Ce que nous faisons concrètement pour un expatrié au Royaume-Uni
Ce volet expose le droit applicable. La page que nous consacrons à l’expatriation au Royaume-Uni expose notre intervention : les profils que nous accompagnons, la façon dont nous coordonnons les conseils locaux, et ce qui relève de leur ressort plutôt que du nôtre.
28. Comptes, déclarations et échange d'informations
Deux questions reviennent, et jamais dans l’ordre où on les attend. La première tombe trois semaines après l’arrivée : pourquoi est-ce que je n’arrive pas à ouvrir un compte ?La seconde arrive au printemps suivant, souvent par message, souvent avec une pointe d’inquiétude : est-ce que je dois encore remplir le 3916 ?La première n’a aucune réponse juridique : elle se règle par la constitution d’un dossier, dans un ordre précis, et personne ne vous donnera cet ordre. La seconde a une réponse, elle est en général non, et cette réponse surprend presque tout le monde.
Entre les deux, il y a l’asymétrie qui structure ce chapitre. Les formulaires ne vous suivent pas ; l’information, elle, circule. Quand vous cessez d’être résident fiscal de France, une partie de vos obligations déclaratives françaises s’éteint — et une autre, que personne ne vous rappellera, se met en place à Londres. Pendant ce temps, les deux administrations restent liées par des instruments d’échange de renseignements que le Brexit n’a pas défaits. Le raisonnement « j’arrête de déclarer et personne ne le saura » n’a jamais été aussi faux qu’aujourd’hui, et c’est pourtant maintenant qu’on l’entend le plus.
Ce chapitre traite donc quatre choses, dans cet ordre. Ce que le formulaire 3916 exige et à qui il s’impose réellement, avec ce que coûte son oubli — la sanction n’est pas celle qu’on croit. Par quels canaux Paris et Londres échangent, ce que nos sources établissent sur ces canaux et ce qu’elles n’établissent pas. L’ouverture d’un compte britannique en pratique, avec la boucle du justificatif d’adresse et les refus des premiers mois. Enfin les deux jeux de déclarations qui coexistent une fois installé : ce qui reste dû à l’administration française, et ce que HMRC attend de vous sur vos avoirs restés en France.
Une précision de calendrier, parce qu’elle commande la moitié des erreurs de ce chapitre : les deux administrations ne comptent pas le temps de la même façon. L’année fiscale britannique court du 6 avril au 5 avril ; l’année fiscale française est l’année civile. L’année 2026-27 couvre le 6 avril 2026 au 5 avril 2027. Une déclaration française porte sur des revenus de janvier à décembre ; une déclaration britannique sur des revenus d’avril à avril. Vous allez donc, pendant toute votre expatriation, produire deux photographies décalées du même patrimoine, et un chiffre reporté d’un formulaire à l’autre sans retraitement est un chiffre faux. Champ territorial : les obligations britanniques décrites ici relèvent de HMRC et valent pour tout le Royaume-Uni ; les délais d’enregistrement des droits de mutation immobilière, en revanche, diffèrent d’une nation à l’autre et sont signalés comme tels. Le droit est arrêté au 29 juillet 2026.
Le 3916 : à qui il s’impose, et le jour où il cesse de vous concerner
Commençons par la réponse, puisque c’est celle qu’on vient chercher. L’obligation de déclarer les comptes ouverts, détenus, utilisés ou clos à l’étranger — imprimés n° 3916 et 3916 bis— est décrite par l’administration fiscale française dans la rubrique de son site consacrée aux personnes qui viennent ou reviennent en France. Elle est attachée à la qualité de résident fiscal français. Un Français devenu résident fiscal du Royaume-Uni au sens du Statutory Residence Testet de l’article 4 de la convention du 19 juin 2008 — le chapitre 05 traite ce point au fond, et le chapitre 11 traite l’année de bascule — ne dépose donc plus de 3916 pour son compte courant londonien.
Une précision de méthode avant d’aller plus loin, parce qu’elle vaut pour tout ce chapitre et qu’elle vous évitera de nous citer à tort. La seule source primaire que nous ayons ouverte sur le champ de cette obligation, le 29 juillet 2026, est la page d’informations d’impots.gouv.fr intitulée « Comment déclarer mes comptes et mes contrats d’assurance vie détenus à l’étranger ? » ; nous n’avons pas recollé son fondement légal dans le code général des impôts. Nous ne citons donc ici aucun numéro d’article au soutien de l’obligation elle-même, et nous vous invitons à vous méfier des présentations qui en citent un sans l’avoir ouvert. Ce que vous devez retenir n’est pas la référence : c’est le champ, et le champ est large.
Le champ, justement. Quatre verbes, et le premier piège est là : un compte ouvert, détenu, utilisé ou closà l’étranger. Un compte ouvert le 3 février et clos le 12 novembre de la même année se déclare deux fois, à l’ouverture et à la clôture, sur la déclaration de l’année en cause. Un compte dormant, à solde nul, détenu toute l’année, se déclare. Un compte de paiement adossé à une application, utilisé une seule fois pour recevoir un remboursement, se déclare. La logique n’est pas celle du montant : c’est celle de l’existence du lien. Les contrats d’assurance vie souscrits auprès d’organismes établis hors de France relèvent de la même logique déclarative — c’est le titre même de la page administrative citée.
Reste la question qui vous intéresse vraiment, et elle a trois temps. Pendant votre résidence britannique : pas de 3916 pour vos comptes britanniques, sous réserve que votre résidence fiscale française soit effectivement rompue, ce qui n’est pas une question de sentiment mais de faits — chapitres 05 et 11. L’année du transfert : vous êtes résident d’une partie de l’année, et vous déposez une déclaration française pour cette période. La façon exacte de traiter le 3916 sur cette année scindée doit être confirmée avec votre conseil— c’est la réserve que porte déjà le chapitre 11, et nous ne la levons pas ici. Au retour : tout se rouvre, et cette fois avec un patrimoine britannique constitué. C’est le moment le plus dangereux du cycle, et il fait l’objet de la section suivante.
Le compte que tout le monde oublie de déclarer au retour : l'ISA
L’Individual Savings Accountsurvit à votre départ du Royaume-Uni. GOV.UK, page consultée le 29 juillet 2026, est explicite sur les trois effets : les versements cessent dès la perte de la résidence britannique, sauf pour les agents de l’État britannique en poste à l’étranger et leur conjoint ou partenaire civil ; le transfert vers un autre gestionnaire reste possible pendant la non-résidence ; et « You must tell your ISA provider as soon as you stop being a UK resident ».
Ce que la page ne dit pas, parce que ce n’est pas son objet, c’est que l’exonération attachée à l’ISA est une exonération britannique. Elle n’a pas d’effet en France. Pour l’administration française, un ISA est un compte détenu à l’étranger comme un autre, et les produits qu’il abrite suivent le droit français. Le chapitre 08 traite la fiscalité du produit ; ce qui nous occupe ici est plus simple et plus fréquent : l’ISA est le compte le plus souvent omis du 3916 au retour, précisément parce que son titulaire a intégré pendant cinq ans qu’il était « défiscalisé ».
Reste le périmètre exact, et c’est là que nous devons être francs sur les limites de ce chapitre. La page administrative que nous avons ouverte décrit l’obligation dans ses grandes lignes ; elle ne règle pas toutes les configurations que nous rencontrons. Cinq questions reviennent en rendez-vous et nous ne les tranchons pas ici, parce que nous ne les avons pas vérifiées sur une source primaire : le traitement d’un compte joint dont un seul titulaire est résident de France ; celui d’un compte ouvert au nom d’un enfant mineur rattaché au foyer ; celui des comptes d’actifs numériques, qui relèvent d’un dispositif que nous n’avons pas instruit ; celui d’un compte professionnel britannique détenu par une structure dont vous êtes associé ; et la question de savoir si un plan de retraite britannique — workplace pension ou personal pension — constitue un compte déclarable au sens de ce dispositif.
Cette dernière question est la plus fréquente et la plus lourde, parce qu’elle concerne presque tous les salariés qui rentrent en France après quelques années à Londres. Posez-la explicitement à votre conseil, en ces termes : un droit acquis dans un régime de retraite britannique, avec valeur de rachat ou non, entre-t-il dans le champ de l’obligation de déclaration des comptes et contrats détenus à l’étranger, et sous quelle rubrique ? Le chapitre 09 traite la fiscalité des pensions britanniques, et il ne traite pas cette question-là. Nous préférons l’écrire plutôt que de laisser croire qu’elle est réglée.
Ce que coûte l’oubli : l’amende n’est pas le sujet
Presque toutes les présentations que nous lisons sur ce sujet s’arrêtent au mot « amende ». C’est l’erreur d’échelle la plus coûteuse du dossier, parce qu’elle laisse croire que le risque est forfaitaire et connu d’avance. Il ne l’est pas. Le défaut de déclaration ouvre la voie à un mécanisme d’imposition, et ce mécanisme a été alourdi en 2026.
Premier étage : la présomption de revenu imposable de l’article 1649 quater-0 B bis du code général des impôts. Les sommes qui ont transité par un compte étranger non déclaré peuvent être regardées comme des revenus imposables. Ce n’est pas une pénalité assise sur un impôt éludé : c’est une assiette qui se crée à partir de flux que vous considériez comme neutres — un virement de votre compte français vers votre compte britannique, puis un retour, produit deux flux.
Second étage, et c’est le plus récent : le IV bis de l’article L. 136-8 du code de la sécurité sociale, dans sa rédaction issue de la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026, article 65, en vigueur depuis le 27 juin 2026 : « Par dérogation au I, sont assujetties à la contribution sociale au taux de 25 % les sommes mentionnées au a du II de l’article L. 136-6 qui sont soumises à l’impôt sur le revenu en application de l’article 1649 quater-0 B bis du code général des impôts. » Une réserve de méthode, que nous portons partout où ce texte est cité dans ce guide : le contenu exact de l’article 65 de cette loi n’a pas été établi dans le cadre de nos vérifications, ce qui n’affecte pas la lecture du IV bis lui-même, dont le texte est reproduit ci-dessus.
Mettez les deux bout à bout et vous obtenez une charge d’un ordre de grandeur sans commune mesure avec une amende. Voilà pourquoi nous écrivons, dans ce guide comme en rendez-vous, que déclarer un compte n’est pas une formalité de confort.
Le mécanisme appliqué à un compte britannique oublié au retour
HYPOTHESES — illustration, pas une prevision
Retour en France le 1er septembre de l'annee N
Compte courant britannique conserve, non porte sur le 3916 de N et de N+1
Flux crediteurs cumules sur le compte, annee N+1 ............... 60 000 £
Aucun element ne permet au titulaire de justifier l'origine des sommes
PREMIER ETAGE — presomption de revenu imposable
Fondement ............................. CGI, art. 1649 quater-0 B bis
Assiette potentielle .................. les sommes ayant transite par le compte
Effet ................................. imposition a l'impot sur le revenu
SECOND ETAGE — contribution sociale majoree
Fondement ............................. CSS, art. L. 136-8, IV bis
Taux .................................. 25 % (et non le taux de droit commun)
Assiette .............................. les memes sommes
CE QUE CE CHIFFRAGE NE CONTIENT PAS, ET POURQUOI
L'amende pour compte non declare : son montant et son fondement
n'ont pas ete etablis sur source primaire dans notre dossier.
Nous ne l'inventons pas. Elle s'ajoute au calcul ci-dessus,
elle ne s'y substitue pas.Illustration construite sur des hypothèses explicites, à seule fin de montrer la mécanique. La conversion de la livre vers l'euro, la qualification effective des sommes et l'appréciation des justificatifs produits relèvent d'une instruction au cas par cas. Le point à retenir n'est pas un montant : c'est que le risque n'est pas plafonné par une amende forfaitaire.
Il y a une conséquence pratique immédiate, et elle est facile à mettre en œuvre : gardez la trace de l’origine de chaque somme importante qui transite par vos comptes britanniques, pendant toute l’expatriation et pas seulement au retour. Un relevé de salaire britannique, un acte de vente, un avis d’imposition de HMRC. Ces pièces coûtent zéro à conserver le jour où on les reçoit et deviennent introuvables cinq ans plus tard, quand la banque a fermé l’accès en ligne au compte que vous aviez clôturé.
La prescription : ce que nous savons, ce que nous ne savons pas, et comment on raisonne quand même
Vous allez lire, sur des forums et dans des articles, des durées très précises sur le délai pendant lequel l’administration française peut revenir sur un compte étranger non déclaré. Nous n’allons pas en publier une. Les pages et textes que nous avons ouverts le 29 juillet 2026 dans le cadre de ce dossier n’établissent pas le délai de reprise applicable au défaut de déclaration de compte étranger, et nous ne substituons pas un chiffre de mémoire à une source. C’est une lacune assumée, et c’est exactement le genre de point pour lequel une consultation coûte moins cher qu’une approximation.
Ce que nous pouvons vous donner, en revanche, ce sont trois points de calendrier, qui montrent que le temps ne joue pas comme on l’imagine dans les dossiers franco-britanniques.
Le premier est britannique, et il doit être manié avec précaution parce que son support textuel a disparu. Les sections 10A et 10AA du Taxation of Chargeable Gains Act 1992— dont la seconde portait un délai de reprise allongé au titre de l’année de départ — ont été omises par le Finance Act 2019 et remplacées par les sections 1M à 1O, qui reprennent le rattachement des plus-values à la période de retour mais ne comportent aucune disposition sur les délais d’établissement de l’imposition. Le relevé intégral de la Partie I du TCGA en vigueur au 29 juillet 2026 ne fait apparaître aucun successeur à la s. 10AA(5). Nous ne reproduisons donc pas le texte abrogé et nous n’en publions aucune citation. Ce qu’il faut retenir : pour la personne qui quitte le Royaume-Uni puis y revient, HMRC dispose au titre de l’année de départ d’un délai de reprise allongé, dont le fondement n’est pas identifié au 29 juillet 2026 et se trouve vraisemblablement dans le Taxes Management Act 1970, que nous n’avons pas consulté. Aucun calcul ne doit être construit dessus. Le chapitre consacré au retour en France y revient.
Le deuxième est français, et il est très court. Si vous êtes parti sous exit tax en sursis de paiement, la notice 2074-ETD, millésime 2025, § IV-B, énonce littéralement que « le défaut de dépôt des déclarations n° 2074-ETS3, n° 2042 et n° 2042 C suite à la réalisation d’un évènement entraînant le dégrèvement ou la restitution de l’impôt implique l’exigibilité immédiate de l’impôt en sursis de paiement si vous ne régularisez pas votre situation dans les trente jours suivant la notification d’une mise en demeure ». Trente jours. Le chapitre 12 traite l’exit tax au fond ; ce qui relève de ce chapitre-ci, c’est que le sursis dont vous bénéficiez de plein droit depuis le Royaume-Uni est un sursis déclaratif : il ne tient que par le dépôt annuel.
Le troisième est britannique et il est de forclusion. Le régime des nouveaux arrivants — que ce guide appelle régime FIG, et qu’il ne faut surtout pas confondre avec l’ancien régime du non-domicilié, supprimé — n’est pas une exonération de plein droit. C’est un allégement subordonné à une réclamation formulée dans la déclaration, à peine de forclusion à l’expiration d’un délai de douze mois courant du 31 janvier suivant la fin de l’année fiscale. HMRC l’écrit sans détour dans son aide-mémoire HS266 (2026) : « The time limit for making a claim for relief for the 2025 to 2026 tax year is 31 January 2028 ». Et le manuel RFIG42100 ajoute la précision qui fait tomber les dossiers mal remplis : « not quantifying a claim at all does invalidate the claim ». Une réclamation non chiffrée est une réclamation nulle. Le chapitre 03 traite le régime lui-même.
Trois questions de prescription à poser, et les pièces à réunir avant de les poser
Ces trois points doivent être arbitrés avec nos avocats partenaires spécialisés sur le Royaume-Uni, et le cas échéant avec un avocat fiscaliste français, avant tout acte irréversible— en particulier avant toute régularisation spontanée, qui est un acte irréversible. Les questions à leur poser, formulées de façon à obtenir une réponse utile :
1.Quel est le délai de reprise applicable, en droit français, au défaut de déclaration d’un compte détenu au Royaume-Uni, et ce délai est-il le même selon que le compte a ou n’a pas généré de revenus ? 2.Le mécanisme de la section 10AA(5) du TCGA 1992, ou son successeur, est-il applicable en l’état à un départ postérieur à la refonte de 2019, et sur quel texte exactement ? 3.Une régularisation spontanée modifie-t-elle le délai de reprise, et dans quel sens ?
Pièces à réunir avant le rendez-vous, faute de quoi il sera perdu : les relevés annuels complets de chaque compte britannique depuis l’ouverture ; les avis d’imposition français et britanniques de chaque année concernée ; la copie des déclarations françaises déposées, 3916 compris ou 3916 absent ; les justificatifs d’origine des versements supérieurs à quelques milliers de livres ; et, si vous êtes parti sous exit tax, l’exemplaire de la 2074-ETD déposée au départ — la notice rappelle deux fois qu’il est indispensable au suivi, et il est introuvable dans un dossier sur deux.
Comment l’information circule réellement entre Paris et Londres
On nous demande régulièrement si le Brexit a coupé les canaux d’échange. Il ne les a pas coupés, et la réponse mérite d’être détaillée parce que les deux erreurs symétriques coûtent cher : croire que le droit de l’Union continue de s’appliquer, et croire que le Royaume-Uni est devenu un État tiers opaque.
Ce qui a cessé de s’appliquer est clair : la directive 2011/16/UE, dite DAC, sur la coopération administrative en matière fiscale, n’est plus applicable entre la France et le Royaume-Uni. De même pour la directive 2010/24/UE sur le recouvrement. Voilà pour la part de vérité du raisonnement « État tiers ».
Ce qui prend le relais est plus solide qu’on ne le croit. L’article 27 de la convention franco-britannique du 19 juin 2008est un article d’échange de renseignements de standard OCDE dans sa version large. Nous en avons relu la structure sur le texte consolidé publié par la DGFiP : il porte sur les renseignements « vraisemblablement pertinents », il n’est pas restreint par les articles 1 et 2de la convention — il dépasse donc les seuls résidents et les seuls impôts visés par elle —, il couvre les impôts de toute nature ou dénomination, y compris ceux des collectivités locales. Son paragraphe 4 oblige chaque État à user de ses pouvoirs de collecte même lorsqu’il n’a aucun intérêt fiscal propre à le faire. Et son paragraphe 5 écarte expressément le secret bancaire : un État ne peut pas refuser de communiquer au motif que les renseignements sont détenus par une banque, un établissement financier, un mandataire, un agent ou un fiduciaire, ni au motif qu’ils se rattachent aux droits de propriété d’une personne. La convention du 21 juin 1963 en matière de successions comporte, de son côté, son propre article d’échange de renseignements, à son article 8.
S’y ajoute la convention concernant l’assistance administrative mutuelle en matière fiscaledu Conseil de l’Europe et de l’OCDE, de 1988, amendée par le protocole de 2010, à laquelle la France et le Royaume-Uni sont parties. Le Royaume-Uni l’a mise en œuvre par The International Mutual Administrative Assistance in Tax Matters Order 2011(SI 2011/1079). Sa section II, articles 11 à 16, organise l’assistance en matière de recouvrement.
Sur l’échange automatiqueproprement dit — celui par lequel un établissement financier transmet chaque année à son administration les données des comptes détenus par des non-résidents, à charge pour elle de les router vers l’État de résidence — nous devons être précis sur ce que nous savons. Les instruments juridiques que nous venons de citer sont établis et vérifiés. Le fonctionnement détaillé de la norme commune de déclaration, son calendrier de transmission et le périmètre exact des comptes remontés n’ont pas été vérifiés sur source primaire dans le cadre de ce dossier. Nous ne les décrirons donc pas. Et nous vous mettons en garde contre la conclusion inverse, qui serait un contresens complet : le silence de nos vérifications n’est pas un constat d’absence. Ne construisez jamais une décision patrimoniale sur l’hypothèse qu’une information ne circulera pas.
| Canal | Ce que nos sources établissent | Ce qu'elles n'établissent pas | Ce que vous devez en faire |
|---|---|---|---|
| Convention du 19 juin 2008, art. 27 | Échange de renseignements de standard OCDE large ; non restreint par les art. 1 et 2 ; impôts de toute nature ; obligation d'agir sans intérêt fiscal propre (§ 4) ; levée expresse du secret bancaire (§ 5) | Le volume et la fréquence des échanges effectivement pratiqués entre les deux administrations | Considérer que tout élément détenu par une banque britannique est accessible à l'administration française sur demande motivée |
| Convention du 21 juin 1963 (successions), art. 8 | Un article d'échange de renseignements propre à la matière successorale | Son articulation avec l'art. 27 de la convention de 2008, non instruite ici | Ne pas raisonner comme si la matière successorale était hors du champ de l'échange : voir le chapitre 24 |
| Convention multilatérale d'assistance administrative mutuelle (Conseil de l'Europe / OCDE, 1988, amendée en 2010) | La France et le Royaume-Uni y sont parties ; mise en œuvre britannique par SI 2011/1079 ; section II, art. 11 à 16, sur le recouvrement | L'état exact des réserves britanniques : la page des déclarations et réserves du Conseil de l'Europe a renvoyé une erreur HTTP 403 le 29/07/2026 | Ne pas démontrer soi-même l'assistance au recouvrement : s'appuyer sur la position publiée de la DGFiP (ci-dessous) |
| Protocole de l'accord de commerce et de coopération du 24 décembre 2020 | Son titre vise l'assistance mutuelle en matière de recouvrement de créances relatives aux taxes et droits | Son champ matériel : la version HTML EUR-Lex dépasse la taille récupérable et l'article de champ n'a pas pu être lu. Un titre n'est pas une disposition | Ne fonder aucun raisonnement sur ce seul protocole |
| Norme commune de déclaration (échange automatique) | Rien n'a été vérifié sur source primaire dans ce dossier | Le calendrier, le périmètre des comptes remontés, les seuils éventuels | Ne pas décrire le dispositif ; ne surtout pas conclure de notre silence qu'il ne s'applique pas |
Sur le recouvrement, un point mérite d’être posé tel quel, parce qu’il commande le régime de l’exit tax et qu’il est massivement mal restitué. Le Royaume-Uni est lié à la France par des instruments d’assistance mutuelle au recouvrement, ce que la DGFiP a expressément constaté. Le fondement exact de ces instruments n’a pas été établi à la date de rédaction ; il ne réside dans aucune des deux conventions bilatérales. Nous vous livrons la position administrative dans son texte, extraite de la FAQ Brexit à destination des particuliers, question 2 : « Le Royaume-uni disposant d’instruments juridiques d’assistance en matière de recouvrement et de lutte contre la fraude fiscale similaires à ceux existant entre Etats membres de l’UE, les opérateurs britanniques seront dispensés de désigner un représentant fiscal, le sursis de paiement automatique sans constitution de garanties continue de s’appliquer. » C’est de cette phrase que dépend le fait qu’un départ vers Londres n’impose pas de garantie bancaire au titre de l’exit tax. Le chapitre 12 en tire toutes les conséquences, y compris la réserve de date : la liste applicable est celle du millésime de l’année du transfert.
Le raisonnement à abandonner définitivement
« Je garde l’adresse de mes parents sur mes comptes français, comme ça rien ne bouge. » Nous l’entendons plusieurs fois par an, et c’est le plus mauvais arbitrage de tout le dossier, pour une raison qui n’est pas celle qu’on croit.
Le problème n’est pas seulement l’exactitude de l’information transmise à votre banque. Le problème est que vous êtes en train de fabriquer, année après année, une pièce qui contredit votre propre position de résidence. Le jour où vous devrez établir que votre foyer, votre lieu de séjour principal et votre centre des intérêts vitaux ont basculé au Royaume-Uni — chapitres 05 et 23 —, votre dossier contiendra une déclaration d’adresse française signée de votre main, renouvelée chaque année, opposable, et adressée à un établissement financier. Le certificat de résidence délivré par HMRC ne rattrapera pas cela : il établit ce que HMRC constate, pas ce que vous avez déclaré ailleurs.
Signalez votre changement d’adresse et de résidence fiscale à vos établissements français. Vous perdrez peut-être l’accès à certains produits — c’est traité plus bas et c’est réel — mais vous ne fabriquerez pas la pièce qui vous coûtera le plus cher.
Ouvrir un compte britannique : la boucle du justificatif d’adresse
Avertissement de méthode, et il est important pour la suite. Tout ce qui suit dans cette section relève de la pratique observée sur les dossiers, non d’un texte que nous aurions vérifié. Les conditions d’entrée en relation d’un établissement bancaire britannique ne sont pas fixées par un barème public : elles résultent de la politique de chaque établissement dans le cadre de la réglementation de lutte contre le blanchiment, et elles varient d’une enseigne à l’autre et d’une agence à l’autre. Nous ne citons aucun établissement, ni ici ni ailleurs dans ce guide. Ce que nous pouvons vous donner, c’est l’ordre dans lequel les pièces s’obtiennent, parce que c’est là que les gens perdent six semaines.
La difficulté n’est pas la banque. La difficulté est circulaire. L’établissement demande un justificatif d’adresse britannique. L’adresse suppose un bail. Le bailleur ou son agence demande des références financières britanniques, souvent un relevé de compte britannique, parfois un garant établi au Royaume-Uni ou plusieurs mois de loyer d’avance. L’employeur, lui, demande des coordonnées bancaires britanniques pour la paie. Chacun des trois attend que l’un des deux autres ait bougé en premier. C’est la vraie difficulté des six premières semaines à Londres, et personne ne vous en parle avant le départ.
L’ordre qui fonctionne le plus souvent, dans notre expérience, part de ce qui ne dépend d’aucun des trois. Une lettre d’embauche ou un contrat de travail britannique est un document que vous possédez avant d’arriver. Une inscription administrative locale, une attestation d’employeur mentionnant votre adresse, un contrat de fourniture d’un service à votre nom : ce sont les briques qui cassent la boucle. Et il existe un point d’entrée que nos sources documentent expressément, qui ne demande rien du tout et que presque personne n’utilise en premier.
L'inscription chez un GP ne demande ni pièce d'identité, ni justificatif d'adresse
Le NHS l’écrit sur sa page consacrée à l’inscription auprès d’un cabinet de médecine générale, relue le 29 juillet 2026 : « You do not need ID, proof of address or proof of immigration status ». La même page pose que « Everyone in England can register with a GP surgery, including as a temporary patient if you’re visiting from abroad », énumère les trois motifs de refus admis et impose au cabinet de motiver un refus par écrit dans un délai de 14 jours. La confirmation de l’inscription intervient « usually […] within 5 days of the surgery getting your details, but it may take longer ».
Parmi les guichets de votre installation dont nous avons ouvert les pages officielles le 29 juillet 2026, c’est le plus accessible : il n’exige aucune des pièces que vous n’avez pas encore. Faites-le le premier jour. Cela n’ouvrira pas votre compte bancaire, mais cela crée une trace administrative de votre présence à une adresse, et cela vous évite surtout de découvrir le système de santé britannique en urgence — le chapitre 06 traite l’accès aux soins et la charge d’Immigration Health Surcharge.
Deuxième réalité, celle dont on parle encore moins : vous arrivez sans historique de crédit britannique. Ce n’est pas une question de patrimoine. Un cadre qui gagne 150 000 £ par an et qui vient d’atterrir n’a, au regard des systèmes de notation britanniques, aucune ancienneté d’adresse, aucun historique de paiement local et aucune ligne de crédit fermée dans les règles. Il sera traité, pour l’ouverture de certains produits et pour tout emprunt, moins favorablement qu’un employé local en poste depuis trois ans. Cette asymétrie s’efface avec le temps, mais elle dure : comptez plusieurs trimestres avant que votre dossier ait la texture attendue. Nous le signalons parce qu’elle a une conséquence patrimoniale directe : si votre projet inclut l’acquisition d’un logement à Londres, le calendrier de financement doit être construit sur cette réalité et non sur votre profil français. Les chapitres 16 et 18 traitent l’immobilier britannique.
Troisième réalité, et c’est un coût sec : les refus des premiers mois ne sont généralement pas motivés, et vous n’obtiendrez pas d’explication. Une demande refusée sans motif n’est pas un jugement sur votre situation ; c’est le résultat d’un filtre automatisé qui ne trouve rien à quoi vous raccrocher. La réponse pratique est d’ouvrir la relation là où le filtre a de la matière — établissement présent dans les deux pays et déjà en relation avec vous, ou établissement dont l’entrée en relation repose sur des pièces que vous détenez — puis de faire migrer les opérations une fois l’ancienneté constituée. Nous ne recommandons aucune enseigne : nous décrivons une méthode.
Vous partez avec un contrat de travail britannique signé
Configuration la plus simple : vous détenez, avant même d'arriver, la pièce qui casse la boucle. La chaîne se déroule dans l'ordre contrat, adresse, compte, et non l'inverse.
Vous partez sans employeur britannique : indépendant, créateur, retraité
Configuration la plus exposée aux refus des premiers mois, et celle sur laquelle le corpus francophone est le plus silencieux. Rien, dans votre dossier, ne rattache mécaniquement votre présence à une adresse britannique.
Vous conservez une résidence et des comptes en France
Configuration la plus fréquente chez nos clients, et celle qui appelle le plus de rigueur : deux jeux de relations bancaires, deux adresses, deux administrations, et une seule vérité sur votre résidence fiscale.
Faut-il fermer ses comptes français ? Presque jamais, et la question se pose mal. Un compte français reste l’instrument par lequel vous encaissez un loyer de source française, payez votre taxe foncière, réglez des charges de copropriété et recevez, le cas échéant, une restitution d’impôt. Le fermer pour « faire propre » crée un problème mécanique sans résoudre le moindre problème fiscal — la résidence fiscale ne se prouve pas par la fermeture d’un compte. La vraie question est ailleurs : certains produits français ne supportent pas le changement de résidence, ou le supportent en se transformant. Cela concerne les enveloppes et non les comptes de dépôt, et c’est traité au chapitre 14.
Ce que vous devez encore déposer en France une fois résident britannique
Le mot « encore » est mal choisi, et c’est volontaire : il correspond à la façon dont la question se pose en rendez-vous. La réalité est qu’une déclaration française subsiste dès lors que vous conservez des revenus de source française ou un patrimoine immobilier français, et que cette déclaration change d’interlocuteur. Vous ne relevez plus de votre centre des finances publiques d’origine mais du service des impôts des particuliers non-résidents. Le changement n’est pas administratif : il emporte des règles de calcul différentes, un taux minimum d’imposition, des retenues à la source et des formulaires spécifiques.
| Ce que vous déposez | Objet | Point de vigilance | Renvoi |
|---|---|---|---|
| Déclaration n° 2042, avec 2042 C, 2044 et 2047 selon les cas | Revenus de source française : fonciers, salaires, pensions, revenus de capitaux mobiliers imposables en France | Auprès du service des impôts des particuliers non-résidents (SIPNR), par année civile — jamais par année fiscale britannique | Chapitre 13 |
| Cases 8SH et 8SI de la rubrique « Divers » de la 2042 C | Demande du bénéfice de l'exonération de CSG et de CRDS sur les revenus du patrimoine | L'affiliation doit être effective au 31 décembre de l'année d'imposition ; à la date de réalisation pour les plus-values en report de l'article 150-0 B ter | Section suivante de ce chapitre |
| Déclaration n° 2074-ET puis suivi annuel, et n° 2074-ETS3 en cas d'événement | Suivi de l'exit tax en sursis de paiement | Le défaut de dépôt rend l'impôt en sursis immédiatement exigible si la situation n'est pas régularisée dans les 30 jours suivant une mise en demeure | Chapitre 12 |
| Signalement sur papier libre au SIP des non-résidents | Tout transfert de domicile vers un pays intermédiaire postérieur au départ initial, pour les personnes sous exit tax | Dans les deux mois (notice 2074-ETD, § IX). C'est l'obligation la plus systématiquement omise par les parcours Londres puis ailleurs | Chapitre 12 |
| Déclaration d'IFI, le cas échéant | Patrimoine immobilier français, l'assiette d'un non-résident étant limitée aux biens et droits situés en France | L'IFI n'est pas un impôt visé à l'article 2 de la convention de 2008. Réserve : l'article 29 § 3 de cette convention vise en revanche nommément l'impôt de solidarité sur la fortune, supprimé en 2018, et sa transposition à l'IFI n'est établie par aucune source consultée. Ne pas raisonner par analogie avec l'impôt sur le revenu | Chapitre 15 |
| Formalités de cession : représentant fiscal accrédité | Vente d'un immeuble situé en France par un cédant domicilié au Royaume-Uni | Obligatoire depuis le Brexit, sauf dispenses (prix inférieur ou égal à 150 000 € par cédant, exonération totale pour durée de détention, ancienne résidence principale) | Chapitre 17 |
| Attestation de résidence délivrée par HMRC | Condition de forme du bénéfice des avantages conventionnels (art. 30 § 2 de la convention de 2008) | À demander à HMRC en amont, avec la déclaration détaillant les revenus concernés : ce n'est pas une pièce que l'on produit dans l'urgence | Chapitre 10 |
| 3916 / 3916 bis | Comptes et contrats d'assurance vie détenus à l'étranger | Ne concerne pas le résident britannique pour ses comptes britanniques. Redevient dû l'année du retour, et pour la période de résidence française de l'année de départ (point à confirmer avec votre conseil) | Ce chapitre, première section |
Deux précisions sur ce tableau, parce que deux lignes sont contre-intuitives.
La première tient au représentant fiscal accrédité. Le corpus francophone affirme régulièrement que les résidents britanniques en sont dispensés, en s’appuyant sur la question 2 de la FAQ Brexit de la DGFiP — celle que nous avons citée plus haut sur le sursis d’exit tax. C’est un contresens de lecture : cette phrase concerne le sursis de paiement de l’exit tax, pas la cession immobilière. La question 6 de la même FAQ dit l’inverse sur la cession, et l’article 244 bis A IV du code général des impôts réserve la dispense aux cédants domiciliés dans un État membre de l’Union européenne ou dans un autre État partie à l’accord sur l’Espace économique européen ayant conclu une convention d’assistance administrative. Le Royaume-Uni n’entre dans aucune des deux catégories. La doctrine BOI-RFPI-PVINR-30-20, dans sa version du 22 janvier 2025 consultée le 29 juillet 2026, énumère les États dispensés — les États membres, puis l’Islande et la Norvège, à l’exclusion du Liechtenstein — et n’y mentionne pas le Royaume-Uni. C’est le cas d’école de ce guide : sur un dispositif le Royaume-Uni est assimilé, sur le dispositif voisin il ne l’est pas, et la seule méthode est de vérifier texte en main, dispositif par dispositif.
La seconde tient à l’Inheritance Tax, et c’est la ligne qui manque au tableau parce qu’elle ne correspond à aucun formulaire. Depuis le 6 avril 2025, le rattachement de cet impôt britannique ne dépend plus du domicile au sens de la common law mais de la résidence de longue durée — la notion de long-term UK resident. Le seuil est de 10 années de résidence britannique sur les 20 années fiscales précédentes. Une fois franchi, il fait entrer votre patrimoine mondialdans le champ de cet impôt : votre immeuble français, vos parts de SCPI, votre compte-titres, votre PEA et votre assurance-vie français — sous une réserve que nous ne levons pas : la convention franco-britannique du 21 juin 1963 continue de s’appliquer aux successions et répartit le droit d’imposer en fonction du domicile, notion que le droit interne britannique n’utilise plus comme critère d’assujettissement à l’Inheritance Tax depuis le 6 avril 2025, et l’articulation entre les deux systèmes n’a fait l’objet d’aucune prise de position publiée à la date de rédaction ; toute succession franco-britannique doit être examinée par un spécialiste. Et il produit une rémanence après le départ, graduée de 3 à 10 années fiscalesselon le nombre d’années de résidence dans les vingt dernières, le compteur ne se remettant à zéro qu’après dix années consécutives de non-résidence. Une disposition transitoire soumet en revanche les personnes déjà parties au 6 avril 2025 à l’ancien test de domicile réputé — 15 années fiscales sur les 20 précédentes, et résidence sur l’une au moins des quatre dernières années —, à l’exception des personnes domiciliées au Royaume-Uni au sens de la common law au 30 octobre 2024, qui en sont exclues. Cette réserve inverse souvent le résultat.
Pourquoi ce point figure dans un chapitre consacré aux déclarations ? Précisément parce qu’il n’y correspond à rien. Il n’y a pas de case à cocher, pas d’avis, pas de relance, et aucune administration ne vous enverra de courrier le jour du franchissement. Vous pouvez être irréprochable sur chacune de vos échéances et franchir ce seuil sans le savoir. Le décompte, du reste, est un décompte de Statutory Residence Test : chaque année dont le statut est incertain déplace le seuil. Le chapitre 24 traite l’impôt lui-même et le chapitre 05 le décompte ; nous le signalons ici parce que le lecteur de ce chapitre-ci est exactement celui qui croit qu’être à jour de ses déclarations suffit à être à jour de sa situation.
Les deux cases qui valent près de dix points de prélèvements
Elles s’appellent 8SH et 8SI, elles figurent à la rubrique « Divers » de la déclaration 2042 C, et elles portent l’écart entre un taux de prélèvements sociaux réduit et le taux plein sur vos revenus du patrimoine de source française. Elles ne sont pas cochées d’office. Elles ne sont pas cochées par votre expert-comptable britannique, qui ne dépose pas votre déclaration française. Et elles ne sont pas cochées par le logiciel, qui ne sait pas où vous êtes affilié.
Le fondement est une position administrative française, publiée, dont le texte mérite d’être lu en entier parce qu’il pose trois conditionset que le corpus francophone n’en cite jamais que la première. DGFiP, FAQ Brexit à destination des particuliers, version du 14 janvier 2022 : l’exonération de CSG et de CRDS est maintenue pour les revenus du patrimoine perçus à compter du 1er janvier 2021 pour les contribuables qui remplissent les conditions suivantes — « Ils sont affiliés à la sécurité sociale britannique » ; « Ils sont ressortissants ou résidents légaux de France, du Royaume-Uni ou d’un autre Etat membre de l’Union européenne » ; « Ils ne sont pas à la charge d’un régime obligatoire de sécurité sociale français ». La même réponse conclut : « En conséquence, ces revenus du patrimoine ne seront pas soumis à la CSG et à la CRDS mais demeureront passibles du prélèvement de solidarité au taux de 7,5 % prévu à l’article 235 ter du CGI. »
Trois réserves accompagnent cette position, et nous ne les dissimulons pas.
Première réserve.Une FAQ antérieure de la même administration, celle du 16 février 2021, rédigée avant le 1er janvier 2021 et au futur, disait exactement l’inverse : « les résidents britanniques ne bénéficieront plus de l’exonération », avec un taux global de 17,2 %. Les deux documents sont encore accessibles en ligne, et une part importante des articles que vous lirez cite encore la version périmée. La version du 14 janvier 2022 est la plus récente ; la page vivante d’impots.gouv.fr mise à jour le 19 juillet 2023, relue inchangée le 29 juillet 2026, la confirme en écrivant que « les résidents britanniques continuent de bénéficier de cette exonération de CSG et CRDS ».
Deuxième réserve.Le fondement textuel du maintien, après la sortie du Royaume-Uni du champ du règlement (CE) n° 883/2004, n’est établi par aucun des deux documents. Nous publions donc la position administrative comme une position administrative, et non comme une règle démontrée.
Troisième réserve, et c’est celle qui concerne le plus de monde. L’articulation entre le formulaire S1 français et l’exonération de CSG-CRDS issue de la jurisprudence de Ruytern’est pas tranchée à la date de rédaction ; elle doit être examinée dossier par dossier. Concrètement : si vous êtes retraité français installé au Royaume-Uni et titulaire d’un S1 délivré par la France, nous n’écrirons pas ici que vous êtes exonéré, et nous n’écrirons pas non plus que vous ne l’êtes pas. La troisième condition de la FAQ — ne pas être à la charge d’un régime obligatoire français — est précisément celle que le S1 met en jeu. Le chapitre 09 traite les pensions ; le point demande une consultation.
Et si vous n’avez pas coché ? La voie est la réclamation contentieuse, adressée par la messagerie sécurisée de votre espace particulier ou par courrier au service des impôts des particuliers non-résidents, avec les justificatifs : preuve d’affiliation au régime britannique et avis d’imposition faisant apparaître les prélèvements sociaux dont la restitution est demandée. La FAQ du 14 janvier 2022 le prévoit expressément, en visant notamment le cas des prélèvements sociaux acquittés dans le mois suivant une cession immobilière : ceux-là se réclament « dans les délais de réclamation contentieuse de droit commun ». Sur les taux applicables aux revenus fonciers et aux plus-values immobilières, et sur la controverse de taux qui traverse l’année 2026, les chapitres 13 et 17 posent la position que nous retenons et signalent le désaccord.
Ce que HMRC attend de vous sur vos avoirs français
Passons de l’autre côté. Le principe britannique tient en une phrase, et cette phrase a une date qu’il ne faut jamais retirer. HMRC, manuel RFIG41000, mis à jour le 3 juillet 2026 et lu le 29 juillet 2026 : « From 6 April 2025, all UK residents are taxed on the arising basis of assessment on their worldwide income and gains ». Amputée de son incise temporelle, comme on la lit souvent, cette phrase se comprend comme un principe intemporel du droit britannique. Elle ne l’est pas : c’est l’état du droit depuis la réforme qui a supprimé le régime du non-domicilié et la remittance basis. Le chapitre 02 traite cette suppression ; ce qui importe ici est la conséquence déclarative, et elle est massive : vos revenus français entrent dans votre déclaration britannique, que vous les rapatriiez ou non, sauf revendication du régime des nouveaux arrivants.
Pour le Royaume-Uni, vos revenus français sont des revenus étrangers. Cela paraît évident écrit ainsi et cela ne l’est pas du tout dans les faits : un loyer perçu à Bordeaux, un dividende d’une société française, les intérêts d’un livret français, une pension de source française sont, vus de Londres, du revenu étranger à déclarer sur les pages foreignde votre déclaration. Et le résultat à déclarer n’est pas le résultat français. Un immeuble locatif français constitue, pour le Royaume-Uni, un overseas property business dont le résultat se détermine selon les règles britanniques : les écarts d’assiette sont structurels et portent notamment sur l’amortissement, sur la déductibilité plafonnée des intérêts d’emprunt pour les logements d’habitation et sur le traitement des travaux. Reporter le résultat de votre 2044 dans vos pages britanniques est une erreur, et c’est l’erreur la plus fréquente que nous voyons sur les dossiers de bailleurs. Le chapitre 17 détaille les deux assiettes.
| Élément de la déclaration britannique | Ce qu'il porte | Ce qu'il faut savoir |
|---|---|---|
| Self Assessment tax return | L'ensemble de vos revenus et gains, mondiaux depuis le 6 avril 2025 | Année fiscale du 6 avril au 5 avril. Dépôt papier au 31 octobre suivant la fin de l'année fiscale ; dépôt en ligne au 31 janvier suivant. Pour 2025-26 : 31 janvier 2027 |
| Pages SA106 (foreign) | Revenus de source étrangère, donc vos revenus français | Résultat déterminé selon les règles britanniques, pas selon la déclaration française. Support de la demande de crédit pour impôt étranger |
| Pages SA109 (residence, FIG regime etc.) | Statut de résidence, demande d'année scindée, revendication du régime des nouveaux arrivants, demande d'abattements pour non-résident | Le service en ligne de HMRC ne permet pas de déposer les pages résidence : l'envoi doit être postal ou passer par un logiciel commercial agréé. Millésime applicable à 2025-26 : notes SA109 2025-26, réf. HMRC 12/25 |
| Formulaire P85 | Informer HMRC d'un départ du Royaume-Uni et demander la restitution de l'impôt trop prélevé sur un emploi britannique | « You do not need to fill in this form if you are sending a Self Assessment tax return for the tax year that you leave the UK » |
| Déclaration de plus-value immobilière britannique | Cession d'un bien immobilier britannique par un non-résident | Déclaration ET paiement dans les 60 jours de la completion, pour une cession intervenue le 27 octobre 2021 ou après. Obligation due même en l'absence d'impôt, même en cas de moins-value, même si le cédant n'est pas inscrit au Self Assessment |
| Déclaration de droits de mutation à l'acquisition | SDLT en Angleterre et en Irlande du Nord | Déclaration et paiement dans les 14 jours de la date d'effet de la transaction, contre 30 jours en Écosse et au pays de Galles. Pénalité de retard et intérêts au-delà. Ne pas transposer d'une nation à l'autre |
| Obligations du Non-resident Landlord Scheme | Loyers britanniques versés à un bailleur résidant hors du Royaume-Uni | Reversement à HMRC dans les 30 jours de la fin de chaque trimestre ; déclaration annuelle NRLY et attestation NRL6 au bailleur au plus tard le 5 juillet ; dispense de retenue sur agrément NRL1, qui ne dispense pas d'impôt |
La troisième ligne de ce tableau mérite d’être développée, parce qu’elle a une conséquence de calendrier que presque personne n’anticipe. Si votre situation exige les pages SA109 — c’est le cas de tout arrivant qui demande l’année scindée, de tout revendicateur du régime des nouveaux arrivants, de tout non-résident qui demande le bénéfice de l’abattement personnel —, alors le service en ligne gratuit de HMRC ne suffit pas. Restent deux voies. La voie papier, avec une échéance au 31 octobre : trois mois plus tôt que ce que tout le monde a en tête. Ou le passage par un logiciel commercial agréé, qui conserve l’échéance du 31 janviermais suppose un abonnement ou un intermédiaire. Notre lecture, que nous vous livrons comme une lecture et non comme une règle citée de HMRC : si vous n’avez pas arbitré cette question avant la fin septembre, vous avez de fait choisi la voie logicielle. C’est un arbitrage de quelques centaines de livres, et il se prend en connaissance de cause plutôt que par défaut.
Les deux calendriers d'une arrivée le 12 septembre 2026
LE FAIT
Installation a Londres le 12 septembre 2026, avec contrat de travail britannique
Appartement conserve et loue a Lyon, revenu foncier de source francaise
CALENDRIER BRITANNIQUE — annee fiscale du 6 avril au 5 avril
Annee fiscale concernee ............................ 2026-27
Periode couverte ................. 6 avril 2026 au 5 avril 2027
Depot papier de la declaration 2026-27 ......... 31 octobre 2027
Depot en ligne de la declaration 2026-27 ....... 31 janvier 2028
Pages SA109 requises (annee scindee) ... depot papier OU logiciel agree
Delai de reclamation du regime des nouveaux arrivants pour 2026-27
12 mois a compter du 31 janvier 2028
CALENDRIER FRANCAIS — annee civile
Annee d'imposition concernee ......................... 2026
Une seule declaration, deux periodes : residence puis non-residence
Depot au printemps 2027, aupres du SIPNR pour la periode de non-residence
Cases 8SH / 8SI : affiliation appreciee au 31 decembre 2026
LE PIEGE DU CHEVAUCHEMENT
L'annee civile francaise 2026 chevauche DEUX annees fiscales britanniques :
2025-26 jusqu'au 5 avril 2026, puis 2026-27.
Aucun montant ne se reporte d'une declaration a l'autre sans retraitement.Le chapitre 11 traite l'année du départ au fond, y compris l'année scindée britannique et l'article 166 du code général des impôts côté français. Ce chiffrage n'en reprend que la dimension déclarative, pour montrer que les deux calendriers ne se répondent jamais. Les dates de dépôt britanniques sont celles du régime général du Self Assessment ; une situation particulière peut en appeler d'autres.
Les obligations britanniques qui survivent à votre départ du Royaume-Uni
Le scénario est banal et il est mal traité partout : vous rentrez en France, vous conservez votre appartement londonien et vous le louez. Vous cessez d’être résident britannique, vous redevenez résident français, et vous croyez que la relation avec HMRC s’est arrêtée. Elle ne s’est pas arrêtée : elle a changé de régime, et le nouveau régime est plus contraignant que le précédent parce qu’il fait intervenir des tiers.
Le dispositif s’appelle le Non-resident Landlord Schemeet il fonctionne par retenue à la source. L’agent immobilier qui gère votre bien doit prélever l’impôt quel que soit le montant du loyer, sauf dispense écrite de HMRC. À défaut d’agent, c’est le locatairequi doit prélever, mais seulement s’il verse plus de 100 £ par semaine. Le taux est le taux de base de l’income tax, soit 20 % pour l’année fiscale 2026-27, appliqué au loyer net des dépenses déductibles admises. Le reversement à HMRC intervient dans les 30 jours de la fin de chaque trimestre — 30 juin, 30 septembre, 31 décembre, 31 mars —, la déclaration annuelle prend la forme du formulaire NRLY au plus tard le 5 juillet, et l’agent doit vous remettre une attestation NRL6 à la même date.
Deux définitions commandent l’application du dispositif, et elles ne sont pas celles qu’on suppose. Est bailleur non résident, au sens de ce régime, celui dont la résidence habituelle est hors du Royaume-Uni, appréciée par une absence de plus de six mois par an — ce n’est pas le test de résidence fiscale, c’est un test propre. Et est letting agentla personne qui participe à la gestion de l’activité locative, encaisse les loyers ou en contrôle la destination, et réside au Royaume-Uni plus de six mois par an. Une exonération dite du tenant finderécarte l’obligation lorsque l’intermédiaire encaisse pour trois mois au maximum et que l’impôt dû n’excède pas 100 £.
La sortie du dispositif passe par le formulaire NRL1pour les personnes physiques. HMRC approuve si le formulaire est complet et exact et si elle est convaincue que le bailleur respectera ses obligations fiscales britanniques ; elle peut refuser, demander des informations complémentaires, et retirer l’agrément. Un point que la moitié des présentations escamote : l’agrément ne dispense pas d’impôt. Il supprime la retenue à la source, rien de plus. Le bailleur reste redevable de l’impôt britannique et déclare par Self Assessment. Vous avez donc troqué un prélèvement automatique contre une obligation déclarative annuelle : c’est souvent le bon arbitrage en trésorerie, ce n’est jamais une sortie du système. Le chapitre 18 traite la location britannique au fond.
À cela s’ajoute, le jour où vous vendez, l’obligation déclarative la plus dangereuse du dossier britannique pour un Français : la déclaration de plus-value immobilière du non-résident, dans les 60 jours de la completion pour une cession intervenue le 27 octobre 2021 ou après — le délai était de 30 jours pour les cessions du 6 avril 2020 au 26 octobre 2021. Elle est due même en l’absence d’impôt à payer, même en cas de moins-value, et même si le cédant n’est pas inscrit au Self Assessment. Le champ va au-delà du résidentiel depuis le 6 avril 2019 : il couvre tous les types d’immeubles britanniques et, sous conditions de seuils, les cessions indirectes de participations dans des entités dont 75 % ou plus de la valeur brute provient de biens immobiliers britanniques. Le chapitre 16 détaille l’assiette et les taux.
Personne ne fera cette déclaration à votre place, et le délai court depuis la completion
Nos sources sont explicites sur ce point et nous les reprenons telles quelles : aucun professionnel n’accomplit cette formalité d’office. Ni le solicitor, ni l’agent immobilier. Le cédant français, habitué au prélèvement opéré par le notaire lors d’une cession française, ignore l’obligation britannique et découvre les pénalités des mois plus tard.
Le délai est de 60 jours calendaires, et il court depuis la completion, c’est-à-dire depuis la finalisation de la vente — pas depuis l’encaissement du prix, pas depuis l’échange des contrats, pas depuis votre retour de vacances. Sur une cession estivale, deux semaines de délai postal et trois semaines d’attente d’un chiffrage suffisent à consommer la moitié du délai. La bonne pratique est de mandater le professionnel qui produira la déclaration avant la signature, pas après.
Dernier point sur ce statut de non-résident percevant des revenus britanniques, et c’est l’arbitrage annuel que presque personne ne fait. Un ressortissant français non résident conserve l’abattement personnel britannique, la personal allowance : la condition posée par l’Income Tax Act 2007, s. 56(3)(za), est la nationalité — « is a national of the United Kingdom or a national of an EEA state » — et non la résidence, ni l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union. Les Taxes (Amendments) (EU Exit) Regulations 2020 (S.I. 2020/332), reg. 3(2), en vigueur au 31 décembre 2020, ont ajouté la mention des ressortissants britanniques sans retirercelle des ressortissants de l’Espace économique européen. C’est le point où le corpus francophone se trompe le plus souvent : le raisonnement « le Royaume-Uni est un État tiers, donc plus d’abattement » est faux. La demande se fait chaque année, en fin d’année fiscale, notamment par le formulaire R43.
Réserve décisive : conserver le droit à la personal allowance ne signifie pas qu'il faille toujours la réclamer
L’Income Tax Act 2007, article 811, plafonne l’impôt du non-résident à la somme de deux termes : l’impôt déjà retenu à la source sur le disregarded income— essentiellement les dividendes de sociétés britanniques, les intérêts, certaines pensions et revenus de trusts — et l’impôt calculé en excluant ce revenu écarté. Or l’article 811(6) écarte expressément la personal allowance de ce second calcul.
Le contribuable se voit appliquer le plus faible des deux calculs : le calcul ordinaire, avec l’abattement mais sur la totalité du revenu britannique ; ou le plafond de l’article 811, sans abattement mais en neutralisant le revenu écarté. Pour un non-résident dont le revenu britannique est majoritairement composé de revenus écartés, renoncer à l’abattement est souvent plus avantageux.Réclamer par réflexe fait tomber le plafond, et peut coûter beaucoup plus que l’abattement ne rapporte.
L’arbitrage est annuelet il doit être chiffré. C’est typiquement la situation d’un Français rentré en France qui détient à la fois un bien locatif londonien et un portefeuille de titres britanniques : les deux calculs ne donnent pas le même résultat d’une année à l’autre, et le bon choix de l’an dernier n’est pas nécessairement celui de cette année.
Les pénalités britanniques : ce que nous établissons, ce que nous n’établissons pas
Vous avez sans doute lu que le Royaume-Uni applique aux manquements portant sur des avoirs étrangers un régime de pénalités renforcé par rapport au droit commun. Nous n’allons pas en publier le barème, pour la même raison que plus haut : nos vérifications du 29 juillet 2026 ne l’ont pas établi sur source primaire. Publier des pourcentages de mémoire sur une matière répressive serait exactement le type de faute que ce guide cherche à éviter. Ce que nous pouvons faire, en revanche, c’est vous montrer la structure du risque à partir de ce qui est établi, et vous dire précisément quelle question poser.
Premier trait de structure, et il est vérifié : plusieurs obligations britanniques subsistent alors même qu’aucun impôt n’est dû. La déclaration de plus-value immobilière du non-résident est due « même en l’absence d’impôt à payer, même en cas de moins-value, et même si le cédant n’est pas inscrit au Self Assessment ». Dans un autre registre, l’Annual Tax on Enveloped Dwellings connaît des exonérations, notamment pour les activités locatives commerciales au profit de tiers non liés, mais elles supposent une déclaration d’exonération annuelle : l’obligation déclarative subsiste quand la charge est nulle, et son omission est sanctionnée. Un contribuable français, habitué à une logique où l’absence d’impôt vaut absence d’obligation, se fait prendre là et nulle part ailleurs.
Deuxième trait : personne n’accomplit ces formalités d’office. Sur la cession immobilière britannique et le délai de 60 jours, nos sources sont explicites : ni le solicitor, ni l’agent immobilier ne s’en chargent. Le cédant français, habitué au prélèvement opéré par le notaire lors d’une cession française, découvre les pénalités des mois plus tard. Ce point vaut au-delà de son cas d’origine : la répartition des rôles entre professionnels n’est pas la même dans les deux pays, et l’expatrié raisonne spontanément avec la répartition française.
Troisième trait, plus subtil et plus coûteux : une négligence déclarative française peut devenir un coût britannique définitif. Le crédit d’impôt britannique n’est pas une garantie de neutralité. Deux limites l’encadrent, et elles doivent figurer avant toute liste d’impôts admissibles. La première tient à l’article 24 § 1 a) de la convention : le crédit est accordé « à concurrence de l’impôt du Royaume-Uni calculé sur ce revenu » — il est donc nul si le résultat britannique est nul ou déficitaire, et nul pendant les années où le régime des nouveaux arrivants est revendiqué. La seconde tient au Taxation (International and Other Provisions) Act 2010, section 33, intitulée « Limit on credit: minimisation of the foreign tax » : le crédit est plafonné au montant qui aurait été dû si « all reasonable steps » avaient été prises pour minorer l’impôt étranger, ces diligences incluant « (a) claiming, or otherwise securing the benefit of, reliefs, deductions, reductions or allowances, and (b) making elections for tax purposes ».
La conséquence pratique de la section 33 : toute retenue française évitable est irrécupérable
Lisez cette règle à l’envers et vous comprendrez pourquoi nous insistons tant, dans ce guide, sur les formalités conventionnelles. Si un débiteur français vous applique une retenue à la source que vous auriez pu écarter en produisant en temps utile votre attestation de résidence et les justificatifs de l’article 30 § 2 de la convention, cette retenue n’ouvrira pas droit à crédit au Royaume-Uni. Vous ne la récupérerez ni d’un côté ni de l’autre : pas en France, puisque vous n’avez pas réclamé en temps utile ; pas au Royaume-Uni, puisque HMRC est fondée à considérer que vous pouviez l’éviter.
C’est le point où une paresse administrative de quinze minutes se transforme en coût définitif. Demandez votre certificat de résidence à HMRC dès la première année, conservez-le, et remettez-le à vos débiteurs français avant le premier versement, pas après. Le chapitre 10 détaille les avantages conventionnels et les pièces à produire pour chacun.
Quatrième trait, spécifique au régime des nouveaux arrivants et rarement signalé : la revendication mal remplie est nulle, pas seulement irrégulière. HMRC, manuel RFIG42100 : « not quantifying a claim at all does invalidate the claim ». Un contribuable qui coche la case sans chiffrer le montant réclamé n’a rien réclamé du tout. Et le régime n’étant pas une exonération de plein droit mais un allégement sur réclamation, l’année est perdue à l’expiration du délai — 31 janvier 2028 pour l’année 2025-26. Les années non utilisées ne se reportent pas. Deux précisions que le corpus francophone omet presque toujours, et qui commandent la planification : la fenêtre de quatre ans se compte depuis votre première année de résidence britannique, y compris si celle-ci est antérieure au 6 avril 2025 ; et le régime ne protège en rien de l’Inheritance Tax, dont le compteur court en parallèle.
Les quatre questions à poser sur les pénalités britanniques, et les pièces à réunir
Ce point doit être arbitré avec nos avocats partenaires spécialisés sur le Royaume-Uni avant tout acte irréversible, et une divulgation spontanée à HMRC est un acte irréversible. Les questions à poser :
1.Quel régime de pénalités s’applique, en droit britannique en vigueur à la date de la consultation, à un défaut ou à une insuffisance de déclaration portant sur des revenus ou des avoirs situés hors du Royaume-Uni, et sur quels textes exactement ? 2.Quelle est la durée pendant laquelle HMRC peut établir une imposition complémentaire selon que le manquement est qualifié de non délibéré, de délibéré, ou de délibéré et dissimulé ? 3.Existe-t-il, à la date de la consultation, une procédure de divulgation ouverte pour les avoirs étrangers, quelles en sont les conditions et quel effet a-t-elle sur le quantum ? 4.La chronologie de mes déclarations françaises est-elle opposable à HMRC, et dans quelle mesure une régularisation française spontanée affecte-t-elle la qualification britannique ?
Pièces à réunir avant le rendez-vous : les déclarations Self Assessmentdéposées et leurs accusés de réception ; la correspondance reçue de HMRC, y compris les courriers que vous avez classés sans y répondre ; les déclarations françaises des mêmes années ; les relevés de tous les comptes concernés ; et une chronologie écrite, année par année, de votre présence physique dans chaque pays. Cette dernière pièce n’existe jamais et c’est toujours la première demandée.
Mettre à plat vos obligations des deux côtés avant qu'une administration ne le fasse à votre place
Nous instruisons le volet déclaratif d'un dossier franco-britannique dans l'ordre où il se contrôle : inventaire complet des comptes, contrats et enveloppes détenus dans les deux pays, avec leur date d'ouverture et leur statut ; détermination de la résidence fiscale année par année et des périodes de chevauchement ; recensement des dépôts français encore dus et des dépôts britanniques attendus, avec leurs échéances propres ; vérification des cases 8SH et 8SI et, le cas échéant, chiffrage d'une réclamation contentieuse ; contrôle du suivi annuel de l'exit tax lorsqu'un sursis est en cours ; et constitution du dossier de preuve de l'origine des fonds. Les questions de prescription, de régularisation et de pénalités se traitent avec des avocats fiscalistes français et britanniques, dont la mise en relation fait partie de l'accompagnement.
Le retour en France : les trois mois qui décident du reste
Le retour est le moment où tout ce chapitre se referme d’un coup. Vous redevenez résident fiscal de France, et avec cette qualité renaît l’obligation de déclarer l’intégralité de ce que vous détenez à l’étranger — avec, cette fois, un patrimoine britannique constitué pendant plusieurs années : un compte courant, souvent deux, un compte d’épargne, un ISA, parfois un compte-titres, éventuellement un plan de retraite. Le chapitre consacré au retour en France traite l’ensemble des conséquences ; nous ne retenons ici que le volet déclaratif, parce qu’il se prépare avant le retour et non après.
Le premier travail est un inventaire, et il est plus long qu’on ne le pense. Comptez tous les comptes, y compris ceux que vous avez cessé d’utiliser : le compte ouvert pour la caution du premier appartement, le compte de paiement adossé à une application dont vous vous êtes servi trois fois, le compte joint ouvert avec un colocataire et jamais clos. Chacun relève de la même case. Et chacun devient introuvable une fois que vous n’avez plus d’adresse britannique pour recevoir un code d’accès.
Le deuxième travail est un arbitrage, et il porte sur l’ISA. Trois options, et aucune n’est neutre. Conserver :le plan survit, l’exonération britannique demeure, mais elle n’a aucune portée en France, où les produits sont imposés selon le droit français. Transférer : le transfert entre gestionnaires reste possible pendant la non-résidence, ce qui ouvre une marge de manœuvre que beaucoup ignorent. Liquider :avant le retour, dans une fenêtre où le régime britannique s’applique encore. Nos sources retiennent que, dans la majorité des cas, l’arbitrage à examiner avant le retour est la liquidation ou le transfert — et la raison n’est pas seulement fiscale.
Elle est pratique, et c’est un point que les guides ne disent jamais : un établissement britannique ne produit aucun imprimé fiscal unique exploitable en France. Vous n’aurez pas de récapitulatif prérempli, pas de ventilation entre dividendes, intérêts et plus-values au format attendu par l’administration française, pas de prix de revient calculé selon les règles françaises. Vous devrez reconstituer, ligne à ligne, à partir de relevés britanniques établis pour un autre système fiscal, sur une année civile alors que le gestionnaire raisonne en année fiscale britannique. Sur un portefeuille actif, cette reconstitution coûte chaque année plusieurs heures de travail ou plusieurs centaines d’euros d’honoraires — indéfiniment. C’est une charge de gestion réelle qui doit entrer dans l’arbitrage, à côté du seul calcul d’impôt.
Le troisième travail relève du calendrier, et il est le plus mal fait. Votre retour tombe à une date, et cette date se lit différemment des deux côtés. Côté britannique, l’année fiscale court jusqu’au 5 avril et une année scindée peut être demandée sur les pages SA109. Côté français, c’est le jour d’établissement du domicile qui commande, avec une logique différente. Une cession réalisée le 2 avril et la même cession réalisée le 8 avril ne relèvent pas de la même année fiscale britannique ; une cession réalisée le 20 décembre et la même cession réalisée le 5 janvier ne relèvent pas de la même année française. Le chapitre 11 fait tourner les deux calendriers en parallèle pour le départ ; la même méthode s’impose au retour.
| Ce qu'il faut faire | Quand | Pourquoi maintenant et pas après |
|---|---|---|
| Inventorier tous les comptes et contrats britanniques, avec leur date d'ouverture | Trois à six mois avant le retour | L'accès en ligne se perd avec l'adresse britannique et le numéro de téléphone associé. Après, chaque relevé se demande par courrier |
| Informer le gestionnaire de l'ISA de la perte de la résidence britannique | Dès que la date de départ est arrêtée | GOV.UK : « You must tell your ISA provider as soon as you stop being a UK resident ». Les versements cessent de plein droit ; le transfert reste possible |
| Arbitrer conserver, transférer ou liquider | Avant le retour, tant que le régime britannique s'applique encore | L'arbitrage inclut la charge de gestion : aucun imprimé fiscal exploitable en France ne sera produit, année après année |
| Rassembler les justificatifs d'origine des fonds | Avant la fermeture des accès | C'est la pièce que réclame la présomption de l'article 1649 quater-0 B bis, et elle ne se reconstitue pas cinq ans plus tard |
| Préparer le 3916 de l'année du retour | Au moment de la déclaration suivant le retour | Tous les comptes britanniques y figurent, y compris l'ISA, y compris les comptes clos dans l'année |
| Vérifier le suivi de l'exit tax si un sursis est en cours | L'année du retour | Le retour est un événement : déclaration n° 2074-ETS3, à déposer l'année suivant celle de l'événement, dans le même délai que la 2042 |
Un dernier mot sur ce moment, et il n’est pas administratif. Le retour est aussi celui où le mécanisme britannique de rattrapage de la non-résidence temporaire peut se déclencher — et il ne se déclenche pas au retour en France, mais au retour au Royaume-Uni. Il piège le profil « je pars deux ans à Paris puis je reviens à Londres », pas le profil « je rentre définitivement ». Si votre retour en France est envisagé comme une parenthèse, dites-le à votre conseil dès le premier rendez-vous : ce seul élément change le traitement de vos cessions et de vos retraits pendant l’absence. Le chapitre consacré au retour en France traite ce mécanisme, ses quatre conditions cumulatives et sa clause de primauté conventionnelle.
Six raisonnements qui circulent et qui ne tiennent pas
Nous les entendons tous les mois, et chacun d’eux a coûté cher à quelqu’un. Ils ne sont pas rangés par gravité mais par fréquence.
« Mon compte est vide, il n’y a rien à déclarer. »Le champ de l’obligation française vise le compte ouvert, détenu, utilisé ou clos. Le solde n’intervient pas dans le déclenchement. Un compte à zéro ouvert en janvier et jamais alimenté relève de la même case qu’un compte à six chiffres. Ce raisonnement est d’autant plus dangereux qu’il est de bonne foi : c’est celui du contribuable qui a déclaré ses deux comptes principaux et oublié le troisième, ouvert pour une caution locative et resté dormant.
« Mon comptable britannique s’occupe de tout. »Il s’occupe de votre Self Assessment. Il ne dépose pas votre 2042 auprès du service des impôts des particuliers non-résidents, il ne coche pas vos cases 8SH et 8SI, il ne suit pas votre exit tax, il ne demande pas votre attestation de résidence pour vos débiteurs français, et il ne connaît généralement ni l’IFI ni le représentant fiscal accrédité. Symétriquement, votre conseil français ne déposera pas vos pages SA109. Le dossier franco-britannique n’a pas de titulaire naturel : quelqu’un doit tenir la liste, et par défaut ce n’est personne.
« Le Royaume-Uni est sorti de l’Union, donc c’est le régime des États tiers. »Faux en bloc, et vrai par endroits — c’est pour cela que la formule est piégeuse. Sur les dividendes, les intérêts et les redevances, la convention de 2008 rend le Brexit quasi indolore. Sur l’abattement personnel britannique, le critère est la nationalité d’un État de l’Espace économique européen et non l’appartenance du Royaume-Uni à l’Union : un ressortissant français non-résident le conserve. Sur le sursis d’exit tax, la DGFiP a écrit que le sursis automatique sans garanties continue de s’appliquer. Mais sur le représentant fiscal accrédité en matière de plus-value immobilière, la dispense est bel et bien perdue. Une seule méthode tient : prendre les dispositifs un par un et vérifier chacun texte en main.
« Je régulariserai plus tard, quand je rentrerai. »Ce raisonnement suppose que le coût d’une régularisation soit stable dans le temps. Il ne l’est pas. La contribution sociale de 25 % du IV bis de l’article L. 136-8 du code de la sécurité sociale est entrée en vigueur le 27 juin 2026 : le même oubli ne coûte pas la même chose avant et après cette date. Rien ne garantit que le paramètre suivant ira dans votre sens. Et surtout, une régularisation se prépare : elle suppose des pièces, et les pièces se perdent.
« Mon ISA est défiscalisé, donc il n’a pas à figurer dans ma déclaration française. »Deux confusions en une phrase. L’exonération est britannique et ne vaut qu’au Royaume-Uni. Et l’obligation déclarative française ne dépend pas du régime fiscal du compte : elle dépend de sa localisation. Le sujet est traité aux chapitres 08 et 14 ; ce qui importe ici est que l’ISA est, statistiquement, le premier compte oublié au retour.
« Je suis à jour de mes déclarations, donc je suis à jour de ma situation. » C’est le raisonnement le plus coûteux, et il est irréprochable en apparence. Le basculement de l’Inheritance Taxvers un rattachement fondé sur la résidence de longue durée ne produit aucun formulaire, aucun avis, aucune relance. Vous pouvez être parfaitement en règle chaque 31 janvier et chaque printemps français, et découvrir dix ans plus tard que votre patrimoine mondial est entré dans le champ d’un impôt britannique — et qu’il y reste plusieurs années après votre départ. Aucune de vos déclarations ne vous l’aura signalé. Le chapitre 24 traite le sujet, et c’est celui qu’il faut lire même si vous n’avez « rien à déclarer ».
Tenir la liste : ce que nous faisons concrètement
Le volet déclaratif d’un dossier franco-britannique n’est pas difficile intellectuellement. Il est difficile parce qu’il est réparti : deux administrations, deux calendriers, plusieurs interlocuteurs professionnels dont aucun n’a la vue d’ensemble, et des échéances qui ne tombent jamais en même temps. La méthode consiste donc moins à connaître chaque règle qu’à tenir une liste et à la revoir à date fixe.
Nous recommandons deux points de contrôle par an, calés sur les deux calendriers plutôt que sur le vôtre. Fin mars :revue de l’année fiscale britannique qui s’achève le 5 avril — arbitrages à réaliser avant la clôture, revendication du régime des nouveaux arrivants à préparer, cessions à positionner d’un côté ou de l’autre de la date. Fin septembre :revue déclarative — arbitrage entre dépôt papier au 31 octobre et logiciel agréé au 31 janvier si les pages SA109 sont requises, contrôle du dépôt français de l’année, contrôle du suivi d’exit tax, vérification que l’attestation de résidence de l’année a bien été demandée.
Et une chose que nous demandons systématiquement, parce qu’elle sauve les dossiers : tenez, dans un simple tableur, la liste de vos comptes et contrats avec, pour chacun, le pays, la date d’ouverture, la date de clôture le cas échéant, et l’année à partir de laquelle il a été déclaré. Cette liste ne se reconstitue pas après coup. Elle prend vingt minutes à créer et elle est la première pièce que nous demandons, comme elle est la première pièce que demandera un avocat le jour où il faudra arbitrer une régularisation.
Un mot enfin sur ce que nous ne faisons pas, et que personne ne devrait faire à votre place. Nous ne recommandons aucun établissement bancaire, aucun assureur, aucune société de gestion : ce guide décrit des catégories de solutions et des mécanismes, jamais des marques. Nous ne tranchons pas les questions de qualification fiscale internationale ni de procédure : elles reviennent à des avocats fiscalistes des deux pays. Et nous ne conseillons aucune démarche de régularisation sans consultation préalable, parce qu’une divulgation spontanée mal préparée est plus difficile à rattraper qu’un silence.
Faire l'inventaire une fois, plutôt que le reconstituer sous contrainte
L'inventaire déclaratif se fait bien à deux moments : dans les trois mois qui précèdent le départ, et dans les six mois qui précèdent le retour. Entre les deux, il se maintient. Nous établissons la liste complète des comptes, contrats et enveloppes détenus de part et d'autre, la cartographie des dépôts dus dans chaque pays avec leurs échéances propres, le contrôle des formalités conventionnelles qui conditionnent vos crédits d'impôt, et le dossier de preuve de l'origine des fonds. Les arbitrages de prescription, de régularisation et de pénalités relèvent d'avocats fiscalistes français et britanniques, dont la mise en relation fait partie de l'accompagnement.
Portée de ce chapitre
Sources primaires mobilisées : convention entre la France et le Royaume-Uni du 19 juin 2008 et son protocole, dans la version consolidée publiée par la DGFiP après application de la convention multilatérale BEPS, articles 24, 27, 29 et 30 ; convention du 21 juin 1963 en matière de successions, article 8 ; convention concernant l’assistance administrative mutuelle en matière fiscale (Conseil de l’Europe et OCDE, 1988, amendée en 2010) et sa mise en œuvre britannique par The International Mutual Administrative Assistance in Tax Matters Order 2011(SI 2011/1079) ; code général des impôts, articles 1649 quater-0 B bis, 197 A, 197 B, 235 ter et 244 bis A ; code de la sécurité sociale, article L. 136-8, dans sa version en vigueur depuis le 27 juin 2026 ; DGFiP, FAQ Brexit à destination des particuliers, versions du 16 février 2021 et du 14 janvier 2022, et page non-résidents d’impots.gouv.fr mise à jour le 19 juillet 2023 ; notice 2074-ETD, millésime 2025 ; doctrine BOFiP citée avec ses identifiants et ses dates, dont BOI-RFPI-PVINR-20-20 et BOI-RFPI-PVINR-30-20 ; pages GOV.UK et manuels HMRC RFIG41000 et RFIG42100, aide-mémoire HS266 (2026), formulaires P85 et SA109 (notes 2025-26, réf. HMRC 12/25) ; Taxation (International and Other Provisions) Act 2010, section 33 ; Taxation of Chargeable Gains Act 1992, Partie I, sections 1M à 1O, dans leur rédaction issue du Finance Act 2019 ; page NHS relative à l’inscription auprès d’un cabinet de médecine générale. Sources consultées le 29 juillet 2026.
Ce que ce chapitre ne tranche pas, et l’énoncé est volontairement explicite : le délai de reprise applicable en droit français au défaut de déclaration d’un compte étranger ; le montant et le fondement de l’amende pour compte non déclaré ; le barème et les conditions du régime britannique de pénalités applicable aux manquements portant sur des avoirs étrangers ; le fonctionnement détaillé, le calendrier et le périmètre de l’échange automatique de renseignements ; le fondement conventionnel exact de l’assistance mutuelle au recouvrement entre les deux États ; le fondement textuel du maintien de l’exonération de CSG et de CRDS pour les affiliés au régime britannique ; et l’articulation du formulaire S1 français avec cette exonération. Sur chacun de ces points, nous avons préféré écrire ce que nos sources établissent et nommer ce qu’elles n’établissent pas, plutôt que de combler par de la vraisemblance.
Les données fiscales sont annuelles et se périment. Les seuils et les taux britanniques changent au début de l’année fiscale, le 6 avril pour les personnes physiques, et non au 1erjanvier ; les échéances déclaratives britanniques citées ici — 31 octobre pour le dépôt papier, 31 janvier pour le dépôt en ligne — se rattachent à l’année fiscale considérée et non à l’année civile. Toute rédaction reprise plus de six mois après la date d’arrêté doit rouvrir les sources citées. Le droit est arrêté au 29 juillet 2026.
Ce chapitre ne constitue ni une consultation juridique ni une garantie de traitement fiscal. Il ne recommande aucun établissement financier, aucun assureur, aucune société de gestion, et ne prescrit aucune allocation. La qualification d’une situation dépend de faits que seule une instruction complète permet d’établir. Le cabinet est enregistré à l’ORIAS sous le numéro 23002291 et intervient en qualité de conseiller en investissements financiers, courtier en assurance et courtier en opérations de banque et en services de paiement ; les questions de procédure, de prescription et de pénalités se traitent avec des avocats fiscalistes, et le droit britannique avec des conseils établis au Royaume-Uni.
29. Le quotidien : logement, coût de la vie, écoles
« Il faut gagner combien pour vivre correctement à Londres ? » C’est la question que nous entendons le plus sur ce dossier, presque toujours posée à la fin d’un rendez-vous consacré à l’inheritance taxou à l’exit tax, sur le ton de celui qui s’excuse de demander une chose triviale. Elle n’est pas triviale. Elle décide plus de départs et plus de retours que tous les articles du code général des impôts réunis. Et la réponse honnête n’est pas un chiffre : c’est une structure de coûts, dont deux postes seulement — le logement et la garde d’enfants — expliquent l’essentiel de l’écart avec une installation à Lyon, à Bruxelles ou à Lisbonne.
Ce chapitre est écrit à contre-emploi du reste du guide. Ailleurs, nous exposons des règles de droit : elles sont dans un texte, elles se citent, elles se vérifient. Ici, nous parlons de prix, et les prix ne sont pas dans un texte. Nous avons donc pris un parti dont vous verrez la trace à chaque page : ne publier un montant que lorsqu’une source officielle le publie, et écrire « poste non publié » partout ailleurs, plutôt que de recopier la fourchette de place que tout le monde recopie. Le loyer moyen d’un arrondissement londonien est mesuré par l’office national des statistiques : nous le donnons, au mois près. Le tarif d’une crèche de Clapham ne l’est pas : nous ne l’inventons pas, nous vous donnons à la place l’arithmétique qui vous permettra de trancher avec vos propres devis. Vous trouverez cela frustrant à deux ou trois endroits. Nous le préférons à un budget faux.
Trois choses, dans ce chapitre, ne figurent nulle part dans le corpus francophone sur l’expatriation britannique, et ce sont les trois qui coûtent le plus cher. La première : au Royaume-Uni, l’impôt local d’habitation est dû par l’occupant, donc par vous, locataire, et il est assis sur une valeur de 1991 que personne ne réévalue. La deuxième : si vous versez votre loyer directement à un propriétaire qui vit hors du Royaume-Uni, la loi fait de vous un collecteur d’impôtet vous impose de retenir 20 % du loyer pour le compte de HMRC. La troisième : l’impôt britannique ignore le foyer fiscal, de sorte qu’un couple à deux carrières et un couple mono-actif de même revenu global n’ont pas du tout le même pouvoir d’achat. Nous chiffrons les trois.
Dernier avertissement, et il commande la lecture du chapitre entier. Un guide qui ne dirait que du bien de Londres serait un dépliant. Le logement y coûte, en moyenne, 914 £ de plus par moisque la moyenne nationale britannique. La garde d’enfants transforme l’équation d’un couple à deux carrières au point de la rendre parfois négative. Le coût d’entrée sur le territoire — visas et surtaxe santé — se paie d’avance, en une fois, avant la première fiche de paie, et dépasse 24 000 £ pour une famille de quatre personnes. Et le service public de santé, gratuit à l’entrée, affiche un 92epercentile d’attente de 38,3 semaines. Il y a d’excellentes raisons de partir. Il n’y en a aucune de partir sans avoir fait ces additions.
Quatre calendriers dans un seul chapitre, et un champ territorial à poser d’emblée
Avant le premier chiffre, deux précautions. Ce chapitre fait cohabiter quatre calendriers différents, et les confondre suffit à rendre un budget faux de plusieurs centaines de livres. L’impôt sur le revenu et les cotisations sociales britanniques relèvent de l’année fiscale des particuliers, du 6 avril au 5 avril : tous les barèmes de ce chapitre sont ceux de l’année 2026-27, ouverte le 6 avril 2026. La council taxrelève de l’exercice des collectivités locales, du 1er avril au 31 mars : les niveaux cités sont ceux de l’exercice 2026-27, en vigueur depuis le 1er avril 2026. Les droits d’immigration suivent leur propre table, entrée en vigueur le 8 avril 2026. Et les statistiques de marchésuivent l’année civile : les prix immobiliers cités sont ceux de mai 2026, les loyers ceux de juin 2026. Un montant « 2026 » sans cette précision ne vaut rien.
Seconde précaution, territoriale. Sauf mention contraire, les barèmes d’impôt sur le revenu de ce chapitre sont ceux de l’Angleterre, du pays de Galles et de l’Irlande du Nord : l’Écosse applique six tranches et un taux marginal supérieur, exposés au chapitre 21, et un lecteur qui s’installe à Édimbourg doit superposer ce barème à tous les calculs de revenu net présentés ici. La council tax est une compétence dévolue : les bandes anglaises reposent sur des valeurs du 1er avril 1991, les bandes galloises sur des valeurs du 1er avril 2003 avec une neuvième bande, et l’Irlande du Nord applique les domestic rates, régime distinct. Les majorations pour résidence secondaire citées plus bas sont anglaises. La High Value Council Tax Surcharge annoncée pour avril 2028 est anglaise. Et le droit locatif issu de la Renters’ Rights Act 2025 est, lui aussi, anglais.
Le loyer : ce que mesurent les chiffres officiels, et ce qu’ils ne mesurent pas
Les seules séries de loyers qui font autorité au Royaume-Uni sont celles du Price Index of Private Rentsde l’office national des statistiques, publié conjointement à l’UK House Price Indexde HM Land Registry pour les prix. Les indices de portails d’annonces mesurent des prix affichés, ceux des établissements de crédit des approbations de dossiers : ce ne sont pas les mêmes objets, et on ne les mélange pas dans un même tableau. Retenez aussi le décalage de publication : au moment où ce chapitre a été arrêté, le dernier mois disponible était mai 2026 pour les prix, en valeur provisoire et révisable pendant plusieurs mois, et juin 2026 pour les loyers.
Le fait contre-intuitif : Londres baisse pendant que le pays monte
C’est le point que la presse patrimoniale francophone n’a pas intégré, et il change l’arbitrage acheter/louer d’un nouvel arrivant. Sur douze mois à mai 2026, le prix moyen d’un logement londonien recule de 3,7 %. C’est le neuvième mois consécutif de recul annuel, tiré par l’Inner London à −5,9 %, alors que le Royaume-Uni progresse de 2,7 %, le pays de Galles de 4,2 % et l’Écosse de 4,4 %. Dans le même temps, le marché locatif londonien est le moins inflationniste d’Angleterre : +2,2 % contre +3,4 % pour la moyenne anglaise. Autrement dit, pour un nouvel arrivant, Londres est aujourd’hui la ville britannique où le loyer dérive le moins vite — et où le patrimoine immobilier se déprécie le plus. Ce sont deux excellentes raisons de louer d’abord.
| Territoire | Prix moyen (mai 2026) | Variation 12 mois | Loyer mensuel moyen (juin 2026) | Variation 12 mois |
|---|---|---|---|---|
| Royaume-Uni | 271 000 £ (provisoire) | +2,7 % | 1 388 £ | +3,3 % |
| Angleterre | 292 000 £ | +2,3 % | 1 446 £ | +3,4 % |
| Pays de Galles | 215 000 £ | +4,2 % | 843 £ | +4,9 % |
| Écosse | 196 000 £ | +4,4 % | 1 012 £ | +1,3 % |
| Irlande du Nord | 198 000 £ (T1 2026) | +7,4 % | 877 £ (avril 2026) | +2,9 % |
| Londres | 545 000 £ | −3,7 % | 2 302 £ | +2,2 % |
L’écart à retenir tient en une soustraction : 2 302 £ contre 1 388 £, soit 914 £ de plus par mois à Londres que la moyenne du pays, 10 968 £ par an. Sur une expatriation de cinq ans, c’est 54 840 £de logement supplémentaire, avant impôt, avant tout le reste. Ce chiffre-là est le seul argument sérieux en faveur d’une installation provinciale, et il doit être posé avant les considérations de réseau professionnel qui, en général, closent le débat dans l’autre sens.
Arrondissement par arrondissement : de 1 693 £ à 3 596 £ par mois
La moyenne londonienne de 2 302 £ n’a aucune existence concrète : personne ne loue la moyenne. L’ONS publie des séries locales par arrondissement, et l’amplitude entre le plus cher et le moins cher est d’un facteur supérieur à deux. Voici les niveaux relevés, avec le prix moyen d’acquisition en regard, parce que les deux ne varient pas dans le même sens et que c’est instructif.
| Arrondissement | Loyer moyen (juin 2026) | Variation 12 mois | Prix moyen (mai 2026) | Variation 12 mois |
|---|---|---|---|---|
| Kensington & Chelsea | 3 596 £ | +0,5 % | 1 256 000 £ | −10,7 % |
| Westminster | 3 168 £ | −2,5 % | 836 000 £ | −22,8 % |
| Islington | 2 843 £ | +5,4 % | non disponible | — |
| Camden | 2 791 £ | −0,5 % | 806 000 £ | −6,2 % |
| Lambeth | 2 523 £ | +5,1 % | 545 000 £ | −2,9 % |
| Tower Hamlets | 2 429 £ | +2,7 % | 444 000 £ | −14,5 % |
| Haringey | 2 210 £ | +1,7 % | non disponible | — |
| Newham | 1 928 £ | +4,2 % | 405 000 £ | −1,4 % |
| Barking & Dagenham | 1 693 £ | +3,6 % | 361 000 £ | +0,2 % |
L’écart entre Camden et Barking & Dagenham est de 1 098 £ par mois, soit 13 176 £ par an. C’est le vrai sujet du choix de quartier, et il se pose comme un arbitrage : treize mille livres annuelles contre un temps de trajet quotidien et un coût de transport que nous ne chiffrons pas ici, faute de source officielle relevée dans notre documentation. Une famille qui hésite entre le nord de Lambeth et l’est de Newham arbitre, sur cinq ans, l’équivalent d’une année de scolarité privée ou d’un apport immobilier.
Ce que ces moyennes ne disent pas, et que nous ne remplacerons pas par une estimation
Les loyers ci-dessus sont des moyennes tous types de logements confondus : un studio en tour de Tower Hamlets et une maison de quatre chambres à Camden entrent dans la même moyenne. La ventilation par nombre de chambres n’a pas été relevée dans notre socle documentaire, et nous ne lui substituons pas une fourchette d’agence.
Conséquence pratique : lisez ces chiffres comme un classement d’arrondissements, pas comme un devis. Le rapport entre la moyenne de l’arrondissement et le loyer de la typologie que vous cherchez se reconstitue en une heure sur les annonces réelles, et cette heure-là, personne ne peut la passer à votre place. Ce que la moyenne officielle vous apporte, et qu’aucune annonce ne vous apportera, c’est l’échelle et la tendance : savoir qu’Islington monte de 5,4 % quand Westminster recule de 2,5 % oriente une négociation de renouvellement bien mieux qu’un prix affiché.
Hors de Londres : l’écart approche mille livres par mois
Deux marchés méritent d’être posés en regard, parce qu’ils reçoivent l’essentiel des expatriations françaises non londoniennes. À Manchester, le loyer moyen est de 1 358 £(+3,5 % sur douze mois) et le prix moyen de 247 000 £. À Birmingham, le loyer moyen est de 1 090 £(+3,0 %), et 912 £ pour un appartement, avec un prix moyen de 233 000 £ et un appartement à 145 000 £. Un appartement à Birmingham loué 912 £ contre une moyenne londonienne à 2 302 £, c’est 1 390 £ par mois et 16 680 £ par and’écart. Sur un revenu net de cadre, cet écart vaut souvent plus qu’une différence de salaire de 25 000 £ brut. Nous n’encourageons personne à choisir sa ville sur ce seul critère ; nous constatons qu’il est presque toujours absent des comparaisons d’offres d’emploi que l’on nous soumet.
Le bail vu du locataire : ce que la réforme locative anglaise change pour vous
Le droit locatif anglais a connu, avec la Renters’ Rights Act 2025, la réforme la plus importante depuis une génération, et elle joue en faveur du locataire. Les assured shorthold tenancies — le bail de droit commun à durée déterminée, en général de douze mois — disparaissent ; tous les baux deviennent périodiques, c’est-à-dire glissants ; les baux existants basculent automatiquementdans le nouveau régime ; et le congé sans motif de la section 21, qui permettait au bailleur de reprendre son bien à l’échéance sans avoir à se justifier, est aboli. Les motifs de reprise sont désormais limitativement énumérés et soumis au juge.
Réserve de vérification, et elle est sérieuse.La date de sanction royale — le 27 octobre 2025 — et la date de commencement de l’abolition de la section 21 — le 1er mai 2026 — sont l’une et l’autre établies sur des textes publiés : les Renters’ Rights Act 2025 (Commencement No. 2 and Transitional and Saving Provisions) Regulations 2026, S.I. 2026/421, prises le 16 avril 2026, font entrer en vigueur au 1er mai 2026 le chapitre 1 de la partie 1 de la loi. Les deux règles transitoires figurent dans la loi elle-même, à son annexe 6, § 3 et 4 : le congé de section 21 doit avoir été délivré avant la date de commencement, donc au plus tard le 30 avril 2026, et non le 28 avril ; et la demande d’introduction d’instance doit intervenir avant l’expiration de la période applicable, égale à six mois à compter de la délivrance du congé, ou à trois mois à compter du 1er mai 2026 — soit le 31 juillet 2026 — si cette seconde échéance vient la première. Si votre décision dépend de ces dates — un préavis à donner, une procédure en cours —, faites-les revérifier.
Ce qui ne dépend pas de la date, en revanche, c’est le sens de la réforme, et il faut le lire dans les deux sens. Comme locataire, vous gagnez une sécurité d’occupation qu’aucun bail français à usage d’habitation ne vous donnerait davantage, et vous perdez la rigidité de la durée déterminée : un bail glissant se quitte avec préavis, ce qui est précieux quand on arrive dans une ville qu’on ne connaît pas et qu’on se trompe de quartier — ce qui arrive à peu près à un arrivant sur deux. Comme futur bailleur, si vous achetez à Londres en pensant récupérer votre bien à votre retour en France, l’hypothèse d’une reprise à la date de votre choix n’est plus acquise. Le chapitre 18 traite cette face-là du sujet.
Les six questions à poser avant de signer un bail, dont trois que nous ne pouvons pas trancher à votre place
1. Qui encaisse le loyer, et où réside le bénéficiaire ?C’est la question la plus importante du lot et la moins posée : elle décide si vous devenez redevable d’une retenue à la source (voir la section suivante). Exigez une réponse écrite.
2. Dans quelle bande de council tax se trouve le logement ? Elle est publique, elle est attachée au bien, et elle peut faire varier votre charge annuelle du simple au triple. Un appartement rénové peut se trouver dans une bande élevée pour des raisons qui datent de 1991.
3. Quel est le classement de performance énergétique du logement ?Il commande votre facture d’énergie, et le parc londonien ancien — brique victorienne, simple vitrage, murs sans isolation — est massivement classé en dessous de la norme cible.
4, 5 et 6 : le dépôt de garantie, les frais d’agence et les exigences de garant. Deux de ces trois postes sont fixés par la loi en Angleterre, et il faut les connaître avant de signer. Le Tenant Fees Act 2019, à son annexe 1, § 2, plafonne le dépôt de garantie à cinq semaines de loyerlorsque le loyer annuel est inférieur à 50 000 £, et à six semainesau-delà : sur la moyenne londonienne de 2 302 £ par mois, soit 27 624 £ par an, le plafond est de 2 656 £. Le même texte plafonne le dépôt de réservation à une semaine de loyer et interdittout paiement exigé du locataire qui ne figure pas sur sa liste limitative : les frais d’agence à la charge du locataire, usuels en France, sont prohibés. Le dépôt doit en outre être placé dans un dispositif de consignation agréé, l’information prescrite étant remise au locataire dans les trente jours (Housing Act 2004, art. 213). Les exigences de garant, elles, relèvent de la pratique et ne sont pas encadrées : faites-les confirmer par écrit par l’agent avant toute réservation, et demandez sous quel dispositif de consignation le dépôt sera placé.
Le piège que personne ne raconte : votre bailleur vit à l’étranger, et la loi fait de vous un collecteur d’impôt
Voici la situation la plus banale du monde. Vous arrivez à Londres, vous louez un deux-pièces à Tower Hamlets, et le propriétaire est un banquier parti à Singapour qui n’a pas voulu vendre au creux du marché. Il vous demande de virer le loyer sur son compte, sans passer par une agence, « pour éviter les frais ». Vous acceptez. Vous venez, sans le savoir, de devenir redevable envers l’administration fiscale britannique.
Le Non-resident Landlord Schemeorganise une retenue à la source sur les loyers versés à un bailleur qui réside hors du Royaume-Uni. Le mécanisme vise en premier lieu l’agent immobilier, tenu de retenir quel que soit le montant du loyer, sauf dispense écrite de HMRC. Mais il vise aussi, et c’est la partie que personne ne dit aux locataires français, le locataire lui-même, dès lors qu’il verse plus de 100 £ par semaineà un bailleur résidant à l’étranger et qu’aucun agent n’intervient. Le taux de retenue est le taux de base de l’impôt sur le revenu, soit 20 %, appliqué au loyer net des dépenses déductibles admises par le régime. Ce taux est celui de l’année fiscale 2026-27 : le Finance Act 2026 ayant créé, à compter de 2027-28, un taux de base propre aux revenus fonciers de 22 %, le point de savoir si la retenue du régime suit ce nouveau taux n’est pas tranché à la date d’arrêté de ce chapitre. À revérifier avant le 6 avril 2027.
Un loyer londonien moyen dépasse cinq fois le seuil de déclenchement
LE SEUIL
Loyer mensuel londonien moyen (ONS, juin 2026) ...... 2 302,00 £
Equivalent hebdomadaire 2 302 x 12 / 52 ............... 531,23 £
Seuil de declenchement du regime ....................... 100,00 £ / semaine
=> VOUS ETES DANS LE CHAMP, ET TRES LARGEMENT
SI VOUS PAYEZ DIRECTEMENT UN BAILLEUR RESIDANT HORS DU ROYAUME-UNI
Loyer annuel 2 302 x 12 ............................ 27 624,00 £
Retenue au taux de base, 20 % du loyer net des
depenses deductibles admises
(illustration a depenses nulles) ..................... 5 524,80 £
Versement a HMRC dans les 30 jours de la fin de
chaque trimestre : 30 juin, 30 septembre,
31 decembre, 31 mars
SI LE BIEN EST GERE PAR UN AGENT IMMOBILIER
Retenue a votre charge ................................... 0,00 £
L'agent retient quel que soit le montant du loyer,
sauf dispense ecrite de HMRC ; il declare chaque
annee au moyen du formulaire NRLY et remet au
bailleur un certificat NRL6, au plus tard le 5 juillet
CE QUE LE LOCATAIRE REDEVABLE DOIT FAIRE, EN PLUS DE RETENIR
S'enregistrer aupres de HMRC au titre du regime
Deposer chaque annee le formulaire NRLY et remettre
au bailleur le certificat NRL6, au plus tard le 5 juillet
Ces deux obligations subsistent meme lorsque HMRC a
autorise le bailleur a percevoir sans retenue
L'enregistrement est egalement du lorsque le loyer est
verse a un representant du bailleur au Royaume-Uni qui
n'est pas un agent immobilier - un proche, par exempleParamètres du Non-resident Landlord Scheme établis sur HMRC, « Paying tax on rent to landlords abroad », vérifié le 29/07/2026 : obligation de l'agent quel que soit le montant, obligation du locataire au-delà de 100 £ par semaine, taux de base de 20 %, assiette du loyer net des dépenses déductibles admises, échéances trimestrielles à 30 jours, formulaires NRL4, NRLY et NRL6. Le loyer de 2 302 £ est la moyenne londonienne ONS de juin 2026. L'illustration à dépenses nulles majore la retenue : sur un dossier réel, l'assiette est nette des dépenses admises.
Deux précisions honnêtes sur ce mécanisme, parce qu’il est facile de l’exagérer. Première précision : dans la très grande majorité des locations londoniennes, un agent intervient, et c’est lui le redevable — vous n’avez rien à faire. Le risque se concentre sur les locations de gré à gré, entre particuliers, très fréquentes dans les communautés d’expatriés où l’on se recommande un appartement. Seconde précision : le bailleur peut obtenir de HMRC une autorisation de percevoir sans retenue, qui supprime votre obligation de retenir— mais elle ne supprime pas vos autres obligations, et la page HMRC est expresse sur ce point : « You don’t need to deduct the tax if HMRC has told you in writing that the landlord can receive the rent with no tax deducted, but you must still register with HMRC and complete an annual report ». Elle se demande par formulaire, HMRC l’accorde si le dossier est complet et exact et si elle est convaincue que le bailleur respectera ses obligations fiscales britanniques, et elle peut être refusée ou retirée. La page HMRC consultée ne nomme pas le formulaire de demande d’encaissement brut ; elle nomme le NRL4 pour l’enregistrement des agents, le NRLY pour la déclaration annuelle et le NRL6 pour l’attestation au bailleur.
La phrase à faire écrire dans votre échange de courriels avant le premier virement
« Merci de me confirmer par écrit : (i) si le loyer est encaissé par un agent immobilier établi au Royaume-Uni ou directement par vous ; (ii) si vous résidez hors du Royaume-Uni au sens du Non-resident Landlord Scheme ; (iii) le cas échéant, si vous détenez une autorisation de HMRC de percevoir vos loyers sans retenue, et de m’en transmettre copie. »
Trois lignes, envoyées avant le premier virement, qui vous évitent de découvrir dix-huit mois plus tard que vous auriez dû verser 5 524 £à HMRC. L’agrément dont bénéficie éventuellement votre bailleur ne le dispense pas d’impôt : il supprime seulement la retenue. C’est son affaire, pas la vôtre — mais la copie de l’autorisation, elle, est la vôtre.
Le bail que vous signez décide aussi de votre résidence fiscale
Un point d’articulation que le chapitre 05 traite au fond et qu’il faut au moins poser ici, parce qu’il se joue au moment de la signature du bail et pas au moment de la déclaration. Le Statutory Residence Testbritannique repose, pour les cas intermédiaires, sur un décompte d’attaches. L’une d’elles est l’attache logement : elle existe dès lors que vous disposez d’un logement au Royaume-Uni pendant une période continue de 91 jours ou plusau cours de l’année fiscale et que vous y passez au moins une nuitdans l’année. Une interruption de disponibilité de moins de 16 joursne rompt pas la continuité et compte dans les 91 jours.
Traduit en pratique : un bail de douze mois signé à Londres crée cette attache dès la première nuit passée dans le logement, et il continue de la créer après votre départ tant que le bail court. Le pied-à-terre laissé vide mais disponible, où l’on dort une seule nuit dans l’année, est l’attache la plus facile à déclencher involontairement. Pour un lecteur qui organise un aller-retour Paris-Londres sur deux ans, ou qui garde une chambre à disposition chez un proche, c’est une ligne de son bail qui décide de son imposition — pas sa volonté, pas son adresse déclarée. Le décompte exact des seuils, les tables d’attaches et le traitement des leavers sont au chapitre 05, et ils ne se devinent pas.
La council tax : l’impôt d’occupation, assis sur une valeur de 1991, et il est pour vous
Premier décalage avec le réflexe français : la council taxest due au titre de l’occupationd’un logement, non de sa propriété. La règle générale est que l’occupant adulteen est redevable, le propriétaire ne le devenant que dans certains cas — logement vacant, logements en multi-occupation. Un locataire français à Londres paie donc, chaque mois, un impôt local d’habitation. Ce n’est pas un détail de budget : c’est une ligne à trois chiffres qui n’apparaît sur aucune annonce immobilière et que personne ne mentionne dans les comparaisons de salaires.
Second décalage : l’assiette. La council tax est établie par bandes de valeur, à une date de référence historique jamais réévaluée en Angleterre depuis 1991. Les huit bandes anglaises reposent sur la valeur du bien au 1er avril 1991 ; les neuf bandes galloises sur la valeur au 1er avril 2003. La conséquence est contre-intuitive et il faut la dire franchement : la council tax est fortement dégressive en pourcentage de la valeur. Un logement londonien à 3 M£ et un logement à 400 000 £ peuvent se trouver dans des bandes voisines, la grille de 1991 étant écrasée par le haut. Le locataire d’un studio dans un immeuble ancien de zone 2 peut payer, en proportion de son loyer, davantage que le locataire d’une maison à Chelsea.
| Bande (Angleterre) | Valeur au 1er avril 1991 | Bande (pays de Galles) | Valeur au 1er avril 2003 |
|---|---|---|---|
| A | jusqu'à 40 000 £ | A | jusqu'à 44 000 £ |
| B | 40 001 – 52 000 £ | B | 44 001 – 65 000 £ |
| C | 52 001 – 68 000 £ | C | 65 001 – 91 000 £ |
| D | 68 001 – 88 000 £ | D | 91 001 – 123 000 £ |
| E | 88 001 – 120 000 £ | E | 123 001 – 162 000 £ |
| F | 120 001 – 160 000 £ | F | 162 001 – 223 000 £ |
| G | 160 001 – 320 000 £ | G | 223 001 – 324 000 £ |
| H | plus de 320 000 £ | H | 324 001 – 424 000 £ |
| — | — | I | plus de 424 000 £ |
Les niveaux, maintenant. Pour l’exercice 2026-27, ouvert le 1er avril 2026, la council taxmoyenne de bande D en Angleterre est de 2 392 £, en hausse de 111 £, soit 4,9 % sur l’exercice précédent, tous preceptsinclus, dont la contribution à l’aide sociale aux adultes et les paroisses. La council taxmoyenne par logement, toutes bandes confondues, est de 1 868 £, en hausse de 5,5 %. Ce niveau de bande D est une moyenne nationale : la moyenne de bande D des collectivités londoniennes, précepte de l’autorité du Grand Londres compris, est sensiblement plus basse, à 2 068 £pour 2026-27 — Londres est, sur cet impôt, une zone de charge faible. Les budgets londoniens présentés plus bas retiennent la moyenne anglaise : sur cette seule ligne, ils sont donc prudents d’environ 27 £ par mois. Le chiffre qui donne la trajectoire : sur 384 collectivités soumises au régime du référendum, 274 ont utilisé la flexibilité maximalede hausse. Autrement dit, la hausse au plafond est la règle et non l’exception : dans un budget prévisionnel à cinq ans, cette ligne se projette en hausse, pas à niveau constant.
Un abattement compte vraiment pour la clientèle qui nous consulte : si vous vivez seul, ou si toutes les autres personnes du foyer sont disregarded, la charge est réduite de 25 %. Sur une bande D moyenne, cela ramène 2 392 £ à 1 794 £ par an, soit 149,50 £ par mois. Un célibataire qui prend une colocation perd cet abattement : l’économie de loyer se paie, pour partie, en council tax.
À l’autre bout, la majoration. Depuis le 1er avril 2025, les collectivités anglaises peuvent appliquer une majoration pouvant aller jusqu’à 100 % sur les résidences secondaires, définies comme les logements substantiellement meublés sans occupant — donc pas la résidence unique ou principale de quelqu’un. Le pouvoir est discrétionnaire : chaque collectivité décide, et une majoration nouvelle doit être décidée au moins douze mois avantl’exercice au cours duquel elle s’applique. Des exceptions obligatoiresexistent, que les collectivités ne peuvent écarter. Conséquence pour le Français qui garde un pied-à-terre londonien meublé et inoccupé : il peut se voir appliquer jusqu’à 200 % de la council tax de sa bande, soit 4 784 £sur une bande D moyenne. Cette conclusion vaut en Angleterre : le pays de Galles autorise des majorations supérieures, l’Écosse applique son propre régime, et ces niveaux n’ont pas été revérifiés sur source primaire dans notre documentation.
Enfin, la mesure dont on vous parlera et qui ne vous concerne pas si vous êtes locataire. La High Value Council Tax Surcharge, souvent appelée « mansion tax » dans la presse, est une charge annuelle annoncée pour avril 2028, visant les logements résidentiels valant 2 M£ et plus, dont le redevable est le propriétaire, et dont la portée est limitée à l’Angleterre. C’est tout ce qui est établi. Le véhicule législatif n’était pas identifié à la date de rédaction : la mesure repose sur une annonce budgétaire et sur une consultation close, et son designétait encore en consultation. Les montants annuels de 2 500 £ à 7 500 £, la réévaluation quinquennale et le rendement attendu qui circulent partout ne figurent pas sur la page GOV.UK principale : ils proviennent d’un factsheet ou du document budgétaire, et nous ne les publions pas comme du droit en vigueur. Le chapitre 16 traite la question du point de vue du propriétaire.
L’énergie et les charges : ce que nous chiffrons et ce que nous refusons de chiffrer
Commençons par ce qui est établi, et qui est une bonne nouvelle. L’énergie domestique — électricité, gaz, fioul, combustibles solides — relève du taux réduit de TVA de 5 %au Royaume-Uni, contre un taux normal de 20 %. Les matériaux d’économie d’énergieinstallés dans des bâtiments d’habitation relèvent du taux zéro— une spécificité britannique qu’il ne faut pas confondre avec une exonération, puisqu’elle ouvre droit à déduction de la TVA d’amont — mais jusqu’au 31 mars 2027 seulement. Si vous achetez et que vous envisagez des travaux d’isolation, cette date est un paramètre de calendrier réel.
Ce que nous ne publions pas : le montant d’une facture d’énergie type. Notre documentation ne comporte aucune donnée officielle relevée sur le plafond tarifaire ou sur la dépense moyenne d’un ménage britannique, et nous ne substituons pas à cette absence une moyenne de comparateur. La méthode qui remplace ce chiffre est la suivante, et elle est plus fiable qu’une moyenne : demandez à l’agent ou au locataire sortant les factures des douze derniers moiset le classement de performance énergétique du logement. Deux appartements de même surface dans le même arrondissement peuvent différer d’un facteur deux sur ce poste selon l’isolation et le mode de chauffage.
Le point de calendrier qui explique pourquoi le parc locatif londonien reste froid, et pourquoi il ne le restera pas indéfiniment. Le gouvernement a arrêté de porter la norme minimale du parc locatif privé en Angleterre et au pays de Gallesà l’équivalent d’un classement C, avec conformité de tous les baux dans le champ au plus tard le 1er octobre 2030. La dépense mise à la charge du bailleur est plafonnée au plus faible de 10 000 £ ou 10 % de la valeur du logement — donc à moins de 10 000 £ pour les biens modestes —, et l’étude d’impact retient une dépense moyenne estimée de 5 400 £. Un bien classé C ou mieux sur l’ancienne métrique avant le 1er octobre 2029 est réputé conforme jusqu’à l’expiration de son certificat. La norme est bi-métrique— performance de l’enveloppe et métrique secondaire —, et non un simple classement C. Traduction pour un locataire de 2026 : la loi ne vous donne pas droit à un logement chaud avant 2030, et le bailleur d’un appartement victorien mal isolé n’a, d’ici là, aucune obligation de le chauffer mieux. Négociez le loyer en conséquence, ou changez d’immeuble.
Un mot pour ceux qui achètent, parce que la ligne « charges » d’un appartement londonien n’a pas d’équivalent français exact. Le régime dominant est le leasehold, bail emphytéotique sur le lot, avec un ground rent — loyer foncier — et une service chargequi couvre entretien, réparations, assurance du bâtiment, gestion et fonds de réserve. Précision qui change le calcul pour un acquéreur dans le neuf : le Leasehold Reform (Ground Rent) Act 2022 ramène le ground rent à un montant symbolique — la peppercorn rent— pour tout bail long d’habitation consenti à titre onéreux à compter du 30 juin 2022. Un bail récent n’en supporte donc plus ; un bail ancien, si. Le leaseholdera le droit d’obtenir un état détaillé du mode de calcul et de l’affectation des charges avec pièces justificatives, de contester devant le tribunal une charge déraisonnable, et d’être consulté avant toute dépense excédant 250 £ par leaseholder pour des travaux, ou 100 £ par an et par leaseholderpour un contrat de plus de douze mois. Le ministère qualifie lui-même les charges déraisonnables et les loyers fonciers élevés de problèmes structurels du régime. S’y ajoute, pour les immeubles à façade défectueuse, le risque de remédiation : la contribution du leaseholderéligible est plafonnée selon la valeur du logement — nulle en dessous de 325 000 £ dans le Grand Londres, 15 000 £ jusqu’à 1 M£, 50 000 £ entre 1 et 2 M£ et 100 000 £ au-delà —, ce plafond étant décennal, la charge annuelle ne pouvant excéder un dixième du plafond, et le volet façades étant intégralement pris en charge. Pour un appartement de plus de 2 M£, le risque à provisionner est de 100 000 £, pas de 15 000 £. Le chapitre 16 développe.
La santé : gratuite à l’entrée, payée d’avance, et longue au milieu
Le système britannique surprend un Français dans les deux sens. Dans le bon : le critère d’accès au NHS est la résidence, pas la cotisation. Les cotisations sociales britanniques ne conditionnent pas l’accès aux soins. L’inscription chez un médecin généraliste est ouverte à toute personne présente en Angleterre, et la page du NHS écrit une phrase qu’aucune administration française n’écrirait : « You do not need ID, proof of address or proof of immigration status ». La confirmation d’inscription intervient généralement sous cinq jours, parfois plus. Un cabinet peut refuser — s’il n’accepte plus de nouveaux patients, si vous résidez hors de sa zone, ou si vous avez été précédemment radié — mais il doit motiver son refus par écrit dans les quatorze jours.
Dans le mauvais sens, deux choses. La première est structurelle : le généraliste est un point d’entrée obligé. Sauf urgence, l’accès au spécialiste passe par son orientation. La page du NHS consultée le 29/07/2026 ne décrit pas de voie d’accès direct au spécialiste comparable à celle qu’offre le parcours de soins français moyennant une moindre prise en charge : sauf urgence, l’orientation du généraliste conditionne le rendez-vous. La seconde est quantitative, et les chiffres officiels sont sans ambiguïté.
| Indicateur d'attente NHS England, fin mars 2026 | Valeur |
|---|---|
| Parcours en attente de traitement | 7,1 millions |
| Patients uniques (estimation) | environ 6,0 millions |
| Part des patients attendant 18 semaines ou moins | 65,3 % |
| Norme constitutionnelle, expressément non atteinte | 92 % |
| Délai médian d'attente | 11,3 semaines |
| 92e percentile | 38,3 semaines |
| Attente supérieure à 52 semaines | 94 406 parcours |
| Attente supérieure à 65 semaines | 4 342 parcours |
| Attente supérieure à 78 semaines | 1 047 parcours |
| Attente supérieure à 104 semaines | 154 parcours |
La lecture utile n’est pas la moyenne, c’est la dispersion. La médiane à 11,3 semaines dit que la moitié des patients attend moins de trois mois : ce n’est pas catastrophique. Le 92e percentile à 38,3 semaines dit que la queue de distribution est très longue : près de neuf mois pour un patient sur douze. C’est cette queue-là, et non la médiane, qui explique le recours massif à l’assurance privée — et c’est elle qui décide, dans un dossier réel, si votre prothèse de hanche ou l’orthodontie de votre fils se fait en 2027 ou en 2028.
Les restes à charge, ensuite. Les prescriptions en Angleterre coûtent 9,90 £ par article, et non par ordonnance : une ordonnance de quatre médicaments coûte 39,60 £. Certains articles restent gratuits, notamment la contraception et les médicaments prescrits aux patients hospitalisés. Des prepayment certificatesde trois et douze mois existent et sont plus économiques pour un traitement régulier : leurs montants n’ont pas été relevés sur la page consultée et nous ne les publions pas. Dans les trois autres nations, les prescriptions du NHS sont gratuites : le pays de Galles a supprimé la participation en 2007, l’Irlande du Nord en 2010 et l’Écosse en 2011. La page anglaise que nous citons ne traite que l’Angleterre ; la gratuité des trois autres nations se vérifie sur leurs propres services de santé, et elle pèse dans un arbitrage Londres / Édimbourg. Les soins dentaires du NHS en Angleterre sont facturés en trois bandes, par cure de traitement et non par acte — une bande couvre un nombre illimité de soins conservateurs dans la même cure —, avec une revalorisation entrée en vigueur au 1er avril 2026. Les tarifs 2026-27 qui circulent proviennent de sources professionnelles dentaires et non d’une source primaire : nous ne les publions pas, et ils se vérifient en une minute sur le site du NHS.
Le privé, enfin, et c’est là que le conseil francophone se trompe de question. Le marché britannique de l’assurance santé couvrait 6,5 millions de personnes en 2024, en hausse de 4 % sur un an, dont 4,8 millions par des contrats collectifs d’entreprise ; 4 milliards de livresde sinistres ont été réglés en 2024, en hausse de 13 %, pour 1,8 millionde personnes ayant déclaré un sinistre. La structure du marché commande la conclusion : au Royaume-Uni, l’assurance santé privée est très majoritairement un avantage social d’entreprise, pas un achat individuel. La question pertinente pour un cadre français expatrié n’est donc pas « combien coûte une couverture privée » mais « le package d’embauche en inclut-il une, et pour quels ayants droit ». C’est un point de négociation salariale, à traiter avant la signature, et non une ligne de budget familial. Nous ne publions aucune prime moyenne : la fédération professionnelle britannique n’en publie pas, et les fourchettes qui circulent proviennent de comparateurs commerciaux. Si vous devez souscrire à titre individuel, faites établir de vrais devis, et intégrez que l’inflation médicale privée est un facteur d’évolution constamment cité dans ce marché.
Le poste de santé le plus lourd est celui que vous payez avant d’arriver
La surtaxe santé des titulaires de visa — Immigration Health Surcharge — est due par année de séjour autorisée et par personne, dépendants inclus, et payée en une seule fois au dépôt du dossier. Elle est de 1 035 £ par an au taux standard et de 776 £ par an pour les étudiants, leurs personnes à charge, les titulaires du Youth Mobility Scheme et les moins de 18 ans, montants en vigueur depuis le 6 février 2024 en vertu de l’Immigration (Health Charge) (Amendment) Order 2024, S.I. 2024/55.
Pour une famille de quatre personnes — deux adultes, deux enfants — sur un visa de cinq ans : (2 × 1 035 £ + 2 × 776 £) × 5 = 18 110 £, exigibles d’avance. Pour quatre adultes, le calcul donne 20 700 £. Deux règles de tranches, souvent omises, changent le résultat sur les durées courtes : un visa de 18 mois ou moinsse paie une année pleine plus une demi-année ; un visa de plus de 18 mois et moins de deux ans se paie deux années pleines. Les personnes couvertes par l’accord de retrait, titulaires d’un statut au titre de l’EU Settlement Scheme, ne relèvent pas du régime de visa et n’en sont pas redevables. Le chapitre 06 chiffre les routes une par une.
Attention à une source : la page GOV.UK du guide de santé des migrants n’a pas été mise à jouret affiche encore 470 £ et 624 £. Ce sont les montants antérieurs au 6 février 2024. Un chiffre de 1 145 £ circule également : il ne correspond à aucun instrument réglementaire identifié.
Les enfants : l’imposition individuelle décide avant même qu’on parle de crèche
Voici le point où l’intuition française est le plus radicalement fausse, et il pèse plus lourd, en livres, que tous les postes de dépense de ce chapitre réunis. L’impôt britannique sur le revenu est strictement individuel.Le barème ne comporte ni quotient conjugal ni quotient familial, et l’assiette n’est pas celle d’un foyer. Deux couples de même revenu global ne paient donc pas le même impôt : celui dont les revenus sont équilibrés paie nettement moins. La seule respiration notable prévue par le droit britannique est la Marriage Allowance, marginale au regard des montants en jeu ; s’y ajoute la Married Couple’s Allowance, réservée aux couples dont l’un des membres est né avant le 6 avril 1935, donc sans portée pour la clientèle de ce chapitre.
Cent mille livres de revenu : le même montant, deux foyers, 12 819 £ d'écart
HYPOTHESES - annee fiscale 2026-27, bareme rUK
Deux enfants a charge
Aucune cotisation de retraite, aucun don Gift Aid
Personal allowance pleine de 12 570 £ pour chacun
FOYER A - UN SEUL ACTIF A 100 000 £
Income tax 37 700 x 20 % ........................ 7 540,00 £
49 730 x 40 % ....................... 19 892,00 £
NIC salarie 37 700 x 8 % ........................ 3 016,00 £
49 730 x 2 % .......................... 994,60 £
PRELEVEMENTS ...................................... 31 442,60 £
NET ANNUEL ........................................ 68 557,40 £
Child Benefit - revenu net ajuste > 80 000 £,
reprise integrale ....................................... 0,00 £
RESSOURCE ANNUELLE DU FOYER ....................... 68 557,40 £
FOYER B - DEUX ACTIFS A 50 000 £ CHACUN
Income tax 37 430 x 20 % ......... 7 486,00 £ par personne
NIC salarie 37 430 x 8 % ......... 2 994,40 £ par personne
PRELEVEMENTS 10 480,40 x 2 ....................... 20 960,80 £
NET ANNUEL ........................................ 79 039,20 £
Child Benefit (27,05 + 17,90) x 52 ................ 2 337,40 £
RESSOURCE ANNUELLE DU FOYER ....................... 81 376,60 £
ECART, A REVENU BRUT GLOBAL IDENTIQUE ............... 12 819,20 £
EN FAVEUR DU FOYER BBarème rUK 2026-27 : personal allowance 12 570 £, basic rate 20 % sur les 37 700 premières livres taxables, higher rate 40 % au-delà. NIC salarié classe 1 catégorie A : 8 % entre 12 570 et 50 270 £, 2 % au-delà. Child Benefit 2026-27 : 27,05 £ par semaine pour l'aîné, 17,90 £ par semaine par enfant supplémentaire. High Income Child Benefit Charge : reprise de 1 % par tranche de 200 £ au-dessus de 60 000 £ de revenu net ajusté individuel, intégrale à 80 000 £. Sources GOV.UK et annexe A du Budget 2025, vérifiées le 29/07/2026. Calcul dérivé, assumé comme tel.
Douze mille huit cent dix-neuf livres d’écart annuel, à revenu brut global identique, pour la seule raison que l’un des deux couples a réparti ses revenus. Sur cinq ans, c’est 64 096 £. Aucune optimisation patrimoniale usuelle ne produit ce résultat-là, et il se joue au moment de la négociation d’un contrat de travail, pas au moment de la déclaration.
Le mécanisme qui creuse l’écart s’appelle la High Income Child Benefit Charge, et son économie est l’exact inverse de la logique française. Le seuil de déclenchement est de 60 000 £ de revenu net ajusté, apprécié individuellement, sur le revenu du parent le plus aisé et jamais sur le foyer. La reprise est de 1 % du Child Benefit par tranche de 200 £ au-dessus du seuil, intégrale à 80 000 £. Deux parents à 55 000 £ chacun — 110 000 £ de revenu de foyer — ne sont pas touchés du tout. Un parent à 80 000 £ et un parent sans revenu perdent tout. Le Child Benefit lui-même s’élève, pour l’année fiscale 2026-27, à 27,05 £ par semaine pour l’aîné ou l’enfant unique et 17,90 £ par semaine par enfant supplémentaire.
Cette charge se pilote, et c’est l’un des rares arbitrages où le rendement fiscal britannique dépasse ce qu’on connaît en France. Le paramètre n’est pas le revenu brut mais le revenu net ajusté, que réduisent notamment les cotisations de retraite et les dons sous le régime du Gift Aid. Le même levier joue sur le retrait de la personal allowance, qui crée un taux marginal de 62 %entre 100 000 et 125 140 £ — la singularité britannique la plus coûteuse et la moins connue, puisqu’un salarié à 125 000 £ supporte un taux marginal supérieur de quinze points à celui d’un salarié à 200 000 £.
Le rendement d'un versement de retraite quand on est pris dans la reprise du Child Benefit
SALARIE A 70 000 £, DEUX ENFANTS - annee fiscale 2026-27
Child Benefit annuel (27,05 + 17,90) x 52 ......... 2 337,40 £
Reprise (70 000 - 60 000) / 200 ....................... 50,0 %
Charge de reprise ................................... 1 168,70 £
VERSEMENT DE 10 000 £ SUR UN REGIME DE RETRAITE
Revenu net ajuste ramene a ......................... 60 000,00 £
Economie d'income tax 10 000 x 40 % ................ 4 000,00 £
Reprise du Child Benefit annulee .................... 1 168,70 £
COUT NET DU VERSEMENT ............................... 4 831,30 £
Rendement fiscal du versement .......................... 51,7 %
Plafond annuel de versement 2026-27 ................ 60 000,00 £
(annual allowance ; reduite au-dela de certains
niveaux de revenu ajuste)Calcul dérivé des paramètres suivants, tous vérifiés le 29/07/2026 : barème rUK 2026-27 ; High Income Child Benefit Charge, seuil 60 000 £, reprise de 1 % par 200 £, intégrale à 80 000 £ ; Child Benefit 27,05 £ et 17,90 £ par semaine ; annual allowance 60 000 £ pour 2026-27. Le versement réduit le revenu net ajusté, qui est le paramètre de la charge. Les modalités d'imputation d'un versement de retraite sur le revenu net ajusté dépendent du mode de collecte du régime : à faire confirmer sur votre bulletin de paie avant de bâtir une stratégie annuelle.
Le piège du régime FIG sur les prestations familiales, que le corpus francophone ignore
Si vous revendiquez le régime des revenus et gains de source étrangère — le régime FIG, exposé au chapitre 03 —, vos revenus étrangers exonérés à ce titre restent comptés dans votre revenu net ajusté pour la High Income Child Benefit Chargeet pour vos droits à garde d’enfants. L’exonération d’impôt sur le revenu ne vaut pas exonération de l’assiette qui commande les prestations.
Conséquence directe pour le profil que nous voyons le plus : un cadre à 55 000 £ de salaire britannique et 40 000 £ de revenus fonciers français exonérés sous le régime FIG a un revenu net ajusté de 95 000 £. Il perd l’intégralité du Child Benefitet ses droits à garde d’enfants s’apprécient sur ce montant, alors même qu’il ne paie pas d’impôt britannique sur les 40 000 £. Rappelons aussi que la revendication du régime FIG fait perdre, pour l’année considérée, la personal allowance, l’abattement annuel de plus-values et trois autres abattements : le coût maximal de la seule perte de personal allowance est de 5 028 £ en Angleterre, au pays de Galles et en Irlande du Nord.
La garde d’enfants et l’équation du deuxième salaire
Nous arrivons au poste qui décide le plus de retours en France, et sur lequel nous allons devoir être désagréablement honnêtes deux fois. Première fois : nous ne publions aucun tarif de crèche ni de garde à domicile.Notre socle documentaire ne comporte pas de donnée officielle relevée sur le coût de la garde d’enfants au Royaume-Uni, et nous refusons de lui substituer une moyenne de comparateur qui aurait l’apparence d’une donnée sans en avoir la valeur. Seconde fois : nous ne publions pas non plus les paramètres des aides britanniques à la garde— heures financées, dispositif de garde défiscalisée, conditions d’éligibilité. Ce que notre documentation établit, c’est qu’il existe des droits à garde d’enfants conditionnés au revenu net ajusté, et que ce revenu net ajusté inclut les revenus étrangers exonérés sous le régime FIG. C’est peu, mais c’est décisif : cela signifie que votre éligibilité se calcule sur une base qui n’est pas votre salaire britannique.
Ce que nous pouvons faire, en revanche, et qui vaut mieux qu’un tarif moyen : vous donner l’arithmétique exacte du côté du revenu, pour que vous n’ayez plus qu’à y poser vos propres devis. La question réelle d’un couple à deux carrières n’est pas « combien coûte la crèche », c’est « à partir de quel tarif le deuxième salaire cesse-t-il de rapporter quelque chose au foyer ». Cette question-là a une réponse chiffrable.
Le point mort du deuxième salaire, deux enfants en garde à temps plein
LE DEUXIEME SALAIRE - annee fiscale 2026-27, bareme rUK
Salaire brut annuel ................................ 40 000,00 £
Income tax 27 430 x 20 % ......................... 5 486,00 £
NIC salarie 27 430 x 8 % ......................... 2 194,40 £
PRELEVEMENTS ........................................ 7 680,40 £
NET ANNUEL ......................................... 32 319,60 £
NET MENSUEL ......................................... 2 693,30 £
POINT MORT DE LA GARDE, DEUX ENFANTS
2 693,30 / 2 ........................................ 1 346,65 £
par enfant et par mois
Au-dela de ce tarif, le deuxieme salaire coute de
l'argent au foyer, avant meme d'avoir compte le
transport, les repas hors domicile et la perte
eventuelle d'aides conditionnees au revenu
TAUX MARGINAL DU DEUXIEME SALAIRE
de 12 571 a 50 270 £ ... income tax 20 % + NIC 8 % = 28 %
de 50 271 a 100 000 £ ... income tax 40 % + NIC 2 % = 42 %Barème rUK 2026-27 et NIC classe 1 catégorie A, vérifiés le 29/07/2026. Calcul dérivé, assumé comme tel. Le tarif de garde n'est pas publié ici : cette formule est construite pour recevoir vos propres devis. Elle ignore volontairement deux effets qui jouent tous deux contre le deuxième salaire : la perte éventuelle d'aides conditionnées au revenu du foyer ou au revenu net ajusté individuel, et le coût de transport supplémentaire.
Trois remarques sur ce calcul, et la première est une mise en garde contre son usage naïf. Le point mort n’est pas un seuil de décision : interrompre une carrière deux ans coûte beaucoup plus que la différence entre le salaire net et le tarif de crèche, en droits à retraite, en progression salariale et en employabilité. Nous voyons régulièrement des couples arbitrer sur la seule comparaison mensuelle et le regretter à cinq ans. Deuxième remarque : le taux marginal du deuxième salaire est de 28 %tant qu’il reste sous 50 270 £, ce qui est modéré ; c’est la garde, pas l’impôt, qui écrase l’équation. Troisième remarque : comme l’imposition est individuelle, il n’y a aucun effet de progressivité du deuxième salaire sur celui du premier — ce que beaucoup de Français croient et qui est faux au Royaume-Uni. Le deuxième salaire ne fait pas monter le premier dans une tranche.
Les cinq questions à faire trancher avant de bâtir un budget de garde
Ces cinq questions ne se devinent pas et elles conditionnent plusieurs milliers de livres par an. Posez-les à un conseil britannique avantd’accepter le poste, pas après l’arrivée.
1.Quels dispositifs d’aide à la garde s’appliquent à un nouvel arrivant, et à partir de quelle date de présence ? 2.Sur quelle assiette de revenu leur éligibilité s’apprécie-t-elle, et quel revenu du couple est retenu ? 3.Le statut d’immigration ou une condition de recours aux fonds publics limite-t-il l’accès à ces dispositifs dans votre catégorie de visa ? 4.Un revenu étranger exonéré sous le régime FIG entre-t-il dans l’assiette d’éligibilité, et pour quel montant ? 5. Vaut-il mieux, dans votre configuration, réclamer le Child Benefit en acceptant la reprise — ce qui préserve certains droits — ou ne pas le réclamer ?
Pièces à réunir :vos deux contrats de travail avec la rémunération brute et la nature des avantages, la catégorie de visa de chaque membre du foyer, l’inventaire de vos revenus de source française avec leur qualification, et vos devis de garde nominatifs. Sans ces pièces, aucune réponse fiable n’est possible.
L’école : ce que nous n’écrirons pas, et le point fiscal que personne ne vous dira
Nous ne publions pas de frais de scolarité. Ni pour les établissements indépendants britanniques, ni pour les établissements du réseau français, ni de délai d’attente moyen. Aucune de ces données n’a été relevée sur source primaire dans notre documentation, et sur un sujet où chaque établissement pratique sa propre grille, une moyenne recopiée serait pire qu’inutile : elle serait fausse pour tout le monde. Ce que nous pouvons faire, en revanche, c’est vous dire ce qui se vérifie, comment, et surtout signaler deux pièges de raisonnementqui coûtent cher, dont l’un est purement fiscal et n’apparaît dans aucun guide francophone.
Premier piège : ne déduisez rien de l’exonération générale de TVA sur l’enseignement.La liste britannique des opérations exonérées de TVA — sans droit à déduction — comprend bien « l’enseignement dispensé par des organismes éligibles ». Il serait naturel d’en conclure que les frais d’une école indépendante britannique en sont exonérés. Notre documentation n’établit pasle traitement de TVA des frais de scolarité des établissements indépendants, et ce traitement a fait l’objet de modifications. C’est exactement le type d’inférence — une règle générale appliquée à un cas particulier qu’elle ne vise peut-être plus — qui produit les erreurs les plus coûteuses de ce dossier. Sur un budget de scolarité à cinq ans, un écart de vingt points sur des frais annuels change la décision de partir. Faites confirmer ce point par écrit par un conseil britannique, ou directement par l’établissement, avant de bâtir votre budget.
Second piège, et il est spécifiquement franco-britannique : scolariser un enfant au Royaume-Uni peut vous rendre résident fiscal britannique. Le Statutory Residence Test compte parmi ses attaches l’attache familiale, qui existe lorsque votre conjoint, votre partenaire ou votre enfant mineur est résident britannique. Une règle particulière neutralise l’attache lorsque l’enfant n’est au Royaume-Uni que pour y suivre un enseignement à temps plein, mais elle est conditionnelle, et ses conditions sont écrites dans la loi.
La règle exacte pour l’enfant scolarisé au Royaume-Uni : moins de 21 jours hors période scolaire
Le paragraphe 33 de l’annexe 45 du Finance Act 2013dispose qu’un membre de la famille entrant dans le champ du sous-paragraphe 4 est réputé non résident au Royaume-Uni pour l’année X si le nombre de jours qu’il y passe en dehors de la période scolaire est inférieur à 21. Entre dans ce champ l’enfant du contribuable qui, cumulativement, est âgé de moins de 18 ans, suit un enseignement à temps pleinau Royaume-Uni à un moment quelconque de l’année X, et est résident britannique pour l’année X mais ne le serait pas si le temps passé en scolarité à temps plein était écarté.
Trois conséquences opérationnelles pour une famille française qui met un enfant en pensionnat britannique. D’abord, le seuil est de moins de 21 jours hors période scolaire— pas de 21 jours au total. Ensuite, et c’est la bonne nouvelle que personne ne relève : les vacances de demi-trimestre et les autres interruptions d’enseignement à l’intérieur d’un trimestre sont considérées comme faisant partie de la période scolaire, ce qui élargit sensiblement la protection. Enfin, l’exclusion ne joue que si l’enfant ne serait pas résidentsans le temps passé en scolarité : un enfant qui vit par ailleurs au Royaume-Uni avec un parent n’en bénéficie pas.
Une nuance de calendrier, souvent manquée : lorsque l’année est scindée, la réduction proportionnelle des seuils de jours ne s’applique pasà l’attache familiale, qui s’apprécie sur l’année entière. Le chapitre 05 traite le Statutory Residence Testau fond ; le chapitre 11 traite l’année du départ.
Que faire, alors, concrètement, sur le sujet des écoles ? Trois choses, dans cet ordre. Un : écrivez à chaque établissement visé et demandez, par courriel, l’intégralité de la grille tarifaire de l’année à venir, les frais annexes — inscription, uniforme, transport, sorties, examens —, la politique de revalorisation et la position exacte sur la liste d’attente, avec un rang. Les établissements répondent, et une réponse écrite vaut cent estimations. Deux : faites confirmer le traitement de TVA applicable à ces frais, par écrit également. Trois : si vous scolarisez sans déménager toute la famille, faites établir par un conseil britannique le décompte de vos attaches au sens du Statutory Residence Testpour l’année fiscale concernée, avantla rentrée. Une décision de scolarité prise en juin peut décider de votre résidence fiscale au 5 avril suivant, et il sera alors trop tard pour la corriger.
Le transport : un poste que nous ne chiffrons pas, et un arbitrage que nous chiffrons
Notre documentation ne comporte aucune grille tarifaire officielle relevée pour les transports londoniens ou ferroviaires britanniques : nous n’en publions donc pas. Un seul élément est établi, et il a une portée réelle : le transport de voyageurs dans des véhicules de dix places et plus relève du taux zéro de TVA. Autrement dit, le titre de transport collectif britannique ne supporte pas de taxe sur la valeur ajoutée — ce qui n’en fait pas un service bon marché, mais explique une partie de sa structure de prix.
L’arbitrage, lui, se chiffre. Il s’énonce ainsi : le trajet quotidien est le prix que vous acceptez de payer pour ne pas payer le loyer du centre. Entre Camden et Barking & Dagenham, cet écart est de 1 098 £ par mois ; entre Lambeth et Newham, de 595 £ ; entre Kensington & Chelsea et Tower Hamlets, de 1 167 £. Un abonnement de transport, si élevé soit-il, ne représente qu’une fraction de ces montants : l’arbitrage logement/transport penche presque toujours en faveur de l’éloignement, du point de vue strictement financier. Ce qu’il coûte est ailleurs, en temps, et c’est un arbitrage de vie que nous ne ferons pas à votre place. Nous suggérons simplement de le poser en heures annuelles : quarante minutes de trajet supplémentaires par jour et par sens, sur deux cent trente jours travaillés, font plus de trois cents heures par an. Comparez-les aux 13 176 £ que vous économisez, et vous aurez votre taux horaire.
Trois budgets de foyer, construits sur ce qui est publié
Voici l’exercice que tout le monde attend, fait avec la seule règle que nous nous sommes donnée : chaque ligne est soit établie sur une source officielle, soit marquée « poste non publié ». Les budgets s’arrêtent donc là où commence l’invention, et ce qu’ils produisent n’est pas un coût de la vie mais un solde disponible : ce dont vous disposez, une fois payés l’impôt, le loyer et l’impôt local, pour financer tout le reste. C’est ce solde-là qui vous dira si le poste garde d’enfants ou le poste scolarité est finançable, une fois vos devis obtenus.
Foyer 1 — célibataire, 55 000 £, un logement à Newham
REVENU - annee fiscale 2026-27, bareme rUK
Salaire brut annuel ................................ 55 000,00 £
Income tax 37 700 x 20 % ......................... 7 540,00 £
4 730 x 40 % ......................... 1 892,00 £
NIC salarie 37 700 x 8 % ......................... 3 016,00 £
4 730 x 2 % ............................ 94,60 £
PRELEVEMENTS ....................................... 12 542,60 £
NET ANNUEL ......................................... 42 457,40 £
NET MENSUEL ......................................... 3 538,12 £
CHARGES ETABLIES
Loyer - moyenne d'arrondissement Newham,
juin 2026, tous types confondus .................... 1 928,00 £ / mois
Council tax - bande D moyenne anglaise 2026-27
2 392 £, abattement personne seule de 25 %,
soit 1 794 £ par an ................................. 149,50 £ / mois
SOLDE DISPONIBLE MENSUEL ........................... 1 460,62 £
PREMIERE ANNEE - cout d'entree amorti
Visa Skilled Worker 5 ans depuis l'etranger ........ 1 618,00 £
Surtaxe sante 5 x 1 035 ........................... 5 175,00 £
Total exigible d'avance ............................ 6 793,00 £
Amorti sur 60 mois .................................. 113,22 £ / mois
SOLDE DISPONIBLE MENSUEL, PREMIERE ANNEE ........... 1 347,40 £
POSTES NON PUBLIES, A FINANCER SUR CE SOLDE
Energie, alimentation, transport, telephonie,
assurances, loisirs, epargne, et le depot de
garantie a l'entree dans les lieuxBarème rUK 2026-27 et NIC classe 1 catégorie A ; loyer moyen de l'arrondissement de Newham, ONS, juin 2026 ; council tax de bande D moyenne en Angleterre pour l'exercice 2026-27 avec abattement personne seule de 25 % ; droits de visa de la table du 8 avril 2026 et surtaxe santé de 1 035 £ par an. Toutes ces valeurs sont vérifiées au 29/07/2026. L'affiliation automatique à un régime de retraite professionnelle réduit encore ce solde : les pourcentages de cotisation minimale constamment cités n'ont pas été confirmés sur source primaire et ne sont donc pas intégrés ici.
Mille quatre cent soixante livres par mois pour tout le reste, avec un salaire de 55 000 £ qui, à Paris, passerait pour confortable. Ce chiffre est le meilleur résumé de ce qu’est réellement Londres pour un célibataire : le logement et l’impôt local absorbent 58,7 %du revenu net. Et il est calculé sur la moyenne d’arrondissement de Newham, l’un des moins chers de la table : à Camden, la même personne aurait un solde de 597,62 £.
Foyer 2 — couple à deux carrières, 50 000 £ chacun, deux enfants, un logement à Lambeth
REVENU - annee fiscale 2026-27, bareme rUK
Net annuel du couple (voir calcul du foyer B) ..... 79 039,20 £
Net mensuel ......................................... 6 586,60 £
Child Benefit conserve en totalite
- aucun des deux revenus n'atteint 60 000 £
(27,05 + 17,90) x 52 / 12 ............................. 194,78 £ / mois
RESSOURCE MENSUELLE DU FOYER ........................ 6 781,38 £
CHARGES ETABLIES
Loyer - moyenne d'arrondissement Lambeth,
juin 2026, tous types confondus .................... 2 523,00 £ / mois
Council tax - bande D moyenne anglaise 2026-27,
2 392 £ par an, sans abattement ...................... 199,33 £ / mois
SOLDE DISPONIBLE MENSUEL ........................... 4 059,05 £
PREMIERE ANNEE - cout d'entree amorti
Visas 5 ans, principal et 3 personnes a charge
1 618 x 4 ......................................... 6 472,00 £
Surtaxe sante (2 x 1 035 + 2 x 776) x 5 .......... 18 110,00 £
Total exigible d'avance ........................... 24 582,00 £
Amorti sur 60 mois .................................. 409,70 £ / mois
SOLDE DISPONIBLE MENSUEL, PREMIERE ANNEE ........... 3 649,35 £
POSTES NON PUBLIES, A FINANCER SUR CE SOLDE
Garde des deux enfants - poste pivot du budget
Energie, alimentation, transport, assurances,
activites des enfants, epargneMêmes sources que le foyer 1, augmentées du Child Benefit 2026-27 (27,05 £ par semaine pour l'aîné, 17,90 £ par enfant supplémentaire) et du chiffrage de la surtaxe santé pour deux adultes et deux mineurs sur cinq ans. Aucun des deux parents n'atteignant 60 000 £ de revenu net ajusté, la High Income Child Benefit Charge ne s'applique pas. Le loyer retenu est la moyenne de l'arrondissement de Lambeth tous types confondus : un logement familial de trois chambres se situe au-dessus de cette moyenne.
Foyer 3 — un seul actif à 130 000 £, famille de quatre, un logement à Camden
REVENU - annee fiscale 2026-27, bareme rUK
Salaire brut annuel ............................... 130 000,00 £
Personal allowance : integralement retiree
(revenu net ajuste superieur a 125 140 £)
Income tax 37 700 x 20 % ......................... 7 540,00 £
87 440 x 40 % ........................ 34 976,00 £
4 860 x 45 % ......................... 2 187,00 £
NIC salarie 37 700 x 8 % ......................... 3 016,00 £
79 730 x 2 % ......................... 1 594,60 £
PRELEVEMENTS ....................................... 49 313,60 £ soit 37,93 %
NET ANNUEL ......................................... 80 686,40 £
NET MENSUEL ......................................... 6 723,87 £
Child Benefit - reprise integrale ..................... 0,00 £
RESSOURCE MENSUELLE DU FOYER ........................ 6 723,87 £
CHARGES ETABLIES
Loyer - moyenne d'arrondissement Camden,
juin 2026, tous types confondus .................... 2 791,00 £ / mois
Council tax - bande D moyenne anglaise 2026-27
retenue faute de bande connue ........................ 199,33 £ / mois
SOLDE DISPONIBLE MENSUEL ........................... 3 733,54 £
Amortissement du cout d'entree, identique
au foyer 2 .......................................... 409,70 £ / mois
SOLDE DISPONIBLE MENSUEL, PREMIERE ANNEE ........... 3 323,84 £
COMPARAISON QUI DOIT ETRE FAITE
Solde du foyer 2, revenu brut de 100 000 £ ......... 4 059,05 £
Solde du foyer 3, revenu brut de 130 000 £ ......... 3 733,54 £
Ecart en faveur du foyer 2 ............................ 325,51 £ / mois
dont effet purement fiscal ............................. 57,51 £ / mois
dont ecart de loyer Camden / Lambeth .................. 268,00 £ / moisBarème rUK 2026-27 avec retrait intégral de la personal allowance au-delà de 125 140 £ de revenu net ajusté ; NIC classe 1 catégorie A ; High Income Child Benefit Charge intégrale au-delà de 80 000 £ ; loyers ONS de juin 2026 pour Camden et Lambeth ; council tax de bande D moyenne anglaise 2026-27, retenue faute de connaître la bande du logement. L'effet purement fiscal correspond à l'écart annuel de 690,20 £ de ressource du foyer calculé plus haut, rapporté au mois. Calcul dérivé, assumé comme tel.
Regardez la dernière ligne du foyer 3, parce qu’elle est le résultat le plus utile de tout ce chapitre. Un foyer à 130 000 £ de revenu brut porté par une seule personne dispose de moins d’argent chaque mois qu’un foyer à 100 000 £ porté par deux.Trente mille livres de revenu brut supplémentaires produisent, sur l’année, une ressource de foyer inférieure de 690 £. La cause est double et entièrement fiscale : le retrait de la personal allowanceentre 100 000 et 125 140 £, qui crée un taux marginal de 62 %, et la reprise intégrale du Child Benefitau-delà de 80 000 £ de revenu individuel. Un couple qui négocie une expatriation britannique doit faire ce calcul avant de décider lequel des deux conjoints suspend sa carrière — parce que le système fiscal britannique, contrairement au français, punit très lourdement ce choix.
| Foyer 1 | Foyer 2 | Foyer 3 | |
|---|---|---|---|
| Composition | Célibataire | Couple, 2 enfants | Couple mono-actif, 2 enfants |
| Revenu brut du foyer | 55 000 £ | 100 000 £ | 130 000 £ |
| Prélèvements | 12 542,60 £ | 20 960,80 £ | 49 313,60 £ |
| Taux de prélèvement | 22,80 % | 20,96 % | 37,93 % |
| Child Benefit perçu | — | 2 337,40 £ | 0 £ |
| Ressource mensuelle | 3 538,12 £ | 6 781,38 £ | 6 723,87 £ |
| Loyer (moyenne d'arrondissement) | 1 928 £ — Newham | 2 523 £ — Lambeth | 2 791 £ — Camden |
| Council tax mensualisée | 149,50 £ | 199,33 £ | 199,33 £ |
| Solde disponible mensuel | 1 460,62 £ | 4 059,05 £ | 3 733,54 £ |
| Solde, première année | 1 347,40 £ | 3 649,35 £ | 3 323,84 £ |
| Part du net absorbée par logement et impôt local | 58,7 % | 40,1 % | 44,5 % |
Ce que personne ne dit sur la vie à Londres quand on n’y va pas en week-end
Il reste, une fois les additions faites, une série de choses vraies qui ne figurent dans aucune brochure et que nous entendons systématiquement à six mois d’installation, jamais avant.
La première année coûte beaucoup plus que les suivantes, et rien ne le dit
Le coût d'entrée sur le territoire — 24 582 £ pour une famille de quatre sur un visa de cinq ans, visas et surtaxe santé confondus — se paie en une seule fois, au dépôt du dossier, avant la première fiche de paie. S'y ajoutent le dépôt de garantie, l'ameublement, et l'absence d'historique bancaire britannique. Aucun de ces postes n'est récurrent, et tous tombent le même trimestre.
Londres baisse : c'est une bonne nouvelle pour le locataire, une mauvaise pour le propriétaire
Neuvième mois consécutif de recul annuel des prix, − 3,7 % sur douze mois à mai 2026, − 5,9 % en Inner London, − 22,8 % de prix moyen à Westminster et − 14,5 % à Tower Hamlets sur des volumes faibles. Dans le même temps les loyers londoniens progressent de 2,2 %, le rythme le plus faible d'Angleterre. Un nouvel arrivant qui achète immédiatement prend un risque que le marché a documenté pendant neuf mois.
Le système punit le couple mono-actif et récompense l'équilibre des revenus
Imposition strictement individuelle, sans quotient conjugal ni familial ; taux marginal de 62 % entre 100 000 et 125 140 £ par retrait de la personal allowance ; reprise du Child Benefit sur le revenu du parent le plus aisé, intégrale à 80 000 £. Trois mécanismes qui convergent dans le même sens, et auxquels le raisonnement français en quotient familial ne prépare pas.
Trois autres choses, plus prosaïques, qui ne rentrent dans aucune grille. Le logement ancien londonien est froid et humide, et la norme énergétique qui doit y remédier ne mordra pas avant le 1er octobre 2030 : d’ici là, un appartement mal classé reste légalement louable en l’état. L’accès au spécialiste passe par le généraliste, ce qui déroute durablement un patient français habitué à prendre rendez-vous lui-même, et le 92epercentile d’attente à 38,3 semaines n’est pas une statistique abstraite quand c’est votre dossier qui s’y trouve. Et la council taxarrive par courrier au nom de l’occupant, pas du propriétaire : plusieurs de nos clients l’ont découverte en recevant une mise en demeure, parce que personne, dans la chaîne agence-bailleur-locataire, ne leur avait dit qu’elle était pour eux.
Les cas où il ne faut pas partir
Un guide qui ne les nommerait pas serait un guide de vente. Il y en a quatre, et ils se reconnaissent à des chiffres, pas à des impressions.
Le premier : le couple mono-actif avec enfants dont l’offre se situe entre 100 000 et 130 000 £.C’est exactement la zone où le retrait de la personal allowance et la reprise intégrale du Child Benefitse cumulent. Le foyer 3 de nos chiffrages, à 130 000 £, dispose de 3 733 £ par mois à Camden pour financer alimentation, énergie, transport, activités et éventuelle scolarité privée de deux enfants. Ce n’est pas impossible ; ce n’est pas ce que le chiffre de 130 000 £ laisse imaginer à quelqu’un qui raisonne en euros et en quotient familial.
Le deuxième : le foyer dont le deuxième salaire est inférieur au coût de garde majoré du transport.Le point mort que nous avons calculé — 1 346,65 £ par enfant et par mois pour un deuxième salaire de 40 000 £ — se franchit vite dans certains arrondissements. Quand il est franchi, il faut poser la question autrement : la carrière du second conjoint vaut-elle, à cinq ans, ce que sa suspension coûterait ? La réponse est souvent oui, mais elle doit être donnée consciemment.
Le troisième : le séjour court, entre dix-huit mois et trois ans.Le coût d’entrée ne s’amortit pas : 24 582 £ pour une famille de quatre sur cinq ans font 409,70 £ par mois ; sur deux ans, la même dépense — avec les règles de tranches de la surtaxe santé qui font payer deux années pleines dès que le visa dépasse dix-huit mois — pèse bien davantage par mois de présence. À cela s’ajoute que le régime des nouveaux arrivants et les mécanismes de résidence, traités aux chapitres 03 et 05, se comptent en années fiscales entières et non en mois calendaires. Un séjour court mal calé sur le calendrier du 6 avril coûte des impôts qu’un décalage de quelques semaines aurait évités : le chapitre 11 fait tourner les deux calendriers en parallèle.
Le quatrième : celui dont le patrimoine est significatif et qui n’a pas encore lu le chapitre 24.Ce n’est pas un sujet de coût de la vie, mais il annule tous les calculs de ce chapitre s’il est négligé. L’impôt britannique sur les successions ne se rattache plus au domicile mais à la résidence de longue durée, avec une rémanence après le départ. Un Français installé plusieurs années à Londres peut faire entrer son patrimoine mondial dans le champ de l’inheritance tax, et l’y laisser des années après être reparti. C’est le point qui coûte le plus cher de tout le dossier, et il ne se traite pas dans un chapitre sur les loyers.
Ce qui doit être arbitré avec nos avocats partenaires avant tout acte irréversible
Sept points que ce chapitre ne tranche pas, et les pièces à réunir pour les faire trancher
1. Les exigences de garant et l’application à votre bail du régime des frais. Le plafond du dépôt — cinq semaines de loyer en dessous de 50 000 £ de loyer annuel, six au-delà — et l’interdiction des frais imputables au locataire résultent du Tenant Fees Act 2019 ; ce qui n’est pas encadré, ce sont les exigences de garant pour un arrivant sans historique de crédit britannique. Question à poser :quels paiements l’agence entend-elle mettre à votre charge, figurent-ils sur la liste limitative de l’annexe 1 du Tenant Fees Act 2019, et sous quel dispositif de consignation le dépôt sera-t-il placé pour un bail conclu aujourd’hui en Angleterre ? Pièces :le projet de bail, la fiche de frais de l’agence, l’attestation de revenus demandée.
2. Le régime transitoire de la réforme locative anglaise applicable à votre bail.La sanction royale du 27 octobre 2025, le commencement au 1er mai 2026 par le S.I. 2026/421 et les règles transitoires de l’annexe 6 de la loi sont établis ; ce qui reste à qualifier, c’est leur application à votre situation. Question :quel régime s’applique à un bail conclu à telle date, et un congé de section 21 délivré avant le 1er mai 2026 est-il encore exploitable ? Pièces : le bail et ses avenants, les congés éventuellement délivrés.
3. Le traitement de TVA des frais de scolarité des établissements indépendants.Ne le déduisez pas de l’exonération générale de l’enseignement. Question :quel taux de TVA s’applique aux frais de scolarité de tel établissement pour l’année scolaire visée, et à quels frais annexes ? Pièces :la grille tarifaire écrite de l’établissement et sa mention de TVA.
4. Les paramètres des aides à la garde d’enfants pour un nouvel arrivant. Existence, seuils, assiette de revenu retenue, effet du statut d’immigration, sort des revenus étrangers exonérés sous le régime FIG. Pièces : catégorie de visa de chaque membre du foyer, contrats de travail, inventaire des revenus de source française.
5. Votre décompte d’attaches au sens du Statutory Residence Test si vous scolarisez un enfant sans installer toute la famille. Question : l’exclusion du paragraphe 33 de l’annexe 45 joue-t-elle dans votre configuration, et le décompte des jours hors période scolaire reste-t-il sous 21 ? Pièces :le calendrier scolaire de l’établissement, votre relevé de présences au Royaume-Uni, l’adresse et le statut d’occupation du logement mis à disposition de l’enfant.
6. Votre exposition au Non-resident Landlord Scheme comme locataire. Question :êtes-vous tenu de retenir, et si oui sur quelle assiette nette ? Pièces :le bail, l’identité et l’adresse du bénéficiaire du loyer, la copie de l’éventuelle autorisation HMRC de percevoir sans retenue, et les relevés de virement.
7. La bande de council taxdu logement visé et l’existence d’une majoration locale.Elle est discrétionnaire, décidée collectivité par collectivité, et doit avoir été arrêtée douze mois à l’avance. Pièces :l’adresse exacte avec le code postal, et le dernier avis d’imposition locale du logement si l’agent peut l’obtenir.
Faire chiffrer votre installation avant de signer le contrat de travail
Nous établissons le budget complet de votre projet britannique sur vos chiffres réels : revenu net après impôt et cotisations selon la nation d'installation, effet du retrait de la personal allowance et de la reprise du Child Benefit sur votre configuration familiale, rendement d'un versement de retraite dans votre bande de revenu, coût d'entrée visas et surtaxe santé personne par personne, charge annuelle de council tax selon la bande, et arbitrage entre les arrondissements que vous envisagez. Sur les points que ce chapitre ne tranche pas — régime du dépôt de garantie, traitement de TVA des frais de scolarité, paramètres des aides à la garde, décompte d'attaches en cas de scolarisation isolée —, la mise en relation avec des avocats fiscalistes et des conseils britanniques spécialisés fait partie de l'accompagnement.
Récapitulatif opérationnel : les huit vérifications qui changent le budget
| Vérification | Pourquoi elle compte | Quand la faire | Ordre de grandeur en jeu |
|---|---|---|---|
| Établir qui encaisse le loyer et où réside le bénéficiaire | Au-delà de 100 £ par semaine versés directement à un bailleur résidant à l'étranger, le locataire est tenu de retenir 20 % pour HMRC | Avant le premier virement de loyer | 5 524 £ par an sur un loyer londonien moyen |
| Relever la bande de council tax du logement et l'existence d'une majoration locale | L'impôt d'occupation est dû par le locataire, il est assis sur une valeur de 1991 et il augmente au plafond dans 274 collectivités sur 384 | Avant la signature du bail | De 1 794 £ à 4 784 £ par an selon la bande, l'abattement et la majoration |
| Comparer trois arrondissements sur la moyenne ONS, pas sur les annonces | L'amplitude entre le plus cher et le moins cher de notre table dépasse un facteur deux, et les tendances divergent de près de 8 points sur douze mois | Avant de restreindre la recherche à un quartier | 13 176 £ par an entre Camden et Barking & Dagenham |
| Chiffrer la répartition des revenus du couple avant de négocier les deux contrats | L'imposition est strictement individuelle : à revenu global identique, la répartition change la ressource du foyer | Avant la signature du contrat de travail | 12 819 £ par an entre un mono-actif à 100 000 £ et deux actifs à 50 000 £ |
| Simuler un versement de retraite si votre revenu net ajusté dépasse 60 000 £ | Il réduit l'assiette de la reprise du Child Benefit et, au-delà de 100 000 £, celle du retrait de la personal allowance | Avant la fin de l'année fiscale, le 5 avril | Un rendement fiscal de 51,7 % dès 70 000 £ de revenu, 60 % dans la bande de retrait |
| Provisionner le coût d'entrée en une seule fois, pas en mensualités | Visas et surtaxe santé sont exigibles d'avance au dépôt du dossier, avant la première fiche de paie | Six mois avant le départ | 24 582 £ pour une famille de quatre sur un visa de cinq ans |
| Obtenir par écrit la grille tarifaire complète et le traitement de TVA des établissements scolaires visés | Les frais annexes et le traitement de TVA ne se déduisent d'aucune règle générale | Avant de retenir un établissement, et avant de choisir un quartier | Poste non publié : le seul chiffre fiable est celui de l'établissement |
| Faire décompter vos attaches si un enfant est scolarisé au Royaume-Uni sans que la famille s'y installe | L'exclusion du paragraphe 33 de l'annexe 45 est conditionnelle et s'apprécie sur l'année entière, même en cas d'année scindée | Avant la rentrée scolaire | La résidence fiscale britannique elle-même, et tout ce qui en découle |
Un mot pour finir sur la manière de lire ce chapitre par rapport aux autres. Tout ce qui précède décrit ce que vous payez chaque mois. Ce n’est pas la partie la plus coûteuse de votre dossier, et il serait malhonnête de laisser croire le contraire : un écart de loyer de mille livres par mois pèse moins, sur dix ans, qu’une erreur de qualification de résidence, qu’un sursis d’exit tax mal sécurisé ou qu’une exposition non anticipée à l’inheritance taxsur un patrimoine mondial. Les chapitres 05, 12 et 24 traitent ces trois sujets, et ils sont plus importants que celui-ci. Mais c’est celui-ci qui décide si vous restez. Nous voyons chaque année des dossiers patrimoniaux parfaitement construits s’effondrer parce que le foyer rentre en France au bout de dix-huit mois, la garde d’enfants ayant coûté ce que personne n’avait chiffré. Ce chapitre existe pour que ce calcul-là soit fait avant, et non après.
Portée de ce chapitre, sources et date d’arrêté
Droit et données arrêtés au 29 juillet 2026.Les barèmes d’impôt sur le revenu et de cotisations sont ceux de l’année fiscale 2026-27, ouverte le 6 avril 2026, pour l’Angleterre, le pays de Galles et l’Irlande du Nord. Les niveaux de council taxsont ceux de l’exercice 2026-27, ouvert le 1er avril 2026. Les droits d’immigration sont ceux de la table du 8 avril 2026. Les prix immobiliers sont ceux de mai 2026, provisoires et révisables ; les loyers, ceux de juin 2026.
Sources.ONS, « Private rent and house prices, UK: July 2026 », publié le 22/07/2026, et pages locales « Housing prices in… » ; GOV.UK, « UK House Price Index England: May 2026 » ; GOV.UK, « Understand how Council Tax bands are assessed » et « Council Tax: who has to pay » ; MHCLG, « Council Tax levels set by local authorities in England 2026 to 2027 » et guide d’application des majorations sur logements vacants et résidences secondaires ; GOV.UK, « High value council tax surcharge » et consultation associée ; HMRC, « Paying tax on rent to landlords abroad » ; GOV.UK, « Income Tax rates and allowances » et « Rates and thresholds for employers 2026 to 2027 » ; GOV.UK, « High Income Child Benefit Charge » et « Child Benefit rates », montants 2026-27 confirmés par l’annexe A du Budget 2025 ; GOV.UK, « VAT rates on different goods and services » ; NHS, « How to register with a GP surgery » et « NHS prescription charges » ; NHS England, communiqué statistique RTT du 14/05/2026 ; GOV.UK, « Pay for UK healthcare as part of your immigration application » et Immigration (Health Charge) (Amendment) Order 2024, S.I. 2024/55 ; Home Office, table des droits du 8 avril 2026 ; DESNZ, réponse gouvernementale sur la performance énergétique des logements loués ; Building Safety Act 2022, annexe 8, et guide MHCLG sur les plafonds de contribution ; Finance Act 2013, annexe 45, paragraphe 33.
Ce que ce chapitre ne publie pas, faute de source primaire relevée :les exigences de garant opposées à un arrivant sans historique de crédit britannique ; les tarifs de garde d’enfants et les paramètres des aides correspondantes ; les frais de scolarité des établissements indépendants et du réseau français, ainsi que le traitement de TVA qui leur est applicable ; les tarifs de transport ; le montant d’une facture d’énergie type ; les tarifs dentaires 2026-27 du NHS et les montants des prepayment certificates ; les primes d’assurance santé privée ; les conditions de crédit offertes aux nouveaux arrivants ; et les niveaux de majoration de council taxhors Angleterre. Sur chacun de ces postes, la conduite est la même : obtenir un chiffre écrit et nominatif avant l’engagement, plutôt qu’une moyenne.

