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Votre Interlocuteur Sur Ce Sujet
Quentin Hagnéré
CGP indépendant spécialisé en PER et préparation de la retraite
Quentin Hagnéré accompagne salariés, indépendants et dirigeants sur l'ouverture, le transfert et l'optimisation fiscale des PER, avec une logique patrimoniale globale et non produit par produit.
Sommaire
- 1. Avant ou après l'acquisition définitive : le principe qui décide de tout
- 2. Démission, licenciement, rupture, retraite : ce que change le motif
- 3. Licenciement abusif : l'indemnisation pour « perte de chance »
- 4. Décès et invalidité : les deux dérogations prévues par la loi
- 5. Dirigeant mandataire social : la cessation des fonctions
- 6. Si je vends au départ : les deux gains restent dus
- 7. Cinq réflexes avant de quitter votre entreprise
- 8. Trois confusions à éviter
Publié le 16 juillet 2026 · Mis à jour le 16 juillet 2026 · Temps de lecture : 13 min · Par Quentin Hagnéré, CGP (conseiller en gestion de patrimoine) CIF / COA / COBSP, enregistré à l'ORIAS (l'organisme officiel qui inscrit et contrôle les intermédiaires en assurance, banque et finance) sous le numéro 23002291.
Deux profils se posent la même question, avec la même anxiété au ventre. Le premier : un salarié qui vient de recevoir des actions gratuites, apprend qu'il va changer d'employeur — ou craint un licenciement — et se demande s'il va tout perdre, combien l'impôt lui prendra vraiment et quand il pourra enfin vendre. Le second : un cadre ou un dirigeant dont le gain d'acquisition approche, voire dépasse, 300 000 €, et qui veut savoir ce qu'il garde en partant, ce qu'il doit au fisc et comment réemployer intelligemmentle produit d'une vente. À l'un comme à l'autre, la même clé de lecture.
Car tout tient à une seule date : l'acquisition définitive. Avant elle (au minimum 1 anaprès l'attribution décidée par l'assemblée générale), vos droits sont en principe perdus en cas de départ, sauf ce que prévoit le règlement de votre plan. Après elle, les actions sont à vous: vous partez avec, quel que soit le motif. Le reste — le motif exact, l'éventuelle indemnisation d'un licenciement abusif, l'impôt si vous vendez — se lit au cas par cas. Cette fiche vous donne la grille complète, sans rien survendre : une action gratuite n'est ni un piège, ni un jackpot garanti, mais une rémunération différée, fiscalisée et risquée. On reprend chaque cas de départ, du calendrier jusqu'à l'impôt.
En 60 secondes
- Tout se joue autour de l'acquisition définitive(le « vesting »), au minimum 1 an après l'attribution décidée par l'assemblée générale.
- Avant cette date : vos droits sont en principe perdus si vous partez — sauf ce que prévoit le règlement de votre plan.
- Après cette date : les actions sont définitivement acquises, un départ ne vous les fait plus perdre.
- Le motif compte (démission, licenciement, rupture, retraite), mais il n'existe pas de règle légale unique : c'est le plan qui tranche (clauses « good leaver » / « bad leaver »).
- Si vous vendez au départ, les deux gains restent dus (gain d'acquisition + plus-value) — détail renvoyé aux fiches dédiées.
Avertissement
Cet article a une visée informative et pédagogique. Il ne constitue ni un conseil juridique en droit du travail, ni un conseil en investissement personnalisé au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Le sort de vos actions gratuites au départ dépend avant tout du règlement de votre plan et de votre situation individuelle : il doit être vérifié au cas par cas. La fiscalité évolue chaque année (lois de finances et de financement de la sécurité sociale) ; les taux cités sont ceux de 2026. Une action gratuite reste un revenu à venir, imposé, et suspendu à la valeur du titre : rien ne garantit un gain final.
À propos de l'auteur
Quentin Hagnéré
Conseiller en Gestion de Patrimoine — CIF, COA, COBSP — ORIAS 23002291
Quentin Hagnéré dirige Hagnéré Patrimoine, cabinet de gestion de patrimoine et de fortune basé à Chambéry. Il accompagne salariés actionnaires, cadres et dirigeants bénéficiaires d'actions gratuites, de stock-options et de BSPCE, avec une méthodologie CGP conforme MIF II / DDA et un rapport écrit.
1. Avant ou après l'acquisition définitive : le principe qui décide de tout
Pour comprendre ce que vous gardez ou perdez en partant, il faut d'abord situer votre départ sur le calendrier de l'action gratuite. Reste à situer ce départ par rapport à l'acquisition définitive : avant, ou après. Nous ne re-développons pas ici la mécanique complète des périodes — elle est détaillée dans le guide pilier des actions gratuites et dans notre fiche périodes d'acquisition et de conservation. Ici, on ne garde que ce qui change vraiment quand on part.
Le calendrier d'une action gratuite
L'attribution est décidée par l'assemblée générale extraordinaire (art. L.225-197-1 du Code de commerce). Suit une période d'acquisitiond'une durée minimale de 1 an, à l'issue de laquelle les actions sont définitivement acquises(le « vesting »). Le plan peut ensuite prévoir une période de conservation, pendant laquelle vous êtes propriétaire des titres mais ne pouvez pas les vendre. La durée cumulée (acquisition + conservation) est au minimum de 2 ans. C'est ce calendrier, propre à votre plan, qui détermine si votre départ intervient « avant » ou « après ».
Avant l'acquisition définitive : des droits en principe perdus
Pendant la période d'acquisition, vous n'êtes pas encore actionnaire : vous détenez un droit conditionnel et incessible. L'article L.225-197-3 du Code de commerce le dit clairement : les droits résultant de l'attribution gratuite d'actions sont incessibles jusqu'au terme de la période d'acquisition. Presque tous les plans y ajoutent une condition de présence: rester salarié jusqu'au vesting. Conséquence directe : un départ avant le terme fait en principe perdre les droits non encore acquis, sauf clause contraire du plan. C'est cette règle qui commande tout le reste.
Après l'acquisition définitive : les actions sont à vous
Une fois le vesting franchi, les actions sont définitivement acquises : elles figurent dans votre patrimoine et un départ ultérieur ne vous les fait pas perdre. Deux réserves subsistent tout de même : une période de conservation résiduelle peut vous interdire de vendre (mais pas de détenir) pendant un temps ; et le cas des mandataires sociaux obéit à des contraintes spécifiques (voir la section 5).
La phrase à retenir
Avant l'acquisition définitive, vous avez une promesse conditionnelle ; après, vous avez des actions. Tout l'enjeu d'un départ est de savoir de quel côté de cette date vous vous situez — et ce que votre plan prévoit pour la traverser.
2. Démission, licenciement, rupture, retraite : ce que change le motif
Réponse express
Vous partez avant l'acquisition définitive ? Vos droits en cours sont en principeperdus — sauf clause favorable de votre plan (« good leaver »). Vous partez après ?Les actions sont acquises, vous les gardez quel que soit le motif. Entre les deux, c'est le règlement de votre plan qui tranche, motif par motif : c'est le premier document à sortir du tiroir.
On aimerait une réponse simple par motif. Elle n'existe pas. Hors décès et invalidité (traités en section 4), la loi ne fixe aucun sort automatique selon la raison du départ. Ce sont les clauses « good leaver » / « bad leaver »de votre plan qui classent les départs en « légitimes » (souvent : licenciement sans faute, retraite, décès) — avec maintien ou prorata des droits — et « sanctionnés » (démission, faute) — avec perte ou rachat décoté. Le principe est constant ; les modalités concrètes sont à vérifier au cas par cas dans le règlement.
Démission
Partir de votre plein gré avant le vesting revient presque toujours à ne pas remplir la condition de présence: les droits en cours d'acquisition sont alors en principe perdus, et la démission est fréquemment qualifiée de « bad leaver » de fait. Aucune action pour licenciement abusif n'est ici envisageable, puisque vous êtes à l'initiative du départ. En revanche, vos actions déjà acquises restent les vôtres. Le réflexe : ne pas démissionner sans avoir lu son plan.
Licenciement
Avant le vesting, le licenciement entraîne en principe la perte des droits non acquis, sauf clause « good leaver »qui prévoirait un maintien ou un prorata. Une nuance importante existe toutefois lorsque le licenciement est jugé sans cause réelle et sérieuse : elle fait l'objet de la section suivante.
Rupture conventionnelle
Aucun régime légal n'est prévu pour la rupture conventionnelle. C'est précisément le moment de négocierle sort de vos actions gratuites en cours d'acquisition — clause de maintien, calendrier, prorata — dans le protocole de rupture. Sans négociation, on retombe mécaniquement sur ce que dit le plan.
Départ à la retraite
Contrairement au décès et à l'invalidité, la retraite ne bénéficie d'aucune exception légale automatique. Le sort de vos droits dépend du plan: certains règlements maintiennent l'attribution en cas de départ à la retraite, d'autres non. Ne rien présumer.
| Motif de départ | Droits en cours d'acquisition (principe) | Actions déjà acquises |
|---|---|---|
| Démission | En principe perdus (condition de présence non remplie) | Conservées |
| Licenciement (hors faute) | En principe perdus, sauf clause « good leaver » | Conservées |
| Rupture conventionnelle | À négocier dans le protocole ; sinon, le plan s'applique | Conservées |
| Départ à la retraite | Dépend du plan (pas d'exception légale automatique) | Conservées |
Exemple : deux départs, deux issues (cas illustratif)
Deux salariés bénéficient d'actions gratuites dont l'acquisition définitive est fixée à trois ans. Le premier démissionne à 30 moispour rejoindre un concurrent : sa condition de présence n'étant pas remplie et son plan classant la démission en « bad leaver », il perd l'intégralité de ses droits en cours — à six mois près du terme. Le second est licencié pour motif économique à 30 mois: son plan prévoit une clause « good leaver » avec maintien au proratadu temps passé, il conserve donc une partie de ses droits. Même calendrier, issues opposées : tout s'est joué sur le motif et sur ce que le plan prévoyait. Chiffres et clauses purement illustratifs — les vôtres se lisent dans votre propre règlement.
Le piège de la démission
Partir de votre propre chef quelques semaines avant le vestingpeut vous coûter l'intégralité de l'avantage, sans aucun recours. Avant de décider, mesurez votre distance à l'acquisition définitive : parfois, quelques mois de patience changent tout. Une fois les actions acquises, la question devient quand les vendre — voir quand vendre ses actions gratuites.
3. Licenciement abusif : l'indemnisation pour « perte de chance »
C'est l'angle que les fiches purement fiscales laissent de côté — et c'est pourtant lui qui se joue quand le départ est subi. À présenter avec prudence : ce n'est ni une garantie, ni une règle absolue.
Le principe de la perte de chance
Un licenciement sans cause réelle et sérieuse survenu avant le terme de la période d'acquisition peut ouvrir droit, non aux actions elles-mêmes, mais à des dommages-intérêts pour perte de chanced'acquérir les titres. Le montant est évalué selon la probabilité d'acquisition: plus vous étiez proche de la date de vesting, plus l'indemnisation potentielle est élevée. La jurisprudence sociale récente va en ce sens (Cass. soc., 26 février 2025, n° 23-15.072 [à confirmer]). À l'inverse, la perte d'un avantage résultant d'un transfert légal du contrat de travail(art. L.1224-1 du Code du travail), non fautif, n'ouvre en principe pas ce droit [à confirmer selon la doctrine].
Vos actions gratuites ne gonflent pas vos indemnités de rupture
Selon la jurisprudence, les actions gratuites n'entrent pas dans l'assiette de calcul des indemnités de rupture (indemnité de licenciement, indemnités conventionnelles). Elles ne sont pas considérées comme une rémunération liée au travail au sens de ces indemnités [à vérifier selon votre situation]. Autrement dit, on ne les additionne pas à votre salaire de référence pour calculer ce qui vous est dû au départ.
Ce que ça change pour vous, en pratique
La perte de chance n'est pasla valeur totale des actions : c'est une indemnisation partielle, appréciée par le juge, jamais automatique. Si votre licenciement est contesté et que des actions gratuites étaient en jeu, consultez un avocat en droit social : le chiffrage dépend étroitement des faits et du calendrier de votre plan.
Un départ se prépare — vos actions gratuites aussi
Distance au vesting, sort dans le plan, impôt si vous vendez, réemploi du produit : un conseiller fait le point avec vous, chiffres et règlement en main. Sans engagement.
4. Décès et invalidité : les deux dérogations prévues par la loi
Ce sont les seuls casoù c'est la loi — et non le plan — qui organise un sort dérogatoire au principe de perte des droits non acquis.
Décès du bénéficiaire : les héritiers ont 6 mois
L'article L.225-197-3 du Code de commerce prévoit qu'en cas de décès du bénéficiaire, ses héritiers peuvent demander l'attribution des actions dans un délai de six mois à compter du décès. Ces actions deviennent alors librement cessibles. Le point pratique est majeur : c'est un délai de demande à ne pas laisser passer— au-delà, le droit peut être perdu. Côté fiscalité, selon la jurisprudence récente (2026), lorsque la période d'acquisition était déjà expiréeau décès, le gain d'acquisition pourrait ne pas être imposable chez les héritiers [à vérifier selon la situation, ne pas généraliser]. Pour la transmission organisée de son vivant, voir la donation d'actions gratuites.
Invalidité de 2ᵉ ou 3ᵉ catégorie
En cas d'invalidité de 2ᵉ ou 3ᵉ catégorie(au sens de l'art. L.341-4 du Code de la sécurité sociale), l'assemblée générale peut prévoir l'acquisition définitive anticipée des actions et une dispense de la période de conservation: les titres deviennent librement cessibles (sur le fondement de l'art. L.225-197-1 du Code de commerce). C'est une protection importante pour le bénéficiaire dont l'état de santé interrompt la carrière avant le terme.
Délai de 6 mois (décès) : un délai de demande, pas d'imposition
Attention à ne pas confondre : les six mois de l'art. L.225-197-3 sont un délai pour demander l'attribution des actions, pas un délai fiscal. Le rater peut coûter les actions elles-mêmes. Pensez à informer vos prochesde l'existence de vos actions gratuites : sans cette information, un héritier peut ignorer qu'un droit doit être exercé dans un délai court.
5. Vous êtes dirigeant mandataire social ? Le cas de la cessation des fonctions
Pour un mandataire social(président, directeur général, membre du directoire), le conseil d'administration ou de surveillance peut fixer une quote-part d'actions à conserver au nominatif jusqu'à la cessation des fonctions(art. L.225-197-1 II du Code de commerce). Pour le dirigeant qui s'en va, tout tient à ce verrou : tant qu'il exerce ses fonctions, il doit garder au nominatif la quote-part fixée par le conseil ; le jour où il quitte ses fonctions, ce verrou sauteet il peut enfin céder ces titres. Les plafonds d'attribution et les contraintes juridiques propres aux dirigeants dépassent le cadre de cette fiche : ils sont traités dans mandataires sociaux et actions gratuites. Pour l'optimisation patrimoniale des hauts revenus, voir le pilier fiscalité et stratégie des actions gratuites.
Aller plus loin — vous êtes cadre ou dirigeant proche de 300 000 € ?
Si votre gain d'acquisition approche ou dépasse 300 000 €, le départ n'est plus seulement une affaire de calendrier : il ouvre de vrais arbitrages. Par exemple, avec un gain d'acquisition de 500 000 €, céder 250 000 € en décembre puis 250 000 € en janvier suivant répartit le gain sur deux années d'imposition [modalités d'appréciation du seuil de 300 000 € à vérifier], au lieu de tout encaisser d'un coup au-delà du seuil. Le détail relève du seuil de 300 000 € et de la contribution salariale de 10 % et du réemploi du produit de la vente. Rappel de méthode à ne jamais oublier : l'apport à une holding met en report la plus-value d'apport, jamaisle gain d'acquisition salarial.
6. Si je vends mes actions au moment du départ : les deux gains restent dus
Sonia quitte son poste après six ans ; comme beaucoup, elle en profite pour solder ses actions gratuites et tourner la page. Reste à savoir, poste par poste, ce qu'elle doit alors au fisc. Le détail des barèmes, du net en poche et de la déclaration est renvoyé aux fiches dédiées — nous ne le re-développons pas ici.
Deux gains distincts, à ne jamais confondre
1. Le gain d'acquisition= la valeur des actions au jour de l'acquisition définitive. Il est de nature salariale (art. 80 quaterdecies du CGI). Pour la fraction ≤ 300 000 € par an: barème progressif de l'impôt sur le revenu après un abattement de 50 % qui ne réduit que l'assiette de l'IR, plus des prélèvements sociaux au titre des revenus du patrimoine — au taux 2026 qui serait de 18,6 %, appliqués sur 100 % du gain (l'abattement ne réduit pasl'assiette des prélèvements sociaux) [point technique, à confirmer, profondeur dans prélèvements sociaux 18,6 % vs 17,2 %]. Pour la fraction > 300 000 € : imposition en traitements et salaires sansabattement + CSG/CRDS d'activité + une contribution salariale de 10 % (art. L.137-14 du Code de la sécurité sociale) — voir le seuil de 300 000 € et la contribution de 10 %.
2. La plus-value de cession= prix de cession − valeur à l'acquisition définitive. Elle relève du régime des plus-values mobilières : PFU de 12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux = 31,4 %en 2026, ou option pour le barème. Si l'action a baissé depuis le vesting, vous constatez une moins-value imputable sur des plus-values de même nature (report 10 ans).
Le fait générateur, c'est la vente — pas le départ
Un point que beaucoup découvrent avec soulagement : quitter l'entreprise ne déclenche rien fiscalement en soi. Le gain d'acquisition est imposé l'année où vous disposez des titres (cession, donation ou apport), et non à la date d'acquisition ni au jour du départ. Conserver vos actions revient donc à différerl'impôt du gain d'acquisition — mais aussi à concentrer votre risque sur le titre de votre (ancien) employeur.
Exemple chiffré : Julien, 44 ans, rupture conventionnelle, vend au départ
Actions déjà acquises, vendues au moment du départ (TMI 41 %)
GAIN D'ACQUISITION = 60 000 € (≤ 300 000 € → régime abattement)
Impôt sur le revenu : abattement 50 %
→ assiette 30 000 € × 41 % = 12 300 €
Prélèvements sociaux : 18,6 % sur 100 % du gain
→ 60 000 € × 18,6 % = 11 160 €
Sous-total gain d'acquisition ≈ 23 460 €
PLUS-VALUE DE CESSION = 15 000 € (l'action a monté depuis le vesting)
PFU 31,4 % (12,8 % IR + 18,6 % PS) = 4 710 €
─────────────────────────────────────────────────────
TOTAL impôts + prélèvements sociaux ≈ 28 170 €
Net en poche (sur 75 000 € cédés) ≈ 46 830 €- TMI :41 % (tranche marginale supposée)
- Abattement gain d'acquisition :50 % (assiette IR uniquement)
- Prélèvements sociaux 2026 :18,6 % sur 100 % du gain d'acquisition
- PFU plus-value de cession :31,4 % (12,8 % + 18,6 %)
Chiffres illustratifs 2026, hors CSG déductible l'année suivante et hors contributions sur les hauts revenus (CEHR/CDHR). Aucune société nommée. Point technique du taux de prélèvements sociaux (18,6 %) à confirmer. Recalcul personnalisé nécessaire — voir net après impôts.
Ce qui frappe dans le cas de Julien : sa rupture conventionnelle n'a rien déclenché — c'est le jour de la vente que l'impôt est tombé. Et il a payé sur deux logiques différentes: son gain d'acquisition traité comme un salaire, sa plus-value comme un placement. L'abattement de 50 % n'a allégé que l'impôt sur le revenu de ce gain, jamais les prélèvements sociaux. Pour chiffrer votre propre situation, voir combien il vous reste net.
| Gain | Assiette | Régime 2026 (synthèse) |
|---|---|---|
| Gain d'acquisition (≤ 300 000 €) | Valeur au jour du vesting | Barème IR après abattement 50 % (IR seul) + PS 18,6 % sur 100 % |
| Plus-value de cession | Prix de vente − valeur au vesting | PFU 31,4 % (12,8 % + 18,6 %) ou option barème |
Où trouver le détail (anti-répétition)
Pour le calcul complet, voir impôts sur les actions gratuites et le net après impôts. Pour la déclaration l'année de cession, la fiche dédiée. Pour choisir vendre ou conserver et quand vendre, le calendrier de revente.
Deux fausses bonnes idées à écarter
La donation des titres ne purge PASle gain d'acquisition (il reste dû) : elle purge seulement la plus-value latente — détail dans donation d'actions gratuites. De même, apporter ses actions à une holding met en report la plus-value d'apport, pas le gain d'acquisition salarial : le mécanisme du report 150-0 B ter ne couvre pas ce gain (voir apporter ses actions à une holding). Enfin, un départ à l'étranger peut déclencher l'exit tax (art. 167 bis CGI), au traitement spécifique.
7. Cinq réflexes avant de quitter votre entreprise
Avant de signer une démission ou un protocole de rupture, cinq gestes concrets. Ils tiennent en une matinée et peuvent valoir plusieurs milliers d'euros.
- Lire le règlement de votre plan.Condition de présence ? Clause « good leaver » / « bad leaver » ? Sort différent selon démission ou licenciement ? Période de conservation résiduelle ? C'est le document qui tranche : ouvrez-le avantd'engager quoi que ce soit.
- Mesurer la distance au vesting.À quelques mois de l'acquisition définitive, partir peut coûter cher. Décidez en connaissance de cause, chiffres en main.
- Négocier les actions gratuites dans le protocole de rupture. En rupture conventionnelle ou en transaction, le maintien, le calendrier ou le prorata des droits en cours se négocient: c'est le moment.
- Anticiper l'impôt si vous vendez.Gain d'acquisition et plus-value sont dus la même année de cession. Calibrez avec le calcul de l'impôt.
- Sortir de la « double peine ». Un départ subi (licenciement) peut cumuler perte d'emploi + perte de valeur du titre, le tout adossé au même employeur. Une fois les actions acquises et vendues, pensez diversification → réinvestir le produit de la vente et votre stratégie patrimoniale globale.
Vous partez et vos actions gratuites vous inquiètent ?
Faites le point avec un conseiller : lecture du plan, distance au vesting, impôt en cas de vente et réemploi du produit. En une heure, vous savez ce que vous gardez, ce que vous perdez et ce que coûterait une vente.
8. Trois confusions à éviter
Trois phrases reviennent presque à chaque rendez-vous de départ. Les trois sont fausses — et chacune peut coûter plusieurs milliers d'euros à qui la croit.
« Une action gratuite, c'est mon épargne salariale / mon PEE »
Non. L'action gratuite est un titre de la sociétéattribué par l'assemblée générale extraordinaire, pas de l'épargne salariale (participation, intéressement) bloquée sur un plan d'épargne entreprise. Régime fiscal, périodes et sort au départ diffèrent. Pour comparer les dispositifs d'actionnariat salarié, voir AGA, stock-options et BSPCE : les différences.
« Partir avec mes actions les rend liquides »
Pas nécessairement. Si le titre n'est pas coté, le revendre peut être difficile faute de marché, et sa valeur peut baisser. Une action gratuite reste une rémunération différée, incertaine et parfois illiquide: l'avoir « en poche » ne signifie pas pouvoir la transformer en argent quand on veut.
« Donation ou holding effacent l'impôt »
Non. La donation purge la plus-value latente mais pasle gain d'acquisition, et l'apport à une holding (150-0 B ter) ne couvre pasce gain salarial. Ces stratégies existent, mais elles n'effacent jamais l'impôt sur le gain d'acquisition.
Deux réflexes, dans l'ordre : repérez la date de vesting sur votre attribution, puis ouvrez le règlement du planà la clause « départ ». Ces deux documents répondent à l'essentiel des cas ; le CGP et l'avocat en droit social tranchent le reste. Pour les généralités, revenez au guide pilier des actions gratuites. Si vous êtes dirigeant ou cadre à haut revenu et cherchez à optimiser, orientez-vous vers le pilier patrimonial fiscalité et stratégie des actions gratuites.

