TL;DR — Le comparatif des supports en 60 secondes
Vous avez déjà tranché la question stratégique — garder l'argent dans la société plutôt que tout sortir en dividendes. Reste le choix du support. La logique est toujours la même : on range chaque euro selon la date à laquelle on en aura besoin, par poche d'horizon. Le court terme et la précaution vont au compte à terme et au fonds monétaire ; le moyen-long terme au contrat de capitalisation de personne morale ; le long terme à la SCPI et, pour un dirigeant qui assume la volatilité, au compte-titres de société.
Ce qu'il faut retenir avant de choisir un support
Une SASU (ou une EURL à l'IS) ne paie aucun prélèvement socialsur ses placements (CSS art. L. 136-6 et L. 136-7) : seul l'IS s'applique (15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 %). Pas d'assurance-viepossible pour une société : l'équivalent est le contrat de capitalisation de personne morale, imposé chaque année sur une assiette forfaitaire (≈ 0,9 %/an de frottement, art. 238 septies E), ce qui en fait le cœur de la trésorerie longue. À côté : le compte à terme (capital garanti, court terme), le CTO (actions/ETF, volatil, très long terme) et les SCPI(immobilier, loyers à l'IS, parts amortissables, liquidité faible).
Les 4 supports, en une ligne chacun
- Compte à terme — capital garanti, rendement connu d'avance et faible, blocage : la poche de précaution.
- Contrat de capitalisation PM — fonds euros + UC, frottement IS ≈ 0,9 %/an, différé fiscal : le cœur de la trésorerie longue.
- Compte-titres de société (CTO) — actions, ETF, obligations ; potentiel élevé mais volatil et marqué au marché : très long terme assumé.
- SCPI — immobilier locatif, loyers à l'IS, parts amortissables, usufruit temporaire possible ; rendement régulier mais liquidité faible.
Quel support pour quel horizon ? Le réflexe en 4 questions
Avant de comparer les rendements, posez-vous quatre questions dans cet ordre — elles désignent le support à elles seules :
- « J'en ai besoin sous 12-24 mois ? » → compte à terme ou fonds monétaire (capital sécurisé, liquidité).
- « Je peux l'immobiliser 5 à 8 ans, sans choc de valeur ? » → contrat de capitalisation PM (différé fiscal, fonds euros + UC prudentes).
- « Je vise un revenu régulier et j'accepte une faible liquidité ? » → SCPI (loyers à l'IS, parts amortissables).
- « J'assume la volatilité sur 8-10 ans et plus ? » → CTO (titres vifs de préférence, pour éviter la valorisation au marché annuelle des fonds).
Si vous avez répondu « oui » à plusieurs, c'est normal : on panache par poche, on ne choisit pas un seul produit.
Une précision de périmètre : ce guide compare les produits. La décision en amont — combien garder, combien sortir, combien placer — est traitée dans notre guide frère sur la trésorerie qui dort dans votre SASU. Et si vous hésitez encore sur la structure elle-même, voyez SASU ou EURL, quel statut pour optimiser.
Précaution ou excédent : que placer, vraiment ?
Avant de comparer les supports, il faut séparer deux poches d'argent qui n'ont ni le même rôle ni le même horizon. Je vois souvent la même confusion en rendez-vous : on bloque en SCPI un argent dont on aura besoin dans trois mois, ou on laisse dormir sur le compte courant un capital qu'on pourrait faire travailler dix ans.
La trésorerie de précaution : liquide avant tout
C'est le matelas qui absorbe les creux : une mission qui s'arrête, un gros client qui paie à 90 jours, un trou entre deux contrats. Pour un consultant aux revenus en dents de scie, on vise 3 à 6 mois de charges, parfois davantage. Ici, le seul critère qui compte est la disponibilité: l'argent doit pouvoir revenir en quelques jours, sans risque de perte. C'est le terrain du compte à terme court et du fonds monétaire.
La trésorerie excédentaire : celle qu'on fait travailler
C'est ce qui dépasse durablement le matelas de précaution et le besoin d'exploitation. Cet argent n'a pas vocation à servir avant plusieurs années : c'est lui, et lui seul, qu'on place sur des supports de rendement (contrat de capitalisation, SCPI, CTO). Le placer suppose d'accepter une moindre liquidité et, selon le support, un risque de perte en capital — en échange d'un rendement potentiel supérieur.
La question préalable : faut-il seulement placer dans la société ?
Placer dans la SASU n'est pas le seul chemin. Selon votre projet, sortir une partie en dividendes ou en salaire pour investir à titre personnel (PER, assurance-vie, immobilier) peut être pertinent. Ce guide suppose que l'arbitrage est tranché en faveur du placement dans la société ; si ce n'est pas le cas, repartez de la décision garder ou sortir et de l'arbitrage salaire ou dividendes.
La SASU ne paie aucun prélèvement social sur ses placements
C'est ce qui échappe à la plupart des dirigeants quand ils comparent placer dans la société et sortir l'argent. Les prélèvements sociaux (CSG, CRDS, prélèvement de solidarité) ne frappent que les personnes physiques(CSS art. L. 136-6 et L. 136-7). Une SASU ou une EURL à l'IS qui place sa trésorerie ne paie aucun prélèvement socialsur ses produits : seulement l'impôt sur les sociétés.
La dualité 2026 (LFSS 2026, loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) — 17,2 % maintenus sur l'assurance-vie, les contrats de capitalisation détenus en direct par un particulier et les revenus fonciers ; 18,6 % désormais sur les dividendes, intérêts et plus-values mobilières — ne concerne que la sortie en personnel. Elle ne s'applique jamais à un placement détenu dans la société.
0 prélèvement social tant que l'argent reste dans la société
Une SASU qui détient un compte à terme, un contrat de capitalisation, un CTO ou des SCPI ne paie ni les 17,2 % ni les 18,6 %. Ces taux ne visent que le dirigeant personne physique qui sortl'argent (PFU 31,4 % sur les dividendes de SASU). C'est ce qui rend la capitalisation dans la société plus efficace que la distribution suivie d'un placement personnel.
Capitaliser dans la SASU vs sortir en dividende — sur 100 000 € de produits
Hypothese : 100 000 EUR de produits financiers a affecter. A) On capitalise dans la SASU (personne morale a l IS) : IS a 25 % = 25 000 EUR Prelevements sociaux = 0 EUR (PM hors champ) Net conserve dans la PM = 75 000 EUR, qui continue de capitaliser B) On sort en dividende vers le president (personne physique) : PFU 2026 = 12,8 % IR + 18,6 % PS = 31,4 % Cout immediat = 31 400 EUR Net dans la poche = 68 600 EUR (avant tout replacement)
La comparaison n'oppose pas deux fiscalités du même placement : elle oppose CAPITALISER (IS seul, 0 PS) à SORTIR PUIS PLACER EN PERSO (PFU 31,4 %). Tant que l'objectif est d'investir, garder l'argent dans la société est mécaniquement plus efficace. En EURL à l'IS, l'écart est encore plus net : la fraction de dividendes du gérant TNS supérieure à 10 % du capital supporte en plus des cotisations sociales (CSS art. L. 131-6).
Pourquoi le différé pèse autant : l'effet boule de neige
L'intérêt de capitaliser dans la société ne tient pas qu'au taux ponctuel : il tient au fait que la base qui travaille est plus grosse. Sortir 100 000 € de produits en dividende, c'est replacer à titre personnel sur seulement 68 600 € (après PFU 31,4 %). Les garder dans la société, c'est faire fructifier 75 000 € (après IS à 25 %), voire 85 000 € si le bénéfice reste au taux réduit de 15 %. Cet écart de capital de départ se cumule chaque année : sur dix ans, le différentiel n'est pas de quelques pour cents, mais de plusieurs milliers d'euros de gains supplémentaires. C'est le cœur de la logique « capitaliser avant de distribuer ».
En EURL à l'IS, cet argument est renforcé par le piège des dividendes supérieurs à 10 % du capital: la fraction excédentaire est assujettie aux cotisations sociales TNS du gérant, ce qui alourdit encore la sortie. Le mécanisme, transposable de la SEL à l'EURL, est détaillé dans dividendes au-delà de 10 % du capital : le piège des cotisations.
Le compte à terme : capital garanti, rendement faible, court terme
C'est le support de la poche de précautionet du court terme. Le mécanisme n'a rien de sorcier : la société immobilise une somme pour une durée fixée d'avance (de quelques mois à plusieurs années), en échange d'un taux connu dès la signature. Le capital est garanti et protégé par le Fonds de garantie des dépôts (FGDR) à hauteur de 100 000 € par établissement.
Rendement, fiscalité, liquidité
Le rendement est modeste : il suit les taux courts. Les intérêts s'ajoutent au résultat de la société et sont imposés à l'IS(15 % jusqu'à 42 500 € de bénéfice sous conditions PME, puis 25 %), sans PFU ni prélèvements sociaux. La contrepartie du capital garanti, c'est le blocage : une sortie anticipée entraîne en général une pénalité de taux. On choisit donc une durée cohérente avec son besoin.
Le bon usage du compte à terme
On y loge la trésorerie qu'on veut sécuriser sans la laisser dormir à 0 % : la réserve de précaution au-delà du strict immédiat, ou une somme dont on connaît l'échéance (un investissement prévu, un acompte d'impôt). Pour un excédent de long terme, le compte à terme est sous-optimal : son rendement réel, après IS et inflation, est souvent proche de zéro. Le détail des taux, durées et mécanismes de garantie est dans notre guide compte à terme 2026.
Le contrat de capitalisation de personne morale (art. 238 septies E)
Pour la trésorerie longue, c'est souvent là qu'on finit. Mais avant d'y venir, il faut tuer une idée reçue tenace : une société ne peut pas souscrire d'assurance-vie(il n'y a pas de tête à assurer). En revanche, elle peut souscrire un contrat de capitalisation, qui est une enveloppe d'investissement (fonds en euros et unités de compte) sans le volet décès. Des assureurs proposent des versions dédiées aux personnes morales.
Une fiscalité forfaitaire, et un différé qui fait tout
Au lieu d'imposer le rendement réel chaque année, l'article 238 septies E du CGI impose une assiette forfaitaire égale à 105 % du dernier TME connu à la souscription, appliquée à la valeur de souscription, au taux de l'IS. Le produit réel n'est régularisé qu'au dénouement (rachat). Tant que le contrat performe au-dessus de cette assiette, l'excédent capitalise en différé sans frottement annuel.
Frottement annuel du contrat de capitalisation PM (art. 238 septies E CGI)
Assiette annuelle imposable a l IS = 105 % x TME a la souscription x Valeur de souscription Exemple avec un TME de l ordre de 3,5 % en 2026 : Assiette annuelle = 105 % x 3,5 % = 3,68 % de la valeur de souscription IS a 25 % = 0,92 % de la valeur de souscription Sur 100 000 EUR souscrits : Reintegre chaque annee au benefice = 3 680 EUR IS supplementaire annuel = 920 EUR (taux IS 25 %) Frottement annuel = environ 0,9 % de la souscription
Le TME (Taux Moyen des Emprunts d'Etat) est celui du mois de souscription, puis figé pour toute la durée du contrat (à vérifier au mois réel). Le frottement de 0,9 %/an suppose le taux IS de 25 % ; si le bénéfice reste au taux réduit de 15 % (≤ 42 500 €), il tombe à environ 0,55 %/an. Si le contrat rapporte plus de 3,68 % brut, il est taxé chaque année sur MOINS que son rendement réel : l'excédent se capitalise en différé jusqu'au rachat.
Capi PM ≠ assurance-vie : pas d'abattement à la transmission
L'erreur qu'on voit revenir : un dirigeant croit que le capi de sa société se transmettra avec les abattements de l'assurance-vie. Non. Le capi détenu par une personne morale ne bénéficie ni de l'abattement de 152 500 € (art. 990 I) ni de celui de 30 500 € (art. 757 B), réservés à l'assurance-vie d'un particulier. Son intérêt n'est pas successoral mais financier : capitaliser en différé au sein de la société avec un frottement annuel très faible. La transmission se prépare séparément, sur les titres de la société. Pour bien distinguer les deux enveloppes, voyez notre guide assurance-vie (réservée aux particuliers) : le contrat de capitalisation en est le pendant pour une personne morale, sans le volet décès.
C'est exactement la logique appliquée aux SEL et SPFPL des professions libérales, que nous détaillons dans placer la trésorerie de sa SEL : le véhicule est le même, seule la structure de détention change (pour le consultant, une simple SASU ou EURL, sans SEL ni SPFPL).
Quel rendement net d'IS pour VOTRE trésorerie ?
Capi PM, SCPI, CTO ou compte à terme : on chiffre le net d'IS de chaque support sur votre horizon réel, et comme on ne vend aucun produit-maison, on compare les contrats des assureurs sans intérêt à vous en pousser un plutôt qu'un autre.
Le compte-titres de société (CTO) : potentiel élevé, volatilité assumée
Une société peut détenir un compte-titres ordinaireet y loger des actions, des ETF, des obligations ou des fonds. C'est le support au plus fort potentiel de rendement sur le long terme — mais aussi le plus volatil, et le moins adapté à une trésorerie qu'on pourrait devoir mobiliser.
Le piège fiscal : la valorisation au marché annuelle
Et c'est là que ça se complique, parce que peu de dirigeants le savent : les OPCVM et fonds logés dans une société à l'IS sont marqués au marché chaque année (CGI art. 209-0 A). Autrement dit, la plus-value latente peut être imposée à l'IS même sans vente, ce qui détruit l'effet de différé qui fait la force du contrat de capitalisation. Les titres vifs (actions en direct) échappent à cette règle, mais leur gestion est plus exigeante.
Le CTO de société : pour qui, pour quoi
Le CTO se justifie pour une trésorerie réellement excédentaire, sur un horizon long(8-10 ans et plus), et pour un dirigeant qui accepte de voir la valeur fluctuer. Ce n'est pasun support pour la trésorerie d'exploitation ni de précaution. Et il faut garder à l'esprit le garde-fou d'objet social (section 9) : une SASU de conseil n'est pas une société de gestion de portefeuille. Pour la version personnelle de cette logique, voyez où investir l'argent non dépensé quand on est freelance à hauts revenus.
Les SCPI détenues par la société : rendement régulier, liquidité faible
Une société à l'IS peut acheter des parts de SCPI(sociétés civiles de placement immobilier) et percevoir des loyers réguliers, sans gestion locative directe. C'est un support de diversification immobilière et de rendement, à réserver au long terme.
Pleine propriété ou usufruit temporaire
En pleine propriété, les loyers sont imposés à l'IS, mais les parts peuvent être amorties comptablement (CGI art. 39), ce qui réduit le résultat imposable les premières années : la fiscalité immédiate est souvent douce. En usufruit temporaire(barème de l'art. 669 II), la société n'achète que les loyers pour une durée fixée, à un prix décoté, et amortit l'usufruit sur la période — une formule pour une trésorerie longue qui cherche du rendement sans immobiliser tout le capital. Cette variante est plus technique et se cadre au cas par cas.
Le bon usage des SCPI en société
La SCPI apporte un revenu régulier et une mutualisation du risque immobilier, mais sa liquidité est faible: revendre des parts prend du temps et peut se faire avec décote. C'est un support de long terme, pour une trésorerie qu'on n'a pas besoin de mobiliser. Pour comprendre les SCPI dans le détail (rendement, frais, sélection), voyez le guide investir en SCPI.
Le tableau comparatif des 4 supports
Voici les quatre supports mis côte à côte, sur les cinq critères qu'un dirigeant regarde avant de signer : rendement attendu, risque, liquidité, traitement à l'IS et horizon. Les rendements sont indicatifs et non garantis.
| Support | Rendement attendu | Risque | Liquidité | Horizon |
|---|---|---|---|---|
| Compte à terme | Faible (taux courts) | Capital garanti (FGDR 100 k€) | Bloquée jusqu'à l'échéance | Court terme |
| Contrat de capitalisation PM | Modéré à bon (fonds € + UC) | Faible à modéré selon supports | Quelques jours | Moyen-long terme |
| Compte-titres (CTO) | Potentiellement élevé | Élevé (volatilité, perte en capital) | Bonne (cotation) | Très long terme |
| SCPI | Régulier (loyers) | Modéré (immobilier) | Faible (délai de revente) | Long terme |
| Support | Imposition des revenus / gains | Prélèvements sociaux | Particularité |
|---|---|---|---|
| Compte à terme | Intérêts au résultat (IS 15/25 %) | Aucun (PM) | Capital garanti, blocage |
| Capi PM | Assiette forfaitaire annuelle puis régularisation | Aucun (PM) | Différé fiscal (art. 238 septies E) |
| CTO | Au résultat (IS) ; fonds marqués au marché | Aucun (PM) | PV latente parfois imposée (art. 209-0 A) |
| SCPI | Loyers au résultat (IS) ; parts amortissables | Aucun (PM) | Amortissement (art. 39), usufruit possible |
La logique d'étagement, pas le produit unique
Aucun de ces supports n'est « le meilleur » : ils répondent à des horizons différents. Une trésorerie bien gérée les combine— un compte à terme ou un fonds monétaire pour la précaution, un contrat de capitalisation pour le cœur de l'excédent, et, selon l'appétit au risque, une part de SCPI ou de CTO pour le long terme. C'est cet étagement, et non le choix d'un seul produit, qui optimise le couple rendement / disponibilité.
Cas chiffré : 120 000 € de trésorerie excédentaire à placer sur 5 ans
Marc dirige une SASU de conseil en stratégie SI. Après une bonne année, il dispose de 120 000 €de trésorerie réellement excédentaire (au-delà de ses 6 mois de précaution), qu'il n'a pas besoin de mobiliser avant 5 ans. Il compare trois options. Pour que la comparaison soit honnête, on fige le même rendement brut partout (3,5 %/an) et on regarde ce qui reste net d'IS.
120 000 € placés sur 5 ans à 3,5 % brut/an — net d'IS, par support (ordre de grandeur)
Hypothese pedagogique : 3,5 % brut/an, IS a 25 %, sur 5 ans. A) COMPTE A TERME — interets taxes a l IS chaque annee Interet brut annuel = 120 000 x 3,5 % = 4 200 EUR IS a 25 % chaque annee = 1 050 EUR Rendement net annuel = 3 150 EUR (soit 2,625 % net) Capital apres 5 ans = environ 136 600 EUR B) CTO / FONDS — plus-value latente marquee au marche (art. 209-0 A) Gain brut taxe a l IS au fil de l eau (comme A si fonds) Capital apres 5 ans = environ 136 600 EUR (hors surperformance/volatilite) C) CONTRAT DE CAPITALISATION PM — frottement forfaitaire, differe Frottement IS annuel = environ 0,9 % de 120 000 = 1 080 EUR/an Mais le gain reel (4 200/an) capitalise, seul le forfait est taxe Valeur brute du contrat = environ 142 500 EUR a 5 ans Capital net apres rachat = environ 136 900 EUR (le surplus reel etant regularise a l IS au rachat, et non chaque annee)
Chiffres illustratifs d'un MÉCANISME, pas une promesse de rendement. Les trois lignes sont exprimées en NET d'IS pour être comparables. À rendement brut égal, le contrat de capitalisation l'emporte légèrement sur 5 ans grâce au différé (on taxe une assiette forfaitaire ≈ 3,68 % plutôt que le gain réel chaque année, l'excédent étant régularisé seulement au rachat), mais sur 5 ans l'écart se compte en centaines d'euros : c'est à 15 ou 20 ans que le différé devient vraiment payant. Le CTO en fonds subit la valorisation au marché annuelle. Le compte à terme reste pertinent pour sa garantie de capital. La SCPI suit une logique différente (loyers réguliers + amortissement) et se compare sur un horizon plus long.
Attention à ne pas surinterpréter ce tableau
Le cas de Marc illustre un mécanisme fiscal (le différé du contrat de capitalisation, la valorisation au marché du CTO), pas une prévision de marché. Le taux de 3,5 % brut est une hypothèse pédagogiquetenue identique pour les trois options afin de neutraliser le rendement et n'isoler que l'effet fiscal : dans la vraie vie, personne ne mettrait un CTO actions et un compte à terme sur le même taux : l'un peut faire 8 % comme −15 %, l'autre plafonne à du garanti. Les performances passées ne préjugent pas des performances futureset le capital n'est garanti que sur le compte à terme. Les montants sont arrondis, hors frais propres à chaque support (frais d'entrée et de gestion de la SCPI ou du contrat, courtage du CTO), qui pèsent réellement sur le net.
La leçon du cas Marc
Sur un horizon de 5 ans et à rendement brut comparable, le différé fiscal du contrat de capitalisationprend une longueur d'avance : on ne taxe qu'une assiette forfaitaire au lieu du gain réel chaque année. Le compte à termegarde sa place pour la part qu'il veut sécuriser à 100 %. Quant au CTO, son intérêt n'apparaît que sur un horizon plus long et avec un appétit au risque assumé — et à condition de privilégier les titres vifs pour éviter la valorisation au marché annuelle des fonds. Dans la réalité, Marc panache : 40 000 € en compte à terme, 60 000 € en contrat de capitalisation, 20 000 € en SCPI.
Les garde-fous : objet social et bon dimensionnement
Placer la trésorerie de sa SASU, c'est de la bonne gestion. Le seul vrai risque : que la société finisse par ressembler plus à un fonds de placement qu'à un cabinet de conseil. Deux garde-fous, concrètement.
1. La société n'est pas un fonds d'investissement
Une SASU de consultant a un objet opérationnel: la prestation intellectuelle. Mettre son excédent de cash à travailler, c'est normal, tout dirigeant le fait. En revanche, faire de la société un véhicule dont l'activité réelle devient la gestion d'un portefeuille (CTO très volatil dominant, immobilier locatif sans lien avec l'activité) peut soulever des questions d'objet social et compliquer certaines opérations (transmission, cession). Concrètement : on garde un volume de placements cohérent avec le chiffre d'affaires, et on inscrit la décision au registre des décisions de l'associé unique.
2. Ne pas bloquer ce dont on a besoin
Le second garde-fou est de trésorerie pure : ne jamais placer en SCPI, en CTO ou en compte à terme long un argent dont on pourrait avoir besoin pour l'exploitation ou pour lisser un creux de mission. La poche de précaution reste liquide, toujours. Pour un consultant aux revenus irréguliers, la règle ne change pas : d'abord 6 mois de charges au chaud sur un compte à terme court, et seulement ce qui reste part en SCPI ou en capi, comme le détaille notre guide freelance aux revenus irréguliers : lisser impôt et cotisations.
Au-delà du placement : l'optimisation d'ensemble
Le placement de la trésorerie n'est qu'une brique. Pour un consultant à hauts revenus, il s'articule avec l'arbitrage rémunération / dividendes, le PER (très efficace à TMI 41-45 %), le choix de structure et, le cas échéant, une holding de droit commun pour loger la trésorerie longue. Le panorama complet est dans l'optimisation fiscale du consultant indépendant, et le levier retraite dans le PER freelance. Pour la trésorerie vraiment longue et patrimoniale, voyez aussi la holding patrimoniale.

