Ce que nous faisons concrètement pour un expatrié au Portugal
Ce volet expose le droit applicable. La page que nous consacrons à l’expatriation au Portugal expose notre intervention : les profils que nous accompagnons, la façon dont nous coordonnons les conseils locaux, et ce qui relève de leur ressort plutôt que du nôtre.
32. Quand le Portugal n'est plus la bonne réponse
La question arrive presque toujours dans les mêmes termes, et presque toujours trop tard : « Si le Portugal ne marche plus, où faut-il aller ? » Elle est mal posée, et nous la reposons systématiquement avant d’y répondre. Le Portugal n’a pas cessé de marcher. Il a cessé de marcher pour un profil précis, qui se trouve être le plus nombreux : le retraité du secteur privé dont la pension française constitue l’essentiel du revenu. Pour ce profil, et pour lui seul, la fermeture du régime du résident non habituel a fait passer la charge portugaise de 0 % ou 10 % à un barème progressif dont la tranche marginale est de 48 %, majorée d’une surtaxe de solidarité qui porte le taux marginal effectif à 53 %. Pour un cadre très qualifié recruté par une entreprise éligible, pour un indépendant en prestations intellectuelles, pour un couple qui transmet en ligne directe, rien n’a bougé, ou presque rien.
Ce chapitre compare donc, mais il compare des situations, pas des pays. Un tableau qui aligne « Portugal 48 % / Grèce 7 % / Italie 7 % / Andorre 10 % » est un tableau faux, parce qu’aucun de ces taux ne s’applique à la même assiette, ni au même contribuable, ni pendant la même durée, ni au même prix d’entrée. Le régime grec de l’article 5Β exige une pension étrangère servie par un régime obligatoire ; le régime italien de l’article 24-ter exige de vivre dans une commune de moins de 30 000 habitants de huit régions du Sud ; le taux andorran de 10 % s’obtient après avoir immobilisé un million d’euros et en avoir perdu cinquante mille. Aucun de ces trois régimes ne déplace l’imposition d’une pension de fonctionnaire français, qui reste française où que vous alliez en Europe.
Une précision de méthode, parce qu’elle commande la fiabilité de tout ce qui suit. Les régimes d’attraction fiscale sont, de tous les sujets traités dans ce guide, ceux qui changent le plus vite : le forfait italien de l’article 24-bis est passé de 100 000 € à 200 000 € le 10 août 2024, puis à 300 000 € pour les transferts intervenant à compter du 1er janvier 2026 ; le montant andorran exigé à l’entrée est passé de 400 000 € à 600 000 € le 6 mars 2025, puis à 1 000 000 € le 13 février 2026 ; le seuil démographique italien a été relevé de 20 000 à 30 000 habitants le 7 avril 2026 ; la condition grecque de « nouveau poste de travail » a été abrogée le 28 juillet 2025. Chacun de ces mouvements a rendu périmée, du jour au lendemain, la quasi-totalité de la documentation francophone qui les décrivait. Les chiffres publiés ci-dessous ont tous été rouverts sur une source officielle de l’État concerné, et nous indiquons pour chacun la date de consultation. Quand nous n’avons pas pu le faire — c’est le cas de Chypre — nous l’écrivons et nous ne chiffrons pas.
Dernier avertissement, et il vaut pour l’ensemble du chapitre. Aucun de ces régimes ne s’obtient en changeant d’adresse postale. Tous supposent un déménagement réel, une présence effective, une preuve documentaire construite dès la première année, et — pour la plupart — un dépôt de demande dans une fenêtre étroite dont le dépassement coûte une année pleine de régime, parfois davantage. Ce ne sont pas des options administratives. Ce sont des projets de vie dont la fiscalité est le paramètre, pas le sujet.
Ce que la fermeture du RNH a réellement déplacé
Il faut poser exactement l’état du droit portugais avant de comparer quoi que ce soit, parce que la moitié des comparaisons qui circulent partent d’un Portugal qui n’existe plus, et l’autre moitié d’un Portugal plus fermé qu’il ne l’est. Les chapitres 02, 03 et 04 traitent chacun de ces points au fond ; nous en reprenons ici la seule conclusion opératoire.
Le régime du résident non habituel est abrogé depuis le 1er janvier 2024 par l’article 317.º, alínea b), de la Lei n.º 82/2023, de 29 de dezembro, qui supprime les n.os 8 à 12 de l’article 16.º du CIRS, les n.os 10 et 12 de l’article 72.º, l’alínea f) du n.º 1 de l’article 78.º-F et les n.os 7 et 8 de l’article 81.º. Une personne devenue résidente fiscale du Portugal à compter du 1er janvier 2025 n’y a accès par aucune voie, ni principale ni transitoire. C’est net, et c’est sans exception.
Mais le régime transitoire de l’article 236.º de la même loi n’est pas clos pour autant, et c’est le premier réflexe à avoir avant même d’envisager un autre pays. Son n.º 5 dispose que l’inscription effectuée hors délaiproduit effet « à partir de l’année où l’inscription est effectuée, pour la durée résiduelle », la borne finale restant fixée par l’année d’acquisition de la résidence. L’administration portugaise l’applique expressément : l’Ofício-Circulado n.º 90068, de 2024-02-16, FAQ no 5, exemple 2, tient pour recevable une demande déposée le 27 août 2027 par un résident de 2024, avec un régime courant de 2027 à 2033 ; et l’informação vinculativan.º 26080, despacho du 8 mai 2026, admet une contribuable résidente depuis juillet 2021 qui ne s’était jamais inscrite. Concrètement : un Français devenu résident fiscal portugais en 2024, qui justifie de l’un des six éléments d’ancrage de l’article 236.º n.º 3 c) et qui n’a jamais déposé de demande, peut encore l’obtenir de 2026 à 2033, soit huit années sur dix. La fenêtre se referme d’une année chaque 1er janvier, et elle s’éteint en 2034. Avant de comparer le Portugal à la Grèce, vérifiez que vous n’avez pas huit ans de régime portugais qui dorment dans un dossier jamais déposé.
Le contresens qui structure tout le corpus francophone : l’IFICI n’exonère pas les pensions
L’IFICI — incentivo fiscal à investigação científica e inovação, article 58.º-A de l’EBF — est vendu partout comme un « RNH 2.0 ». Il ne l’est pas, et l’erreur vise précisément le public le plus nombreux.
L’exonération des revenus de source étrangère ne figure pas dans l’EBF mais à l’article 81.º n.º 4 du CIRS, dans sa rédaction issue de l’article 230.º de la Lei n.º 82/2023 : « Aos sujeitos passivos que beneficiem do regime previsto no artigo 58.º-A do Estatuto dos Benefícios Fiscais, e obtenham, no estrangeiro, rendimentos das categorias A, B, E, F e G, aplica-se o método da isenção, sendo obrigatoriamente englobados para efeitos de determinação da taxa a aplicar aos restantes rendimentos. » La catégorie H — les pensions — n’y figure pas. Le dépliant officiel de l’Autoridade Tributária énumère la même liste et s’arrête à G. L’Ofício Circulado n.º 20276/2025, question 2, l’écrit sans détour : « Regra geral: isenção de IRS, exceto no caso de rendimentos da categoria H ».
Conséquence : une pension française perçue par un bénéficiaire de l’IFICI est imposée au barème progressif portugais, jusqu’à 48 %, plus la taxa adicional de solidariedadede l’article 68.º-A au-delà des seuils. Ni 0 %, ni les 10 % que le RNH appliquait depuis 2020. Pire : l’exonération des catégories A, B, E, F et G est une exonération avec progressivité— ces revenus sont « obligatoirement englobés pour la détermination du taux ». À revenus égaux, le bénéficiaire de l’IFICI paie donc plus sur sa pension qu’un résident de droit commun. Et le régime lui est de toute façon fermé : il exige l’exercice, chaque année, de l’une des activités limitativement énumérées au n.º 1 de l’article 58.º-A.
Un retraité qui organise son départ en 2026 sur la promesse d’un « RNH 2.0 » le découvre à sa première déclaration portugaise, quand la maison française est vendue, le déménagement payé et le bail portugais engagé. C’est l’erreur la plus coûteuse du corpus francophone sur le Portugal, et c’est elle qui rend ce chapitre nécessaire.
Ce que subit donc, aujourd’hui, un retraité français qui s’installe au Portugal sans accès au transitoire : le barème de l’article 68.º du CIRS, dont voici les paramètres en vigueur pour 2026, revalorisés de 3,51 % et allégés de 0,3 point sur les 2e à 5e tranches par la Lei n.º 73-A/2025.
| Tranche de revenu imposable | Taux normal 2026 | Ce que cela vaut sur une pension |
|---|---|---|
| jusqu'à 8 342 € | 12,50 % | seuil au-delà duquel s'applique le mécanisme de l'art. 68.º n.º 2 |
| de 8 342 € à 12 587 € | 15,70 % | 0,3 point de moins qu'en 2025 |
| de 12 587 € à 17 838 € | 21,20 % | 0,3 point de moins qu'en 2025 |
| de 17 838 € à 23 089 € | 24,10 % | 0,3 point de moins qu'en 2025 |
| de 23 089 € à 29 397 € | 31,10 % | 0,3 point de moins qu'en 2025 |
| de 29 397 € à 43 090 € | 34,90 % | inchangé — la tranche où tombe une pension de cadre |
| de 43 090 € à 46 566 € | 43,10 % | inchangé |
| de 46 566 € à 86 634 € | 44,60 % | inchangé |
| au-delà de 86 634 € | 48,00 % | inchangé |
Deux paramètres portugais aggravent ce barème pour un foyer français, et il faut les avoir en tête avant toute comparaison internationale. D’abord la déduction spécifique de la catégorie H : 4 587,09 € en 2026, soit 8,54 fois l’IAS, et rien d’autre — ni abattement de 10 % à la française, ni abattement d’âge. Ensuite le quociente conjugalde l’article 69.º : le diviseur portugais est 2, quel que soit le nombre d’enfants. Un couple avec trois enfants à charge, qui bénéficie en France de quatre parts, retombe à deux au Portugal. Les enfants ouvrent des deduções à coleta, pas des parts. Sur des revenus élevés, cet écart de quotient pèse davantage que la différence de barème.
Ce que le Portugal garde, en revanche, et qu’aucune comparaison honnête ne peut passer sous silence : l’absence de droits de succession et de donation en ligne directe et entre époux. L’article 6.º alinéa e) du Código do Imposto do Seloexonère de la verba 1.2 le conjoint, le partenaire d’união de facto, les descendants et les ascendants. Les transmissions hors de ce cercle supportent 10 %. Et l’AIMI, souvent présenté comme l’équivalent portugais de l’IFI, ne frappe que l’immobilier situé au Portugal, sur la valeur cadastrale (VPT), après un abattement de 600 000 € par personne physique — 1 200 000 € pour un couple exerçant l’option de l’article 135.º-D. Ce n’est pas un impôt sur la fortune mondiale. Pour un patrimoine immobilier majoritairement français, la sortie du champ de l’IFI est un gain que peu d’alternatives égalent, et c’est traité au chapitre 15.
Cinq questions qui décident avant que le pays n’entre en jeu
Nous ne commençons jamais un dossier de comparaison par les pays. Nous le commençons par cinq questions dont les réponses éliminent, dans la majorité des cas, trois ou quatre destinations avant qu’on ait ouvert le moindre barème. Les poser dans cet ordre fait gagner plusieurs semaines.
Première question : de quelle nature exacte est votre pension ? Public ou privé, ce n’est pas une nuance, c’est le point de bascule. Une pension versée au titre de services rendus à l’État français, à une collectivité ou à un établissement public administratif reste imposable en France seulement, en vertu de la clause de fonction publique que l’on retrouve, avec des numérotations différentes, dans toutes les conventions concernées — article 20 § 2 pour le Portugal, article 18 § 2 pour la Grèce, article 19 § 2 a) pour Malte. La réserve conventionnelle ne joue qu’au bénéfice de celui qui est à la fois résident et national de l’autre État. Un ancien enseignant, hospitalier, militaire ou territorial français de nationalité française reste imposé en France, qu’il vive à Lisbonne, à Athènes, à La Valette ou à Andorre-la-Vieille. Aucun régime d’accueil, quel qu’il soit, ne peut déplacer cette imposition. C’est le point que le corpus francophone traite le plus mal, et le plus grand pourvoyeur de départs inutiles.
Le cas des pensions de professions libérales — CNAVPL, CARMF, CAVEC, CIPAV — et celui des rentes issues d’un PER, d’un contrat Madelin ou d’une assurance-vie ne se rangent pas aussi facilement. L’article 19 de la convention franco-portugaise ne vise que les pensions versées « au titre d’un emploi antérieur » ; ce qui n’y entre pas bascule vers l’article 23, qui n’attribue le revenu à l’État de résidence qu’« à condition qu’ils y soient assujettis à l’impôt ». Nous n’avons retrouvé, au 29 juillet 2026, aucune prise de position publiée de la DGFiP ni de l’AT sur ce point précis. C’est l’une des questions à porter aux avocats, et nous la formulons en fin de chapitre.
Deuxième question : combien de personnes composent le foyer, et qui perçoit quoi ? Le régime grec de l’article 5Β ne comporte aucune disposition d’extension à la famille. La décision A.1217/2020, article 4 § 6, l’écrit : l’admission d’un contribuable « n’emporte pas de plein droit modification de la résidence fiscale des autres personnes qui lui sont liées ». Un couple de retraités doit déposer deux demandes, et chaque conjoint doit justifier personnellement d’une pension étrangère servie par un régime obligatoire. Le conjoint sans pension propre n’a pas accès au régime. À l’inverse, le forfait grec de l’article 5Α s’étend à un membre de la famille pour 20 000 € par personne et par an, et le forfait italien de l’article 24-bis pour 50 000 € depuis 2026. Ces écarts changent radicalement le classement d’un couple par rapport à celui d’une personne seule.
Troisième question : que gardez-vous en France, et sous quelle forme ? C’est le paramètre le plus sous-estimé. Les prélèvements sociaux d’un non-résident ne frappent que les revenus fonciers et les plus-values immobilières de source française : dividendes, intérêts, plus-values mobilières, PEA et assurance-vie sont hors champ, quel que soit le pays de destination. Sur ces revenus fonciers, le taux est de 17,2 % dans la pratique déclarative, et ce chiffre appelle une réserve que personne ne pose : la liste dérogatoire du IV de l’article L. 136-8 du CSS, qui maintient la CSG à 9,2 % quand le I, 2° la porte à 10,6 %, ne vise que le Ides articles L. 136-6 et L. 136-7 — la base des résidents. Le non-résident relève du I bisde ces deux mêmes articles, qui ne figure pas dans la liste : à la lettre du texte, le taux serait de 18,6 %. Aucune prise de position publiée de l’administration sur ce point n’a pu être identifiée au 29 juillet 2026. Le taux réduit de 7,5 % n’est pas acquis du seul fait de vivre dans l’Union : il suppose deux conditions cumulatives — affiliation à un régime relevant du règlement (CE) no 883/2004, et absence de prise en charge par un régime obligatoire français d’assurance maladie. Un retraité couvert par un formulaire S1 délivré par la France remplit potentiellement la première et pas la seconde : il reste à 17,2 %. Ce raisonnement vaut pour le Portugal comme pour la Grèce, l’Italie, l’Espagne, Malte et Chypre. Il est tranché défavorablement pour l’Andorre, qui n’est ni dans l’Union, ni dans l’EEE, ni la Suisse.
Quatrième question : avez-vous des titres à céder, et dans quel délai ? L’exit tax de l’article 167 bis du CGI ne dépend pas de la destination pour son déclenchement, mais elle en dépend fortement pour ses modalités. Vers un État membre de l’Union, le sursis est de plein droit : c’est un effet de l’appartenance à l’Union, commun au Portugal, à l’Espagne, à l’Italie, à la Grèce, à Malte et à Chypre — et ce n’est donc l’avantage d’aucun d’eux. Vers l’Andorre, le sursis relève du V de l’article 167 bis : il est sur demande expresse, avec désignation d’un représentant et constitution de garanties. Le vrai paramètre, ensuite, est la fiscalité des plus-values dans l’État d’accueil au moment de la cession, et la durée de conservation exigée pour le dégrèvement français. Le chapitre 12 traite ce point en détail.
Cinquième question : sur quelle durée raisonnez-vous ? Un régime de neuf ans et un régime de quinze ans ne se comparent pas par leur taux. Le régime italien de l’article 24-ter court sur neuf périodes d’imposition ; le régime grec de l’article 5Β sur quinze ; le régime maltais du Malta Retirement Programmene comporte ni durée de validité, ni renouvellement. La question qui compte est donc : que se passe-t-il à l’extinction ? Un couple de 62 ans qui entre dans un régime de neuf ans en sortira à 71 ans, dans un pays où il aura acheté, où ses enfants viendront, et dont le droit commun s’appliquera alors intégralement. Ce n’est pas une objection ; c’est un calcul à faire dès le départ.
La Grèce : le seul régime qui vise exactement le retraité que le Portugal a perdu
C’est la première alternative à examiner, et de loin la plus directe. L’article 5Β du Code grec des impôts sur le revenu (loi 4172/2013) a été écrit pour capter exactement le public que le Portugal a laissé partir : le retraité étranger qui transfère sa résidence fiscale. Il n’a pas bougé d’un point depuis sa création en 2020.
La règle.Le § 2 a) de l’article 5Β dispose que le bénéficiaire « acquitte chaque exercice fiscal, de manière autonome, un impôt au taux de sept pour cent (7 %) sur la totalité de son revenu acquis à l’étranger ». Le § 2 b) ajoute que le paiement de cet impôt « épuise toute obligation fiscale » sur ce revenu. Le point le plus souvent mal restitué tient dans un mot : l’assiette n’est pas la pension, c’est l’intégralité du revenu mondial hors Grèce. La pension est le ticket d’entrée ; les loyers français, les dividendes, les intérêts, les plus-values de source étrangère entrent tous dans l’assiette du 7 %.
Ce qui, selon les cas, est une excellente ou une mauvaise nouvelle. La décision A.1062/2026(ΦΕΚ Β΄ 1280 du 9 mars 2026), qui fixe le contenu de la déclaration grecque de l’exercice 2025, précise que les bénéficiaires sont imposés à 7 % « même si ce revenu est imposé selon d’autres dispositions du Code à un taux inférieur ou en est exonéré ». Le 7 % est donc un plancher autant qu’un plafond. Un revenu étranger qui serait, en droit interne grec, taxé à 2,5 % ou exonéré, remonte à 7 % sous le régime 5Β. Un lecteur dont les revenus étrangers sont majoritairement des produits financiers faiblement taxés doit refaire le calcul avant de se réjouir.
Deux réserves textuelles complètent l’assiette, et elles sont favorables. Les conventions fiscales priment : un revenu que la convention réserve exclusivement à l’État de la source échappe au 7 % — c’est le cas d’une pension publique française pour un national français, en vertu de l’article 18 § 2 de la convention franco-hellénique du 11 mai 2022. Et le crédit d’impôt étranger est admissous l’article 5Β, dans la limite de l’impôt grec correspondant : c’est la différence majeure avec le régime forfaitaire de l’article 5Α, dont le texte prohibe expressément toute imputation. Pour un lecteur qui conserve un immeuble locatif en France — imposable en France par la convention — cette différence vaut plusieurs milliers d’euros par an.
| Paramètre | Article 5Β (retraités) | Article 5Α (grands patrimoines) | Article 5Γ (impatriés) |
|---|---|---|---|
| Effet fiscal | 7 % sur la totalité du revenu de source étrangère, impôt autonome et libératoire | Forfait de 100 000 € par an, quel que soit le montant du revenu étranger | Exonération de 50 % du revenu d'activité de source grecque |
| Durée | 15 exercices fiscaux, non prorogeables | 15 exercices fiscaux | 7 exercices fiscaux au total, sans prorogation |
| Non-résidence antérieure exigée | 5 des 6 années précédentes | 7 des 8 années précédentes | 5 des 6 années précédentes |
| Condition d'entrée spécifique | être bénéficiaire d'une pension de source étrangère servie par un régime obligatoire, un fonds professionnel institué par la loi, ou un contrat collectif de retraite d'entreprise | investir au moins 500 000 € en Grèce dans les 3 ans du dépôt de la demande (dispense pour le titulaire d'un titre de séjour pour investissement) | fournir des services en Grèce dans le cadre d'une relation de travail, et déclarer rester au moins deux ans |
| Extension à la famille | aucune — chaque conjoint dépose sa propre demande et doit avoir sa propre pension | 20 000 € par membre de la famille et par an, en sus des 100 000 € | sans objet |
| Crédit d'impôt étranger | admis, dans la limite de l'impôt grec correspondant (art. 9 KFE) | prohibé — une retenue à la source étrangère est définitivement perdue | sans objet |
Les conditions d’accès, et celle qui filtre vraiment.Deux conditions cumulatives figurent au § 1 de l’article 5Β : ne pas avoir été résident fiscal grec pendant cinq des six annéesprécédant le transfert, et transférer sa résidence depuis un État lié à la Grèce par un accord de coopération administrative en vigueur. Pour un Français, la seconde est acquise. La première n’est ni « cinq années consécutives » ni « six années » : une seule année de résidence grecque dans la fenêtre de six ans ne fait pas obstacle.
La condition réellement filtrante est ailleurs, et elle est mal comprise. La décision A.1217/2020, article 3 § 2, énumère limitativement ce qui vaut preuve de la qualité de bénéficiaire d’une pension étrangère : pension d’un régime obligatoire de base ou complémentaire ; pension d’un fonds professionnel institué par la loi ; prestation, en capital ou en rente, au titre d’un contrat collectif de retraite d’entreprise. L’épargne retraite purement individuelle et volontaire n’y figure pas. Pour un client français, la pension du régime général et l’Agirc-Arrco entrent sans difficulté dans la première catégorie ; une rente issue d’un contrat d’assurance-vie ou d’un PER individuel n’est a priori pas un justificatif recevable pour ouvrir le droit au régime — même si, une fois le régime obtenu, elle sera taxée à 7 % comme tout revenu étranger. Nous n’avons pas retrouvé de circulaire de l’AADE tranchant expressément le cas d’un PER individuel français ; ce classement résulte de la lecture littérale du texte grec, et il doit être confirmé avant tout engagement.
Le calendrier, et son incertitude actuelle.C’est le point le plus délicat du dossier grec en 2026, et il faut le dire tel quel. La loi 5313/2026, entrée en vigueur le 25 juin 2026, a supprimé de la loi l’échéance de dépôt du 31 mars ainsi que le délai de soixante jours imparti à l’administration pour statuer, et a renvoyé la fixation du délai à un arrêté du gouverneur de l’AADE. Aucun arrêté pris sur ce fondement n’a été identifié. Mais le décret d’application A.1217/2020, dont l’article 4 § 1 porte « au plus tard le 31 mars de chaque exercice fiscal », n’a pas été modifié et reste publié. La position prudente est donc de déposer avant le 31 mars, en sachant que cette échéance n’a plus de base légale directe. Conséquence d’un dépôt tardif : la demande n’est pas rejetée, elle est reportée à l’exercice suivant. Le coût d’un dépôt le 15 avril est la perte d’une année de forfait, pas la perte du régime. Autre mouvement de la même loi : le paiement, qui se faisait en juillet, se fait désormais au dernier jour ouvrable de décembre.
Ce que le régime grec ne couvre pas, et que les présentations commerciales escamotent
Les revenus de source grecque restent au droit commun, et ils sont « réels ou forfaitaires » — la décision A.1062/2026 est explicite. C’est l’angle mort le plus coûteux du régime : la villa et la voiture achetées en Grèce génèrent une dépense objective annuelle au titre des tekmiria des articles 31 et 33 du KFE, qui produit un revenu imposable au barème progressif grec, dont la tranche marginale supérieure est de 44 %. Un retraité qui s’installe dans une grande maison avec une berline peut se retrouver imposé sur un revenu grec qu’il n’a jamais perçu.
La déchéance ne donne lieu à aucune imputation du 7 % déjà payé.Le § 5 de l’article 5Β ne prévoit pas de mécanisme d’imputation — à la différence de l’article 5Α, qui organise expressément l’imputation du forfait déjà acquitté sur l’impôt de droit commun rétabli. C’est une asymétrie majeure entre les deux régimes, et elle est défavorable au retraité.
Une réserve rédactionnelle sur le point de départ des quinze ans.Le texte de l’article 5Β § 4 emploie le mot « επόμενο » (suivant), quand l’article 5Α emploie « πρώτο » (premier). Le décret d’application tranche dans le sens de l’article 5Α : l’agrément produit effet dès l’exercice visé par la demande. Le guide officiel de l’AADE reproduit toutefois la formule légale sans la corriger. À ne pas trancher sans réserve explicite dans un dossier réel.
Le même couple, au Portugal de droit commun et sous le régime grec de l’article 5Β
HYPOTHESE - couple de retraites du prive, pensions de base et complementaires
francaises, un appartement loue nu a Bordeaux.
Pensions brutes annuelles du foyer ............... 90 000 €
Revenus fonciers francais nets ................... 18 000 €
(imposables en France par la convention, dans les deux scenarios)
PORTUGAL - droit commun 2026, imposition conjointe, sans acces au RNH
Pensions brutes .................................. 90 000 €
Deduction specifique cat. H, 2 titulaires ........ -9 174 €
Rendimento coletavel ............................. 80 826 €
Quociente conjugal art. 69.º : 80 826 / 2 ........ 40 413 €
29 397 x 20,579 % ................................ 6 050 €
(40 413 - 29 397) x 34,90 % ...................... 3 845 €
Impot sur une moitie ............................. 9 895 €
IRS avant deductions a la coleta (x 2) ........... 19 790 €
Surtaxe art. 68.º-A (seuil apprecie sur la moitie,
soit 40 413 € < 80 000 €) ............................ 0 €
Taux moyen sur la pension ......................... 22,0 %
GRECE - article 5Β, deux demandes deposees (chaque conjoint a sa
propre pension d'un regime obligatoire)
Assiette : totalite du revenu de source etrangere,
soit pensions + revenus fonciers francais ...... 108 000 €
Impot autonome 7 % ................................ 7 560 €
Credit d'impot francais sur les revenus fonciers,
dans la limite de l'impot grec correspondant ... a imputer
Taux moyen sur l'ensemble ........................... 7,0 %
ECART ANNUEL BRUT, avant credits et deductions a la coleta
19 790 - 7 560 = 12 230 € par an
Sur 15 exercices : environ 183 450 €Simulation construite sur des hypothèses explicites, à seule fin d'illustrer un ordre de grandeur. Elle ignore volontairement les deduções à coleta portugaises (santé, logement, dépenses générales), plafonnées de façon dégressive, les tekmiria grecques sur les biens détenus en Grèce, le coût de la couverture maladie dans chaque État, et les prélèvements sociaux français de 17,2 % sur les revenus fonciers, identiques dans les deux scénarios. Elle ne vaut pas conseil et ne préjuge d'aucune situation individuelle.
L’écart est réel, il est large, et il explique à lui seul le déplacement de flux constaté depuis 2024. Il ne dit pas que la Grèce est « meilleure ». Il dit que, sur le seul paramètre de l’impôt sur le revenu, un retraité du privé aux pensions substantielles a aujourd’hui une raison chiffrable de regarder Athènes avant Lisbonne, et que cette raison n’existait pas avant la Lei n.º 82/2023. Tout le reste — santé, immobilier, langue, communauté, succession, distance à la famille — se pèse à part, et pèse souvent plus lourd.
L’Italie : trois régimes, dont un seul vise le retraité, et à une condition géographique dure
L’Italie propose trois dispositifs distincts, souvent confondus dans les présentations francophones alors qu’ils ne visent ni les mêmes personnes, ni les mêmes revenus, ni les mêmes montants. Les données ci-dessous ont été rouvertes sur les fiches de l’Agenzia delle Entratele 29 juillet 2026.
L’article 24-ter du TUIR — le régime des retraités étrangers. Une imposta sostitutiva de 7 %, applicable à « tout type de revenu produit à l’étranger » — donc, comme en Grèce, sur l’ensemble du revenu de source étrangère et pas seulement sur la pension — pendant neuf périodes d’imposition. La différence avec la Grèce est franche : neuf ans contre quinze, sur une assiette de structure comparable.
La contrepartie est une contrainte géographique que rien ne permet de contourner. Le bénéfice est réservé aux résidents d’une commune de Sicile, Calabre, Sardaigne, Campanie, Basilicate, Abruzzes, Molise ou Pouilles dont la population n’excède pas 30 000 habitants— seuil relevé de 20 000 à 30 000 avec effet au 7 avril 2026, ce qui a considérablement élargi le champ des communes éligibles et rend obsolète toute liste antérieure à cette date. Sont également éligibles, dans la même limite de population, les communes touchées par les séismes du 6 avril 2009 (L’Aquila) et de 2016 (Italie centrale). La population de référence est celle du recensement ISTAT au 1er janvier de l’année précédant la première année d’option, et elle reste figée pour toute la durée du régime — un point favorable, qui protège d’une croissance démographique de la commune choisie.
Cette contrainte n’est pas une formalité. Elle exclut Rome, Milan, Florence, Naples, Palerme, Bari, Catane, tout le Nord et toute la côte tyrrhénienne au nord de la Campanie. Elle oriente vers des territoires dont il faut nommer les caractéristiques sans les farder : densité médicale plus faible, liaisons aériennes saisonnières, marché immobilier peu liquide à la revente, et un tissu de services en français quasi inexistant. Le régime italien est remarquablement favorable, et il s’adresse à quelqu’un qui voulait déjà vivre dans un village des Pouilles ou de Calabre. Il est un très mauvais argument pour convaincre quelqu’un d’y aller.
L’article 24-bis du TUIR — le forfait des neo residenti.Un impôt forfaitaire substitutif sur l’ensemble des revenus de source étrangère, versé en une seule fois, sans faculté de ravvedimento operoso, pendant quinze périodes d’imposition, sous condition de ne pas avoir été résident d’Italie pendant neuf des dix périodes précédentes. Le montant a triplé en dix-huit mois : 100 000 € pour les transferts intervenus jusqu’au 10 août 2024, 200 000 €pour ceux intervenus jusqu’au 31 décembre 2025, 300 000 € pour les transferts intervenant à compter du 1er janvier 2026, selon la fiche de l’Agenzia delle Entrateconsultée le 29 juillet 2026. Le montant par membre de la famille auquel les effets de l’option sont étendus suit le même mouvement : 25 000 €, porté à 50 000 € en 2026.
Le calcul du point de bascule est immédiat, et il faut le poser en euros. Un forfait de 300 000 € équivaut à une imposition de 7 % sur un revenu étranger de 4,29 millions d’euros par an. Pour un revenu étranger inférieur à ce seuil, le régime grec de l’article 5Β ou le régime italien de l’article 24-ter sont arithmétiquement supérieurs, et de très loin. L’article 24-bis ne devient pertinent qu’au-delà — c’est-à-dire pour une population qui n’est pas celle de ce guide, et dont la structure de revenus justifie de toute façon une instruction dédiée. Il conserve un avantage propre pour les patrimoines très élevés : il n’exige aucune contrainte géographique et il autorise Rome ou Milan.
Le régime des impatriati, refondu par le D.Lgs. n. 209/2023.Pour les personnes transférant leur résidence fiscale en Italie à compter de 2024 : imposition sur 50 % seulementdu revenu d’activité de source italienne, dans la limite de 600 000 € par an, pendant l’année du transfert et les quatre périodes suivantes. Conditions : engagement de résidence fiscale italienne pendant quatre ans, absence de résidence fiscale italienne au cours des trois années précédentes, activité exercée principalement en Italie, et qualification ou spécialisation élevée. Le non-respect de l’engagement de quatre ans entraîne la perte des avantages et leur reprise avec intérêts. Ce régime vise le cadre ou le professionnel en activité, pas le retraité.
| Régime italien | Ce qu'il donne | Durée | À qui il s'adresse réellement |
|---|---|---|---|
| Art. 24-ter TUIR (pensionati esteri) | 7 % sur tout revenu de source étrangère | 9 périodes d'imposition | Retraité étranger acceptant de vivre dans une commune de moins de 30 000 habitants de Sicile, Calabre, Sardaigne, Campanie, Basilicate, Abruzzes, Molise ou Pouilles |
| Art. 24-bis TUIR (neo residenti) | Forfait de 300 000 € par an sur les revenus étrangers (transferts à compter du 01/01/2026) ; 50 000 € par membre de la famille | 15 périodes d'imposition | Revenu de source étrangère supérieur à environ 4,3 M€ par an, sans contrainte géographique |
| Impatriati (D.Lgs. 209/2023) | Imposition sur 50 % du revenu d'activité de source italienne, plafonné à 600 000 € par an | Année du transfert + 4 périodes | Cadre ou professionnel hautement qualifié recruté en Italie, engagé sur quatre ans de résidence |
L’Espagne : le pays où l’on va malgré la fiscalité, jamais à cause d’elle
C’est la destination la plus demandée par nos clients et la moins défendable sur le terrain fiscal, et il faut le dire dès la première phrase. L’Espagne ne dispose d’aucun régime d’attraction visant les retraités.Le résident ordinaire est imposé à l’IRPF sur son revenu mondial, à un barème composé d’une part étatique et d’une part de communauté autonome : il n’existe donc pas « un » taux espagnol, et la charge varie selon la région de résidence. Une pension privée française perçue par un résident d’Espagne y est imposable, sans dispositif d’atténuation.
Le régime spécial de l’article 93 de la Ley 35/2006, dit « ley Beckham », vise exclusivement les personnes en activité. Il permet d’être imposé selon les règles de l’impôt des non-résidents, avec les adaptations de l’article 93 : 24 % jusqu’à 600 000 € de base générale concernée, puis 47 %au-delà. La base d’épargne espagnole relève d’un barème distinct — 19 %, 21 %, 23 %, 27 % et 30 %. Le régime s’applique pendant la première année de résidence espagnole et les cinq périodes suivantes, soit six au total. Il suppose de ne pas avoir été résident fiscal d’Espagne pendant les cinq périodes précédentes, d’entrer par une voie légale éligible — contrat de travail, ordre de déplacement, télétravail international exercé exclusivement par moyens informatiques, mandat d’administrateur sous les limites applicables aux entités patrimoniales, activité entrepreneuriale qualifiée — et d’opter par le modèle 149 dans les six mois du début d’activité.
Deux corrections s’imposent aux présentations commerciales de ce régime, et elles sont lourdes. Premièrement, tousles revenus du travail obtenus pendant l’application du régime sont réputés obtenus en Espagne : ce n’est pas un régime de territorialité du salaire. Deuxièmement, le crédit d’impôt étranger y est étroit, plafonné notamment à 30 % de la fraction de la quote-part espagnole correspondant à ces revenus. Le slogan « Beckham, c’est 24 % » est trompeur pour toute rémunération dépassant 600 000 €, et il l’est aussi parce qu’il laisse croire à un plafonnement de l’ensemble de la charge fiscale, ce qu’il n’est pas.
Car le vrai sujet espagnol, pour un lecteur de ce guide, n’est pas l’impôt sur le revenu : c’est l’imposition du patrimoine. L’Espagne applique un Impuesto sobre el Patrimonio(loi 19/1991), avec un minimum exonéré de 700 000 € dans le régime étatique par défaut, et un Impuesto Temporal de Solidaridad de las Grandes Fortunas(loi 38/2022) qui reprend un minimum exonéré de 700 000 €, une première tranche à zéro jusqu’à 3 millions d’euros, puis des taux de 1,7 %, 2,1 % et 3,5 %. Les deux se calculent ensemble, par personne, et l’impôt régional effectivement payé s’impute sur l’impôt de solidarité dans les conditions légales. Deux formulations à ne jamais reprendre : « à Madrid, il n’y a pas d’impôt sur la fortune » — la bonification régionale s’articule avec l’impôt de solidarité et le calcul doit être refait ; et « l’impôt de solidarité a été supprimé » — il est prorogé, ce qui n’autorise pas davantage à le dire définitivement permanent. Un bénéficiaire du régime Beckham relève, lui, de l’obligation réelle : il n’est imposé au patrimoine que sur ses actifs espagnols. C’est le seul avantage patrimonial réel du régime, et il disparaît avec lui au bout de six ans.
Notre position, motivée : pour un patrimoine dépassant quelques millions d’euros, l’Espagne coûte structurellement plus cher que la France sur le patrimoine, parce que l’impôt espagnol frappe l’ensemble des actifs et pas seulement l’immobilier comme l’IFI. Un lecteur qui quitte la France pour échapper à l’IFI et qui s’installe en Espagne fait, dans la plupart des configurations, un mauvais échange. Cela ne condamne pas l’Espagne : on y va pour la proximité, la langue, la famille, le climat, les liaisons aériennes quotidiennes et un système de santé solide. On n’y va pas pour la fiscalité, et prétendre le contraire est une faute de conseil.
Chypre : ce qui circule, ce que nous n’avons pas vérifié, et ce que cela vous coûterait de le croire
Nous traitons Chypre différemment des autres, et il faut expliquer pourquoi plutôt que de combler le trou avec des chiffres empruntés. Le guide Chypre de cette série est en préparation, et son socle documentaire n’est pas encore constitué sur sources primaires. Le Cyprus Tax Departmentn’était pas joignable le 29 juillet 2026 depuis nos outils — la connexion a échoué sur une erreur de certificat. Les données qui circulent sur Chypre proviennent, pour l’essentiel, de cabinets et de plateformes commerciales, et Chypre a conduit en 2026 une réforme fiscale d’ampleur qui a déplacé plusieurs paramètres. Nous ne publions donc aucun chiffre chypriote dans ce guide.
Ce que nous pouvons décrire, c’est l’architecture, parce qu’elle est stable et qu’elle suffit à situer Chypre par rapport aux autres destinations. Chypre pratique un statut de non-domiciled qui exonère certaines catégories de revenus — dividendes et intérêts — de la Special Defence Contribution, et ce, que le revenu soit rapatrié ou non. C’est une différence structurelle avec Malte : le mécanisme chypriote est une exonération par catégorie, pas un régime de remise. La question de la traçabilité des flux, centrale à Malte, ne se pose pas de la même façon. Chypre admet par ailleurs une résidence fiscale sur un séjour bien inférieur au seuil de 183 jours retenu presque partout, sous conditions cumulatives exigeantes dont le non-respect fait tomber tout l’édifice. Et — c’est le point que les contenus promotionnels omettent le plus systématiquement — le statut non-dom chypriote est borné dans le temps. Ce qu’un régime rapporte s’apprécie sur sa durée résiduelle, jamais à l’infini.
Trois conséquences pratiques, qui valent conseil même sans chiffres. D’abord, tout devis ou toute simulation chypriote qui vous serait présentée aujourd’hui doit porter la date de consultation du texte chypriote sur lequel elle repose ; à défaut, elle décrit probablement l’état du droit antérieur à la réforme de 2026. Ensuite, la partie nord de l’île n’est pas sous contrôle de la République de Chypre : toute opération immobilière doit distinguer explicitement les territoires, sous peine d’acquérir un bien dont le titre est contesté — c’est un risque patrimonial documenté, pas une précaution de style. Enfin, les règles françaises ne se recopient pas d’un pays de l’Union à l’autre : le taux réduit de 7,5 % dépend de l’affiliation réelle et non de la résidence, et un retraité français à Chypre couvert par un formulaire S1 français resterait à 17,2 % comme il l’est au Portugal.
La règle que nous nous appliquons, et que nous vous invitons à appliquer à toute source
Un régime d’attraction fiscale se décrit sur le texte de l’État concerné, avec sa date de consultation, ou il ne se décrit pas. Sur les dossiers vérifiés de cette série — Grèce, Andorre, Malte, Espagne, Portugal — nous avons constaté que les affirmations les plus dangereuses n’étaient presque jamais des chiffres faux : c’étaient des chiffres exacts posés sur une condition d’application inexacte. Un taux juste appliqué à la mauvaise assiette, une durée juste comptée depuis la mauvaise date, un seuil juste apprécié au niveau de la mauvaise personne. C’est cette catégorie d’erreur qui coûte cher, et c’est elle qui rend un chiffre non vérifié plus dangereux qu’une absence de chiffre.
Malte : le régime le plus sophistiqué, et le piège conventionnel qui l’annule pour un retraité français
Malte mérite un développement plus long que sa taille ne le laisserait croire, parce que c’est la destination sur laquelle l’écart entre la promesse et le résultat est le plus grand pour un retraité français, et parce que la raison de cet écart n’est pas dans le droit maltais : elle est dans la convention.
L’architecture maltaise. Un résident non domicilié à Malte relève de la remittance basis : ses revenus de source étrangère ne sont imposables que dans la mesure où ils sont reçus à Malte. Ce n’est pas une option à acheter, à la différence de l’ancien régime britannique : il n’existe pas de remittance basis chargemaltaise. En contrepartie, un impôt minimum annuel de 5 000 €s’applique au non-domicilié dont les revenus de source étrangère atteignent 35 000 €, seuil apprécié au niveau du couple. Ce minimum n’est un coût additionnel que pour celui dont l’impôt maltais est déjà inférieur à ce montant : il inclut l’impôt maltais déjà acquitté.
Par-dessus ce droit commun, Malte superpose des statuts spéciaux. Un Français, ressortissant de l’Union, relève du Residence Programme(S.L. 123.160), qui offre un taux de 15 % sur le revenu étranger remis à Malte, avec un impôt minimum de 15 000 €par année d’imposition et 35 % sur le reste. Il suppose un bien qualifiant — acquisition d’au moins 275 000 € à Malte ou 220 000 € à Gozo ou dans le Sud, ou location d’au moins 9 600 € par an (8 750 € à Gozo ou dans le Sud) — et des frais administratifs de 6 000 € (5 500 € si le bien est acquis dans le Sud). Le Global Residence Programme(S.L. 123.148) est son équivalent pour les ressortissants d’États tiers, aux mêmes conditions.
Le statut qui intéresse spécifiquement un retraité est le Malta Retirement Programme(S.L. 123.134), et ses paramètres sont nettement plus doux : frais de dossier de 2 500 €sans réduction géographique, imposition à 15 % du revenu étranger reçu à Malte, impôt minimum de 7 500 € pour le bénéficiaire majoré de 500 € par personne à charge et par special carer, 35 % sur le reste. Il n’a ni durée de validité, ni renouvellement. Il admet la détention conjointe du bien qualifiant par deux époux ou par deux personnes prouvant une relation stable et durable.
Sa condition centrale est en revanche la plus contraignante de tout le corpus maltais, et les fiches commerciales l’exposent mal : l’intéressé doit percevoir une pension, intégralement reçue à Malte, et cette pension doit représenter au moins 75 % de son chargeable income. Ce n’est pas 75 % de ses revenus, c’est 75 % de son revenu imposable maltais, et la totalité de la pension doit être rapatriée. Les conditions de séjour sont, elles, les seules chiffrées positivement du dispositif maltais : résider à Malte au moins quatre-vingt-dix jours par an, en moyenne sur toute période de cinq ans, et ne pas séjourner plus de cent quatre-vingt-trois jours dans une autre juridictionau cours d’une année civile. Cesser de recevoir à Malte l’intégralité de la pension déclarée est une cause expresse de perte du statut.
Le point qui disqualifie Malte pour la majorité des retraités français
L’accord franco-maltais comporte, à son article 18 § 2, une stipulation que la convention franco-portugaise ne comporte pas : « Nonobstant les dispositions du paragraphe 1, les pensions et autres versements faits en application de la législation sur la sécurité sociale d’un État contractant ne sont imposables que dans ledit État. »
Autrement dit : la pension de retraite versée en application de la législation française sur la sécurité sociale — le régime de base — reste imposable en France seulement, et aucun régime maltais ne peut la capter. Le taux de 15 % du Malta Retirement Programmene s’y applique pas. C’est l’inverse exact de la situation portugaise, où l’article 19 de la convention attribue la pension privée au Portugal seul.
Le sort de la retraite complémentaire Agirc-Arrco n’est pas tranché. L’article 18 § 2 vise les versements « faits en application de la législation sur la sécurité sociale ». Les régimes complémentaires français obligatoires ne sont pas gérés par la sécurité sociale au sens strict, mais par des institutions de retraite complémentaire. Leur caractère légalement obligatoire plaide pour l’application du § 2. Nous n’avons pas retrouvé de position publiée de l’administration française propre à l’accord France-Malte. Ce point doit être arbitré avec un avocat fiscaliste international avant tout acte irréversible, et il commande à lui seul l’essentiel du revenu d’un cadre retraité.
Troisième effet, et le plus contre-intuitif : pour une rente relevant de l’article 18 § 1 — donc imposable à Malte seulement, et exonérée en France — la clause d’assujettissement de l’accord limite l’exonération française au montant effectivement transféré ou reçu à Malte. Un non-domicilié qui ne rapatrie qu’une partie de sa rente reste imposable en France sur le solde. Le mécanisme même de la remittance basis, présenté comme l’avantage central de Malte, se retourne ici contre son bénéficiaire.
Il reste des configurations où Malte fonctionne remarquablement bien : le détenteur de revenus de capitaux de source étrangère qu’il n’a pas besoin de rapatrier, le dirigeant dont les flux sont structurés hors de France, le bénéficiaire d’une pension d’un fonds international. Pour un retraité français dont le revenu est composé d’une pension de base et d’une complémentaire françaises, la promesse maltaise est largement neutralisée par la convention, et le coût d’entrée reste entier. Et une remarque de nature différente, mais qui pèse dans un projet de vie : la remittance basisimpose une discipline de traçabilité permanente sur les comptes, les virements et les instruments de paiement, année après année, pendant toute la durée du séjour. Ce n’est pas une contrainte administrative légère, et personne ne la décrit dans les brochures.
L’Andorre : le taux le plus bas d’Europe, et trois raisons pour lesquelles il ne vous sera pas applicable
L’Andorre revient dans toutes les conversations et elle est, de toutes les destinations examinées ici, celle dont la documentation francophone est la plus périmée. La principauté a modifié son droit de l’immigration deux fois en quinze mois, et les montants qui circulent — 400 000 € d’investissement, dépôt remboursable de 47 500 € — sont faux depuis le 13 février 2026 pour la résidence sans activité lucrative.
Le taux, d’abord, puisque c’est l’argument.L’IRPF andorran comporte un taux général de 10 %, une réduction de 24 000 € sur la base générale et une bonification de 50 % de la quotaplafonnée à 800 €. La mécanique produit un taux moyen qui monte lentement : 0 % jusqu’à 24 000 €, 2,0 % à 40 000 €, 4,7 % à 60 000 €, 6,8 % à 100 000 €, 8,4 % à 200 000 €, 9,4 % à 500 000 € et 9,7 % à un million. Le taux marginalest de 10 % dès 40 000 €. Un lecteur qui gagne 500 000 € paie donc 9,4 % — pas 5 %, et pas « à peu près rien ». Ces valeurs ignorent les cotisations à la CASS, qui sont un poste réel.
Le coût d’entrée, ensuite, et il a changé d’ordre de grandeur. L’article 96 de la Llei 9/2012, dans sa rédaction issue de la Llei 2/2026 en vigueur depuis le 13 février 2026, exige un investissement en actifs andorrans de 1 000 000 €— contre 600 000 € depuis mars 2025 et 400 000 € auparavant — avec une règle anti-fragmentation dure : si l’investissement passe par l’immobilier, chaque unité immobilière acquise doit valoir plus de 800 000 €. Deux appartements à 500 000 € ne satisfont pas la condition, alors même que leur somme dépasse le million. Et le versement à l’Autoritat Financera Andorrana, qui était un dépôt de 47 500 € restituable et imputable sur l’investissement, est devenu un versement de 50 000 € définitif et non remboursable, transféré au Trésor andorran, majoré de 12 000 € par personne à charge.
| Poste | Avant le 13 février 2026 | Depuis le 13 février 2026 |
|---|---|---|
| Investissement en actifs andorrans (récupérable, hors risque de marché) | 600 000 €, dont le dépôt de 47 500 € était imputé | 1 000 000 € |
| Versement AFA du titulaire | 0 € net — dépôt de 47 500 € restitué au départ | 50 000 €, définitifs |
| Versement AFA pour trois personnes à charge | 0 € net — dépôts restitués | 36 000 €, définitifs |
| Taxes de délivrance (titulaire + trois personnes à charge) | environ 4 000 € | environ 6 000 € |
| Total décaissé pour une famille de quatre | environ 604 000 € | environ 1 092 000 € |
| dont définitivement perdu | environ 4 000 € | environ 92 000 € |
Les trois raisons pour lesquelles le taux andorran ne produit pas, pour un Français, l’effet annoncé.
Première raison : le seuil du titre de séjour n’est pas le seuil fiscal, et l’écart est du simple au double. Le titre de résidence sans activité lucrative exige une présence de quatre-vingt-dix jours par année civile. La résidence fiscale andorrane exige plus de cent quatre-vingt-trois jours, ou le noyau des activités et intérêts économiques en Andorre (Llei 5/2014, art. 8.1). Un résident qui séjourne quatre-vingt-dix jours conserve sa carte et n’est pas résident fiscal andorran : il reste, selon les critères de l’article 4 B du CGI, susceptible d’être regardé comme domicilié en France. Et le point 2 du Protocolede la convention franco-andorrane du 2 avril 2013 exclut expressément du bénéfice de la qualité de résident d’Andorre les personnes présumées telles « à raison de la possession de la nationalité andorrane ou d’un permis de résidence accordé par les autorités d’Andorre ». La carte ne prouve rien. Un dossier andorran solide vise cent quatre-vingt-trois jours et un certificat de résidence fiscale andorran, pas quatre-vingt-dix jours et un permis.
Deuxième raison : le sursis d’exit tax n’est pas automatique.L’Andorre n’est ni membre de l’Union ni partie à l’accord sur l’Espace économique européen. Le sursis de plein droit du IV de l’article 167 bis ne s’applique pas : le transfert relève du V, c’est-à-dire du sursis « sur demande expresse du contribuable », avec désignation d’un représentant et constitution de garanties. Et il faut être précis sur les deux assiettes, parce que la confusion est fréquente et coûteuse : l’impositionressort à 31,4 % — 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux depuis la LFSS 2026 — tandis que la garantie exigée par le V est égale à 12,8 % du montant brut des plus-values et créances, sans abattement et sans prélèvements sociaux. Sur une plus-value latente de 5 millions d’euros : 1 570 000 € d’impôt en sursis, et 640 000 €de garantie à constituer immédiatement. Ne jamais appliquer l’un des taux à l’assiette de l’autre. Nos vérifications sur ce point n’ont pas été menées article par article sur Légifrance : le calcul doit être refait par un avocat fiscaliste français sur la version en vigueur du texte avant tout départ.
Troisième raison : le taux réduit de 7,5 % sur les revenus fonciers français est fermé.Le I ter des articles L. 136-6 et L. 136-7 du code de la sécurité sociale réserve l’exonération de CSG et de CRDS aux personnes soumises, pour l’assurance maladie, à une législation relevant du règlement (CE) no 883/2004 — Union, EEE, Suisse — et non prises en charge par un régime obligatoire français. L’Andorre n’entre pas dans le champ de ce règlement, et les formulaires S1 et A1 exigés à titre de preuve n’y existent pas. Un expatrié en Andorre qui conserve un immeuble locatif en France supporte donc 17,2 %de prélèvements sociaux, et non 7,5 %. C’est un écart de 9,7 points, sur un revenu que beaucoup de lecteurs conservent précisément pour financer leur installation.
Une dernière remarque, qui n’est pas fiscale. La loi andorranne prévoit une réduction de l’investissement exigé à 400 000 € lorsqu’il est réalisé dans le Fons d’Habitatge. Nous n’avons pas établi sur texte primaire la nature juridique de ce fonds, ses conditions de souscription, sa liquidité, sa durée de blocage ni son rendement éventuel. Nous ne le décrivons donc pas au-delà de son existence. C’est exactement le type de véhicule sur lequel un intermédiaire peut construire une présentation séduisante et invérifiable : exigez le texte réglementaire et la durée d’immobilisation par écrit avant de signer quoi que ce soit.
Le tableau de décision
Ce tableau ne classe pas les pays : il indique, pour chaque profil, la destination qui bat le Portugal sur le paramètre fiscal, et ce qu’il faut accepter en contrepartie. La colonne de droite est la plus importante, et c’est celle que les comparatifs en ligne omettent.
| Votre profil | Ce que donne le Portugal en 2026 | Qui fait mieux, et de combien | Le prix à payer, et ce qui peut faire échouer le projet |
|---|---|---|---|
| Retraité du privé, pensions de 40 000 € à 120 000 €, pas d'accès au RNH transitoire | Barème IRS de 12,50 % à 48 %, déduction spécifique de 4 587,09 €, quociente conjugal de 2 | Grèce, art. 5Β : 7 % sur l'ensemble du revenu étranger, 15 exercices. Italie, art. 24-ter : 7 %, 9 exercices | Grèce : chaque conjoint doit avoir sa propre pension d'un régime obligatoire, pas d'extension familiale, revenus grecs au barème avec tekmiria. Italie : commune de moins de 30 000 habitants dans huit régions du Sud, et neuf ans seulement |
| Retraité de la fonction publique française, de nationalité française | Pension imposable en France seulement (art. 20 § 2 de la convention) | Personne. Aucun régime d'accueil ne déplace cette imposition | Le gain fiscal du déplacement est nul sur la pension. Le seul arbitrage porte sur l'IFI, la succession et le coût de la vie |
| Retraité du privé, déjà résident du Portugal depuis 2023 ou 2024, jamais inscrit au RNH | Inscription tardive possible : 10 % sur les pensions pour la durée résiduelle, jusqu'en 2033 au plus tard | Personne, tant que la fenêtre est ouverte. Elle se referme d'une année chaque 1er janvier et s'éteint en 2034 | Il faut justifier de l'un des six éléments d'ancrage de l'art. 236.º n.º 3 c), aux dates du 10/10/2023 ou du 31/12/2023 selon la branche. Déposer sans délai |
| Cadre ou dirigeant en activité, recruté sur place | IFICI à 20 % sur les revenus nets d'activité portugais, si et seulement si l'activité et l'entité employeuse sont éligibles | Italie, impatriati : imposition sur 50 % du revenu, plafond 600 000 €, 5 périodes. Espagne, art. 93 : 24 % jusqu'à 600 000 €, 6 périodes. Grèce, art. 5Γ : 50 % exonérés, 7 exercices | Portugal : liste d'activités et qualification de l'entité employeuse, à vérifier avant la promesse d'embauche. Italie : engagement de quatre ans. Espagne : imposition du patrimoine, IP et impôt de solidarité |
| Indépendant en prestations intellectuelles, sans charges lourdes | Régime simplifié portugais, coefficient forfaitaire, et cotisations sociales assises sur une fraction du chiffre d'affaires | Grèce, art. 5Γ § 7 : 50 % du revenu d'activité individuelle exonérés pendant 7 exercices | Grèce : engagement de résidence, activité exercée en Grèce, et revenus grecs au barème pour la moitié restante |
| Patrimoine financier très élevé, revenus étrangers supérieurs à 4,3 M€ par an | Barème de droit commun, l'IFICI ne couvrant pas les pensions et exigeant une activité éligible | Italie, art. 24-bis : forfait de 300 000 € par an, 15 périodes, sans contrainte géographique. Grèce, art. 5Α : forfait de 100 000 € par an, 15 exercices | Italie : 50 000 € par membre de la famille, paiement en une fois. Grèce : 500 000 € à investir dans les 3 ans, aucun crédit d'impôt étranger, 20 000 € par membre de la famille |
| Patrimoine immobilier majoritairement français, supérieur à 2 M€, revenus courants faibles | Sortie du champ de l'IFI mondial ; AIMI portugais limité à l'immobilier situé au Portugal, sur la VPT, après 600 000 € par personne | Aucune destination examinée ne fait mieux. L'Espagne fait nettement pire (IP + impôt de solidarité sur l'ensemble des actifs) | Attention : la perte du plafonnement français de l'IFI, pour celui qui en bénéficiait, dépasse souvent le gain sur l'impôt sur le revenu. À chiffrer avant tout |
| Couple qui transmet en ligne directe | Aucun droit de succession ni de donation en ligne directe et entre époux (art. 6.º e) du Código do Imposto do Selo) | Situation comparable dans plusieurs destinations, mais le Portugal est ici franchement plus favorable que la France | L'article 750 ter du CGI et l'article 990 I se déclenchent sur une durée de six ans de résidence des héritiers hors de France. Voir le chapitre 24 |
Les profils pour lesquels le Portugal a cessé d’être le premier choix
Il faut le dire sans détour, parce que le corpus commercial francophone continue de vendre le Portugal aux profils qu’il ne sert plus. Quatre situations sont concernées.
Le retraité du secteur privé aux pensions substantielles.Sa pension privée française est imposable au Portugal seulement (article 19 de la convention), donc au barème de l’IRS, l’IFICI n’exonérant pas la catégorie H et le RNH étant fermé. Sur une pension de foyer de 90 000 €, le taux moyen portugais approche 22 %, contre 7 % en Grèce ou dans une commune éligible du Sud italien. Ce n’est plus un choix fiscal.Ce qui reste vrai malgré tout : le climat, le coût de la vie, l’offre de soins, la densité de la communauté francophone, l’absence de droits de succession en ligne directe, la facilité de la langue pour un francophone. Chacun de ces points peut, seul, justifier le choix. Aucun n’est fiscal.
Le retraité de la fonction publique française.Le Portugal ne change rien, et aucune alternative non plus. L’article 20 § 2 de la convention franco-portugaise, dans sa rédaction issue de l’avenant de 2016, attribue les pensions publiques à l’État payeur, sauf si le bénéficiaire est à la fois résident et national de l’autre État. Un ancien fonctionnaire français de nationalité française reste imposable en France, où qu’il réside en Europe. Un enseignant retraité qui envisage la Grèce pour le 7 % de l’article 5Β doit savoir que sa pension n’entrera pas dans l’assiette du 7 %, parce que la convention franco-hellénique du 11 mai 2022 la réserve à la France à son article 18 § 2 — et le régime grec réserve expressément les stipulations conventionnelles. Il paiera 7 % sur ses seuls autres revenus étrangers, ce qui, souvent, ne justifie pas un déménagement.
Le dirigeant ou le cadre en activité sans activité scientifique ni technologique. L’IFICI est un régime d’activité listée. Un dirigeant de holding, un consultant en stratégie, un gérant de patrimoine, un professionnel du droit ou de l’immobilier n’entre pas mécaniquement dans les alinéas du n.º 1 de l’article 58.º-A de l’EBF. Les codes de professions hautement qualifiées de l’annexe I de la Portaria n.º 352/2024/1visent notamment les directeurs généraux et gestionnaires exécutifs, les directeurs de services administratifs et commerciaux, les directeurs de production et de services spécialisés, les spécialistes des sciences physiques, mathématiques et des ingénieries, les médecins, les professeurs de l’enseignement supérieur et les spécialistes des technologies de l’information — et l’éligibilité dépend aussi de l’entité employeuse: bénéfices contractuels à l’investissement, entreprises industrielles ou de services exportant au moins la moitié de leur chiffre d’affaires, startupscertifiées. Un poste qui paraît évidemment « hautement qualifié » peut échouer sur la seule qualification de l’employeur. C’est à vérifier avant la promesse d’embauche, pas après.
Le détenteur de titres non cotés à forte plus-value latente.Le Portugal n’apporte ici rien de spécifique. L’exit tax française s’applique de la même façon vers tout État membre, et le sursis automatique n’est pas un avantage portugais : c’est un effet de l’appartenance à l’Union. Le vrai paramètre est la fiscalité des plus-values dans l’État d’accueil au moment de la cession, et la durée de conservation exigée pour le dégrèvement français : deux ans, portée à cinq anslorsque la valeur globale des titres excède 2 570 000 €, pour les transferts intervenus à compter du 1er janvier 2019. Le délai de quinze ans est abrogé pour ces transferts — il régit toujours les départs intervenus entre 2014 et 2018, jusqu’en 2033 pour un départ de 2018. L’amendement qui voulait le rétablir a été adopté en séance le 3 novembre 2025, puis est tombé le 21 novembre avec le rejet de la première partie du budget, avant toute navette. Écrire aujourd’hui que « l’exit tax, c’est quinze ans » pour un départ récent est une erreur de conseil, et l’écrire à un client parti en 2016 en est une autre, symétrique.
Les profils pour lesquels le Portugal reste, en 2026, le meilleur choix disponible
Le contrepoint est aussi important, et il est plus souvent vrai qu’on ne le croit. Un guide qui conclurait « partez en Grèce » aurait manqué la moitié de son sujet.
Les configurations où le Portugal reste devant
Le résident déjà installé depuis 2023 ou 2024 qui ne s’est jamais inscrit au RNH : 10 % sur ses pensions pour la durée résiduelle des dix ans, à condition de déposer maintenant. Aucune alternative examinée ici ne rattrape huit ans acquis. Le cadre très qualifié dont l’employeur qualifie : 20 % sur les revenus nets d’activité portugais et exonération des revenus étrangers des catégories A, B, E, F et G, pendant dix ans. L’ indépendant en prestations intellectuelles sans charges lourdes, sous le régime simplifié et son coefficient forfaitaire. Et le couple qui transmet en ligne directe : zéro droit de succession et de donation entre époux, ascendants et descendants.
Les signaux qui doivent faire suspendre le projet, quelle que soit la destination
Une pension publique française majoritaire dans le revenu du foyer : le gain fiscal du déplacement est nul, partout. Trois enfants ou plus à charge : le diviseur portugais est 2, quoi qu’il arrive, et les régimes forfaitaires grecs et italiens ne comportent pas non plus de quotient familial. Un patrimoine immobilier français supérieur à 2 M€ avec des revenus courants faibles : la perte du plafonnement de l’IFI dépasse presque toujours le gain sur l’impôt sur le revenu. Une cession de titres programmée à moins de cinq ans : l’exit tax redevient exigible pendant le sursis.
Les trois questions à poser avant de comparer le moindre taux
« Ma pension est-elle publique, privée, ou servie par une caisse de professions libérales ? » — la réponse élimine à elle seule deux ou trois destinations. « Mon conjoint dispose-t-il d’une pension propre servie par un régime obligatoire ? » — le régime grec de l’article 5Β ne s’étend pas au foyer. « De quel État relève ma couverture maladie, et détiendrai-je un formulaire S1 ? » — 9,7 points de prélèvements sociaux sur les revenus fonciers français en dépendent, dans toutes les destinations de l’Union.
Quand la bonne réponse est de ne pas partir, ou de revenir
C’est l’hypothèse absente de tous les comparatifs, et c’est pourtant celle qui ressort de nos instructions plus souvent qu’on ne l’imagine. Quatre configurations la commandent.
Le cadre qui reçoit une offre en France après cinq années civiles hors de France. Le régime des impatriés de l’article 155 B du CGIexonère la prime d’impatriation, court jusqu’au 31 décembre de la huitième année civile suivant celle de la prise de fonctions— soit jusqu’à neuf années civiles selon le mois de prise de fonctions — et tombe l’année où une condition annuelle cesse d’être remplie. Il suppose de ne pas avoir été fiscalement domicilié en France au cours des cinq années civiles précédant celle de la prise de fonctions. Sa force ne vient pas de lui seul : elle vient de sa combinaison, la même année, avec la territorialité de l’IFI de l’article 964 du CGI— qui limite l’IFI aux seuls biens situés en France pendant cinq ans après le retour, pour celui qui n’a pas été domicilié en France au cours des cinq années précédentes — et avec le plafond de déduction PER quadrupléde l’article 163 quatervicies l’année de la domiciliation. Le plafond de droit commun est de 37 680 € pour un salarié et de 88 911 € pour un travailleur non salarié ; l’année du retour, le total disponible atteint respectivement 150 720 € et 355 644 €. Ces trois dispositifs, joués ensemble, battent régulièrement le droit commun portugais. Rentrer peut être fiscalement supérieur à rester.
Le détenteur de titres parti entre 2014 et 2018, encore en sursis d’exit tax. Revenir avant l’expiration du délai de quinze ans, en conservant les titres, replace le contribuable dans la même situation fiscale que s’il n’avait jamais quitté le territoire pour les plus-values en report, et ouvre le dégrèvement pour les plus-values latentes. Le retour est ici l’outil fiscal, pas l’échec du projet. Le calendrier est la seule variable, et il est strict.
Le couple dont l’un des membres reprend une activité en France.Le foyer se reconstitue en France au sens de l’article 4 B du CGI, et maintenir une fiction de non-résidence pour l’autre conjoint est un contentieux annoncé. Nous voyons régulièrement ce montage : il ne tient pas, et il tient d’autant moins que l’échange automatique d’informations donne à l’administration une vision consolidée des comptes et des flux.
Celui dont le seul motif est fiscal, et dont le gain net est inférieur au coût du projet.Il faut oser le calcul complet. Un déménagement international coûte, dans nos dossiers, entre 15 000 € et 40 000 € pour un couple avec un mobilier complet, frais de vente immobilière français exclus. S’y ajoutent les frais de conseil dans deux juridictions, l’ouverture de comptes, l’immatriculation d’un véhicule, la couverture santé privée pendant la période de raccordement, et, dans la plupart des cas, un ou deux allers-retours par trimestre vers la France pendant les deux premières années. Un gain fiscal annuel de 6 000 € met six à huit ans à rembourser un projet de ce type : sur un régime de neuf ans, l’opération n’a plus de sens. Nous refusons régulièrement des dossiers pour cette seule raison, et nous le disons avant de facturer une étude.
Six erreurs de comparaison que nous voyons chaque mois
| Ce qui circule | Ce que disent les textes | Où le vérifier |
|---|---|---|
| « L'IFICI, c'est le RNH nouvelle formule : dix ans d'exonération des revenus étrangers » | L'exonération de l'art. 81.º n.º 4 du CIRS vise les catégories A, B, E, F et G. La catégorie H — les pensions — n'y figure pas. Elle est en outre assortie d'un englobement obligatoire pour la détermination du taux : c'est une exonération avec progressivité | AT, CIRS republicado, art. 81.º n.º 4 ; dépliant IFICI de l'AT ; Ofício Circulado n.º 20276/2025, question 2 |
| « Le RNH est fermé, il n'y a plus rien à faire » | La fenêtre à effet rétroactif est close depuis le 31/03/2025, mais l'art. 236.º n.º 5 de la Lei n.º 82/2023 permet une inscription tardive produisant effet à compter de l'année d'inscription, pour la durée résiduelle. L'AT l'admet expressément | Lei n.º 82/2023, art. 236.º n.º 5 ; Ofício-Circulado n.º 90068/2024, FAQ n° 5, exemple 2 ; informação vinculativa n.º 26080, despacho du 08/05/2026 |
| « Le taux marginal portugais est de 48 % » | 48 % est le taux marginal du barème de l'art. 68.º. S'y ajoute la taxa adicional de solidariedade de l'art. 68.º-A : 2,5 % entre 80 000 € et 250 000 €, 5 % au-delà. Le taux marginal effectif est de 53 % | AT, CIRS republicado, art. 68.º et 68.º-A, consultés le 28/07/2026 |
| « Résident d'un pays de l'Union, je paie 7,5 % de prélèvements sociaux sur mes loyers français » | Deux conditions cumulatives : affiliation à un régime relevant du règlement 883/2004, ET absence de prise en charge par un régime obligatoire français d'assurance maladie. Un retraité couvert par un formulaire S1 délivré par la France ne remplit pas la seconde et reste à 17,2 % | CSS, art. L. 136-6 I ter et L. 136-7 I ter ; art. L. 131-9 et D. 242-8 du CSS pour la cotisation prélevée en contrepartie du S1 |
| « L'exit tax, c'est 12,8 % à garantir sur 31,4 % d'impôt : il suffit de provisionner 12,8 % de la plus-value nette » | Deux assiettes distinctes. L'imposition ressort à 31,4 % (12,8 % d'IR et 18,6 % de prélèvements sociaux depuis la LFSS 2026). La garantie du V de l'art. 167 bis est égale à 12,8 % du montant BRUT, sans abattement et sans prélèvements sociaux. Sur 5 M€ : 1 570 000 € d'impôt, 640 000 € de garantie | CGI, art. 167 bis, IV et V. Point à rouvrir sur Légifrance avec un avocat fiscaliste avant tout départ |
| « Andorre, c'est 10 % et 90 jours de présence » | 10 % est le taux marginal ; le taux moyen est de 9,4 % à 500 000 € de base générale. Et les 90 jours sont un plancher d'immigration : la résidence fiscale andorrane exige plus de 183 jours ou le noyau des intérêts économiques, et le point 2 du Protocole de la convention du 02/04/2013 exclut la résidence fondée sur le seul permis | Llei 5/2014, art. 8.1 ; Llei 9/2012, art. 95.1 ; convention France-Andorre du 02/04/2013, Protocole, point 2 |
Comparer des situations, pas des pays
Nous instruisons un arbitrage de destination dans l'ordre où les administrations le liront : qualification conventionnelle de chaque pension et de chaque rente avant tout chiffrage, vérification de l'existence d'une demande RNH jamais déposée, simulation du foyer complet sur la durée résiduelle de chaque régime envisagé, puis raccordement au patrimoine conservé en France — prélèvements sociaux, IFI, enveloppes, exit tax, couverture maladie et calendrier des cessions. Sur les points de qualification franco-portugaise, sur le droit grec, italien, espagnol, maltais ou andorran et sur toute acquisition immobilière, la mise en relation avec des avocats fiscalistes et des notaires établis dans la juridiction concernée fait partie de l'accompagnement.
Ce que nous ne tranchons pas, et la question exacte à poser
Sept questions traversent ce chapitre sans réponse publiée à la date de rédaction. Nous les listons avec la formulation exacte à soumettre et les pièces à réunir, parce qu’une question mal posée à un avocat coûte le prix d’une consultation pour rien. Aucune de ces questions ne doit être laissée ouverte au-delà d’un acte irréversible — vente de la résidence principale française, dépôt d’une demande de régime, signature d’un compromis à l’étranger.
Première question — la qualification des pensions de professions libérales.À poser à un avocat fiscaliste international : « Une pension servie par une caisse de professions libérales française — CNAVPL, CARMF, CAVEC, CIPAV — à un résident du Portugal relève-t-elle de l’article 19 ou de l’article 23 de la convention ? Existe-t-il un rescrit de la DGFiP ou une ficha doutrináriade l’AT sur ce point ? » Pièces à réunir : relevés de la caisse, attestation de nature du régime, historique de cotisation. L’enjeu est direct : l’article 23 comporte une condition d’assujettissement que l’article 19 ne comporte pas.
Deuxième question — la frontière pension / rente viagère.Au même avocat, en liaison avec l’assureur : « La rente issue de ce contrat — PER, Madelin, article 83, assurance-vie — est-elle qualifiée de pension au titre d’un emploi antérieur, ou de rente viagère ? Quelle catégorie portugaise en résulte, H ou E, et quelle conséquence sur l’exonération IFICI, qui couvre E mais pas H ? » Pièces : conditions générales et particulières du contrat, nature du versement de sortie, attestation de l’assureur sur le rattachement ou non à un emploi antérieur.
Troisième question — l’Agirc-Arrco au regard de l’accord franco-maltais. « Une pension complémentaire Agirc-Arrco relève-t-elle des versements faits en application de la législation sur la sécurité socialeau sens de l’article 18 § 2 de l’accord France-Malte, et donc de l’imposition française exclusive ? Existe-t-il une position publiée de l’administration française propre à cet accord ? » C’est la question qui décide, pour un cadre retraité, de la pertinence entière du Malta Retirement Programme.
Quatrième question — la recevabilité d’un PER individuel français comme ticket d’entrée grec.À poser à un avocat fiscaliste grec : « Une rente servie au titre d’un plan d’épargne retraite individuel français constitue-t-elle une preuve recevable de la qualité de bénéficiaire d’une pension étrangère au sens de l’article 3 § 2 de la décision A.1217/2020 ? Existe-t-il une circulaire de l’AADE ou une pratique établie du service compétent ? » La lecture littérale du texte grec conduit à répondre non : les trois catégories admises sont le régime obligatoire, le fonds professionnel institué par la loi et le contrat collectif d’entreprise.
Cinquième question — le délai grec de dépôt en 2026 et 2027.Au même correspondant : « Un arrêté du gouverneur de l’AADE a-t-il été pris sur le fondement du nouveau § 9 de l’article 5Β ? À défaut, quelle échéance le service compétent applique-t-il en pratique depuis l’entrée en vigueur de la loi 5313/2026 le 25 juin 2026 ? » Tant que la réponse n’est pas obtenue, la seule attitude prudente est de déposer avant le 31 mars.
Sixième question — l’exit tax, article par article.À un avocat fiscaliste français : « Version en vigueur de l’article 167 bis du CGI : taux, assiette, seuils, délais de dégrèvement, conditions du sursis automatique et du sursis sur option, montant et forme des garanties, obligations déclaratives, et condition d’application dans le temps du régime issu de la loi de finances pour 2019. » Les valeurs que nous publions — 31,4 %, garantie de 12,8 % du brut, seuil de 2 570 000 €, délais de deux et cinq ans — n’ont pas été rouvertes article par article sur Légifrance dans le cadre de ce guide, et un chiffrage individuel ne peut pas s’en contenter.
Septième question — Chypre, dans son entier.Tant que le socle chypriote de cette série n’est pas constitué sur sources primaires, aucune donnée chypriote ne doit être reprise d’un comparatif en ligne. La question à poser à un conseil établi à Nicosie : « Quelle est, sur le texte en vigueur après la réforme de 2026, la durée du statut non-dom, le champ exact de l’exonération de Special Defence Contribution, le régime d’imposition des pensions de source étrangère, et les conditions cumulatives de la résidence fiscale abrégée ? Merci de citer les articles et la date de leur dernière modification. »
Portée de ce chapitre
Ce chapitre expose l’état du droit au 29 juillet 2026. Côté portugais : Código do IRS, articles 16.º, 68.º, 68.º-A, 69.º, 72.º, 81.º, 99.º et 101.º dans les rédactions publiées par l’Autoridade Tributária ; Estatuto dos Benefícios Fiscais, article 58.º-A ; Código do Imposto do Selo, article 6.º ; Código do IMI, articles 135.º-B à 135.º-F ; Lei n.º 82/2023, de 29 de dezembro, articles 230.º, 236.º, 263.º et 317.º ; Lei n.º 2/2020, de 31 de março, articles 326.º, 329.º et 334.º ; Lei n.º 73-A/2025 ; Portaria n.º 352/2024/1 ; Ofício-Circulado n.º 90068/2024 et Ofício Circulado n.º 20276/2025 ; informação vinculativan.º 26080, despacho du 8 mai 2026 ; convention franco-portugaise du 14 janvier 1971 modifiée, articles 19, 20 et 23.
Côté français : articles 4 B, 155 B, 163 quatervicies, 167 bis, 750 ter, 964 et 990 I du code général des impôts ; articles L. 131-9, L. 136-6, L. 136-7, L. 136-8 et D. 242-8 du code de la sécurité sociale ; loi no 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026 ; brochure pratique IR 2026 de la DGFiP.
Côté étranger : loi grecque 4172/2013, articles 5Α, 5Β et 5Γ, dans leur rédaction consolidée par la loi 5313/2026, décisions A.1217/2020 et A.1062/2026, convention franco-hellénique du 11 mai 2022 ; TUIR italien, articles 24-bis et 24-ter, et D.Lgs. n. 209/2023, d’après les fiches de l’Agenzia delle Entrateconsultées le 29 juillet 2026 ; article 93 de la Ley 35/2006, loi espagnole 19/1991 et loi 38/2022 ; Income Tax Actmaltais, article 56(27), S.L. 123.134, 123.148 et 123.160, et accord franco-maltais, articles 18 et 19 ; Llei 9/2012 andorrane, articles 95 à 97 et 154, dans leur rédaction issue des Llei 5/2025 et 2/2026, Llei 5/2014, et convention franco-andorrane du 2 avril 2013 et son protocole. Les données grecques, maltaises, espagnoles et andorranes proviennent des socles documentaires établis pour les guides de la même série, vérifiés sur sources primaires en juillet 2026. Aucune donnée chypriote n’est publiée : le site du Cyprus Tax Departmentn’a pas pu être atteint le 29 juillet 2026, et la réforme fiscale chypriote de 2026 a déplacé plusieurs paramètres.
Ce chapitre ne constitue ni une consultation juridique ni une garantie de traitement fiscal. Les régimes d’attraction fiscale sont, de tous les sujets de ce guide, ceux qui changent le plus vite : trois des montants cités ont été modifiés au cours des dix-huit derniers mois. Aucun chiffre ne doit être repris dans un dossier réel sans avoir été rouvert sur la source primaire de l’État concerné à la date de l’acte. Les simulations chiffrées sont des illustrations construites sur des hypothèses explicites, et non des prévisions. Le cabinet est enregistré à l’ORIAS sous le numéro 23002291 et intervient en qualité de conseiller en investissements financiers ; les points de qualification fiscale internationale se traitent avec des avocats fiscalistes, et le droit de chaque État d’accueil avec des conseils établis dans cet État.
33. Le retour en France
« Ma fille rentre à Bordeaux avec les petits, ma femme veut la suivre, et moi je dois vous dire honnêtement que je ne sais pas ce que je perds en rentrant. » C’est, mot pour mot, la première phrase d’un rendez-vous de mars dernier. L’homme était parti en 2016, inscrit au régime du résident non habituel, pension privée exonérée, une résidence à Tavira. Il avait des titres non cotés en sursis d’exit tax et n’y pensait plus. Ce qu’il croyait perdre — l’exonération portugaise de sa pension — il allait effectivement le perdre. Ce qu’il ignorait, c’est que son retour purgeait définitivement un impôt latent français de plusieurs centaines de milliers d’euros qui, autrement, courait jusqu’en 2031.
Le retour est le chapitre le moins écrit du corpus francophone sur le Portugal, et c’est incohérent : depuis la fermeture du régime du résident non habituel aux nouveaux arrivants, le flux de retours augmente mécaniquement, et il augmentera chaque année à mesure que les cohortes de dix ans s’éteignent. Un guide qui traite le départ sur vingt chapitres et le retour sur une page ne fait pas son travail.
Ce chapitre traite le retour comme ce qu’il est : une opération à deux calendriers. Le calendrier français, celui des régimes qui se rouvrent — les impatriés de l’article 155 B, la territorialité temporaire de l’impôt sur la fortune immobilière, le plafond d’épargne retraite majoré, le dégrèvement de l’exit tax. Et le calendrier portugais, celui d’une sortie qu’il faut fermer proprement, avec trois déclarations, trois délais, et un fait générateur d’imposition portugaise que presque personne ne signale : la perte de la qualité de résident vaut cession pour les crypto-actifs. Les deux calendriers ne s’emboîtent pas naturellement. C’est le travail de ce chapitre de les emboîter.
Un avertissement de méthode, parce qu’il commande la lecture. La formule « je reviens d’expatriation, donc je suis impatrié » est fausse. Elle est fausse pour la majorité des personnes que nous recevons, et elle l’est pour des raisons de qualité juridique et de chronologie contractuelle, pas pour des raisons de seuil. Elle circule pourtant partout, et elle conduit des cadres à négocier un salaire net sur une hypothèse d’exonération qu’ils n’obtiendront jamais. C’est la section la plus longue de ce chapitre, et c’est délibéré.
Pourquoi les retours augmentent, et pourquoi ce n’est pas toujours fiscal
Trois causes se superposent, et il vaut la peine de les distinguer parce qu’elles n’appellent pas le même conseil.
La première est arithmétique. Le régime du résident non habituel court dix années consécutives comptées depuis l’année d’acquisition de la résidence fiscale portugaise — pas depuis l’année d’inscription au registre, et l’écart entre les deux vaut une ou deux années de régime. Les personnes devenues résidentes en 2016 sont sorties du régime au terme de 2025. Celles de 2017 sortent en 2026. Le mouvement continue jusqu’à la dernière cohorte, celle de 2024, dont la dernière année d’application est 2033. Le chapitre 04 détaille cette mécanique et le tableau des cohortes. Ce qu’il faut en retenir ici : la sortie du régime n’est pas un accident, c’est une date connue d’avance, et elle devrait être préparée trois ans avant, pas découverte à la déclaration.
La deuxième est le contresens fondateur de ce dossier. L’IFICI n’est pas un « RNH 2.0 ». Son exonération des revenus de source étrangère est fondée sur le n.º 4 do artigo 81.º do Código do IRS, qui vise les catégories A, B, E, F et G. La catégorie H — les pensions — n’y figure pas. Le dépliant officiel de l’Autoridade Tributária de mars 2025 énumère la même liste et s’interrompt à G, et l’Ofício Circulado n.º 20276/2025, à sa question 2, l’écrit sans détour : « Regra geral : isenção de IRS, exceto no caso de rendimentos da categoria H ». Une pension française perçue par un bénéficiaire de l’IFICI est donc imposée au barème progressif portugais, jusqu’à 48 %, majoré de la taxa adicional de solidariedade de l’article 68.º-A au-delà des seuils. Ni 0 %, ni les 10 % que le régime du résident non habituel appliquait depuis 2020. Le chapitre 03 traite l’IFICI en entier. Nous le rappelons ici parce qu’une partie des retours que nous instruisons sont des retours de personnes parties en 2025 ou 2026 sur cette promesse, qui ont découvert l’erreur à leur première Modelo 3.
La troisième cause n’est pas fiscale du tout, et elle est de loin la plus fréquente. Un conjoint qui décède. Une pathologie qui suppose un suivi hospitalier en français. Des petits-enfants. Une amitié qui ne se reconstitue pas à soixante-douze ans dans une langue qu’on parle mal. Nous voyons régulièrement des dossiers où le calcul fiscal du départ était juste, où le climat et le coût de la vie ont tenu leurs promesses, et où le retour se décide quand même, pour des raisons qui ne figurent dans aucun tableau. Il n’y a rien à optimiser là-dedans. Il y a seulement à ne pas laisser le retour coûter plus cher qu’il ne devrait, faute d’avoir regardé quatre ou cinq mécanismes au bon moment.
Le retour comme outil, et non comme échec : le cas de la cohorte 2014-2018
Il existe une configuration où le retour est l’acte fiscalement optimal, et elle concerne exactement la génération partie sous le régime du résident non habituel. Si vous avez transféré votre domicile entre 2014 et 2018 avec des titres saisis par l’exit tax, votre délai de conservation n’est ni de deux ans ni de cinq : il est de quinze ans. Pour un départ de 2018, il court jusqu’en 2033. Revenir en France avant cette échéance, en ayant conservé les titres, ouvre le dégrèvement pour les plus-values latentes et replace le contribuable, pour les plus-values en report, dans la situation qui aurait été la sienne s’il n’était jamais parti. Le retour est alors l’outil, pas l’aveu d’échec. Nous développons ce point plus bas.
La date de reprise de la résidence : ce qui la fixe, et ce qu’elle coupe
Tout, dans ce chapitre, dépend d’une date. Elle n’est pas celle du déménagement, ni celle du bail, ni celle de l’inscription au consulat. Elle résulte de l’article 4 B du code général des impôts, dont les critères sont alternatifs : foyer ou lieu de séjour principal, activité professionnelle principale, centre des intérêts économiques. Il suffit qu’un seul soit rempli. Les personnes domiciliées en France y sont imposables sur leurs revenus mondiaux (article 4 A). Le chapitre 05 traite ces critères et leur articulation avec les critères portugais de l’article 16.º do CIRS.
La conséquence pratique la plus sous-estimée tient en une phrase : le retour du conjoint et des enfants suffit à recréer un foyer en France, même si vous continuez matériellement de séjourner au Portugal. C’est ce que nous appelons le retour subi. Le couple décide que madame rentre avec les enfants pour la scolarité, monsieur reste six mois de plus pour vendre l’appartement de Cascais et « terminer l’année portugaise » : du point de vue français, le foyer est déjà en France, et l’année entière du monsieur bascule. Maintenir une fiction de non-résidence pour l’un des deux conjoints quand le foyer s’est reconstitué en France est un contentieux annoncé, pas une optimisation.
Cette date coupe votre année en deux. La doctrine administrative — BOI-IR-DOMIC-20, document du 25 juin 2014, paragraphes 10, 20, 30 et 60 — pose qu’en cas de transfert du domicile de l’étranger vers la France, l’imposition sur le revenu mondial ne porte que sur la période de domiciliation française : sont imposés « l’ensemble des revenus, de source française ou étrangère, réalisés ou mis à disposition depuis la date d’arrivée ». Avant cette date, seuls les revenus de source française au sens de l’article 164 B sont imposables.
Deux précisions que le corpus escamote. La première : cette coupure de l’année d’arrivée n’est pas une tolérance doctrinale, elle a un siège légal, et le BOFiP l’écrit dès son paragraphe 1. C’est l’article 166 du code général des impôts : « Lorsqu’un contribuable précédemment domicilié à l’étranger transfère son domicile en France, les revenus dont l’imposition est entraînée par l’établissement du domicile en France ne sont comptés que du jour de cet établissement ». L’article 167 organise, lui, l’année du départ : les deux sens du transfert ont chacun leur texte, et la coupure de l’année d’arrivée est opposable à l’administration. La seconde : le BOFiP distingue la date de mise à disposition (salaires, pensions) de la date de réalisation (bénéfices professionnels, plus-values). Écrire « les revenus perçus après le retour » sans préciser la catégorie, c’est écrire une phrase inutilisable. Une plus-value de cession réalisée trois semaines avant votre installation et encaissée trois semaines après ne suit pas le régime de votre salaire.
Le paragraphe 30 du même document appelle en revanche une mise en garde de date. Il prévoit que le contribuable qui disposait déjà d’un bien en France pendant son expatriation est imposé, pour la période antérieure au transfert, sur la base la plus élevée entre un forfait assis sur la valeur locative de ce bien et ses revenus de source française. Ce forfait était celui de l’article 164 C du code général des impôts, qui n’est plus en vigueur : la recherche par numéro d’article dans le code général des impôts sur Légifrance, faite le 29 juillet 2026, ne retourne aucun article 164 C, alors qu’elle retourne bien l’article 164 B. Le document BOFiP, daté du 25 juin 2014, n’a pas été mis à jour sur ce point : ne rien chiffrer sur son paragraphe 30 ni sur l’exemple chiffré de son paragraphe 50. Le paragraphe 60, lui, limite le calcul du taux effectif de l’année du transfert aux seuls revenus exonérés en France réalisés ou disponibles pendant la période de domiciliation française : vos revenus portugais du premier semestre ne remontent donc pas le taux frappant vos revenus français du second.
Si les deux États revendiquent la résidence la même année
C’est l’hypothèse d’un retour mal fermé côté portugais : vous êtes redevenu résident français au sens de l’article 4 B, et l’Autoridade Tributária, faute d’avoir enregistré votre changement de morada et de statut, continue d’attendre de vous une déclaration mondiale de résident portugais. La solution passe par l’article 4 de la convention franco-portugaise du 14 janvier 1971, qui porte les critères de départage.
Les critères, dans l’ordre où ils s’appliquent, sont ceux du paragraphe 2 de cet article 4, tel qu’il figure dans le texte consolidé publié par la DGFiP : a) l’État où la personne dispose d’un foyer d’habitation permanent et, si elle en dispose dans les deux États, celui avec lequel ses liens personnels et économiques sont les plus étroits — le centre des intérêts vitaux ; b) à défaut, l’État où elle séjourne de façon habituelle ; c) à défaut, l’État dont elle possède la nationalité ; d) à défaut, les autorités compétentes tranchent la question d’un commun accord. Ces critères sont hiérarchisés : on ne passe au suivant que si le précédent ne départage pas. Leur application à un dossier réel demeure un exercice de preuve. Ce point relève d’un arbitrage avec nos avocats partenaires spécialisés sur le Portugal avant tout acte irréversible. La question à leur poser : « au regard de l’article 4 de la convention dans sa rédaction consolidée après la convention multilatérale, quel État est l’État de résidence pour l’année N, et quelle procédure engager si les deux administrations maintiennent leur position ? » Les pièces à réunir : attestation de résidence fiscale portugaise pour les années concernées, justificatif du changement de morada, bail ou acte d’acquisition français, factures d’énergie, inscription scolaire, relevés de mouvements bancaires montrant le centre des dépenses courantes. À défaut d’accord, la procédure amiable de l’article 26 de la convention est ouverte, le cas devant être soumis dans les trois ans de la première notification de la mesure, délai résultant de la combinaison de l’article 26 § 1 et de l’article 16 § 4 de la convention multilatérale.
L’année du retour : trois situations déclaratives, pas une
On lit partout que l’année du retour suppose deux déclarations : une 2042-NR pour la période non-résident, une 2042 pour la période résident. C’est vrai dans un cas sur trois, et c’est faux pour le profil central de ce guide. La page de la DGFiP « Je viens ou je reviens en France, comment et quels revenus dois-je déclarer ? », publiée le 1er septembre 2016 et modifiée le 17 décembre 2025, distingue trois situations.
| Votre situation pendant l'expatriation | Ce que vous déposez l'année du retour | Ce que cela change |
|---|---|---|
| Aucune obligation fiscale en France : pension privée imposable au seul Portugal en vertu de l'article 19 de la convention, aucun revenu de source française imposable en France | Une seule 2042, avec ses annexes — 2047 pour les revenus de source étrangère de la période de résidence, 2044 en cas de revenus fonciers. Aucune 2042-NR | C'est le cas du retraité du privé, c'est-à-dire du profil majoritaire de ce guide. Déposer une 2042-NR inutile n'est pas une faute grave, mais l'inverse — croire qu'il en faut une et bloquer le dossier — retarde la régularisation |
| Non-résident avec des revenus de source française imposables en France : revenus fonciers, pension publique de l'article 20 § 2, salaire d'une activité exercée en France | Une 2042-NR pour la période du 1er janvier à la date d'arrivée, PUIS une 2042 pour la période du retour au 31 décembre, avec 2047 et 2044 | Deux déclarations, deux périodes, deux régimes. La retenue à la source de l'article 182 A opérée sur la période non-résident ne s'impute pas intégralement : voir ci-dessous |
| Obligation fiscale illimitée maintenue pendant l'expatriation | Une seule 2042 | Cas des agents de l'État en poste à l'étranger, que la page DGFiP vise expressément : ils ne sont pas concernés par l'imprimé 2042-NR, et la totalité de leurs traitements et salaires figure sur leur 2042 |
Un point technique attaché à la deuxième ligne, et qui produit régulièrement des calculs faux. La retenue à la source de l’article 182 A opérée sur vos revenus de source française pendant votre période de non-résidence n’est pas un simple acompte. L’article 197 B rend libératoires les fractions retenues aux taux de 0 % et de 12 % : elles ne sont pas imputables sur l’impôt calculé au barème, et la fraction de revenu correspondante n’est pas prise en compte pour l’établissement de l’impôt selon l’article 197 A. Seule la fraction soumise au taux de 20 % est réintégrée, la retenue correspondante devenant alors imputable. Réintégrer au barème l’intégralité des sommes retenues, c’est surestimer votre impôt de la période non-résident. Le même article 197 B ouvre au demeurant une soupape que presque personne n’actionne : le contribuable « peut demander le remboursement de l’excédent de retenue à la source opérée lorsque la totalité de cette retenue excède le montant de l’impôt qui résulterait de l’application des dispositions du a de l’article 197 A à la totalité de la rémunération ». Le chapitre 13 traite cette mécanique en détail, ainsi que l’option pour le taux moyen et ses deux facilités — la déclaration sur l’honneur et la déductibilité des pensions alimentaires pour le seul calcul du taux.
Un second point, sur le prélèvement forfaitaire non libératoire de l’article 117 quater. Pendant votre expatriation, vos dividendes de source française n’y étaient pas soumis ; en redevenant résident, vous entrez dans le mécanisme de l’acompte prélevé à la source, avec la faculté de demander une dispense lorsque votre revenu fiscal de référence est inférieur à un seuil. Notre socle documentaire n’établit ni le seuil applicable ni la date limite de la demande de dispense pour un contribuable qui redevient résident en cours d’année : nous signalons le mécanisme, nous ne le chiffrons pas, et il fait partie des points à vérifier avec votre conseil avant la première distribution suivant votre installation.
Comptes et contrats détenus au Portugal : deux obligations, deux articles, deux amendes distinctes
Dès votre première déclaration de résident, vous devez déclarer ce que vous avez laissé ouvert au Portugal. Le corpus francophone fond systématiquement deux régimes qui n’ont ni le même formulaire, ni le même texte, ni la même sanction.
Les comptes ouverts, détenus, utilisés ou clos à l’étranger relèvent de l’article 1649 A du CGI et se déclarent au formulaire 3916. La sanction est celle de l’article 1736, IV : 1 500 € par compte et par an, portés à 10 000 € lorsque l’État n’a pas conclu avec la France de convention d’assistance administrative. Cela vise le compte courant portugais que vous gardez « pour les charges », le compte de courtage, et les comptes d’actifs numériques.
Les contrats d’assurance-vie et de capitalisation souscrits hors de France relèvent de l’article 1649 AA et se déclarent au formulaire 3916-bis. La sanction est celle de l’article 1766 : 1 500 € par contrat non déclaré, 10 000 € dans le même cas aggravé. Doctrine commune aux deux régimes : BOI-CF-INF-20-10-50.
Pourquoi insister sur une distinction d’article ? Parce que l’amende de l’article 1766, citée à tort pour les comptes bancaires dans une grande partie du corpus, ne sanctionne pas les comptes. Un guide qui cite le mauvais texte devant un client contrôlé perd sa crédibilité sur le reste de la page — et un client qui régularise un compte en invoquant le mauvais fondement ne se protège de rien. Le chapitre 28 traite l’ensemble du dispositif déclaratif et de l’échange automatique d’informations.
Le régime des impatriés de l’article 155 B : six conditions avant toute promesse
C’est le point sur lequel le corpus francophone est le plus systématiquement faux, et c’est aussi celui dont l’erreur coûte le plus vite : un cadre qui négocie sa rémunération en anticipant une exonération de 30 % et qui ne l’obtient pas a un revenu net inférieur de 15 à 30 % à ce qu’il avait calculé, sur huit ou neuf ans. Nous avons vu des démissions signées sur cette base.
Le texte est l’article 155 B du code général des impôts, dans sa version en vigueur depuis le 31 décembre 2018, issue de l’article 6 (V) de la loi n° 2018-1317 du 28 décembre 2018. Vérification faite le 29 juillet 2026, Légifrance n’affichait aucune version postérieure ; les lois de finances pouvant modifier le texte, la page doit être rouverte avant tout engagement. La doctrine applicable est la série BOI-RSA-GEO-40-10, dont les deux documents décisifs — personnes éligibles et revenus exonérés — portent la date du 11 août 2025.
| Condition | Ce que le texte et la doctrine exigent | Où les dossiers échouent |
|---|---|---|
| 1. Qualité | Être salarié, ou dirigeant expressément assimilé fiscalement aux salariés au sens de l'article 80 ter du CGI : en SA et SAS, président du conseil d'administration, directeur général, directeur général délégué, administrateur provisoirement délégué, membres du directoire, administrateurs ou membres du conseil de surveillance chargés de fonctions spéciales ; en SARL, gérants minoritaires ou égalitaires | Le gérant majoritaire de SARL et l'indépendant en nom propre ne figurent pas dans cette liste. C'est le premier motif de rejet, et il est structurel : aucune rédaction contractuelle ne le corrige |
| 2. Appel ou recrutement | Être appelé par une entreprise étrangère auprès d'une entreprise établie en France (mobilité intragroupe), ou recruté directement à l'étranger par une entreprise établie en France. Le BOI-RSA-GEO-40-10-10 § 80 exclut les personnes venues exercer un emploi en France de leur propre initiative ou ayant déjà établi leur domicile en France lors du recrutement ; une remarque du même document admet celles qui ont postulé depuis l'étranger à une offre d'emploi | La chronologie. Le § 90 met la charge de la preuve sur le salarié : il devra justifier que, lors du recrutement, son domicile réel était toujours fixé à l'étranger. Signer après avoir déménagé ferme le régime |
| 3. Non-domiciliation antérieure | Ne pas avoir été fiscalement domicilié en France au cours des cinq années civiles précédant celle de la prise de fonctions (art. 155 B, I-1 ; BOFiP § 140) | Le décompte quand l'année de départ était partielle. Point non tranché, développé ci-dessous — c'est le piège de calendrier que personne ne publie |
| 4. Prise de fonctions | Date à laquelle commence effectivement l'exécution du contrat, de travail ou de mandat social, au sein de l'entreprise située en France (BOFiP § 150) | C'est cette date, et non celle du déménagement ni celle de la signature, qui fait courir les huit ans et qui sert de repère aux cinq années civiles |
| 5. Conditions annuelles | Exercer chaque année son activité professionnelle principale en France et y avoir son foyer ou son lieu de séjour principal | Le régime tombe l'année où une condition annuelle cesse d'être remplie. Une expatriation de deux ans en cours de période ne suspend pas : elle interrompt |
| 6. Durée | Pour les prises de fonctions intervenues à compter du 6 juillet 2016, jusqu'au 31 décembre de la huitième année civile suivant celle de la prise de fonctions | « Le régime dure huit ans » est approximatif : selon le mois de la prise de fonctions, il couvre jusqu'à neuf années civiles. Une prise de fonctions en novembre 2027 court jusqu'au 31 décembre 2035 |
Reprenons la deuxième condition, parce que c’est celle sur laquelle se joue la moitié des dossiers et qu’elle ne se rattrape pas. Le régime suppose que vous ayez été appelé ou recruté depuis l’étranger. La preuve pèse sur vous. Elle se construit avant le retour, pas après : contrat de travail ou avenant de mobilité signé alors que vous résidiez encore au Portugal, avec une date certaine ; attestation de résidence fiscale portugaise couvrant la date de signature ; correspondance de recrutement partie d’une adresse portugaise ; billet d’avion pour les entretiens ; atestado de residência de la junta de freguesia ; bail portugais encore en cours. Une chronologie inverse — déménagement en mars, signature en juin — ne se répare par aucune rédaction contractuelle, et l’administration n’a pas à prouver quoi que ce soit : c’est à vous d’établir que votre domicile réel était encore à l’étranger.
Le piège de calendrier des cinq années civiles
Prenons la question telle qu’elle se pose. Vous êtes parti au Portugal le 1erjuillet 2021. Une entreprise française vous propose un poste. À partir de quand pouvez-vous prendre vos fonctions sans compromettre le régime ?
La condition est de ne pas avoir été fiscalement domicilié en France au cours des cinq années civiles précédant celle de la prise de fonctions. L’année 2021 est une année pendant laquelle vous avez été domicilié en France une partie de l’année. Une lecture littérale conduit donc à compter cinq années civiles pleines de non-domiciliation à partir de 2022 — soit 2022, 2023, 2024, 2025 et 2026 — et à situer la prise de fonctions au plus tôt en 2027. Une lecture plus souple retient que seule compte la situation à la date de la prise de fonctions, les cinq années précédentes étant appréciées globalement ; elle autoriserait une prise de fonctions dès 2026.
Ce point n’est pas tranché. Le BOI-RSA-GEO-40-10-10 du 11 août 2025, consulté le 29 juillet 2026, ne comporte pas d’exemple traitant explicitement le décompte d’une année de domiciliation partielle dans la période de cinq ans. Nous retenons la lecture stricte, qui est la position prudente, et nous disons pourquoi l’enjeu justifie cette prudence.
Ce que coûte une prise de fonctions un an trop tôt
HYPOTHESE
Depart de France ......................... 1er juillet 2021
Remuneration nette totale annuelle ............. 200 000 €
Prime d'impatriation, option forfaitaire 30 % .... 60 000 €
Taux marginal d'imposition suppose ................... 41 %
LECTURE STRICTE (retenue ici)
Cinq annees civiles pleines hors de France : 2022 a 2026
Prise de fonctions possible ................. a partir de 2027
Regime applicable jusqu'au ................. 31 decembre 2035
Soit ....................................... 9 annees civiles
LECTURE SOUPLE
Prise de fonctions ................................... 2026
Gain apparent .......................... une annee de regime
CE QUI SE PASSE SI L'ADMINISTRATION RETIENT LA LECTURE STRICTE
Le regime n'est pas ampute d'une annee : il est REFUSE
Exoneration perdue, par an ......... 60 000 x 41 % = 24 600 €
Sur la duree du regime ......... 24 600 x 9 = 221 400 € (ordre
de grandeur, hors evolution
de remuneration et de bareme)
S'y ajoutent les interets de retard et, le cas echeant,
les majorationsChiffrage d'illustration, construit sur des hypothèses explicites qui ne sont pas les vôtres. Il ne tient compte ni de l'évolution de la rémunération, ni du plafonnement de l'article 155 B, I-3, ni du plancher de rémunération comparable, ni des prélèvements sociaux, dont le traitement de la prime d'impatriation doit être confirmé avec le service de paie de l'employeur. Sa seule fonction est de montrer que l'écart entre les deux lectures n'est pas d'une année de régime : c'est le régime entier. Décaler la prise de fonctions de janvier à l'année suivante, ou sécuriser par rescrit fiscal, coûte infiniment moins cher que de perdre l'arbitrage.
La recommandation opérationnelle est donc simple, et elle n’est pas commerciale : décaler la prise de fonctions, ou sécuriser la position par un rescrit fiscal avant la signature. Le rescrit prend du temps et personne ne vous préviendra si votre demande dort ; c’est pénible, et c’est moins pénible qu’un redressement portant sur huit exercices.
Trois avantages, et non un seul
Le régime est presque toujours présenté comme « une exonération de 30 % ». Il en comporte trois, plus un plafonnement optionnel que personne n’exerce.
La prime d’impatriation. Elle est exonérée pour son montant réel, à condition d’apparaître distinctement dans le contrat de travail ou de mandat social, ou dans un avenant établi préalablement à la prise de fonctions en France (BOI-RSA-GEO-40-10-20, 11 août 2025, § 60). L’adverbe « préalablement » est la condition, pas un ornement : un avenant régularisé six mois après la prise de fonctions ne sauve pas la clause. À défaut, une option pour une évaluation forfaitaire à 30 % de la rémunération nette totale est ouverte. L’assiette de ces 30 % s’entend de la rémunération nette de cotisations sociales et de la part déductible de la CSG, avant déduction forfaitaire de 10 % ou frais réels, et hors épargne salariale et stock-options.
Sur cette option forfaitaire, un point de mise à jour que beaucoup de contenus francophones n’ont pas intégré : elle était historiquement réservée aux personnes recrutées directement à l’étranger, et la loi n° 2018-1317 du 28 décembre 2018 l’a généralisée aux personnes appelées par une entreprise étrangère auprès d’une entreprise établie en France. Le BOFiP du 11 août 2025 est publié sous l’intitulé « Généralisation de l’évaluation forfaitaire », et son paragraphe 102 pose deux conditions de date cumulatives : la disposition s’applique « à raison des rémunérations dues à compter du 1er janvier 2019 » aux salariés ou dirigeants dont la « prise de fonction en France intervient à compter du 16 novembre 2018 ». Retenir la seule seconde condition, comme le font la plupart des synthèses, est incomplet. Un cadre en mobilité intragroupe qui renonce au forfait parce qu’il a lu une restriction abrogée depuis sept ans renonce à une exonération à laquelle il a droit.
La part de rémunération correspondant à l’activité exercée à l’étranger. Elle est exonérée si les séjours à l’étranger sont effectués dans l’intérêt direct et exclusif de l’employeur (art. 155 B, I-2). Pour un dirigeant qui rentre du Portugal et continue d’y suivre un portefeuille de clients, ce poste peut peser plus lourd que la prime — à condition que les déplacements soient documentés jour par jour, ce qui suppose une discipline que personne n’installe spontanément la première année.
Le plafonnement, et l’option annuelle qu’on oublie. Chaque année, vous choisissez entre un plafond global — exonération totale, prime et part étrangère confondues, limitée à 50 % de la rémunération totale — et un plafond sectoriel — exonération de la seule part étrangère, limitée à 20 % de la rémunération imposable nette de la prime plafonnée (art. 155 B, I-3 ; BOI-RSA-GEO-40-10-20 § 330). Ce n’est pas un choix théorique.
Le plafonnement : deux configurations, deux gagnants différents
CONFIGURATION A — prime forfaitaire, forte part etrangere
Remuneration totale ............................ 200 000 €
Prime d'impatriation, forfait 30 % .............. 60 000 €
Part d'activite exercee a l'etranger ............ 70 000 €
Plafond GLOBAL
Exoneration demandee : 60 000 + 70 000 ....... 130 000 €
Limite : 50 % x 200 000 ...................... 100 000 €
Exoneration retenue .......................... 100 000 €
Plafond SECTORIEL
Prime exoneree ................................ 60 000 €
Base : 200 000 - 60 000 ...................... 140 000 €
Part etrangere limitee a 20 % x 140 000 ....... 28 000 €
Exoneration retenue ........................... 88 000 €
>> Le plafond GLOBAL l'emporte : + 12 000 € d'assiette exoneree
CONFIGURATION B — prime contractuelle elevee, part etrangere plus faible
Remuneration totale ............................ 200 000 €
Prime d'impatriation reelle, au contrat ......... 80 000 €
Part d'activite exercee a l'etranger ............ 60 000 €
Plafond GLOBAL
Exoneration demandee : 80 000 + 60 000 ....... 140 000 €
Limite : 50 % x 200 000 ...................... 100 000 €
Exoneration retenue .......................... 100 000 €
Plafond SECTORIEL
Prime exoneree ................................ 80 000 €
Base : 200 000 - 80 000 ...................... 120 000 €
Part etrangere limitee a 20 % x 120 000 ....... 24 000 €
Exoneration retenue .......................... 104 000 €
>> Le plafond SECTORIEL l'emporte : + 4 000 € d'assiette exoneree
soit, a 41 % de taux marginal, 1 640 € par anL'option se pose chaque année, et le gagnant change avec la structure de votre rémunération. Elle n'est pas exercée dans la plupart des dossiers que nous reprenons, non par négligence, mais parce que personne ne l'a jamais présentée au salarié. Les bases exactes des deux plafonds sont définies par l'article 155 B, I-3 et par le BOI-RSA-GEO-40-10-20 § 330 : le calcul doit être posé avec le service de paie ou l'expert-comptable de l'employeur, sur les chiffres réels de l'année, et non sur cet exemple.
Un plancher, qu’on découvre parfois trop tard. La rémunération de l’impatrié soumise à l’impôt après exonération doit rester au moins égale à celle versée au titre de fonctions analogues dans la même entreprise ou dans des entreprises similaires établies en France ; à défaut, la différence est réintégrée (art. 155 B, I-1 ; BOFiP § 110). Concrètement : on ne peut pas structurer une rémunération de 120 000 € en 60 000 € de salaire et 60 000 € de prime exonérée si le poste se paie 120 000 € sur le marché. Le comparatif doit être documenté par l’employeur, pas improvisé en cas de contrôle.
L’exonération de 50 % de certains revenus passifs de source étrangère. Pendant la même période, le II de l’article 155 B exonère d’impôt sur le revenu, à hauteur de 50 %, trois catégories limitativement énumérées : les revenus de capitaux mobiliers dont le payeur est établi hors de France dans un État lié à la France par une convention comportant une clause d’assistance administrative ; certains produits de la propriété intellectuelle et industrielle de même origine ; les plus-values de cession de valeurs mobilières et droits sociaux lorsque le dépositaire des titres — ou, à défaut, la société émettrice — est établi hors de France dans un tel État. Les moins-values sont symétriquement limitées à 50 %. Un complément de prix perçu pendant la période et se rapportant à une cession ayant bénéficié de l’exonération est lui aussi exonéré de moitié (BOI-RSA-GEO-40-10-30-20 et -30-30, documents du 20 décembre 2019).
Trois limites à écrire noir sur blanc, parce que cette exonération est régulièrement présentée comme couvrant « tous vos revenus étrangers ». Elle vise des catégories limitativement énumérées : vos loyers portugais n’y sont pas. Elle suppose un payeur ou un dépositaire établi dans un État répondant à la condition conventionnelle : rapatrier vos titres sur un compte français avant votre retour peut donc vous en priver, ce qui est exactement l’inverse du réflexe naturel. Et elle ne porte que sur l’impôt sur le revenu : les prélèvements sociaux restent dus en totalité. Enfin, le bénéficiaire de l’article 155 B ne peut pas bénéficier de l’article 81 A (art. 155 B, I-4).
Les non-salariés : la porte est fermée depuis 2011
Le consultant qui rentre du Portugal et reprend une activité en nom propre, en bénéfices non commerciaux, n’a aucune option pour un abattement de 30 % au titre de l’article 155 B. Le dispositif historique ouvert à certaines activités non salariées exigeait une implantation en France au plus tard le 31 décembre 2011 et un agrément préalable (BOI-BNC-CHAMP-10-40-10, document du 3 février 2016). C’est terminé, et ce n’est pas une question d’interprétation.
Il n’entre dans le régime moderne que s’il prend un mandat social réel figurant dans la liste des dirigeants assimilés salariés, avec une chronologie de recrutement conforme. D’où le montage qui circule : créer une SAS à son retour, se nommer président, et s’auto-déclarer impatrié. Sans recrutement éligible, sans chronologie conforme, sans fonction réelle et sans rémunération substantielle, ce montage ne sécurise rien. Il additionne au contraire deux fragilités : l’absence de la condition d’appel ou de recrutement depuis l’étranger, et une structure dont l’objet principal apparent est fiscal. La voie prudente, là encore, est le rescrit. Le chapitre 19 traite le retour à une activité indépendante et le chapitre 23 les textes qui saisissent les structures dont l’objet principal est l’avantage fiscal.
La dispense temporaire d'assurance vieillesse : un dispositif distinct, à ne pas confondre avec le régime des impatriés
L’article L. 767-2 du code de la sécurité sociale permet, sur demande conjointe du salarié appelé de l’étranger et de son employeur, une dispense d’affiliation aux régimes français obligatoires d’assurance vieillesse de base et complémentaire, lorsque la législation sociale française est applicable. Les conditions relevées dans notre socle — contribution minimale annuelle de 20 000 € à un produit d’assurance vieillesse, absence d’affiliation à un régime français obligatoire d’assurance vieillesse au cours des cinq années civiles précédant la prise de fonctions, décision de l’Urssaf, durée de trois ans renouvelable une fois — proviennent de l’article D. 767-1 du code de la sécurité sociale et du formulaire Urssaf, qui n’ont pas été rouverts lors de notre dernière vérification. Elles doivent être confirmées sur le texte en vigueur avant toute demande.
Deux choses à retenir. Ce mécanisme est indépendant de l’article 155 B : on peut relever de l’un sans relever de l’autre. Et il a une contrepartie que les présentations commerciales passent sous silence : aucun droit à retraite française n’est acquis pour la période dispensée. Vous achetez du net immédiat contre des trimestres. Pour un cadre de cinquante-cinq ans dont la carrière française est déjà longue, l’arbitrage peut se défendre ; pour un cadre de trente-huit ans, il se défend beaucoup moins, et il ne se rattrape pas. Le dispositif ne concerne pas un indépendant, ne dispense pas des autres branches, et n’a pas lieu d’être demandé si une législation étrangère reste applicable au titre des règlements européens de coordination.
Le dégrèvement de l’exit tax : ce que le retour purge, ce qu’il reconstitue
Le mécanisme de l’article 167 bis et le régime du sursis sont traités au chapitre 12. Nous n’y revenons ici que par ce que le retour y change, et ce n’est pas mince : le retour est un fait générateur de dégrèvement.
Rappel du cadre chiffré, parce qu’il commande la décision. L’impôt sur le revenu afférent aux plus-values latentes est établi dans les conditions des 1 ou 2 de l’article 200 A — prélèvement forfaitaire unique à 12,8 % ou barème sur option globale —, majoré des prélèvements sociaux, soit 18,6 % pour cette assiette en 2026, c’est-à-dire un total de 31,4 %. La garantie exigée en cas de sursis sur option est, elle, égale à 12,8 % du montant total brut des plus-values et créances — sans abattement et sans prélèvements sociaux (V de l’article 167 bis). Sur 5 000 000 € d’assiette : 1 570 000 € d’impôt, 640 000 € de garantie. Ce sont deux assiettes différentes, et appliquer l’un des taux à l’assiette de l’autre est l’erreur la plus répandue du corpus. Pour un départ vers le Portugal, la garantie est au demeurant sans objet : le sursis est de plein droit, l’État de destination étant membre de l’Union.
Le VII de l’article 167 bis organise deux mécanismes distincts, qu’il ne faut jamais fondre.
Les plus-values latentes (VII 2°). L’impôt est « dégrevé d’office, ou restitué s’il avait fait l’objet d’un paiement immédiat lors du transfert de domicile fiscal hors de France » lorsque les titres « demeurent, à cette date, dans le patrimoine du contribuable ». Le dégrèvement joue à l’expiration du délai de deux ans suivant le transfert — cinq ans lorsque la valeur globale excède 2 570 000 € à la date du transfert — ou, si elle est antérieure, à la date de votre retour en France. La condition est la conservation des titres. Il n’y a pas de proratisation : vendre pendant le sursis fait perdre le bénéfice du délai déjà couru.
Les plus-values en report (VII 3°). Le contribuable qui transfère de nouveau son domicile fiscal en France, et dont les titres figurent toujours dans son patrimoine, est « replacé dans la même situation fiscale que s’il n’avait jamais quitté le territoire français ». Lisez cette phrase deux fois : le report se reconstitue, il ne s’efface pas. La formule « le retour efface le report », que l’on trouve telle quelle en ligne, est fausse. Si vous avez apporté vos titres à une holding contrôlée avant de partir, votre retour ne purge pas cette plus-value d’apport : il la remet dans l’état où elle serait si vous n’étiez jamais parti, avec les conséquences qui s’y attachent en cas de cession ultérieure des titres reçus.
Les créances de complément de prix suivent, elles, leur propre régime. Les fondre dans un résumé du type « deux ans et c’est réglé » est une faute.
La génération 2014-2018 : les quinze ans ne sont pas abrogés
Les délais de deux et cinq ans résultent de la loi de finances pour 2019 et régissent les transferts de domicile intervenus à compter du 1er janvier 2019. Ils n’ont pas d’effet rétroactif. La page de la DGFiP « Je quitte la France : suis-je concerné par l’exit tax ? », publiée le 20 juillet 2016 et modifiée le 10 mars 2026, l’écrit mot pour mot : « Si le transfert est intervenu entre 2014 et 2018, l’impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux sont dégrevés à l’expiration d’un délai de 15 ans ».
C’est exactement la population qui revient aujourd’hui. Écrire « les quinze ans sont abrogés » sans préciser la génération est une faute lourde : vrai pour les départs récents, faux pour la vague partie sous le régime du résident non habituel entre 2014 et 2018, pour laquelle le délai court jusqu’en 2033 dans le cas d’un départ de 2018. Ne jamais appliquer les quinze ans à un départ récent ; ne jamais les écarter pour un client parti avant 2019.
Deux bornes, pour être précis. Nous ne publions aucun délai de huit ans pour les départs antérieurs à 2014 : cette affirmation circule, la page DGFiP ne la porte pas, et nous ne la sourçons sur rien. Et le dispositif de l’article 167 bis s’applique aux transferts intervenus à compter du 3 mars 2011, non du 1erjanvier : écrire « un départ de 2011 » englobe deux mois hors du champ.
Une précision de calendrier législatif, parce qu’elle a fait beaucoup de bruit fin 2025 : un amendement visant à rétablir un délai de quinze ans pour les départs futurs a été adopté en séance le 3 novembre 2025, puis est tombé le 21 novembre 2025 avec le rejet de la première partie du budget, avant toute navette. Il n’est jamais entré dans la loi. Les délais applicables aux départs postérieurs au 1er janvier 2019 restent de deux et cinq ans.
Reste le mot « d’office », qui trompe. L’administration ne dégrève que ce qu’elle sait. Le dossier de retour doit rapprocher la 2074-ETD initiale souscrite au titre de l’année du transfert, l’ensemble des 2074-ETS de suivi — le millésime dépend de votre année de départ, et il faut se référer à la notice du millésime concerné plutôt que de figer un numéro —, l’inventaire des titres encore détenus à la date du retour, et la liste des événements survenus pendant le sursis : cession, donation, rachat, annulation, transfert vers un État tiers. Les dossiers qui dérapent ne dérapent pas sur le droit : ils dérapent sur une déclaration de suivi oubliée l’année d’un second déménagement, et sur une reconstitution de preuve à faire dix ans après.
Sortir proprement du système portugais
Le retour se joue autant à Lisbonne qu’à Bercy, et cette moitié-là du dossier est presque toujours négligée. Trois actes, trois délais, et deux d’entre eux se comptent en jours.
| Acte | Délai | Ce qui se passe si vous ne le faites pas |
|---|---|---|
| Cessação de atividade — cessation de l'activité indépendante déclarée à l'Autoridade Tributária | Trente jours à compter de la cessation | L'AT continue d'attendre vos déclarations périodiques et, le cas échéant, vos obligations de TVA. La régularisation est possible, elle est simplement pénible et payante |
| Changement de morada et de statut de résidence auprès de l'AT | Soixante jours lorsque le changement affecte le statut de résident | C'est le point le plus coûteux. L'AT continue d'attendre une déclaration mondiale de résident portugais : double revendication de résidence l'année du retour, contentieux à instruire par la procédure amiable de l'article 26 de la convention, trois ans de délai |
| Dernière Modelo 3 au titre de l'année de sortie | Du 1er avril au 30 juin de l'année suivante, jour ouvrable ou non (art. 60.º do CIRS) | Défaut déclaratif portugais, avec les conséquences propres au système portugais. Cette déclaration porte sur la fraction d'année où vous étiez encore résident |
| Anexo L, si vous étiez inscrit à l'IFICI | Avec la Modelo 3, y compris pour l'année de sortie | L'annexe conditionne l'application du régime sur l'année concernée |
| Communication de la perte des conditions de l'IFICI sur le Portal das Finanças | Jusqu'au 15 janvier de l'année suivante (art. 5.º da Portaria n.º 352/2024/1) | Le retour en France est précisément un événement de cette nature. L'obligation pèse sur le bénéficiaire, pas sur l'administration |
Ces démarches ne sont pas difficiles. Elles sont simplement invisibles : personne ne vous écrit pour vous rappeler que vous avez soixante jours pour signaler que vous n’êtes plus résident, et le jour où l’Autoridade Tributária vous relance, deux ans plus tard, votre interlocuteur portugais habituel a changé et votre comptable local a cessé de facturer. Prévoyez de garder un correspondant portugais pendant au moins dix-huit mois après votre départ : c’est un coût, il est modeste, et il évite un contentieux de résidence.
Le fait générateur portugais que presque personne ne signale : les crypto-actifs
Le Portugal est présenté partout par sa seule facette favorable : exonération des gains sur crypto-actifs détenus 365 jours ou plus. Le code portugais comporte deux autres règles que les comparatifs en ligne ne citent jamais, et la seconde est l’inverse d’un avantage.
D’une part, l’échange d’un crypto-actif contre un autre n’est pas imposable : « não há lugar a tributação », avec report du prix de revient (article 10.º n.º 23 do CIRS). D’autre part — et c’est le point qui concerne ce chapitre — la perte de la qualité de résident en territoire portugais est assimilée à une aliénation à titre onéreux (article 10.º n.º 25). Le Portugal impose donc à la sortie. Quitter le Portugal avec un portefeuille de crypto-actifs n’est pas une opération neutre.
Attention à la numérotation : le Decreto-Lei n.º 97/2026 a décalé ces paragraphes de trois rangs. Les numéros en vigueur sont 22, 23, 24 et 25 — les rédactions qui citent encore « n.os 19 à 22 » renvoient à un état antérieur du texte, et le n.º 24 en vigueur comporte lui-même un renvoi interne périmé « aos n.os 19 e 20 » sur lequel il ne faut pas s’appuyer.
Ce que nous ne chiffrons pas. La question de savoir si la cession réputée du n.º 25 bénéficie de l’exclusion pour détention d’au moins 365 jours du n.º 22 n’est pas tranchée. La lecture littérale y conduit — les deux paragraphes visent l’alinéa k) du n.º 1 —, mais elle n’est confirmée par aucune source que nous ayons pu identifier au 29 juillet 2026. Ce point doit être arbitré avec nos avocats partenaires spécialisés sur le Portugal avant tout acte irréversible, et la question à leur poser est : « la cession réputée de l’article 10.º n.º 25 do CIRS bénéficie-t-elle de l’exclusion des 365 jours du n.º 22, existe-t-il une informação vinculativa de l’AT sur ce point, et quelle valeur de cession retenir ? » Pièces à réunir : historique complet des acquisitions avec dates et contre-valeurs, relevés des plateformes, justificatif de la date de perte de la résidence portugaise, et attestation de valeur à cette date.
La société portugaise que l’on garde. Beaucoup de dirigeants rentrent en conservant leur Lda, « puisque les clients et le compte bancaire sont portugais ». Le point de bascule n’est ni le lieu du compte bancaire ni la nationalité des clients : c’est le lieu où les décisions sont prises. Le retour ouvre un audit, dont les questions se posent dans cet ordre : qui décide réellement ; qui signe et négocie ; existe-t-il un dirigeant portugais autonome ; quelle part de l’activité est exercée depuis la France ; la société a-t-elle un établissement stable ou un siège de direction effective en France ; faut-il une paie française ou un enregistrement employeur ; quelle sécurité sociale couvre le mandat ; comment sont facturés les services intragroupe ; la société a-t-elle encore une raison économique et une substance au Portugal. La convention réserve expressément à la France l’application des articles 209 B et 212 du code général des impôts (article 31 bis § 3 du texte consolidé). Les chapitres 20 et 23 traitent ces sujets.
Les droits sociaux, eux, ne se perdent pas. La coordination européenne est assurée par le règlement (CE) n° 883/2004 et son règlement d’application (CE) n° 987/2009. Les périodes d’assurance accomplies au Portugal sont totalisées pour l’ouverture des droits, chaque État servant ensuite sa part de pension au titre de ses propres périodes. Notre vérification du 28 juillet 2026 n’a pas permis d’obtenir de page de la Segurança Social énonçant explicitement cette règle sur une adresse stable pour un départ du Portugal vers la France ; nous renvoyons donc au règlement lui-même et à la fiche du CLEISS, et non à une page institutionnelle portugaise. Côté dossier client, conservez les attestations de carrière portugaises, le numéro NISS, l’historique de cotisations, et — si vous avez été titulaire d’un formulaire S1 — la trace de l’organisme qui prenait en charge vos soins : elle détermine le traitement des prélèvements sociaux des années antérieures, sujet développé plus bas. Le chapitre 27 traite la liquidation des droits entre les deux pays.
La santé, enfin. En redevenant résident, vous relevez du régime français de prise en charge des frais de santé, et le formulaire S1 cesse de produire ses effets. Une conséquence mécanique, rarement anticipée : la cotisation d’assurance maladie de l’article L. 131-9 du code de la sécurité sociale, appelée COTAM, prélevée sur vos pensions françaises tant que vous ne remplissiez pas les conditions de résidence de l’article L. 136-1, cesse d’être due ; en contrepartie, la CSG, la CRDS et la CASA deviennent applicables à vos pensions. Notre socle documentaire n’établit pas les taux de CSG applicables aux pensions selon le revenu fiscal de référence : nous ne les publions donc pas, et le calcul de votre net de pension au retour doit être fait sur les barèmes en vigueur l’année concernée. Le chapitre 26 traite l’ensemble de la protection sociale.
Les enveloppes qui se rouvrent, et celles qui ne se rouvrent pas
Une remarque préalable, qui vaut pour tout ce qui suit. L’erreur la plus coûteuse en matière d’enveloppes n’est presque jamais commise au retour : elle a été commise au départ, en fermant. Un plan d’épargne en actions conservé garde son antériorité fiscale ; un plan rouvert au retour repart à zéro. Un contrat d’assurance-vie français conservé garde sa date ; un contrat racheté avant le départ ne la retrouve jamais. Si vous lisez ce chapitre avant de partir — ce qui arrive, et tant mieux —, la consigne tient en trois mots : ne pas fermer.
| Enveloppe | Pendant l'expatriation portugaise | Ce que le retour change | Le piège |
|---|---|---|---|
| PEA et PEA-PME | Ouverture impossible : l'article L. 221-30 du code monétaire et financier la réserve aux personnes physiques majeures dont le domicile fiscal est situé en France (BOI-RPPM-RCM-40-50-10, document du 30 juillet 2024, § 1 et 10). Un plan déjà ouvert n'est pas clôturé par le transfert de domicile, sauf transfert vers un État ou territoire non coopératif | La porte se rouvre dès l'année de la reprise du domicile. Vous pouvez ouvrir, et abonder dans les plafonds de droit commun | Le siège textuel de la règle de non-clôture n'est pas identifié à ce jour. La page DGFiP qui l'énonce est datée du 8 mars 2021 et ne cite aucun article ; la règle remonte à une instruction du 20 mars 2012. Ne présumer aucun numéro d'article, et faire confirmer avant de prendre appui dessus dans un dossier contentieux |
| Assurance-vie française | Le contrat conserve son antériorité fiscale. Les produits d'un rachat ne supportent pas les prélèvements sociaux pour un non-résident, le I de l'article L. 136-7 du code de la sécurité sociale ne visant que les personnes fiscalement domiciliées en France | La fiscalité de rachat redevient celle applicable aux résidents, prélèvements sociaux compris | C'est l'enveloppe dont la conservation est la plus rentable et dont la clôture au départ est l'erreur la plus fréquemment coûteuse. Le chapitre 14 la traite en entier |
| Contrat d'assurance-vie portugais ou luxembourgeois souscrit pendant l'expatriation | Contrat étranger, imposé selon les règles applicables à un non-résident | Il reste un contrat étranger. Il doit être déclaré au 3916-bis dès la première déclaration de résident, et les produits de rachat sont imposés en France selon les règles françaises | Il ne devient pas un contrat français et n'acquiert pas l'antériorité fiscale d'un contrat français. Le régime précis de l'article 125-0 A applicable aux rachats sur contrats souscrits auprès d'entreprises établies dans un autre État de l'Union n'a pas été rouvert par notre socle : nous ne publions aucun taux sur ce point |
| PER — plan d'épargne retraite | Aucun avantage spécifique lié à la non-résidence | L'article 163 quatervicies ouvre, au titre de la seule année de domiciliation, un plafond complémentaire égal au triple du plafond de droit commun — soit quatre fois ce plafond. Trois années civiles de non-domiciliation suffisent, et non cinq | Utilisable la seule année de la domiciliation, non reportable ; suppose un revenu d'activité professionnelle en France suffisant cette année-là ; et c'est un décalage d'imposition, pas un cadeau |
| Livret A et LDDS | L'article L. 221-27 du code monétaire et financier réserve l'ouverture du LDDS aux personnes ayant leur domicile fiscal en France. Le titulaire qui transfère son domicile peut conserver son livret, sous réserve d'une exception en cas de transfert vers un État ou territoire non coopératif. Le Livret A est accessible aux personnes établies hors de France | L'ouverture d'un LDDS redevient possible | Ces deux points reposent, pour la partie « conservation » et pour le Livret A, sur des pages d'information publique et non sur une lecture directe de l'article : à reconfirmer sur le texte avant de fonder une décision dessus |
| IFI — impôt sur la fortune immobilière | Imposition limitée aux biens et droits immobiliers situés en France, sans condition de durée | Article 964 du CGI : la personne non fiscalement domiciliée en France au cours des cinq années civiles précédant l'établissement de son domicile n'est imposable que sur les biens et droits immobiliers situés en France, jusqu'au 31 décembre de la cinquième année suivant celle de l'établissement du domicile | Ce régime n'exige aucun emploi — il vaut pour un retraité comme pour un dirigeant. Il n'exonère pas l'immobilier français ni les titres de sociétés à composante immobilière française, il ne supprime pas le seuil de 1 300 000 €, et il se re-déclenche si vous repartez et revenez après cinq nouvelles années civiles hors de France |
Le plafond d’épargne retraite majoré mérite un développement, parce que c’est le seul vrai bonus de retour chiffrable, et parce que le chiffre qui circule est faux d’un facteur quatre. Le texte, cité mot pour mot : « Les personnes qui, pour des raisons qui ne sont pas liées à la mise en œuvre de procédures judiciaires, fiscales ou douanières, n’ont pas été fiscalement domiciliées en France au cours des trois années civiles précédant celle au cours de laquelle elles s’y domicilient bénéficient au titre de cette dernière année d’un plafond complémentaire de déduction égal au triple du montant de la différence définie au a » (article 163 quatervicies du CGI, version en vigueur au 21 février 2026). Trois années civiles suffisent — trois, et non cinq comme pour l’article 155 B et pour la territorialité IFI. C’est le seul dispositif de ce chapitre dont le délai de référence est court, et c’est un argument de calendrier réel pour un retour anticipé.
Le plafond PER de l'année de domiciliation : le calcul, et l'erreur d'un facteur quatre
PARAMETRES OFFICIELS
PASS 2025 ............................ 47 100 €
PASS 2026 ............................ 48 060 €
PLAFOND DE DROIT COMMUN 2026
Salarie
10 % x 8 x 47 100 ................. 37 680 €
Travailleur non salarie
10 % x 8 x 48 060 ................. 38 448 €
+ 15 % x (8 x 48 060 - 48 060) .... 50 463 €
---------
88 911 €
PLAFOND COMPLEMENTAIRE DE L'ARTICLE 163 QUATERVICIES
Egal au TRIPLE du plafond de droit commun,
au titre de la SEULE annee de domiciliation
TOTAL DISPONIBLE L'ANNEE DU RETOUR
Salarie ....... 37 680 + 3 x 37 680 = 150 720 €
TNS ........... 88 911 + 3 x 88 911 = 355 644 €
L'ERREUR A NE PAS COMMETTRE
150 720 € et 355 644 € sont DEJA les totaux quadruples.
Les quadrupler une seconde fois donnerait 602 880 €
et 1 422 576 €. Ces montants n'existent pas.Ces totaux sont des maxima : ils supposent un revenu d'activité professionnelle au moins égal à huit fois le plafond annuel de la sécurité sociale, et ils s'entendent diminués des cotisations déjà déduites. Un retraité qui rentre sans activité n'a rien à déduire : le plafond majoré ne lui sert à rien. Et la déduction n'a d'intérêt que si votre taux marginal d'imposition à l'entrée est supérieur à celui attendu à la sortie — c'est un décalage d'imposition, pas un avantage acquis. Sur la fiscalité de sortie du PER et le traitement conventionnel d'une sortie en rente, voir les chapitres 09 et 14.
Un mot sur la territorialité IFI de l’article 964, parce qu’elle est souvent présentée comme un accessoire du régime des impatriés. Elle n’en est pas un : c’est un régime distinct, sans condition d’emploi, ouvert au retraité comme au dirigeant, et son délai de référence est de cinq années civiles. Pour un client qui rentre avec un patrimoine immobilier resté au Portugal ou ailleurs, l’écart est direct : pendant cinq ans encore, seuls les biens français entrent dans l’assiette. Le chapitre 15 traite l’IFI d’un résident du Portugal et les mécanismes de plafonnement.
Prélèvements sociaux : ce qui change à la seconde du retour
Tant que vous êtes non-résident, les prélèvements sociaux français ne frappent que deux catégories : vos revenus fonciers de source française et vos plus-values immobilières de source française. Vos dividendes, vos intérêts, vos plus-values mobilières, votre PEA et votre assurance-vie sont hors champ. Ce n’est pas un silence du texte dont on raisonnerait a contrario : c’est un renvoi. Le I de l’article L. 136-7 du code de la sécurité sociale ne vise que les produits payés « à des personnes physiques fiscalement domiciliées en France au sens de l’article 4 B », et le II, qui contient notamment les produits d’assurance-vie, les assujettit « selon les modalités prévues au premier alinéa du I ».
En redevenant résident, tout entre dans le champ : l’ensemble des revenus du patrimoine et des produits de placement. Et le taux réduit dit « de Ruyter », dont beaucoup de résidents du Portugal bénéficient sur leurs revenus fonciers français, tombe.
Le taux réduit : deux conditions cumulatives, pas une — et le cas du formulaire S1
Le texte, cité mot pour mot — code de la sécurité sociale, article L. 136-6, I ter, version en vigueur depuis le 16 février 2025 : « ne sont pas redevables de la contribution les personnes qui, par application des dispositions du règlement (CE) n° 883/2004 […] relèvent en matière d’assurance maladie d’une législation soumise à ces dispositions et qui ne sont pas à la charge d’un régime obligatoire de sécurité sociale français ».
Deux conditions, cumulatives. Un résident du Portugal affilié au régime portugais remplit potentiellement la première. La seconde se vérifie, et elle n’est pas automatique. Ne déduisez rien du seul fait que le Portugal est membre de l’Union. Lorsque les deux conditions sont remplies, la CSG et la CRDS ne sont pas dues, mais le prélèvement de solidarité de l’article 235 ter du CGI reste dû au taux de 7,5 %. L’affiliation doit être effective au 31 décembre de l’année au titre de laquelle les revenus ont été perçus ou réalisés.
Le point qui n’est pas tranché, et qui compte au moment du retour. Un retraité français résidant au Portugal et titulaire d’un formulaire S1 est soigné au Portugal, mais à la charge du régime français, qui rembourse le Portugal. La première condition paraît remplie ; la seconde ne l’est pas. Sur la lecture du texte, il ne bénéficie donc pas du taux réduit et supporte les prélèvements sociaux au taux plein sur ses revenus fonciers et plus-values immobilières françaises. La page de la DGFiP consultée le 29 juillet 2026, dans sa version modifiée le 19 juillet 2023, présente uniquement la condition d’affiliation à un régime non français de l’Espace économique européen ou de la Suisse et ne reprend pas la seconde condition. Deux lectures circulent donc. Nous publions celle du texte, et nous signalons la controverse.
Pourquoi c’est un sujet de retour et non de séjour : beaucoup de clients veulent, au moment de rentrer, déposer des réclamations sur les années antérieures pour récupérer la CSG et la CRDS acquittées sur leurs loyers français. Promettre une restitution sans avoir vérifié l’existence d’un S1 conduit à des réclamations déposées puis rejetées, avec des intérêts de retard. Ce point doit être arbitré avec un avocat fiscaliste français avant dépôt. La question à poser : « le titulaire d’un formulaire S1 délivré par la France est-il regardé comme à la charge d’un régime obligatoire de sécurité sociale français au sens du I ter de l’article L. 136-6, et existe-t-il une prise de position publiée de la DGFiP ou de l’Urssaf, ou une décision juridictionnelle, sur ce point ? » Pièces à réunir : attestation de délivrance du S1 et sa date, courriers de l’organisme français de rattachement, attestation d’inscription au Serviço Nacional de Saúde, avis d’imposition des années concernées.
Sur les taux eux-mêmes, une mise au point s’impose, parce que 2026 a introduit une différence de 1,4 point que le corpus applique n’importe comment. Le taux de la CSG sur les revenus du capital a été porté de 9,2 % à 10,6 % par l’article 12 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026 (code de la sécurité sociale, art. L. 136-8, I, 2°). Ce n’est pas l’article 65 de la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 : ce dernier texte est relatif à la lutte contre les fraudes sociales et fiscales, et son article 65 crée un IV bis instituant une CSG à 25 % sur certaines sommes d’origine illicite. L’attribution erronée circule ; elle ne doit pas être reprise.
Le IV du même article L. 136-8 maintient un taux dérogatoire de 9,2 % pour une liste limitative. D’où deux totaux, qui ne sont pas deux lectures concurrentes d’un même texte mais deux assiettes distinctes.
| Assiette | Taux global 2026 | Décomposition |
|---|---|---|
| Revenus fonciers et plus-values immobilières d'un RÉSIDENT de France, assurance-vie et contrats de capitalisation, PEL et CEL, PEP et rentes viagères de l'article 157 | 17,2 % | CSG 9,2 % (taux dérogatoire du IV de l'art. L. 136-8) + CRDS 0,5 % + prélèvement de solidarité 7,5 % |
| Revenus de capitaux mobiliers, plus-values de cession de valeurs mobilières, plus-values et créances de l'article 167 bis, rentes viagères constituées à titre onéreux, BIC, BNC et BA non professionnels | 18,6 % | CSG 10,6 % (I, 2° de l'art. L. 136-8) + CRDS 0,5 % + prélèvement de solidarité 7,5 % |
| Revenus fonciers et plus-values immobilières françaises d'un NON-RÉSIDENT — donc pendant votre séjour portugais | Point non tranché : 17,2 % en pratique déclarative, 18,6 % à la lettre du texte | Le IV de l'art. L. 136-8 vise le I des articles L. 136-6 et L. 136-7 ; les non-résidents sont imposés par le I bis de chacun de ces deux articles, absent de la liste dérogatoire. Aucune prise de position publiée de l'administration sur ce point n'a pu être identifiée au 29 juillet 2026 |
Deux réserves honnêtes sur ce tableau. La première : la date à partir de laquelle le taux majoré s’applique aux revenus du patrimoine n’est pas établie. Le II de l’article 12 de la loi de financement prévoit une application au 1erjanvier 2026 pour la contribution de l’article L. 136-7 — les produits de placement —, avec une réserve pour certains produits acquis ou constatés avant cette date ; la clause relative aux revenus du patrimoine n’a pas été lue sur le texte. Si votre retour se situe en 2025 ou en 2026, faites vérifier le taux applicable à votre situation avant de chiffrer quoi que ce soit. La seconde : le sigle « 7,5 % » recouvre au moins trois notions distinctes dans ce dossier — le prélèvement de solidarité de l’article 235 ter, le résidu dû par le bénéficiaire du taux réduit dit de Ruyter, et le prélèvement forfaitaire de l’article 125-0 A sur les contrats d’assurance-vie de plus de huit ans. Lorsque vous lisez « 7,5 % » quelque part, demandez lequel.
Le rétroplanning du retour
Voici l’ordre dans lequel les échéances se présentent, pour un retour qui se prépare. La colonne de droite dit ce qui se joue : c’est elle qui justifie de commencer dix-huit mois avant, et non trois semaines avant le camion de déménagement.
| Quand | Ce qu'il faut faire | Ce qui se joue |
|---|---|---|
| T moins 18 mois | Poser les trois calendriers ensemble : année d'expiration de votre régime portugais (RNH ou IFICI), année à partir de laquelle vos cinq années civiles de non-domiciliation sont acquises pour l'article 155 B, et échéance de votre délai de dégrèvement d'exit tax (2, 5 ou 15 ans selon l'année de départ) | Ces trois dates ne coïncident presque jamais. C'est leur écart qui détermine l'année optimale du retour, et il se compte souvent en dizaines de milliers d'euros |
| T moins 12 mois | Si un poste salarié est envisagé : négocier et SIGNER le contrat ou l'avenant de mobilité alors que vous résidez encore au Portugal, avec date certaine. Faire figurer la prime d'impatriation distinctement dans le contrat, ou dans un avenant préalable à la prise de fonctions | La deuxième condition de l'article 155 B, et la seule qui ne se rattrape par aucune rédaction ultérieure. Constituer en parallèle le dossier de preuve de votre domicile portugais à la date de signature |
| T moins 9 mois | Si le décompte des cinq années civiles est ambigu — année de départ partielle —, déposer une demande de rescrit fiscal, ou décaler la prise de fonctions au 1er janvier de l'année suivante | Le régime entier, et non une année de régime. Le rescrit prend du temps et personne ne vous relancera si votre dossier dort |
| T moins 6 mois | Arbitrer le portefeuille de crypto-actifs AVANT la perte de la qualité de résident portugais (art. 10.º n.º 25 do CIRS). Vérifier qu'aucune enveloppe française n'a été fermée. Décider du sort de la Lda. Chiffrer l'effort d'épargne retraite de l'année de domiciliation | Un fait générateur portugais qui se déclenche par le seul changement de résidence, et un plafond PER majoré qui n'existe qu'une année |
| T moins 3 mois | Organiser la cessation d'activité portugaise, prévenir le comptable local, et convenir avec lui d'un mandat de suivi de dix-huit mois après le départ | Les relances de l'Autoridade Tributária arrivent après votre départ, à une adresse que vous n'avez plus |
| T — date d'arrivée | Documenter la date : bail ou acte, contrats d'énergie, inscription scolaire, titres de transport, relevés bancaires montrant le basculement des dépenses courantes | C'est la date qui coupe votre année fiscale en deux, et c'est vous qui devrez l'établir si elle est discutée |
| T plus 30 jours | Déclarer la cessation d'activité indépendante à l'Autoridade Tributária | Le délai portugais de trente jours |
| T plus 60 jours | Déclarer le changement de morada et de statut de résidence à l'Autoridade Tributária | Le délai portugais de soixante jours, et la prévention d'une double revendication de résidence |
| 15 janvier suivant | Si vous étiez inscrit à l'IFICI : communiquer sur le Portal das Finanças que les conditions du régime cessent d'être remplies | Article 5.º da Portaria n.º 352/2024/1. L'obligation pèse sur vous |
| Avril à juin de l'année N+1 | Déposer la dernière Modelo 3 portugaise, avec l'Anexo L le cas échéant | Article 60.º do CIRS. La déclaration porte sur la fraction d'année où vous étiez encore résident portugais |
| Printemps de l'année N+1, campagne française | Déposer la 2042 (et la 2042-NR seulement si vous aviez des revenus de source française imposables en France pendant la période non-résident), avec 2047 et 2044 le cas échéant, plus les 3916 et 3916-bis pour tout compte et tout contrat restés au Portugal | Deux régimes de sanction distincts : art. 1736, IV pour les comptes, art. 1766 pour les contrats |
| Année du retour, dossier séparé | Constituer le dossier de dégrèvement d'exit tax : 2074-ETD initiale, ensemble des 2074-ETS, inventaire des titres détenus, historique des événements du sursis | Le dégrèvement est dit « d'office ». L'administration ne dégrève que ce qu'elle sait |
| 31 décembre de la 5e année suivant le retour | Fin de la territorialité IFI temporaire de l'article 964 | À compter de l'année suivante, l'assiette redevient mondiale. Un patrimoine immobilier resté au Portugal y rentre |
| 31 décembre de la 8e année civile suivant la prise de fonctions | Fin du régime des impatriés | Selon le mois de la prise de fonctions, cela représente jusqu'à neuf années civiles. Le régime tombe plus tôt si une condition annuelle cesse d'être remplie |
Les cas où il ne faut pas rentrer, ou pas cette année
Le retour n’est pas toujours la bonne réponse, et il l’est rarement à n’importe quelle date. Trois configurations dans lesquelles nous conseillons régulièrement d’attendre, ou de renoncer.
Le cadre à qui il manque une année civile
Vous êtes parti en cours d’année, et une offre française arrive juste avant que vos cinq années civiles pleines ne soient acquises. La tentation est de prendre le poste et de plaider la lecture souple. L’arbitrage se pose autrement : si l’administration retient la lecture stricte, ce n’est pas une année de régime que vous perdez, c’est le régime entier, sur huit ou neuf ans, avec intérêts de retard. Négocier une prise de fonctions au 1er janvier suivant, ou déposer un rescrit, coûte quelques mois. Perdre l’arbitrage coûte plusieurs centaines de milliers d’euros sur la durée.
Le résident non habituel « génération 1 » encore exonéré
Si vous relevez de la génération dont les pensions étrangères sont exonérées au Portugal — un régime qui s’éteint avec les revenus de 2029 pour la dernière cohorte concernée —, rentrer, c’est réintégrer la totalité de votre pension au barème français, avec la CSG, la CRDS et la CASA en sus. L’écart est chiffrable au premier euro, et il est souvent supérieur au coût d’une double implantation temporaire. Cela ne dit pas qu’il ne faut pas rentrer : cela dit qu’il faut savoir ce que coûte de rentrer trois ans avant l’extinction du régime plutôt qu’après. Les chapitres 04 et 09 posent le calcul.
Le détenteur de titres parti entre 2014 et 2018
Ici, à l’inverse, le retour est l’outil. Votre délai de conservation est de quinze ans, il court encore, et céder depuis le Portugal remettrait l’impôt en recouvrement. Revenir en conservant les titres ouvre le dégrèvement d’office pour les plus-values latentes et vous replace, pour les plus-values en report, dans la situation qui aurait été la vôtre si vous n’étiez jamais parti. Le retour a ses propres conséquences — assiette IFI qui redeviendra mondiale au terme de cinq ans, fin des régimes portugais acquis, une seconde installation à financer — mais sur ce seul paramètre, il gagne.
Le couple qui rentre à moitié
L’un des conjoints prend un poste en France, l’autre reste au Portugal « encore un an » pour vendre. Le foyer se reconstitue en France au sens de l’article 4 B, et les critères sont alternatifs : le conjoint resté au Portugal peut être regardé comme domicilié en France dès cette année-là. Maintenir une fiction de non-résidence pour l’un des deux est un contentieux annoncé, pas une optimisation. Si la séparation géographique est réelle et durable, elle doit être documentée comme telle, et le cas relève d’un arbitrage préalable, pas d’une régularisation ultérieure.
Une cinquième configuration, moins spectaculaire et plus fréquente : le retraité qui rentre en gardant l’appartement portugais « pour les hivers ». Ce bien entre dans l’assiette IFI mondiale à l’expiration de la période quinquennale de l’article 964, il continue de produire des revenus fonciers imposables au Portugal et déclarables en France, il suppose un numéro de contribuable portugais actif, une déclaration annuelle, et parfois un représentant. Ce n’est pas une raison d’y renoncer. C’est une raison de le chiffrer comme un actif à charges administratives, et non comme un souvenir.
Faire poser les trois calendriers avant de signer, pas après
Sur un projet de retour, nous instruisons le dossier dans l'ordre où il décidera : date d'expiration du régime portugais, année d'acquisition des cinq années civiles de non-domiciliation au sens de l'article 155 B, échéance du délai de dégrèvement de l'exit tax selon votre année de départ, chiffrage du plafond d'épargne retraite de l'année de domiciliation, inventaire des enveloppes conservées, et calendrier des trois obligations portugaises de sortie. Sur les points que ce chapitre ne tranche pas — décompte des cinq années civiles en cas d'année de départ partielle, situation du titulaire d'un formulaire S1 au regard du taux réduit, sort d'un portefeuille de crypto-actifs à la perte de la résidence portugaise — la mise en relation avec un avocat fiscaliste français et avec nos avocats partenaires spécialisés sur le Portugal fait partie de l'accompagnement. Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine, CIF, COA et COBSP, ORIAS 23002291.
Ce que ce chapitre ne tranche pas
Sept réserves assumées, la question à poser et les pièces à réunir
- Le décompte des cinq années civiles de l’article 155 B lorsque l’année de départ était partielle. Le BOI-RSA-GEO-40-10-10 du 11 août 2025, consulté le 29 juillet 2026, ne comporte pas d’exemple sur ce point. Question à poser : « une année de domiciliation partielle compte-t-elle comme une année de domiciliation pour le décompte du I-1 de l’article 155 B ? » Pièces : déclarations françaises de l’année de départ, attestations de résidence fiscale portugaise année par année, projet de contrat avec date envisagée de prise de fonctions. À défaut de réponse : rescrit.
- La situation du titulaire d’un formulaire S1 au regard du taux réduit de l’article L. 136-6, I ter. Le texte comporte la seconde condition, la page DGFiP ne la reprend pas. Question et pièces indiquées plus haut.
- La date d’effet du relèvement de la CSG à 10,6 % pour les revenus du patrimoine — tranchée le 16 août 2026. Le II de l’article 12 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 a été lu intégralement : il retient l’imposition des revenus de 2025pour la contribution de l’article L. 136-6 et le 1er janvier 2026pour celle de l’article L. 136-7. Un retour situé en 2025 subit donc déjà le taux majoré sur ses revenus du patrimoine, alors que ses produits de placement y échappent jusqu’au 1er janvier 2026.
- L’application des critères de départage de l’article 4 de la convention franco-portugaise à un dossier réel. Le texte de ces critères est reproduit plus haut, d’après le texte consolidé publié par la DGFiP. Ce qui n’est pas tranché, c’est leur application : la détermination du foyer d’habitation permanent puis du centre des intérêts vitaux est un exercice de preuve, à conduire avec un conseil avant tout acte irréversible.
- Le régime français des rachats sur un contrat d’assurance-vie souscrit auprès d’un assureur établi hors de France (article 125-0 A du CGI : disponibilité du prélèvement forfaitaire libératoire, taux selon la durée et l’encours, abattement annuel après huit ans). Non rouvert. Nous ne publions aucun taux.
- Le siège textuel de la règle de non-clôture du PEA en cas de transfert du domicile hors de France. La règle est appliquée ; son fondement n’est pas identifié, et ce n’est pas l’article L. 221-32-2 du code monétaire et financier, qui porte sur le PEA-PME. Ne présumer aucun numéro d’article.
- Les conditions en vigueur de la dispense de l’article L. 767-2 du code de la sécurité sociale (montant de 20 000 €, durée de trois ans renouvelable une fois, absence d’affiliation les cinq années précédentes), reprises d’un rapport interne et non rouvertes sur l’article D. 767-1 ni sur le formulaire Urssaf.
S’y ajoutent deux points relevés ailleurs dans ce guide et qui touchent le retour : l’articulation de la cession réputée de crypto-actifs de l’article 10.º n.º 25 do CIRS avec l’exclusion des 365 jours du n.º 22, et la qualification conventionnelle des pensions servies par des régimes de non-salariés et des rentes viagères, qui relèvent de l’article 19 ou de l’article 23 de la convention selon leur nature — avec, dans le second cas, une condition d’assujettissement effectif. Aucun de ces points n’empêche de rentrer. Tous empêchent de signer sans les avoir posés.
Portée de ce chapitre et date d'arrêté du droit
État du droit arrêté au 29 juillet 2026. Sources françaises : code général des impôts, articles 4 A, 4 B, 80 ter, 117 quater, 155 B (version en vigueur depuis le 31 décembre 2018, loi n° 2018-1317 du 28 décembre 2018, art. 6 (V)), 163 quatervicies (version en vigueur au 21 février 2026), 164 B, 164 C (abrogé), 166, 167, 167 bis (version en vigueur depuis le 1erjanvier 2024), 182 A, 197 A, 197 B, 200 A, 235 ter, 964, 1649 A, 1649 AA, 1736 IV et 1766. Code de la sécurité sociale, articles L. 131-9, L. 136-1, L. 136-6 (I, I bis et I ter, version en vigueur depuis le 16 février 2025), L. 136-7 (I, I bis, I ter et II, version en vigueur au 21 février 2026), L. 136-8 (I, 2° et IV, rédaction issue de l’article 12 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la sécurité sociale pour 2026) et L. 767-2. Code monétaire et financier, articles L. 221-27 et L. 221-30. BOFiP : BOI-IR-DOMIC-20 du 25 juin 2014 ; BOI-RSA-GEO-40-10-10 et BOI-RSA-GEO-40-10-20 du 11 août 2025 ; BOI-RSA-GEO-40-10-30-20 et -30-30 du 20 décembre 2019 ; BOI-BNC-CHAMP-10-40-10 du 3 février 2016 ; BOI-RPPM-RCM-40-50-10 du 30 juillet 2024 ; BOI-PAT-IFI-10-20-20 du 8 juin 2018 ; BOI-CF-INF-20-10-50. Pages DGFiP : « Je viens ou je reviens en France », modifiée le 17 décembre 2025 ; « Je quitte la France : suis-je concerné par l’exit tax ? », modifiée le 10 mars 2026 ; « Je suis non-résident, suis-je redevable des prélèvements sociaux ? », modifiée le 19 juillet 2023. Formulaires 2042, 2042-NR, 2044, 2047, 2074-ETD, 2074-ETS1 à ETS3, 2074-ETSL, 3916 et 3916-bis. Règlements (CE) n° 883/2004 et n° 987/2009.
Sources portugaises et bilatérales : Código do IRS, artigos 10.º (n.os 22 à 25, dans la numérotation issue du Decreto-Lei n.º 97/2026), 60.º, 68.º-A et 81.º ; Estatuto dos Benefícios Fiscais, artigo 58.º-A ; Lei n.º 82/2023, artigo 236.º ; Portaria n.º 352/2024/1, artigo 5.º ; dépliant officiel de l’Autoridade Tributária sur l’IFICI, mars 2025 ; Ofício Circulado n.º 20276/2025. Convention entre la France et le Portugal du 14 janvier 1971, texte consolidé publié par la DGFiP après application de la convention multilatérale, articles 19, 20, 23, 24, 26 et 31 bis.
Ce chapitre décrit des mécanismes et des arbitrages. Il ne constitue ni une consultation juridique ou fiscale personnalisée, ni une recommandation d’investissement, ni une incitation à revenir ou à rester. Aucun résultat fiscal n’y est garanti : les chiffrages sont établis sur des hypothèses explicites, qui ne sont pas les vôtres. Les points signalés comme non tranchés le sont à la date d’arrêté ci-dessus et doivent être arbitrés avant tout acte irréversible. Une rédaction lue plus de six mois après cette date doit être confrontée aux textes en vigueur. Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine, CIF, COA et COBSP, ORIAS 23002291.
34. Sources, méthode et ce que ce guide ne tranche pas
Vous avez lu trente-trois chapitres. Deux questions restent, et ce sont les seules qui comptent quand il s’agit de vendre une maison, de résilier un bail, de changer de pays et de déclencher des décisions qu’on ne défait pas : sur quoi tout cela repose-t-il, et où est-ce que ça s’arrête ? Ce chapitre répond aux deux. Il donne les textes, avec leur numéro, leur article, leur date de publication au Diário da Repúblicaou au Journal officiel, et l’adresse exacte à laquelle nous les avons lus. Puis il donne la liste des vingt-trois questions de droit que ce guide n’a pas tranchées, avec pour chacune la question précise à poser à un avocat et les pièces à réunir avant de la poser.
Le point de départ est un contresens, et il commande toute la méthode. Le régime du résident non habituel est fermé aux nouveaux arrivants depuis le 1er janvier 2024. Le dispositif qui lui succède, l’incentivo fiscal à investigação científica e inovação, l’IFICI, est présenté partout comme un « RNH 2.0 ». Il ne l’est pas, et l’écart frappe précisément le public le plus nombreux : les retraités. L’exonération des revenus de source étrangère sous IFICI figure à l’article 81.º n.º 4 du CIRS et vise les catégories A, B, E, F et G. La catégorie H — les pensions — n’y figure pas. L’Ofício Circulado n.º 20276/2025 de l’Autoridade Tributária l’écrit à sa question 2, en toutes lettres : « Regra geral : isenção de IRS, exceto no caso de rendimentos da categoria H ». Une pension française perçue par un bénéficiaire de l’IFICI est imposée au barème progressif portugais, jusqu’à 48 %, plus la taxa adicional de solidariedadede l’article 68.º-A au-delà des seuils. Ni 0 %, ni les 10 % que le RNH appliquait depuis 2020.
Ce n’est pas une nuance de rédaction. C’est la différence entre un projet qui tient et un projet qui coûte 12 000 à 15 000 € par an pendant dix ans. Et le retraité qui organise son départ en 2026 sur la promesse d’un « RNH 2.0 » le découvre à sa première déclaration portugaise, en juin de l’année suivante, quand tout est irréversible. C’est pour cette raison que ce guide a été construit à l’envers de l’usage : les textes d’abord, la rédaction ensuite, et une liste écrite de ce que les textes ne disent pas.
Conséquence directe pour vous : ce guide distingue trois registres d’affirmation, et il les distingue à l’endroit où ils servent. Ce qui est établi sur texte primaire — un article de code lu dans une rédaction datée, un PDF officiel du Diário da República, une décision retrouvée avec son numéro. Ce qui est établi sur doctrine administrative — un ofício circulado, une informação vinculativa, un commentaire BOFiP : opposable à l’administration, mais qui n’engage pas le juge. Et ce qui n’est pas tranché, que nous nommons comme tel plutôt que de trancher à votre place. Le troisième registre est celui qui manque partout ailleurs, et c’est celui qui vous coûterait le plus cher.
Lire une source portugaise : trois pièges, dont un que personne ne signale
Premier piège : le portail du Diário da República ne se lit pas. Le site diariodarepublica.ptest une application JavaScript. Une récupération simple de ses pages « détail » renvoie une coquille vide de 2 346 octets, sans un mot de contenu normatif. Toutes les lois portugaises citées dans ce guide ont donc été récupérées en PDF officiel, par l’entrepôt de fichiers files.diariodarepublica.ptou par l’identifiant européen de législation, puis converties en texte et lues intégralement. Un guide qui cite « le Diário da República » sans donner l’adresse d’un PDF n’a probablement pas ouvert le texte.
Deuxième piège, et c’est le plus lourd : le texte consolidé du CIRS et de l’EBF ne s’obtient pas sur le site du Diário da República.Il s’obtient sur le portail de l’Autoridade Tributária, sous forme de códigos republicados, avec une mention de dernière mise à jour propre à chaque code — la version du CIRS que nous avons lue porte « Última atualização : Lei n.º 26/2026, de 3 de junho », celle de l’EBF « Decreto-Lei n.º 97/2026, de 20/05, com a alteração da Declaração de Retificação n.º 26/2026/1, de 13/07 ». Ces deux dates ne sont pas décoratives : entre elles se joue la renumérotation des paragraphes crypto de l’article 10.º. La conséquence de méthode est écrite dans notre registre et nous nous y tenons : les codes consolidés portugais sont cités comme codes republicados de l’AT, jamais comme « le Diário da República ».
Troisième piège : les rédactions antérieures.Une part décisive de ce guide porte sur du droit abrogé qui produit encore ses effets — l’ancien article 81.º n.º 6 du CIRS, qui exonérait les pensions des RNH de première génération, et l’ancien article 72.º n.º 12, qui les taxait à 10 %. Ni l’un ni l’autre ne figure dans le texte en vigueur : ils ont été abrogés, le premier par l’article 334.º de la Lei n.º 2/2020, le second par l’article 317.º alínea b) de la Lei n.º 82/2023. Nous les avons établis sur les redações anteriores datées que publie l’AT (versions 09/2019 et 12/2023), sur le folhetoRNH de l’administration et sur la décision CAAD proc. n.º 656/2024-T du 4 décembre 2024. C’est de la doctrine administrative portugaise corroborée par une décision arbitrale, pas le texte publié au journal officiel, et nous l’écrivons ainsi partout où ces articles apparaissent.
La règle que nous appliquons à chaque référence portugaise
Trois exigences cumulatives. Citer l’article, pas seulement la loi— « la Lei n.º 82/2023 » ne veut rien dire, elle compte 320 articles et en modifie une centaine. Citer le diplôme qui donne la rédaction — un article du CIRS sans indication de sa dernière modification est une référence à moitié vide. Et relever la date de consultation, parce qu’un code republicado change sans préavis.
Corollaire pour vos propres lectures. Une page qui écrit « l’IFICI exonère les revenus étrangers » sans citer l’article 81.º n.º 4 du CIRS et sans énumérer les catégories A, B, E, F et G n’est pas approximative : c’est une source dont vous ne pouvez pas savoir si elle vous concerne. Et une page qui écrit « le RNH est fermé » sans distinguer la fermeture aux nouveaux arrivants de l’inscription tardive de l’article 236.º n.º 5 vous fera peut-être renoncer à huit années de régime.
Les codes fiscaux portugais, article par article
Les codes ci-dessous ont été lus sur le portail de l’Autoridade Tributária — info.portaldasfinancas.gov.pt— les 28 et 29 juillet 2026, soit page par article, soit en PDF republicado intégral. Une remarque technique qui a son importance : le code de l’impôt sur les sociétés se sert sous le chemin CIRC_2R et non circ_rep, et le second renvoie un état antérieur du texte. Les articles listés sont ceux qui portent une règle effectivement utilisée dans un raisonnement ou un chiffrage de ce guide, non l’intégralité de chaque code.
| Code portugais | Articles lus et ce qu’ils portent | Chapitres |
|---|---|---|
| Código do IRS (CIRS), code republicado de l’AT, dernière mise à jour affichée : Lei n.º 26/2026, de 3 de junho. PDF intégral : info.portaldasfinancas.gov.pt/pt/informacao_fiscal/codigos_tributarios/Cod_download/Documents/CIRS.pdf | Art. 5.º (revenus de capitaux, assurance-vie) ; art. 8.º (revenus fonciers) ; art. 10.º (plus-values, remploi des n.os 7 à 9, crypto aux n.os 22 à 25 depuis le DL 97/2026) ; art. 12.º-B (IRS Jovem, n.º 9 à quatre branches d’exclusion) ; art. 16.º (résidence, dont le n.º 12 sur la suspension et la reprise) ; art. 22.º (englobement) ; art. 25.º et 53.º (déductions spécifiques catégories A et H) ; art. 28.º n.º 14 (option catégorie F pour l’alojamento local) ; art. 31.º (régime simplifié, coefficients 0,35 et 0,50 pour l’AL) ; art. 41.º, 43.º, 44.º, 50.º, 51.º (plus-values et charges) ; art. 68.º (barème 2026) ; art. 68.º-A (taxa adicional de solidariedade) ; art. 69.º (quotient conjugal) ; art. 70.º (minimum d’existence) ; art. 71.º (taxas liberatórias, dont le n.º 9) ; art. 72.º (taxas especiais, dont les n.os 2, 5, 15, 16, 20, 24) ; art. 78.º et 78.º-A à 78.º-F (déductions à la collecte) ; art. 81.º n.os 4 et 5 (méthode de l’exonération sous IFICI, 35 % juridictions privilégiées) ; art. 99.º n.º 8 et 101.º n.º 1 d) (retenue de 20 % sous IFICI) | 03, 07, 08, 09, 16, 18, 19 |
| Estatuto dos Benefícios Fiscais (EBF), code republicado de l’AT, mise à jour DL n.º 97/2026 du 20 mai 2026 rectifié par la Declaração de Retificação n.º 26/2026/1 du 13 juillet 2026 | Art. 21.º (plans d’épargne retraite portugais) ; art. 24.º-A (organismes d’investissement alternatif logement, réécrit en 2026) ; art. 33.º et 36.º-A (zone franche de Madère : taux de 5 %, fenêtre de licences, prorogation au 31/12/2033) ; art. 41.º-B n.º 10 (le 8,75 % açorien, qui n’est pas un taux d’IRC de droit commun) ; art. 45.º-B et 45.º-C (baux d’habitation, taux de 10 % jusqu’au 31/12/2029) ; art. 46.º (IMI) ; art. 58.º-A (IFICI : conditions, durée, exclusivité avec le RNH, usage unique) | 03, 16, 18, 20, 21 |
| Código do IRC (CIRC), pages de l’AT servies sous le chemin CIRC_2R | Art. 87.º (taux, rédaction Lei n.º 64/2025 ; n.º 2 taux réduit PME ; n.º 4 : 25 % pour les entités sans siège ni établissement stable au Portugal ; n.º 5, qui ne vise pas une société patrimoniale) ; art. 87.º-A (derrama estadual) ; art. 88.º (tributações autónomas, rédaction Lei n.º 73-A/2025) | 20, 21 |
| Código do IMI et Código do IMT, codes republicados de l’AT (CIMI.pdf mis à jour DL n.º 49/2025 du 27 mars 2025 ; CIMT.pdf mis à jour DL n.º 97/2026) | CIMI : art. 112.º (taux, dont le n.º 17 excluant les personnes physiques du 7,5 %), 112.º-A, 113.º, 120.º, 135.º-A à 135.º-M (AIMI, dont l’abattement de 600 000 € par personne de l’art. 135.º-C n.º 2 a) et l’option de couple de l’art. 135.º-D). CIMT : art. 2.º n.º 2 a) (CPCV suivi de la tradição), 9.º, 11.º n.º 8, 12.º, 17.º (barèmes 2026 et majoration visant les acquéreurs non-résidents aux n.os 10 à 12), 18.º, 19.º, 20.º, 36.º | 15, 16, 17 |
| Código do Imposto do Selo et Tabela Geral ; Código do IVA | CIS : verbas 1.1 (0,8 % sur les transmissions gratuites d’immeubles, y compris en ligne directe), 1.2, 2, 10, 17.1 ; territorialité des transmissions gratuites. CIVA : art. 18.º (taux) et verbas de la liste I, dont la 2.42.1 dont le terme est fixé au 31/12/2032 et la 1.2.7, qui vise le gibier | 16, 24, 29 |
| Lei Geral Tributária (LGT), pages de l’AT | Art. 19.º (domicílio fiscal et représentation fiscale du non-résident) ; art. 68 (informação vinculativa — le mécanisme par lequel une question ouverte peut être fermée sur votre dossier) | 05, 06, 28 |
| Código dos Regimes Contributivos (Lei n.º 110/2009), version « redação em vigor », lue en PDF le 28/07/2026 ; version consolidée du DR consultée en complément | Art. 51.º à 54.º, 90.º n.º 2 (indemnités journalières — et non le droit aux soins), 140.º, 141.º, 145.º, 157.º n.º 1 b), 162.º à 164.º, 168.º, 169.º. Le taux des membres d’organes statutaires est de 29,6 %, le 34,75 % étant l’exception | 19, 20, 26, 27 |
Les lois portugaises, avec leur PDF officiel
Quatre lois commandent l’essentiel de ce guide, et il faut les nommer par leur article. La Lei n.º 82/2023ferme le RNH (article 317.º, alínea b), en organise le régime transitoire (article 236.º), institue l’IFICI (article 263.º, qui ajoute l’article 58.º-A à l’EBF) et réécrit l’article 81.º du CIRS (article 230.º). Ce dernier numéro mérite qu’on s’y arrête : la référence qui circule le plus, y compris dans les premières versions de nos propres fiches, est l’article 235.º — lequel porte en réalité sur la réduction des retenues à la source des titulaires d’un bail d’habitation permanente. Un confrère qui ouvre l’article 235.º pour vérifier votre dossier ne trouve rien, et cesse de croire le reste.
La Lei n.º 2/2020est celle qui décide du sort d’un retraité déjà installé. Son article 326.ºajoute le n.º 12 à l’article 72.º du CIRS — les 10 % sur les pensions —, son article 334.ºabroge le n.º 6 de l’article 81.º — l’exonération —, et son article 329.º n.º 2est la disposition transitoire qui préserve l’exonération pour trois populations, dont celle qui a demandé son inscription jusqu’au 31 mars 2020 oujusqu’au 31 mars 2021 pour des conditions réunies en 2019 ou 2020. Trois articles, trois régimes, une seule loi : c’est exactement le genre de configuration où une citation de mémoire fait basculer un dossier de l’exonération à 10 %.
| Loi ou décret portugais | Articles qui opèrent | Ce que cela commande dans le guide |
|---|---|---|
| Lei n.º 82/2023, de 29 de dezembro (Orçamento do Estado para 2024). PDF officiel, DR 1.ª série n.º 250 : files.diariodarepublica.pt/1s/2023/12/25000/0000200322.pdf (201 pages, lu intégralement) | Art. 230.º (réécriture des art. 81.º, 99.º et 101.º du CIRS) ; art. 236.º n.os 3, 4 et 5 (régime transitoire du RNH — les n.os 1 et 2 portent sur les gratifications de bilan, le n.º 6 sur l’art. 12.º-A) ; art. 263.º (ajout des art. 46.º-A et 58.º-A à l’EBF) ; art. 317.º al. b) (norme abrogatoire : n.os 8 à 12 de l’art. 16.º, n.os 10 et 12 de l’art. 72.º, al. f) du n.º 1 de l’art. 78.º-F, n.os 7 et 8 de l’art. 81.º) ; art. 320.º (entrée en vigueur au 1er janvier 2024) | Fermeture du RNH, régime transitoire, institution de l’IFICI. Chapitres 02, 03 et 04 |
| Lei n.º 2/2020, de 31 de março (Orçamento do Estado para 2020). PDF : files.diariodarepublica.pt/1s/2020/03/06400/0000200336.pdf | Art. 326.º (n.º 12 de l’art. 72.º : 10 % sur les pensions étrangères) ; art. 329.º n.º 2 (disposition transitoire, trois populations préservées) ; art. 334.º (abrogation du n.º 6 de l’art. 81.º) ; art. 430.º (entrée en vigueur le 1er avril 2020). Attention : ce n’est ni l’art. 329.º qui crée le 10 %, ni l’art. 425.º qui porte l’entrée en vigueur | La césure du 1er avril 2020 sur les pensions. Chapitres 04 et 09 |
| Lei n.º 45-A/2024, de 31 de dezembro (OE 2025) et Lei n.º 73-A/2025, de 30 de dezembro (OE 2026). PDF de l’OE 2026 : files.diariodarepublica.pt/1s/2025/12/25002/0000200271.pdf | OE 2025 : n.º 9 de l’art. 12.º-B du CIRS (IRS Jovem, quatre branches d’exclusion, dont la situation fiscale non régularisée). OE 2026 : barème de l’art. 68.º (limites 8 342 / 12 587 / 17 838 / 23 089 / 29 397 / 43 090 / 46 566 / 86 634 € ; taux 12,50 à 48,00 %) ; barèmes d’IMT actualisés de 2 % ; art. 36.º-A EBF prorogé au 31/12/2033 ; art. 78.º-F ; révocation du n.º 19 de l’art. 72.º | Paramètres 2026. Chapitres 07 et 16 |
| Decreto-Lei n.º 97/2026, de 20 de maio (paquet logement), pris sur habilitation de la Lei n.º 9-A/2026 du 6 mars 2026, rectifié par la Declaração de Retificação n.º 26/2026/1 du 13 juillet 2026. PDF : files.diariodarepublica.pt/1s/2026/05/09700/0001400040.pdf (27 pages, lu intégralement le 29/07/2026) | Art. 2.º n.º 2 a) (plafond de loyer de 2 300 €, défini comme 2,5 fois la RMMG « prevista para 2026 » — donc figé) ; art. 7.º (OIA logement, fenêtre au 31/12/2029) ; art. 10.º n.º 5 (majoration d’IMT de 10 % de l’assiette en cas de non-affectation à l’habitation propre et permanente) ; art. 10.º n.º 7 (terme de la verba 2.42.1 du CIVA) ; art. 18.º ; réécriture de l’art. 24.º-A de l’EBF ; renumérotation +3 des paragraphes crypto de l’art. 10.º du CIRS ; extension de l’exonération de remploi locatif de l’art. 10.º n.º 7 du CIRS | Fiscalité immobilière 2026, majoration IMT des non-résidents, crypto. Chapitres 16, 18 et le calendrier de sortie |
| Decreto-Lei n.º 76/2024, de 23 de outubro (régime de l’alojamento local, avec republication du DL n.º 128/2014) ; Decreto-Lei n.º 57/2024, de 10 de setembro ; Decreto-Lei n.º 101-D/2020, de 7 de dezembro (certification énergétique) | Enregistrement, modalités (moradia, apartamento, estabelecimento de hospedagem, quartos), pouvoirs municipaux de contention, présomption d’exploitation et son seuil de 30 jours, transmissibilité des licences | 18 |
| Lei n.º 37/2006, de 9 de agosto (libre circulation des citoyens de l’Union) ; Lei n.º 23/2007 modifiée par la Lei n.º 61/2025, de 22 de outubro (PDF : files.diariodarepublica.pt/1s/2025/10/20400/0000900017.pdf) ; Lei n.º 56/2023 (Mais Habitação) ; Lei Orgânica n.º 1/2026, de 18 de maio (nationalité) | Enregistrement du citoyen de l’Union, membres de famille ressortissants d’États tiers, réforme de 2025 — dont l’article 7 de la Lei n.º 61/2025, qui est une norme abrogatoire, et son article 6, norme transitoire de 180 jours expirée le 21 avril 2026. Golden visa : chapitre V et art. 55 de la Lei n.º 56/2023 | 06, 22 |
| Portarias et despachos d’application. Portaria n.º 352/2024/1, de 23 de dezembro (IFICI, Anexos I et II) : files.diariodarepublica.pt/1s/2024/12/24800/0004000045.pdf ; Portaria n.º 52-A/2025/1, de 25 de fevereiro ; Despacho n.º 2416-A/2025 ; Avisos n.º 4812/2025/2 (IAPMEI) et n.º 5309/2025/2 (AICEP) ; Despacho n.º 233-A/2026 (tables de retenue 2026, continent) ; Portaria n.º 358/2024/1 (âge de la retraite en 2026) ; Portaria n.º 480-A/2025/1 (IAS 537,13 €) ; Decreto-Lei n.º 139/2025 (RMMG 920 €) | Délais de l’IFICI : 15 janvier (art. 2.º n.º 1), 15 février (art. 6.º n.º 1), fin février (art. 4.º n.º 3), 15 mars — confirmation par l’entreprise, art. 4.º n.º 2 —, 31 mars (art. 6.º n.º 3). La condition de diplôme du texte porte « nível 6 » ; le « niveau 6 ou 7 » ne figure que dans le tableau du guide de l’Ofício Circulado, et relève donc de la doctrine | 03, 07, 27 |
| Textes régionaux. Decreto Legislativo Regional n.º 8/2025/M, de 30 de dezembro (OE de Madère 2026), art. 21.º ; Decreto Legislativo Regional n.º 6/2024/M (TVA madérienne) ; Despacho n.º 1179/2026 (tables de retenue des Açores) | Madère 2026 : différentiel de 30 % étendu aux neuf tranches, taux marginal régional 33,60 %, taxas liberatórias à 19,6 %, TVA 4 / 12 / 22 %. L’article 21.º institue un IFICI madérien par renvoi aux seuls n.os 2 à 5 et 10 à 12 de l’art. 58.º-A, et le subordonne à un décret réglementaire régional | 21 |
La doctrine de l’administration fiscale portugaise : ce qu’elle vaut, et ce qui la contredit
L’Autoridade Tributária publie trois familles de documents que ce guide utilise, et qui n’ont pas la même autorité. Les ofícios circulados sont des instructions de service, sanctionnées par un despachodu secrétaire d’État ou d’un directeur de services : ils lient l’administration, pas le juge. Les informações vinculativas — ou fichas doutrinárias— sont des réponses individuelles rendues sur le fondement de l’article 68 de la LGT : elles lient l’administration à l’égard du demandeur, et c’est précisément l’outil que nous faisons actionner par nos avocats partenaires quand une question ouverte doit être fermée sur un dossier réel. Les FAQ du Portal das Finançasne sont ni l’un ni l’autre, mais elles disent ce que l’administration fait, et sur le RNH transitoire elles ont tranché contre l’intuition générale.
| Document de l’AT | Ce qu’il établit | Portée |
|---|---|---|
| Ofício Circulado n.º 20276/2025, de 26 de fevereiro de 2025, Subdiretora-Geral da Área de Gestão Tributária – IR — guide IFICI et 32 questions-réponses, 21 pages. info.portaldasfinancas.gov.pt/pt/informacao_fiscal/legislacao/instrucoes_administrativas/Documents/Oficio_circulado_20276_2025.pdf | Question 2 : « Regra geral : isenção de IRS, exceto no caso de rendimentos da categoria H ». Note 13 : la retenue de 20 % a la nature d’un simple acompte, et un refus d’inscription fait basculer l’année entière aux taux généraux | La pièce centrale du guide. Elle comporte elle-même deux coquilles que nous ne recopions pas : la date de la Portaria n.º 52-A/2025/1, donnée en page 2 comme « 25 de janeiro » au lieu du 25 février, et le rattachement, à sa question 19, d’une hypothèse relevant de la subalínea ii) à la subalínea i) |
| Ofício-Circulado n.º 90068, de 2024-02-16, sanctionné par le despacho n.º 53/2024-XXIII du Secrétaire d’État aux Affaires fiscales. info.portaldasfinancas.gov.pt/pt/informacao_fiscal/legislacao/instrucoes_administrativas/Documents/Oficio_circulado_90068_2024.pdf | Modalités du régime transitoire du RNH. Sa FAQ n.º 5, exemple 2, décrit une demande déposée le 27 août 2027 et acceptée. Son point 1 b) fixe au 31/03/2024 la butée applicable à l’alínea b) de l’article 236.º n.º 3 | Décisif. La butée du 31 mars 2024 pour l’alínea b) est une position administrative, pas une prescription du texte : le n.º 4 de l’article 236.º ne vise que les alíneas c) et d). Nous l’écrivons comme telle |
| Informação vinculativa, processo n.º 26080, despacho du 8 mai 2026, Diretor de Serviços da DSIRS. PDF : info.portaldasfinancas.gov.pt/pt/informacao_fiscal/informacoes_vinculativas/rendimento/cirs/Documents/PIV_26080.pdf | Admet à l’inscription au RNH une contribuable résidente du Portugal depuis juillet 2021 | C’est la pièce qui ruine l’affirmation « le RNH transitoire est fermé depuis le 31 mars 2025 » — une conclusion qu’une de nos propres contre-vérifications avait posée et que la suivante a renversée |
| Ficha doutrinária, processo n.º 25941, despacho du 17 novembre 2025. PDF : info.portaldasfinancas.gov.pt/pt/informacao_fiscal/informacoes_vinculativas/rendimento/cirs/Documents/PIV_25941.pdf | Retient une lecture large de l’élément d’ancrage vi) : un simple courriel de demande de rendez-vous adressé aux services d’immigration avant le 31/12/2023 caractérise une procédure engagée. Juge en revanche que le contribuable non résident fiscal au 31/12/2024 est hors du régime, quelle que soit la cause du retard — y compris un retard des services d’immigration portugais | Les deux faces de la même décision. La condition de fond ne se rattrape pas ; l’élément d’ancrage s’apprécie largement |
| FAQ du Portal das Finanças. « Registo Contribuinte > Residente Não Habitual », questions 1277, 1280, 4104, 4238 à 4246, 4394, 4746, 5148, 5149, 5152, 5153 : info.portaldasfinancas.gov.pt/pt/apoio_contribuinte/questoes_frequentes/Pages/faqs-00309.aspx — « IRS > Incentivo Fiscal-IFICI », questions 5494 et suivantes : .../pages/faqs-01018.aspx — représentation fiscale : .../pages/faqs-00307.aspx | « O regime pode ainda ser aplicável » (faqs-00309, consultée le 29/07/2026). Reprise du RNH sur les années restantes après interruption (FAQ 1280 et 4394). Dans les deux exemples de la FAQ 5152, la demande porte sur « efeitos ao ano 2024 (único ano visível como opção) » | Le dernier point est un indice pratique, pas une règle : il alimente la troisième lecture du régime transitoire exposée plus bas |
| Folhetos informativos de l’AT. « Residente Não Habitual (RNH) — Regime fiscal e anexo L do IRS », 20 p. ; « IFICI — Incentivo fiscal à investigação científica e inovação », 14 p. ; brochure « NIF para cidadãos estrangeiros não residentes » | Le dépliant IFICI énumère les catégories exonérées et s’arrête à G. Le folheto RNH restitue l’ancien article 81.º dans sa rédaction pré-2020 et écrit une fois « Portaria n.º 230/2019, de 3 de julho » et trois fois « de 23 de julho » — c’est le 23 | Sources de confirmation de premier rang sur les rédactions abrogées, à citer comme documents de l’AT et non comme le texte de loi |
| Ofício Circulado n.º 40129/2026, de 6 de janeiro de 2026 (tables pratiques d’IMT en vigueur au 1er janvier 2026, six tables) ; Ofício Circulado n.º 90057, de 20 de julho de 2022 (représentation fiscale du non-résident, art. 19.º de la LGT) ; Circular n.º 4/2019 da DSIRS (preuve des activités à valeur ajoutée élevée sous RNH) | Barèmes d’IMT applicables, seuil d’exonération en habitation propre et permanente à 106 346 € en 2026 ; conditions dans lesquelles un représentant fiscal est exigé et celles où il ne l’est pas | 16, 06 |
Jurisprudence : ce qui a été retrouvé, avec numéro et date
Règle de citation appliquée dans tout le guide : aucune décision n’est mentionnée sans que son numéro, sa date et son objet aient été retrouvés. Le contentieux portugais utile passe par le CAAD, le centre d’arbitrage administratif : c’est une juridiction, ses décisions sont publiées, et elles contredisent frontalement l’administration sur un point qui décide du sort de plusieurs milliers de dossiers français.
| Décision | Objet retrouvé | Où elle sert |
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| CAAD, processo n.º 1041/2023-T, décision du 4 septembre 2024 (PDF de 20 pages, téléchargé le 29/07/2026), dans une ligne établie par les processos 777/2020-T, 550/2022-T et 544/2023-T | LIGNE RENVERSÉE PAR L’ACÓRDÃO DU STA N.º 7/2026 DU 22 JUIN 2026, conservée pour mémoire. Elle jugeait que l’inscription au RNH a une nature déclarative et que le délai est « meramente procedimental, e não constitutivo » : son inobservation « não determina, por si mesma, a exclusão do regime » et ne peut générer qu’une contravention fiscale au sens de l’article 117.º du RGIT, « mas não interfere com o direito à redução ou isenção tributária ». Le tribunal a annulé les liquidations d’IRS 2020, 2021 et 2022 et ordonné le remboursement de 31 373,11 € à des contribuables jamais inscrits | 04 — voie contentieuse aujourd’hui FERMÉE sur les années passées : l’Acórdão do Supremo Tribunal Administrativo n.º 7/2026 du 22 juin 2026 (processo n.º 084/25.9BALSB) a uniformisé la jurisprudence en sens contraire de cette ligne arbitrale. La présentation de la demande est une condition d’accès ; le dépôt hors délai relègue le régime pour l’avenir |
| CAAD, processo n.º 656/2024-T, 4 décembre 2024, sumário IV | Restitue la base légale de l’exonération des pensions sous RNH : l’article 81.º n.º 6 du CIRS, et non le n.º 5 | 09 — la correction d’un numéro d’article qui, seul, faisait basculer un retraité d’un régime à l’autre |
| CAAD, processo n.º 226/2023-T, décision du 2 janvier 2024 | Résidence fiscale et critères de l’article 16.º du CIRS | 05 |
| CJCE, 11 octobre 2007, Hollmann c/ Fazenda Pública, aff. C-443/06, ECLI:EU:C:2007:600 | Plus-values immobilières des non-résidents au Portugal et libre circulation des capitaux | 16 — l’origine du régime actuel d’inclusion à 50 % du solde |
| CJUE, 1re chambre, 18 mars 2021, MK c/ Autoridade Tributária e Aduaneira, aff. C-388/19, ECLI:EU:C:2021:212 | Un régime d’option ouvert au non-résident ne purge pas la restriction : la discrimination subsiste lorsque le contribuable doit demander à être traité comme un résident | 16 — et, par transposition directe, la restitution sur demande de la majoration d’IMT des non-résidents des n.os 11 et 12 de l’article 17.º du CIMT. La date est bien le 18 mars 2021 et l’auteur la première chambre |
| CJUE, 26 février 2015, de Ruyter, aff. C-623/13 | L’exonération de prélèvements sociaux repose sur l’affiliation à un régime relevant de la coordination européenne, non sur la résidence | 13, 17, 26 — c’est la jurisprudence dont procède le « 7,5 % » du non-résident affilié à un régime de sécurité sociale de l’Union : exonéré de CSG et de CRDS (CSS, art. L. 136-6, I ter, et art. L. 136-7, I ter), il ne supporte plus que le prélèvement de solidarité de l’article 235 ter du CGI. Ce 7,5 %-là ne se confond pas avec le prélèvement forfaitaire de 7,5 % de l’article 125-0 A, qui est un impôt sur le revenu |
| Conseil d’État, 9e et 10e SSR, 9 novembre 2015, n° 370054, Landesärztekammer Hessen Versorgungswerk, publié au recueil Lebon ; CE, 9e et 10e ch., 2 février 2022, n° 443018 ; CE, 8e et 3e ch., 5 février 2024, n° 469771, SAS Axa Group Opérations | Méthode du juge de l’impôt, condition d’assujettissement à l’impôt au sens de l’article 4 § 1 des conventions, champ de la retenue de l’article 182 A du CGI | 05, 10, 13 |
| CAA de Bordeaux, 4e chambre, 5 mars 2024, n° 22BX00848, inédite ; Tribunal Constitucional portugais, Acórdão n.º 785/2025 | Preuve du transfert de résidence côté français ; contrôle de constitutionnalité côté portugais | 05, 06 |
La convention franco-portugaise et les instruments bilatéraux
La convention entre la France et le Portugal en vue d’éviter les doubles impositions a été signée à Paris le 14 janvier 1971 et est entrée en vigueur le 18 novembre 1972, un mois après l’échange des instruments de ratification (article 32 § 2). Elle a été modifiée par l’avenant du 25 août 2016, publié par le décret n° 2018-7 du 4 janvier 2018 et produisant effet à compter du 1er janvier 2018, puis par la convention multilatérale BEPS, en vigueur le 1er janvier 2019 pour la France et le 1er juin 2020 pour le Portugal. Le document que nous avons lu de bout en bout est la version consolidée publiée par la DGFiPaprès application de l’instrument multilatéral : un PDF de 25 pages, articles 1 à 33 et protocole, extrait en texte le 28 juillet 2026.
Deux avertissements, que vous ne trouverez nulle part ailleurs et qui changent la lecture. Le premier tient à la numérotation.On lit couramment que la convention franco-portugaise est décalée d’un rang par rapport au modèle OCDE. C’est faux, et précisément là où c’est dangereux : la convention comporte un article 21 consacré aux enseignants et professeurs, qui n’existe pas dans le modèle. Le décalage est de +1 des articles 11 à 20, puis de +2 pour les articles 22 et 23, puis de nouveau +1 à partir de l’article 24. Un lecteur qui applique un décalage constant se trompe d’article sur l’article balai — celui qui décide du sort d’une rente viagère.
Le second tient à la doctrine française. Le commentaire administratif qui détaille les catégories de revenus, BOI-INT-CVB-PRT-10-20, est toujours dans sa version du 25 juin 2014. Il décrit la numérotation de l’article 20 antérieureà l’avenant de 2016 et mentionne encore une retenue à la source de 25 % sur les dividendes. Un guide qui le cite sur l’article 20 cite un état du droit périmé de douze ans. Nous le citons — il est utile et il est opposable à l’administration — mais jamais sans cet avertissement, et jamais sur les intérêts : sur ce point précis, deux lectures de ses paragraphes subsistent après deux contrôles, elles sont incompatibles, et nous ne publions donc aucune numérotation de paragraphe. Nous publions la règle conventionnelle elle-même, vérifiée mot pour mot : article 12 § 2, « ce taux étant ramené à 10 p. cent pour les intérêts d’obligations émises en France après le 1er janvier 1965 ».
| Instrument | Références et dates | Ce qu’il commande |
|---|---|---|
| Convention France-Portugal du 14 janvier 1971, version consolidée après l’avenant de 2016 et la convention multilatérale, PDF DGFiP de 25 pages lu intégralement : impots.gouv.fr/sites/default/files/media/10_conventions/portugal/nid-13642_convention_avec_le_portugal_modifiee_par_la_cml.pdf | Entrée en vigueur le 18 novembre 1972. Côté portugais : Decreto-Lei n.º 105/71, DR I série n.º 72 du 26/03/1971, Aviso du 13/11/1972 | Art. 2 (impôts visés, liste énonciative : le mot « notamment » y figure, et la CSG comme la CRDS y sont nommément visées depuis l’avenant) ; art. 4 (résidence et départage) ; art. 6 et 14 (revenus immobiliers et gains provenant de leur aliénation — l’article 13 est celui des redevances) ; art. 11, 12 (dividendes, intérêts) ; art. 16 (emploi, seuil de 183 jours inclus) ; art. 19 (pensions privées) ; art. 20 §§ 1, 2 et 3 (rémunérations et pensions publiques) ; art. 23 (autres revenus, avec sa condition d’assujettissement) ; art. 24 (élimination de la double imposition) ; art. 25 (non-discrimination) ; art. 26 (procédure amiable) ; art. 31 bis (clause anti-abus) |
| Avenant du 25 août 2016. Décret n° 2018-7 du 4 janvier 2018, Légifrance JORFTEXT000036396339. Côté portugais : Resolução da AR n.º 58/2017, Decreto do PR n.º 31/2017, DR I n.º 66 du 03/04/2017, Aviso n.º 143/2017 du 14/12/2017 | Effet à compter du 1er janvier 2018 | Il a scindé l’ancien § 1 de l’article 20 en trois paragraphes — rémunérations publiques « autres que les pensions », pensions publiques, clause d’entreprise. Le renvoi de l’article 19 au « paragraphe 1 de l’article 20 » n’a pas été actualisé : ce n’est pas une incertitude d’interprétation, c’est une coordination oubliée lors d’une renumérotation, et le chapitre 10 l’écrit ainsi |
| Convention multilatérale BEPS (CML). France : réserves déposées le 26 septembre 2018, en vigueur le 1er janvier 2019. Portugal : dépôt le 28 février 2020, en vigueur le 1er juin 2020 | Retenues à la source : faits générateurs à compter du 01/01/2021. Autres impôts : périodes d’imposition commençant à compter du 01/12/2020. Arbitrage : à compter du 01/06/2020 | Clause des objets principaux et arbitrage. Positions et réserves consultées sur le portail de l’OCDE ; la base d’appariement de la CML n’a pas été interrogée pour le couple France-Portugal, et le chapitre 10 le signale |
| Accord du 3 juin 1994 en matière d’impôts sur les successions et sur les donations, texte intégral et échange de lettres, PDF DGFiP lu intégralement. Décret n° 95-219 du 23 février 1995 ; loi n° 94-1007 du 23 novembre 1994 | En vigueur | 24 — attention au faux ami : l’accord du 3 juin 1994 ne répartit pas le droit d’imposer les successions entre les deux États. Ses deux articles se bornent à étendre réciproquement les exonérations accordées aux États contractants, à leurs collectivités locales et à leurs organismes de droit public exerçant dans le domaine scientifique, artistique, culturel, éducatif ou charitable. Aucun instrument bilatéral n’élimine la double imposition successorale entre la France et le Portugal : l’article 750 ter du CGI s’applique sans correctif conventionnel |
| Doctrine française sur la convention : BOI-INT-CVB-PRT (12/09/2012), BOI-INT-CVB-PRT-10 (12/09/2012), BOI-INT-CVB-PRT-10-10 (12/09/2012), BOI-INT-CVB-PRT-10-20 (25/06/2014), BOI-INT-CVB-PRT-10-30 (12/09/2012), BOI-INT-CVB-PRT-20 (12/09/2012), BOI-INT-DG-20-20-100, BOI-INT-DG-20-25 | Aucune de ces annexes n’a été republiée depuis 2014 | À citer avec leur millésime, toujours. Le § 450 du -10-20 confirme que les pensions de la Sécurité sociale française versées à des résidents du Portugal échappent à l’impôt français « dès l’instant où lesdites pensions ont un caractère privé ». Son § 440 range en revanche expressément les rentes viagères à l’article 23 — d’où le point ouvert exposé plus bas |
| Travaux parlementaires de l’avenant : rapport AN n° 240 (XVe législature) ; projet de loi Sénat n° 491 (2016-2017) ; rapport Sénat n° 622 (2016-2017), Éric Doligé, 12 juillet 2017 | Contexte de l’ajout de la CSG et de la CRDS à l’article 2, traitement des binationaux, rétroactivité de 2013 | 10 — ils tranchent la portée conventionnelle des contributions sociales, qui n’est donc pas « probable » mais établie |
| Ficha doutrinária AT, processo n.º 11/2018, art. 15.º du CIRS, despacho concordant de la Subdiretora-Geral do IR du 02/05/2018 : « Declaração de rendimentos obtidos em França – Pensões pagas pelo Estado Francês » | Traitement portugais des pensions publiques françaises perçues par un binational | 09, 10 — c’est la pièce portugaise décisive sur les pensions publiques, et elle est rarement citée |
Les textes français, article par article
Les textes français ont été lus sur Légifrance, dans leur rédaction en vigueur les 28 et 29 juillet 2026. Une précision de méthode : l’accès direct par script à Légifrance renvoie une erreur 403, et toutes nos lectures ont donc été médiatisées par un outil de récupération web. Cela rend fiables les libellés courts, les taux et les seuils, et impose une relecture humaine des citations longues — que nous signalons à l’endroit où elles apparaissent.
| Bloc | Textes français mobilisés | Chapitres |
|---|---|---|
| Domicile fiscal et résidence | CGI art. 4 A ; art. 4 B, dans sa rédaction issue de l’art. 83 de la loi n° 2025-127 du 14 février 2025, en vigueur le 16 février 2025 — le dernier alinéa du 1 n’existe pas avant cette date ; art. 164 A ; art. 164 B ; art. 197 A et 197 B. Doctrine : BOI-IR-CHAMP-10 (28/07/2016) | 05, 11, 13 |
| Retenues à la source et imposition des non-résidents | CGI art. 182 A (barème 0 % / 12 % / 20 %, seuils de 17 275 € et 50 112 € vérifiés au 1er juillet 2026) ; art. 182 A bis ; art. 182 B ; art. 187 ; art. 197 B — dont il faut retenir que les tranches à 0 % et à 12 % de la retenue de l’article 182 A sont libératoires, ce n’est pas un simple acompte. Barème : BOI-BAREME-000043, version du 02/04/2026. Communiqué du ministère de l’Économie du 29 avril 2024 sur le maintien du champ de l’article 182 A | 09, 13 |
| Prélèvements sociaux | CSS art. L. 136-6 (I, a pour les résidents ; I bis pour les non-résidents) ; art. L. 136-7 (I, 2° ; I bis pour les plus-values de l’article 244 bis A ; II) ; art. L. 136-8, dont le IV et sa liste limitative de cinq entrées ; art. L. 131-9 ; art. D. 242-8 (taux de 3,20 % et 4,20 %, décret n° 2018-821 du 27 septembre 2018) ; CGI art. 235 ter (prélèvement de solidarité de 7,5 %). Fondement du relèvement de la CSG : article 12 de la LFSS 2026, loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 | 13, 14, 17, 26 |
| Patrimoine français conservé et immobilier | CGI art. 150 U, dont le 2° du II — exonération de 150 000 € du non-résident, inchangée par l’article 52 de la loi n° 2026-103 du 19 février 2026, lequel proroge à 2027 les seuls 7° et 8° du II ; art. 244 bis A ; art. 244 bis B ; art. 244 bis C ; art. 171 quater bis de l’annexe II ; décret n° 2025-502 du 6 juin 2025 sur l’accréditation des représentants fiscaux. Doctrine : BOI-RFPI-PVINR-20-20, -30-20 (22/01/2025), -40 | 15, 17 |
| Enveloppes et placements | CGI art. 125-0 A ; CMF art. L. 221-27 (LDDS) et L. 221-30 (ouverture du PEA — et non L. 221-32-2, qui n’est pas le siège de la règle de non-clôture) ; BOI-RPPM-RCM-40-50-10 (30/07/2024), -40-50-20-20, -40-50-40 ; BOI-RPPM-RCM-30-10-20-20 (20/12/2019) ; BOI-INT-DG-20-20-20-30, version du 16/03/2026 | 14 |
| Exit tax | CGI art. 167 bis, IV (sursis de plein droit) et V (sursis sur option, garanties) ; art. 200 A ; formulaires 2074-ETD et 2074-ETS1 à ETS3 et ETSL, millésime 2026 | 12 |
| IFI, succession, épargne retraite | CGI art. 964, 965, 979 ; art. 750 ter ; art. 757 B ; art. 990 I ; art. 163 quatervicies (épargne retraite, plafond des nouveaux résidents) ; règlement (UE) n° 650/2012. Doctrine : BOI-PAT-IFI-10-20-20 (08/06/2018), BOI-ENR-DMTG-10-10-20-20, BOI-TCAS-AUT-60, BOI-IR-BASE-20-50-20 | 15, 24, 25, 27 |
| Obligations déclaratives et retour | CGI art. 1649 A (comptes, formulaire 3916) et art. 1736, IV pour sa sanction ; art. 1649 AA (contrats d’assurance-vie, 3916-bis) et art. 1766 pour sa sanction — les deux régimes ne se confondent pas, et la doctrine BOI-CF-INF-20-10-50 les distingue ; art. 155 B et BOI-RSA-GEO-40-10-10 et -20 (11/08/2025) pour le régime des impatriés ; CSS art. L. 767-2 et D. 767-1 ; formulaire 2042-NR | 12, 28 |
Le piège des « 7,5 % » et des « 12,8 % », et pourquoi ce guide ne les emploie jamais seuls
Le droit français emploie « 7,5 % » pour deux prélèvements qui n’ont rien de commun : le prélèvement de solidarité de l’article 235 ter du CGI — celui-là même qui subsiste seul lorsque la CSG et la CRDS tombent par l’effet de la jurisprudence de Ruyter— et le prélèvement forfaitaire de l’article 125-0 A sur l’assurance-vie de plus de huit ans, qui est un impôt sur le revenu. Le taux réduit de de Ruyter obéit à deux conditions cumulatives : affiliation à un régime de l’Union, de l’Espace économique européen ou de la Suisse, etabsence de prise en charge par un régime obligatoire français d’assurance maladie. Un résident du Portugal affilié au régime portugais remplit potentiellement la première ; la seconde se vérifie, et un retraité couvert par un formulaire S1 français reste à 17,2 %. Le seul fait que le Portugal soit dans l’Union ne permet de rien conclure.
Il existe de même deux « 12,8 % » qui ne désignent pas la même chose. Le premier est le taux d’impôt sur le revenu du prélèvement forfaitaire unique : additionné aux prélèvements sociaux, il porte l’imposition des plus-values latentes d’exit tax à 31,4 %. Le second est la garantieexigée pour le sursis sur option du V de l’article 167 bis, calculée sur le montant brut des plus-values et créances, sans abattement pour durée de détention et hors prélèvements sociaux. Sur 5 M€ de plus-values latentes : 1 570 000 € d’impôt, 640 000 €de garantie. Appliquer l’un des deux taux à l’assiette de l’autre produit une erreur d’un facteur deux et demi, dans un sens ou dans l’autre.
Protection sociale, santé, retraite : sources européennes et organismes de liaison
Ce bloc obéit à une logique différente des précédents. La règle n’y est presque jamais dans un code : elle est dans un règlement européen dont l’application concrète est décrite par des organismes de liaison — le CLEISS côté français, l’Instituto da Segurança Social et l’Administração Central do Sistema de Saúdecôté portugais. Nous les citons comme tels, en nommant l’organisme, parce qu’une fiche du CLEISS n’est pas un texte et qu’elle peut être contredite par la lecture du règlement.
| Source | Ce qu’elle établit | Réserve |
|---|---|---|
| Règlement (CE) n° 883/2004, texte EUR-Lex, et titre III chapitre 1 (art. 17 à 30) dans la version française du CLEISS | Coordination des régimes. Art. 11 § 3 a) : assujettissement à la législation de l’État d’activité. Art. 23 : il suppose une pension servie par l’État de résidence, et ne s’applique donc pas au retraité français qui travaille au Portugal. Art. 24 § 2 b) : règle des polypensionnés | Le fondement de coordination était erroné dans nos fiches de départ ; c’est l’une des réfutations les plus lourdes du bloc social |
| CLEISS : fiches formulaire S1, formulaire A1, « Vous partez vivre votre retraite dans l’UE-EEE-Suisse » ; ameli.fr, « Retraite à l’étranger : votre prise en charge » ; Service des Retraites de l’État, « Les prélèvements sociaux et les exonérations » | Mécanique du S1, de l’A1, et prélèvements assis sur une pension française servie à un résident du Portugal | Le taux de COTAM de 7,1 % applicable aux retraites d’un régime de travailleur indépendant ne figure ni à l’article D. 242-8 ni à l’article D. 242-9 du CSS. Nous le publions en citant l’organisme, sans référence réglementaire, et nous le disons |
| Instituto da Segurança Social, Guia Prático — Pensão de Velhice ; gov.pt, pages « contributions » et « inscription au centre de santé » ; ACSS, « Acesso de cidadãos estrangeiros ao SNS » ; Entidade Reguladora da Saúde, FAQ sur les taxas moderadoras ; Portaria n.º 153/2017 (temps maximaux de réponse garantis) | Accès au SNS, número de utente, taxas moderadoras, calcul de la pension portugaise, âge normal d’accès à la retraite en 2026 (Portaria n.º 358/2024/1) | Le plafond de 92 % concerne les bonifications, non la taxa global de formação, et le taux annuel de formation de 2 % ne vaut que pour les carrières de vingt ans ou moins. Nous ne publions aucune formule de calcul de la pension portugaise avant lecture du Decreto-Lei n.º 187/2007 |
| Paramètres 2026 : PASS français 48 060 € (PASS 2025 : 47 100 €) ; RMMG portugaise 920 € (Decreto-Lei n.º 139/2025, confirmé par la DGERT) ; IAS 537,13 € (Portaria n.º 480-A/2025/1) | Ils commandent les plafonds d’épargne retraite, les planchers de cotisation et les seuils de loyer modéré | Les plafonds de PER de 150 720 € et 355 644 € qui circulent sont les plafonds déjà quadruplés — le total disponible l’année de la domiciliation. Le plafond de droit commun est de 37 680 € pour un salarié et 88 911 € pour un travailleur non salarié. Multiplier le premier chiffre par quatre publie une erreur d’un facteur quatre |
Ce que nous utilisons comme source, et ce que nous n’utilisons pas
Trois familles de documents apparaissent dans ce guide sans jamais fonder une règle de droit. Les publications de l’Ordem dos Contabilistas Certificados— son analyse de la loi de finances 2026, son guide pratique de l’IFICI, ses annexes régionales — servent à confirmer une lecture, jamais à l’établir ; nous les nommons quand nous les employons. Les statistiques de l’INEsur les prix et les loyers de l’habitation au premier trimestre 2026 servent à donner un ordre de grandeur de marché ; c’est sur elles que repose l’observation qui décide du taux applicable à un bailleur, le loyer médian des nouveaux baux étant de 9,46 €/m²/mois, ce qui place la quasi-totalité du parc sous le plafond de 2 300 €. Les grilles tarifaires des groupes hospitaliers privéset les comparatifs d’assurance santé servent à chiffrer un budget, et sont datés comme tels.
Ce qui n’apparaît nulle part : les fiches commerciales de cabinets d’installation, les articles de presse patrimoniale, les discussions de groupes d’expatriés. Nous les avons lus — c’est ainsi que nous savons ce que vous avez probablement déjà rencontré, et quels chiffres périmés y circulent — mais aucun ne fonde une règle dans ce guide. Une discussion d’expatriés est un excellent indicateur de ce qui inquiète les gens. Elle n’établit ni un taux, ni un seuil, ni une date d’effet. Et sur le Portugal, la moitié de ce qui y circule décrit l’état du droit d’avant 2024.
Enfin, quelques sources ont été tentées sans succès, et nous le disons plutôt que de laisser croire à une exhaustivité qui n’existe pas. Les pages de détail du Diário da República ne se lisent pas en texte. Le texte de l’ Aviso n.º 29926-A/2025/2, deuxième modification du règlement municipal de l’hébergement local de Lisbonne, n’a pas pu être extrait : la description dont nous disposons provient d’une note de cabinet, relue et jugée fidèle, à laquelle manquent trois éléments que le chapitre 18signale. La formule du plafond des déductions à la collecte de l’article 78.º n.º 7 du CIRS est servie par l’AT sous forme d’image, non de texte : nous ne publions donc aucun exemple chiffré de plafonnement.
Méthode : comment ce guide a été fabriqué, et ce que la contre-vérification a changé
Le guide n’a pas été écrit à partir de la documentation en ligne. Huit socles documentairesont d’abord été établis sur sources primaires, le 28 juillet 2026 — RNH et IFICI, fiscalité portugaise de droit commun, résidence et séjour, convention franco-portugaise, patrimoine français conservé, protection sociale, immobilier portugais, retour en France. Ces huit socles ont ensuite été soumis à deux passes de contre-vérification adversariale indépendantes, menées les 28 et 29 juillet 2026, dont la mission n’était pas de confirmer mais de casser. Les chapitres n’ont été rédigés qu’après, et à partir du registre issu de ces passes, pas des fiches d’origine.
| Socle contre-vérifié | Réfutations | Verdict de la contre-vérification |
|---|---|---|
| RNH et IFICI | 11 | Thèse centrale — l’IFICI n’accorde rien aux pensions — confirmée par cinq sources indépendantes. Mais la fiche désignait deux fois le mauvais texte sur le seul point qui décide du dossier d’un retraité |
| Fiscalité portugaise de droit commun | 13 | Barème 2026, tables de retenue et arithmétique solides. Six règles chiffrables fausses, et un cadrage IFICI qui trompait précisément le retraité |
| Résidence et séjour | 12 | Citations exactes au mot près. Mais la première contre-vérification a elle-même fermé à tort le RNH transitoire : c’était sa conclusion la plus visible, et elle était fausse |
| Convention franco-portugaise | 8 | Le texte conventionnel est exact article par article ; le volet portugais du traitement des pensions était gravement incomplet et par endroits faux |
| Patrimoine français conservé | 12 | Convention et droit interne français exacts. Trois interdictions de publication posées par la première passe se sont révélées infondées et ont été levées |
| Protection sociale portugaise | 14 | Le fondement de coordination du règlement 883/2004 était erroné, le taux des membres d’organes statutaires inversé (29,6 % et non 34,75 %), et la première passe fermait le RNH à tort |
| Immobilier portugais | 19 | Les chiffres sont exacts et les règles qui les entourent souvent fausses : c’est la fiche où le décalage entre la valeur et sa condition d’application est le plus systématique |
| Retour en France | 20 | Le volet portugais tient. Le volet français a produit l’erreur la plus reprise du corpus — le fondement légal du relèvement de la CSG à 10,6 % — et la correction de la première passe l’avait aggravée |
| Total | 109 entrées de source, consolidées en 93 réfutations numérotées | 24 omissions matérielles relevées, 23 points de droit laissés non tranchés, 17 sujets exigeant un spécialiste avant toute publication chiffrée |
La typologie des quatre-vingt-treize réfutations est l’enseignement le plus utile de tout l’exercice, parce qu’elle contredit ce qu’on attend. On imagine que le risque d’un dossier comme celui-ci est l’invention d’un chiffre. Onze réfutations sur quatre-vingt-treize corrigent une valeur.Toutes les autres corrigent la règle qui entoure le chiffre, ou la source censée la porter. Le risque de ce dossier n’est pas l’hallucination : c’est la simplification.
| Type d’erreur | Nombre | Ce qui la rend dangereuse |
|---|---|---|
| Base légale fausse — bon contenu, mauvais article | 19 | La fiche dit vrai, mais rend son affirmation invérifiable. Un confrère ou un contrôleur ouvre d’abord l’article cité |
| Condition d’application omise — citation tronquée | 15 | Une citation entre guillemets à laquelle manque une condition d’application est une réfutation, pas une imprécision |
| Champ trop large — la règle étendue hors de son domaine | 15 | Le régime de dépôt tardif appliqué à une alínea que le texte ne vise pas ; le seuil de 30 jours de l’alojamento local rattaché aux deux branches d’une présomption qui n’en comporte qu’une |
| Valeur fausse | 11 | Les seules erreurs de chiffre pur : 30 % de valeur patrimoniale fiscale et non 10 % ; 29,6 % et non 34,75 % |
| Erreur de règle sur un chiffre exact | 10 | Le chiffre est bon, ce qui le déclenche ne l’est pas. Le plafond de 2 300 € figé sur 2026 et non indexé ; les 150 720 € qui sont déjà le montant quadruplé |
| Date d’effet ou borne temporelle fausse | 9 | Un régime présenté au présent alors qu’il est expiré depuis le 21 avril 2026 ; ou tenu pour clos alors qu’il court jusqu’en 2033 |
| Négative universelle non démontrée | 7 | « Il n’existe aucun », « aucune inscription n’est possible », « la France ne figure pas ». Sept sur sept sont tombées ou ont dû être bornées |
| Erreur de raisonnement — conclusion non déductible des prémisses | 7 | Le plus insidieux : la conclusion peut rester vraie, mais c’est le raisonnement qui est recopié, et il devient faux au premier changement de droit |
Cinq corrections données en clair, parce que vous les rencontrerez ailleurs
Première : l’IFICI n’exonère pas les pensions.Le point est traité en tête de ce chapitre et il structure tout le guide. Ajoutons ce qui est presque toujours omis : l’exonération de l’article 81.º n.º 4 du CIRS est une exonération avec progressivité, les revenus exonérés étant « obrigatoriamente englobados para efeitos de determinação da taxa a aplicar aos restantes rendimentos ». Un bénéficiaire dont tous les revenus seraient exonérés est juridiquement impossible : le régime exige, chaque année, la perception de revenus d’une activité éligible de source portugaise. Le chapitre 03 le développe.
Deuxième : « le RNH est fermé, il n’y a plus rien à faire » est faux, et c’est l’erreur la plus coûteuse dans l’autre sens.Deux choses différentes s’appellent « fermeture ». La fermeture aux nouveaux arrivants est totale et sans exception : une personne devenue résidente fiscale du Portugal à compter du 1er janvier 2025n’a aucune voie d’accès au RNH. L’inscription tardive, elle, reste ouverte : le n.º 5 de l’article 236.º dispose que l’inscription hors délai « produz efeitos a partir do ano em que a inscrição seja efetuada, pelo prazo remanescente ». Le dépassement du délai ampute la durée, il n’éteint pas le droit. Une de nos propres passes de vérification avait conclu l’inverse le 28 juillet ; la suivante l’a renversée le 29, documents de l’administration portugaise à l’appui. Le chapitre 04écrit l’état exact de la question.
Durée résiduelle d’un RNH transitoire inscrit tardivement
Dernière année de régime = année de prise de résidence + 9 · Nombre d’années restantes = (année de prise de résidence + 9) − année de dépôt + 1
Les dix années se comptent depuis l’année où vous êtes devenu résident, jamais depuis l’année d’inscription. Une résidence acquise en 2021 s’éteint donc avec les revenus de 2030 : un dépôt effectué en 2026 ouvre cinq exercices, un dépôt en 2027 en ouvre quatre. La fenêtre se referme d’une année chaque 1er janvier, et devient nulle en 2034. Sur une pension privée de 60 000 €, l’écart annuel entre 10 % et le barème portugais est de l’ordre de 12 000 à 15 000 € : une année perdue est une année payée.
Troisième : la base légale de l’exonération des pensions sous RNH était le n.º 6 de l’article 81.º, pas le n.º 5.Le n.º 5 visait les catégories B, E, F et G. Le n.º 6 offrait deux branches alternatives, dont la seconde — revenus non réputés obtenus en territoire portugais au sens de l’article 18.º n.º 1 — était toujours rempliepour une pension française. C’est l’explication technique du « Portugal à 0 % », et c’est aussi la raison pour laquelle ce 0 % n’a jamais signifié « aucun impôt » : l’ancien n.º 7 imposait un englobement obligatoire de la pension exonérée pour la détermination du taux applicable aux autres revenus du foyer. La pension était à 0 %. Les loyers portugais du même foyer étaient imposés au taux moyen que cette pension avait relevé.
Quatrième : la ligne de partage des deux générations de pensions RNH n’est pas « inscrit avant le 1er avril 2020 ».L’article 329.º n.º 2 de la Lei n.º 2/2020 préserve l’ancienne rédaction pour trois populations, dont celle qui a demandé son inscription jusqu’au 31 mars 2020 ou jusqu’au 31 mars 2021, pour des conditions réunies respectivement en 2019 ou en 2020. Un contribuable inscrit en mars 2021 au titre de 2020 relève donc de la génération exonérée. Le critère de la seule date d’inscription le classerait à tort à 10 %. Et la chaîne juridique qui fait survivre cette exonération est double : l’article 236.º de la Lei n.º 82/2023 préserve les articles du CIRS dans leur rédaction au 31 décembre 2023 — laquelle ne comporte plus de n.º 6 à l’article 81.º, abrogé en 2020 — et l’exonération ne survit que parce que l’article 329.º n.º 2 de la Lei n.º 2/2020 n’a jamais été abrogé, les dix alíneas de l’article 317.º ne le visant pas. Deux dispositions transitoires chaînées. C’est ainsi qu’il faut l’écrire, et le chapitre 09l’écrit ainsi.
Cinquième : le fondement du relèvement de la CSG à 10,6 %.C’est l’article 12 de la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025de financement de la sécurité sociale pour 2026, et non l’article 65 de la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 — laquelle porte sur la lutte contre les fraudes et crée un IV bis taxant à 25 % certaines sommes d’origine illicite. Deux de nos contre-vérifications successives se sont trompées sur ce point ; la fiche d’origine avait raison. Le taux dérogatoire de 9,2 % du IV de l’article L. 136-8 du CSS est maintenu pour une liste limitative, d’où 17,2 % sur ces assiettes et 18,6 % sur les autres. Ce ne sont pas deux lectures concurrentes d’un même texte : ce sont deux assiettes distinctes, et le tri se fait produit par produit.
Le point que ce guide traite autrement que tout le corpus : les prélèvements sociaux d’un non-résident
Le IV de l’article L. 136-8 du code de la sécurité sociale, qui maintient le taux de 9,2 %, comporte une liste limitative de cinq entrées, et il ne vise que le I des articles L. 136-6 et L. 136-7 — c’est-à-dire la base des résidents. Un non-résident relève du I bisde chacun de ces deux articles : revenus fonciers de source française pour l’un, plus-values imposées au prélèvement de l’article 244 bis A pour l’autre. Aucun des deux ne figure au IV. À la lettre du texte, le taux applicable à un résident du Portugal est donc de 18,6 %, sur les revenus fonciers français comme sur les plus-values immobilières françaises.
La pratique déclarative retient encore 17,2 %. Nous le signalons, parce que c’est ce que vous verrez sur vos avis. Mais nous refusons d’écrire que 17,2 % serait « la position de l’administration » : la page de la DGFiP consacrée aux prélèvements sociaux des non-résidents, publiée le 16 octobre 2017 et modifiée le 19 juillet 2023, relue le 29 juillet 2026, énonce que les contributions sociales s’appliquent aux revenus immobiliers et aux plus-values immobilières de source française et ne mentionne qu’un seul taux : le prélèvement de solidarité de 7,5 %. Elle ne publie ni 17,2 %, ni 9,2 %, ni 18,6 %. Sourcer un chiffre sur ce document, c’est le sourcer sur du vide.
Un rappel de champ, pour finir, parce qu’il est constamment escamoté : les prélèvements sociaux d’un non-résident ne portent que sur les revenus fonciers et les plus-values immobilières de source française. Les dividendes, les intérêts, les plus-values mobilières, le PEA et l’assurance-vie sont hors champ. Le chapitre 13 traite chaque poste séparément.
Cinq règles d’écriture qui découlent de tout ce qui précède
Aucun taux n’est publié sans nommer le produit auquel il s’applique. Le fait que trois « 7,5 % » français désignent trois choses différentes suffirait à justifier la règle. Au Portugal, elle est tout aussi nécessaire : 28 % est le taux spécial des plus-values mobilières et des crypto-actifs, il ne concerne jamais un bail d’habitation ; 25 % est le taux de l’article 72.º n.º 2 sur les loyers d’habitation au-delà du plafond ; 10 % est le taux de l’article 45.º-C de l’EBF pour un loyer mensuel n’excédant pas 2 300 €, jusqu’aux revenus perçus au 31 décembre 2029 ; et le plancher de l’article 72.º n.os 5 et 24 est de 0 %, non de 5 %, mais il ne se publie jamais sans la clause de déchéance rétroactive du n.º 20.
Aucune substitution globale de taux.Quand un taux change, on trie par produit. Le relèvement de la CSG porte les prélèvements sociaux à 18,6 % pour certaines assiettes et laisse les autres à 17,2 %. Écrire « le prélèvement forfaitaire unique passe à 31,4 % » est exact sur les dividendes d’un résident de France et faux sur l’assurance-vie. Ni « 17,2 % » ni « 18,6 % » ne figurent seuls dans ce guide.
Chaque règle porte sa date.Un lecteur installé en 2019 n’est pas dans le même état du droit qu’un lecteur installé en 2024, et ni l’un ni l’autre n’est dans celui d’un lecteur qui part en 2026. Quatre dates structurent le dossier : le 1er avril 2020, qui sépare l’exonération des pensions du taux de 10 % ; le 1er janvier 2024, qui ferme le RNH et institue l’IFICI ; le 31 décembre 2024, dernière date d’acquisition de la résidence ouvrant droit au régime transitoire ; le 21 mai 2026, entrée en vigueur du paquet logement. Le guide distingue partout ce qui est en vigueur, ce qui est programmé et ce qui est seulement annoncé.
Aucune négative universelle.Sur les huit fiches d’origine, sept phrases de la forme « il n’existe aucun », « aucune inscription n’est possible », « la France ne figure pas » ont été écrites. Les sept sont tombées ou ont dû être bornées, généralement réfutées par une source que la fiche citait elle-même. La seule formulation admise dans ce guide est le constat de source daté : « les pages officielles X et Y, consultées le tant, ne mentionnent pas… ». La différence n’est pas rhétorique : la première formulation devient fausse le jour où un lecteur produit un contre-exemple, la seconde reste vraie.
Aucune conclusion tirée d’un nom commercial.Aucun établissement financier, aucune banque, aucun assureur, aucune compagnie luxembourgeoise, aucun courtier et aucune société de gestion n’est nommé dans ce guide. Nous décrivons des catégories de solutions, leurs mécanismes et leurs arbitrages. Là où d’autres donnent des noms, nous donnons les critères, les pièces exigées et les questions à poser.
Vérifier vous-même un chiffre de ce guide
Vous n’avez pas à nous croire, et vous n’avez besoin d’aucun abonnement. Quatre gestes suffisent, et chacun prend quelques minutes.
Un article d’un code portugais se vérifie sur info.portaldasfinancas.gov.pt, dans le code republicado, en relevant la mention de dernière mise à jour affichée en tête. Si vous cherchez une rédaction abrogée — l’ancien article 81.º n.º 6, l’ancien article 72.º n.º 12 —, il faut passer par les redações anterioresdatées, sur le même portail. C’est le seul endroit où on les trouve, et c’est pour cela que la plupart des sources en ligne se trompent sur ce point.
Une loi portugaise se vérifie sur son PDF officiel, à l’adresse files.diariodarepublica.pt, en recherchant l’article dans le texte plutôt que la loi dans son intitulé. Un test simple pour évaluer une source : si elle attribue la réécriture de l’article 81.º du CIRS à l’article 235.º de la Lei n.º 82/2023, elle recopie une erreur qui circule depuis deux ans et n’a pas ouvert le texte.
Un article françaisse vérifie sur Légifrance, en contrôlant que la version affichée est bien celle en vigueur à la date de votre opération, et non la version courante. Pour l’article 4 B, tout dépend du 16 février 2025 ; pour l’article 167 bis, la différence entre l’état du texte avant et après la réforme de 2019 change la durée du dégrèvement — deux ans, portés à cinq au-delà de 2 570 000 €, pour les transferts intervenus à compter du 1er janvier 2019, quand le délai de quinze ans régit encore les départs de 2014 à 2018. Ce délai de quinze ans n’est donc pas abrogé pour tout le monde : il l’est pour vous si vous partez aujourd’hui, il ne l’est pas pour un client parti en 2018, qui reste sous son empire jusqu’en 2033.
Une position de l’administrationse vérifie par son identifiant, en ouvrant l’historique des versions : BOI-…-AAAAMMJJ côté français, numéro et date de despachocôté portugais. Un commentaire non republié depuis 2014 n’est pas nécessairement caduc, mais il n’a pas connu les réformes intervenues depuis — et sur la convention franco-portugaise, il en a manqué deux.
Le même réflexe vaut face à un conseil, français ou portugais, et avant de payer quoi que ce soit : « sur quel texte, dans quelle version, à quelle date d’effet ? ». La question tient en une phrase et la réponse aussi. Un professionnel qui ne peut pas y répondre ne bute pas sur une question difficile.
Le registre agrégé : les mêmes questions, regroupées par décision
Les deux listes qui suivent sont classées par conséquence rédactionnelle : sept questions bloquantes sur lesquelles ce guide expose les textes et s’arrête, seize questions ouvertes qui n’empêchent pas d’écrire mais empêchent d’affirmer. C’est le bon classement pour savoir ce que nous nous autorisons. Ce n’est pas celui dont vous avez besoin pour décider.
Les vingt-trois entrées sont donc reprises ici sans en ajouter ni en retrancher aucune, regroupées par décision.
| Décision | La question ouverte | Registre | Ce qu’elle commande |
|---|---|---|---|
| BÉNÉFICIER DU RNH OU DE L’IFICI | À qui le régime transitoire du RNH est-il encore ouvert en 2026 ? | Bloquante | Le point le plus disputé du dossier, et le plus lourd. Il décide de l’accès même au régime qui motive la plupart des installations |
| BÉNÉFICIER DU RNH OU DE L’IFICI | Le délai d’inscription au RNH est-il constitutif ou simplement procédural ? | FERMÉE — voir ci-dessous | La table des questions bloquantes la porte encore comme ouverte, en visant la divergence entre l’administration et le juge arbitral. Elle a été tranchée depuis : l’Acórdão n.º 7/2026 du 22 juin 2026 du Supremo Tribunal Administrativo a uniformisé la jurisprudence. La demande d’inscription est une CONDITION D’ACCÈS, et le dépôt hors délai ne produit effet que pour l’avenir |
| BÉNÉFICIER DU RNH OU DE L’IFICI | Existe-t-il une date butoir de recevabilité d’une demande RNH tardive ? | Partiellement fermée | L’Acórdão n.º 7/2026 répond sur le principe — pas de rattrapage des années passées, effet pour l’avenir seulement. Ce qui reste ouvert n’est plus « puis-je récupérer le passé » mais « combien d’années de régime reste-t-il si la demande est déposée cette année plutôt que l’an prochain » |
| BÉNÉFICIER DU RNH OU DE L’IFICI | Le mécanisme du dépôt tardif s’applique-t-il aux personnes déjà résidentes au 31 décembre 2023 ? | Ouverte | Vise une cohorte précise, installée avant la réforme et non traitée par elle |
| BÉNÉFICIER DU RNH OU DE L’IFICI | L’IFICI dans les régions autonomes : un régime sans guichet | Ouverte | Le régime existe en droit ; l’administration qui l’instruit n’est pas identifiée |
| PERCEVOIR UNE PENSION | L’article 23 de la convention permet-il à la France de réimposer un revenu exonéré au Portugal ? | Bloquante | Si oui, l’avantage portugais est neutralisé côté français. C’est la question qui décide de l’intérêt économique du départ pour un retraité |
| PERCEVOIR UNE PENSION | Les pensions des régimes de non-salariés et les rentes viagères relèvent-elles de l’article 19 ou de l’article 23 ? | Bloquante | Deux articles, deux États d’imposition. Concerne toute carrière indépendante |
| CHIFFRER DES PRÉLÈVEMENTS SOCIAUX | Date d’effet du relèvement de la CSG à 10,6 % pour les revenus du patrimoine | Bloquante | Une date, et l’année d’imposition bascule d’un taux à l’autre |
| CHIFFRER DES PRÉLÈVEMENTS SOCIAUX | Trois paramètres sociaux portugais et français non établis | Ouverte | Postes récurrents, chiffrables, et non retrouvés sur source |
| CHIFFRER DES PRÉLÈVEMENTS SOCIAUX | Prélèvements sociaux et exonérations françaises de plus-value immobilière | Ouverte | Une exonération d’impôt n’emporte pas exonération de prélèvements sociaux, et l’articulation n’est pas tranchée |
| DÉTENIR DE L’ASSURANCE-VIE | Qualification conventionnelle et base de la CSG au rachat pour un résident du Portugal | Bloquante | Deux questions sur un même contrat : quel article de la convention, et quelle assiette sociale au rachat |
| DÉTENIR DES CRYPTO-ACTIFS | La cession réputée à la sortie du Portugal bénéficie-t-elle de l’exclusion des 365 jours ? | Bloquante | L’exclusion des 365 jours est l’exonération centrale du régime portugais ; son application à la sortie n’est pas établie |
| INVESTIR EN IMMOBILIER AU PORTUGAL | Majoration d’IMT visant les acquéreurs non-résidents : date d’effet, champ, légalité, restitution | Ouverte | Quatre questions sur une même mesure, dont sa légalité au regard du droit de l’Union — donc la possibilité d’une restitution |
| INVESTIR EN IMMOBILIER AU PORTUGAL | CEAL — contribution extraordinaire sur l’hébergement local | Ouverte | Charge annuelle sur une activité de location courte durée |
| INVESTIR EN IMMOBILIER AU PORTUGAL | Alojamento local : taux applicable en cas d’option pour la catégorie F, et règlements municipaux | Ouverte | Le taux national ne suffit pas : les règlements municipaux peuvent fermer l’activité elle-même |
| INVESTIR EN IMMOBILIER AU PORTUGAL | SCI française détenant un immeuble au Portugal | Ouverte | Structure très fréquente, dont la qualification portugaise n’est pas établie |
| INVESTIR EN IMMOBILIER AU PORTUGAL | Non-résidents et plus-values immobilières portugaises : quel régime en 2026 ? | Ouverte | Le régime a changé après une condamnation européenne ; son état 2026 n’est pas arrêté |
| S’INSTALLER À MADÈRE OU AUX AÇORES | Surtaxe de solidarité et taux spéciaux à Madère et aux Açores | Ouverte | Les régions autonomes ne dupliquent pas le barème continental |
| S’INSTALLER À MADÈRE OU AUX AÇORES | Fiscalité açorienne : taux général d’IRC et réduction d’IRS | Ouverte | Écart significatif avec le continent, et non vérifié sur texte régional |
| CHIFFRER L’IRS | Formule du plafond des déductions à la collecte | Ouverte | Détermine le rendement réel de toute déduction, donc l’impôt effectivement dû |
| ENTRER ET SORTIR | Absence de réévaluation du prix de revient à l’entrée en résidence portugaise | Ouverte | Sans réévaluation, le Portugal peut imposer une plus-value formée avant l’installation |
| ENTRER ET SORTIR | Exit tax française : relecture de l’article 167 bis sur source primaire | Ouverte | L’article n’a pas été relu verbatim ; les règles sont restituées en paraphrase assumée |
| VÉRIFIER UN CLASSEMENT | Liste portugaise des juridictions à fiscalité privilégiée | Ouverte | Un classement sur cette liste déclenche des taux majorés côté portugais |
Une question du registre s’est fermée, et sa table ne l’avait pas enregistré
Le regroupement a produit un effet que nous n’attendions pas, et qui est le plus utile de tous : il a fait apparaître qu’une des sept questions bloquantes de ce guide n’en est plus une. La table les recense comme « non tranchées » en visant, pour le délai d’inscription au RNH, une divergence frontale entre l’administration et le juge arbitral.
Or le chapitre qui traite le sujet au fond écrit, lui : « Le point de droit est désormais tranché ». Par l’Acórdão n.º 7/2026 du 22 juin 2026, le Supremo Tribunal Administrativoa uniformisé la jurisprudence en jugeant que la présentation de la demande d’inscription est une condition d’accès au bénéfice, le dépôt hors délai ne produisant effet que pour l’avenir. La divergence que la table décrit a donc été arbitrée, et dans le sens de l’administration.
Nous le signalons plutôt que de le corriger silencieusement, parce que le mécanisme mérite d’être connu. Une liste de questions ouvertes vieillit dans le mauvais sens : elle continue d’afficher comme incertain ce qui a été tranché depuis, et un lecteur qui la consulte y trouve une prudence qui n’a plus lieu d’être.C’est l’exact symétrique du défaut que ces registres traquent d’ordinaire — et il est plus difficile à voir, parce qu’une réserve de trop ne fait de mal à personne jusqu’au jour où elle coûte une année de régime.
Ce que le regroupement fait apparaître
Cinq des vingt-trois entrées portent sur l’accès au régime, pas sur son contenu.Qui peut encore entrer dans le transitoire du RNH, si le délai est constitutif ou procédural, s’il existe une date butoir, si le dépôt tardif couvre les résidents antérieurs à 2024, quelle administration instruit l’IFICI dans les régions autonomes. Le régime portugais, une fois obtenu, est relativement lisible ; c’est la porte d’entrée qui ne l’est pas.Un projet portugais se sécurise donc à l’entrée, avant tout chiffrage — l’inverse de l’ordre dans lequel on l’instruit spontanément.
Deux questions décident à elles seules de l’intérêt économique du départ pour un retraité, et ce sont les deux qui portent sur la convention : la faculté pour la France de réimposer au titre de l’article 23, et le rattachement des pensions de non-salariés et des rentes viagères à l’article 19 ou à l’article 23. Si la France peut réimposer, l’avantage portugais est neutralisé et le déménagement ne rapporte rien. Aucun chiffrage de pension ne devrait être présenté sans que cette question ait été posée.
Une entrée porte une question de légalité, et c’est la seule du registre qui puisse rapporter de l’argent au lieu d’en coûter : la majoration d’IMT visant les acquéreurs non-résidents. Sa conformité au droit de l’Union est en cause, et une éventuelle non-conformité ouvrirait un droit à restitution. Les vingt-deux autres questions mesurent un risque ; celle-là mesure une créance possible, et elle se prescrit.
Ce que ce guide ne tranche pas : les sept questions bloquantes
Vingt-trois questions de droit sont restées ouvertes au terme des deux passes de contre-vérification. Sept sont bloquantes : sur elles, ce guide expose les textes en présence, refuse de chiffrer, et renvoie à un arbitrage documenté. Nous les publions plutôt que de les dissimuler, pour une raison simple : chacune peut changer le résultat d’un dossier, et un guide qui les trancherait à votre place vous exposerait sans vous prévenir. Sur chacune, notre cabinet organise la mise en relation avec ses avocats partenaires spécialisés sur le Portugalet instruit à leurs côtés les éléments de fait dont dépend la réponse. La colonne de droite donne la question exacte à leur poser : elle est écrite pour être copiée telle quelle.
| Question bloquante | Pourquoi elle reste ouverte, et ce qu’elle vaut | Question à poser et pièces à réunir |
|---|---|---|
| À qui le régime transitoire du RNH est-il encore ouvert en 2026 ? C’est le point le plus disputé du dossier, et le plus lourd | Trois lectures documentées et incompatibles. La condition de fond est acquise dans les trois : être devenu résident fiscal au plus tard le 31 décembre 2024 et relever de l’une des quatre alíneas du n.º 3 de l’article 236.º. Ce qui diffère, c’est le champ du mécanisme de dépôt tardif du n.º 5 : le texte le réserve aux alíneas c) et d), l’administration l’applique plus largement, et les exemples de la FAQ 5152 ne rendent visible que l’année 2024. Enjeu : sur une pension privée de 60 000 €, 12 000 à 15 000 € par an, jusqu’à huit exercices — de l’ordre de 100 000 € sur la période | « Un contribuable devenu résident fiscal portugais en [année], relevant de l’alínea [a/b/c/d] du n.º 3 de l’article 236.º de la Lei n.º 82/2023 et n’ayant jamais déposé de demande d’inscription au RNH, est-il recevable à la déposer aujourd’hui au titre du n.º 5 du même article ? Quelle année de prise d’effet et quelle année de terme l’AT retient-elle ? Une informação vinculativa préalable est-elle opportune au regard de l’article 68 de la LGT ? » — Pièces : attestation de résidence fiscale portugaise ou extrait du domicílio fiscal avec historique ; date exacte d’inscription au Portal das Finanças ; élément d’ancrage daté (contrat de travail ou de détachement, bail, contrat de réservation ou promesse d’acquisition, inscription scolaire, visa, ou preuve d’une procédure de titre de séjour engagée, courriel de demande de rendez-vous compris) ; déclarations d’IRS déposées depuis l’installation ; composition du foyer fiscal, l’alínea d) étendant le régime à tout membre de l’agregado familiar |
| Le délai d’inscription au RNH est-il constitutif ou simplement procédural ? Divergence frontale entre l’administration et le juge arbitral | QUESTION TRANCHÉE DEPUIS, ET CONTRE LA LIGNE DU CAAD. La ligne arbitrale — inscription déclarative, délai « meramente procedimental, e não constitutivo », avec annulation de trois années de liquidations et remboursement de 31 373,11 € à des contribuables jamais inscrits — a été renversée. L’Acórdão do Supremo Tribunal Administrativo n.º 7/2026, publié au Diário da República le 22 juin 2026 (processo n.º 084/25.9BALSB), a UNIFORMISÉ la jurisprudence : la présentation de la demande d’inscription est une CONDITION D’ACCÈS au bénéfice. Le dépôt hors délai ne crée pas le statut mais en relègue l’application POUR L’AVENIR. Conséquence pratique, et elle inverse le conseil : engager une impugnação pour récupérer les années passées, c’est aujourd’hui plaider contre un arrêt d’uniformisation. Ce qui reste utile est l’inverse — déposer sans attendre, pour préserver les années restantes | La question a changé avec l’Acórdão n.º 7/2026 et il faut la poser autrement : « Combien d’années de régime reste-t-il si la demande d’inscription est déposée cette année plutôt que l’an prochain, compte tenu de ma date de prise de résidence ? Et subsiste-t-il un moyen sur les années passées malgré l’uniformisation — par exemple une contestation du refus d’inscription lui-même, distincte de la contestation des liquidations ? » — Pièces : justificatif de la date de prise de résidence ; liquidations d’IRS des années écoulées ; le cas échéant, décision de rejet de l’inscription tardive et sa date de notification |
| L’article 23 de la convention permet-il à la France de réimposer un revenu exonéré au Portugal ? | L’article 23 n’attribue le revenu à l’État de résidence qu’« à condition qu’ils y soient assujettis à l’impôt ». La réponse n’est pas la même selon le régime portugais : sous l’ancien RNH, l’exonération était elle-même conditionnée à l’imposabilité dans l’État de la source, et la boucle se referme au profit du Portugal ; sous IFICI, l’exonération de l’article 81.º n.º 4 est inconditionnelle, et le raisonnement ne joue plus. Le sujet ne concerne ni votre retraite de base ni vos complémentaires de salarié, qui relèvent de l’article 19 sans condition. Il concerne au premier chef vos produits d’assurance-vie et vos capitaux de PER. Aucune prise de position française ou portugaise, ni décision juridictionnelle, n’a été retrouvée au 29 juillet 2026 | « Un produit d’assurance-vie française racheté par un résident du Portugal bénéficiaire de l’IFICI, exonéré au Portugal au titre de l’article 81.º n.º 4 du CIRS, remplit-il la condition d’assujettissement de l’article 23 de la convention ? Dans la négative, la France peut-elle prélever la retenue sans plafond conventionnel ? Un rescrit est-il opportun avant le premier rachat ? » — Pièces : conditions générales et date de souscription des contrats ; historique des versements et ventilation avant et après 70 ans ; certificat de résidence fiscale portugais ; attestation d’inscription au régime portugais ; le cas échéant, avis d’imposition portugais montrant le traitement effectif du produit |
| Les pensions des régimes de non-salariés et les rentes viagères relèvent-elles de l’article 19 ou de l’article 23 ? | L’article 19 ne vise que les pensions versées « au titre d’un emploi antérieur ». Une pension servie par une caisse de professions libérales — CNAVPL, CARMF, CAVEC, CIPAV — n’est pas versée au titre d’un emploi. Le BOFiP écrit plus largement « les pensions de retraite privées », mais c’est une doctrine de 2014 non mise à jour, et il range expressément les rentes viagères à l’article 23. La sortie en rente d’un PER ou d’un contrat Madelin se situe exactement sur cette frontière. Ordre de grandeur pour une pension de 45 000 € : 6 000 à 9 000 € par an | « Une pension servie par [caisse] au titre d’une activité libérale antérieure relève-t-elle de l’article 19 ou de l’article 23 de la convention franco-portugaise ? Une demande de rescrit auprès de la DGFiP, doublée d’une informação vinculativa auprès de l’AT, est-elle opportune avant l’installation ? » — Pièces : notification de pension mentionnant la caisse et la nature du régime ; relevé de carrière ; contrat Madelin ou PER et modalités de liquidation retenues ; certificat de résidence fiscale portugais |
| Date d’effet du relèvement de la CSG à 10,6 % pour les revenus du patrimoine — RÉSOLU le 16/08/2026 | Le II de l’article 12 de la LFSS 2026 a été lu intégralement, et il pose deux dates différentes selon l’assiette : « 1° À compter de l’imposition des revenus de l’année 2025 en ce qui concerne la contribution mentionnée à l’article L. 136-6 du code de la sécurité sociale […] ; 2° À compter du 1er janvier 2026 en ce qui concerne la contribution mentionnée à l’article L. 136-7 du code de la sécurité sociale ». Le millésime de la loi induisait en erreur : sur les revenus du patrimoine — fonciers et plus-values immobilières — le relèvement rattrape l’imposition des revenus de 2025, déclarés au printemps 2026 ; seuls les produits de placement basculent au 1er janvier 2026. Enjeu confirmé : 1,4 point, soit 420 € sur 30 000 € de revenus fonciers, 4 200 € sur 300 000 € de plus-value mobilière | Question résiduelle, distincte et toujours ouverte : « la hausse de 1,4 point est-elle une majoration de la CSG ou une contribution distincte affectée à l’autonomie — question qui commande son statut conventionnel au regard des articles 2 et 24 ? » — Pièces : aucune. La question de calendrier, elle, n’a plus lieu d’être posée : un client parti ou rentré en 2025 subit le taux majoré sur ses revenus du patrimoine |
| Assurance-vie d’un résident du Portugal : qualification conventionnelle et base de la CSG au rachat | Deux questions distinctes, aucune n’a de réponse administrative publiée. Les produits d’un contrat français peuvent être analysés comme des intérêts au sens de l’article 12 — la France prélève alors une retenue plafonnée à 12 % — ou comme des autres revenus au sens de l’article 23, avec la réserve ci-dessus. Côté français, la lecture du texte conduit à 17,2 % et donc au maintien du « 30 % » habituel, mais aucun commentaire administratif postérieur à la LFSS 2026 n’a été identifié au 29 juillet 2026 | « Les produits d’un contrat d’assurance-vie de droit français rachetés par un résident du Portugal relèvent-ils de l’article 12 ou de l’article 23 de la convention ? Quelle est la position de l’AT sur leur rattachement à la catégorie E et sur leur imposition au Portugal selon le régime du contribuable — droit commun, RNH transitoire, IFICI ? » — Pièces : date de souscription et antériorité fiscale du contrat ; ventilation versements et produits ; historique des rachats ; régime portugais du souscripteur et attestation d’inscription ; certificat de résidence fiscale |
| Crypto-actifs : la cession réputée à la sortie du Portugal bénéficie-t-elle de l’exclusion des 365 jours ? | Le Portugal impose la sortie : l’article 10.º n.º 25 du CIRS assimile la perte de la qualité de résident à une aliénation onéreuse. La lecture littérale laisse penser que l’exclusion du n.º 22 pour une détention d’au moins 365 jours s’y applique, les deux paragraphes visant l’alinéa k) du n.º 1. Mais le code comporte un renvoi interne devenu inexact : le n.º 24 en vigueur vise toujours « os n.os 19 e 20 », la renumérotation du DL n.º 97/2026 n’ayant pas été répercutée. Sur un portefeuille de 500 000 € avec 300 000 € de plus-value latente, l’écart est de 84 000 €, exigible au seul motif du départ | « La cession réputée résultant de la perte de la qualité de résident bénéficie-t-elle de l’exclusion d’imposition du n.º 22 pour les crypto-actifs détenus depuis plus de 365 jours ? Quelle est la date d’appréciation de la durée de détention et du fait générateur ? Une informação vinculativa est-elle opportune avant le transfert ? » — Pièces : inventaire daté du portefeuille avec dates et prix d’acquisition ; historique des échanges crypto contre crypto ; justificatifs des plateformes et de leur juridiction d’établissement ; date envisagée de transfert de résidence. Tant que ce point n’est pas tranché, aucun coût de sortie n’est chiffré, dans un sens ni dans l’autre |
Les seize questions ouvertes, publiées avec leur réserve
Celles-ci sont abordées dans le corps du guide, à l’endroit où elles se posent, avec la réserve qui les accompagne. Une réserve qu’il faut aller chercher ailleurs n’est pas une réserve.
| Question ouverte | État de la question | Chapitre |
|---|---|---|
| Existe-t-il une date butoir de recevabilité d’une demande RNH tardive ? | Les textes et les prises de position de l’AT consultés le 29 juillet 2026 ne fixent aucune date limite : la logique du n.º 5 est que le bénéfice se réduit d’une année par année écoulée, jusqu’à devenir nul en 2034. Nous ne pouvons pas garantir qu’une telle limite n’existe pas ailleurs, et nous ne l’écrivons donc pas au négatif | 04 |
| Le mécanisme du dépôt tardif s’applique-t-il aux personnes déjà résidentes au 31 décembre 2023 ? | Le texte ne le prévoit pas — le n.º 5 renvoie au délai du n.º 4, qui ne vise que les alíneas c) et d). L’administration l’applique néanmoins à l’alínea b) et lui a fixé une butée propre au 31 mars 2024. La construction est favorable au contribuable mais n’est pas fondée sur la loi, et pourrait être remise en cause | 04 |
| L’IFICI dans les régions autonomes : un régime sans guichet | L’alínea g) du n.º 1 de l’article 58.º-A vise les Açores et Madère, mais la Portaria n.º 352/2024/1 ne régit que les alíneas a) à f). Aucun décret réglementaire régional n’a été identifié le 29 juillet 2026, ni pour Madère ni pour les Açores. Aucune procédure d’inscription n’existe. Aucune promesse d’IFICI régional ne doit être faite | 21 |
| Surtaxe de solidarité et taux spéciaux à Madère et aux Açores | L’abattement madérien de 30 % est établi sur le barème général et sur les taxas liberatórias. Les sources régionales consultées ne traitent ni la surtaxe de l’article 68.º-A ni les taux spéciaux de l’article 72.º — c’est-à-dire précisément ce qui intéresse un patrimoine financier ou locatif. Sur 100 000 € de plus-values mobilières, l’écart entre 28 % et 19,6 % serait de 8 400 € : nous ne le chiffrons pas | 21 |
| Fiscalité açorienne : taux général d’IRC et réduction d’IRS | Le 8,75 % açorien qui circule est le taux de l’article 41.º-B n.º 10 de l’EBF, un bénéfice fiscal assorti de ses propres conditions, non le taux PME de droit commun régional. L’annexe açorienne consultée ne mentionne aucun plafond, là où l’annexe madérienne précise « nos primeiros 50 000 euros de matéria coletável ». Ne pas transposer aux Açores les paramètres madériens | 21 |
| CEAL — contribution extraordinaire sur l’hébergement local | Statut non tranché après deux contrôles. Nous n’écrivons ni qu’elle s’applique, ni qu’elle a été abrogée, ni — surtout — « qu’elle n’a jamais été effectivement exigible », qui est une négative universelle non démontrée. Son état doit être vérifié avant toute simulation de rendement d’un alojamento local | 18 |
| Majoration d’IMT visant les acquéreurs non-résidents : date d’effet, champ, légalité, restitution | Quatre sous-questions ouvertes. La date d’effet résulte de la vacatio legis de droit commun, faute d’article d’entrée en vigueur. Le sens de « tenha sido considerado residente » est incertain. La restitution en cas d’installation dans les deux ans ne précise pas le barème de référence, et nous ne chiffrons donc aucune restitution. La légalité du dispositif est discutable à deux titres : périmètre de l’habilitation au regard de l’article 165.º n.º 1 i) de la Constitution portugaise, et conformité à l’article 63 du traité au regard du raisonnement de l’arrêt MK | 16 |
| Alojamento local : taux applicable en cas d’option pour la catégorie F, et règlements municipaux | L’article 28.º n.º 14 du CIRS ouvre chaque année, sans engagement pluriannuel, une option pour la détermination du revenu selon les règles de la catégorie F — mais elle n’est ouverte ni à la modalité estabelecimento de hospedagem ni aux quartos. Les sources professionnelles concordent sur 28 %, sans doctrine de l’AT. Nous signalons l’option, nous ne chiffrons pas son taux. Les règlements de Porto, Cascais, Albufeira, Lagos, Loulé et Funchal n’ont pas été examinés | 18 |
| SCI française détenant un immeuble au Portugal | La qualification portugaise d’une SCI translucide n’est pas établie. Si la qualification de personne morale non résidente est retenue, le taux d’imposition des loyers est celui de l’article 87.º n.º 4 du CIRC — 25 % —, avec IMT majoré et AIMI. Nous déconseillons ce montage tant que la qualification n’a pas été validée par un conseil portugais | 16, 17 |
| Non-résidents et plus-values immobilières portugaises : quel régime en 2026 ? | Deux textes coexistent. La version de l’article 43.º n.º 2 servie par l’AT ne comporte plus le mot « residentes », l’inclusion à 50 % du solde paraissant inconditionnelle ; mais les n.os 15 et 16 de l’article 72.º maintiennent une option d’égalisation au profit des résidents de l’Union — c’est-à-dire le mécanisme optionnel que la CJUE a jugé insuffisant dans l’arrêt MK. Nous faisons vérifier, dossier par dossier, laquelle des deux voies est la plus favorable | 16 |
| Formule du plafond des déductions à la collecte | La page de l’AT sert la formule sous forme d’image. Sont confirmés le champ du plafond, le déclenchement du plafond de 1 000 € au-delà de 80 000 € de revenu imposable et la majoration de 5 % par personne à charge. Nous ne publions ni formule ni exemple chiffré | 07 |
| Trois paramètres sociaux portugais et français non établis | Plancher de cotisation des indépendants portugais en 2026 : le texte porte 20 €, le n.º 8 prescrit son actualisation sur l’IAS, et les sources secondaires se contredisent. Taux de COTAM de 7,1 % : introuvable aux articles D. 242-8 et D. 242-9 du CSS. Formule de calcul de la pension portugaise : non publiée avant lecture du Decreto-Lei n.º 187/2007. Les taux du code contributif portugais n’ont été lus que dans une version PDF hébergée par un tiers : non infirmés, pas confirmés | 19, 26, 27 |
| Prélèvements sociaux et exonérations françaises de plus-value immobilière | Nous n’écrivons pas « exonération totale » sans réserve. L’exonération de l’ancienne résidence principale du non-résident et celle de 150 000 € du 2° du II de l’article 150 U portent sur l’impôt sur le revenu ; le sort des prélèvements sociaux se vérifie au cas par cas, le 2° du I de l’article L. 136-7 visant les articles 150 U à 150 UC quand le non-résident est liquidé sur le fondement de l’article 244 bis A | 17 |
| Absence de réévaluation du prix de revient à l’entrée en résidence portugaise | Les textes consultés le 29 juillet 2026 ne prévoient pas de step-up : la plus-value latente constituée avant l’installation reste en principe dans l’assiette portugaise lors de la cession. Élément de corroboration non concluant : le législateur a institué un fait générateur à la sortie pour les crypto-actifs sans prévoir de symétrie à l’entrée. À confirmer pour tout portefeuille à forte plus-value latente | 08, 14 |
| Liste portugaise des juridictions à fiscalité privilégiée | La Portaria n.º 150/2004 a été lue dans sa rédaction d’origine, où figurent la Polynésie française au n° 58 et Saint-Pierre-et-Miquelon au n° 68. Le n° 29, « Guiana », désigne le Guyana et non la Guyane française. La portaria a été modifiée en 2011 et en 2016 par deux textes que nous n’avons pas ouverts. Nous écrivons donc « la France métropolitaine n’y figure pas » et nous signalons les deux collectivités, sans jamais écrire la négative inverse | 08, 28 |
| Exit tax française : relecture de l’article 167 bis sur source primaire | Les paramètres publiés dans ce guide — imposition à 31,4 %, garantie du sursis sur option égale à 12,8 % du montant brut, seuil de 2 570 000 €, délais de dégrèvement de deux et cinq ans — sont cohérents entre eux et corroborés, mais l’une de nos passes de vérification a relevé que l’article 167 bis n’avait pas été relu mot pour mot sur Légifrance. Faites-le relire avant tout acte irréversible portant sur un portefeuille significatif | 12 |
Les textes que nous n’avons pas lus sur source primaire, et ce que nous leur faisons dire
Onze textes fondent une affirmation de ce guide sans avoir été ouverts dans leur publication officielle. Aucun ne bloque la rédaction ; chacun affaiblit une affirmation si un contradicteur l’ouvre. Nous les nommons : les rédactions littérales de l’ancien article 72.º n.º 12 et de l’ancien article 81.º n.º 6 du CIRS ; la Portaria n.º 471/2025/1 (valeurs de référence 2026 pour le calcul de la valeur patrimoniale fiscale) ; le Decreto-Lei n.º 139/2025 (salaire minimum portugais) ; l’Aviso n.º 23174/2025/2 (coefficient d’actualisation des loyers) ; le Despacho n.º 2416-A/2025 et les deux avisos de l’IAPMEI et de l’AICEP ; la Lei n.º 56/2023, consultée sur un PDF hébergé par un tiers ; la Lei n.º 9-A/2026, loi d’habilitation du paquet logement ; l’article de sanction du Decreto-Lei n.º 101-D/2020 ; les coefficients de dévalorisation monétaire 2026 de l’article 50.º du CIRS ; la portaria d’actualisation 2026 des taxas moderadoras.
La consigne que nous nous appliquons est unique : toute affirmation adossée à l’une de ces lignes est écrite avec sa source réelle— « selon les instructions de l’administration fiscale portugaise », « selon la Direction générale de l’emploi » — et jamais comme si elle reposait sur le texte publié. C’est moins élégant. C’est vérifiable.
La date de gel, et ce qu’il faut surveiller
Ce guide arrête l’état du droit au 29 juillet 2026. Cette date n’est pas une formalité. Le droit portugais des étrangers a changé au moins six fois depuis 2023, le droit de la nationalité deux fois en deux ans, la fiscalité immobilière portugaise deux fois en six mois, et la loi de financement de la sécurité sociale française a modifié les taux de prélèvements sociaux au 1er janvier 2026. Une règle citée ici sans que vous en vérifiiez la date d’effet est une règle que vous prenez à vos risques.
| Échéance | Ce qui se produit | Texte |
|---|---|---|
| Chaque 1er janvier | La fenêtre d’inscription tardive au RNH se referme d’une année. Une demande déposée en 2026 vaut jusqu’en 2033 ; en 2027, sept ans ; en 2030, quatre ans ; en 2033, un an ; en 2034, plus rien | Art. 236.º n.º 5 de la Lei n.º 82/2023 |
| Fin 2026 | La cohorte entrée en résidence en 2017 sort du RNH — c’est sa dernière année de régime. La cohorte 2018 sortira fin 2027 | Durée de dix ans comptée depuis l’année de prise de résidence |
| 31 décembre 2026 | Fermeture de la fenêtre d’octroi des licences de la zone franche de Madère, ouverte depuis le 1er janvier 2015. Seul l’horizon d’application a été prorogé à 2033, pas la fenêtre d’octroi | Art. 36.º-A de l’EBF |
| 31 décembre 2029 | Fin du taux de 10 % sur les loyers d’habitation modérés : repli au 25 % de l’article 72.º n.º 2 pour les revenus perçus à compter du 1er janvier 2030. Fin, le même jour, de la fenêtre de constitution des organismes d’investissement alternatif logement | Art. 45.º-C de l’EBF et art. 7.º du DL n.º 97/2026 |
| 2029 | Extinction du dernier RNH de première génération — résidence acquise en 2020. Passé cette date, plus aucune pension française n’est exonérée au Portugal | Art. 329.º n.º 2 de la Lei n.º 2/2020 |
| 31 décembre 2033 | Extinction du dernier RNH : résidence acquise en 2024, dernière année d’application 2033, déclarée en 2034. Terme, le même jour, du régime de la zone franche de Madère | Art. 236.º n.º 3 c) de la Lei n.º 82/2023 ; art. 36.º-A de l’EBF |
| Sans date — dispositifs annoncés ou suspendus | Le volet madérien de l’IFICI est en principe applicable aux résidences acquises à compter du 1er janvier 2026, mais reste inopérant faute de décret réglementaire régional fixant les codes d’activité et les délais. Le volet açorien est un régime sans guichet. Le statut de la contribution extraordinaire sur l’hébergement local n’est pas tranché. Les taux régionaux açoriens ne sont pas établis | DLR n.º 8/2025/M art. 21.º ; art. 58.º-A n.º 1 g) de l’EBF |
| Côté français, ce qui n’a pas bougé | Le délai de dégrèvement d’exit tax de quinze ans reste applicable aux départs de 2014 à 2018. L’exonération de 150 000 € du non-résident est inchangée. Et l’amendement qui voulait rétablir les quinze ans pour les départs récents, adopté en séance le 3 novembre 2025, est tombé le 21 novembre avec le rejet de la première partie du budget, avant toute navette | Art. 167 bis, VII, du CGI ; art. 150 U, II, 2° |
Faire trancher les points ouverts avant d’engager un euro
Une partie des questions listées ci-dessus décide du résultat d'un projet portugais : la recevabilité d'une inscription tardive au RNH pour qui s'est installé entre 2021 et 2024, la qualification conventionnelle d'une pension de caisse libérale ou d'une rente viagère, le sort d'un portefeuille de crypto-actifs à la sortie, le taux de prélèvements sociaux d'un non-résident sur ses revenus fonciers français. Nous instruisons le dossier de fait, nous chiffrons ce qui est chiffrable, et nous faisons arbitrer le reste par nos avocats partenaires spécialisés sur le Portugal — y compris, lorsque la situation le justifie, par une demande d'information contraignante auprès de l'administration fiscale portugaise, qui a l'avantage de la lier.
Portée de ce guide, périmètre du cabinet et mention réglementaire
Hagnéré Patrimoine intervient en qualité de conseiller en investissements financiers, de courtier en assurance et de courtier en opérations de banque et en services de paiement, immatriculé au registre unique des intermédiaires en assurance, banque et finance tenu par l’ORIAS sous le numéro 23002291. Ce périmètre définit aussi ce que le cabinet ne fait pas, et le guide s’y tient : il ne délivre ni consultation juridique, ni consultation fiscale, ni conseil en immigration.
Cinq familles de sujets appellent un spécialiste, et le guide y renvoie expressément chaque fois qu’elles apparaissent. L’avocat fiscaliste portugais, ou une informação vinculativaobtenue sur le fondement de l’article 68 de la LGT, pour tout ce qui touche à l’assiette portugaise : recevabilité d’une inscription tardive au RNH, arbitrage entre RNH transitoire et IFICI — irréversible, l’article 58.º-A n.º 10 a) excluant de l’IFICI quiconque a bénéficié du RNH et le n.º 12 réservant l’IFICI à un usage unique —, crypto-actifs à la sortie, option de la catégorie F pour un hébergement local, qualification d’une SCI française. L’avocat fiscaliste international, à double compétence France-Portugal, pour la qualification conventionnelle des pensions et des rentes et pour l’article 23. L’avocat fiscaliste françaispour l’exit tax, pour les dispositifs des articles 155 A, 209 B, 123 bis et 238 A du code général des impôts, et pour la date d’effet du relèvement de la CSG. Le notaire exerçant en France avec un correspondant au Portugalpour l’articulation du règlement européen sur les successions, de la réserve héréditaire française et de l’accord bilatéral de 1994. Le spécialiste de la protection sociale internationale— CLEISS, caisse d’assurance maladie, Instituto da Segurança Social — pour la totalisation des périodes, le formulaire S1 et les prélèvements assis sur une pension française.
Ce document constitue une information éducative générale. Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d’expatriation, ni une incitation à souscrire un produit ou à engager une démarche. Aucune situation individuelle n’y est qualifiée : ni une résidence fiscale, ni l’éligibilité à un régime, ni la nature conventionnelle d’un revenu, ni le régime d’un contrat. Ces qualifications se prononcent sur pièces, dossier par dossier. Aucun établissement financier, aucun assureur, aucun courtier et aucun prestataire d’installation n’est nommé dans ce guide.
Les placements évoqués — participations, instruments de dette, organismes de placement collectif, contrats d’assurance-vie, parts de sociétés civiles de placement immobilier, groupements forestiers et fonciers, immobilier détenu en direct — présentent un risque de perte en capitalet une liquidité variable. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures, et aucun rendement n’est garanti. Aucun taux d’imposition n’est présenté comme garanti sur la durée d’un régime : le RNH a été fermé en trois lignes d’une loi de finances, et l’exonération des pensions avait été supprimée quatre ans plus tôt par un article que presque personne n’avait lu. Le chapitre 30 expose quatre dossiers dans lesquels la réponse raisonnable est de ne pas partir, et le chapitre 31 ce que coûtent les décisions prises dans le mauvais ordre.
Un dernier mot sur ce que ce chapitre ne dit pas. Nous n’avons pas listé les vingt-quatre omissions matérielles relevées par la contre-vérification — celles où une règle exacte avait perdu la condition qui la rend fausse dans un cas fréquent. Elles ont toutes été intégrées dans les chapitres concernés, à l’endroit où elles servent : l’englobement obligatoire pour la détermination du taux, l’exclusivité définitive entre RNH et IFICI, les deux dates butoirs du 10 octobre et du 31 décembre 2023, la déchéance rétroactive des réductions de taux sur les baux longs, la preuve de vie annuelle qui reste la première cause d’interruption d’une pension pour un expatrié. Une omission corrigée ne se voit pas : elle se lit comme une phrase normale. C’est le sens de tout ce travail.

