Pourquoi une feuille de route plutôt qu'un catalogue de leviers
Un kiné de 32 ans sature son PER pour « défiscaliser », puis voit sa banque réduire son prêt immobilier de 40 000 € : il a déduit son revenu… juste avant de le présenter à la banque. Un autre, à 60 ans, cède sa patientèle 180 000 € sans payer un euro d'impôt ni de prélèvements sociaux. Entre les deux, la différence n'est pas le talent : c'est le calendrier. La plupart des guides patrimoniaux vous tendent une liste — PER, assurance-vie, immobilier, SCPI, déficit foncier — mais ne disent jamais l'essentiel : dans quel ordre, et à quel âge. Or à 30 ans, votre priorité n'est pas celle de 60 ans. Ce guide n'est donc pas un catalogue de leviers : c'est une feuille de route chronologique qui vous dit quoi faire à 30, 45 et 60 ans — et pourquoi.
En 30 secondes : les trois règles d'or du kiné
Un profil à revenus modérés, pas un haut revenu
Première chose à poser : vous n'êtes ni un pharmacien titulaire, ni un chirurgien-dentiste à 200 000 € de BNC. Le kiné libéral exerce une profession paramédicale imposée en BNC, avec un bénéfice le plus souvent compris entre 40 000 et 90 000 € et une TMI de 30 à 41 %. À ce niveau, on ne vous propose pas des holdings, des pactes Dutreil ou des SPFPL : ces montages coûtent plus cher qu'ils ne rapportent. Les bons outils du kiné sont simples et puissants : prévoyance Madelin, choix micro-BNC ou réel, PER calibré, immobilier mesuré, et une cession bien préparée. Pour le détail des leviers fiscaux, ce guide renvoie systématiquement vers la défiscalisation du kiné libéral : ici, on s'occupe du quand, pas du comment de chaque levier.
Kiné = CARPIMKO, jamais CARMF ni CARCDSF
Le tableau âge → priorités : la feuille de route en un coup d'œil
Avant de dérouler chaque phase, le tableau qui résume tout — à garder sous les yeux. Chaque ligne correspond à une phase de carrière, avec sa priorité dominante et le levier à activer. Le reste du guide ne fait que le déployer, phase par phase.
| Phase / âge | Mot d'ordre | À faire en priorité | Levier dominant |
|---|---|---|---|
| 25-35 ans · Installation | Sécuriser | Précaution, prévoyance, RP | Prévoyance Madelin |
| 35-50 ans · Consolidation | Déduire & diversifier | Réel, PER soutenable, locatif | Régime réel + immobilier |
| 50-62 ans · Accélération | Maximiser | PER au plafond, trimestres, SCPI | PER à TMI haute |
| 62-67 ans · Cession | Récolter | Céder, liquider, cumuler | Exonérations 151 septies / 238 quindecies |
Le fil rouge : protéger, puis déduire, puis maximiser, puis récolter
Placer votre situation sur la feuille de route
Un CGP indépendant identifie votre phase, vérifie ce qui est urgent et ce qui peut attendre, et vous repartez avec un plan d'action hiérarchisé — sans plaquer des outils de hauts revenus sur un profil de kiné.
25-35 ans — L'installation : sécuriser avant d'optimiser
La tentation, quand on s'installe et qu'on découvre les impôts du libéral, c'est de chercher tout de suite à défiscaliser. On voit ça tous les jours en rendez-vous d'installation. À cet âge, votre patrimoine se construit en posant un socle, pas en cochant des niches. On pose les fondations dans cet ordre précis — l'ordre compte plus que la liste.
Précaution et prévoyance d'abord
D'abord, une épargne de précaution de 3 à 6 mois de charges, sur un livret ou un compte à terme : quand on est libéral, aucun revenu ne tombe automatiquement, et un trou de trésorerie ne doit jamais forcer un mauvais arbitrage. Ensuite, et c'est la priorité du kiné, une prévoyance Madelin : votre revenu dépend entièrement de votre intégrité physique. On y consacre la section suivante tant le sujet est central.
Choisir son régime : micro-BNC ou réel
En début d'activité, les recettes sont souvent modestes et le micro-BNC (article 102 ter CGI), avec son abattement forfaitaire de 34 %, peut suffire : simple, sans comptabilité lourde. Mais dès que vos frais réels (loyer du cabinet, matériel, véhicule, rétrocessions, formations, cotisations) dépassent 34 % de vos recettes, le régime réel (déclaration 2035) devient gagnant. Bonne nouvelle : depuis 2023, la majoration de 25 % pour non-adhésion à une AGA est supprimée. Le calcul du point de bascule est détaillé dans notre guide déclaration 2035 du kiné : micro-BNC ou réel.
La résidence principale avant tout le reste
Une fois le socle posé, le grand projet de la trentaine, c'est souvent l'achat de la résidence principale. Et c'est ici que la deuxième règle d'or entre en jeu : on n'empile pas un PER déductible et un crédit. Déduire un PER baisse votre bénéfice, donc le revenu que la banque retient — déduire 8 000 € l'année d'une demande de prêt peut coûter des dizaines de milliers d'euros de capacité d'emprunt. La règle : RP d'abord, PER modéré, montée en puissance ensuite.
Le rachat de patientèle à l'installation : un actif à financer et à amortir
ACRE et zones aidées : utiles, mais à vérifier, jamais à survendre
La prévoyance Madelin : la priorité n°1 du kiné, à tout âge
De tout ce guide, c'est la section que je relis avec chaque kiné de 30 ans. Le kiné exerce un métier de geste répétitif : massages, mobilisations, rééducations sollicitent en permanence les épaules, les poignets, les mains et le rachis. Les troubles musculo-squelettiquessont une cause fréquente d'arrêt et d'invalidité dans la profession. Et l'acte de kiné ne se délègue pas : le jour où vous ne pouvez plus exercer, le revenu s'arrête.
Le trou de couverture de la CARPIMKO
La couverture obligatoire d'un libéral est limitée : en cas d'arrêt, les indemnités de la CARPIMKO sont plafonnées et ne compensent qu'une fraction d'un revenu d'activité. Sans contrat complémentaire, un arrêt prolongé fait chuter brutalement votre niveau de vie — du jour au lendemain. C'est ce trou que comble une prévoyance Madelin.
Le plafond de déduction de la prévoyance Madelin (art. 154 bis CGI)
Plafond prevoyance / sante Madelin =
7 % du PASS
+ 3,75 % du benefice imposable
le tout plafonne a 3 % de 8 PASS
En 2026 (PASS = 48 060 EUR, 8 PASS = 384 480 EUR) :
plafond global de l'ordre de 11 534 EURLes cotisations de prévoyance (indemnités journalières, invalidité, décès) et de santé Madelin sont déductibles du bénéfice, dans cette limite. C'est le seul levier qui protège votre capacité à générer du revenu, pas seulement votre fiscalité — on le place toujours en premier.
Ce qu'une bonne prévoyance de kiné doit couvrir
Le piège de la prévoyance « low cost » : la définition de l'invalidité
35-50 ans — La consolidation : déduire, diversifier, protéger
La patientèle est installée, le revenu s'est stabilisé, la RP est souvent financée. C'est la phase la plus longue et la plus structurante : celle où l'on construit vraiment le patrimoine, sans pression et sans précipitation. Quatre chantiers s'ouvrent en parallèle.
Passer au réel pour déduire ses frais
Si ce n'est pas déjà fait, c'est l'âge du passage au régime réel : vos frais réels (cabinet, matériel renouvelé, véhicule, formations, cotisations, prévoyance) dépassent maintenant largement l'abattement de 34 % du micro-BNC. Un point d'attention propre au kiné qui se déplace : le véhicule. Vous arbitrez chaque année, par véhicule, entre le barème kilométrique et les frais réels (avec amortissement plafonné selon le CO2, article 39-4 CGI : 9 900 / 18 300 / 20 300 / 30 000 €). Attention : comme vos actes sont exonérés de TVA (article 261-4-1°), vous n'en récupérez aucune sur le véhicule ni le matériel : tout se raisonne en TTC.
Un PER au rythme soutenable
À TMI 30-41 %, le PER de l'article 154 bis devient intéressant : chaque euro déduit « rapporte » votre TMI en baisse d'impôt. Mais on le calibre sans casser la capacité d'emprunt si un projet immobilier locatif se profile. La règle reste la même qu'à 30 ans, en plus souple : on verse ce qui est soutenable et compatible avec les crédits en cours, pas le plafond à tout prix. Le détail du calcul figure dans notre guide PER kiné et retraite CARPIMKO.
Diversifier hors du cabinet : immobilier, LMNP et assurance-vie
C'est l'âge où l'on diversifie hors du cabinet. Deux briques : l'immobilier (locatif nu avec déficit foncier, ou LMNP qui amortit le bien — PS fonciers toujours à 17,2 %, la hausse de CSG 2026 ayant épargné le foncier), à doser pour ne pas saturer l'endettement ; et l'assurance-vie, l'enveloppe d'épargne disponible et de transmission par excellence, qu'on alimente régulièrement. L'immobilier de rapport vient toujours après la RP, jamais avant. Voyez l'immobilier du professionnel libéral et les placements du kiné.
Protéger la famille : le réflexe de la quarantaine
50-62 ans — L'accélération : maximiser le PER et préparer la sortie
La cinquantaine est l'âge d'or de l'épargne : les crédits de RP s'allègent ou s'éteignent, les enfants deviennent autonomes, le revenu est à son maximum — et la TMI aussi. Entre 50 et 62 ans, on a une fenêtre courte pour combler ce que la CARPIMKO ne paiera pas : autant l'utiliser à plein.
Maximiser le PER à TMI haute
Sans projet d'emprunt résiduel qui contraigne le revenu, on peut enfin saturer le PER. Pour un bénéfice de 70 000 €, le plafond de l'article 154 bis approche les 10 291 €(voir le cas Thomas plus bas), et chaque euro déduit « rapporte » 30 à 41 %. C'est mécaniquement l'âge où le PER rend le plus : vous déduisez quand votre tranche est à 30 ou 41 %, et vous récupérez plus tard, à la retraite, où la pension CARPIMKO vous fait souvent redescendre d'une tranche.
Rachat de trimestres et arbitrage de l'épargne
Si votre relevé de carrière présente des trous (études, années à l'étranger, débuts hachés), le rachat de trimestres ou de points peut se chiffrer — son intérêt dépend de votre âge, de votre TMI et de la pension visée, à étudier au cas par cas avec la CARPIMKO. Côté épargne, on arbitre entre SCPI (pour préparer des revenus complémentaires réguliers) et assurance-vie (souplesse et transmission). Voyez les SCPI et l'assurance-vie.
La CARPIMKO remplace mal le revenu : c'est l'enjeu de la phase
Anticiper la cession dès 55 ans
La cession de la patientèle ne se prépare pas le jour du départ : les exonérations de plus-value dépendent de conditions de durée et de seuilsqu'il faut sécuriser en amont (activité d'au moins 5 ans, recettes, valeur de cession, calendrier de liquidation de la retraite). On commence donc à y penser cinq à dix ans avant : c'est l'objet de la phase suivante.
62-67 ans — La cession et la liquidation CARPIMKO
Vient le temps de récolter. Toute la feuille de route convergeait vers cette étape : céder la patientèle dans les meilleures conditions fiscales, liquider la CARPIMKO, et organiser la transition. La bonne nouvelle, pour un kiné, c'est que la plus-value de cession est très souvent totalement exonérée d'impôt sur le revenu.
Les trois régimes d'exonération de la plus-value
Trois dispositifs peuvent jouer pour une patientèle de kiné :
| Régime | Critère | Seuil d'exonération totale | Effet |
|---|---|---|---|
| 151 septies | Recettes annuelles | ≤ 90 000 € (dégressif jusqu'à 126 000 €) | IR + PS exonérés |
| 238 quindecies | Valeur de cession | ≤ 500 000 € (dégressif jusqu'à 1 000 000 €) | IR + PS exonérés |
| 151 septies A | Départ en retraite | Pas de plafond de valeur | IR exonéré, PS 18,6 % dus |
Pour une patientèle de kiné, l'exonération est souvent totale
Liquider la CARPIMKO et le cumul emploi-retraite
En parallèle de la cession, on liquide la retraite CARPIMKO (régime de base, complémentaire, ASV des conventionnés). Beaucoup de kinés ne s'arrêtent pas net : le cumul emploi-retraite permet de percevoir sa pension tout en gardant quelques vacations. Sous conditions (liquidation de tous les régimes, âge du taux plein), le cumul est intégral et peut, depuis 2023, générer de nouveaux droits dans une certaine limite. Cela lisse la baisse de revenu et permet une transmission progressive de la patientèle. Les modalités exactes sont à confirmer auprès de la CARPIMKO.
Attention au calendrier du 151 septies A
Trois cas chiffrés : Camille (30), Thomas (45), Hélène (60)
Rien ne vaut des chiffres pour fixer les idées. Trois kinés, trois phases, trois bonnes décisions. Montants arrondis et illustratifs, non opposables.
Cas 1 — Camille, 30 ans, kiné en EI, BNC 48 000 €, veut acheter dans 2 ans
Priorité 1 — précaution : 4 mois de charges sur un compte à terme.
Priorité 2 — prévoyance Madelin : souscrite (IJ + invalidité professionnelle + décès), cotisations déductibles.
Priorité 3 — RP avant PER : plutôt qu'un PER plafonné (autour de 4 806 €, le plancher du 154 bis), elle limite son versement à 3 000 € pour préserver le revenu présenté à la banque. Surcoût d'impôt : faible. Gain : une capacité d'emprunt intacte, soit potentiellement des dizaines de milliers d'euros de financement en plus.
À surveiller : le passage au réel dès que ses frais dépassent 34 % des recettes.
Leçon :à 30 ans, on ne maximise pas le PER ; on protège le revenu et on décroche le crédit.
Cas 2 — Thomas, 45 ans, kiné au réel, BNC 70 000 €, RP financée
PER au plafond du 154 bis :
Plafond PER de Thomas (BNC 70 000 €, PASS 2026 = 48 060 €)
10 % x 70 000 = 7 000 EUR + 15 % x (70 000 - 48 060) = 15 % x 21 940 = 3 291 EUR ----------------------------------------------- Plafond 154 bis ≈ 10 291 EUR
À TMI 30 %, déduire 10 291 € représente de l'ordre de 3 087 € d'impôt en moins. Les prélèvements sociaux sur les gains du PER seront de 18,6 % à la sortie (et non 17,2 %).
Leçon : à 45 ans, le PER devient un vrai levier — mais on équilibre déductible, immobilier et épargne disponible.
Cas 3 — Hélène, 60 ans, cède sa patientèle 180 000 €, recettes 85 000 €
Plus-value de cession : recettes de 85 000 € (< 90 000 €) → 151 septies : exonération totale, IR et prélèvements sociaux. Valeur de 180 000 € (< 500 000 €) → 238 quindecies : exonération totale également (IR et PS). Hélène relève donc de l'un de ces deux régimes : sa plus-value est exonérée d'IR et de prélèvements sociaux, soit 0 € d'impôt et 0 € de PS. Le 151 septies A (départ en retraite), qui exonère l'IR mais laisse les PS de 18,6 % dus, ne serait à mobiliser que si les seuils de recettes et de valeur étaient dépassés — ce qui n'est pas son cas.
Droits d'enregistrement (à la charge de l'acquéreur, art. 719) : sur 180 000 €, soit 3 % × (180 000 − 23 000) = 4 710 € payés par le repreneur, pas par Hélène.
Transition : elle liquide la CARPIMKO et garde quelques vacations en cumul emploi-retraite.
Leçon : une patientèle de kiné dans les seuils se cède le plus souvent sans IR ni PS ; les 18,6 % de PS ne concernent que le 151 septies A, lorsqu'on ne peut pas bénéficier des deux autres régimes. La vraie vigilance porte sur le calendrier (activité ≥ 5 ans, fenêtre de 24 mois).
Comment lire ces trois cas (note de méthode)
Chiffrer votre propre trajectoire de kiné
Plafond PER, point de bascule micro/réel, simulation de cession exonérée, capacité d'emprunt : un CGP indépendant met des chiffres sur votre phase de carrière et vous donne l'ordre des priorités.
La cession, aboutissement de toute la feuille de route
Revenons à la troisième règle d'or, car elle éclaire toute la trajectoire : chaque phase préparait la cession. Une patientèle solide, c'est le fruit d'une carrière entière de soins, de bouche-à-oreille et de fidélité des patients adressés par les médecins du secteur — pas un actif qu'on monte en deux ans. Et la fiscalité de sa cession récompense la durée (activité ≥ 5 ans) et la mesure (seuils de recettes et de valeur). Le kiné qui a suivi sa feuille de route arrive à 62 ans avec une patientèle valorisée, un PER bien rempli, une épargne diversifiée et une cession exonérée : le travail des trente années précédentes se transforme alors en capital de départ pour la retraite.
Patientèle (actif professionnel BNC)
Points forts
- Plus-value souvent exonérée d'IR (151 septies, 238 quindecies)
- Quand l'IR est exonéré (151 septies, 238 quindecies), les PS le sont aussi
- Droits d'enregistrement à la charge de l'acquéreur (art. 719)
Points de vigilance
- Exonération conditionnée à la durée et aux seuils
- Hors exonération (151 septies A seul), PS à 18,6 % dus
- Calendrier du 151 septies A à respecter (≈ 24 mois)
Parts de société (SEL)
Points forts
- Pertinent seulement pour de rares hauts revenus
Points de vigilance
- Prélèvements sociaux à 18,6 % sur la cession de parts
- Régime de cession différent (plus-value de titres)
- Rarement justifié à revenus modérés
Le piège à éviter : confondre patientèle et parts de société
Faut-il une SEL ? Le réflexe à oublier à revenus modérés
On nous pose souvent la question, généralement après une conversation entre confrères : « Faut-il que je passe en société pour payer moins d'impôts ? » Pour la grande majorité des kinés, la réponse est non.
L'activité de kiné est une profession libérale imposée en BNC, exercée le plus souvent en entreprise individuelle ou en SCM (société civile de moyens, transparente, qui partage les charges d'un cabinet de groupe sans dégager de bénéfice à partager). Passer à l'impôt sur les sociétés via une SEL n'a d'intérêt que pour de rares profils à hauts revenus durables, qui ne consomment pas tout leur bénéfice et veulent le laisser capitaliser à l'IS. À 40 000-90 000 € de BNC, le coût et la complexité d'une société dépassent presque toujours le gain fiscal.
Et la fin de l'abattement de 10 % en SEL
Les garde-fous : CARPIMKO, TVA, seuils de cession
Trois rappels qui reviennent à chaque rendez-vous de kiné, parce que ce sont les erreurs qui coûtent le plus cher.
CARPIMKO, et seulement CARPIMKO
Pour la retraite et la prévoyance obligatoire, le kiné relève de la CARPIMKO. Toute simulation qui parle de CARMF, de CARCDSF ou de CAVP est fausse pour un kiné : les paramètres, les taux et les prestations diffèrent d'une caisse à l'autre. C'est le garde-fou n°1.
TVA : un coût, pas une charge récupérable
Vos actes de soins sont exonérés de TVA (article 261-4-1° CGI). Vous ne facturez pas de TVA, mais vous n'en récupérez pas non plus : votre table, votre matériel, votre véhicule vous coûtent leur prix TTC. Raisonnez toujours en TTC quand vous budgétez un équipement.
Les bons seuils de cession (prestations de services)
Le kiné rend des prestations de services : les seuils d'exonération du 151 septies sont 90 000 € (total) et 126 000 € (dégressif) — surtout pas les seuils de 250 000 / 350 000 € qui visent les ventes de marchandisesdu commerce. Confondre les deux, c'est se croire exonéré à 120 000 € de recettes (seuil commerce) alors qu'on est déjà en zone dégressive depuis 90 000 € (seuil services) : la différence se compte en milliers d'euros de plus-value taxée. En cas de doute, on cale chaque calcul à la source et avec l'expert-comptable.
La feuille de route, en une phrase

