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Guide orthodontistes 202617 minMis à jour 25 juin 2026IR vs IS chiffré sur 400 000 €

Orthodontiste : coupler SELARL et SCI pour détenir les murs de votre cabinet

Votre SELARL paie un loyer chaque mois à un bailleur extérieur — et construit ainsi le patrimoine d'un autre. En logeant les murs dans une SCI que vous détenez, ce loyer devient une charge déductible de votre SEL et un revenu qui bâtit VOTRE patrimoine. Reste la vraie question : SCI à l'IR (plus-value exonérée à 22 / 30 ans, prélèvements sociaux à 17,2 %) ou à l'IS (amortissement immédiat mais plus-value lourde à la revente) ? Sans oublier la spécificité de l'orthodontie : CBCT, radioprotection, fluides, PMR — des aménagements lourds à affecter entre la SCI et la SEL. Réponse chiffrée sur des murs à 400 000 €. Par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine indépendant (ORIAS 23002291).

STRATÉGIE IMMOBILIÈRE 2026

Arbitrer IR ou IS avant de signer le compromis

Audit de votre projet d'achat des murs de cabinet d'orthodontie : structure (SCI, nom propre, SEL, SPFPL), arbitrage IR / IS, loyer de marché, financement, ventilation murs / aménagements techniques (CBCT, radioprotection) et transmission. Cabinet 100 % indépendant, modélisation chiffrée et calibrage avec votre notaire et votre expert-comptable.

  • Arbitrage IR / IS chiffré sur le cycle complet
  • Ventilation murs SCI / aménagements techniques
  • Calibrage du loyer de marché
  • Cabinet 100 % indépendant

PS FONCIER SCI IR

17,2 %

EXO. PV IMMO (IR)

22 ans

EXO. PV IMMO (PS)

30 ans

DÉFICIT FONCIER / AN

10 700 €

DONATION / ENFANT

100 000 €

Quentin Hagnéré·Fondateur de Hagnéré Patrimoine

Cabinet Hagnéré Patrimoine · ORIAS 23002291 · CIF · COA · COBSP

§ 1LA DÉCISION PRÉALABLE·2 MIN

Acheter les murs ou rester locataire : la décision préalable (et le risque du geste)

Avant de parler de SCI, d'IR ou d'IS, il faut trancher une question plus simple : devez-vous acheter ? Acheter les murs de votre cabinet d'orthodontie, c'est cesser de payer un loyer « à fonds perdu » pour vous constituer un patrimoine, maîtriser votre outil de travail (pas de congé donné par le bailleur, un local techniquement fait pour vous) et préparer votre retraite (les loyers vous reviendront plus tard). Pour un orthodontiste installé, dont le plateau technique est lourd, c'est souvent une excellente opération. Mais pas toujours.

L'essentiel en 30 secondes

Première décision : acheter ou louer ? L'achat n'a de sens qu'une fois l'installation consolidée, l'épargne de précaution constituée et — point capital chez l'orthodontiste — la prévoyance invalidité en place (votre revenu dépend de la précision de votre geste). Vient ensuite la structure : une SCI, pour dissocier les murs de l'exercice et transmettre des parts par tranches. Tout se joue ensuite sur un choix : SCI à l'IR (revenus fonciers, plus-value des particuliers exonérée d'IR à 22 ans et de prélèvements sociaux à 30 ans, 17,2 % de PS) — le standard pour des murs conservés ou transmis — ou SCI à l'IS (amortissement qui allège l'impôt annuel, mais plus-value lourde à la revente). On finance à crédit, on calibre le loyer au prix du marché, on ventile les aménagements lourds (CBCT, radioprotection), et on prépare la transmission dès l'origine. On le chiffre noir sur blanc à la section 6, sur des murs à 400 000 €.

Acheter au mauvais moment, ou trop cher, peut coûter plus que le loyer qu'on voulait fuir. Un orthodontiste encore mobile, une installation récente non consolidée, ou simplement le besoin de préserver sa capacité d'emprunt pour l'exercice (un CBCT, des fauteuils multiples, un scanner intra-oral, une chaîne d'impression 3D d'aligneurs) : autant de situations où je conseille d'attendre. La pierre immobilise du capital et de la capacité d'emprunt : on n'achète pas parce qu'une occasion se présente, on achète quand le projet tient.

Le geste avant les murs : la prévoyance d'abord

C'est la spécificité n° 1 de l'orthodontiste : votre revenu dépend d'une aptitude physique fine (la précision du geste, la vue, le dos, les mains). Une incapacité même partielle peut arrêter votre activité — alors que l'échéance du crédit immobilier, elle, continue de tomber. Avant de vous endetter sur des murs, sécurisez une prévoyance Madelin (art. 154 bis du CGI) avec une garantie invalidité adaptée à votre métier (définition « profession » et non « toute profession », barème dentaire). C'est le préalable, détaillé dans la prévoyance du professionnel libéral.

Acheter a du sens si…

Votre installation est consolidée et votre patientèle stable. Vous comptez exercer durablement au même endroit (5 à 10 ans minimum). Vous avez la capacité d'emprunt et un apport. Votre prévoyance invalidité est déjà en place. Et vous visez un revenu de retraite : conserver les murs et les louer au successeur.

Mieux vaut attendre si…

Vous êtes encore mobile ou en début d'installation. Vous avez besoin de votre trésorerie et de votre capacité d'emprunt pour l'exercice (CBCT, fauteuils, flux numérique d'aligneurs). La pérennité de l'implantation n'est pas acquise. Ou votre épargne de précaution et votre prévoyance ne sont pas encore en place : l'immobilier passe alors après.

Ne décidez pas seul, sous la pression d'une opportunité : remettez le projet immobilier dans l'ensemble de votre situation. C'est précisément l'objet d' un bilan patrimonial préalable, qui confronte l'achat à vos autres priorités (épargne de précaution, PER, prévoyance, transmission). Une fois la décision d'acheter prise, reste la question de la structure— et c'est là que la SCI entre en scène.

§ 2POURQUOI UNE SCI·3 MIN

Pourquoi une SCI plutôt qu'un achat en nom propre ou dans la SELARL ?

La SCI n'est pas la seule façon d'acheter ses murs. On peut acheter en nom propre, loger l'immeuble à l'actif de la SELARL, ou — depuis 2024 — l'envisager via une SPFPL (section 10). Mais dans la grande majorité des cas, la SCI est la structure la plus souple — voici pourquoi.

Une SCI est une société civile immobilière (art. 1832 du Code civil) : deux associés minimum, aucun capital minimum exigé. Son intérêt premier est la dissociation : l'immobilier vit dans une structure distincte de votre activité de soins. Le bien ne dépend plus de l'aléa professionnel, et vous détenez des parts — un actif divisible et transmissible — plutôt qu'un immeuble en bloc. La responsabilité des associés est indéfinie mais non solidaire (art. 1857 du Code civil) : chacun répond du passif social au prorata de ses parts, et non pour le tout.

Nom propre, SCI ou murs dans la SELARL : la SCI combine dissociation, souplesse de transmission et loyer déductible. Loger l'immeuble dans la SELARL gonfle la valeur des titres et alourdit la cession.
CritèreNom propreSCIMurs dans la SELARL
TransmissionImmeuble en blocParts par tranches (donation, démembrement)Liée à la cession des titres d'exercice
Protection / dissociationPatrimoine personnel directement exposéImmobilier isolé de l'exerciceImmeuble mêlé à l'outil professionnel
LoyerPas de loyer à soi-même en directLoyer déductible (SEL ou BNC), foncier pour la SCIPas de loyer (l'immeuble est à l'actif)
Plus-value de reventePlus-value des particuliers (22 / 30 ans)Particuliers (IR) ou pro (IS) selon l'optionPlus-value professionnelle, sans abattement durée

Comparée au nom propre, la SCI permet de transmettre progressivement (on donne des parts, pas un immeuble) et d'associer un conjoint ou des enfants dès l'origine. Comparée aux murs logés dans la SELARL, elle évite un piège classique : un immeuble à l'actif de la société d'exercice gonfle la valeur des titres, complique la cession du cabinet (un repreneur veut rarement racheter les murs avec la patientèle) et fait basculer la plus-value de l'immeuble en plus-value professionnelle. La SCI sort proprement l'immobilier du périmètre de l'exercice. Le b.a.-ba de l'achat des murs en SCI est traité dans notre guide pilier sur l'achat des murs en SCI, et le cas voisin du cabinet dentaire (omnipratique) éclaire les configurations proches.

IFI : les parts de SCI peuvent (parfois) sortir de l'assiette

Les parts de SCI sont en principe taxables à l'impôt sur la fortune immobilière (IFI). Mais la fraction des parts affectée à votre activité professionnelle et louée à votre structure d'exploitation peut, sous conditions, être exonérée au titre des biens professionnels (art. 975 du CGI, BOI-PAT-IFI-30-10-10-10). Au conditionnel : cette exonération est partielle, strictement encadrée, rarement retenue pour une SCI à l'IS, et suppose un audit nominatif. Ne la tenez jamais pour acquise sans validation.
§ 3LE CŒUR DE LA DÉCISION·5 MIN

SCI à l'IR ou SCI à l'IS : le nœud de la décision

C'est la question qui fait perdre — ou gagner — des dizaines de milliers d'euros à la sortie. Une SCI est transparente à l'IR par défaut (art. 8 du CGI) : la société ne paie pas d'impôt, chaque associé déclare sa quote-part de loyers en revenus fonciers. Mais elle peut opter pour l'impôt sur les sociétés (art. 239 du CGI) : cette option se renonce jusqu'au 5e exercice, puis devient irrévocable. C'est une décision structurante à poser avant la création, pas après.

Le piège de l'orthodontiste : louer les murs NUS, jamais équipés

Voici le piège qui ne se rencontre vraiment que chez vous : si la SCI loue les murs avec les fauteuils, les units, le CBCT et le matériel, elle effectue une location équipée, qualifiée d'activité commerciale et donc soumise à l'IS de plein droit (art. 206-2 du CGI). Vous perdriez la transparence et le régime des plus-values des particuliers sans même l'avoir choisi. La règle : la SCI ne loue que les murs nus (le bâti et l'aménagement immobilier incorporé) ; le matériel technique (fauteuils, units, CBCT, scanner intra-oral) reste porté par vous (BNC) ou par votre SEL. On y revient en détail à la section 7.

SCI à l'IR — la transparence

Loyers imposés au barème (TMI, souvent 45 % chez l'orthodontiste) + 17,2 % de prélèvements sociaux. Pas d'amortissement déductible. Déficit foncier imputable 10 700 €/an sur le revenu global (art. 156, I-3°). À la revente : plus-value des particuliers (art. 150 U) — exonération d'IR à 22 ans, de prélèvements sociaux à 30 ans. Idéale pour détenir longtemps, transmettre ou revendre.

SCI à l'IS — l'amortissement

IS à 15 % jusqu'à 42 500 €, puis 25 % (art. 219, I-b). L'amortissement du bâti (le terrain n'est pas amortissable) réduit fortement l'impôt annuel. Mais à la revente : plus-value professionnelle = prix − valeur nette comptable, amortissements réintégrés, sans abattement de durée. Puis PFU 31,4 % pour sortir le cash. L'effet ciseau de la sortie.

Là où tout se joue, c'est sur le calendrier de l'impôt. À l'IR, vous payez plus d'impôt chaque année (le loyer net est taxé à votre TMI, souvent 45 % chez l'orthodontiste, plus 17,2 % de prélèvements sociaux), mais la revente est allégée par les abattements pour durée de détention. À l'IS, l'amortissement réduit fortement, voire annule, l'impôt annuel — votre résultat fiscal est faible, parfois nul — puis la revente vous rattrape : tous les amortissements que vous avez déduits sont réintégrés dans le calcul de la plus-value, taxés à 25 % sans le moindre abattement, et il faut encore sortir le produit de la société (ré-taxé au prélèvement forfaitaire unique). L'amortissement reporte l'impôt, il ne l'efface pas : l'impôt que l'IS vous épargne chaque année réapparaît à la revente, et la valorisation du bien l'alourdit encore.

IR vs IS pour une SCI détenant les murs d'un cabinet d'orthodontie. L'IS allège l'impôt annuel mais alourdit la sortie ; l'IR fait l'inverse.
CritèreSCI à l'IRSCI à l'IS
Imposition des loyersBarème (TMI) + 17,2 % de PSIS 15 % / 25 % sur le résultat net
Amortissement du bâtiNon déductibleDéductible → impôt annuel faible
Déficit foncierOui, 10 700 €/an (art. 156, I-3°)Non (logique de résultat société)
Plus-value à la reventeParticuliers : exo IR 22 ans / PS 30 ansPro : prix − VNC, amortissements réintégrés, 25 %
Sortie du cashDirecte (associé personne physique)Distribution ré-taxée au PFU 31,4 %
Réversibilité de l'optionRégime de droit communIrrévocable après le 5e exercice

L'erreur classique : 150 U n'est PAS 151 septies B

On lit parfois qu'une SCI à l'IR serait « exonérée à 15 ans ». C'est faux. Les 15 ans correspondent à l'article 151 septies B, qui ne vise qu'un immeuble inscrit à l'actif d'une entreprise (BNC, BIC) — jamais une SCI. Pour une SCI à l'IR, c'est l'article 150 U (plus-value des particuliers) qui s'applique : exonération d'impôt sur le revenu à 22 ans et de prélèvements sociaux à 30 ans. Confondre les deux régimes fausse complètement le calcul de sortie.

Choisir l'IR ou l'IS : la règle simple

Choisissez l'IR (le standard) si vous comptez conserver les murs longtemps, les transmettre aux enfants, ou les revendre un jour : l'exonération progressive de plus-value est décisive.
L'IS ne se justifie que dans un cas étroit : TMI très élevée, horizon de détention long, aucune revente envisagée (on garde le bien à vie ou on le transmet via la société), de gros aménagements à amortir (et chez l'orthodontiste, ils sont lourds), et besoin d'effacer l'impôt foncier annuel. Pour la plupart des orthodontistes, c'est l'IR. La théorie générale de cet arbitrage est détaillée dans l'arbitrage SCI à l'IR vs SCI à l'IS.
§ 4PRÉLÈVEMENTS SOCIAUX 2026·2 MIN

Prélèvements sociaux 2026 : 17,2 % sur le foncier, 18,6 % sur les dividendes

C'est l'erreur que je vois revenir le plus souvent en rendez-vous depuis le 1er janvier 2026. La LFSS 2026 (loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025) a relevé la CSG sur les revenus du capital de 9,2 % à 10,6 % (+1,4 point). Mais — et c'est tout l'enjeu — cette hausse ne touche pas tout le monde.

17,2 % maintenu — la SCI à l'IR

Revenus fonciers (location nue, SCI à l'IR) et plus-values immobilières des particuliers (art. 150 U) : prélèvements sociaux MAINTENUS à 17,2 % (CSG 9,2 + CRDS 0,5 + solidarité 7,5). La hausse de CSG de la LFSS 2026 ne les vise pas.

18,6 % — les dividendes / le boni IS

Dividendes, intérêts, et donc le boni distribué par une SCI à l'IS : prélèvements sociaux portés à 18,6 % (CSG 10,6 + CRDS 0,5 + solidarité 7,5). Avec l'IR forfaitaire de 12,8 %, le PFU total grimpe à 31,4 % (et non 30 %).

L'erreur n° 1 : appliquer 17,2 % à une distribution de SCI IS

Un orthodontiste qui projette de distribuer le boni de sa SCI à l'IS en appliquant 17,2 % au lieu de 18,6 % se trompe d'environ 1,4 point sur toute la distribution — vite plusieurs milliers d'euros sur un compte courant d'associé conséquent. À l'inverse, sur une SCI à l'IR, vos revenus fonciers et votre plus-value immobilière restent bien à 17,2 %. Le détail de cette dualité des prélèvements sociaux 2026 est expliqué dans notre guide dédié. C'est, à soi seul, un argument de plus en faveur de l'IR pour des murs destinés à dégager du revenu foncier.
§ 5LOYER À SOI-MÊME·3 MIN

Quel loyer fixer : se louer à soi-même sans risque de redressement

Tout le montage repose sur un seul mécanisme : votre SCI loue les murs à votre SELARL, et ce loyer est déductible. En SEL (le cas le plus fréquent chez l'orthodontiste à fort revenu), le loyer est déductible du résultat soumis à l'IS de la société (art. 39-1 du CGI). En exercice individuel, le loyer des locaux professionnels est une charge du bénéfice non commercial (art. 93 du CGI) : il réduit votre impôt sur le revenu— et aussi, en BNC, l'assiette de vos cotisations TNS et de votre retraite CARCDSF. Dans tous les cas, ce que vous versiez à un bailleur extérieur alimente désormais votre propre SCI.

« Mais peut-on vraiment se louer à soi-même ? » Oui — et ce n'est pas une astuce de cabinet, c'est validé par le Conseil d'État. Un titulaire de BNC peut déduire un loyer qu'il se verse à lui-même (CE, 11 avril 2008, n° 287808), à deux conditions cumulatives : (1) le loyer est effectivement versé (un vrai flux d'argent, pas une écriture), et (2) il est imposé en revenus fonciers chez le bailleur. La SCI ne fait que systématiser et sécuriser ce que le juge admet déjà en nom propre — avec, en prime, la séparation nette de deux personnes juridiques distinctes.

Le seul loyer sûr, c'est celui du marché

Le garde-fou s'appelle acte anormal de gestion. Le loyer doit correspondre à la valeur locative de marché, documentée (comparables, surface, emplacement). Dès que l'administration établit un écart significatif, la charge de la preuve se renverse contre le contribuable (CE, 21 décembre 2018, n° 402006, SARL Croë-Suisse). Le risque est double : un loyer surévalué (pour gonfler la charge de la SEL) verra l'excédent réintégré au résultat de la société (BOI-BIC-CHG-40-20-10) ; un loyer anormalement bas expose la SCI à un redressement. Bonne pratique : bail écrit et daté, expertise de la valeur locative, révision indiciaire (ILAT), flux réel.

La ligne rouge : loyer sous-évalué pour fabriquer du déficit foncier

Le montage murs de cabinet est parfaitement légitime parce que la SEL occupe réellement les locaux et paie un loyer de marché : il a une réalité économique. En revanche, la location à soi-même via une SCI à loyer délibérément sous-évalué, dans le seul but de créer du déficit foncier, a été qualifiée d'abus de droit (art. L. 64 du LPF) par le Comité de l'abus de droit fiscal (CADF, avis 2022-07, 2022-08, 2022-09). La frontière est claire : loyer normal et flux réel = sécurité ; loyer artificiel à but exclusivement fiscal = danger.

En SEL, vous signez des deux côtés : les conventions réglementées

Quand vous êtes à la fois gérant de la SCI bailleresse et dirigeant de la SELARL preneuse, le bail est une convention réglementée : elle doit suivre la procédure d'information et d'approbation prévue par les statuts de la SEL. Ce n'est pas un obstacle, mais un formalisme à respecter — à border avec votre expert-comptable et votre notaire dès la signature du bail.
§ 6CAS CHIFFRÉ·4 MIN

Cas chiffré : des murs à 400 000 €, IR vs IS sur tout le cycle

Le plus parlant, c'est de dérouler deux dossiers réels du compromis jusqu'à la revente : l'achat, les années de détention, puis la sortie. C'est à la sortie que se mesure le vrai coût de l'IS. Prénoms fictifs, ordres de grandeur réalistes ; les calculs figent les taux 2026 et les hypothèses sont explicitées.

Note de méthode : un cas est une illustration, pas une promesse

Ces cas chiffrés servent à visualiser un mécanisme, pas à prédire votre résultat. Ils reposent sur des hypothèses (prix, loyer, TMI, durée, taux 2026) qui ne sont pas les vôtres. Les performances et scénarios passés ne préjugent pas des résultats futurs ; la fiscalité (LF / LFSS annuelles, doctrine BOFiP, jurisprudence) et le marché immobilier (prix, vacance, liquidité) peuvent évoluer. Aucun chiffre ci-dessous ne vaut garantie de résultat : refaites systématiquement le calcul avec votre conseiller, votre notaire et votre expert-comptable sur vos données réelles.

Hypothèses communes — murs à 400 000 €

Murs 400 000 € (terrain ~20 % = 80 000 € non amortissable ; bâti et aménagement immobilier 320 000 €). Loyer de marché : 24 000 €/an (2 000 €/mois). Charges et taxe foncière : ~2 000 €/an. TMI 45 % (orthodontiste à fort revenu). À l'IS, hypothèse simplifiée d'amortissement linéaire du bâti sur 30 ans = 10 667 €/an (en pratique, amortissement par composants sur des durées variables, plus rapide pour les aménagements techniques). Revente envisagée à 15 ans à 520 000 € (valorisation). Les fauteuils, le CBCT et le scanner intra-oral restent hors SCI (portés par la SELARL).

Pendant la détention : l'IS paraît imbattable

Chaque année, le revenu locatif net (hors intérêts d'emprunt, en régime de croisière une fois le crédit remboursé) est d'environ 24 000 − 2 000 = 22 000 €. Voyons ce qu'il devient dans chaque régime. Pendant la phase de remboursement, les intérêts d'emprunt viennent réduire ce revenu foncier net (et donc l'impôt annuel à l'IR comme à l'IS), avec la règle d'imputation spécifique détaillée à la section 8 sur l'effet de levier.

Impôt annuel en phase de détention (régime de croisière)

SCI a l'IR  (TMI 45 %)
  Revenu foncier net           = 24 000 - 2 000      = 22 000 EUR
  Impot = 22 000 x (45 % IR + 17,2 % PS)             ~= 13 684 EUR/an

SCI a l'IS
  Amortissement du bati        = 320 000 / 30 ans    = 10 667 EUR
  Resultat imposable           = 22 000 - 10 667     ~= 11 333 EUR
  IS a 15 %                     = 11 333 x 15 %       ~= 1 700 EUR/an

Ecart annuel apparent en faveur de l'IS  ~= 12 000 EUR/an

En phase de détention, l'IS affiche une économie annuelle d'environ 12 000 € grâce à l'amortissement (et davantage encore si l'on amortit aussi les aménagements techniques lourds). Mais ce gain est un report d'impôt, pas un cadeau : il se paie à la revente.

À la revente (15 ans) : l'effet ciseau de l'IS

Quinze ans plus tard, les murs sont revendus 520 000 €. Le calcul de sortie sépare nettement les deux régimes.

Imposition de la plus-value à la revente (prix 520 000 €)

Dr Camille Lefebvre - SCI a l'IR (plus-value des particuliers)
  Plus-value brute = 520 000 - 400 000               = 120 000 EUR
  Abattement IR (6 %/an de la 6e a la 15e = 60 %)
    Base IR = 120 000 x 40 %             = 48 000 EUR
    IR a 19 % (art. 200 B)               = 48 000 x 19 %   ~= 9 120 EUR
  Abattement PS (1,65 %/an x 10 ans = 16,5 %)
    Base PS = 120 000 x 83,5 %           = 100 200 EUR
    PS a 17,2 %                          = 100 200 x 17,2 % ~= 17 234 EUR
  Total a 15 ans                                      ~= 26 354 EUR
  (et : exo IR totale a 22 ans, exo PS totale a 30 ans)

Dr Antoine Moreau - SCI a l'IS (plus-value professionnelle)
  Amortissements cumules = 10 667 x 15 ans          ~= 160 000 EUR
  Valeur nette comptable = 400 000 - 160 000         = 240 000 EUR
  Plus-value pro = 520 000 - 240 000                 = 280 000 EUR
  IS = 42 500 x 15 % + 237 500 x 25 %
     = 6 375 + 59 375                                = 65 750 EUR
  + PFU 31,4 % pour sortir le boni distribue (~214 000 EUR) ~= 67 000 EUR
  Total a la sortie                                  > 130 000 EUR

Côté IR : environ 26 354 € à 15 ans, et une exonération totale d'IR à 22 ans, de PS à 30 ans. Côté IS : 65 750 € d'IS sur la plus-value professionnelle, AVANT la taxation de la distribution au PFU 31,4 % — soit un frottement total qui dépasse 130 000 €, plus de 45 % de la plus-value professionnelle (amortissements réintégrés). L'économie annuelle de l'IS est plus que reprise à la sortie. Calculs illustratifs : la tranche à 15 % est supposée disponible pour la plus-value (l'année de revente, le résultat courant en occupe déjà une partie) ; le boni distribuable (~214 000 €) est approximé par la plus-value nette d'IS, en supposant le crédit soldé, le capital social proche de l'apport initial et l'absence de réserves accumulées — le PFU porte en réalité sur le boni de liquidation, soit l'actif net diminué du capital apporté.

L'économie d'impôt annuelle de l'IS (~12 000 €/an) est largement reprise à la sortie dès que le bien se valorise et qu'on revend ou transmet. Chiffres illustratifs aux taux 2026, à recalculer selon votre situation.
BilanDr Lefebvre — SCI à l'IRDr Moreau — SCI à l'IS
Impôt en détention (≈)≈ 13 684 €/an≈ 1 700 €/an
Impôt à la revente (15 ans)≈ 26 354 €65 750 € d'IS + ≈ 67 000 € de PFU
Plus-value à 22 / 30 ansExonérée (IR puis PS)Toujours taxable (pas d'abattement durée)
Sortie de l'immobilierNette, sans frottement à termeEffet ciseau (réintégration + distribution)
Verdict pour murs conservés / transmisGagnantÀ réserver aux cas très spécifiques

Le verdict : l'horizon de revente tranche

SCI à l'IS = optimale en phase de détention longue, avec gros aménagements à amortir (chez l'orthodontiste, c'est fréquent) ET revente improbable (on garde à vie ou on transmet la société). SCI à l'IR = optimale si l'objectif est de conserver, de transmettre les parts, ou de revendre après 22 / 30 ans (exonération de la plus-value des particuliers). Règle simple : un bien destiné à être conservé ou transmis, et qui se valorise → IR ; besoin de cash-flow net à court terme et revente non envisagée → IS, en pleine conscience du couperet de la plus-value professionnelle.
Hagnéré Patrimoine

IR ou IS, crédit ou comptant : faisons les chiffres

Un CGP indépendant modélise votre achat de murs sur tout le cycle, compare l'IR et l'IS sur VOS hypothèses, calibre le loyer de marché, borde la ventilation murs / CBCT et structure le financement avec votre banque et votre notaire — sans vous pousser vers une option qui ne sert pas votre intérêt.

Premier échangeSans engagementCadre documenté
§ 7SPÉCIFICITÉ ORTHODONTIE·4 MIN

CBCT, radioprotection, fluides, PMR : SCI ou SELARL ?

Les murs d'un orthodontiste ne sont pas un local de bureau ordinaire. C'est un local lourdement aménagé : salle d'imagerie plombée (panoramique, téléradiographie, CBCT / cône-beam pour la céphalométrie 3D et la planification des aligneurs), flux numérique (scanner intra-oral, impression 3D de gouttières), fluides (air comprimé, aspiration), réseau informatique structuré, plateau technique souvent open-space multi-fauteuils, zone de stérilisation et parfois un labo interne. Et — comme tout établissement de soins — une exigence d'accessibilité aux personnes à mobilité réduite (PMR). Ces contraintes pèsent sur le prix d'acquisition et sur l'arbitrage fiscal : une salle d'imagerie plombée coûte cher à mettre aux normes, et l'ASNR doit être prévenue — deux postes qu'un simple local de bureau n'a jamais.

Radioprotection du CBCT : un cadre à intégrer dès l'achat

Les équipements de radiologie d'orthodontie relèvent du régime des activités nucléaires : art. L. 1333-8 du Code de la santé publique. Selon l'appareil, l'activité est soumise à déclaration, enregistrement ou autorisation auprès de l'ASNR (Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection, née de la fusion de l'ASN et de l'IRSN). Vous devez désigner un conseiller en radioprotection (CRP), respecter le zonage et les protections (parois plombées, signalétique), et mettre à jour la déclaration en cas de modification des locaux. À vérifier avant de signer : l'état de conformité de la salle d'imagerie peut représenter un coût de remise à niveau non négligeable.

Le cabinet, un ERP soumis à l'accessibilité PMR

Un cabinet d'orthodontie est un établissement recevant du public (ERP), presque toujours de 5e catégorie. Cadre : Code de la construction et de l'habitation et loi n° 2005-102 du 11 février 2005. Obligations : attestation d'accessibilité, registre public d'accessibilité, respect des règles techniques (cheminement, sanitaires PMR, signalétique). Des dérogations existent (impossibilité technique, disproportion manifeste) mais ne sont jamais automatiques. Faites établir l'état d'accessibilité du local avant l'achat.

La ventilation à ne pas rater : murs nus vs équipement

Tout l'enjeu est de savoir qui porte quoi. La SCI détient et finance le bâti et l'aménagement immobilier incorporé (le clos-couvert, la dalle, les parois plombées de la salle d'imagerie, les fluides encastrés, le réseau structuré, la zone technique). Le matériel technique mobile — fauteuils, units, CBCT et panoramique en tant qu'appareils, autoclaves, scanner intra-oral, imprimante 3D et thermoformeuses d'aligneurs — reste un équipement professionnel porté par le BNC ou la SEL et amorti chez eux. Au conditionnel : la frontière entre « immobilier par destination » et « matériel » se cale au cas par cas avec l'expert-comptable. Mais une règle est ferme : si la SCI loue les murs avec le matériel, c'est une location équipée, imposable à l'IS de plein droit (art. 206-2). La SCI ne loue que les murs nus.
La SCI ne porte que l'immobilier (murs nus et aménagement incorporé) ; le matériel technique reste chez l'exploitant. Mêler les deux dans la SCI = location équipée = IS de plein droit (art. 206-2).
Élément du cabinetQui le porteRégime
Murs, dalle, clos-couvertSCIBâti amortissable à l'IS / non à l'IR
Parois plombées, fluides encastrésSCI (aménagement immobilier)Travaux : déficit foncier (IR) ou amortissement (IS)
Fauteuils, units, scanner intra-oralBNC ou SELMatériel professionnel amorti chez l'exploitant
CBCT, panoramique, imprimante 3D d'aligneursBNC ou SELMatériel professionnel (hors SCI)

Concrètement, ces gros travaux d'aménagement pèsent directement sur l'arbitrage IR / IS. À l'IR, les travaux d'entretien, de réparation et d'amélioration (rampe d'accès, sanitaires PMR, réfection d'une protection plombée) qui dépassent les loyers alimentent un déficit foncier imputable sur le revenu global (jusqu'à 10 700 €/an, art. 156, I-3°). À l'IS, ces mêmes travaux sont amortissables (ils allègent l'impôt annuel) mais creusent la valeur nette comptable, donc alourdissent la plus-value de revente. Une nuance importante : les travaux de construction, reconstruction ou agrandissement ne sont pas déductibles en foncier (ils s'ajoutent au prix de revient). Les aménagements lourds de l'orthodontie (radioprotection, fluides, zone technique) sont donc un argument fort pour l'IS (amortissables) ou pour les porter dans la SEL — à trancher avec votre expert-comptable.

La frontière exacte entre ce qui se loge dans la SCI (le bâti) et ce qui reste à l'actif de la SEL (le matériel) est précisément l'objet de notre guide sur où placer le CBCT et le matériel de l'orthodontiste, et comment en déduire le coût. Ces spécificités s'inscrivent dans une réflexion plus large sur l'immobilier du professionnel libéral.

§ 8FINANCEMENT·3 MIN

Financer les murs à crédit : l'effet de levier (et le piège des intérêts)

Presque personne n'achète ses murs comptant, et c'est une bonne chose : à crédit, ce sont en partie les loyers (versés par votre SEL) et l'économie d'impôt qui remboursent l'échéance — c'est l'effet de levier. Avec un apport de 10 à 20 % et les frais, vous empruntez le reste sur 15 à 20 ans, et le loyer que vous vous versez couvre l'essentiel de la mensualité.

Apport, frais et coût d'entrée

Apport : en général 10 à 20 % du prix.
Frais de notaire (ancien) : environ 7 à 8 % du prix au total.
Droits de mutation (DMTO) : 5,81 % à 6,32 % selon le département (la majoration départementale de +0,5 point, du 1er avril 2025 au 31 mars 2028, s'applique dans la plupart des départements). Ces frais s'ajoutent au prix : à budgéter dès le plan de financement.

Intérêts d'emprunt ≠ déficit sur le revenu global

Ce point coince presque tout le monde. Dans une SCI à l'IR, les intérêts d'emprunt s'imputent uniquement sur les revenus fonciers (report 10 ans), jamais sur le revenu global (BOI-RFPI-BASE-30-20). Seules les autres charges et les travaux (entretien, réparation, amélioration — par exemple une mise aux normes d'accessibilité) peuvent créer un déficit foncier imputable sur le revenu global, plafonné à 10 700 €/an (art. 156, I-3° du CGI), porté à 21 400 € pour certains travaux de rénovation énergétique (au conditionnel, dispositif sous réserve de prorogation, peu fréquent pour un local professionnel). Engagement à respecter : conserver le bien loué jusqu'au 31 décembre de la 3e année suivant l'imputation, sinon reprise. En SCI à l'IS, les intérêts sont déductibles du résultat sans cette restriction.

TVA non récupérable : un coût propre au cabinet de soins

Les actes d'orthodontie sont exonérés de TVA (art. 261-4-1° du CGI). Conséquence : l'orthodontiste ne récupère pas la TVA sur les murs, les travaux et les aménagements (à budgéter en TTC). L'option pour assujettir le loyer SCI → SEL à la TVA est en pratique défavorable, puisque la SEL exerce une activité exonérée (elle ne récupérerait pas la TVA sur le loyer). À écarter dans la quasi-totalité des cas, sauf situation très particulière à valider avec votre comptable.

Un mot de prudence pour finir : l'opération doit avoir une réalité économique (acquisition de vrais locaux d'exploitation, loyer de marché, financement réel), et non être un montage de pure défiscalisation. Pour l'orthodontiste qui hésite entre financer l'immobilier par un crédit personnel ou mobiliser la trésorerie de sa société, voyez d'abord que faire de la trésorerie de sa SELARL d'orthodontiste : l'arbitrage entre l'effet de levier du crédit et l'emploi du cash de la société n'est pas neutre.

§ 9LE BAIL·2 MIN

Le bail entre la SCI et la SELARL

Beaucoup de praticiens signent un bail commercial par réflexe. Rien ne l'impose. L'orthodontiste — chirurgien-dentiste spécialiste qualifié en orthopédie dento-faciale — n'exerce ni commerce ni artisanat : son régime naturel est le bail professionnel. Le bail commercial reste possible, mais c'est une option, pas une obligation.

Bail professionnel (droit commun)

Art. 57 A de la loi n° 86-1290 du 23 décembre 1986. Bail écrit, durée minimale 6 ans, reconduction tacite. Résiliation possible par le seul locataire à tout moment (préavis 6 mois). Pas de plafonnement légal du loyer (liberté contractuelle). Souple, c'est le régime naturel du cabinet d'orthodontie.

Bail commercial (sur option)

Art. L. 145-1 et suivants du Code de commerce, applicable par convention. Plus protecteur du preneur (droit au renouvellement, propriété commerciale, plafonnement du loyer de renouvellement) mais plus rigide. Pertinent pour sécuriser une valorisation rattachée au lieu, ou dans un cabinet de groupe.

Qui paie les travaux PMR et la radioprotection : le bail tranche

Au-delà de la durée, le bail doit répartir clairement les charges et les travaux — un enjeu majeur pour un cabinet d'orthodontie. Qui finance la mise aux normes PMR (rampe, sanitaires) ? Qui prend en charge la réfection de la protection plombée de la salle d'imagerie ou la mise à jour de la déclaration ASNR ? Le réflexe par défaut (gros œuvre au propriétaire, entretien courant au preneur) doit être précisé par écrit, surtout quand bailleur et preneur sont liés. À anticiper dès l'achat, avec votre notaire. Bail écrit + loyer de marché + indexation : c'est le triptyque qui sécurise aussi la déductibilité du loyer (cf. section 5).
§ 10SCI OU SPFPL·2 MIN

SCI ou SPFPL pour loger les murs depuis 2023 ?

Depuis la réforme de l'exercice en société des professions libérales réglementées (ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023, en vigueur au 1er septembre 2024), la SPFPL peut, sous conditions, détenir l'immobilier d'exploitation des SEL qu'elle contrôle. La question revient donc en rendez-vous : faut-il loger les murs dans la SPFPL plutôt que dans une SCI ?

La SCI reste la voie la plus souple pour les murs : dissociation de l'exercice, choix IR / IS, transmission par parts. La SPFPL intègre l'immobilier au périmètre de l'exercice et l'expose à la plus-value professionnelle.
CritèreSCI dédiéeMurs dans la SPFPL
Protection / dissociationForte (immobilier hors exercice)Plus faible (immobilier dans le périmètre d'exercice)
Choix IR / ISLibre (transparence IR ou option IS)IS (la SPFPL est à l'IS)
TransmissionParts de SCI par tranches (donation, démembrement)Liée aux titres de la holding d'exercice
Plus-value à la reventeParticuliers (SCI IR) : exo 22 / 30 ansProfessionnelle (réintégration des amortissements)

En pratique, pour les murs, la SCI reste la voie la plus souple : elle dissocie l'immobilier de l'exercice, autorise le choix IR / IS adapté à l'horizon, et permet une transmission par tranches de parts. Loger les murs dans la SPFPL les réintègre au périmètre de l'exercice et les expose, à la revente, à la plus-value professionnelle. La SPFPL garde tout son intérêt pour la trésorerie et le contrôle des SEL — c'est son terrain, détaillé dans la SPFPL du dentiste et, plus largement, dans la logique de la holding patrimoniale. Pour les murs, on garde la SCI à part.

§ 11TRANSMISSION·3 MIN

Transmettre progressivement les parts de la SCI

C'est sur la durée que la SCI rentabilise vraiment le montage. Là où un immeuble se transmet en bloc (et déclenche des droits d'un coup), des parts de SCI se donnent par tranches, en lissant la fiscalité sur toute une vie.

Le premier levier est l'abattement de donation (art. 779 du CGI) : chaque parent peut donner 100 000 € par enfant en franchise de droits, abattement rechargeable tous les 15 ans (art. 784). Un couple peut ainsi transmettre 200 000 € par enfant tous les 15 ans, en parts de SCI, sans fiscalité. (Le gel des abattements DMTG est régulièrement évoqué : à suivre, au conditionnel.)

Le second levier est le démembrement (art. 669 du CGI) : vous donnez la nue-propriété des parts à vos enfants — sa valeur taxable est réduite selon votre âge (par exemple, entre 61 et 70 ans révolus, la nue-propriété vaut 60 % de la pleine propriété ; c'est à partir de 71 ans qu'elle passe à 70 %) — tout en conservant l'usufruit, donc les loyers. À votre décès, l'usufruit s'éteint et vos enfants deviennent pleins propriétaires sans droits supplémentaires (art. 1133 du CGI).

Cas pratique — Dr Sophie Nguyen, orthodontiste, 68 ans, transmission démembrée

Le Dr Nguyen détient en SCI les murs de son cabinet, valeur 400 000 €. Elle donne la nue-propriété des parts à ses 2 enfants. À 68 ans, la nue-propriété vaut 60 % (art. 669) : assiette taxable de 240 000 €, soit 120 000 € par enfant. Après l'abattement de 100 000 € par enfant (art. 779), la base taxable tombe à 20 000 € par enfant — des droits très réduits. Elle conserve l'usufruit, donc les loyers, qui complètent sa retraite. À son décès, l'usufruit s'éteint : les enfants deviennent pleins propriétaires sans droits supplémentaires (art. 1133). Une convention de démembrement sécurise l'opération (cf. encadré).

Sans convention de démembrement, l'usufruitier perd la main

Attention à un arrêt récent et décisif. En cas de vente de la totalité des actifs de la société civile, le produit de cession revient au nu-propriétaire (l'usufruitier ne conservant qu'un quasi-usufruit), sauf convention contraire (Cass. 3e civ., 19 septembre 2024, n° 22-18.687). Autrement dit : sans convention de démembrement rédigée dès la donation, l'usufruitier peut perdre la maîtrise du prix de vente. Faites rédiger la convention par votre notaire.

Le pacte Dutreil ne s'applique PAS à une SCI de location nue

Ne le promettez jamais : l'abattement de 75 % du pacte Dutreil (art. 787 B du CGI) est réservé aux titres de sociétés ayant une activité opérationnelle. Une SCI de location nue exerce une activité civile et en est exclue. La décote applicable aux parts reste l'illiquidité (souvent estimée à 10-15 %, au conditionnel, sans taux légal), pas Dutreil. Notez aussi : la cession de parts de SCI à prépondérance immobilière supporte des droits d'enregistrement de 5 % (art. 726, I-2°), contre 5,81 % à 6,32 % de DMTO sur une vente directe d'immeuble.

Cette stratégie de transmission s'articule avec celle du cabinet lui-même. Pour la vue d'ensemble, voyez transmettre son cabinet et son patrimoine, le mécanisme détaillé de la donation des parts en démembrement, et les règles générales de l'abattement de 100 000 € par enfant tous les 15 ans.

§ 12LA SORTIE·3 MIN

À la retraite : conserver, louer au successeur ou revendre

À la retraite, trois options s'ouvrent — et le bon choix dépend de vos besoins de revenus et de vos projets pour vos enfants.

3 scénarios de sortie

A. Conserver et louer au successeur. La SCI à l'IR transforme les murs en revenu de retraite régulier (loyers + 17,2 % de prélèvements sociaux). Vous gardez les parts, ou vous les démembrez au profit de vos enfants.

B. Revendre. En SCI à l'IR, c'est la plus-value des particuliers (art. 150 U) : exonération d'IR à 22 ans, de prélèvements sociaux à 30 ans (+ éventuelle surtaxe au-delà de 50 000 € de plus-value nette, art. 1609 nonies G). En SCI à l'IS, la plus-value professionnelle est lourde (cf. sections 3 et 6).

C. Transmettre. On donne les parts aux enfants (cf. section 11), en franchise ou en démembrement.

Retraite de l'orthodontiste : la CARCDSF, pas la CARMF

L'orthodontiste, chirurgien-dentiste spécialiste, relève de la CARCDSF (Caisse Autonome de Retraite des Chirurgiens-Dentistes et des Sages-Femmes) — jamais de la CARMF, qui est la caisse des médecins. Les loyers de la SCI viennent compléter— et non remplacer — cette retraite obligatoire : c'est tout l'intérêt de conserver les murs. Et rappelez-vous (section 5) : en BNC, le loyer versé réduit aussi votre assiette de cotisations CARCDSF pendant l'activité.

Contre-modèle : l'abattement 15 ans ne concerne PAS une SCI à l'IR

On le répète parce que l'erreur coûte cher : l'abattement 15 ans de l'article 151 septies B vise un immeuble inscrit à l'actif professionnel — jamais une SCI à l'IR (qui relève des particuliers, 22 / 30 ans). De même, les exonérations de plus-value professionnelle (art. 151 septies, 238 quindecies, 150-0 D ter au titre du départ en retraite) concernent la cession du cabinet (patientèle, parts de SEL), pas les murs détenus en SCI. Ces régimes sont traités dans la cession du cabinet et les plus-values professionnelles.

Au conditionnel : des propositions de réforme de la plus-value immobilière (passage à 17 ans, coefficient d'érosion monétaire) ont circulé, mais elles ne sont pas promulguées. Au 10 juin 2026, le régime 22 ans (IR) / 30 ans (PS) reste pleinement en vigueur : ne raisonnez pas sur « 17 ans ». Gardez aussi à l'esprit que les loyers fonciers augmentent votre revenu fiscal de référence : au-delà de 250 000 €, surveillez la CEHR (art. 223 sexies) et la CDHR (art. 224, reconduite par la LF 2026), détaillées dans hauts revenus : CEHR et CDHR. (L'IFI sur les parts de SCI affectées à l'exercice peut être exonéré au titre des biens professionnels — au conditionnel, art. 975, cf. section 2.)

Et ce n'est pas qu'une affaire de fiscalité : les murs où vous aurez posé des bagues et suivi vos patients pendant trente ans deviennent, le moment venu, soit votre loyer de retraite, soit la part d'héritage de vos enfants. Cette sortie fait partie d'un plan global, à articuler avec la gestion de patrimoine du chirurgien-dentiste. Autant structurer les murs dès le premier jour.

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Sources et références légales

  • Structure et fiscalité de la SCI

    Art. 8 CGI (transparence : revenus fonciers pour la SCI à l'IR). Art. 206-2 CGI (location équipée = IS de plein droit : louer les murs nus). Art. 239 CGI (option pour l'IS, irrévocable après le 5e exercice ; BOI-IS-CHAMP-20-20-30). Art. 219, I-b CGI (IS 15 % jusqu'à 42 500 €, 25 % au-delà). Art. 1832 et 1857 du Code civil (société civile, responsabilité indéfinie mais non solidaire au prorata des parts). Art. 975 CGI (exonération d'IFI des biens professionnels, au conditionnel).

  • Loyer, charges et déficit foncier

    Art. 39-1 CGI (loyer déductible du résultat de la SEL) et art. 93 CGI (loyer déductible du BNC). CE 11 avril 2008 n° 287808 (déduction du loyer versé à soi-même : versement effectif + imposition en revenus fonciers). CE 21 décembre 2018 n° 402006 (acte anormal de gestion : un écart significatif au prix de marché renverse la charge de la preuve) ; CADF avis 2022-07/08/09 (loyer sous-évalué et déficit foncier : risque d'abus de droit, art. L. 64 LPF). Art. 156, I-3° CGI (déficit foncier 10 700 €/an). BOI-RFPI-BASE-30-20 (intérêts d'emprunt imputables sur le seul revenu foncier).

  • Cabinet d'orthodontie : radioprotection, ERP et bail

    Art. L. 1333-8 du Code de la santé publique (radioprotection : déclaration / enregistrement / autorisation auprès de l'ASNR, conseiller en radioprotection ; CBCT / cône-beam, panoramique, téléradiographie). Loi n° 2005-102 du 11 février 2005 et Code de la construction et de l'habitation (accessibilité PMR des ERP, cabinet de 5e catégorie). Art. 261-4-1° CGI (actes d'orthodontie exonérés de TVA : TVA non récupérable). Art. 57 A de la loi n° 86-1290 du 23 décembre 1986 (bail professionnel, durée minimale 6 ans). Art. L. 145-1 et s. du Code de commerce (baux commerciaux, sur option).

  • Plus-values, SPFPL et prévoyance

    Art. 150 U, 150 UB et 150 VC CGI (plus-value des particuliers : exonération d'IR à 22 ans, de prélèvements sociaux à 30 ans ; à ne pas confondre avec l'art. 151 septies B). Art. 200 B et 1609 nonies G CGI (taux 19 % et surtaxe au-delà de 50 000 €). Ordonnance n° 2023-77 du 8 février 2023 (SPFPL et immobilier d'exploitation). Art. 154 bis CGI (prévoyance Madelin : risque invalidité du geste, prioritaire avant l'endettement). Loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 (LFSS 2026) : prélèvements sociaux maintenus à 17,2 % sur le foncier et les plus-values immobilières.

  • Transmission, retraite et hauts revenus

    Art. 779 et 784 CGI (abattement 100 000 € par enfant et par parent, rechargeable tous les 15 ans). Art. 669 et 1133 CGI (barème de l'usufruit ; réunion sans droits au décès). Cass. 3e civ. 19 septembre 2024 n° 22-18.687 (convention de démembrement indispensable). Art. 726, I-2° CGI (cession de parts de SCI à prépondérance immobilière : droits de 5 %). Art. 787 B CGI (pacte Dutreil exclu pour une SCI de location nue). Retraite : CARCDSF (carcdsf.fr), jamais la CARMF. Art. 223 sexies CGI (CEHR) et art. 224 CGI (CDHR reconduite, LF 2026 loi n° 2026-103 du 19 février 2026).

Avertissement

Information éducative — pas un conseil personnalisé.

Ce guide est rédigé à titre informatif par Hagnéré Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine enregistré ORIAS sous le n° 23002291 (CIF · COA · COBSP, adhérent CNCEF Patrimoine, cabinet basé à Bassens). Il ne constitue ni un conseil personnalisé, ni une recommandation d'investissement au sens de l'article L. 533-13 du Code monétaire et financier. L'arbitrage IR / IS, le choix de la structure, la ventilation comptable entre les murs (SCI) et les aménagements techniques (CBCT, radioprotection, fluides), portés par la SCI ou par la SEL, et le calibrage du loyer doivent faire l'objet d'une étude individualisée, validée avec votre notaire et votre expert-comptable. Les cas chiffrés sont des illustrations aux taux 2026 et supposent les hypothèses explicitées ; ils ne valent pas garantie de résultat. Les chiffres et taux cités sont à jour au 10 juin 2026 mais peuvent évoluer (LF / LFSS annuelles, doctrine BOFiP, jurisprudence). Certains points sont signalés au conditionnel lorsque le texte ne tranche pas encore (exonération d'IFI des biens professionnels, prorogation du déficit foncier majoré, pérennité de la CDHR au-delà de 2026, réforme annoncée de la plus-value immobilière, valeurs de retraite CARCDSF, option TVA du loyer). L'investissement immobilier comporte des risques (vacance, illiquidité, évolution des prix).

Foire aux questions

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