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Actions gratuites : que se passe-t-il si je quitte mon entreprise ou en cas de licenciement ?

Démission, licenciement, rupture conventionnelle, retraite : le sort de vos actions gratuites dépend d'abord d'une date — celle de l'acquisition définitive — et de ce que prévoit le règlement de votre plan. On vous explique, sans jargon.

1 anAcquisition ≥ 1 an
AvantAvant : en principe perdu
AprèsAprès : les actions sont à vous
PlanLe règlement du plan tranche
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Publié le 16 juillet 2026 · Mis à jour le 16 juillet 2026 · Temps de lecture : 13 min · Par Quentin Hagnéré, fondateur de Hagnéré Patrimoine CIF / COA / COBSP, enregistré à l'ORIAS (l'organisme officiel qui inscrit et contrôle les intermédiaires en assurance, banque et finance) sous le numéro 23002291.

Deux profils se posent la même question, avec la même anxiété au ventre. Le premier : un salarié qui vient de recevoir des actions gratuites, apprend qu'il va changer d'employeur — ou craint un licenciement — et se demande s'il va tout perdre, combien l'impôt lui prendra vraiment et quand il pourra enfin vendre. Le second : un cadre ou un dirigeant dont le gain d'acquisition approche, voire dépasse, 300 000 €, et qui veut savoir ce qu'il garde en partant, ce qu'il doit au fisc et comment réemployer intelligemment le produit d'une vente. À l'un comme à l'autre, la même clé de lecture.

Car tout tient à une seule date : l'acquisition définitive. Avant elle (au minimum 1 an après l'attribution décidée par l'assemblée générale), vos droits sont en principe perdus en cas de départ, sauf ce que prévoit le règlement de votre plan. Après elle, les actions sont à vous : vous partez avec, quel que soit le motif. Le reste — le motif exact, l'éventuelle indemnisation d'un licenciement abusif, l'impôt si vous vendez — se lit au cas par cas. Cette fiche vous donne la grille complète, sans rien survendre : une action gratuite n'est ni un piège, ni un jackpot garanti, mais une rémunération différée, fiscalisée et risquée. On reprend chaque cas de départ, du calendrier jusqu'à l'impôt.

En 60 secondes

  • Tout se joue autour de l'acquisition définitive (le « vesting »), au minimum 1 an après l'attribution décidée par l'assemblée générale.
  • Avant cette date : vos droits sont en principe perdus si vous partez — sauf ce que prévoit le règlement de votre plan.
  • Après cette date : les actions sont définitivement acquises, un départ ne vous les fait plus perdre.
  • Le motif compte (démission, licenciement, rupture, retraite), mais il n'existe pas de règle légale unique : c'est le plan qui tranche (clauses « good leaver » / « bad leaver »).
  • Si vous vendez au départ, les deux gains restent dus (gain d'acquisition + plus-value) — détail renvoyé aux fiches dédiées.

Avertissement

Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue ni un conseil juridique en droit du travail, ni un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Le sort de vos actions gratuites au départ dépend avant tout du règlement de votre plan et de votre situation individuelle : il doit être vérifié au cas par cas. La fiscalité évolue chaque année (lois de finances et de financement de la sécurité sociale) ; les taux cités sont ceux de 2026. Une action gratuite reste un revenu à venir, imposé, et suspendu à la valeur du titre : rien ne garantit un gain final.

QH

À propos de l'auteur

Quentin Hagnéré

Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Quentin Hagnéré a fondé Hagnéré Patrimoine en 2020 et en est associé, sans fonction de direction depuis septembre 2026. Auteur de deux livres sur l'investissement immobilier, il signe les guides du cabinet. Le cabinet, présidé par Clément Chatelain, est immatriculé à l'ORIAS sous le n° 23002291 (CIF, COA, COBSP).

Auteur du guideCabinet Hagnéré Patrimoine : ORIAS 23002291

1. Avant ou après l'acquisition définitive : le principe qui décide de tout

Pour comprendre ce que vous gardez ou perdez en partant, il faut d'abord situer votre départ sur le calendrier de l'action gratuite. Reste à situer ce départ par rapport à l'acquisition définitive : avant, ou après. Nous ne re-développons pas ici la mécanique complète des périodes — elle est détaillée dans le guide pilier des actions gratuites et dans notre fiche périodes d'acquisition et de conservation. Ici, on ne garde que ce qui change vraiment quand on part.

Le calendrier d'une action gratuite

L'attribution est décidée par l'assemblée générale extraordinaire (art. L.225-197-1 du Code de commerce). Suit une période d'acquisition d'une durée minimale de 1 an, à l'issue de laquelle les actions sont définitivement acquises (le « vesting »). Le plan peut ensuite prévoir une période de conservation, pendant laquelle vous êtes propriétaire des titres mais ne pouvez pas les vendre. La durée cumulée (acquisition + conservation) est au minimum de 2 ans. C'est ce calendrier, propre à votre plan, qui détermine si votre départ intervient « avant » ou « après ».

Avant l'acquisition définitive : des droits en principe perdus

Pendant la période d'acquisition, vous n'êtes pas encore actionnaire : vous détenez un droit conditionnel et incessible. L'article L.225-197-3 du Code de commerce le dit clairement : les droits résultant de l'attribution gratuite d'actions sont incessibles jusqu'au terme de la période d'acquisition. Presque tous les plans y ajoutent une condition de présence : rester salarié jusqu'au vesting. Conséquence directe : un départ avant le terme fait en principe perdre les droits non encore acquis, sauf clause contraire du plan. C'est cette règle qui commande tout le reste.

Après l'acquisition définitive : les actions sont à vous

Une fois le vesting franchi, les actions sont définitivement acquises : elles figurent dans votre patrimoine et un départ ultérieur ne vous les fait pas perdre. Deux réserves subsistent tout de même : une période de conservation résiduelle peut vous interdire de vendre (mais pas de détenir) pendant un temps ; et le cas des mandataires sociaux obéit à des contraintes spécifiques (voir la section 5).

La phrase à retenir

Avant l'acquisition définitive, vous avez une promesse conditionnelle ; après, vous avez des actions. Tout l'enjeu d'un départ est de savoir de quel côté de cette date vous vous situez — et ce que votre plan prévoit pour la traverser.

2. Démission, licenciement, rupture, retraite : ce que change le motif

Réponse express

Vous partez avant l'acquisition définitive ? Vos droits en cours sont en principe perdus — sauf clause favorable de votre plan (« good leaver »). Vous partez après ? Les actions sont acquises, vous les gardez quel que soit le motif. Entre les deux, c'est le règlement de votre plan qui tranche, motif par motif : c'est le premier document à sortir du tiroir.

On aimerait une réponse simple par motif. Elle n'existe pas. Hors décès et invalidité (traités en section 4), la loi ne fixe aucun sort automatique selon la raison du départ. Ce sont les clauses « good leaver » / « bad leaver » de votre plan qui classent les départs en « légitimes » (souvent : licenciement sans faute, retraite, décès) — avec maintien ou prorata des droits — et « sanctionnés » (démission, faute) — avec perte ou rachat décoté. Le principe est constant ; les modalités concrètes sont à vérifier au cas par cas dans le règlement.

Démission

Partir de votre plein gré avant le vesting revient presque toujours à ne pas remplir la condition de présence : les droits en cours d'acquisition sont alors en principe perdus, et la démission est fréquemment qualifiée de « bad leaver » de fait. Aucune action pour licenciement abusif n'est ici envisageable, puisque vous êtes à l'initiative du départ. En revanche, vos actions déjà acquises restent les vôtres. Le réflexe : ne pas démissionner sans avoir lu son plan.

Licenciement

Avant le vesting, le licenciement entraîne en principe la perte des droits non acquis, sauf clause « good leaver » qui prévoirait un maintien ou un prorata. Une nuance importante existe toutefois lorsque le licenciement est jugé sans cause réelle et sérieuse : elle fait l'objet de la section suivante.

Rupture conventionnelle

Aucun régime légal n'est prévu pour la rupture conventionnelle. C'est précisément le moment de négocier le sort de vos actions gratuites en cours d'acquisition — clause de maintien, calendrier, prorata — dans le protocole de rupture. Sans négociation, on retombe mécaniquement sur ce que dit le plan.

Départ à la retraite

Contrairement au décès et à l'invalidité, la retraite ne bénéficie d'aucune exception légale automatique. Le sort de vos droits dépend du plan : certains règlements maintiennent l'attribution en cas de départ à la retraite, d'autres non. Ne rien présumer.

Principe indicatif — le règlement de votre plan prime toujours. À vérifier cas par cas dans le document du plan.
Motif de départDroits en cours d'acquisition (principe)Actions déjà acquises
DémissionEn principe perdus (condition de présence non remplie)Conservées
Licenciement (hors faute)En principe perdus, sauf clause « good leaver »Conservées
Rupture conventionnelleÀ négocier dans le protocole ; sinon, le plan s'appliqueConservées
Départ à la retraiteDépend du plan (pas d'exception légale automatique)Conservées

Exemple : deux départs, deux issues (cas illustratif)

Deux salariés bénéficient d'actions gratuites dont l'acquisition définitive est fixée à trois ans. Le premier démissionne à 30 mois pour rejoindre un concurrent : sa condition de présence n'étant pas remplie et son plan classant la démission en « bad leaver », il perd l'intégralité de ses droits en cours — à six mois près du terme. Le second est licencié pour motif économique à 30 mois : son plan prévoit une clause « good leaver » avec maintien au prorata du temps passé, il conserve donc une partie de ses droits. Même calendrier, issues opposées : tout s'est joué sur le motif et sur ce que le plan prévoyait. Chiffres et clauses purement illustratifs — les vôtres se lisent dans votre propre règlement.

Le piège de la démission

Partir de votre propre chef quelques semaines avant le vesting peut vous coûter l'intégralité de l'avantage, sans aucun recours. Avant de décider, mesurez votre distance à l'acquisition définitive : parfois, quelques mois de patience changent tout. Une fois les actions acquises, la question devient quand les vendre — voir quand vendre ses actions gratuites.

3. Licenciement abusif : l'indemnisation pour « perte de chance »

C'est l'angle que les fiches purement fiscales laissent de côté — et c'est pourtant lui qui se joue quand le départ est subi. À présenter avec prudence : ce n'est ni une garantie, ni une règle absolue.

Le principe de la perte de chance

Un licenciement sans cause réelle et sérieuse survenu avant le terme de la période d'acquisition peut ouvrir droit, non aux actions elles-mêmes, mais à des dommages-intérêts pour perte de chance d'acquérir les titres. Le montant est évalué selon la probabilité d'acquisition : plus vous étiez proche de la date de vesting, plus l'indemnisation potentielle est élevée. La jurisprudence sociale récente va en ce sens (Cass. soc., 26 février 2025, n° 23-15.072 [à confirmer]). À l'inverse, la perte d'un avantage résultant d'un transfert légal du contrat de travail (art. L.1224-1 du Code du travail), non fautif, n'ouvre en principe pas ce droit [à confirmer selon la doctrine].

Vos actions gratuites ne gonflent pas vos indemnités de rupture

Selon la jurisprudence, les actions gratuites n'entrent pas dans l'assiette de calcul des indemnités de rupture (indemnité de licenciement, indemnités conventionnelles). Elles ne sont pas considérées comme une rémunération liée au travail au sens de ces indemnités [à vérifier selon votre situation]. Autrement dit, on ne les additionne pas à votre salaire de référence pour calculer ce qui vous est dû au départ.

Ce que ça change pour vous, en pratique

La perte de chance n'est pas la valeur totale des actions : c'est une indemnisation partielle, appréciée par le juge, jamais automatique. Si votre licenciement est contesté et que des actions gratuites étaient en jeu, consultez un avocat en droit social : le chiffrage dépend étroitement des faits et du calendrier de votre plan.

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Un départ se prépare — vos actions gratuites aussi

Distance au vesting, sort dans le plan, impôt si vous vendez, réemploi du produit : un conseiller fait le point avec vous, chiffres et règlement en main. Ce travail se fait dans le cadre d'une lettre de mission signée ; le premier rendez-vous offert (45 min) ne contient aucune recommandation personnalisée. Sans engagement.

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4. Décès et invalidité : les deux dérogations prévues par la loi

Ce sont les seuls cas où c'est la loi — et non le plan — qui organise un sort dérogatoire au principe de perte des droits non acquis.

Décès du bénéficiaire : les héritiers ont 6 mois

L'article L.225-197-3 du Code de commerce prévoit qu'en cas de décès du bénéficiaire, ses héritiers peuvent demander l'attribution des actions dans un délai de six mois à compter du décès. Ces actions deviennent alors librement cessibles. Le point pratique est majeur : c'est un délai de demande à ne pas laisser passer — au-delà, le droit peut être perdu. Côté fiscalité, selon la jurisprudence récente (2026), lorsque la période d'acquisition était déjà expirée au décès, le gain d'acquisition pourrait ne pas être imposable chez les héritiers [à vérifier selon la situation, ne pas généraliser]. Pour la transmission organisée de son vivant, voir la donation d'actions gratuites.

Invalidité de 2ᵉ ou 3ᵉ catégorie

En cas d'invalidité de 2ᵉ ou 3ᵉ catégorie (au sens de l'art. L.341-4 du Code de la sécurité sociale), l'assemblée générale peut prévoir l'acquisition définitive anticipée des actions et une dispense de la période de conservation : les titres deviennent librement cessibles (sur le fondement de l'art. L.225-197-1 du Code de commerce). C'est une protection importante pour le bénéficiaire dont l'état de santé interrompt la carrière avant le terme.

Délai de 6 mois (décès) : un délai de demande, pas d'imposition

Attention à ne pas confondre : les six mois de l'art. L.225-197-3 sont un délai pour demander l'attribution des actions, pas un délai fiscal. Le rater peut coûter les actions elles-mêmes. Pensez à informer vos proches de l'existence de vos actions gratuites : sans cette information, un héritier peut ignorer qu'un droit doit être exercé dans un délai court.

5. Vous êtes dirigeant mandataire social ? Le cas de la cessation des fonctions

Pour un mandataire social (président, directeur général, membre du directoire), le conseil d'administration ou de surveillance peut fixer une quote-part d'actions à conserver au nominatif jusqu'à la cessation des fonctions (art. L.225-197-1 II du Code de commerce). Pour le dirigeant qui s'en va, tout tient à ce verrou : tant qu'il exerce ses fonctions, il doit garder au nominatif la quote-part fixée par le conseil ; le jour où il quitte ses fonctions, ce verrou saute et il peut enfin céder ces titres. Les plafonds d'attribution et les contraintes juridiques propres aux dirigeants dépassent le cadre de cette fiche : ils sont traités dans mandataires sociaux et actions gratuites. Pour l'optimisation patrimoniale des hauts revenus, voir le pilier fiscalité et stratégie des actions gratuites.

Aller plus loin — vous êtes cadre ou dirigeant proche de 300 000 € ?

Si votre gain d'acquisition approche ou dépasse 300 000 €, le départ n'est plus seulement une affaire de calendrier : il ouvre de vrais arbitrages. Par exemple, avec un gain d'acquisition de 500 000 €, céder 250 000 € en décembre puis 250 000 € en janvier suivant répartit le gain sur deux années d'imposition [modalités d'appréciation du seuil de 300 000 € à vérifier], au lieu de tout encaisser d'un coup au-delà du seuil. Le détail relève du seuil de 300 000 € et de la contribution salariale de 10 % et du réemploi du produit de la vente. Rappel de méthode à ne jamais oublier : l'apport à une holding met en report la plus-value d'apport, jamais le gain d'acquisition salarial.

6. Si je vends mes actions au moment du départ : les deux gains restent dus

Sonia quitte son poste après six ans ; comme beaucoup, elle en profite pour solder ses actions gratuites et tourner la page. Reste à savoir, poste par poste, ce qu'elle doit alors au fisc. Le détail des barèmes, du net en poche et de la déclaration est renvoyé aux fiches dédiées — nous ne le re-développons pas ici.

Deux gains distincts, à ne jamais confondre

1. Le gain d'acquisition = la valeur des actions au jour de l'acquisition définitive. Il est de nature salariale (art. 80 quaterdecies du CGI). Pour la fraction ≤ 300 000 € par an : barème progressif de l'impôt sur le revenu après un abattement de 50 % qui ne réduit que l'assiette de l'IR, plus des prélèvements sociaux au titre des revenus du patrimoine — au taux 2026 qui serait de 18,6 %, appliqués sur 100 % du gain (l'abattement ne réduit pas l'assiette des prélèvements sociaux) [point technique, à confirmer, profondeur dans prélèvements sociaux 18,6 % vs 17,2 %]. Pour la fraction > 300 000 € : imposition en traitements et salaires sans abattement + CSG/CRDS d'activité + une contribution salariale de 10 % (art. L.137-14 du Code de la sécurité sociale) — voir le seuil de 300 000 € et la contribution de 10 %.

2. La plus-value de cession = prix de cession − valeur à l'acquisition définitive. Elle relève du régime des plus-values mobilières : PFU de 12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux = 31,4 % en 2026, ou option pour le barème. Si l'action a baissé depuis le vesting, vous constatez une moins-value imputable sur des plus-values de même nature (report 10 ans).

Le fait générateur, c'est la vente — pas le départ

Un point que beaucoup découvrent avec soulagement : quitter l'entreprise ne déclenche rien fiscalement en soi. Le gain d'acquisition est imposé l'année où vous disposez des titres (cession, donation ou apport), et non à la date d'acquisition ni au jour du départ. Conserver vos actions revient donc à différer l'impôt du gain d'acquisition — mais aussi à concentrer votre risque sur le titre de votre (ancien) employeur.

Exemple chiffré : Julien, 44 ans, rupture conventionnelle, vend au départ

Actions déjà acquises, vendues au moment du départ (TMI 41 %)

GAIN D'ACQUISITION = 60 000 €  (≤ 300 000 € → régime abattement)
  Impôt sur le revenu : abattement 50 %
      → assiette 30 000 € × 41 %          = 12 300 €
  Prélèvements sociaux : 18,6 % sur 100 % du gain
      → 60 000 € × 18,6 %                 = 11 160 €
  Sous-total gain d'acquisition          ≈ 23 460 €

PLUS-VALUE DE CESSION = 15 000 €  (l'action a monté depuis le vesting)
  PFU 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS)     =  4 710 €

─────────────────────────────────────────────────────
TOTAL impôts + prélèvements sociaux      ≈ 28 170 €
Net en poche (sur 75 000 € cédés)        ≈ 46 830 €
  • TMI :41 % (tranche marginale supposée)
  • Abattement gain d'acquisition :50 % (assiette IR uniquement)
  • Prélèvements sociaux 2026 :18,6 % sur 100 % du gain d'acquisition
  • PFU plus-value de cession :31,4 % (12,8 % + 18,6 %)

Chiffres illustratifs 2026, hors CSG déductible l'année suivante et hors contributions sur les hauts revenus (CEHR/CDHR). Aucune société nommée. Point technique du taux de prélèvements sociaux (18,6 %) à confirmer. Recalcul personnalisé nécessaire — voir net après impôts.

Ce qui frappe dans le cas de Julien : sa rupture conventionnelle n'a rien déclenché — c'est le jour de la vente que l'impôt est tombé. Et il a payé sur deux logiques différentes : son gain d'acquisition traité comme un salaire, sa plus-value comme un placement. L'abattement de 50 % n'a allégé que l'impôt sur le revenu de ce gain, jamais les prélèvements sociaux. Pour chiffrer votre propre situation, voir combien il vous reste net.

Synthèse des deux impositions dues en cas de vente au départ — chiffres 2026, indicatifs. Le taux de PS de 18,6 % sur le gain d'acquisition est un point technique à confirmer. Ne jamais confondre les deux gains ni les taux de PS (18,6 % ≠ 17,2 %).
GainAssietteRégime 2026 (synthèse)
Gain d'acquisition (≤ 300 000 €)Valeur au jour du vestingBarème IR après abattement 50 % (IR seul) + PS 18,6 % sur 100 %
Plus-value de cessionPrix de vente − valeur au vestingPFU 31,4 % (12,8 % + 18,6 %) ou option barème

Où trouver le détail (anti-répétition)

Pour le calcul complet, voir impôts sur les actions gratuites et le net après impôts. Pour la déclaration l'année de cession, la fiche dédiée. Pour choisir vendre ou conserver et quand vendre, le calendrier de revente.

Deux fausses bonnes idées à écarter

La donation des titres ne purge PAS le gain d'acquisition (il reste dû) : elle purge seulement la plus-value latente — détail dans donation d'actions gratuites. De même, apporter ses actions à une holding met en report la plus-value d'apport, pas le gain d'acquisition salarial : le mécanisme du report 150-0 B ter ne couvre pas ce gain (voir apporter ses actions à une holding). Enfin, un départ à l'étranger peut déclencher l'exit tax (art. 167 bis CGI), au traitement spécifique.

7. Cinq réflexes avant de quitter votre entreprise

Avant de signer une démission ou un protocole de rupture, cinq gestes concrets. Ils tiennent en une matinée et peuvent valoir plusieurs milliers d'euros.

  1. Lire le règlement de votre plan. Condition de présence ? Clause « good leaver » / « bad leaver » ? Sort différent selon démission ou licenciement ? Période de conservation résiduelle ? C'est le document qui tranche : ouvrez-le avant d'engager quoi que ce soit.
  2. Mesurer la distance au vesting. À quelques mois de l'acquisition définitive, partir peut coûter cher. Décidez en connaissance de cause, chiffres en main.
  3. Négocier les actions gratuites dans le protocole de rupture. En rupture conventionnelle ou en transaction, le maintien, le calendrier ou le prorata des droits en cours se négocient : c'est le moment.
  4. Anticiper l'impôt si vous vendez. Gain d'acquisition et plus-value sont dus la même année de cession. Calibrez avec le calcul de l'impôt.
  5. Sortir de la « double peine ». Un départ subi (licenciement) peut cumuler perte d'emploi + perte de valeur du titre, le tout adossé au même employeur. Une fois les actions acquises et vendues, pensez diversification → réinvestir le produit de la vente et votre stratégie patrimoniale globale.
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8. Trois confusions à éviter

Trois phrases reviennent presque à chaque rendez-vous de départ. Les trois sont fausses — et chacune peut coûter plusieurs milliers d'euros à qui la croit.

« Une action gratuite, c'est mon épargne salariale / mon PEE »

Non. L'action gratuite est un titre de la société attribué par l'assemblée générale extraordinaire, pas de l'épargne salariale (participation, intéressement) bloquée sur un plan d'épargne entreprise. Régime fiscal, périodes et sort au départ diffèrent. Pour comparer les dispositifs d'actionnariat salarié, voir AGA, stock-options et BSPCE : les différences.

« Partir avec mes actions les rend liquides »

Pas nécessairement. Si le titre n'est pas coté, le revendre peut être difficile faute de marché, et sa valeur peut baisser. Une action gratuite reste une rémunération différée, incertaine et parfois illiquide : l'avoir « en poche » ne signifie pas pouvoir la transformer en argent quand on veut.

« Donation ou holding effacent l'impôt »

Non. La donation purge la plus-value latente mais pas le gain d'acquisition, et l'apport à une holding (150-0 B ter) ne couvre pas ce gain salarial. Ces stratégies existent, mais elles n'effacent jamais l'impôt sur le gain d'acquisition.

Deux réflexes, dans l'ordre : repérez la date de vesting sur votre attribution, puis ouvrez le règlement du plan à la clause « départ ». Ces deux documents répondent à l'essentiel des cas ; le CGP et l'avocat en droit social tranchent le reste. Pour les généralités, revenez au guide pilier des actions gratuites. Si vous êtes dirigeant ou cadre à haut revenu et cherchez à optimiser, orientez-vous vers le pilier patrimonial fiscalité et stratégie des actions gratuites.

Questions fréquentes

Départ de l'entreprise et actions gratuites : vos questions

Les droits en cours d'acquisition sont en principe perdus, car la condition de présence n'est plus remplie et la démission est souvent traitée comme un départ « sanctionné » (bad leaver). En revanche, les actions déjà définitivement acquises restent à vous : vous partez avec. Tout dépend du règlement de votre plan, qu'il faut lire avant de démissionner.

Avant l'acquisition définitive, les droits sont en principe perdus, sauf clause « good leaver » du plan qui peut prévoir un maintien ou un prorata. Après l'acquisition, les actions sont conservées. Nuance importante : un licenciement sans cause réelle et sérieuse peut ouvrir droit à une indemnisation pour perte de chance d'acquérir les titres — mais pas aux actions elles-mêmes.

C'est possible selon la jurisprudence : le salarié licencié sans cause réelle et sérieuse avant le terme de la période d'acquisition peut obtenir des dommages-intérêts pour perte de chance d'acquérir les actions, évalués selon la probabilité d'acquisition (proximité de la date de vesting). Ce n'est ni automatique ni égal à la valeur totale des actions. À vérifier selon votre situation, avec un avocat en droit social.

Ces clauses du plan classent les départs en « légitimes » (souvent licenciement sans faute, retraite, décès) et « sanctionnés » (démission, faute), puis fixent le sort des droits : maintien, perte, décote ou rachat. Il n'existe pas de règle légale unique : c'est le règlement du plan qui tranche, motif par motif. Réclamez-en la version datée et signée au service juridique : la brochure d'attribution ne suffit pas, seul ce règlement fait foi.

Il n'y a pas d'exception légale automatique pour la retraite, contrairement au décès et à l'invalidité. Cela dépend donc du plan : certains règlements maintiennent l'attribution au départ à la retraite, d'autres la traitent comme une démission. Une différence qui peut représenter une année entière de vesting.

Aucun régime légal n'est prévu spécifiquement pour la rupture conventionnelle. C'est justement le moment de négocier le sort de vos actions gratuites en cours d'acquisition (maintien, calendrier, prorata) dans le protocole. Sans négociation, on applique ce que prévoit le plan, ce qui aboutit souvent à la perte des droits non encore acquis.

L'article L.225-197-3 du Code de commerce prévoit que les héritiers disposent d'un délai de six mois à compter du décès pour demander l'attribution des actions, qui deviennent ensuite librement cessibles. Ce délai de demande est important à ne pas laisser passer. La fiscalité successorale est spécifique : selon la jurisprudence récente, lorsque la période d'acquisition était déjà expirée au décès, le gain d'acquisition pourrait ne pas être imposable chez les héritiers — mais ce point est à vérifier selon la situation.

Selon la jurisprudence, les actions gratuites n'entrent pas dans l'assiette de calcul des indemnités de rupture : elles ne sont pas considérées comme une rémunération liée au travail au sens de ces indemnités. Ce point est à vérifier selon votre situation et la rédaction de votre contrat.

Non. Avant l'acquisition définitive, vous n'êtes pas actionnaire : le droit est incessible et conditionnel (art. L.225-197-3 du Code de commerce). Il ne peut être ni vendu ni transféré. Au mieux, votre plan prévoit un maintien ou un prorata en cas de départ : vérifiez le règlement et envisagez de négocier ce point dans le cadre d'une rupture conventionnelle.

Les deux gains restent dus : le gain d'acquisition (régime salarial, art. 80 quaterdecies du CGI ; barème après abattement de 50 % sur l'assiette de l'IR jusqu'à 300 000 €, plus prélèvements sociaux) et la plus-value de cession si l'action a monté (PFU de 31,4 % en 2026). Le fait générateur est la vente, pas le départ lui-même. Taux et calcul détaillé dans nos fiches impôts et net après impôts.

Non. Une action gratuite est un titre de la société attribué par l'assemblée générale extraordinaire, pas de l'épargne salariale (participation ou intéressement) placée sur un plan d'épargne entreprise. Le régime fiscal, les périodes et le sort au départ sont différents. Pour comparer les dispositifs d'actionnariat salarié, voir notre fiche AGA, stock-options et BSPCE.