atteint 88 911 € (pour un bénéfice ≥ 384 480 €). Le versement déductible baisse le bénéfice imposable, donc le RFR : il peut faire sortir du champ ou ramener en zone de décote. Le retraitement explicite du versement dans le calcul CDHR reste à confirmer au simulateur officiel, la FAQ ne le tranchant pas formellement.
Une nuance selon votre structure : le médecin qui exerce en nom propre ou en SELARL relève du plafond TNS de l'art. 154 bis CGI(PER « Madelin »), tandis que le gérant de SELAS, assimilé salarié, déduit ses versements au titre de l'art. 163 quatervicies CGI(PER de droit commun). Les deux enveloppes baissent le RFR ; le calcul du plafond et son articulation avec un plan d'entreprise diffèrent, ce qui mérite un point précis selon votre statut — voir notre comparatif SELARL ou SELAS pour un médecin spécialiste.
La capitalisation en SEL et la SPFPL
Le bénéfice laissé dans une SEL à l'IS (15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 % — art. 219 CGI) ne remonte pas dans votre RFR personnel : il est hors champ de la CDHR tant qu'il n'est pas distribué. Via une SPFPL, les remontées de dividendes bénéficient du régime mère-fille (exonération de 95 %, quote-part de 5 % — art. 145 et 216 CGI), soit une friction d'environ 1,25 %. Un point que les médecins oublient souvent : la fraction de dividendes de SEL excédant 10 % du capital social, des primes d'émission et des sommes versées en compte courant reste assujettie aux cotisations TNS (art. L. 131-6 CSS ; Cass. 2e civ. 19 octobre 2023, n° 21-20.366).
Le déficit foncier et les Monuments Historiques
Le déficit foncier (art. 156 I-3° CGI) s'impute sur le revenu global à hauteur de 10 700 €par an (21 400 € pour la rénovation énergétique d'une passoire, sous réserve de prorogation), hors plafond des niches. Plus puissant encore face à la CDHR : les Monuments Historiques(art. 156 bis CGI), qui permettent de déduire 100 % des charges et travaux du revenu global, sans plafond. C'est le bon outil immobilier ici, là où le Malraux n'est qu'une réduction d'impôt susceptible d'être reprise.
| Levier | Article | Effet sur le RFR | Repris par la CDHR ? |
|---|---|---|---|
| PER / Madelin | 154 bis CGI | Baisse le bénéfice imposable | Non (levier d'assiette) |
| Capitalisation en SEL | 219 CGI | Bénéfice non distribué hors RFR | Non |
| SPFPL / mère-fille | 145 & 216 CGI | Remontée exonérée à 95 % | Non |
| Déficit foncier | 156 I-3° CGI | −10 700 € / −21 400 € sur le revenu global | Non |
| Monuments Historiques | 156 bis CGI | Déduction 100 % des travaux, sans plafond | Non |
| Démembrement (nue-propriété) | — | Zéro revenu pendant le démembrement | Non |
Quel levier d'assiette pour sortir du champ de la CDHR ?
PER, capitalisation en SEL, Monuments Historiques, démembrement : la bonne combinaison n'est pas la même pour un radiologue en SELAS à 700 000 € et un dermatologue en BNC à 280 000 €. Un CGP certifié ORIAS construit votre plan, chiffré et testé au simulateur officiel.
Pour aller plus loin : placer la trésorerie de sa SEL sans gonfler son RFR et la SPFPL du médecin spécialiste pour capitaliser sans frottement. Le détail du PER est dans notre guide complet du plan d'épargne retraite.
CDHR + CEHR : payez-vous les deux ?
Les deux contributions portent sur les hauts revenus, mais ne se confondent pas. La CEHR (art. 223 sexies CGI) est une surtaxe permanente : 3 % de la fraction de RFR comprise entre 250 000 et 500 000 € (puis 4 % au-delà) pour un célibataire ; 3 % de 500 000 à 1 000 000 € (puis 4 % au-delà) pour un couple. Elle frappe aussi les non-résidents sur leurs revenus de source française et dispose de son propre système de quotient.
La CDHR (art. 224 CGI) est, elle, conjoncturelle et différentielle. Son articulation avec la CEHR est simple : la CEHR déjà acquittée est intégrée à l'impôt comparé au plancherde 20 % (elle vient au numérateur du calcul). Il n'y a donc pas de double comptage, mais une addition économique : vous payez toujours la CEHR, et la CDHR ne s'ajoute que si votre taux global reste inférieur à 20 %.
| Critère | CEHR (art. 223 sexies) | CDHR (art. 224) |
|---|---|---|
| Nature | Surtaxe additionnelle | Imposition minimale différentielle |
| Taux | 3 % puis 4 % | Comble l'écart jusqu'à 20 % du RFR |
| Seuils (seul) | 250 000 € / 500 000 € | 250 000 € |
| Seuils (couple) | 500 000 € / 1 000 000 € | 500 000 € |
| Non-résidents | Oui (revenus de source FR) | Non (résidents 4 B uniquement) |
| Caractère | Permanente | Reconduite tant que déficit > 3 % du PIB |
Un cadrage constitutionnel, pas une jurisprudence CDHR
Pour le comparatif détaillé des deux contributions, voyez le comparatif CEHR / CDHR en détail.
L'année de cession du cabinet : l'année à surveiller
L'année où vous cédez votre patientèle ou votre cabinet est l'année la plus sensible. La plus-value de cession est un revenu exceptionnel : elle ne gonfle le revenu retraité de la CDHR que pour le quart (25 %)de son montant — un atténuateur précieux, mais qui n'efface pas le risque. C'est d'autant plus l'année à surveiller que la plus-value relève souvent d'une imposition à faible taux d'IR.
Activer les exonérations en amont
La meilleure parade consiste à sortir la plus-value de l'assiette grâce aux exonérations de plus-value professionnelle, qu'il faut anticiper. Le choix du bon article dépend de la nature et du montant de la cession.
Si vous cédez en exercice individuel avec des recettes modérées, l'art. 151 septies CGIjoue en premier : exonération totale pour un BNC dont les recettes n'excèdent pas 90 000 €, dégressive jusqu'à 126 000 €. Pour une cession plus lourde, c'est l'art. 238 quindecies CGIqui devient le levier pivot du spécialiste vendant sa patientèle : exonération totale en dessous de 500 000 € de valeur cédée, dégressive jusqu'à 1 000 000 €. Et si vous partez à la retraite, deux outils s'ajoutent : l'art. 151 septies A CGIsur la cessation d'activité, et, pour une cession de titres de société, l'art. 150-0 D ter CGIavec son abattement fixe de 500 000 €. Ce dernier a un avantage que les autres n'ont pas face à la CDHR : il est retiré du revenu retraitéqui sert d'assiette à la contribution, et pas seulement de l'impôt.
Cas — Dr Karim, chirurgien, cession de patientèle à 450 000 €
Pour préparer la cession, voyez anticiper la plus-value de cession de son cabinet et, pour le report d'apport-cession, l'apport-cession et le report de l'art. 150-0 B ter.
L'acompte de 95 % en décembre : l'estimer sans se faire majorer
Surprise pour beaucoup : vous ne payez pas la CDHR l'année suivante avec votre impôt, mais en grande partie d'avance, dès décembre. Vous devez verser un acompte de 95 % de la CDHR estimée, entre le 1er et le 15 décembre, depuis votre espace personnel (rubrique liée au prélèvement à la source). La base se compose des revenus déjà réalisés au 1er décembre, complétés d'une estimation jusqu'au 31 décembre. L'acompte s'impute ensuite sur la contribution définitive, et tout excédent vous est restitué l'été suivant.
La majoration de 20 % et la bonne foi
Une majoration de 20 %sanctionne les sous-estimations importantes (au-delà d'un écart de 20 % avec le montant réellement dû). Selon la position exprimée par l'administration dans sa FAQ — qui n'est pas un texte opposable —, les erreurs de bonne foi ne sont pas sanctionnées. L'enjeu est donc de documenter une estimation sérieuse, pas de viser le montant au centime près.
Checklist de novembre pour le médecin spécialiste
- Estimez dès novembre, sans attendre le 15 décembre.
- Intégrez les dividendes, plus-values et rachatsde fin d'année, souvent oubliés.
- Tenez compte de l'irrégularité de vos honoraires (dépassements secteur 2, gardes, actes ponctuels).
- Surestimez prudemment : le trop-versé est restitué, la sous-estimation peut être majorée.
- Calez le chiffre avec votre expert-comptable au bilan de novembre.
Exemple — le bon réflexe de décembre
Pour la mécanique complète de l'acompte et son articulation avec le prélèvement à la source, voyez notre guide pilier de la CDHR pour les professions libérales.
Optimiser sans franchir la ligne
Réduire l'assiette de la CDHR par un PER, un déficit foncier ou un Monument Historique est parfaitement légal : ce sont des dispositifs voulus par le législateur. Mais la frontière de l'optimisation s'arrête à l'abus de droit (art. L. 64 et L. 64 A du Livre des procédures fiscales) : un montage dépourvu de substance économique, motivé par le seul but fiscal, s'expose à la requalification. En cas de doute sur un schéma, le rescrit fiscal(art. L. 80 B LPF) permet de sécuriser sa position auprès de l'administration en amont.
Reste une question que tous les médecins posent : leur secteur ou leur caisse de retraite change-t-il quelque chose ? Non — la CDHR ignore l'un comme l'autre. La contribution ne dépend ni de votre secteur (1 ou 2) ni de votre caisse de retraite: elle se calcule sur votre RFR, point. La permanence des soins en zone sous-dense (art. 151 ter CGI) ou l'exonération de TVA des actes médicaux (art. 261-4-1° CGI) n'interfèrent pas avec elle. L'optimisation reste, dans tous les cas, à mener dans le respect de votre déontologie professionnelle.
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Pour replacer la CDHR dans votre stratégie globale, voyez les stratégies de défiscalisation adaptées au médecin spécialiste et le guide pilier de la CDHR pour les professions libérales.


Comment la CDHR se calcule, concrètement
Tout se résume à une soustraction. La CDHR est égale à la différence — si elle est positive — entre 20 % de votre RFR retraité et l'impôt sur le revenu que vous avez déjà acquitté (au sens étroit du test). Le diable est dans le détail de ces deux termes : c'est là que se joue ce que vous paierez vraiment.
La logique différentielle de la CDHR (art. 224 CGI)
Ordre de grandeur pédagogique : aucun BOFiP n'encadre encore le calcul, à confirmer au simulateur officiel impots.gouv.fr.
Le dénominateur : un RFR « retraité »
Le revenu de référence n'est pas exactement le RFR de l'art. 1417 IV CGI. Il est retraité: pris sans application du quotient, puis diminué de certains éléments (notamment l'abattement fixe du dirigeant retraité, les plus-values placées en report d'apport-cession, certaines exonérations). Surtout, les revenus exceptionnels — ceux qui dépassent la moyenne des trois années précédentes, comme une plus-value de cession de cabinet — ne sont retenus que pour le quart (25 %)de leur montant. Cette mécanique du quart est essentielle l'année d'une cession (voir section 9).
La décote pour lisser l'entrée dans le dispositif
Pour éviter un effet de seuil brutal, l'art. 224 prévoit une décote. Lorsque le RFR retraité est compris entre le seuil et 330 000 € (seul) ou 660 000 € (couple), la contribution est réduite d'un montant égal à 82,5 % de la différenceentre ce RFR et le seuil de 250 000 / 500 000 €. Au-delà de ces plafonds, la décote s'éteint et la CDHR joue à plein.
Un exemple de décote (cas type DGFiP)
Pour le détail de l'assiette de départ, voyez comment se calcule votre revenu fiscal de référence.