Préparez votre transmission avec un expert succession
Donation, démembrement, testament, Dutreil, clause bénéficiaire et stratégie familiale : nous bâtissons une transmission cohérente avec vos objectifs.
Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet
Quentin Hagnéré
CGP indépendant spécialisé en transmission patrimoniale
Quentin Hagnéré accompagne familles, dirigeants et retraités sur la donation, la succession, le démembrement, les clauses bénéficiaires et la coordination avec les notaires et experts-comptables.
Sommaire
- 1. Recevoir 1 M€ : agir avec méthode, sans urgence
- 2. Comprendre ce que vous avez reçu
- 3. Votre objectif : transmettre à votre tour
- 4. La logique des 4 poches au service de la transmission
- 5. Les enveloppes de transmission
- 6. Trois allocations selon votre profil
- 7. Fiscalité 2026 de la transmission
- 8. Exemple chiffré sur 1 M€
- 9. Anticiper sa propre succession : les bons réflexes
- Sources, mentions et disclaimer
Publié le 23 juin 2026 · Mis à jour le 23 juin 2026 · Temps de lecture : 14 min · Par Quentin Hagnéré, CGP (conseiller en gestion de patrimoine) CIF / COA / COBSP, enregistré à l'ORIAS.
1. Vous avez reçu 1 M€ au décès de votre conjoint : agir avec méthode et sans urgence
Perdre son conjoint bouleverse tout. Au chagrin s'ajoute, dans les mois qui suivent, une réalité matérielle : vous vous retrouvez, souvent du jour au lendemain, à la tête d'un capital d'environ 1 million d'euros — assurance-vie dénouée à votre profit, part de communauté, biens en pleine propriété ou en usufruit. La première chose à savoir est rassurante : vous n'êtes pas pressé(e). Aucune décision d'investissement n'a à être prise dans l'urgence du deuil.
Pour un conjoint survivant, l'enjeu n'est pas de prendre du risque. C'est d'organiser: sécuriser votre confort de vie aujourd'hui, puis préparer sereinement la transmission de ce capital à vos enfants demain, dans les meilleures conditions fiscales. Ce guide est construit autour de cette double logique. Si votre seule question est de savoir comment placerce capital pour le faire fructifier, consultez d'abord notre guide investir 1 million d'euros en 2026 ; ici, nous ajoutons la couche transmission, propre à votre situation de conjoint survivant.
Placer 1 M€ ou organiser sa transmission : deux guides complémentaires
Ce guide se concentre sur la transmission: comment structurer les enveloppes et la propriété pour que le capital passe à vos enfants au meilleur coût fiscal, tout en vivant sereinement. Si vous cherchez d'abord l'allocationet le rendement d'un million d'euros, sans la dimension conjoint survivant, notre guide investir 1 million d'euros détaille les classes d'actifs et les enveloppes. Les deux se lisent ensemble : l'un répond au « combien ça rapporte », celui-ci au « comment je transmets ».
À propos de l'auteur
Quentin Hagnéré
Conseiller en Gestion de Patrimoine — fondateur de Hagnéré Patrimoine
Quentin Hagnéré et son équipe accompagnent chaque année plus de 400 clients particuliers, dont de nombreux conjoints survivants confrontés à la réorganisation d'un capital reçu. Le cabinet applique une méthodologie CGP conforme MIF II / DDA, avec rapport écrit opposable.
En 60 secondes
- Pour vous, aucun droit : le conjoint survivant (et le partenaire de PACS) est totalement exonéré de droits de succession, sans plafond.
- Le vrai sujet : votre propre transmission aux enfants, qui, eux, seront taxés un jour.
- Le pivot : la fenêtre des 70 ans pour l'assurance-vie (152 500 € par bénéficiaire avant, 30 500 € global après).
- La méthode : 4 poches (sécurité, revenu, croissance, illiquide), la sécurité d'abord.
- Risque principal : tout investissement comporte un risque de perte en capital ; les chiffres ci-dessous sont illustratifs et non garantis.
Avertissement
Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. La fiscalité mentionnée dépend de votre situation individuelle (régime matrimonial, nombre d'enfants, contrats détenus). Pour une analyse adaptée à votre cas, sollicitez un bilan patrimonial personnalisé. Tout investissement comporte un risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures.
2. Comprendre ce que vous avez reçu : assurance-vie, communauté, usufruit, pleine propriété
Avant de placer quoi que ce soit, il faut savoir à quel titrevous détenez chaque euro. Un capital de 1 million d'euros reçu au décès du conjoint n'est presque jamais homogène : il mélange des origines juridiques différentes, qui n'obéissent pas aux mêmes règles. Le notaire chargé de la succession établit cette cartographie ; la comprendre vous évite des erreurs de stratégie.
| Origine du capital | Ce que cela signifie | Implication pour vous |
|---|---|---|
| Assurance-vie dénouée | Vous êtes bénéficiaire désigné ; le capital est hors succession | Capital reçu en exonération : le conjoint (ou partenaire de PACS) bénéficiaire est exonéré de 990 I et de 757 B |
| Part de communauté | La moitié des biens communs vous revenait déjà de plein droit | C'était déjà votre patrimoine, pas un héritage à proprement parler |
| Pleine propriété (succession) | Vous héritez en toute propriété de certains biens | Exonéré de droits, mais ces biens entreront dans VOTRE succession |
| Usufruit | Vous percevez les revenus et l'usage ; les enfants ont la nue-propriété | Vous profitez du bien ; il passera aux enfants sans droits à votre décès |
Cette distinction n'est pas théorique. Ce que vous détenez en usufruitpassera automatiquement et sans droits à vos enfants nus-propriétaires à votre décès (art. 1133 du CGI) : inutile d'organiser sa transmission, elle est déjà réglée. À l'inverse, ce que vous recevez en pleine propriétéentrera dans votre propre succession et sera taxé chez vos enfants — c'est sur cette part que se concentre tout le travail d'organisation. Pour approfondir l'ensemble des droits qui vous reviennent, voyez notre guide succession du conjoint survivant.
Le conjoint survivant : un statut fiscal très protecteur
Avant même de parler placement, un élément conditionne toute la suite : le conjoint survivant ne paie aucun droit de succession. Depuis la loi TEPA du 21 août 2007 (codifiée à l'article 796-0 bis du CGI), le conjoint marié et le partenaire de PACS sont totalement exonérés, sans aucun plafond. Que vous receviez 200 000 € ou 5 millions, vous ne devez rien au fisc sur cet héritage.
L'exonération du conjoint en clair
- Conjoint marié : exonération totale, sans plafond (CGI art. 796-0 bis).
- Partenaire de PACS : même exonération totale.
- Concubin (union libre) : aucune protection, taxation à 60 % — d'où l'importance de l'assurance-vie et d'un testament dans ce cas.
- Conséquence : le capital arrive intact chez vous. Le coût fiscal est simplement reporté à votre propre succession, au profit de vos enfants.
Ce statut protecteur joue en votre faveur, mais il endort souvent la vigilance : on se dit qu'il n'y a « rien à faire ». En réalité, tout l'impôt évité chez vous se retrouvera, démultiplié, chez vos enfants si vous ne préparez rien. D'où la suite de ce guide.
3. Votre objectif : transmettre à votre tour dans de bonnes conditions
Posons clairement la cible. Pour un conjoint survivant qui reçoit 1 million d'euros, l'objectif patrimonial se décline en deux temps. Aujourd'hui :conserver son niveau de vie, disposer d'un revenu complémentaire régulier et d'une réserve de sécurité, sans stress. Demain : faire en sorte que ce capital arrive à vos enfants avec un coût fiscal minimal et sans conflit. Ces deux objectifs ne s'opposent pas : ils se hiérarchisent dans le temps.
La différence avec une simple démarche de placement est précisément là. On ne cherche pas à maximiser le rendement à tout prix, mais à structurer les enveloppes et la propriété pour que la transmission se fasse en douceur. Trois leviers reviennent systématiquement dans un dossier de conjoint survivant.
Les 3 leviers de la transmission organisée
- 1. L'assurance-vie alimentée avant 70 ans — chaque bénéficiaire profite d'un abattement de 152 500 € (art. 990 I). C'est le pivot du dispositif.
- 2. Les donations dans la limite des abattements — 100 000 € par enfant tous les 15 ans (art. 779), idéalement en nue-propriété pour réduire l'assiette.
- 3. Le démembrement de propriété — transmettre la nue-propriété aujourd'hui (assiette réduite selon votre âge, art. 669) en conservant l'usufruit et donc les revenus.
Ces trois leviers ne s'activent pas tous le premier jour. Ils se déploient dans le temps, au rythme de votre situation et de votre âge. C'est ce que traduit la méthode des 4 poches, appliquée ici à un objectif de transmission.
4. La logique des 4 poches au service de la transmission
La méthode des 4 poches répartit le capital selon sa fonction, pas selon un produit. Chaque euro reçoit une mission précise : vous sécuriser, vous verser un revenu, faire croître la part destinée aux enfants, ou se valoriser sur le long terme. Pour un conjoint survivant orienté transmission, la pondération penche vers la sécurité et le revenu — la croissance et l'illiquide restant mesurés à ce niveau de patrimoine.
Poche Sécurité : conserver votre confort de vie
C'est la poche prioritaire. Elle représente votre tranquillité : de quoi couvrir plusieurs années de train de vie sans jamais avoir à vendre au mauvais moment. On y loge des fonds euros en assurance-vie (disponibles à tout moment, capital garanti à hauteur des conditions du contrat) et des fonds obligataires datés, dont le portage jusqu'à maturité donne une visibilité rassurante. Référence illustrative 2026 : fonds euros autour de 2,6 % net, non garanti.
Poche Revenu : un complément pour vivre sereinement
Cette poche verse un complément régulier pour maintenir votre niveau de vie. On y trouve des SCPI européennes logées en assurance-vie (référence illustrative ~4,7 à 4,9 %, non garantie) et, selon le profil, des produits structurés à coupon avec protection partielle, ou un peu de dette privéeen contrat de capitalisation. L'idée est de transformer une partie du capital en flux réguliers, sans toucher au principal destiné à être transmis.
Poche Croissance : valoriser le capital pour les héritiers
Ici, l'horizon est long : c'est la part qui travaille pour vos enfants. On y loge des ETF actions monde (MSCI World) et S&P 500, idéalement dans l'enveloppe assurance-vie pour combiner croissance et cadre de transmission favorable. Cette poche accepte la volatilité parce que son horizon dépasse souvent celui de votre propre consommation : elle est, par construction, tournée vers la génération suivante. Risque de perte en capital.
Poche Illiquide : une part mesurée à 1 M€
À 1 million d'euros, la poche illiquide reste modérée — de l'ordre de 5 à 20 % selon votre profil et votre horizon. On y trouve surtout la nue-propriété de SCPI — outil de transmission par excellence, puisque la pleine propriété se reconstitue mécaniquement — et, pour les profils les plus dynamiques, un peu de private equity réparti par millésimes (référence illustrative ~11 % par an net moyen, forte dispersion, non garanti). Contrairement aux family offices à 5 ou 10 M€, on ne cherche pas ici à pousser cette poche : la liquidité et la lisibilité priment.
| Poche | Rôle | Classes d'actifs et enveloppes typiques | Part indicative à 1 M€ |
|---|---|---|---|
| Sécurité | Train de vie, réserve | Fonds euros AV, obligataire daté | 25 à 50 % |
| Revenu | Complément régulier | SCPI européennes en AV, structurés, dette privée en capitalisation | 20 à 30 % |
| Croissance | Valoriser pour les enfants | ETF actions monde / S&P 500 en AV | 15 à 35 % |
| Illiquide | Transmission long terme | Nue-propriété de SCPI, private equity | 5 à 20 % |
Vous avez reçu un capital au décès de votre conjoint ?
On commence par sécuriser votre train de vie, puis on prépare la transmission à vos enfants — dans cet ordre, à votre rythme. Bilan patrimonial sans engagement.
5. Les enveloppes de transmission : assurance-vie, contrat de capitalisation, SCI, démembrement
Au-delà des classes d'actifs, ce sont les enveloppes qui font la différence en transmission. Quatre outils se complètent, chacun avec sa logique propre.
Assurance-vie
Points forts
- Régime de faveur au décès (art. 990 I avant 70 ans)
- 152 500 € d'abattement par bénéficiaire
- Clause bénéficiaire libre, modifiable, démembrable
- PS 17,2 % sur les gains (et non 18,6 %)
Points de vigilance
- Régime 757 B moins favorable après 70 ans
- Fraction immobilière (SCPI / UC immo) dans l'assiette IFI
Contrat de capitalisation
Points forts
- Se donne ou se transmet en conservant l'antériorité
- Donation en nue-propriété possible (décote)
- Détenable aussi par une personne morale
Points de vigilance
- Pas de régime 990 I : DMTG de droit commun au décès
- Entre dans la succession
Démembrement / nue-propriété
Points forts
- Assiette taxable réduite selon l'âge (art. 669)
- Reconstitution sans droits à l'extinction (art. 1133)
- Nue-propriété hors assiette IFI
Points de vigilance
- Irréversible une fois la donation consentie
- Nécessite une rédaction soignée et un conseil
SCI familiale (optionnelle à 1 M€)
Points forts
- Transmission progressive des parts en démembrement
- Gestion facilitée d'un actif immobilier à plusieurs
Points de vigilance
- Formalisme, comptabilité, coût de fonctionnement
- Surtout utile au-delà de 1 M€ ou avec immobilier
L'assurance-vie après 70 ans et avant 70 ans : deux régimes à connaître
C'est le point technique le plus important pour vous. La fiscalité de l'assurance-vie au décès ne dépend pas de l'âge du contrat, mais de l'âge auquel vous avez versé les primes. D'où l'intérêt, quand vous recevez un capital, d'alimenter votre assurance-vie tant que vous avez moins de 70 ans.
| Critère | Versements avant 70 ans (art. 990 I) | Versements après 70 ans (art. 757 B) |
|---|---|---|
| Abattement | 152 500 € par bénéficiaire | 30 500 € global (tous bénéficiaires) |
| Taxation au-delà | 20 % jusqu'à 700 000 €, puis 31,25 % | Droits de succession sur les primes seules |
| Sort des gains | Inclus dans l'assiette taxable | Totalement exonérés |
| Idéal pour | Constituer un capital transmissible | Compléter, en jouant sur l'exonération des gains |
Le bon réflexe avant 70 ans
Si vous avez moins de 70 ans, redéployer une partie du capital reçu vers une assurance-vie maintenantpermet à chacun de vos enfants de bénéficier de l'abattement de 152 500 €. Passé 70 ans, les nouveaux versements basculent sous le régime 757 B : moins favorable sur les primes, mais avec un avantage notable — les gains ultérieurs restent totalement exonérés. Les deux régimes peuvent coexister sur un même contrat.
Aller plus loin sur les enveloppes de transmission
Chaque outil mérite un approfondissement avant d'être mis en place. Pour la clause bénéficiaire à deux étages, voyez le quasi-usufruit et sa créance de restitution ; pour transmettre une enveloppe en gardant son ancienneté fiscale, la donation de la nue-propriété d'un contrat de capitalisation ; et pour la mécanique d'ensemble, notre guide démembrement de propriété. La rédaction de ces clauses se fait toujours avec un conseil : une formulation imprécise peut annuler le bénéfice fiscal recherché.
6. Trois allocations selon votre profil
Il n'existe pas une seule bonne répartition. Trois variables décident du dosage : votre âge, le poids de vos autres revenus, et le niveau de baisse que vous supportez sans paniquer. Voici trois allocations indicatives d'un capital de 1 million d'euros, du plus prudent au plus dynamique. Les rendements cités sont illustratifs, non garantis, avec risque de perte en capital.
Comment lire ces trois profils
Ces allocations ne sont pas des recommandations : ce sont trois points de comparaisonqui montrent comment la part de sécurité fond et celle de croissance grossit quand on accepte plus de risque. Les cibles de rendement (3 %, 5 %, 7 %+) s'entendent selon le profil et l'horizon, nettes de frais mais avant fiscalité, et restent des hypothèses : le rendement réel dépend des marchés et le risque de perte en capital demeure. À 67 ans avec un objectif de transmission, on penche naturellement vers le prudent ou l'équilibré ; un conjoint survivant plus jeune, avec d'autres ressources, peut assumer le profil dynamique. Une allocation que vous ne comprenez pas, vous la vendez au pire moment : mieux vaut un portefeuille simple tenu dix ans qu'un montage sophistiqué abandonné au premier krach.
Profil prudent — cible autour de 3 % net
Pour un conjoint survivant prudent dont l'objectif est de transmettre, la sécurité et la lisibilité priment. La poche Sécurité représente 50 % du million (0,5 M€) : fonds euros en assurance-vie, disponibles à tout moment, et fonds obligataires datés dont le portage donne une visibilité rassurante. La poche Revenu pèse 30 % (0,3 M€) : SCPI européennes en assurance-vie et produits structurés à coupon avec protection partielle, qui versent un complément régulier. La poche Croissance se limite à 15 % (0,15 M€) en ETF actions monde logés en assurance-vie, pour que le capital destiné aux enfants continue de croître. La poche Illiquide reste à 5 % (0,05 M€) en nue-propriété de SCPI. L'assurance-vie reste le pivot : alimentée avant 70 ans, elle bénéficie de l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire.
Profil équilibré — cible autour de 5 % net
Le profil équilibré cherche à la fois confort de vie et valorisation transmissible. La poche Sécurité descend à 40 % (0,4 M€) : fonds euros et obligataire daté en assurance-vie. La poche Revenu représente 30 %(0,3 M€) : SCPI européennes en assurance-vie et un peu de dette privée en contrat de capitalisation, ce dernier présentant l'avantage de se transmettre en conservant son antériorité fiscale. La poche Croissance monte à 20 %(0,2 M€) : ETF actions monde et S&P 500 en assurance-vie. La poche Illiquide atteint 10 %(0,1 M€) : nue-propriété de SCPI et un fonds de private equity. Une SCI familiale peut détenir un actif immobilier afin d'organiser une transmission progressive des parts en démembrement.
Profil dynamique — cible 7 % et plus
Pour un conjoint survivant encore relativement jeune ou disposant d'autres ressources, le profil dynamique privilégie la valorisation du capital à transmettre. La poche Sécurité se réduit à 25 %(0,25 M€), surtout fonds euros et un peu d'obligataire daté. La poche Revenu représente 20 %(0,2 M€) : SCPI européennes et dette privée en contrat de capitalisation, flux réinvestis tant qu'ils ne sont pas nécessaires. La poche Croissance domine à 35 %(0,35 M€) : ETF actions monde et S&P 500 logés en assurance-vie et compte-titres. La poche Illiquide atteint 20 %(0,2 M€) : private equity réparti par millésimes et nue-propriété de SCPI. Le démembrement (donation de la nue-propriété aux enfants) réduit l'assiette taxable à terme tout en conservant les revenus de l'usufruit.
| Poche | Prudent (~3 %) | Équilibré (~5 %) | Dynamique (~7 %+) |
|---|---|---|---|
| Sécurité | 50 % — 0,5 M€ | 40 % — 0,4 M€ | 25 % — 0,25 M€ |
| Revenu | 30 % — 0,3 M€ | 30 % — 0,3 M€ | 20 % — 0,2 M€ |
| Croissance | 15 % — 0,15 M€ | 20 % — 0,2 M€ | 35 % — 0,35 M€ |
| Illiquide | 5 % — 0,05 M€ | 10 % — 0,1 M€ | 20 % — 0,2 M€ |
| Cible nette indicative | ~3 % net | ~5 % net | ~7 %+ net |
Avec l'âge, la priorité se déplace de la croissance vers la structuration successorale : donations en nue-propriété, clauses bénéficiaires soigneusement rédigées, et purge progressive du capital valorisé par des donations profitant des abattements renouvelables tous les 15 ans. Pour comparer avec un patrimoine plus élevé, voyez notre guide veuvage : réorganiser 2 millions, où la poche illiquide et la SCI prennent davantage de place.
7. Fiscalité 2026 de la transmission au conjoint survivant et aux enfants
Récapitulons les règles fiscales 2026 qui encadrent votre situation, de votre côté (conjoint survivant) comme de celui de vos enfants (transmission ultérieure).
| Dispositif | Règle 2026 | Référence |
|---|---|---|
| Succession au conjoint / PACS | Exonération totale, sans plafond | CGI art. 796-0 bis (loi TEPA) |
| Donation aux enfants | Abattement 100 000 € par parent et par enfant, tous les 15 ans | CGI art. 779 et 784 |
| AV — primes avant 70 ans | 152 500 € par bénéficiaire, puis 20 % jusqu'à 700 000 €, 31,25 % au-delà | CGI art. 990 I |
| AV — primes après 70 ans | 30 500 € global, droits sur les primes, gains exonérés | CGI art. 757 B |
| Contrat de capitalisation | Transmis par donation/succession en conservant l'antériorité ; DMTG de droit commun | Droit commun des mutations |
| Démembrement | Nue-propriété transmise avec assiette réduite selon l'âge de l'usufruitier | CGI art. 669 et 1133 |
| Prélèvements sociaux | 17,2 % sur AV / capitalisation / foncier ; 18,6 % sur dividendes / PV mobilières / PEA / PER | LFSS 2026 (loi 2025-1403) |
Veuve seule : 100 000 € par enfant, pas 200 000 €
Erreur fréquente : l'abattement de 100 000 € en ligne directe est par parent. Du vivant des deux parents, chaque enfant pouvait recevoir 200 000 € sans droits (100 000 € de chacun). Devenu(e) parent unique, vous ne disposez plus que de votreabattement de 100 000 € par enfant, tous les 15 ans. Cela rend d'autant plus précieuse l'assurance-vie (152 500 € par bénéficiaire) et le démembrement, qui s'ajoutent à cet abattement de donation.
Notez aussi le point IFI : si votre patrimoine immobilier net taxable dépasse 1,3 M€, vous êtes redevable de l'impôt sur la fortune immobilière. La fraction immobilière de votre assurance-vie (SCPI, UC immobilières) entre dans l'assiette (art. 972 CGI), mais la nue-propriétéen sort temporairement — un levier d'allègement étudié dans notre guide optimisation de l'IFI.
8. Exemple chiffré sur 1 M€
Cas de Mme D., 67 ans (illustratif)
Mme D., 67 ans, reçoit 1 million d'euros au décès de son mari, dont une partie en assurance-vie. Profil équilibré, objectif : transmettre à ses deux enfants. Répartition retenue avec son conseiller : 0,4 M€ en Sécurité (fonds euros + obligataire daté), 0,3 M€ en Revenu (SCPI européennes + dette privée), 0,2 M€ en Croissance (ETF monde en assurance-vie), 0,1 M€ en Illiquide (private equity + nue-propriété de SCPI).
Comme Mme D. a moins de 70 ans, elle redéploie une partie du capital vers son assurance-vie avant 70 ans. Résultat : au dénouement, chacun de ses deux enfants bénéficiera de l'abattement de 152 500 €, soit 305 000 € transmis en franchisepar cette seule enveloppe — auxquels s'ajouteront ses abattements de donation et le démembrement.
Capital transmis en franchise via l'assurance-vie (avant 70 ans)
152 500 € x 2 enfants = 305 000 € hors droits + donation : 100 000 € par enfant tous les 15 ans + démembrement : assiette réduite selon l'âge (art. 669)
Illustratif. L'abattement de 152 500 € s'apprécie par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans (art. 990 I). Les leviers se cumulent.
Côté revenus, avec une hypothèse de 5 % netsur le million, l'allocation génère de l'ordre de 50 000 € de performance théorique annuelle, en partie consommée pour le train de vie de Mme D., en partie capitalisée pour ses héritiers. Ces chiffres sont illustratifs et non garantis : le rendement réel dépend des marchés, et le risque de perte en capital existe.
Mini-cas : donation de nue-propriété (illustratif)
Actif donné en pleine propriété : 200 000 € Usufruitier 61-70 ans -> nue-propriété = 60 % (art. 669) Assiette taxable de la donation : 120 000 € Abattement parent unique : 100 000 € (art. 779) Base nette taxable : 20 000 € seulement
Illustratif. À l'extinction de l'usufruit, l'enfant récupère la pleine propriété sans nouveaux droits (art. 1133). Le démembrement réduit fortement l'assiette.
En combinant assurance-vie avant 70 ans, donations en nue-propriété et abattements renouvelables, Mme D. peut transmettre la quasi-totalité de son million d'euros à ses enfants presque sans droits — à condition d'avoir lancé les donations et alimenté l'assurance-vie cinq à dix ans avant, pas dans la précipitation.
Note de méthode sur cet exemple
Le cas de Mme D. est illustratif et non garanti: les montants servent à montrer la mécanique des leviers, pas à promettre un résultat. L'hypothèse de 5 % net est une référence de travail, pas un rendement acquis ; le rendement réel dépend des marchés et le risque de perte en capital existe. La répartition exacte, l'ordre des donations et la rédaction des clauses se calibrent selon votre situation(régime matrimonial, nombre d'enfants, âge, autres actifs) dans le cadre d'un bilan patrimonial personnalisé.
9. Anticiper sa propre succession : les bons réflexes
Voici la check-list que nous déroulons avec un conjoint survivant, une fois le capital sécurisé et l'allocation posée. Le premier mois, on ne touche qu'aux clauses bénéficiaires et à la poche sécurité ; les donations et le démembrement viennent ensuite, à froid.
- Alimenter l'assurance-vie avant 70 ans. C'est le geste le plus rentable : 152 500 € par bénéficiaire, une fenêtre qui se referme à 70 ans (art. 990 I).
- Rédiger (ou revoir) chaque clause bénéficiaire. Une clause par défaut « mes héritiers » prive de leviers comme le démembrement de la clause. Pensez à la clause démembrée avec quasi-usufruit.
- Donner régulièrement, en nue-propriété. 100 000 € par enfant tous les 15 ans, avec une assiette réduite via le démembrement (voir la donation en démembrement).
- Loger une partie en nue-propriété de SCPI. Transmission efficace et sortie temporaire de l'assiette IFI.
- Conserver l'antériorité du contrat de capitalisation pour le donner plus tard sans perdre son ancienneté fiscale.
- Faire le point tous les ans avec un conseiller. Un enfant qui s'installe, un barème qui change en loi de finances, un contrat qui passe le cap des 70 ans : chaque événement peut rouvrir une fenêtre d'optimisation. Découvrez aussi comment d'autres profils réorganisent un capital reçu, par exemple hériter d'1 million d'euros ou réinvestir une prestation compensatoire.
Pour protéger plus largement votre situation et celle de vos enfants, nos guides sur la protection du conjoint et le démembrement de propriété complètent cette check-list.
L'essentiel à retenir
- Vous ne payez aucun droit sur ce que vous recevez (conjoint marié ou partenaire de PACS, exonération totale).
- Le vrai chantier, c'est votre propre succession : ce que le fisc vous épargne aujourd'hui, vos enfants le paieront demain — sauf si vous l'organisez maintenant.
- Sécurité d'abord : la méthode des 4 poches couvre votre train de vie avant de viser le rendement.
- Le trio gagnant : assurance-vie avant 70 ans (152 500 € par bénéficiaire) + donations (100 000 € par enfant / 15 ans) + démembrement (assiette réduite, art. 669).
- Anticiper tôt, agir sans urgence: un rendez-vous par an suffit à garder le cap, à condition de l'avoir commencé.
Organisons ensemble votre transmission
Vous avez reçu un capital au décès de votre conjoint ? Hagnéré Patrimoine vous aide à le sécuriser d'abord, puis à le transmettre à vos enfants au meilleur coût, sans rien décider dans l'urgence.
Sources, mentions et disclaimer
Sources et références mobilisées dans ce guide
- CGI art. 796-0 bis — exonération de droits du conjoint survivant et du partenaire de PACS (loi TEPA)
- CGI art. 990 I — assurance-vie, primes versées avant 70 ans (abattement 152 500 €/bénéficiaire)
- CGI art. 757 B — assurance-vie, primes versées après 70 ans (abattement global 30 500 €)
- CGI art. 779 et 784 — abattement 100 000 €/ parent/enfant, rappel fiscal sur 15 ans
- CGI art. 669— barème de l'usufruit et de la nue-propriété par tranche d'âge
- CGI art. 1133— extinction de l'usufruit sans droits de mutation
- CGI art. 972— assiette IFI de l'assurance-vie pour sa fraction immobilière
- Code civil art. 757 et 1094-1 — droits du conjoint survivant, quotité disponible spéciale
- Service-public.fr— succession de l'époux ou du partenaire de PACS ; barème de l'usufruit
- impots.gouv.fr — donations et abattements
- BOFiP— fiscalité de l'assurance-vie au décès (TCAS)
- LFSS 2026 — loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 — dualité des prélèvements sociaux (17,2 % / 18,6 %)
- Loi n° 2026-103 du 19 février 2026 de finances pour 2026
Mise à jour : 23 juin 2026. Sources : Code Général des Impôts (CGI), Code civil, Code monétaire et financier (CMF), BOFiP, Légifrance, service-public.fr, impots.gouv.fr. Les chiffres et barèmes mentionnés sont ceux en vigueur au 23 juin 2026 et intègrent la loi de finances 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026) et la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025).
Ce guide est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Les rendements évoqués (fonds euros, SCPI, private equity) sont illustratifs, non garantis, et tout investissement comporte un risque de perte en capital. Les situations patrimoniales étant toutes différentes, consultez un conseiller en gestion de patrimoine certifié pour une recommandation adaptée à votre situation. Hagnéré Patrimoine est un cabinet de CGP enregistré à l'ORIAS sous le n° 23002291 (CIF, COA, COBSP) — siège social 7 Rue Ernest Filliard, 73000 Chambéry.

