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Guide pilier 202624 minMis à jour 8 juillet 2026À jour LF 2026

150-0 B ter : le guide ultime de l'apport-cession en 2026

Vous allez vendre votre entreprise. Vendre sec, c'est payer immédiatement 31,4 % de plus-value (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux), voire davantage avec la CEHR et la CDHR. L'article 150-0 B ter du CGI permet de REPORTER cet impôt : vous apportez vos titres à une holding à l'IS que vous contrôlez, avant de vendre, et la plus-value est gelée. Conservée jusqu'au décès, elle n'est jamais imposée. Mais la loi de finances 2026 a durci les règles. Ce guide pilier pose le dispositif de bout en bout et vous oriente vers ses 19 volets détaillés. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine (ORIAS 23002291).

APPORT-CESSION 2026

Chiffrer le report d'impôt de votre cession et sécuriser le montage

Audit d'apport-cession : éligibilité du report 150-0 B ter, vérification du contrôle (33,33 %), du remploi 2026 (70 % / 3 ans / 5 ans) et de l'abus de droit, purge au décès, donation et Pacte Dutreil. Cabinet non détenu par une banque ni par un assureur.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

  • Report ou exonération arbitré
  • Contrôle et remploi 2026 vérifiés
  • Purge au décès et Dutreil intégrés
  • Multi-partenaires, sans produit-maison

PV TITRES (PFU)

31,4 %

REMPLOI < 3 ANS

70 %

PRÉSOMPTION CONTRÔLE

33,33 %

PURGE AU DÉCÈS

100 %

IS HOLDING (MÈRE-FILLE)

1,25 %

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1LE PROBLÈME·2 MIN

Vendre son entreprise : 31,4 % de plus-value, et parfois bien plus

L'essentiel en 30 secondes

  • Céder ses titres déclenche une plus-value mobilière taxée au PFU de 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de prélèvements sociaux) l'année de la vente.
  • Pour les hauts revenus s'ajoutent la CEHR (3 à 4 %) et la CDHR (imposition minimale de 20 % du revenu fiscal de référence).
  • Le 150-0 B ter permet de reporter cet impôt en apportant les titres à une holding contrôlée avant de vendre.
  • Conservé jusqu'au décès, le report devient un effacement : la plus-value n'est jamais imposée.

Vous avez bâti votre société pendant des années, et une offre de rachat arrive enfin. Le prix est beau — six, sept, parfois huit chiffres. Et la première mauvaise surprise tombe aussitôt : sur la plus-value, l'État prélève 31,4 % immédiatement. Sur une cession dégageant 2 millions d'euros de gain, cela fait 628 000 € à sortir l'année de la vente. Sur 5 millions, environ 1,57 million — et les surtaxes des hauts revenus peuvent alourdir encore la note.

Cette taxation de 31,4 % se décompose en deux blocs : 12,8 % d'impôt sur le revenu au titre du prélèvement forfaitaire unique (art. 200 A CGI), et 18,6 % de prélèvements sociaux depuis que la LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025) a porté la CSG du capital à 10,6 %. Attention à ne pas confondre : ce sont bien 18,6 % sur une plus-value de cession de titres — et non les 17,2 % qui restent applicables, par exemple, à un rachat d'assurance-vie. Vous pouvez opter pour le barème progressif (art. 200 A), mais pour une forte plus-value, le PFU est en général plus favorable.

L'année de cession : un pic de revenus qui attire les surtaxes

L'année où vous vendez, votre revenu fiscal de référence explose, et deux contributions s'invitent. La CEHR (contribution exceptionnelle sur les hauts revenus, art. 223 sexies) ajoute 3 % sur la fraction de RFR comprise entre 250 000 € et 500 000 € (célibataire), 500 000 € et 1 000 000 € (couple), puis 4 % au-delà de 500 000 € (célibataire) et 1 000 000 € (couple). La CDHR (contribution différentielle sur les hauts revenus, art. 224) garantit une imposition minimale de 20 % du RFR pour ces mêmes foyers. Sur une grosse cession, la note réelle peut donc dépasser sensiblement les 31,4 % théoriques. C'est précisément ce que le 150-0 B ter permet d'éviter — en reportant l'impôt plutôt qu'en le payant. La mécanique de ces surtaxes est détaillée dans notre guide sur les prélèvements sociaux 2026 et la dualité 17,2 % / 18,6 %.

Il existe une autre voie, et elle est parfaitement dans les clous : ne pas payer tout de suite, mais geler l'impôt et faire travailler l'intégralité du prix. La différence est concrète. Après une vente sèche à 2 M€, vous ne réinvestissez que 1 372 000 € — une fois les 628 000 € d'impôt sortis de votre poche. Avec l'apport-cession, ce sont les 2 000 000 € entiers qui restent au travail dans votre holding : l'impôt est reporté, et si vous conservez les titres jusqu'à votre décès, il n'est jamais payé. Au fond, le choix est là : 1,37 M€ net dans votre poche tout de suite, ou 2 M€ qui continuent de tourner et que vous transmettez. C'est exactement le pari de l'apport-cession (art. 150-0 B ter). Ce guide en est le pilier : il pose le mécanisme de A à Z, puis renvoie vers chacun de ses volets approfondis (conditions, remploi, décès, donation, risques, alternatives).

§ 2LE MÉCANISME·3 MIN

Qu'est-ce que le 150-0 B ter ? Le mécanisme en 4 temps

L'article 150-0 B ter du CGI organise un report d'imposition, de plein droit (c'est-à-dire obligatoire, non optionnel), de la plus-value réalisée lors de l'apport de titres à une société soumise à l'IS que l'apporteur contrôle. Retenez une chose : ce qui déclenche le report, c'est l'apport, pas la vente qui suit. La plus-value d'apport est calculée et figée à la date de l'apport, puis son imposition est différée. On parle d'« apport-cession » parce que l'apport précède, dans le temps, la cession réalisée ensuite par la holding.

Mémo express

L'apport-cession en 4 temps

  • 1. La holding. Vous détenez ou créez une holding à l'IS (SAS, SARL) que vous contrôlez, bien en amont de toute cession.
  • 2. L'apport. Vous apportez vos titres à la holding avant de vendre : la plus-value d'apport est figée et placée en report (au lieu d'être taxée à 31,4 %).
  • 3. La cession. La holding vend les titres. Comme le prix de vente est proche du prix d'apport, il n'y a quasiment pas de nouvelle plus-value : le produit entre dans la holding sans frottement immédiat.
  • 4. Le remploi. Si la cession intervient dans les 3 ans de l'apport, la holding doit réinvestir 70 % du produit dans une activité éligible ; au-delà de 3 ans, aucune obligation.

Ce que beaucoup confondent : l'apport-cession ne supprime pas l'impôt, il le décale. Vous n'encaissez pas le prix sur votre compte personnel ; vous logez vos titres dans une holding qui recevra le produit de la vente et le fera travailler. Tant que vous conservez les titres de la holding, l'impôt sur la plus-value d'apport dort. Le détail pas-à-pas figure dans notre guide comprendre le mécanisme complet de l'apport-cession, tandis que la stratégie d'apport à une holding, étape par étape et le fonctionnement précis du report d'imposition sont approfondis chacun dans leur guide.

Report n'est pas exonération : la nuance à ne jamais oublier

Le report est un impôt différé, pas effacé. La plus-value figée à l'apport redevient exigible à l'expiration du report : cession des titres de la holding, remploi insuffisant, expatriation. Elle n'est définitivement purgée qu'au décès de l'apporteur ou par une donation qualifiée (voir §7). Un conseiller honnête ne vous vendra jamais le 150-0 B ter comme une exonération : c'est un formidable outil de différé et de transmission, à condition de comprendre qu'il ne réduit pas l'impôt, il le décale.
§ 3NE PAS CONFONDRE·2 MIN

Report (150-0 B ter) ou sursis (150-0 B) : ne pas confondre

Deux régimes se ressemblent et pourtant s'opposent. Tout dépend d'une seule question : contrôlez-vous, oui ou non, la holding qui reçoit l'apport ? Si oui, c'est le report (150-0 B ter). Si non, c'est le sursis (150-0 B). Et cette seule question décide de la suite — à commencer par l'effacement au décès.

Report — art. 150-0 B ter

Apport à une holding que vous CONTRÔLEZ. La plus-value est calculée et figée à l'apport, déclarée immédiatement (2074-I), puis reportée. Elle est PURGÉE au décès de l'apporteur. C'est le régime du dirigeant seul maître de sa holding — et c'est lui qui ouvre l'effacement au décès.

Sursis — art. 150-0 B

Apport à une holding que vous NE contrôlez PAS. L'opération est intercalaire : aucune plus-value n'est calculée à l'apport, elle sera déterminée plus tard par rapport au prix d'acquisition d'origine. MAIS il n'y a PAS de purge au décès. Régime plus rare pour un dirigeant qui structure sa propre holding.

Exonération — ce que le report n'est PAS

Le report n'est ni le 238 quindecies (exonération de cession de PME) ni le 150-0 D ter (abattement dirigeant-retraite). Ces régimes EFFACENT l'impôt à la cession ; le report ne fait que le DIFFÉRER. On les compare au §11 — surtout ne pas les confondre.

La formule à retenir

Report (150-0 B ter, société contrôlée, purge au décès) ≠ sursis (150-0 B, société non contrôlée, pas de purge) ≠ exonération (238 quindecies / 150-0 D ter, qui effacent l'impôt). Pour le dirigeant qui monte sa propre holding et en garde le contrôle, on est presque toujours dans le report — la bonne nouvelle, car c'est lui qui permet la purge.
§ 4RÉFORME 2026·3 MIN

Ce que la loi de finances 2026 a changé (avant / après)

Le point le plus important de ce guide

La loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026) a durci l'apport-cession pour les cessions réalisées par la holding à compter du 21/02/2026. Le remploi passe de 60 % à 70 %, le délai de 2 ans à 3 ans, la conservation des actifs de réinvestissement direct de 12 mois à 5 ans, et la purge en cas de donation de 5/10 ans à 6/11 ans. Les pages et simulateurs encore en 60 % / 2 ans / 12 mois sont périmés.
Régime applicable selon la date de CESSION par la holding (et non la date d'apport). Historique du seuil : 50 % (2012) → 60 % (LF 2019) → 70 % (LF 2026).
ParamètreAvant (cessions ≤ 20/02/2026)Depuis le 21/02/2026 (LF 2026)
Seuil de remploi60 % du produit de cession70 % du produit de cession
Délai pour remployer2 ans (24 mois)3 ans (36 mois)
Conservation — remploi direct12 mois5 ans
Conservation — parts de fonds5 ans5 ans (inchangé)
Purge donation — remploi direct5 ans6 ans
Purge donation — via fonds10 ans11 ans

Le point de bascule est la date de cession des titres par la holding, pas la date de l'apport ni la date de constitution de la holding. Une cession réalisée à compter du 21 février 2026 relève du nouveau régime (70 % / 3 ans / conservation 5 ans). Ce durcissement ne remet pas en cause l'intérêt du dispositif — la purge au décès reste totale — mais il rend le calendrier encore plus décisif : apporter tôt pour vendre au-delà de 3 ans supprime purement et simplement la contrainte de remploi (voir §6).

Attention : le BOFiP en ligne n'est pas à jour

Au 8 juillet 2026, le BOFiP (BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60-20, version 18/08/2025) affiche encore 60 % / 2 ans / 12 mois : il n'a pas intégré la LF 2026. En cas de doute, le texte légal (Legifrance, art. 150-0 B ter en vigueur depuis le 21/02/2026) prime sur la doctrine non actualisée. C'est un piège classique : beaucoup de contenus recopient le BOFiP périmé. Le détail de ce qui change figure dans notre guide apport-cession 2026 : tout ce qui change cette année.
Hagnéré Patrimoine

Votre cession relève-t-elle du régime durci 2026 ?

Un conseiller en gestion de patrimoine vérifie la date de bascule applicable à votre opération, calcule le seuil de remploi de 70 % et modélise l'impact du durcissement 2026 sur votre calendrier d'apport et de vente.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 5LES CONDITIONS·3 MIN

Les conditions clés du report (contrôle, holding IS, soulte)

Le piège n°1 : le contrôle n'est pas 50 %

Beaucoup écrivent « contrôle = plus de 50 % ». C'est faux. Le contrôle de la holding est caractérisé dès qu'une seule des conditions de l'article 150-0 B ter III-2° est remplie. Se tromper peut faire basculer l'opération du report (avec purge) vers le simple sursis (sans purge).

Mémo express

Les 3 façons de contrôler la holding (150-0 B ter III-2°)

  • La majorité des droits de vote OU des droits dans les bénéfices, détenue directement ou indirectement — et en additionnant le groupe familial : conjoint, ascendants, descendants, frères et sœurs.
  • La présomption : vous détenez au moins 33,33 % des droits et aucun autre associé ne détient davantage. Présomption simple, mais elle suffit à caractériser le contrôle.
  • Le pouvoir de décision de fait : contrôle de fait, action de concert, pacte d'associés — vous êtes le « maître de l'affaire » même sans détenir la majorité.

Pour le dirigeant seul maître de sa holding, la question est vite réglée : il en détient 100 %, le contrôle est évident, et l'on est dans le report. Le sujet devient sensible dans une société à plusieurs associés, où il faut manier le seuil de 33,33 % et l'agrégation familiale. Un réflexe utile : le contrôle se juge une fois l'apport réalisé, pas sur la photo d'avant. Restent deux conditions à ne pas rater, résumées ci-dessous.

Les conditions cumulatives du report 150-0 B ter.
ConditionContenuTexte
ApporteurPersonne physique fiscalement domiciliée en FranceArt. 150-0 A CGI
Holding bénéficiaireSoumise à l'IS (SAS, SARL…), en France / UE / EEE150-0 B ter I
ContrôleHolding contrôlée par l'apporteur à l'issue de l'apport (33,33 % et +)150-0 B ter III-2°
Soulte≤ 10 % de la valeur nominale : surplus en report, mais PV imposée dès l'apport à hauteur de la soulte ; > 10 % : toute la PV imposable150-0 B ter I
DéclarationPV calculée et figée à l'apport, déclarée l'année de l'apport (2074-I)150-0 B ter VI

La soulte : tolérée jusqu'à 10 %, mais à manier avec prudence

En contrepartie de l'apport, vous pouvez recevoir une soulte (versement complémentaire en numéraire). Attention à une idée reçue : depuis le 1er janvier 2017, la plus-value correspondant à la soulte est imposée immédiatement, l'année de l'apport, même lorsque la soulte n'excède pas 10 % de la valeur nominale des titres reçus (seul le surplus de plus-value reste en report). Au-delà de 10 %, c'est la totalité de la plus-value d'apport qui devient imposable immédiatement (perte du report). Une soulte n'est pas mécaniquement abusive — le Conseil d'État (CE 29/09/2023, n° 471003) a jugé qu'une soulte inscrite en compte courant bloqué n'est pas automatiquement un abus, et que la remise en cause se limite à la soulte sans faire tomber tout le report (CE 18/06/2025, n° 492438). En pratique, on la déconseille sauf justification économique documentée. On déroule chaque condition, pas à pas, dans le guide 150-0 B ter : les conditions d'application en 2026, et les profils concernés dans 150-0 B ter : pour qui et pourquoi.
§ 6LE REMPLOI 2026·4 MIN

La déchéance et le remploi de 70 % : ce qui se passe après l'apport

Ce qu'il faut avoir en tête

  • Si la holding cède les titres apportés dans les 3 ans → obligation de remploi de 70 % du produit, dans les 3 ans (36 mois), actifs conservés 5 ans (régime LF 2026).
  • Si la holding cède plus de 3 ans après l'apport → aucune obligation de remploi, report maintenu sans condition.
  • Remploi raté (montant, délai ou actif non éligible) → déchéance : la plus-value figée redevient imposable, majorée des intérêts de retard.

Tout se joue ici. Le principe : si la holding vend trop tôt les titres qu'elle a reçus (dans les 3 ans), l'administration veut s'assurer que le produit sert un vrai projet économique et non un simple encaissement déguisé. D'où l'obligation de réinvestir au moins 70 % du produit de cession dans une activité économique éligible, dans un délai de 3 ans, en conservant les actifs acquis pendant 5 ans. À l'inverse, une cession au-delà de 3 ans après l'apport n'impose aucun remploi : c'est la « voie royale » qui récompense l'anticipation.

Mémo express

Ce qui est ÉLIGIBLE au remploi de 70 % (art. 150-0 B ter I-2, a à d)

  • (a) Le financement de moyens permanents affectés à une activité commerciale, industrielle, artisanale, libérale, agricole ou financière (hors gestion de son propre patrimoine).
  • (b) L'acquisition du contrôle d'une société opérationnelle soumise à l'IS.
  • (c) La souscription en numéraire au capital de sociétés opérationnelles éligibles.
  • (d) La souscription de parts de FCPR, FPCI, SCR ou SLP (fonds définis à l'art. 163 quinquies B CGI, dont le quota d'investissement est porté à 75 % par le d du 2° du I du 150-0 B ter), parts conservées 5 ans.

Ce qui est EXCLU (et que la réforme a renforcé)

Sont exclus : la gestion de votre propre patrimoine mobilier ou immobilier, la location nue et meublée, l'immobilier de rendement et les SCPI, la holding passive. La LF 2026 a renforcé les exclusions (marchand de biens, promotion, syndic, agent immobilier, certaines activités financières). Traduction : la SCPI ou l'immeuble locatif que votre banquier va vous proposer ne comptent pas comme remploi — c'est l'erreur qu'on rattrape le plus souvent. En revanche, le private equity éligible (FCPR / FPCI respectant le quota) l'est.
Trois délais distincts, souvent confondus : la fenêtre de déchéance (3 ans), le délai de remploi (3 ans) et la conservation (5 ans).
Les 3 délais à ne pas confondreDuréeCe qu'il déclenche
Fenêtre de déchéance3 ans après l'apportRevente par la holding dans ce délai → remploi obligatoire
Délai de remploi3 ans (36 mois) après la cessionTemps pour réinvestir les 70 %
Conservation des actifs5 ansDurée minimale de détention du réinvestissement

Sur le terrain, l'exigence de réinvestissement économique est d'origine jurisprudentielle avant d'être codifiée : le Conseil d'État l'a posée dès 2010 (CE 08/10/2010, Bazire n° 301934 et Bauchart n° 313139), en jugeant qu'un apport-cession n'est pas abusif si la holding réinvestit réellement dans une activité économique. Il a aussi précisé qu'un remploi par prise de contrôle s'apprécie à la date du réinvestissement (CE 16/02/2024, n° 472835). Chaque brique — le réinvestissement de 70 % du produit de cession, le délai de 3 ans (36 mois) pour réinvestir, la liste des actifs éligibles, la durée de conservation après réinvestissement et le choix de FCPR éligibles au remploi — chacune a son guide dédié.

Note de méthode : le report fige l'impôt, pas le rendement

Placer le remploi en private equity (FCPR, FPCI) est éligible, mais restons factuels : ces fonds sont illiquides (blocage de plusieurs années) et comportent un risque de perte en capital. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures. L'avantage fiscal du report est acquis indépendamment du rendement obtenu, mais il ne transforme pas un placement risqué en placement garanti : la logique fiscale et la logique financière se raisonnent séparément. Pour comprendre cette classe d'actifs, voyez nos guides private equity et ELTIF 2.0 : le private equity accessible aux particuliers.
§ 7LA PURGE·3 MIN

Décès et donation : comment 628 000 € d'impôt peuvent n'être jamais payés

Pourquoi le dirigeant qui pense d'abord à ses enfants choisit le report

Le report est personnel. Au décès de l'apporteur qui détient encore les titres de la holding, la plus-value placée en report s'éteint définitivement, sans jamais être imposée. Les héritiers reçoivent les titres à leur valeur au jour du décès et ne paient que les droits de succession. Reporter puis conserver ses titres jusqu'au décès, c'est effacer l'intégralité de l'impôt de plus-value : le dirigeant qui a gelé 628 000 € en apportant sa PME à sa holding ne les paiera jamais si ses héritiers reçoivent cette holding à son décès. C'est ce basculement — d'un impôt différé vers un impôt jamais payé — qui fait du report un outil de transmission.

Ce qui n'était qu'un report (un impôt différé) devient, au décès, une exonération de fait. C'est ce qui distingue radicalement l'apport-cession d'une vente directe : tant que vous ne déclenchez pas un événement imposable de votre vivant, l'impôt sur la plus-value historique finit par disparaître. Pour le dirigeant de 55 ou 60 ans qui a déjà ses revenus assurés et pense d'abord à ses enfants, ce raisonnement de transmission emporte souvent la décision. Toute la mécanique de la purge au décès, on la déroule dans le guide décès du contribuable et 150-0 B ter : la purge du report.

L'exception à connaître : l'avantage matrimonial au conjoint

Une nuance importante : si les titres grevés du report sont attribués au conjoint survivant via un avantage matrimonial (clause de préciput, attribution intégrale de la communauté), le report subsiste sur la tête du conjoint — il n'y a pas de purge dans ce cas. C'est un point à vérifier avec votre notaire selon votre régime matrimonial, car il peut faire échec à l'effacement attendu.

De votre vivant, la donation des titres de la holding est l'autre voie de purge. Elle transfère le report sur la tête du donataire s'il contrôle la holding ; la plus-value est alors définitivement purgée si le donataire conserve les titres pendant 6 ans (contre 5 auparavant), délai porté à 11 ans (contre 10) lorsque le report résulte d'un remploi en fonds. Si le donataire ne contrôle pas la holding, la plus-value est imposée immédiatement chez le donateur. La donation, on l'a sortie à part : les règles complètes sont dans le guide donation de titres en report 150-0 B ter.

Les chemins de purge de la plus-value en report (valeurs LF 2026 : donation 6 ans / 11 ans si fonds).
ÉvénementEffet sur le reportCondition
Décès de l'apporteurPurge définitive (PV jamais imposée)Détention des titres au décès
Donation (donataire contrôle)Transfert puis purgeConservation 6 ans (11 ans si fonds)
Donation (donataire ne contrôle pas)Imposition immédiate chez le donateur—
Conjoint via avantage matrimonialReport SUBSISTE (pas de purge)Préciput / attribution de communauté

Cumul possible avec le Pacte Dutreil

Pour transmettre la holding à des enfants, une articulation avec le Pacte Dutreil (art. 787 B CGI) est possible — exonération de 75 % de la valeur des titres pour les droits de mutation — à condition que la holding soit animatrice de son groupe (CE plén. fisc. 13/06/2018, n° 395495, Cofices). C'est un cumul puissant mais exigeant. Voyez nos guides holding animatrice : la condition du cumul avec le Pacte Dutreil et organiser la transmission de son patrimoine.
§ 8LA SORTIE·2 MIN

Quand l'impôt en report redevient-il exigible ?

Le report finit toujours par s'éteindre — reste à savoir par quel événement, et s'il aura été purgé avant que l'impôt ne redevienne exigible. Plusieurs situations y mettent fin et rendent la plus-value figée exigible l'année où elles surviennent. Le premier : la cession, par l'apporteur, de ses propres titres de holding — l'impôt sur la plus-value d'apport tombe alors (déclaration sur le formulaire 2074-I, report annuel en case 8UT de la 2042 tant que le report court, art. 150-0 B ter VI). Le deuxième : un remploi insuffisant (moins de 70 %, hors délai, ou en actif non éligible) après une cession intervenue dans les 3 ans → déchéance. On passe ces cas de sortie en revue dans le guide sortie du 150-0 B ter : que devient l'impôt en report.

L'expatriation : l'exit tax (art. 167 bis)

Le transfert du domicile fiscal hors de France met fin au report et déclenche l'exit tax (art. 167 bis CGI) : la plus-value en report devient imposable au jour du transfert, avec un sursis de paiement automatique en cas de départ vers un État de l'Union européenne ou de l'Espace économique européen, et des garanties exigées pour un État tiers. La règle d'or : réaliser l'apport-cession avant tout projet d'expatriation et faire chiffrer l'exit tax avant de partir. Si l'expatriation est dans vos cartons, lisez d'abord nos guides apport-cession et exit tax et apport-cession pour expatrié français avant de bouger.

Ne pas perdre le report par négligence déclarative

Le report se nourrit chaque année d'une ligne sur votre déclaration : oubliez la case 8UT et vous risquez de réveiller l'impôt par simple négligence. L'année de l'apport, la plus-value est calculée, figée et déclarée sur le formulaire 2074-I ; ensuite, tant que le report court, vous en reportez le montant total en case 8UT de la 2042. Un suivi déclaratif rigoureux fait partie intégrante de la stratégie.
§ 9LES RISQUES·3 MIN

Les risques : abus de droit et remise en cause

Un seul motif concentre la quasi-totalité des redressements sur ce type de montage. Un apport suivi d'une cession immédiate sans substance — typiquement, apporter à une holding une vente déjà négociée et signée, pour encaisser le prix à l'abri du report sans aucun projet économique — est requalifiable en abus de droit. Deux fondements : l'article L. 64 du Livre des procédures fiscales (but exclusivement fiscal) et l'article L. 64 A (mini-abus, but principalement fiscal, pour les actes passés depuis 2020). À la clé, des majorations de 40 % ou 80 % (art. 1729 b CGI).

Depuis sa codification le 14 novembre 2012, le dispositif protège les montages de bonne foi. Le législateur a repris la doctrine du Conseil d'État (CE 08/10/2010, Bazire et Bauchart), qui admet l'apport-cession dès lors que la holding réinvestit réellement dans une activité économique. Ce ne sont donc pas les montages sérieux qui sont visés, mais les montages de façade.

Mémo express

Check-list anti-remise en cause

  • Apporter AVANT toute négociation : ne jamais apporter une cession déjà négociée ou signée.
  • Donner de la substance à la holding : objet social large, organes, comptes, existence réelle.
  • Respecter le remploi de 70 % si la cession intervient dans les 3 ans (réel et documenté).
  • Borner la soulte sous 10 % de la valeur nominale et la justifier économiquement.
  • Tenir un calendrier crédible : apporter bien en amont reste la meilleure assurance (voie royale du §6).

La sanction est proportionnée quand elle vise la soulte

Un arrêt récent calme le jeu : le Conseil d'État (CE 18/06/2025, n° 492438) a jugé que lorsque l'administration ne vise par l'abus de droit que la soulte, la remise en cause se limite à la soulte ; le report subsiste pour le reste. Une soulte mal calibrée ne fait donc pas nécessairement s'effondrer toute l'opération. Le détail des risques et de la jurisprudence figure dans notre guide remise en cause 150-0 B ter par l'administration : les risques.
§ 10POUR QUI · CAS CHIFFRÉS·4 MIN

Pour qui, à partir de quel montant ? Trois cas chiffrés

L'apport-cession vise les dirigeants et actionnaires de PME qui cèdent avec une forte plus-value, dans deux logiques : réinvestir (l'entrepreneur qui veut rebondir) ou transmettre (la purge au décès). En dessous de 500 000 € à 1 M€ de plus-value, le coût et la lourdeur d'une holding font rarement le poids ; au-delà, tout dépend de votre intention. Un fondateur de 45 ans qui veut remettre son capital au travail n'a pas le même intérêt qu'un dirigeant de 62 ans qui prépare la transmission à ses enfants. Trois profils, chiffrés à l'euro, le montrent : Marc, Sophie et Antoine.

Hypothèses de calcul

Pour rester lisibles, les cas supposent que la plus-value d'apport est proche du prix de cession (prix d'acquisition initial faible, fréquent pour un fondateur). Le PFU retenu est de 31,4 % (12,8 % d'IR + 18,6 % de PS), hors CEHR / CDHR sauf mention. Ce sont des ordres de grandeur pédagogiques, non une simulation personnalisée.

Cas 1 · Marc · PME industrielle · cession 2 000 000 € · apport 4 ans avant

Marc — 628 000 € reportés, puis purgés au décès

Marc, 58 ans, cède sa PME industrielle pour 2 000 000 € (plus-value ≈ 2 000 000 €). Il avait apporté ses titres à sa holding à l'IS, qu'il contrôle à 100 %, 4 ans avant la vente.

Vente sèche (sans apport) : 2 000 000 € × 31,4 % = 628 000 € à payer immédiatement (+ CEHR possible).

Avec apport-cession : la plus-value est gelée en report. La cession par la holding intervenant au-delà de 3 ans, il n'y a aucune obligation de remploi : le report est maintenu sans condition. Impôt l'année de la vente = 0 €, et le produit (2 M€) reste dans la holding pour être placé (mère-fille, private equity, capitalisation).

Marc conserve les titres de la holding jusqu'à son décès → la plus-value en report est définitivement purgée : 628 000 € jamais payés. Apport > 3 ans avant la cession + détention jusqu'au décès = un impôt de 628 000 € transformé en zéro.

Cas 2 · Sophie · cession 5 000 000 € · la holding revend 1 an après l'apport

Sophie — la holding vend à 12 mois : 3 500 000 € à réinvestir

Sophie, 49 ans, cède sa société pour 5 000 000 € (plus-value ≈ 5 000 000 €). La holding, qui a reçu l'apport peu avant, revend 1 an après (donc dans les 3 ans) → remploi obligatoire. On suppose une revente au prix d'apport, soit un produit net ≈ 5 000 000 €.

Vente sèche : 5 000 000 € × 31,4 % = 1 570 000 €, majorés de la CEHR (4 % sur la fraction de RFR > 500 000 €) et de la CDHR (plancher 20 %).

Avec apport-cession : remploi minimal = 5 000 000 € × 70 % = 3 500 000 € à réinvestir dans une activité économique éligible (prise de contrôle d'une société à l'IS, souscription en numéraire, ou FCPR / FPCI éligibles), dans les 3 ans et conservés 5 ans. Les 30 % restants (1 500 000 €) restent libres dans la holding.

Si le remploi échoue (< 70 %, hors délai ou actif non éligible) → déchéance : 1 570 000 € exigibles + intérêts de retard. Vendre vite (< 3 ans) n'interdit pas le report, mais impose de placer 3,5 M€ en remploi éligible — surtout pas en SCPI ni immobilier locatif, qui sont exclus.

Cas 3 · Antoine · transmission familiale · PV en report 1 200 000 €

Antoine — la holding transmise aux enfants, la plus-value purgée

Antoine, 63 ans, a apporté puis cédé via sa holding : la plus-value en report est de 1 200 000 €, figée. Il donne les titres de la holding à ses deux enfants, qui en prennent le contrôle.

Le report est transféré aux enfants. S'ils conservent les titres 6 ans (11 ans si le remploi avait été fait via des fonds) → la plus-value en report de 1 200 000 € est définitivement purgée chez les donataires. L'impôt latent (jusqu'à 1 200 000 € × 31,4 % ≈ 376 800 €) disparaît.

Si la holding est animatrice, cumul possible avec le Pacte Dutreil (art. 787 B) : abattement de 75 % sur les droits de donation. L'apport-cession n'est pas qu'un report d'impôt : bien orchestré, c'est un outil de transmission à coût fiscal réduit.

Ce que disent ces trois cas

Le report est un outil de réinvestissement et de transmission, pas d'encaissement

  • Apport > 3 ans + décès (Marc) : 628 000 € reportés, puis purgés. La combinaison gagnante quand on transmet.
  • Cession < 3 ans (Sophie) : report possible, mais 3,5 M€ à placer en remploi éligible (pas de SCPI), sinon déchéance à 1 570 000 €.
  • Transmission (Antoine) : donation aux enfants contrôlants → purge après 6 ans, cumul Dutreil possible si holding animatrice.
  • Le cédant qui veut encaisser le prix pour en profiter (retraite) regardera plutôt les exonérations du §11 : le report bloque le cash dans la holding.

Ces profils recoupent nos études de cas dédiées : vendre sa société à 2 millions : que faire, céder une entreprise à 10 millions : réinvestir et transmettre, ou les scénarios dirigeant, apport-cession à 1 million et à 3 millions. Cas particulier : si vous exercez une profession libérale en SEL ou SPFPL, le dispositif comporte des spécificités ordinales traitées dans notre guide apport-cession 150-0 B ter en profession libérale.

Méthode documentée

Modéliser votre apport-cession avec un conseiller en gestion de patrimoine

Comme dans les trois cas ci-dessus, on chiffre votre opération au centime près avant que vous ne signiez : report ou exonération, gain net dans chaque scénario, impact CEHR / CDHR de l'année de cession et coût d'un remploi raté. Vous voyez, scénario par scénario, ce que chaque option laisse réellement net dans votre poche — avant d'avoir signé le moindre acte.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 11LES ALTERNATIVES·3 MIN

Report ou exonération ? Le 150-0 B ter face à ses alternatives

Le dirigeant qui part à la retraite et le fondateur de 45 ans qui veut réinvestir se posent la même question — report ou exonération ? — mais la bonne réponse n'est pas la même, et c'est l'arbitrage qu'on voit le plus souvent raté. Le report diffère l'impôt ; les exonérations et abattements de cession l'effacent (partiellement). Ce ne sont pas des concurrents mais des outils complémentaires, à choisir selon votre projet : réinvestir et transmettre (report) ou encaisser le prix net (exonération). Le tableau suivant les met en regard.

Le 150-0 B ter est un REPORT ; le 238 quindecies et le 150-0 D ter effacent (partiellement) l'impôt à la cession ; le Dutreil vise la transmission. À comparer, pas à confondre.
DispositifNatureEffet
150-0 B terReport d'impositionImpôt différé, purgé au décès ou par donation qualifiée. Pour réinvestir / transmettre.
238 quindeciesExonération (cession de PME)Totale ≤ 500 000 € de valeur, dégressive jusqu'à 1 000 000 €. Plutôt entreprise / branche d'activité.
150-0 D terAbattement dirigeant retraitéAbattement fixe de 500 000 € sur l'IR (PS 18,6 % dus sur tout). Prorogé jusqu'au 31/12/2031 (LF 2025, maintenu LF 2026).
787 B (Dutreil)TransmissionAbattement de 75 % sur les droits de mutation. Cumulable avec le report si holding animatrice.

Ne pas confondre report et exonération

C'est l'erreur qui revient le plus cher en rendez-vous : le 150-0 B ter ne réduit jamais l'impôt, il le décale. Si vous partez à la retraite et qu'un régime d'exonération efface déjà l'impôt sur le prix de votre société, le report n'apporte rien et bloque inutilement le cash dans la holding. À l'inverse, si vous voulez réinvestir et transmettre, le report est imbattable. Ces arbitrages, ainsi que les nouveautés fiscales de l'année, sont approfondis dans notre guide loi de finances 2026 : les nouveautés fiscales.

Le 150-0 B ter en 12 chiffres

La synthèse chiffrée du dispositif

  • PFU 31,4 % — la taxation évitée (12,8 % IR + 18,6 % PS).
  • 33,33 % — présomption de contrôle de la holding.
  • 3 ans — fenêtre de déchéance (revente par la holding).
  • 70 % — remploi minimal du produit si cession < 3 ans.
  • 36 mois — délai pour réaliser le remploi.
  • 5 ans — conservation des actifs de remploi (direct et fonds).
  • 75 % — quota d'investissement des fonds éligibles.
  • ≤ 10 % — soulte tolérée (valeur nominale des titres reçus).
  • 6 / 11 ans — conservation pour purger via donation.
  • 100 % — purge au décès (impôt jamais payé).
  • 1,25 % — IS effectif mère-fille sur les dividendes remontés.
  • 21/02/2026 — date de bascule du régime durci (LF 2026).

Notre méthode : chiffrer avant de signer

Chaque apport-cession est un cas d'espèce. Le bon arbitrage dépend de votre âge, de votre projet (réinvestir ou encaisser), de votre régime matrimonial, du calendrier de vente et de la présence éventuelle d'un repreneur déjà identifié. Chez Hagnéré Patrimoine, nous modélisons l'opération à l'euro — report ou exonération, coût d'un remploi raté, purge au décès, cumul Dutreil — avant toute décision, et nous coordonnons avocat fiscaliste et notaire pour sécuriser le montage contre l'abus de droit. Un 150-0 B ter mal calibré (contrôle fragile, cession déjà négociée avant l'apport, remploi non éligible) peut coûter plus cher que l'impôt qu'il prétend éviter : il n'existe pas de solution générique, seulement une étude personnalisée.

Une fois la cession réalisée, la trésorerie logée dans la holding peut travailler dans un cadre favorable : dividendes remontés au régime mère-fille (IS effectif de 1,25 %, art. 145 et 216), puis réinvestissement via un contrat de capitalisation comme trésorerie de la holding, du private equity ou des titres opérationnels. La structuration d'ensemble — de la holding patrimoniale à la transmission — se raisonne globalement, avant même de signer la vente.

ACCOMPAGNEMENT

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Conseil en gestion de patrimoine : éligibilité du report 150-0 B ter, sécurisation du contrôle et du remploi 2026, anticipation de la purge au décès et de la transmission (donation, Dutreil), puis placement de la trésorerie de la holding. Une vision globale et chiffrée, de l'apport à la transmission. Le choix d'une forme de société ou d'un régime fiscal et la rédaction des actes reviennent à votre avocat, votre notaire ou votre expert-comptable.

Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée.

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Le rendez-vous offert : recueil de votre situation et présentation des mécanismes généraux, sans recommandation personnalisée. Les prestations décrites ci-dessus relèvent d'une mission sur lettre de mission signée.

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Sources et références légales

  • CGI — le mécanisme du report

    Art. 150-0 B ter CGI (report d'imposition, contrôle III-2°, remploi I-2°, donation II, déclaration VI). Art. 150-0 B CGI (sursis applicable en l'absence de contrôle, sans purge au décès). Art. 150-0 A et 200 A CGI (plus-value mobilière des particuliers, PFU). Art. 163 quinquies B CGI (fonds FCPR/FPCI/SCR/SLP éligibles ; quota d'investissement porté à 75 % par le d du 2° du I du 150-0 B ter). Art. 167 bis CGI (exit tax). Doctrine : BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60-10, -20, -30 et -40.

  • Fiscalité 2026

    LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30/12/2025 : CSG du capital portée à 10,6 %, prélèvements sociaux 18,6 %, PFU 31,4 % sur la plus-value mobilière). LF 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026 : durcissement de l'apport-cession — remploi 70 %, délai 3 ans, conservation 5 ans, donation 6/11 ans). LF 2019 (loi n° 2018-1317 du 28/12/2018 : seuil de remploi porté de 50 à 60 %). Art. 223 sexies CGI (CEHR 3/4 %). Art. 224 CGI (CDHR, plancher 20 %).

  • Abus de droit et alternatives

    Art. L. 64 et L. 64 A LPF (abus de droit et mini-abus). Art. 1729 b CGI (majorations 40 % / 80 %). Art. 238 quindecies CGI (exonération de PME, 500 000 € / 1 000 000 €). Art. 150-0 D ter CGI (abattement fixe 500 000 € dirigeant retraité, prorogé au 31/12/2031 par la LF 2025, maintenu par la LF 2026). Art. 787 B CGI (Pacte Dutreil, 75 %). Art. 145 et 216 CGI (régime mère-fille, IS effectif 1,25 %).

  • Jurisprudence structurante

    CE plén. fisc. 08/10/2010 n° 301934 (Bazire) et n° 313139 (Bauchart) : exigence de réinvestissement économique, matrice du dispositif codifié. CE plén. fisc. 13/06/2018 n° 395495 (Cofices) : holding animatrice. CE 29/09/2023 n° 471003 et CE 18/06/2025 n° 492438 : soulte. CE 16/02/2024 n° 472835 : remploi par prise de contrôle.

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. Tout apport-cession doit faire l'objet d'une étude individualisée (éligibilité du report, vérification du contrôle et du remploi, abus de droit, purge au décès, transmission). Les chiffres et taux cités sont à jour au 8 juillet 2026 mais peuvent évoluer (LF/LFSS annuelles, doctrine BOFiP, jurisprudence). Point important : la loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19/02/2026) a durci le régime pour les cessions réalisées à compter du 21/02/2026 (remploi 70 %, délai 3 ans, conservation 5 ans, donation 6/11 ans) ; le BOFiP en ligne (BOI-RPPM-PVBMI-30-10-60), encore rédigé en 60 % / 2 ans / 12 mois, n'a pas encore intégré cette réforme, et le texte légal (Legifrance) prime. Les hypothèses des cas chiffrés (plus-value approchée par le prix d'apport) sont signalées comme telles et constituent des ordres de grandeur pédagogiques, non une simulation personnalisée. Le private equity (FCPR, FPCI) évoqué comme actif de remploi est illiquide et comporte un risque de perte en capital : les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Foire aux questions

Tout sur le 150-0 B ter et l'apport-cession report, conditions 2026, remploi 70 %, purge au décès et risques.

Les questions qu'on nous pose le plus en rendez-vous de cession : définition du dispositif, report ou sursis, exonération ou pas, ce que change la loi de finances 2026, remploi de 70 %, délai de 3 ans, revente avant 3 ans, actifs éligibles, purge au décès, donation, contrôle à 33,33 %, soulte, abus de droit et montant à partir duquel c'est pertinent. Réponses sourcées et à jour 2026.