Ce que nous faisons concrètement pour un expatrié au Royaume-Uni
Ce volet expose le droit applicable. La page que nous consacrons à l’expatriation au Royaume-Uni expose notre intervention : les profils que nous accompagnons, la façon dont nous coordonnons les conseils locaux, et ce qui relève de leur ressort plutôt que du nôtre.
25. Couple, régime matrimonial et protection
Vous partez à deux et l’un de vous porte l’essentiel du patrimoine. C’est la configuration la plus fréquente des dossiers que nous ouvrons sur Londres, et c’est celle qui produit les mauvaises surprises les plus chères, parce que le Royaume-Uni ne reconnaît presque rien de ce qui, en France, protège le conjoint sans que personne n’ait à y penser. Il n’y a pas de foyer fiscal : chacun déclare pour soi, et le couple n’existe pas dans le calcul de l’impôt sur le revenu. Il n’y a pas de régime matrimonial légal au sens où vous l’entendez : la question du partage se pose au divorce, devant un juge, et pas avant. Et depuis le 6 avril 2025, l’exonération de transmission entre époux, qui est en France le socle de toute protection du survivant, peut se retrouver plafonnée à 325 000 £ selon lequel des deux est mort et lequel des deux hérite.
Ce chapitre traite ce que le couple devient quand il traverse la Manche : la fiscalité individuelle et ce qu’elle change au calcul familial, le régime matrimonial et la loi qui le gouverne, le divorce et son risque patrimonial, la protection du conjoint survivant à l’Inheritance Tax, les testaments et le piège de la loi applicable à la transmission, l’assurance-vie française vue de Londres, puis les enfants : leur effet sur votre propre résidence fiscale, la scolarité et ce qu’elle coûte réellement.
Un avertissement de méthode, et il est plus important ici que dans n’importe quel autre chapitre de ce guide. Une partie du sujet — le régime matrimonial, la loi applicable au mariage, la compétence et l’office du juge du divorce — relève du droit international privé, et le corpus de sources primaires réuni pour ce guide, arrêté au 29 juillet 2026, ne le couvre pas. Nous ne le comblerons pas par déduction. Ce que nous savons, nous l’écrivons avec sa source ; ce que nous ne savons pas, nous le disons, et nous disons précisément quelle question poser, à qui, et avec quelles pièces. Sur ces points-là, il faut un avocat des deux côtés avant tout acte irréversible, et « acte irréversible » commence au jour où vous signez le bail londonien, pas au jour où le couple se défait.
Champ territorial et calendrier — à lire avant tout chiffre de ce chapitre
Les barèmes et abattements reproduits ici sont ceux d’Angleterre, du pays de Galles et d’Irlande du Nord. Un couple installé en Écosse relève de six tranches d’income tax sur les revenus non financiers — 19, 20, 21, 42, 45 et 48 %pour 2026-27 —, d’une bande à 50 % entre 43 663 et 50 270 £ et d’un taux marginal de 67,5 %entre 100 000 et 125 140 £ au seul titre de l’income tax — 69,5 % une fois ajoutée la cotisation salariale de National Insurancede 2 %. Les conséquences pour le couple, développées plus bas, en sont d’autant plus marquées.
L’année fiscale britannique court du 6 avril au 5 avril. L’année 2026-27couvre le 6 avril 2026 au 5 avril 2027. Tous les seuils, taux et abattements de ce chapitre portent leur année fiscale de rattachement. Un chiffre britannique cité « en 2026 » sans cette précision est inexploitable : il peut appartenir à trois calendriers différents.
Une distinction de vocabulaire qui commande la moitié de ce chapitre. Le domicilede la common law britannique n’est ni la résidence, ni la nationalité, ni le domicile fiscal français de l’article 4 B du CGI. Il a cessé, depuis le 6 avril 2025, d’être le facteur de rattachement de l’impôt britannique — mais il survit, et il survit précisément là où ce chapitre travaille. Le Finance Act 2025 le conserve pour les settlementsantérieurs au 6 avril 2025, pour l’éligibilité au rebasing, pour le registre des trusts ; et il continue d’exister hors du champ fiscal, où HMRC en maintient la description à titre de référence (RDRM22010, page portant la mention « This guidance remains for reference purposes only », vérifiée le 29/07/2026). Les dispositions du Finance Act 2025 qui préservent le domicile sont fiscales et limitativement énumérées : l’annexe 9, § 11 à 13, le maintient à l’article 476 de l’ITA 2007, à l’article 69 du TCGA 1992 et à la réglementation anti-blanchiment de 2017 pour les settlementsantérieurs au 6 avril 2025 ; l’annexe 11, § 1(1), en fait une condition du rebasing.Aucune de ces dispositions ne se prononce sur le droit international privé britannique.Nos sources primaires ne permettent donc pas d’affirmer que le domicile gouverne encore la loi applicable au régime matrimonial ou à la dévolution successorale : c’est une question à faire trancher par un solicitor, pas un acquis de ce chapitre.
L’impôt britannique ne connaît pas le couple, et cela change vos arbitrages
Il n’existe pas d’imposition commune au Royaume-Uni. Chacun des deux membres du couple a sa propre personal allowance, ses propres tranches, sa propre déclaration Self Assessment, son propre compteur de résidence, son propre compteur d’Inheritance Tax. Il n’y a ni parts, ni quotient familial, ni plafonnement de l’avantage tiré des enfants : les enfants ne réduisent pas l’impôt sur le revenu, ils ouvrent une prestation, le Child Benefit, qui est ensuite reprise au-delà d’un certain revenu.
La conséquence la plus directe est arithmétique et elle prend tout le monde à contre-pied. Un couple qui gagne 110 000 £ à deux paie beaucoupmoins d’impôt si les revenus sont répartis 55/55 que s’ils sont concentrés 110/0, alors que le foyer français aurait produit à peu près le même résultat dans les deux cas. Deux salaires de 55 000 £ consomment deux personal allowancesde 12 570 £ et ne dépassent la tranche à 40 % que sur une fraction étroite. Un salaire unique de 110 000 £ consomme une seule personal allowance, laquelle se trouve réduite d’une livre par tranche de deux livresde revenu net ajusté au-delà de 100 000 £ — ce qui produit, entre 100 000 et 125 140 £, un taux marginal effectif de 60 % dans le rest of the UK et de 67,5 %en Écosse, et non de 40 ou 45 %.
Ce que le système offre en compensation est maigre, et il faut le dire tel quel. La Marriage Allowance permet au conjoint dont le revenu est inférieur à la personal allowance de transférer 1 260 £de celle-ci à l’autre pour 2026-27 — même montant qu’en 2025-26 —, à la condition que le bénéficiaire ne soit pas imposé au-delà du taux de base. La Married Couple’s Allowance, elle, n’est ouverte qu’aux couples dont au moins un membre est né avant le 6 avril 1935 ; c’est une réduction d’impôt au taux de 10 %, pas un abattement d’assiette, comprise entre 4 530 £ et 11 700 £pour 2026-27 — contre 4 360 £ et 11 270 £ pour 2025-26. Pour la quasi-totalité de nos clients, le seul dispositif conjugal réellement disponible est donc la Marriage Allowance, et elle vaut au mieux 252 £ d’impôt.
| Ce que le couple avait en France | Ce qu'il en reste au Royaume-Uni | Effet concret |
|---|---|---|
| Imposition commune des époux et partenaires de PACS, avec parts de quotient familial | Rien. Deux contribuables distincts, deux Self Assessment tax returns, aucun rattachement | La répartition des revenus dans le couple devient un paramètre fiscal de premier ordre |
| Quotient familial pour les enfants à charge | Rien en impôt sur le revenu. Une prestation, le Child Benefit, reprise au-delà de 60 000 £ de revenu individuel | Le calcul se fait par parent, jamais par foyer : deux parents à 55 000 £ ne perdent rien, un parent à 80 000 £ perd tout |
| Décote, plafonnement, mécanismes de foyer modeste | Personal allowance individuelle de 12 570 £ pour 2026-27, dégressive à partir de 100 000 £ de revenu net ajusté | Taux marginal effectif de 60 % (rUK) ou 67,5 % (Écosse) entre 100 000 et 125 140 £ |
| Rien d'équivalent | Marriage Allowance : transfert de 1 260 £ de personal allowance pour 2026-27, sous condition que le bénéficiaire reste au taux de base | Gain maximal de l'ordre de 252 £ par an. À demander, il n'est pas automatique |
| Rien d'équivalent | Married Couple's Allowance : réduction d'impôt à 10 %, de 4 530 £ à 11 700 £ pour 2026-27, réservée aux couples dont un membre est né avant le 6 avril 1935 | Sans objet pour la quasi-totalité des expatriés en activité |
| Imputation des déficits et charges entre les revenus du foyer | Chaque contribuable impute sur ses propres revenus | Un conjoint sans revenu ne « sert » à rien fiscalement, hors Marriage Allowance |
La High Income Child Benefit Charge : l’impôt qui punit le couple déséquilibré
C’est le prélèvement qui frappe le plus exactement notre clientèle : cadre expatrié avec enfants. Le Child Benefitest une prestation universelle : 27,05 £ par semainepour l’aîné ou l’enfant unique et 17,90 £ par semainepar enfant supplémentaire, montants rattachés à l’année fiscale 2026-27par l’annexe A du Budget 2025. Elle est ensuite reprise par une charge fiscale dès que le revenu net ajusté d’un des deux parents dépasse 60 000 £, à raison de 1 % de la prestation par tranche de 200 £ de revenu au-dessus du seuil, la reprise devenant intégrale à 80 000 £. L’exemple que HMRC publie lui-même est parlant : un revenu de 67 600 £ entraîne la reprise de 38 % de la prestation (7 600 ÷ 200).
Le seuil s’apprécie sur le revenu du parent le plus aisé, individuellement, et jamais sur le total du ménage. Deux parents à 55 000 £ chacun — soit 110 000 £ de revenu familial — conservent l’intégralité de la prestation. Un parent à 80 000 £ et un parent sans revenu — soit 80 000 £ de revenu familial, 30 000 £ de moins — la perdent en totalité. C’est l’inverse exact de la logique du quotient familial, et cela surprend systématiquement les familles françaises dont un parent a suspendu son activité pour accompagner la mobilité.
Ce que coûte, dans le couple, la concentration des revenus sur une seule tête
ANNEE FISCALE 2026-27 -- Angleterre, pays de Galles, Irlande du Nord
Deux enfants a charge. Child Benefit annuel :
Aine .................. 27,05 GBP x 52 semaines = 1 406,60 GBP
Second enfant ......... 17,90 GBP x 52 semaines = 930,80 GBP
Total prestation .............................. 2 337,40 GBP
CONFIGURATION A -- deux revenus de 55 000 GBP
Revenu net ajuste du parent le plus aise ...... 55 000 GBP
Depassement du seuil de 60 000 GBP ............ 0 GBP
Taux de reprise ............................... 0 %
Child Benefit conserve ........................ 2 337,40 GBP
Deux personal allowances pleines consommees ... 2 x 12 570 GBP
CONFIGURATION B -- un revenu de 110 000 GBP, un revenu nul
Revenu net ajuste du parent le plus aise ...... 110 000 GBP
Depassement du seuil de 60 000 GBP ............ 50 000 GBP
Taux de reprise = 50 000 / 200 ................ 250 %
plafonne a .................................... 100 %
Child Benefit conserve ........................ 0 GBP
Personal allowance : 12 570 - (10 000 / 2) .... 7 570 GBP
soit 5 000 GBP d'abattement perdu, imposes a 40 %
ECART DE CHARGE, HORS EFFET DE TRANCHE
Child Benefit perdu ........................... 2 337,40 GBP
Personal allowance perdue x 40 % .............. 2 000,00 GBP
Marriage Allowance : inaccessible en B
(le beneficiaire depasse le taux de base) ..... 0 GBPLes deux configurations produisent un revenu familial identique — 110 000 £ dans les deux cas —, mais un impôt et des prestations profondément différents. Taux et seuils : page HMRC des taux et seuils 2026-27 ; High Income Child Benefit Charge, seuil de 60 000 £ et reprise intégrale à 80 000 £ depuis 2024-25 ; montants de Child Benefit rattachés à 2026-27 par l'annexe A du Budget 2025. L'arithmétique est nôtre, les paramètres sont officiels. Les effets de tranche complets ne sont pas reproduits ici.
Il y a une conséquence de conseil, et elle est parfaitement légale : le revenu net ajusté se pilote. Une cotisation à un régime de retraite britannique ou un don caritatif sous Gift Aid réduisent l’adjusted net income, donc à la fois la reprise du Child Benefit et la dégressivité de la personal allowance. Dans la bande 100 000 – 125 140 £, le rendement d’une cotisation de retraite est de 60 % dans le rest of the UKet de 67,5 % en Écosse, et non de 40 ou 45 %. C’est un mécanisme, pas une recommandation d’allocation : le montant, le véhicule et l’articulation avec vos droits français relèvent d’un arbitrage individuel, traité au chapitre 09.
Le piège du régime des nouveaux arrivants dans un couple : il se revendique individuellement, et il coûte les abattements conjugaux
Le régime des nouveaux arrivants — le régime FIG, traité au chapitre 03 — n’est pas une exonération automatique : c’est un allégement à revendiquer chaque année, par chaque contribuable, dans sa propre déclaration, à peine de forclusion. Il n’y a pas de revendication de couple. Chacun des deux membres a son propre compteur de quatre années fiscales, compté depuis sa première année de résidence britannique — y compris avant 2025 — et chacun arbitre séparément.
Le prix est individuel lui aussi, et il touche directement le couple. La revendication fait perdre, pour l’année concernée, la personal allowance, l’annual exempt amount de capital gains tax, la Married Couple’s Allowance, la Marriage Allowance et la Blind Person’s Allowance(articles 845C à 845G ITTOIA 2005 ; TCGA 1992, s. 1K). Le coût de l’option est chiffré à 5 028 £ dans le rest of the UK et 5 657 £en Écosse. Autrement dit : le conjoint qui revendique le régime ne peut plus recevoir la Marriage Allowancede l’autre, et celui qui la transfère la transfère dans le vide.
Dernier point, souvent manqué : le revenu exonéré au titre du régime reste compté dans l’adjusted net income pour la High Income Child Benefit Chargeet pour les droits à garde d’enfants. Un couple qui croit avoir « sorti » ses revenus étrangers de l’assiette britannique les retrouve intacts au moment de calculer la reprise du Child Benefit.
Le régime matrimonial : ce que nous établissons, et ce que nous refusons de deviner
Commençons par ce que nous pouvons affirmer sur source : le domicile de la common law n’a pas disparu du droit britannique— HMRC en maintient la description dans RDRM22010, page qui porte la mention « This guidance remains for reference purposes only », vérifiée le 29/07/2026 — et la réforme du 6 avril 2025 s’est bornée à le retirer du rattachement de l’impôt britannique.Nos sources primaires ne disent pas, en revanche, quelle part du droit international privé britannique il continue de gouverner : nous ne tranchons donc pas ce point. Un couple français qui vit à Londres depuis douze ans peut donc être long-term UK resident pour l’Inheritance Tax, imposé sur son revenu mondial, et rester domicilié en France au sens de la common law parce qu’il n’a jamais formé l’intention de s’établir définitivement au Royaume-Uni. Les deux qualifications coexistent, et elles ne produisent pas les mêmes effets.
Deuxième chose établie, et elle a une conséquence pratique immédiate : le domicile de choix britannique suppose deux conditions cumulatives— la présence physique sur un territoire juridique en qualité d’habitant effectif, etl’intention d’y demeurer de manière permanente ou indéfinie (HMRC, RDRM22010, vérifié le 29/07/2026). Symétriquement, et c’est le point le plus souvent mal restitué, l’intention seule ne suffit pas à éteindre un domicile de choix : les deux éléments doivent disparaître. Et le domicile d’origine ne s’éteint jamais : il renaît automatiquement dès que le domicile de choix est abandonné sans qu’un nouveau soit acquis. Une réserve, portée par la source elle-même : le domicile relève d’une appréciation factuelle et n’a jamais fait l’objet d’une définition légale codifiée.
Troisième chose établie, et c’est une curiosité qui devient un vrai sujet pour les couples d’un certain âge : il existe en droit britannique un domicile de dépendance(domicile of dependency), qui s’applique aux personnes sans capacité juridique propre — les enfants, les personnes dépourvues de capacité mentale suffisante, et les femmes mariées avant le 1er janvier 1974. Si vous êtes mariés depuis plus d’un demi-siècle et que votre époux a acquis un domicile de choix britannique avant cette date, la question du domicile de l’épouse ne se pose pas dans les mêmes termes que pour un couple marié en 1998. Ce n’est pas un détail d’histoire du droit : c’est un paramètre du dossier successoral, et il figure dans la présentation officielle de HMRC.
Ce que nous n'établissons pas sur le régime matrimonial, et pourquoi nous ne le comblons pas
Les sources primaires réunies pour ce guide couvrent la fiscalité britannique, la fiscalité française du non-résident, les deux conventions franco-britanniques et le droit du séjour. Elles ne couvrent pas les règles de conflit de lois en matière de régime matrimonial. Nous ne dirons donc pas quelle loi régit votre régime après l’installation, ni si le Royaume-Uni reconnaît un changement de régime opéré devant notaire français, ni à quelles conditions un contrat de mariage français produit ses effets outre-Manche.
Nous refusons d’autant plus de le deviner que le corpus francophone sur l’expatriation raisonne massivement en droit de l’Union, et que le Royaume-Uni n’en fait plus partie. L’accord de retrait a été signé le 24 janvier 2020 — pas le 31, qui est la date de publication au JOUE et de la sortie — et il est entré en vigueur le 1er février 2020. Sur les instruments européens en matière matrimoniale, notre base ne dit rien ; nous n’écrirons donc ni « le droit de l’Union s’applique encore », ni « c’est désormais le régime des États tiers ». Ces deux phrases sont fausses aussi souvent l’une que l’autre dans ce dossier.
Un repère tout de même, celui-là sourcé, et il vaut avertissement général : en matière de successions, le règlement (UE) n° 650/2012 n’a jamais lié le Royaume-Uni, y compris avant le Brexit, en raison de son opt-out. Le raisonnement « le Brexit a fait tomber le règlement successions » est faux dans sa prémisse : il n’y avait rien à faire tomber. Si cette erreur circule sur les successions, elle circule aussi ailleurs.
Ce que nous faisons, à la place, c’est vous dire quoi demander et quoi apporter. Un dossier de régime matrimonial franco-britannique s’instruit avec un notaire français et un solicitoranglais ensemble, jamais l’un après l’autre, et il se prépare avant le départ. Voici les questions à poser et les pièces à réunir. La liste paraît lourde ; elle l’est. Elle est aussi la seule chose qui distingue une consultation utile d’une réponse de principe à 400 € de l’heure.
- Quelle loi régit notre régime matrimonial aujourd’hui, compte tenu de la date et du lieu du mariage, de notre première résidence habituelle commune, de l’existence ou non d’un contrat, et de nos résidences successives depuis ? Et cette loi change-t-elle du fait de l’installation au Royaume-Uni ?
- Un juge anglais serait-il tenu par notre contrat de mariage français, ou par un changement de régime homologué en France ? À quelles conditions de forme, de conseil indépendant et de divulgation patrimoniale ?
- Faut-il changer de régime avant le départ ou après ?Et si nous changeons après, le changement est-il opposable en France, au Royaume-Uni, aux deux ?
- Un acte de type post-nuptial agreement anglaisserait-il reconnu par un juge français en cas de retour ? La réciproque est-elle vraie ?
- Quel est notre domicile de common law respectif, et quels faits le documentent ? La question n’est pas rhétorique : elle commande la protection conventionnelle décrite plus bas, et elle se documente avant le décès, pas après.
Les pièces à réunir avant le premier rendez-vous : acte de mariage intégral ; contrat de mariage et, le cas échéant, acte de changement de régime avec son homologation ; liste datée des résidences habituelles du couple depuis le mariage, avec justificatifs ; inventaire du patrimoine par titulaire et par pays, en distinguant biens propres, biens communs et biens indivis, avec l’origine des fonds ; tableau des emprunts et des cautions ; testaments existants dans chaque pays ; clauses bénéficiaires des contrats d’assurance-vie ; statuts et pactes des sociétés détenues ; et, si l’un des deux a déjà été marié, les actes de divorce et les conventions de liquidation.
Le divorce : le risque patrimonial que personne n’anticipe avant de partir
Il faut être direct. La réputation de Londres comme place de divorce n’est pas une légende de dîner en ville, et c’est le sujet sur lequel un couple français qui s’installe prend le plus grand risque sans le savoir. Mais notre base documentaire ne porte pas les règles de compétence, de loi applicable et de partage devant le juge anglais ; nous n’allons donc pas les résumer de mémoire, et nous n’allons surtout pas reprendre le corpus francophone, qui raisonne encore largement en droit de l’Union sur ces questions et qui, sur ce dossier, est périmé plus souvent qu’à son tour.
Ce que nous pouvons faire, et qui a plus de valeur qu’un exposé approximatif, c’est trois choses. Nommer ce qui doit être arbitré avec un avocat, et à quel moment. Dire ce qu’il ne faut pasprésumer. Et traiter ce qui, dans la séparation, relève de notre champ vérifié : les effets fiscaux immédiats d’une séparation sur votre résidence britannique, sur votre appartement londonien et sur la transmission.
Quatre choses à ne pas présumer avant d'avoir vu un solicitor
- Ne présumez pas que votre contrat de mariage français s’impose au juge anglais. Nous n’affirmons ni qu’il s’impose, ni qu’il est ignoré : notre base ne l’établit pas. Mais un couple qui part en séparation de biens en croyant la question réglée par l’acte de 2011 a pris une décision sans l’instruire.
- Ne présumez pas que la juridiction est acquise. Le lieu où la procédure s’ouvre, et l’ordre dans lequel deux procédures parallèles sont saisies, peuvent avoir des conséquences patrimoniales sans commune mesure avec le fond du dossier. Les règles applicables depuis la sortie de l’Union ne figurent pas dans nos sources : c’est précisément pour cela qu’il faut les faire vérifier, et non les supposer inchangées.
- Ne présumez pas que ce que vous avez lu en français est à jour. La règle générale de ce guide vaut ici avec une force particulière : sur le Royaume-Uni, une large part des contenus francophones raisonne encore comme si le pays était un État membre, et l’erreur inverse — « donc c’est le régime des États tiers » — est tout aussi répandue et tout aussi fausse.
- Ne présumez pas que le patrimoine resté en France est hors d’atteinte. Nous ne disons pas qu’il est atteint ; nous disons que la question se pose, et qu’elle se pose avant le départ, quand elle peut encore recevoir une réponse structurelle.
Ce que la séparation change immédiatement, et que nous établissons sur texte
Le premier effet est sur votre résidence fiscale britannique, et il joue dès l’année de la séparation. Le Statutory Residence Test, décrit au chapitre 05, compte des « attaches ». L’attache familialeexiste si votre époux ou partenaire civil est résident fiscal britannique pour l’année — sauf séparation, laquelle s’entend d’une décision de justice, d’un acte de séparation, ou de circonstances établissant une séparation permanente (HMRC RFIG20530 et RFIG20540, et § 32 de l’annexe 45 du Finance Act 2013). Elle joue aussi pour le partenaire de fait vivant avec vous comme un époux ou partenaire civil.
Conséquence rarement anticipée : une séparation retire une attache. Pour celui qui quitte le Royaume-Uni, c’est favorable — il faut davantage de jours de présence pour redevenir résident. Pour celui qui reste et qui espérait, à l’inverse, démontrer sa non-résidence, l’effet peut être inverse selon la configuration. Et l’attache logement, elle, ne disparaît pas parce que le couple se sépare : un pied-à-terre londonien disponible pendant une période continue d’au moins 91 joursoù l’on dort une seule nuit dans l’année suffit à la créer. C’est l’attache la plus facile à déclencher involontairement, et une séparation en produit souvent une, quand l’un des deux garde les clés « pour voir les enfants ».
Le deuxième effet est sur l’appartement londonien, et il est chiffrable. L’exonération de résidence principale britannique — la Private Residence Relief — existe bel et bien, contrairement à ce que laisse croire une partie du corpus, mais pour un non-résident chaque année fiscale est neutralisée comme non-qualifying tax yearau sens de la section 222B du TCGA 1992, sauf si le cédant ou son conjoint était résident du territoire où se trouve le bien, ou si le day count testde la section 222C est satisfait — au moins 90 jourspassés dans l’année dans un ou plusieurs logements éligibles, les jours du conjoint comptant pour vous. Les neuf derniers mois de détention restent toujours exonérés.
Autrement dit : tant que le couple est constitué, les nuits de l’un profitent à l’autre, et la résidence de l’un couvre l’autre. La séparation coupe ce mécanisme. Le conjoint parti en France qui comptait sur la présence de l’autre à Londres pour préserver l’exonération de sa quote-part doit refaire le calcul, et il doit le refaire avant de mettre le bien en vente, pas après le compromis. Le chapitre 16 traite le détail de cette exonération et le chapitre 11 le calendrier de cession.
Le troisième effet est successoral et il est le plus brutal, parce qu’il se produit dans l’intervalle entre la séparation de fait et le divorce prononcé. Tant que le mariage subsiste, l’exonération de transmission entre époux joue selon les règles décrites ci-dessous ; une fois le divorce prononcé, elle disparaît. Entre les deux, il y a souvent deux ou trois ans pendant lesquels aucun des deux n’a mis à jour son testament ni ses clauses bénéficiaires. C’est la période où les dossiers se cassent.
La protection du conjoint survivant : le point le plus cher du dossier britannique
Voici le cœur du chapitre. Depuis le 6 avril 2025, l’Inheritance Tax britannique ne se rattache plus au domicile mais à la résidence de longue durée. L’article 267 de l’IHTA 1984, siège historique du deemed domicile, est abrogé — sur legislation.gov.uk, la mention est « omitted (6.4.2025) by virtue of Finance Act 2025 (c. 8), Sch. 13 paras. 23, 45(1) ». Il est remplacé par la notion de long-term UK resident, définie au nouvel article 6A :
« For the purposes of this Act, an individual is a “long-term UK resident” at all times in a tax year if they were UK resident for at least 10 of the previous 20 tax years. »
Trois conséquences renversent le conseil que l’on lit encore partout. Le critère est mécanique : le domicile supposait une intention, un faisceau d’indices, donc une marge de discussion ; la résidence de longue durée se compte, et elle se compte selon le Statutory Residence Test, la section 6A(5) renvoyant expressément à l’annexe 45 du Finance Act 2013. Chaque année contestée sur le SRT est une année qui déplace votre seuil successoral. Le seuil est de dix ans, pas de quinze : la bascule intervient cinq années plus tôt qu’avec l’ancien domicile réputé, et pour un Français installé à Londres, la dixième année est le vrai rendez-vous patrimonial. Enfin, la sortie du champ n’est pas immédiate : après le départ, le statut subsiste de 3 à 10 ans.
Le compteur de la résidence de longue durée, et la queue de rémanence après le départ
REGLE D'ENTREE -- IHTA 1984, s. 6A(1), en vigueur au 6 avril 2025
Etre resident du Royaume-Uni au sens du Statutory Residence Test
pendant au moins 10 des 20 annees fiscales precedentes
=> long-term UK resident pour l'annee fiscale consideree
=> patrimoine MONDIAL dans le champ de l'Inheritance Tax
REGLE DE SORTIE -- IHTA 1984, s. 6A(2) et 6A(3)
On prend les 20 annees fiscales se terminant avec la derniere
annee de residence britannique, on compte les annees de residence
dans cette periode, et on lit le nombre d'annees de NON-residence
consecutives necessaires pour cesser d'etre long-term UK resident :
de 10 a 13 annees de residence ............ 3 annees
14 annees ................................. 4 annees
15 annees ................................. 5 annees
16 annees ................................. 6 annees
17 annees ................................. 7 annees
18 annees ................................. 8 annees
19 annees ................................. 9 annees
20 annees ................................. 10 annees
Le compteur se remet a zero apres 10 annees consecutives
de non-residence (s. 6A(2)(a)).
BORNE BASSE, A NE PAS OUBLIER
La table ne s'applique QU'A une personne deja long-term UK
resident, donc residente au moins 10 des 20 annees. Une residence
de cinq ans n'emporte AUCUNE remanence : elle n'a jamais fait
entrer dans le champ.
JEUNES -- IHTA 1984, s. 6B
Moins de 20 ans au debut de l'annee : le "20" devient le nombre
d'annees pleines vecues, le "10" la moitie de ce nombre arrondie
au superieur. Un enfant de moins d'un an n'est jamais long-term
UK resident.Finance Act 2025, s. 44 à 46 et annexe 13, insérant les articles 6A et 6B de l'IHTA 1984 ; date d'effet 6 avril 2025 ; textes vérifiés le 29/07/2026. Pour les années 2012-13 et antérieures, la résidence s'apprécie selon les règles d'impôt sur le revenu alors applicables ; pour les années postérieures, selon l'annexe 45 du Finance Act 2013 (art. 6A(5)).
La disposition transitoire qui inverse le résultat pour ceux qui étaient déjà partis
Il existe une exception, elle est décisive, et elle produit exactement l’inverse de ce qu’on obtient en appliquant la règle nouvelle. HMRC, IHTM47021, Long-term UK residence test: Transitional provisions, mise à jour du 7 avril 2026, vérifiée le 29/07/2026 : les personnes non domiciliées ou deemed domiciled qui sont non-résidentes britanniques en 2025-26 sont long-term UK resident « if they satisfy the existing deemed domicile test, namely whether they have been resident for at least 15 out of the 20 tax years immediately preceding the year of charge, and for at least one of the four tax years ending with the relevant tax year ». Exclusion : « This transitional provision will not apply to individuals who are UK domiciled under common law on 30 October 2024 ».
En pratique : un Français rentré en France avant le 6 avril 2025 après moins de quinze ans à Londres sort du champ de l’Inheritance Tax sans queue de rémanence. Douze ans de Londres et un retour en 2024 ne produisent aucune rémanence de trois ans, contrairement à ce que publie une partie du corpus. La date de départ commande le résultat, et elle doit figurer dans toute simulation.
L’exonération entre époux plafonnée à 325 000 £ : le point de bascule
Voici la règle qui produit la facture, et qui manque à presque tous les exposés en ligne. L’article 18(2) de l’IHTA 1984plafonne l’exonération de transmission entre époux lorsque le défunt est long-term UK residentet que le bénéficiaire ne l’est pas— les deux conditions sont cumulatives, la condition tenant au bénéficiaire ayant été convertie du domicile vers la résidence de longue durée au 6 avril 2025. Le plafond n’est pas un montant figé dans l’article 18(2) : l’article 18(2A) le définit comme « the amount shown in the second column of the first row of the Table in Schedule 1 », c’est-à-dire la limite supérieure de la tranche taxée à 0 %, soit 325 000 £dans la version en vigueur de l’annexe 1 de l’IHTA 1984, vérifiée le 29/07/2026. Conséquence pratique : si le défunt n’est pas lui-même long-term UK resident, l’article 18(2) ne joue pas et l’exonération reste sans plafond, quel que soit le statut du survivant.
Pour un couple français dont un seul membre est long-term UK resident, c’est le point de bascule du dossier, et l’appartement londonien en est presque toujours l’actif central — parce que l’immeuble britannique reste dans le champ de l’Inheritance Tax quelle que soitla résidence ou le domicile du défunt, par l’effet de la règle de situs. Un survivant qui n’est pas long-term UK residentreçoit donc un bien pleinement imposable, avec une exonération conjugale plafonnée.
Il existe une sortie, et elle a un prix. Les articles 267ZC à 267ZEde l’IHTA 1984 — l’ancien article 267ZA dans la numérotation antérieure — prévoient un mécanisme d’optionpermettant au conjoint d’être traité comme long-term UK resident. L’option débloque l’exonération sans plafond. Elle expose en contrepartie le patrimoine mondial du conjoint à l’Inheritance Tax. Pour un couple dont le survivant possède un patrimoine français substantiel, l’option peut coûter beaucoup plus qu’elle ne rapporte. Pour un couple dont l’essentiel est déjà britannique, l’arbitrage penche dans l’autre sens. Il n’y a pas de réponse générale, et nous n’en donnerons pas : c’est exactement le type de décision qui se prend avec un solicitor spécialiste des successions internationales et un notaire français, ensemble.
| Configuration du couple | Champ de l'IHT au décès du premier | Exonération entre époux | Ce qu'il faut instruire |
|---|---|---|---|
| Les deux sont long-term UK resident | Patrimoine mondial du défunt | Sans plafond : le bénéficiaire est long-term UK resident | Le compteur des dix ans de chacun, et la date à laquelle chacun l'a franchi — ils sont rarement identiques |
| Le défunt est long-term UK resident, le survivant ne l'est pas | Patrimoine mondial du défunt | Plafonnée à 325 000 £ (s. 18(2)), sauf option des ss. 267ZC à 267ZE | La configuration la plus coûteuse et la plus fréquente. L'option expose le patrimoine mondial du survivant : elle s'arbitre, elle ne se coche pas |
| Le défunt ne l'est pas, le survivant l'est | Biens de situs britannique du défunt uniquement | Sans plafond : le bénéficiaire est long-term UK resident | La règle de situs de l'article 4 de la convention de 1963, et la question de la loi régissant la transmission (voir plus bas) |
| Aucun des deux ne l'est | Biens de situs britannique du défunt uniquement | Sans plafond côté britannique : le plafond de la s. 18(2) ne joue que sur des biens dans le champ | La protection conventionnelle et la seconde branche de l'article 5 § 1, qui peut la faire tomber |
| Départ du Royaume-Uni antérieur au 6 avril 2025 | Régi par la disposition transitoire IHTM47021 : ancien test de 15 années sur 20 | Selon le statut résultant du test transitoire | La date exacte du départ et la qualification de domicile de common law au 30 octobre 2024 |
Sur le taux, deux précisions et une abstention. Le taux de droit commun est de 40 % au-dessus du nil-rate band. Un taux réduit de 36 % existe lorsque les libéralités caritatives atteignent le seuil de 10 % — les charity lump sum death benefits comptent pour ce seuil. Le nil-rate band, enfin : il n’est pas fixé par une page de taux mais par le tableau de l’annexe 1 de l’IHTA 1984, dont la version en vigueur vérifiée le 29/07/2026 porte une tranche taxée à 0 % jusqu’à 325 000 £et 40 % au-delà. C’est ce même montant que l’article 18(2A) reprend pour plafonner l’exonération entre époux : les deux chiffres n’en font qu’un. Parce que l’annexe 1 peut être modifiée par une loi de finances, elle doit être rouverte sur legislation.gov.uk à la date de l’acte, et non recopiée depuis ce guide.
La fenêtre de six ans, et pourquoi elle est le vrai objet du conseil
Un nouvel arrivant qui bénéficie du régime des nouveaux arrivants n’est pas long-term UK resident : il faut dix années de résidence sur vingt. Le régime couvre les années 1 à 4 ; le risque successoral mondial apparaît à partir de la onzième. Il existe donc une fenêtre de six années fiscales — les années 5 à 10 pendant laquelle vous êtes imposé sur vos revenus mondiaux sansêtre encore dans le champ mondial de l’Inheritance Tax.
C’est la fenêtre de décision patrimoniale la plus importante de tout le dossier britannique, et pour un couple c’est deux fenêtres décalées, puisque chacun a son propre compteur. Le conjoint arrivé dix-huit mois après l’autre — cas de figure banal, le temps de terminer une année scolaire ou un préavis — franchira sa dixième année une ou deux années fiscales plus tard. Sur une transmission, ce décalage est un paramètre ; sur une réorganisation patrimoniale, c’est parfois le paramètre.
Les pensions entrent dans l’assiette successorale au 6 avril 2027
C’est la réforme la plus lourde de conséquences patrimoniales du bloc retraite, et elle concerne directement la protection du survivant. Le Finance Act 2026 — sanction royale le 18 mars 2026, référence ukpga/2026/11 — insère, par sa section 66, unarticle 150A dans l’IHTA 1984— les sections 67 à 70 réglant la redevabilité, la retenue par l’administrateur et les amendements de conséquence au Finance Act 2004 et à l’ITEPA 2003 — pour intégrer la plupart des fonds de pension non consommés et des capitaux décès dans la valeur de la succession, aux fins de l’Inheritance Taxet de ses seuils. Sa section 71fixe l’entrée en vigueur : le dispositif s’applique « in relation to deaths, and (so far as relevant) to other transfers of value within the meaning of IHTA 1984, occurring on or after 6 April 2027 » — donc pas aux seuls décès.
La note technique de mai 2026 énumère quatre catégories exclues du champ, et elles intéressent directement le conjoint : les dependants’ scheme pensions, c’est-à-dire les rentes servies à un ayant droit qualifié — conjoint, partenaire civil, enfant, personne à charge financière ; la trivial commutation ; les joint life annuities, les rentes de réversion souscrites conjointement à la rente viagère du membre ; et les death in service benefits, à la condition que le membre ait été effectivement en emploi immédiatement avant son décès— les droits d’un membre différé au titre d’un emploi antérieur en sont exclus. Le policy papermentionne aussi les fonds inférieurs à 1 000 £ et les rentes en cours de service ; la note technique ne les range pas dans les quatre catégories d’exclusion, et nous signalons l’écart plutôt que de le trancher.
Le point qui commande la protection du survivant est le suivant :l’exonération conjoint ou partenaire civil joue au stade de la distribution, pas au stade de l’évaluation. La valeur de la notional pension propertyest calculée et déclarée dans tous les cas ; l’exonération se traduit par l’absence de taxation de la quote-part revenant au conjoint ou partenaire civil résident de longue durée au Royaume-Uni. On retrouve donc, à l’intérieur du régime des pensions, la même condition que celle de l’article 18(2) : le survivant doit être long-term UK residentpour que l’exonération soit pleine. Les administrateurs de régime doivent fournir, sur demande, la ventilation entre bénéficiaires exonérés et non exonérés.
Le calendrier post-décès est serré et il pèse sur le survivant, qui est en général celui qui l’ignore. L’administrateur communique la valorisation dans les 28 joursde la demande ; les représentants personnels — y compris pressentis — peuvent demander au régime de retenir jusqu’à 50 % du droit à prestation pendant jusqu’à 15 moisà compter de la fin du mois du décès ; le Pensions Direct Payment Schemepermet à l’administrateur de régler l’Inheritance Tax directement à HMRC, à partir de 1 000 £, avec paiement dans les 35 joursde la réception de l’avis, à défaut de quoi l’administrateur devient solidairement responsable ; et l’impôt lui-même est dû à la fin du sixième mois suivant le décès. Le chapitre 09 traite le détail du régime des pensions.
Le testament : le piège de la loi applicable, et pourquoi il vaut des millions
Il faut d’abord poser le bon texte, parce que presque tout le monde se trompe de convention.La répartition du droit d’imposer les successions entre la France et le Royaume-Uni ne relève pas de la convention fiscale de 2008. Elle relève de la convention du 21 juin 1963, mise en œuvre côté britannique par le Double Taxation Relief (Estate Duty) (France) Order 1963, SI 1963/1319. Le Brexit ne l’a pas affectée ; elle n’est pas, selon toute vraisemblance, une convention fiscale couverte par la convention multilatérale, celle-ci ne visant que les conventions relatives aux impôts sur le revenu — le point n’a pas été vérifié sur la notification française au dépositaire ; et elle s’applique aux successions ouvertes depuis le 21 juin 1963, cette date incluse.
Elle vise, en France, l’impôt sur les successions prélevé sur les parts héréditaires, et côté britannique l’estate duty prélevé en Grande-Bretagne. Comme l’estate dutya été supprimé en 1975, c’est la clause d’extension de l’article 1er § 2 — « tous autres droits d’une nature similaire qui seront établis […] après la date de sa signature » — qui fait entrer l’Inheritance Taxdans son champ. Deux définitions à ne pas manquer : « Grande-Bretagne » désigne l’Angleterre, le pays de Galles et l’Écosse, et ne comprend ni les îles anglo-normandes ni l’île de Man ; c’est l’article 10 qui étend séparément la convention aux droits de succession prélevés en Irlande du Nord.
Et surtout : cette convention raisonne en domicile. Son article 2 § 3 renvoie, pour la détermination du domicile, à la législation de chaque partie, avec un départage en cascade de structure OCDE : foyer permanent d’habitation, puis centre des intérêts vitaux, puis séjour habituel, puis nationalité, puis accord amiable. Le Finance Act 2025 le savait : sa section 267ZF(4), insérée dans l’IHTA 1984, dispose que « Nothing in this section affects the interpretation of any such arrangements as are mentioned in section 158(6) (certain pre-1975 arrangements) ». La convention de 1963 est précisément un pre-1975 arrangement. GOV.UK le confirme en termes généraux pour les quatre conventions concernées — France, Italie, Inde, Pakistan — : elles « do not include provision for deemed domicile ».
La conséquence patrimoniale, et les cinq limites qui vont avec — à énoncer toujours ensemble
Une personne devenue long-term UK resident, et donc redevable en droit interne britannique de l’Inheritance Tax sur son patrimoine mondial, mais qui demeure domiciliée en France au sens de l’article 2 § 3 de la convention de 1963, peut invoquer l’article 5 § 1pour faire échapper à l’Inheritance Tax tous les biens qui ne sont ni situés en Grande-Bretagne, ni transmis sous l’empire du droit britannique.
- Elle ne couvre pas les biens situés en Grande-Bretagne.L’immobilier résidentiel britannique, notamment, reste intégralement imposable.
- Elle tombe si la transmission est régie par le droit britannique— la seconde branche de l’article 5 § 1, développée ci-dessous.
- Elle ne couvre que l’impôt exigible au titre du décès, l’extension de la section 158(6) étant limitée à l’Inheritance Tax « chargeable by virtue of section 4 ». Elle ne joue ni pour les transferts entre vifs, ni pour les charges applicables aux trusts.
- Elle suppose d’établir le domicile français au sens de la convention, question de fait lourde à démontrer pour une personne résidant au Royaume-Uni depuis dix ans ou plus : les critères de départage — foyer permanent, centre des intérêts vitaux — jouent alors contre elle dans la plupart des configurations.
- La qualification de « domicilié en France » se fait selon le droit français, et le point de savoir quelle notion française s’applique exactement — domicile fiscal de l’article 4 B du CGI ou domicile de droit civil — n’est pas tranché par les sources primaires consultées.
La formulation que nous retenons et que nous ne dépassons pas :la section 267ZF(4) de l’IHTA 1984 réserve expressément l’interprétation des arrangements antérieurs à 1975 visés à la section 158(6), dont relève la convention franco-britannique de 1963 ; les pages GOV.UK et les manuels HMRC IHTM27161 et IHTM47070, consultés le 29/07/2026, ne contiennent pas d’analyse détaillée du cas français. Nous n’écrivons pas que HMRC a validé le schéma.
La seconde branche de l’article 5 § 1 : un testament anglais peut coûter la protection sur le patrimoine mondial
Lisez le texte lentement, parce qu’il contient deux conditions cumulatives et que l’essentiel des présentations n’en retient qu’une. Article 5 § 1, défunt domicilié en France : « aucun impôt n’est prélevé en Grande-Bretagne sur les biens qui ne sont ni situés en Grande-Bretagne, ni transmis en vertu d’une disposition ou d’une dévolution régies par la législation en vigueur dans une partie quelconque de la Grande-Bretagne ». Version anglaise du SI 1963/1319, article V : « duty shall not be imposed in Great Britain on any property which neither is situated in Great Britain, nor passes under a disposition or devolution regulated by the law of some part of Great Britain ».
Autrement dit : un actif hors de Grande-Bretagne appartenant à un défunt domicilié en France redevient imposable à l’Inheritance Taxs’il est transmis par un instrument régi par le droit anglais, écossais ou nord-irlandais — typiquement un testament de droit anglais ou un trust de droit anglais. Cette condition n’a pas d’équivalent à l’article 5 § 2 : côté français, seule la situation du bien compte.
Mesurez ce que cela signifie. Le couple français installé à Londres qui, sur les conseils parfaitement raisonnables de son solicitor, fait rédiger un testament anglais couvrant l’ensemble de ses avoirs — parce que c’est plus simple, parce que le probate anglais s’en accommode mieux, parce que l’appartement est là — peut, par ce seul acte, faire tomber la protection conventionnelle sur l’ensemble de son patrimoine français et international. Le testament ne coûte pas 800 £ : il coûte potentiellement la différence entre une transmission hors champ et une transmission dans le champ, à 40 %.
Le choix de la loi applicable au testament d’un Français domicilié en France mais ayant vécu au Royaume-Uni n’est donc pas un détail de forme. C’est une décision patrimoniale de premier ordre, et elle doit être prise en connaissance de l’article 5 § 1, ce qui n’est pas le cas dans la grande majorité des dossiers que nous reprenons. Elle doit aussi s’articuler avec le règlement (UE) n° 650/2012 sur les successions internationales — dont le Royaume-Uni n’a jamais été partie, y compris avant le Brexit, en raison de son opt-out. Ce dernier point mérite d’être répété parce qu’il déjoue un raisonnement très répandu : le Brexit n’a rien changé sur ce terrain, il n’y avait rien à changer.
Réserve héréditaire française et liberté testamentaire britannique : ce que nous ne tranchons pas
La question que tout lecteur se pose ici — « puis-je déshériter, ou mieux protéger mon conjoint, en me plaçant sous le droit britannique ? » — est légitime et notre base documentaire ne permet pas d’y répondre. Les règles de dévolution successorale britanniques, les mécanismes de protection de la famille et des personnes à charge en droit anglais, l’articulation avec la réserve héréditaire française et le sort d’une éventuelle professio jurisau profit d’une loi non liée par le règlement de 2012 ne figurent dans aucune des sources primaires réunies pour ce guide.
Nous n’écrivons donc rien à ce sujet, ni dans un sens ni dans l’autre. Ce que nous écrivons, en revanche : la réponse existe, elle est technique, elle dépend de votre domicile de common law et de la situation de chaque actif, et elle doit être établie par un notaire français et un solicitor anglais spécialiste des successions internationales, travaillant ensemble, avant toute rédaction. Un testament rédigé de chaque côté sans que les deux professionnels se soient parlé est le scénario qui produit les contentieux les plus longs.
Les treize règles de situs, et celle qui transperce la SCI
L’article 4 de la convention pose treizerègles de situs, de a) à m). Elles décident, bien par bien, quel État a le droit d’imposer, et elles ne coïncident pas toujours avec l’intuition. Deux d’entre elles sont à très fort enjeu pour un patrimoine franco-britannique.
| Alinéa de l'article 4 | Catégorie de biens | Lieu réputé de situation |
|---|---|---|
| a) | Immeubles et droits immobiliers ; la qualification d'immeuble relève de la loi du lieu de situation | Là où ils se trouvent |
| b) | Meubles corporels | Là où ils se trouvent |
| c), d), f), j) | Créances, titres publics, sommes dues au titre de polices d'assurance, droits de propriété intellectuelle | Au lieu du domicile du défunt |
| e) | Actions et parts de sociétés de capitaux | Au lieu de constitution de la société |
| g) | Parts de partnership et de société civile ; et, pour les sociétés civiles immobilières, règle spéciale | Lieu d'exploitation principale ; pour la SCI, lieu de situation des immeubles exploités conformément à l'objet social |
| m) | Biens non visés par les alinéas précédents | Le lieu déterminé par la législation de la partie contractante où le défunt n'avait PAS son domicile |
L’alinéa g) est la disposition la plus utile — et la plus redoutée — du dossier. Le texte français dispose que « pour les sociétés civiles immobilières, ce lieu est celui de la situation des immeubles exploités conformément à l’objet social », et le texte anglais « and in the case of a société civile immobilière this shall be where the land developed in accordance with the objects of the société is located ». La convention transperce la SCI, et elle la nomme expressément, en français, dans un texte de 1963. Une SCI française détenant un immeuble britannique est donc réputée située au Royaume-Uni : la SCI n’interpose rien. Le réflexe patrimonial français de la société civile ne déplace pas le situs, et l’écrire autrement est une faute.
L’alinéa e) mérite lui aussi une seconde lecture : les actions et parts de sociétés de capitaux sont situées au lieu de constitution. Les titres d’une société française restent donc français, ceux d’une limitedbritannique restent britanniques, indépendamment de l’endroit où le compte-titres est ouvert ou de la résidence du porteur. Le chapitre 20 traite la société britannique ; le chapitre 13, les titres restés en France.
Ce que la convention protège côté français, et le délai de cinq ans que personne ne mentionne
L’article 5 § 2 est la disposition la plus importante pour nos clients dont les enfants sont restés en France : « Lorsqu’une personne était, au moment de son décès, domiciliée dans une partie quelconque de la Grande-Bretagne, aucun impôt n’est prélevé en France sur les biens qui n’y sont pas situés », et il est fait abstraction de ces biens pour déterminer le montant ou le taux de l’impôt sur les biens imposables en France.
Cette clause prive d’effet le 3° de l’article 750 ter du CGI— l’imposition en France des biens mondiaux reçus par un héritier domicilié en France six des dix dernières années — lorsque le défunt était domicilié en Grande-Bretagne. C’est une protection considérable pour les enfants restés en France d’un parent installé à Londres, et elle est presque toujours ignorée. Une nuance de raisonnement à conserver, parce qu’elle est honnête : cette neutralisation est une déduction a contrario de la lettre de l’article 5 § 2, non une position doctrinale explicite. Le BOFiP BOI-INT-CVB-GBR-20-20, version du 21/10/2013, énumère bien les biens imposables en France dans la succession d’un domicilié britannique — immeubles et meubles corporels français, clientèles et éléments d’exploitation en France, actions et parts émises par des sociétés de capitaux françaises (§ 120) — et exonère les obligations émises par des sociétés françaises ainsi que les rentes et emprunts négociables émis par l’État ou les collectivités publiques françaises (§ 130). Mais il n’aborde nulle part expressément la situation de l’héritier domicilié en France : sa seule mention de l’article 750 ter figure au § 140, sous la rubrique « Succession d’une personne domiciliée en France », c’est-à-dire dans le cas inverse. Nous écrivons donc « cohérent avec », et non « retenu par la doctrine ».
Trois mécanismes complètent le dispositif, et le troisième est un piège de calendrier. L’article 5 § 3oblige chaque partie à accorder au défunt domicilié dans l’autre État les exonérations, abattements, dégrèvements, remises ou réductions qu’elle aurait accordés à un défunt domicilié chez elle. L’article 6 élimine la double imposition par imputation, avec un crédit calculé bien par bien et plafonnéà l’impôt de l’État du domicile — pas un crédit global. L’article 7 § 1impose que toute demande d’imputation ou de remboursement fondée sur la convention soit présentée dans les cinq ans à compter du décès, ou du fait générateur s’il lui est postérieur, et le remboursement s’effectue sans intérêts.
Cinq ans à compter du décès, c’est plus court que bien des délais français, et ce délai court pendant que la famille règle une succession internationale, cherche un notaire, obtient le probateet fait traduire des actes. Nous avons vu des dossiers où le crédit d’impôt était acquis en droit et perdu en fait. Formalités : côté français, formulaire n° 2740 en double exemplaireauprès du service des impôts des particuliers non-résidents ; côté britannique, HMRC utilise les formulaires n° 50 pour les droits français et n° 5180 pour l’Inheritance Tax.
Trois limites de champ de la convention, à connaître avant de bâtir quoi que ce soit
- Elle ne couvre que les transmissions à cause de mort.HMRC, IHTM27174 : « The provisions of the Convention only cover UK Inheritance Tax (IHT) that is due on death. They do not cover tax due on immediately chargeable lifetime transfers. »Les libéralités entre vifs et les mises en trust — donc l’essentiel de l’ingénierie de transmission d’un patrimoine britannisé — sont hors de sa protection.
- Elle ne comporte aucune disposition relative aux trusts, et elle ne règle pas la succession d’un défunt domicilié dans aucun des deux États.
- Son article 8 n’organise qu’un échange de renseignements, sans assistance au recouvrement, dans une rédaction de 1963 très en retrait du standard moderne : pas de levée du secret bancaire, pas de véritable procédure amiable, pas de clause d’arbitrage, pas de clause de non-discrimination.
Et le point ouvert central, que nous publions tel quel.La convention franco-britannique du 21 juin 1963 continue de s’appliquer aux successions et répartit le droit d’imposer en fonction du domicile, notion que le droit interne britannique n’utilise plus comme critère d’assujettissement à l’Inheritance Taxdepuis le 6 avril 2025. L’articulation entre les deux systèmes n’a fait l’objet d’aucune prise de position publiée à la date de rédaction. Toute succession franco-britannique doit être examinée par un spécialiste, et ce guide ne chiffre aucun cas.
L’assurance-vie française comme outil de protection du conjoint : ce qui casse
En France, la clause bénéficiaire d’un contrat d’assurance-vie est le premier instrument de protection du conjoint : hors succession, avec un régime fiscal propre, et une liberté de désignation que le droit des successions n’offre pas. Ce mécanisme ne traverse pas la Manche intact, et il faut le dire avant que le contrat ne se dénoue, pas après.
Le Royaume-Uni ne connaît pas l’assurance-vie française. Il la range parmi les gains on foreign life insurance policies, régis par la partie 4, chapitre 9 de l’ITTOIA 2005. Le gain — le chargeable event gain— est imposé à l’income tax, pas à la capital gains tax : les moins-values en capital et l’annual exempt amountne peuvent pas s’y imputer. Et le décès de l’assuré est lui-même un chargeable event— HS321 liste expressément « Death of the life insured ». C’est le décalage le plus brutal avec la logique française, où le dénouement par décès relève d’un régime de transmission et non de l’impôt sur le revenu.
Sur le crédit d’impôt britannique de base, une nuance de rédaction que nous conservons parce qu’elle est dans le texte : HS321 écrit « Normally gains on foreign life insurance policies […] do not attract a non-repayable basic rate tax credit ». Nous gardons l’adverbe. Écrire « pas de basic rate tax credit » sans réserve serait plus net et moins exact.
Côté français, le prélèvement de l’article 990 I du CGIfrappe les capitaux décès afférents aux primes versées avant 70 ans : abattement de 152 500 € par bénéficiaire, puis 20 %jusqu’à 700 000 € de part taxable et 31,25 %au-delà. Sa territorialité vise l’assuré domicilié en France au moment du décès, oule bénéficiaire domicilié en France au sens de l’article 4 B et l’ayant été au moins six des dix annéesprécédant le décès. Texte confirmé sur Légifrance, LEGIARTI000036428798, version en vigueur au 11 mars 2023. Les primes versées après 70 ans excédant 30 500 € relèvent, elles, de l’article 757 B et des droits de mutation par décès.
Le cumul concevable est triple, et son élimination conventionnelle n'est établie pour aucun des trois étages
Rien n’établit que le prélèvement de l’article 990 I soit couvert par la convention de 1963 : ce n’est pas un droit de mutation par décès, mais un prélèvement sui generis. Aucune position française ou britannique sur sa qualification conventionnelle n’a été trouvée à la date de rédaction.
- prélèvement français de l’article 990 I sur les capitaux décès ;
- income tax britannique sur le chargeable event gain déclenché par le décès ;
- Inheritance Tax britannique sur le capital transmis.
Nous n’affirmons pas que la convention élimine la double imposition sur une assurance-vie française dénouée par le décès d’un long-term UK resident. Nous disons l’inverse : le cumul est concevable, il n’est neutralisé de façon établie à aucun étage, et un couple qui a bâti sa protection du survivant sur des contrats français doit faire instruire ce point par un fiscaliste britannique spécialiste des chargeable events avantde franchir la dixième année. Le chapitre 14 traite le contrat de son vivant ; s’y ajoute le risque de requalification en personal portfolio bond, qui déclenche une imposition annuelle réputée de 15 % des primes, indépendante de toute performance et de tout rachat.
Les enfants : ils déplacent votre propre résidence fiscale
Avant de parler d’écoles et de coûts, il faut traiter un effet que presque personne n’anticipe : vos enfants sont un paramètre de votre résidence fiscale britannique. Le Statutory Residence Test, pour les personnes dont la situation n’est pas tranchée par un test automatique, croise le nombre de jours de présence avec le nombre d’« attaches ». L’attache familiale du § 32 de l’annexe 45 du Finance Act 2013 existe si l’une de ces personnes est résidente fiscale britannique pour l’année : l’époux ou partenaire civil, sauf séparation ; le partenaire de fait vivant avec vous comme un époux ; un enfant de moins de 18 ans.
Pour l’enfant, l’attache ne joue que si vous le voyez en personne au Royaume-Uni pendant au moins 61 joursdans l’année, toute journée ou fraction de journée comptant. Si l’enfant atteint 18 ans en cours d’année fiscale, seule la période antérieure à l’anniversaire entre dans le décompte des 61 jours.
Et il existe une exclusion, spécialement écrite pour l’enfant scolarisé — celle qui intéresse directement les familles françaises qui placent un enfant en pensionnat britannique tout en restant en France. Elle est intégralement dans la loi, au § 33 de l’annexe 45 :
« (3) A family member falling within sub-paragraph (4) is to be treated as being not resident in the UK for year X if the number of days that he or she spends in the UK in the part of year X outside term-time is less than 21. (4) A family member falls within this sub-paragraph if he or she— (a) is a child of P’s who is under the age of 18, (b) is in full-time education in the UK at any time in year X, and (c) is resident in the UK for year X but would not be so resident if the time spent in full-time education in the UK in that year were disregarded. […] (6) For the purposes of this paragraph, half-term breaks and other breaks when teaching is not provided during a term are considered to form part of “term-time”. »
Trois points opérationnels, et le deuxième élargit sensiblement la protection. Le seuil est de moins de 21 jours passés au Royaume-Uni hors période scolaire. Les vacances de demi-trimestre comptent comme du temps scolaire, ainsi que toute autre interruption d’enseignement à l’intérieur d’un trimestre : un half-termpassé chez un correspondant à Londres ne consomme pas le quota. Et l’exclusion ne joue que si l’enfant ne serait pas résidentsans le temps passé en scolarité : un enfant qui vit au Royaume-Uni toute l’année, école ou pas, n’en bénéficie pas.
Une nuance jamais mentionnée ailleurs, et elle joue en votre défaveur : en cas d’année scindée, les seuils de jours sont réduits au prorata des mois pleins, mais le § 51(8) précise que cette réduction ne s’applique pas aux références à l’année X figurant aux §§ 32(1)(b) et 33 : l’attache familiale s’apprécie sur l’année entière, même quand le reste de votre calcul est proratisé.
| Situation familiale | Attache créée ? | Condition exacte | Ce qu'il faut documenter |
|---|---|---|---|
| Conjoint ou partenaire civil résident britannique | Oui | Sauf séparation : décision de justice, acte de séparation, ou circonstances établissant une séparation permanente | La date et la nature de la séparation, par écrit et datée |
| Partenaire de fait vivant avec vous comme un époux, résident britannique | Oui | Même règle que pour l'époux ; le partenaire peut vivre au Royaume-Uni, à l'étranger, ou dans les deux | La qualification de la vie commune, qui est une question de fait |
| Enfant de moins de 18 ans résident britannique | Oui, sous condition | Vous devez le voir en personne au Royaume-Uni au moins 61 jours dans l'année ; toute fraction de journée compte | Un relevé de vos journées de présence conjointe, tenu à l'année |
| Enfant de moins de 18 ans en full-time education au Royaume-Uni | Neutralisée si trois conditions | Moins de 21 jours au Royaume-Uni hors période scolaire ; half-term compte comme temps scolaire ; l'enfant ne serait pas résident sans la scolarité | Le calendrier officiel de l'établissement, trimestre par trimestre, et les dates de présence hors scolarité |
| Enfant ou petit-enfant de 18 ans ou plus logé chez vous, ou vous chez lui | Attache logement, pas familiale | Logement disponible 91 jours consécutifs ou plus ; 16 nuits ou plus si c'est le domicile d'un proche parent | Les nuitées, une par une. C'est l'attache la plus facile à déclencher sans le vouloir |
| Enfant atteignant 18 ans en cours d'année fiscale | Oui, sur la période antérieure | Seule la période précédant l'anniversaire compte pour le décompte des 61 jours | La date d'anniversaire rapportée au calendrier du 6 avril au 5 avril, pas à l'année civile |
L’effet de composition est le vrai danger, et il se produit sans qu’aucune décision soit prise dans l’année. L’attache logement, l’attache familiale et l’attache des 90 jours sont rétrospectives ou passives. Un Français qui quitte le Royaume-Uni en gardant son appartement, avec un conjoint resté sur place, et qui y a passé plus de 90 jours l’année précédente cumule déjà trois attaches dès le 6 avril — ce qui, sur la table des leaversdu § 18 de l’annexe 45, le rend résident dès 46 joursde présence. Le seuil de 91 jours, que l’on lit souvent, ne vaut que pour deuxattaches : l’erreur double la marge de sécurité réelle, et elle porte précisément sur le profil de nos clients. S’il déclenche une quatrième attache — attache travail à 40 jours de travail, ou attache pays —, il devient résident dès 16 jours. Et le cumul de trois attaches déclenche par lui-même la deeming ruleau-delà de 30 jours de présence diurne (§ 23(3), trois conditions cumulatives). Le chapitre 05 donne les tables complètes.
La scolarité et son coût réel : ce que nous chiffrons, et ce que nous refusons de chiffrer
Commençons par l’honnêteté, parce qu’elle est plus utile qu’un tableau approximatif. Notre base documentaire, arrêtée au 29 juillet 2026, ne comporte aucune donnée sur le montant des frais de scolarité des écoles privées britanniques, ni sur le régime de TVA qui leur est applicable. Nous ne publierons donc ni l’un ni l’autre. Ce n’est pas une coquetterie : un montant de frais de scolarité cité sans son academic yeara exactement le même défaut qu’un seuil fiscal britannique cité sans son année fiscale, et le corpus francophone en est plein.
Ce que nous vous demandons de faire à la place tient en une page. Récupérez, pour chaque établissement envisagé, la fee schedulepubliée pour l’année scolaire concernée — elles le sont toutes, sur le site de l’école. Distinguez, ligne à ligne : les frais de scolarité par trimestre, et non par an, car la facturation est trimestrielle ; les frais d’inscription et le dépôt de garantie, souvent non remboursables ; les extras— uniformes, sorties, examens, instruments, transport, repas —, qui sont facturés séparément et qui ne sont pas marginaux ; le régime de TVA effectivement appliqué, tel qu’il figure sur la facture ; et le préavis de retrait, généralement exprimé en trimestres, qui devient une dette immédiate si votre mobilité s’interrompt. Puis demandez à l’école, par écrit, l’historique d’évolution des frais sur cinq ans. Vous obtiendrez une projection utile ; personne ne vous la donnera spontanément.
Et gardez en tête la seule chose que la loi fiscale britannique dise du sujet, telle que nous l’avons établie plus haut : la scolarité d’un enfant au Royaume-Uni est un paramètre de votrerésidence, avec un seuil de moins de 21 jours hors période scolaire. Une famille qui organise sa mobilité autour d’un pensionnat sans avoir lu le § 33 de l’annexe 45 prend un risque de requalification de résidence qui coûte infiniment plus cher que la scolarité elle-même.
Les coûts d’installation d’une famille, eux, sont chiffrables — et ils sont élevés
Là où nous avons des chiffres officiels, nous les donnons. Le premier poste est celui que personne n’anticipe correctement : l’Immigration Health Surcharge, qui se paie en une seule fois au dépôt du dossier, pour toute la durée du visa demandé, et pour chaque membre de la famille. Le taux standard adulte est de 1 035 £ par an ; le taux réduit — étudiants, personnes à charge d’étudiants, Youth Mobility Scheme, moins de 18 ans — est de 776 £ par an. Pour une famille de deux adultes et deux enfants mineurs obtenant un visa de cinq ans, la contribution est de 18 110 £— (2 × 1 035 £ + 2 × 776 £) × 5 —, et de20 700 £si les quatre membres relèvent du taux adulte, en sus des frais de visa. Ces montants résultent de l’Immigration (Health Charge) (Amendment) Order 2024, S.I. 2024/55, art. 1(2) et 2(3), modifiant l’annexe 1 du S.I. 2015/792 : ils sont en vigueur depuis le 6 février 2024. Deux règles de tranches complètent le calcul : le coût annuel majoré de sa moitié pour un visa de dix-huit mois ou moins, et deux années pleines pour un visa de plus de dix-huit mois et de moins de deux ans. Attention à la source : la page GOV.UKNHS entitlements: migrant health guideaffichait encore, au 29/07/2026, l’ancien barème de 470 £ et 624 £.
| Poste | Montant | Base et date | Remarque |
|---|---|---|---|
| Immigration Health Surcharge, adulte | 1 035 £ par an et par personne | Page GOV.UK « healthcare immigration application », relevée le 29/07/2026 | Payable en une fois au dépôt, pour toute la durée du visa |
| Immigration Health Surcharge, taux réduit | 776 £ par an | Même source | Moins de 18 ans, étudiants et leurs personnes à charge, Youth Mobility Scheme |
| Famille de deux adultes et deux enfants mineurs, visa de 5 ans | 18 110 £ | (2 × 1 035 £ + 2 × 776 £) × 5 | 20 700 £ si les quatre membres relèvent du taux adulte. Hors frais de visa |
| Voie familiale, depuis l'étranger | 2 064 £ (Route to Settlement) | Table Home Office des frais d'immigration en vigueur au 8 avril 2026, colonne « Fee from 08 April 2026 » | IHS en sus, au taux standard |
| Voie familiale, depuis le Royaume-Uni | 1 407 £ (Leave to remain – Other) | Même table | IHS en sus |
| Autre parent à charge, depuis l'étranger | 3 635 £ | Même table | Le poste le plus cher de la voie familiale |
| Visa étudiant et Child Student | 558 £ par personne | Même table | Depuis l'étranger comme depuis le Royaume-Uni ; IHS au taux réduit de 776 £/an |
| Fonds de subsistance étudiant, Londres | 1 529 £ par mois, jusqu'à 9 mois, soit 13 761 £ | Page GOV.UK « Student visa: money », relevée le 29/07/2026 | Fonds détenus 28 jours consécutifs, la fin de cette période dans les 31 jours précédant la demande |
| Fonds de subsistance étudiant, hors Londres | 1 171 £ par mois, jusqu'à 9 mois, soit 10 539 £ | Même source | « Londres » désigne la City et les 32 boroughs |
| Naturalisation britannique | 1 839 £ (1 709 £ + 130 £ de cérémonie) | Pages GOV.UK naturalisation, relevées le 29/07/2026 | Test Life in the UK : 50 £ en sus. Biométrie gratuite. Délai indicatif : environ 6 mois |
L'exigence financière de la voie familiale : un chiffre que nous publions avec sa réserve
Pour la voie du partenaire d’un citoyen britannique ou d’un résident établi, le Minimum Income Requirement est de 29 000 £pour les demandes déposées au cours de l’année civile 2026. Le Migration Advisory Committee a publié le 10 juin 2025 sa revue des exigences financières et a recommandé de ne pas relever davantage ce seuil, en suggérant au contraire de le ramener à environ 23 000 – 25 000 £. Au 29/07/2026, les sources consultées indiquent que le seuil de 29 000 £ reste en vigueur et qu’aucun calendrier de modification n’a été publié.
Réserve, et nous la publions parce qu’elle nous concerne : ce montant et le statu quo de 2026 proviennent de sources professionnelles et de la page GOV.UK du MAC.La page GOV.UK « Family visa: partner » n’a pas été consultée directement pour ce guide, et l’Appendix FM-SE non plus.Ce chiffre doit être vérifié sur ces deux sources avant tout dépôt de dossier. Nous ne l’utilisons pas comme base d’un conseil.
Le deuxième poste, et de loin le plus lourd, est le logement familial. Les loyers moyens relevés par l’ONS en juin 2026 donnent la mesure du sujet : 3 596 £ par moisà Kensington & Chelsea, 3 168 £ à Westminster, 2 843 £ à Islington, 2 791 £ à Camden, 2 523 £ à Lambeth, 2 429 £ à Tower Hamlets, 2 210 £ à Haringey, 1 928 £ à Newham et 1 693 £à Barking & Dagenham. Ce sont des moyennes tous types confondus : un logement familial de trois chambres dans un arrondissement scolairement recherché se situe nettement au-dessus. Le chapitre 16 traite l’achat et le chapitre 18 la location.
Il faut le dire sans détour, parce que c’est la première cause de retour prématuré que nous observons : pour une famille, l’écart de rémunération entre Paris et Londres est fréquemment absorbé, et parfois plus qu’absorbé, par le seul cumul du loyer, de la scolarité et de la garde d’enfants. Un couple qui raisonne en salaire brut et en taux marginal d’impôt se trompe d’unité de mesure. Le bon calcul se fait en revenu disponible après logement, scolarité, garde et santé, avec deux enfants dans la boucle, sur cinq ans, et il se fait avant de signer.
Les configurations familiales où l'installation britannique tient
Elles ont un point commun : les deux membres du couple travaillent, l'horizon est long, et la protection du survivant est instruite avant la dixième année plutôt qu'après.
Les configurations où il faut arbitrer avant de partir, pas après
Aucune n'est rédhibitoire. Toutes deviennent coûteuses si la décision se prend en cours de route, quand les compteurs ont déjà tourné.
Ce qui ne se règle pas depuis la France, et ce qui ne se règle pas depuis Londres
La règle est simple : ce qui touche au régime matrimonial, au divorce et à la dévolution successorale ne se décide jamais d'un seul côté de la Manche.
Ce que nous ne concluons pas, et les questions exactes à poser à nos avocats partenaires
Ce chapitre comporte plus de renvois à spécialiste que n’importe quel autre de ce guide, et c’est délibéré. Le droit patrimonial de la famille franco-britannique superpose quatre corps de règles dont l’articulation n’a fait l’objet, sur plusieurs points centraux, d’aucune prise de position publiée : la convention du 21 juin 1963 articulée sur le domicile, l’Inheritance Taxarticulée depuis 2025 sur la résidence de longue durée, l’article 750 ter du CGI et sa neutralisation partielle, et le prélèvement de l’article 990 I. Un cabinet qui vous donnerait une réponse simple sur ce terrain vous donnerait une réponse fausse.
Les huit points à arbitrer avec nos avocats partenaires spécialisés sur le Royaume-Uni, avec la question à poser
- Régime matrimonial et loi applicable.Question : quelle loi régit notre régime aujourd’hui, l’installation britannique la modifie-t-elle, et un changement de régime opéré en France est-il opposable outre-Manche ? Pièces : acte de mariage, contrat, acte de changement, chronologie datée des résidences habituelles. Interlocuteurs : notaire français et solicitor anglais, ensemble.
- Divorce : compétence et portée du contrat.Question : dans quelle mesure un juge anglais serait-il tenu par notre contrat français, et quelles conditions de forme, de conseil indépendant et de divulgation patrimoniale faut-il réunir dès maintenant pour maximiser ses chances d’être pris en compte ? Interlocuteur : solicitorspécialiste du droit de la famille, avant l’installation.
- Articulation de la section 6A de l’IHTA 1984 et de la convention de 1963. Question : la convention prime-t-elle systématiquement le nouveau critère de résidence, et selon quelle procédure l’invoquer ? Pièces à faire produire : IHTM47070 et IHTM47071, les schedules IHT401a, D31a et D31b mentionnés par la HMRC Trusts and Estates Newsletterd’avril 2025. C’est le principal point ouvert du dossier.
- Option de l’article 267ZC à 267ZE pour le conjoint.Question : au vu de la composition et de la localisation de notre patrimoine, l’option est-elle favorable, et à quelle date se prend-elle ? Elle débloque l’exonération sans plafond et expose le patrimoine mondial du survivant : c’est un arbitrage chiffré, pas une formalité.
- Loi applicable au testament et seconde branche de l’article 5 § 1. Question : quelle architecture testamentaire permet de couvrir les actifs britanniques sans faire tomber la protection conventionnelle sur les actifs non britanniques ? Interlocuteurs : notaire français et solicitor spécialiste des successions internationales, ensemble et sur le même dossier.
- Réserve héréditaire et dévolution.Question : quelles sont les conséquences, pour nos enfants et pour le survivant, du choix de loi envisagé, et quelles actions leur seraient ouvertes dans chaque pays ? Notre base ne traite pas ce point : il doit être établi, pas supposé.
- Assurance-vie française et cumul de trois impositions.Question : nos contrats sont-ils exposés au régime des personal portfolio bonds, et le dénouement par décès supporterait-il simultanément le prélèvement de l’article 990 I, l’income tax sur le chargeable event gainet l’Inheritance Tax ? Interlocuteur : fiscaliste britannique spécialiste des chargeable events et des PPB.
- Trusts.Nous n’émettons aucune conclusion opératoire sur les trusts dans ce guide. Ce que nous pouvons dire : le régime a été profondément modifié au 6 avril 2025 pour les constitutions nouvelles, les settlementsantérieurs restent régis par le critère du domicile, et la convention de 1963 ne comporte aucune disposition relative aux trusts. Interlocuteurs : avocat fiscaliste britannique spécialiste des trusts, en binôme avec un notaire français.
Instruire la protection du couple avant la dixième année, pas après le décès
Nous instruisons un dossier « couple et famille » dans l'ordre où il produit ses effets : positionnement du compteur de résidence de longue durée de chacun des deux membres, identification de la fenêtre des années 5 à 10, cartographie du patrimoine par situs au sens de l'article 4 de la convention de 1963, examen de l'exonération entre époux et de son plafond, revue des testaments existants au regard de la seconde branche de l'article 5 § 1, revue des clauses bénéficiaires et de la qualification britannique des contrats français, calcul du revenu disponible familial après logement, scolarité et garde, et arbitrage de la répartition des revenus dans le couple. Sur le régime matrimonial, le divorce, la dévolution successorale, les trusts et toute succession franco-britannique, la mise en relation avec un notaire français et un solicitor anglais spécialiste des successions internationales, travaillant ensemble sur le même dossier, fait partie de l'accompagnement.
Les six phrases de ce chapitre qu’il faut retenir même en n’ayant rien retenu d’autre
Un.L’impôt britannique ignore le couple : deux contribuables, deux personal allowances, deux compteurs, et une High Income Child Benefit Chargequi s’apprécie sur le revenu individuel du parent le plus aisé, pas sur le ménage. La répartition des revenus dans le couple est un paramètre patrimonial, pas une question d’organisation.
Deux. Depuis le 6 avril 2025, l’Inheritance Taxsuit la résidence de longue durée : dix années sur vingt, comptées selon le Statutory Residence Test, avec une rémanence de 3 à 10 ans après le départ. Le seuil se franchit sans décision, et chacun des deux membres du couple a son propre compteur.
Trois.L’exonération de transmission entre époux est plafonnée à 325 000 £ lorsque le bénéficiaire n’est pas long-term UK resident. Pour un couple français dont un seul membre franchit la dixième année, c’est le point de bascule du dossier, et l’option qui le débloque expose en retour le patrimoine mondial du survivant.
Quatre.La répartition du droit d’imposer les successions relève de la convention du 21 juin 1963, pas de celle de 2008 ; elle raisonne en domicile ; elle transperce la SCI en la nommant ; et un testament de droit anglais peut faire tomber la protection de son article 5 § 1 sur l’ensemble du patrimoine non britannique. Le délai pour réclamer est de cinq ans à compter du décès, sans intérêts.
Cinq.Vos enfants sont un paramètre de votre résidence fiscale. L’attache familiale, l’exclusion de scolarité du § 33 avec son seuil de moins de 21 jours hors période scolaire, et l’attache logement à 16 nuits chez un proche parent de 18 ans ou plus se déclenchent sans que vous ayez rien décidé dans l’année.
Six.Sur le régime matrimonial, le divorce et la dévolution successorale, ce guide ne conclut pas — parce que ses sources ne le permettent pas, et parce que le corpus francophone qui conclut à sa place se trompe une fois sur deux. La bonne dépense, sur ce chapitre, n’est pas un guide de plus : c’est une consultation croisée notaire-solicitor, faite avant le départ, avec les pièces listées plus haut sur la table.
27. Liquider sa retraite entre les deux pays
« J’ai fait cinq ans à Londres entre 2012 et 2017. Ça vaut quelque chose ? » C’est la question, presque mot pour mot, que nous entendons trois ou quatre fois par trimestre. La réponse courte est oui, souvent beaucoup plus que ce que la personne imagine, et presque jamais de la manière qu’elle imagine. La réponse longue occupe ce chapitre, et elle commence par un chiffre : sur l’année fiscale britannique 2026-27, une année de cotisation supplémentaire au titre de la pension d’État britannique vaut 358,50 £ par an, à vie, et se rachète, quand le rachat est ouvert, 956,80 £ une fois pour toutes. Deux ans et huit mois de pension et le versement est remboursé. Peu d’arbitrages patrimoniaux offrent ce profil dans un dossier franco-britannique, et celui-là est en train de se refermer.
Il se referme pour une raison précise et récente : le 6 avril 2026, un règlement britannique a supprimé la classe de cotisation volontaire la moins chère pour les périodes passées à l’étranger, et a fait passer la condition d’accès à celle qui subsiste de trois ans à dix ans. Un Français qui a fait six ans à Londres puis est rentré ne remplit ni l’une ni l’autre des deux branches de la nouvelle condition. Une fenêtre transitoire existe, elle se ferme le 5 avril 2027, et elle suppose une démarche accomplie avant le 6 avril 2026— c’est-à-dire, pour la plupart des gens, une démarche qui n’a pas été accomplie. Ce chapitre dit exactement ce qui reste ouvert, ce qui est fermé, et ce qui dépend d’une lecture que HMRC seule peut confirmer.
Ce chapitre traite la mécaniquede la retraite entre les deux pays : ce qu’est la pension d’État britannique, comment se décompte une année qualifiante, ce que vaut un rachat, comment se combinent une carrière française et une carrière britannique, où et quand déposer la demande, qui verse quoi, dans quelle monnaie et à quelle fréquence, et qui paie vos soins une fois que vous ne travaillez plus. Il ne refait pas la fiscalitédes pensions : le partage conventionnel article par article, l’article 163 bis II sur les sorties en capital, la charge de 25 % sur les transferts vers un régime étranger et l’entrée des pensions non consommées dans l’assiette de l’Inheritance Tax au 6 avril 2027 sont traités au chapitre 09, et la succession au chapitre 24. Vous y serez renvoyé chaque fois que la frontière est ténue.
Deux avertissements avant d’entrer dans le détail. Le premier tient au calendrier : l’année fiscale britannique court du 6 avril au 5 avril, tous les montants cités ici se rattachent à une année fiscale nommée, et la date à laquelle vous liquidez, rachetez ou déménagez ne produit pas le même effet selon qu’elle tombe avant ou après le 6 avril. Le second tient à la nature des textes : la coordination franco-britannique de sécurité sociale ne repose plus sur le droit de l’Union mais sur le Protocole sur la coordination de la sécurité socialeannexé à l’accord de commerce et de coopération, qui en reprend l’architecture sans en reprendre tout le contenu — et qui, aux termes de son article SSC.70(1), cessera de s’appliquer le 1er mai 2036 sauf Protocole actualisé. Un plan de retraite construit sur la totalisation des périodes doit intégrer que son fondement juridique a une date de péremption connue.
La pension d’État britannique : dix ans pour exister, trente-cinq pour être entière
Le Royaume-Uni sert deux pensions d’État distinctes. La Basic State Pension concerne les générations ayant atteint l’âge de la retraite avant le 6 avril 2016. La New State Pensionconcerne celles qui l’atteignent à compter de cette date — hommes nés à compter du 6 avril 1951, femmes nées à compter du 6 avril 1953. Un Français qui s’installe aujourd’hui à Londres, ou qui y a travaillé au cours des quinze dernières années, relève exclusivement de la New State Pension. Tout ce qui suit la concerne elle, et les montants de la Basic ne sont donnés que pour éviter la confusion quand un parent ou un conjoint plus âgé est dans le dossier.
Les montants de l’année fiscale 2026-27 résultent du Social Security Benefits Up-rating Order 2026, S.I. 2026/148, entré en vigueur le 6 avril 2026. La revalorisation est de 4,80 % sur la New State Pension, soit 574,60 £ de plus par anau taux plein. Cette revalorisation-là est acquise ; les suivantes ne le sont pas, et rien dans ce chapitre ne les projette.
| Prestation | 2025-26 (hebdomadaire) | 2026-27 (hebdomadaire) | 2026-27 sur 52 semaines |
|---|---|---|---|
| New State Pension, taux plein | 230,25 £ | 241,30 £ | 12 547,60 £ |
| Basic State Pension, catégorie A, taux plein | 176,45 £ | 184,90 £ | 9 614,80 £ |
| Pension Credit, Standard Minimum Guarantee, personne seule | 227,10 £ | 238,00 £ | 12 376,00 £ |
| Pension Credit, Standard Minimum Guarantee, couple | 346,60 £ | 363,25 £ | 18 889,00 £ |
Deux seuils commandent tout le reste, et ils sont d’une nature différente. Le premier est un couperet : il faut dix années qualifiantes pour percevoir quoi que ce soit. La page GOV.UK The new State Pension: eligibilityne laisse aucune marge d’interprétation : « You’ll need 10 qualifying years on your National Insurance record to get any new State Pension. » Neuf années qualifiantes, sans totalisation, ne valent rien du tout. Le second est un plafond : trente-cinq années qualifiantes donnent le taux plein pour les carrières commencées après avril 2016. Entre les deux, la pension est proportionnelle. Pour les carrières antérieures, il peut en falloir davantage, notamment lorsque le salarié a été contracted outd’une partie du régime d’État — c’est fréquent chez les personnes ayant travaillé au Royaume-Uni avant 2016, et cela se lit sur le relevé, pas sur une règle générale.
De la proportionnalité découle le chiffre qui gouverne tous les arbitrages de ce chapitre. Une année qualifiante vaut, au taux 2026-27, 241,30 £ ÷ 35 = 6,89 £ par semaine, soit 358,50 £ par an. Retenez ce nombre : il est le dénominateur commun du rachat, de la totalisation et du calcul de Claire à la fin du chapitre. Une carrière britannique de six ans, si le droit est ouvert, vaut donc 6 × 358,50 = 2 151 £ par an. Une carrière de treize ans en vaut 4 660,50 £. Ces montants paraissent modestes à côté d’une retraite française ; rapportés au coût de leur acquisition, ils ne le sont pas du tout.
Quelles cotisations valident une année — et laquelle n’en valide aucune
Les National Insurance contributionssont l’équivalent britannique des cotisations sociales, réparties en classes selon le statut du cotisant. Toutes ne se valent pas, et l’écart entre elles est le premier piège du sujet. La page GOV.UK National Insurance: what National Insurance is foren donne la grille : elle contient une ligne que la plupart des indépendants français installés à Londres découvrent trop tard.
| Classe | Qui la paie | Ce qu'elle ouvre pour la retraite | Taux 2026-27 |
|---|---|---|---|
| Classe 1 (part salarié) | Salarié au-dessus du Primary Threshold (242 £/semaine) | Basic State Pension, Additional State Pension, New State Pension, et les prestations contributives (New Style Jobseeker's Allowance, ESA contributive, Maternity Allowance, Bereavement Support Payment) | 0 % entre LEL et PT ; 8 % entre PT et UEL ; 2 % au-delà de 50 270 £ |
| Classe 1 (part employeur), 1A et 1B | L'employeur | Aucun droit personnel. C'est une charge patronale, elle ne valide rien pour vous | 15 % au-dessus du Secondary Threshold de 5 000 £, sans plafond |
| Classe 2 | Indépendant | Basic State Pension, New State Pension, ESA contributive | 3,65 £/semaine, soit 189,80 £ par an. Réputée payée sans versement effectif au-dessus du Small Profits Threshold de 7 105 £ |
| Classe 3 (volontaire) | Toute personne éligible qui comble un trou de carrière | Basic State Pension et New State Pension, rien d'autre | 18,40 £/semaine, soit 956,80 £ par année rachetée |
| Classe 4 | Indépendant, assise sur les bénéfices | AUCUN droit. La page GOV.UK est explicite : « These do not count towards state benefits or pensions » | 6 % de 12 570 £ à 50 270 £, puis 2 % au-delà |
Le piège de la classe 4 : la plus lourde ne valide rien
Un consultant français indépendant à Londres qui déclare 60 000 £ de bénéfices paie, en classe 4, 6 % sur la tranche de 12 570 à 50 270 £ et 2 %au-delà. C’est de loin son prélèvement social le plus lourd. Il n’ouvre aucun droit : « These do not count towards state benefits or pensions ». Ce qui valide son année, c’est la classe 2, à 3,65 £ par semaine — réputée payée sans versement effectif dès lors que ses bénéfices dépassent le Small Profits Thresholdde 7 105 £.
Le raisonnement « je cotise donc j’acquiers » est faux au Royaume-Uni. Ce sont deux prélèvements de nature différente, et celui qui coûte cher n’est pas celui qui compte. Le corollaire est plus inquiétant : un indépendant dont les bénéfices sont restés sous le seuil de 7 105 £ une année donnée n’a pasvalidé cette année-là, sauf versement volontaire de classe 2. Deux ou trois années de démarrage difficile peuvent ainsi manquer au relevé sans que personne n’ait prévenu. Voir aussi le chapitre 19sur le statut d’indépendant.
Une année est qualifiante lorsque la personne a travaillé et cotisé, a bénéficié de National Insurance credits — chômage, maladie, parent au foyer, aidant — ou a versé des cotisations volontaires. Sur la définition juridiqueprécise, une réserve s’impose et nous la portons plutôt que de l’escamoter. Le rattachement de l’année qualifiante au Lower Earnings Limit — une rémunération au moins égale au LEL sur 52 semaines, soit 6 708 £ en 2026-27— est arithmétiquement cohérent, le LEL hebdomadaire étant de 129 £, mais les pages GOV.UK consultées le 29 juillet 2026ne portent pas la règle juridique qui l’établit. Elle se vérifie sur la Social Security Contributions and Benefits Act 1992et sur le manuel HMRC de la série NIM. En pratique, cela ne vous handicape pas : c’est votre relevéqui indique, année par année, si l’année est complète, et c’est lui qui fait foi dans la discussion avec HMRC.
L’âge auquel vous y aurez droit n’est pas 66 ans
Le corpus francophone écrit encore, presque unanimement, que l’âge de la pension d’État britannique est de 66 ans. C’est faux pour toute personne née après le 5 avril 1960. La section 26 du Pensions Act 2014a modifié l’annexe 4 du Pensions Act 1995 en substituant la date du 6 avril 1960 à celle du 6 avril 1968 précédemment retenue : le relèvement de 66 à 67 ans a été avancé de huit ans, et il est en coursau moment où vous lisez ces lignes. La première cohorte de transition atteint l’âge de la pension au printemps 2026 ; la transition s’achève en 2028.
| Date de naissance | Âge de la pension d'État |
|---|---|
| Jusqu'au 5 avril 1960 | 66 ans |
| 6 avril 1960 – 5 mai 1960 | 66 ans et 1 mois |
| 6 mai 1960 – 5 juin 1960 | 66 ans et 2 mois |
| Progression mensuelle sur la table 3 de l'annexe 4 | … |
| 6 février 1961 – 5 mars 1961 | 66 ans et 11 mois |
| À compter du 6 mars 1961 | 67 ans |
Sur l’étape suivante — le passage à 68 ans —, nous ne vous dirons rien. Un relèvement ultérieur est prévu par le Pensions Act 2007, son calendrier a fait l’objet de revues successives, et nous n’avons pas vérifié sur source primaire, à la date du 29 juillet 2026, le calendrier actuellement en vigueur ni l’issue de la revue statutaire en cours. Pour un client né dans les années 1970, cette incertitude n’est pas théorique : elle déplace de douze mois la date de première perception et modifie le point mort d’un rachat. Le point se vérifie sur le Pensions Act 2007, sur la revue statutaire du DWP et sur la page GOV.UK State Pension age, avant tout chiffrage définitif.
Ne confondez pas cet âge-là avec le Normal Minimum Pension Age, qui gouverne l’accès à votre pot de retraite privée britannique. Le NMPA est de 55 ans et passe à 57 ans le 6 avril 2028 par l’effet de la section 10 du Finance Act 2022, avec un âge protégé pour les personnes détenant, au 4 novembre 2021, un droit inconditionnel de liquider avant 57 ans, sous réserve que les règles du régime aient comporté un tel droit inconditionnel au 11 février 2021 — les régimes des pompiers, de la police et des forces armées étant exclus du relèvement. Le NMPA et l’âge de la pension d’État sont deux compteurs indépendants, portés par deux textes différents, et le chapitre 09 traite le second volet.
Commencez par le relevé, jamais par la simulation
La première chose à faire, avant tout calcul, est d’obtenir le relevé britannique : « Check your State Pension forecast » sur GOV.UK. Il indique deux choses distinctes que les gens confondent systématiquement : le nombre d’années qualifiantes déjà acquises, et une projection de ce que vous toucherez si vous continuez à cotiser. La seconde n’a aucun sens pour quelqu’un qui a quitté le Royaume-Uni : c’est la première ligne qui compte, année par année, avec la mention de celles qui sont complètes et de celles qui ne le sont pas.
Trois obstacles pratiques se présentent, et personne ne vous en avertira. Le premier est l’accès : il faut un identifiant britannique et, le plus souvent, un numéro de National Insurance retrouvé sur une ancienne fiche de paie ou un ancien avis d’imposition — si vous l’avez perdu, comptez plusieurs semaines pour le faire retrouver, et ne commencez pas cette démarche le mois où vous voulez racheter. Le deuxième est la lecture : une année marquée incomplète ne dit pas pourquoi elle l’est, et la cause détermine la classe de cotisation applicable. Le troisième est le décalage : le relevé reflète des années fiscales britanniques, du 6 avril au 5 avril, et vos souvenirs sont en années civiles. Une arrivée en septembre et un départ en juin produisent deux années fiscales partielles que vous n’aviez pas comptées comme telles.
Ce qu’il faut avoir en main avant d’appeler qui que ce soit
Le relevé britannique, imprimé, avec le détail année par année. Le numéro de National Insurance. Les dates exactes d’arrivée et de départ du Royaume-Uni, au jour près, et non au mois près — elles décident du rattachement des années fiscales partielles. Les fiches de paie ou les certificats P60 dont vous disposez encore, qui permettent de contester une année portée incomplète à tort. Et, du côté français, votre relevé de carrière tous régimes.
Cette reconstitution prend en général deux à trois semaines de travail effectif, étalées sur deux à trois mois à cause des délais de réponse. Personne ne vous relancera si votre dossier s’arrête : c’est à vous de tenir le calendrier, et l’échéance du 5 avril 2027 évoquée plus bas ne se rouvrira pas.
Le rachat d’années : l’arbitrage le plus rentable du dossier
Reprenons l’arithmétique posée plus haut, en la déroulant complètement. Une année qualifiante supplémentaire ajoute 241,30 ÷ 35 = 6,89 £ par semaine à votre pension, soit 358,50 £ par an, aux paramètres de l’année fiscale 2026-27. Une année rachetée en classe 3 coûte 18,40 £ par semaine × 52 = 956,80 £, versés une seule fois. Le rapport entre les deux est de 37,5 % : chaque livre versée rapporte 37,5 pence par an, chaque année, tant que vous vivez. Le versement est remboursé en deux ans et huit mois de pension.
Aucune promesse ne se cache derrière ce chiffre, et il faut être précis sur ce qu’il est. Ce n’est pas un rendement financier : c’est le rapport entre un versement forfaitaire et un droit légal, dont le montant est fixé par la loi britannique et peut être modifié par elle. Rien ne garantit la revalorisation future, rien ne garantit que les paramètres de calcul resteront ceux d’aujourd’hui, et le versement est fait en livres pour une pension qui sera perçue en livres alors que vous dépenserez, probablement, en euros. Ce qui est en revanche solide, et rare dans un dossier patrimonial, c’est que le point mort est atteint en moins de trois ans et que la contrepartie est viagère.
Ce que vaut une année rachetée, et en combien de temps elle se rembourse
PARAMETRES - ANNEE FISCALE BRITANNIQUE 2026-27
New State Pension, taux plein ....... 241,30 GBP / semaine
sur 52 semaines ...................... 12 547,60 GBP / an
Duree exigee pour le taux plein ............... 35 annees
Seuil d'ouverture du droit .................... 10 annees
Classe 3 volontaire ................... 18,40 GBP / semaine
Classe 2 (supprimee a l'etranger le 6 avril 2026)
...................................... 3,65 GBP / semaine
VALEUR D'UNE ANNEE QUALIFIANTE
241,30 / 35 ............................ 6,89 GBP / semaine
x 52 ....................................... 358,50 GBP / an
COUT D'UNE ANNEE RACHETEE
Classe 3 : 18,40 x 52 ......................... 956,80 GBP
Classe 2 : 3,65 x 52 (pour memoire) ........... 189,80 GBP
Surcout du basculement classe 2 -> classe 3
(18,40 - 3,65) x 52 ......................... 767,00 GBP / an
POINT MORT
Classe 3 : 956,80 / 358,50 .......... 2,67 annees de pension
soit 2 ans et 8 mois apres la liquidation
Classe 2 : 189,80 / 358,50 .......... 0,53 annee de pension
soit 6 mois et 12 jours
=> La reforme du 6 avril 2026 a multiplie par 5 le
delai de retour du meme arbitrage
RAPPORT ANNUEL AU VERSEMENT
358,50 / 956,80 ................................... 37,5 %
Chaque livre versee rapporte 37,5 pence par an, a vie,
sous reserve que le droit britannique ne change pas.
SUR 20 ANNEES DE PENSION, PAR ANNEE RACHETEE
358,50 x 20 ................................. 7 170,00 GBP
pour un versement de .......................... 956,80 GBP
Rapport brut ....................................... 7,5 x
Hors revalorisations futures, qui ne sont pas acquises
et que nous n'integrons pas.
CE QUI N'EST PAS DANS CE CALCUL
- l'impot sur la pension, du dans l'Etat de residence
- les contributions sociales francaises sur pension de
source etrangere (voir plus bas)
- le risque de change GBP / EUR
- les frais de conversion de 0,39 % preleves au versement
- la deductibilite eventuelle, en France, d'une cotisation
volontaire britannique : NON VERIFIEE, ne pas la presumerTous les paramètres britanniques proviennent du Social Security Benefits Up-rating Order 2026 (S.I. 2026/148) et des pages GOV.UK Voluntary National Insurance: rates et Self-employed National Insurance rates, pour l'année fiscale 2026-27. Le rapport de 37,5 % n'est pas un rendement financier : c'est le rapport entre un versement forfaitaire et un droit légal révisable par le Parlement britannique. Le point mort de 2 ans et 8 mois suppose que le droit soit effectivement ouvert, ce qui n'est pas acquis depuis le 6 avril 2026.
Le mécanisme du prix mérite une précision, parce qu’il crée une urgence là où on ne l’attend pas. Pour la classe 2, l’année précédente se paie au taux de l’année concernée. Pour la classe 3, ce sont les deux années précédentesqui se paient au taux de l’année concernée. Au-delà, le rachat se fait au taux de l’année en cours, soit 18,40 £ par semaine en 2026-27. Autrement dit : plus vous attendez, plus les années anciennes coûtent cher, non pas par pénalité mais par indexation implicite sur le taux courant. Et le taux courant, lui, monte.
Le délai de droit commun est de six ans. La regulation148(a) du S.I. 2001/1004 subordonne le versement de cotisations volontaires au titre d’une période passée à l’étranger au délai de la regulation48(3)(b)(i) du même texte, qui exige, pour toute année postérieure au 5 avril 1982, un paiement « before the end of the sixth year following the year in respect of which it is paid ». GOV.UK le dit dans les mêmes termes : « You can only pay voluntary contributions for the past 6 years. The deadline is 5 April each year. » Concrètement, pendant l’année fiscale 2026-27, les années encore ouvertes sont 2020-21 à 2025-26, et chaque 5 avril en referme une de plus. Vérifiez néanmoins les échéances portées année par année sur votre relevé et faites-les confirmer par écrit par HMRC : sur un dossier où plusieurs milliers de livres sont en jeu, une réponse orale d’un centre d’appel ne vaut rien.
Le 6 avril 2026 a fermé la porte à la plupart des gens
C’est la modification la plus lourde de conséquences pour un Français qui a travaillé au Royaume-Uni puis est rentré, et le corpus francophone ne l’a pas intégrée. Les Social Security (Contributions) (Amendment No. 2) Regulations 2026, S.I. 2026/294, pris le 12 mars 2026, modifient la regulation 147 des Social Security (Contributions) Regulations 2001 avec effet au 6 avril 2026. Ils font deux choses, et chacune suffirait à changer le conseil.
| Avant le 6 avril 2026 | À compter du 6 avril 2026 | |
|---|---|---|
| Classe accessible pour une période passée à l'étranger | Classe 2 à 3,65 £/semaine, ou classe 3 | Classe 3 seulement, à 18,40 £/semaine, pour les années fiscales ouvertes après le 5 avril 2026. La classe 2 est abolie au titre de la regulation 147 |
| Coût d'une année validée | 189,80 £ | 956,80 £, soit 767,00 £ de plus pour exactement le même droit |
| Condition d'éligibilité pour une nouvelle demande | 3 ans de résidence ou de cotisations antérieures (reg. 147, S.I. 2001/1004) | 10 années CONSÉCUTIVES de résidence en Grande-Bretagne ou en Irlande du Nord, OU 10 années de cotisations qualifiantes payées |
| Exceptions maintenues | — | Indépendants réputés tels par un accord international de sécurité sociale ; volunteer development workers, à 6,45 £/semaine |
| Années antérieures | — | Les versements au titre d'années fiscales antérieures restent régis par l'ancienne condition de 3 ans (HMRC, NIM33203 et NIM33204), dans la limite du délai de six ans de la reg. 48(3)(b)(i) rendu applicable par la reg. 148(a) : pendant 2026-27, les années 2020-21 à 2025-26 |
Mesurez ce que le durcissement de la condition d’éligibilité produit sur le profil que nous voyons le plus souvent. Un Français parti à Londres à vingt-huit ans, revenu à trente-quatre, a entre cinq et sept années de résidence britannique et autant d’années qualifiantes. Sous l’ancienne règle des trois ans, il était éligible sans difficulté. Sous la nouvelle, il échoue aux deuxbranches : pas dix années consécutives de résidence, pas dix années de cotisations qualifiantes. Le dispositif qui lui aurait permis, pour quelques centaines de livres par an, de porter sa pension britannique de six trente-cinquièmes à un tiers du taux plein lui est fermé pour les années à venir. Ce n’est pas un durcissement à la marge : c’est un changement de population cible.
La fenêtre transitoire : trois conditions cumulatives et une date au 5 avril 2027
Une transition existe, mais elle est plus étroite que ce qui se lit un peu partout — y compris dans les résumés qui l’annoncent comme « une notification à HMRC avant le 6 avril 2027 ». La page GOV.UK pose trois conditions cumulatives, et les dates sont au 5 avril :
1. avoir demandé à cotiser volontairement au titre de 2024-25 ou de 2025-26 avant le 6 avril 2026 ;
2. payer ces cotisations au plus tard le 5 avril 2027 ;
3. demander les cotisations de classe 3 de 2026-27 au plus tard le 5 avril 2027.
Le S.I. 2026/294 exprime la même échéance par une double borne : les cotisations doivent être versées « before the earlier of— (a) the time when the person pays Class 3 contributions pursuant to paragraph (5)(a) in respect of the tax year 2026-27, or (b) 6th April 2027 » (regulation 147(6) et (7) nouvelles). La date opérationnelle est le 5 avril 2027, pas le 6.Un client qui viserait « avant le 6 avril » croirait disposer de la journée du 6 : il ne l’a pas, et ce genre de malentendu se paie en années perdues.
Deux précisions ferment le sujet. Le bénéfice transitoire cesse dès que la personne redevient résidente ou salariée au Royaume-Uni. Et les personnes ayant déjà versé des cotisations de classe 3 au titre de la regulation 147avant le 6 avril 2026 continuent sous les conditions d’origine.
Reste une question, et c’est celle qui décide du sort de la majorité des dossiers que nous voyons — mais elle est tranchée, et dans le bon sens. La suppression de la classe 2 et le durcissement de la condition d’éligibilité ne valent que pour les années fiscales ouvertes après le 5 avril 2026 : aux termes de son article 1erc), le S.I. 2026/294 n’a effet qu’« in respect of a tax year beginning after 5th April 2026». Pour les années antérieures, HMRC l’écrit dans son manuel : « For tax years prior to 6 April 2026, entitlement to pay voluntary Class 2 or Class 3 NICs abroad can continue to be determined under the old rules in some circumstances » (NIM33204, mis à jour le 22 juillet 2026, renvoyant au NIM33203, qui reprend l’ancienne condition de trois ans de la regulation147(3)). Autrement dit : une personne qui échoue à la nouvelle condition des dix ans conserve l’accès aux années antérieures à 2026-27 encore dans le délai. Cela ne dispense pas du formulaire CF83 (« Apply to pay voluntary National Insurance contributions when abroad») : c’est lui qui fait dire à HMRC quelles années sont ouvertes et, surtout, à quelle classe— la classe 2, cinq fois moins chère, restant ouverte pour ces années-là à la personne qui était salariée ou indépendante au Royaume-Uni juste avant son départ et qui travaille à l’étranger (NIM33202). Nous en faisons, dans nos dossiers, la première démarche.
Une dernière réserve, pour les indépendants. La page GOV.UK maintient la classe 2 pour les travailleurs indépendants « couverts par des accords internationaux de sécurité sociale pertinents ». Nous n’avons pas pu établir, sur le texte du S.I. 2026/294, si le Protocole franco-britannique de coordination constitue un tel accord. Si vous êtes indépendant et que la différence entre 189,80 £ et 956,80 £ par année vous concerne sur plusieurs années, c’est une question à faire trancher — le manuel HMRC de la série NIM33000 et suivantes, et la note explicative du règlement, sont les points d’entrée.
La totalisation ouvre le droit ; le rachat augmente le montant
Le chapitre 09 expose la mécanique de la totalisation et son chiffrage — l’article SSC.7 du Protocole, la vérification obligatoire de l’annexe SSC-4, partie 1 avant tout calcul de montant, le rapport en 8/35et non en 8/33 lorsque le prorata s’applique, et le piège de l’annexe SSC-6, UNITED KINGDOM, point 3. Nous ne le refaisons pas. Ce qui appartient à ce chapitre-ci, c’est l’interactionentre la totalisation et le rachat, parce qu’elle est mal comprise et qu’elle conduit des gens à renoncer à un arbitrage rentable.
La phrase à retenir tient en une ligne : la totalisation ouvre le droit, elle n’augmente pas la durée cotisée. Vos vingt-cinq années françaises permettent de franchir le seuil des dix années qualifiantes exigé pour percevoir quoi que ce soit ; elles n’ajoutent pas un centime au montant, qui reste assis sur vos seules années britanniques. Le contresens inverse — « je suis couvert par la France, inutile de racheter » — est le plus fréquent du corpus francophone, et il coûte, dans les dossiers que nous voyons, entre 1 500 et 3 000 £ de pension annuelle. Le rachat, lui, agit sur le montant. Les deux mécanismes ne sont pas alternatifs : ils sont complémentaires, et ils ne se substituent jamais l’un à l’autre.
Un troisième effet du rachat est presque toujours oublié, et il est peut-être le plus important sur un horizon de vingt ans. Atteindre dix années qualifiantes britanniques par vos propres cotisations vous rend indépendant de la totalisation. Or la totalisation repose sur un Protocole qui, aux termes de son article SSC.70(1), « shall cease to apply fifteen years after the entry into force of this Agreement », l’accord étant entré en vigueur le 1er mai 2021 : le Protocole s’éteint le 1er mai 2036, sauf Protocole actualisé, la notification d’ouverture des négociations de l’article SSC.70(2) devant intervenir au plus tard le 1ermai 2035. L’article SSC.71maintient les droits fondés sur des périodes accomplies ou des faits survenus avant l’extinction, et l’article SSC.69permet à chaque Partie de dénoncer le Protocole moyennant un préavis courant jusqu’au premier jour du neuvième mois suivant la notification. Autrement dit : un droit ouvert par totalisation dépend d’un instrument dénonçable et à durée déterminée, quand un droit ouvert par dix années propres n’en dépend pas. Pour un client de cinquante ans qui liquidera dans dix-sept ans, ce n’est pas un raisonnement d’école.
Moins de 10 années britanniques, retour en France définitif
C'est le profil le plus fréquent : cinq à huit années à Londres entre vingt-cinq et trente-cinq ans, puis une carrière française. Sans totalisation, la pension britannique est nulle. Avec elle, elle existe mais reste assise sur les seules années britanniques.
Entre 10 et 35 années britanniques
Une expatriation longue, ou plusieurs séjours cumulés. Le droit existe de manière autonome, sans dépendre du Protocole. La pension est strictement proportionnelle : chaque année manquante coûte 358,50 £ par an, chaque année ajoutée en rapporte autant.
Carrière longue au Royaume-Uni, retour ou non
Trente-cinq années ou davantage. Le taux plein est atteint et le rachat n'a plus d'objet pour la pension d'État : l'arbitrage se déplace entièrement vers le pot de retraite privée et vers la fiscalité de sortie.
Trois articles du Protocole complètent le tableau et méritent d’être connus, parce qu’ils créent ou détruisent des droits sans que personne ne les signale. L’article SSC.52 dispense une institution de servir une prestation lorsque, cumulativement, la durée des périodes accomplies sous sa législation est inférieure à un anet que ces seules périodes n’ouvrent aucun droit ; ces périodes restent prises en compte par les autres institutions pour le calcul du montant théorique, et si l’application de la règle libérait toutes les institutions, la prestation est servie par le dernier État dont les conditions sont remplies. Son § 4 en écarte l’application aux régimes de l’annexe SSC-4, partie 2 — pour le Royaume-Uni, les graduated retirement benefits du National Insurance Act 1965. L’article SSC.53garantit un complément lorsque le total est inférieur à la prestation minimale prévue par la législation de l’État de résidence. L’article SSC.44 règle le sort des périodes d’éducation des enfants : lorsque l’État compétent au titre du titre II n’en prend aucune en compte, l’institution de l’État dont la législation était applicable à la date où cette période a commencé à être prise en compte demeure responsable de sa prise en compte, comme si l’éducation avait eu lieu sur son territoire — sauf si l’intéressé devient soumis à la législation d’un autre État du fait d’une activité professionnelle. Pour une mère de famille partie à Londres avec de jeunes enfants et n’y ayant pas travaillé, cet article-là vaut des droits que personne ne pense à réclamer.
Enfin, l’article SSC.46encadre les régimes spéciaux : lorsqu’un régime subordonne le droit à des périodes accomplies dans une activité ou une profession déterminée, les périodes étrangères ne sont retenues que si elles ont été accomplies dans un régime correspondant ou, à défaut, dans la même profession ou activité ; si les conditions du régime spécial ne sont pas remplies, les périodes sont prises en compte au titre du régime général. Cela concerne directement les carrières hospitalières, enseignantes ou de la fonction publique, où le régime français est spécial et le régime britannique correspondant est à prestations définies.
Où déposer la demande, quand, et à qui parler
La règle est plus simple que sa réputation, et elle est écrite. L’article SSCI.37 de l’annexe SSC-7 du Protocole, intitulé Claims for benefits, dont le point A vise la Submission of claims for old-age and survivors’ pensions, dispose que le demandeur soumet sa demande « to the institution of his place of residence or to the institution of the last State whose legislation was applicable », et que, si l’intéressé n’a jamais été soumis à la législation appliquée par l’institution du lieu de résidence, celle-ci transmet la demande à l’institution du dernier État dont la législation était applicable. Son § 2 ajoute la phrase qui vous protège : « The date of submission of the claim shall apply in all the institutions concerned. »
Deux conséquences pratiques, et une réserve. Première conséquence : une seule demande suffit. Un Français résidant en France avec une carrière mixte dépose auprès de sa caisse française, qui devient l’institution de contactau sens de l’article SSCI.39et transmet aux institutions concernées, notifie les périodes accomplies et vous tient informé. Deuxième conséquence : la date de dépôt vaut partout, et un retard dans l’instruction britannique ne vous fait pas perdre de droits. La réserve tient au § 3 : si, invité à le faire, vous n’avez pas signalévos périodes d’emploi ou de résidence dans l’autre État, c’est la date de régularisation qui compte. Le formulaire qui ne mentionne pas les six années londoniennes vous coûte, mécaniquement, le temps qui séparera ce dépôt de sa correction.
L’article SSCI.38détaille ce que vous devez fournir : les informations et pièces relatives aux périodes d’assurance — institutions, numéros d’identification —, d’emploi — employeurs —, d’activité non salariée — nature et lieu — et de résidence — adresses — accomplies sous d’autres législations, ainsi que leur durée. Il ouvre aussi une faculté que peu de gens exercent : vous pouvez demander le report de la liquidation dans un ou plusieurs États, au titre de l’article SSC.45(1), en le précisant dans votre demande. Lorsque les âges de liquidation ne coïncident pas — et entre la France et le Royaume-Uni, ils ne coïncident presque jamais —, cette faculté est l’outil qui permet de ne pas déclencher prématurément un droit.
| Étape | Qui | Quand | Ce qu'il faut savoir |
|---|---|---|---|
| Obtenir le relevé britannique | GOV.UK, « Check your State Pension forecast » | Immédiatement, sans attendre d'approcher de l'âge | Ne lisez que la ligne des années qualifiantes, pas la projection. La projection suppose que vous continuiez à cotiser au Royaume-Uni |
| Demander à cotiser volontairement | HMRC, formulaire CF83 | Le plus tôt possible ; pour la fenêtre transitoire, au plus tard le 5 avril 2027 | C'est HMRC qui décide de la classe applicable et des années ouvertes. Demandez la réponse par écrit |
| Déposer la demande de pension | Institution du lieu de résidence, ou institution du dernier État d'affiliation (art. SSCI.37) | « You must be within 4 months of your State Pension age to claim » pour la demande britannique depuis l'étranger | Une seule demande vaut pour tous les États concernés, et la date de dépôt s'applique partout (SSCI.37 § 2) |
| Interlocuteur britannique depuis l'étranger | International Pension Centre | Dans la fenêtre de 4 mois | Versement possible sur un compte du pays de résidence ou sur un compte britannique ; IBAN et BIC requis pour un compte étranger |
| Interlocuteur français | Votre caisse de retraite ; assistance téléphonique unique pour l'ensemble des caisses françaises : 09 74 75 76 99 | En parallèle, pas après | La CNAV se rapproche des caisses homologues étrangères pour obtenir le relevé des périodes |
| Couverture santé après liquidation | Overseas Healthcare Services du NHS Business Services Authority, +44 191 218 1999, pour un S1 britannique ; CPAM pour l'enregistrement d'un S1 en France | Jusqu'à 90 jours avant un déménagement | Le S1 ne conditionne pas l'accès aux soins dans un système résidentiel : il détermine qui paie |
Sur les délais réelsd’instruction, nous ne vous donnerons pas de chiffre, parce que nous n’en avons pas trouvé qui soit publié. Aucune des pages officielles relevées au 29 juillet 2026ne publie de délai moyen de traitement d’une demande de pension internationale, ni du côté britannique, ni du côté français. Ce que nous observons dans les dossiers, et qui vaut ce que valent des observations de praticien : la partie britannique d’une carrière mixte est régulièrement le maillon lent, la reconstitution des périodes étrangères ajoute plusieurs mois à un dossier qui serait purement français, et personne ne vous préviendra si votre dossier est bloqué. Déposez dans la fenêtre des quatre mois, notez la date de dépôt — elle vaut dans tous les États —, et relancez vous-même tous les deux mois. C’est pénible, et c’est le seul moyen.
Le versement : monnaie, périodicité, indexation
Le versement d’une pension d’État britannique à l’étranger obéit à des règles matérielles qui paraissent triviales et ne le sont pas quand on les additionne sur vingt ans. Le versement peut se faire sur un compte bancaire du pays de résidence ou sur un compte britannique. Pour un compte étranger, l’IBAN et le BIC sont requis, la conversion s’effectue au taux du jour et des frais de conversion de 0,39 %s’appliquent. La périodicité est de 4 ou 13 semaines. Et une règle de seuil mérite l’attention : « If your State Pension is under £5 per week, you’ll be paid once a year in December. » Une pension inférieure à 5 £ par semaine correspond, au barème 2026-27, à moins d’une année qualifiante : si vous êtes dans cette situation, vous percevrez un versement annuel en décembre, et il faut le savoir avant de s’inquiéter de ne rien recevoir en janvier.
L’indexation, elle, est un vrai avantage franco-britannique que le Brexit n’a pas supprimé, et il faut le dire parce qu’on le croit souvent perdu. La pension d’État britannique n’est revalorisée annuellement que si le bénéficiaire réside dans l’Espace économique européen, en Suisse, ou dans un pays lié au Royaume-Uni par un accord de sécurité sociale prévoyant l’indexation. La France figure expressément sur la liste EEE de trente payspubliée par GOV.UK. À la revalorisation de 4,80 % du 6 avril 2026, un retraité résidant à Bordeaux a droit exactement comme un retraité résidant à Bristol.
Ce que le gel des pensions coûte ailleurs, et pourquoi la France est bien placée
La page GOV.UK Countries where we pay an annual increase in the State Pensionliste trente États de l’EEE, France comprise, et dix-sept pays supplémentaires liés par un accord réciproque : Barbade, Bermudes, Bosnie-Herzégovine, Gibraltar, Guernesey, île de Man, Israël, Jamaïque, Jersey, Kosovo, Maurice, Monténégro, Macédoine du Nord, Philippines, Serbie, Turquie, États-Unis.
Elle précise, à l’inverse : « The UK has social security agreements with Canada and New Zealand, but you cannot get a yearly increase in your UK State Pension if you live in either of those countries. » Une pension gelée à 241,30 £ pendant vingt ans d’inflation britannique n’est plus la même pension. Pour un couple qui hésite entre un retour en France et une installation chez des enfants installés outre-Atlantique, l’écart se chiffre en dizaines de milliers de livres sur la durée.
L’Australie et l’Afrique du Sud sont réputées être des destinations à pension gelée. La page GOV.UK consultée le 29 juillet 2026 ne les mentionne pas : leur statut se déduit de leur absence des deux listes, ce qui est une déduction et non une donnée de la source. Si votre projet porte sur l’un de ces deux pays, faites vérifier le point avant de décider.
Deux calendriers fiscaux qui ne se superposent pas
L’année fiscale britannique court du 6 avril au 5 avril ; l’année fiscale française est l’année civile. Le chapitre 11 traite ce décalage pour l’année du départ. En matière de retraite, il produit trois effets propres, qu’il faut regarder séparément.
Le premier concerne les paramètres. Tous les montants de ce chapitre — les 241,30 £ hebdomadaires, les 18,40 £ de classe 3, les 6 708 £ de LEL — changent au 6 avril, pas au 1erjanvier. Un rachat effectué le 2 avril 2027 et un rachat effectué le 8 avril 2027 ne se calculent pas sur la même grille, et l’écart n’est pas symbolique : entre 2025-26 et 2026-27, la New State Pension a progressé de 4,80 %. Toute décision de rachat se cale sur le calendrier britannique, jamais sur le calendrier français.
Le deuxième concerne l’année de la liquidation. Si vous liquidez une pension britannique alors que vous êtes déjà résident de France, la première fraction perçue tombe dans une année civile française et dans une année fiscale britannique différentes. Cela n’a pas d’incidence sur le partage du droit d’imposer, qui est déterminé par la résidence, mais cela en a une sur la concordance déclarative : le montant que vous déclarerez en France au titre de l’année civile ne correspondra à aucun document britannique établi sur l’année fiscale. Conservez les avis de paiement, datés, pour reconstituer la ventilation. Une demande de justification de l’administration française, trois ans plus tard, sur un montant qui ne correspond à aucun relevé britannique, est un moment désagréable et parfaitement évitable.
Le troisième concerne l’année du retour, lorsqu’elle coïncide avec la liquidation. Une personne qui rentre en France en février et liquide en mai aura été résidente britannique pendant les onze premiers mois de l’année fiscale britannique 2026-27 et résidente française pendant onze mois de l’année civile française. Le traitement de cette configuration relève du chapitre 11et du régime de l’année scindée britannique ; ne le résolvez pas par intuition, et surtout ne fixez pas la date de liquidation avant d’avoir tranché la date de changement de résidence.
L’impôt : le renvoi au chapitre 09, et deux points qui appartiennent à celui-ci
La fiscalité des pensions est traitée au chapitre 09, article par article. Trois éléments méritent cependant d’être posés ici, parce qu’ils concernent spécifiquement la State Pension et non les pensions en général.
Le premier est une incertitude de qualification, dont la conséquence pratique est nulle et qu’il faut donc énoncer sans dramatiser. Le rattachement conventionnel de la State Pension britannique — article 18 ou article 23 de la convention du 19 juin 2008 — n’est pas établi par les sources consultées. L’article 18 vise les pensions « au titre d’un emploi antérieur », et la State Pensionest une prestation de sécurité sociale contributive ; la convention ne comporte aucune clause propre aux pensions de sécurité sociale. Mais les deux articles conduisent au même résultat : l’article 18 attribue l’imposition au seul État de résidence, et l’article 23 § 1 dispose que les éléments de revenu non traités par les articles précédents, et qui ne sont pas des revenus de trustsou de successions en cours de liquidation, « ne sont imposables que dans cet État ». Un résident de France déclare donc sa State Pensionen France, quelle que soit la qualification retenue. Il est simplement plus rigoureux d’écrire « article 18, ou à défaut article 23 » que d’affirmer l’un des deux.
Le deuxième est un droit que le Brexit n’a pas supprimé et que le corpus francophone déclare perdu à tort. Un ressortissant français non-résident du Royaume-Uni conserve le droit à la personal allowance britannique, aujourd’hui de 12 570 £. Le fondement est l’article 56 de l’Income Tax Act 2007, qui ouvre les abattements personnels aux non-résidents appartenant à des catégories limitativement énumérées, dont « a national of the United Kingdom or a national of an EEA state ». La France est un État de l’EEE. Les Taxes (Amendments) (EU Exit) Regulations 2020ont ajouté la mention des ressortissants britanniques, elles n’ont pas retiré celle des ressortissants de l’EEE. Le raisonnement « le Royaume-Uni est un État tiers, donc l’abattement tombe » applique du droit de l’Union à un texte de droit interne britannique qui, lui, vise la nationalité EEE. Cet abattement ne sert pas sur la State Pensiond’un résident de France, puisqu’elle n’est pas imposable au Royaume-Uni ; il sert sur vos autres revenus de source britannique restés imposables là-bas, typiquement des revenus fonciers — voir le chapitre 18.
Le troisième porte sur les contributions sociales françaises. Le rescrit BOI-RES-RSA-000219 du 11 août 2025 énonce que les pensions de retraite de source étrangère perçues par une personne fiscalement domiciliée en France et affiliée à un régime obligatoire français d’assurance maladiesont assujetties à la CSG, à la CRDS et à la CASA, sous réserve d’une exclusion conventionnelle, et il précise que la règle vaut pour les pensions servies « sous forme de rente ou en capital ». Le Conseil d’État, dans une décision du 25 octobre 2024, n° 473997, a jugé que les règles de coordination ne font pas obstacle à ce qu’un État applique les contributions sociales sur l’ensemble des pensions perçues, sans plafonner leur montant à celui de la pension qu’il sert : la pratique du plafonnement a pris fin. Nous ne chiffrons pas ici le taux applicable aux pensions, faute de l’avoir vérifié sur source primaire. Rappelons seulement que la CSG et la CRDS sont des impôts couverts par la conventionde 2008, aux points (v) et (vi) de son article 2 § 1 b), tandis que le prélèvement de solidarité de l’article 235 ter du CGI et la CASA n’y sont pas nommés.
Le formulaire S1 et l’exonération de CSG-CRDS : un point que nous ne tranchons pas
Un raisonnement circule, séduisant et non vérifié, selon lequel le titulaire d’un S1 françaisinstallé au Royaume-Uni se verrait fermer le bénéfice de l’exonération de CSG et de CRDS issue de la jurisprudence de Ruyter, au motif qu’il est par construction pris en charge par un régime obligatoire français d’assurance maladie. Nous ne le publions pas.
L’articulation entre le formulaire S1 français et l’exonération de CSG-CRDS issue de la jurisprudence de Ruytern’est pas tranchée à la date de rédaction ; elle doit être examinée dossier par dossier.
Deux difficultés distinctes s’y ajoutent, et aucune n’est réglée : la rédaction exacte des deux conditions cumulatives du régime — affiliation à un régime de l’Union, de l’EEE ou de la Suisse, etabsence de prise en charge par un régime obligatoire français — n’a pas pu être relue article par article ; et la position administrative française sur le point de savoir si une affiliation au régime britannique après le Brexit satisfait la première condition, comme l’effet éventuel de l’accord de retrait pour les personnes installées avant le 31 décembre 2020, ne sont pas établis. Le sujet est traité, dans les limites de ce qui est vérifié, aux chapitres 13 et 17.
Qui paie vos soins une fois la retraite liquidée
La question paraît étrangère à un chapitre sur la liquidation. Elle ne l’est pas : le Protocole fait dépendre la charge financière de vos soins de la structure de vos pensions, et cette structure est précisément ce que vous décidez en liquidant. Trois articles gouvernent la matière, et il faut les lire dans l’ordre.
L’article SSC.21 vise le titulaire de pensions de deux États ou plus, dont l’État de résidence : il reçoit les prestations en nature de l’institution de son lieu de résidence, et à la charge de celle-ci. L’article SSC.22vise celui qui n’a pas droit aux prestations en nature au titre de la législation de son État de résidence : il les reçoit néanmoins, à la charge de l’État unique compétent, ou, s’il y en a plusieurs, de celui à la législation duquel il a été soumis le plus longtemps, ou à défaut de départage, en dernier. L’article SSC.23est celui qui joue le plus souvent entre la France et le Royaume-Uni : lorsque le titulaire de pensions réside dans un État dont la législation ne subordonne pas le droit aux prestations en nature à des conditions d’assurance ou d’activité, et qu’il ne perçoit pas de pension de cet État de résidence, le coût des prestations est supporté par l’institution de l’un des États débiteurs de la pension.
Le NHS britannique et la protection universelle maladie française sont l’un et l’autre des systèmes résidentiels : ils ne subordonnent pas le droit aux soins à une condition d’assurance. Un retraité qui n’a de pension que de l’autre État relève donc de SSC.23 : il est soigné par son État de résidence, aux frais de l’État débiteur de sa pension. C’est le mécanisme économique du S1, et il faut en comprendre la portée exacte : dans un système résidentiel, le S1 ne conditionne pas l’accès aux soins — il détermine qui paie. Un retraité français ordinarily resident au Royaume-Uni est soigné par le NHS de toute façon.
L’article SSC.27tire les conséquences financières de ce partage, et il joue dans les deux sens. Son § 1 autorise l’institution d’un État à opérer des retenues au titre des cotisations maladie et maternité « only to the extent that the cost of the benefits pursuant to Articles SSC.21 to SSC.24 is to be borne by an institution of that State ». C’est le fondement du prélèvement, et c’est aussi sa limite : un retraité auquel un État prélèverait une cotisation sans supporter effectivement le coût des soins dispose d’un moyen tiré du Protocole lui-même. Son § 2 ajoute que, dans les cas de l’article SSC.23, les cotisations exigées par la législation de l’État de résidence « shall not be payable by virtue of such residence ».
Le pensionné qui travaille sort du chapitre : l’article SSC.28
L’article SSC.28écarte l’application des articles SSC.21 à SSC.27 « to a pensioner or the members of their family who are entitled to benefits under the legislation of a State on the basis of an activity as an employed or self-employed person ». Dans ce cas, la personne relève des articles SSC.15 à SSC.19, c’est-à-dire du régime des actifs.
La configuration est fréquente et rarement anticipée : retraite anticipée avec une activité de conseil de quelques jours par mois, mandat social conservé, activité indépendante résiduelle. Elle change entièrement le rattachement : la personne est assurée au titre de son activité, dans l’État où elle l’exerce, et non au titre de sa qualité de pensionné.
Nous ne présentons pas cela comme une optimisation à construire — une activité fictive n’est pas une activité —, mais comme un paramètre à identifier avant de conclure quoi que ce soit sur la couverture santé et sur les prélèvements d’un client qui n’arrête pas complètement. Le dossier d’un retraité qui exerce se raisonne sur les articles SSC.15 à SSC.19, pas sur SSC.21 à SSC.27.
Deux réserves closent ce point. La première est procédurale : pour un retraité français s’installant au Royaume-Uni avec une pension exclusivement française, la logique des articles SSC.22 et SSC.23 conduit à ce que la France délivre un S1, que l’intéressé fait enregistrer auprès de l’Overseas Healthcare Services, la France remboursant le NHS. Ce raisonnement est déduit du texte du Protocole : les pages NHS et GOV.UK consultées le 29 juillet 2026 ne décrivent pas de procédure d’enregistrement d’un S1 émis par un autre État. Faites confirmer la procédure par le CLEISS et par l’Overseas Healthcare Services avant de partir, et non après.
La seconde tient au champdu Protocole, et elle concerne directement des risques de vieillesse. Les prestations de vieillesse, de survivants, d’invalidité, d’accidents du travail, de préretraite et les allocations de décès sont couvertes par l’article SSC.3(1). Mais l’article SSC.3(4)exclut expressément l’assistance sociale et médicale, et surtout — pour un plan de retraite — les prestations de dépendance (long-term care benefits) listées à l’annexe SSC-1, partie 2, ainsi que les prestations spéciales en espèces à caractère non contributiflistées à l’annexe SSC-1, partie 1. La dépendance est donc un risque que la coordination franco-britannique ne couvre pas, et qui relève de la prévoyance privée dans un plan patrimonial sérieux. Quant au Pension Credit, prestation sous condition de ressources dont le Standard Minimum Guarantees’élève à 238,00 £ par semaine pour une personne seule en 2026-27 : il figure nommément en tête de la liste britannique de l’annexe SSC-1, partie 1, sous l’intitulé « State Pension Credit (State Pension Credit Act 2002 and State Pension Credit Act (Northern Ireland) 2002) ». Il est donc exclu du Protocole par l’article SSC.3(4)(a) et n’est pas exportable : ne le comptez jamais dans un revenu de retraite projeté depuis la France.
Un dernier mécanisme mérite d’être connu, parce qu’il est favorable et discret. Le principe d’exportabilité de l’article SSC.8interdit toute réduction, modification, suspension, suppression ou confiscation d’une prestation en espèces du fait que le bénéficiaire réside dans un autre État. Il connaît deux exceptions expressesau point (b) : les prestations d’invalidité et les prestations de chômage, qui ne sont donc pas exportables sur le fondement du Protocole — divergence nette avec le règlement 883/2004, à vérifier au cas par cas sur le droit interne de l’État débiteur, qui peut prévoir mieux. En sens inverse, l’annexe SSC-6, UNITED KINGDOM, point 2dispose que, pour l’application de SSC.8 aux prestations de vieillesse et de survivants, aux rentes d’accidents du travail et aux allocations de décès, tout bénéficiaire au titre de la législation britannique séjournant sur le territoire d’un autre État « shall, during that stay, be considered as if they resided in the territory of that other State ».
Le cas de Claire : six ans à Londres, retour à Lyon, cinquante-deux ans aujourd’hui
Claire est née en mars 1974. Elle a travaillé à Londres du 1erseptembre 2011 au 30 juin 2017, comme salariée d’un groupe industriel, avec une rémunération toujours très supérieure au Lower Earnings Limit. Elle est rentrée en France en juillet 2017 et y est salariée depuis. Elle n’a jamais déposé de formulaire CF83, elle n’a jamais versé de cotisation volontaire britannique, et elle a découvert l’existence de la question en lisant un article de presse au printemps 2026. C’est, à peu de chose près, le dossier type.
Son relevé britannique fait apparaître six années qualifiantes : 2011-12 à 2016-17. L’année 2017-18, entamée le 6 avril 2017 et interrompue par son départ le 30 juin, est portée incomplète. Notez au passage que son arrivée en septembre 2011 lui a néanmoins validé l’année 2011-12 : une année qualifiante se juge sur la rémunération de l’année fiscale, non sur sa durée — mais c’est le relevé qui le dit, pas un calcul que nous aurions fait à sa place.
Claire : ce que six années valent, ce que le rachat en ferait, et ce qui reste ouvert
SITUATION AU 30 JUILLET 2026
Nee en mars 1974
Presence au Royaume-Uni ..... 01/09/2011 au 30/06/2017
soit 5 ans et 10 mois de residence continue
Annees qualifiantes au releve ................. 6
(2011-12 a 2016-17 ; 2017-18 incomplete)
Residence actuelle ......................... France
Affiliee a un regime obligatoire francais d'assurance
maladie ....................................... oui
CF83 depose a ce jour ......................... non
ETAPE 1 - SANS RIEN FAIRE
6 annees < 10 ............ AUCUN DROIT AUTONOME
Totalisation, article SSC.7 : les periodes francaises
ouvrent le droit ............... SEUIL DE 10 FRANCHI
Montant, sous reserve de l'annexe SSC-4 partie 1 :
6 x 358,50 ......................... 2 151,00 GBP / an
soit 41,37 GBP / semaine
Ce droit depend d'un Protocole qui s'eteint
le 1er mai 2036, sauf Protocole actualise
(art. SSC.70(1) ; droits acquis preserves, SSC.71)
ETAPE 2 - ELIGIBILITE AU RACHAT DEPUIS LE 6 AVRIL 2026
Nouvelle condition, reg. 147 modifiee par S.I. 2026/294 :
10 annees CONSECUTIVES de residence en Grande-Bretagne
ou en Irlande du Nord : Claire en a 5 ans 10 mois
................................................ NON
OU 10 annees de cotisations qualifiantes payees :
Claire en a 6 ................................. NON
=> Annees ouvertes apres le 5 avril 2026 : FERMEES
Fenetre transitoire (3 conditions cumulatives) :
avoir DEMANDE a cotiser au titre de 2024-25 ou
2025-26 avant le 6 avril 2026 ................. NON
=> Fenetre transitoire : FERMEE
ETAPE 3 - CE QUI RESTE OUVERT : SIX ANNEES FISCALES
Les annees anterieures a 2026-27 restent regies par
l'ancienne condition de 3 ans (reg. 147(3) du
S.I. 2001/1004). HMRC l'ecrit : "For tax years prior
to 6 April 2026, entitlement to pay voluntary Class 2
or Class 3 NICs abroad can continue to be determined
under the old rules in some circumstances"
(NIM33204, mis a jour le 22/07/2026, renvoyant
au NIM33203).
Delai de versement retroactif : SIX ANS
(reg. 148(a) renvoyant a la reg. 48(3)(b)(i) du
S.I. 2001/1004 ; GOV.UK : "You can only pay voluntary
contributions for the past 6 years").
=> Annees encore ouvertes pendant 2026-27, soit
jusqu'au 5 avril 2027 : 2020-21 a 2025-26,
donc SIX annees. 2019-20 est forclose depuis
le 5 avril 2026.
Condition de 3 ans : Claire a 5 ans 10 mois de
residence britannique ................... REMPLIE
ACTION : deposer le CF83 avant le 5 avril 2027 en
listant 2020-21 a 2025-26, et faire dire par ecrit
a HMRC la classe applicable annee par annee.
ETAPE 4 - CHIFFRAGE DU RACHAT DES SIX ANNEES
Hypothese de cout maximale, en classe 3 :
6 x 956,80 ............................ 5 740,80 GBP
(les deux annees les plus recentes se paient au taux
de leur propre annee, donc un peu moins)
Annees qualifiantes portees de 6 a ................ 12
Pension : 12 x 358,50 ............... 4 302,00 GBP / an
Gain annuel : 6 x 358,50 ............ 2 151,00 GBP / an
Point mort : 5 740,80 / 2 151,00 ...... 2,67 annees
soit environ 2 ans et 8 mois apres la liquidation
Effet non chiffrable mais decisif : au-dela de
10 annees propres, le droit ne depend plus
de la totalisation ni de la duree du Protocole.
Sur 20 annees de pension :
sans rachat : 2 151,00 x 20 ........... 43 020 GBP
avec rachat : 4 302,00 x 20 ........... 86 040 GBP
ecart .................................. 43 020 GBP
pour un versement de ................ 5 740,80 GBP
ETAPE 5 - LA CLASSE APPLICABLE RESTE A FAIRE DIRE
Pour les periodes anterieures au 6 avril 2026, HMRC
admet la classe 2 - environ cinq fois moins chere -
au profit de la personne qui etait salariee ou
independante au Royaume-Uni immediatement avant son
depart et qui travaille a l'etranger chaque semaine
de cotisation (NIM33202). Claire remplit ces
conditions en apparence : le point doit etre porte
au CF83.
Il reste a verifier si la carriere britannique de
Claire comporte des annees fiscales de chevauchement
non qualifiantes : annexe SSC-6, point 3, (2)(b),
ces annees-la font DISPARAITRE les periodes
francaises correspondantes.
ETAPE 6 - AGE, LIQUIDATION, VERSEMENT, IMPOT
Age de la pension : nee en mars 1974, donc posterieure
au 6 mars 1961 ................................ 67 ans
RESERVE : le calendrier du passage a 68 ans n'a pas
ete verifie sur source primaire au 29/07/2026.
Il peut deplacer la date de premiere perception.
Depot de la demande : dans les 4 mois precedant l'age
Une seule demande suffit (art. SSCI.37) et sa date
vaut dans tous les Etats (SSCI.37 § 2)
Versement : toutes les 4 ou 13 semaines ; frais de
conversion 0,39 % ; revalorisation annuelle servie
en France (liste EEE de 30 pays)
Imposition : France seulement, article 18 ou a defaut
article 23 de la convention du 19 juin 2008
Contributions sociales : CSG, CRDS et CASA dues sur
pension de source etrangere si affiliation a un regime
obligatoire francais d'assurance maladie
(rescrit BOI-RES-RSA-000219 du 11 aout 2025), au taux
applicable aux pensions, que nous ne chiffrons pas
faute de l'avoir verifie sur source primaire.
CE QUI N'EST PAS TRANCHE DANS CE CAS
- la classe applicable annee par annee aux six annees
encore ouvertes : classe 2 (NIM33202) ou classe 3
- le mode de calcul du montant (annexe SSC-4 partie 1)
- les droits eventuels du conjoint survivant sur la
New State Pension, non releves dans notre socle
- la deductibilite en France d'une cotisation volontaire
britannique de classe 3Tous les paramètres britanniques se rattachent à l'année fiscale 2026-27 : New State Pension de 241,30 £ par semaine (S.I. 2026/148), classe 3 à 18,40 £ par semaine, seuil de 10 années qualifiantes et durée de 35 années pour le taux plein. Le nombre d'années encore rachetables n'est pas une hypothèse : il résulte du délai de six ans de la regulation 48(3)(b)(i) du S.I. 2001/1004, rendu applicable aux périodes passées à l'étranger par la regulation 148(a). Ce qui reste à faire dire par écrit à HMRC, c'est la classe applicable année par année : pour les périodes antérieures au 6 avril 2026, la classe 2 reste ouverte à la personne qui travaille à l'étranger (NIM33202), et elle coûte environ cinq fois moins que la classe 3. L'écart entre racheter et ne rien faire vaut, sur vingt ans de pension, environ 43 000 £.
Deux commentaires sur ce cas, dont l’un est désagréable. Le premier : ce qui décide du résultat n’est pas une incertitude juridique, c’est une horloge. Six années fiscales — 2020-21 à 2025-26 — sont ouvertes jusqu’au 5 avril 2027, et chaque 5 avril en referme une de plus, définitivement. La démarche la plus rentable de tout son dossier patrimonial consiste donc à remplir un formulaire de quatre pages et à le déposer maintenant. Nous le disons sans ironie : sur un dossier à quarante-trois mille livres d’écart sur vingt ans de pension, le rapport entre l’effort et le résultat est exceptionnel, et c’est pourtant la démarche que les clients repoussent le plus longtemps.
Le second commentaire porte sur le risque de mortalité, qu’il faut regarder en face. Le point mort du rachat est de deux ans et huit mois après la liquidation, soit vers 69 ans et 8 mois si l’âge de la pension reste fixé à 67 ans. Si Claire décède à 69 ans, elle aura perçu 4 302 £ de supplément pour 5 740,80 £ versés : l’opération est perdante. Si elle vit jusqu’à 87 ans, elle aura perçu 43 020 £ de supplément. L’arbitrage est un pari sur la longévité, et il n’y a pas de honte à le formuler ainsi. Il se trouve simplement que le point mort est très bas — moins de trois ans — et que le versement est modeste au regard du patrimoine de la plupart des personnes concernées. Nous n’avons pas relevé, dans notre socle documentaire, les droits éventuels du conjoint survivant sur la New State Pension : ne les présumez pas, et posez la question, parce qu’ils modifieraient le calcul du point mort.
Faire instruire le dossier retraite pendant que la fenêtre est encore ouverte
Nous instruisons un dossier retraite franco-britannique dans l'ordre où il se joue : récupération du relevé britannique et reconstitution année fiscale par année fiscale, chiffrage du rachat au regard des paramètres de l'année fiscale en cours, dépôt du CF83 et obtention d'une réponse écrite de HMRC sur les années ouvertes et la classe applicable, calendrier de dépôt de la demande de pension au titre de l'article SSCI.37, et articulation avec la fiscalité française de la pension. Sur le mode de calcul de la pension mixte au regard des annexes SSC-4 et SSC-6, sur le traitement conventionnel des capitaux de retraite et sur toute question de transfert, la mise en relation avec des avocats et conseils spécialisés sur le Royaume-Uni fait partie de l'accompagnement.
Quand le rachat n’a pas de sens
Un arbitrage à 37,5 % de rapport annuel n’est pas un arbitrage universel. Voici les situations dans lesquelles nous conseillons de ne rien faire, et pourquoi.
Vous atteindrez les 35 années sans rachat.C’est le cas le plus simple et le plus fréquent d’erreur. Un cadre installé durablement à Londres, qui cotisera encore vingt ans en classe 1, atteindra le plafond sans intervention. Chaque livre versée en classe 3 au-delà de la trente-cinquième année ne rapporte rien du tout. Le relevé indique la projection : lisez-la avant de payer.
L’année visée n’est pas un trou.Une année portée incomplète peut l’être pour une raison qui se corrige gratuitement — un crédit de National Insurance non attribué au titre d’une période de chômage, de maladie ou de charge d’enfant, une erreur d’employeur sur une déclaration. Racheter une année qui aurait dû être créditée revient à payer pour un droit auquel vous aviez déjà droit. Faites corriger avant de racheter : la correction est gratuite, le rachat coûte 956,80 £.
Votre horizon de vie est court, ou votre état de santé le rend incertain.Le point mort est de deux ans et huit mois après la liquidation, pas après le versement. Si vous rachetez à 64 ans pour une pension liquidée à 67, le capital est immobilisé trois ans sans rien produire, puis il faut vivre presque trois ans de plus. Nous ne recommandons pas le rachat lorsque la question se pose en ces termes, et nous ne prétendrons pas que c’est une décision purement financière.
Vous n’atteindrez ni dix années propres, ni le bénéfice de la totalisation. C’est le cas d’une personne ayant deux ou trois années britanniques et une carrière accomplie hors de France et hors du Royaume-Uni, dans un État avec lequel aucun instrument de coordination n’est applicable. Racheter deux années pour rester à cinq n’ouvre aucun droit : le seuil des dix ans reste un couperet. Dans cette configuration, le rachat n’a de sens que s’il permet, en une fois ou en plusieurs, d’atteindre effectivement dix années. Le calcul se fait sur le total visé, pas sur l’année marginale.
Vous envisagez de vous installer dans un pays à pension gelée.Une pension non revalorisée pendant vingt ans perd une part considérable de sa valeur réelle, et le calcul du point mort en est affecté. La France ne pose pas ce problème ; le Canada et la Nouvelle-Zélande, si. Sur l’Australie et l’Afrique du Sud, la déduction évoquée plus haut doit être vérifiée avant d’en tirer une conclusion.
Prendre sa retraite au Royaume-Uni : ce que nous en pensons, et pourquoi
La question se pose dans deux directions, et elles n’ont rien à voir. Rester au Royaume-Uni après y avoir passé sa vie active est une décision de continuité. S’y installer poury prendre sa retraite est une décision que nous déconseillons dans la très grande majorité des cas, et il faut dire pourquoi plutôt que de l’affirmer.
Le premier obstacle est le droit au séjour. Les routes de visa décrites dans notre documentation — Skilled Worker, Global Talent, Innovator Founder, voie familiale, étudiant — supposent toutes un emploi qualifié parrainé, un talent reconnu, une entreprise, un lien familial ou des études. Aucune de ces routes ne correspond au projet d’un retraité français souhaitant s’installer sans y travailler, et les pages consultées le 29 juillet 2026 n’en décrivent pas d’autre qui y corresponde. Cela ne veut pas dire qu’aucune voie n’existe : cela veut dire que si l’on vous en propose une, il faut la faire vérifier route par route avant d’engager quoi que ce soit. Le chapitre 06 traite ce sujet. Font naturellement exception les titulaires d’un settled statusacquis au titre de l’accord de retrait, pour lesquels la question ne se pose pas dans les mêmes termes.
Le deuxième obstacle est le coût de la santé au grand âge, et c’est celui que l’on sous-estime le plus. Le NHS est gratuit et résidentiel : cela, c’est l’avantage. Les délais, en revanche, se lisent dans les chiffres officiels de NHS England pour mars 2026 : 7,1 millions de parcours en attente de traitement, correspondant à environ 6,0 millions de patients uniques ; un délai médian de 11,3 semaines ; un 92e percentile à 38,3 semaines ; 94 406 personnes au-delà de 52 semaines d’attente, 4 342 au-delà de 65 semaines, 1 047 au-delà de 78, 154au-delà de 104. Le communiqué relève expressément que la norme constitutionnelle de 92 % de patients traités en 18 semaines ou moins n’est pasatteinte, le taux constaté étant de 65,3 %. La moitié des patients attend moins de trois mois ; c’est la longueur de la queue de distribution qui pose problème, et c’est précisément dans cette queue que se retrouvent les interventions orthopédiques et ophtalmologiques qui structurent la qualité de vie après soixante-quinze ans.
D’où le recours massif au privé — et le piège qui va avec. Selon l’Association of British Insurers, 6,5 millions de personnes étaient couvertes par une assurance santé au Royaume-Uni en 2024, dont 4,8 millions par des contrats collectifs d’entreprise, pour 4 milliards de livres de sinistres réglés. Autrement dit : au Royaume-Uni, l’assurance santé privée est très majoritairement un avantage social d’entreprise. Le jour où vous cessez de travailler, vous le perdez, et vous devez acheter individuellement une couverture à l’âge où elle coûte le plus cher. Les ordres de grandeur qui circulent pour un contrat individuel — de l’ordre de 80 à 105 £ par mois pour un adulte sur un contrat complet avec 250 £ de franchise, 145 à 160 £ pour un couple — proviennent de comparateurs commerciaux et non d’une source officielle ou professionnelle ; l’ABI ne publie pas de prime moyenne. Nous les donnons comme indicatifs, et nous ajoutons le facteur qui les rend trompeurs : l’inflation médicale privée constamment citée est de l’ordre de 8 à 12 % par an. Un contrat souscrit à soixante-cinq ans n’a pas le même prix à soixante-quinze.
S’ajoutent les restes à charge, modestes à l’unité et significatifs en cumul pour un traitement chronique : 9,90 £ par articleprescrit en Angleterre — par article, non par ordonnance —, et des tarifs dentaires anglais 2026-27 de 27,90 £ en bande 1, 76,60 £ en bande 2 et 332,10 £ en bande 3, par cure de traitement — ce barème par bandes est propre à l’Angleterre : l’Écosse facture 80 % du coût du traitement dans la limite de 384 £ par cure, et le pays de Galles a remplacé les bandes, au 1er avril 2026, par une charge unique par cure de soins également plafonnée à 384 £. Ces trois derniers montants proviennent de sources professionnelles concordantes et non d’une source primaire NHS : traitez-les comme des ordres de grandeur. Pour un titulaire de visa, il faut encore compter l’Immigration Health Surcharge à 1 035 £ par an(776 £ pour les étudiants, leurs personnes à charge, le Youth Mobility Scheme et les moins de 18 ans), payée intégralement d’avance pour la durée totale du visa.
Le troisième obstacle est patrimonial, et c’est le plus lourd. Une résidence britannique prolongée déclenche le compteur de la résidence de longue duréeen matière d’Inheritance Tax, avec une rémanence après le départ : c’est l’objet du chapitre 24, et c’est le point qui coûte le plus cher dans tout ce dossier. S’y ajoute, à compter du 6 avril 2027, l’entrée des pensions non consommées dans l’assiette de l’IHT par l’effet des sections 66 à 71 du Finance Act 2026 : la section 66 insère un article 150A dans l’Inheritance Tax Act 1984, qui répute le membre d’un registered pension scheme, d’un qualifying non-UK pension schemeou d’un régime de la section 615(3) titulaire, immédiatement avant son décès, d’une notional pension propertyréputée située dans le pays où le régime est établi. La section 71 précise que les modifications s’appliquent « in relation to deaths, and (so far as relevant) to other transfers of value within the meaning of IHTA 1984, occurring on or after 6 April 2027 » — donc aussi à d’autres mutations à titre gratuit, et pas seulement aux décès. Les chapitres 09 et 24 développent ; retenez ici que la pension a cessé d’être un outil de transmission au Royaume-Uni.
Reste ce qui plaide dans l’autre sens, et il faut le dire aussi. Pour quelqu’un dont les enfants et petits-enfants vivent à Londres, la question ne se pose pas en termes de rendement fiscal. Pour un titulaire de settled statusqui n’a plus d’attaches en France, le déracinement inverse aurait son propre coût. Et pour une carrière longue au Royaume-Uni avec un potimportant, la question du calendrier de sortie — traitée au chapitre 09 — pèse largement plus lourd que celle du pays de résidence à la retraite. Nous déconseillons l’installation tardive au Royaume-Uni comme projet patrimonial ; nous ne la déconseillons évidemment pas comme projet de vie.
Le côté français : ce que ce guide n’établit pas
Ce guide porte sur le Royaume-Uni, et sa base documentaire est britannique et conventionnelle. Elle n’établit pas les paramètres du droit français de la retraite — âge légal, durée d’assurance requise, mécanismes de rachat propres au droit français, règles de décote et de surcote. Nous ne les reproduisons donc pas, et vous devriez vous méfier de tout document franco-britannique qui les mélange aux paramètres britanniques sans signaler la couture. Ces paramètres se vérifient sur votre relevé de carrière tous régimes et avec votre caisse.
Une affirmation, en particulier, circule beaucoup et nous ne la reprenons pas : celle selon laquelle « les activités accomplies à l’étranger n’ont pas d’impact sur le taux de liquidation et le taux de proratisation de la retraite de base française ». Elle est portée par des sources françaises secondaires et n’a pas été vérifiée par nos soins sur une circulaire de la caisse nationale ni sur le code de la sécurité sociale. Elle est déterminante pour tout chiffrage global d’une carrière mixte : nous la signalons comme non confirmée plutôt que de bâtir un calcul dessus. Les articles L. 351-1 et suivants et R. 351-1 et suivants du code de la sécurité sociale, ainsi que les circulaires de la CNAV, sont les points d’entrée pour la trancher.
Ce que nous ne tranchons pas, et ce qu’il faut demander
Six questions de ce chapitre ne peuvent pas être résolues sur les textes disponibles, et nous ne les devinons pas. Elles doivent être arbitrées avec nos avocats et conseils partenaires spécialisés sur le Royaume-Uni avant tout acte irréversible. Voici, pour chacune, la question exacte à poser et les pièces à réunir.
| Question à poser | À qui | Pièces à réunir |
|---|---|---|
| Pour les six années fiscales encore ouvertes — 2020-21 à 2025-26 pendant l'année fiscale 2026-27 —, quelle classe HMRC retient-elle année par année : la classe 2 de l'ancienne regulation 147, ouverte à la personne employée ou indépendante à l'étranger (NIM33202), ou la classe 3 de la regulation 147(3) ? | HMRC, par le dépôt d'un formulaire CF83 avec demande de réponse écrite ; conseil britannique en cas de refus | Relevé « Check your State Pension forecast » complet ; numéro de National Insurance ; dates exactes d'entrée et de sortie du territoire britannique ; bulletins de paie et P60 disponibles |
| Le Protocole franco-britannique de coordination constitue-t-il un « accord international de sécurité sociale pertinent » maintenant l'accès à la classe 2 pour un indépendant, au sens de l'exception du S.I. 2026/294 ? | Conseil britannique spécialisé en National Insurance ; à défaut, demande écrite à HMRC | Justificatifs du statut d'indépendant sur chaque année visée ; texte du S.I. 2026/294 et sa note explicative ; manuel HMRC série NIM33000 et suivantes |
| Le calcul au prorata de l'article SSC.47(1)(b) est-il écarté dans mon dossier au titre de l'annexe SSC-4, partie 1, ou l'une des deux exceptions s'applique-t-elle ? Et l'annexe SSC-6, point 3, (2)(b) fait-elle disparaître des périodes françaises au titre d'années fiscales britanniques non qualifiantes ? | Institution de contact au sens de l'article SSCI.39, par écrit, au moment du dépôt ; avocat spécialisé en coordination si la réponse est défavorable | Reconstitution année fiscale britannique par année fiscale britannique, avec pour chacune le statut qualifiant ou non ; relevé de carrière français en regard, aux mêmes dates |
| Quel est le calendrier en vigueur du relèvement de l'âge de la pension d'État à 68 ans, et à quelle date exacte ma cohorte de naissance atteindra-t-elle l'âge de la pension ? | Conseil britannique ; vérification sur le Pensions Act 2007, la revue statutaire du DWP et la page GOV.UK State Pension age | Date de naissance exacte ; le cas échéant, mention d'une naissance un 31 juillet, un 31 décembre ou un 31 janvier, visée par des règles particulières de la section 26 du Pensions Act 2014 |
| Le titulaire d'un formulaire S1 conserve-t-il, ou perd-il, le bénéfice de l'exonération de CSG-CRDS issue de la jurisprudence de Ruyter, et quel est l'effet éventuel de l'accord de retrait pour une installation antérieure au 31 décembre 2020 ? | Avocat fiscaliste franco-britannique ; le cas échéant, demande de rescrit | Date d'installation au Royaume-Uni ; attestations d'affiliation ; S1 le cas échéant ; détail des revenus du patrimoine de source française concernés |
| Quels sont les droits du conjoint survivant sur la New State Pension d'une carrière britannique partielle, et comment s'articulent-ils avec les droits de réversion français ? | Conseil britannique ; caisse française pour le volet réversion | Acte de mariage ou de partenariat ; relevés des deux pays ; date de liquidation envisagée de chaque pension |
Une septième question ne figure pas dans ce tableau parce qu’elle ne relève pas de ce chapitre, et il faut néanmoins la signaler ici pour qu’elle ne soit pas oubliée : le transfertd’un régime britannique vers un régime établi hors du Royaume-Uni supporte une charge de 25 %de la valeur transférée depuis le 30 octobre 2024, l’exclusion qui protégeait les transferts vers l’EEE ayant été supprimée. Nous ne conseillons aucun transfert dans ce guide, et le chapitre 09 explique pourquoi. Toute proposition de transfert qui vous serait faite sans mentionner la date du 30 octobre 2024 repose sur une documentation périmée.
Si vous ne deviez retenir qu’une action de ce chapitre : allez chercher votre relevé britannique cette semaine, et déposez le CF83 dans la foulée. La fenêtre transitoire se ferme le 5 avril 2027, l’instruction d’une demande internationale se compte en mois, et l’échéance ne se rouvrira pas. Le droit arrêté dans ce chapitre l’est au 29 juillet 2026 : les paramètres britanniques changent au 6 avril de chaque année, et les montants cités devront être réactualisés au barème de l’année fiscale en cours au moment où vous agirez.

